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Manifestation CGT : un nouvel échec après celui de Mélenchon

Manifestation CGT : un nouvel échec après celui de Mélenchon

C’est à peine s’il est rendu compte de la journée de grève interprofessionnelle de la CGT dans les médias tellement la participation a été médiocre. Pas étonnant cette manifestation a été organisé dans la précipitation par la CGT sans concertation avec les autres syndicats. Du coup s’est surtout retrouvé les organisations ultra gauche globalement assez marginales.L’objectif de cette manifestation visait à souligner la nécessité d’augmentation du pouvoir d’achat. Un objectif largement partagé dans l’opinion compte tenu de la dérive de l’inflation. Il s’agissait aussi de soutenir la grève CGT dans le secteur du carburant. Or le moins qu’on puisse dire c’est que les Français sont très partagés sur cette grève très minoritaire dans les raffineries et les dépôts d’essence.

Selon un nouveau sondage « Opinion en direct » réalisé par l’institut Elabe pour BFMTV et diffusé ce mardi. 49% des Français désapprouvent ce mouvement contre 39% qui le soutiennent.

Concernant la grève dans les raffineries, 48% des Français se déclarent hostiles ou en opposition au mouvement des salariés de Total, une hausse de 8% en près d’une semaine. Cela s’explique en partie par l’accord trouvé entre la CFDT et la direction du groupe pétrolier.

71% des personnes interrogées estiment que « les salariés ont déjà obtenu une augmentation suffisante de la part de la direction de Total, [et qu'ils] devraient arrêter la mobilisation », contre 28%. Résultat, une nette majorité des Français est favorable à la réquisition des salariés en grève pour rétablir l’approvisionnement des stations essence (60%, +9%).

Les Français n’ont pas mieux apprécié la marche de Mélenchon contre la vie chère. Une action considérée comme entretenant la confusion entre la responsabilité politique et la responsabilité syndicale. En effet Mélenchon parlait clairement de la convergence des luttes sociales voir même du prélude à une situation révolutionnaire. Or la préoccupation des salariés est toute autre, elle concerne de manière prioritaire le pouvoir d’achat.

Quant à la manifestation d’hier la CGT a encore voulu se faire plus grosse que le bœuf. Et cette grève compte tenu de son échec constitue davantage une grève éteignoire qu’une plate-forme de lancement de grève générale.

Bref un nouveau fiasco des stratégies ultra gauche. Et n’en parlons pas des grèves reconductibles envisagées par Sud à la SNCF. Une entreprise déjà minée par une situation conflictuelle récurrente et une situation financière dramatique.

Nouvel Appel aux « Refondations » de la gauche

Nouvel Appel aux « Refondations » de la gauche

Claire Fita, vice-présidente de la région Occitanie ainsi que 150 signataires signent un appel à de multiples « Refondations » et expriment leur souhait de « rassembler les socialistes sur l’essentiel pour pouvoir espérer à nouveau rassembler la gauche durablement ».

Un nouvel appel dans le JDD ‘après notamment celui du maire du Mans ou de Cazeneuve pour reconstruire une gauche qui se libère de Mélenchon et sur des valeurs plus universelles. Un appel sympathique mais qui a le défaut de ses origines puisqu’il est lancé par 150 élus. Or ce sont précisément les élus et autres clercs qui se sont coupés des classes populaires et qui ont tué le parti socialiste. La Refondation d’un tel parti supposerait d’abord de commencer par des assises des différentes forces démocratiques de gauche pour en priorité faire une analyse des facteurs pluridimensionnels de la crise actuelle et ensuite seulement pour tracer des perspectives crédibles de changement. Bref, pas un parti construit encore d’en haut comme la SFIO ou le parti socialiste et qui finalement fait la même politique que la droite quand il est au pouvoir. La première Refondation d’un parti socialiste serait d’abord sociologique et méthodologique. ( bref, démocratique).La seconde serait intellectuelle afin de comprendre davantage les mutations systémiques qui interagissent dans les domaines économique, social, technologique, environnemental, géopolitique et même sociétal.Par ailleurs le vieux discours socialo « d’opposition » sent un peu le réchauffé NDLR

Alors que le Parti socialiste doit dévoiler dans quelques jours les conditions d’organisations de son congrès, plusieurs élus du parti entendent participer au futur du parti, en appelant à plusieurs « Refondations » nécessaires à leurs yeux. Ces proches – pour certains – d’Anne Hidalgo veulent mettre en avant une « écologie sociale », qui ne doit pas se fondre automatiquement dans la Nupes. Voici leur tribune : « Nous sommes dans un moment de bascule. Le réchauffement climatique s’accélère dramatiquement. La guerre est en Ukraine -c’est-à-dire en Europe- et sème ses malheurs sur tous les continents. L’inflation galope. Les prix de l’énergie explosent. Les inégalités sociales et territoriales s’approfondissent. Beaucoup ne peuvent plus vivre de leur travail. Les droits acquis sont menacés comme celui à la retraite. La violence et les haines de l’autre envahissent l’espace public et les réseaux sociaux.
Ces crises climatiques, sanitaires, sociales, démocratiques ou géopolitiques, montrent chaque jour que ni la loi du marché sur le plan économique, ni l’autoritarisme sur le plan politique, qui sont les deux faces du pouvoir actuel d’Emmanuel Macron, ne sont capables d’y répondre. Au contraire, ils les aggravent. Les temps telluriques que nous vivons nécessitent de réaffirmer le besoin de vision politique, de projet global, de puissance publique, de solidarité, d’action collective, d’humanisme et d’internationalisme, avec la conviction profonde qu’il n’y aura plus de justice sociale sans écologie, ni d’écologie sans justice sociale.
Une nouvelle dynamique d’espérance peut renaître
Le pire est envisageable, mais le meilleur est possible si nous prenons la mesure des changements radicaux à opérer, si nous ne nous laissons plus submerger par l’incertitude généralisée sur le devenir du monde et de nos vies. Une nouvelle dynamique d’espérance peut renaître. Mais ce ne sera ni en reproduisant l’ancien, ni en oubliant ses acquis. Mais bien par une, et même plusieurs, refondations.
• Refondation de l’économie qui ne peut plus reposer sur la mainmise de la finance, la désindustrialisation, la tyrannie du court terme, la marchandisation de la société, le consumérisme au détriment de l’environnement, de la santé, et du pouvoir de vivre. La social-écologie, c’est penser l’économie de la vie et prendre pleinement en compte l’utilité sociale des métiers et des engagements. C’est revaloriser la valeur du travail et défendre nos retraites. C’est jouer de tous les leviers, y compris la fiscalité, pour mettre l’argent au service de l’Humain et de la Nature. C’est ouvrir le chemin d’une « nouvelle abondance humaniste ».
• Refondation des rapports sociaux qui ne peuvent plus installer et creuser les inégalités devenues insupportables, ni faire primer le chacun pour soi sur la coopération, l’attention et l’ouverture aux autres, en particulier les plus vulnérables, et le soin des générations futures. Les menaces sur les droits des femmes et la persistance des violences sexistes et sexuelles, dont les mouvements de libération de la parole continuent de montrer l’ampleur y compris dans le milieu politique, doivent enfin faire l’objet d’un volontarisme politique à la hauteur de l’enjeu.
• Refondation de notre rapport à la Nature et à la biodiversité qui ne peuvent plus être les victimes des activités humaines, mais dont la protection doit être pensée durablement avec celle des femmes et des hommes.
• Refondation de la République, pour qu’elle tienne toutes ses promesses de liberté, d’égalité et de fraternité. Par le renforcement et le redéploiement de ses services publics dans tous les territoires, par la priorité absolue à l’éducation, à la santé, à l’enseignement supérieur et à la recherche. Par un soutien sans faille à la Culture que nous considérerons toujours comme « essentielle ». Par le renforcement et l’impartialité de sa justice et de sa police déployées au plus proche des citoyens. Par son engagement contre toutes les discriminations, le racisme, l’antisémitisme, le sexisme et l’homophobie, et pour faire vivre la laïcité partout. Par l’aboutissement de sa décentralisation, pour donner enfin de l’air et de la visibilité budgétaire aux territoires, en co-construisant les politiques et en clarifiant les compétences.
• Refondation de la démocratie qui ne peut plus reposer sur un régime de « monarchie présidentielle », qui doit renforcer son modèle représentatif avec un Parlement fort et respecté et par la participation directe et permanente des citoyens et des corps intermédiaires à la délibération, à la décision ainsi qu’au suivi des politiques mises en œuvre. Une démocratie qui défend et conforte la liberté, le pluralisme et l’indépendance des médias.
• Refondation de l’Europe qui ne peut plus être basée sur les seuls échanges économiques, mais sur ses valeurs et son intégration politique et sociale. Les grands défis de ce siècle (réchauffement climatique, terrorisme, flux financiers, conflits internationaux, migrations…) sont tous mondiaux. Nous défendons l’Europe qui se range résolument aux côtés du peuple ukrainien face à l’agression de la Russie de Poutine, en lui livrant les armes pour sa défense, en accentuant ses sanctions économiques et en favorisant l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. Nous soutenons une Europe de la Défense. Face aux libéraux nous défendons l’Europe sociale, celle du travail, de la coopération et des solidarités. Face aux ultra-conservateurs et aux extrêmes-droites qui s’affirment en Italie, Pologne, Hongrie, Suède, nous défendons nos valeurs humanistes, les libertés démocratiques, les droits des femmes si chèrement conquis mais sans cesse remis en cause.
• Refondation des relations entre les peuples, qui ne peuvent plus être fondées sur la loi cynique du plus fort et des intérêts commerciaux au détriment des droits humains et de l’universalisme, comme avec l’Arabie Saoudite qui massacre au Yémen ou avec la Chine qui génocide les Ouïgours.
• Refondation de la gauche qui n’a de raison d’être qu’en redevenant demain l’outil politique pour l’égalité, la liberté, la fraternité. En s’imposant le droit d’inventaire autant que le devoir d’inventer.
Sur le plan national, depuis trop longtemps nous nous dispensons de pensée globale, d’association sincère des acteurs de la société civile, des mouvements sociaux et des territoires pour nourrir nos idées, d’attention à entraîner les couches populaires, d’audace dans nos propositions et réalisations, alors même que nous démontrons sur le plan local, partout où nous dirigeons, notre capacité à agir avec succès. La raison des défaites aux scrutins nationaux depuis 5 ans, élections européennes, présidentielles comme législatives, est d’abord là.
Pour mener à bien ces refondations, nous revendiquons la radicalité des politiques publiques nécessaires. Car c’est bien à la racine que tous ces défis doivent être relevés. Et vite, car le temps nous est compté. Mais cette radicalité ne peut se confondre avec les démagogies et populismes qui conduisent au chaos. Chercher la vérité et la dire, c’est avoir le courage de nommer les problèmes autant que celui de proposer des solutions ambitieuses mais crédibles, que nous réaliserons réellement. Elles seules sont susceptibles de rassembler et d’emporter l’adhésion d’une majorité de nos concitoyens.

L’enjeu du congrès du Parti socialiste ne peut être à nouveau réduit à un affrontement d’écuries
Dans ce contexte, l’enjeu du congrès du Parti socialiste ne peut être à nouveau réduit à un affrontement d’écuries pour le pouvoir, ni à un choix de tactiques électorales les yeux rivés sur la prochaine élection présidentielle. Parce que nous voulons un Parti socialiste ancré au cœur de la gauche, nous souhaitons rassembler les socialistes sur l’essentiel pour pouvoir espérer à nouveau rassembler la gauche durablement.
L’accord électoral Nupes a été le produit de l’état « comatique » de la gauche sociale et écologique, une réponse électorale unitaire attendue par le peuple de gauche face à sa dispersion, une réponse conjoncturelle visant à préserver sa présence à l’Assemblée Nationale et y agir ensemble.
Pour regagner et créer une dynamique positive, d’espérance et de conquêtes, sans laquelle la gauche même unie est condamnée à n’être qu’une force d’opposition plus ou moins forte, nous devons la refonder avec audace et sincérité, et changer son centre de gravité actuel qui la conduit à l’impasse.
Parce que nous voulons que notre congrès soit utile aux Françaises et aux Français, en écho avec leurs aspirations, nous voulons que notre famille politique prenne l’initiative d’ouvrir le chemin sincère et volontaire de ces refondations, en proposant dès maintenant à toutes les forces politiques et engagées de la société civile et des mouvements sociaux, l’organisation d’Etats Généraux de la transformation sociale et écologique. Les raisons d’espérer sont là. Les graines d’espoir et les énergies sont là.
Elles sont dans les mobilisations populaires et citoyennes, dans les entreprises et les services publics, pour le climat avec la jeunesse aux avant-postes, la justice sociale, l’égalité entre les femmes et les hommes, contre toutes les discriminations, pour l’accueil digne des réfugiés. Elles se trouvent parmi les agriculteurs et les entrepreneurs, les chercheurs et les ingénieurs, les salariés et les retraités qui pensent, imaginent et mettent en œuvre des réponses concrètes aux défis du siècle. Elles puisent leurs racines dans nos communes, nos départements et nos régions, en Outre-mer comme en métropole, dans nos quartiers, nos villes et nos campagnes, où chaque jour des majorités de gauche avec les socialistes agissent concrètement.
Elles sont au Parlement, où des députés et des sénateurs, armés de nos convictions résistent et proposent des lois et des moyens pour que notre peuple vive mieux, que ses droits soient défendus et respectés. Les graines d’espoir sont là. Mais il y a urgence. Car si rien ne change, c’est l’extrême droite qui a toutes les probabilités de prendre le pouvoir en alternative à Emmanuel Macron.
« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent », disait Albert Einstein. Refonder pour ne plus reproduire les renoncements d’hier, ni jamais ne céder au populisme d’aujourd’hui, mais ouvrir un chemin nouveau, un chemin d’espoir, un chemin d’avenir. Refonder un mouvement ouvert et moderne, qui invente et encourage des nouvelles pratiques militantes, et ouvre grand ses portes à la jeunesse, précaire, étudiante ou travailleuse.
Un mouvement féministe jusqu’au bout, exemplaire dans l’attitude de ses dirigeants, qui garantit l’égal accès à toutes les responsabilités dans notre parti jusque dans les secteurs jusqu’ici réservés aux hommes comme les élections et les fédérations, comme dans les mandats en commençant par l’Assemblée nationale. La régression historique de la place des femmes dans notre représentation à l’Assemblée Nationale est une entorse grave à nos valeurs. Aucune liste de candidat ne devrait pouvoir être ratifiée par nos instances qui ne respecte la parité réelle, celle qui porte sur les territoires à perspective de victoire, aucun accord ne devrait jamais être signé sans respecter cette exigence fondamentale. Les violences faites aux femmes n’ont aucune place dans un parti politique pas plus que dans le reste de la société : leur éradication, via la mise en place de mécanismes internes dédiés d’accompagnement des victimes et de traitement efficace des signalements, doit être l’horizon de tout parti de gauche se disant féministe.
Un mouvement inclusif qui permet à ceux qui sont souvent exclus de fait par nos anciens modes de fonctionnement, issus des catégories populaires et de notre diversité, qu’ils vivent dans nos campagnes ou dans nos villes, de s’y épanouir. Un mouvement qui ne soit pas uniquement urbain, mais bien connecté à tous les territoires de France et en particulier à la ruralité.
Un mouvement qui propose toujours l’unité d’action à toutes les forces de la gauche et de l’écologie, mais qui sait aussi affirmer, sans s’effacer, son identité et ses valeurs. Qui dès la prochaine échéance des Européennes, pourra porter fièrement devant notre pays avec celles et ceux qui le souhaitent un projet résolument européen, clairement ancré à gauche, social et écologiste, féministe et humaniste, universaliste et républicain. »

Nouvel envol du prix du blé

Nouvel envol du prix du blé

La Récente décision de l’Inde  ‘interdire les exportations de blé fait encore grimper le prix de la tonne de blé.(Même si l’Inde n’était pas un acteur majeur par station céréales marché mondial . Ce prix dépasse ainsi le précédent record, le 13 mai dernier, qui atteignait 422 euros la tonne à l’ouverture suite aux nouvelles prévisions mondiales américaines qui sabraient d’un tiers la production ukrainienne de blé pour 2022/2023. Ce nouveau record s’inscrit dans une tendance à la hausse depuis plusieurs mois. Le prix du blé a en effet augmenté de 40% en trois mois et le marché est très tendu du fait des risques de sécheresse dans le sud des États-Unis et en Europe de l’Ouest.

Après l’Ukraine , un nouvel ordre mondial ?

Après l’Ukraine , un nouvel ordre mondial ?

L’invasion de l’Ukraine par la Russie révèle au grand jour la nouvelle donne des relations internationales. Elle met à mal le libéralisme, vu comme une panacée depuis la chute du rideau de fer. Par Arthur Silve, Université Laval et Jonathan Paquin, Université Laval.

 

L’invasion russe de l’Ukraine par la Russie a été un réveil brutal pour les défenseurs du libéralisme.

Elle a remis en cause certaines idées reçues et a révélé la fragilité de l’ordre international libéral. Depuis la chute du rideau de fer, en 1989, on pouvait avoir l’illusion d’un ordre mondial guidé par les simples motivations économiques, libéré des guerres et des rivalités militaires entre grandes puissances.

Un ordre au sein duquel les gains économiques et la protection mutuelle étaient garantis par le droit, l’autodétermination des peuples et la résolution pacifique des conflits. Le commerce international, l’investissement transfrontalier, l’établissement des « chaînes de valeur globales », les traités de libre-échange de plus en plus larges, étaient certes motivés par une quête de prospérité individuelle et collective. Ils devaient cependant aussi avoir pour effet de créer des dépendances mutuelles et ainsi empêcher ou atténuer les conflits, et favoriser la diffusion des valeurs occidentales.

Cette interdépendance complexe devait agir comme une force stabilisatrice dans les rapports internationaux puisque la croissance économique et la sécurité des États étaient inextricablement liées. Dans un tel ordre international, pouvait-on croire, la violence est maîtrisée, les guerres interétatiques sont rares et l’invasion, en particulier, d’un État par un autre, a peu de sens.

Or, l’invasion de l’Ukraine par la Russie révèle au grand jour, comme par un glissement tectonique, la nouvelle donne des relations internationales. C’est la plus grande attaque militaire conventionnelle depuis la Seconde Guerre mondiale, et c’est la plus importante remise en cause de l’ordre libéral qui régit les relations internationales depuis l’effondrement de l’Union soviétique.

Professeurs à la Faculté de Sciences sociales de l’Université Laval, et tous deux membres de l’École Supérieure d’Études internationales, nos recherches portent sur la dimension stratégique des relations internationales et sur les aspects politiques du développement économique.

Cette invasion, toutefois, n’est pas le premier signe des difficultés rencontrées par l’ordre international libéral.

La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, la paralysie croissance des organisations internationales, comme l’OMC, le populisme qui gangrène le bon fonctionnement des institutions internationales, et la croissance significative des budgets de la défense dans de très nombreux pays, nous rappellent que la méfiance, voire la violence, des rapports interétatiques ne sont pas soudainement réapparus avec la guerre en Ukraine.

Ces tendances malheureuses nous rappellent que l’impact de la mondialisation du libéralisme n’a pas fait que des heureux.

Cet ordre était pourtant accompagné d’une narration venue de l’Occident, fondée sur les bienfaits du libéralisme dans les domaines économiques, sociaux, politiques, et culturels. De fait, notre génération, éduquée après la chute du mur de Berlin et du rideau de fer, a du mal à raisonner hors du cadre libéral, à imaginer à quoi ressemble une société fondée sur d’autres principes organisateurs.

Le libéralisme économique, qui repose sur l’idée que la demande doit être l’arbitre ultime des innovations utiles, est probablement le système d’organisation de la production qui a le mieux permis de faire progresser la santé humaine, l’éducation, et la satisfaction de nos besoins matériels. Le libéralisme politique, pour sa part, en soumettant nos dirigeants à la sanction régulière du vote et de l’alternance au pouvoir, était censé les obliger à prendre des décisions dans l’intérêt du plus grand nombre, les empêcher de se laisser capturer par de grands intérêts économiques. Enfin, le libéralisme culturel comptait sur une sélection naturelle sur le grand marché des idées, considérablement élargi avec l’arrivée des réseaux sociaux.

La multiplication des crises financières dans les pays en développement dans les années 1990 témoigne des dangers d’une libéralisation trop rapide. La démocratie sacrifie trop souvent aux intérêts économiques des plus riches, peut-être à cause de la socialisation de nos élites politiques et économiques dans les mêmes écoles, peut-être parce que ce sont les mêmes individus qui prennent des postes de décision successivement dans les secteurs publics et privés, peut-être à cause du financement privé des campagnes électorales.

De même, nous nous sommes progressivement rendu compte que le débat d’idées n’était jamais totalement dénué de biais. Par exemple, nous savions que les règles de fonctionnement des médias sociaux étaient propices à être manipulées, par les grandes marques, par les « influenceurs », par les « usines à trolls », et même par certains candidats politiques dans les démocraties occidentales.

Les critiques de l’ordre libéral viennent aussi de l’extérieur. Certaines idéologies radicales, menacées par le succès de l’idéologie libérale, se sont ainsi mobilisées, utilisant les méthodes du terrorisme et de la répression politique pour la combattre. Il est tristement ironique de constater que les sources de cette critique n’admettraient, elles, aucune remise en question, et ne sont capables d’aucune autocritique.

Au-delà de ces critiques et de l’invasion de l’Ukraine, les difficultés que rencontre l’ordre libéral se rapportent à une même cause : les changements dans la distribution de la puissance dans le système international.

D’un côté, la puissance américaine a permis une diminution du nombre de guerres interétatiques depuis 30 ans. De l’autre, difficile de ne pas voir dans l’invasion de l’Irak en 2003 une démonstration que cette puissance américaine restait avant tout au service de la poursuite de ses intérêts matériels.

Or, depuis la crise économique et financière de 2008, de nombreux ouvrages alimentent le débat sur le déclin présumé de la puissance américaine. Premier constat, cette crise a affaibli l’économie américaine. Les déficits fiscaux ont forcé Washington à réduire ses dépenses et à amorcer un retrait relatif dans le domaine de la gestion des crises internationales, une situation qui tranche avec les interventions passées au Kosovo, en Afghanistan et en Irak.

Deuxième constat, la multiplication des pôles de puissance économiques et politiques a rendu les courants d’influence plus diffus dans le système international. Des pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) font valoir leurs intérêts avec plus d’insistance dans leurs relations bilatérales et au sein les forums internationaux.

Troisième constat, les bouleversements observés sont causés par la croissance fulgurante de l’économie chinoise et son affirmation militaire dans la région Asie-Pacifique.

Ces multiples tensions géopolitiques se traduisent par une opposition de plus en plus assumée par certains dirigeants autoritaires à l’ordre libéral. Même si, au fond, la crise ukrainienne a démontré que le leadership américain est encore bel et bien efficace, clairement, sa légitimité morale est de plus en plus contestée.

Et de fait, nombreux sont ceux qui aujourd’hui annoncent un nouvel ordre mondial « réaliste », défini par les rapports de puissance et le jeu à somme nulle.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie marque un tournant vers un monde de concurrence entre les grandes puissances du monde. L’idée d’intérêt national défini en termes de sécurité et de puissance, plutôt qu’en termes de coopération et de croissance, regagnerait l’importance qu’elle avait au XIXe siècle pour justifier les grandes guerres entre les nations européennes ainsi que la colonisation.

Ce nouvel ordre mondial n’est toutefois pas une fatalité. Les prochaines décennies ne sont pas forcément vouées à opposer l’Occident et la Chine (le prestige international de la Russie semblant à ce stade irrémédiablement diminué).

Les conflits, froids ou chauds, coûtent très cher. Chacun a intérêt à éviter les destructions massives qu’un conflit armé occasionne, tant en vies humaines qu’en équipement. La décision prise par Vladimir Poutine d’envahir l’Ukraine nous donne quelques pistes de réflexion pour tenter de prévenir de telles guerres à l’avenir.

Les leçons de la guerre en Ukraine

  • 1) Les grandes puissances doivent apprendre à mieux communiquer entre elles sur leurs capacités et sur leurs ambitions respectives.

Plus facile à dire qu’à faire, dans un monde où l’information et les déclarations politiques peuvent être manipulées à des fins stratégiques. Il reste que deux dirigeants de pays ennemis qui disposent d’informations différentes, ou bien qui lisent ces informations selon deux grilles de lecture incompatibles, mènent presque inévitablement à un désastre.

Il n’y a pas de meilleure démonstration de la difficulté de communiquer clairement que le piètre usage des fameuses « lignes rouges » : entre la ligne rouge établie par Barack Obama quant à l’utilisation des armes chimiques, franchie sans vergogne et sans conséquences par Bachar Al-Assad en Syrie à partir de 2013, et le refus de Joe Biden d’établir la moindre ligne rouge lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Dans les deux cas, les conséquences d’une si mauvaise communication sont désastreuses.

  • 2) Les États menacés d’un déclassement rapide sont les plus susceptibles de déclencher un conflit armé

Cette constatation a été faite à l’époque par les tenants de la théorie de la transition de puissance et demeure manifestement d’actualité avec l’invasion russe de l’Ukraine. Cette réalité pose la question plus générale de l’évolution rapide des rapports de force, et des guerres qui visent à empêcher aujourd’hui que demain un adversaire ne soit le plus puissant. C’est ce que l’on appelle parfois le « dilemme de sécurité » : un État qui s’arme pour se sécuriser lui-même devient un facteur d’instabilité globale. Dans une course à l’armement, il n’y a que des perdants. Une fois ceci établi, la grande inconnue devient celle de la réaction des États-Unis face à l’émergence de la Chine comme rivale dans les relations internationales.

  • 3) Les pays de l’OTAN ne pourront plus faire l’économie d’investir 2 % de leur PIB dans leurs forces armées.

Au cours de ces trente dernières années, peu de pays occidentaux ont assumé le coût de leur propre sécurité et ont accepté de jouer un rôle dans le maintien de l’ordre international. Dans le contexte actuel, il devient de plus en plus difficile de justifier que certains membres de l’alliance, dont le Canada, ne contribuent pas au moins à hauteur de leur poids économique. À cet égard, l’annonce faite en février dernier par le chancelier Olaf Scholz d’une croissance fulgurante du budget de la défense de l’Allemagne est un pas dans la bonne direction.

L’affaiblissement de l’ordre international libéral ne signifie pas forcément que l’Occident devra renoncer à ses bienfaits. Pour ceux d’entre nous qui espèrent encore bénéficier de la prospérité et de la liberté qu’il apporte, les trois leçons de modération ci-dessus sont cruciales. Elles peuvent faire en sorte que le XXIe siècle ne ressemble pas au 20e - ou pire.

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Par Arthur Silve, Professeur agrégé d’économie, Université Laval et Jonathan Paquin, Professeur titulaire au département de science politique de l’Université Laval, Université Laval

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Après l’Ukraine , un nouvel ordre mondial ?

Après l’Ukraine , un nouvel ordre mondial ?

 L’invasion de l’Ukraine par la Russie révèle  la nouvelle donne des relations internationales. Elle met à mal le libéralisme, vu comme une panacée depuis la chute du rideau de fer. Par Arthur Silve, Université Laval et Jonathan Paquin, Université Laval.

 

L’invasion russe de l’Ukraine par la Russie a été un réveil brutal pour les défenseurs du libéralisme.

Elle a remis en cause certaines idées reçues et a révélé la fragilité de l’ordre international libéral. Depuis la chute du rideau de fer, en 1989, on pouvait avoir l’illusion d’un ordre mondial guidé par les simples motivations économiques, libéré des guerres et des rivalités militaires entre grandes puissances.

Un ordre au sein duquel les gains économiques et la protection mutuelle étaient garantis par le droit, l’autodétermination des peuples et la résolution pacifique des conflits. Le commerce international, l’investissement transfrontalier, l’établissement des « chaînes de valeur globales », les traités de libre-échange de plus en plus larges, étaient certes motivés par une quête de prospérité individuelle et collective. Ils devaient cependant aussi avoir pour effet de créer des dépendances mutuelles et ainsi empêcher ou atténuer les conflits, et favoriser la diffusion des valeurs occidentales.

Cette interdépendance complexe devait agir comme une force stabilisatrice dans les rapports internationaux puisque la croissance économique et la sécurité des États étaient inextricablement liées. Dans un tel ordre international, pouvait-on croire, la violence est maîtrisée, les guerres interétatiques sont rares et l’invasion, en particulier, d’un État par un autre, a peu de sens.

Or, l’invasion de l’Ukraine par la Russie révèle au grand jour, comme par un glissement tectonique, la nouvelle donne des relations internationales. C’est la plus grande attaque militaire conventionnelle depuis la Seconde Guerre mondiale, et c’est la plus importante remise en cause de l’ordre libéral qui régit les relations internationales depuis l’effondrement de l’Union soviétique.

Professeurs à la Faculté de Sciences sociales de l’Université Laval, et tous deux membres de l’École Supérieure d’Études internationales, nos recherches portent sur la dimension stratégique des relations internationales et sur les aspects politiques du développement économique.

Cette invasion, toutefois, n’est pas le premier signe des difficultés rencontrées par l’ordre international libéral.

La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, la paralysie croissance des organisations internationales, comme l’OMC, le populisme qui gangrène le bon fonctionnement des institutions internationales, et la croissance significative des budgets de la défense dans de très nombreux pays, nous rappellent que la méfiance, voire la violence, des rapports interétatiques ne sont pas soudainement réapparus avec la guerre en Ukraine.

Ces tendances malheureuses nous rappellent que l’impact de la mondialisation du libéralisme n’a pas fait que des heureux.

Cet ordre était pourtant accompagné d’une narration venue de l’Occident, fondée sur les bienfaits du libéralisme dans les domaines économiques, sociaux, politiques, et culturels. De fait, notre génération, éduquée après la chute du mur de Berlin et du rideau de fer, a du mal à raisonner hors du cadre libéral, à imaginer à quoi ressemble une société fondée sur d’autres principes organisateurs.

Le libéralisme économique, qui repose sur l’idée que la demande doit être l’arbitre ultime des innovations utiles, est probablement le système d’organisation de la production qui a le mieux permis de faire progresser la santé humaine, l’éducation, et la satisfaction de nos besoins matériels. Le libéralisme politique, pour sa part, en soumettant nos dirigeants à la sanction régulière du vote et de l’alternance au pouvoir, était censé les obliger à prendre des décisions dans l’intérêt du plus grand nombre, les empêcher de se laisser capturer par de grands intérêts économiques. Enfin, le libéralisme culturel comptait sur une sélection naturelle sur le grand marché des idées, considérablement élargi avec l’arrivée des réseaux sociaux.

La multiplication des crises financières dans les pays en développement dans les années 1990 témoigne des dangers d’une libéralisation trop rapide. La démocratie sacrifie trop souvent aux intérêts économiques des plus riches, peut-être à cause de la socialisation de nos élites politiques et économiques dans les mêmes écoles, peut-être parce que ce sont les mêmes individus qui prennent des postes de décision successivement dans les secteurs publics et privés, peut-être à cause du financement privé des campagnes électorales.

De même, nous nous sommes progressivement rendu compte que le débat d’idées n’était jamais totalement dénué de biais. Par exemple, nous savions que les règles de fonctionnement des médias sociaux étaient propices à être manipulées, par les grandes marques, par les « influenceurs », par les « usines à trolls », et même par certains candidats politiques dans les démocraties occidentales.

Les critiques de l’ordre libéral viennent aussi de l’extérieur. Certaines idéologies radicales, menacées par le succès de l’idéologie libérale, se sont ainsi mobilisées, utilisant les méthodes du terrorisme et de la répression politique pour la combattre. Il est tristement ironique de constater que les sources de cette critique n’admettraient, elles, aucune remise en question, et ne sont capables d’aucune autocritique.

Au-delà de ces critiques et de l’invasion de l’Ukraine, les difficultés que rencontre l’ordre libéral se rapportent à une même cause : les changements dans la distribution de la puissance dans le système international.

D’un côté, la puissance américaine a permis une diminution du nombre de guerres interétatiques depuis 30 ans. De l’autre, difficile de ne pas voir dans l’invasion de l’Irak en 2003 une démonstration que cette puissance américaine restait avant tout au service de la poursuite de ses intérêts matériels.

Or, depuis la crise économique et financière de 2008, de nombreux ouvrages alimentent le débat sur le déclin présumé de la puissance américaine. Premier constat, cette crise a affaibli l’économie américaine. Les déficits fiscaux ont forcé Washington à réduire ses dépenses et à amorcer un retrait relatif dans le domaine de la gestion des crises internationales, une situation qui tranche avec les interventions passées au Kosovo, en Afghanistan et en Irak.

Deuxième constat, la multiplication des pôles de puissance économiques et politiques a rendu les courants d’influence plus diffus dans le système international. Des pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) font valoir leurs intérêts avec plus d’insistance dans leurs relations bilatérales et au sein les forums internationaux.

Troisième constat, les bouleversements observés sont causés par la croissance fulgurante de l’économie chinoise et son affirmation militaire dans la région Asie-Pacifique.

Ces multiples tensions géopolitiques se traduisent par une opposition de plus en plus assumée par certains dirigeants autoritaires à l’ordre libéral. Même si, au fond, la crise ukrainienne a démontré que le leadership américain est encore bel et bien efficace, clairement, sa légitimité morale est de plus en plus contestée.

Et de fait, nombreux sont ceux qui aujourd’hui annoncent un nouvel ordre mondial « réaliste », défini par les rapports de puissance et le jeu à somme nulle.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie marque un tournant vers un monde de concurrence entre les grandes puissances du monde. L’idée d’intérêt national défini en termes de sécurité et de puissance, plutôt qu’en termes de coopération et de croissance, regagnerait l’importance qu’elle avait au XIXe siècle pour justifier les grandes guerres entre les nations européennes ainsi que la colonisation.

Ce nouvel ordre mondial n’est toutefois pas une fatalité. Les prochaines décennies ne sont pas forcément vouées à opposer l’Occident et la Chine (le prestige international de la Russie semblant à ce stade irrémédiablement diminué).

Les conflits, froids ou chauds, coûtent très cher. Chacun a intérêt à éviter les destructions massives qu’un conflit armé occasionne, tant en vies humaines qu’en équipement. La décision prise par Vladimir Poutine d’envahir l’Ukraine nous donne quelques pistes de réflexion pour tenter de prévenir de telles guerres à l’avenir.

Les leçons de la guerre en Ukraine

  • 1) Les grandes puissances doivent apprendre à mieux communiquer entre elles sur leurs capacités et sur leurs ambitions respectives.

Plus facile à dire qu’à faire, dans un monde où l’information et les déclarations politiques peuvent être manipulées à des fins stratégiques. Il reste que deux dirigeants de pays ennemis qui disposent d’informations différentes, ou bien qui lisent ces informations selon deux grilles de lecture incompatibles, mènent presque inévitablement à un désastre.

Il n’y a pas de meilleure démonstration de la difficulté de communiquer clairement que le piètre usage des fameuses « lignes rouges » : entre la ligne rouge établie par Barack Obama quant à l’utilisation des armes chimiques, franchie sans vergogne et sans conséquences par Bachar Al-Assad en Syrie à partir de 2013, et le refus de Joe Biden d’établir la moindre ligne rouge lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Dans les deux cas, les conséquences d’une si mauvaise communication sont désastreuses.

  • 2) Les États menacés d’un déclassement rapide sont les plus susceptibles de déclencher un conflit armé

Cette constatation a été faite à l’époque par les tenants de la théorie de la transition de puissance et demeure manifestement d’actualité avec l’invasion russe de l’Ukraine. Cette réalité pose la question plus générale de l’évolution rapide des rapports de force, et des guerres qui visent à empêcher aujourd’hui que demain un adversaire ne soit le plus puissant. C’est ce que l’on appelle parfois le « dilemme de sécurité » : un État qui s’arme pour se sécuriser lui-même devient un facteur d’instabilité globale. Dans une course à l’armement, il n’y a que des perdants. Une fois ceci établi, la grande inconnue devient celle de la réaction des États-Unis face à l’émergence de la Chine comme rivale dans les relations internationales.

  • 3) Les pays de l’OTAN ne pourront plus faire l’économie d’investir 2 % de leur PIB dans leurs forces armées.

Au cours de ces trente dernières années, peu de pays occidentaux ont assumé le coût de leur propre sécurité et ont accepté de jouer un rôle dans le maintien de l’ordre international. Dans le contexte actuel, il devient de plus en plus difficile de justifier que certains membres de l’alliance, dont le Canada, ne contribuent pas au moins à hauteur de leur poids économique. À cet égard, l’annonce faite en février dernier par le chancelier Olaf Scholz d’une croissance fulgurante du budget de la défense de l’Allemagne est un pas dans la bonne direction.

L’affaiblissement de l’ordre international libéral ne signifie pas forcément que l’Occident devra renoncer à ses bienfaits. Pour ceux d’entre nous qui espèrent encore bénéficier de la prospérité et de la liberté qu’il apporte, les trois leçons de modération ci-dessus sont cruciales. Elles peuvent faire en sorte que le XXIe siècle ne ressemble pas au 20e - ou pire.

_______

Par Arthur Silve, Professeur agrégé d’économie, Université Laval et Jonathan Paquin, Professeur titulaire au département de science politique de l’Université Laval, Université Laval

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Présidentielle 2022 : Macron à 33,5% , nouvel effet drapeau

 

Cinq jours après son annonce de candidature, Emmanuel Macron progresse de 8,5 points pour se hisser à 33,5% d’intentions de voix, selon une étude Elabe pour BFMTV et L’Express, publiée mardi 8 mars soir.Un nouvel effet drapeau d’après le directeur d’Elabe.

Une conjoncture qui pousse les Français à se rallier derrière le chef de l’État en ces temps de crises. C’est ce que le directeur général de l’Ifop Frédéric Dabi appelle l’«effet drapeau».

En deuxième position, 18,5 points plus loin, Marine Le Pen recule à 15% (-2). Si la prétendante du RN se qualifie pour le second tour face à Emmanuel Macron, elle semble pâtir du contexte ukrainien et d’une campagne où elle ne parvient pas pour l’instant à ancrer son discours dans l’opinion. Derrière la candidate nationaliste, se trouve Jean-Luc Mélenchon à 13% (+0,5), qui occuperait donc la troisième place dans cette présidentielle. L’Insoumis profite du réflexe du «vote utile» dans une gauche éparpillée et morcelée électoralement.

 

Sommet européen pour un « Nouvel ordre économique » de l’UE !

Sommet européen pour un « Nouvel ordre économique » de l’UE !

 

Période électorale sans doute, Macron dans sa dernière allocution n’a pu s’empêcher de satisfaire à l’enflure des mots en annonçant un sommet européen informel sur un nouvel ordre économique  qui se tiendra les 10 et 11 mars à Versailles.

Notons D’abord que cette réunion aura un caractère informel, c’est-à-dire qu’il ne pourra engager formellement les institutions européennes. Cela d’autant plus que cette rencontre n’était pas prévue au calendrier sur ce sujet. Cette rencontre n’aura sans doute pas pour objet d’envisager un nouveau modèle économique mais plus modestement de prévoir un plan d’ajustement en particulier dans le domaine énergétique suite à la guerre en Ukraine par la Russie. Au-delà des aspects énergétiques , Macron en profitera pour enfoncer le clou du concept d’une vraie défense européenne qui institutionnellement n’existe pas.

« L’Europe  doit investir davantage pour moins dépendre des autres continents et pouvoir décider pour elle-même, en d’autres termes devenir une puissance plus indépendante, plus souveraine », a déclaré Emmanuel Macron.

« Puissance de paix, nous ne pouvons pas dépendre des autres pour nous défendre, que ce soit sur terre, sur mer, sous la mer, dans les airs, dans l’espace ou le cyberespace (…). Notre défense européenne doit franchir une nouvelle étape », a-t-il ajouté.

 

« Nous ne pouvons plus dépendre des autres, et notamment du gaz russe, pour nous déplacer, nous chauffer, faire fonctionner nos usines. Voilà pourquoi, après avoir décidé, pour la France, le développement des énergies renouvelables et la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, je défendrai une stratégie d’indépendance énergétique européenne », a poursuivi le président français.

Le discours de portée européenne mais qui traduit aussi des préoccupations internes s’inscrivant dans la campagne électorale.

Société- Vers un nouvel ordre Russo Chinois ?

Société- Vers un nouvel ordre Russo Chinois ?

 

Le consultant Laurent Malvezin observe, dans une tribune au « Monde », un rapprochement entre la crise provoquée par Moscou autour de l’Ukraine et la volonté chinoise de réunifier Taïwan, qui pourrait prendre la forme d’une annexion partielle.

 

Tribune.

Le basculement dans une « nouvelle ère », réaffirmé dans la déclaration conjointe sino-russe du 4 février, consacre une volonté commune d’endiguer la vague démocratique de « l’Occident », incarnée par l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), mais aussi et surtout par une Europe démocratique proliférante. Elle est jugée par les dirigeants russes et chinois comme la vraie menace existentielle pour leurs régimes.

Les enchères autour d’une crise fabriquée aux frontières de l’Ukraine sont censées simuler un conflit ouvert qui seul pourrait, dans un premier temps, par son effet de sidération, figer la situation présente par la voie de nouveaux traités. Mais l’Ukraine, et la prétendue menace de l’OTAN, ne sont que les catalyseurs et prétextes d’entrée dans cette « nouvelle ère » des relations internationales ; l’Europe et l’Union européenne (UE) constituent sa véritable cible, la gouvernance

C’est d’ailleurs par un plaidoyer pour une « vraie démocratie » que s’ouvre en effet la déclaration jointe : « Nous sommes prêts à travailler avec tous les pays qui souhaitent faire progresser une véritable démocratie… » Si l’OTAN revêt une menace immédiate, c’est que son adhésion scelle mécaniquement le basculement des pays candidats dans l’orbite occidentale et, en l’occurrence, européenne.

En 2014, c’est le rêve d’Europe des Ukrainiens qui est aux sources de la réaction militaire russe dans le Donbass et non la perspective immédiate de son rattachement à l’OTAN. Ce processus de basculement démocratique, incarné par les Etats-Unis et l’Europe, armés respectivement de leurs processus d’élargissement de l’OTAN et de l’UE, cimente de longue date l’entente russo-chinoise et leur contre-projet planétaire.

Cette volonté partagée de réviser l’ordre existant s’est muée en une convergence idéologique et autoréalisatrice : la Déclaration commune russo-chinoise sur un monde multipolaire et l’instauration d’un nouvel ordre international a été adoptée à Moscou, le 23 avril 1997, durant la visite officielle que le président de la République populaire de Chine, Jiang Zemin, avait effectuée dans la Fédération de Russie. La déclaration était signée, côté russe, par Sergueï Lavrov, l’actuel ministre des affaires étrangères, représentant alors son pays à l’ONU.

 

Cette déclaration commune de 1997 faisait suite à un accord fondateur de la reconstruction de la confiance entre les deux pays : le Partenariat stratégique d’égalité, de confiance mutuelle et de coordination réciproque, signé, le 26 avril 1996, à Pékin. Il est devenu, depuis lors, le cadre de l’approfondissement progressif de la relation bilatérale.

Politique: Vers un nouvel ordre Russo Chinois ?

Politique: Vers un nouvel ordre Russo Chinois ?

 

Le consultant Laurent Malvezin observe, dans une tribune au « Monde », un rapprochement entre la crise provoquée par Moscou autour de l’Ukraine et la volonté chinoise de réunifier Taïwan, qui pourrait prendre la forme d’une annexion partielle.

 

Tribune.

Le basculement dans une « nouvelle ère », réaffirmé dans la déclaration conjointe sino-russe du 4 février, consacre une volonté commune d’endiguer la vague démocratique de « l’Occident », incarnée par l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), mais aussi et surtout par une Europe démocratique proliférante. Elle est jugée par les dirigeants russes et chinois comme la vraie menace existentielle pour leurs régimes.

Les enchères autour d’une crise fabriquée aux frontières de l’Ukraine sont censées simuler un conflit ouvert qui seul pourrait, dans un premier temps, par son effet de sidération, figer la situation présente par la voie de nouveaux traités. Mais l’Ukraine, et la prétendue menace de l’OTAN, ne sont que les catalyseurs et prétextes d’entrée dans cette « nouvelle ère » des relations internationales ; l’Europe et l’Union européenne (UE) constituent sa véritable cible, la gouvernance

C’est d’ailleurs par un plaidoyer pour une « vraie démocratie » que s’ouvre en effet la déclaration jointe : « Nous sommes prêts à travailler avec tous les pays qui souhaitent faire progresser une véritable démocratie… » Si l’OTAN revêt une menace immédiate, c’est que son adhésion scelle mécaniquement le basculement des pays candidats dans l’orbite occidentale et, en l’occurrence, européenne.

En 2014, c’est le rêve d’Europe des Ukrainiens qui est aux sources de la réaction militaire russe dans le Donbass et non la perspective immédiate de son rattachement à l’OTAN. Ce processus de basculement démocratique, incarné par les Etats-Unis et l’Europe, armés respectivement de leurs processus d’élargissement de l’OTAN et de l’UE, cimente de longue date l’entente russo-chinoise et leur contre-projet planétaire.

Cette volonté partagée de réviser l’ordre existant s’est muée en une convergence idéologique et autoréalisatrice : la Déclaration commune russo-chinoise sur un monde multipolaire et l’instauration d’un nouvel ordre international a été adoptée à Moscou, le 23 avril 1997, durant la visite officielle que le président de la République populaire de Chine, Jiang Zemin, avait effectuée dans la Fédération de Russie. La déclaration était signée, côté russe, par Sergueï Lavrov, l’actuel ministre des affaires étrangères, représentant alors son pays à l’ONU.

 

Cette déclaration commune de 1997 faisait suite à un accord fondateur de la reconstruction de la confiance entre les deux pays : le Partenariat stratégique d’égalité, de confiance mutuelle et de coordination réciproque, signé, le 26 avril 1996, à Pékin. Il est devenu, depuis lors, le cadre de l’approfondissement progressif de la relation bilatérale.

Vers un nouvel ordre Russo Chinois ?

Vers un nouvel ordre Russo Chinois ?

 

Le consultant Laurent Malvezin observe, dans une tribune au « Monde », un rapprochement entre la crise provoquée par Moscou autour de l’Ukraine et la volonté chinoise de réunifier Taïwan, qui pourrait prendre la forme d’une annexion partielle.

 

Tribune.

Le basculement dans une « nouvelle ère », réaffirmé dans la déclaration conjointe sino-russe du 4 février, consacre une volonté commune d’endiguer la vague démocratique de « l’Occident », incarnée par l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), mais aussi et surtout par une Europe démocratique proliférante. Elle est jugée par les dirigeants russes et chinois comme la vraie menace existentielle pour leurs régimes.

Les enchères autour d’une crise fabriquée aux frontières de l’Ukraine sont censées simuler un conflit ouvert qui seul pourrait, dans un premier temps, par son effet de sidération, figer la situation présente par la voie de nouveaux traités. Mais l’Ukraine, et la prétendue menace de l’OTAN, ne sont que les catalyseurs et prétextes d’entrée dans cette « nouvelle ère » des relations internationales ; l’Europe et l’Union européenne (UE) constituent sa véritable cible, la gouvernance

C’est d’ailleurs par un plaidoyer pour une « vraie démocratie » que s’ouvre en effet la déclaration jointe : « Nous sommes prêts à travailler avec tous les pays qui souhaitent faire progresser une véritable démocratie… » Si l’OTAN revêt une menace immédiate, c’est que son adhésion scelle mécaniquement le basculement des pays candidats dans l’orbite occidentale et, en l’occurrence, européenne.

En 2014, c’est le rêve d’Europe des Ukrainiens qui est aux sources de la réaction militaire russe dans le Donbass et non la perspective immédiate de son rattachement à l’OTAN. Ce processus de basculement démocratique, incarné par les Etats-Unis et l’Europe, armés respectivement de leurs processus d’élargissement de l’OTAN et de l’UE, cimente de longue date l’entente russo-chinoise et leur contre-projet planétaire.

Cette volonté partagée de réviser l’ordre existant s’est muée en une convergence idéologique et autoréalisatrice : la Déclaration commune russo-chinoise sur un monde multipolaire et l’instauration d’un nouvel ordre international a été adoptée à Moscou, le 23 avril 1997, durant la visite officielle que le président de la République populaire de Chine, Jiang Zemin, avait effectuée dans la Fédération de Russie. La déclaration était signée, côté russe, par Sergueï Lavrov, l’actuel ministre des affaires étrangères, représentant alors son pays à l’ONU.

 

Cette déclaration commune de 1997 faisait suite à un accord fondateur de la reconstruction de la confiance entre les deux pays : le Partenariat stratégique d’égalité, de confiance mutuelle et de coordination réciproque, signé, le 26 avril 1996, à Pékin. Il est devenu, depuis lors, le cadre de l’approfondissement progressif de la relation bilatérale.

Ecole: un nouvel appel à la grève de trop jeudi ?

Ecole: un nouvel appel à la grève de trop jeudi ?

 

 

Indéniablement le dernier mouvement de grève à l’appel de tous les syndicats a  constitué un succès d’autant qu’il était largement appuyépar les parents mettant ainsi en cause la complexité du protocole sanitaire et son caractère inapplicable. Les syndicats très marqués à gauche remettent le couvert ce jeudi. Peut-être une grève de trop car les syndicats réformistes ne sont pas de la partie et l’opinion pourrait se fatiguer  de ces grèves à répétition. Le danger est aussi syndical mais aussi politique. La grève est un outil à gérer de façon intelligente et de manière majoritaire. L’expérience de ces dernières années a démontré que la poursuite de mouvements trop répétés se retournait en fait  contre leurs instigateurs.

FSU, CGT Educ’action, FO et SUD Education, ainsi que la FCPE, première organisation de parents d’élèves, ont lancé cet appel à la mobilisation.

Les enseignants et autres personnels de l’Education nationale, exaspérés par la valse des protocoles sanitaires liés au Covid-19, ont mené jeudi une grève d’ampleur, à l’issue de laquelle le gouvernement leur a promis 5 millions de masques FFP2 et des remplaçants, avec notamment le recrutement de « 3.300 contractuels de plus » et le recours aux listes complémentaires (candidats qui ont passé le concours et n’ont pas été recrutés, mais étaient bien classés).

Le gouvernement a aussi annoncé que les évaluations de « mi-CP » seraient « reportées à un délai qui reste à définir », et qu’un éventuel report des épreuves de spécialités du bac, prévues en mars, serait étudié.

L’appel à la mobilisation pour jeudi est cependant moins large que pour le 13 janvier, les syndicats enseignants SE-Unsa, Snalc et Sgen-CFDT n’ayant cette fois-ci pas rejoint le mouvement.

Un nouvel élan pour l’Europe

Un nouvel élan  pour l’Europe

 

Par le député européen  Dacian Ciolos   (dans l’Opinion)

Cette semaine, notre groupe politique Renew Europe effectue sa rentrée parlementaire à Paris à l’invitation de la délégation des eurodéputés Renaissance, à quelques mois du lancement de la présidence française de l’Union européenne. Ce sera l’occasion d’échanger avec le Président de la République Emmanuel Macron et les membres de son gouvernement à propos des priorités de cette présidence très attendue.

Cette rentrée parlementaire est particulièrement importante, elle intervient alors que nous approchons de la mi-mandat de l’actuelle législature du Parlement européen. Il est déjà temps d’établir un premier bilan de notre activité parlementaire.

Notre groupe, qui rassemble la famille libérale, centriste, démocrate et progressiste s’est fixé des objectifs ambitieux lors de sa création en juin 2019. Beaucoup de choses ont déjà été accomplies avec l’adoption par exemple du Pacte vert mais aussi du plan de relance européen devenu nécessaire avec la crise sanitaire. Je dois mentionner également le mécanisme de conditionnalité sur l’état de droit dont nous avons été les initiateurs. La défense de l’état de droit et des valeurs fondamentales est au cœur de nos priorités.

Ce premier bilan doit nous permettre de fixer nos priorités pour la seconde partie du mandat, dans la perspective des élections européennes de 2024. Notre famille politique est incontournable dans la vie parlementaire européenne. Nous sommes à l’œuvre quotidiennement pour construire des majorités avec nos partenaires proeuropéens. Nous souhaitons poursuivre dans cette direction et renforcer notre action. Notre détermination est plus forte que jamais pour faire progresser la construction européenne.

Les populistes, les illibéraux, les mouvements extrémistes ont beau jeu de vouloir exploiter les crises et les faiblesses de l’Union européenne. Cela ne nous déstabilise en rien, bien au contraire. Les crises que traverse et subit l’Europe nous imposent un devoir de réflexion afin d’être en mesure d’adapter les politiques européennes aux nouvelles réalités du monde.

La pandémie de la Covid 19 a bousculé l’Europe, ses premières réponses ont été hésitantes mais aujourd’hui nous devons constater que l’UE a su apporter les réponses adéquates. Et notre groupe a présenté des propositions très précises pour donner corps à l’Europe de la santé. Sur le front de la politique étrangère, de sécurité et de défense, qu’il soit dit clairement que la procrastination ne peut pas tenir lieu de politique.

La crise afghane, la débâcle devrais-je dire, doit nous conduire à prendre enfin la mesure de la dépendance de l’Union européenne à l’égard de ses partenaires. Il nous faut agir et doter l’Europe des outils qui lui permettront d’être un acteur géopolitique autonome et respecté. Ces débats se dérouleront aussi dans le cadre de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, qui rendra ses premières conclusions sous présidence française. Nous aurons l’occasion d’en débattre cette semaine à Paris avec nos amis français. La Déclaration de Paris qui sera publiée à l’issue de nos travaux sera notre boussole pour les mois à venir.

Relier les interdépendances en vue d’un nouvel horizon politique

Relier les interdépendances en vue d’un nouvel horizon politique Dans un ouvrage collectif, plus de 50 personnalités de la recherche, de la pensée et de l’art, parmi lesquelles Alain Damasio, Delphine Horvilleur ou Baptiste Morizot, appellent à penser le monde autrement, à l’aune des interdépendances (La future constitution des liens)

 

Il aura donc fallu un virus insoucieux des frontières pour que les mots du généticien Albert Jacquard (1925-2013) résonnent enfin comme une évidence : « La solidarité dans le monde n’est pas d’abord une valeur, mais un fait. Nous sommes solidaires, reliés inextricablement les uns aux autres comme à l’univers dans lequel nous vivons. » Encore faut-il accepter de le reconnaître. A l’initiative des éditions Les liens qui libèrent, plus de 50 personnalités de la recherche, de l’art et de la littérature unissent leurs voix dans un livre, Relions-nous ! La constitution des liens, l’an 1 (collectif, 218 pages, 10 euros)pour montrer comment les savoirs sont aujourd’hui traversés par cette notion d’interdépendances. L’ouvrage repose sur un postulat : les crises climatique, sanitaire, sociale, économique et psychique signent la fin d’une époque mais aussi d’une pensée héritée de plus de deux siècles de modernité. Les concepts avec lesquels nous continuons à appréhender le monde – la séparation de l’humain et de la nature, le temps linéaire, le progrès infini, l’idée cartésienne de se considérer « comme maître et possesseur de la nature »… – sont à repenser. Chacun des auteurs, dont Alain Damasio, s’y attelle et présente dans son domaine un bref état des lieux de la mutation qui s’opère, et une série de propositions comme autant d’articles de lois pour une nouvelle « constitution des liens ». Ainsi les juristes Marine Calmet et Sarah Vanuxem invitent à réécrire le droit pour « réanimer » les entités naturelles, fleuves ou montagnes, et les « considérer comme des personnes (…) capables juridiquement ». Les économistes Eloi Laurent et Katherine Trebeck proposent de substituer au produit intérieur brut de nouveaux indicateurs, fondés sur le bien-être humain, la résilience face aux chocs écologiques et la soutenabilité à long terme des systèmes économiques. Les philosophes Corine Pelluchon et Virginie Maris et l’agronome Pablo Servigne appellent à « la souveraineté des animaux sauvages ». Le philosophe Abdennour Bidar et la rabbin Delphine Horvilleur définissent une laïcité qui « ouvre à la dimension spirituelle de la démocratie » pour « faire vivre ensemble toutes les différences de convictions existentielles ». De ces voix singulières monte une polyphonie puissante qui bouscule les fondements de nos sociétés et esquisse un nouvel horizon politique. Les auteurs doivent se réunir au Centre Pompidou du 4 au 6 juin, pour en discuter dans le cadre du « Parlement des liens ». Le dialogue devrait aussi se poursuivre jusqu’au printemps 2022 avec des mouvements de jeunesse.

Climat : un nouvel appel dans le désert des dirigeants mondiaux

Climat : un nouvel appel dans le désert des dirigeants mondiaux 

Un nouvel appel en faveur du climat de la part des dirigeants mondiaux lancés en Corée. Un appel qui ne mange pas de pain mais qui sans doute ne changera pas grand-chose tellement les déclarations sont éloignées des politiques réelles.. De quoi sourire un peu face aux déclarations du fantasque Boris Johnson qui a rarement tenu ses promesses dans ce domaine comme ailleurs :

«C’est un bon début, mais ne nous tapons pas dans le dos pour l’instant parce que notre planète et notre peuple ont besoin de plus», a-t-il déclaré. «Nous avons besoin de gouvernements qui ne feront pas seulement des promesses sur le climat et la nature, mais joignent le geste à la parole».

 

Reste que beaucoup de pays en développement préfèrent privilégier la croissance pour lutter contre la misère ce que constate le secrétaire général de l’ONU. «Ce n’est pas un partenariat mondial si certains luttent pour survivre», a ajouté le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. «Lutter de front contre le changement climatique aidera à protéger les personnes les plus vulnérables de la prochaine crise tout en soutenant une reprise riche en emplois après la pandémie», a-t-il déclaré.

 

Bref encore de belles déclarations, de belles intentions mais qui laisse à chaque pays le soin de faire ce qu’il veut. La régulation mondiale de la lutte contre le climat reste encore à inventer.

 

Toxi-score: nouvel indicateur des produits toxiques

Toxi-score: nouvel indicateur des produits toxiques

Le nouveau label qui signalera les produits ménagers les plus toxiques

Un nouvel indicateur appelé toxi -score pour signaler la dangerosité des produits.. «Aujourd’hui, les étiquettes des produits ménagers sont très complexes. On ne sait pas très bien comment s’en servir. Cela concerne tous les produits ménagers. Il faut qu’on sache au premier coup d’œil s’il faut prendre des précautions d’utilisation, par exemple mettre des gants ou bien aérer la pièce», justifié la ministre Barbara Pompili.

Le détail des données prises en compte pour l’élaboration du toxi-score n’est pas encore connu. Le nouvel indicateur sera élaboré au sein du Conseil National de la Consommation, un organisme dépendant du ministère de l’Économie. Les discussions associeront des représentants des professionnels des produits ménagers et des consommateurs. L’objectif est d’intégrer des informations aussi bien sur les risques sanitaires pour l’utilisateur que les risques pour l’environnement liés à l’utilisation de ces produits.

Suez : nouveau départ et nouvel actionnariat ?

Suez : nouveau départ et nouvel actionnariat ?

 

C’est évidemment un Suez plus réduit après l’absorption d’une partie par Veolia qui réfléchit à son développement ainsi que son actionnariat..

 

L’accord entre Veolia et Suez prévoit le maintien d’un Suez indépendant représentant près de 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit moins de la moitié du groupe actuel, avec des activités surtout concentrées sur la France.

La solution GIP-Meridiam-CDC reste « la base de travail » pour constituer l’actionnariat du futur Suez, alors que l’allemand Remondis s’est dit également intéressé, a indiqué jeudi le directeur général de Suez Bertrand Camus.

«  »Cela confirme qu’il n’y avait aucun souci pour trouver des investisseurs pour accompagner Suez, au niveau global ou sur les différents actifs de Suez », a relevé le dirigeant. Précédemment « beaucoup d’investisseurs se sont retirés de par le côté inamical (de l’OPA lancée par Veolia, ndlr). A partir du moment où il y a accord entre les parties, à conclure, et que cet accord prévoit l’émergence d’une nouvelle entité, sur la base du périmètre négocié le week-end du 11 avril, énormément d’investisseurs remanifestent leur intérêt, et Remondis en fait partie », a-t-il observé,

Confinement : le pari de Macron, encore un nouvel échec

Confinement : le pari de Macron, encore un nouvel échec

 

 

Ces dernières semaines et même ces derniers mois, macron  avait tout misé sur un refus d’un confinement politiquement trop dangereux pour sa réélection en 2022. Il pensait que sa politique du en même temps notamment avec le seul couvre-feu permettrait d’inverser la courbe de la contamination. Macron avait d’ailleurs fixé le cap,  à savoir la limite maximale de 5000 contaminés pour commencer à desserrer l’étau.

 

Or ces derniers jours on a atteint 30 000 contaminations et la courbe évolue à la hausse de manière exponentielle à tel point d’ailleurs que vendredi les pouvoirs publics n’ont pas voulu publier de chiffres. Explication officielle , pour des questions techniques ! Quand il s’agit de faire une simple addition ! La vérité est sans doute que tout autre on va agglomérer les très mauvais chiffres sans doute de vendredi avec ceux de samedi et de dimanche traditionnellement beaucoup plus bas du fait  de la fermeture d’un grand nombre de laboratoires.

 

Macron s’est longtemps  opposé aux scientifiques tout autant qu’aux politiques qui souhaitaient le recours au confinement. Macron conteste même ce mot de confinement. Une contestation sémantique qui ne change pourtant rien car Macron a dû céder. En tout cas faire semblant avec un nouveau plan qui comporte d’énormes trous dans la raquette et qui est typique du en même temps du président de la république. Résultat, il a mécontenté tout le monde. Ceux qui auraient souhaité un recours confinement strict y compris pour l’ensemble du pays tout autant que ceux, majoritaires, qui ne supportent plus les atteintes à la liberté. Les prochains sondages risquent d’être catastrophiques pour Macron qui va payer ses hésitation, son manque de courage et surtout son manque de clarté.

 

 

Nouvel état d’urgence jusqu’au 1er juin

Nouvel état d’urgence jusqu’au 1er juin

 

Avec l’état d’urgence prolongée jusqu’au 1er juin, l’Assemblée nationale peut être mise entre parenthèses. Et d’une façon générale tout les partis politiques aussi. Tout se décide en effet de manière très secrète dans le comité de défense interdit de médias. En fait par le président de la république qui s’appuie sur tel ou tel expert selon sa convenance du moment. Il s’agit évidemment d’une position qu’on peut comprendre par rapport à l’enjeu de la crise sanitaire mais qui interroge sur le caractère démocratique de la gestion du pays par les pouvoirs publics. Il est un effet vraisemblable que la crise sanitaire va se prolonger encore longtemps du fait en particulier de l’impact de plus en plus mortel des variants du virus. On ne verra certainement pas le bout du tunnel au 1er juin. Rien n’empêchera alors le gouvernement de solliciter à nouveau un prolongement de l’état d’urgence et un pilotage de la politique par le seul président de la république.

737 MAX: un nouvel incident au Canada

737 MAX: un nouvel incident au Canada

Un nouvel incident pour le 737 MAX:  observé au Canada.. Un avion 737 MAX d’Air Canada, qui faisait route vers Montréal en provenance de l’Etat américain de l’Arizona, avec trois membres d’équipage à son bord, a été contraint de se dérouter vers Tucson, après un problème de réacteur, a déclaré la compagnie aérienne vendredi 25 décembre.

Dans un communiqué, Air Canada a indiqué que les pilotes ont reçu une « indication moteur » peu après le décollage et ont « décidé d’éteindre l’un des réacteurs ». L’incident s’est produit le 22 décembre. « Les appareils modernes sont conçus pour pouvoir fonctionner avec un seul réacteur et nos équipages sont formés pour de telles procédures », a précisé l’entreprise. Boeing n’a pas souhaité faire de commentaire.

Un rapport du Congrès américain, publié le 18 décembre, accable l’entreprise sur la préparation inappropriée de ses pilotes.

Des lacunes concernant la formation des navigateurs de Boeing aux tests pour obtenir une nouvelle certification de vol sur son modèle phare ont été soulignées. Le document questionne également les contrôles effectués cette année sur le système de sécurité MCAS.

Iran : un nouvel accord sur le nucléaire dans six mois ?

Iran : un nouvel accord sur le nucléaire dans six mois ?

Joe Biden a promis de revoir l’accord sur le nucléaire iranien dans les six mois. Un accord non respecté d’une part par l’Iran, d’autre part dans les États-Unis qui se sont retirés depuis 2015. L’Iran semble mieux disposé vis-à-vis de Biden que vis-à-vis de son prédécesseur. Les dirigeants du pays se sont félicités de la défaite de TRUMP , ce qui semble une sorte d’appel du pied à Biden.

 

L’Iran est dans une situation économique et sociale régulièrement dramatique du fait notamment des sanctions américaines. À cela s’ajoute une situation sanitaire particulièrement grave. En attendant,  la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, le groupe E3 qui pendant quatre ans a porté à bout de bras le JCPOA pour le maintenir en vie malgré les coups portés par Washington et Téhéran, ont décidé de se réunir lundi au niveau ministériel. Parfois, les succès diplomatiques sont affaire de résistance.

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