Archive pour le Tag 'Nouvelle-Calédonie'

Nouvelle-Calédonie : Macron veut une nouvelle rencontre à Paris

Nouvelle-Calédonie : Macron veut une nouvelle rencontre à Paris

<strong>Suite à l’échec des négociations conduites par le ministre Manuel Valls, Macron veut une nouvelle rencontre à Paris

Le président Emmanuel Macron va inviter «les parties prenantes de la Nouvelle-Calédonie» à Paris à partir de la mi-juin, afin de «clarifier les sujets économiques, politiques et institutionnels en vue de parvenir à un accord partagé», après l’échec des récentes négociations, a indiqué mardi l’Élysée. En cause notamment les conditions de vote et les transferts de responsabilité, sans parler du développement économique.

Nouvelle-Calédonie : l’impasse

Nouvelle-Calédonie : l’impasse

Dans les semaines qui ont suivi le 13 mai 2024, la Nouvelle-Calédonie a connu une flambée de violence conduisant à la mort de 14 personnes (12 civils et deux gendarmes), à la destruction de 500 entreprises et à une chute de 10 à 15 % du PIB. Ces émeutes ont suivi les manifestations des indépendantistes contestant la réforme visant à élargir le corps électoral, voulue par Emmanuel Macron. Un an après, l’économie est en berne et le processus de dialogue politique est à l’arrêt, malgré les récentes tentatives du ministre des outre-mer Manuel Valls. Une nouvelle flambée de violences est-elle à craindre ?

par Pierre-Christophe Pantz
Enseignant-chercheur à l’Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC), Université de Nouvelle Calédonie dans the Conversation

Un an après les violentes exactions qui ont durement touché la Nouvelle-Calédonie, le constat ne souffre d’aucune contestation : une économie en berne, des centaines d’entreprises pillées ou brûlées, entre 10 000 et 15 000 personnes au chômage (pour une population totale estimée à 279 000), un endettement public record, une inflation galopante, etc.. Alors que la date anniversaire du 13 mai fait craindre une nouvelle flambée de violences, les Calédoniens fondaient beaucoup d’espoir dans les négociations qui ont finalement échoué la semaine dernière entre l’État, les indépendantistes et les non-indépendantistes.

Cet espoir qui reposait sur des signaux encourageants : le ministre des outre-mer Manuel Valls est venu dans l’archipel trois fois depuis le mois de février et avait réussi le « tour de force » de remettre les responsables politiques calédoniens autour de la table des discussions après quatre ans de rupture. Face à une classe politique en partie recomposée, mais plus que jamais divisée, Manuel Valls a d’abord été le catalyseur de cette reprise des discussions qui ont prospéré entre février et avril. Puis en amont de sa dernière visite (30 avril-8 mai 2025), l’ancien premier ministre a esquissé une forme d’ultimatum afin de mettre les responsables politiques calédoniens face à leur responsabilité en prévenant, ce sera « un accord ou le chaos ».

Finalement, après trois jours de « conclave » et d’échanges à huis clos, « aucun projet n’a pu recueillir de consensus », Manuel Valls échouant à s’inscrire dans la continuité de Michel Rocard et de l’accord de Matignon en 1988. Dans un archipel où les responsables politiques locaux jouent la prolongation, cette impasse alimente une défiance populaire croissante face à des élus incapables de sortir la Nouvelle-Calédonie de l’ornière.

Depuis les émeutes du 13 mai 2024, cette impasse se décline autour de trois paradoxes majeurs.

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Premier paradoxe : quête d’indépendance et dépendance accrue
En effet, depuis trente ans, grâce aux transferts financiers de l’État et portée par ses ressources minières importantes et son industrie métallurgique, la Nouvelle-Calédonie avait acquis un niveau de développement nettement supérieur à ses voisins de l’Océanie insulaire, malgré la persistance d’importantes inégalités sociales et ethniques. Ce sont d’ailleurs ces inégalités et le climat de violence chronique qui ont constitué le creuset favorable des émeutes du 13 mai 2024.

Sans revenir davantage sur les déterminants et les causes de ces exactions (le terme pour désigner ces « évènements » est d’ailleurs sujet à débat), les conséquences directes et indirectes de ces émeutes ont réduit en cendres trente années de rééquilibrage économique et de relative paix sociale, malgré la préexistence de difficultés socioéconomiques (crise du secteur du nickel, affaiblissement des comptes sociaux, endettement lié aux conséquences du Covid, etc.). Les émeutes ont porté l’estocade à une situation déjà dégradée. Outre les indicateurs évoqués précédemment, les récentes statistiques économiques de l’archipel nous ont confirmé cet état de fait avec un recul inédit du PIB en 2024, entre 10 % et 15 %.

Inéluctablement, pour tenter de répondre à l’effondrement économique, la survie de l’archipel relève essentiellement du recours à l’aide de l’État malgré une incertitude politique et financière à l’échelle nationale. Selon Manuel Valls, « plus de trois milliards d’euros ont été engagés pour la Nouvelle-Calédonie en 2024 ». Malgré cette aide, la Nouvelle-Calédonie a été contrainte de contracter plusieurs prêts, contribuant à un endettement record de 500 %, suscitant localement de vifs débats.

En effet, après vingt-cinq ans de prise d’autonomie (la plus importante de l’outre-mer), ces émeutes ont conduit l’archipel dans une ultradépendance notamment financière vis-à-vis de l’État, déséquilibrant sans doute la conduite des dernières négociations politiques. À la suite de leur échec, M. Valls a d’ailleurs rappelé aux partenaires des « engagements structurants » notamment en matière de consolidation des finances publiques :

« Il ne peut pas y avoir ce soutien de l’État sans qu’il y ait des réformes, il est temps qu’elles soient mises en œuvre. »

Second paradoxe : des indépendantistes en perte d’influence
Comme une corrélation des émeutes, l’année 2024 a également été le symbole d’une profonde recomposition du paysage politique. Si les indépendantistes ont connu le climax de leur représentation institutionnelle en 2024 et s’ils ont été majoritaires lors de l’élection législative de juin 2024, ils ont revanche perdu successivement la présidence du Congrès puis du gouvernement néo-calédonien – les institutions législatives et exécutives du Territoire. En sus, le camp indépendantiste apparaît désormais divisé avec la scission des deux principales branches : l’Union calédonienne (UC) et l’Union nationale pour l’indépendance (UNI), dans une guerre fratricide pour le pouvoir au sein du FLNKS.

Même si l’accession à la souveraineté demeure l’objectif commun, d’importantes divergences en termes de stratégie se font jour entre ces deux blocs, et notamment sur la condamnation des émeutes, qui ne fait toujours pas l’unanimité. Si l’UNI presse pour négocier (notamment pour une indépendance-association), l’UC (et l’ensemble des autres composantes du FLNKS) joue la montre et semble particulièrement critique vis-à-vis de l’État. De manière comparable, la situation du camp non indépendantiste montre une fragmentation semblable avec une scission durable, notamment vis-à-vis des partis centristes ou modérés (Calédonie ensemble et l’Éveil océanien).

D’ailleurs, le communiqué de presse des partis politiques Les Loyalistes et le Rassemblement-LR, au lendemain de l’échec des négociations, dit très explicitement qu’ils sont la seule délégation à avoir refusé la proposition institutionnelle de M. Valls, qu’ils jugent comme une forme « d’indépendance-association » laissant sous-entendre que Calédonie ensemble et l’Éveil océanien y seraient eux favorables.

Face à cette double division, la perspective d’une vague migratoire sortante – difficilement quantifiable pour l’heure – pourrait finalement rebattre les cartes d’un rapport de force démographique qui pourrait a priori favoriser le camp indépendantiste revendiquant le maintien d’un droit inaliénable (et mobilisable à tout moment) à l’autodétermination.

Troisième paradoxe : reprise du dialogue et persistance d’une impasse
La reprise des discussions trilatérales (État, non-indépendantistes et indépendantistes) à partir du mois de février a été considérée légitimement comme un motif d’espoir après quatre ans de rupture des fils du dialogue. En donnant du temps au temps, en multipliant les allers-retours entre Paris et Nouméa sur une courte période (bien plus qu’à tous les autres territoires d’outre-mer), en acceptant des bilatérales puis des plénières à huis clos, Manuel Valls a tenté de réconcilier ce qui semblait irréconciliable.

Il n’aura finalement pas réussi à aboutir à un accord politique, suscitant l’ire et l’opposition d’une partie des non-indépendantistes l’accusant de vouloir imposer l’indépendance-association. Ce fidèle disciple de Michel Rocard pensait pourtant parvenir à mettre ses pas dans ceux de son mentor lorsqu’il avait arraché un accord de paix historique entre Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, en les enfermant à l’hôtel de Matignon, en 1988.

Face aux urgences sociales (chômage), économiques (financement public, secteur du nickel) et sanitaires (creusement des déserts médicaux, exode du corps médical), et face à la persistance d’escarmouches ponctuelles d’émeutiers isolés, le statu quo pourrait plonger l’archipel dans une incertitude délétère, Manuel Valls déclarant d’ailleurs : « Je crois sincèrement que le vide laissé par l’absence d’un compromis est lourd de menaces. »

Cet échec avalise l’organisation des prochaines élections provinciales avant la fin du mois de novembre 2025, après un an et demi de report, avec l’épineuse question du corps électoral toujours en suspens. Dans un archipel androcrate et gérontocrate, le renouvellement de la classe politique pourrait rebattre les cartes de cette impasse, même s’il ne résoudra probablement pas tous les maux de la société calédonienne.

Depuis trente ans, cet échec répété des responsables politiques à imaginer la suite au pari sur l’intelligence, alimente la défiance de la société calédonienne qui pourrait se laisser tenter par des alternatives citoyennes, à l’image de l’étude sur un projet de préfiguration d’une instance de démocratie participative au sein du Congrès.

Un non-indépendantiste Alcide Ponga élu président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Un non-indépendantiste Alcide Ponga  élu président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Alcide Ponga est issu d’une famille kanak non-indépendantiste. Maire depuis 2014 de la petite commune minière de Kouaoua, sur la côte est de l’île principale, il est aussi président du Rassemblement – Les Républicains depuis le 21 avril dernier. Il est le premier Kanak à occuper cette fonction. Diplômé de sciences politiques, Alcide Ponga, 49 ans, a effectué sa carrière dans la mine, un secteur aujourd’hui en grande difficulté mais qui reste le premier pourvoyeur d’emploi privé dans l’archipel. Il succède à l’indépendantiste Louis Mapou, dont le gouvernement a été renversé le 24 décembre avec le départ du parti de centre droit «Calédonie ensemble».

Nouvelle-Calédonie : Barnier veut reprendre le dossier

Nouvelle-Calédonie : Barnier veut reprendre le dossier

 

Après les maladresses de Macron et même les graves erreurs sur le fond concernant le dossier de la Nouvelle-Calédonie, le nouveau premier ministre Michel Barnier entend reprendre au président la gestion de cette affaire très sensible.

Poussé par des extrémistes Macron  une nouvelle fois s’est planté en attisant le feu d’une Nouvelle-Calédonie secoué à la fois par des problèmes politiques et par son déclassement économique et social.

 

Ce mardi, à l’Assemblée nationale, Michel Barnier prévoit de consacrer une partie de sa déclaration de politique générale à l’archipel, en proie à la crise. Le nouveau locataire de Matignon a déjà adressé une promesse aux parlementaires locaux, dans un courrier du 18 septembre : « Je compte m’engager pleinement, avec vous, dans la recherche d’un nouveau modèle institutionnel et de développement pour la Nouvelle-Calédonie. »

Quatre mois après le déclenchement d’émeutes inédites depuis quarante ans, les quelque 270.000 Calédoniens vivant dans l’archipel, toujours soumis à un couvre-feu nocturne, restent inquiets pour leur sécurité.

Nouvelle-Calédonie : la réforme électorale suspendue

Nouvelle-Calédonie : la réforme  électorale  suspendue 

Le  chef de l’Etat, qui a choisi de dissoudre l’Assemblée nationale à l’issue des résultats des élections européennes dimanche, a abordé le sujet de la Nouvelle-Calédonie : « Le projet de loi constitutionnelle (…) j’ai décidé de le suspendre parce qu’on ne peut pas laisser l’ambiguïté dans la période », a annoncé le président de la République. Avant d’ajouter vouloir « donner toute sa force au dialogue sur place et au retour à l’ordre ».

Pour rappel, le texte, adopté successivement par le Sénat en avril puis l’Assemblée nationale le mois dernier, devait encore être adopté avant le 30 juin par les deux chambres réunies en Congrès à Versailles. Poussé par le camp loyaliste, il visait à élargir le corps électoral, gelé depuis 2007, pour les élections provinciales programmées à la fin de l’année. Une option contre laquelle le camp indépendantiste s’est catégoriquement opposé, au motif qu’il marginalisait les électeurs autochtones. Concrètement, environ 25.000 électeurs, natifs de l’archipel ou y résidant depuis dix ans, pourraient intégrer la liste électorale.

L’indépendantiste Daniel Goa ne semble, en tout cas, pas perturbé par l’éventualité que son prochain interlocuteur soit le Rassemblement national (RN), en cas de victoire du parti de Marine Le Pen aux prochaines législatives, voire à la présidentielle.

Alors que Marine Le Pen considérait « définitif » le résultat du troisième référendum sur l’indépendance en 2021 – boycotté par les indépendantistes, qui ne reconnaissent pas la victoire du « non » -, elle a suggéré en mai une nouvelle consultation d’ici « quarante ans ».

Bref, la question est renvoyée aux calendes !

Nouvelle-Calédonie : « on ne peut parler d’une colonie »

Nouvelle-Calédonie : « on ne peut parler d’une colonie »  (Sarkozy)

Sarkozy conteste le terme de colonie à propos de la Nouvelle Calédonie (propos dans le Figaro)

Nicolas SARKOZY. - La violence en Nouvelle-Calédonie n’est pas nouvelle. Je suis impressionné par le nombre d’approximations assenées à propos de ce territoire auquel je suis très attaché ! Certains ont même parlé d’une «colonie». Mais je connais peu de colonies où ceux qui sont censés être «colonisés» dirigent le gouvernement local, le Congrès et deux Provinces sur trois… Et ont géré les richesses minières du nord. Ce, alors même qu’ils sont minoritaires, comme l’ont montré les résultats des trois consultations référendaires. Fait d’autant plus notable qu’avait été mise en œuvre une chose inédite dans l’histoire de la République : le gel du corps électoral, conçu pour donner un avantage clair aux indépendantistes. Malgré cela, par trois fois, les Calédoniens ont confirmé leur volonté de rester Français, alors que si un seul de ces référendums avait donné la victoire aux indépendantistes.

Référendum national pour la Nouvelle-Calédonie : encore une initiative irresponsable de Macron

Référendum national pour la Nouvelle-Calédonie : encore une initiative irresponsable de Macron

 

Une nouvelle fois le président de la république prend une initiative irresponsable vis-à-vis de la Nouvelle-Calédonie en menaçant en réalité d’un référendum national. C’est évidemment en plus en contradiction avec le souhait de trouver un accord local comme le prévoient les accords de Nouméa.

La première provocation de Macron a été de bousculer le calendrier électoral et de  modifier plus rapidement que prévu l’évolution du collège électoral. Ce référendum national maintenant constitue en fait une sorte de chantage qui va encore compliquer un peu plus une situation déjà difficile

Le président de la République s’est dit prêt à soumettre au référendum national la réforme contestée, notamment si les élus locaux échouaient à s’accorder entre eux, dans un entretien au Parisien.
Emmanuel Macron s’est dit prêt à soumettre au référendum national la réforme contestée du corps électoral en Nouvelle-Calédonie, notamment si les élus locaux échouaient à s’accorder sur le sujet, dans un entretien au Parisien paru samedi 25 mai. «Je peux aller à tout moment au référendum» sur cette réforme déjà adoptée par le Sénat puis l’Assemblée, a fait valoir Emmanuel Macron, qui avait déjà effleuré l’hypothèse jeudi, de Nouméa. Il s’agit d’une simple «lecture de la Constitution», non pas d’«une intention», a précisé dimanche Emmanuel Macron, en marge d’une visite d’État en Allemagne.

De toute évidence le message de Macon est brouillé du fait de son en même temps permanent qui hésite entre fermeté et dialogue. Dernier exemple la levée sans doute prématuré de l’État d’urgence

«Ils m’ont tous donné l’engagement de reprendre la discussion globale», a indiqué Emmanuel Macron, estimant qu’«on ne pourra pas dire que je n’ai pas donné le maximum pour donner toutes ses chances à la paix». Le chef de l’État avait ainsi ouvert la porte à un vote des Calédoniens sur un potentiel accord né des discussions entre élus locaux. Avec l’espoir de faire baisser la tension qui restait toujours vive samedi. «Même si on arrive à la fin des violences, il faudra revivre ensemble. C’est ça le plus dur», est convenu le chef de l’État.

Nouvelle-Calédonie : Une fin d’état d’urgence prématurée ?

Nouvelle-Calédonie : Une fin d’état d’urgence prématurée ?

L’état d’urgence sera levé ce lundi à 20 heures alors qu’on est encore loin d’avoir retrouvé une situation normale notamment dans le domaine de la sécurité. Des barrages en effet se reconstituent parfois après avoir été détruits et les tensions demeurent dans l’île. Cela d’autant plus que le président de la république a bien imprudemment encore annoncé l’éventualité d’un référendum national faute d’accord. Une perspective qui évidemment n’est pas de nature à apaiser la situation car si un référendum s’avère utile c’est uniquement en Nouvelle-Calédonie qu’il faut organiser le moment venu.

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 L’Élysée «rappelle»  «que la levée des barrages est la condition nécessaire à l’ouverture des négociations concrètes et sérieuses»«Le président de la République fait confiance aux Calédoniens et à leurs représentants pour retrouver le chemin du dialogue», indique le texte. Et d’ajouter : «La mission de médiation et de facilitation est présente à Nouméa. Elle se tient prête à travailler avec les élus pour établir un accord global».

Nouvelle-Calédonie : un référendum national ?

Nouvelle-Calédonie : un référendum national ?

Faute d’accord local Macron a déclaré qu’il envisageait éventuellement un référendum national. 

Après un vote dans les mêmes termes des deux chambres, le président peut en effet choisir, pour entériner une réforme constitutionnelle, de convoquer un référendum ou bien le Congrès, c’est-à-dire la réunion des députés et sénateurs à Versailles. C’est cette dernière option qui était jusque-là privilégiée, alors que les parlementaires devaient entériner ce dégel du corps électoral avant la «fin juin», avait indiqué mi-mai Emmanuel Macron.

«Ils m’ont tous donné l’engagement de reprendre la discussion globale», a indiqué Emmanuel Macron, estimant qu’«on ne pourra pas dire que je n’ai pas donné le maximum pour donner toutes ses chances à la paix».

Politique-Nouvelle-Calédonie:  » les vérités »

Politique-Nouvelle-Calédonie:  » les vérités »

L’un des nœuds du problème, estime Vincent*, entrepreneur dans le secteur de la maintenance industrielle, c’est que les indépendantistes ont tenté de faire croire à leurs sympathisants qu’une éventuelle indépendance de l’archipel serait sans conséquences, financièrement, pour la population locale. ( dans l’Opinion)

Lorsque l’on arrive en Nouvelle-Calédonie, au début des années 2000, on est émerveillé par la beauté et la richesse des paysages et des gens, auxquels s’ajoute leur gentillesse. Les sourires sont partout. On apprend la coutume et on vit ensemble. Vingt ans plus tard, on se retrouve à la tête d’entreprises employant plusieurs dizaines de personnes. Les origines et les ethnies se mélangent, les accents diffèrent et certaines expressions aussi. Mais quand on rigole, ça ne s’entend pas. Aujourd’hui, nous venons de nous rendre compte que nous partageons autre chose : la couleur que l’on a quand on saigne. Car on saigne, et fort. Le « vivre ensemble », on l’a fait, on l’a construit, dans les écoles et les entreprises, et il vient de se briser sur l’autel d’un mensonge de trente ans.

 Il faut rétablir certaines vérités, on entend sur les chaînes d’information que l’origine du problème est l’organisation à marche forcée du troisième référendum, ce qui est une ineptie. Ayant assisté impuissant, car depuis plus de vingt ans je ne peux pas voter, à tout ce qui s’est passé sur le territoire, je me dois de réagir.

L’origine du problème se situe au lendemain du deuxième référendum, quand les résultats montrent une progression du score en faveur de l’indépendance qui ne garantit pas son aboutissement, certes, mais laisse entrevoir une position plus dominante que celle initialement espérée afin de redéfinir un nouveau statut et de nouvelles institutions.

 Mensonges. Le camp indépendantiste est alors à la tête du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, de son gouvernement, ainsi que de deux provinces sur les trois que l’archipel comporte. D’ailleurs, il est curieux de constater que les discours et regards extérieurs considèrent la Calédonie comme un territoire toujours colonisé, alors que les quatre cinquièmes de ses institutions sont contrôlés par les indépendantistes.

Ainsi, ce camp indépendantiste veut surfer sur la vague de la progression de son score et demande l’organisation « au plus vite » d’un troisième référendum. C’est le point de départ de la situation actuelle.

 Alors qu’ils prétendaient, en cas d’indépendance, que la France continuerait à irriguer financièrement l’archipel, il appartenait aux indépendantistes d’expliquer clairement les choses. Ce qu’ils omirent bien de faire

Cette demande fait réagir les personnalités de tous bords. Les indépendantistes eux-mêmes demandent à l’Etat, qui l’accepte, de produire un document détaillant ce que serait la Calédonie le jour d’après. Celui-ci est réalisé à l’initiative d’Edouard Philippe, alors Premier ministre. Il est important qu’il puisse sortir avant la tenue du référendum, prévu initialement en milieu d’année 2021.

 Les neuf dixièmes sont consacrés aux conséquences du « Oui ». Ils indiquent, contrairement à ce que les indépendantistes ont affirmé pendant trente ans, que si le « Oui » l’emportait, il appartiendrait à la Calédonie, pendant une période transitoire, de définir sa monnaie, son fonctionnement, sa défense, sa justice, son éducation, sa santé… Bref, toutes les compétences régaliennes qui s’ajoutent à celles déjà aujourd’hui transférées au territoire, mais avec une nuance non négligeable : sans subvention supplémentaire de la France que celles accordées à un quelconque pays ami.
Alors qu’ils prétendaient, en cas d’indépendance, que la France irriguerait financièrement l’archipel comme aujourd’hui, il appartenait aux indépendantistes d’expliquer clairement les choses à leurs électeurs. Ce qu’ils omirent bien de faire. Raison pour laquelle ils demandèrent d’annuler et reporter l’organisation du troisième référendum. Ce que le Président n’a pas fait, et il a eu raison. Les indépendantistes l’ont boycotté ce qui leur a permis, depuis, d’en discuter la légitimité.

Coup d’Etat. Le « Non » l’ayant emporté, il fallait donc, en conclusion des accords de Nouméa, « observer la situation ainsi créée » pour organiser l’avenir. Mais rien n’a été fait.

 Deux ans et demi plus tard, la mandature correspondant aux élections provinciales arrive à son terme et il est juridiquement très compliqué d’en organiser de nouvelles sur les bases transitoires et temporaires d’un accord désormais révolu. Les indépendantistes se sont retrouvés dans une impasse, et ils ont choisi l’insurrection pour en sortir.
Quel formidable pays nous pourrions faire, si toute cette organisation et cette énergie étaient mises au service de l’économie. Comment allons-nous travailler et avancer ensemble dans nos entreprises, demain ?

La plupart des émeutiers sont mineurs, les autres n’ont pas la trentaine. La très grande majorité n’est donc pas en activité, beaucoup ne sont pas ou plus scolarisés et pourtant, on assiste à une organisation méthodique, préparée, organisée, ciblée ; une communication dans plusieurs langues, très bien préparée, avec des références soignées ; la logistique elle-même est impressionnante.

 En face, les riverains ont assisté, impuissants, à l’incendie de leurs entreprises, de leurs outils de travail, des écoles, des supermarchés, des médiathèques – il ne s’agit pas de voler, il faut casser et brûler. Alors ils se sont organisés quartier par quartier, en dressant des barricades. Tous, nous étions terrorisés.

Et je m’interroge. Quel formidable pays nous pourrions faire, si toute cette organisation et cette énergie étaient mises au service de l’économie.

 Comment allons-nous travailler et avancer ensemble dans nos entreprises, demain ? Mes salariés sont pour moitié Kanak, et en plein cœur des émeutes, je me suis organisé pour leur verser leur acompte afin qu’ils ne subissent pas au-delà de la honte qu’ils éprouvent, les conséquences d’une guerre qu’ils ne veulent pas. Ils m’ont appelé pour me remercier. Comme toujours, comme avant.
« Vivre avec ». On a essayé d’interroger leurs meneurs, mais ils restent à ce jour introuvables et muets. Imaginez un pays comme la France, attaqué par une partie de sa population avec le représentant de la première institution qui ne réalise aucune prise de parole au bout de cinq jours et cinq nuits, et qui reste à ce jour introuvable.

La discussion est indispensable et incontournable. Pour qu’elle aboutisse, il faut un médiateur car la confiance est rompue ; cela va prendre beaucoup de temps. Et pour pouvoir le faire, il est indispensable que nous soyons placés sous la tutelle de l’Etat

C’est un coup d’Etat. Car ce qui vient de se passer n’est pas qu’une attaque contre l’économie calédonienne (comme la CCAT l’a écrit et annoncée). C’est bien plus grave. Sans une reprise en main, la Calédonie ne s’en relèvera pas. Elle a besoin de l’aide de l’Etat. De son Etat. Pas de celle d’un autre.

Nous venons de passer de la volonté de « vivre ensemble » à l’obligation de « vivre avec ». La discussion est indispensable et incontournable. Pour qu’elle aboutisse, il faut un médiateur car la confiance est rompue ; cela va prendre beaucoup de temps. Et pour pouvoir le faire, il est indispensable que nous soyons placés sous la tutelle de l’Etat qui, lui seul, peut nous apporter les moyens financiers et opérationnels pour nous permettre de repartir.

Notre contrat social vient d’être brisé. Il ne peut repartir sur les mêmes bases ni avec les mêmes acteurs ou le même équilibre que ceux qui l’ont établi.

Vincent * (le prénom a été modifié pour garantir l’anonymat et la sécurité de l’auteur de la tribune) dirige en Nouvelle-Calédonie une entreprise de maintenance industrielle, employant plusieurs dizaines de salariés.

Nouvelle-Calédonie:  » les vérités »

Nouvelle-Calédonie:  » les vérités »

L’un des nœuds du problème, estime Vincent*, entrepreneur dans le secteur de la maintenance industrielle, c’est que les indépendantistes ont tenté de faire croire à leurs sympathisants qu’une éventuelle indépendance de l’archipel serait sans conséquences, financièrement, pour la population locale. ( dans l’Opinion)

Lorsque l’on arrive en Nouvelle-Calédonie, au début des années 2000, on est émerveillé par la beauté et la richesse des paysages et des gens, auxquels s’ajoute leur gentillesse. Les sourires sont partout. On apprend la coutume et on vit ensemble. Vingt ans plus tard, on se retrouve à la tête d’entreprises employant plusieurs dizaines de personnes. Les origines et les ethnies se mélangent, les accents diffèrent et certaines expressions aussi. Mais quand on rigole, ça ne s’entend pas. Aujourd’hui, nous venons de nous rendre compte que nous partageons autre chose : la couleur que l’on a quand on saigne. Car on saigne, et fort. Le « vivre ensemble », on l’a fait, on l’a construit, dans les écoles et les entreprises, et il vient de se briser sur l’autel d’un mensonge de trente ans.

 Il faut rétablir certaines vérités, on entend sur les chaînes d’information que l’origine du problème est l’organisation à marche forcée du troisième référendum, ce qui est une ineptie. Ayant assisté impuissant, car depuis plus de vingt ans je ne peux pas voter, à tout ce qui s’est passé sur le territoire, je me dois de réagir.

L’origine du problème se situe au lendemain du deuxième référendum, quand les résultats montrent une progression du score en faveur de l’indépendance qui ne garantit pas son aboutissement, certes, mais laisse entrevoir une position plus dominante que celle initialement espérée afin de redéfinir un nouveau statut et de nouvelles institutions.

 Mensonges. Le camp indépendantiste est alors à la tête du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, de son gouvernement, ainsi que de deux provinces sur les trois que l’archipel comporte. D’ailleurs, il est curieux de constater que les discours et regards extérieurs considèrent la Calédonie comme un territoire toujours colonisé, alors que les quatre cinquièmes de ses institutions sont contrôlés par les indépendantistes.

Ainsi, ce camp indépendantiste veut surfer sur la vague de la progression de son score et demande l’organisation « au plus vite » d’un troisième référendum. C’est le point de départ de la situation actuelle.

 Alors qu’ils prétendaient, en cas d’indépendance, que la France continuerait à irriguer financièrement l’archipel, il appartenait aux indépendantistes d’expliquer clairement les choses. Ce qu’ils omirent bien de faire

Cette demande fait réagir les personnalités de tous bords. Les indépendantistes eux-mêmes demandent à l’Etat, qui l’accepte, de produire un document détaillant ce que serait la Calédonie le jour d’après. Celui-ci est réalisé à l’initiative d’Edouard Philippe, alors Premier ministre. Il est important qu’il puisse sortir avant la tenue du référendum, prévu initialement en milieu d’année 2021.

 Les neuf dixièmes sont consacrés aux conséquences du « Oui ». Ils indiquent, contrairement à ce que les indépendantistes ont affirmé pendant trente ans, que si le « Oui » l’emportait, il appartiendrait à la Calédonie, pendant une période transitoire, de définir sa monnaie, son fonctionnement, sa défense, sa justice, son éducation, sa santé… Bref, toutes les compétences régaliennes qui s’ajoutent à celles déjà aujourd’hui transférées au territoire, mais avec une nuance non négligeable : sans subvention supplémentaire de la France que celles accordées à un quelconque pays ami.
Alors qu’ils prétendaient, en cas d’indépendance, que la France irriguerait financièrement l’archipel comme aujourd’hui, il appartenait aux indépendantistes d’expliquer clairement les choses à leurs électeurs. Ce qu’ils omirent bien de faire. Raison pour laquelle ils demandèrent d’annuler et reporter l’organisation du troisième référendum. Ce que le Président n’a pas fait, et il a eu raison. Les indépendantistes l’ont boycotté ce qui leur a permis, depuis, d’en discuter la légitimité.

Coup d’Etat. Le « Non » l’ayant emporté, il fallait donc, en conclusion des accords de Nouméa, « observer la situation ainsi créée » pour organiser l’avenir. Mais rien n’a été fait.

 Deux ans et demi plus tard, la mandature correspondant aux élections provinciales arrive à son terme et il est juridiquement très compliqué d’en organiser de nouvelles sur les bases transitoires et temporaires d’un accord désormais révolu. Les indépendantistes se sont retrouvés dans une impasse, et ils ont choisi l’insurrection pour en sortir.
Quel formidable pays nous pourrions faire, si toute cette organisation et cette énergie étaient mises au service de l’économie. Comment allons-nous travailler et avancer ensemble dans nos entreprises, demain ?

La plupart des émeutiers sont mineurs, les autres n’ont pas la trentaine. La très grande majorité n’est donc pas en activité, beaucoup ne sont pas ou plus scolarisés et pourtant, on assiste à une organisation méthodique, préparée, organisée, ciblée ; une communication dans plusieurs langues, très bien préparée, avec des références soignées ; la logistique elle-même est impressionnante.

 En face, les riverains ont assisté, impuissants, à l’incendie de leurs entreprises, de leurs outils de travail, des écoles, des supermarchés, des médiathèques – il ne s’agit pas de voler, il faut casser et brûler. Alors ils se sont organisés quartier par quartier, en dressant des barricades. Tous, nous étions terrorisés.

Et je m’interroge. Quel formidable pays nous pourrions faire, si toute cette organisation et cette énergie étaient mises au service de l’économie.

 Comment allons-nous travailler et avancer ensemble dans nos entreprises, demain ? Mes salariés sont pour moitié Kanak, et en plein cœur des émeutes, je me suis organisé pour leur verser leur acompte afin qu’ils ne subissent pas au-delà de la honte qu’ils éprouvent, les conséquences d’une guerre qu’ils ne veulent pas. Ils m’ont appelé pour me remercier. Comme toujours, comme avant.
« Vivre avec ». On a essayé d’interroger leurs meneurs, mais ils restent à ce jour introuvables et muets. Imaginez un pays comme la France, attaqué par une partie de sa population avec le représentant de la première institution qui ne réalise aucune prise de parole au bout de cinq jours et cinq nuits, et qui reste à ce jour introuvable.

La discussion est indispensable et incontournable. Pour qu’elle aboutisse, il faut un médiateur car la confiance est rompue ; cela va prendre beaucoup de temps. Et pour pouvoir le faire, il est indispensable que nous soyons placés sous la tutelle de l’Etat

C’est un coup d’Etat. Car ce qui vient de se passer n’est pas qu’une attaque contre l’économie calédonienne (comme la CCAT l’a écrit et annoncée). C’est bien plus grave. Sans une reprise en main, la Calédonie ne s’en relèvera pas. Elle a besoin de l’aide de l’Etat. De son Etat. Pas de celle d’un autre.

Nous venons de passer de la volonté de « vivre ensemble » à l’obligation de « vivre avec ». La discussion est indispensable et incontournable. Pour qu’elle aboutisse, il faut un médiateur car la confiance est rompue ; cela va prendre beaucoup de temps. Et pour pouvoir le faire, il est indispensable que nous soyons placés sous la tutelle de l’Etat qui, lui seul, peut nous apporter les moyens financiers et opérationnels pour nous permettre de repartir.

Notre contrat social vient d’être brisé. Il ne peut repartir sur les mêmes bases ni avec les mêmes acteurs ou le même équilibre que ceux qui l’ont établi.

Vincent * (le prénom a été modifié pour garantir l’anonymat et la sécurité de l’auteur de la tribune) dirige en Nouvelle-Calédonie une entreprise de maintenance industrielle, employant plusieurs dizaines de salariés.

En Nouvelle-Calédonie : une usine de nickel menacée de fermeture

En Nouvelle-Calédonie : une usine de nickel menacée de fermeture

 

 
L’intersyndicale de la Société Le Nickel (groupe Eramet) en Nouvelle-Calédonie a lancé un « SOS » aux salariés pour qu’ils permettent l’acheminement de minerai vers l’usine, faute de quoi l’avenir de l’entreprise serait compromis, dans ce secteur crucial de l’économie calédonienne.

« Les sept organisations syndicales de la SLN lancent ce soir un SOS à tous les salariés de l’entreprise », selon un message interne diffusé mercredi 22 mai, et que l’AFP a pu consulter vendredi.
« Sans une reprise, dans les tout prochains jours, du chargement des minéraliers sur tous nos centres miniers, les fours de Doniambo, par un manque de minerai en qualité et en quantité suffisantes, vont être irrémédiablement endommagés et s’arrêter définitivement de fonctionner », a expliqué l’intersyndicale.

L’exploitation du nickel est le pilier de l’économie calédonienne, qui traverse une crise sans précédent après la chute de plus de 45% en 2023 du cours de ce métal.

Nouvelle-Calédonie : la date du congrès renvoyée aux calendes

Nouvelle-Calédonie : la date du congrès renvoyée aux calendes

Après la déclaration du président de la république en Nouvelle-Calédonie proposant de détendre le calendrier de plusieurs semaines et même de plusieurs mois;, en réalité, la perspective du congrès qui réunit assemblée  et Sénat est envoyé aux calendes. Sans doute même pas en 2024. Tout dépendra de l’évolution de la situation en Nouvelle-Calédonie mais sans doute aussi du contexte en France et au plan international.

 

 

De nombreuses voix s’élèvent en effet , ces dernières heures, pour exhorter Emmanuel Macron et l’exécutif à reporter un Congrès dont l’issue paraît de plus en plus incertaine.

La situation est explosive. Et les parlementaires appellent le gouvernement à temporiser. Alors que le président de la République, Emmanuel Macron, se rend en Nouvelle-Calédonie pour tenter de rétablir le « dialogue » avec les indépendantistes, à l’Assemblée, une grande partie de l’Hémicycle semble désormais appeler à un report du Congrès.

L’organisation de ce rendez-vous, censé réunir les deux Chambres après l’adoption au Sénat puis à l’Assemblée du projet de réforme constitutionnelle visant à élargir à de nouveaux électeurs le droit de vote aux élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, est remise en cause par les exactions commises depuis plusieurs jours à Nouméa.

 

Macron : l’échéance d’un accord repoussée à plus tard en Nouvelle-Calédonie avec ensuite un vote.

Macron : l’échéance d’un accord repoussée à plus tard en Nouvelle-Calédonie avec ensuite un vote.

D’une certaine manière le président a mis un peu entre parenthèses le calendrier politique en souhaitant qu’il y ait davantage de temps pour obtenir un accord global entre les parties. Je veux devrait être suivi d’un vote de la population. Un report sans doute de plusieurs mois puisque le premier rapport d’étape sera fait dans le délai d’un mois.


Bien entendu il souhaite le plus rapidement possible un rétablissement de l’ordre républicain et un arrêt des violences. Par ailleurs il annonce des mesures d’urgence sur le plan économique à la fois pour permettre le ravitaillement de la population mais aussi pour réparer les dégâts des violences et soutenir l’activité économique. Emmanuel Macon a bien été contraint d’admettre qu’il n’y avait dans le moment présent aucune vision commune entre les parties et qu’il faudrait donc ajouter du temps au temps.

Le président de la République souhaite un vote des Calédoniens en cas d’accord politique global. «Je serai le premier à proposer qu’on ait plus de temps pour avoir un accord global qui rentre dans la constitution», a-t-il notamment affirmé devant l’assemblée de journalistes.

Emmanuel Macron promet un point d’étape «d’ici un mois» sur l’avenir institutionnel tout en écartant un passage «en force» de la loi électorale. Il a ainsi semblé temporiser sur un vote définitif de la réforme électorale, à condition toutefois que l’ordre soit rétabli
 «Force est de constater qu’il n’y a pas aujourd’hui de vision d’avenir commune» entre les différentes composantes politiques et sociales de Nouvelle-Calédonie, a regretté le président de la République.

 

Nouvelle-Calédonie:  » les vérités »

Nouvelle-Calédonie:  » les vérités »

L’un des nœuds du problème, estime Vincent*, entrepreneur dans le secteur de la maintenance industrielle, c’est que les indépendantistes ont tenté de faire croire à leurs sympathisants qu’une éventuelle indépendance de l’archipel serait sans conséquences, financièrement, pour la population locale. ( dans l’Opinion)

Lorsque l’on arrive en Nouvelle-Calédonie, au début des années 2000, on est émerveillé par la beauté et la richesse des paysages et des gens, auxquels s’ajoute leur gentillesse. Les sourires sont partout. On apprend la coutume et on vit ensemble. Vingt ans plus tard, on se retrouve à la tête d’entreprises employant plusieurs dizaines de personnes. Les origines et les ethnies se mélangent, les accents diffèrent et certaines expressions aussi. Mais quand on rigole, ça ne s’entend pas. Aujourd’hui, nous venons de nous rendre compte que nous partageons autre chose : la couleur que l’on a quand on saigne. Car on saigne, et fort. Le « vivre ensemble », on l’a fait, on l’a construit, dans les écoles et les entreprises, et il vient de se briser sur l’autel d’un mensonge de trente ans.

 Il faut rétablir certaines vérités, on entend sur les chaînes d’information que l’origine du problème est l’organisation à marche forcée du troisième référendum, ce qui est une ineptie. Ayant assisté impuissant, car depuis plus de vingt ans je ne peux pas voter, à tout ce qui s’est passé sur le territoire, je me dois de réagir.

L’origine du problème se situe au lendemain du deuxième référendum, quand les résultats montrent une progression du score en faveur de l’indépendance qui ne garantit pas son aboutissement, certes, mais laisse entrevoir une position plus dominante que celle initialement espérée afin de redéfinir un nouveau statut et de nouvelles institutions.

 Mensonges. Le camp indépendantiste est alors à la tête du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, de son gouvernement, ainsi que de deux provinces sur les trois que l’archipel comporte. D’ailleurs, il est curieux de constater que les discours et regards extérieurs considèrent la Calédonie comme un territoire toujours colonisé, alors que les quatre cinquièmes de ses institutions sont contrôlés par les indépendantistes.

Ainsi, ce camp indépendantiste veut surfer sur la vague de la progression de son score et demande l’organisation « au plus vite » d’un troisième référendum. C’est le point de départ de la situation actuelle.

 Alors qu’ils prétendaient, en cas d’indépendance, que la France continuerait à irriguer financièrement l’archipel, il appartenait aux indépendantistes d’expliquer clairement les choses. Ce qu’ils omirent bien de faire

Cette demande fait réagir les personnalités de tous bords. Les indépendantistes eux-mêmes demandent à l’Etat, qui l’accepte, de produire un document détaillant ce que serait la Calédonie le jour d’après. Celui-ci est réalisé à l’initiative d’Edouard Philippe, alors Premier ministre. Il est important qu’il puisse sortir avant la tenue du référendum, prévu initialement en milieu d’année 2021.

 Les neuf dixièmes sont consacrés aux conséquences du « Oui ». Ils indiquent, contrairement à ce que les indépendantistes ont affirmé pendant trente ans, que si le « Oui » l’emportait, il appartiendrait à la Calédonie, pendant une période transitoire, de définir sa monnaie, son fonctionnement, sa défense, sa justice, son éducation, sa santé… Bref, toutes les compétences régaliennes qui s’ajoutent à celles déjà aujourd’hui transférées au territoire, mais avec une nuance non négligeable : sans subvention supplémentaire de la France que celles accordées à un quelconque pays ami.
Alors qu’ils prétendaient, en cas d’indépendance, que la France irriguerait financièrement l’archipel comme aujourd’hui, il appartenait aux indépendantistes d’expliquer clairement les choses à leurs électeurs. Ce qu’ils omirent bien de faire. Raison pour laquelle ils demandèrent d’annuler et reporter l’organisation du troisième référendum. Ce que le Président n’a pas fait, et il a eu raison. Les indépendantistes l’ont boycotté ce qui leur a permis, depuis, d’en discuter la légitimité.

Coup d’Etat. Le « Non » l’ayant emporté, il fallait donc, en conclusion des accords de Nouméa, « observer la situation ainsi créée » pour organiser l’avenir. Mais rien n’a été fait.

 Deux ans et demi plus tard, la mandature correspondant aux élections provinciales arrive à son terme et il est juridiquement très compliqué d’en organiser de nouvelles sur les bases transitoires et temporaires d’un accord désormais révolu. Les indépendantistes se sont retrouvés dans une impasse, et ils ont choisi l’insurrection pour en sortir.
Quel formidable pays nous pourrions faire, si toute cette organisation et cette énergie étaient mises au service de l’économie. Comment allons-nous travailler et avancer ensemble dans nos entreprises, demain ?

La plupart des émeutiers sont mineurs, les autres n’ont pas la trentaine. La très grande majorité n’est donc pas en activité, beaucoup ne sont pas ou plus scolarisés et pourtant, on assiste à une organisation méthodique, préparée, organisée, ciblée ; une communication dans plusieurs langues, très bien préparée, avec des références soignées ; la logistique elle-même est impressionnante.

 En face, les riverains ont assisté, impuissants, à l’incendie de leurs entreprises, de leurs outils de travail, des écoles, des supermarchés, des médiathèques – il ne s’agit pas de voler, il faut casser et brûler. Alors ils se sont organisés quartier par quartier, en dressant des barricades. Tous, nous étions terrorisés.

Et je m’interroge. Quel formidable pays nous pourrions faire, si toute cette organisation et cette énergie étaient mises au service de l’économie.

 Comment allons-nous travailler et avancer ensemble dans nos entreprises, demain ? Mes salariés sont pour moitié Kanak, et en plein cœur des émeutes, je me suis organisé pour leur verser leur acompte afin qu’ils ne subissent pas au-delà de la honte qu’ils éprouvent, les conséquences d’une guerre qu’ils ne veulent pas. Ils m’ont appelé pour me remercier. Comme toujours, comme avant.
« Vivre avec ». On a essayé d’interroger leurs meneurs, mais ils restent à ce jour introuvables et muets. Imaginez un pays comme la France, attaqué par une partie de sa population avec le représentant de la première institution qui ne réalise aucune prise de parole au bout de cinq jours et cinq nuits, et qui reste à ce jour introuvable.

La discussion est indispensable et incontournable. Pour qu’elle aboutisse, il faut un médiateur car la confiance est rompue ; cela va prendre beaucoup de temps. Et pour pouvoir le faire, il est indispensable que nous soyons placés sous la tutelle de l’Etat

C’est un coup d’Etat. Car ce qui vient de se passer n’est pas qu’une attaque contre l’économie calédonienne (comme la CCAT l’a écrit et annoncée). C’est bien plus grave. Sans une reprise en main, la Calédonie ne s’en relèvera pas. Elle a besoin de l’aide de l’Etat. De son Etat. Pas de celle d’un autre.

Nous venons de passer de la volonté de « vivre ensemble » à l’obligation de « vivre avec ». La discussion est indispensable et incontournable. Pour qu’elle aboutisse, il faut un médiateur car la confiance est rompue ; cela va prendre beaucoup de temps. Et pour pouvoir le faire, il est indispensable que nous soyons placés sous la tutelle de l’Etat qui, lui seul, peut nous apporter les moyens financiers et opérationnels pour nous permettre de repartir.

Notre contrat social vient d’être brisé. Il ne peut repartir sur les mêmes bases ni avec les mêmes acteurs ou le même équilibre que ceux qui l’ont établi.

Vincent * (le prénom a été modifié pour garantir l’anonymat et la sécurité de l’auteur de la tribune) dirige en Nouvelle-Calédonie une entreprise de maintenance industrielle, employant plusieurs dizaines de salariés.

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