Archive pour le Tag 'Nouvelle-Calédonie'

Nouvelle-Calédonie : la réforme électorale suspendue

Nouvelle-Calédonie : la réforme  électorale  suspendue 

Le  chef de l’Etat, qui a choisi de dissoudre l’Assemblée nationale à l’issue des résultats des élections européennes dimanche, a abordé le sujet de la Nouvelle-Calédonie : « Le projet de loi constitutionnelle (…) j’ai décidé de le suspendre parce qu’on ne peut pas laisser l’ambiguïté dans la période », a annoncé le président de la République. Avant d’ajouter vouloir « donner toute sa force au dialogue sur place et au retour à l’ordre ».

Pour rappel, le texte, adopté successivement par le Sénat en avril puis l’Assemblée nationale le mois dernier, devait encore être adopté avant le 30 juin par les deux chambres réunies en Congrès à Versailles. Poussé par le camp loyaliste, il visait à élargir le corps électoral, gelé depuis 2007, pour les élections provinciales programmées à la fin de l’année. Une option contre laquelle le camp indépendantiste s’est catégoriquement opposé, au motif qu’il marginalisait les électeurs autochtones. Concrètement, environ 25.000 électeurs, natifs de l’archipel ou y résidant depuis dix ans, pourraient intégrer la liste électorale.

L’indépendantiste Daniel Goa ne semble, en tout cas, pas perturbé par l’éventualité que son prochain interlocuteur soit le Rassemblement national (RN), en cas de victoire du parti de Marine Le Pen aux prochaines législatives, voire à la présidentielle.

Alors que Marine Le Pen considérait « définitif » le résultat du troisième référendum sur l’indépendance en 2021 – boycotté par les indépendantistes, qui ne reconnaissent pas la victoire du « non » -, elle a suggéré en mai une nouvelle consultation d’ici « quarante ans ».

Bref, la question est renvoyée aux calendes !

Nouvelle-Calédonie : « on ne peut parler d’une colonie »

Nouvelle-Calédonie : « on ne peut parler d’une colonie »  (Sarkozy)

Sarkozy conteste le terme de colonie à propos de la Nouvelle Calédonie (propos dans le Figaro)

Nicolas SARKOZY. - La violence en Nouvelle-Calédonie n’est pas nouvelle. Je suis impressionné par le nombre d’approximations assenées à propos de ce territoire auquel je suis très attaché ! Certains ont même parlé d’une «colonie». Mais je connais peu de colonies où ceux qui sont censés être «colonisés» dirigent le gouvernement local, le Congrès et deux Provinces sur trois… Et ont géré les richesses minières du nord. Ce, alors même qu’ils sont minoritaires, comme l’ont montré les résultats des trois consultations référendaires. Fait d’autant plus notable qu’avait été mise en œuvre une chose inédite dans l’histoire de la République : le gel du corps électoral, conçu pour donner un avantage clair aux indépendantistes. Malgré cela, par trois fois, les Calédoniens ont confirmé leur volonté de rester Français, alors que si un seul de ces référendums avait donné la victoire aux indépendantistes.

Référendum national pour la Nouvelle-Calédonie : encore une initiative irresponsable de Macron

Référendum national pour la Nouvelle-Calédonie : encore une initiative irresponsable de Macron

 

Une nouvelle fois le président de la république prend une initiative irresponsable vis-à-vis de la Nouvelle-Calédonie en menaçant en réalité d’un référendum national. C’est évidemment en plus en contradiction avec le souhait de trouver un accord local comme le prévoient les accords de Nouméa.

La première provocation de Macron a été de bousculer le calendrier électoral et de  modifier plus rapidement que prévu l’évolution du collège électoral. Ce référendum national maintenant constitue en fait une sorte de chantage qui va encore compliquer un peu plus une situation déjà difficile

Le président de la République s’est dit prêt à soumettre au référendum national la réforme contestée, notamment si les élus locaux échouaient à s’accorder entre eux, dans un entretien au Parisien.
Emmanuel Macron s’est dit prêt à soumettre au référendum national la réforme contestée du corps électoral en Nouvelle-Calédonie, notamment si les élus locaux échouaient à s’accorder sur le sujet, dans un entretien au Parisien paru samedi 25 mai. «Je peux aller à tout moment au référendum» sur cette réforme déjà adoptée par le Sénat puis l’Assemblée, a fait valoir Emmanuel Macron, qui avait déjà effleuré l’hypothèse jeudi, de Nouméa. Il s’agit d’une simple «lecture de la Constitution», non pas d’«une intention», a précisé dimanche Emmanuel Macron, en marge d’une visite d’État en Allemagne.

De toute évidence le message de Macon est brouillé du fait de son en même temps permanent qui hésite entre fermeté et dialogue. Dernier exemple la levée sans doute prématuré de l’État d’urgence

«Ils m’ont tous donné l’engagement de reprendre la discussion globale», a indiqué Emmanuel Macron, estimant qu’«on ne pourra pas dire que je n’ai pas donné le maximum pour donner toutes ses chances à la paix». Le chef de l’État avait ainsi ouvert la porte à un vote des Calédoniens sur un potentiel accord né des discussions entre élus locaux. Avec l’espoir de faire baisser la tension qui restait toujours vive samedi. «Même si on arrive à la fin des violences, il faudra revivre ensemble. C’est ça le plus dur», est convenu le chef de l’État.

Nouvelle-Calédonie : Une fin d’état d’urgence prématurée ?

Nouvelle-Calédonie : Une fin d’état d’urgence prématurée ?

L’état d’urgence sera levé ce lundi à 20 heures alors qu’on est encore loin d’avoir retrouvé une situation normale notamment dans le domaine de la sécurité. Des barrages en effet se reconstituent parfois après avoir été détruits et les tensions demeurent dans l’île. Cela d’autant plus que le président de la république a bien imprudemment encore annoncé l’éventualité d’un référendum national faute d’accord. Une perspective qui évidemment n’est pas de nature à apaiser la situation car si un référendum s’avère utile c’est uniquement en Nouvelle-Calédonie qu’il faut organiser le moment venu.

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 L’Élysée «rappelle»  «que la levée des barrages est la condition nécessaire à l’ouverture des négociations concrètes et sérieuses»«Le président de la République fait confiance aux Calédoniens et à leurs représentants pour retrouver le chemin du dialogue», indique le texte. Et d’ajouter : «La mission de médiation et de facilitation est présente à Nouméa. Elle se tient prête à travailler avec les élus pour établir un accord global».

Nouvelle-Calédonie : un référendum national ?

Nouvelle-Calédonie : un référendum national ?

Faute d’accord local Macron a déclaré qu’il envisageait éventuellement un référendum national. 

Après un vote dans les mêmes termes des deux chambres, le président peut en effet choisir, pour entériner une réforme constitutionnelle, de convoquer un référendum ou bien le Congrès, c’est-à-dire la réunion des députés et sénateurs à Versailles. C’est cette dernière option qui était jusque-là privilégiée, alors que les parlementaires devaient entériner ce dégel du corps électoral avant la «fin juin», avait indiqué mi-mai Emmanuel Macron.

«Ils m’ont tous donné l’engagement de reprendre la discussion globale», a indiqué Emmanuel Macron, estimant qu’«on ne pourra pas dire que je n’ai pas donné le maximum pour donner toutes ses chances à la paix».

Politique-Nouvelle-Calédonie:  » les vérités »

Politique-Nouvelle-Calédonie:  » les vérités »

L’un des nœuds du problème, estime Vincent*, entrepreneur dans le secteur de la maintenance industrielle, c’est que les indépendantistes ont tenté de faire croire à leurs sympathisants qu’une éventuelle indépendance de l’archipel serait sans conséquences, financièrement, pour la population locale. ( dans l’Opinion)

Lorsque l’on arrive en Nouvelle-Calédonie, au début des années 2000, on est émerveillé par la beauté et la richesse des paysages et des gens, auxquels s’ajoute leur gentillesse. Les sourires sont partout. On apprend la coutume et on vit ensemble. Vingt ans plus tard, on se retrouve à la tête d’entreprises employant plusieurs dizaines de personnes. Les origines et les ethnies se mélangent, les accents diffèrent et certaines expressions aussi. Mais quand on rigole, ça ne s’entend pas. Aujourd’hui, nous venons de nous rendre compte que nous partageons autre chose : la couleur que l’on a quand on saigne. Car on saigne, et fort. Le « vivre ensemble », on l’a fait, on l’a construit, dans les écoles et les entreprises, et il vient de se briser sur l’autel d’un mensonge de trente ans.

 Il faut rétablir certaines vérités, on entend sur les chaînes d’information que l’origine du problème est l’organisation à marche forcée du troisième référendum, ce qui est une ineptie. Ayant assisté impuissant, car depuis plus de vingt ans je ne peux pas voter, à tout ce qui s’est passé sur le territoire, je me dois de réagir.

L’origine du problème se situe au lendemain du deuxième référendum, quand les résultats montrent une progression du score en faveur de l’indépendance qui ne garantit pas son aboutissement, certes, mais laisse entrevoir une position plus dominante que celle initialement espérée afin de redéfinir un nouveau statut et de nouvelles institutions.

 Mensonges. Le camp indépendantiste est alors à la tête du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, de son gouvernement, ainsi que de deux provinces sur les trois que l’archipel comporte. D’ailleurs, il est curieux de constater que les discours et regards extérieurs considèrent la Calédonie comme un territoire toujours colonisé, alors que les quatre cinquièmes de ses institutions sont contrôlés par les indépendantistes.

Ainsi, ce camp indépendantiste veut surfer sur la vague de la progression de son score et demande l’organisation « au plus vite » d’un troisième référendum. C’est le point de départ de la situation actuelle.

 Alors qu’ils prétendaient, en cas d’indépendance, que la France continuerait à irriguer financièrement l’archipel, il appartenait aux indépendantistes d’expliquer clairement les choses. Ce qu’ils omirent bien de faire

Cette demande fait réagir les personnalités de tous bords. Les indépendantistes eux-mêmes demandent à l’Etat, qui l’accepte, de produire un document détaillant ce que serait la Calédonie le jour d’après. Celui-ci est réalisé à l’initiative d’Edouard Philippe, alors Premier ministre. Il est important qu’il puisse sortir avant la tenue du référendum, prévu initialement en milieu d’année 2021.

 Les neuf dixièmes sont consacrés aux conséquences du « Oui ». Ils indiquent, contrairement à ce que les indépendantistes ont affirmé pendant trente ans, que si le « Oui » l’emportait, il appartiendrait à la Calédonie, pendant une période transitoire, de définir sa monnaie, son fonctionnement, sa défense, sa justice, son éducation, sa santé… Bref, toutes les compétences régaliennes qui s’ajoutent à celles déjà aujourd’hui transférées au territoire, mais avec une nuance non négligeable : sans subvention supplémentaire de la France que celles accordées à un quelconque pays ami.
Alors qu’ils prétendaient, en cas d’indépendance, que la France irriguerait financièrement l’archipel comme aujourd’hui, il appartenait aux indépendantistes d’expliquer clairement les choses à leurs électeurs. Ce qu’ils omirent bien de faire. Raison pour laquelle ils demandèrent d’annuler et reporter l’organisation du troisième référendum. Ce que le Président n’a pas fait, et il a eu raison. Les indépendantistes l’ont boycotté ce qui leur a permis, depuis, d’en discuter la légitimité.

Coup d’Etat. Le « Non » l’ayant emporté, il fallait donc, en conclusion des accords de Nouméa, « observer la situation ainsi créée » pour organiser l’avenir. Mais rien n’a été fait.

 Deux ans et demi plus tard, la mandature correspondant aux élections provinciales arrive à son terme et il est juridiquement très compliqué d’en organiser de nouvelles sur les bases transitoires et temporaires d’un accord désormais révolu. Les indépendantistes se sont retrouvés dans une impasse, et ils ont choisi l’insurrection pour en sortir.
Quel formidable pays nous pourrions faire, si toute cette organisation et cette énergie étaient mises au service de l’économie. Comment allons-nous travailler et avancer ensemble dans nos entreprises, demain ?

La plupart des émeutiers sont mineurs, les autres n’ont pas la trentaine. La très grande majorité n’est donc pas en activité, beaucoup ne sont pas ou plus scolarisés et pourtant, on assiste à une organisation méthodique, préparée, organisée, ciblée ; une communication dans plusieurs langues, très bien préparée, avec des références soignées ; la logistique elle-même est impressionnante.

 En face, les riverains ont assisté, impuissants, à l’incendie de leurs entreprises, de leurs outils de travail, des écoles, des supermarchés, des médiathèques – il ne s’agit pas de voler, il faut casser et brûler. Alors ils se sont organisés quartier par quartier, en dressant des barricades. Tous, nous étions terrorisés.

Et je m’interroge. Quel formidable pays nous pourrions faire, si toute cette organisation et cette énergie étaient mises au service de l’économie.

 Comment allons-nous travailler et avancer ensemble dans nos entreprises, demain ? Mes salariés sont pour moitié Kanak, et en plein cœur des émeutes, je me suis organisé pour leur verser leur acompte afin qu’ils ne subissent pas au-delà de la honte qu’ils éprouvent, les conséquences d’une guerre qu’ils ne veulent pas. Ils m’ont appelé pour me remercier. Comme toujours, comme avant.
« Vivre avec ». On a essayé d’interroger leurs meneurs, mais ils restent à ce jour introuvables et muets. Imaginez un pays comme la France, attaqué par une partie de sa population avec le représentant de la première institution qui ne réalise aucune prise de parole au bout de cinq jours et cinq nuits, et qui reste à ce jour introuvable.

La discussion est indispensable et incontournable. Pour qu’elle aboutisse, il faut un médiateur car la confiance est rompue ; cela va prendre beaucoup de temps. Et pour pouvoir le faire, il est indispensable que nous soyons placés sous la tutelle de l’Etat

C’est un coup d’Etat. Car ce qui vient de se passer n’est pas qu’une attaque contre l’économie calédonienne (comme la CCAT l’a écrit et annoncée). C’est bien plus grave. Sans une reprise en main, la Calédonie ne s’en relèvera pas. Elle a besoin de l’aide de l’Etat. De son Etat. Pas de celle d’un autre.

Nous venons de passer de la volonté de « vivre ensemble » à l’obligation de « vivre avec ». La discussion est indispensable et incontournable. Pour qu’elle aboutisse, il faut un médiateur car la confiance est rompue ; cela va prendre beaucoup de temps. Et pour pouvoir le faire, il est indispensable que nous soyons placés sous la tutelle de l’Etat qui, lui seul, peut nous apporter les moyens financiers et opérationnels pour nous permettre de repartir.

Notre contrat social vient d’être brisé. Il ne peut repartir sur les mêmes bases ni avec les mêmes acteurs ou le même équilibre que ceux qui l’ont établi.

Vincent * (le prénom a été modifié pour garantir l’anonymat et la sécurité de l’auteur de la tribune) dirige en Nouvelle-Calédonie une entreprise de maintenance industrielle, employant plusieurs dizaines de salariés.

Nouvelle-Calédonie:  » les vérités »

Nouvelle-Calédonie:  » les vérités »

L’un des nœuds du problème, estime Vincent*, entrepreneur dans le secteur de la maintenance industrielle, c’est que les indépendantistes ont tenté de faire croire à leurs sympathisants qu’une éventuelle indépendance de l’archipel serait sans conséquences, financièrement, pour la population locale. ( dans l’Opinion)

Lorsque l’on arrive en Nouvelle-Calédonie, au début des années 2000, on est émerveillé par la beauté et la richesse des paysages et des gens, auxquels s’ajoute leur gentillesse. Les sourires sont partout. On apprend la coutume et on vit ensemble. Vingt ans plus tard, on se retrouve à la tête d’entreprises employant plusieurs dizaines de personnes. Les origines et les ethnies se mélangent, les accents diffèrent et certaines expressions aussi. Mais quand on rigole, ça ne s’entend pas. Aujourd’hui, nous venons de nous rendre compte que nous partageons autre chose : la couleur que l’on a quand on saigne. Car on saigne, et fort. Le « vivre ensemble », on l’a fait, on l’a construit, dans les écoles et les entreprises, et il vient de se briser sur l’autel d’un mensonge de trente ans.

 Il faut rétablir certaines vérités, on entend sur les chaînes d’information que l’origine du problème est l’organisation à marche forcée du troisième référendum, ce qui est une ineptie. Ayant assisté impuissant, car depuis plus de vingt ans je ne peux pas voter, à tout ce qui s’est passé sur le territoire, je me dois de réagir.

L’origine du problème se situe au lendemain du deuxième référendum, quand les résultats montrent une progression du score en faveur de l’indépendance qui ne garantit pas son aboutissement, certes, mais laisse entrevoir une position plus dominante que celle initialement espérée afin de redéfinir un nouveau statut et de nouvelles institutions.

 Mensonges. Le camp indépendantiste est alors à la tête du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, de son gouvernement, ainsi que de deux provinces sur les trois que l’archipel comporte. D’ailleurs, il est curieux de constater que les discours et regards extérieurs considèrent la Calédonie comme un territoire toujours colonisé, alors que les quatre cinquièmes de ses institutions sont contrôlés par les indépendantistes.

Ainsi, ce camp indépendantiste veut surfer sur la vague de la progression de son score et demande l’organisation « au plus vite » d’un troisième référendum. C’est le point de départ de la situation actuelle.

 Alors qu’ils prétendaient, en cas d’indépendance, que la France continuerait à irriguer financièrement l’archipel, il appartenait aux indépendantistes d’expliquer clairement les choses. Ce qu’ils omirent bien de faire

Cette demande fait réagir les personnalités de tous bords. Les indépendantistes eux-mêmes demandent à l’Etat, qui l’accepte, de produire un document détaillant ce que serait la Calédonie le jour d’après. Celui-ci est réalisé à l’initiative d’Edouard Philippe, alors Premier ministre. Il est important qu’il puisse sortir avant la tenue du référendum, prévu initialement en milieu d’année 2021.

 Les neuf dixièmes sont consacrés aux conséquences du « Oui ». Ils indiquent, contrairement à ce que les indépendantistes ont affirmé pendant trente ans, que si le « Oui » l’emportait, il appartiendrait à la Calédonie, pendant une période transitoire, de définir sa monnaie, son fonctionnement, sa défense, sa justice, son éducation, sa santé… Bref, toutes les compétences régaliennes qui s’ajoutent à celles déjà aujourd’hui transférées au territoire, mais avec une nuance non négligeable : sans subvention supplémentaire de la France que celles accordées à un quelconque pays ami.
Alors qu’ils prétendaient, en cas d’indépendance, que la France irriguerait financièrement l’archipel comme aujourd’hui, il appartenait aux indépendantistes d’expliquer clairement les choses à leurs électeurs. Ce qu’ils omirent bien de faire. Raison pour laquelle ils demandèrent d’annuler et reporter l’organisation du troisième référendum. Ce que le Président n’a pas fait, et il a eu raison. Les indépendantistes l’ont boycotté ce qui leur a permis, depuis, d’en discuter la légitimité.

Coup d’Etat. Le « Non » l’ayant emporté, il fallait donc, en conclusion des accords de Nouméa, « observer la situation ainsi créée » pour organiser l’avenir. Mais rien n’a été fait.

 Deux ans et demi plus tard, la mandature correspondant aux élections provinciales arrive à son terme et il est juridiquement très compliqué d’en organiser de nouvelles sur les bases transitoires et temporaires d’un accord désormais révolu. Les indépendantistes se sont retrouvés dans une impasse, et ils ont choisi l’insurrection pour en sortir.
Quel formidable pays nous pourrions faire, si toute cette organisation et cette énergie étaient mises au service de l’économie. Comment allons-nous travailler et avancer ensemble dans nos entreprises, demain ?

La plupart des émeutiers sont mineurs, les autres n’ont pas la trentaine. La très grande majorité n’est donc pas en activité, beaucoup ne sont pas ou plus scolarisés et pourtant, on assiste à une organisation méthodique, préparée, organisée, ciblée ; une communication dans plusieurs langues, très bien préparée, avec des références soignées ; la logistique elle-même est impressionnante.

 En face, les riverains ont assisté, impuissants, à l’incendie de leurs entreprises, de leurs outils de travail, des écoles, des supermarchés, des médiathèques – il ne s’agit pas de voler, il faut casser et brûler. Alors ils se sont organisés quartier par quartier, en dressant des barricades. Tous, nous étions terrorisés.

Et je m’interroge. Quel formidable pays nous pourrions faire, si toute cette organisation et cette énergie étaient mises au service de l’économie.

 Comment allons-nous travailler et avancer ensemble dans nos entreprises, demain ? Mes salariés sont pour moitié Kanak, et en plein cœur des émeutes, je me suis organisé pour leur verser leur acompte afin qu’ils ne subissent pas au-delà de la honte qu’ils éprouvent, les conséquences d’une guerre qu’ils ne veulent pas. Ils m’ont appelé pour me remercier. Comme toujours, comme avant.
« Vivre avec ». On a essayé d’interroger leurs meneurs, mais ils restent à ce jour introuvables et muets. Imaginez un pays comme la France, attaqué par une partie de sa population avec le représentant de la première institution qui ne réalise aucune prise de parole au bout de cinq jours et cinq nuits, et qui reste à ce jour introuvable.

La discussion est indispensable et incontournable. Pour qu’elle aboutisse, il faut un médiateur car la confiance est rompue ; cela va prendre beaucoup de temps. Et pour pouvoir le faire, il est indispensable que nous soyons placés sous la tutelle de l’Etat

C’est un coup d’Etat. Car ce qui vient de se passer n’est pas qu’une attaque contre l’économie calédonienne (comme la CCAT l’a écrit et annoncée). C’est bien plus grave. Sans une reprise en main, la Calédonie ne s’en relèvera pas. Elle a besoin de l’aide de l’Etat. De son Etat. Pas de celle d’un autre.

Nous venons de passer de la volonté de « vivre ensemble » à l’obligation de « vivre avec ». La discussion est indispensable et incontournable. Pour qu’elle aboutisse, il faut un médiateur car la confiance est rompue ; cela va prendre beaucoup de temps. Et pour pouvoir le faire, il est indispensable que nous soyons placés sous la tutelle de l’Etat qui, lui seul, peut nous apporter les moyens financiers et opérationnels pour nous permettre de repartir.

Notre contrat social vient d’être brisé. Il ne peut repartir sur les mêmes bases ni avec les mêmes acteurs ou le même équilibre que ceux qui l’ont établi.

Vincent * (le prénom a été modifié pour garantir l’anonymat et la sécurité de l’auteur de la tribune) dirige en Nouvelle-Calédonie une entreprise de maintenance industrielle, employant plusieurs dizaines de salariés.

En Nouvelle-Calédonie : une usine de nickel menacée de fermeture

En Nouvelle-Calédonie : une usine de nickel menacée de fermeture

 

 
L’intersyndicale de la Société Le Nickel (groupe Eramet) en Nouvelle-Calédonie a lancé un « SOS » aux salariés pour qu’ils permettent l’acheminement de minerai vers l’usine, faute de quoi l’avenir de l’entreprise serait compromis, dans ce secteur crucial de l’économie calédonienne.

« Les sept organisations syndicales de la SLN lancent ce soir un SOS à tous les salariés de l’entreprise », selon un message interne diffusé mercredi 22 mai, et que l’AFP a pu consulter vendredi.
« Sans une reprise, dans les tout prochains jours, du chargement des minéraliers sur tous nos centres miniers, les fours de Doniambo, par un manque de minerai en qualité et en quantité suffisantes, vont être irrémédiablement endommagés et s’arrêter définitivement de fonctionner », a expliqué l’intersyndicale.

L’exploitation du nickel est le pilier de l’économie calédonienne, qui traverse une crise sans précédent après la chute de plus de 45% en 2023 du cours de ce métal.

Nouvelle-Calédonie : la date du congrès renvoyée aux calendes

Nouvelle-Calédonie : la date du congrès renvoyée aux calendes

Après la déclaration du président de la république en Nouvelle-Calédonie proposant de détendre le calendrier de plusieurs semaines et même de plusieurs mois;, en réalité, la perspective du congrès qui réunit assemblée  et Sénat est envoyé aux calendes. Sans doute même pas en 2024. Tout dépendra de l’évolution de la situation en Nouvelle-Calédonie mais sans doute aussi du contexte en France et au plan international.

 

 

De nombreuses voix s’élèvent en effet , ces dernières heures, pour exhorter Emmanuel Macron et l’exécutif à reporter un Congrès dont l’issue paraît de plus en plus incertaine.

La situation est explosive. Et les parlementaires appellent le gouvernement à temporiser. Alors que le président de la République, Emmanuel Macron, se rend en Nouvelle-Calédonie pour tenter de rétablir le « dialogue » avec les indépendantistes, à l’Assemblée, une grande partie de l’Hémicycle semble désormais appeler à un report du Congrès.

L’organisation de ce rendez-vous, censé réunir les deux Chambres après l’adoption au Sénat puis à l’Assemblée du projet de réforme constitutionnelle visant à élargir à de nouveaux électeurs le droit de vote aux élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, est remise en cause par les exactions commises depuis plusieurs jours à Nouméa.

 

Macron : l’échéance d’un accord repoussée à plus tard en Nouvelle-Calédonie avec ensuite un vote.

Macron : l’échéance d’un accord repoussée à plus tard en Nouvelle-Calédonie avec ensuite un vote.

D’une certaine manière le président a mis un peu entre parenthèses le calendrier politique en souhaitant qu’il y ait davantage de temps pour obtenir un accord global entre les parties. Je veux devrait être suivi d’un vote de la population. Un report sans doute de plusieurs mois puisque le premier rapport d’étape sera fait dans le délai d’un mois.


Bien entendu il souhaite le plus rapidement possible un rétablissement de l’ordre républicain et un arrêt des violences. Par ailleurs il annonce des mesures d’urgence sur le plan économique à la fois pour permettre le ravitaillement de la population mais aussi pour réparer les dégâts des violences et soutenir l’activité économique. Emmanuel Macon a bien été contraint d’admettre qu’il n’y avait dans le moment présent aucune vision commune entre les parties et qu’il faudrait donc ajouter du temps au temps.

Le président de la République souhaite un vote des Calédoniens en cas d’accord politique global. «Je serai le premier à proposer qu’on ait plus de temps pour avoir un accord global qui rentre dans la constitution», a-t-il notamment affirmé devant l’assemblée de journalistes.

Emmanuel Macron promet un point d’étape «d’ici un mois» sur l’avenir institutionnel tout en écartant un passage «en force» de la loi électorale. Il a ainsi semblé temporiser sur un vote définitif de la réforme électorale, à condition toutefois que l’ordre soit rétabli
 «Force est de constater qu’il n’y a pas aujourd’hui de vision d’avenir commune» entre les différentes composantes politiques et sociales de Nouvelle-Calédonie, a regretté le président de la République.

 

Nouvelle-Calédonie:  » les vérités »

Nouvelle-Calédonie:  » les vérités »

L’un des nœuds du problème, estime Vincent*, entrepreneur dans le secteur de la maintenance industrielle, c’est que les indépendantistes ont tenté de faire croire à leurs sympathisants qu’une éventuelle indépendance de l’archipel serait sans conséquences, financièrement, pour la population locale. ( dans l’Opinion)

Lorsque l’on arrive en Nouvelle-Calédonie, au début des années 2000, on est émerveillé par la beauté et la richesse des paysages et des gens, auxquels s’ajoute leur gentillesse. Les sourires sont partout. On apprend la coutume et on vit ensemble. Vingt ans plus tard, on se retrouve à la tête d’entreprises employant plusieurs dizaines de personnes. Les origines et les ethnies se mélangent, les accents diffèrent et certaines expressions aussi. Mais quand on rigole, ça ne s’entend pas. Aujourd’hui, nous venons de nous rendre compte que nous partageons autre chose : la couleur que l’on a quand on saigne. Car on saigne, et fort. Le « vivre ensemble », on l’a fait, on l’a construit, dans les écoles et les entreprises, et il vient de se briser sur l’autel d’un mensonge de trente ans.

 Il faut rétablir certaines vérités, on entend sur les chaînes d’information que l’origine du problème est l’organisation à marche forcée du troisième référendum, ce qui est une ineptie. Ayant assisté impuissant, car depuis plus de vingt ans je ne peux pas voter, à tout ce qui s’est passé sur le territoire, je me dois de réagir.

L’origine du problème se situe au lendemain du deuxième référendum, quand les résultats montrent une progression du score en faveur de l’indépendance qui ne garantit pas son aboutissement, certes, mais laisse entrevoir une position plus dominante que celle initialement espérée afin de redéfinir un nouveau statut et de nouvelles institutions.

 Mensonges. Le camp indépendantiste est alors à la tête du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, de son gouvernement, ainsi que de deux provinces sur les trois que l’archipel comporte. D’ailleurs, il est curieux de constater que les discours et regards extérieurs considèrent la Calédonie comme un territoire toujours colonisé, alors que les quatre cinquièmes de ses institutions sont contrôlés par les indépendantistes.

Ainsi, ce camp indépendantiste veut surfer sur la vague de la progression de son score et demande l’organisation « au plus vite » d’un troisième référendum. C’est le point de départ de la situation actuelle.

 Alors qu’ils prétendaient, en cas d’indépendance, que la France continuerait à irriguer financièrement l’archipel, il appartenait aux indépendantistes d’expliquer clairement les choses. Ce qu’ils omirent bien de faire

Cette demande fait réagir les personnalités de tous bords. Les indépendantistes eux-mêmes demandent à l’Etat, qui l’accepte, de produire un document détaillant ce que serait la Calédonie le jour d’après. Celui-ci est réalisé à l’initiative d’Edouard Philippe, alors Premier ministre. Il est important qu’il puisse sortir avant la tenue du référendum, prévu initialement en milieu d’année 2021.

 Les neuf dixièmes sont consacrés aux conséquences du « Oui ». Ils indiquent, contrairement à ce que les indépendantistes ont affirmé pendant trente ans, que si le « Oui » l’emportait, il appartiendrait à la Calédonie, pendant une période transitoire, de définir sa monnaie, son fonctionnement, sa défense, sa justice, son éducation, sa santé… Bref, toutes les compétences régaliennes qui s’ajoutent à celles déjà aujourd’hui transférées au territoire, mais avec une nuance non négligeable : sans subvention supplémentaire de la France que celles accordées à un quelconque pays ami.
Alors qu’ils prétendaient, en cas d’indépendance, que la France irriguerait financièrement l’archipel comme aujourd’hui, il appartenait aux indépendantistes d’expliquer clairement les choses à leurs électeurs. Ce qu’ils omirent bien de faire. Raison pour laquelle ils demandèrent d’annuler et reporter l’organisation du troisième référendum. Ce que le Président n’a pas fait, et il a eu raison. Les indépendantistes l’ont boycotté ce qui leur a permis, depuis, d’en discuter la légitimité.

Coup d’Etat. Le « Non » l’ayant emporté, il fallait donc, en conclusion des accords de Nouméa, « observer la situation ainsi créée » pour organiser l’avenir. Mais rien n’a été fait.

 Deux ans et demi plus tard, la mandature correspondant aux élections provinciales arrive à son terme et il est juridiquement très compliqué d’en organiser de nouvelles sur les bases transitoires et temporaires d’un accord désormais révolu. Les indépendantistes se sont retrouvés dans une impasse, et ils ont choisi l’insurrection pour en sortir.
Quel formidable pays nous pourrions faire, si toute cette organisation et cette énergie étaient mises au service de l’économie. Comment allons-nous travailler et avancer ensemble dans nos entreprises, demain ?

La plupart des émeutiers sont mineurs, les autres n’ont pas la trentaine. La très grande majorité n’est donc pas en activité, beaucoup ne sont pas ou plus scolarisés et pourtant, on assiste à une organisation méthodique, préparée, organisée, ciblée ; une communication dans plusieurs langues, très bien préparée, avec des références soignées ; la logistique elle-même est impressionnante.

 En face, les riverains ont assisté, impuissants, à l’incendie de leurs entreprises, de leurs outils de travail, des écoles, des supermarchés, des médiathèques – il ne s’agit pas de voler, il faut casser et brûler. Alors ils se sont organisés quartier par quartier, en dressant des barricades. Tous, nous étions terrorisés.

Et je m’interroge. Quel formidable pays nous pourrions faire, si toute cette organisation et cette énergie étaient mises au service de l’économie.

 Comment allons-nous travailler et avancer ensemble dans nos entreprises, demain ? Mes salariés sont pour moitié Kanak, et en plein cœur des émeutes, je me suis organisé pour leur verser leur acompte afin qu’ils ne subissent pas au-delà de la honte qu’ils éprouvent, les conséquences d’une guerre qu’ils ne veulent pas. Ils m’ont appelé pour me remercier. Comme toujours, comme avant.
« Vivre avec ». On a essayé d’interroger leurs meneurs, mais ils restent à ce jour introuvables et muets. Imaginez un pays comme la France, attaqué par une partie de sa population avec le représentant de la première institution qui ne réalise aucune prise de parole au bout de cinq jours et cinq nuits, et qui reste à ce jour introuvable.

La discussion est indispensable et incontournable. Pour qu’elle aboutisse, il faut un médiateur car la confiance est rompue ; cela va prendre beaucoup de temps. Et pour pouvoir le faire, il est indispensable que nous soyons placés sous la tutelle de l’Etat

C’est un coup d’Etat. Car ce qui vient de se passer n’est pas qu’une attaque contre l’économie calédonienne (comme la CCAT l’a écrit et annoncée). C’est bien plus grave. Sans une reprise en main, la Calédonie ne s’en relèvera pas. Elle a besoin de l’aide de l’Etat. De son Etat. Pas de celle d’un autre.

Nous venons de passer de la volonté de « vivre ensemble » à l’obligation de « vivre avec ». La discussion est indispensable et incontournable. Pour qu’elle aboutisse, il faut un médiateur car la confiance est rompue ; cela va prendre beaucoup de temps. Et pour pouvoir le faire, il est indispensable que nous soyons placés sous la tutelle de l’Etat qui, lui seul, peut nous apporter les moyens financiers et opérationnels pour nous permettre de repartir.

Notre contrat social vient d’être brisé. Il ne peut repartir sur les mêmes bases ni avec les mêmes acteurs ou le même équilibre que ceux qui l’ont établi.

Vincent * (le prénom a été modifié pour garantir l’anonymat et la sécurité de l’auteur de la tribune) dirige en Nouvelle-Calédonie une entreprise de maintenance industrielle, employant plusieurs dizaines de salariés.

Nouvelle-Calédonie : Édouard Philippe parle pour ne rien dire

 

Nouvelle-Calédonie : Édouard Philippe parle pour ne rien dire

Comme d’autres leaders politiques qui ne parvienne pas vraiment occuper l’actualité médiatique à gauche comme à droite, Édouard Philippe se saisit aussi de la question de la Nouvelle-Calédonie pour ne pas dire grand-chose sinon qu’il espère que les annonces du président seront à la hauteur de la situation. Bref il ne dit rien de très original. En vérité, Édouard Philippe a bien du mal à exister et surtout à se distinguer de Macon et de son modèle Juppé. Dans les sondages Édouard Philippe est d’ailleurs de plus en plus concurrencé par d’autres comme Attal en particulier.

 

Parmi les banalités Il faut citer les déclarations récentes d’Édouard Philippe :«J’espère que les annonces du président Macron», qui se rend en Nouvelle-Calédonie«seront à la hauteur de la situation».

«La situation est terriblement triste et dangereuse. La France, qui a une relation compliquée à son histoire coloniale, a une possibilité de trouver une solution originale, même si c’est plus difficile qu’il y a trois mois».

 «Ce qui compte le plus en Nouvelle-Calédonie, c’est l’accord politique entre les indépendantistes et les loyalistes. C’est la priorité des priorités», a affirmé le président d’Horizons, en déplacement au Pays basque et dans les Landes de mardi à jeudi.

«L’espace politique de cet accord ne peut pas être en deçà des accords de Matignon, ni au-delà de l’indépendance puisque le peuple calédonien a voté contre» et pour qu’il «fonctionne»«il faudra des perspectives : on ne peut pas, tous les deux ans, tous les cinq ans, se poser la question de savoir si on veut rester ou non dans la République française», a-t-il poursuivi. «Il faut garder en tête que l’aspiration à l’indépendance et à l’autodétermination du peuple kanak ne disparaîtra jamais. Il faut trouver un accord entre la stabilité dans le temps et cette aspiration qui, si on la nie, sera toujours l’objet de résurgences violentes», a insisté l’ancien chef du gouvernement Qui visiblement ménage la chèvre et le chou, c’est-à-dire pour être précis l’autonomie et l’indépendance. Cela sans traiter cependant la question également centrale de l’avenir économique et de l’équité sociale encore moins des enjeux géostratégiques

 

Nouvelle-Calédonie : Macron attendu pour sauver l’ile, les J.O. et son mandat !

Nouvelle-Calédonie : Macron attendu pour sauver l’ile, les J.O. et son mandat !

 

On peut légitimement se demander ce qui soudain a décidé Macon de se rendre en nouvelle Calédonie lui-même. Pourtant le dossier venait d’être  reconfié au premier ministre qui n’a guère eu le temps de réagir et se trouve ainsi renvoyé aux besognes secondaires.

Certes l’enjeu de la nouvelle Calédonie est en cause tant d’un point de vue économique, que politique et économique. Jusque-là on a évité le pire autour du confus objectif de décolonisation conçue comme une indépendance totale par certains et une autonomie par d’autres. C’est tout le drame. Et pour résoudre la question on avait utilement donné du temps au temps jusqu’à ce que Macron et sa majorité se précipitent bêtement pour modifier le calendrier. Macron n’aura dont d’autres possibilités que de revenir au calendrier initial voire même de le détendre encore davantage.

Derrière la question institutionnelle qui modifie le corps électoral local il y a cette question pendante d’indépendance ou pas. Une problématique soulevée à l’occasion de la remise en cause de la proposition du corps électoral mais en fait tout autant nourrie de la dégradation économique. Contrairement à la plupart des autres territoires d’outre-mer, la Nouvelle-Calédonie est riche (le salaire moyen est supérieur à celui de la métropole) mais cette richesse laisse de côté une partie de la population mal formée, mal qualifiée qui finalement se laisse convaincre par les thèses radicales et indépendantistes. De toute évidence, il est trop dépendante du nickel sa principale richesse. En outre, une richesse mal gérée qui appelle sans doute une remise en cause.

Macron se déplace pour tenter de sauver l’ile mais aussi les JO car on voit mal une manifestation internationale d’une telle ampleur affectée par des troubles internes dans le pays qui l’organise , ce serait porter un grave coup à l’image de la France.
Mais ce déplacement est aussi motivé par le souci de président sans doute de sauver sa propre image et même sa fin de mandat. Dans les sondages son premier ministre jouit d’une audience maintenant assez supérieure à celle du président. Le discrédit de Macon est-elle que quoi qu’il dise il n’est ni écouté, ni entendu y compris concernant la campagne électorale en cours. Il ne peut plus compter que sur la scène internationale pour tenter d’exister politiquement. La Nouvelle-Calédonie lui donne l’occasion d’exister. Le pari est dangereux tellement l’image du président et dégradé et tellement l’homme est imprévisible. Pour sauver son mandat il pourrait être prêt à tout.

 

En Conseil des ministres, mardi, Emmanuel Macron a cueilli les participants avec une surprise : l’annonce de son départ imminent pour la Nouvelle-Calédonie. Un « acte fort destiné à faire comprendre l’attachement de l’État à la Nouvelle-Calédonie », vante-t-on dans son entourage. Parti mardi soir, heure de Paris, le président est attendu sur place jeudi matin, heure de Nouméa. Ce déplacement, prévu pour durer une journée, doit lui permettre « d’exprimer sa solidarité avec les Calédoniens » et de « remercier les forces de sécurité intérieures ainsi que nos forces armées qui sont extrêmement mobilisées pour permettre le retour de l’ordre républicain », selon un proche. Mais l’enjeu est surtout « la reprise du dialogue », poursuit-on de même source, en annonçant des rencontres avec des élus.

Pour sa visite, le président de la République sera notamment accompagné des ministres Gérald Darmanin (Intérieur), Sébastien Lecornu (Armées ; ex-Outre-mer) et Marie Guévenoux (Outre-mer). Résultat, Gabriel Attal présidera à sa place, mercredi matin à Caen, l’hommage national aux deux agents pénitentiaires tués la semaine dernière lors de l’attaque d’un fourgon. Le chef du gouvernement se rendra ensuite lui aussi en Nouvelle-Calédonie, mais « dans les semaines à venir », selon la secrétaire d’État Prisca Thevenot. Renouant ainsi le fil entre Matignon et Nouméa, tradition héritée des accords des années 1980-1990.

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Le flou règne

À quelques heures du décollage de l’avion présidentiel, un parfum d’improvisation flottait tout de même à Paris sur les contours de ce déplacement. Quels élus Emmanuel Macron prévoit-il de rencontrer ? L’Élysée se refuse à citer le moindre nom. Des hauts fonctionnaires ou des experts du territoire font-ils partie de la délégation ? Pas de réponse. Quid de la « mission » que le chef de l’État devait emmener dans ses bagages, ainsi que l’avait annoncé la porte-parole du gouvernement ? Le flou règne, alors que cette idée est loin de faire consensus localement. Juste avant d’apprendre la venue du président, la patronne macroniste de la province Sud et figure des loyalistes, Sonia Backès, fustigeait par exemple le côté accessoire voire cosmétique de ce genre d’objet, réclamé selon elle par « les Calédologues qui veulent mettre leur nom en bas d’un accord ».

« Il n’y a pas de scénario écrit à l’avance en partant de Paris », temporise-t-on dans l’entourage présidentiel. S’il n’a pas réussi à réunir les élus calédoniens en visioconférence la semaine dernière – certains refusant de discuter avec d’autres -, Emmanuel Macron entend donc profiter des 24 heures de vol et des 16 000 kilomètres qui séparent l’Hexagone de l’archipel pour affiner son programme et travailler à une sortie de crise. À moins, comme d’aucuns l’espèrent au sein de l’exécutif, que le simple fait qu’il se rende sur place par surprise ne suffise à produire un effet en soi. « C’est l’ADN du président : aller prendre les problèmes à bras-le-corps », s’ébaudissait-on dans un ministère, reprenant le refrain du « président thaumaturge » entendu lors du premier quinquennat.

À l’issue de ses rencontres en Nouvelle-Calédonie, Emmanuel Macron compte s’exprimer « sur le projet de reconstruction et le volet politique », esquisse son entourage. L’occasion de se prononcer sur un report ou non du Congrès qui doit approuver la réforme constitutionnelle visant à dégeler le corps électoral, source de la flambée de violences. La semaine dernière, le chef de l’État s’est donné jusqu’à « fin juin » pour fixer le corps électoral en vue des élections provinciales prévues en fin d’année. Ce, sauf en cas d’accord entre les forces locales.

« Flopée de sujets à aborder »

Problème, les divisions calédoniennes ont des racines bien plus profondes que cette réforme électorale prévue de longue date. « Il y a une flopée de sujets à aborder, pas seulement la mécanique institutionnelle », avertit l’ex-garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, qui a présidé la mission d’information permanente de l’Assemblée sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. À commencer par les dégâts considérables sur l’économie locale : « Les structures économiques sont mortes. On ne sortira pas de cette situation sans l’État », juge-t-il, alors que « l’État » ne dispose que des compétences régaliennes sur ce territoire à statut spécifique.

C’est l’un des multiples chantiers que devra aborder Emmanuel Macron en atterrissant à Nouméa. Dans les couloirs du pouvoir, on compare volontiers ce déplacement à la visite éclair de François Mitterrand qui, en 1985, s’était rendu douze heures sur place, quelques jours après avoir proclamé l’état d’urgence dans un contexte de violences. Revenu à Paris, le président socialiste avait lancé, dans une courte allocution : « Il convient d’apporter aux diverses communautés de la Nouvelle-Calédonie, toutes attachées à cette terre, et qui doivent apprendre à vivre ensemble, les garanties indispensables à leur vie en commun. » Près de quarante ans après, le défi à relever semble identique.

Crise Nouvelle-Calédonie : Chine, Russie et Azerbaïdjan à la manœuvre pour déstabiliser l’archipel

Crise Nouvelle-Calédonie :  Chine, Russie et Azerbaïdjan à la manœuvre pour déstabiliser l’archipel 

 

D’après un papier des Échos, l’Azerbaïdjan, la Russie et la Chine sont clairement la manœuvre pour déstabiliser la Nouvelle-Calédonie. Darmanin a notamment assuré ce jeudi matin sur France 2 que l’implication de ce pays du Caucase à Nouméa n’était pas un « fantasme mais une réalité ». Ajoutant qu’« une partie des indépendantistes calédoniens a fait un deal avec l’Azerbaïdjan », sans donner davantage de précisions. La diplomatie azerbaïdjanaise dénonce des accusations « infondées ».

Un papier intéressant mais qui aurait pu parler aussi de pays comme l’Australie ou la Nouvelle-Zélande qui se réjouissent aussi de la perte d’influence de la France dans cette zone stratégique. NDLR

L’Azerbaïdjan a en effet pris fait et cause pour le mouvement indépendantiste kanak via le Groupe d’initiative de Bakou (GIB) qui a été créé le 6 juillet 2023. Ce groupe de réflexion et d’influence affiche, parmi ses objectifs principaux, de « soutenir le combat contre le colonialisme et le néocolonialisme français ». Le GIB se rend depuis plusieurs semaines dans les manifestations contre le dégel du corps électoral et de nombreux manifestants portent fièrement des drapeaux azéris quand d’autres portent des t-shirts avec le logo du GIB.

C’est aussi sur les réseaux sociaux que ce pays du Caucase mène son combat anti-français, comme sur X où le GIB a publié un communiqué pour exprimer « sa pleine solidarité au peuple kanak ». Surtout, il fait porter la responsabilité des violences dans l’archipel à l’Etat français, le « soi-disant pays des droits de l’homme » qui « refuse le doit à l’autodétermination des peuples maintenus sous sa tutelle ».

Un pas supplémentaire a été franchi le 18 avril dernier. Une élue du Congrès de Nouvelle-Calédonie (le parlement local), Omayra Naisseline, s’est rendue à Bakou à la tête d’une délégation pour signer un mémorandum établissant des relations bilatérales entre l’archipel et le Parlement azéri. Gérald Darmanin avait déjà fait part de son irritation, dénonçant devant la commission des Lois de l’Assemblée nationale « une ingérence extrêmement néfaste ».

Le pays pro-russe n’est pas le seul à scruter la Nouvelle-Calédonie et à profiter des tensions actuelles pour gagner en influence dans l’archipel. « Des régimes autoritaires comme la Russie, l’Azerbaïdjan, mais aussi la Chine saisissent la moindre faille dans nos sociétés pour polariser le débat public et pour créer le chaos », a dénoncé à cet égard l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, qui a présidé une commission du Parlement européen sur les ingérences étrangères, sur Public Sénat.

 

 

Nouvelle-Calédonie : 150 entreprises pillées et incendiées

Nouvelle-Calédonie : 150 entreprises pillées et incendiées

Alors qu’à ce jour plus de 150 entreprises ont été pillé et incendié, laissant plus de 1000 employés sans travail, l’économie est fortement touchée des pleurs la chambre de commerce.


« Il est impératif de sécuriser immédiatement cette zone afin de sauver les entreprises encore debout » a ajouté la CCi qui redoute dans un avenir proche une augmentation de la dépendance encore plus forte aux importations. Le territoire est en effet très dépendante des exportations de nickel et des subventions de l’État.

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