Archive pour le Tag 'obsolète'

COP27 : un objectif de 1,5 degré obsolète selon un rapporteur du Giec

COP27 : un objectif de 1,5 degré obsolète selon un rapporteur du Giec

François Gemenne plaide pour que la 27e conférence de l’ONU sur le climat fixe comme objectif de limiter la hausse générale des températures à deux degrés d’ici la fin du siècle, soit l’engagement signé à Paris en 2015.( Franceinfo)

Êtes-vous d’accord avec l’organisation météorologique mondiale selon laquelle l’objectif d’une augmentation de la température de 1,5 degré d’ici à la fin du siècle est désormais « à peine à notre portée » ?
C’est carrément hors d’atteinte. Il faut dire la vérité aux gens, cet objectif ne me semble plus atteignable. Nous serons à 1,5 degré d’élévation de la température d’ici 2035 environ. Le seuil de concentration des gaz à effet de serre qui correspond à 1,5 degré est de 350 parties par million (ppm). Il a été franchi vers le milieu des années 80. Nous sommes aujourd’hui autour de 417 ppm et chaque année nous prenons environ 2,6 ppm supplémentaires.

Alors à quoi sert cette COP27 ?
C’est comme si vous cherchiez à perdre du poids. En réalité, il n’est jamais trop tard. Tout ce que vous allez réussir à faire pour limiter les émissions de gaz à effet de serre va aussi limiter l’augmentation de la température. C’est donc cela qu’on va chercher à faire à la COP27. Maintenant, je pense qu’il faut pouvoir se donner des objectifs atteignables qui ne soient pas des chimères. Moi, je plaide pour qu’on fixe un objectif à 2 degrés qui était l’objectif initialement retenu par l’accord de Paris. L’objectif de 1,5 degré avait essentiellement été choisi pour faire plaisir aux petits États insulaires.

Que faut-il attendre des discussions sur le financement des dégâts climatiques, notamment pour rétablir le dialogue entre les pays du Sud et les riches pays du Nord ?
Il faut que le financement suive. Les pays du Sud en ont besoin pour engager eux aussi leur transition énergétique, choisir une trajectoire de developpement décarbonée et pour s’adapter aux conséquences du changement climatique. Désormais, il faut aussi de l’argent pour compenser les pertes liées aux dégâts du changement climatique là où l’adaptation n’est plus possible. Dès la COP15, en 2009, on avait promis un fond annuel de 100 milliards de dollars mais on n’en est toujours qu’à 86 milliards. Ceci provoque un énorme ressentiment des pays du Sud. Plus nous attendons, plus les températures augmentent et plus l’addition augmente. Mais si nous arrivons enfin cette année à 100 milliards, ce serait déjà un pas symbolique important pour rétablir une forme de confiance.

Rémunération des fonctionnaires : un système obsolète

Rémunération des fonctionnaires : un système obsolète

 

 

 

La prime au mérite des agents publics ne doit pas cacher la nécessité d’un nouveau mode de rémunération fondé sur l’exercice réel du métier, plaide le haut fonctionnaire Johan Theuret, dans une tribune au « Monde ».

 

 

Face à la remontée de l’inflation, Emmanuel Macron a dû promettre une hausse du salaire des agents publics avant l’été. C’est une volte-face, alors que, fin 2021, la ministre de la fonction publique, Amélie de Montchalin, avait annoncé, pour la cinquième année consécutive, le maintien du gel de la valeur du point d’indice. Le résultat est, pour les fonctionnaires, une absence de lisibilité salariale : tantôt des mesures d’économies financières, comme le gel de la valeur du point, tantôt des revalorisations sectorielles (Ségur de la santé, Grenelle de l’éducation, Beauvau de la sécurité…) au gré de l’actualité des tensions sociales.

 

En fait, le fonctionnement actuel du système de rémunération des agents publics empêche de mettre en place une bonne gestion des ressources humaines. Devenu illisible par sa complexité, il entretient des disparités notamment entre les métiers et les sexes, et se trouve complètement inadapté au retour de l’inflation. Le gel du point d’indice engendre une détérioration du pouvoir d’achat ayant pour conséquences une baisse du nombre de candidats aux concours, une démobilisation des agents publics et une part croissante de fonctionnaires rémunérés au smic.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Concours enseignants : la chute du nombre de candidats inquiète la profession

En effet, le smic progresse plus vite que le salaire moyen de la fonction publique, ce qui entraîne un tassement des grilles indiciaires. Le rattrapage des augmentations successives du smic par les grilles indiciaires fait que de plus en plus d’agents de catégories C et B sont rémunérés au smic. Cela provoque un sentiment de stagnation pour les jeunes agents et signifie pour les plus anciens une forte réduction du différentiel salarial lié à l’expérience.

Ces défaillances nécessitent une architecture de rémunération adaptée aux enjeux d’attractivité, de lisibilité et d’équité. A la revalorisation annoncée de la valeur du point, qui devient urgente, doit donc s’ajouter une refonte plus profonde.

Pour éviter les à-coups salariaux et conforter la confiance salariale entre les agents publics et leur employeur, une formule connue et applicable d’indexation de la valeur du point s’impose pour garantir une progression régulière des salaires et ne plus revivre le gel de longue durée.

Performance collective

Cette indexation offrirait l’occasion de revoir les déterminants de la part salariale indiciaire afin d’accroître sa part au détriment des primes et indemnités, devenues illisibles et injustes. Il faut aller vers une rémunération plus simple, basée sur le métier, moins liée à la qualification et à l’ancienneté. Un agent public percevrait ainsi une rémunération indiciaire comprenant une composante liée à son grade (c’est-à-dire à la qualification et à l’expérience acquise lors de son recrutement), et une autre composante liée aux fonctions et responsabilités exercées. Cela permettrait de réduire la part grandissante du régime indemnitaire non pris en compte dans le calcul des droits à la retraite et de valoriser davantage la pénibilité de certains métiers.

Même électrique , l’automobile concept obsolète

Même électrique , l’automobile concept obsolète

 

Un collectif de chercheurs et d’acteurs du monde associatif, emmené par l’urbaniste et spécialiste des transports Frédéric Héran, voit dans l’automobile un modèle aujourd’hui dépassé. Il faut s’engager résolument dans une politique de réduction progressive de son usage et aider au passage à des véhicules alternatifs.(« Le Monde »)

Tribune.

L’avenir de l’automobile s’assombrit. La situation actuelle n’est déjà guère brillante et elle devrait encore empirer dans quelques années, au vu des évolutions majeures en cours.

La plupart des politiques publiques actuelles tendent à prolonger l’usage dominant de la voiture dans notre mobilité, au nom de la sauvegarde d’un secteur, des emplois qu’il génère et de la préservation de nos habitudes de déplacement souvent contraintes par un urbanisme diffus. Des dizaines de milliards d’euros y sont consacrés : soutien au secteur pendant la pandémie, subventions à l’achat de voitures électriques et à l’installation de bornes de recharge, investissements dans la filière hydrogène et dans la voiture autonome, remise sur le coût des carburants, relance des projets routiers…

Pourtant, ces politiques mènent à une impasse. La voiture connaît d’abord une hausse sensible de son prix : + 15 % depuis trois ans, + 30 % depuis dix ans (selon L’Argus). Des facteurs conjoncturels bien connus expliquent cette dérive : accroissement du coût des matières premières, des composants électroniques, de l’énergie et du transport maritime en lien avec la pandémie et la guerre en Ukraine.

Des facteurs structurels moins médiatisés sont aussi en cause : renforcement des normes écologiques et sécuritaires, exigences accrues des consommateurs en matière de design, de confort, d’équipements et d’agrément de conduite, stimulation de ces désirs par les constructeurs à coups de publicité et de liste d’options, afin de monter en gamme et d’accroître les marges. Ainsi, les SUV (sport utility vehicles, « véhicules utilitaires à caractère sportif ») – 46 % des ventes depuis janvier 2022, selon AAA Data – ne sont pas plus coûteux à construire que les berlines, mais les clients acceptent de les acheter plus cher.

Jusqu’à ces dernières années, la hausse du pouvoir d’achat, les ventes à crédit, les formules de location, le développement des flottes d’entreprise permettaient d’écouler ces véhicules de plus en plus coûteux. Mais ce temps est révolu. Le pouvoir d’achat est en berne, l’inflation érode les revenus, les entreprises cherchent à réduire leur flotte, seuls les ménages les plus riches peuvent encore s’acheter des voitures neuves, et même le marché de l’occasion est désormais tendu.

Plus grave, les matières premières s’épuisent et leur coût aura inévitablement tendance à s’élever, car la demande en métaux et en ressources énergétiques s’accroît, alors que les gisements miniers et d’hydrocarbures les plus anciens et les plus rentables ferment. Quelles matières manqueront en premier ? Dans quelle mesure des solutions de substitution ou l’amélioration du recyclage parviendront-elles à ralentir cette évolution ?

Démocratie : une constitution devenue obsolète

Démocratie : une constitution devenue obsolète 

 

L’essayiste Christian Salmon explique que les institutions politiques françaises sont fondées sur des mythes, tels des vestiges surgis des « Mythologies » de Roland Barthes, et ne sont plus adaptées à notre époque.

 

Loin d’ouvrir un nouveau chapitre de la vie politique, l’élection présidentielle de 2022 marque plutôt la fin d’une époque. Un certain régime du politique s’achève dont Emmanuel Macron serait l’épilogue. C’est à la fois la fin d’un régime dans le sens politico-institutionnel – l’hyperprésidentialisme et l’affaiblissement des contre-pouvoirs –, mais aussi l’épuisement d’un certain régime de « croyance » dans le politique, c’est-à-dire le crédit que l’on fait aux hommes et aux institutions. C’est une crise symbolique autant que juridico-politique.

Dans l’esprit du général de Gaulle, le régime présidentiel à la française devait permettre de réaffirmer l’indépendance et la souveraineté de la France dans le monde bipolaire de la guerre froide. Jamais l’une et l’autre n’ont paru aussi menacées. Le déclin de la souveraineté étatique est un phénomène mondial à la croisée de plusieurs révolutions simultanées : dans l’histoire du capitalisme avec la financiarisation et la mondialisation des marchés et les nouveaux acteurs supranationaux que sont les multinationales ; dans l’histoire institutionnelle de l’Europe avec la construction européenne qui opère une déconstruction des Etats-nations qui la composent ; dans l’histoire des technologies de l’information et de la communication avec l’émergence des GAFA [Google, Apple, Facebook, Amazon] et la nouvelle gouvernementalité algorithmique qui s’impose aux Etats et aux citoyens ; dans l’histoire stratégique de l’Europe avec la fin de la guerre froide et l’intégration de la France au bloc occidental sous l’égide de l’OTAN.

 

A la lumière de l’hypercrise actuelle (économique, sociale, sanitaire, militaire…), la Constitution de la Ve République apparaît caduque, d’un autre temps. Elle se dresse dans un monde en mutation accélérée comme l’une des dernières grandes cathédrales gothiques de la vie politique française. Parmi ses défenseurs, elle fait l’objet d’un culte, comme un objet de collection, une survivance digne de figurer dans les Mythologies de Roland Barthes avec le plastique et le Formica, le catch, l’abbé Pierre et la DS Citroën. Ces mythes sont au nombre de cinq.

Le mythe de la souveraineté nationale

La France est le pays européen où la crise de la souveraineté étatique est la plus aiguë, car la Ve République entretient l’illusion d’un « décisionnisme » politique incarné par un président tout-puissant. La mondialisation néolibérale a porté atteinte à tout l’échafaudage de la souveraineté : non seulement dans la dimension effective du pouvoir et de son exercice, mais aussi dans sa dimension symbolique qui représente et reproduit la croyance dans les pouvoirs de l’Etat. Les gestes, les formes, les rites de l’Etat-nation ne sont plus les signes de sa puissance ni les figures de son pouvoir, mais les membres fantômes d’un Etat impuissant, privé de sa souveraineté.

Une armée française obsolète (François Cornut-Gentille)

Une armée française obsolète (François Cornut-Gentille)

 

 

Un article intéressant qui attire l’attention sur l’insuffisance des moyens budgétaires. Une critique de nature quantitative qui ne saurait cependant faire l’impasse sur la nature qualitative de notre défense.

Faut-il rappeler que par exemple la puissante armée française a dû se replier assez lamentablement au Mali face à quelques extrémistes et à une armée d’opérettes malienne. Si l’on se réfère au conflit de l’Ukraine, on mesure combien les forces stratégiques traditionnelles sont encore indispensables. Pour preuve l’Ukraine a décidéede réinsérer la totalité des hommes mobilisables. Une question qu’il faudra bien se poser en France et auquel évidemment ne répond pas le farfelu service national qui ne concerne que quelques personnes. NDLR

Faute de débats sur les efforts budgétaires à consentir, mais aussi sur les programmes d’armement et les alliances stratégiques, notre défense est aujourd’hui dans une impasse, alerte dans une tribune au « Monde » le député (LR) de Haute-Marne, rapporteur spécial des crédits de la défense.

 

Tribune. 

Voilà des années que nous esquivons un véritable débat sur notre défense, qui devient de plus en plus nécessaire. Certes, depuis l’attaque menée en Ukraine par Vladimir Poutine, la défense est désormais au cœur de l’actualité. Quelques médias ont pointé les carences de nos armées. De leur côté, les principaux candidats à l’élection présidentielle se sont tous engagés à augmenter le budget des armées. Tout cela peut donner l’illusion d’une prise de conscience, tardive mais salutaire, des défis qui sont devant nous. L’idée rassurante s’impose qu’avec un peu de temps et quelques moyens supplémentaires, nous allons parvenir à remettre à niveau notre outil militaire.

La vérité est malheureusement beaucoup plus cruelle. Notre défense est aujourd’hui dans une triple impasse. Et l’effort que nous avons à fournir dans les années qui viennent n’est pas seulement budgétaire ; il est d’abord d’ordre intellectuel. Nous devons impérativement sortir de notre routine et de notre torpeur pour ouvrir sur notre défense les trois débats majeurs que nous n’avons que trop repoussés.

Le premier est d’ordre budgétaire. Avec 41 milliards d’euros, le budget de la « mission défense » est le second derrière celui de l’éducation nationale (55 milliards). Après des années de rigueur, François Hollande et Emmanuel Macron se félicitent d’avoir entrepris un redressement significatif. Ils disent vrai. Cependant leur discours réconfortant masque l’essentiel, car les difficultés sont devant nous et sont loin d’être négligeables.

Pour atteindre un budget de 50 milliards d’euros en 2025, la loi de programmation militaire a en effet prévu le franchissement de marches budgétaires de 3 milliards d’euros sur les trois prochains budgets. Même en période normale, le respect d’un tel engagement serait tout à fait inédit. Or, dans la situation budgétaire post-Covid, la crédibilité de cette trajectoire financière apparaît désormais extrêmement faible. En outre, la défense va se trouver en concurrence directe avec les besoins sociaux urgents exprimés depuis la crise des « gilets jaunes » et durant la campagne présidentielle (notamment sur l’hôpital). Enfin, pour bien comprendre le mur devant lequel nous nous trouvons, il faut ajouter que cet effort déjà difficilement atteignable est très en dessous de ce qu’il conviendrait de faire pour dissuader (ou combattre) un éventuel agresseur.

Cependant, en matière budgétaire, ce ne sont pas les annonces qui comptent, mais la continuité de l’effort quels que soient les aléas. Or, de ce point de vue, c’est très mal parti : ce sont en effet 300 millions d’euros de crédits militaires qui viennent d’être discrètement annulés pour financer les mesures de soutien à l’économie. Ainsi, au-delà des déclarations ambitieuses, il n’est pas certain que nous soyons réellement déterminés à faire de notre défense une priorité. Telle est la première question désagréable qu’il nous faut regarder en face : concrètement, jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour assurer notre sécurité ?

L’Etat : un actionnaire obsolète d’après la Cour des Comptes

L’Etat : un actionnaire obsolète d’après la Cour des Comptes

Après les multiples interventions de l’État dans de nombreux domaines notamment au cours de la récente crise sanitaire, la Cour des Comptes estime que la doctrine de l’État est devenue obsolète car trop confuse et même trop contradictoire.

 

D’une certaine manière l’État a choisi la doctrine de l’arrosoir qui touche nombreux de secteurs d’activité sans qu’on sache très bien s’il s’agit d’une aide à l’exploitation, à l’innovation ou au développement. Ou tout simplement de boucher les trous récurrents. NDLR

 

« La crise sanitaire et le contexte nouveau [de transition énergétique]  frappent d’obsolescence une partie de la doctrine d’intervention de l’État en matière de participations publiques » expliquent-ils.

Les Sages saluent la mobilisation « efficace » de l’État en 2020 pour soutenir les groupes dont il détient une partie du capital, estimant que les « puissants moyens » déployés « ont joué un rôle clé dans quelques opérations d’envergure », comme en faveur d’Air France-KLM, de Renault ou d’EDF. Au total, ces interventions ont représenté des « coûts élevés » pour l’État, souligne la Cour, estimant l’impact budgétaire pour 2020 à environ 15,5 milliards d’euros : 2,4 milliards de dividendes non perçus, 9 milliards de recettes en moins sur d’éventuelles cessions, dont celle d’ADP, et 4 milliards d’intervention en capital (hors augmentation de capital de 4 milliards de la SNCF, considérée par la Cour comme non liée à la crise).

S’y ajoute une perte de patrimoine évaluée à environ 11 milliards d’euros, dont 9,7 milliards pour le seul portefeuille géré par l’APE, liée à la baisse de valeur des participations de l’État, concentrée dans les transports et l’énergie, secteurs très touchés par la crise. « Au-delà des coûts constatés en 2020, la crise sanitaire, qui n’est pas achevée au moment de la rédaction du présent rapport, a des conséquences sur les perspectives des entreprises concernées et entraîne des risques de coûts futurs pour l’actionnaire public », craint toutefois la Cour.

 Plus que pour Bpifrance ou la Caisse des dépôts (CDC), la Cour s’inquiète surtout pour l’APE, qui gère les participations publiques dans les grandes entreprises : « Les effets retardés de la crise pour les participations gérées par l’APE pourraient être significatifs », prévient-elle. Elle évoque notamment, au-delà de la crise de 2020, « des besoins de recapitalisation », pour certains fleurons industriels, qui ont « des problèmes plus structurels de rentabilité et de trésorerie ». Elle cite par exemple Air France-KLM qui a déjà dû transformer l’an dernier une avance consentie par l’État en emprunt à durée indéterminée et lancer une première augmentation de capital, essentiellement souscrite par l’État.

Déjà critique dans un rapport de 2017 sur la politique de l’État actionnaire, la Cour appelle cette fois clairement ce dernier à « actualiser » la stratégie mise en place en 2017, qui définit que les cessions de participations par l’APE doivent financer ses prises de participation. Car la crise a réduit les possibilités de cessions dans l’immédiat et la perception de dividendes, tandis que les besoins d’intervention sont « potentiellement très élevés, qu’il s’agisse d’accompagner des entreprises publiques dans leur transformation ou de s’engager plus avant dans la protection d’entreprises stratégiques, les perspectives de recettes traditionnelles de l’État actionnaire sont incertaines », note-t-elle.

Parrainage Présidentielle : Un processus obsolète

Parrainage Présidentielle : Un processus obsolète

À juste titre le vice-président de l’association des maires de France pose la question fondamentale de la légitimité des candidats aux présidentielles du fait du parrainage des maires.

 

 

Un système sans doute complètement obsolète qui ne garantit strictement rien pour preuve on va sans doute encore parrainer par exemple la responsable d’un parti Animaliste  et la liste des prétendants comprend environ 80 personnes dont une quinzaine seront finalement retenus. Évidemment une caricature de démocratie car beaucoup n’ont strictement rien à faire comme candidat à la magistrature suprême n’ayant même pas été capable pour beaucoup d’être maire d’une grande ville ou même d’une ville moyenne encore moins d’une organisation nationale un peu représentative. Philippe Laurent, vice-président de l’Association des maires de France (AMF) et maire UDI de Sceaux (Hauts-de-Seine) a pour sa part refuser d’accorder son parrainage et s’explique. Il soutient un système de parrainage citoyen plus en adéquation, selon lui, avec le système du suffrage universel.

La France se ridiculise évidemment avec cette liste de 80 candidats à la candidature et d’une dizaine de candidats au final.

Ce qui manque évidemment c’est cette démocratie intermédiaire qui permettrait de faire émerger des candidats ayant déjà fait la preuve de leur engagement au service de la société au lieu de permettre à n’importe quel aventurier de prétendre à la magistrature suprême. Le cas notamment de Macron choisi par un groupe de financiers alors qu’il n’avait jamais eu le moindre engagement social ou sociétal.

 

Vous avez fait le choix de ne pas parrainer de candidat à l’élection présidentielle. Pour quelles raisons?
C’est d’abord pour des raisons de principes. Dans le cadre d’une élection qui a lieu au suffrage universel, je ne comprends plus la logique qui consiste à dire que ce sont les maires, et autres élus, qui ont la capacité de décider que telle ou telle personne soit candidate ou non. Parrainer les candidats, ce n’est pas le rôle des maires. Cette responsabilité n’a d’ailleurs fait l’objet d’aucun débat lors des municipales. Personne ne m’a demandé, à ce moment là, qui je pensais parrainer pour la prochaine élection.

 

Le système de parrainage actuel vous paraît-il encore adapté?
Emmanuel Macron a annoncé, lui même, qu’il avait ses 500 signatures alors qu’il n’est pas candidat! D’autres, qui le sont officiellement, ne les ont pas ou craignent de ne pas les réunir. Ce sont des opérations de manipulation et c’est aussi pour ça que je ne veux pas donner de parrainage. Ce n’est pas parce qu’aucun candidat ne me plaît, ce n’est pas le sujet. C’est parce que je pense que le système n’est plus adapté. Il est devenu anachronique par rapport au fonctionnement politique.

Vous proposez à la place un système de parrainage citoyen. En quoi cela consiste-t-il?
A faire en sorte qu’un candidat à l’élection présidentielle doive obtenir la signature d’un certain nombre de citoyens électeurs pour pouvoir officiellement se présenter. Le nombre de signatures requises pourrait être discuté. Mais l’on pourrait imaginer partir sur une base de 100.000 ou même de 200.000 signatures. Je précise un point à ce sujet : depuis maintenant deux ans, il existe un répertoire électoral unique. Ce qui signifie que les listes sont désormais gérées au niveau national. C’est un point très important puisque le numéro unique attribué à chaque électeur sur sa carte électorale permettrait de gérer ce système au niveau national sans grande difficulté. Nous ne pouvons pas le mettre en place cette fois-ci car il est trop tard, mais le temps est venu pour la prochaine élection, et il faut s’en occuper dès maintenant, de réviser ce système.

Depuis 2016, le Conseil constitutionnel rend public le nom du candidat parrainé par les maires ou les parlementaires. Le regrettez-vous? 
A partir du moment où il n’y a pas de lien entre l’élection du maire et son parrainage, il n’y a pas de raison que celui-ci soit rendu public. Je trouve que cela relève plus du voyeurisme que de la transparence. Il m’apparaît assez clair que pour la plupart des citoyens, donner un parrainage revient à soutenir un candidat. Il est très difficile d’expliquer que l’on parraine dans l’optique que le débat soit le plus ouvert possible et que tout le monde puisse avoir sa chance. C’est un raisonnement extrêmement peu crédible pour les citoyens. Beaucoup de maires de petites communes qui dépendent très fortement du soutient des intercommunalités et des départements se disent qu’ils n’ont que des désillusions à y gagner et préfèrent rester neutre. Au lieu de filtrer, le système fonctionne comme une proclamation de soutien. En tout cas, c’est l’image qu’il renvoie.

Candidature Taubira : le bla-bla classique de la gauche obsolète

Candidature Taubira : le bla-bla classique de la gauche obsolète

Visiblement la mayonnaise de la candidature unique de la gauche a du mal à prendre. Dans les récents sondages on attribue autour de 3 % à Christiane Taubira. Pas étonnant, les insoumis, les écolos et le parti communiste ne veulent pas entendre parler de cette candidature. Par ailleurs Taubira n’a jamais eu le moindre programme politique, témoin le bla-bla classique d’une récente intervention de l’intéressée.

L’ex-ministre de la justice a annoncé qu’elle rendrait, d’ici à la mi-janvier, sa décision sur son éventuelle candidature à la présidentielle. Evoquant des pistes de rassemblement, elle rappelle que les forces de gauche sont « liées par un destin collectif qui transcende les péripéties personnelles ».(Le Monde)

Un discours dune extrême pauvreté  truffé de généralités confondantes et le verbiage habituel d’une gauche devenue complètement obsolète. Pas un discours politique, un discours évangélique très ésotérique et surtout très flou NDLR

 

Tribune.  

Le temps est venu pour une nouvelle aventure collective au long cours. Un nouvel épisode de notre épopée humaniste. Je parle de l’aventure du peuple français qui a arraché à toutes les oppressions, à toutes les fatalités l’organisation démocratique de ses pouvoirs, et qui, à bon droit, rejette l’actuel fonctionnement antirépublicain et infantilisant où le président suprême décide pour le peuple, sans le peuple, et parfois contre le peuple.

Nous savons ce qu’il faut faireNous savons comment faire. Les projets portés à gauche, et les idées phares qui puisent dans les idéaux de justice, d’innovation et de progrès sans brutalité, d’émancipation individuelle, de solidarité et d’hospitalité en sont l’illustration.

Les convergences ne manquent pas, malgré une propension avérée à inventer entre nous des querelles insurmontables. Nous savons que le choc climatique est déjà l’affaire de ce siècle et qu’il appelle des choix drastiques. Nous voulons des services publics qui, à nouveau, maillent tout le territoire. Ainsi du service de santé public, à trente minutes du domicile, sous dotations annuelles pour rompre avec la logique comptable, dont il faudra renforcer les capacités d’accueil et de soin, en plus d’assurer la juste rémunération des personnels. Ainsi de l’école, creuset social où exercent avec application enseignantes et enseignants peu considérés et sous-rémunérés, en dépit de l’importance cardinale de leur mission. Nous voulons aussi que le temps d’études cesse d’être une course sans fin d’un job à l’autre. Et par une politique ambitieuse et soutenue, stimuler et accompagner la recherche, dans le temps et dans l’instant.

Une politique fiscale juste

C’est également la justice sociale qui dicte la nécessité d’infrastructures de mobilité pour permettre à des millions de personnes, qui n’ont pas d’autre choix que la voiture, d’échapper aux vicissitudes du temps de route, des prix de carburant, de l’injuste procès en pollution négligente. Et il faudra s’atteler pour de bon à rénover les millions de logements thermiquement défaillants.

Tous ces secteurs et d’autres appellent des investissements considérables, de fortes transitions, des bifurcations résolues.

Il en va aussi de l’augmentation du salaire minimal et d’une politique fiscale juste, qui rétablisse l’impôt sur la fortune, réclame à chacun selon ses capacités – entendons très clairement : davantage à ceux qui peuvent contribuer davantage –, et punisse sévèrement ceux qui s’organisent pour échapper à l’impôt.

Politique-Taubira : Du bla-bla classique de la gauche obsolète

Politique-Taubira : Du bla-bla classique de la gauche obsolète

 

L’ex-ministre de la justice a annoncé qu’elle rendrait, d’ici à la mi-janvier, sa décision sur son éventuelle candidature à la présidentielle. Evoquant des pistes de rassemblement, elle rappelle que les forces de gauche sont « liées par un destin collectif qui transcende les péripéties personnelles ».(Le Monde)

Un discours dune extrême pauvreté  truffé de généralités confondantes et le verbiage habituel d’une gauche devenue complètement obsolète. Pas un discours politique, un discours évangélique très ésotérique et surtout très flou NDLR

 

Tribune.  

Le temps est venu pour une nouvelle aventure collective au long cours. Un nouvel épisode de notre épopée humaniste. Je parle de l’aventure du peuple français qui a arraché à toutes les oppressions, à toutes les fatalités l’organisation démocratique de ses pouvoirs, et qui, à bon droit, rejette l’actuel fonctionnement antirépublicain et infantilisant où le président suprême décide pour le peuple, sans le peuple, et parfois contre le peuple.

Nous savons ce qu’il faut faireNous savons comment faire. Les projets portés à gauche, et les idées phares qui puisent dans les idéaux de justice, d’innovation et de progrès sans brutalité, d’émancipation individuelle, de solidarité et d’hospitalité en sont l’illustration.

Les convergences ne manquent pas, malgré une propension avérée à inventer entre nous des querelles insurmontables. Nous savons que le choc climatique est déjà l’affaire de ce siècle et qu’il appelle des choix drastiques. Nous voulons des services publics qui, à nouveau, maillent tout le territoire. Ainsi du service de santé public, à trente minutes du domicile, sous dotations annuelles pour rompre avec la logique comptable, dont il faudra renforcer les capacités d’accueil et de soin, en plus d’assurer la juste rémunération des personnels. Ainsi de l’école, creuset social où exercent avec application enseignantes et enseignants peu considérés et sous-rémunérés, en dépit de l’importance cardinale de leur mission. Nous voulons aussi que le temps d’études cesse d’être une course sans fin d’un job à l’autre. Et par une politique ambitieuse et soutenue, stimuler et accompagner la recherche, dans le temps et dans l’instant.

Une politique fiscale juste

C’est également la justice sociale qui dicte la nécessité d’infrastructures de mobilité pour permettre à des millions de personnes, qui n’ont pas d’autre choix que la voiture, d’échapper aux vicissitudes du temps de route, des prix de carburant, de l’injuste procès en pollution négligente. Et il faudra s’atteler pour de bon à rénover les millions de logements thermiquement défaillants.

Tous ces secteurs et d’autres appellent des investissements considérables, de fortes transitions, des bifurcations résolues.

Il en va aussi de l’augmentation du salaire minimal et d’une politique fiscale juste, qui rétablisse l’impôt sur la fortune, réclame à chacun selon ses capacités – entendons très clairement : davantage à ceux qui peuvent contribuer davantage –, et punisse sévèrement ceux qui s’organisent pour échapper à l’impôt.

Taubira : Du bla-bla classique de la gauche obsolète

Taubira : Du bla-bla classique de la gauche obsolète

 

L’ex-ministre de la justice a annoncé qu’elle rendrait, d’ici à la mi-janvier, sa décision sur son éventuelle candidature à la présidentielle. Evoquant des pistes de rassemblement, elle rappelle que les forces de gauche sont « liées par un destin collectif qui transcende les péripéties personnelles ».(Le Monde)

Un discours dune extrême pauvreté  truffé de généralités confondantes et le verbiage habituel d’une gauche devenue complètement obsolète. Pas un discours politique, un discours évangélique très ésotérique et surtout très flou NDLR

 

Tribune. 

Le temps est venu pour une nouvelle aventure collective au long cours. Un nouvel épisode de notre épopée humaniste. Je parle de l’aventure du peuple français qui a arraché à toutes les oppressions, à toutes les fatalités l’organisation démocratique de ses pouvoirs, et qui, à bon droit, rejette l’actuel fonctionnement antirépublicain et infantilisant où le président suprême décide pour le peuple, sans le peuple, et parfois contre le peuple.

Nous savons ce qu’il faut faire. Nous savons comment faire. Les projets portés à gauche, et les idées phares qui puisent dans les idéaux de justice, d’innovation et de progrès sans brutalité, d’émancipation individuelle, de solidarité et d’hospitalité en sont l’illustration.

Les convergences ne manquent pas, malgré une propension avérée à inventer entre nous des querelles insurmontables. Nous savons que le choc climatique est déjà l’affaire de ce siècle et qu’il appelle des choix drastiques. Nous voulons des services publics qui, à nouveau, maillent tout le territoire. Ainsi du service de santé public, à trente minutes du domicile, sous dotations annuelles pour rompre avec la logique comptable, dont il faudra renforcer les capacités d’accueil et de soin, en plus d’assurer la juste rémunération des personnels. Ainsi de l’école, creuset social où exercent avec application enseignantes et enseignants peu considérés et sous-rémunérés, en dépit de l’importance cardinale de leur mission. Nous voulons aussi que le temps d’études cesse d’être une course sans fin d’un job à l’autre. Et par une politique ambitieuse et soutenue, stimuler et accompagner la recherche, dans le temps et dans l’instant.

Une politique fiscale juste

C’est également la justice sociale qui dicte la nécessité d’infrastructures de mobilité pour permettre à des millions de personnes, qui n’ont pas d’autre choix que la voiture, d’échapper aux vicissitudes du temps de route, des prix de carburant, de l’injuste procès en pollution négligente. Et il faudra s’atteler pour de bon à rénover les millions de logements thermiquement défaillants.

Tous ces secteurs et d’autres appellent des investissements considérables, de fortes transitions, des bifurcations résolues.

Il en va aussi de l’augmentation du salaire minimal et d’une politique fiscale juste, qui rétablisse l’impôt sur la fortune, réclame à chacun selon ses capacités – entendons très clairement : davantage à ceux qui peuvent contribuer davantage –, et punisse sévèrement ceux qui s’organisent pour échapper à l’impôt.

Calcul des prix : un modèle obsolète

Calcul  des  prix : un modèle obsolète

 

Depuis le milieu du XXe siècle, l’explication de la formation des prix par la théorie de l’équilibre des marchés se délite face aux réalités psychologiques et institutionnelles du comportement des agents économiques, constate Pierre-Noël Giraud dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

 

 A la fin du XIXe siècle, l’ambition de la théorie microéconomique néoclassique fut de construire un système rigoureux des prix, fondé sur l’hypothèse que le prix de marché des facteurs de production, le travail et le capital, doit être égal à leur « productivité marginale », c’est-à-dire au prix du produit que l’usage d’une unité supplémentaire de travail ou de capital permet d’obtenir. En effet, tant que la vente de cette production supplémentaire rapporte plus que le coût des facteurs, tout producteur continue à embaucher ou à acheter de nouvelles machines jusqu’au moment où les marchés s’équilibrent. Or, toute l’histoire de la pensée économique ultérieure a été l’érosion, puis la destruction complète, de la prétention de ce modèle à atteindre son objectif.

Au cours du XXe siècle, cette entreprise de démolition s’est déroulée sur deux plans.

D’abord sur le plan théorique, avec une critique des hypothèses fondamentales du modèle. La productivité marginale de chaque travailleur n’est en effet généralement pas mesurable : quelle était celle de Bill Gates chez Microsoft ? Si la productivité d’une équipe peut dans certains cas être mesurée, quelle est la contribution de chacun au résultat de l’équipe ? Plus grave, le calcul de la productivité marginale du capital suppose déjà connus les prix des différents éléments du capital, et donc ne peut contribuer à… les déterminer. Cette objection fut soulevée dans les années 1950, elle n’a toujours pas reçu de réponse satisfaisante.

Corriger les imperfections des marchés

Ensuite sur le plan empirique. Le modèle néoclassique suppose que tous les marchés soient « parfaits », c’est-à-dire qu’il n’y a, par exemple, ni monopoles, ni pollutions, ni ressources naturelles faisant l’objet d’une surexploitation parce qu’elles sont en accès libre, ni biens publics. Dans ce cas, les néoclassiques « démontrent » que le système de prix que délivrent ces marchés parfaits permet à l’économie d’atteindre une efficacité maximale. Or, en réalité, tous les marchés ou presque sont imparfaits. On a certes dérivé du modèle général toute une série de modèles d’équilibre « partiel », qui tiennent compte de diverses imperfections des marchés. Et on a, sur la base de ces modèles, préconisé des solutions pour les corriger – en témoigne la vigueur du débat sur la taxe carbone. Mais si les marchés sont imparfaits, alors la prétention normative du modèle à conférer aux seuls marchés les clefs de l’efficacité productive s’effondre.

Évolution des prix : un modèle obsolète

Évolution des  prix : un modèle obsolète

 

Depuis le milieu du XXe siècle, l’explication de la formation des prix par la théorie de l’équilibre des marchés se délite face aux réalités psychologiques et institutionnelles du comportement des agents économiques, constate Pierre-Noël Giraud dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

 

 A la fin du XIXe siècle, l’ambition de la théorie microéconomique néoclassique fut de construire un système rigoureux des prix, fondé sur l’hypothèse que le prix de marché des facteurs de production, le travail et le capital, doit être égal à leur « productivité marginale », c’est-à-dire au prix du produit que l’usage d’une unité supplémentaire de travail ou de capital permet d’obtenir. En effet, tant que la vente de cette production supplémentaire rapporte plus que le coût des facteurs, tout producteur continue à embaucher ou à acheter de nouvelles machines jusqu’au moment où les marchés s’équilibrent. Or, toute l’histoire de la pensée économique ultérieure a été l’érosion, puis la destruction complète, de la prétention de ce modèle à atteindre son objectif.

Au cours du XXe siècle, cette entreprise de démolition s’est déroulée sur deux plans.

D’abord sur le plan théorique, avec une critique des hypothèses fondamentales du modèle. La productivité marginale de chaque travailleur n’est en effet généralement pas mesurable : quelle était celle de Bill Gates chez Microsoft ? Si la productivité d’une équipe peut dans certains cas être mesurée, quelle est la contribution de chacun au résultat de l’équipe ? Plus grave, le calcul de la productivité marginale du capital suppose déjà connus les prix des différents éléments du capital, et donc ne peut contribuer à… les déterminer. Cette objection fut soulevée dans les années 1950, elle n’a toujours pas reçu de réponse satisfaisante.

Corriger les imperfections des marchés

Ensuite sur le plan empirique. Le modèle néoclassique suppose que tous les marchés soient « parfaits », c’est-à-dire qu’il n’y a, par exemple, ni monopoles, ni pollutions, ni ressources naturelles faisant l’objet d’une surexploitation parce qu’elles sont en accès libre, ni biens publics. Dans ce cas, les néoclassiques « démontrent » que le système de prix que délivrent ces marchés parfaits permet à l’économie d’atteindre une efficacité maximale. Or, en réalité, tous les marchés ou presque sont imparfaits. On a certes dérivé du modèle général toute une série de modèles d’équilibre « partiel », qui tiennent compte de diverses imperfections des marchés. Et on a, sur la base de ces modèles, préconisé des solutions pour les corriger – en témoigne la vigueur du débat sur la taxe carbone. Mais si les marchés sont imparfaits, alors la prétention normative du modèle à conférer aux seuls marchés les clefs de l’efficacité productive s’effondre.

Détermination des prix : un modèle obsolète

Détermination des prix : un modèle obsolète

 

Depuis le milieu du XXe siècle, l’explication de la formation des prix par la théorie de l’équilibre des marchés se délite face aux réalités psychologiques et institutionnelles du comportement des agents économiques, constate Pierre-Noël Giraud dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

 

 A la fin du XIXe siècle, l’ambition de la théorie microéconomique néoclassique fut de construire un système rigoureux des prix, fondé sur l’hypothèse que le prix de marché des facteurs de production, le travail et le capital, doit être égal à leur « productivité marginale », c’est-à-dire au prix du produit que l’usage d’une unité supplémentaire de travail ou de capital permet d’obtenir. En effet, tant que la vente de cette production supplémentaire rapporte plus que le coût des facteurs, tout producteur continue à embaucher ou à acheter de nouvelles machines jusqu’au moment où les marchés s’équilibrent. Or, toute l’histoire de la pensée économique ultérieure a été l’érosion, puis la destruction complète, de la prétention de ce modèle à atteindre son objectif.

Au cours du XXe siècle, cette entreprise de démolition s’est déroulée sur deux plans.

D’abord sur le plan théorique, avec une critique des hypothèses fondamentales du modèle. La productivité marginale de chaque travailleur n’est en effet généralement pas mesurable : quelle était celle de Bill Gates chez Microsoft ? Si la productivité d’une équipe peut dans certains cas être mesurée, quelle est la contribution de chacun au résultat de l’équipe ? Plus grave, le calcul de la productivité marginale du capital suppose déjà connus les prix des différents éléments du capital, et donc ne peut contribuer à… les déterminer. Cette objection fut soulevée dans les années 1950, elle n’a toujours pas reçu de réponse satisfaisante.

Corriger les imperfections des marchés

Ensuite sur le plan empirique. Le modèle néoclassique suppose que tous les marchés soient « parfaits », c’est-à-dire qu’il n’y a, par exemple, ni monopoles, ni pollutions, ni ressources naturelles faisant l’objet d’une surexploitation parce qu’elles sont en accès libre, ni biens publics. Dans ce cas, les néoclassiques « démontrent » que le système de prix que délivrent ces marchés parfaits permet à l’économie d’atteindre une efficacité maximale. Or, en réalité, tous les marchés ou presque sont imparfaits. On a certes dérivé du modèle général toute une série de modèles d’équilibre « partiel », qui tiennent compte de diverses imperfections des marchés. Et on a, sur la base de ces modèles, préconisé des solutions pour les corriger – en témoigne la vigueur du débat sur la taxe carbone. Mais si les marchés sont imparfaits, alors la prétention normative du modèle à conférer aux seuls marchés les clefs de l’efficacité productive s’effondre.

Un système d’orientation scolaire obsolète

Un système d’orientation scolaire obsolète

Alors que la procédure Parcoursup continue, Vincent Troger, maître de conférences honoraire en sciences de l’éducation, invite, dans une tribune au « Monde », à centrer davantage l’orientation sur le projet de vie des jeunes.

 

Tribune. 

 

Depuis fin mai et jusqu’au 16 juillet (pour la phase principale), les lycéens et étudiants en réorientation reçoivent, au compte-gouttes, les réponses aux vœux d’orientation vers l’enseignement supérieur qu’ils ont exprimés sur la plate-forme Parcoursup. Cette année, comme les précédentes, la procédure n’a pas manqué de relancer les débats sur la politique d’orientation en France.

 

Dans un « cadre national de référence » publié en mai 2019, le ministère de l’éducation nationale rappelle sa logique de l’orientation à l’école : « permettre aux jeunes (…) d’élaborer progressivement leur projet d’orientation » à partir des informations que leur fournissent les documents de l’Onisep, les enseignants et les conseillers d’orientation. Ces informations reposent toutes sur le même principe : elles présentent « tous les diplômes proposés dans le cadre du service public d’éducation » et donnent « l’information sur les métiers et les formations » qui correspondent à ces diplômes. Ce dispositif repose donc sur l’idée qu’à chaque profession et niveau de qualification correspond une formation et un diplôme. Or cette logique d’une adéquation entre la formation, le diplôme et l’emploi est désormais de plus en plus obsolète. Comme si l’orientation scolaire était désorientée.

En effet, ce que l’on sait de l’entrée des jeunes sur le marché du travail montre que si, globalement, le diplôme protège à long terme du chômage, il ne garantit plus depuis longtemps une insertion stable dans le domaine professionnel correspondant théoriquement à la formation suivie. Plus exactement, cette garantie ne concerne plus que la proportion des jeunes qui accèdent, après le baccalauréat, aux formations sélectives de l’enseignement supérieur : certains BTS, IUT, médecine, sciences politiques, écoles de commerce, classes préparatoires aux grandes écoles… Or ces formations n’accueillent qu’environ 35 % d’une classe d’âge.

Pour les 65 % restants, l’insertion professionnelle est longue et discontinue. Une enquête de suivi de l’insertion professionnelle publiée par le Centres d’études et de recherches sur les qualifications en 2019 montre que dans la génération sortie du système scolaire en 2010, 17 % n’ont connu pendant sept ans que « chômage récurrent » ou « inactivité », et seulement 55 % d’entre eux ont obtenu rapidement un CDI. Et à la fin de la période d’enquête, ils sont encore 20 % à n’avoir qu’un emploi en CDD ou en intérim. Pour la majorité des jeunes, titulaires de diplômes universitaires, de bacs professionnels ou de CAP, les années qui suivent la sortie du système éducatif seront donc celles des CDD, de l’intérim, des petits boulots, des périodes de chômage, des retours en formation. En 2015, dans son étude intitulée « La face cachée des “Tanguy” », la Fondation Abbé Pierre recensait 338 000 jeunes adultes de plus de 25 ans obligés de recohabiter avec leurs parents en raison notamment de pertes d’emploi ou de revenus insuffisants.

Éducation–Un système français d’orientation complètement obsolète

Éducation–Un système français d’orientation  complètement obsolète

Alors que la procédure Parcoursup continue, Vincent Troger, maître de conférences honoraire en sciences de l’éducation, invite, dans une tribune au « Monde », à centrer davantage l’orientation sur le projet de vie des jeunes.

 

Tribune. 

 

Depuis fin mai et jusqu’au 16 juillet (pour la phase principale), les lycéens et étudiants en réorientation reçoivent, au compte-gouttes, les réponses aux vœux d’orientation vers l’enseignement supérieur qu’ils ont exprimés sur la plate-forme Parcoursup. Cette année, comme les précédentes, la procédure n’a pas manqué de relancer les débats sur la politique d’orientation en France.

 

Dans un « cadre national de référence » publié en mai 2019, le ministère de l’éducation nationale rappelle sa logique de l’orientation à l’école : « permettre aux jeunes (…) d’élaborer progressivement leur projet d’orientation » à partir des informations que leur fournissent les documents de l’Onisep, les enseignants et les conseillers d’orientation. Ces informations reposent toutes sur le même principe : elles présentent « tous les diplômes proposés dans le cadre du service public d’éducation » et donnent « l’information sur les métiers et les formations » qui correspondent à ces diplômes. Ce dispositif repose donc sur l’idée qu’à chaque profession et niveau de qualification correspond une formation et un diplôme. Or cette logique d’une adéquation entre la formation, le diplôme et l’emploi est désormais de plus en plus obsolète. Comme si l’orientation scolaire était désorientée.

En effet, ce que l’on sait de l’entrée des jeunes sur le marché du travail montre que si, globalement, le diplôme protège à long terme du chômage, il ne garantit plus depuis longtemps une insertion stable dans le domaine professionnel correspondant théoriquement à la formation suivie. Plus exactement, cette garantie ne concerne plus que la proportion des jeunes qui accèdent, après le baccalauréat, aux formations sélectives de l’enseignement supérieur : certains BTS, IUT, médecine, sciences politiques, écoles de commerce, classes préparatoires aux grandes écoles… Or ces formations n’accueillent qu’environ 35 % d’une classe d’âge.

Pour les 65 % restants, l’insertion professionnelle est longue et discontinue. Une enquête de suivi de l’insertion professionnelle publiée par le Centres d’études et de recherches sur les qualifications en 2019 montre que dans la génération sortie du système scolaire en 2010, 17 % n’ont connu pendant sept ans que « chômage récurrent » ou « inactivité », et seulement 55 % d’entre eux ont obtenu rapidement un CDI. Et à la fin de la période d’enquête, ils sont encore 20 % à n’avoir qu’un emploi en CDD ou en intérim. Pour la majorité des jeunes, titulaires de diplômes universitaires, de bacs professionnels ou de CAP, les années qui suivent la sortie du système éducatif seront donc celles des CDD, de l’intérim, des petits boulots, des périodes de chômage, des retours en formation. En 2015, dans son étude intitulée « La face cachée des “Tanguy” », la Fondation Abbé Pierre recensait 338 000 jeunes adultes de plus de 25 ans obligés de recohabiter avec leurs parents en raison notamment de pertes d’emploi ou de revenus insuffisants.

Le système scolaire d’orientation français complètement obsolète

 Le système scolaire d’orientation français complètement obsolète

Alors que la procédure Parcoursup continue, Vincent Troger, maître de conférences honoraire en sciences de l’éducation, invite, dans une tribune au « Monde », à centrer davantage l’orientation sur le projet de vie des jeunes.

 

Tribune. 

 

Depuis fin mai et jusqu’au 16 juillet (pour la phase principale), les lycéens et étudiants en réorientation reçoivent, au compte-gouttes, les réponses aux vœux d’orientation vers l’enseignement supérieur qu’ils ont exprimés sur la plate-forme Parcoursup. Cette année, comme les précédentes, la procédure n’a pas manqué de relancer les débats sur la politique d’orientation en France.

 

Dans un « cadre national de référence » publié en mai 2019, le ministère de l’éducation nationale rappelle sa logique de l’orientation à l’école : « permettre aux jeunes (…) d’élaborer progressivement leur projet d’orientation » à partir des informations que leur fournissent les documents de l’Onisep, les enseignants et les conseillers d’orientation. Ces informations reposent toutes sur le même principe : elles présentent « tous les diplômes proposés dans le cadre du service public d’éducation » et donnent « l’information sur les métiers et les formations » qui correspondent à ces diplômes. Ce dispositif repose donc sur l’idée qu’à chaque profession et niveau de qualification correspond une formation et un diplôme. Or cette logique d’une adéquation entre la formation, le diplôme et l’emploi est désormais de plus en plus obsolète. Comme si l’orientation scolaire était désorientée.

En effet, ce que l’on sait de l’entrée des jeunes sur le marché du travail montre que si, globalement, le diplôme protège à long terme du chômage, il ne garantit plus depuis longtemps une insertion stable dans le domaine professionnel correspondant théoriquement à la formation suivie. Plus exactement, cette garantie ne concerne plus que la proportion des jeunes qui accèdent, après le baccalauréat, aux formations sélectives de l’enseignement supérieur : certains BTS, IUT, médecine, sciences politiques, écoles de commerce, classes préparatoires aux grandes écoles… Or ces formations n’accueillent qu’environ 35 % d’une classe d’âge.

Pour les 65 % restants, l’insertion professionnelle est longue et discontinue. Une enquête de suivi de l’insertion professionnelle publiée par le Centres d’études et de recherches sur les qualifications en 2019 montre que dans la génération sortie du système scolaire en 2010, 17 % n’ont connu pendant sept ans que « chômage récurrent » ou « inactivité », et seulement 55 % d’entre eux ont obtenu rapidement un CDI. Et à la fin de la période d’enquête, ils sont encore 20 % à n’avoir qu’un emploi en CDD ou en intérim. Pour la majorité des jeunes, titulaires de diplômes universitaires, de bacs professionnels ou de CAP, les années qui suivent la sortie du système éducatif seront donc celles des CDD, de l’intérim, des petits boulots, des périodes de chômage, des retours en formation. En 2015, dans son étude intitulée « La face cachée des “Tanguy” », la Fondation Abbé Pierre recensait 338 000 jeunes adultes de plus de 25 ans obligés de recohabiter avec leurs parents en raison notamment de pertes d’emploi ou de revenus insuffisants.

Réforme des retraites : un texte obsolète

Réforme des retraites : un texte obsolète

 

Pour des motifs juridiques mais aussi économiques et sociaux, le texte de la réforme des retraites est devenu obsolète. Frédéric Sève, le secrétaire national de la CFDT chargé des retraites contacté par le JDD : « Il est trop compliqué de reprendre le projet en l’état. Il faudrait d’abord qu’il repasse au Sénat. Et techniquement, le texte est obsolète puisqu’il avait instauré une conférence de financement qui devait se terminer le 30 avril 2020 et qui n’a jamais eu lieu pour cause de Covid. »

« La pandémie a toutefois mis en avant les difficultés d’avoir un système morcelé, poursuit le responsable de la CFDT. De mon point de vue, la crise sanitaire n’a pas invalidé le besoin de système universel, bien au contraire. »

Le 26 avril sur Europe 1, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire défendait lui aussi l’idée de de reprendre telle quelle la réforme. 53% des Français pensent également qu’il faut relancer la réforme selon le sondage Ifop pour le JDD publié jeudi matin.

Notons que la caisse d’assurance vieillesse a révélé que l’âge moyen réel de départ en retraite et près de 63 ans dans le privé.Dans le public l’âge varie de 50 à 60 ans selon les fonctions et les générations.

Âge minimum de départ à la retraite d’un fonctionnaire

L’âge minimum autorisé de départ à la retraite des fonctionnaires dépend de l’année de naissance :

  • Entre 60 (naissance avant le 1er juillet 1951) et 62 ans (naissance à partir de 1955) pour les emplois sédentaires
  • Entre 55 ans (naissance avant le 1er juillet 1956) et 57 ans (naissance à partir de 1960) pour les emplois de catégorie active
  • Entre 50 ans (naissance avant le 1er juillet 1961) et 52 ans (naissance à partir de 1965) pour les emplois de la catégorie super active

Les infirmiers et les personnels paramédicaux de la fonction publique hospitalière qui ont opté pour leur intégration dans les nouveaux corps de catégories A sédentaire peuvent partir en retraite à 60 ans.

Lorsque le départ à la retraite pouvait intervenir avant le 11 novembre 2010 à un âge inférieur à 55 ans (à partir de 50, 53 ou 54 ans), l’âge minimum de départ à la retraite est également relevé progressivement de 2 ans.

 

Possibilité de départ en retraite anticipé des fonctionnaires

Certaines situations autorisent sous condition, un départ en retraite anticipé des fonctionnaires :

  • Sans condition d’âge, en cas de retraite pour invalidité (on parle d’infirmité dans le cas des militaires), qu’elle soit d’origine professionnelle ou non
  • À partir de 55 ans, en cas d’incapacité permanente d’au moins 50 % ou en cas de reconnaissance du statut de travailleur handicapé
  • En cas de carrière longue
  • Sans condition d’âge en justifiant de 15 ans de services dans la fonction publique pour un parent d’un enfant atteint d’une invalidité d’au moins 80%
  • Sans condition d’âge, pour les fonctionnaires d’État ayant accompli au moins 15 ans de services et atteint (ou ayant un conjoint atteint) d’une infirmité ou d’une maladie incurable rendant l’exercice de toute profession impossible
  • Dès 60 ans pour les fonctionnaires d’une allocation amiante

Obtention de la retraite à taux plein pour les fonctionnaires

La retraite à taux plein peut être obtenue :

  • Automatiquement dès l’atteinte d’un certain âge (âge du taux plein)
  • À partir de l’âge minimum autorisé de départ en retraite à condition de justifier d’un nombre de trimestres d’assurance suffisant
  • Entre 55 ans (naissance avant le 1er juillet 1961) et 57 ans (naissance à partir de 1965) pour les emplois de la catégorie super active

L’atteinte du taux plein, équivalent à 75 % (voire 80 % pour les fonctionnaires actifs) dans le régime des fonctionnaires, permet d’obtenir une pension sans décote.

Le clivage gauche-droite obsolète chez les jeunes ?

 Le clivage gauche-droite obsolète chez les jeunes  ?

Selon la sociologue Anne Muxel, l’extrême droite ne fait plus figure de repoussoir chez les jeunes générations. Marine Le Pen est parvenue à incarner en partie le « vote protestataire ». (Interview le monde)

La sociologue Anne Muxel, directrice de recherches au Cevipof, le Centre de recherches politiques de Sciences Po, revient sur la forte tentation des jeunes pour un vote protestataire, à l’extrême droite mais aussi pour La France insoumise.

Existe-t-il un vote jeune ?

Au fil du temps, les jeunes se sont mis tendanciellement à voter comme le reste de l’électorat, avec cependant quelques inflexions. Ce n’était pas le cas dans les années post-Mai 68, où l’électorat jeune était marqué par un tropisme de gauche – on a pu parler d’une « génération Mitterrand » – qui avait sensiblement contribué à l’arrivée du candidat du Parti socialiste (PS) au pouvoir.

Ce vote s’est ensuite quelque peu résorbé, notamment avec l’élection de Jacques Chirac en 1995, pour lequel une majorité de jeunes électeurs a voté, participant finalement à un désir d’alternance politique. En 2007, lors de l’élection qui opposait Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal, a ressurgi un vote majoritaire pour la gauche, mais, depuis, si l’électorat jeune reste plus à gauche que ses aînés, il est moins à gauche qu’auparavant.

 

Notamment avec le trouble introduit par le vote frontiste, qui a toujours concerné une partie significative de l’électorat jeune, particulièrement dans ses segments les plus populaires, les moins scolarisés, déjà au travail ou en quête de travail, chez qui Jean-Marie Le Pen ou sa fille ont fait des scores tout à fait importants. Beaucoup de jeunes qui votent pour Marine Le Pen se disent d’ailleurs ni de droite ni de gauche ; le clivage a perdu de sa pertinence chez eux. Et ce mouvement ne profite guère à la droite classique, Les Républicains ayant beaucoup de difficultés à attirer l’électorat jeune. Par ailleurs, l’enjeu écologique, devenu premier dans les préoccupations des jeunes, ne se traduit encore que timidement dans le vote écologique.

Y a-t-il eu un tournant dans ce vote pour le RN ?

C’est plutôt très progressif et cela participe des fluctuations, des mouvements, des réalignements qui ont affecté les évolutions de l’ensemble du corps électoral. Sans oublier la persistance de l’abstention, qui ne cesse de croître, mais est nettement plus marquée chez les jeunes. Quel que soit le type de scrutin, il y a toujours dix points d’abstention de plus dans cet électorat.

La dernière présidentielle est intéressante : alors même qu’il s’agissait d’une élection assez politisée, mettant en scène un candidat très jeune avec un discours net de renouveau de la vie politique, cette élection s’est soldée non seulement par un vote très tiède des 18-24 ans pour Emmanuel Macron, mais surtout une abstention forte, puisqu’un tiers des étudiants, a priori ceux qui ont le plus de chance de participer à un scrutin, sont restés en retrait.

 

 

Inflation : le calcul de l’indice est obsolète

Inflation : le calcul de l’indice est obsolète

 

 

 

Il est clair qu’il y a longtemps que l’indice des prix à la consommation calculée par l’INSEE est complètement obsolète. Conjoncturellement, il faut tenir compte de la crise sanitaire qui a complètement modifié la structure de consommation des Français. Structurellement , cet indice est aussi à revoir sérieusement puisque par exemple le du logement et seulement pris en compte pour 6 % dans l’indice total alors qu’il représente réellement de l’ordre de 20 %. En outre d’une manière générale sont sous-estimés l’évolution des prix des services.

Les  prix sur les produits alimentaires – en demande accrue avec la fermeture des restaurants – ne se sont, eux, pas relâchés. Bien au contraire. Le poids de l’alimentation dans la consommation a ainsi atteint 33% en avril, selon la Banque centrale. Or, selon l’Insee, cette part était de 18% dans son indice des prix en France.

 « L’Insee a fait comme si le confinement n’avait pas existé, c’est complètement aberrant. Le panier de référence de la ménagère est changé annuellement, alors qu’il est évident que la structure de consommation des Français a changé radicalement pendant les confinements. Le budget alimentaire a explosé et en plus avec des prix à la hausse, l’inflation a été bien supérieure », commente à La Tribune l’économiste Philippe Herlin, auteur de « Pouvoir d’achat : le grand mensonge » (2018, Eyrolles), dans lequel il pointe les défauts des méthodes de calcul de l’Institut national des statistiques. Et d’ajouter : « L’Insee aurait du faire un correctif ».

Inflation : le calcul de l’indice est obsolète

Inflation : le calcul de l’indice est obsolète

 

 

 

Il est clair qu’il y a longtemps que l’indice des prix à la consommation calculée par l’INSEE est complètement obsolète. Conjoncturellement, il faut tenir compte de la crise sanitaire qui a complètement modifié la structure de consommation des Français. Structurellement , cet indice est aussi à revoir sérieusement puisque par exemple le du logement et seulement pris en compte pour 6 % dans l’indice total alors qu’il représente réellement de l’ordre de 20 %. En outre d’une manière générale sont sous-estimés l’évolution des prix des services.

Les  prix sur les produits alimentaires – en demande accrue avec la fermeture des restaurants – ne se sont, eux, pas relâchés. Bien au contraire. Le poids de l’alimentation dans la consommation a ainsi atteint 33% en avril, selon la Banque centrale. Or, selon l’Insee, cette part était de 18% dans son indice des prix en France.

 « L’Insee a fait comme si le confinement n’avait pas existé, c’est complètement aberrant. Le panier de référence de la ménagère est changé annuellement, alors qu’il est évident que la structure de consommation des Français a changé radicalement pendant les confinements. Le budget alimentaire a explosé et en plus avec des prix à la hausse, l’inflation a été bien supérieure », commente à La Tribune l’économiste Philippe Herlin, auteur de « Pouvoir d’achat : le grand mensonge » (2018, Eyrolles), dans lequel il pointe les défauts des méthodes de calcul de l’Institut national des statistiques. Et d’ajouter : « L’Insee aurait du faire un correctif ».

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