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Coronavirus : vers un contrôle numérique des déplacements

Coronavirus : vers  un contrôle numérique des déplacements 

Pour sortir du confinement, le PDG d’Orange, Stéphane Richard, préconise, dans une tribune au « Monde », de suivre l’exemple de Singapour et de recourir au traitement de données individualisées de géolocalisation, avec le consentement de l’usager, et ce, dans le cadre protecteur du RGPD européen.

Tribune. Comment sortir du confinement ? Une fois le pic épidémique passé, comme nombre de pays asiatiques avant nous, l’Europe sera confrontée à ce défi redoutable : comment permettre à chacun de retrouver une vie normale, et à nos économies, profondément bouleversées, de redémarrer rapidement, tout en évitant une reprise de l’épidémie ?

La première réponse sera évidemment sanitaire. Plus que jamais, nous aurons besoin de nos personnels soignants dont l’engagement et la mobilisation depuis le début de cette crise forcent le respect. Nous devrons aussi maintenir dans la durée les « gestes barrières », auxquels nous sommes désormais habitués, et poursuivre à grande échelle les tests de dépistage pour qu’aucune braise ne rallume l’incendie.

Mais la deuxième réponse, c’est de plus en plus évident, sera technologique. Je suis convaincu en effet que la technologie et une utilisation intelligente et raisonnée des data seront le complément indispensable à l’action sanitaire.

Le sujet est sensible, épidermique même. Il est aussi complexe, tant sur le plan juridique que technique. Le but de cette tribune est d’apporter un éclairage aussi factuel que possible dans un débat trop souvent passionnel et sans nuance.

Disons-le tout de suite : il ne s’agit en rien d’imposer, comme à Taïwan, un contrôle numérique intensif des déplacements ou, comme en Israël, de donner aux forces de l’ordre la possibilité de géolocaliser les personnes contaminées via leur téléphone pour garantir le respect de la quarantaine.

Ma position est simple. Nous avons la chance dans l’Union européenne d’avoir un cadre réglementaire protecteur : le règlement général sur la protection des données (RGPD). Sachons l’utiliser dans toutes ses dispositions !

Le RGPD permet, en premier, lieu de traiter des données anonymisées de géolocalisation, c’est-à-dire suffisamment agrégées pour ne pas permettre d’identifier un individu particulier. Orange a ainsi développé un outil de modélisation des flux de population à partir de données de géolocalisation anonymisées que nous mettons à disposition de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

 

 

Taxation du numérique : le G20 presque unanime

Taxation du numérique : le G20 presque unanime 

La plupart des financiers du G20 se sont prononcés pour qu’un accord intervienne rapidement concernant la taxation des grands du numérique. Un appel presque unanime sauf évidemment pour les États-Unis où sont localisées les principales grandes multinationales du secteur (Google , Amazon ou Facebook), étant entendu que cela concerne aussi des multinationales chinoises . Il s’agit d’un appel surtout destiné au États-Unis dont la campagne présidentielle risque de bloquer jusqu’en novembre les réflexions et discussions  en cours dans le cadre de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE).

“Nous n’avons pas le temps d’attendre des élections, même pas des élections particulières”, a déclaré le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, lors d’un séminaire dédié à cette question. “Cela passe pas un leadership dans certains pays”, a-t-il poursuivi en regardant le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, assis à ses côtés. La taxation des géants du numérique et l’état de l’économie mondiale sous la menace de l’épidémie de coronavirus partie de Chine sont deux des principaux sujets inscrits à l’ordre du jour de ce week-end de discussions à Ryad.

L’OCDE travaille depuis des mois sur un plan visant à contraindre les entreprises du numérique à s’acquitter de leurs impôts dans les pays où elles génèrent leurs profits plutôt que dans des entités fiscalement plus favorables où elles font enregistrer leurs filiales.

Les services de l’OCDE estiment que ces pratiques qualifiées avec euphémisme d’”optimisation fiscale” ou de “planification fiscale agressive” représentent jusqu’à 100 milliards de dollars de recettes fiscales en moins à l’échelle de la planète. L’OCDE souhaite parvenir à un accord qui puisse être entériné par le G20 d’ici la fin de l’année mais le sujet est potentiellement explosif aux Etats-Unis, en pleine année électorale où Donald Trump tentera de se faire réélire le 3 novembre prochain pour un second mandat.

Steven Mnuchin a toutefois déclaré que les pays de l’OCDE étaient proches d’un accord sur un taux d’imposition minimum. “Je pense que nous voulons tous que cela soit fait d’ici la fin de l’année, et c’est l’objectif”, a-t-il dit.

Le temps presse parce que plusieurs pays européens, dont la France, l’Espagne, l’Autriche, l’Italie, la Grande-Bretagne et la Hongrie se sont déjà dotés ou travaillent à des taxes nationales.

“On ne peut pas avoir dans une économie mondiale des systèmes différents de taxation nationale qui entrent en conflit les uns avec les autre”, a prévenu Mnuchin.

Dans un appel commun publié samedi, les ministres français, espagnole, italien et allemand des Finances, Bruno Le Maire, Nadia Calviño, Roberto Gualtieri et Olaf Scholz, estiment qu’il est temps de parvenir à un accord international afin de taxer à leur juste valeur les entreprises du numérique et imposer un taux minimum pour lutter contre le dumping fiscal.

“Cette optimisation fiscale est intolérable pour nos compatriotes. Elle nourrit une colère légitime. Elle fragilise le consentement à l’impôt qui est une base de nos démocraties”, soulignent-ils.

“L’impôt minimum est la seule solution efficace contre l’optimisation fiscale agressive exercée par une poignée de grandes multinationales”, ajoutent les quatre ministres qui se disent “déterminés à aboutir à cette solution internationale dans le cadre de l’OCDE d’ici fin 2020”.“Les enjeux sont considérables: ils se chiffrent en dizaines de milliards d’euros de recettes fiscales, qui sont nécessaires pour la construction d’écoles, d’hôpitaux et pour l’investissement dans la transition écologique. Surtout, la légitimité des Etats face à la montée en puissance des géants du numérique est engagée. Alors agissons, agissons ensemble et agissons vite”, concluent-ils.

L’UE: quelle stratégie numérique

L’UE: quelle  stratégie numérique

La Commission européenne a commencé à définir ses premières orientations en matière de politique numérique incluant le développement de l’intelligence artificielle, les technologies proprement dites et leur régulation.  Il était temps ! Il faudra rattraper notre retard qui se caractérise notamment par la domination des grandes multinationales numériques américaines et chinoises. Par la tentation de mettre les économies en tutelle de certaines de ces grandes sociétés, d’imposer enfin des technologies qui risquent de mettre sous contrôle l’ensemble de la société. “Notre stratégie englobe des domaines aussi variés que la cybersécurité, les infrastructures critiques, la formation numérique, les compétences, la démocratie et les médias”, a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, citée dans un communiqué. “Je tiens à ce que cette Europe numérique reflète le meilleur de notre continent: l’ouverture, l’équité, la diversité, la démocratie et la confiance.”

Alors que la première phase de développement de l’industrie numérique a donné naissance aux Etats-Unis à des géants comme Google ou Amazon, les Vingt-Sept espèrent que leur puissance industrielle, leurs capacités de recherches et leur volonté de régulation leur permettront cette fois de ne pas se laisser distancer dans la nouvelle ère qui s’ouvre, où l’exploitation des données et l’intelligence artificielle devraient modifier tous les aspects de la vie quotidienne des citoyens, des loisirs à la santé en passant par le travail, le maintien de l’ordre ou les transports.

La Commission compte présenter un projet définitif d’ici la fin de l’année après avoir recueilli les réactions des différents acteurs concernés par ses premières propositions.

Le coeur de cette stratégie est la création d’un “marché unique des données” qui serait complété par des mesures spécifiques pour certains secteurs comme l’industrie manufacturière, la mobilité ou la santé.

“Nous allons créer un marché unique pour les données au sein de l’UE et nous voulons susciter 4 à 6 milliards d’euros d’investissements dans les espaces de données et les infrastructures de cloud de l’UE”, a dit Ursula von der Leyen au cours d’une conférence de presse.

La Commission propose de définir de nouvelles règles pour harmoniser l’utilisation des données et le recours à l’intelligence artificielle dans des domaines comme le secteur manufacturier, le changement climatique, l’automobile, l’énergie, les soins de santé, les services financiers ou l’agriculture.

Face aux critiques sur le pouvoir détenu par les géants du numérique, l’exécutif envisage aussi d’instaurer des mesures pour empêcher ces plates-formes d’imposer unilatéralement des conditions d’accès et d’utilisation des données ou d’en bénéficier de manière disproportionnée.

Aménagement du territoire- Avec la 5G: une plus grande désertification numérique

Aménagement du territoire- Avec la 5G: une plus grande désertification numérique

 

La fracture numérique risque de s’accroître encore avec la technologie 5g  qui va nécessiter beaucoup d’antennes très supplémentaires ; des équipements qui  iront en priorité aux zones déjà favorisées. Du coup, les zones peu denses qui évidemment n’auront  jamais le câble n’auront pas  non plus la technologie 5G  avant longtemps et devront se rabattre sur le réseau cuivre dans un état déplorable.

 

La 5G va nécessiter des déploiements massifs d’antennes de communication mobile à travers le pays. C’est ce que souligne une étude du cabinet Tactis. Publiée ce mardi, celle-ci montre que dans les zones péri-urbaines, il faudra environ 30% de sites supplémentaires pour offrir un niveau de service équivalent à la 4G. Surtout, dans les territoires ruraux, deux fois plus de sites seront nécessaires pour disposer d’une couverture équivalente, et jusqu’à trois fois plus pour délivrer un service haut débit, c’est-à-dire au moins 8 mégabits par seconde.

En France, plusieurs centaines de villages et de hameaux ne disposent toujours pas de téléphonie mobile. Et dans de nombreux bourgs, passer un coup de fil ou surfer sur Internet avec un smartphone demeure un chemin de croix. Il en va de même pour l’Internet fixe. Alors que dans les grandes villes, de plus en plus de Français passent à la fibre et profitent d’une connexion ultrarapide, dans beaucoup de campagnes et de zones rurales, les foyers doivent composer avec un ADSL à bout de souffle.

Avec la 5G: une plus grande désertification numérique

Avec la 5G: une plus grande désertification numérique

 

La fracture numérique risque de s’accroître encore avec la technologie 5g  qui va nécessiter beaucoup d’antennes très supplémentaires ; des équipements qui  iront en priorité aux zones déjà favorisées. Du coup, les zones peu denses qui évidemment n’auront  jamais le câble n’auront pas  non plus la technologie 5G  avant longtemps et devront se rabattre sur le réseau cuivre dans un état déplorable.

 

La 5G va nécessiter des déploiements massifs d’antennes de communication mobile à travers le pays. C’est ce que souligne une étude du cabinet Tactis. Publiée ce mardi, celle-ci montre que dans les zones péri-urbaines, il faudra environ 30% de sites supplémentaires pour offrir un niveau de service équivalent à la 4G. Surtout, dans les territoires ruraux, deux fois plus de sites seront nécessaires pour disposer d’une couverture équivalente, et jusqu’à trois fois plus pour délivrer un service haut débit, c’est-à-dire au moins 8 mégabits par seconde.

En France, plusieurs centaines de villages et de hameaux ne disposent toujours pas de téléphonie mobile. Et dans de nombreux bourgs, passer un coup de fil ou surfer sur Internet avec un smartphone demeure un chemin de croix. Il en va de même pour l’Internet fixe. Alors que dans les grandes villes, de plus en plus de Français passent à la fibre et profitent d’une connexion ultrarapide, dans beaucoup de campagnes et de zones rurales, les foyers doivent composer avec un ADSL à bout de souffle.

Fiscalité-La taxe numérique, un errement (Nicolas Marques)

Fiscalité-La taxe numérique, un errement  (Nicolas Marques)

Nicolas Marques, directeur général de l’Institut économique Molinari considère dans la Tribune que cette fiscalité constitue un errement français .

 

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« Souvenons-nous du débat. Fin 2018, les GAFA sont pointés du doigt en France. Le grand public avait en tête les mécanismes qu’ils avaient mis en place (Irlande, Pays-Bas…) pour optimiser leur fiscalité. Peu de monde avait compris qu’ils ne lésaient pas nos finances publiques. Ces dispositifs avaient été conçus pour limiter les effets de la fiscalité américaine sur les sociétés, à l’époque parmi les plus élevées au monde. Nos autorités s’appuyaient sur une étude censée attester que les GAFA américains payaient 14 points d’impôts de moins que nos entreprises européennes. Seuls les spécialistes savaient que cette étude, purement théorique, ne tenait pas compte des impôts réellement supportés par les entreprises et les auteurs de ce travail contestaient les conclusions qu’en tiraient les autorités. Peu de monde avait réalisé que les GAFA payaient autant d’impôt sur les sociétés que les grandes entreprises européennes. Les ordres de grandeurs véhiculés dans le débat public n’ayant aucun rapport avec la réalité, comme le montrera une étude de l’Institut économique Molinari.

Il fallait faire rentrer de l’argent pour financer les promesses faites aux gilets jaunes. Les GAFA semblaient la cible idéale et l’idée s’est transformée en projet de loi. Il s’agissait de prélever une taxe de 3% sur une partie du chiffre d’affaire des « géants du numérique ». Les promoteurs de cette taxe ont passé sous silence qu’il s’agissait d’une démarche déconseillée par les économistes. Les taxes sur les chiffres d’affaires sont les plus arbitraires qui soient. Elles pénalisent d’autant plus les activités dont les marges sont faibles. Pire, elles sont susceptibles de générer des effets « cascade », avec des empilements de taxes dans une même prestation encourageant à l’intégration verticale des producteurs, l’inverse de ce qui est souhaité dans le numérique.

Report immanquable de l’impôt

Les promoteurs de la taxe française ont surtout oublié de préciser que les GAFA reporteraient immanquablement cet impôt sur leurs partenaires et consommateurs hexagonaux. Dans l’étude d’impact transmise par le gouvernement au parlement en mars 2019, il n’y avait aucun chiffrage de cet effet d’incidence fiscale pourtant fondamental. Si, avec l’épisode des gilets jaunes, tout le monde avait compris que ce sont les consommateurs qui s’acquittent des taxes sur le pétrole, peu de monde réalisait qu’il en irait de même pour la taxe GAFA. Comme les distributeurs de carburants, les GAFA – maniant l’or noir du XXIe siècle – peuvent répercuter les taxes sur leurs clients finaux. Un chiffrage fait à la demande de l’industrie montrait qu’environ 55 % de l’impôt serait supportée par les consommateurs, 40 % par les partenaires commerciaux des entreprises ciblées et seulement 5 % par les géants du net. L’administration publique française a évité de faire ce chiffrage, ce qui a permis au défenseur de la taxe de passer sous silence cette réalité. D’un point de vue économique, la taxe GAFA conduisait à taxer des acteurs français et non des grandes entreprises numériques étrangères.

La taxe est votée en juillet 2019, dans une forme rétroactive. Elle génère depuis un maximum de complexités. Les entreprises ayant en charge sa collecte ont notamment l’obligation de traquer les transactions faites avec des utilisateurs français. Par ailleurs, cette date marque aussi le début de problèmes diplomatiques internationaux.

Discriminatoire selon les Etats-Unis

Les autorités américaines s’emparent du dossier, agacées par l’initiative française qu’elles jugent discriminatoire. Vu d’outre Atlantique, des entreprises américaines ont été pointées du doigt, avec une démarche visant à mettre la main sur une partie des impôts dus aux Etats-Unis. De crainte de représailles commerciales, la France s’engage dès juillet à rembourser la taxe collectée par les géants du numérique si une taxe internationale est mise en place au niveau de l’OCDE. A l’époque, la France pense que cette démarche, sans fondement économique puisque les entreprises américaines reportent cette taxe sur les consommateurs, suffira.

Cela n’a pas été le cas. Entre juillet et décembre 2019, les autorités américaines ont instruit leur dossier, avec une rigueur sans rapport avec la légèreté ayant prévalu chez nous. L’administration française tente de se défendre, tout en préservant le narratif qu’elle a déployé auprès de l’opinion publique. La loi ne serait pas discriminatoire, le texte de loi visant les « géants du numérique » et non les GAFA américains en tant que tel. D’ailleurs, il n’y a pas que des entreprises américaines concernées, ce qui est vrai à la marge. Mais elle évite soigneusement d’utiliser l’argument de l’incidence fiscale qui montrerait la réalité de cette taxe. Elle pèse sur les utilisateurs et non sur les GAFA. D’ailleurs, dès octobre Amazon avait commencé à répercuter la taxe sur les marges de ses partenaires français.

La menace s’estompe

En décembre, les autorités américaines concluent que la taxe française est discriminatoire et ne respecte pas les principes de fiscalité internationale. En janvier, elle identifie la liste des produits français pouvant faire l’objet de représailles, avec notamment des droits sur le vin et les fromages provenant de France. Une démarche qui, si elle était mise en œuvre, pèserait sur nos producteurs, nos vins et fromages étant exposés à la concurrence internationale.

Aujourd’hui, cette menace s’estompe. On devrait tirer les leçons de cette séquence. Trop de lois françaises sont votées sans qu’au préalable une véritable étude d’impact soit réalisée, avec des mesures produisant des effets sans rapport avec les intentions initiales et sans tenir compte des complexités qu’elles génèrent. Dans quelques jours s’ouvre le Printemps de l’évaluation, une opération destinée à expliquer l’importance de l’évaluation économique des lois. On aurait besoin que ce soit tous les jours le printemps et dans toute une série de domaines…

Volkswagen : 60 milliards pour l’électrique et le numérique

Volkswagen : 60 milliards pour  l’électrique et le numérique

 

Cette fois le tournant semble bien pris par l’important groupe  automobile allemand Volkswagen. Le groupe  va investir 60 milliards d’euros d’ici 2024 dans le développement de véhicules électriques et hybrides et dans les technologies numériques, a annoncé vendredi le constructeur allemand.

Le groupe de Wolfsburg prévoit de proposer 75 versions de modèles de voitures électriques et une soixantaine d’hybrides.

Il compte construire environ 26 millions de véhicules électriques d’ici 2029.

Herbert Diess, le président du directoire de Volkswagen, a déclaré lors d’une conférence de presse que le constructeur allemand n’avait aucun projet de coopération avec l’américain Tesla.

Volkswagen a en outre annoncé la nomination d’un ancien dirigeant de BMW, Markus Duesmann, à la tête de sa marque haut de gamme Audi.

Spécialiste du développement des moteurs, Markus Duesmann prendra ses fonctions le 1er avril 2020 en remplacement de Bram Schot et sera chargé de redonner du sens au slogan de la marque “Vorsprung Durch Technik”, “le progrès par la technique”.

Le logiciel de manipulation des émissions polluantes à l’origine du scandale des moteurs diesel du groupe Volkswagen en 2015 avait été conçu par des ingénieurs d’Audi.

 

Numérique et handicap des personnes , un atout pour l’économie française ?

Numérique et  handicap des personnes , un atout  pour l’économie française ?

Par (Alain Assouline) , président du réseau des écoles WebForce3 (*), fondateur du programme Handi4Change ( point de vue dans  la Tribune)

 

« Un demi-million de personnes en situation de handicap sont sans emploi car, entre autres raisons, les dispositifs de formation ne sont pas adaptés. Pour elles, le taux de chômage est de 19%, soit deux fois plus que la moyenne nationale. Et leur période d’inactivité est plus longue : 824 jours de chômage en moyenne pour les personnes handicapées inactives, soit près de 200 jours de plus que pour l’ensemble de la population sans emploi[1]. Cette situation, chronique et aberrante, ajoute de l’exclusion économique et sociale au handicap. Peu visible, elle donne le sentiment de ne pas être une priorité politique, alors qu’elle relève d’une injustice grave entre actifs. Pourtant, plutôt que de céder au fatalisme, des opportunités existent pour enrayer ce phénomène.

La question de l’accès des personnes en situation de handicap à la formation et à l’emploi pose la question de leur pleine citoyenneté. Et plus largement du rapport au travail, rémunérateur, émancipateur et créateur de lien social. Même lorsqu’elles travaillent, elles occupent plus souvent un emploi d’ouvrier non qualifié et moins souvent de cadre, travaillent plus souvent à temps partiel et sont plus souvent en situation de sous-emploi[2]. En parallèle, le manque d’accès à la formation des personnes handicapées en France est criant dans les formations traditionnelles. Et pas toujours considéré à sa juste importance dans les formations émergentes qui vont façonner le tissu économique des années avenir.

Les personnes en situation de handicap pourraient pour beaucoup d’entre elles accompagner l’économie française dans sa transformation digitale. Car on a beau crier que le numérique détruit des emplois, la réalité est différente.

Le numérique crée des emplois, et pourrait en créer encore beaucoup plus. Loin de l’eldorado du codeur star vendant sa virtuosité au plus offrant, c’est toute l’économie, TPE, ETI, grands groupes et services publics, qui a besoin aujourd’hui de talents formés à des métiers du digital ou à des fonctions transverses dans ces métiers.

Ceux-ci sont bien plus variés et massifs qu’on veut le croire : développeurs bien sûr, mais aussi chefs de projet digital, techniciens cybersécurité, administrateurs de réseau, ou encore dans le marketing digital. Sans parler des experts analystes de données, blockchain ou intelligence artificielle… Ces fonctions seront demain dans toutes les entreprises. Certaines n’existent pas encore, d’autres existent mais ne sont pas formalisées ou n’obéissent pas à une nomenclature traditionnelle, et manquent de visibilité. Mais c’est une certitude : les entreprises du numérique de toutes tailles se plaignent de manque de main d’œuvre, de niveau Bac + 2 à Bac + 5. Sans parler de toutes les entreprises et services publics qui introduisent toujours plus de numérique dans leur fonctionnement.

Alors que Cédric O, secrétaire d’Etat chargé du Numérique, rappelait récemment que 80.000 emplois étaient à pourvoir en France dans les seuls métiers du numérique, on peut se demander comment le numérique n’a pas encore été l’objet de toutes les attentions pour résoudre le sous-emploi des personnes handicapées.

La France dispose de nombreux savoir-faire et parmi eux l’accompagnement des publics éloignés de l’emploi. Les initiatives pour les décrocheurs, chômeurs longue durée, personnes discriminées ou fragiles, se sont développées, ont été évaluées. Nombreuses sont celles qui ont prouvé leur efficacité. Avec un principe clef : l’adaptabilité.

Pour les personnes en situation de handicap, il est quelquefois difficile de se rendre sur le lieu de formation quand on est en fauteuil, difficile de suivre le rythme lorsqu’on a des troubles de l’attention, difficile de s’intégrer à un groupe quand on a des troubles du comportement.

La digitalisation des processus de formation offre de nombreuses opportunités permettant d’aménager les emplois du temps, de proposer des rediffusions, des exercices en ligne, des échanges avec des professeurs de grande qualité, de s’évaluer dans un groupe de niveau en temps réel… Autant d’outils qui peuvent être réinvestis afin de rendre possible la formation des personnes en situation de handicap ayant simplement besoin d’une gestion du temps et de modalités de formation différentes et adaptées.

Il existe enfin un saut intellectuel à franchir par des personnes en situation de handicap sur leur capacité à évoluer vers des emplois innovants, des emplois qui sont au cœur de l’évolution de l’entreprise de demain. Et en cela de lutter contre leurs croyances limitatives, quelles que soient l’origine de ces dernières. Et au reste de la société, d’y voir une opportunité rare de faire entrer dans l’entreprise toujours plus de diversité. Car embaucher ces personnes, c’est pallier le besoin de main d’œuvre, mais c’est aussi bénéficier de leurs compétences, de leur engagement souvent exceptionnel, de leur parcours et de leur regard singulier au sein du groupe. »

 

 

[1] D’après le bilan au 1er semestre 2018 du marché du travail des personnes handicapées par l’Agefiph

[2] Etude de la Dares, Ministère du Travail, 2015

Une monnaie numérique publique pour l’Europe ?

Une monnaie numérique publique pour l’Europe ?

 

 

 

 

Il est clair que de nombreux Etats s’interrogent à propos du développement des cryptomonnaies qui risquent de porter un sérieux coup aux souverainetés des Etats. Parmi les plus grandes menaces, celle des grands du numérique notamment de Facebook qui envisage de créer une crypto monnaie qui forcément prendrait rapidement une ampleur mondiale compte tenu de sa puissance et des données qu’il possède. En Chine, on envisage de créer une crypto monnaie étatique. Aux États-Unis, on recherche les moyens de s’opposer au développement des initiatives monétaires des mastodontes numériques. En Europe, la Banque centrale européenne (BCE) devrait envisager la création de sa propre monnaie numérique, propose l’actuelle présidence finlandaise de l’Union européenne dans un document vu mardi par Reuters, alors que le projet Libra de Facebook de lancer une cryptomonnaie privée se heurte à l’hostilité des autorités à travers le monde. Ce projet risque toutefois d’être fortement contesté par les banques qui voient là  une remise en cause de leur médiation dans les transactions monétaires.

La France et l’Allemagne ont déjà déclaré que le projet dévoilé en juin par Facebook comprenait de nombreux risques et se sont prononcées en faveur d’un projet alternatif développé par les pouvoirs publics. Le projet de texte élaboré par la Finlande, qui pourrait être soumis vendredi aux ministres des Finances de l’UE en vue d’une possible adoption le 5 décembre, invite les Vingt-Huit à développer une approche commune sur les cryptomonnaies, notamment avec la possibilité d’interdire les projets jugés trop risqués.

“La BCE et les autres banques centrales de l’UE pourraient de manière utile explorer les opportunités et les défis relatifs à l’émission de devises numériques par les banques centrales, notamment en envisageant des mesures concrètes à cet effet”, est-il écrit dans ce document, susceptible d’être amendé.

D’après un responsable de la BCE, ce projet, dans sa version la plus ambitieuse, autoriserait les consommateurs à utiliser de l’argent électronique qui pourrait être directement déposé auprès de la Banque centrale européenne, sans nécessité d’un compte en banque, d’intermédiaires financiers ou de contreparties, des éléments pour l’instant nécessaires au traitement des paiements numériques. La BCE pourrait assumer ces différentes fonctions, ce qui réduirait les coûts de transaction mais soulève aussi des difficultés techniques et risque de déclencher une levée de bouclier de la part des banques.

Le document préparé par l’UE reprend les inquiétudes exprimées par le G7 sur les risques posés par les monnaies privées, notamment en matière de blanchiment d’argent, de protection des consommateurs, de taxation ou encore de piratage. Il va néanmoins plus loin en recommandant une interdiction des projets les plus risqués et le développement d’une monnaie numérique publique.

illettrisme: numérique ou plus général ?

illettrisme numérique ou illettrisme plus général ?

 

On s’inquiète à juste titre de l’illettrisme numérique qui concernerait 17 % de la population. Environ 30 % auraient par ailleurs des difficultés à utiliser Internet. Ce chiffre de 30 % est à mettre en relation avec les 30 à 40 % des élèves qui éprouvent des difficultés avec la langue française.  En 2015, seulement « 60% des élèves ont une maîtrise suffisante des compétences attendues (en compréhension de l’écrit et étude de la langue, Ndlr) en fin de scolarité primaire » (Cedre 2015). Les élèves français de CM1 obtiennent, d’après l’évaluation PIRLS 2016, une moyenne inférieure à celle des pays de l’OCDE et de l’Union Européenne. « Depuis PIRLS 2001, la performance globale française baisse progressivement à chaque évaluation. En 2016, l’écart est significatif et représente – 14 points sur la période de quinze ans », peut-on ainsi lire sur le site du ministère de l’Education Nationale. Et les professeurs le constatent aussi dans leurs classes : nombreuses fautes d’orthographe et d’accords grammaticaux, incompréhension des textes, méconnaissance des compléments circonstanciels, difficulté à lire à voix haute, à s’exprimer à l’oral et à l’écrit, à articuler les idées entre elles…

I ‘illettrisme général concerne  un chiffre global ÉLEVÉ, 2500000 personnes (3100000 en 2004), soit 7 % (9 % en 2004) de la population âgée de 18 à 65 ans résidant en France métropolitaine et ayant été scolarisée en France. Si l’on considère les 2500000 personnes concernées : 9 % sont âgées de 18 à 25 ans (9 % en 2004) 15 % sont âgées de 26 à 35 ans (15 % en 2004) 23 % sont âgées de 36 à 45 ans (23 % en 2004) 23 % sont âgées de 46 à 55 ans (30 % en 2004) 30 % sont âgées de 56 à 65 ans (23 % en 2004) Plus de la moitié des personnes en situation d’illettrisme ont plus de 45 ans. Si l’on considère les groupes d’âge, 4 % des 18 – 25 ans (4,5 % en 2004) 5,5 % des 26 – 35 ans (6 % en 2004) 7,5 % des 36 – 45 ans (9 % en 2004) 8 % des 46 – 55 ans (13 % en 2004) 12 % des 56 – 65 ans (14 % en 2004).  La proportion de personnes en situation d’illettrisme est plus forte pour les groupes d’âge les plus élevés. Sur les 2,5 millions de personnes concernées, 60,5 % sont des hommes (59 % en 2004), 39,5 % sont des femmes (41 % en 2004). Sur l’ensemble de la population sur laquelle a porté l’exploitation de l’enquête, les hommes (9 %) sont plus souvent en situation d’illettrisme que les femmes (6 %). Les résultats d’IVQ confirment les observations de PISA et de la JDC (Journée Défense Citoyenneté) qui vont dans le même sens. La moitié des personnes en situation d’illettrisme vit dans des zones faiblement peuplées : 26 % dans les zones rurales (28 % en 2004), 22,5 % dans des villes de moins de 20 000 habitants (21 % en 2004). L’autre moitié vit dans des zones urbaines : 14 % dans les villes de plus de 20 000 habitants (17 % en 2004), 27,5 % dans les villes de plus de 100 000 habitants (24 % en 2004), 10 % en région parisienne (idem en 2004). Et les quartiers couverts par la politique de la ville? 10 % des personnes en situation d’illettrisme vivent dans les ZUS (idem en 2004). Mais attention : dans les Zones Urbaines Sensibles le pourcentage de personnes en situation d’illettrisme est deux fois plus élevé que dans la population sur laquelle a porté l’exploitation de l’enquête (14 % au lieu de 7 % (18 % au lieu de 9 % en 2004)). Plus de la moitié des personnes en situation d’illettrisme ont un emploi. 51 % des personnes en situation d’illettrisme sont dans l’emploi (57 % en 2004) 10 % sont au chômage (11 % en 2004) 17,5 % sont retraités (14 % en 2004) 13,5 % en formation ou en inactivité (10 % en 2004) 8 % sont au foyer (8 % en 2004) Sur l’ensemble de la population, 6 % de ceux qui sont dans l’emploi (8 % en 2004) et 10 % des demandeurs d’emploi (15 % en 2004) sont confrontés à l’illettrisme. Illettrisme et emploi 20 % des allocataires du RSA sont en situation d’illettrisme (26 % en 2004). Parmi les personnes allocataires du RSA (RMA, RSO) la proportion des personnes en situation d’illettrisme est donc trois fois plus élevée que dans l’ensemble de la population concernée.

Environnement :Quelle compatibilité entre le numérique et l’écologie ?

Quelle compatibilité entre le numérique et l’écologie ?

 

le développement du numérique  est-il écologiquement compatible ? la réponse de  Daniel Sperling  l’élu en charge du sujet à Marseille.( interview La Tribune)

 

Lors du dernier Marseille City Life qui abordait le sujet de la Tech et du zéro carbone, vous avez rappelé que smart city n’égale pas forcément ville durable. Une idée qui est peu répandue…

 

 

 

Daniel Sperling

Il faut résoudre une double équation, celle de l’expansion et de la concentration urbaine qui engendrent une mosaïque de transitions : urbaine, numérique, énergétique, économique et sociétale. Autant de défis qui peuvent être relevés collectivement. Conservateur, le numérique l’est aussi au regard des enjeux environnementaux. Curieusement, le récit autour de la Smart City a postulé d’emblée qu’elle serait durable. Tel n’est pas du tout le cas aujourd’hui. D’une part, l’infrastructure physique du numérique, d’autre part, la collecte des données, leur traitement et leur stockage représentent des quantités d’énergie non seulement colossales, mais surtout en croissance constante et forte. Le numérique consomme bien plus d’énergie que le transport aérien et la croissance de sa consommation est à deux chiffres. La donnée est souvent qualifiée de nouvel or noir. Le fait est que nous avons pris au mot cette analogie avec le pétrole et avons une approche très 20e siècle du numérique dans la ville. La smart a capturé le green. L’écologie du numérique reste à construire et avec elle celle de la Smart City. Attelons-nous à la tâche.

Vous donniez un chiffre intéressant, c’est l’équivalent, en énergie du « coût du clic »…

En effet, 450 millions de tonnes de CO2 ont été émises par les entreprises du numérique dans les pays de l’OCDE depuis 2013. 4 %, c’est la part du numérique dans les émissions mondiales de CO2, en hausse de 50 % depuis 2013.

80 fois plus d’énergie est nécessaire à la production d’un gramme de smartphone que d’un gramme de voiture. À l’échelle mondiale, les usages numériques représentent deux fois l’empreinte environnementale de la France. Ces problématiques ne sont pas nouvelles. Si je peux dire, nous ne partons pas de zéro pour aller vers le zéro carbone.

Quels sont les projets smart city qui ont changé la physionomie de Marseille ?

Il y a eu beaucoup de projets dont Smartseille est l’un des derniers exemples, avec sa boucle à eau de mer. Quand CMA CGM annonce toute une série de mesures pour réduire son impact comme l’adoption du GNL et l’optimisation des routes, la réduction de la vitesse de ses navires, ça va dans le bon sens. Mais j’aime rappeler qu’il y a 20 ans, la cogénération par méthanisation et l’expérimentation d’épandage propre, qui a donné naissance à une forêt sur la route de Cassis, étaient précurseurs. C’est un clin d’œil à l’actualité où certains gros pollueurs font aujourd’hui des annonces de replantation d’arbres pour compenser leur bilan carbone. Les estimations les plus récentes considèrent que, chaque jour, un français émet autant de CO2 que ce qu’un arbre stocke en un an.

Existe-t-il une smart city universelle ?

La justification ultime du smart n’est pas de faire toujours plus. C’est de faire en sorte que l’on puisse se déplacer sans dégrader l’environnement pour remplir son programme d’activités quotidiennes à Los Angeles, Paris, Pékin ou Bogota, de faire accéder les villes indiennes à l’eau potable, de mettre fin à l’étalement urbain dans les pays occidentaux et d’électrifier sur un monde durable les mégalopoles africaines qui se développent sous nos yeux.

 

illettrisme numérique ou illettrisme plus général ?

illettrisme numérique ou illettrisme plus général ?

 

On s’inquiète à juste titre de l’illettrisme numérique qui concernerait 17 % de la population. Environ 30 % auraient par ailleurs des difficultés à utiliser Internet. Ce chiffre de 30 % est à mettre en relation avec les 30 à 40 % des élèves qui éprouvent des difficultés avec la langue française.  En 2015, seulement « 60% des élèves ont une maîtrise suffisante des compétences attendues (en compréhension de l’écrit et étude de la langue, Ndlr) en fin de scolarité primaire » (Cedre 2015). Les élèves français de CM1 obtiennent, d’après l’évaluation PIRLS 2016, une moyenne inférieure à celle des pays de l’OCDE et de l’Union Européenne. « Depuis PIRLS 2001, la performance globale française baisse progressivement à chaque évaluation. En 2016, l’écart est significatif et représente – 14 points sur la période de quinze ans », peut-on ainsi lire sur le site du ministère de l’Education Nationale. Et les professeurs le constatent aussi dans leurs classes : nombreuses fautes d’orthographe et d’accords grammaticaux, incompréhension des textes, méconnaissance des compléments circonstanciels, difficulté à lire à voix haute, à s’exprimer à l’oral et à l’écrit, à articuler les idées entre elles…

I ‘illettrisme général concerne  un chiffre global ÉLEVÉ, 2500000 personnes (3100000 en 2004), soit 7 % (9 % en 2004) de la population âgée de 18 à 65 ans résidant en France métropolitaine et ayant été scolarisée en France. Si l’on considère les 2500000 personnes concernées : 9 % sont âgées de 18 à 25 ans (9 % en 2004) 15 % sont âgées de 26 à 35 ans (15 % en 2004) 23 % sont âgées de 36 à 45 ans (23 % en 2004) 23 % sont âgées de 46 à 55 ans (30 % en 2004) 30 % sont âgées de 56 à 65 ans (23 % en 2004) Plus de la moitié des personnes en situation d’illettrisme ont plus de 45 ans. Si l’on considère les groupes d’âge, 4 % des 18 – 25 ans (4,5 % en 2004) 5,5 % des 26 – 35 ans (6 % en 2004) 7,5 % des 36 – 45 ans (9 % en 2004) 8 % des 46 – 55 ans (13 % en 2004) 12 % des 56 – 65 ans (14 % en 2004).  La proportion de personnes en situation d’illettrisme est plus forte pour les groupes d’âge les plus élevés. Sur les 2,5 millions de personnes concernées, 60,5 % sont des hommes (59 % en 2004), 39,5 % sont des femmes (41 % en 2004). Sur l’ensemble de la population sur laquelle a porté l’exploitation de l’enquête, les hommes (9 %) sont plus souvent en situation d’illettrisme que les femmes (6 %). Les résultats d’IVQ confirment les observations de PISA et de la JDC (Journée Défense Citoyenneté) qui vont dans le même sens. La moitié des personnes en situation d’illettrisme vit dans des zones faiblement peuplées : 26 % dans les zones rurales (28 % en 2004), 22,5 % dans des villes de moins de 20 000 habitants (21 % en 2004). L’autre moitié vit dans des zones urbaines : 14 % dans les villes de plus de 20 000 habitants (17 % en 2004), 27,5 % dans les villes de plus de 100 000 habitants (24 % en 2004), 10 % en région parisienne (idem en 2004). Et les quartiers couverts par la politique de la ville? 10 % des personnes en situation d’illettrisme vivent dans les ZUS (idem en 2004). Mais attention : dans les Zones Urbaines Sensibles le pourcentage de personnes en situation d’illettrisme est deux fois plus élevé que dans la population sur laquelle a porté l’exploitation de l’enquête (14 % au lieu de 7 % (18 % au lieu de 9 % en 2004)). Plus de la moitié des personnes en situation d’illettrisme ont un emploi. 51 % des personnes en situation d’illettrisme sont dans l’emploi (57 % en 2004) 10 % sont au chômage (11 % en 2004) 17,5 % sont retraités (14 % en 2004) 13,5 % en formation ou en inactivité (10 % en 2004) 8 % sont au foyer (8 % en 2004) Sur l’ensemble de la population, 6 % de ceux qui sont dans l’emploi (8 % en 2004) et 10 % des demandeurs d’emploi (15 % en 2004) sont confrontés à l’illettrisme. Illettrisme et emploi 20 % des allocataires du RSA sont en situation d’illettrisme (26 % en 2004). Parmi les personnes allocataires du RSA (RMA, RSO) la proportion des personnes en situation d’illettrisme est donc trois fois plus élevée que dans l’ensemble de la population concernée.

Quelle compatibilité entre le numérique et l’écologie ?

Quelle compatibilité entre le numérique et l’écologie ?

 

le développement du numérique  est-il écologiquement compatible ? la réponse de  Daniel Sperling  l’élu en charge du sujet à Marseille.( interview La Tribune)

 

Lors du dernier Marseille City Life qui abordait le sujet de la Tech et du zéro carbone, vous avez rappelé que smart city n’égale pas forcément ville durable. Une idée qui est peu répandue…

 

 

 

Daniel Sperling

Il faut résoudre une double équation, celle de l’expansion et de la concentration urbaine qui engendrent une mosaïque de transitions : urbaine, numérique, énergétique, économique et sociétale. Autant de défis qui peuvent être relevés collectivement. Conservateur, le numérique l’est aussi au regard des enjeux environnementaux. Curieusement, le récit autour de la Smart City a postulé d’emblée qu’elle serait durable. Tel n’est pas du tout le cas aujourd’hui. D’une part, l’infrastructure physique du numérique, d’autre part, la collecte des données, leur traitement et leur stockage représentent des quantités d’énergie non seulement colossales, mais surtout en croissance constante et forte. Le numérique consomme bien plus d’énergie que le transport aérien et la croissance de sa consommation est à deux chiffres. La donnée est souvent qualifiée de nouvel or noir. Le fait est que nous avons pris au mot cette analogie avec le pétrole et avons une approche très 20e siècle du numérique dans la ville. La smart a capturé le green. L’écologie du numérique reste à construire et avec elle celle de la Smart City. Attelons-nous à la tâche.

Vous donniez un chiffre intéressant, c’est l’équivalent, en énergie du « coût du clic »…

En effet, 450 millions de tonnes de CO2 ont été émises par les entreprises du numérique dans les pays de l’OCDE depuis 2013. 4 %, c’est la part du numérique dans les émissions mondiales de CO2, en hausse de 50 % depuis 2013.

80 fois plus d’énergie est nécessaire à la production d’un gramme de smartphone que d’un gramme de voiture. À l’échelle mondiale, les usages numériques représentent deux fois l’empreinte environnementale de la France. Ces problématiques ne sont pas nouvelles. Si je peux dire, nous ne partons pas de zéro pour aller vers le zéro carbone.

Quels sont les projets smart city qui ont changé la physionomie de Marseille ?

Il y a eu beaucoup de projets dont Smartseille est l’un des derniers exemples, avec sa boucle à eau de mer. Quand CMA CGM annonce toute une série de mesures pour réduire son impact comme l’adoption du GNL et l’optimisation des routes, la réduction de la vitesse de ses navires, ça va dans le bon sens. Mais j’aime rappeler qu’il y a 20 ans, la cogénération par méthanisation et l’expérimentation d’épandage propre, qui a donné naissance à une forêt sur la route de Cassis, étaient précurseurs. C’est un clin d’œil à l’actualité où certains gros pollueurs font aujourd’hui des annonces de replantation d’arbres pour compenser leur bilan carbone. Les estimations les plus récentes considèrent que, chaque jour, un français émet autant de CO2 que ce qu’un arbre stocke en un an.

Existe-t-il une smart city universelle ?

La justification ultime du smart n’est pas de faire toujours plus. C’est de faire en sorte que l’on puisse se déplacer sans dégrader l’environnement pour remplir son programme d’activités quotidiennes à Los Angeles, Paris, Pékin ou Bogota, de faire accéder les villes indiennes à l’eau potable, de mettre fin à l’étalement urbain dans les pays occidentaux et d’électrifier sur un monde durable les mégalopoles africaines qui se développent sous nos yeux.

 

 

La révolution numérique et l’émergence d’un nouveau concept narcissique

La révolution numérique et l’émergence d’un nouveau 

concept narcissique (Clotilde Leguil)

 

Notre époque favorise un nouveau narcissisme numérique pour  la philosophe et psychanalyste Clotilde Leguil dans son dernier livre « “Je”, une traversée des identités » (PUF). Elle en attribue la cause à un internet de l’intime qui provoque souffrance et enfermement. Car si le narcissisme est nécessaire à la constitution de l’individu, il devient mortifère quand il n’est pas dépassé. Indiscutablement les technologies numériques ont permis des progrès qui rendent possible de s’affranchir d’une certaine manière de l’espace. Elle constitue un moyen d’ouverture sur le monde en favorisant l’accélération des échanges d’informations, de bien et de culture. C’est un changement fondamental aussi dans les conditions de production et de consommation. Des outils qui peuvent permettre un accès sans limite à la formation, à la culture et à l’échange. Mais des outils qui peuvent aussi aliéner quand en fait le sujet utilisateur de ces technologies devient l’unique objet de l’utilisation de ces outils. Le monde virtuel qui l’accompagne constituant une sorte de miroir sujet lui-même. Avec en plus une addiction quasi permanente à ce miroir. (Interview de lobs) extraites :

Vous expliquez que nous vivons dans une période particulièrement propice au narcissisme, quels en sont les symptômes ?

Tout part d’une formule que j’ai découverte par hasard à Venise. Alors que je me surprenais à regarder des touristes se filmant avec leur iPhone plutôt que de contempler la beauté de la ville, j’ai lu un graffiti : « Le narcissisme de masse est le goulag des temps modernes. » Aphorisme que j’ai trouvé poétique et rassemblant quelque chose d’un diagnostic de notre époque. Il ne s’agit pas pour moi de dénoncer le narcissisme en tant que tel. Ce que j’interroge, c’est une nouvelle version du narcissisme au XXIe siècle, liée à la révolution numérique, un narcissisme à la fois globalisé et enfermant.

Aujourd’hui, l’univers d’internet – les réseaux sociaux, les sites de rencontre etc. – capte quasiment l’entièreté de la libido : les foules sont comme hypnotisées par le regard de l’autre qui les contemple derrière son écran. »

Nouvelles technologies, il n’y a pas que les start-up du numérique !

Nouvelles technologies, il n’y a pas que les start-up du numérique !

Bruno Arabian, Consultant sur le secteur des technologies de santé à l’agence Ulysse Communication constate dans la Tribune l’absence frustrante des biotechnologies et des technologies médicales de la “start-up nation

La liste des Next40 lancée le 18 septembre ne compte aucun entrepreneur de la biotech ou des technologies médicales. Comme si les start-up du numérique incarnaient à elles seules, aux yeux des politiques, l’innovation en France, dénonce Bruno Arabian, consultant en communication du secteur des « Health Techs »

Tribune.

 

 « Le 18 septembre, le président de la République a mis en scène la « start-up nation » et le lancement de Next40, la liste des quarante start-up « à fort potentiel ». La Banque publique d’investissement (BPI) va mobiliser 5 milliards d’euros pour l’innovation. Les dirigeants de start-up du numérique sont aux anges, les banquiers, investisseurs et communicants du numérique le sont tout autant. Car pour la French Tech et notre président, l’innovation en France se limite exclusivement au numérique.

Mais cette belle journée a tout d’un « frichti 3.0 » entre amis. Car pour les représentants d’autres pans entiers de l’innovation en France, cela ressemble plus à un dîner de cons auquel ils n’ont même pas été conviés. C’est notamment le cas du secteur « Health Tech » (biotechnologies et technologies médicales).

Comment accepter l’idée qu’aucune des sociétés des sciences de la vie – dont chacun des fleurons possède plus de brevets que les sélectionnés du Next40 – ne soit de la fête et ne dispose du fameux tampon « future licorne » ?

Certaines ont pourtant levé plusieurs centaines de millions d’euros – le montant des tours de table est pourtant un marqueur primordial pour le milieu de la French Tech. D’autres sont même cotées au Nasdaq, Mecque mondiale de l’innovation. Cette absence est d’autant plus frustrante que la BPI dispose de nombreuses études bien documentées sur le sujet !

 « Le secteur biotech/medtech est encore jeune en France. Il faut lui laisser du temps ! » : C’est l’explication, maintes fois entendue dans les couloirs ministériels. Mais elle est historiquement fausse : ce secteur est né en 1977 à Toulouse, avec Cayla, ou avec Transgene à Strasbourg en 1979… bien avant la naissance des américains Amgen ou Gilead, devenus entre-temps des géants de l’industrie pharmaceutique mondiale.

Pour les représentants d’autres pans entiers de l’innovation en France, cela ressemble plus à un dîner de cons auquel ils n’ont même pas été conviés. C’est notamment le cas du secteur Health Tech …… »

Un fonds de 100 milliards d’euros pour le numérique

Un fonds de 100 milliards d’euros pour le numérique

 

l’Europe pourrait lancer un fonds de 100 milliards d’euros pour soutenir les nouvelles technologies de communication. On sait que l’union européenne est complètement absente du club des géants du numérique et que ces géants du numérique risquent  de mettre sous tutelle les économies sans parler de leur influence au plan culturel voire politique. L’objectif : financer les startups européennes « à fort potentiel » destinées à devenir des géants dans leur domaine, et des technologies de rupture qui pourraient potentiellement créer de nouveaux standards mondiaux, dans un certain nombre d’industries identifiées comme prioritaires. Si le détail ce ces secteurs n’a pas été révélé, l’Europe a déjà identifié le stockage de l’énergie, la cybersécurité, le spatial ou encore l’intelligence artificielle comme des enjeux prioritaires.

Le site Politico révèle l’information sur la base d’un rapport fleuve de 173 pages. Le document étale une stratégie agressive, qui vise à la fois à contrer la politique commerciale agressive de Donald Trump, et à répondre aux géants américains de la tech, dont les pratiques fiscales irritent de plus en plus le Vieux continent, à l’image de la France qui y a répondu en lançant une « taxe Gafa » controversée. Pour ne plus être une colonie numérique des géants américains qui se sont imposés dans les usages, ce « fonds européen pour le futur » serait financé par le budget européen alloué au financement de l’innovation et de la recherche.

« L’Europe ne dispose pas de tels groupes. Cela représente un risque pour la croissance, l’emploi et son influence dans des secteurs stratégiques clefs », estime le rapport.

L’idée serait donc à la fois de créer des alternatives européennes aux géants actuels de la tech, mais surtout de permettre à l’Europe d’ouvrir la voie en imposant les standards technologiques de demain, comme Nokia a su le faire en s’appuyant sur la technologie mobile GSM.

Reste à éliminer les résistances de certains ultralibéraux de l’union européenne pour aller dans le sens de ce projet. Si les services de la Commission européenne n’hésitent plus à envisager la création d’un fonds souverain européen – une idée débattue depuis des années mais qui effraie les pays les plus libéraux -, Bruxelles a tenu à refroidir les ardeurs. Des porte-paroles ont affirmé que le rapport  »n’a pas été examiné par la Commission » et encore moins par l’équipe de transition de la nouvelle présidente Ursula von der Leyen.

La révolution numérique favorise un nouveau concept narcissique (Clotilde Leguil)

 La révolution numérique favorise un nouveau  concept narcissique (Clotilde Leguil)

 

Notre époque favorise un nouveau narcissisme numérique pour  la philosophe et psychanalyste Clotilde Leguil dans son dernier livre « “Je”, une traversée des identités » (PUF). Elle en attribue la cause à un internet de l’intime qui provoque souffrance et enfermement. Car si le narcissisme est nécessaire à la constitution de l’individu, il devient mortifère quand il n’est pas dépassé. Indiscutablement les technologies numériques ont permis des progrès qui rendent possible de s’affranchir d’une certaine manière de l’espace. Elle constitue un moyen d’ouverture sur le monde en favorisant l’accélération des échanges d’informations, de bien et de culture. C’est un changement fondamental aussi dans les conditions de production et de consommation. Des outils qui peuvent permettre un accès sans limite à la formation, à la culture et à l’échange. Mais des outils qui peuvent aussi aliéner quand en fait le sujet utilisateur de ces technologies devient l’unique objet de l’utilisation de ces outils. Le monde virtuel qui l’accompagne constituant une sorte de miroir sujet lui-même. Avec en plus une addiction quasi permanente à ce miroir. (Interview de lobs) extraites : 

Vous expliquez que nous vivons dans une période particulièrement propice au narcissisme, quels en sont les symptômes ?

Tout part d’une formule que j’ai découverte par hasard à Venise. Alors que je me surprenais à regarder des touristes se filmant avec leur iPhone plutôt que de contempler la beauté de la ville, j’ai lu un graffiti : « Le narcissisme de masse est le goulag des temps modernes. » Aphorisme que j’ai trouvé poétique et rassemblant quelque chose d’un diagnostic de notre époque. Il ne s’agit pas pour moi de dénoncer le narcissisme en tant que tel. Ce que j’interroge, c’est une nouvelle version du narcissisme au XXIe siècle, liée à la révolution numérique, un narcissisme à la fois globalisé et enfermant.

Aujourd’hui, l’univers d’internet – les réseaux sociaux, les sites de rencontre etc. – capte quasiment l’entièreté de la libido : les foules sont comme hypnotisées par le regard de l’autre qui les contemple derrière son écran. »

Le « numérique », quelles définitions et quelles conséquences ?

Le « numérique », quelles définitions et quelles conséquences ?

 

Marcello Vitali-Rosati, Professeur agrégé au département des littératures de langue française, Université de Montréal  s’interroge dans la tribune sur la définition générale du numérique et surtout sur ses usages. Une analyse intéressante mais qui est loin d’être exhaustive. «

 

« Nous  parlons de plus en plus de « numérique » en substantivant un adjectif qui – initialement – comporte une signification technique précise et qui devient désormais davantage un phénomène culturel qu’une notion liée à des outils technologiques particuliers. Cette universalisation du numérique nous permet de comprendre des changements qui affectent l’ensemble de notre société et notre façon de penser, comme l’a bien expliqué notamment Milad Doueihi par son concept de « culture numérique ».

Cet usage pose pourtant un problème majeur : nous avons de plus en plus tendance à penser « le numérique » comme un phénomène uniforme et homogène (sur ce sujet, il est intéressant de lire le débat entre Morozov et Johnson) alors que, de toute évidence, il ne l’est pas. « Le » numérique n’existe pas en tant que tel. Il existe de nombreuses pratiques, usages, outils et environnements différents, chacun fondé sur des principes particuliers, chacun promouvant des valeurs spécifiques et entraînant des conséquences caractéristiques.

Le fait de penser « le numérique » comme un tout nous amène souvent à exprimer des jugements de valeur qui font abstraction des caractéristiques propres à des outils ou pratiques distincts : inévitablement donc, le jugement se radicalise, s’uniformise, se généralise en perdant tout son sens et sa cohérence vis-à-vis du particulier. « Le numérique » devient ainsi tantôt synonyme d’émancipation et de liberté, tantôt synonyme de contrôle et d’assujettissement : en somme, le numérique est bien ou le numérique est mal. D’un côté les technoptimistes, de l’autre les technophobes.

Les modes changent : nous sommes passés d’un technoptimisme généralisé à une technophobie universelle. Dans les années 1990, le discours des optimistes semblait prévaloir : de la déclaration de l’indépendance du cyberespace de John Perry Barlow aux discours d’émancipation transhumanistes, en passant pas les merveilles de la virtualisation.

Depuis quelques années, il semblerait que la mode ait changé : il faut être critique vis-à-vis du numérique. Les grands gourous du numérique sont les premiers à le blâmer : de Bill Gates à Tim Berners-Lee, en passant par Jimmy Wales… Le discours critique est aussi porté par les intellectuels - Morozov est devenu le porte-drapeau de ce mouvement, avec des arguments que je partage dans l’ensemble – ou des universitaires. Des critiques philosophiques approfondies ont été développées, consacrées à des phénomènes particuliers – je pense en premier lieu à la fine analyse que Gérard Wormser propose de Facebook.

Il me semble cependant nécessaire de différencier – et ainsi d’identifier – les aspects du « fait numérique » qui peuvent et doivent nous faire peur. Bien que j’ai toujours rejeté cette opposition entre optimistes et technophobes, je conserve néanmoins une préférence pour les optimistes – encore aujourd’hui alors que cette posture est passée de mode. J’ai tendance à être en accord avec les analyses de Pierre Lévy qui soulignent le fait toujours d’actualité que plusieurs idéaux utopistes, qui portaient le développement informatique dans les années 1990, sont encore présents et en vigueur. Cependant, dans les dernières années – probablement aussi du fait que je suis devenu le père de deux enfants -, je suis de plus en plus angoissé, non pas par « le numérique » en général, mais par la place dans nos vies à laquelle accède – notamment via certaines technologies numériques – un nombre très restreint de sociétés privées : celles qu’on a commencé à appeler les GAFAM pour se référer à Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, sachant que cet acronyme est devenu une métonymie pour inclure également les nouveaux acteurs comme Netflix, Airbnb, Uber, etc.

Cette influence ne dépend pas « du numérique », mais de certains usages spécifiques : plus précisément des usages de logiciels et de matériels propriétaires. Et, plus important, ces usages ne sont pas inévitables, mais on fait, hélas, trop peu – ou presque rien – pour les contrer, alors qu’il serait facile de mettre en place des mécanismes et dispositifs de protection de l’espace public.

Concrètement, le fléau dont nous sommes victimes est représenté par le fait que dans tous les domaines, de la vie privée à la vie publique en passant par l’activité professionnelle, nous sommes encouragés à utiliser des solutions propriétaires : MacOs, iOS, Windows, Word, Adobe, Facebook, WhatsApp, Skype, Gmail, Outlook… Ce problème n’émane pas, à mon sens, des entreprises – dont l’objectif principal est, évidemment, de vendre leurs produits -, mais du manque quasi total de sensibilité des institutions publiques et privées et de l’absence de littéracie numérique pour les usagers.

Quelques exemples :

  • nous utilisons des systèmes d’exploitation propriétaires – MacOS et Windows – alors que nous pourrions utiliser des systèmes d’exploitation libres ;
  • nous utilisons des dispositifs portables propriétaires sans nous soucier des conséquences ;
  • nous utilisons des applications mobiles alors que nous pourrions utiliser des services web ;
  • nous utilisons des logiciels propriétaires alors que nous pourrions utiliser des solutions libres ;
  • nous ne nous posons pas de questions sur les pilotes qui font fonctionner les dispositifs de nos ordinateurs alors que nous pourrions choisir les dispositifs en fonction de la transparence de leur conception.

Ce sont fondamentalement les revendications de la Free Software Foundation qui n’ont malheureusement que trop peu d’impact sur les pratiques.

Or deux considérations :

  • ces pratiques sont très dangereuses ;
  • il serait très facile de les changer.

Il me semble, en d’autres termes, que, le fait de penser « le numérique » comme quelque chose d’uniforme nous empêche de cerner le véritable problème et de chercher des solutions. Être génériquement technophobes est une posture qui n’amène à rien : cela revient à un nostalgique « o tempora o mores » qui plonge dans une inactivité abrupte. Des positions du type : « le numérique doit/ne doit pas être utilisé par les enfants » me semblent juste stupides. Elles réunissent des réalités hétérogènes qui n’ont aucun rapport entre elles : « le numérique » ? Quels outils ? Quelles plates-formes ? Quels environnements ? Quels dispositifs ? Identifier des problèmes spécifiques est sans doute plus complexes : cela demande une étude et une compréhension du fait numérique dans sa diversité, une analyse des enjeux liés à un logiciel, à un format, à un protocole qui demandent du temps et de l’expertise. Mais cela permet de trouver des alternatives et des solutions concrètes.

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Par Marcello Vitali-Rosati, Professeur agrégé au département des littératures de langue française, Université de Montréal

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

Taxe sur les géants du numérique votée

Taxe sur les géants du numérique votée

 

 

En attendant que l’OCDE traite cette affaire (l’union européenne a botté en touche !), l’Assemblée nationale a voté lundi soir en première lecture l’instauration d’une taxe sur les géants mondiaux du numérique, qui doit faire de la France un des pays pionniers en la matière. 26 entreprises devront cette année reverser 3% du chiffre d’affaires réalisé en France au fisc, dans le cadre de la taxe Gafa qui doit être appliquée de façon rétrospective au 1er janvier 2019. (Selon une étude du cabinet juridique et fiscal Taj)

La taxe, annoncée en décembre en réponse notamment au mouvement des «gilets jaunes», doit concerner les entreprises qui réalisent un chiffre d’affaires sur leurs activités numériques de 750 millions d’euros dans le monde et de plus de 25 millions d’euros en France. L’étude Taj a mis en évidence les sociétés qui remplissent ces critères.

• Vente de biens: Alibaba, Amazon, Apple, Ebay, Google, Groupon, Rakuten, Schibsted, Wish, Zalando.

• Intermédiaire de services: Amadeus, Axel Springer, Booking, Expedia, Match.com, Randstad, Recruit, Sabre, Travelport Worldwide, Tripadvisor, Uber.

• Publicité en ligne: Amazon, Criteo, Ebay, Facebook, Google, Microsoft, Twitter, Verizon.

Parmi tous ces futurs payeurs, les entreprises françaises sont bien présentes. Criteo est une pépite de la «French Tech»: fondée en 2005 par trois Français, elle est cotée au Nasdaq et emploie 2700 personnes dans le monde pour un chiffre d’affaires de 966 millions de dollars (hors reversements). L’entreprise est spécialisée dans le marketing personnalisé à partir des données des internautes, notamment leur historique de navigation. Un secteur d’activité visé expressément par Bruno Le Maire, qui évoque le ciblage publicitaire et «la revente de données personnelles à des fins publicitaires». «Nous visons en premier lieu les plateformes qui touchent une commission pour mettre en relation des clients et des entreprises», ajoutait le ministre au début du mois.

 

Les députés ont approuvé par 55 voix contre 4 et 5 abstentions l’article du projet de loi porté par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire instaurant cette «taxe Gafa» à la française, qui suscite la désapprobation de Washington.

 

Mutation numérique des médias ou disparition

Mutation  numérique des médias ou disparition

La question qui se pose est de savoir si les médias classiques  sont capables de se moderniser grâce au numérique, au net et à l’intelligence artificielle ou  vont disparaître. C’est l’interrogation de la commission européenne qui a rendu public un rapport intitulé « quelle souveraineté médiatique pour l’Europe ». La question comporte des aspects économiques et techniques mais ne traite pas du contenu éditorial. Or l’un des problèmes majeurs des médias classiques provient du fait qu’ils sont désormais dans les mains des financiers. La plupart de ces grands médias se ressemblent  d’ailleurs. Pour l’essentiel ils reprennent les dépêches d’agence, du pouvoir,  des entreprises et autres groupes de pressions. Le travail d’enquête proprement dit et d’analyse est réduit à pas grand-chose. C’est surtout la crédibilité qui est en cause plus encore que le mode de production. Pour s’en persuader,  il suffit de lire la version Web des journaux qui est le plus souvent d’une grande pauvreté. Sans parler de la reprise systématique des orientations du pouvoir en place aussi bien dans  les médias publics que les médias privés. Pour tout dire du fait des pressions financières ou tout simplement par autocensure, la ligne éditoriale s’aligne sur des intérêts dominants. Pas sûr que le rapport européen et le plan de soutien qui propose soit de nature à sortir les médias classiques de la crise. En tout cas le rapport préconise un soutien financier avec la création d’un fonds européen d’un montant d’un milliard d’euros sur cinq ans, renouvelable. Le but est de financer des médias pour la création de projets innovants basés sur l’IA, la Blockchain ou les neurosciences. Le texte incite également à allouer 3% du programme « Horizon Europe » – destiné à la recherche et doté de 100 milliards d’euros – aux médias et industries créatives. L’objectif est de réduire la dépendance aux Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon), qui proposent déjà des fonds dans le domaine. Par exemple, Google a lancé en 2015 un appel à projet baptisé « Google News initiative » (anciennement Digital News Initiative). En 2018, le géant américain a sélectionné 98 projets dans 28 pays européens, distribuant 21,2 millions d’euros – ce qui porte à 115,2 millions d’euros le montant total de son financement. Il faut ajouter à cela que les GAFA à sont assez mécontents du concept de droit voisin qui va les contraindre à rétribuer les auteurs d’images et d’articles et en plus d’être responsable de la vérification des droits d’auteur. Du coup chez les géants de l’informatique envisage de créer leurs propres informations en ayant notamment recours à l’intelligence artificielle. La bataille du secteur de l’information européenne est donc loin d’être gagnée surtout contre la médiocre qualité de la production actuelle.

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