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Phénomène Zemmour: syndrome de nos faiblesses intellectuelles

Phénomène Zemmour: syndrome de nos  faiblesses intellectuelles

L’ancien Premier ministre Manuel Valls, estime que le polémiste Eric Zemmour « est le syndrome de nos faiblesses intellectuelles ». (Dans le JDD, extrait)

Éric Zemmour incarne-t-il un adversaire crédible?
Oui, parce qu’il est le nom d’un profond malaise démocratique. Sous l’apparence d’un retour de la croissance et des jours heureux avec la fin de la pandémie se cache une grande rupture civique. Les Français sont mécontents de l’offre politique, l’envie de sécession travaille en profondeur le pays. Un tiers des Français sont contre tout et s’avouent même favorables à un régime autoritaire. L’abstention massive ou une grande volatilité électorale en sont les marques. Zemmour se nourrit de cette crise démocratique, de la fragmentation à gauche, des divisions à droite, de la banalisation et de l’incompétence de Marine Le Pen. Utiliser un malaise et le tordre, c’est ça la force des populistes.

Est-il le porte-drapeau des « anti-tout »?
Zemmour est entré dans la compétition en occupant d’abord l’espace identitaire, xénophobe, ce que j’appelle le camp national populiste, dont il incarne la nouveauté. Il formule un récit historique et culturel cohérent qui rend fier cet électorat de droite réactionnaire. Il est en train de remplacer Jean-Marie Le Pen plus que sa fille, Marine. Il exploite le sentiment de déclassement civilisationnel et social, la hantise du métissage et du grand remplacement, le rejet des musulmans. Tout cela forme un courant puissant dans de nombreux pays et en France, et Zemmour l’a très bien compris. Est-il un feu de paille? Ce qui traverse la société ne l’est pas.

Comment le contrer?
Le danger de sa candidature dépend de la capacité des autres formations politiques à bâtir une offre sérieuse. Il faut débattre avec lui et nous ne sommes pas nombreux à l’avoir fait. Nous devons démonter sa vision des femmes, ses mensonges sur Pétain et de Gaulle et l’instrumentalisation de l’histoire de France aux seules fins de ses passions xénophobes, maurrassiennes… Nier l’appartenance à la France aux enfants assassinés par Mohamed Merah parce qu’enterrés en Israël, c’est insupportable! Cet homme nous présente une France qui n’existe pas, mais qu’une partie de nos compatriotes retrouve. Zemmour est le syndrome de nos faiblesses intellectuelles.

Que mettre en valeur?

La gauche doit être au clair sur la défense du modèle républicain et se battre contre la tenaille identitaire représentée par Éric Zemmour d’un côté, et Assa Traoré de l’autre. Les extrêmes identitaires se nourrissent. Ceux qui parlent d’une France racisée, on les retrouve autant chez les Indigénistes que chez Zemmour. La droite a une responsabilité historique : son implantation locale est forte, ses idées percent. Elle doit se mettre en ordre de marche et sortir de la stratégie de l’autruche ou pire, de l’adhésion. Les propos d’Éric Ciotti – qui a dit qu’il voterait Zemmour en cas de duel avec Macron – incarnent une rupture morale avec Chirac et Sarkozy. La force de Zemmour, c’est d’offrir un récit autour du « c’était mieux avant ». Bâtissons un projet sur la fierté d’être français, la défense acharnée de la laïcité, l’égalité femmes-hommes, le combat contre l’islamisme et l’antisémitisme, une autre politique de peuplement et d’immigration, la passion de la justice sociale, une vraie souveraineté européenne… Réfléchissons aussi à une manière de gouverner plus collective. Notre salut viendra de là.

 

Pour Zemmour, la gauche est responsable de tout…
La gauche porte une responsabilité importante. Je suis toujours de gauche, malgré elle et malgré moi comme disait Camus… Bien sûr, elle a été angélique. Quand j’ai dénoncé l’islamisme, l’antisémitisme, la dérive des quartiers, on m’a accusé d’être de droite ou d’extrême droite. Elle n’a pas su répondre au nouveau monde après la chute du mur de Berlin, traiter des conséquences de la globalisation économique, réfléchir au nouvel âge identitaire après les attentats du 11 septembre 2001. Pire, une partie d’entre elle a abandonné la République et la laïcité, elle a remplacé la classe ouvrière par les musulmans, les immigrés qui représenteraient un nouveau prolétariat à défendre. Partant de là, on peut tout excuser, y compris le pire. Cela explique en partie son état actuel. Zemmour est profondément anti-républicain. Seule l’intransigeance républicaine répondra à l’exploitation des peurs qu’il agite.

Présidentielle 2022 : « offrir un avenir à tous nos enfants » (Hidalgo)

Présidentielle 2022 : « offrir un avenir à tous nos enfants » (Hidalgo)

 

Un slogan qui ne mange pas de pain, celui d’Anne Hidalgo déclarant sa candidature « offrir un avenir à tous nos enfants » et « bâtir une France plus juste »

Un slogan qui se veut très rassembleur puisqu’il pourrait être repris par chacun des candidats tellement il manque de fond. Un slogan sans doute plus adapté pour faire la promotion des yaourts ou d’une marque de lessive que pour constituer une orientation politique.

Créditée actuellement de 7 à 9% des voix selon les sondages, la maire de Paris rejoint une longue liste de candidats à gauche. Outre Jean-Luc Mélenchon, le patron de la France insoumise, sont aussi déclarés Arnaud Montebourg et Fabien Roussel, le chef du Parti communiste. Il faudra aussi compter avec le gagnant de la primaire écologiste, dont le premier tour est organisé à la fin de la semaine.

Climat : changer nos modèles sans casser la société

Climat : changer nos modèles sans casser la société

 

 

Face au changement climatique, le président de la Commission environnement du Parlement européen, Pascal canfin  appelle à une transformation négociée de nos sociétés. (Interview dans le JDD, extrait) 

 

  • Interview 

Comment s’adapter?
Dans les négociations climat, l’adaptation a longtemps été le parent pauvre. On parle davantage des mesures liées à la réduction des émissions. Pourtant, à chaque fin d’été, après les feux, les tempêtes, les inondations, on se dit qu’il faut agir. Mais nous ne le faisons pas, car nous n’avons pas pris conscience qu’en réalité on vivait déjà dans un monde à + 1,5 degré. Il faut donc mettre en place des politiques d’adaptation plus systémiques et arrêter d’être aveugle sur l’impact climatique.

Lesquelles?
C’est par exemple ce qu’on a fait avec la loi climat européenne : à chaque fois que l’Europe finance un grand projet d’infrastructures (hôtel, centre commercial, route, voie ferrée, etc.), il devra faire l’objet d’un test climat qui va évaluer sa capacité de résilience au choc climatique. Car, pour l’instant, on continue de construire comme si le dérèglement climatique n’existait pas. Or on sait que certains équipements seront inutilisables si nous ne déployons pas maintenant des stratégies d’adaptation. Par exemple, en France, les ports du Havre et de Dunkerque, essentiels à notre économie, seront partiellement sous l’eau dans la deuxième moitié du siècle! L’agriculture doit aussi s’adapter. Il faut faire évoluer les pratiques. Il y a aujourd’hui un consensus sur l’utilité des solutions fondées sur la nature. Quand vous remettez de la diversité agricole dans les champs, vous êtes plus résilient ; quand vous investissez pour restaurer les coraux en outre-mer, vous protégez le littoral de la montée des eaux, etc. Ces solutions sont gagnant-gagnant. Mais aujourd’hui il y a tout un champ d’investissement très largement ignoré car il n’y a pas de modèle économique. Personne ne gagne de l’argent en investissant dans du corail et donc personne ne le fait. Il faut donc être créatif et inventer de nouveaux modèles économiques, car tout ne peut pas reposer sur l’argent public. Ceux-ci doivent rémunérer le fait d’investir dans l’adaptation au changement climatique.

Les rapports du Giec ne semblent pas suffire à déclencher ces politiques. Sont-ils vraiment utiles?
Sans les rapports du Giec, il n’y a pas d’action politique. Ils forgent le consensus scientifique et légitiment l’action politique. Ils sont le socle qui permet d’agir. Aujourd’hui, le problème n’est pas la prise de conscience. Même dans les pays émergents, même dans l’opinion publique chinoise, même dans l’Amérique de Trump, la très grande majorité est convaincue de l’existence et de l’importance du changement climatique. L’enjeu n’est plus l’alerte. Aujourd’hui, la question est : comment crée-t-on le chemin de transformation de nos économies et de nos sociétés qui permet de se saisir des rapports du Giec pour les transformer en changements sociaux, économiques et technologiques ? L’enjeu politique est de transformer nos modèles sans fracturer les sociétés, sinon on n’avance pas.

Justement, comment avancer malgré ces tensions?
Quand on parle de transition, on a tout de suite des résistances, soit des lobbies, soit de certains groupes sociaux pour lesquels le changement peut créer des injustices. Il faut consolider aujourd’hui une écologie de gouvernement, qui considère que l’urgence climatique n’est pas une formule et qui élabore des consensus sociaux. Sinon, dans dix ans, les rapports du Giec nous diront qu’on n’arrivera pas à limiter le réchauffement à + 2 degrés. Il faut négocier les transformations des territoires avec les territoires, les groupes sociaux, etc.

A-t-on le temps de négocier quand les objectifs climatiques doivent être atteints dès 2030?
C’est simple : si on ne négocie pas, ils ne seront pas atteints car on ne fera rien! L’idée selon laquelle la transformation pourrait s’imposer d’elle-même n’existe pas. C’est la recette de l’échec.

Quels sont les leviers?
Il y a trois éléments essentiels. D’abord, la technologie. C’est une bonne nouvelle, car aujourd’hui nous avons plus de 80% des technologies nécessaires pour réaliser la transition à grande échelle qui sont disponibles : les voitures électriques, les maisons zéro émission, les énergies renouvelables pas chères. Contrairement à il y a dix ans, nous maîtrisons aujourd’hui presque toutes les technologies nécessaires à un monde zéro carbone. Ensuite, les attentes sociétales. C’est la capacité des citoyens à soutenir cette transition sur le terrain. C’est par exemple ne pas se mobiliser contre des mesures qui consisteraient demain à faire en sorte que le propriétaire d’une maison ne puisse pas la vendre si l’isolation n’a pas été faite. Car, quand on passe du rapport du Giec à la réalité des politiques publiques concrètes à mettre en place pour changer le modèle, il y a des choses qui ne font pas plaisir. A ce titre, la mobilisation de la jeunesse est fondamentale car elle injecte de l’énergie. Enfin, le dernier élément, ce sont les règles du jeu, et donc les politiques publiques. Si les technologies sont prêtes, si les consommateurs sont prêts à y aller, et qu’il n’y a pas les bonnes règles du jeu, ça ne fonctionne pas. Ces trois éléments seront au cœur de la réussite ou de l’échec. C’est ce qu’on fait avec le Green Deal en Europe.

Comment?
On aligne pour la première fois les technologies des entreprises – et l’Europe est le leader mondial pour les technologies vertes – et les attentes sociétales. On change les règles du jeu politique, avec un prix du carbone, les limitations sur les voitures, etc. Dans les deux ans qui viennent, on va changer 54 lois en Europe.

Les plans de relance post-Covid sont-ils à la hauteur de l’urgence climatique?
Selon un classement de l’ONU, le plan de relance le plus vert au monde est celui de la Corée du Sud. Vient ensuite celui de l’Union européenne puis de quelques pays européens, dont la France et l’Espagne. En France, on a réussi à utiliser ce plan pour créer les conditions de l’accélération de la transition. Ce n’est pas vrai partout. Par exemple, le plan chinois n’est pas aligné sur les 2 degrés. Or on sait que c’est le premier émetteur au monde et qu’une grande partie de la lutte contre le changement climatique se joue en Chine.

On l’a vu avec la loi climat en France, les débats sont souvent caricaturaux. Comment en sortir?
On a réussi au niveau européen et c’est aujourd’hui le seul espace où on arrive à le faire. C’est lié au système politique de coalition, qui fait que la majorité est obligée de négocier. Les partis de gouvernement ne peuvent pas faire du sujet climat un sujet qui les clive. Ils le font donc avancer ensemble, d’autant que c’est une priorité européenne. Nous avons un vice-président du Green Deal dont l’autorité s’impose aux commissaires à l’Energie, à l’Agriculture, etc. C’est un exemple intéressant pour le prochain quinquennat en France car, aujourd’hui trop souvent encore, on peut avoir des tensions entre les différents périmètres ministériels. Car la transformation systémique dont nous avons besoin implique une réorganisation de la façon dont l’Etat fonctionne et dont le gouvernement est structuré. Il ne s’agit pas de dépolitiser l’écologie, mais de s’organiser différemment pour gagner la bataille.

Comment?
Pour créer ce consensus et sortir des débats stériles, il faut réussir à considérer que la bataille climatique n’appartient à personne. C’est une question fondamentale posée aux Verts. J’ai fait partie d’EELV car, il y a dix ans, c’était le seul parti politique qui prenait ce sujet au sérieux. Mais aujourd’hui la condition du succès de la bataille climatique, c’est précisément qu’elle n’appartienne plus à personne. L’écologie n’appartient à personne. La responsabilité appartient à tous les partis de gouvernement. Pour se donner la chance de réussir, chacun doit faire son aggiornamento : les Verts doivent arrêter de considérer qu’ils sont les seuls à pouvoir le faire car c’est la condition de l’échec, et une partie de la droite doit sortir de l’opposition stérile entre économie et écologie. Toutes les études montrent que la transition écologique crée des emplois. Le coût de l’inaction est infiniment plus élevé que le coût de l’action. On le voit aujourd’hui au Canada, en Californie, en Allemagne : la gestion des phénomènes climatiques extrêmes est très difficilement supportable pour les finances publiques.

 

Nos biotechs préfèrent l’étranger

Nos  biotechs préfèrent l’étranger 

Un papier de la Tribune pourquoi les Biotech françaises préfèrent se développer à l’étranger (extrait)

 

Une fois passées les premières étapes de développement, beaucoup de biotechs santé filent Outre-Atlantique. Mais si elles posent leurs valises au pays de l’Oncle Sam, la plupart gardent un pied dans l’Hexagone. .

Cette destination américaines’impose comme un point de passage quasi-obligé. Franck Mouthon, président de France Biotech explique :

« Le marché américain représente en général entre 60 et 80% de la valeur et de la rentabilité dans un portefeuille d’entreprise. Les prix sont également plus élevés avec un ratio de 1-3 à 1-9 par rapport à l’Europe, en fonction des produits. Les investisseurs nous encouragent donc rapidement à conduire des développements dans ce pays. Ces opportunités de développement à l’international sur des marchés porteurs comme les US ne doivent pas éclipser les investissements en R&D en France notamment au bénéfice des patients sur le territoire ».

Les Etats-Unis bénéficient d’un autre atout de taille pour les entreprises innovantes.

« Les réponses des autorités réglementaires à propos d’un développement d’un nouveau produit sont engageantes, ce qui permet aux entrepreneurs et investisseurs de disposer d’informations lisibles précieuses pour anticiper les différentes étapes nécessaires pour que les patients bénéficient de ces innovations médicales ».
Laurent Levy, co-fondateur et directeur général de Nanobiotix, connait bien ce parcours :

« En France, beaucoup de fonds permettent de démarrer les sociétés de biotechs et des avantages très intéressants existent, comme le crédit d’impôt recherche. Mais le recours à des investisseurs spécialisés en grand nombre est indispensable pour permettre un développement à grande échelle. Pour investir quelques dizaines de millions d’euros ou plus, l’écosystème français et européen devient vite limité. Et lever plus de 100 millions d’euros est quasi-impossible. Nanobiotix est entrée au Nasdaq en décembre 2020, huit ans après Euronext. Pour les investisseurs américains, le plus important est la visibilité sur la stratégie de mise sur le marché du produit ».

Passer sous pavillon étranger n’implique pas forcément une réelle expatriation. Rafaèle Tordjman, directrice et fondatrice de Jeito Capital, précise :

« Que les pépites françaises soient aussi financées par des fonds étrangers est normal, le type de contractualisation doit néanmoins leur permettre de garder leur siège social en France sans les obliger à tout délocaliser. Quand elles ouvrent une filiale ou s’installent complètement aux États-Unis, elles ont intérêt à embaucher des dirigeants américains et des équipes déjà bien implantées localement ».

S’il a fait grincer quelques dents au nom de la souveraineté, le rachat d’Yposkesi par le Sud-coréen SK Holdings, a aussi sauvé ce fleuron français de la production de médicaments de thérapies géniques et cellulaires. Les actionnaires historiques l’AFM-Téléthon et BPI France détiennent désormais respectivement 25% et 5% du capital, contre 70% pour le nouvel arrivant. Alain Lamproye est président exécutif :

« Pour pouvoir réellement projeter la dynamique du marché, se doter de moyens financiers et d’expertise industrielle, il fallait doter Yposkesi d’un partenaire de taille, crédible, actif sur le marché des sociétés de service. Cette opération nous donne beaucoup de perspectives de développement, et la construction de notre nouveau bâtiment à Evry (91) en est un premier exemple. Cet investissement va de pair avec un développement de nos effectifs et des créations d’emplois ».

Ses clients futurs vont des Big Pharma aux petites start-ups. Par ailleurs, « nous gardons des liens privilégiés avec l’AFM téléthon-Généthon, Yposkesi continuera à produire les lots cliniques nécessaires pour les essais cliniques » ajoute Alain Lamproye.

De son côté, Eligo Bioscience n’a pas traversé l’océan. Ses antibiotiques de précision, les Eligobiotiques, permettent de tuer les bactéries résistantes et ont une action bien plus ciblée sur le microbiome. La société parisienne s’apprête à lever des fonds pour s’agrandir. Des essais cliniques contre une bactérie provoquant diarrhées violentes et insuffisance rénale chez les enfants devraient démarrer l’année prochaine. Et la startup avance sur d’autres programmes concernant les cancers et l’auto-immunité.

Xavier Duportet, son fondateur, observe : « Dans le domaine de la biotech, les frontières n’existent pas vraiment, notre terrain de jeu est le monde entier, pas uniquement la France. Aujourd’hui, l’ouverture d’une filiale d’Eligo aux Etats-Unis, paraît tout à fait probable pour l’avenir. Nous y avons un gros investisseur, les acteurs en pharma y sont beaucoup plus nombreux et le marché est très grand. Si une biotech a beaucoup d’investisseurs américains, il y a bien sûr plus de risques de transfert de son siège social, mais tout n’est pas joué d’avance, cela dépend non seulement des demandes de ses actionnaires, mais aussi de la vision de chaque société ».

La startup, qui bénéficie de l’appui de Carb-X (consortium mondial à but non lucratif, emmené par l’université de Boston) pour éviter les infections résistantes aux antibiotiques chez les patients transplantés, a également conclu un partenariat avec le britannique GSK pour le traitement de l’acné.

Pour Xavier Duportet, notre pays doit désormais se positionner sur l’ingénierie du vivant. « C’est un fait, de nombreux excellents chercheurs et entrepreneurs qui sont partis à l’étranger ne souhaitent pas revenir en France, souvent faute de moyens. Il faut les inciter à rentrer et leur donner la possibilité de pousser ce nouveau champ d’application de recherche et aider les sociétés qui inventeront les médicaments de demain. … »

« Vivre avec nos morts « 

« Vivre avec nos morts « 

« S’il y a un monde que la mort ne peut pas toucher, c’est celui des mots », observe la rabbine Delphine Horvilleur dans son dernier livre, « Vivre avec nos morts ». Un livre lumineux et sans pathos qui invite à célébrer la vie.

 

Entretien du Monde .

 

 Voilà un ouvrage sur la mort que l’on se surprend à lire le sourire aux lèvres. Malgré la gravité apparente du sujet, Vivre avec nos morts (Grasset) est en réalité un puissant hymne à la vie. Il aurait pu tout aussi bien s’appeler LeH’ayim ! – « A la vie ! », en hébreu –, expression qui ponctue régulièrement ce récit plein de sensibilité et de finesse.

Si Delphine Horvilleur prend pour point de départ la narration de vies interrompues, inconnues ou célèbres – la psychanalyste Elsa Cayat, Simone Veil, Marceline Loridan-Ivens –, elle la prolonge d’une réflexion sur la manière de donner sens à cette mort, sans pathos. Pour la première fois, la rabbine se dévoile également de manière plus intime sur sa propre histoire, « ses propres fantômes ». Puisant dans les textes sacrés et, de manière plus inattendue mais tellement savoureuse, dans les objets les plus profanes du quotidien – Lego inclus –, Delphine Horvilleur nous offre ici les enseignements d’une sagesse lumineuse et riante.

Qu’est-ce qui vous a incitée à écrire sur la mort, thème souvent jugé repoussoir ?

Delphine Horvilleur. Si ce thème peut effectivement sembler un peu pesant, j’ai cherché au contraire à offrir des récits qui, face au surgissement de la mort, font gagner la vie et ne lui laissent pas le dernier mot. Quand les gens meurent, ce n’est jamais de leur fin ou de leur tragédie qu’il faut parler, mais de la vie et la façon dont ils l’ont célébrée. D’où le titre du livre, Vivre avec nos morts.

L’idée de cet ouvrage est beaucoup plus ancienne que l’actualité liée à la pandémie, qui a fait surgir la mort de manière visible autour de nous. Depuis des années, je passe un temps considérable dans les cimetières et les maisons des endeuillés. Je savais que je devrais un jour explorer cette question qui me hantait, mais j’appréhendais de le faire. J’avais conscience que cela m’obligerait à faire un travail très personnel pour explorer mon propre rapport à la mort, mes propres fantômes. Mes précédents ouvrages étaient des essais, format qui n’impose pas de se mettre à nu. Ici, je me livre de manière beaucoup plus forte.

Pourquoi étiez-vous, jusqu’alors, réticente à le faire ?

Comme toutes les femmes qui ont été amenées à investir des fonctions longtemps masculines, je voulais sans doute inscrire mon rabbinat dans le sérieux de mon rapport au texte, la neutralité de ma fonction et tenir à distance l’affect. Il me semble qu’il m’a fallu, pendant un temps, surjouer un peu l’exemplarité « cérébrale ». Mais aujourd’hui, du temps a passé, et une certaine reconnaissance me permet peut-être de prendre un peu plus de liberté. Je crois toujours à la quête de l’excellence et du sérieux intellectuel, mais il me semble que je suis prête à dévoiler davantage mes propres vulnérabilités, et à parler à la première personne du singulier.

Un changement radical de nos sociétés

Un changement radical de nos sociétés

Emmanuel François, président de la Smart building alliance explique de la tribune que la crise sanitaire va provoquer bouleversements de nos organisations . Il propose de à des fondamentaux et de remettre la proximité, la mixité, la solidarité, la justice sociale, la sobriété et la durabilité au programme de toutes nos actions, à toutes les échelles (chronique dans la tribune)

 

Tribune

Travail, enseignement, santé, commerce mais aussi culture et divertissements : toutes nos activités sont concernées et impactées par ces mutations. Les crises actuelles, par leur imbrication, ne peuvent qu’accélérer le phénomène. Déjà, certaines formes d’économies émergent – collaborative, partagée – modifiant notre relation à la propriété au profit de l’usage.

Collectivement, nous voilà sommés de repenser fondamentalement nos repères. On pense à ceux de l’entreprise, qui, avec l’essor du télétravail, et parce qu’elle fera de plus en plus appel à des compétences partagées, ne pourra bientôt plus se prévaloir d’un capital humain exclusif occupant un espace donné. Et ceux de la famille : avec l’élargissement de la cellule traditionnelle, les générations interagissent différemment, avec des besoins en termes de configuration d’espaces multiples et susceptibles d’évoluer dans le temps.
Comment les infrastructures sur lesquelles reposent nos sociétés s’adaptent-elles à ces nouveaux paradigmes ? On voit par exemple émerger des lieux et bâtiments « pluriels », multi-usages, évolutifs, associant espaces privatifs et partagés. Au-delà, ce sont tous nos piliers économiques, comme nos réseaux physiques, qui vont s’hybrider : apparaissent pour l’énergie des productions et stockages décentralisés, et une distribution en courant continu en complément d’un réseau centralisé en alternatif.

Pour l’eau, des infrastructures de proximité pour la production ou et le retraitement se développent. Idem pour les déchets, avec des approches de plus en plus fines, différenciées et locales, pour la collecte et les différents types de valorisation et retraitements. Le tout faisant intervenir une multitude d’acteurs, privés, publics et associatifs. Les mutations concernent également la production industrielle avec l’essor du « fabless », les sites d’assemblages décentralisés à proximité des lieux de consommation, la construction hors-site, la production alimentaire de proximité, l’agriculture urbaine ou/ hors-sol, la distribution avec des circuits courts portés par des plateformes numériques et places de marché, etc.

 

Pour porter toutes ces évolutions, notre rapport à la monnaie va continuer à évoluer, avec le développement de l’économie de monnaies et crypto-monnaies locales, peut-être basées sur d’autres indicateurs, comme les comportements éco-citoyens, en complément et en parallèle de monnaies nationales ou fédérales, sans convertibilité manifeste voire même souhaitée. Le sujet de la monnaie, devenant de plus en plus sensible et de moins en moins étatique, s’appuyant tant sur la confiance que sur la technologie pour émerger.

Ces hybridations économiques et sociétales, interconnectées, conduisent à une mutation civilisationnelle majeure. Au-delà de nous obliger à repenser au plus vite les cadres normatifs et juridiques, elles nous poussent à revoir notre gouvernance et la répartition des pouvoirs, en entreprise comme dans la sphère publique. Nous avons d’ores et déjà besoin d’instances de prises de décisions moins centralisées, plus neuronales (ou en réseau) que pyramidales et surtout plus inclusives.

Parce qu’on n’en avait pas anticipé les puissances cumulées du numérique, des bouleversements climatiques et environnementaux, et de la crise sanitaire, le sujet de l’accompagnement du citoyen est devenu prioritaire. De plus en plus et de mieux en mieux informé, il veut, à juste titre, se voir impliqué dans ces choix de société. Ce sujet doit passer au premier plan de l’agenda politique et économique, sous peine d’aggraver encore les crises, qui dès lors seront alimentées par le rejet et la peur.

Ne nous laissons pas aveugler par la vitesse des transformations, que certains appellent de leurs vœux, avec des injonctions à l’accélération : la destination est plus importante que le chiffre au compteur ! Oui, nous devons repenser nos cadres de vie. Revenons à des fondamentaux, remettons la proximité, la mixité, la solidarité, la justice sociale, la sobriété et la durabilité au programme de toutes nos actions, à toutes les échelles. Voilà un chantier digne du XXIème siècle.

Afrique : Qu’avons-nous fait de nos 60 premières années d’indépendance

Afrique : Qu’avons-nous fait de nos 60 premières années d’indépendance 

(Sylvain Félix Semilinko)

Soixante ans après les indépendances, le journaliste Sylvain Félix Semilinko constate dans une tribune du Monde que l’Etat de droit reste un vœu pieux dans de nombreux pays du continent.

 

Tribune. 

Qu’avons-nous fait de nos 60 premières années d’indépendance ? Alors qu’en Afrique de l’Ouest se profilent une série d’élections présidentielles, ces périodes porteuses de violences, d’arrestations, de musellement des médias, voire de meurtres et de massacres, sont propices à nous poser cette question.

Une grande partie du continent avait poussé des cris d’orfraie pour dénoncer le défunt président français, Jacques Chirac, grand connaisseur de la politique en Afrique, qui laissait entendre que celle-ci n’était pas encore prête pour la démocratie à l’occidentale. Paternalisme et condescendance, hurlait-on alors. Et pourtant, trente ans de pratiques démocratiques sur le continent tendent à prouver qu’il n’était pas loin de la vérité.

Les tares congénitales des démocraties africaines sont multiples. Partout où elle s’est ancrée, la démocratie a pour socle l’Etat de droit, fondé sur une Constitution qui, pour être pérenne, doit être intemporelle, impersonnelle et non taillée sur mesure. Difficile en Afrique de compter sur des textes consacrant ces principes – sauf de rares cas en Afrique australe –, d’où les perpétuels changements constitutionnels contextualisés selon les intérêts du moment.

Ensuite, la plupart des Constitutions d’Afrique sont des copiés-collés de celles des pays développés, avec parfois – quand la fainéantise intellectuelle ne l’emporte pas – une toute petite couche de vernis local. Or il est évident que les paramètres socio-culturels, anthropologiques et politico-économiques ne sont ni semblables ni comparables. Comment faire comprendre une Constitution ou des lois électorales à une population en majorité analphabète ? Sans compter qu’organiser des élections à cycles réguliers, deux ou trois années consécutives, sur un budget de l’Etat plutôt dérisoire est une gageure.

Démocratie ethnique

Les Constitutions africaines sont issues pour la plupart des mouvements politiques des années 1990, sur les ruines et les échecs des partis uniques. Ces derniers, héritiers de la décolonisation, n’ont pu construire des Etats modernes, mais des Etats semi-féodaux et patrimoniaux. L’Etat, c’était le chef, agissant tel un suzerain disposant à sa guise des ressources publiques et ayant droit de vie et de mort sur ses sujets. C’était aussi l’ère des coups d’Etat, commandités ou internes, pour qui veut prendre sa part du maigre gâteau national. Le chef, une fois le coup réussi, pouvait s’octroyer tous les pouvoirs, se faire nommer maréchal (Mobutu dans l’ex-Zaïre) ou changer la forme de l’Etat, qui devenait son empire (Bokassa en Centrafrique).

Les démocraties naissantes des années 1990 n’ont pas tiré les leçons de ces pratiques. Pis encore, elles ont alimenté et aggravé les divisions ethno-régionalistes dans des Etats qui n’étaient déjà pas des nations consolidées, leurs frontières étant un héritage de la conférence de Berlin de 1885. Et la démocratie ethnique s’est substituée à de véritables démocraties nationales. Le chanteur ivoirien Alpha Blondy n’a-t-il pas consacré un titre à la pratique démocratique ? « Démocratie ce n’est pas tribalisme », chantait-il au début des années 1990. Ces pays se sont retrouvés avec des dizaines, voire des centaines de partis politiques du jour au lendemain, et cela a été la naissance du business démocratique, car créer et enregistrer un parti vous ouvre des droits au titre des chartes de partis, même si le nombre d’adhérents déclarés relève de la fiction.

Dès lors, des dissensions et palabres à n’en plus finir sont apparus. Alors pour élargir l’assiette du gâteau, l’inventivité politique a donné naissance aux fameuses commissions électorales dites « indépendantes » ou « autonomes ». Ces mastodontes chargés d’organiser des élections justes et transparentes sont à l’origine de bien des crises pré- et post-électorales : République démocratique du Congo (RDC), Côte d’Ivoire, Bénin… Les budgets alloués à ces structures pour l’organisation des élections dépassent de 10, 20 ou 30 fois les budgets de développement d’une commune moyenne : plusieurs dizaines de milliards de francs CFA (des dizaines de millions d’euros) en Côte d’Ivoire en 2010, une dizaine de milliards pour des législatives en 2015 dans un pays aux ressources modestes comme le Bénin. Toute la classe politique, opposition ou pouvoir, cherche à prendre le contrôle de ces structures, surtout pour en toucher les indemnités de commission et autres oboles.

« Devoir d’ingratitude »

Puis viennent les cours et les conseils constitutionnels. Parfois, ces institutions judiciaires font doublon avec les commissions électorales. Nous n’avons jamais compris pourquoi les élections dans ces pays ne sont pas confiées à des institutions judiciaires crédibles et spécialisées, composées de magistrats expérimentés et d’auxiliaires de justice assermentés. Pourquoi recourt-on aux cours et tribunaux pour les contentieux électoraux, alors qu’ils ne sont pas impliqués en amont dans les opérations électorales ? En Côte d’Ivoire, c’est bien le ministère de la justice qui a piloté les audiences foraines dont est issue la liste électorale en 2010. C’est d’ailleurs l’un des acteurs clés de cette opération qui dirige aujourd’hui la commission électorale. Les élections devraient être l’affaire de la justice et des structures chargées de la décentralisation, alors que les commissions électorales ont fait leur temps et ont montré leurs limites. Quelle crédibilité peut-on accorder à un procès-verbal de vote signé par des commissaires locaux ne sachant ni lire ni écrire ?

Quant aux structures judiciaires spécialisées, sans être un praticien du droit mais au regard des expériences et pratiques courantes, il n’apparaît plus sain que les dirigeants des cours et tribunaux chargés des processus électoraux soient nommés par les pouvoirs en place. En Afrique plus qu’ailleurs, il paraît si difficile d’exercer son « devoir d’ingratitude » vis-à-vis du prince, comme le disait l’ancien président du Conseil constitutionnel français Robert Badinter. Des magistrats ou praticiens du droit expérimentés devraient être majoritaires dans ces juridictions et élire en leur sein les présidents desdites institutions sans voix prépondérante, pour leur garantir un minimum de professionnalisme, d’indépendance et de crédibilité. Les cas de la Côte d’Ivoire, de la RDC ou plus récemment du Mali peuvent aider à repenser les mécanismes de désignation pour ne pas confiner l’Afrique dans des crises électorales à répétition.

Certes, il revient au premier chef aux Africains de s’approprier les réformes du corpus institutionnel de leurs systèmes démocratiques, afin de les revisiter dans le sens d’une plus grande stabilité politique. Cependant, les partenaires et la communauté internationale peuvent les y encourager et y contribuer pour prévenir d’éventuelles crises, plutôt que d’intervenir en pompiers pendant les périodes électorales en Afrique. Aider à mieux articuler le binôme démocratie/développement, comme le plaidait François Mitterrand au sommet de La Baule en juin 1990. Cette articulation participerait à optimiser les ressources au service du plus grand nombre, des jeunes, des femmes et des populations vulnérables, dans cette Afrique qui a chanté et dansé Indépendance Cha Cha depuis soixante ans, sans que cette indépendance soit porteuse de beaucoup de progrès ni d’espérance pour sa jeunesse.

Sylvain Félix Semilinko est journaliste et consultant, ancien directeur d’Onuci-FM, la radio de l’opération des Nations unies en Côte d’Ivoire.

Afrique : Qu’avons-nous fait de nos 60 premières années d’indépendance

Afrique : Qu’avons-nous fait de nos 60 premières années d’indépendance 

(Sylvain Félix Semilinko)

Soixante ans après les indépendances, le journaliste Sylvain Félix Semilinko constate dans une tribune du Monde que l’Etat de droit reste un vœu pieux dans de nombreux pays du continent.

 

Tribune. 

Qu’avons-nous fait de nos 60 premières années d’indépendance ? Alors qu’en Afrique de l’Ouest se profilent une série d’élections présidentielles, ces périodes porteuses de violences, d’arrestations, de musellement des médias, voire de meurtres et de massacres, sont propices à nous poser cette question.

Une grande partie du continent avait poussé des cris d’orfraie pour dénoncer le défunt président français, Jacques Chirac, grand connaisseur de la politique en Afrique, qui laissait entendre que celle-ci n’était pas encore prête pour la démocratie à l’occidentale. Paternalisme et condescendance, hurlait-on alors. Et pourtant, trente ans de pratiques démocratiques sur le continent tendent à prouver qu’il n’était pas loin de la vérité.

Les tares congénitales des démocraties africaines sont multiples. Partout où elle s’est ancrée, la démocratie a pour socle l’Etat de droit, fondé sur une Constitution qui, pour être pérenne, doit être intemporelle, impersonnelle et non taillée sur mesure. Difficile en Afrique de compter sur des textes consacrant ces principes – sauf de rares cas en Afrique australe –, d’où les perpétuels changements constitutionnels contextualisés selon les intérêts du moment.

Ensuite, la plupart des Constitutions d’Afrique sont des copiés-collés de celles des pays développés, avec parfois – quand la fainéantise intellectuelle ne l’emporte pas – une toute petite couche de vernis local. Or il est évident que les paramètres socio-culturels, anthropologiques et politico-économiques ne sont ni semblables ni comparables. Comment faire comprendre une Constitution ou des lois électorales à une population en majorité analphabète ? Sans compter qu’organiser des élections à cycles réguliers, deux ou trois années consécutives, sur un budget de l’Etat plutôt dérisoire est une gageure.

Démocratie ethnique

Les Constitutions africaines sont issues pour la plupart des mouvements politiques des années 1990, sur les ruines et les échecs des partis uniques. Ces derniers, héritiers de la décolonisation, n’ont pu construire des Etats modernes, mais des Etats semi-féodaux et patrimoniaux. L’Etat, c’était le chef, agissant tel un suzerain disposant à sa guise des ressources publiques et ayant droit de vie et de mort sur ses sujets. C’était aussi l’ère des coups d’Etat, commandités ou internes, pour qui veut prendre sa part du maigre gâteau national. Le chef, une fois le coup réussi, pouvait s’octroyer tous les pouvoirs, se faire nommer maréchal (Mobutu dans l’ex-Zaïre) ou changer la forme de l’Etat, qui devenait son empire (Bokassa en Centrafrique).

Les démocraties naissantes des années 1990 n’ont pas tiré les leçons de ces pratiques. Pis encore, elles ont alimenté et aggravé les divisions ethno-régionalistes dans des Etats qui n’étaient déjà pas des nations consolidées, leurs frontières étant un héritage de la conférence de Berlin de 1885. Et la démocratie ethnique s’est substituée à de véritables démocraties nationales. Le chanteur ivoirien Alpha Blondy n’a-t-il pas consacré un titre à la pratique démocratique ? « Démocratie ce n’est pas tribalisme », chantait-il au début des années 1990. Ces pays se sont retrouvés avec des dizaines, voire des centaines de partis politiques du jour au lendemain, et cela a été la naissance du business démocratique, car créer et enregistrer un parti vous ouvre des droits au titre des chartes de partis, même si le nombre d’adhérents déclarés relève de la fiction.

Dès lors, des dissensions et palabres à n’en plus finir sont apparus. Alors pour élargir l’assiette du gâteau, l’inventivité politique a donné naissance aux fameuses commissions électorales dites « indépendantes » ou « autonomes ». Ces mastodontes chargés d’organiser des élections justes et transparentes sont à l’origine de bien des crises pré- et post-électorales : République démocratique du Congo (RDC), Côte d’Ivoire, Bénin… Les budgets alloués à ces structures pour l’organisation des élections dépassent de 10, 20 ou 30 fois les budgets de développement d’une commune moyenne : plusieurs dizaines de milliards de francs CFA (des dizaines de millions d’euros) en Côte d’Ivoire en 2010, une dizaine de milliards pour des législatives en 2015 dans un pays aux ressources modestes comme le Bénin. Toute la classe politique, opposition ou pouvoir, cherche à prendre le contrôle de ces structures, surtout pour en toucher les indemnités de commission et autres oboles.

« Devoir d’ingratitude »

Puis viennent les cours et les conseils constitutionnels. Parfois, ces institutions judiciaires font doublon avec les commissions électorales. Nous n’avons jamais compris pourquoi les élections dans ces pays ne sont pas confiées à des institutions judiciaires crédibles et spécialisées, composées de magistrats expérimentés et d’auxiliaires de justice assermentés. Pourquoi recourt-on aux cours et tribunaux pour les contentieux électoraux, alors qu’ils ne sont pas impliqués en amont dans les opérations électorales ? En Côte d’Ivoire, c’est bien le ministère de la justice qui a piloté les audiences foraines dont est issue la liste électorale en 2010. C’est d’ailleurs l’un des acteurs clés de cette opération qui dirige aujourd’hui la commission électorale. Les élections devraient être l’affaire de la justice et des structures chargées de la décentralisation, alors que les commissions électorales ont fait leur temps et ont montré leurs limites. Quelle crédibilité peut-on accorder à un procès-verbal de vote signé par des commissaires locaux ne sachant ni lire ni écrire ?

Quant aux structures judiciaires spécialisées, sans être un praticien du droit mais au regard des expériences et pratiques courantes, il n’apparaît plus sain que les dirigeants des cours et tribunaux chargés des processus électoraux soient nommés par les pouvoirs en place. En Afrique plus qu’ailleurs, il paraît si difficile d’exercer son « devoir d’ingratitude » vis-à-vis du prince, comme le disait l’ancien président du Conseil constitutionnel français Robert Badinter. Des magistrats ou praticiens du droit expérimentés devraient être majoritaires dans ces juridictions et élire en leur sein les présidents desdites institutions sans voix prépondérante, pour leur garantir un minimum de professionnalisme, d’indépendance et de crédibilité. Les cas de la Côte d’Ivoire, de la RDC ou plus récemment du Mali peuvent aider à repenser les mécanismes de désignation pour ne pas confiner l’Afrique dans des crises électorales à répétition.

Certes, il revient au premier chef aux Africains de s’approprier les réformes du corpus institutionnel de leurs systèmes démocratiques, afin de les revisiter dans le sens d’une plus grande stabilité politique. Cependant, les partenaires et la communauté internationale peuvent les y encourager et y contribuer pour prévenir d’éventuelles crises, plutôt que d’intervenir en pompiers pendant les périodes électorales en Afrique. Aider à mieux articuler le binôme démocratie/développement, comme le plaidait François Mitterrand au sommet de La Baule en juin 1990. Cette articulation participerait à optimiser les ressources au service du plus grand nombre, des jeunes, des femmes et des populations vulnérables, dans cette Afrique qui a chanté et dansé Indépendance Cha Cha depuis soixante ans, sans que cette indépendance soit porteuse de beaucoup de progrès ni d’espérance pour sa jeunesse.

Sylvain Félix Semilinko est journaliste et consultant, ancien directeur d’Onuci-FM, la radio de l’opération des Nations unies en Côte d’Ivoire.

 

«Sauver d’urgence nos forêts».

«Sauver d’urgence nos forêts».

David Caillouel président du Syndicat des exploitants de la filière bois (SEFB) attire l’attention sur le danger de mort d’une partie de la forêt française menacée par un coléoptère xylophage.

« Alors que la France se trouve confrontée à la pandémie du Covid, les forêts françaises voient se propager de manière galopante, sous l’effet du réchauffement climatique, une épidémie de scolytes, un coléoptère xylophage qui, en s’attaquant à l’écorce des épicéas, empêche la circulation de la sève et entraîne leur mort. Dévastant, de manière alarmante, nos massifs sylvestres et entraînant la disparition de pans entiers. Commencé, il y a deux ans, dans le Grand Est et la Bourgogne-Franche Comté, ce drame sanitaire touchait fin juin 25 000 hectares et faisait passer, en six mois, les bois contaminés de 5 millions à 9 millions de m3.

En l’absence de traitement prophylactique efficace, l’abattage des bois dévorés par ces insectes mortifères puis leur évacuation des sous-bois constituent la seule façon de préserver les bois encore sains et de freiner la contamination. La capacité d’absorption par les transformateurs français (fabricants de panneaux agglomérés ou de pellets, papetiers, etc.) des résineux malades se limitant actuellement à 6 500 000 m3, l’exportation hors d’Europe en container du surplus d’épicéas scolytés reste le seul débouché. Avant tout pragmatiques, les Allemands ont, avec l’aide financière de leur gouvernement, expédié, depuis le 1er janvier, 2 258 000 m3 en Asie (contre 155 000 pour la France).

Pour avoir contribué, après les tempêtes Lothar et Martin en 1999 et Klaus en 2009, au renouvellement de nos forêts en évacuant et en exportant hors d’Europe les chablis, les exploitants forestiers sont aujourd’hui les mieux placés pour agir.

« L’Anses a autorisé depuis décembre 2019 une solution chimique pour laquelle le Ministère de l’Agriculture refuse toujours la délivrance de certificats phytosanitaires, sans donner d’explications crédibles »

Sens des responsabilités. Alors que les autorités chinoises acceptent un traitement phytosanitaire chimique, les autorités françaises imposent pour l’export un traitement thermique au prix exorbitant de 15 euros le m3, le plus souvent supérieur au coût d’achat des épicéas abattus. Pourtant, l’Anses, l’autorité en charge de l’évaluation des produits phytosanitaires, a autorisé depuis décembre 2019 une solution chimique (le Forester par brumisation en container et en zone portuaire protégée) pour laquelle le Ministère de l’Agriculture refuse toujours la délivrance de certificats phytosanitaires, sans donner d’explications crédibles. En divisant par cinq les frais phytosanitaires (de 3 euros par m3), le recours à ce traitement non-CMR (cancérogène, mutagène, reprotoxique) et non-toxique rendrait pourtant l’exportation de nos épicéas malades compétitive, endiguerait la progression géométrique galopante des scolytes et assurerait aux propriétaires privés les revenus nécessaires au reboisement, tout en permettant de réduire d’autant les aides étatiques.

Plus grave, alors que les exploitants forestiers sont le principal rempart contre la propagation du scolyte, le SEFB, leur syndicat majoritaire, est actuellement écarté par le Ministère de l’Agriculture de la cellule de crise chargée de gérer cette pandémie, dont il a pourtant été le premier a demandé la création.

On ne peut à la fois vouloir s’opposer à un fléau sanitaire dramatique et refuser de se donner les moyens d’y mettre fin. A l’instar de la mobilisation générale contre le Covid et du sens des responsabilités prôné par le Président de la République, l’avenir de nos forêts et de la filière bois nécessite de faire appel au bon sens et à la raison et, pour ce faire, d’intégrer d’urgence tous les acteurs de l’amont de la filière bois dans une cellule de crise interministérielle (à commencer par les exploitants forestiers et les experts forestiers qui en sont exclus) et de mettre en œuvre toutes les réponses (y compris phytosanitaires) susceptibles d’endiguer cette épidémie dévastatrice. Au nouveau Ministre de l’Agriculture, M. Julien Denormandie, qui a été saisi de ces graves dysfonctionnements, de prendre ses responsabilités.

Crise: « nos vrais besoins masqués dans les aliénations du quotidien » (Edgard Morin )

Crise: « nos vrais besoins masqués dans les aliénations du quotidien » (Edgard Morin )

Le  sociologue et philosophe Edgard Morin  estime que la course à la rentabilité comme les carences dans notre mode de pensée sont responsables d’innombrables désastres humains causés par la pandémie de Covid-19. ( le Monde)

« Né en 1921, ancien résistant, sociologue et philosophe, penseur transdisciplinaire et indiscipliné, docteur honoris causa de trente-quatre universités à travers le monde, Edgar Morin est, depuis le 17 mars, confiné dans son appartement montpelliérain en compagnie de sa femme, la sociologue Sabah Abouessalam.

C’est depuis la rue Jean-Jacques Rousseau, où il réside, que l’auteur de La Voie (2011) et de Terre-Patrie (1993), qui a récemment publié Les souvenirs viennent à ma rencontre (Fayard, 2019), ouvrage de plus de 700 pages au sein duquel l’intellectuel se remémore avec profondeur les histoires, rencontres et « aimantations » les plus fortes de son existence, redéfinit un nouveau contrat social, se livre à quelques confessions et analyse une crise globale qui le « stimule énormément ».

Toutes les futurologies du XXe siècle qui prédisaient l’avenir en transportant sur le futur les courants traversant le présent se sont effondrées. Pourtant, on continue à prédire 2025 et 2050 alors qu’on est incapable de comprendre 2020. L’expérience des irruptions de l’imprévu dans l’histoire n’a guère pénétré les consciences. Or, l’arrivée d’un imprévisible était prévisible, mais pas sa nature. D’où ma maxime permanente : « Attends-toi à l’inattendu. »

De plus, j’étais de cette minorité qui prévoyait des catastrophes en chaîne provoquées par le débridement incontrôlé de la mondialisation techno-économique, dont celles issues de la dégradation de la biosphère et de la dégradation des sociétés. Mais je n’avais nullement prévu la catastrophe virale.

Il y eut pourtant un prophète de cette catastrophe : Bill Gates, dans une conférence d’avril 2012, annonçant que le péril immédiat pour l’humanité n’était pas nucléaire, mais sanitaire. Il avait vu dans l’épidémie d’Ebola, qui avait pu être maîtrisée assez rapidement par chance, l’annonce du danger mondial d’un possible virus à fort pouvoir de contamination, il exposait les mesures de prévention nécessaires, dont un équipement hospitalier adéquat. Mais, en dépit de cet avertissement public, rien ne fut fait aux Etats-Unis ni ailleurs. Car le confort intellectuel et l’habitude ont horreur des messages qui les dérangent.

Dans beaucoup de pays, dont la France, la stratégie économique des flux tendus, remplaçant celle du stockage, a laissé notre dispositif sanitaire dépourvu en masques, instruments de tests, appareils respiratoires ; cela joint à la doctrine libérale commercialisant l’hôpital et réduisant ses moyens a contribué au cours catastrophique de l’épidémie. »

« On paye nos impôts là ou on doit les payer »(Airbnb) …..C’est-à-dire nulle part !

 

Personne ne peut sans doute de nier que certaines plateformes rendent service à des particuliers voire à des  entreprises pour autant s’agit-il de « révolution numérique » ?  Non mais plutôt d’une énorme arnaque fiscale qui consiste à se mettre en situation d’intermédiation entre l’offre et la demande,  ensuite à externaliser les profits et à internaliser les coûts ;  la dimension numérique de cette soi-disant évolution est en fait  une arnaque fiscale voire sociale.  Dans la plupart des cas les profits réalisés dans des pays à forte fiscalité sont externalisés dans des pays à faible ou sans fiscalité par le biais de pseudos prestations que devraient payer les sociétés par exemple situées en France à la direction du groupe situé dans un paradis fiscal. On a vu cette semaine que les débats autour d’un éventuel accord entre Cette semaine, le site Voyages-Sncf.com et Airbnb reposait  la problématique d’une part de libéralisation sauvage  de la société d’autre part de l’évasion fiscale. Dans le cas de voyages SNCF l’accord a été dénoncé. Et pour cause puisque une entreprise nationale ne pouvait favoriser un détournement fiscal alors qu’il sollicite en masse les contributions de l’État pour boucher ces déficits récurrents Mais les hôteliers ont protesté. Et Voyages-Sncf.com a fait marche arrière. Ce qui a cassé le partenariat qu’il avait lancé avec la plateforme d’hébergement. Il proposait aux voyageurs de louer leur logement vide pendant leurs vacances, en passant par Airbnb. Mais les hôteliers ont protesté. Et Voyages-Sncf.com a fait marche arrière. Le site a mis fin au partenariat. Nicolas Ferrary, le responsable d’Airbnb dans l’hexagone, est en colère : « Cette histoire est lamentable (…) Que dans un Etat de droit, des lobbies hôteliers empêchent deux entreprises de conclure un partenariat, c’est scandaleux ! »Les hôteliers accusent Airbnb de concurrence déloyale, notamment sur la fiscalité : « La fiscalité est très claire (…) On paie nos impôts là où dont les payer », explique Nicolas Ferrary, qui refuse néanmoins de dire combien la multinationale paie au fisc français : ce qui en dit long sur la transparence comptable et fiscale. Pour résumer chacun apprécierait de pouvoir recourir à une plate-forme type « plombier. Com », en fait  une plate-forme qui favoriserait le travail au noir et permettrait de payer moins chers les prestations. Pour autant il ne s’agirait pas la d’une révolution numérique mais d’une arnaque fiscale. De toute évidence la qualification de numérique (qui n’est qu’un centrale d’appels) ne justifie certainement pas qu’on puisse s’exonérer des charges fiscales imposées à tous les autres opérateurs.

« Les Allemands ont pris nos juifs, ils nous rendent des Arabes » (Devedjian)

« Les Allemands ont pris nos juifs, ils nous rendent des Arabes » (Devedjian)

 

Une boutade pour le moins assez malheureuse de la part de Patrick Devedjian. Une boutade d’autant plus regrettable que Patrick Devedjian est loin d’être le plus nationaliste au parti les républicain,s toutefois cette déclaration à l’emporte-pièce malheureuse est cependant révélatrice d’un certain climat qui règne dans certains milieux. Un climat assez délétère qui fait reposer toute les insuffisances de la France sur l’étranger. Comme une sorte de parfum des années 30 qui revient. L’extrême droite surfe évidemment avec l’amalgame de tous les mécontentements qui peut justifier le rejet de tout ce qui est étranger à la France. C’est son fond de commerce.  On peut s’étonner cependant que dans la droite classique on emboîte le pas trop souvent cet extrémisme nauséabond qui entretient l’obscurantisme, la bêtise et le rejet de l’autre. Certes la France connaît de nombreux problèmes des problèmes économiques, financiers, sociétaux, sociaux, politiques et les perspectives du pays sont globalement assez dramatiques tant en ce qui concerne le devenir économique que le devenir sociétal. Pour autant en faire retomber la responsabilité sur l’étranger relève de la seule approche raciste.  Malheureusement devant le désappointement d’une partie de la population, devant cette crise, certains politiques en profitent pour se lancer lâchement dans une course à la vulgarité au simplisme et à la xénophobie. Il serait temps que le débat reprenne un peu de hauteur et de dignité pour que l’arène politique ne ressemble pas un vaste café du commerce. Après sa déclaration pour le moins inopportune, Patrick Devedjian s’est ensuite excusé sur Twitter pour ce qui était censé être une « boutade humoristique ».

Pétition « sauvons nos églises  » : du pipeau (NKM)

Pétition « sauvons nos églises  » : du pipeau (NKM)

C’est en substance que que pense NKM qui tacle Sarkozy pour sa propension à pendre position sur des pseudos sujets mais qui tarde par contre à s’exprimer sur des thèmes majeurs. Vice-présidente du parti Les Républicains, Nathalie Kosciusko-Morizet, a signifié ce vendredi qu’elle ne partageait pas, une nouvelle fois, l’avis du président de son parti, Nicolas Sarkozy. L’ancien président de la République a signé jeudi 9 juillet une pétition lancée par l’hebdomadaire conservateur Valeurs Actuelles visant à « sauver » les églises françaises, même désaffectées, d’une transformation en mosquées. Il figurait même parmi les trente premiers signataires aux côtés notamment du chef d’entreprise Charles Beigbeder, l’ancienne secrétaire d’État de la Jeunesse Jeannette Bougrab, l’homme politique Philippe de Villiers ou encore Éric Zemmour. Interrogée sur France Info, NKM a affirmé vendredi 10 juillet qu’elle « ne signerai pas cette pétition » parce qu’elle « trouve qu’on essaye d’exciter sur un sujet qui n’existe pas vraiment ». « Ce n’est pas mieux quand une église devient une boîte de nuit ou un restaurant », tempère-t-elle. Alain Juppé et François Fillon ont également signifié qu’ils ne signeraient pas ce texte.

 

Chômage : 30% des jeunes dans le monde arabe….comme dans nos banlieues

Chômage :  30% des jeunes dans le monde arabe….comme dans nos banlieues

 

 Une info de l’AFP sans doute pour étonner voire indigner , 30% de jeunes dans les pays arabes sont au chômage. Une information sur une situation pourtant très proche de celle de la France dans nos banlieues. Et fait moins connu  de celle de nos jeunes dans les zones rurales défavorisées. L I n’y a donc pas lieu de regarder avec condescendance ce qui se passe d’as les pays arabes. N’oublions pas que le taux officiel du chômage en France est de 10% , ceste une  moyenne, il y a beaucoup de dispersion autour de cette moyenne. Une moyenne par ailleurs faussée par le faiat que nombre de jeunes ( et d’autres)  ne figurent pas sur les listes de pôle emploi ,‘simplement parce qu’ils ne peuvent toucher aucune indemnité. En fait le taux réel de chômage est de l’ordre de 15% Certes il ya des causes spécifiques dans les pays arabes mais pour les jeunes cela ne change pas grand-chose en matière d’emploi.   Plus de 30% des jeunes arabes sont donc au chômage en raison des conflits dans leurs pays et du manque d’investissements créateurs d’emplois, a indiqué dimanche un responsable arabe. « Le taux de chômage parmi les jeunes arabes jusqu’à l’âge de 30 ans dépasse 30%. Les troubles et le manque d’investissements ont favorisé l’augmentation du nombre des chômeurs », a déclaré à l’AFP le directeur général de l’Organisation arabe du travail, Ahmad Mohammed Luqman. Il a ajouté qu’un grand nombre de diplômés ne parviennent pas à trouver un emploi car leurs spécialisations ne sont pas demandées dans le secteur privé. « En raison des troubles dans plusieurs pays arabes, le nombre des chômeurs arabes a bondi de 2 millions depuis 2011, totalisant les 20 millions », a précisé M. Luqman en marge d’une conférence arabe sur le marché de l’emploi qui se tient à Koweït. A l’ouverture de cette conférence, M. Luqman a indiqué que le taux de chômage dans le monde arabe avait atteint 17% en 2014, soit « trois fois plus que le taux moyen du chômage dans le monde ». « Le nombre de chômeurs va certainement encore augmenter cette année et l’année prochaine », a-t-il dit sans fournir de chiffres. Le directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), Guy Ryder, a prévenu que la persistance du chômage des jeunes menaçait la stabilité de la région. « Les pays arabes font face à la tâche urgente et inévitable de répondre à la crise aiguë du chômage », a déclaré M. Ryder. « Ne pas offrir (aux jeunes) des opportunités d’un emploi décent, c’est une menace potentielle pour la stabilité de nos sociétés », a-t-il ajouté. Les difficultés économiques se sont accentuées dans les pays touchés par le Printemps arabe, qui a commencé en 2011 en Tunisie avant de s’étendre à l’Egypte, à la Libye, à la Syrie et au Yémen.

 

Dexia : les collectivités ne payent plus leurs dettes, le résultat de la gestion de nos villes par des fonctionnaires

Dexia : les collectivités ne payent plus leurs dettes, le résultat de la gestion de nos villes par des fonctionnaires

 

La situation est catastrophique pour de nombreuses collectivités endettées jusqu’au cou et qui ne peuvent plus faire face à leurs engagements. De quoi enfoncer un peu plus Dexia déjà bien malade. En cause, l’irresponsabilité des élus locaux incapables de maitriser aussi bien les investissements que le fonctionnement. Pas étonnant la plupart des villes sont dirigées par des fonctionnaires ou des professions libérales qui ne seraient pas susceptibles  de gérer une épicerie plus de 6 mois ; pourtant, une ville est souvent le premier employeur local, un véritable entreprise qui devrait être gérée comme telle même si l’ objet social est différent d’une société à but commercial. Exemple  de dépenses, celles concernant des effectifs surabondants partout ou des projets pharaoniques type tramway. Les impayés des collectivités locales sur leurs échéances de prêts ont bondi depuis la fin 2011, le secteur de la santé étant particulièrement touché ;. Le portefeuille de prêts consentis aux collectivités françaises atteignait, en 2012 environ 50 milliards d’euros, selon les documents publiés par la banque. Sur le total des impayés, 75 millions, soit les trois-quarts, portent sur des prêts à court terme, avait  précisé M. Mariani lors de son audition devant la commission des Finances du Sénat. « Cela concerne, pour une très forte proportion, (…) le secteur de la santé et les collectivités au sens large (sociétés d’économie mixte par exemple, NDLR) plutôt que les collectivités locales stricto sensu », a-t-il détaillé. Le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux, avait  tiré la sonnette d’alarme sur la situation des hôpitaux, soumis à de graves difficultés pour se financer. « La situation de l’hôpital nous préoccupe énormément », « Ce sont de petits montants (de prêts sollicités par les hôpitaux) et il y a peu d’acteurs qui peuvent se subistituer à Dexia » pour prêter aux hôpitaux, a expliqué M. de Villeroché. En fait  « certains » ont  interprété la garantie partielle apportée par l’Etat sur la partie la plus complexe du portefeuille de prêts déjà consentis par Dexia crédit local, filiale française de Dexia, « comme une prise en charge par le contribuable ».

 




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