Archive pour le Tag 'obsolète'

Climat: L’accord de Paris déjà obsolète

Climat: L’accord de Paris déjà obsolète

L’objectif de l’Accord de Paris de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels est désormais inatteignable. C’est ce qui ressort d’une étude de l’équipe scientifique du Global Carbon Project publiée mardi 5 décembre. Alors que la COP28 se tient actuellement à Dubaï, aux Emirats arabes unis, « il semble désormais inévitable que nous dépassions l’objectif de 1,5°C de l’Accord de Paris » signé en 2015 lors de la COP21, estime le professeur Pierre Friedlingstein, du Global Systems Institute d’Exeter, qui a dirigé l’étude.

« Les dirigeants réunis à la COP28 devront se mettre d’accord sur des réductions rapides des émissions de combustibles fossiles, même pour maintenir l’objectif de 2°C », alerte Pierre Friedlingstein. Le rapport note que les émissions de dioxyde de carbone (CO2) fossile ont encore augmenté globalement en 2023. Elles s’élèvent à 36,8 milliards de tonnes en 2023, en hausse de 1,1 % par rapport à 2022. Toutefois, dans certaines régions, notamment en Europe et aux États-Unis, les émissions de CO2 fossile diminuent, de 7,4 % en Union européenne, et de 3 % aux États-Unis. A l’inverse, elles sont en hausse de 8,2 % en Inde et de 4 % en Chine.

Les scientifiques expliquent que l’action mondiale visant à réduire les combustibles Le rapport estime qu’au total, les émissions mondiales totales de CO2 (fossiles et changement d’usage des terres) atteindront 40,9 milliards de tonnes en 2023, soit qu’à peu près le même niveau qu’en 2022.

L’Accord de Paris signé en 2015 a fixé comme objectif de maintenir l’augmentation de la température moyenne mondiale « bien en dessous de 2°C au-dessus des niveaux préindustriels » et de poursuivre les efforts « pour limiter l’augmentation de la température à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels ». Pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, les émissions de gaz à effet de serre doivent culminer avant 2025 au plus tard et diminuer de 43 % d’ici 2030.

Le budget 2024 déjà obsolète

Le budget 2024 déjà obsolète

Le budget 2024 et à peine voté par le Parlement apparaît déjà complètement obsolète non seulement à la Cour des Comptes mais aussi par Bruxelles. Le problème de la fiabilité du budget est classique en France. D’un côté on sous-estime les dépenses- voirr à cet égard la dérive générale- mais aussi toute une série de chèques attribués à telle ou telle catégorie ou champs d’activité), d’un autre on surestime la croissance.

Les experts considèrent aujourd’hui qu’il sera bien difficile d’atteindre 1 % de croissance et le consensus tourne autour de 0,8 %. Le gouvernement ,lui, retient la perspective de 1,4 %. Une manipulation comptable qui permet de cacher un peu mieux l’ampleur du déficit;

Or les nuages s’accumulent sur les prévisions macroéconomiques du gouvernement. Déjà, entre le printemps et la présentation du projet de loi de finances (PLF), en septembre, Bercy avait de lui-même abaissé sa prévision de croissance pour l’an prochain de 1,6 % à 1,4 %. Malgré cet ajustement, le Haut Conseil des finances publiques de la Cour des comptes l’a jugée « élevée », notamment par rapport au consensus des économistes, qui tourne autour de 0,8 %.

Retraites : le régime réformé déjà financièrement obsolète ?

Retraites : le régime réformé déjà financièrement obsolète ?

En matière d’évaluation, le conseil d’orientation des retraites (COR) a souvent fait évoluer ses pronostics dans un sens comme dans un autre. Ainsi un moment a prévu l’équilibre avant de dramatiser comme à nouveaux en ce moment. Il vient en effet dans un nouveau rapport de fair état d’une situation toujours dégradée du régime de retraite. En clair, la réforme serait déjà financièrement obsolète. En cause en vérité, les perspectives de croissance qui conditionne les recettes des retraites. Or dans ce domaine les prévisions économiques et sociales sont tout à fait aléatoires.

Non seulement la réforme des retraites était justifiée, mais elle ne suffira pas à rétablir les comptes. Très attendu, le nouveau rapport du Conseil d’orientation des retraites(COR), qui doit être rendu public jeudi , fait état d’une situation toujours dégradée du régime de retraite. En 2022, le système de retraite était en excédent de 4,4 milliards d’euros, soit 0,2 % du PIB.

Cette situation devrait se prolonger cette année avec un excédent de 3,6 milliards d’euros, soit 0,1 % du PIB. Mais ces bons résultats ne devraient pas durer. «le solde du système resterait négatif à moyen terme dans l’ensemble des scénarios envisagés par les experts du COR et ne reviendrait positif au milieu des années 2040 que dans le scénario où la croissance atteindrait 1,6% du PIB», indique le rapport. Ici cette date Il faudra sans doute s’attendre à la sortie de nouveaux scénarios contradictoires de la part d’un conseil d’orientation des retraites pas tout à fait pertinent.

Aimer la république : un objectif obsolète ?

Aimer la république : un objectif obsolète ?

Par
Claude Lelièvre

Historien

Répondant aux propos du ministre de l’éducation nationale, l’historien rappelle, dans une tribune au « Monde », que la valorisation de la figure de l’instituteur sous la IIIe République allait de pair avec sa mission de valorisation du régime. Une fonction difficilement transposable dans la France d’aujourd’hui.

Dans un entretien paru dans Le Monde le 14 octobre, le ministre de l’éducation nationale, Pap Ndiaye, a déclaré que « la République s’est refondée à la fin du XIXe siècle autour de l’école, en donnant une place centrale aux instituteurs qui jouissaient d’une respectabilité très forte, laquelle compensait d’ailleurs des rémunérations modestes. Un de mes souhaits est de leur redonner cette place (…) »

Pour ce qui est des « rémunérations modestes » des instituteurs à cette époque, Pap Ndiaye a tout à fait raison. Comme l’a écrit l’historien Antoine Prost, « en 1891, les traitements s’échelonnent entre 800 et 2 000 francs (or) par an alors que les ouvriers mineurs gagnent en moyenne 1 200 francs [Les avancements dans la carrière sont lents] et l’on voit des instituteurs rester pendant une dizaine d’années “stagiaires” à 800 francs par an… Les instituteurs de l’époque s’enfoncent dans une misère monotone et propre, mais accablante » (Histoire de l’enseignement en France, 1800-1967, Armand Colin, 1967).

Il faut aussi noter que les concours de recrutement des écoles normales ne connaissent pas une grande affluence : il n’y a eu par exemple que 2 848 candidats pour 1 598 places en 1888 et 2 228 candidats pour 1 325 places en 1892 (« Du recrutement des écoles normales », Revue pédagogique, 15 octobre 1893).

Ce sont pourtant ces jeunes normaliens du début des années 1880 qui ont été traités de « hussards noirs de la République » par Charles Péguy (1873-1914) dans les Cahiers de la Quinzaine du 16 février 1913. Il s’agissait des élèves-maîtres qu’il avait vus dans la classe de l’école annexe alors qu’il en était l’un des élèves en 1880. « Nos jeunes maîtres étaient beaux comme des hussards noirs de la République (…) : un long pantalon noir ; un gilet noir ; une longue redingote noire (…). Un bel uniforme porté par ces gamins qui étaient vraiment les enfants de la République. Par ces jeunes hussards de la République (…). Toutes les semaines, il en remontait un de l’Ecole normale vers l’école annexe. »

Faire aimer la république : un objectif obsolète ?

Faire aimer la république : un objectif obsolète ?

Par
Claude Lelièvre

Historien

Répondant aux propos du ministre de l’éducation nationale, l’historien rappelle, dans une tribune au « Monde », que la valorisation de la figure de l’instituteur sous la IIIe République allait de pair avec sa mission de valorisation du régime. Une fonction difficilement transposable dans la France d’aujourd’hui.

Dans un entretien paru dans Le Monde le 14 octobre, le ministre de l’éducation nationale, Pap Ndiaye, a déclaré que « la République s’est refondée à la fin du XIXe siècle autour de l’école, en donnant une place centrale aux instituteurs qui jouissaient d’une respectabilité très forte, laquelle compensait d’ailleurs des rémunérations modestes. Un de mes souhaits est de leur redonner cette place (…) »

Pour ce qui est des « rémunérations modestes » des instituteurs à cette époque, Pap Ndiaye a tout à fait raison. Comme l’a écrit l’historien Antoine Prost, « en 1891, les traitements s’échelonnent entre 800 et 2 000 francs (or) par an alors que les ouvriers mineurs gagnent en moyenne 1 200 francs [Les avancements dans la carrière sont lents] et l’on voit des instituteurs rester pendant une dizaine d’années “stagiaires” à 800 francs par an… Les instituteurs de l’époque s’enfoncent dans une misère monotone et propre, mais accablante » (Histoire de l’enseignement en France, 1800-1967, Armand Colin, 1967).

Il faut aussi noter que les concours de recrutement des écoles normales ne connaissent pas une grande affluence : il n’y a eu par exemple que 2 848 candidats pour 1 598 places en 1888 et 2 228 candidats pour 1 325 places en 1892 (« Du recrutement des écoles normales », Revue pédagogique, 15 octobre 1893).

Ce sont pourtant ces jeunes normaliens du début des années 1880 qui ont été traités de « hussards noirs de la République » par Charles Péguy (1873-1914) dans les Cahiers de la Quinzaine du 16 février 1913. Il s’agissait des élèves-maîtres qu’il avait vus dans la classe de l’école annexe alors qu’il en était l’un des élèves en 1880. « Nos jeunes maîtres étaient beaux comme des hussards noirs de la République (…) : un long pantalon noir ; un gilet noir ; une longue redingote noire (…). Un bel uniforme porté par ces gamins qui étaient vraiment les enfants de la République. Par ces jeunes hussards de la République (…). Toutes les semaines, il en remontait un de l’Ecole normale vers l’école annexe. »

Retraites : La réforme financièrement déjà obsolète

Retraites : La réforme financièrement déjà obsolète


La plupart des observateurs un peu indépendants avait déjà noté que la réforme des retraites était particulièrement mal bâtie et évidemment mal conduite. Maintenant, on semble prendre conscience que cette réformette un peu tordue sera rapidement obsolète dans la mesure où l’État a surestimé la croissance et les recettes à attendre et inversement a sous-estimé des dépenses L’objectif d’équilibre des retraites en 2030 serait illusoire. En outre, le bilan ne serait pas très favorable si on prend en compte les dépenses supplémentaires du régime du chômage et de la sécurité sociale. Bref il se pourrait que le chantier des retraites doive de nouveaux être traité un peu plus sérieusement.

L’institut Rexecode révèle, en effet, que le régime général des retraites serait toujours déficitaire en 2030 malgré la réforme tant contestée. En janvier dernier, la Première ministre, Elisabeth Borne, avait indiqué que le relèvement de l’âge légal de 62 ans à 64 ans pourrait rapporter 17,5 milliards d’euros bruts aux caisses de retraite. L’objectif du gouvernement était de parvenir à l’équilibre budgétaire d’ici 2030 alors que le déficit prévu était de 13,5 milliards d’euros. Au total, l’exécutif disposait donc d’un gain d’environ 4 milliards d’euros pour financer les mesures de compensation ajoutées lors des débats parlementaires.

Or, la note de Rexecode souligne que les gains espérés par la réforme pourraient être compensés par d’autres dépenses. « Un enseignement de cette note est que si cette réforme fait baisser les dépenses, cet effet est très atténué par des mesures d’accompagnement », explique ainsi à La Tribune, Olivier Redoulès, économiste et directeur des études chez Rexecode.

Tout d’abord, la réforme a prévu de mettre en oeuvre à partir du premier septembre prochain des mesures d’exemption et d’accompagnement à l’âge d’ouverture des droits à partir de 64 ans. Le coût global de ces mesures est estimé à 5,9 milliards d’euros. Sur cette enveloppe, 3,1 milliards d’euros doivent être fléchés vers le maintien de l’âge légal de départ à 62 ans pour les personnes inaptes ou invalides. Le reste (1,7 milliard) doit servir à revaloriser les petites pensions de retraite.

La facture pourrait également grimper pour l’Unédic, l’organisme paritaire en charge des dépenses et recettes de l’assurance-chômage, et pour la caisse nationale de l’assurance-maladie. « Sur l’assurance-chômage, les dépenses vont augmenter de 1,5 milliard d’euros. Plusieurs personnes vont se retrouver ni en emploi, ni à la retraite, ni au chômage. Ces transferts sociaux représentent 2 milliards », ajoute l’économiste. Concernant les dépenses de santé, elles pourraient s’envoler en raison du coût des arrêts de travail notamment après 62 ans. Le système des retraites pourrait certes faire des économies, mais une partie des dépenses pourrait donc se reporter sur d’autres organismes.

Sur le volet recettes, le gouvernement espère que sa réforme va doper l’activité et faire bondir les rentrées fiscales et sociales. « L’effet de la réforme passe surtout par les recettes. Ce surcroît va au-delà du système des retraites. Cette réforme améliore les recettes publiques en créant de la richesse », résume, en effet, Olivier Redoulès. L’institut table sur 300.000 emplois supplémentaires d’ici 2030 et un surcroît de produit intérieur brut (PIB) de 1.1 point. Au total, la hausse du nombre d’emplois pourrait générer un gain pour les recettes publiques de 11 milliards d’euros en 2027 et de 18 milliards d’euros en 2030. Cette enveloppe prend en compte l’ensemble des prélèvements (cotisations d’assurance vieillesse, impôt sur le revenu, TVA).

Il reste que de nombreux aléas pèsent sur les projections retenues par l’exécutif. « Cette réforme ne règle pas tout. Dans l’étude d’impact, le gouvernement avait montré que l’équilibre devait être assuré d’ici 2030. L’hypothèse du chômage de 4,5% était optimiste. Si on revient sur des hypothèses plus réalistes du Conseil d’orientation des retraites d’un chômage de 7%, le déficit pourrait être plus important que prévu (7 milliards d’euros en 2030), et encore davantage avec des hypothèses de croissance plus prudentes (20 milliards d’euros) », explique l’économiste.

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la Poste: Le timbre rouge déjà obsolète !

la Poste: Le timbre rouge déjà obsolète

Le fameux timbre rouge qui permet l’envoi d’une lettre par Internet semble déjà condamnéepuisque il est utilisé aujourd’hui seulement 3 500 fois par jour. Il faut dire qu’il fait complètement double emploi avec l’envoi de mails classiques sans intermédiaire de la poste.

Ce service, qui coûte 1,49 euro, contre 1,43 euro pour l’ancien timbre rouge, permet d’envoyer des documents de trois feuillets (soit 4 500 signes, espaces compris) maximum sur le site laposte.fr ou dans un bureau de poste, via un automate ou avec l’aide d’un postier, qui sera imprimé à proximité du destinataire, mis sous pli et distribué le lendemain s’il a été envoyé avant 20 heures.

« Les gens aiment la lettre rouge, [mais] ils n’en écrivent plus », a réagi Philippe Wahl aux émotions suscitées par l’annonce, rappelant que le nombre de lettres prioritaires est passé de 4,25 milliards en 2008 à 380 millions en 2021, et 275 millions en 2022, sur 7 milliards de lettres acheminées au total par an aujourd’hui.

Rien d’étonnat à celà puisque les anciennes lettre au timbre rouge parvenaient en même temps ou presque que les lettres à timbre vert.

Télévision : un outil bientôt obsolète ?

Télévision : un outil bientôt obsolète ?

Avec l’évolution des mentalités et la multiplication des outils numériques permettant l’accès à l’information et aus divertissements, la télévision prend un sérieux coup de vieux. Toutes les catégories d’âge regardent de moins en moins le petit écran. En cause, l’uniformité des programmes aussi bien concernant l’information que les programmes de distraction.

Pour l’information, on se contente de reprendre 5à 10 gros titres des grandes agences de presse. Parfois avec un radio trottoir portant sur trois interviewés. Et toujours ensuite une discussion en plateau- qui ne coûte pas cher–de supposés experts.

Pour les jeux télévisés c’est à peu près la même recette : quelques candidats, des questions dimensionnées en fonction du niveau culturel des téléspectateurs et le suspense pour savoir qui sera le gagnant du jour.

On n’y ajoute évidemment les films rediffusés 25 fois, le plus souvent des navets. Et parfois miracle, un reportage ou enquête de terrain intéressant. Bref, le rapport temp_ enrichissement est trop faible par rapport aux autres nouveaux médias mêmes s’il faut convenir que la fréquentation de ce qu’on appelle les réseaux sociaux ne contribue pas forcément à l’élévation culturelle générale.

Même les plus de 50 ans ont réduit de 15 minutes leur temps TV entre 2021 et 2022. Cette cible demeure toutefois une exception culturelle télévisuelle. Elle est en effet la seule à voir sa consommation progresser de 20 minutes en une décennie, à 5 h 23.

Face à cette bascule des usages télévisuels, «les groupes audiovisuels ne restent pas inactifs et accélèrent tous dans le streaming, chacun avec leurs spécificités éditoriales», poursuit-il. Il s’agit de faire pivoter le modèle en se «plateformisant». «Aujourd’hui, pour les chaînes de télévision, la partie se joue aussi bien en linéaire qu’à partir de leur plateforme. Le problème, c’est que la mesure d’audience actuelle de Médiamétrie n’étant pas encore unifiée, il est difficile d’avoir une vision complète de la puissance de chaque groupe, en particulier sur le digital», constate Philippe Bailly, le président de NPA Conseil.

Dans son bilan annuel des audiences, M6 met ainsi l’accent sur «6play, dont la couverture ne cesse de progresser, avec 45 millions de personnes passées sur la plateforme en 2022». Du côté de TF1, on revendique «26 millions de catch-uppers mensuels, 1 milliard d’heures de visionnage et 2 milliards de vidéos vues en 2022 sur MYTF1». Le service public, lui, assure que «49 millions de Français font le choix de France Télévisions, sur ses chaînes et ses plateformes à la demande». Les diffuseurs ne se privent pas de communiquer sur leurs audiences digitales. Mais en ordre encore très dispersé.

COP27 : un objectif de 1,5 degré obsolète selon un rapporteur du Giec

COP27 : un objectif de 1,5 degré obsolète selon un rapporteur du Giec

François Gemenne plaide pour que la 27e conférence de l’ONU sur le climat fixe comme objectif de limiter la hausse générale des températures à deux degrés d’ici la fin du siècle, soit l’engagement signé à Paris en 2015.( Franceinfo)

Êtes-vous d’accord avec l’organisation météorologique mondiale selon laquelle l’objectif d’une augmentation de la température de 1,5 degré d’ici à la fin du siècle est désormais « à peine à notre portée » ?
C’est carrément hors d’atteinte. Il faut dire la vérité aux gens, cet objectif ne me semble plus atteignable. Nous serons à 1,5 degré d’élévation de la température d’ici 2035 environ. Le seuil de concentration des gaz à effet de serre qui correspond à 1,5 degré est de 350 parties par million (ppm). Il a été franchi vers le milieu des années 80. Nous sommes aujourd’hui autour de 417 ppm et chaque année nous prenons environ 2,6 ppm supplémentaires.

Alors à quoi sert cette COP27 ?
C’est comme si vous cherchiez à perdre du poids. En réalité, il n’est jamais trop tard. Tout ce que vous allez réussir à faire pour limiter les émissions de gaz à effet de serre va aussi limiter l’augmentation de la température. C’est donc cela qu’on va chercher à faire à la COP27. Maintenant, je pense qu’il faut pouvoir se donner des objectifs atteignables qui ne soient pas des chimères. Moi, je plaide pour qu’on fixe un objectif à 2 degrés qui était l’objectif initialement retenu par l’accord de Paris. L’objectif de 1,5 degré avait essentiellement été choisi pour faire plaisir aux petits États insulaires.

Que faut-il attendre des discussions sur le financement des dégâts climatiques, notamment pour rétablir le dialogue entre les pays du Sud et les riches pays du Nord ?
Il faut que le financement suive. Les pays du Sud en ont besoin pour engager eux aussi leur transition énergétique, choisir une trajectoire de developpement décarbonée et pour s’adapter aux conséquences du changement climatique. Désormais, il faut aussi de l’argent pour compenser les pertes liées aux dégâts du changement climatique là où l’adaptation n’est plus possible. Dès la COP15, en 2009, on avait promis un fond annuel de 100 milliards de dollars mais on n’en est toujours qu’à 86 milliards. Ceci provoque un énorme ressentiment des pays du Sud. Plus nous attendons, plus les températures augmentent et plus l’addition augmente. Mais si nous arrivons enfin cette année à 100 milliards, ce serait déjà un pas symbolique important pour rétablir une forme de confiance.

Rémunération des fonctionnaires : un système obsolète

Rémunération des fonctionnaires : un système obsolète

 

 

 

La prime au mérite des agents publics ne doit pas cacher la nécessité d’un nouveau mode de rémunération fondé sur l’exercice réel du métier, plaide le haut fonctionnaire Johan Theuret, dans une tribune au « Monde ».

 

 

Face à la remontée de l’inflation, Emmanuel Macron a dû promettre une hausse du salaire des agents publics avant l’été. C’est une volte-face, alors que, fin 2021, la ministre de la fonction publique, Amélie de Montchalin, avait annoncé, pour la cinquième année consécutive, le maintien du gel de la valeur du point d’indice. Le résultat est, pour les fonctionnaires, une absence de lisibilité salariale : tantôt des mesures d’économies financières, comme le gel de la valeur du point, tantôt des revalorisations sectorielles (Ségur de la santé, Grenelle de l’éducation, Beauvau de la sécurité…) au gré de l’actualité des tensions sociales.

 

En fait, le fonctionnement actuel du système de rémunération des agents publics empêche de mettre en place une bonne gestion des ressources humaines. Devenu illisible par sa complexité, il entretient des disparités notamment entre les métiers et les sexes, et se trouve complètement inadapté au retour de l’inflation. Le gel du point d’indice engendre une détérioration du pouvoir d’achat ayant pour conséquences une baisse du nombre de candidats aux concours, une démobilisation des agents publics et une part croissante de fonctionnaires rémunérés au smic.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Concours enseignants : la chute du nombre de candidats inquiète la profession

En effet, le smic progresse plus vite que le salaire moyen de la fonction publique, ce qui entraîne un tassement des grilles indiciaires. Le rattrapage des augmentations successives du smic par les grilles indiciaires fait que de plus en plus d’agents de catégories C et B sont rémunérés au smic. Cela provoque un sentiment de stagnation pour les jeunes agents et signifie pour les plus anciens une forte réduction du différentiel salarial lié à l’expérience.

Ces défaillances nécessitent une architecture de rémunération adaptée aux enjeux d’attractivité, de lisibilité et d’équité. A la revalorisation annoncée de la valeur du point, qui devient urgente, doit donc s’ajouter une refonte plus profonde.

Pour éviter les à-coups salariaux et conforter la confiance salariale entre les agents publics et leur employeur, une formule connue et applicable d’indexation de la valeur du point s’impose pour garantir une progression régulière des salaires et ne plus revivre le gel de longue durée.

Performance collective

Cette indexation offrirait l’occasion de revoir les déterminants de la part salariale indiciaire afin d’accroître sa part au détriment des primes et indemnités, devenues illisibles et injustes. Il faut aller vers une rémunération plus simple, basée sur le métier, moins liée à la qualification et à l’ancienneté. Un agent public percevrait ainsi une rémunération indiciaire comprenant une composante liée à son grade (c’est-à-dire à la qualification et à l’expérience acquise lors de son recrutement), et une autre composante liée aux fonctions et responsabilités exercées. Cela permettrait de réduire la part grandissante du régime indemnitaire non pris en compte dans le calcul des droits à la retraite et de valoriser davantage la pénibilité de certains métiers.

Même électrique , l’automobile concept obsolète

Même électrique , l’automobile concept obsolète

 

Un collectif de chercheurs et d’acteurs du monde associatif, emmené par l’urbaniste et spécialiste des transports Frédéric Héran, voit dans l’automobile un modèle aujourd’hui dépassé. Il faut s’engager résolument dans une politique de réduction progressive de son usage et aider au passage à des véhicules alternatifs.(« Le Monde »)

Tribune.

L’avenir de l’automobile s’assombrit. La situation actuelle n’est déjà guère brillante et elle devrait encore empirer dans quelques années, au vu des évolutions majeures en cours.

La plupart des politiques publiques actuelles tendent à prolonger l’usage dominant de la voiture dans notre mobilité, au nom de la sauvegarde d’un secteur, des emplois qu’il génère et de la préservation de nos habitudes de déplacement souvent contraintes par un urbanisme diffus. Des dizaines de milliards d’euros y sont consacrés : soutien au secteur pendant la pandémie, subventions à l’achat de voitures électriques et à l’installation de bornes de recharge, investissements dans la filière hydrogène et dans la voiture autonome, remise sur le coût des carburants, relance des projets routiers…

Pourtant, ces politiques mènent à une impasse. La voiture connaît d’abord une hausse sensible de son prix : + 15 % depuis trois ans, + 30 % depuis dix ans (selon L’Argus). Des facteurs conjoncturels bien connus expliquent cette dérive : accroissement du coût des matières premières, des composants électroniques, de l’énergie et du transport maritime en lien avec la pandémie et la guerre en Ukraine.

Des facteurs structurels moins médiatisés sont aussi en cause : renforcement des normes écologiques et sécuritaires, exigences accrues des consommateurs en matière de design, de confort, d’équipements et d’agrément de conduite, stimulation de ces désirs par les constructeurs à coups de publicité et de liste d’options, afin de monter en gamme et d’accroître les marges. Ainsi, les SUV (sport utility vehicles, « véhicules utilitaires à caractère sportif ») – 46 % des ventes depuis janvier 2022, selon AAA Data – ne sont pas plus coûteux à construire que les berlines, mais les clients acceptent de les acheter plus cher.

Jusqu’à ces dernières années, la hausse du pouvoir d’achat, les ventes à crédit, les formules de location, le développement des flottes d’entreprise permettaient d’écouler ces véhicules de plus en plus coûteux. Mais ce temps est révolu. Le pouvoir d’achat est en berne, l’inflation érode les revenus, les entreprises cherchent à réduire leur flotte, seuls les ménages les plus riches peuvent encore s’acheter des voitures neuves, et même le marché de l’occasion est désormais tendu.

Plus grave, les matières premières s’épuisent et leur coût aura inévitablement tendance à s’élever, car la demande en métaux et en ressources énergétiques s’accroît, alors que les gisements miniers et d’hydrocarbures les plus anciens et les plus rentables ferment. Quelles matières manqueront en premier ? Dans quelle mesure des solutions de substitution ou l’amélioration du recyclage parviendront-elles à ralentir cette évolution ?

Démocratie : une constitution devenue obsolète

Démocratie : une constitution devenue obsolète 

 

L’essayiste Christian Salmon explique que les institutions politiques françaises sont fondées sur des mythes, tels des vestiges surgis des « Mythologies » de Roland Barthes, et ne sont plus adaptées à notre époque.

 

Loin d’ouvrir un nouveau chapitre de la vie politique, l’élection présidentielle de 2022 marque plutôt la fin d’une époque. Un certain régime du politique s’achève dont Emmanuel Macron serait l’épilogue. C’est à la fois la fin d’un régime dans le sens politico-institutionnel – l’hyperprésidentialisme et l’affaiblissement des contre-pouvoirs –, mais aussi l’épuisement d’un certain régime de « croyance » dans le politique, c’est-à-dire le crédit que l’on fait aux hommes et aux institutions. C’est une crise symbolique autant que juridico-politique.

Dans l’esprit du général de Gaulle, le régime présidentiel à la française devait permettre de réaffirmer l’indépendance et la souveraineté de la France dans le monde bipolaire de la guerre froide. Jamais l’une et l’autre n’ont paru aussi menacées. Le déclin de la souveraineté étatique est un phénomène mondial à la croisée de plusieurs révolutions simultanées : dans l’histoire du capitalisme avec la financiarisation et la mondialisation des marchés et les nouveaux acteurs supranationaux que sont les multinationales ; dans l’histoire institutionnelle de l’Europe avec la construction européenne qui opère une déconstruction des Etats-nations qui la composent ; dans l’histoire des technologies de l’information et de la communication avec l’émergence des GAFA [Google, Apple, Facebook, Amazon] et la nouvelle gouvernementalité algorithmique qui s’impose aux Etats et aux citoyens ; dans l’histoire stratégique de l’Europe avec la fin de la guerre froide et l’intégration de la France au bloc occidental sous l’égide de l’OTAN.

 

A la lumière de l’hypercrise actuelle (économique, sociale, sanitaire, militaire…), la Constitution de la Ve République apparaît caduque, d’un autre temps. Elle se dresse dans un monde en mutation accélérée comme l’une des dernières grandes cathédrales gothiques de la vie politique française. Parmi ses défenseurs, elle fait l’objet d’un culte, comme un objet de collection, une survivance digne de figurer dans les Mythologies de Roland Barthes avec le plastique et le Formica, le catch, l’abbé Pierre et la DS Citroën. Ces mythes sont au nombre de cinq.

Le mythe de la souveraineté nationale

La France est le pays européen où la crise de la souveraineté étatique est la plus aiguë, car la Ve République entretient l’illusion d’un « décisionnisme » politique incarné par un président tout-puissant. La mondialisation néolibérale a porté atteinte à tout l’échafaudage de la souveraineté : non seulement dans la dimension effective du pouvoir et de son exercice, mais aussi dans sa dimension symbolique qui représente et reproduit la croyance dans les pouvoirs de l’Etat. Les gestes, les formes, les rites de l’Etat-nation ne sont plus les signes de sa puissance ni les figures de son pouvoir, mais les membres fantômes d’un Etat impuissant, privé de sa souveraineté.

Une armée française obsolète (François Cornut-Gentille)

Une armée française obsolète (François Cornut-Gentille)

 

 

Un article intéressant qui attire l’attention sur l’insuffisance des moyens budgétaires. Une critique de nature quantitative qui ne saurait cependant faire l’impasse sur la nature qualitative de notre défense.

Faut-il rappeler que par exemple la puissante armée française a dû se replier assez lamentablement au Mali face à quelques extrémistes et à une armée d’opérettes malienne. Si l’on se réfère au conflit de l’Ukraine, on mesure combien les forces stratégiques traditionnelles sont encore indispensables. Pour preuve l’Ukraine a décidéede réinsérer la totalité des hommes mobilisables. Une question qu’il faudra bien se poser en France et auquel évidemment ne répond pas le farfelu service national qui ne concerne que quelques personnes. NDLR

Faute de débats sur les efforts budgétaires à consentir, mais aussi sur les programmes d’armement et les alliances stratégiques, notre défense est aujourd’hui dans une impasse, alerte dans une tribune au « Monde » le député (LR) de Haute-Marne, rapporteur spécial des crédits de la défense.

 

Tribune. 

Voilà des années que nous esquivons un véritable débat sur notre défense, qui devient de plus en plus nécessaire. Certes, depuis l’attaque menée en Ukraine par Vladimir Poutine, la défense est désormais au cœur de l’actualité. Quelques médias ont pointé les carences de nos armées. De leur côté, les principaux candidats à l’élection présidentielle se sont tous engagés à augmenter le budget des armées. Tout cela peut donner l’illusion d’une prise de conscience, tardive mais salutaire, des défis qui sont devant nous. L’idée rassurante s’impose qu’avec un peu de temps et quelques moyens supplémentaires, nous allons parvenir à remettre à niveau notre outil militaire.

La vérité est malheureusement beaucoup plus cruelle. Notre défense est aujourd’hui dans une triple impasse. Et l’effort que nous avons à fournir dans les années qui viennent n’est pas seulement budgétaire ; il est d’abord d’ordre intellectuel. Nous devons impérativement sortir de notre routine et de notre torpeur pour ouvrir sur notre défense les trois débats majeurs que nous n’avons que trop repoussés.

Le premier est d’ordre budgétaire. Avec 41 milliards d’euros, le budget de la « mission défense » est le second derrière celui de l’éducation nationale (55 milliards). Après des années de rigueur, François Hollande et Emmanuel Macron se félicitent d’avoir entrepris un redressement significatif. Ils disent vrai. Cependant leur discours réconfortant masque l’essentiel, car les difficultés sont devant nous et sont loin d’être négligeables.

Pour atteindre un budget de 50 milliards d’euros en 2025, la loi de programmation militaire a en effet prévu le franchissement de marches budgétaires de 3 milliards d’euros sur les trois prochains budgets. Même en période normale, le respect d’un tel engagement serait tout à fait inédit. Or, dans la situation budgétaire post-Covid, la crédibilité de cette trajectoire financière apparaît désormais extrêmement faible. En outre, la défense va se trouver en concurrence directe avec les besoins sociaux urgents exprimés depuis la crise des « gilets jaunes » et durant la campagne présidentielle (notamment sur l’hôpital). Enfin, pour bien comprendre le mur devant lequel nous nous trouvons, il faut ajouter que cet effort déjà difficilement atteignable est très en dessous de ce qu’il conviendrait de faire pour dissuader (ou combattre) un éventuel agresseur.

Cependant, en matière budgétaire, ce ne sont pas les annonces qui comptent, mais la continuité de l’effort quels que soient les aléas. Or, de ce point de vue, c’est très mal parti : ce sont en effet 300 millions d’euros de crédits militaires qui viennent d’être discrètement annulés pour financer les mesures de soutien à l’économie. Ainsi, au-delà des déclarations ambitieuses, il n’est pas certain que nous soyons réellement déterminés à faire de notre défense une priorité. Telle est la première question désagréable qu’il nous faut regarder en face : concrètement, jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour assurer notre sécurité ?

L’Etat : un actionnaire obsolète d’après la Cour des Comptes

L’Etat : un actionnaire obsolète d’après la Cour des Comptes

Après les multiples interventions de l’État dans de nombreux domaines notamment au cours de la récente crise sanitaire, la Cour des Comptes estime que la doctrine de l’État est devenue obsolète car trop confuse et même trop contradictoire.

 

D’une certaine manière l’État a choisi la doctrine de l’arrosoir qui touche nombreux de secteurs d’activité sans qu’on sache très bien s’il s’agit d’une aide à l’exploitation, à l’innovation ou au développement. Ou tout simplement de boucher les trous récurrents. NDLR

 

« La crise sanitaire et le contexte nouveau [de transition énergétique]  frappent d’obsolescence une partie de la doctrine d’intervention de l’État en matière de participations publiques » expliquent-ils.

Les Sages saluent la mobilisation « efficace » de l’État en 2020 pour soutenir les groupes dont il détient une partie du capital, estimant que les « puissants moyens » déployés « ont joué un rôle clé dans quelques opérations d’envergure », comme en faveur d’Air France-KLM, de Renault ou d’EDF. Au total, ces interventions ont représenté des « coûts élevés » pour l’État, souligne la Cour, estimant l’impact budgétaire pour 2020 à environ 15,5 milliards d’euros : 2,4 milliards de dividendes non perçus, 9 milliards de recettes en moins sur d’éventuelles cessions, dont celle d’ADP, et 4 milliards d’intervention en capital (hors augmentation de capital de 4 milliards de la SNCF, considérée par la Cour comme non liée à la crise).

S’y ajoute une perte de patrimoine évaluée à environ 11 milliards d’euros, dont 9,7 milliards pour le seul portefeuille géré par l’APE, liée à la baisse de valeur des participations de l’État, concentrée dans les transports et l’énergie, secteurs très touchés par la crise. « Au-delà des coûts constatés en 2020, la crise sanitaire, qui n’est pas achevée au moment de la rédaction du présent rapport, a des conséquences sur les perspectives des entreprises concernées et entraîne des risques de coûts futurs pour l’actionnaire public », craint toutefois la Cour.

 Plus que pour Bpifrance ou la Caisse des dépôts (CDC), la Cour s’inquiète surtout pour l’APE, qui gère les participations publiques dans les grandes entreprises : « Les effets retardés de la crise pour les participations gérées par l’APE pourraient être significatifs », prévient-elle. Elle évoque notamment, au-delà de la crise de 2020, « des besoins de recapitalisation », pour certains fleurons industriels, qui ont « des problèmes plus structurels de rentabilité et de trésorerie ». Elle cite par exemple Air France-KLM qui a déjà dû transformer l’an dernier une avance consentie par l’État en emprunt à durée indéterminée et lancer une première augmentation de capital, essentiellement souscrite par l’État.

Déjà critique dans un rapport de 2017 sur la politique de l’État actionnaire, la Cour appelle cette fois clairement ce dernier à « actualiser » la stratégie mise en place en 2017, qui définit que les cessions de participations par l’APE doivent financer ses prises de participation. Car la crise a réduit les possibilités de cessions dans l’immédiat et la perception de dividendes, tandis que les besoins d’intervention sont « potentiellement très élevés, qu’il s’agisse d’accompagner des entreprises publiques dans leur transformation ou de s’engager plus avant dans la protection d’entreprises stratégiques, les perspectives de recettes traditionnelles de l’État actionnaire sont incertaines », note-t-elle.

Parrainage Présidentielle : Un processus obsolète

Parrainage Présidentielle : Un processus obsolète

À juste titre le vice-président de l’association des maires de France pose la question fondamentale de la légitimité des candidats aux présidentielles du fait du parrainage des maires.

 

 

Un système sans doute complètement obsolète qui ne garantit strictement rien pour preuve on va sans doute encore parrainer par exemple la responsable d’un parti Animaliste  et la liste des prétendants comprend environ 80 personnes dont une quinzaine seront finalement retenus. Évidemment une caricature de démocratie car beaucoup n’ont strictement rien à faire comme candidat à la magistrature suprême n’ayant même pas été capable pour beaucoup d’être maire d’une grande ville ou même d’une ville moyenne encore moins d’une organisation nationale un peu représentative. Philippe Laurent, vice-président de l’Association des maires de France (AMF) et maire UDI de Sceaux (Hauts-de-Seine) a pour sa part refuser d’accorder son parrainage et s’explique. Il soutient un système de parrainage citoyen plus en adéquation, selon lui, avec le système du suffrage universel.

La France se ridiculise évidemment avec cette liste de 80 candidats à la candidature et d’une dizaine de candidats au final.

Ce qui manque évidemment c’est cette démocratie intermédiaire qui permettrait de faire émerger des candidats ayant déjà fait la preuve de leur engagement au service de la société au lieu de permettre à n’importe quel aventurier de prétendre à la magistrature suprême. Le cas notamment de Macron choisi par un groupe de financiers alors qu’il n’avait jamais eu le moindre engagement social ou sociétal.

 

Vous avez fait le choix de ne pas parrainer de candidat à l’élection présidentielle. Pour quelles raisons?
C’est d’abord pour des raisons de principes. Dans le cadre d’une élection qui a lieu au suffrage universel, je ne comprends plus la logique qui consiste à dire que ce sont les maires, et autres élus, qui ont la capacité de décider que telle ou telle personne soit candidate ou non. Parrainer les candidats, ce n’est pas le rôle des maires. Cette responsabilité n’a d’ailleurs fait l’objet d’aucun débat lors des municipales. Personne ne m’a demandé, à ce moment là, qui je pensais parrainer pour la prochaine élection.

 

Le système de parrainage actuel vous paraît-il encore adapté?
Emmanuel Macron a annoncé, lui même, qu’il avait ses 500 signatures alors qu’il n’est pas candidat! D’autres, qui le sont officiellement, ne les ont pas ou craignent de ne pas les réunir. Ce sont des opérations de manipulation et c’est aussi pour ça que je ne veux pas donner de parrainage. Ce n’est pas parce qu’aucun candidat ne me plaît, ce n’est pas le sujet. C’est parce que je pense que le système n’est plus adapté. Il est devenu anachronique par rapport au fonctionnement politique.

Vous proposez à la place un système de parrainage citoyen. En quoi cela consiste-t-il?
A faire en sorte qu’un candidat à l’élection présidentielle doive obtenir la signature d’un certain nombre de citoyens électeurs pour pouvoir officiellement se présenter. Le nombre de signatures requises pourrait être discuté. Mais l’on pourrait imaginer partir sur une base de 100.000 ou même de 200.000 signatures. Je précise un point à ce sujet : depuis maintenant deux ans, il existe un répertoire électoral unique. Ce qui signifie que les listes sont désormais gérées au niveau national. C’est un point très important puisque le numéro unique attribué à chaque électeur sur sa carte électorale permettrait de gérer ce système au niveau national sans grande difficulté. Nous ne pouvons pas le mettre en place cette fois-ci car il est trop tard, mais le temps est venu pour la prochaine élection, et il faut s’en occuper dès maintenant, de réviser ce système.

Depuis 2016, le Conseil constitutionnel rend public le nom du candidat parrainé par les maires ou les parlementaires. Le regrettez-vous? 
A partir du moment où il n’y a pas de lien entre l’élection du maire et son parrainage, il n’y a pas de raison que celui-ci soit rendu public. Je trouve que cela relève plus du voyeurisme que de la transparence. Il m’apparaît assez clair que pour la plupart des citoyens, donner un parrainage revient à soutenir un candidat. Il est très difficile d’expliquer que l’on parraine dans l’optique que le débat soit le plus ouvert possible et que tout le monde puisse avoir sa chance. C’est un raisonnement extrêmement peu crédible pour les citoyens. Beaucoup de maires de petites communes qui dépendent très fortement du soutient des intercommunalités et des départements se disent qu’ils n’ont que des désillusions à y gagner et préfèrent rester neutre. Au lieu de filtrer, le système fonctionne comme une proclamation de soutien. En tout cas, c’est l’image qu’il renvoie.

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