Archive pour le Tag 'OCDE'

Croissance mondiale : nouvelle révision en baisse (OCDE)

Croissance mondiale : nouvelle révision en baisse (OCDE)

Une nouvelle révision en baisse des prévisions économiques par l’OCDE.

En 2023, on prévoit une augmentation de la croissance2,2 % au lieu de 3,1 % en 2022. On espère un rebond hypothétique en 2024 de 2,7% mais rien n’est sûr. D’ici cette date l’OCDE comme la plupart des institutions aura sans doute l’occasion de revoir encore plusieurs fois ses hypothèses.

La croissance de l’économie mondiale va subir un coup de frein. Selon des prévisions de l’OCDE publiées mardi, elle devrait passer de 3,1% en 2022 à 2,2% l’an prochain, avant de rebondir légèrement à 2,7% en 2024.Une dérive des prix de 8 % en 2022 et on espère une augmentation des prix de seulement 5,5 % en 2023 et 2024. Mais là encore rien n’est certain.En général les instituts économique se montre plutôt optimiste en tout cas pas trop pessimiste pour ne pas décourager la confiance des acteurs économiques. En général aussi les mêmes instituts revoient à la baisse leurs prévisions. Du coup, la perspective de croissance de 0,7 % pour la France pourraient être assez hypothétiques. Le pays pourrait en effet tutoyer la récession. Une perspective assez certaine pour l’autre pilier de l’union européenne : l’Allemagne. L’Allemagne pourrait en effet connaître la récession dès la fin de cette année et pour l’année 2023 enregistrée une baisse du PIB de 1 % au moins

Pour venir à bout de la crise l’OCDE, une organisation qui regroupe 38 Etats, les pays développés et quelques émergents, prône « une poursuite du resserrement de la politique monétaire pour combattre l’inflation » tout en estimant que « le soutien budgétaire doit devenir plus ciblé et temporaire ».
« Accélérer l’investissement pour adopter et développer des sources d’énergie et des technologies propres sera crucial pour diversifier l’offre et assurer la sécurité énergétiques », affirme encore l’économiste.

Pour la France, l’OCDE projette une croissance de 2,6% en 2022 et un ralentissement à 0,6% l’an prochain, contre 1% prédit par le gouvernement et 0,7% par le Fonds monétaire international (FMI). L’économie hexagonale rebondirait ensuite, mais assez faiblement, à 1,2% de croissance en 2024.

La hausse des prix atteindrait 5,9% cette année, 5,7% en 2023 puis retomberait à 2,7% en 2024. L’OCDE envisage pour la France un « recul de la confiance des entreprises et des ménages » ainsi qu’un taux de chômage qui grimpera à 8,1% en 2024, éloignant le pays de l’objectif de plein emploi avec un taux à 5% visé par le gouvernement.

Comme le FMI lundi, l’OCDE appelle la France à « améliorer le ciblage des mesures de soutien pour en réduire le coût budgétaire, éviter d’entraver les changements structurels et limiter le surcroît de pression inflationniste ».

Croissance : forte révision en baisse (OCDE)

 

Nette révisant en baisse de la croissance ramenée à 3 % par l’OCDE au plan mondial .

 

Dans ses dernières prévisions, publiées mercredi 8 juin, l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) table sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial de 3 % cette année, soit 1,5 point de moins que prévu en décembre.

Elle s’attend également à une poursuite du ralentissement en 2023 avec une croissance mondiale désormais attendue à 2,8 % seulement, contre 3,2 % prévu il y a six mois.

L’inflation dans les pays de l’OCDE devrait parallèlement culminer à 8,5 % cette année avant de revenir à 6 % l’an prochain. L’OCDE prévoyait auparavant un pic à 5 % et un retour à 3 % en 2023.

Et malgré le ralentissement de la croissance et l’accélération de la hausse des prix, l’OCDE juge limité le risque de stagflation, une situation conjuguant croissance faible et inflation élevée que le monde n’a pas connu depuis le milieu des années 1970, après le premier choc pétrolier.

L’OCDE prévoit désormais une croissance de 2,5 % de l’économie américaine cette année, puis de 1,2 % l’an prochain, contre 3,7 % et 2,4 % respectivement dans ses prévisions de décembre. L’économie chinoise, affectée, elle, par les confinements à grande échelle des derniers mois visant à freiner l’épidémie de Covid-19, devrait croître de 4,4 % en 2022 et de 4,9 % en 2023, contre 5,1 % initialement prévu dans les deux cas.

Enfin, celle de la zone euro, plus exposée aux importations énergétiques en provenance de Russie et aux conséquences de la guerre en Ukraine, devrait voir sa croissance revenir à 2,6 % cette année et 1,6 % seulement l’an prochain, contre 4,3 % et 2,5 % respectivement. Quant à la France, l’OCDE prévoit désormais une croissance de 2,4 % cette année et de 1,4 % l’année prochaine, ainsi que des taux d’inflation de 5,2 % et 4,5 % respectivement.

Perspectives économiques 2022 : Priorité à la santé, à l’éducation et au climat (OCDE)

Perspectives économiques 2022  : Priorité à la santé, à l’éducation et au climat (OCDE)

 

Laurence Boone, économiste en chef de l’OCDE affirme estime « qu’il y a une réforme en profondeur des finances publiques à faire en faveur de la santé, de l’éducation et du climat. »  dès l’année 2022 ( intreview dans la Tribune)

Comment se caractérise la reprise économique heurtée par le variant Omicron à l’échelle mondiale ? A quoi faut-il s’attendre en 2022 ?

LAURENCE BOONE - La reprise continue mais il y a beaucoup de déséquilibres partout dans le monde, que ce soit entre les pays et à l’intérieur des pays. Ces déséquilibres peuvent se manifester dans les chaînes de production et dans l’inflation. Cette année 2022 va être un exercice d’équilibre. En 2021, le rebond du PIB a été très fort au niveau mondial à 5,6%. La croissance devrait passer à 4,5% en 2022 et 3,2% en 2023. Si des déséquilibres existent entre les différentes régions du monde, la dynamique est globalement la même à cet horizon.

La croissance rapide du variant Omicron nous rappelle qu’on est loin d’être sortis de la crise sanitaire. Néanmoins, avec la vaccination qui progresse, le soutien de la politique monétaire et budgétaire dans le monde, la reprise se poursuit et devrait atteindre un pic au tournant de 2021, puis revenir de manière assez graduelle au type de croissance d’avant crise. D’ici fin 2023, le monde devrait être revenu sur le sentier de croissance que l’on connaissait avant cette crise sanitaire. On est prudemment optimistes.

Quelles sont les principales divergences entre les Etats-Unis et la zone euro dans cette reprise ?

Il y a un certain nombre de déséquilibres à commencer par la façon dont les pays ont reconquis la croissance. La reprise est contrastée entre les Etats-Unis et la zone euro. En zone euro, beaucoup d’efforts ont été faits pour maintenir les personnes dans l’emploi et pour soutenir l’emploi. Cela se traduit par une situation sur l’emploi qui est revenue à son niveau d’avant-crise. Elle devrait continuer de s’améliorer dans les mois à venir.

Aux Etats-Unis, le taux d’emploi est à la traîne et ne devrait pas retrouver avant fin 2023 son niveau d’avant-crise. Le recul du PIB a été un peu plus limité en 2020 aux Etats-Unis par rapport à l’Europe. Et le rebond a été fort outre-Atlantique. Ce qui signifie qu’en cas de choc, l’emploi risquerait de souffrir aux Etats-Unis alors qu’en Europe, c’est plutôt la croissance.

Vous êtes particulièrement vigilante sur la reprise dans les économies émergentes.

La pandémie a encore ralenti le processus de rattrapage des économies de marché émergentes. Depuis 2014, ce rattrapage avait commencé à stagner. Avec la pandémie, l’écart de niveau de vie entre les pays avancés et les pays émergents a tendance à s’accroître. Ce déséquilibre mondial se forme car il y a moins de vaccins, moins de soutiens monétaires et budgétaires dans les pays émergents. Cela n’est pas très favorable pour leur niveau de vie et pour la demande qu’ils adressent aux pays avancés.

Que devrait-on faire pour limiter ces déséquilibres ?

La première chose à faire pour réduire ces déséquilibres économiques est la vaccination. Il

Environnement–Les prix du carbone : trop bas pour être efficaces (OCDE)

Environnement–Les prix du carbone : trop bas pour être efficaces (OCDE)

Le  prix est trop bas et l’évolution est trop lente. C’est ce qu’a mis en évidence l’OCDE en examinant les prix effectifs du carbone en 2018 dans 44 pays membres et du G20 – responsables d’environ 80% des émissions dans le monde – et en étudiant l’écart avec une valeur cible de 60 euros la tonne. Il faudrait sans doute plus que doubler le prix du carbone et en espérant que cette augmentation répercutée dans les entreprises et chez les particuliers incitera à une consommation plus réduite. Le problème c’est que cette taxation du carbone ne résoudra pas les inégalités fiscales et la concurrence faussée.

Cette valeur de 60 euros est considérée comme une « estimation moyenne du coût réel des émissions de CO2 pour 2020 et une estimation basse pour 2030″. Il s’agit d’un chiffre « compatible avec un scénario de décarbonation lente d’ici 2060″, précise l’OCDE.

Résultat: seules 19% des émissions de carbone se voyaient appliquer une tarification de 60 euros la tonne ou plus.

« Les progrès varient considérablement selon les secteurs économiques, le prix du carbone étant généralement le plus élevé dans le transport routier », précise le rapport. Il est au contraire « très faible » dans les secteurs de l’électricité et de l’industrie, sauf dans quelques pays.

L’OCDE estime qu’une augmentation du prix de 1 euro par tonne de CO2 conduit en moyenne à une réduction de 0,73% des émissions dans la durée.

Dans un rapport séparé, l’OCDE constate aussi une hausse de 5% en 2019 du soutien public aux combustibles fossiles dans 50 pays de l’OCDE, du G20 et du Partenariat oriental de l’UE, pour un total de 178 milliards de dollars.

Cette hausse des subventions vient inverser une tendance à la baisse de cinq ans. Selon le rapport, le soutien direct et indirect à la production en particulier a bondi de 30%, marquée notamment « dans les pays de l’OCDE, sous l’impulsion de l’Amérique du Nord ».

Les prix du carbone : trop bas pour être efficaces (OCDE)

Les prix du carbone : trop bas pour être efficaces (OCDE)

Le  prix est trop bas et l’évolution est trop lente. C’est ce qu’a mis en évidence l’OCDE en examinant les prix effectifs du carbone en 2018 dans 44 pays membres et du G20 – responsables d’environ 80% des émissions dans le monde – et en étudiant l’écart avec une valeur cible de 60 euros la tonne. Il faudrait sans doute plus que doubler le prix du carbone et en espérant que cette augmentation répercutée dans les entreprises et chez les particuliers incitera à une consommation plus réduite. Le problème c’est que cette taxation du carbone ne résoudra pas les inégalités fiscales et la concurrence faussée.

Cette valeur de 60 euros est considérée comme une « estimation moyenne du coût réel des émissions de CO2 pour 2020 et une estimation basse pour 2030″. Il s’agit d’un chiffre « compatible avec un scénario de décarbonation lente d’ici 2060″, précise l’OCDE.

Résultat: seules 19% des émissions de carbone se voyaient appliquer une tarification de 60 euros la tonne ou plus.

« Les progrès varient considérablement selon les secteurs économiques, le prix du carbone étant généralement le plus élevé dans le transport routier », précise le rapport. Il est au contraire « très faible » dans les secteurs de l’électricité et de l’industrie, sauf dans quelques pays.

L’OCDE estime qu’une augmentation du prix de 1 euro par tonne de CO2 conduit en moyenne à une réduction de 0,73% des émissions dans la durée.

Dans un rapport séparé, l’OCDE constate aussi une hausse de 5% en 2019 du soutien public aux combustibles fossiles dans 50 pays de l’OCDE, du G20 et du Partenariat oriental de l’UE, pour un total de 178 milliards de dollars.

Cette hausse des subventions vient inverser une tendance à la baisse de cinq ans. Selon le rapport, le soutien direct et indirect à la production en particulier a bondi de 30%, marquée notamment « dans les pays de l’OCDE, sous l’impulsion de l’Amérique du Nord ».

Combler le déficit numérique, une urgence (OCDE)

Combler le déficit numérique,  une urgence (OCDE)

 

À juste titre, l’OCDE s’inquiète du déficit numérique. « le trafic Internet dans certains pays a augmenté jusqu’à 60% peu après l’épidémie », alors que 1,3 milliard de citoyens de pays de l’OCDE ont été amenés à se confiner à leur domicile. Cette accélération sans précédent du numérique a donc permis de créer de nombreuses opportunités : télétravail massif, école à distance, commerce en ligne… Mais elle a aussi souligné des préoccupations préexistantes – préserver sa vie privée en ligne, lutter contre les cybercriminels – et renforcé de nouvelles fractures importantes, notamment en terme d’accès à Internet.

Un excellente article de https://www.cairn.info/  rappelle les enjeux (extraits)

Alors que les communicateurs officiels continuent à glorifier l’avènement de la « société de l’information », de nombreuses interrogations apparaissent sur l’impact social réel d’Internet (le « réseau des réseaux ») et des technologies de l’information et de la communication (TIC) qui y sont communément associées. C’est ainsi que la notion de « fracture » ou de « fossé numérique » est devenue d’actualité.

2Pour notre part, nous souhaitons mettre en évidence que les TIC sont à la fois et paradoxalement créatrices et destructrices de lien social, en présentant successivement :

  • les enjeux socio-économiques, technologiques et politiques désormais soulevés par l’information et la communication ;
  • le facteur humain dans une société en réseau, tel qu’il est mis en lumière par la fracture numérique.

À l’instar de Venezky (2000), nous proposons une approche de cette fracture selon les deux niveaux que constituent d’une part l’accès au TIC et à l’information circulant en réseau, et d’autre part les savoirs et savoir-faire nécessaires pour utiliser ces technologies et traiter cette information. Pour illustrer notre argumentation nous prendrons comme exemple référentiel la génération Internet.

La communication au cœur d’enjeux socio-économiques, culturels, technologiques et politiques

3Placées au cœur de la vie sociale, la communication et l’information sont au centre d’enjeux économiques, culturels, technologiques et politiques. Et, alors qu’Internet nous est présenté comme le vecteur d’une nouvelle économie dans laquelle le savoir constitue la première source de richesse, son « impact » et celui des TIC relèvent de la manipulation de la connaissance et des mécanismes de génération du savoir. C’est ainsi que « l’informatique et les télécommunications, en devenant accessibles au plus grand nombre, favorise[raient] la diffusion du savoir, les échanges et le partage des connaissances » (Ghernaouti-Hélie, Dufour, 1999, p. 97).

4D’une manière chronologique, Ghernaouti-Hélie et Dufour (1999) considèrent que cette société de l’information, qui se distingue par des médias industrialisés et interactifs tels qu’Internet, succède à la société industrielle caractérisée par des médias de masse tels que la radio et la télévision. Elle constitue une véritable révolution informationnelle qui « bouleverse le traitement et la conservation de l’information et modifie le mode de fonctionnement des organisations et de la société tout entière » (p. 96). Ainsi, ces médias individualisés et interactifs entraînent une rupture dans la communication et engendrent une « nouvelle » communication.

Société de la communication et économie centrée sur le savoir

5Cette nouvelle communication caractérisée par la mobilisation des TIC et le recours à des procédés de gestion du social (Miège, 1996) est à l’origine d’une restructuration de la société qui repose, d’une part, sur la mise en œuvre des TIC (que nous pouvons rapprocher de la « mise en réseau ») et, d’autre part, sur la mise en relation des individus et des groupes d’individus à travers la circulation de l’information.

6Nous préférons l’expression « société de la communication » (Wolton, 1999) à celle de société de l’information, car elle rappelle les théories communicationnelles et permet d’appréhender la question du changement social au moyen des TIC et d’Internet. Cette expression permet de relativiser l’importance de la mise en réseau (la « communication-information » des théories mécanistes) et de mettre l’accent sur la « communication-relation » (des théories organistes) qui doit en résulter.

7La place de la communication médiatisée (Miège, 1996) dans la vie de tous les jours témoigne de ce changement social qui s’opère : l’emploi des TIC et d’Internet dans les loisirs, le travail, la vie pratique, fait émerger de nouveaux comportements de communication (Jouët, 1993). Et, c’est précisément l’émergence de ces comportements et de ces nouveaux rapports qui amène à examiner la relation entre le changement social et ces technologies et permet de comprendre cette révolution informationnelle.

8Pour comprendre les mécanismes par lesquels cette révolution s’opère, Jouët (1993) a mis en évidence la convergence entre l’évolution technique et le changement social selon une double médiation à la fois technique et sociale (Jouët, 1993, p. 101) :

  • technique, car « l’outil utilisé structure la pratique » ;
  • sociale, car « les formes d’usages et le sens accordé à la pratique se ressourcent dans le corps social ».

D’une part, « la médiation technique n’est pas neutre dans l’élaboration des pratiques de communication » (p. 106), d’autre part, la médiation sociale « préside l’élaboration des pratiques de communication, autour des médias traditionnels ou des technologies informatisées, débouche (…) sur une production de lien social » (p. 112).

9Ainsi, cette nouvelle culture est avant tout celle de l’interaction et ses traits caractéristiques font une place prépondérante au savoir. En effet, pour beaucoup de ses utilisateurs, Internet est une technologie puissante qui permet aux individus, aux communautés et aux nations d’améliorer leurs conditions, qui offre un avantage stratégique dans l’économie du savoir et qui ouvre de nouvelles voies pour profiter d’une meilleure qualité de vie (Bowie, 2000).

 

Dans  la zone OCDE qui compte 37 pays, la part de la fibre dans les abonnements au haut débit fixe atteint 82% en Corée et 79% au Japon, contre 20% en France, et moins de 5% en Allemagne et au Royaume-Uni… Et le très haut débit reste souvent trop rare en zone rurale….

OCDE : chute historique de l’activité

OCDE : chute historique de l’activité

 

Une chute de l’activité de l’ordre de 10 % soit davantage que la baisse enregistrée lors de la crise de 2009. C’est une baisse historique. De plus on attend un redressement en juillet qui ne sera pas à la hauteur des espérances, de quoi plomber encore un peu plus le climat des affaires et ses résultats. «Le produit intérieur brut (PIB) réel dans la zone OCDE a accusé une baisse sans précédent, de 9,8%, au deuxième trimestre de 2020», selon des estimations provisoires de l’OCDE (organisation de coopération et de développement économiques) dévoilées ce mercredi.

«Il s’agit de la plus forte baisse jamais enregistrée pour la zone OCDE, nettement supérieure aux -2,3% enregistrés au premier trimestre de 2009, au plus fort de la crise financière», poursuit l’OCDE. Sans surprise, l’organisation internationale attribue cette baisse à l’introduction de mesures de confinement, liées à la crise du Covid-19, dans le monde depuis mars 2020.

Le Royaume-Uni et la France sont les deux pays de l’OCDE les plus durement touchés. Pour rappel, la Chine, l’Inde ou encore le Brésil ne font pas partie de la liste des pays de l’OCDE.

«Parmi les sept principales économies, le PIB a chuté de façon spectaculaire, de 20,4%, au Royaume-Uni. En France, où les mesures d’endiguement ont été parmi les plus strictes, le PIB a reculé de moins 13,8%, après une baisse de moins 5,9% au trimestre précédent», note l’OCDE.

Le PIB a également fortement baissé en Italie (-12,4% au deuxième trimestre), au Canada (-12%) et en Allemagne (-9,7%).

Viennent ensuite les États-Unis et le Japon. Outre-Atlantique, «où de nombreux États ont introduit des mesures de ‘maintien au foyer’ à la fin de mars, le PIB s’est légèrement moins contracté (moins 9,5%, contre moins 1,3% au trimestre précédent)», écrit l’organisation internationale. Quant au Japon, «où les mesures de confinement ont été moins strictes» selon l’OCDE, le PIB s’est contracté de moins 7,8% au deuxième trimestre de 2020 (contre moins 0,6% au trimestre précédent).

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Fonds européens contre respect démocratique ( Parlement européen) au

C’est la menace de la plus grande partie des députés européens qui visent évidemment des pays en délicatesse avec la démocratie comme en Hongrie et en Pologne par exemple. Le Parlement appelle notamment à respecter l’indépendance de la justice, la liberté des médias et les droits des minorités.

«Le temps est venu d’accélérer le combat contre l’érosion de la démocratie, de l’État de droit et des droits fondamentaux au cœur même de l’UE», ont déclaré les dirigeants des partis PPE (droite), sociaux-démocrates, libéraux et verts du Parlement européen. Leur lettre est adressée à la chancelière allemande Angela Merkel -dont le pays assure la présidence semestrielle de l’UE- ainsi qu’à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne qui gère le budget pluriannuel de l’UE (2021-2027) d’une valeur de 1000 milliards d’euros.

Les eurodéputés doivent donner leur approbation au budget de l’UE, sur lequel se sont entendus – en même temps que sur le plan de relance de l’économie européenne — les 27 dirigeants européens lors d’un sommet-marathon de 4 jours en juillet.

 

La déclaration finale du sommet des 27 de l’UE en juillet avait été considérablement ambiguë sur la question du respect de l’État de droit et le premier ministre hongrois, Viktor Orban, s’en était d’ailleurs félicité. Dans leur lettre, les eurodéputés insistent pour que les 27 États membres approuvent une proposition du parlement datant d’avril 2019, dans laquelle l’octroi de fonds européens était conditionné au respect de l’État de droit. Cette proposition a depuis été bloquée par les États membres.


Faire du cas par cas pour le soutien à l’emploi (OCDE)

Faire du cas par cas pour le soutien à l’emploi (OCDE)

 

Pour l’économiste, les gouvernements des économies avancées comme la France doivent relancer leurs économies avec la menace du virus toujours présente, et modifier leurs aides publiques pour faire du cas par cas (interview dans l’Opinion)

 

Laurence Boone est chef économiste de l’OCDE.

 

Laurence Boone est la chef économiste de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Qu’est-ce qui pourrait limiter l’impact des plans de relance des économies avancées ?

C’est très bien et important de faire ces plans de relance qui sont nécessaires, et doivent être bien ciblés. On va devoir vivre avec la menace du coronavirus tant qu’il n’y aura pas de vaccin ou de traitement efficace, et il faut que les personnes comme les entreprises puissent reprendre une vie aussi normale que possible. Pour cela, je vois deux défis principaux. D’abord, il faut que les personnes consomment et que les entreprises investissent, et donc qu’elles aient confiance dans la capacité collective à gérer la vie avec le virus. Il faut que les citoyens respectent les mesures d’hygiène, de port du masque et de distanciation physique, mais aussi que les gouvernements aient des stratégies de test, traçage et isolement des malades pour contenir les éventuelles remontées du virus, et des confinements plus locaux si nécessaires.

Et le second défi ?

Il est d’arriver à protéger les personnes les plus vulnérables tout en faisant en sorte que celles travaillant dans les secteurs durablement impactés par le virus puissent retrouver un emploi, et que les capitaux des entreprises de ces secteurs soient réalloués à des domaines plus en croissance. C’est un équilibre difficile à trouver : si on protège trop, on risque de maintenir en vie des entreprises qui ne survivraient pas sans les aides publiques, mais si on ne protège pas assez, on risque de mettre beaucoup de personnes dans une situation précaire. Il faudrait en particulier regarder comment adapter les dispositifs de soutien à l’emploi suivant l’impact de la Covid et l’évolution de la reprise dans chaque secteur. Pour aider à la réallocation de l’emploi, il faut mettre des incitations en place et si nécessaire, prendre les gens par la main pour les aider à trouver un nouveau travail, changer de secteur, recevoir des qualifications et des formations dans le numérique ou la transition énergétique par exemple. Ce n’est pas souhaitable de geler des pans entiers de l’économie pendant un à quatre ans, il faut plutôt aider les personnes et les entreprises à se réinventer ailleurs.

Les échanges commerciaux internationaux sont en baisse. Est-ce que ce sera un frein au rebond des économies ?

Les échanges commerciaux ralentissaient déjà structurellement, avant la crise du coronavirus, à cause des tensions commerciales et de facteurs plus structurels. Mais ce qui a été peut-être plus surprenant avec cette crise, c’est que l’on a vu une grande résilience des chaînes de valeur et de production mondialisées. Elles n’ont pas été si perturbées, ce qui est plutôt rassurant. Il y a très peu d’endroits totalement fermés, où l’approvisionnement n’a pas pu se faire ailleurs. Les pénuries de masques ou de médicaments n’étaient pas dues à un problème de chaîne de production, mais au fait que la demande était massivement supérieure à l’offre, l’épidémie heurtant tout le monde à peu près en même temps. Si désormais les confinements sont plus localisés et moins concomitants, on pourra veiller à ne pas bloquer des nœuds cruciaux des chaînes de production. Il faudrait diversifier les sources d’approvisionnement et, pourquoi pas, développer certaines productions essentielles que l’on n’avait pas.

Les plans de relance des différents pays doivent-ils être synchronisés pour être efficaces ?

A l’OCDE, nous avons toujours plaidé pour la coordination, car il y a de tels effets d’entraînement d’un pays sur l’autre, tellement d’intégration, que si la demande ralentit dans un pays, les effets sur les pays avec lequel celui-ci échange sont importants. C’est particulièrement le cas en Europe : par exemple, un ralentissement en Allemagne a un effet sur les exportations françaises et italiennes, et vice-versa. Plus on s’accorde, mieux c’est calibré, et plus l’impact est important. Quand il y a un effort de coordination des pays du G20, comme à Londres durant la crise financière, cela dope la confiance des entreprises et des personnes, et cela contribue à la vigueur de la reprise. Le plan de relance européen est très positif pour cette raison. Au G20, il y a aujourd’hui un très fort appétit pour bénéficier des expériences des autres et que tout le monde accélère sa reprise en même temps. En outre, il y a eu la décision de reporter le service de la dette des pays pauvres, ce qui revient à une aide fiscale. Ce n’est pas la coordination de la crise financière, mais elle est là néanmoins, et c’est important.

 

La folie des prix immobiliers dans les grandes villes (OCDE)

La folie des prix immobiliers dans les grandes villes (OCDE)

 

Le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, présente, dans une tribune au « Monde », s’inquiète des prix de l’immobilier dans toutes les grandes villes du monde. Un constat et des propositions qui font toutefois l’impasse sur la question centrale de l’aménagement équilibré du territoire.

 

La pandémie a aggravé des inégalités déjà existantes. Y compris en matière de logement, alors que de nombreux ménages éprouvaient déjà des difficultés à se loger, dans de nombreuses villes du monde.

A l’échelle mondiale, près de la moitié de la population vit dans les villes, et ce chiffre devrait atteindre 55 % d’ici à 2050. Les villes concentrent également la majorité de l’activité économique, de la création d’emplois et de l’innovation. Or, la hausse des prix du logement en milieu urbain exerce une pression croissante sur les ménages : entre 2005 et 2018, le prix des loyers a augmenté dans tous les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), à l’exception de deux d’entre eux, tout comme le prix réel à l’achat ; sur le marché privé, un locataire à faible revenu sur trois consacre plus de 40 % de son revenu disponible aux seuls coûts de location (OECD Affordable Housing Database).

Le degré de soutenabilité d’une ville et les prix de ses logements dépendent, dans une large mesure, de la façon dont les gens y vivent, y travaillent et s’y déplacent. Dans ce contexte, les villes suffisamment compactes et connectées présentent des caractéristiques avantageuses. Elles offrent un accès plus facile aux emplois, aux services et aux loisirs, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées au transport et à la construction.

Mais le logement, dans ces villes compactes et connectées, est généralement plus cher que dans les zones urbaines étalées et déconnectées. Les travaux de l’OCDE en partenariat avec la Coalition pour les transitions urbaines ont montré que les effets négatifs liés aux coûts excessifs du logement peuvent excéder les avantages d’une ville compacte, si l’accessibilité au logement n’est pas garantie (« Demystifying Compact Urban Growth : Evidence From 300 Studies From Across the World », Gabriel Ahlfeldt et Elisabetta Pietrostefani, Coalition for Urban Transitions et OCDE, 1er septembre 2017).

Un nouveau rapport examine les moyens dont disposent les gouvernements nationaux pour offrir des logements plus abordables au sein de villes suffisamment compactes, tout en favorisant le développement de quartiers urbains dynamiques et durables (« Housing policies for sustainable and inclusive cities : How national governments can deliver affordable housing and compact urban development », Ana Moreno-Monroy, Jared Gars, Tadashi Matsumoto, Jonathan Crook, Rudiger Ahrend, Abel Schumann, Coalition for Urban Transitions et OCDE, 31 mars 2020).

Les conditions de la relance :(Laurence Boone , OCDE)

 

Laurence Boone est la chef économiste de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), elle pose la problématique de la relance.

Qu’est-ce qui pourrait limiter l’impact des plans de relance des économies avancées ?

C’est très bien et important de faire ces plans de relance qui sont nécessaires, et doivent être bien ciblés. On va devoir vivre avec la menace du coronavirus tant qu’il n’y aura pas de vaccin ou de traitement efficace, et il faut que les personnes comme les entreprises puissent reprendre une vie aussi normale que possible. Pour cela, je vois deux défis principaux. D’abord, il faut que les personnes consomment et que les entreprises investissent, et donc qu’elles aient confiance dans la capacité collective à gérer la vie avec le virus. Il faut que les citoyens respectent les mesures d’hygiène, de port du masque et de distanciation physique, mais aussi que les gouvernements aient des stratégies de test, traçage et isolement des malades pour contenir les éventuelles remontées du virus, et des confinements plus locaux si nécessaires.

Et le second défi ?

Il est d’arriver à protéger les personnes les plus vulnérables tout en faisant en sorte que celles travaillant dans les secteurs durablement impactés par le virus puissent retrouver un emploi, et que les capitaux des entreprises de ces secteurs soient réalloués à des domaines plus en croissance. C’est un équilibre difficile à trouver : si on protège trop, on risque de maintenir en vie des entreprises qui ne survivraient pas sans les aides publiques, mais si on ne protège pas assez, on risque de mettre beaucoup de personnes dans une situation précaire. Il faudrait en particulier regarder comment adapter les dispositifs de soutien à l’emploi suivant l’impact de la Covid et l’évolution de la reprise dans chaque secteur. Pour aider à la réallocation de l’emploi, il faut mettre des incitations en place et si nécessaire, prendre les gens par la main pour les aider à trouver un nouveau travail, changer de secteur, recevoir des qualifications et des formations dans le numérique ou la transition énergétique par exemple. Ce n’est pas souhaitable de geler des pans entiers de l’économie pendant un à quatre ans, il faut plutôt aider les personnes et les entreprises à se réinventer ailleurs.

Les échanges commerciaux internationaux sont en baisse. Est-ce que ce sera un frein au rebond des économies ?

Les échanges commerciaux ralentissaient déjà structurellement, avant la crise du coronavirus, à cause des tensions commerciales et de facteurs plus structurels. Mais ce qui a été peut-être plus surprenant avec cette crise, c’est que l’on a vu une grande résilience des chaînes de valeur et de production mondialisées. Elles n’ont pas été si perturbées, ce qui est plutôt rassurant. Il y a très peu d’endroits totalement fermés, où l’approvisionnement n’a pas pu se faire ailleurs. Les pénuries de masques ou de médicaments n’étaient pas dues à un problème de chaîne de production, mais au fait que la demande était massivement supérieure à l’offre, l’épidémie heurtant tout le monde à peu près en même temps. Si désormais les confinements sont plus localisés et moins concomitants, on pourra veiller à ne pas bloquer des nœuds cruciaux des chaînes de production. Il faudrait diversifier les sources d’approvisionnement et, pourquoi pas, développer certaines productions essentielles que l’on n’avait pas.

Les plans de relance des différents pays doivent-ils être synchronisés pour être efficaces ?

A l’OCDE, nous avons toujours plaidé pour la coordination, car il y a de tels effets d’entraînement d’un pays sur l’autre, tellement d’intégration, que si la demande ralentit dans un pays, les effets sur les pays avec lequel celui-ci échange sont importants. C’est particulièrement le cas en Europe : par exemple, un ralentissement en Allemagne a un effet sur les exportations françaises et italiennes, et vice-versa. Plus on s’accorde, mieux c’est calibré, et plus l’impact est important. Quand il y a un effort de coordination des pays du G20, comme à Londres durant la crise financière, cela dope la confiance des entreprises et des personnes, et cela contribue à la vigueur de la reprise. Le plan de relance européen est très positif pour cette raison. Au G20, il y a aujourd’hui un très fort appétit pour bénéficier des expériences des autres et que tout le monde accélère sa reprise en même temps. En outre, il y a eu la décision de reporter le service de la dette des pays pauvres, ce qui revient à une aide fiscale. Ce n’est pas la coordination de la crise financière, mais elle est là néanmoins, et c’est important.

Un risque majeur de propagation de l’épidémie à l’hémisphère sud (Laurence Boone ,OCDE)

Un  risque majeur  de propagation de l’épidémie à l’hémisphère sud  (Laurence Boone ,OCDE)

La chef économiste de l’organisation internationale de l’OCDE s’inquiète du risque majeur dune propagation du virus à l’hémisphère sud. Elle prévoit une récession mondiale au premier trimestre provoquée par le coronavirus Covid-19, suivie d’une reprise progressive de la croissance ( une prévision sans doute optimiste car les conséquences néfastes pourraient bien se faire sentir jusqu’à l’été NDLR). (interview dans l’Opinion)

Quel était l’horizon macroéconomique avant l’émergence du coronavirus Covid-19 ?

Nous étions sur une fin de cycle, avec une croissance mondiale stabilisée autour de 3%. Un niveau plutôt bas en dépit des politiques économiques très accommodantes mises en place. Les problèmes politiques et commerciaux pesaient sur le secteur manufacturier mais les commandes repartaient à la hausse. La consommation ralentissait, le taux de croissance de l’emploi ralentissait.

Et depuis ?

Il faut rester extrêmement prudent car beaucoup d’incertitudes demeurent. Nous avons tout de même modélisé deux scénarios. Dans le meilleur des cas, si l’épidémie se stabilise à son niveau actuel, la contraction de l’économie chinoise pèsera sur la croissance mondiale mais repartira d’ici 2021. L’impact sur la croissance mondiale serait alors de -0,5% cette année. L’autre scénario est celui d’une propagation de l’épidémie en zone Asie-Pacifique et dans les pays avancés, dans les mêmes proportions que ce que l’on a connu en Chine. L’impact serait alors plus important, de l’ordre de 1,5%. La croissance mondiale tomberait alors à 1,5% en 2020.

C’est le pire des scénarios ?

Non. Au moins deux autres sont possibles, sans que nous les ayons modélisés parce qu’ils sont plus spéculatifs. On peut imaginer une reprise rapide de l’activité en Chine avec la fin des mesures de confinement mais que cette levée arrive trop tôt ; elle pourrait alors être suivie d’une nouvelle vague de contaminations en Chine et de mesures de confinement qui feraient replonger l’économie chinoise (scénario « en W »). Mais le pire des scénarios serait celui d’une propagation de l’épidémie à l’hémisphère sud en même temps que l’hémisphère nord, avec des conséquences difficiles à estimer.

«Ce qui se passe sur les marchés nous inquiète. Il ne faudrait pas qu’une crise financière s’ajoute à la crise sanitaire»

Y a-t-il un risque de récession à court terme ?

Dans le premier scénario, le plus optimiste, le creux de la crise serait atteint au premier trimestre avec une croissance mondiale négative, croissance qui repasserait doucement en territoire positif dans les trimestres suivant. Il faudrait attendre 2021 pour retrouver le niveau de PIB que l’on attendait dans nos perspectives de novembre. Dans le second scénario – scénario de risque – le creux de la crise serait atteint au troisième trimestre, avec un PIB mondial inférieur de 1,8 point à ce qu’il serait normalement. Tous les pays touchés par des mesures de confinement souffriraient de manière à peu près égale. L’Europe et le Japon entreraient en récession, les États-Unis seraient en croissance très faible.

Que penser de la correction des marchés ?

Ce qui est en train de se passer sur les marchés nous inquiète. Il y a aujourd’hui beaucoup de dettes de faible qualité. Plus de la moitié des dettes « investment grade » [les plus sûres] émises en 2019 ont été notées BBB [la note la plus faible au sein de cette catégorie]. Il ne faudrait pas qu’une crise financière s’ajoute à la crise sanitaire.

Une relance monétaire et/ou budgétaire est-elle nécessaire ?

Il faut laisser les stabilisateurs automatiques fonctionner normalement et cibler les secteurs en difficultés (tourisme, loisirs, automobile, électronique) par des mesures comme des reports de charges et d’impôts, et des soutiens pour préserver l’emploi. Envisager également des mesures de salaire pour les professionnels de la santé. Ce n’est pas le moment de limiter ces dépenses budgétaires. Il faut accélérer les plans d’investissements qui sont prêts à être dégainés. Si la situation continue, un signe de coordination des pays au niveau du G7 ou du G20 serait très positif, tant sur les mesures de santé que sur des soutiens budgétaires et financiers, avec les banques centrales prêtes à réagir. Ce serait un signal fort. Il faut se tenir prêt économiquement, sans surréagir.

«La crise du coronavirus, c’est d’abord un choc d’offre. Mais c’est aussi un choc de demande, de confiance, avec beaucoup moins de voyageurs, touristes ou professionnels»

Comment estimer l’impact de cette crise alors que les informations sur la résistance ou la dangerosité ce virus restent parcellaires ?

Au-delà des questions de santé qui restent la première des priorités, nous avons regardé les canaux de transmission économique. Quel est l’impact des confinements ? Des mesures de quarantaine ? Des fermetures de places publiques ? La crise du coronavirus, c’est d’abord un choc d’offre qui impacte notamment les chaînes de valeur. Mais c’est aussi un choc de demande, de confiance, avec beaucoup moins de voyageurs, touristes ou professionnels.

Mais n’est-on pas en train de donner des chiffres au doigt mouillé ? Le mot « incertitude » revient 17 fois en 17 pages dans la note de l’OCDE…

Nous restons en effet très prudents. On regarde les canaux de transmission mais il est vrai que nous ne connaissons pas tous les scénarios. On essaye simplement d’anticiper. Il est important de ne pas ajouter une crise économique et financière à une crise sanitaire. Nous sommes la première institution internationale à sortir une étude. La Banque centrale européenne devrait le faire la semaine prochaine, suivie par la Fed et la Banque du Japon. Nous cherchons tous l’équilibre.

Qu’est-ce qui a changé depuis la crise du Sras en 2003 ?

Principalement le fait que le poids de la Chine dans l’économie mondiale a été multiplié par trois. La crise financière de 2008 a aussi été importante pour trois raisons. Depuis, un arsenal d’outils a été mis en place pour faire face plus rapidement à des chocs économiques assez forts. Par ailleurs, les politiques monétaires sont beaucoup plus souples et soutiennent davantage l’économie. Enfin, les banques sont plus solides après la vague de consolidation de leurs fonds propres.

Le monde est-il trop dépendant de la Chine ? Faut-il, comme l’appel de ses vœux Bruno Le Maire, relocaliser les usines de production en France ou en Europe ?

Trop je ne sais pas, très dépendant de la Chine c’est une certitude. Un exemple : 27% de la valeur ajoutée dans les ordinateurs et les systèmes électroniques vient de Chine. Les États-Unis, qui représentent 20% du secteur, importent de Chine 24% des pièces qui forment les composants qu’ils fabriquent eux-mêmes. Je pourrai aussi citer les secteurs de l’automobile, de la pharmacie ou du tourisme. Les voyageurs et touristes chinois pèsent lourd dans le monde, par exemple un point de PIB en Australie.

Coronavirus-Croissance : moins 1 % pour la France (OCDE)

Coronavirus-Croissance  : moins 1 % pour la France (OCDE)

 

Le ministre de l’économie, Bruno Lemaire, reconnaît lui-même que les conséquences du virus chinois seront beaucoup plus importantes que ceux qu’il avait envisagé au départ quand il pensait que l’épidémie serait confinée à la Chine. Non seulement la France ne connaîtra pas une petite croissance de 1 % mais elle pourrait tomber dans le rouge. Certes on va imputer ce tassement économique au Coronavirus. Le problème, c’est  il y il a déjà plusieurs mois que la tendance générale est nettement à la baisse. En fait, l’épidémie ne va faire qu’accentuer le phénomène et même le révéler. Ce qui est à craindre en plus de la crise économique, c’est La crise financière car le système financier déjà très malade qui a inondé le marché avec la planche à billets pourrait lui-même être déstabilisé avec les faillites d’entreprises très endettées et qui le seront encore davantage avec le ralentissement de l’économie. L’épidémie de Covid-19 va donc mettre un coup de frein à l’économie mondiale, et la France ne va pas y échapper: sa croissance devrait tomber à 0,9% en 2020, selon les prévisions publiées lundi par l’OCDE, première grande institution internationale à évaluer l’impact économique de l’épidémie. C’est 0,3 point de moins que sa dernière prévision fin novembre.

Le gouvernement, qui espérait mettre fin au ralentissement de l’économie française cette année et entamer une baisse du déficit public, va donc devoir patienter.

La semaine dernière déjà, le gouverneur de la Banque de France avait indiqué que l’institut d’émission allait certainement abaisser « légèrement » fin mars sa prévision de croissance pour 2020, attendue jusqu’ici à 1,1%.

Le gouvernement, qui tablait jusqu’ici sur une progression du PIB de 1,3% cette année, se voulait, lui, prudent. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire évoquait encore la semaine dernière un impact de 0,1 point si l’épidémie restait essentiellement cantonnée à la Chine. Mais lundi, il a dû se rendre à l’évidence: l’impact sera « beaucoup plus significatif », a-t-il concédé, sans donner de chiffre précis.

Car en une semaine la situation s’est rapidement détériorée. L’Italie est devenue un des principaux foyers de Covid-19 et une des sources de diffusion de la maladie en Europe, tandis que la France a dépassé la centaine de personnes contaminées.

Ces mesures, qui commencent déjà à peser sur le quotidien des Français, pourraient, si elles se durcissent, altérer aussi la consommation des ménages et l’activité des entreprises. Elle s’ajoutent aux perturbations que subissent déjà certains secteurs du fait de la crise sanitaire en Chine, incontournable dans les circuits industriels mondiaux, notamment dans l’automobile, la pharmacie ou l’électronique.

Pour la première fois en sept mois, l’activité de l’industrie française s’est d’ailleurs contractée en février, selon l’indice de référence publié par le cabinet IHS Markit, les entreprises ayant enregistré une forte baisse de leurs commandes en lien avec le coronavirus. La consommation des ménages s’est aussi affaiblie.

Les secteurs du tourisme et du luxe se voient eux privés de leurs clients chinois, une perte évaluée lundi à 1 milliard d’euros par mois à l’échelle européenne par le commissaire européen Thierry Breton.

« Le coronavirus c’est d’abord un effet sur l’offre, c’est-à-dire sur la capacité de production de la Chine et des entreprises. (…) Plus cet effet sur l’offre se prolonge, plus ça devient aussi un effet sur la demande, c’est-à-dire du côté de la consommation », a prévenu lundi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

 

Économie mondiale : une perspective de croissance molle en 2020 (OCDE)

Économie mondiale : une perspective de croissance molle en 2020 (OCDE)

 

 

Un ralentissement conjoncturel dans le cadre de mutations davantage structurelles explique l’installation dans une croissance mondiale  très molle. La dette, l’atonie de la demande ou les tensions commerciales vont en effet faire stagner la croissance d’après la chef économiste de l’OCDE. En outre des facteurs géopolitiques pourraient venir faire émerger le risque de récession . ( Interview la Tribune)

 

Existe-t-il un risque de récession ?

Nous projetons une stagnation de la croissance en 2020 et 2021, puisque celle-ci serait de 2,9 % l’an prochain comme cette année et 3 % l’année suivante. Ce sont les taux les plus faibles depuis la crise financière, et les risques sont nombreux. Par exemple, il y a un large volume de dettes d’entreprises sur les marchés qui pourraient souffrir de ce ralentissement prolongé de la croissance, et dont un défaut pourrait entraîner des ventes massives. Il y a également une résurgence de produits structurés, dont le montage rappelle ceux de l’avant-crise, aux États-Unis notamment. Un ralentissement accru ou plus brutal de la Chine pèserait sur la croissance mondiale. Des tensions géopolitiques pourraient s’aggraver. Enfin, même en année électorale américaine, on ne peut exclure une résurgence des tensions commerciales.

Comment les prévisions macroéconomiques de l’OCDE ont-elles évolué pour les années 2020 et 2021 ?

Nous pensons maintenant que le ralentissement est aussi bien structurel – avec des facteurs touchant aux fondamentaux économiques de long terme – que cyclique. Au-delà du ralentissement et du rééquilibrage de la croissance en Chine, qui sont là pour longtemps, il y a les défis posés par la transformation numérique, l’urgence accrue du changement climatique et l’anxiété suscitée par les mutations du marché du travail, qui est parfois à l’origine de ce repli sur l’économie domestique. Ces facteurs sont structurels et ne peuvent être résolus avec des taux d’intérêt plus bas ou un stimulus budgétaire (du moins, pas seulement). Ils affectent les conditions de développement des entreprises, la nature et le nombre des emplois. Ils vont demander une réponse forte et active des politiques économiques. C’est ainsi que, pour la première fois dans nos prévisions, nous avons mis l’accent sur le changement climatique et les réponses à y apporter.

Quels seront les grands défis pour l’économie internationale en 2020 ?

Il s’agit, d’une part, de recréer de la confiance, un environnement plus prévisible pour les entreprises, et, d’autre part, de lancer et de bâtir les conditions d’un rebond de l’investissement, public comme privé. Pour retrouver la confiance, l’OCDE agit sur deux fronts : elle accroît la transparence en matière commerciale et elle œuvre à un nouveau système de taxation internationale, pour que chaque entreprise paie sa part juste d’impôts sur le territoire où elle réalise des profits.

Pour l’investissement, nous recommandons de créer des fonds d’investissement publics destinés aux transitions numérique et énergétique. Ces fonds doivent servir notamment à financer les infrastructures comme les autoroutes de l’information, les réseaux de distribution d’électricité indispensables au déploiement du renouvelable, et à soutenir des projets innovants dans ces deux secteurs. La gouvernance doit être rigoureuse, car il s’agit d’argent public. Il faut que cela soit contrôlé par le parlement lors du processus budgétaire tout en préservant des conditions de concurrence saine entre les entreprises, car c’est de là que vient l’innovation. On peut s’inspirer de l’agence Darpa du département de la Défense aux États-Unis, ou des PIA (programmes d’investissement d’avenir) à la française.

Quels seraient les principaux leviers à activer pour répondre à l’urgence climatique ?

Il y a plusieurs types d’instruments, dont on doit prendre en compte l’impact redistributif, c’est-à-dire notamment les effets sur les emplois, et le coût pour les ménages et les PME les plus exposées. Prenons le prix du carbone : des régions comme la Colombie-Britannique (Canada) ont réussi à l’augmenter progressivement, mais en redistribuant les recettes aux personnes et aux entreprises les plus affectées. Ainsi, on modifie leur comportement, sans les pénaliser financièrement ou dans leur quotidien. On peut également inciter les investisseurs à diriger leurs fonds vers des financements verts avec la régulation ou des tests qui mettent en évidence à quel point leurs revenus seraient menacés par des chutes de prix d’actifs, comme les actions dans des entreprises d’énergie fossile. Enfin, des investissements publics demeurent nécessaires, comme vient de le souligner la Commission européenne avec la publication de son « Green Deal ».

Les banques centrales (FED, BCE) ont-elles encore des marges de manœuvre pour répondre au ralentissement ? Les taux bas représentent-ils une menace ou une opportunité ?

Les banques centrales ont toujours des marges de manœuvre, la question à se poser est de savoir si les défis que l’on vient d’évoquer relèvent bien du domaine des banques centrales. La réponse est : « Pas vraiment. » En revanche, elles ont lancé le signal qu’elles maintiendraient des taux bas longtemps, ce qui permet d’avoir de la visibilité pour financer les investissements et effectuer des réformes qui, parfois, peuvent avoir un effet transitoire négatif. Profitons-en. Quant à la question d’une « menace », laissez-moi soulever deux points. D’une part, les politiques macroprudentielles et la supervision doivent contrôler et corriger les risques financiers plus que la politique monétaire. D’autre part, la majorité des récessions ont été déclenchées par des hausses de taux. Mais l’économie mondiale n’est pas suffisamment solide pour que les taux remontent tant que la politique budgétaire ne reprendra pas le relais de façon structurée et significative.

Les États disposent-ils encore de marges de manœuvre budgétaires ?

Les positions varient d’un pays à l’autre. Il y a des moyens d’agir pour ceux qui ont une dette élevée : s’attaquer à la composition des dépenses et vérifier que l’argent est utilisé au mieux pour la croissance et le bien être. Trop souvent, les dépenses ont été empilées sans véritable évaluation au cours du temps et ne touchent plus ni les populations qui en ont le plus besoin, ni les investissements qui sont les plus nécessaires.

 

2020- 2021- Vers une stagnation de la croissance (Laurence Boone , OCDE)

2020- 2021- Vers une stagnation de la croissance  (Laurence Boone , OCDE)

La dette, l’atonie de la demande ou les tensions commerciales vont faire stagner la croissance d’après la chef économiste de l’OCDE. En outre des facteurs géopolitiques pourraient venir faire émerger le risque de récession . ( Interview la Tribune)

 

Existe-t-il un risque de récession ?

Nous projetons une stagnation de la croissance en 2020 et 2021, puisque celle-ci serait de 2,9 % l’an prochain comme cette année et 3 % l’année suivante. Ce sont les taux les plus faibles depuis la crise financière, et les risques sont nombreux. Par exemple, il y a un large volume de dettes d’entreprises sur les marchés qui pourraient souffrir de ce ralentissement prolongé de la croissance, et dont un défaut pourrait entraîner des ventes massives. Il y a également une résurgence de produits structurés, dont le montage rappelle ceux de l’avant-crise, aux États-Unis notamment. Un ralentissement accru ou plus brutal de la Chine pèserait sur la croissance mondiale. Des tensions géopolitiques pourraient s’aggraver. Enfin, même en année électorale américaine, on ne peut exclure une résurgence des tensions commerciales.

Comment les prévisions macroéconomiques de l’OCDE ont-elles évolué pour les années 2020 et 2021 ?

Nous pensons maintenant que le ralentissement est aussi bien structurel – avec des facteurs touchant aux fondamentaux économiques de long terme – que cyclique. Au-delà du ralentissement et du rééquilibrage de la croissance en Chine, qui sont là pour longtemps, il y a les défis posés par la transformation numérique, l’urgence accrue du changement climatique et l’anxiété suscitée par les mutations du marché du travail, qui est parfois à l’origine de ce repli sur l’économie domestique. Ces facteurs sont structurels et ne peuvent être résolus avec des taux d’intérêt plus bas ou un stimulus budgétaire (du moins, pas seulement). Ils affectent les conditions de développement des entreprises, la nature et le nombre des emplois. Ils vont demander une réponse forte et active des politiques économiques. C’est ainsi que, pour la première fois dans nos prévisions, nous avons mis l’accent sur le changement climatique et les réponses à y apporter.

Quels seront les grands défis pour l’économie internationale en 2020 ?

Il s’agit, d’une part, de recréer de la confiance, un environnement plus prévisible pour les entreprises, et, d’autre part, de lancer et de bâtir les conditions d’un rebond de l’investissement, public comme privé. Pour retrouver la confiance, l’OCDE agit sur deux fronts : elle accroît la transparence en matière commerciale et elle œuvre à un nouveau système de taxation internationale, pour que chaque entreprise paie sa part juste d’impôts sur le territoire où elle réalise des profits.

Pour l’investissement, nous recommandons de créer des fonds d’investissement publics destinés aux transitions numérique et énergétique. Ces fonds doivent servir notamment à financer les infrastructures comme les autoroutes de l’information, les réseaux de distribution d’électricité indispensables au déploiement du renouvelable, et à soutenir des projets innovants dans ces deux secteurs. La gouvernance doit être rigoureuse, car il s’agit d’argent public. Il faut que cela soit contrôlé par le parlement lors du processus budgétaire tout en préservant des conditions de concurrence saine entre les entreprises, car c’est de là que vient l’innovation. On peut s’inspirer de l’agence Darpa du département de la Défense aux États-Unis, ou des PIA (programmes d’investissement d’avenir) à la française.

Quels seraient les principaux leviers à activer pour répondre à l’urgence climatique ?

Il y a plusieurs types d’instruments, dont on doit prendre en compte l’impact redistributif, c’est-à-dire notamment les effets sur les emplois, et le coût pour les ménages et les PME les plus exposées. Prenons le prix du carbone : des régions comme la Colombie-Britannique (Canada) ont réussi à l’augmenter progressivement, mais en redistribuant les recettes aux personnes et aux entreprises les plus affectées. Ainsi, on modifie leur comportement, sans les pénaliser financièrement ou dans leur quotidien. On peut également inciter les investisseurs à diriger leurs fonds vers des financements verts avec la régulation ou des tests qui mettent en évidence à quel point leurs revenus seraient menacés par des chutes de prix d’actifs, comme les actions dans des entreprises d’énergie fossile. Enfin, des investissements publics demeurent nécessaires, comme vient de le souligner la Commission européenne avec la publication de son « Green Deal ».

Les banques centrales (FED, BCE) ont-elles encore des marges de manœuvre pour répondre au ralentissement ? Les taux bas représentent-ils une menace ou une opportunité ?

Les banques centrales ont toujours des marges de manœuvre, la question à se poser est de savoir si les défis que l’on vient d’évoquer relèvent bien du domaine des banques centrales. La réponse est : « Pas vraiment. » En revanche, elles ont lancé le signal qu’elles maintiendraient des taux bas longtemps, ce qui permet d’avoir de la visibilité pour financer les investissements et effectuer des réformes qui, parfois, peuvent avoir un effet transitoire négatif. Profitons-en. Quant à la question d’une « menace », laissez-moi soulever deux points. D’une part, les politiques macroprudentielles et la supervision doivent contrôler et corriger les risques financiers plus que la politique monétaire. D’autre part, la majorité des récessions ont été déclenchées par des hausses de taux. Mais l’économie mondiale n’est pas suffisamment solide pour que les taux remontent tant que la politique budgétaire ne reprendra pas le relais de façon structurée et significative.

Les États disposent-ils encore de marges de manœuvre budgétaires ?

Les positions varient d’un pays à l’autre. Il y a des moyens d’agir pour ceux qui ont une dette élevée : s’attaquer à la composition des dépenses et vérifier que l’argent est utilisé au mieux pour la croissance et le bien être. Trop souvent, les dépenses ont été empilées sans véritable évaluation au cours du temps et ne touchent plus ni les populations qui en ont le plus besoin, ni les investissements qui sont les plus nécessaires

 

Prospective- Vers une stagnation de la croissance (Laurence Boone , OCDE)

Prospective- Vers une stagnation de la croissance   (Laurence Boone , OCDE)

 

 

La dette, l’atonie de la demande ou les tensions commerciales vont faire stagner la croissance d’après la chef économiste de l’OCDE. En outre des facteurs géopolitiques pourraient venir faire émerger le risque de récession . ( Interview la Tribune)

 

Existe-t-il un risque de récession ?

Nous projetons une stagnation de la croissance en 2020 et 2021, puisque celle-ci serait de 2,9 % l’an prochain comme cette année et 3 % l’année suivante. Ce sont les taux les plus faibles depuis la crise financière, et les risques sont nombreux. Par exemple, il y a un large volume de dettes d’entreprises sur les marchés qui pourraient souffrir de ce ralentissement prolongé de la croissance, et dont un défaut pourrait entraîner des ventes massives. Il y a également une résurgence de produits structurés, dont le montage rappelle ceux de l’avant-crise, aux États-Unis notamment. Un ralentissement accru ou plus brutal de la Chine pèserait sur la croissance mondiale. Des tensions géopolitiques pourraient s’aggraver. Enfin, même en année électorale américaine, on ne peut exclure une résurgence des tensions commerciales.

Comment les prévisions macroéconomiques de l’OCDE ont-elles évolué pour les années 2020 et 2021 ?

Nous pensons maintenant que le ralentissement est aussi bien structurel – avec des facteurs touchant aux fondamentaux économiques de long terme – que cyclique. Au-delà du ralentissement et du rééquilibrage de la croissance en Chine, qui sont là pour longtemps, il y a les défis posés par la transformation numérique, l’urgence accrue du changement climatique et l’anxiété suscitée par les mutations du marché du travail, qui est parfois à l’origine de ce repli sur l’économie domestique. Ces facteurs sont structurels et ne peuvent être résolus avec des taux d’intérêt plus bas ou un stimulus budgétaire (du moins, pas seulement). Ils affectent les conditions de développement des entreprises, la nature et le nombre des emplois. Ils vont demander une réponse forte et active des politiques économiques. C’est ainsi que, pour la première fois dans nos prévisions, nous avons mis l’accent sur le changement climatique et les réponses à y apporter.

Quels seront les grands défis pour l’économie internationale en 2020 ?

Il s’agit, d’une part, de recréer de la confiance, un environnement plus prévisible pour les entreprises, et, d’autre part, de lancer et de bâtir les conditions d’un rebond de l’investissement, public comme privé. Pour retrouver la confiance, l’OCDE agit sur deux fronts : elle accroît la transparence en matière commerciale et elle œuvre à un nouveau système de taxation internationale, pour que chaque entreprise paie sa part juste d’impôts sur le territoire où elle réalise des profits.

Pour l’investissement, nous recommandons de créer des fonds d’investissement publics destinés aux transitions numérique et énergétique. Ces fonds doivent servir notamment à financer les infrastructures comme les autoroutes de l’information, les réseaux de distribution d’électricité indispensables au déploiement du renouvelable, et à soutenir des projets innovants dans ces deux secteurs. La gouvernance doit être rigoureuse, car il s’agit d’argent public. Il faut que cela soit contrôlé par le parlement lors du processus budgétaire tout en préservant des conditions de concurrence saine entre les entreprises, car c’est de là que vient l’innovation. On peut s’inspirer de l’agence Darpa du département de la Défense aux États-Unis, ou des PIA (programmes d’investissement d’avenir) à la française.

Quels seraient les principaux leviers à activer pour répondre à l’urgence climatique ?

Il y a plusieurs types d’instruments, dont on doit prendre en compte l’impact redistributif, c’est-à-dire notamment les effets sur les emplois, et le coût pour les ménages et les PME les plus exposées. Prenons le prix du carbone : des régions comme la Colombie-Britannique (Canada) ont réussi à l’augmenter progressivement, mais en redistribuant les recettes aux personnes et aux entreprises les plus affectées. Ainsi, on modifie leur comportement, sans les pénaliser financièrement ou dans leur quotidien. On peut également inciter les investisseurs à diriger leurs fonds vers des financements verts avec la régulation ou des tests qui mettent en évidence à quel point leurs revenus seraient menacés par des chutes de prix d’actifs, comme les actions dans des entreprises d’énergie fossile. Enfin, des investissements publics demeurent nécessaires, comme vient de le souligner la Commission européenne avec la publication de son « Green Deal ».

Les banques centrales (FED, BCE) ont-elles encore des marges de manœuvre pour répondre au ralentissement ? Les taux bas représentent-ils une menace ou une opportunité ?

Les banques centrales ont toujours des marges de manœuvre, la question à se poser est de savoir si les défis que l’on vient d’évoquer relèvent bien du domaine des banques centrales. La réponse est : « Pas vraiment. » En revanche, elles ont lancé le signal qu’elles maintiendraient des taux bas longtemps, ce qui permet d’avoir de la visibilité pour financer les investissements et effectuer des réformes qui, parfois, peuvent avoir un effet transitoire négatif. Profitons-en. Quant à la question d’une « menace », laissez-moi soulever deux points. D’une part, les politiques macroprudentielles et la supervision doivent contrôler et corriger les risques financiers plus que la politique monétaire. D’autre part, la majorité des récessions ont été déclenchées par des hausses de taux. Mais l’économie mondiale n’est pas suffisamment solide pour que les taux remontent tant que la politique budgétaire ne reprendra pas le relais de façon structurée et significative.

Les États disposent-ils encore de marges de manœuvre budgétaires ?

Les positions varient d’un pays à l’autre. Il y a des moyens d’agir pour ceux qui ont une dette élevée : s’attaquer à la composition des dépenses et vérifier que l’argent est utilisé au mieux pour la croissance et le bien être. Trop souvent, les dépenses ont été empilées sans véritable évaluation au cours du temps et ne touchent plus ni les populations qui en ont le plus besoin, ni les investissements qui sont les plus nécessaires

 

Vers une stagnation de la croissance : (Laurence Boone , OCDE)

Vers une stagnation de la croissance :  (Laurence Boone , OCDE)

La dette, l’atonie de la demande ou les tensions commerciales vont faire stagner la croissance d’après la chef économiste de l’OCDE. En outre des facteurs géopolitiques pourraient venir faire émerger le risque de récession . ( Interview la Tribune)

 

Existe-t-il un risque de récession ?

Nous projetons une stagnation de la croissance en 2020 et 2021, puisque celle-ci serait de 2,9 % l’an prochain comme cette année et 3 % l’année suivante. Ce sont les taux les plus faibles depuis la crise financière, et les risques sont nombreux. Par exemple, il y a un large volume de dettes d’entreprises sur les marchés qui pourraient souffrir de ce ralentissement prolongé de la croissance, et dont un défaut pourrait entraîner des ventes massives. Il y a également une résurgence de produits structurés, dont le montage rappelle ceux de l’avant-crise, aux États-Unis notamment. Un ralentissement accru ou plus brutal de la Chine pèserait sur la croissance mondiale. Des tensions géopolitiques pourraient s’aggraver. Enfin, même en année électorale américaine, on ne peut exclure une résurgence des tensions commerciales.

Comment les prévisions macroéconomiques de l’OCDE ont-elles évolué pour les années 2020 et 2021 ?

Nous pensons maintenant que le ralentissement est aussi bien structurel – avec des facteurs touchant aux fondamentaux économiques de long terme – que cyclique. Au-delà du ralentissement et du rééquilibrage de la croissance en Chine, qui sont là pour longtemps, il y a les défis posés par la transformation numérique, l’urgence accrue du changement climatique et l’anxiété suscitée par les mutations du marché du travail, qui est parfois à l’origine de ce repli sur l’économie domestique. Ces facteurs sont structurels et ne peuvent être résolus avec des taux d’intérêt plus bas ou un stimulus budgétaire (du moins, pas seulement). Ils affectent les conditions de développement des entreprises, la nature et le nombre des emplois. Ils vont demander une réponse forte et active des politiques économiques. C’est ainsi que, pour la première fois dans nos prévisions, nous avons mis l’accent sur le changement climatique et les réponses à y apporter.

Quels seront les grands défis pour l’économie internationale en 2020 ?

Il s’agit, d’une part, de recréer de la confiance, un environnement plus prévisible pour les entreprises, et, d’autre part, de lancer et de bâtir les conditions d’un rebond de l’investissement, public comme privé. Pour retrouver la confiance, l’OCDE agit sur deux fronts : elle accroît la transparence en matière commerciale et elle œuvre à un nouveau système de taxation internationale, pour que chaque entreprise paie sa part juste d’impôts sur le territoire où elle réalise des profits.

Pour l’investissement, nous recommandons de créer des fonds d’investissement publics destinés aux transitions numérique et énergétique. Ces fonds doivent servir notamment à financer les infrastructures comme les autoroutes de l’information, les réseaux de distribution d’électricité indispensables au déploiement du renouvelable, et à soutenir des projets innovants dans ces deux secteurs. La gouvernance doit être rigoureuse, car il s’agit d’argent public. Il faut que cela soit contrôlé par le parlement lors du processus budgétaire tout en préservant des conditions de concurrence saine entre les entreprises, car c’est de là que vient l’innovation. On peut s’inspirer de l’agence Darpa du département de la Défense aux États-Unis, ou des PIA (programmes d’investissement d’avenir) à la française.

Quels seraient les principaux leviers à activer pour répondre à l’urgence climatique ?

Il y a plusieurs types d’instruments, dont on doit prendre en compte l’impact redistributif, c’est-à-dire notamment les effets sur les emplois, et le coût pour les ménages et les PME les plus exposées. Prenons le prix du carbone : des régions comme la Colombie-Britannique (Canada) ont réussi à l’augmenter progressivement, mais en redistribuant les recettes aux personnes et aux entreprises les plus affectées. Ainsi, on modifie leur comportement, sans les pénaliser financièrement ou dans leur quotidien. On peut également inciter les investisseurs à diriger leurs fonds vers des financements verts avec la régulation ou des tests qui mettent en évidence à quel point leurs revenus seraient menacés par des chutes de prix d’actifs, comme les actions dans des entreprises d’énergie fossile. Enfin, des investissements publics demeurent nécessaires, comme vient de le souligner la Commission européenne avec la publication de son « Green Deal ».

Les banques centrales (FED, BCE) ont-elles encore des marges de manœuvre pour répondre au ralentissement ? Les taux bas représentent-ils une menace ou une opportunité ?

Les banques centrales ont toujours des marges de manœuvre, la question à se poser est de savoir si les défis que l’on vient d’évoquer relèvent bien du domaine des banques centrales. La réponse est : « Pas vraiment. » En revanche, elles ont lancé le signal qu’elles maintiendraient des taux bas longtemps, ce qui permet d’avoir de la visibilité pour financer les investissements et effectuer des réformes qui, parfois, peuvent avoir un effet transitoire négatif. Profitons-en. Quant à la question d’une « menace », laissez-moi soulever deux points. D’une part, les politiques macroprudentielles et la supervision doivent contrôler et corriger les risques financiers plus que la politique monétaire. D’autre part, la majorité des récessions ont été déclenchées par des hausses de taux. Mais l’économie mondiale n’est pas suffisamment solide pour que les taux remontent tant que la politique budgétaire ne reprendra pas le relais de façon structurée et significative.

Les États disposent-ils encore de marges de manœuvre budgétaires ?

Les positions varient d’un pays à l’autre. Il y a des moyens d’agir pour ceux qui ont une dette élevée : s’attaquer à la composition des dépenses et vérifier que l’argent est utilisé au mieux pour la croissance et le bien être. Trop souvent, les dépenses ont été empilées sans véritable évaluation au cours du temps et ne touchent plus ni les populations qui en ont le plus besoin, ni les investissements qui sont les plus nécessaires

 

Croissance internationale: Confirmation de la baisse (OCDE)

Croissance internationale:  Confirmation de la baisse (OCDE)

Il se pourrait bien que les institutions de prévision passent leur temps cette année à opérer régulièrement des révisions à la baisse des perspectives de croissance de l’activité internationale. En cause d’abord des problèmes méthodologiques. D’une façon générale les institutions ont la fâcheuse habitude de prolonger les tendances. Souvenons-nous que les premières prévisions pour 2018 envisageaient une croissance proche de celle de 2017. Or cette croissance s’est très nettement affaiblie en particulier dans la dernière période de l’année. Pour autant cela n’a pas empêché ces institutions de nourrir l’espoir que 2019 afficheraient une activité certes un peu moindre que 2018 mais encore soutenue. Des pronostics qui risquent d’être contredits par les faits quand on constate par exemple des reculs de l’industrie et des échanges internationaux de la Chine, aussi de nets tassements de la croissance dans des pays comme  l’Allemagne ou les États-Unis. L’OCDE revoit donc aussi ses prévisions et n’anticipe plus que 3,3% de croissance en moyenne dans le monde cette année puis 3,4% l’an prochain – après 3,6% en 2018 -, soit respectivement 0,2 et 0,1 point de moins par rapport à ses précédentes projections de novembre. Le Fonds monétaire international (FMI) avait révisé dès fin janvier dans des proportions similaires ses propres prévisions de croissance à 3,5% pour 2019 et 3,6% pour 2020.Les premières données officielles publiées depuis par les Etats ont montré que le ralentissement du deuxième semestre 2018 a été globalement plus prononcé qu’attendu – autour de 3% par an sur une base trimestrielle, soit le rythme le plus faible depuis la mi-2016, souligne l’OCDE -, avec pour conséquence moins d’élan pour basculer sur 2019.Les indicateurs avancés ne laissent présager aucune amélioration sur ce point à court terme, les différentes enquêtes montrant que les commandes à l’export restent faibles en Chine et poursuivent leur baisse en Europe et dans de nombreuses économies asiatiques, relève l’OCDE. Mais même en l’absence d’aggravation des tensions commerciales, ses économistes estiment que le ralentissement en cours dans des pays comme l’Allemagne, la Chine, le Royaume Uni et l’Italie impacte la croissance de leurs partenaires commerciaux en Europe et en Asie au vu de leur importance comme pays exportateurs ou dans les chaînes d’approvisionnement régionales. En conséquence, la plus forte révision à la baisse des attentes de l’OCDE concerne la zone euro, où les économistes de l’organisation n’attendent plus que 1,0% de croissance cette année (-0,8 point par rapport à novembre) et 1,2% l’an prochain (-0,4 point).

Croissance mondiale : en baisse (OCDE)

Croissance mondiale : en baisse (OCDE)

Comme d’autres institutions internationales, l’OCDE révise à la baisse les prévisions économiques pour la plupart des pays du G20 sauf la Chine et les États-Unis.  La France, elle, voit sa prévision de croissance ramenée à 1,6 % (au lieu des 2 % prévus initialement par le gouvernement). Globalement le ciel de la conjoncture internationale s’assombrit notamment le retrait du commerce international. L’OCDE prévoit une croissance pour 2018 à 3,7% contre 3,9%. Pour la zone euro, l’OCDE prévoit une hausse du PIB de 2% cette année (-0,2% par rapport à mai), 1,9% en Allemagne (-0,3%) et 1,6% en France (-0,1%). Alors que le gouvernement français anticipe 1,7% après avoir initialement prévu 2 % . Le chiffre reste inchangé pour les États-Unis à 2,9%.  Les difficultés sont plus marquées pour les pays émergents, en particulier les pays affichant des déséquilibres extérieurs soumis à rude pression des marchés financiers. Typiquement le cas de la Turquie et l’Argentine. L’OCDE abaisse nettement sa prévision pour la troisième économie d’Amérique latine: au lieu d’une croissance de 2% en mai, elle table sur une récession à 1,9%. C’est nettement en deçà des -1% anticipés par le gouvernement argentin. Idem pour la Turquie, qui passe d’une croissance de plus de 5% à 3,2%. La situation se dégrade encore plus l’an prochain: +0,5% contre 5% dans l’estimation de mai.

 

Impôts sociétés: la baisse (OCDE)

Impôts  sociétés: la baisse (OCDE)

Impôt sur les sociétés à environ 24% dans les pays de l’OCDE mais de l’ordre de 33% en France. La baisse des impôts sur les sociétés s’est cependant accélérée ces dernières années dans les pays de l’OCDE pour atteindre un taux moyen de 23,9%, indique l’institution financière dans un rapport publié mercredi. « Le taux moyen de l’impôt sur les sociétés dans la zone OCDE a reculé de 32,5% en 2000 à 23,9% en 2018″, précise le rapport intitulé en anglais « Tax policy reforms », qui étudie les réformes fiscales mises en oeuvre par les 35 pays membres, ainsi qu’en Afrique du Sud, en Argentine et en Indonésie. « Bien que cette tendance à la baisse du taux moyen de l’impôt sur les sociétés dans la zone OCDE se soit accélérée de nouveau ces dernières années, la baisse des taux d’imposition sur les entreprises est moins prononcée qu’avant la crise », a ajouté l’institution. L’étude constate une « poursuite » de la tendance à la diminution des taux des impôts sur les sociétés, alimentée dans une large mesure par des réformes importantes engagées dans un certain nombre de grands pays caractérisés de longue date par des taux élevés d’imposition sur les entreprises ». Les Etats-Unis ont notamment approuvé en décembre une forte chute du taux d’imposition des entreprises qui est passé de 35% à 21%.

Croissance mondiale en hausse (OCDE)

Croissance mondiale en hausse (OCDE)

 

Une  croissance mondiale qui  accélère à 3,9% cette année et l’an prochain (après 3,7% en 2017), comme le FMI.  D’après l’OCDE, la reprise de l’investissement des entreprises devrait alimenter le rebond du commerce international, avec des volumes attendus en hausse de plus de 5% cette année. Autant d’éléments qui, combinés à la progression de l’emploi, contribuent à une reprise de plus en plus généralisée. Dans le détail, l’OCDE a révisé en nette hausse ses prévisions de croissance pour les Etats-Unis, la France et l’Allemagne. La première économie mondiale devrait enregistrer une croissance de 2,9% en 2018 et de 2,8% en 2019 (contre 2,5% et 2,1% précédemment), la contribution des retombées de la réforme fiscale étant estimée entre 0,5 et 0,75 points de pourcentage sur chacune des deux années. L’économie française, qui a affiché une croissance de 2,0% sur l’année écoulée, devrait accélérer cette année à 2,2% – un niveau inédit depuis 2007 et supérieur de 0,4 point aux précédentes prévisions – avant de ralentir à 1,9% (-0,2 point) l’an prochain. Globalement, la croissance de la zone euro s’établirait à 2,3% cette année et 2,1% l’an prochain, ce qui correspond à une révision à la hausse de 0,2 point dans les deux cas. A l’inverse de la tendance générale, le Royaume-Uni devrait voir sa croissance ralentir et rester à la traîne de la moyenne du G20, sur fond d’inquiétudes persistantes sur la définition de ses futures relations avec l’Union européenne après le Brexit. De 1,7% en 2017, sa croissance passerait à 1,3% cette année – un chiffre revu en hausse de 0,1 point – et à 1,1% en 2019, sans changement par rapport aux prévisions de novembre. L’OCDE est en revanche plus positive pour le Japon en 2018, avec une prévision de croissance revue en hausse de 0,3 point à 1,5%. Celle de 2019 n’est relevée que de 0,1 point à 1,1%. En ce qui concerne les pays émergents, l’OCDE a légèrement révisé ses anticipations pour la Chine en 2018 (+0,1 point à 6,7%) et maintenu sa prévision d’une croissance de 6,4% en 2019. Avec des prévisions revues en hausse, l’Inde passerait devant la Chine avec une croissance attendue à 7,2% cette année (+0,2 point) et à 7,5% en 2019 (+0,1 point). L’OCDE, qui se montre plus optimiste pour le Brésil (+0,3 point à 2,2% en 2018 et +0,1 point à 2,4% en 2019), est en revanche plus réservée sur la Russie, avec une prévision revue en baisse de 0,1 point, à 1,8% en 2018 et une croissance attendue à 1,5% en 2019, sans changement par rapport aux prévisions de novembre. “Nous pensons que l’économie va rester plus solide pour les deux prochaines années”, a déclaré à Reuters Alvaro Pereira, chef économiste de l’OCDE par intérim. “Nous revenons à des circonstances plus normales que celles que nous avons connues au cours des dix dernières années”, a-t-il ajouté. Mais la perspective d’un regain de protectionnisme, dans le sillage de la décision Donald Trump d’imposer de nouvelles taxes douanières sur les importations américaines d’aluminium et d’acier, constitue un risque majeur, souligne l’OCDE en invitant les pays concernés à éviter toute escalade. “Cela pourrait évidemment compromettre la reprise. Nous pensons que cela représente un risque significatif et nous espérons qu’il ne se matérialisera pas car cela pourrait être assez préjudiciable”, a dit Alvaro Pereira.

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