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Générosité pour Notre Dame mais pas pour la pauvreté (Emmaüs)

Générosité pour Notre Dame mais pas pour  la pauvreté (Emmaüs)

 

« Aujourd’hui c’est Notre-Dame de Paris qui brûle mais c’est notre maison commune qui brûle. Pour le coup, qu’est-ce qu’on fait pour reconstruire notre pays ? », s’interroge Thierry Khun, directeur d’Emmaüs Mundo sur franceinfo (interview):

 

 Les dons pour Notre-Dame s’envolent alors que les dons aux associations diminuent. Comment réagissez-vous ?

Thierry Kuhn : D’abord, on est tous sous le choc. Cet incendie à Notre-Dame est terrible pour nous tous parce que c’est un symbole fort, et cette mobilisation, c’est une bonne chose. Évidemment, elle ne va pas sans poser de questions. On a besoin aujourd’hui de la mobilisation de tous autour des questions de solidarité, des questions d’écologie. Un milliard d’euros en 24 heures, c’est du jamais vu et surtout c’est du jamais vu pour les questions de solidarité et la question aux personnes les plus en difficulté. Finalement, le ruissellement fonctionne mais il est un peu sélectif et laissé à la libre appréciation de ceux qui détiennent aujourd’hui une grande partie de la richesse. On a besoin aussi de cette richesse pour la lutte contre l’exclusion, pour les autres, ceux qui n’ont pas les moyens.

Après plusieurs mois passés à entendre que les moyens financiers manquent, vous voyez aujourd’hui l’argent sortir des caisses. Cela vous choque-t-il un peu ?

Oui, parce qu’on est très nombreux à dire que l’argent existe pour lutter contre l’exclusion, or les dons baissent pour les associations. La question de la solidarité, des inégalités c’est un trésor national qu’il faut sauver aussi, c’est une grande cause qui peut tous nous rassembler. Les dons aux associations, cela représente trois milliards d’euros par an, et là, on vient d’attribuer en 24 heures un tiers de ce qui est donné à la solidarité. C’est une baisse de 200 millions d’euros en 2018. Moi, je proposerais qu’en même temps que la reconstruction de Notre-Dame, on reconstruise notre pays. « La maison brûle » comme disait Jacques Chirac. Aujourd’hui c’est Notre-Dame de Paris qui brûle mais c’est notre maison commune qui brûle. Pour le coup, qu’est-ce qu’on fait pour reconstruire notre pays ? Ma proposition, ce serait de dire « un nouveau toit pour Notre-Dame mais également et surtout un toit pour tous ». Et ça, on pourrait très bien le réaliser : 1 euro qui est donné pour Notre-Dame, c’est 1 euro qui est donné pour la solidarité et pour la question de l’écologie.

Vous y voyez une forme de fracture sociale inversée ? Il est « plus gratifiant » de donner pour Notre-Dame que pour des fonds de solidarité ?

Oui, parce que notre vivre ensemble, notre capacité à lutter contre les exclusions, c’est aussi un trésor national et une cause qui doit mobiliser les plus riches comme les plus pauvres. On a des gens qui n’ont pas les moyens, qui donnent aux associations, qui donnent à la lutte contre les inégalités, qui donnent également pour l’écologie qui sont des causes importantes. Or, on voit bien que, avec la baisse des impôts pour les plus riches, avec la disparition de l’ISF, les plus riches font d’autres choix et qu’ils n’ont plus cette conscience de la solidarité nationale. Cela interroge parce qu’on parle des plus riches, on parle des grandes entreprises, des grandes fondations mais ce sont également les grandes collectivités. On n’arrête pas de dire « On n’a plus d’argent ». C’est ce que les plus pauvres entendent et il y a une forme de résignation parmi les plus exclus, et je peux vous dire que la colère gronde. Ça ne présage pas de bons augures pour l’avenir. Il y a urgence. On est en état d’urgence sociale et économique.

 

 

Urgence : sauver notre industrie (Franck Gayraud)

Urgence : sauver notre industrie, (Franck Gayraud)

Il y a une urgence d’action pour le sauvetage de l’industrie française pour  Franck Gayraud, co-fondateur et président d’Arcure (interview la Tribune)

 

« La séduction semble être au cœur de la politique industrielle française : Usine Extraordinaire, French Fab Tour, Semaine de l’Industrie… En quelques mois, la France a fait feu de tout bois « pour renforcer l’attractivité du secteur, précisément auprès des jeunes, et promouvoir aussi la mixité des métiers et la place des femmes dans les différentes filières ». A coup sûr, ces initiatives au croisement du symbole et de la communication vont contribuer à redorer l’image de l’industrie en la débarrassant de ses lieux communs. Une demi-victoire en somme – voire une facilité – car la priorité est ailleurs.

De Ford Blanquefort aux Fonderies du Poitou, en passant par Ascoval, les nuages n’ont cessé de s’amonceler au-dessus de nos fabriques, donnant du crédit au dernier rapport de la Direction Générale des Entreprises sur le poids économique de l’industrie nationale. Entre 2000 et 2016, la part de l’industrie dans le PIB domestique est passé de 16,5% à 12,5%. Des chiffres corroborés par la Banque Mondiale : l’an dernier l’institution financière internationale révélait qu’entre 1960 et 2017, la valeur ajoutée de l’industrie dans l’économie française est passée de 29,8% à 17,3%. Certes, l’Insee a indiqué en début d’année, que la production industrielle française a augmenté de 1,3% en janvier. Toutefois, cette bonne nouvelle conjoncturelle ne saurait cacher l’état profond du secteur.

Ces chiffres ne seraient pas aussi inquiétants si les principaux concurrents de la France n’affichaient pas, eux, une forme enviable. Par exemple, toujours selon la Banque mondiale, la valeur ajoutée de l’industrie dans l’économie atteint 27,6 % en Allemagne et culmine à 40,4% en Chine ! Evidemment, dans chacun de ces pays, l’industrie a connu des périodes de reflux. Mais ils sont parvenus à un taux d’industrialisation conséquent grâce à une approche méthodique : identifier un objectif et offrir une perspective au pays, mettre en place des initiatives précises pour atteindre ledit objectif et médiatiser les résultats obtenus, y compris au-delà de ses frontières. C’est notamment la démarche suivie par l’Allemagne avec l’Industrie 4.0, un projet national initialement élaboré en réponse à la chute de production du pays au lendemain de la crise de 2009. Profondément universel, ce dessein a, par la suite, été embrassé à l’étranger. Et la France dans tout ça ?

En 2013, François Hollande lança « La Nouvelle France Industrielle », un projet sensé « porter la France au premier rang de la compétition mondiale en écrivant une nouvelle page de son récit industriel ». Six ans plus tard, ce projet apparaît comme un slogan sans lendemain. A son arrivée à Matignon, au-delà de la continuation des dispositifs symboliques évoqués plus haut, le gouvernement d’Edouard Philippe a imaginé les « Territoires d’Industrie », une initiative dont « l’ambition est d’accélérer le développement des territoires à forts enjeux industriels ». Mais comme l’expliquait récemment Benjamin Coriat, économiste membre de l’organisation Initiative for Policy Dialogue de New York, dirigée par le prix Nobel Joseph Stiglitz, « 1,34 milliard d’euros, c’est dérisoire pour 124 territoires (…) Redonner la main aux territoires, c’est bien, à condition que les dotations soient suffisantes. Cette initiative s’inscrit dans une vision d’avenir extrêmement faible ».

En mandarin, le mot « crise » est composé de deux caractères. Le premier signifie danger, le second est traduit par opportunité ou chance. C’est ce regard que nous devons porter sur notre industrie. Cette crise industrielle, souvent évoqué par euphémismes, est l’occasion d’un nouveau départ fiscal et éducatif, les deux maux profonds de notre industrie. Pour être dynamique, le secteur a besoin d’investissements. Evidemment, l’Etat ne peut pas tout financer. Mais il peut libérer l’investissement en adaptant la fiscalité. Concrètement : déduire l’investissement dans les PME et relever le plafond du PEA-PME afin que les baby-boomers qui ont massivement investi dans l’immobilier puissent le faire, dans les actions privées, avec la même facilité et le même élan.

Récemment, Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, rappelait que 50.000 offres d’emploi dans ce secteur sont à pourvoir. Or, la plupart des industriels pourront en témoigner, ce ne sont pas les candidatures qui manquent mais les compétences : trop souvent les candidats reçus en entretien font état de lacunes sérieuses dans les savoirs fondamentaux. En réponse à ces limites, renforçons les relations entre l’entreprise et les élèves. Pourquoi attendre la classe de troisième pour que celui-ci la découvre ? La relation avec l’entreprise doit jalonner la scolarité de l’élève dans l’enseignement secondaire. Une relation protéiforme matérialisée par un stage annuel dont la durée croitrait progressivement, des moments éducatifs dédiés, sous la forme de cours ressemblant à ceux d’éducation civique voire des ateliers dirigés par des professionnels de l’industrie. Ces dispositifs ne viseraient pas à transformer les élèves en mini-salariés, mais plutôt à les aider à identifier et acquérir, le plus tôt possible, les compétences nécessaires à l’exercice de ces métiers.

La Chine n’est pas devenue une nation industrielle en organisant l’Usine Extraordinaire mais plutôt en levant les barrières aux IDE et en donnant à son peuple les outils pédagogiques adaptés. Ne nous trompons pas d’objectifs : levons le pied sur la communication et agissons concrètement car il n’y a pas de leadership économique sans industrie puissante. »

 

Edouard Philippe: « Notre modèle social ne fonctionne pas bien » (E. Philippe)… ah bon !

Edouard Philippe: « Notre modèle social ne fonctionne pas bien » (E. Philippe)… ah bon !

Le Premier ministre découvre un peu la lune en affirmant que notre modèle social ne fonctionne pas bien et qu’il ne suffit pas d’indemniser pour insérer. Le premier ministère prend la thématique de Bruno Lemaire qui avait souhaité qu’on revoit le niveau des aides sociales. . En gros, le gouvernement aimerait bien diminuer les aides sociales. Bref,  le coup de rabot habituel. Globalement le fonctionnement du modèle social n’est pas satisfaisant  surtout parce qu’on applique à la moyenne des mesures générales qui devraient être affinées de manière individuelle. C’est-à-dire de manière très fine en fonction des situations très concrètes. Ceci vaut pour le chômage, les aides aux handicapés et nombre d’autres mesures. Il faudrait aussi faire le lien avec la fiscalité car certaines personnes n’ont aucun intérêt à travailler à mi –temps pour 600 ou 700 euros par mois. Le Premier ministre en exemple les allocataires du revenu de solidarité active (RSA) qui, pour beaucoup, “attendent plus de six mois un rendez-vous pour pouvoir être accompagnés vers le retour à une activité”. “C’est absurde”, dit-il. En fait des allocataires qui attendent plutôt plusieurs années ! Le Premier ministre sort des lapalissades quand il affirme “On a trop longtemps cru qu’il suffisait d’indemniser des personnes sans ressources pour les réinsérer. On raisonne trop souvent en termes de distribution d’argent, pas assez en termes d’accompagnement”, ajoute-t-il. “C’est vrai pour les aides sociales comme pour les aides aux entreprises.” Le problème c’est qu’un responsable politique n’est pas élu pour commenter des évidences mais pour changer le système.

 

Le héros, essentiel à notre identité nationale (Peschanski)

Le héros, essentiel  à notre identité nationale (Peschanski)

L’historien Denis Peschanski, directeur de recherche au CNRS et membre du conseil scientifique de l’observatoire B2V des mémoires a déclaré mercredi 28 mars sur franceinfo que l’hommage national à Arnaud Beltrame est l’illustration que « la mémoire est dans l’Histoire. »  Le gendarme, qui a donné sa vie pour sauver celle d’un otage du terroriste à Trèbes (Aude) vendredi dernier, a été salué par ses pairs, par le président de la République, par ses proches et par des anonymes. Emmanuel Macron a honoré « l’esprit de résistance » du gendarme Arnaud Beltrame en invoquant les noms du général de Gaulle et de Jeanne d’Arc. Le chercheur souligne que derrière Arnaud Beltrame,  »on a l’image de la Résistance » et que la figure du héros, soulignée par Emmanuel Macron, « est une figure essentielle dans la construction de notre identité nationale. »

Franceinfo : Que signifie le fait qu’Emmanuel Macron ait invoqué les noms du général de Gaulle ou de Jeanne d’Arc ?

 

Denis Peschanski : On a une nouvelle illustration que la mémoire est dans l’Histoire. La mémoire évolue avec l’Histoire et elle agit dans l’Histoire. Au moment des épreuves ultimes, on en appelle à cette Histoire. On en appelle à la Résistance. C’est une référence récurrente. Il parle du Vercors, de Jean Moulin, de Pierre Brossolette. Là, la référence est évidente, puisque derrière ce héros, derrière Arnaud Beltrame, on a l’image de cette résistance-là. La continuité est immédiate. Il renvoie au-delà de Gaulle. C’est très gaullien, il renvoie à Jeanne d’Arc. Il s’inscrit dans l’Histoire longue, et d’une certaine façon, dans la continuité du génie français, la singularité, la spécificité française.

 

Est-ce que cela se décrète un héros de l’Histoire ? Est-ce qu’on fabrique nos héros collectifs ?

La mémoire collective est toujours une construction. C’est une représentation sélective du passé. On va chercher dans le passé ce qui participe à notre construction identitaire comme nation, comme société. Là, il est évident que la figure du héros est une figure essentielle dans la construction de notre identité nationale.

Il y a des municipalités qui veulent donner le nom d’une rue à Arnaud Beltrame. C’est par ces symboles que se fabrique des personnages de l’Histoire ?

Ce sont des vecteurs de la mémoire collective. Nous participons à la construction de cette mémoire-là. Quand les enseignants vont en parler dans les établissements scolaires, ils parlent de cette construction. Jean Moulin n’existait pas avant décembre 1964. C’est André Malraux, qui fait entrer Jean Moulin, non seulement, au Panthéon, mais dans la mémoire collective. Regardez les rues Jean Moulin, les collèges Jean Moulin, et regardez les dates d’inauguration. À la marge, elles sont situées avant 1964, pratiquement toutes après 1964. Il y a une sorte d’invention sociale de Jean Moulin. Jean Moulin entre dans la mémoire collective comme ce qu’il a toujours été, un des grands chefs de la Résistance.

Le nom d’Arnaud Beltrame est salué cinq jours après l’attaque terroriste. Est-ce que c’est un nom qui dans 10 ou 20 ans résonnera comme un symbole de cette période ?

 

Il a un sens. On ne retient pas tout. On retient ce qui fait sens, ce qui a une utilité sociale. Le geste héroïque a un sens dans cet affrontement avec le terrorisme. Il y a trois figures, le héros, la victime, le terroriste. La figure du terroriste a disparu. La figure de la victime est toujours centrale en France. Et là émerge une nouvelle figure portée très fortement par le président de la République, qui est celle du héros. Il a voulu la mettre en avant aujourd’hui.

Notre Dame des Landes : lancement des travaux

Notre Dame des Landes : lancement des travaux

 

 

La reprise des travaux venet d’être décidée pour le très contestable et contesté aéroport de Notre dame des landes (la moitie de français étaient contre dans le dernier sondage). Et dans l’urgence comme s’il agissait d’une question de principe pour Ayrault et le gouvernement. Pas une urgence pour la gestion de la mobilité mais sans doute pour l’énorme opération d’urbanisme qui pourra être lancé après le déménagement de l’actuel aéroport .  Bref la métropolisation à marche forcée tandis que villes moyennes, petites agglomérations et zones rurale sont laissées  à l’abandon (moins d’emplois, moins d’équipements publics,).  Un appel d’offres pour des travaux de débroussaillage de la desserte routière de l’aéroport a donc été publié lundi au bulletin officiel des annonces de marchés publics. L’échéance est fixée au 23 novembre 2015 pour des travaux « en 2016″. Une rapidité qui contraste avec les nombreux délais qui ont progressivement fait prendre trois ans de retard à un aéroport déclaré d’utilité publique en 2008 et qui devait initialement être inauguré en 2017, une dizaine de km au nord de Nantes, afin de remplacer l’actuel aéroport de Nantes Atlantique situé au sud de l’agglomération. Le projet contesté était en suspens depuis l’automne 2012 mais la tension n’est jamais vraiment retombée et les manifestations se poursuivent. En juillet dernier, les 17 recours déposés par des opposants à l’aéroport ont été tous rejetés par le tribunal administratif de Nantes. Après ces derniers recours, « il faudra alors s’engager dans la construction de Notre-Dame-des-Landes », avait promis en fin d’année dernière le Premier ministre Manuel Valls, favorable comme son prédécesseur Jean-Marc Ayrault à cet aéroport.

« Notre adversaire n’est plus Bachar el-Assad »( Marc Le Fur)

« Notre adversaire n’est plus Bachar el-Assad »( Marc Le Fur)

La visite de parlementaires à Assad est un très bonne initiative ( Marc Le fur-UMP) » qui contredit notamment Hollande et Sarkozy. ( interview JDD)

Vous êtes membre du groupe d’amitié France-Syrie à l’Assemblée nationale. Que pensez-vous du voyage de quatre de vos collègues à Damas, où ils ont rencontré Bachar el-Assad?
C’est une très bonne initiative que je ne condamne pas. Si j’y étais allé, j’aurais sans doute été un peu plus attentif aux conditions de mon voyage, en informant peut-être mon parti. Mais je ne leur jette pas la pierre. Les chrétiens d’Orient sont menacés par Daech. Je constate que l’Etat islamique a un très grand nombre d’adversaires, dont Bachar el-Assad. Ce dernier n’est pas parfait, loin de là, mais il a le même adversaire que nous.

Nicolas Sarkozy a qualifié de « gugusses » les deux élus UMP qui étaient partis. Comprenez-vous sa réaction?
Je ne vais pas commencer à commenter les commentaires. Ma position est uniquement personnelle : je ne condamne pas mes collègues.

Aujourd’hui, l’armée régulière syrienne combat davantage les rebelles que l’Etat islamique et a utilisé des armes chimiques. Ne condamnez-vous pas ses méthodes?
Je ne regarde que les méthodes des rebelles qui égorgent et massacrent la population syrienne à l’instar de Daech dans le Nord du pays. Il faut être réaliste et prendre toutes les dispositions pour lutter contre un islamisme extrémiste qui existe aussi chez ces rebelles.

L’ONU a publié plusieurs rapports rendant Bachar el-Assad auteur de « crimes contre l’humanité »…
Il existe des torts des deux côtés, c’est sûr. Mais ce n’est pas le sujet aujourd’hui. La priorité est de protéger les chrétiens d’Orient. C’est pour cela que mes collègues se trouvaient là-bas. Je ne comprends d’ailleurs pas l’attitude du président de la République (François Hollande a condamné l’initiative des quatre élus depuis Manille jeudi, Ndlr). Il n’a pas à juger le travail des parlementaires, surtout quand il s’agit de sauver des vies.

L’exécutif préfère s’en tenir au « ni Bachar el-Assad, ni Etat islamique ». Cette neutralité n’est-elle pas plus prudente?
A un moment donné, il s’agit de défendre notre territoire et d’être cohérent. Nous avons été attaqués, sur notre sol début janvier, par des terroristes se revendiquant de Daech. Aujourd’hui, la France ne peut pas avoir mille adversaires et se dresser contre le monde entier. Notre ennemi, c’est d’abord ceux qui s’en prennent à nos ressortissants et à notre civilisation : Daech. Bachar el-Assad lutte aussi contre Daech. Donc, il faut en tirer les conclusions. C’est ça la realpolitik.

Préconisez-vous donc de renouer des liens avec le régime de Bachar el-Assad?
A ce stade, je me demande si nous avons bien fait de retirer notre ambassade à Damas. Si nous étions présents en Syrie, nous aurions peut-être les moyens d’infléchir la politique d’Assad afin de cesser les excès, les dérives de son armée que nous dénonçons. En tout état de cause, notre adversaire, ce n’est pas lui. Ou plutôt, ce n’est plus lui. C’est Daech et toutes les formes d’extrémismes musulmans qui peuvent exister. Je suis surpris des réactions très faibles de notre gouvernement quand on s’en prend aux coptes de Libye ou aux chrétiens au Niger.

Notre Dame des landes : coup de menton de Valls

Notre Dame des landes : coup de menton de Valls

 

Finalement plus personne ne se préoccupe vraiment de l’avenir immédiat du pays, désormais c’est la recherche de la meilleure posture pour 2017. Ce que fait encore Valls qui réaffirme que l’aéroport inutile de Notre Dame des Landes se fera. Façon de montrer que lui a de l’autorité ( en creux que qu’ Hollande n’en a pas !),  qu’il a chaussé les bottes de Clémenceau ! Un nouveau coup de menton évidemment.  Un projet pourtant qui a peu de chance de se faire car il faudra épuiser les procédures juridiques, encore des mois et des mois et l’aéroport (qui est en fait une vaste opération immobilière) n’a guère de chances d’être engagé avant 2017.  Manuel Valls réaffirme pourtant la détermination du gouvernement à l’installation d’un aéroport sur le site de Notre-Dame des Landes. C’est en tout cas ce qu’il écrit à une association locale, favorable au projet. Ce courrier, que France info a pu se procurer, relance le débat. Eté conforte les militants pro-aéroport dans leur certitude qu’il verra bien le jour.  C’est inscrit noir sur blanc : « Les travaux ne s’engageront qu’une fois les recours contre le projet jugés« . Mais travaux il y aura à Notre-Dame-des-Landes (NDDL), c’est ce que la formule sous-entend. Il n’y a pas de conditionnel. Et donc plus de doutes pour l’association Des Ailes pour l’Ouest, à qui le courrier daté du 28 octobre est adressé.  Un courrier signé Manuel Valls, que s’est procuré France Info (voir ci-dessous), dans lequel il écrit que « la détermination de l’Etat à voir ce projet réalisé est intacte« . Le projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes fait l’objet de très vives contestations, tout comme celui du barrage de Sivens en ce moment. En ce qui concerne NDDL, depuis sa prise de fonction en avril dernier, la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal essayait pourtant de ménager la chèvre et le chou. Jusqu’ici, la position du gouvernement supposait que de nouvelles discussions pourraient être engagées. Ségolène Royal aussi répétait qu’il fallait attendre. Mais attendre pour décider si le projet serait maintenu et sous quelles modalités. Le chef du gouvernement va donc plus loin. En continuant toutefois à s’abriter derrière les tribunaux, qui ne devraient pas trancher avant le printemps prochain.
 

 

Barrage de Sivens : nouvelle affaire type Notre Dame des landes

Barrage de Sivens : nouvelle affaire type Notre Dame des landes

 

Le barrage de Sivens est dans la lignée des projets surdimensionnés voire inutiles comme l’aéroport de Notre Dame des Landes (en fait qui est une vaste opération immobilière). Là auusi, peu de concertation (l’enquête publique a donné un avis défavorable ; Les élus sous influence des lobbys ont donné leur accord pour un barrage pour un ouvrage dont le coût est disproportionné par rapport à l’enjeu (il profiterait à une vingtaine d’agriculteurs).  Une expertise indépendante rédigée par deux ingénieurs des ponts, eaux et forêts, a été  remise lundi 27 octobre au ministère de l’écologie. Son contenu, très critique, a déjà été en grande partie dévoilé dimanche 26 octobre. Le rapport critique une évaluation « contestable » des besoins « réels » d’irrigation. Il évoque  « une surestimation du volume de substitution destiné à l’irrigation d’au moins 35 % ». Un surdimensionnement qui s’explique par une estimation des besoins établie « sur des données anciennes et forfaitaires ». « Le choix d’un barrage en travers de la vallée a été privilégié sans réelle analyse des solutions alternatives possibles », une situation d’autant « plus regrettable que le coût d’investissement rapporté au volume stocké est élevé », note également le rapport. Il qualifie en outre l’étude d’impact de « qualité très moyenne » et juge le financement du projet « fragile ». Le conseil général du Tarn souhaite créer une retenue d’eau artificielle d’une capacité de stockage de 1,5 million de mètres cubes sur le cours du Tescou, une petite rivière affluente du Tarn, sur la commune de Lisle-sur-Tarn. Objectif de cet aménagement : alimenter des agriculteurs en aval pour 70 % et soutenir le débit du Tescou en été pour 30 %. La hauteur maximale de la digue qui serait construite en travers de la rivière serait de 12,8 mètres et sa longueur de 315 mètres. La mise en eau est programmée pour l’hiver 2015-2016. Coût total du projet : 8,5 millions d’euros, un coût élevé, qui s’explique notamment par la création d’une nouvelle zone humide censée compenser la disparition des zones humides existantes. L’ouvrage doit faire disparaître 13 hectares de zones humides. « On y observe une quinzaine d’habitats différents », note le rapport d’expertise remis le 27 octobre au ministère de l’environnement. « Cette zone n’a pas les qualités requises pour faire partie du réseau Natura 2000, tempère-t-il aussitôt. Son niveau d’intérêt est départemental, mais il n’est nullement exceptionnel. »  Les opposants dénoncent un projet coûteux destiné, selon eux, à un petit nombre d’exploitants pratiquant une agriculture intensive. Ils estiment que la retenue d’eau bénéficierait à 19 exploitations agricoles, et non 81, comme le soutient la chambre d’agriculture du Tarn.

«Notre modèle social a vécu» (Gattaz)

«Notre modèle social a vécu» (Gattaz)

 

Gattaz n’a pas complètement tort mais il voudrait saboter Valls et Hollande qu’il ne s’y prendrait pas autrement. En soi ce n’est pas très grave tellement la crédibilité du gouvernement est atteinte ( mais c’est grave pour la France) . Il est clair que le modèle social est à repenser pour la simple raison que la France n’a plus les moyens de le financer. Mais les propos de Gattaz aurait davantage d’impact sil faisait le lien avec une analyse économique un peu approfondie et sil utilisait une pédagogie plus élaborée.   Dans un entretien accordé au Parisien-Aujourd’hui-en-France , Pierre Gattaz se félicite du discours pro-entreprises tenu depuis plusieurs semaines par Manuel Valls. Tout en l’encourageant à enfoncer le clou. Le patron des patrons a souhaité que le premier ministre, qui doit tenir son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale cet après-midi, «mette le turbo». «Notre modèle social a vécu, il n’est plus adapté», lâche-t-il. Le président du Medef estime notamment qu’il y a «des freins à l’embauche que l’on peut faire sauter sans que cela coûte un centime».  Lesquels? «Autoriser le travail le dimanche et après 21 heures, sur volontariat, quand une entreprise le demande par exemple. Je ne dis pas que cela doit devenir un jour normal, mais les modes de vie changent. Si certains de nos salariés veulent travailler entre 21 heures et minuit et gagner plus, qu’on les laisse faire. En France, il y a cinq millions de chômeurs, si on leur propose de travailler de 21 heures à minuit en étant doublement ou triplement payés, c’est toujours mieux que rien, non? Ouvrons le débat.»  «Les 35 heures appliquées de manière uniforme, ce n’est plus d’actualité» Pierre Gattaz, président du Medef  Autre proposition du patron du Medef: «Toutes les entreprises devraient pouvoir négocier le temps de travail à la carte, selon leurs besoins et pas seulement celles qui ont des difficultés. Aujourd’hui, les 35 heures appliquées de manière uniforme, ce n’est plus d’actualité», affirme-t-il avant d’ajouter: «Je ne dis pas qu’il faut travailler 48 heures par semaine. Mais si des sociétés ont besoin de travailler 40 heures et d’autres 32 heures hebdomadaires, il faut les laisser s’organiser». Enfin, Pierre Gattaz appelle à «fluidifier le marché du travail» par la simplification de son Code en «intégrant les nouveaux modes de vie». Alors que les récentes propositions du mouvement patronal sur les salaires, la durée du travail ou les jours fériés pour créer un million d’emplois ont été jugées provocatrices par les syndicats, Pierre Gattaz déplore qu’il y ait «encore beaucoup de conservatisme» chez ces derniers. «Il y a une double peur en France: celle du salarié de se faire licencier et celle du patron d’embaucher. Attaquons-nous à cette double peur, déverrouillons ces contraintes, plaide le numéro un du Medef. Les mots interdits, les tabous, ça suffit».

 

Sapin: « Notre amie c’est la bonne finance », ben voyons, comme le bon chômage !

Sapin: « Notre amie c’est la bonne finance », ben voyons, comme le bon chômage !

Il ne manque pas d’humour Sapin à défaut d’efficacité. Il a en en effet pris le contrepied de Hollande pour revendiquer l’amitié de la finance mais la « bonne finance ». Nuance de taille évidemment. Normal sapin n’est plus en campagne électorale avec Hollande, il est en situation de gestion et là il faut changer de lunettes.  Comme Hollande qui vienet d’ailleurs de changer ses lorgnons roses pour des modèles plus gestionnaires de comptable. Sapin, ancien ministre du travail,  qui tout au long de l’année 2013 s’était fait le porte voix de Hollande pour chanter l’hymne de «  l inversion du chômage » revient aux réalités comme ministre des finances. Pas sûr que les électeurs qui ont voté pour Hollande comprennent bien des ces revirements hasardeux qui témoignent à la fois d’une démagogie et d’une impréparation à la direction de l’Etat. Pour pousser encore un peu plus loin le bouchon Sapin aurait pu aussi affirmé que le « bon chômage » était son ami.   Le ministre des Finances, Michel Sapin, a donc  déclaré dimanche que la finance était l’ »amie » du gouvernement et de l’économie française, précisant « la bonne finance », dans une intervention aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence.  Nous avons à répondre à une très belle question: +y a-t-il une finance heureuse, au service d’investissements heureux ‘+ Je l’exprimerai autrement et vous verrez ma part de provocation. Notre amie c’est la finance: la bonne finance« , a-t-il lancé, déclenchant des rires dans la salle. Il n’est pas certain que les Français, eux,  apprécient cet humour aussi  douteux !

 




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