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Elections européennes : l’union tout seul pour Nicolas Dupont-Aignan

Elections européennes : l’union tout seul pour  Nicolas Dupont-Aignan

Nicolas Dupont-Aignan a annoncé une liste de l’union pour les européennes dimanche 23 septembre lors du Congrès de Debout la France au Cirque d’hiver à Paris, le problème c’est que Dupont Aignan sera seul. En effet, pas question pour lui de s’allier avec les Républicains, ni d’accepter la proposition de Marine Le Pen de faire une liste commune. Comme le parti républicain, Dupont ayant espère bien récupérer des voix du rassemblement national. En dépit de la dégradation de l’image de Marine Le Pen le Rassemblement national conserve une bonne audience auprès de l’opinion publique au point de se situer dans les sondages justes derrière le parti en marche. Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro publié de septembre, le parti présidentiel récolte 21,5% des intentions de vote, tandis que 21% des sondés voteraient pour le parti de Marine Le Pen si les élections avaient lieu dimanche prochain. LREM, associée au Modem, fait les frais de l’impopularité du président de la République. Avant l’été, le parti majoritaire à l’Assemblée nationale enregistrait entre 23 et 26% dans les sondages d’intentions de vote effectués au mois de juin par l’Ifop (23%) et Ipsos (26%). Le score de La République en marche se situe également près de trois points en dessous du score d’Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle. Le parti de Marine Le Pen progresse par rapport aux enquêtes du mois de juin. Il était crédité de 18% des suffrages selon Ipsos, et de 19% selon l’Ifop. La France insoumise ne profite pas vraiment de l’impopularité d’Emmanuel Macron. Avec 12,5% des intentions de vote, le parti de Jean-Luc Mélenchon n’arriverait que quatrième du scrutin européen, soit à la même place que lors de la présidentielle de 2017. Autre enseignement de l’enquête d’Odoxa-Dentsu Consulting : les très faibles scores de LR et du PS. Avec 14% des intentions de vote, Les Républicains perdent du terrain depuis la présidentielle. LR recule de six points par rapport à l’échec de François Fillon en 2017. Le parti de Laurent Wauquiez engrangerait même moitié moins de suffrages que lors du scrutin européen de 2014. A l’époque, l’UMP avait remporté 27% des voix. Enfin, le Parti socialiste continue sa chute. Selon le sondage, il n’est crédité que de 4,5% des suffrages, soit « le record absolu de gadin pour ce parti toutes élections confondues et toutes époques confondues », soulignent les auteurs de l’enquête.  Si les élections avaient lieu dimanche prochain, le PS ferait jeu égal avec la liste EELV de Yannick Jadot (5%) et celle de Génération.s soutenue par Benoît Hamon (4%). Quant au parti de Dupont Aignan, t les différents sondages lui attribuent un score de cinq à 6 % loin derrière le rassemblement national et derrière les républicains.

 

Nicolas Hulot : un livre déjà…ou le sens du business

Nicolas Hulot : un livre déjà…ou le sens du business

 

Nicolas Hulot a sans doute perdu son portefeuille de ministre de l’environnement mais il n’a pas perdu l’honneur ni le sens du business. Après sa mission, les médias et de nombreux responsables politiques se sont répandus en louange sur la personnalité de l’ancien ministre écolo. Mais c’est la tradition, une sorte d’éloge de funérailles. Mais Nicolas Hulot qui s’est bâti une solide fortune grâce à l’écologie et qui va sans doute continuer sort  15 jours après sa démission un nouveau livre qui devrait compléter des revenus et un patrimoine déjà très confortables. En vérité Nicolas Hulot n’a pas eu vraiment le temps d’écrire mais il veut profiter de la vague médiatique de sa démission pour capitaliser médiatiquement  et surtout financièrement. En réalité Hulot sort un petit bouquin de 100 pages Les mauvaises langues diront que pour le prix (9,90 euros), c’est un peu cher pour ce que c’est. A peine plus de quinze jours après avoir quitté le gouvernement, l’ancien ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, s’apprête, selon nos informations, à publier un livre aux éditions de l’Aube. Intitulé Ne plus me mentir, ce livre de moins de 100 pages qui se contente ni plus ni moins de retranscrire en intégralité deux interviews données alors qu’il était encore en poste. Le premier est un entretien fleuve accordé fin juin à l’hebdomadaire Le 1, la seconde est celle diffusée sur France inter le 28 août, au cours de laquelle Nicolas Hulot a annoncé sa démission. Bref, il faut capitaliser l’écologie. Le journal Businessman ou écologiste ? Surtout journaliste businessman, Hulot est le journaliste le mieux payé au monde. . Le journal  américain People With Money estime que Hulot  a accumulé  près de 215 millions d’euros.  Récemment épinglé par le Canard enchainé à propos du sulfureux financement de sa, Nicolas Hulot, ministre de l’écologie est mis en cause pour les profits personnels qu’il tire de son action en matière d’environnement. Il aurait retiré des centaines de millions d’euros en salaires et dividendes par an de sa société Éole qui s’appuie sur la promotion des produits Ushuaia. Nicolas Hulot aurait entretenu un long partenariat avec EDF, producteur et fournisseur d’électricité. « Jusqu’en 2012, EDF a versé 460.000 euros par an à la Fondation.  Mêmes liens avec Veolia, géant de l’eau et du traitement des déchets. « De 2012 à 2017, Veolia a casqué 200.000 euros par an à la Fondation, et ce généreux mécène siège même à son conseil d’administration », assure Le Canard enchaîné. Vinci, désigné pour construire l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et qui n’envisage « pas du tout » de ne pas le faire, a financé la Fondation à hauteur de 30.000 euros en 2014 et 2015. Le journal d’investigation cite également TF1, Bouygues Télécom, la SNCF et L’Oréal, pour des versements entre 30.000 et 250.000 euros chacun. Par ailleurs,  jusqu’à son arrivée aux affaires, Nicolas Hulot présidait encore « Eole », une société alimentée par les royalties des ventes des produits estampillés « Ushuaïa » (gels douches, shampoings…). La marque détenue par TF1 a cédé sa licence à des grandes entreprises comme les opticiens Atoll ou L’Oréal. Avec à la clé des contrats juteux pour la chaîne de télévision et son ancien animateur vedette. De 113.000 en 1992, « Eole » a vu ses gains grimper à plusieurs centaines de milliers d’euros dans les années 2000. Une véritable machine à cash pour le principal bénéficiaire de l’entreprise: Nicolas Hulot qui en est le seul salarié et en possède 99.9% des parts. Au total, c’est près de 3 millions d’euros que la société aurait accumulé en fonds propres. Un pactole auquel il faut encore ajouter le salaire que se verse Nicolas Hulot -290.000 euros en 2013- et les dividendes qu’il perçoit (66.000 euros) ; hulot pas efficace comme ministre écolo mais bon comme businessman de l’environnement.

Nicolas Hulot : un vernis gouvernemental (Yannick Jadot)

Nicolas Hulot : un vernis gouvernemental (Yannick Jadot)

Yannick Jadot d’Europe écologie les Verts n’a sans doute pas tort  quand il estime que Nicolas Hulot « a servi de caution à un vernis environnemental». De fait, il faut se souvenir que  Macon s’est montré très discret sur la problématique environnementale lors de sa campagne électorale. Au dernier moment pour combler ce vide il a appelé Nicolas Hulot au gouvernement. Malheureusement,  le ministre de l’environnement, comme ses prédécesseurs, a dû avaler de nombreuses couleurs. C’est une sorte de tradition dans ce ministère qui ne dispose ni de pouvoir, ni d’administration ni de moyens. C’est en quelque sorte le ministère de la parole mais tout se décide ailleurs Nicolas Hulot le rôle de la pythie mais ses  sobres présages ne sont guère écoutés sur le climat, sur les émissions polluantes, ou encore sur la politique énergétique. D’une certaine manière contraire Nicolas Hulot sert de caution pour faire passer la politique du nucléaire en agitant les marionnettes inutiles et coûteuses des éoliennes. Jadot distingue clairement ce qui relève de « l’écologie de l’affichage », pratiquée par le gouvernement, et de « l’écologie du courage », incarnée selon lui par son parti.

« L’affichage c’est de faire un tweet disant ‘le glyphosate on en sortira dans 3 ans’. Le courage c’est de l’inscrire dans la loi, c’est les écologistes qui l’ont eu au parlement européen quand on a gagné en votant la sortie du glyphosate. Emmanuel Macron n’a pas de courage. »

Yannick Jadot conclut en laissant tout de même une chance à Nicolas Hulot de se rattraper si ce dernier obtenait « l’arrêt du projet Montagne d’Or », projet d’exploitation minière polémique en Guyane, ou « la fermeture de centrales nucléaires » avant la fin du quinquennat. En fait,  il s’agit plutôt d’un piège concernant le nucléaire car la programmation de l’énergie va démontrer qu’on ne pourra pas fermer une seule centrale d’ici la fin du quinquennat compte tenu des reports répétés de la mise en service de l’EPR de Flamanville qui conditionne la seule fermeture envisagée à savoir celle de Fessenheim.

 

Nicolas Hulot pour la biodiversité et …l’huile de palme

Nicolas Hulot pour la  biodiversité et …l’huile de palme

 

Gonflé Hulot d’annoncer un plan sur la biodiversité alors qu’il vient hier d’autoriser Totale à développer l’utilisation de l’huile de palme qui déforeste des régions entières dans le monde. On peut douter de sa profession de foi à usage essentiellement médiatique quant il affirme : « il faut “redonner sa place à la nature y compris en ville”, à stopper la réduction des espaces naturels notamment par une “sanctuarisation” des terres agricoles ou encore à parvenir à zéro artificialisation nette des sols. » Ou encore quand il  dit vouloir intensifier les mesures de protection des espaces naturels et des espèces animales, créer de nouveaux parcs nationaux – dont un premier parc marin dans les eaux internationales – ou agrandir le plus possible avant 2021 les réserves naturelles existantes.  Pourtant Hulot vient d’autoriser Total à développer l’utilisation d’huile de palme car ’huile de palme nettement plus rentable que les autres huiles végétales.  Total a obtenu de Hulot que son usine de la Mède intègre de l’huile de palme et de  traiter aussi bien des huiles végétales de toutes sortes, que des huiles résiduelles usagées.  Parmi les huiles végétales, l’huile de palme dont les  rendements très nettement supérieurs à ceux du colza ou du soja et qui est  infiniment plus rentable. Les ONG avaient révélé en avril dernier (sur la base d’un document de la préfecture des Bouches-du-Rhône) que le site consommait 550.000 tonnes d’huile de palme par an, faisant ainsi bondir de 64% les importations françaises d’une huile dont la production se fait en Malaisie et en Indonésie. Au-delà des ONG, ce sont les députés européens qui en janvier dernier se sont majoritairement déclarés pour « l’élimination progressive » de cet usage sur le territoire de l’Union d’ici à 2021. Ce vote se heurte jusqu’à présent au refus des Etats membres, notamment de la France ! Dans l’édition 2017 de son rapport, l’Observatoire national de la biodiversité note une “évolution inquiétante des espèces et un état mitigé des milieux naturels”, tout en confirmant la “richesse exceptionnelle” du patrimoine français avec 16.773 espèces endémiques. Il souligne aussi la régression d’environ un quart des populations d’oiseaux communs entre 1989 et 2015 et la disparition de près de la moitié des populations de chauves-souris entre 2006 et 2014.

La France et l’Union internationale pour la conservation de la nature ont officialisé vendredi la tenue à Marseille, en juin 2020, du Congrès mondial de la nature.

Nicolas Hulot : encore un comité Théodule de chapeaux à plumes

Nicolas Hulot : encore un comité Théodule de chapeaux à plumes

 

 

Pas vraiment un comité institutionnel, une sorte de think thank, pas de rapports mis des séminaires notamment pour approfondir les sujets environnementaux transversaux. (Comme si tous les sujets environnementaux n’étaient pas transversaux NDLR !).  Avec évidemment un impact écologique mais aussi souvent financier, économique, social voire sociétal. Pourquoi un comité d’experts et pas un comité constitués de ceux qui représentent les acteurs économiques, sociaux et environnementaux. Hulot qui veut sans doute sortir de son relatif immobilisme après ses affaires brasse du vent et fait comme d’habitude dans l’agitation médiatique. « Pas de rapport, surtout pas ! », indique-t- il.  Et pour se donner une légitimité moderniste comme Macron, Hulot sollicite les anglicismes : le « Green new deal »cher au ministre, visant à faire marcher ensemble économie et écologie, voire à faire de la transition énergétique la mère de tous les relais de croissance. « L’objectif est de construire le futur de l’économie  française et de le rendre désirable, parce que pour beaucoup de nos concitoyens, la transition écologique est abstraite, il faut qu’ils puissent en saisir les bénéfices », a déclaré Nicolas Hulot en installant le comité vendredi 30 mars dans l’après-midi. « Il doit permettre un dialogue renforcé entre les acteurs publics et les acteurs économiques et financiers, les économistes mais aussi les spécialistes des questions d’emplois, de compétences et de formation professionnelle pour déboucher sur de nouveaux partenariats permettant d’amplifier la nécessaire transformation de l’économie française », détaillait le communiqué du ministère.

Le groupe des chapeaux à plumes de paon se compose de 15 personnalités issues du monde de l’entreprise et de la finance, mais aussi un économiste et deux élus. Des représentants de grands groupes (Pierre-André de Chalendar pour Saint-Gobain) y côtoieront des fondateurs de startups telles qu’Olivier Hersent, dirigeant d’Actility (M2M) ou d’entreprises de l’économie sociale et solidaire (Wimoove, spécialiste de la mobilité durable) et des financiers (Jean-Laurent Bonnafé, qui préside BNP Paribas) ou Thierry Déau, fondateur du fonds d’infrastructures Meridiam, ainsi que des élus tels que le député vert européen luxembourgeois Claude Turmes. Patrick Oliva, ancien du groupe Michelin et  cofondateur de PPMC (Paris Process on Mobility and Climate), Marion Guillou, qui porte la vision du monde agricole ainsi que la fondatrice et directrice du cabinet de conseil en marketing et développement durable Ethicity, Elizabeth Pastore-Reiss, ou encore Laeticia Vasseur, fondatrice de l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP), phosphoreront également de concert. .

Nicolas Sarkozy ou Paul Bismuth en correctionnelle dans l’affaire des « écoutes »

Nicolas Sarkozy ou Paul Bismuth en correctionnelle dans l’affaire des « écoutes »

 

Ce sera la correctionnelle pour corruption active et trafic d’influence mais pour juger qui : Nicolas Sarkozy ou Paul Bismuth. A juste titre,  Sarko conteste la validité des écoutes dont il a été victime, écoutes entre lui-même et son avocat qui révélaient un petit trafic d’influence pour connaître les informations de l’affaire Bettencourt dans laquelle il était impliqué. Des écoutes bien sûres illégales puisque concernant le téléphone de Paul Bismuth, nom d’emprunt de Sarko pour utiliser un téléphone discret avec son avocat. Le coupable présumé de trafic d’influence ne saurait être Sarko mais bien ce fameux Paul Bismuth. D’où la question qui juge-t-on ? Sarko ou Paul Bismuth ? Il restera toujours une possibilité pour l’ancien président de la république. Pour le cas où serait Sarko serait condamné, il pourrait toujours se présenter à l’élection présidentielle sous le nom de Paul Bismuth. Dans l’autre hypothèse, si c’est Bismuth qui est condamnée Sarko retrouverait alors toute sa virginité  judiciaire et pourrait concourir pour le titre de président de la république en 2022. De toute manière,  grâce aux recours procéduriers innombrables cette affaire pourra encore durer longtemps comme l’affaire Tapie.  La justice avait fait placer deux téléphones utilisés par l’ex-chef de l’Etat sur écoute en septembre 2013, dans le cadre d’une enquête sur des accusations de financement libyen de sa campagne électorale en 2007, pour lesquelles il a été mis en examen et sous contrôle judiciaire le 21 mars. Les enquêteurs étaient ainsi tombés sur des conversations entre Nicolas Sarkozy, qui utilisait alors le pseudonyme “Paul Bismuth”, et Me Herzog. Ces écoutes avaient révélé que les deux hommes étaient bien renseignés sur la procédure alors en cours devant la Cour de cassation dans une autre affaire dans laquelle Nicolas Sarkozy était alors visé : des soupçons d’abus de faiblesse aux dépens de la milliardaire Liliane Bettencourt, affaire pour laquelle il a finalement bénéficié d’un non-lieu. La justice, qui s’appuie aussi sur d’autres écoutes impliquant Thierry Herzog et Gilbert Azibert, soupçonnent l’ex-chef de l’Etat d’avoir échangé avec ce dernier des informations sur cette procédure contre la promesse d’un coup de pouce à sa promotion à Monaco.

Nicolas Sarkozy «convaincant» ! (Castaner)

Nicolas Sarkozy «convaincant» ! (Castaner)  

Castaner a perdu une belle occasion de se taire pour dire des banalités avec une dialectique de vieux radical qui dit tout et rien. Il a jugé convaincant la défense de Sarkozy mais ne se dit pas convaincu. Ensuite il enfile les perles de l’évidence. Il aurait mieux valu qu’il se taise en affirmant que c’était l’affaire de la justice sans autre commentaire. Invité dimanche du Grand Rendez-vous d’Europe 1/CNews/Les Échosle secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement est revenu sur l’affaire du financement libyen supposé de la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007. L’ancien président de la République est mis en examen et placé sous contrôle judiciaire dans le cadre de ces soupçons. Il s’en était défendu jeudi soir au 20H de TF1, niant en bloc. Un exercice réussi selon Christophe Castaner. «Il est important qu’il puisse se défendre. Moi je l’ai trouvé convaincant. Ce qu’il a dit à la télé semblait convaincant», a-t-il jugé, avant de faire référence à une fable de Jean de La Fontaine: «Je veux réaffirmer que tout citoyen, qu’il soit puissant ou misérable doit rendre des comptes à la justice à chaque fois que c’est nécessaire.» Même si le patron de la République en marche a donc trouvé Nicolas Sarkozy «convaincant», il ne se dit en revanche pas «convaincu». «Pour être convaincu, il faudrait connaître le dossier, et les seuls qui le connaissent c’est Nicolas Sarkozy et le juge», a-t-il souligné. Voilà ce qui illustre bien : parler pour ne rien dire. Castaner n’est pas énarque pour rien.

Glyphosate : des «exceptions» (Nicolas Hulot)

Glyphosate : des «exceptions» (Nicolas Hulot)

Doucement le gouvernemenet et Hulot reculent  sur le glyphosate. En cause,  le fait qu’on ne dispose pas actuellement de molécule de substitution moins polluante. En fait la décision française, peut être souhaitable a été prise un peu à la va vite et sans tenir compte des conditions d’utilisations soit surtout entre deux cultures comme en France soit pendant la végétation comme outre atlantique. Ce qu’indique la coordination rurale.

« Lors de leur action menée le 21 novembre sur les ports de Lorient et St Nazaire, les agriculteurs de la CR et de l’OPG ont prélevé et fait analyser 2 échantillons de tourteau de soja importé. Sans surprise, l’analyse a détecté la présence d’OGM mais surtout de résidus significatifs de glyphosate.
En parallèle, la CR et l’OPG ont fait analyser 16 échantillons de grains de différentes cultures (blé tendre, quinoa, lentille, soja, avoine…) provenant d’agriculteurs français. Résultat : aucun échantillon ne contient le moindre résidu de glyphosate, et ce alors que ces agriculteurs utilisent ce désherbant sur leur ferme. En Europe, le glyphosate est utilisé majoritairement entre 2 cultures pour détruire des mauvaises herbes. Son utilisation « en végétation » qui favoriserait les résidus dans les graines se pratique dans certains pays d’Europe du Nord ou de l’Est mais très rarement en France.
Sur le continent américain, le glyphosate est systématiquement pulvérisé en végétation à deux ou trois reprises sur les cultures génétiquement modifiées qui lui sont résistantes. Il est aussi très utilisé comme dessiccant sur les cultures de légumes secs, 2 semaines avant leur récolte. Ces techniques expliquant la présence de résidus sur des marchandises importées ! Malgré nos demandes, Génération futures n’a jamais répondu sur l’origine des produits qu’elle a analysés et dans lesquels elle a déclaré avoir trouvé des résidus de glyphosate. La connaît-elle elle-même ? Nous pouvons émettre l’hypothèse selon laquelle les céréales pour petit-déjeuner sont des flocons d’avoine ayant reçu du glyphosate juste avant récolte provenant probablement du Canada, premier producteur mondial. Idem concernant les légumes secs : ils sont très peu produits en Europe et les importations du continent américain dominent notre marché. Si le glyphosate est interdit dans l’UE, sans que celle-ci exige que les importations soient d’une qualité au moins équivalente à la nôtre, alors non seulement le consommateur ingérera toujours autant de glyphosate mais les agriculteurs européens seront victimes d’une nouvelle distorsion de concurrence. ».

Nicolas Hulot,  Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, qui s’est battu l’an dernier pour une sortie du glyphosate en trois ans, se dit donc  prêt à envisager des « exceptions », dans un entretien dans le Journal du dimanche.   »

Alors que les agriculteurs ont manifesté cette semaine partout en France contre l’accord de libre-échange en cours de négociations entre l’UE et les pays du Mercosur, Nicolas Hulot a également estimé qu’ »en l’état, ce traité n’est pas acceptable ». « Il serait trop préjudiciable, notamment pour nos agriculteurs, et la France a des lignes rouges très claires », a ajouté le ministre qui avait déjà critiqué l’accord de libre-échange UE-Canada (Ceta) entré en vigueur partiellement en septembre.

 

Intelligence artificielle : risque de manipulations  » ( Thierry Berthier et Nicolas Miailhe)

Intelligence artificielle : risque de manipulations   » ( Thierry Berthier et Nicolas Miailhe)  

 

De manipulations économiques et politique aussi une possible remise en cause de la  liberté, de la sécurité, du développement de  la durabilité, des  intérêts collectifs, et de  la dignité de la personne humaine par exemple.

 

Nicolas Miailhe est cofondateur et président de The Future Society, un incubateur d’idées et de projets lancé à la Harvard Kennedy School of Government en 2014 et dédié aux questions d’impact et de gouvernance de l’accélération et de la convergence des progrès technologiques. Dans ce cadre, Nicolas a lancé « The AI Initiative », qui pilote actuellement, entre autres activités, un débat participatif mondial multilingue sur la gouvernance de l’intelligence artificielle.

Lorsque l’on évoque la diaspora française des experts impliqués dans l’IA mondialisée, on pense immédiatement à Yann Le Cun, Directeur du laboratoire d’intelligence artificielle de Facebook (FAIR) ou à Emmanuel Mogenet, directeur de l’ingénierie de Google Research Europe.

D’autres voix françaises ont su se faire entendre dans un écosystème mondial très concurrentiel, en particulier celle de Nicolas Miailhe sur le segment des implications sociétales et géopolitiques de l’intelligence artificielle.

The AI Initiative, quels objectifs ?

NICOLAS MIAILHE – « The AI Initiative » a été lancée en 2015 dans le cadre de « The Future Society » pour se concentrer sur les questions d’impact et de gouvernance de la montée en puissance de l’Intelligence artificielle. Notre objectif est de favoriser l’émergence de cadres de gouvernance globaux permettant de tirer le meilleur parti de la révolution de l’IA en maximisant les bénéfices et en minimisant les risques.

Nous sommes convaincus que la révolution de l’IA est globale et qu’elle appelle donc une meilleure coordination internationale, mais aussi transnationale, car le monopole des États est remis en cause par la puissance des géants du numérique. Faire émerger un cadre de gouvernance adapté va prendre du temps. Cela implique de nourrir un dialogue transdisciplinaire et ouvert sur la société civile au-delà des experts et des praticiens.

Pourquoi est-ce nécessaire d’ouvrir sur la société au-delà des experts ?

Les changements vont affecter tout le monde et les questions éthiques à trancher aussi. Vu les dilemmes et les tensions entre des valeurs fondatrices de nos modèles sociaux comme la liberté, la sécurité, le développement, la durabilité, les intérêts collectifs, et la dignité de la personne humaine par exemple, un dialogue est indispensable pour harmoniser nos systèmes de valeurs. C’est une tâche difficile et très politique au fond, mais indispensable si nous voulons apprendre à vivre en harmonie à 7 puis 8 et 10 milliards d’êtres humains à l’heure de l’IA. Les travaux de recherche, les outils cognitifs et les évènements que nous organisons avec The AI Initiative sont tournés vers ce but.

Quelles sont les différences entre populations américaine et française ?

Les Américains sont généralement plus technophiles et confiants dans l’avenir que les Français. Ils ont aussi un goût pour le risque plus développé. C’est lié à leur histoire et à l’esprit de conquête (notamment sur la nature) qui l’irrigue.

Cet esprit, on le retrouve dans la métaphore de la « nouvelle frontière » qui continue de jouer un rôle central dans le projet de construction national américain : depuis la conquête de l’Ouest au XIXe siècle, jusqu’à celle de l’espace et de la lune au XXe siècle ; et à présent du corps et du cerveau humain. Le goût pour le risque, on le retrouve jusqu’à aujourd’hui par exemple au travers du droit à porter les armes… qui nous fait bondir en France !

Des craintes également aux États-Unis ?

Le leadership technoscientifique et industriel américain en matière de numérique, de data et donc d’IA est un facteur très rassurant à l’heure actuelle s’agissant de leur capacité à façonner l’agenda mondial de l’IA en équilibrant les bienfaits avec les risques.

Notre approche est ancrée dans la crainte… et la réalité du décrochage industriel et scientifique. Nous percevons la révolution de l’IA comme une vague, un tsunami qui nous arrive dessus et qui menace notre modèle de société contre lequel il faut se protéger. Nous avons perdu notre esprit de conquête qu’il faut absolument retrouver et traduire dans un modèle industriel crédible.

Comme nous percevons la révolution de l’IA comme largement « étrangère », nous Français cherchons malheureusement à la réguler (contraindre) plus qu’à gouverner (accompagner). Notre ambition universaliste est bien là, mais elle est quelque part plus conservatrice qu’elle n’est progressiste à l’heure où beaucoup de choses changent avec des opportunités à saisir dans tous les domaines : médical, transport, finance, sécurité, industrie, etc.

Notre ambition universaliste se traduit par la recherche d’un modèle européen de l’IA qui articule recherche de la puissance avec respect de la personne humaine. La péréquation entre les deux ne va pas être simple, car en régulant à partir d’une position d’extrême faiblesse industrielle par rapport aux Américains ou aux Chinois, nous risquons d’entraver notre propre montée en puissance. C’est un peu le risque que le GDPR (Règlement général sur la protection des données) fait planer sur les ambitions de puissance de la France et de l’Europe si nous ne savons pas en faire un atout.

Le solutionnisme béat de la Silicon Valley est-il inquiétant ?

Au-delà des bonnes intentions, qui sont sincères chez la plupart des transhumanistes, le solutionnisme technologique est un poison dangereux ; par manque de réflexivité. C’est à croire que nous n’avons rien appris des horreurs du XXe siècle.

La simplification à outrance des débats à laquelle on assiste parfois dans la Silicon Valley relève d’une certaine forme de naïveté, voire de fondamentalisme. Or, le recours à la science et à la technologie pour résoudre des problèmes (développement, maladie, sécurité, relations entre les individus) n’est jamais neutre. Il intègre des transferts de pouvoir importants. La montée en puissance des géants du numérique aux États-Unis ou en Chine s’accompagne d’un transfert de richesse et de pouvoir très important et qui n’est pas encore équilibré. Avec le basculement dans une économie de l’attention et du virtuel qui comportent des risques de manipulations importants.

Quelle est la vision du côté de Harvard et de The Future Society ?

Nous avons souhaité lancer The Future Society à Harvard, la plus vieille, mais aussi la plus puissante des universités américaines, aussi pour bénéficier d’un enracinement et d’une réflexion plus profonde qui caractérise la côte Est des États-Unis par rapport à la côte ouest. Il y a un côté plus mesuré ; une prudence ; un respect par rapport aux usages et aux traditions. Et pour autant un dynamisme technoscientifique ainsi qu’un brassage de cultures et d’intelligences qu’on retrouve dans très peu d’écosystèmes à travers le monde.

Il s’agit donc d’un choix réfléchi qui vise quelque part à proposer un modèle alternatif à celui de la Silicon Valley ; empreint de plus d’humilité et peut-être de sagesse, au travers d’une conscience des enjeux du temps long et des forces profondes qui animent la trajectoire d’évolution de la vie intelligente dans l’univers. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » disait Rabelais il y a plus de cinq siècles déjà. Nous avons fait notre cette belle maxime.

Cultiver une réflexion profonde à l’heure de la révolution NBIC qui remet en cause de façon rapide certains des grands équilibres qui ont régit nos modèles sociaux pendant des millénaires nous semble plus important que jamais. Avec la révolution de l’IA et des neurotechnologies, des choix d’une importance capitale -quasi existentiels- vont se présenter à nous. Il faut se donner les moyens de les instruire correctement.

Comment est perçu le transhumanisme aux États-Unis ? et en Europe ?

Notre position, si je peux parler ainsi, car The Future Society cultive la diversité, est qu’il est indispensable d’inviter les sociétés à créer les conditions d’un débat sur ces questions ; et que ce débat doit être transcivilisationnel. Permettre une politisation saine, sage et courageuse de ces enjeux, et quelque part de l’opposition croissante entre « transhumanistes libertariens », « techno-progressistes » et « bioconservateurs » de droite et de gauche nous semble crucial.

Cela n’est pas facile à faire, car les questions sont complexes, mais elles renvoient en fait à des interrogations philosophiques assez basiques, donc à la portée de l’immense majorité des gens, pourvu que le processus de politisation soit bien orchestré. Les experts dont nous faisons partie doivent de ce point de vue se mettre au service de la société, et faire preuve de pédagogie pour permettre aux citoyens de jouer leur rôle dans le débat. Définir la trajectoire d’évolution de l’Humanité au XXIe siècle à l’heure de l’accélération technologique implique rien de moins que cela ! C’est aussi ça l’éducation civique de notre époque.

Et les Français s’intéressent finalement beaucoup à ces questions par rapport à d’autres cultures, comme en témoigne le nombre important d’ouvrages, d’articles et de documentaires qui paraissent régulièrement sur la question depuis 2010. Vous savez, nous avions reçu Zoltan Itsvan (le candidat transhumaniste-libertarien à la présidence des États-Unis, Ndlr) à la Kennedy School en avril 2016 pendant la campagne des présidentielles américaines pour un débat politique inédit avec James Hugues (son opposant techno-progressiste, Ndlr). Discussion assez fascinante qui a entre autres montré que le transhumanisme n’est pas un bloc monolithique, mais plutôt un courant en évolution permanente et recomposition, ce qui est plutôt sain. La discussion a également montré en quoi le leadership techno-industriel vaut de plus en plus leadership politique. L’émergence d’un Marc Zuckerberg comme leader possible du parti démocrate le prouve bien aujourd’hui.

Et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle ! C’est aussi pour cela que la France et l’Europe doivent prendre des risques et se réveiller sur le plan industriel si nous voulons être en capacité de faire entendre notre voix dans ce débat stratégique. Il ne s’agit rien de moins que de l’avenir de la condition humaine et des grands équilibres qui la régissent. Mais ce que je voulais vous dire en parlant de la visite de Zoltan Itsvan à Harvard… C’est qu’il était suivi par une équipe de télévision française qui faisait un reportage sur lui ! Cela montre à quel point les Français sont fascinés par ces enjeux ! Et de mon point de vue c’est plutôt rassurant.

Le spectre politique est en train d’évoluer profondément sous nos yeux : d’une seule dimension à plusieurs dimensions. Si bien qu’on doit plutôt penser en termes de « prisme ». Il y a un deuxième et un troisième axe au-delà du spectre « droite-gauche » : démocratie directe vs indirecte ; et local vs global. J’en rajoute même un quatrième, de plus en plus pertinent : bioconservateur vs transhumaniste. Et un cinquième, très ancien, mais qui resurgit : matérialistes vs transcendantalistes.

Existe-t-il une doctrine américaine de l’IA au plan économique, géopolitique, militaire ?

Dans la compétition stratégique croissante entre les États-Unis et la Chine, il y a indéniablement une course à l’IA. Commerciale, mais aussi militaire. Il faut arrêter de se voiler la face. Les enjeux sont trop importants et le paradigme du « winner-takes-all » de l’économie des plateformes est en train de donner un tour explosif à la course. La Russie semble en retrait, car très affaiblie sur le plan économique. En effet, la géopolitique de l’IA est avant tout une géo économie !

Et les deux mastodontes de l’économie numérique globale que sont la Chine et les États-Unis s’efforcent de s’appuyer sur la taille critique de leurs énormes marchés domestiques, et sur leurs alliances, pour devenir les leaders mondiaux de l’IA. Du côté des GAFAMI, comme des BATX, les capitaines d’industrie ont tous fait de l’IA le cœur de leur stratégie. Idem concernant les gouvernements : l’Administration Obama a mené tout un travail dans sa dernière année d’exercice en 2016 qui a débouché sur la publication d’une stratégie et d’une roadmap technologique, y compris sur le plan militaire avec la publication de sa stratégie du « third offset ».

Sans parler de cyber sécurité bien sûr dans laquelle l’IA est appelée à jouer un rôle croissant. A l’été 2017, les plus hautes autorités chinoises ont alors annoncé un plan stratégique de grande ampleur sur l’IA qui doit lui permettre de ravir le leadership technologique aux Américains en IA d’ici 2025. L’administration Trump ne s’est pas vraiment approprié le sujet, même si elle apporte un soutien indéfectible aux militaires et son grand plan de baisse des impôts devraient favoriser les géants du net. Même si la question d’une course à l’armement n’est pas clairement évoquée, elle est bien posée. Car d’un côté comme de l’autre on a un a une perception assez limpide de la dualité de ces technologies. Et dans les deux cas, le gouvernement a et va continuer à jouer un rôle critique pour soutenir les progrès technologiques. Regardez le rôle qu’a joué la DARPA aux États-Unis par exemple dans la révolution numérique. Aujourd’hui IA et robotique, mais avant cela, Internet, GPS. Le système chinois est un capitalisme d’État qui est encore plus clair et quelque part efficace. En tout cas le rattrapage numérique que les Chinois ont réussi à produire est assez incroyable et inquiète de plus en plus les Américains. C’est quelque chose dont on parle beaucoup à Harvard.

Eric Schmidt, le PDG d’Alphabet a tiré la sonnette d’alarme lors d’une conférence en novembre 2017 en affirmant que « la suprématie technologique sans égard dont les États-Unis ont bénéficié depuis la chute de l’Union Soviétique est terminée ». L’Europe, mais surtout l’Afrique sera demain un terrain d’affrontement entre ces deux modèles aux antipodes l’un de l’autre.

Quelles pistes pour la France ?

La période actuelle est un tournant indéniable. Nous avons la chance d’avoir un Président brillant qui est parfaitement conscient des enjeux de son temps, y compris sur le plan numérique. D’où également l’attachement viscéral du Président Macron à l’Europe. Car dans le monde qui vient, plus que jamais l’union fera la force.

Dans cette période charnière, il ne faut surtout pas que la France rate la mise en place des conditions de son leadership numérique en Europe et dans le monde. De ce point de vue, l’implosion récente du Conseil national du numérique (CNNum) n’est pas une bonne nouvelle, car elle nous prive d’un véhicule d’échange et de dialogue indispensable entre le gouvernement et la société civile. Il faut impérativement que l’on réussisse à sortir par le haut de la crise actuelle. Peut-être en repensant au passage les missions du CNNum et certains des grands principes qui régissent son fonctionnement comme son indépendance par exemple… Et son articulation avec le Conseil Economique Sociale et Environnemental ?

Réussir 2018 pour la France sur les plans du numérique et de l’IA implique de présenter une stratégie française en matière d’IA qui soit ambitieuse en matière industrielle. C’est ce à quoi s’attèle avec talent et détermination Cédric Villani qui rendra son rapport dans quelques semaines. Il reviendra alors à Mounir Mahjoubi, le ministre en charge du numérique, de traduire les axes proposés en une stratégie et l’exécuter.

Notre stratégie en matière d’IA doit aussi chercher à influencer la stratégie européenne que la Commission publiera à la mi-année. Quelques points à regarder avec attention de ce point de vue : l’articulation d’une stratégie industrielle en matière de data avec le cadre régulatoire du Règlement général de protection des données (RGPD) qui s’appliquera à partir de mai 2018 à travers toute l’Europe. Il est impératif de réussir à faire de ce cadre une chance pour la France et l’Europe permettant de faire émerger des leaders industriels de la data et de l’IA. Et cela ne va pas être facile, car les risques et les entraves pour les entrepreneurs sont importants.

Faire de l’Europe le champion de l’éthique sans masse critique des usages est dangereux. Surtout quand on connaît la propension des consommateurs à sacrifier vie privée contre gratuité et confort d’usage. Il faut que cela change, mais le dosage doit être équilibré, car nous vivons dans un marché globalisé. Si nous savons trouver la bonne mesure, le RGPD offre des atouts donc il faut se saisir, comme le droit à la portabilité des données qui peut être un avantage comparatif majeur pour le marché unique et les acteurs européens. Il faut que les gouvernements développent une politique industrielle solide permettant de faire émerger des plateformes européennes nourries à la portabilité. C’est un changement de paradigme qui ne va pas se faire tout seul.

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Par Thierry Berthier, Maitre de conférences en mathématiques, cybersécurité et cyberdéfense, chaire de cyberdéfense Saint-Cyr, Université de Limoges et Nicolas Miailhe, Senior Visiting Research Fellow, Harvard University

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

 

Nicolas Hulot : du statut d’alibi écolo à celui de boulet pour Macron ?

Nicolas Hulot : du statut d’alibi écolo à celui de boulet pour Macron ?

 

Pour assurer sa défense,  Nicolas Hulot a décidé de porter plainte contre le journal qui l’a mis en cause. Jusque-là,  le ministre de l’environnement a bénéficié d’une forte cote de popularité auprès de l’opinion publique en raison de ses émissions télé sur l’environnement. La question est de savoir si cette plainte est judicieuse ou si elle ne va pas l’enfoncer un peu plus du fait du doute nourri par les dernières accusations. Certes, un accusé bénéficie toujours de la présomption d’innocence, il n’empêche que le tribunal médiatique fait souvent malheureusement davantage de dégâts que la justice officielle. Et de ce point de vue, la délation érigée en système pose de graves questions. Pour ce qui concerne Nicolas Hulot,  sa cote de popularité est à la fois  virtuelle et fragile. C’est une popularité médiatique essentiellement télévisuelle comme celle par exemple Michel Drucker ou  Mimi Matis. Pas forcément un brevet de compétence et de cohérence politique. D’ailleurs Nicolas Hulot en matière d’environnement défend un peu tout et son contraire faute de vraie connaissance du dossier. Sur le nucléaire par exemple et plus généralement sur la politique énergétique, il a dû remballer ses fragiles convictions. En clair, adieu au mix énergétique et poursuite du nucléaire. Mais pour lui faire avaler la pilule, Macron  a dégagé une enveloppe de 150 millions pour que Hulot fasse joujou avec des énergies renouvelables dont certaines sont intéressantes mais d’autres constituent des gadgets voir des contresens  énergétique économique. L’image écolo Hulot a aussi été grandement affectée par la découverte de son business sur l’environnement qui lui a permis d’accumuler une fortune considérable, aussi par son comportement en matière de transport au point que certains se sont demandés si au vu de son parc automobile Hulot était garagiste ou ministre de l’environnement. À cela, il faut ajouter les petites tricheries -comme les autres ministres -sur la valeur de son patrimoine. Pour Macron, le recrutement de Nicolas Hulot a constitué une prise de guerre très intéressante. En fait, durant sa campagne Macron  n’a abordé qu’à la marge les questions environnementales. Il ne s’est emparé de la problématique que lorsqu’il a senti qu’il pouvait tirer parti du retentissement de l’accord de Paris obtenu par le précédent gouvernement. Avec cet accord et la présence de Nicolas Hulot,  Macron pouvait revendiquer la posture de président vert  aux yeux de la communauté internationale. Nicolas Hulot constituait  un alibi écolo pour Macron. La question est jusqu’à quand car l’image du ministre de l’environnement pouvait bien être grandement affectée par les différents faits  évoqués. Cela d’autant plus que d’une certaine manière Hulot est pris dans un piège juridique. S’il n’avait pas porté plainte on aurait pu le soupçonner de craindre une éventuelle enquête. Mais en le faisant il risque de s’embourber. On voit mal comment  cette enquête (sauf éléments nouveaux) pourrait aboutir à autre chose qu’a un  classement sans suite. Finalement,  le même jugement que celui de l’affaire Ferrand ; un jugement  qui ne condamne pas mais qui n’innocente pas non plus (une nouvelle procédure judiciaire est d’ailleurs en cours à l’encontre de Ferrand). Du coup on risque de parler encore pendant des semaines des mois voire des années des affaires Hulot et l’intéressé risque de devenir un vrai boulet pour Macron. Macron bien obligé déjà de tirer le boulet Ferrand qui hypothèque la crédibilité parlementaire d’en marche.

Nicolas Hulot : «dernière expérience publique»…..tant mieux

Nicolas Hulot : «dernière expérience publique»…..tant mieux

 

Nicolas Hulot a révélé pour BFM que son poste de ministre constituerait sa dernière expérience publique. À ses dires ? Il serait épuisé par le poids des responsabilités et sans doute par son rythme de vie. En vérité ?  on ne peut que se réjouir de cette perspective de retrait car Nicolas Hulot représente sans doute ce qu’il y a de pire dans le champ de l’environnement. Disons le clairement Nicolas Hulot a largement utilisé sa position médiatique pour instrumentaliser la problématique écolo à son profit. Grâce à ses prestations télévisées et à ses montages sulfureux de l’entreprise Ushuaia, il a pu construire une confortable fortune à partir de rémunérations tout à fait hors de propos par rapport à ses compétences et à sa responsabilité. Hulot, c’est le prototype augmenté du bobo écolo qui entretient des relations approximatives voir virtuelles avec les réalités économiques, sociales voir environnementales. Certes,  il met le doigt sur certaines dérives des modes de production et de consommation mais ses solutions sont à la fois irréalistes et incohérentes. Pour preuve, il a bien été obligé de reculer d’une vingtaine d’années la perspective de mix énergétique adopté par le gouvernement Hollande à l’initiative de l’autre poète Ségolène Royal. Mais Macron  a été tout à fait satisfait de recruter ce personnage médiatique qui lui donne un alibi écolo. Certes sur les orientations stratégiques on ne change pas grand-chose mais il faut quand même quelques compensations à ce ministre ténébreux voir colérique. Ainsi lui a-t-on attribué enveloppe de 150 millions pour faire joujou avec des énergies alternatives dont beaucoup resteront anecdotiques, dont certaines sont utiles,  d’autres comme les éoliennes sont complètement illusoires et en plus coûteuses. Finalement, Hulot a avalé la prolongation des centrales nucléaires comme il vient d’avaler très récemment l’annonce de Macron d’autoriser le glyphosate pour 10% de la production agricole. Il a aussi avalé le plan de super urbanisation qui vise à concentrer  80 % de la population dans une quinzaine de métropoles. Pas étonnant comme la plupart des écolos bobos, il vit et travaille dans ce monde sur-urbanisé. En fait,  il  est en effet évident que ce ministre de l’environnement ne sert pas à grand-chose. On objectera à juste titre qu’il n’est pas le premier dans ce champ ministériel. Un champ ministériel d’ailleurs très virtuel puisque le ministre ne dispose d’aucune administration et d’aucun vrai moyen. C’est le ministère de la parole qui ne fait qu’accroître les contradictions entre les problématiques économiques, sociétales et  écologiques. La vérité aussi c’est que Nicolas Hulot n’a aucune culture ni environnementale, ni politique. C’est un pur produit des médias. Sorte de Michel Drucker ou Mimi Matisse qui a utilisé sa notoriété télévisuelle pour se construire une pseudo autorité politique. Certes il a réalisé quelques reportages intéressants sur la dégradation des écosystèmes mais cela ne suffit pas pour lui délivrer un brevet de compétence. Une compétence qu’il a d’ailleurs surtout utilisée pour se constituer une fortune de 200 millions grâce à son business écologique. Le journal  américain People With Money estime que Hulot  a accumulé  près de 215 millions d’euros.   Épinglé par le Canard enchainé à propos du sulfureux financement de sa Fondation, Nicolas Hulot, ministre de l’écologie est mis en cause pour les profits personnels qu’il tire de son action en matière d’environnement. Il aurait retiré des centaines de millions d’euros en salaires et dividendes par an de sa société Éole qui s’appuie sur la promotion des produits Ushuaia. Nicolas Hulot aurait entretenu un long partenariat avec EDF, producteur et fournisseur d’électricité. « Jusqu’en 2012, EDF a versé 460.000 euros par an à la Fondation.  Mêmes liens avec Veolia, géant de l’eau et du traitement des déchets. « De 2012 à 2017, Veolia a casqué 200.000 euros par an à la Fondation, et ce généreux mécène siège même à son conseil d’administration », assure Le Canard enchaîné. Vinci, désigné pour construire l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et qui n’envisage « pas du tout » de ne pas le faire, a financé la Fondation à hauteur de 30.000 euros en 2014 et 2015. Le journal d’investigation cite également TF1, Bouygues Télécom, la SNCF et L’Oréal, pour des versements entre 30.000 et 250.000 euros chacun. Par ailleurs,  jusqu’à son arrivée aux affaires, Nicolas Hulot présidait encore « Eole », une société alimentée par les royalties des ventes des produits estampillés « Ushuaïa » (gels douches, shampoings…). La marque détenue par TF1 a cédé sa licence à des grandes entreprises comme les opticiens Atoll ou L’Oréal. Avec à la clé des contrats juteux pour la chaîne de télévision et son ancien animateur vedette. De 113.000 en 1992, « Eole » a vu ses gains grimper à plusieurs centaines de milliers d’euros dans les années 2000. Une véritable machine à cash pour le principal bénéficiaire de l’entreprise: Nicolas Hulot qui en est le seul salarié et en possède 99.9% des parts. Au total, c’est près de 3 millions d’euros que la société aurait accumulé en fonds propres. Un pactole auquel il faut encore ajouter le salaire que se verse Nicolas Hulot -290.000 euros en 2013- et les dividendes qu’il perçoit (66.000 euros).  Pourtant, les produits « Ushuaïa », qui font la fortune du ministre de la Transition écologique, ne sont pas particulièrement recommandables pour la planète. Au contraire. Comme le rappelle Le Canard Enchaîné, Greenpeace a placé en 2006 les produits de la marque Ushuaïa sur la « liste rouge » des produits chimiques dangereux. Il y a un mois, c’était le magazine « 60 millions de consommateurs » qui épinglait trois produits de la marque, dont un gel douche contenant « un grand nombre de colorants susceptibles de provoquer des allergies » et un déodorant renfermant du benzyl salicylate, une substance soupçonnée d’être… un perturbateur endocrinien. . temps, comme le fut du canon de Fernand Reynaud ! A reçu une équipe de BFMTV dans son bureau au ministère,

Nicolas Hulot : un écolo super motorisé

Nicolas Hulot : un écolo super motorisé  

 

Non seulement Nicolas Hulot est l’un des plus riches du gouvernement (,  le Canard enchaîné va ce charger de démonter sa déclaration tout à fait fantaisiste de patrimoine) mais il est en plus le ministre le plus motorisé puisque possédant pas moins de neuf véhicules à moteur dont huit à moteur thermique. Sans parler évidemment des nombreuses locations d’autres véhicules notamment des hélicoptères à la fois très gourmands en carburant et aussi très polluants. Bref voilà Nicolas Hulot et le prototype d’écolo bobo qui veut imposer la rigueur au français mais qui ne peut ne veut lui priver de l’ultra mobilité polluante. Il va sans doute objecter que ce parc de véhicules était nécessaire à ses anciennes activités de journaliste. Or ces sociétés sont suffisamment florissantes pour lui offrir des moyens de transport ce dont sans doute il ne se prive pas. Le pire c’est que Nicolas Hulot souhaiterait imposer aux automobilistes des véhicules moins polluants et que lui-même utilise des véhicules sans doute relativement ancien pour certains puisque leur valeur vénale ne dépasse pas 1000 €. Parmi ces véhicules figurent un bateau, un scooter électrique et une moto. Les six autres véhicules sont des voitures, achetées entre 1998 et 2017, de gammes différentes. On y trouve ainsi un Peugeot Boxer (gros utilitaire), un Land Rover, des véhicules Volkswagen, Citroën et BMW, mais également une 2 CV acquise en 2017. Si la BMW de Nicolas Hulot est un modèle i3, électrique, le ministre est aussi propriétaire d’un combi Volkswagen, dont il n’existe pas de version écologique, le California Beach, selon Capital« Selon nos informations, ce van, à transmission intégrale, est équipé d’une boîte automatique et d’un moteur 2 litres turbo diesel de 204 chevaux », précise le mensuel. La valeur totale des véhicules à moteur de Nicolas Hulot atteint 105 000 euros, et la somme de 83 000 euros pour ses six voitures. Une somme d’ailleurs comme son patrimoine sans doute elle aussi sous-estimée

Nicolas Hulot prêt à avaler la couleuvre de Notre-Dame-des-Landes

Nicolas Hulot prêt à avaler la couleuvre de  Notre-Dame-des-Landes

Nicolas Hulot s’est toujours prononcé jusque-là contre la construction du nouvel aéroport de Notre-Dame des Landes. Il y a quelques semaines il avait même indiqué qu’une décision favorable à ce projet pourrait précipiter sa démission. Mais une nouvelle fois Nicolas Hulot semble prête à retourner sa veste comme il l’a fait sur le nucléaire et sur bien d’autres sujets. Il déclare en effet qu’  il pourrait s’accommoder de cette construction de Notre-Dame des Landes en se réfugiant derrière le rapport qui a été demandé à des experts. Nicolas Hulot considère  même qu’il y aurait un problème d’autorité à ne pas respecter le vote qui a été organisé dans la seule zone du département de Loire-Atlantique. Comme si le nouvel aéroport ne concernait que les habitants de ce département ! Il faut donc constater que Nicolas Hulot est d’une grande flexibilité en matière de conviction écologique. Des convictions qui lui ont permis de transformer l’écologie en véritable business et d’accumuler une fortune de 200 millions. Sur ce dossier sensible, le ministre de l’Ecologie assure qu’il n’en fait pas un casus belli. « Je ne fonctionne pas comme cela, déclare-t-il. Si je vous dis que c’est une ligne rouge, c’est une forme de chantage. Or, je ne veux rien obtenir par le chantage. Ce ne serait pas sain, ni durable. » Selon le ministre de l’Ecologie, « toutes les alternatives n’ont pas été étudiées ». « C’est pour cela que j’ai souhaité qu’une commission de médiateurs soit mise en place », rappelle-t-il ensuite. Ces médiateurs doivent remettre leur rapport le 13 décembre prochain à Edouard Philippe. Selon une source gouvernementale citée par l’AFP, une décision de l’exécutif dans ce dossier est attendue « selon toute vraisemblance » d’ici à la fin de l’année.  »A ce stade, je n’ai aucune idée de la décision qu’ils prendront… « , affirme Nicolas Hulot.  Et le référendum organisé en 2016 à l’échelle de la Loire-Atlantique? Ce scrutin a validé le projet d’aéroport, mais le fait que tous les habitants du département soient interrogés – et non ceux de la zone concernée par l’aéroport – avait suscité la polémique.  »A-t-on soumis à cette consultation toutes les options possibles? », s’interroge le ministre avant de constater que la remise en cause d’un vote public poserait tout de même un « problème d’autorité ». S’il est opposé au projet d’aéroport, Nicolas Hulot se désolidarise toutefois des zadistes, ces manifestants qui occupent le terrain, sur place, et affrontent régulièrement les forces de l’ordre. « On a, à Notre-Dame-des-Landes, un problème d’ordre public, constate-t-il. Certains en font abstraction dans leur raisonnement. Pas moi! » Nicolas Hulot tente ainsi de défendre une position équilibrée en attendant les conclusions des médiateurs.

Logement : Nicolas Hulot veut imposer une double peine fiscale

 

Logement : Nicolas Hulot veut imposer une double peine fiscale

Sans doute pour masquer son revirement sur de nombreux dossiers notamment le nucléaire, Nicolas Hulot sollicite l’ingénierie fiscale en vue d’imposer une double peine au logement à faible performance énergétique. Ainsi la taxe foncière où les droits de mutation seraient augmentés si le logement est mal isolé. Il faut vraiment être un bobo millionnaire pour envisager une telle mesure. En effet en général les logements à faible performance énergétique sont ceux qui appartiennent à des Français qui n’ont pas les moyens pour isoler convenablement leur logement. En effet selon les cas il faut compter entre 30 000 et 50 000 € pour une meilleure performance énergétique. Du coup,  ce sont ceux qui disposent de faibles moyens qui se verront davantage punis par l’impôt. Une proposition à la fois idiote et anti redistributive mais qui n’est pas étonnante de la part d’un écolo  bobo qui a réussi à amasser une fortune de 200 millions grâce à son business sur l’écologie. Le gouvernement réfléchit à un dispositif de bonus-malus sur les logements en fonction de leurs performances énergétiques, a donc déclaré Nicolas Hulot dans un entretien diffusé jeudi, à la veille de la publication de la feuille de route de l’Etat en la matière. Nous réfléchissons (…) à une modulation des taxes foncières ou des droits de mutation en fonction du diagnostic de performance énergétique des logements », a affirmé le ministre de la Transition écologique aux Echos. « Sur le plan juridique, c’est tout à fait possible, à condition de ne pas porter atteinte au droit de propriété. Une mission a été lancée pour explorer les différentes options possibles », a souligné M. Hulot dans cet entretien conjoint avec son collègue chargé de la Cohésion des territoires Jacques Mézard, dont le portefeuille inclut le logement.

 

Nucléaire : Le bon choix de Nicolas Hulot (Brice Lalonde)

Nucléaire : Le bon choix de Nicolas Hulot (Brice Lalonde)

Brice Lalonde ancien ministre de l’environnement approuve le chois de Nicolas Hulot sur le nucléaire dans une  interview aux Echos (extraits). «   Le ministre de la Transition écologique a eu raison de reporter l’objectif de ramener la part du nucléaire à 50 % en 2025. Il aurait fallu en compensation recourir aux combustibles fossiles et émettre davantage de CO2. Fallait-il vraiment repousser au-delà de 2025 l’objectif de ramener la part du nucléaire dans la production d’électricité française à moins de 50 % ? La décision n’a en tout cas pas surpris les spécialistes de l’énergie. L’échéance fixée par la loi était intenable. Les centrales ont été construites pour durer et les énergies renouvelables ne sont guère capables de s’y substituer à bref délai, d’autant que leur intermittence rend nécessaire, pour l’instant, de les adosser à une source d’électricité qui puisse les relayer. Accélérer la fermeture des centrales nucléaires, c’était donc, comme en Allemagne, comme au Japon, conserver et accroître le recours aux combustibles fossiles…..Le dérèglement climatique est la menace numéro un. Son principal responsable à l’échelle mondiale, aujourd’hui, est la production d’électricité par le charbon, lequel, soit dit en passant, a tué au bas mot mille fois plus de personnes que les accidents nucléaires, entre la mine et la pollution de l’air. Brûler du charbon et les autres combustibles fossiles envoie dans l’atmosphère un déchet irrécupérable, le CO2, dont un tiers va stagner là pendant un millénaire, créant l’enfer sur terre. Entre l’impact du charbon et celui du nucléaire il n’y a pas photo ! C’est le charbon l’empoisonneur. Alors de deux maux, le moindre ! Les Allemands, en brûlant le lignite, ont choisi le pire. Ils nous pressent de fermer Fessenheim quand le vent d’est envoie leurs cendres sur Paris. Leurs émissions de CO2 sont très supérieures à celles de la France. Leur exemple encourage les pays en développement à commander des centrales à charbon. La verte Allemagne le fait, pourquoi pas nous ? Moins de nucléaire, plus de renouvelable. Si l’on se dégage de la hantise nucléaire et que l’on se concentre sur la lutte contre le changement climatique, on voit tout de suite que le pétrole est la première source d’énergie consommée en France, donc d’émission de CO2. On accueille avec intérêt les déclarations du ministre annonçant la fin prochaine du moteur à explosion. Les transports sont en effet un gros contributeur de CO2, suivis par les bâtiments, où une réglementation contestable a favorisé la pénétration du gaz naturel. L’un des axes de la décarbonation est une électrification plus poussée de nos systèmes énergétiques, l’électricité autorisant le mariage de l’énergie avec le digital et, par conséquent, une mise en relation numérique des bâtiments, des véhicules, de la météo, des moyens de production et de stockage de l’énergie.  L’électricité peut aussi produire de l’hydrogène, un moyen de stockage et un auxiliaire indispensable au recyclage du carbone. C’est la vision d’une transition dominée par l’électricité d’origine renouvelable, adossée à un nucléaire en diminution. A mi-chemin, quand le nucléaire produira 50 % de l’électricité, il restera des centrales nucléaires. Au demeurant, une soixantaine de réacteurs russes, coréens, chinois, français sont aujourd’hui en construction ou sur le point d’entrer en fonctionnement. Les centres de recherche préparent une quatrième génération. L’industrie du démantèlement se développe. Pour être écologiste, faut-il être modérément, pas du tout ou mordicus antinucléaire ? Aucune source d’énergie n’est sans défaut. Aucune technique n’est imperfectible. Peut-être est-il temps d’inventer un réformisme nucléaire.

Brice Lalonde est conseiller spécial de Global Compact et président de l’Académie de l’eau.

 

 

Nicolas Hulot:  » on en a fait des quelques trucs! »

Nicolas Hulot:  » on en a fait des quelques trucs! »

C’est en substance ce que dit Nicolas Hulot pour tenter de justifier une certaine immobilité de son ministère. Dans une interview au JDD le ministre de l’écologie se défend de sa discrétion en déclarant « on a quand même fait des choses ».  Des choses, oui mais finalement assez marginales  sauf concernant la perspective de la suppression des moteurs thermiques pour les automobiles à l’horizon de 2040. Une position prise aussi par d’autres Etats et même parfois avancée à 2030. Pour le reste les autres les orientations paraissent assez anecdotiques.  Nicolas Hulot qualifie par exemple de « vraie satisfaction » le vote mardi interdisant « l’exploitation des hydrocarbures ». Une exploitation qui en France n’aurait pas pesé très lourd. « Sur le front du climat, la France prend le leadership dans la mise en œuvre des accords de Paris », se félicite-t-il aussi. Une affirmation un peu rapide car nombre d’autres pays ou d’autres régions sont plus avancées en matière de préservation du climat. La pollution constatée dans plusieurs grandes villes notamment à Paris fait  d’ailleurs l’objet de critiques à l’étranger. D’où la décision d’ailleurs de la maire  de Paris d’avancer à 2030 la fin des voitures à essence dans Paris et à 2024 la fin du diesel. Surtout Nicolas Hulot oublie de dire que l’essentiel de la politique climatique de la France repose sur le maintien voir le développement du parc nucléaire. Un dossier sur lequel il se tait, cela d’autant plus que ses sociétés et ses associations ont été largement financées par de grandes entreprises  comme EDF. Ce qui lui a permis au passage d’accumuler la plus grande fortune du gouvernement à savoir autour de 200 millions ! Sur les dossiers sensibles Nicolas Hulot évite de se positionner.  Exemple encore, l’aéroport de Notre-Dame des Landes. La vérité c’est que Nicolas Hulot est largement fragilisé par son business de l’écologie et qu’il devra quitter le gouvernement. Il a en effet de plus en plus de difficultés à donner une légitimité à sa présence au ministère de l’environnement. De ce point de vue les Français ne sont pas naïfs puisque les sondages démontrent que Nicolas Hulot est surtout là pour donner une caution écologique à Macon.

 

Nicolas Hulot : à quand le départ ?

Nicolas Hulot : à quand le départ ?

 

La question n’est sans doute pas de savoir si Nicolas Hulot va un jour quitter le gouvernement mais quand. Il s’interroge d’ailleurs lui-même sérieusement après avoir effectué une enquête d’opinion sur le sujet.  Certes, Nicolas Hulot reste encore l’un des plus populaires dans le gouvernement mais cette popularité doit beaucoup à son ancienne image médiatique et surtout à sa grande discrétion pour ne pas dire son immobilité. Par exemple il ne sait absolument pas positionné sur le dossier nucléaire, même sur la fermeture de Fessenheim ou  le lancement de Flamanville. Idem pour  Notre dame des landes. Autant de dossiers sensibles qu’il évite d’aborder et qu’il tente de masquer avec quelques mesures gadgets. Il faut dire que Nicolas Hulot traîne comme un boulet le mode de financement de ses sociétés et associations largement financées par de grandes entreprises comme EDF soutenues par TF1 et qui lui ont permis d’accumuler la plus grosse fortune du gouvernement (autour de 200 millions). Pour masquer son inutilité, voir son incompétence, Nicolas Hulot agite le gadget par exemple des éoliennes ou la taxation de telle ou telle activité polluante du point de vue environnementale. Nicolas Hulot ne sert à peu près à rien sauf à Macon auquel il apporte une caution écolo. Exemple, les  « Etats généraux de l’alimentation » (EGA)  dont il a été pratiquement écarté et confiés à Stéphane Travert, arrivé en juin à la faveur du premier remaniement gouvernemental. « Il y a une telle dissension avec Travert qu’il n’arrive pas à communiquer avec lui, renchérit auprès du Monde Jean-François Julliard, le directeur général de Greenpeace France. C’est d’autant plus dur que les EGA étaient son idée, il y a une frustration personnelle de Hulot dans ce dossier. » Même chose pour le CETA accord commercial entre l’union économique et le Canada qui va remettre en cause nombre de normes européennes de santé et d’environnement même si Macron affirme le contraire. Bref Nicolas Hulot ne cesse d’avaler des couleuvres consciemment ou inconsciemment.

Nicolas Hulot : à quand le départ ?

Nicolas Hulot : à quand le départ ?

 

La question n’est sans doute pas de savoir si Nicolas Hulot va un jour quitter le gouvernement mais quand. Il s’interroge d’ailleurs lui-même sérieusement après avoir effectué une enquête d’opinion sur le sujet.  Certes, Nicolas Hulot reste encore l’un des plus populaires dans le gouvernement mais cette popularité doit beaucoup à son ancienne image médiatique et surtout à sa grande discrétion pour ne pas dire son immobilité. Par exemple il ne sait absolument pas positionné sur le dossier nucléaire, même sur la fermeture de Fessenheim ou  le lancement de Flamanville. Idem pour  Notre dame des landes. Autant de dossiers sensibles qu’il évite d’aborder et qu’il tente de masquer avec quelques mesures gadgets. Il faut dire que Nicolas Hulot traîne comme un boulet le mode de financement de ses sociétés et associations largement financées par de grandes entreprises comme EDF soutenues par TF1 et qui lui ont permis d’accumuler la plus grosse fortune du gouvernement (autour de 200 millions). Pour masquer son inutilité, voir son incompétence, Nicolas Hulot agite le gadget par exemple des éoliennes ou la taxation de telle ou telle activité polluante du point de vue environnementale. Nicolas Hulot ne sert à peu près à rien sauf à Macon auquel il apporte une caution écolo. Exemple, les  « Etats généraux de l’alimentation » (EGA)  dont il a été pratiquement écarté et confiés à Stéphane Travert, arrivé en juin à la faveur du premier remaniement gouvernemental. « Il y a une telle dissension avec Travert qu’il n’arrive pas à communiquer avec lui, renchérit auprès du Monde Jean-François Julliard, le directeur général de Greenpeace France. C’est d’autant plus dur que les EGA étaient son idée, il y a une frustration personnelle de Hulot dans ce dossier. » Même chose pour le CETA accord commercial entre l’union économique et le Canada qui va remettre en cause nombre de normes européennes de santé et d’environnement même si Macron affirme le contraire. Bref Nicolas Hulot ne cesse d’avaler des couleuvres consciemment ou inconsciemment.

Nicolas Hulot : restera, restera pas ?

Nicolas Hulot : restera, restera pas ?

Nicolas Hulot aurait fait uen enquête sur le sentiment des Français pour savoir s’il doit rester ou partir. Le doute s’installe chez le ministre de l’écologie comme  en témoigne son interview au Parisien , dans laquelle il ne fait pas montre d’un enthousiasme débordant vis-à-vis de ses nouvelles fonctions. «Je n’éprouve aucun plaisir personnel à être ministre, mais je souhaite trouver de la satisfaction à travers nos décisions», admet-il. «Tant que j’aurai le sentiment de construire des choses durables, irréversibles, je serai au rendez-vous. Mon efficacité, c’est la seule condition de ma présence au gouvernement. Si ce n’est pas le cas, je ne vois pas de raison de rester», ajoute-t-il. Deux raisons cela, Hulot ne parviendra évidements pas à mettre en place le plan énergétique illusoire de Ségolène Royal. Il évite donc de parler du nucléaire pour se consacrer aux émissions polluantes notamment le CO2. Et pour masquer son silence le nucléaire tout juste quelques éoliennes par ailleurs improductives et couteuses. Il n’a toujours pas pris la moindre pour la fermeture d’une seule centrale ou d’un seul réacteur par même pour Fessenheim. Certes il a parlé du nucléaire mais de manière très évasive. Deuxième rais on, Hulot est fragilisé par ses contradictions comme ministre de l’écologie mais également comme écolo businessman puisque c’est et de loin le ministre le plus riche du gouvernement dont la fondation au surplus a été largement financée par EDF. Hulot a donc intérêt à se faire discret pour ne pas attirer les feux médiatiques sur la manière dont il a construit sa fortune grâce à l’écologie. . Le journal  américain People With Money estime que Hulot  a accumulé  près de 215 millions d’euros.  Récemment épinglé par le Canard enchainé à propos du sulfureux financement de sa, Nicolas Hulot, ministre de l’écologie est mis en cause pour les profits personnels qu’il tire de son action en matière d’environnement. Il aurait retiré des centaines de millions d’euros en salaires et dividendes par an de sa société Éole qui s’appuie sur la promotion des produits Ushuaia. Nicolas Hulot aurait entretenu un long partenariat avec EDF, producteur et fournisseur d’électricité. « Jusqu’en 2012, EDF a versé 460.000 euros par an à la Fondation.  Mêmes liens avec Veolia, géant de l’eau et du traitement des déchets. « De 2012 à 2017, Veolia a casqué 200.000 euros par an à la Fondation, et ce généreux mécène siège même à son conseil d’administration », assure Le Canard enchaîné. Vinci, désigné pour construire l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et qui n’envisage « pas du tout » de ne pas le faire, a financé la Fondation à hauteur de 30.000 euros en 2014 et 2015. Le journal d’investigation cite également TF1, Bouygues Télécom, la SNCF et L’Oréal, pour des versements entre 30.000 et 250.000 euros chacun. Par ailleurs,  jusqu’à son arrivée aux affaires, Nicolas Hulot présidait encore « Eole », une société alimentée par les royalties des ventes des produits estampillés « Ushuaïa » (gels douches, shampoings…). La marque détenue par TF1 a cédé sa licence à des grandes entreprises comme les opticiens Atoll ou L’Oréal. Avec à la clé des contrats juteux pour la chaîne de télévision et son ancien animateur vedette. De 113.000 en 1992, « Eole » a vu ses gains grimper à plusieurs centaines de milliers d’euros dans les années 2000. Une véritable machine à cash pour le principal bénéficiaire de l’entreprise: Nicolas Hulot qui en est le seul salarié et en possède 99.9% des parts. Au total, c’est près de 3 millions d’euros que la société aurait accumulé en fonds propres. Un pactole auquel il faut encore ajouter le salaire que se verse Nicolas Hulot -290.000 euros en 2013- et les dividendes qu’il perçoit (66.000 euros).  Pourtant, les produits « Ushuaïa », qui font la fortune du ministre de la Transition écologique, ne sont pas particulièrement recommandables pour la planète. Au contraire. Comme le rappelle Le Canard Enchaîné, Greenpeace a placé en 2006 les produits de la marque Ushuaïa sur la « liste rouge » des produits chimiques dangereux. Il y a un mois, c’était le magazine « 60 millions de consommateurs » qui épinglait trois produits de la marque, dont un gel douche contenant « un grand nombre de colorants susceptibles de provoquer des allergies » et un déodorant renfermant du benzyl salicylate, une substance soupçonnée d’être… un perturbateur endocrinien.

La fin du travail ? Toujours la même erreur historique (Nicolas Bouzou)

La fin du travail ? Toujours la même erreur historique (Nicolas Bouzou)

La fin du travail Nicolas Bouzou, économiste, auteur de  L’Innovation sauvera le monde   explique dans uen interview à BFM très concrètement comment la vague d’innovations actuelles va créer des emplois dans les années à venir.

 

BFM Business: Selon une étude de 2013 des chercheurs Carl Benedikt Frey et Michael Osborne, 47% des emplois aux Etats-Unis seraient menacés par la robotisation. En 2016, l’OCDE a estimé que c’était 9% des emplois qui pourraient disparaître. Se dirige-t-on vers un monde où le travail va se raréfier?

Nicolas Bouzou: Non Je ne pense que la technologie remplace le travail humain, je pense même exactement l’inverse. Il faut analyser très précisément ce que disent les études. On y lit certes que certains emplois vont disparaître avec l’apparition de l’intelligence artificielle et de la robotisation notamment. Ce qui est vrai. Un exemple très concret: la voiture autonome. Il est évident que cette innovation a de quoi inquiéter les moniteurs d’auto-école, les ambulanciers, les chauffeurs de taxi ou les chauffeurs-routiers. Leur emploi est clairement menacé. Mais imaginer que cette révolution se traduira uniquement par des destructions d’emplois est une erreur que l’on fait depuis l’aube de l’humanité. Dans toute phase d’accélération d’innovations technologiques, les destructions sont toujours accompagnées de créations encore plus importantes. C’est ce qu’explique Joseph Schumpeter avec son concept de destruction créatrice. Dans l’Histoire, la création l’a toujours emporté.

Vous avez des exemples?

N.B.: Oui… Prenez la Renaissance par exemple qui a été une période de grande innovation avec l’apparition de la poudre à canon, des lunettes, de l’imprimerie… Cette dernière a détruit de nombreux emplois: des copieurs, des enlumineurs, des relieurs et j’en passe. Mais elle en a créé beaucoup et changé complètement les organisations. Outre les emplois classiques liés à la fabrication des imprimeries, elle a permis l’apparition de nouveaux métiers: fabricants d’encre, de caractères mobiles mais aussi libraires, documentalistes, bibliothécaires etc. Autant de métiers qui ne pouvaient pas exister auparavant. Si l’on fait maintenant le parallèle avec la voiture autonome: oui, elle va détruire des emplois mais elle va complètement repenser la mobilité. Les gisements seront énormes autour de la ville, de l’environnement, des pistes cyclables et de la mobilité en général. Des métiers et des activités vont apparaître avec cette transformation technologique. De tout temps, des métiers ont disparu et ont été remplacés par d’autres. Il suffit de se balader dans Paris et de voir le nom de certaines rues (rue de la coutellerie, rue des déchargeurs etc.) pour le constater. Peut-être que dans quelques années, nous aurons la rue des pharmaciens, la rue des taxis…

Certains économistes comme Robert Gordon, inventeur du concept de grande stagnation, estime que les innovations actuelles ne sont pas aussi fondamentales que celles d’hier et ne sont donc pas susceptibles de créer autant de croissance et de débouchés que jadis…

N.B.: Encore une fois nous manquons de vision historique. Gordon pense que les gains de productivité susceptibles de générer de la croissance sont moins importants qu’au XXème siècle qui a vu l’apparition de l’électricité, de la voiture, de l’avion etc. Mais ces innovations ont-elles du jour au lendemain permis de créer de grands cycles de croissance? Bien sûr que non. Il faut toujours un laps de temps important entre l’apparition d’une innovation et les gains de productivité qu’elle permet.

Pourquoi cela prend-il toujours du temps?

N.B.: Parce qu’une révolution met du temps à transformer les organisations. Prenons encore un exemple concret: le robot chirurgical qui permet d’alléger le travail du chirurgien. La technologie a déjà changé la médecine, les robots rendent la chirurgie plus précise, moins invasive. Mais aujourd’hui, dans la santé on recrute encore beaucoup d’infirmiers et d’infirmières car pour ces activités-là, rien ne remplace le contact humain. Par ailleurs, si vous voulez que l’achat d’un robot se transforme en gain de productivité et génère de la croissance, vous allez faire de plus en plus de chirurgie ambulatoire, c’est-à-dire que les gens vont rentrer chez eux plus vite. Mais il va falloir transformer l’hôpital qui est un lieu d’hébergement en un lieu où l’on pratique de la médecine mais où l’on ne séjourne pas. On pourra ainsi procéder à plus d’opérations chirurgicales et réaliser des gains de productivité colossaux. Et s’il y a besoin d’hébergement, des hôtels pourront nouer des partenariats avec l’hôpital en question par exemple. Bref ça nécessite d’immenses transformations en termes d’organisation. Entre « Schumpeter dans l’innovation » et « Schumpeter dans l’organisation », il peut se passer 5, 10 ou 20 ans.

Comment se sont passées les précédentes transformations dans l’Histoire?

N.B.: Toujours très mal. Les frictions sont fortes dans une société qui se transforme et il y a toujours des tentations de repli réactionnaire et une montée des nationalismes. Les exemples sont nombreux comme avec les 30 tyrans au Vème avant J-C à Athènes, une dictature née en réaction notamment à l’apparition du grand commerce au Pirée. Ou encore celle de Savonarole, une sorte de « Daesh » chrétien, dans la Florence du XVème siècle qui était la pourtant la cité la plus riche d’Europe. Plus proche de nous, nous avons les luddites en Angleterre et les canuts en France qui brisaient les machines. Un contexte de grande tension qui a conduit notamment à l’assassinat du président de l’époque, le républicain modéré Sadi Carnot.

Que faire pour accompagner ceux dont le travail va disparaître demain?

N.B.: Il faut dès aujourd’hui cibler les secteurs et les professions concernés. Il faut aller voir les chauffeurs et leur dire: ton job est menacé, voyons ensemble où vont se créer de nouveaux emplois. C’est le rôle des branches professionnelles qui doivent effectuer ce travail. Et après il faut énormément investir dans la formation professionnelle pour permettre aux personnes concernées de se former à de nouvelles activités. A défaut, on court à la catastrophe.

La France subit un taux de chômage élevé depuis des décennies, est-ce lié à la machine?

N.B.: Pas du tout. Le taux de chômage en France est structurel. Il est aussi lié à la nature du contrat de travail, au coût du travail pour les professions faiblement qualifiées, à la formation professionnelle défaillante mais pas à la technologie. D’ailleurs, de nombreux pays sont au plein emploi aujourd’hui et ils ont confrontés aux mêmes enjeux que nous en termes de transformations technologiques.

Mais n’est-ce pas au prix d’importantes inégalités?

N.B.: Je me réfère souvent à la théorie de la justice de John Rawls: ce qui est injuste ce n’est pas l’inégalité en soi, c’est que les pauvres restent pauvres. Aujourd’hui s’il y a des inégalités c’est parce que la technologie crée des métiers très qualifiés -ingénieurs chez Google- et des métiers pas du tout qualifiés -serveurs dans un restaurant ou tous les métiers autour du « care », comme disent les Américains c’est-à-dire l’accompagnement des personnes âgées par exemple. Il y a des petits jobs c’est vrai, mais il ne faut pas les bloquer et au contraire permettre à ceux qui les exercent de pouvoir faire autre chose. Etre chauffeur Uber c’est bien si l’on peut monter dans l’échelle sociale. Et pour cela il faut de la flexibilité sur le marché du travail et une formation efficace. C’est ce que fait un pays comme l’Allemagne, par exemple.

Que pensez-vous du revenu universel et des débats de cette campagne présidentielle?

N.B.: Je suis violemment contre le revenu universel évidemment. Il ne faut pas entrer dans une logique de déconnexion travail/revenu où l’on imaginerait que 10% de la population prospérerait au travail pendant que 90% toucherait un revenu universel. Ça valide la thèse de la raréfaction du travail qui est fausse. Tant qu’il existera une différence entre la machine et l’humain (et cette différence existe bien), les deux seront des facteurs de production complémentaires et non substituables. La disparition du travail nécessiterait de subventionner les individus. La mutation du travail nous oblige à anticiper, à former et à flexibiliser. Et toutes ces questions ne sont évidemment pas bien abordées pour le moment dans cette campagne présidentielle, or c’est l’enjeu majeur des années à venir.

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