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Soupçons de conflit: Alexis Kohler : ce n’est pas une affaire (Elysée)

Soupçons de conflit: Alexis Kohler : ce n’est pas une affaire (Elysée)

Pour le gouvernement ce n’est  est pas uen affaire «la hiérarchie, qui était informée de ses liens personnels, a naturellement veillé au conflit d’intérêt potentiel. C’est donc bien volontiers que Monsieur Kohler communiquera spontanément au parquet l’ensemble des documents qui prouvent sa conduite respectueuse du droit dans toutes les circonstances de son parcours professionnel et mettra ainsi un terme à bref délai au soupçon totalement infondé qui a été jeté sur lui, à l’évidence en raison de ses fonctions de secrétaire général de l’Elysée», assure la présidence. «Cette plainte s’appuie sur des articles de presse de Mediapart qui contiennent de nombreuses et graves erreurs factuelles», ajoute l’Elysée. Christophe Castaner, le secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement a d’abord indiqué que les associations comme Anticor «multiplient des initiatives… et les perd souvent».En attendant uen perquisition a été effectuée à Bercy par la PNF.  A suivre comme toutes les autres affaires qui n’en sont pas !

 

 

 

RGPD : personne n’est prêt

RGPD : personne n’est prêt

Le fameux Règlement général sur la protection des données, voté en mai 2016 par le Parlement européen, est entré en vigueur le 25 mais  Il définit de nouvelles règles communes qui renforcent la protection des données personnelles des citoyens, ainsi que les obligations des professionnels et des entreprises. Problème cependant, personne n’est prêt et surtout pas les PME.  Les entreprise doivent s’engager  à utiliser les données  utiliser à des fins précises, légitimes et justifiées, et encadrées par le RGPD, notamment pour améliorer le service. Et dans le cas où elle les transmettrait à des tiers (pour de la publicité ciblée par exemple), elle doit respecter des procédures de sécurité et savoir expliquer à qui et pourquoi elle transmet les données. L’utilisateur est aussi censé pourvoir accepter ou refuser ce type de pratiques.

 

Le règlement européen RGPD au fait c’est quoi ?  

 

 

 

C’est la question à laquelle répond dans une  interview à la Tribune, la présidente de la Commission nationale de l’informatique et des libertés Isabelle Falque-Pierrotin. On sait que l’enjeu est considérable.  Pour faire simple, il s’agit de réguler pour empêcher la mise en sous-traitance de l’économie européenne par les GAFA, le trafic de données notamment à des fins politiques  et pour protéger les consommateurs et les citoyens.

 

- Pourquoi considérez-vous que le RGPD est indispensable ?

ISABELLE FALQUE-PIERROTIN - Le RGPD est une grande avancée pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il crée un marché européen de la donnée en unifiant les législations par un règlement unique. Jusqu’à présent, il fallait composer avec des textes nationaux pas forcément raccords les uns avec les autres. Deuxièmement, le RGPD remet enfin les acteurs européens et internationaux à égalité de concurrence. La disposition relative au ciblage, qui permet d’appliquer le règlement aux groupes étrangers qui traitent les données de citoyens européens, force les géants du Net américains et chinois à ne plus s’affranchir des règles de l’UE. Le troisième avantage du RGPD est qu’il renforce la capacité de dialogue de l’Europe face à ces acteurs. Google, par exemple, ne dialoguera plus séparément avec la Cnil française puis son équivalente allemande, mais avec l’autorité chef de file qui représente toutes les Cnil européennes. Enfin, le RGPD répond à la volonté de plus en plus marquée des citoyens européens de mieux maîtriser leur vie numérique. Les droits des personnes sont considérablement renforcés. Certes, la mise en conformité s’accompagne d’un investissement et d’une réorganisation interne pour les entreprises et les collectivités, mais le RGPD est une chance pour l’Europe.

 

Très peu sont prêts. Comment expliquez-vous ce retard ?

Beaucoup d’entreprises n’étaient pas conformes à la directive sur la protection des données de 1995 révisée en 2004, qui a modifié la loi de 1978. Elles partent donc de très loin, il y a un effet de rattrapage. En dépit de nos efforts de communication, la culture de la protection de la donnée peine à s’installer en France. Historiquement, la gestion des données a été cantonnée aux directions juridiques des entreprises. Elle n’a jamais été investie par les directions générales ou au niveau du comex [comité exécutif, ndlr]. Une prise de conscience est nécessaire pour que l’enjeu monte dans la hiérarchie des structures et devienne stratégique. Le RGPD pousse justement à cette prise de conscience parce que les sanctions qui résultent du non-respect du règlement sont très dissuasives. Aujourd’hui, les entreprises sont vraiment au pied du mur.

L’arme des sanctions, qui peuvent atteindre 4% du chiffre d’affaires mondial, force les entreprises à enfin se préoccuper de leur gestion des données. La menace est-elle le seul moyen efficace ?

L’ampleur inédite des sanctions est une bonne arme de dissuasion. Cette crainte nous permet de faire entrer le sujet de la protection des données dans les entreprises. Mais maintenant que nous avons leur attention, notre but est surtout de pousser un autre message, celui que la conformité au RGPD n’est pas seulement une contrainte réglementaire mais peut aussi apporter un bénéfice opérationnel. Respecter la vie privée de ses clients et collaborateurs est un facteur de différenciation concurrentielle et répond à une demande sociétale forte depuis l’affaire Snowden. Dans les secteurs qui utilisent énormément les données, comme les startups du numérique, les mentalités changent. Des fonds d’investissement commencent à se dire qu’ils ne veulent pas investir dans une startup qui ne pratique pas le « privacy by design ». La conformité est aussi un outil marketing : elle rassure les consommateurs. On l’a bien vu au CES de Las Vegas, où de plus en plus de startups françaises ont mis en avant leur éthique des données. Le RGPD est une opportunité de business.

 

Beaucoup d’entreprises restent complètement dans le flou, notamment les PME-TPE. Comment les aider à se mettre en conformité ?

Il est vrai que les grands groupes ont les moyens de s’adapter et sont en train d’investir. Les PME en revanche sont plus démunies face à la complexité du texte. En tant que régulateur, il est de notre responsabilité de les aider. Nous avons mis en place beaucoup d’outils. D’abord, les « six étapes » du RGPD, une information de base très pédagogique sur ce qu’est le RGPD et comment s’en emparer. Nous proposons aussi des outils plus opérationnels, par exemple un tutoriel pour aider à réaliser une étude d’impact. Pour les PME et les ETI tous secteurs confondus, nous travaillons avec Bpifrance à la réalisation d’un kit pratique qui sera disponible d’ici à la fin du mois de mars. Nous menons aussi une réflexion plus macro qui consiste à réutiliser les packs de conformité que nous avons développés ces dernières années. Le but est de créer un référentiel sectoriel qui permettrait d’éviter quelques démarches aux entreprises qui y adhèrent. Ainsi, les entreprises sauront exactement ce que le régulateur attend en termes de conformité dans leur secteur, en fonction des usages.

 

Allez-vous commencer votre travail de contrôle et de sanction dès le 25 mai, tout en sachant que la plupart des entreprises ne sont pas en situation de conformité ?

Le RGPD ne part pas d’une feuille blanche. Un certain nombre de principes liés à la gouvernance des données existaient déjà, comme la finalité du traitement des données par exemple. Nous les contrôlerons donc comme avant, car les entreprises sont déjà censées les avoir intégrés. La méthode sera la même : soit nous réagirons à des plaintes – nous en recevons 8.000 par an -, soit nous diligenterons nous-mêmes des contrôles, qui peuvent déboucher sur des sanctions.
En revanche, nous souhaitons faire preuve de pragmatisme et de bienveillance pour les principes nouveaux du règlement, comme le droit à la portabilité ou l’obligation de mettre en place un registre, car il faut laisser aux entreprises le temps de se les approprier. Le but d’un régulateur n’est pas d’afficher un tableau de chasse de sanctions. Dans un premier temps, nous privilégierons l’accompagnement et l’explication.

Aurez-vous une tolérance plus forte envers les PME qu’envers les grands groupes et les géants du Net, par exemple ?

Nous raisonnons au cas par cas. Une PME suscite bien sûr une certaine réserve, mais cela ne veut pas dire qu’on laissera passer n’importe quoi. Imaginez une PME dans l’économie des données de santé qui laisse passer une faille de sécurité considérable. Dans un tel cas, nous serions forcés de réagir vite. Il ne faut pas tomber dans des automatismes.

Le RGPD oblige les structures qui utilisent des données à grande échelle à recruter un Data Protection Officer (DPO). Mais il n’y a pas assez de DPO… Comment faire ?

J’entends cette difficulté, mais je crois aussi que les DPO vont « se faire » sur le terrain. Ce nouveau métier, central, nécessite des compétences transversales. Des formations se mettent en place dans tous les pays européens. Mais les entreprises peuvent aussi faire évoluer un profil existant. Le DPO peut être un juriste, un technicien, un CIL (correspondant informatique et libertés)… Son positionnement doit à la fois être proche des métiers et branché sur la chaîne de décision pour qu’il ne soit pas un personnage de paille et que ses recommandations soient suivies.

 

Avec le RGPD, le marché de la conformité explose. Vous avez d’ailleurs mis en garde contre la multiplication des arnaques…

Ce marché n’est pas nouveau mais il prend de l’ampleur. De nouveaux outils et programmes de conformité émergent à partir des règlements européens. À certains égards, je m’en réjouis car il n’y avait pas suffisamment d’acteurs investis dans l’opérationnalisation des principes européens. Cette activité peut être complémentaire de celle des régulateurs. Depuis quatre ans, nous émettons des labels qui prennent la forme de référentiels en fonction des secteurs. À présent, nous voulons progressivement passer des labels à une véritable certification, en s’appuyant sur des certificateurs privés. Cela permettra de mieux encadrer ce marché et de réduire les arnaques. Il est vrai que certains pratiquent un grossier marketing de la peur en accentuant les difficultés du RGPD pour vendre des prestations parfois inutiles à un prix exorbitant. Face à cela, nous rappelons que tout n’est pas nouveau : si vous êtes en conformité avec les réglementations précédentes, le RGPD ne nécessite qu’un travail de toilettage. Les entreprises doivent rester vigilantes, vérifier la crédibilité de leur interlocuteur et utiliser nos outils sur notre site pour identifier leurs besoins de conformité.

Vous insistez sur les nouveaux droits que le RGPD offre aux citoyens pour mieux contrôler leur vie numérique. Mais les usages révèlent une attitude paradoxale : d’un côté les citoyens se méfient des acteurs qui « aspirent » leurs données de manière non transparente, de l’autre ils continuent d’utiliser en masse ces services…

Le « privacy paradox » est une réalité mais je crois que le RGPD arrive à point nommé pour appuyer un changement de culture vis-à-vis des données personnelles. Il y a de plus en plus de bloqueurs de publicité. De plus en plus de profils Facebook ferment, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années. On sent bien que les services qui se présentent comme plus respectueux des données recueillent de plus en plus d’intérêt. Il est vrai que beaucoup de droits existants, comme le droit d’accès ou le droit de rectification, sont peu utilisés, en grande partie car ils restent peu connus. Mais le droit à l’oubli sur les moteurs de recherche est un vrai succès en France et en Europe. Je suis également persuadée que le nouveau droit à la portabilité des données, ainsi que la possibilité de recours collectifs face aux acteurs qui ne respectent pas leurs obligations, vont être plébiscités. Le RGPD va accélérer cette prise de conscience, qui est pour l’heure marginale. C’est un vrai choix politique de la part de l’Union européenne.

Dans quel sens ?

Avec le RGPD, nous affirmons une certaine vision de l’innovation. Contrairement à ce qui peut être dit, le règlement ne freinera pas l’innovation, bien au contraire. Commercialement et stratégiquement, l’idée de l’Europe est de bâtir une innovation robuste parce qu’elle est construite sur le respect des droits, qui sont pris en compte en amont. Bien sûr, il y aura toujours des paradis de la donnée. Mais est-ce le modèle que l’Europe veut construire ? Non. Le RGPD incarne un modèle d’innovation durable.

 

Déficit excessif : la France n’est plus concernée

Déficit excessif : la France n’est plus concernée

La France quitte le banc des m’avais élèves de l’Europe. La commission va proposer que le pays ne soit plus considéré comme un pays mal géré (fameuse barre des 3% de déficit budgétaire par rapport au PIB).

Après 2,6% du PIB en 2017, ce déficit  atteindra 2,3% en 2018, puis 2,8% en 2019, selon la Commission dans ses dernières prévisions économiques. « Les efforts entrepris par le gouvernement (…) ont porté leurs fruits », s’est d’ailleurs félicité Bruno Le Maire dans un communiqué.la vérité c’est que les résultats 2017 doivent surtout à la croissance et à Hollande. Pour le reste comme l’a indiqué la Cour des comptes la France n’a pas réduit ses dépenses. Mais  Pierre Moscovici a expliqué qu’ »une nouvelle bataille » s’ouvrait, celle du déficit structurel, c’est-à-dire le déficit calculé sans les effets de cette  croissance. Cet effort structurel, fixé par la Commission, doit permettre de réduire la dette publique française, qui atteindra encore 96,4% du PIB en 2018. Pour cela, la Commission recommande à Paris de « poursuivre les réformes » dans l’enseignement et la formation, de « veiller » à ce que le « salaire minimum soit compatible avec la création d’emplois et la compétitivité », mais aussi de réduire les impôts et de limiter les dépenses. Certaines récentes annonces, comme la reprise partielle de la dette de la SNCF, sont en effet susceptibles d’accroître ses dépenses et pourraient compliquer la donne avec Bruxelles.

 

 

« Macron n’est pas le président des pauvres » ! ( Etienne Pinte)

« Macron n’est pas le président des pauvres » ! ( Etienne Pinte)

 

Le président du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE) et ancien député UMP, Etienne Pinte, tire dans le JDD un bilan critique de l’action du chef de l’Etat concernant les populations les plus défavorisées.

 

Comment jugez-vous la première année d’Emmanuel Macron pour les populations les plus défavorisées?
Le bilan est négatif. Je ne sais pas si le président de la République est le président des riches mais, pour le moment, il n’est en tout cas pas celui des pauvres. Nous attendons depuis plus de sept mois qu’Emmanuel Macron veuille bien nous annoncer sa stratégie en matière de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Il avait annoncé un plan le 17 octobre dernier. Depuis, c’est silence radio.

 

 

Un délégué ministériel [Olivier Noblecourt, NDLR] avait tout de même été nommé.
Le gouvernement a nommé un délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes. Que ce soit l’une des priorités, pourquoi pas, mais ça ne doit pas être la seule. La pauvreté ne touche pas que des enfants et des jeunes : neuf millions d’hommes, de femmes et d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté en France. A plusieurs reprises, j’ai rappelé personnellement, que ce soit au Président, au Premier ministre ou à Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités, que la pauvreté est une urgence et devait être mise dans les priorités du gouvernement. Je n’ai eu aucun retour. Ça devient désespérant.

Comment l’expliquez-vous?
La priorité du gouvernement, ce n’est pas la pauvreté, mais le droit du travail, la SNCF… D’autre part, il y aurait semble-t-il des réunions interministérielles pour savoir qui fait quoi et quels sous seront mis pour essayer de monter une stratégie crédible de lutte contre la pauvreté. Voilà où j’en suis. Nous n’avons aucune visibilité sur ce que le gouvernement envisage. Le Président devait dans un premier temps s’exprimer en avril, maintenant en mai, d’autres parlent de juin…

 

Cela pourrait-il être dans la même allocution que le plan banlieue [Macron doit parler le 22 mai] ou ce serait une autre prise de parole?
Je me demande si le plan Borloo ne va pas un peu compliquer les choses. Cela risque de retarder en quelque sorte l’annonce par le Président de sa stratégie en matière de lutte contre la pauvreté. La pauvreté ne se résume pas aux banlieues. Essayer de se rattraper au travers une annonce fin mai sur le plan Borloo en introduisant éventuellement quelques mesures en matière de lutte contre la pauvreté, ce ne serait pas sérieux. Nous avons l’impression de crier dans le désert. Alors que 14% de la population française  est touchée par la pauvreté dans un pays qui est parmi les plus riches du monde, on est en quelque sorte infoutu de lutter contre de façon efficace. C’est inimaginable.

Selon l’OFCE, 5% des foyers les plus riches vont bénéficier de 42% des gains des mesures attendus fin 2019. Le ressentez-vous aussi comme ça?
Jusqu’à présent, les mesures les plus symboliques qui ont été prises l’ont été vis-à-vis d’une catégorie de la population relativement aisée. D’où le slogan « président des riches » depuis quelques mois. Quand je vois que le Président retarde ses annonces en matière de lutte contre la pauvreté, je dis qu’en tout cas il n’est pas le Président des pauvres .J’espère que ça changera, mais pour le moment je suis très sceptique.

 

«La pollution n’est plus acceptable» Erik Solheim, ONU

«La pollution n’est plus acceptable» Erik Solheim, ONU

 

 

Dans une interview réalisée par Euractiv, et diffusée par plusieurs grands médias Erik Solheim, le directeur exécutif du Programme des Nations Unies estime que la pollution n’est plus tolérable:

 

 

Vous avez déclaré que cette édition de l’Assemblée sur l’environnement avait pour but de faire de la pollution une priorité politique. Est-ce réussi ?

ERIK SOLHEIM - L’Assemblée pour l’environnement constitue un tournant, mais sa portée dépendra bien sûr des actions concrètes qui seront entreprises. Nous avons essayé de faire quelque chose de très ambitieux en nous penchant sur tous les aspects de la pollution lors d’un seul sommet. À présent, les 193 États membres doivent relayer les résolutions adoptées dans leur pays et les transformer en actes.

La question de la pollution marine, et particulièrement des plastiques, est un bon exemple. Aucun pays dans le monde n’a pour politique de jeter des déchets plastiques dans l’océan, pourtant ces rejets ont lieu à une échelle énorme. Jusqu’ici le sujet n’a jamais été envisagé de manière sérieuse, mais cette fois-ci nous avons présenté des données et la dimension scientifique du problème. J’espère sincèrement que cela poussera les États membres à agir et à combler le vide politique.

Sommes-nous donc arrivés à un point de basculement, dans le monde occidental, où la pollution n’est plus une facette acceptable de la vie de tous les jours ?

Certainement. La pollution est une conséquence évidente d’un développement débridé et je suis convaincu que les citoyens du monde occidental aspirent aujourd’hui à plus qu’une aisance pleinement matérielle. Ils exigent aussi un environnement sain. La pollution n’est plus une conséquence acceptable de la richesse matérielle.

Au début de l’Assemblée, vous avez souligné la nécessité de discuter de l’interdiction de produits comme le plastique, mais aussi que vous espériez que nous n’aurions pas besoin de ces mesures. Que voulez-vous dire par là ?

Je veux être clair sur un point : le problème n’est pas le plastique, mais ce que nous en faisons. Les plastiques et polymères sont aussi des éléments essentiels de l’économie verte, ils sont notamment utilisés dans les panneaux solaires, les turbines éoliennes ou les châssis légers qui permettent une plus grande efficacité énergétique d’un grand nombre de véhicules. Même au niveau le plus fondamental, les boites en plastique permettent notamment de réduire le gaspillage alimentaire.

Ce dont nous avons vraiment besoin, c’est d’un changement de comportement généralisé, ainsi que d’une meilleure gestion des déchets. Ce changement de comportement doit impliquer les consommateurs, mais surtout les producteurs et vendeurs. Ceux-ci doivent assumer les responsabilités liées à leurs produits et à leurs emballages. Si ce changement peut se produire rapidement grâce à des incitatifs et à la sensibilisation, c’est une bonne chose. Dans certains cas, une législation pourrait cependant être nécessaire. Il n’existe pas de panacée.

Pensez-vous que certaines questions environnementales, comme les déchets marins ou l’intoxication au plomb, pourraient faire l’objet d’une mobilisation internationale, comme pour le  mercure (Convention de Minamata) ou la couche d’ozone (protocole de Montréal) ?

Absolument. D’ailleurs nous faisons de notre mieux pour tirer la sonnette d’alarme. Tout comme la couche d’ozone, le temps presse : nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre que nos océans disparaissent sous le plastique. Je pense que nous sommes arrivés à un tournant sur certaines de ces questions, parce qu’il y a quelques années, peu de gens en étaient conscients. Tant le Protocole de Montréal que la Convention de Minamata sont la preuve qu’une action mondiale est possible.

L’Assemblée a été en mesure d’adopter quelques projets de résolution, dont l’un a été déposé par votre pays, la Norvège, sur les déchets marins et la pollution plastique. Les observateurs ont été déçus de constater qu’elle n’était pas juridiquement contraignante et qu’elle impliquait trop les entreprises. Était-ce le mieux que l’on pouvait espérer à ce stade?

Aucune des résolutions de l’Assemblée des Nations Unies sur l’environnement n’est contraignante. Je ne vois pas nécessairement cela comme un problème majeur, même si, dans un monde idéal, nous aurions des engagements contraignants auxquels chaque État membre souscrirait volontiers. Nous, nous avons plutôt des objectifs ambitieux et un appel à l’action. Encore une fois, c’est à chaque État membre de les ramener dans sa capitale et de les transformer en actions concrètes.

Je crois fermement que l’ONU doit impliquer les entreprises et le secteur privé, et il était encourageant de voir autant d’entreprises qui veulent agir et qui veulent participer aux discussions. Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’exclure ces entreprises du processus, et il est également important qu’elles voient les énormes possibilités qu’offre le passage à un modèle plus durable.

Des dirigeants du monde entier étaient à Nairobi la semaine dernière. Pensez-vous que l’on pourrait faire plus si les Nations unies travaillaient davantage avec des blocs, comme l’UE ou l’Union africaine, plutôt qu’au niveau de chaque pays?

Nous essayons de travailler en étroite collaboration avec des blocs comme l’UE, l’Union africaine ou les petits États insulaires en développement, et lorsque nous élaborons des résolutions, nous faisons de notre mieux pour forger des positions communes – et la plupart des négociations qui ont conduit à l’Assemblée de l’environnement ont été menées par des blocs particuliers, formels ou informels. Au final, le résultat final est le même : nous devons parvenir à un consensus et faire preuve de souplesse.

Lorsque vous accueillerez à nouveau les délégations dans deux ans, quelles mesures concrètes espérez-vous avoir vu se concrétiser ? L’interdiction des pailles en plastique ?

L’interdiction des pailles serait une mesure symbolique forte, mais on pourrait en dire autant de celle des microplastiques dans les cosmétiques, les couverts en plastique ou le polystyrène utilisés dans les emballages. Le meilleur résultat, bien sûr, serait que les chiffres aient considérablement changé. Nous rejetons chaque mois près d’un million de tonnes de plastique dans les océans. Il faut ramener ça à zéro.

Pensez-vous que les enjeux de l’action environnementale  soient perçus  de la même manière que le sont aujourd’hui les problèmes liés au changement climatique?

Les attitudes changent, et nous devons en remercier la société civile et les médias. Par exemple, la série Planète Bleue II de la BBC a vraiment fait le tour des dangers auxquels nos océans sont confrontés. Sky News a fait campagne sur les déchets plastiques, et même le Daily Mail a récemment mis ce sujet en une. Il y a aussi de très bons reportages sur l’environnement, et j’ai l’impression que dans de nombreuses salles de rédaction, le monde de la science et de l’environnement n’est plus considéré comme une niche.

Nous avons cependant encore beaucoup de chemin à parcourir. Les gens doivent être capables de voir les liens entre la pollution et leur propre santé, et la santé de leurs enfants. C’est donc aussi une question de droits de la personne. Le secteur privé doit voir les possibilités d’innovation et de débouchés, ce qui fera bouger le marché. Les gouvernements doivent se sentir encouragés à en tirer parti et à agir avec fermeté. Pendant trop longtemps, l’environnement a été présenté comme un problème, alors qu’il ne s’agit que d’une énorme opportunité. Si vous examinez chaque question environnementale, il n’y en a pas une que nous ne pouvons pas sortir de l’impasse!

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Par Sam Morgan depuis le Kenya, Euractiv.com (traduit par Manon Flausch)

 

Fiscalité locale : ce n’est pas l’impôt qui est mauvais mais son niveau

Fiscalité locale : ce n’est pas l’impôt qui est mauvais mais son niveau

Très critiqué concernant la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des Français, Emmanuel Macon a tenté de se justifier en annonçant une réforme de la fiscalité locale d’ici 2020. Il a aussi ajouté qu’il n’écartait plus l’hypothèse d’une suppression de la taxe d’habitation pour les 20 % restants. “Si cet impôt est mauvais pour 80% des Français, il y a peu de chance qu’il soit bon pour les 20% restant”, a-t-il dit. “Je veux une réforme ambitieuse, cohérente, dont la taxe d’habitation n‘est que le premier acte”, pour créer une fiscalité locale reflétant les missions exercées par chacune des collectivités – régions, départements, communes. Contrairement à ce qu’affirme Emmanuel Macon un impôt n’est pas mauvais en soi, pas plus la taxe d’habitation que d’autres impôts. Ce qui est mauvais c’est le niveau de l’impôt et ses modalités. Malheureusement en  2016, la France a été le deuxième pays, parmi les nations développées de l’OCDE, à avoir les prélèvements obligatoires les plus élevés, derrière le Danemark. Dans l’Hexagone, les impôts, taxes et cotisations sociales payés par les ménages et les entreprises ont absorbé l’an passé 45,3 % de la richesse nationale, selon l’étude annuelle de l’OCDE publiée jeudi. Si ce taux a été de 45,9 % au Danemark, le royaume nordique affichait, lui, un déficit public très limité en 2016, à 0,6 % du PIB en 2016, tandis que Paris était à 3,4 %. La France cumule donc la particularité d’avoir des impôts très lourds et un solde public très négatif, ce qui lui vaut d’être, encore jusqu’au printemps prochain, sous procédure de déficit excessif à Bruxelles… L’impôt sur le revenu est comparativement peu élevé en France: ce sont surtout les cotisations sociales qui expliquent le haut niveau des prélèvements. Les maires de France ont beau justifier de leur proximité avec les Français, ils sont aussi largement responsables de la dérive des dépenses publiques. La proximité avec les électeurs ne peut justifier des dépenses de fonctionnement globalement irresponsable et des dépenses d’investissement parfois pharaoniques qui ne correspondent  à aucun besoin économique ou social. Tous les niveaux de responsabilité politique (État, région, département et communes) sont complices des gaspillages financiers qu’on ne peut ensuite effacer que par une hausse des impôts et où un endettement supplémentaire. en 1965, le taux de pression fiscale sur PIB était de 33,6 % en France, contre 24,8 % en moyenne dans l’OCDE. Depuis, les impôts et cotisations ont augmenté partout, mais plus rapidement en France, si bien que l’écart s’est un peu accru (le taux de pression fiscale moyen de l’OCDE a été de 34,3 % en 2016). Toujours selon l’OCDE, les prélèvements français sont encore proches de leur record historique, à 45,5 % du PIB, atteint en 2014. Là suppression de la taxe d’habitation, la transformation de l’ISF ou la baisse de l’impôt sur les sociétés seront en partie compensées par la hausse de la fiscalité écologique. Résultat, le taux de prélèvement obligatoire, selon les calculs de Bercy, sera encore de 43,6 % en 2022. Il est donc inutile de solliciter l’ingénierie fiscale pour bricoler ici une hausse, là une baisse car ce qui compte en définitive c’est le taux global de prélèvement obligatoire. La vraie réforme fiscale c’est celle qui consistera à abaisser ce niveau de prélèvements obligatoires pour tendre vers la moyenne européenne au moins.

LREM : démissions, « La démocratie n’est pas En Marche » !

LREM : démissions,  « La démocratie n’est pas En Marche » !

 

Par « 100 démocrates »

 

« En Marche ! Mouvement citoyen lancé par Emmanuel Macron en avril 2016, partait d’une conviction : « les Français devaient être au cœur de la vie politique, et non son décor.»En inscrivant cette promesse, dès la première ligne de la Charte des valeurs du mouvement En Marche, Emmanuel Macron a passé le plus formidable des contrats moraux avec les citoyens français. Les marcheurs sincères mus par une vision humaniste de l’engagement politique, se sont sentis compris. Ils allaient enfin pouvoir s’engager derrière un homme, avec la promesse d’en finir avec la politique comme profession réglementée et tout faire pour que les citoyens soient mieux associés aux décisions qui les concernent.

 

 Au- delà de l’action, la déception.

 

Respecter les lois de la République, ainsi que les règles élémentaires de la courtoisie, respecter d’autrui, l’honnêteté, la probité, s’engager à ne commettre aucune discrimination ou abus de pouvoir, signaler tout conflit d’intérêt, se dresser contre les corporatismes, transcender les intérêts particuliers et croire en l’intérêt général, étaient là les principes de la Charte pour avancer ensemble au sein du mouvement présidentiel.

 

Comment expliquer que les comités se soient vidés de leurs marcheurs cinq mois seulement après l’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron ?Que s’est-il passé pour que certains de ces marcheurs authentiques et loyaux finissent par déposer plainte au cours de l’été contre le mouvement pour lequel ils se sont engagés sans compter ni leurs heures, ni leur temps ?Ces valeurs, des marcheurs ont tenté de les défendre, de les rappeler à la gouvernance de la République en Marche, pour empêcher que des opportunistes puissent entrer dans les arcanes du pouvoir, ce pouvoir si convoité, ce pouvoir qui trop souvent corrompt le libre jugement de la raison, et met sur la scène politique des hommes-

loups qui n’ont guère le souci de leurs semblables.

 

 La République en Marche, une grande muette !

 

Puisque le choix a été fait de ne contrôler aucune entrée et de permettre un accès libre à tous, il fallait donc dès le départ faciliter le travail de la gouvernance en installant des instances internes pour réguler les dérives et éviter aux vieux comme aux jeunes loups, qui avaient flairé la bonne affaire, de mettre hors-jeu la base militante lanceuse d’alerte sur ces jeux politiques pervers.

 

Aucune instance de régulation n’a été activée. Pire, les nouveaux statuts avec une représentativité très affaiblie de la base militante ne permettent ni la liberté d’opinion et d’expression, ni une critique interne du pouvoir contre ses propres abus.

 

Sous le poids des process marketing, des #LoveLaRem, #LoveLaTeamMacron, les piliers de la démocratie se sont effondrés entraînant dans leur chute l’engouement et la motivation des marcheurs.

 

Le prochain « sacre » de Christophe Castaner, élu à la tête du parti, avant l’heure en l’absence de concurrents, laisse peu d’espoirs aux militants en attente de démocratie.

 

Et malgré une profession de foi porteuse d’un futur fait de rêves, pour raccrocher la base militante, malgré une profession de foi porteuse d’une nouvelle promesse d’entendre la colère des concitoyens français, le mal est fait.

 

 La République en Marche entend mais n’écoute pas.

 

La gouvernance de La République en Marche a confondu entendre et écouter. Alors oui La République en Marche a des oreilles qui marchent bien et qui entendent tout, mais elle ne semble pas avoir ni les dispositions affectives ni la structuration psychique qui lui permettent de savoir écouter.

 

Entendre et écouter, la même différence que voir et regarder. Quand les uns ne concernent que les capacités physiques (le simple fait de posséder des organes sensoriels qui marchent), les autres font appel à des dispositions affectives et psycho-affectives

: J’écoute et je regarde celui auquel je prête de l’attention, celui que je considère comme mon semblable, celui que je considère comme digne d’être écouté et regardé.

La République en Marche est tout sauf bienveillante et empathique.

Ce n’est pas parce qu’elle a su mobiliser ces dispositions affectives comme des concepts marketing pour vendre le produit En Marche que La République en Marche est dotée de ces dispositions. Les marcheurs en colère ont bien tenté d’instaurer un dialogue, de proposer des pistes d’amélioration, d’inviter les acteurs à s’écouter jusqu’à solliciter un tiers pour ouvrir une médiation.

 

Le mépris et l’arrogance qu’ils ont essuyés, les menaces ou les tentatives d’intimidation ne sont pas des pratiques bienveillantes et laissent à penser que La République en Marche marche désormais sur la tête.

 

Nous espérons que Monsieur Castaner soit un excellent équilibriste qui pourra se contorsionner pour permettre à La République en Marche de retomber sur ses jambes.

 

 Passer du mythe de «l’Armée de l’An II   » au militantisme éclairé.

 

Entre le jeu des statuts, l’opacité des instances, la loterie du tirage au sort de ceux qui ne représenteront qu’un quart des voix au Conseil National, le jeu du chat et de la souris avec les instances ou les services ou les pôles de La République en Marche, les tirs aux pigeons sur les réseaux sociaux, les balles au prisonnier sur les boucles de communication telegram, nous avons pour notre part suffisamment joué au sein de l’expérimentation politique en Marche.

 

L’expérimentation est partie d’un postulat, d’une idée, de la volonté de construire un « nouveau monde politique ».Hormis les savants fous, les scientifiques savent en principe poser des limites à l’expérience menée : le cobaye humain volontaire, dont on aura recherché le consentement éclairé, ne sera mobilisé qu’en dernière instance et à la condition que toutes les sécurités aient été prises pour protéger son intégrité.

L’éthique, en tant que limites que l’on se fixe dans son rapport au monde et dans sa relation à autrui, est essentielle en sciences comme en politique si l’on veut chasser les pratiques de

«l’ancien monde  ».

 

Dommage que le Comité d’éthique de l’expérimentation politique en marche n’existe que sur le papier.

 

 

Dommage que le mouvement de La République en Marche qui refuse l’appellation de parti ne soit pas parvenu à sortir de l’expérimentation des mooc, des laboratoires d’idées, des protocoles, des process.

 

 

Dommage que La République en Marche n’ait pas su s’appuyer sur une démarche éthique responsable qui respecte les principes démocratiques : la liberté de conscience et

d’expression de ses militants.

 

 

Dommage que La République en Marche n’ait pas su mettre en avant une ligne politique affirmée proposant un corpus idéologique et assumant des convictions dans lesquelles les militants puissent se retrouver. Dommage qu’en faisant le choix d’un fonctionnement vertical et d’une gouvernance d’élites, qu’en méprisant les compétences et l’intelligence collective, La République en Marche se soit progressivement coupée de ses forces-vives.

 

En refusant le principe d’élections démocratiques consacré par la Révolution française de 1789 et par la Constitution de notre pays, pour permettre aux adhérents de la République en Marche de choisir leurs dirigeants, en imposant des directions autocratiques qui demandent aux adhérents de se satisfaire d’un budget dérisoire et indigne de 400 € par mois et par département, en organisant un système opaque et arbitraire de tirage au sort, en imposant un vote à main levée alors même qu’un vote à bulletin secret est sollicité, La République en Marche offense les principes fondamentaux de la démocratie avec un mode d’organisation digne de l’Ancien Régime. Les 100 humanistes que nous sommes, étudiants, ouvriers, universitaires, médecins, juristes, enseignants, travailleurs sociaux, retraités…qui faisaient la force de ce mouvement, partent justement pour ne pas se retrouver en souffrance éthique dans un vide idéologique navrant où seul demeure le jeu pervers de la courtisanerie, censé appartenir à « l’ancien monde politique ».

« La banque n’est pas gratuite », (Oudéa-Crédit Lyonnais), une évidence !

 « La banque n’est pas gratuite », (Oudéa-Crédit Lyonnais), une évidence !

En réponse à Orange Bank qui pourrait bien créer un big-bang dans le système français, ou Oudéa  le patron du Crédit Lyonnais affirme qu’une banque ne saurait être gratuite : « La banque n’est pas gratuite, il est important de le rappeler à nos concitoyens », a-t-il insisté. « Elle exige des investissements pour garantir la sécurité des dépôts et la sécurité des données. Tout cela a un coût. Il faut investir en sécurité et en compliance (respect des règles et des normes NDLR° », la conformité réglementaire (lutte contre le blanchiment d’argent et financement du terrorisme, respect des règles de déontologie, de la législation fiscale, etc.). Si effectivement on peut forcément admettre que la gestion des comptes génère des coûts, par contre on comprend mal que les énormes sommes qui « dorment » sur les comptes courants ne soient pas rémunérées. Il est évident que ces sommes ne dorment pas réellement et qu’elles sont utilisées par les banques y compris pour des opérations spéculatives. D’où en France le refus de séparer banque d’affaires et banques de dépôt. Il est vrai qu’avec des faibles taux la rentabilité de ces dépôts a nettement baissé mais sur le long terme les profits sont considérables. En fait,  ce qui est en cause avec le développement des banques en ligne c’est l’existence même du système bancaire actuel qui non seulement manque de souplesse et est loin d’être gratuit. Les banques en ligne non plus mais elles sont cependant notoirement moins coûteuses pour les déposants. Quand on compare les avantages des différents néo banques avec ce qu’envisage orange Bank, banque 100% mobile, il n’y a pas de différence majeure. Un avantage toutefois avec les banques traditionnelles,  l’interrogation systématique à chaque paiement permet la mise à jour du compte en temps réel et les assurances sont personnalisables, il est d’ailleurs possible de renforcer gratuitement sa protection de la vie courante, de ses achats ou encore, au choix, de son identité.

Banque 100% mobile. Orange qui se lance dans l’activité bancaire entend ainsi  devenir l’une des principales banques françaises sinon la première. Il est clair qu’Orange avec son portefeuille clients en télécoms disposent d’un potentiel assez considérable. En outre le paiement par téléphone portable, internet ou Smartphone notamment pourrait constituer un atout supplémentaire. Il reste cependant du chemin à parcourir pour qu’Orange dépasse par exemple la BNP. Orange vise en effet 2 millions de clients avant 10 ans. Cela étant on peut faire la confusion entre le nombre de clients et le nombre de comptes. Pour les ménages en effet le nombre de comptes tourne autour de 130 millions. Orange  veut compter parmi les leaders dont les places paraissaient bien établies mais qui pourraient être sérieusement menacées.

BNP Paribas affiche un produit net bancaire en augmentation de 9,6% pour atteindre 42,9 milliards d’euros en 2015 contre 39,2 milliards d’euros l’an dernier. BNP Paribas valide encore sa première place au palmarès des banques françaises en termes d’activité. Le coût du risque est stable, mais la banque aux 4 étoiles n’est plus pénalisée comme l’an passé par une amende de 6 milliards d’euros des Autorités des Etats-Unis, ainsi le résultat net part du groupe retrouve un niveau très élevé à 6,7 milliards d’euros.

Groupe Crédit Agricole : La banque verte (les caisses régionales, la holding et ses filiales dont LCL) présente un PNB de 31,8 milliards d’euros pour s’offrir une nouvelle fois la seconde place de notre classement 2016, une performance bien aidée par la dynamique de la gestion de l’épargne et l’assurance du groupe. Le RNPG ressort lui aussi en hausse à 6 milliards d’euros.

Société Générale : La banque de La Défense poursuit sa croissance en 2015 avec un PNB en hausse à 25,6 milliards d’euros. La banque précise qu’il s’agit d’une bonne performance commerciale de l’ensemble des métiers, notamment en banque de détail avec 305 000 ouvertures nettes de comptes à vue et une bonne dynamique du crédit. Le RNPG de la Société Générale termine en belle hausse à 4 milliards d’euros, il bénéficie aussi de la baisse du coût du risque.

Groupe BPCE : Le groupe Banque Populaire et Caisse d’Epargne (Natixis et ses filiales) présente un PNB de 23,8 milliards d’euros, une hausse notamment portée par les métiers spécialisés de Natixis. Le groupe BPCE est désormais en 4ème position de notre classement des banques. Le résultat net part du groupe est en hausse à 3,2 milliards d’euros.

Groupe CM11-CIC : Ce groupe est composé de 11 fédérations Crédit Mutuel, du Crédit Industriel et Commercial (CIC) et ses filiales. Le groupe mutualiste réalise un Produit Net Bancaire en hausse à 12,8 milliards d’euros, avec développement notable des activités extra-bancaire : assurances, téléphonie, télésurveillance et ventes immobilières… Le résultat net part du groupe affiche un niveau record pour ce groupe à 2,3 milliards d’euros.

La Banque Postale : La banque du groupe La Poste présente une légère hausse de son PNB 5,7 milliards d’euros (stable avec les arrondis…). Tout comme sa rentabilité qui atteint 707 millions d’euros. Son activité de crédit immobilier progresse de +43% profitant du contexte de renégociation des prêts immobiliers. La Banque Postale mise également sur la clientèle de professionnels et d’entreprises pour l’année 2016.

Crédit Mutuel Arkéa : Composé de 3 caisses régionales Crédit Mutuel Arkéa, la banque en ligne Fortuneo, et de nombreuses des filiales (bail, affacturage, assurance…). Ce groupe breton se fait remarquer par sa volonté d’indépendance vis-à-vis du groupe national Crédit Mutuel-CIC. Les irréductibles bretons communiquent un PNB de à 1,8 milliards d’euros et une rentabilité de 296 millions d’euros.

 

« Ce n’est pas la fin du cash?  » (Banque de France)

« Ce n’est pas la fin du cash?  » (Banque de France)

 

 Dans une interview à la Tribune, pour demain  Erick Lacourrège tente de se rassurer en considérant que la suppression du cash n’interviendra pas avant une vingtaine d’années. Pourtant force est de constater que les versements revenus (retraite, pension etc.) doivent être effectué par virement bancaire il en est de même pour les principales opérations commerciales. De fait progressivement avec les nouveaux moyens de paiement le cash tend à diminuer. En France il ne représente plus que 20 à 30 % des paiements. La généralisation probable des paiements par Smartphone même pour les petits achats pourra encore faire  baisser cette portion. Il faut ajouter que certaines monnaies alternatives menacent les monnaies officielles

 

 

 Eric LACOURRÈGE - À la Banque de France, nous n’anticipons pas de disparition des espèces à horizon visible, c’est-à-dire à dix ou vingt ans. Ceci dit, toute chose est mortelle et le cash finira par disparaître. La question est : quand ? Nous avons eu un grand débat sur cette question essentielle à la Banque de France et au sein de l’Eurosystème, qui regroupe les 19 pays de la zone euro et la Banque centrale européenne (BCE), puisque nous avons une stratégie d’investissement et de gestion de crise intimement liée au cash. La Banque de France a décidé d’investir lourdement depuis trois-quatre ans dans la filière cash, tant dans la gestion, la circulation, le recyclage et le tri des billets que dans la fabrication. En novembre 2016, nous avons pris la décision importante de déménager, d’ici à 2022, l’impression des billets de notre usine de Chamalières, qui a eu 100 ans, vers une usine ultramoderne sur le site de Vic-le-Comte, à 20 kilomètres de Clermont-Ferrand, où nous possédons déjà une papeterie fiduciaire, en coentreprise avec trois banques centrales (Italie, Autriche et Irlande). Il y a une logique industrielle à regrouper les deux activités. Avant d’approuver un investissement de plus de 200 millions d’euros, la Banque de France, qui gère de l’argent public, s’est évidemment interrogée sur l’existence ou non d’un retour sur investissement raisonnable. Nous avons donc étudié l’avenir du cash. Le sujet est très complexe et la réponse n’est pas unique en fonction des marchés auxquels on s’adresse : la Banque de France est le plus gros acteur public en Europe dans la fabrication de billets, elle produit le quota de billets euros pour la France, ce qui correspond à 20 % des besoins de la zone euro, et elle a une importante activité d’export, travaillant pour 20 pays ou institutions, où les comportements de consommation sont assez différents.

Observe-t-on les premiers signes de baisse des usages du cash ?

E. L. - En zone euro, nous observons un paradoxe : les paiements électroniques sont à la mode et en plein essor, et dans le même temps, la demande de billets en euro a crû systématiquement de 7% par an en moyenne, même de 10% certaines années. C’est contre-intuitif ! Ce n’est pas un phénomène isolé : dans l’immense majorité des pays développés, la demande de billets est en croissance ou stable, mis à part dans quelques pays scandinaves, c’est-à-dire 30 à 40 millions d’habitants sur 7 milliards dans le monde. Peut-on en conclure qu’une hirondelle fait le printemps ? Dans le reste du monde, il y a beaucoup d’initiatives sur les monnaies digitales, néanmoins, la croissance de la demande en billets reste très forte, partout, notamment dans les pays émergents, de 5% à 10% par an en moyenne, voire plus. Trois facteurs orientent la demande de billets dans les pays émergents : la croissance économique, la croissance démographique et le taux de bancarisation, qui est encore très faible, entre 10% et 50%. À Madagascar, un des pays clients de la Banque de France, 10 % de la population est bancarisée : le cash constitue l’unique moyen de paiement physique pour la vaste majorité de la population. Il va donc certainement disparaître un jour, mais la demande va rester soutenue encore un moment.

La « monnaie mobile » en Afrique ne joue-t-elle pas un rôle de substitution ?

E. L. - Si l’on prend l’exemple de M-Pesa, le succès le plus emblématique de monnaie mobile émise par un opérateur commercial, Vodafone, au Kenya, un nombre très important de transactions finissent paradoxalement par un retrait de liquide. La banque centrale du Kenya indique qu’il n’y a pas eu d’impact sur la demande en billets pour l’instant.

Et en zone euro, comment expliquer cette demande de billets en hausse ?

E. L. - Si l’on regarde le comportement des consommateurs, la part des billets thésaurisés, jouant le rôle d’encaisse de précaution, est très significative et a tendance à augmenter. Il y a un lien direct avec la stabilité financière : en tant qu’institut d’émission, on se rend compte que dès qu’il y a une crise, on observe un accroissement des sorties de cash, parfois très importantes. On l’a vu avec la crise grecque, la crise chypriote, Lehman Brothers, etc. Par ailleurs, pour les grandes monnaies internationales, le cash a une vocation autre que domestique : un tiers des billets en euro en circulation sont hors de la zone ! Pour le dollar, d’après la Fed, c’est 50%. On sort de la seule logique de monnaie nationale pour entrer dans celle de monnaie de réserve. C’est un paramètre très important qui produit des effets d’entraînement sur la demande et que nous devons intégrer dans nos prévisions. Cette demande en hausse témoigne aussi du succès de l’euro. Au moment du passage des monnaies nationales à l’euro en 2002, dans les 11 pays fondateurs de la zone euro, les plus peuplés comme aujourd’hui, nous avons mis en circulation 7 milliards de coupures pour une contre-valeur de 300 milliards d’euros. Aujourd’hui, il y a 21 milliards de billets en circulation pour une contre-valeur de 1.130 milliards d’euros. Du côté du dollar, il y a 40 milliards de billets en circulation, dont un tiers de coupures d’un dollar, pour une contre-valeur de 1.400 milliards de dollars, un montant très proche des euros en circulation.

Quelle est la part du cash dans les paiements ?

V. B. - Les espèces sont encore très largement utilisées dans les 19 pays de la zone euro. Selon une étude récente de la BCE, en 2016, 79 % des paiements dans le commerce de détail, en magasins, sont réalisés à l’aide de cash. En valeur, la part est de 54 %. C’est beaucoup plus dans certains pays comme l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie, qui sont à 80 % en volume. La France se situe en dessous de la moyenne : le cash représente 68 % des opérations et 28 % en valeur.

Le retour au franc n’est plus prioritaire ! ( FN)

Le retour au franc n’est plus prioritaire ! ( FN)

 

Pour l’eurodéputé Nicolas Bay, secrétaire général du FN l’euro vaut bien une messe.  «La question monétaire est une question qui n’est pas prioritaire», a affirmé ce lundi sur RFI l’eurodéputé Nicolas Bay, secrétaire général du FN, réduisant la sortie de l’euro à un sous-sous-domaine du futur programme «patriote» : «La priorité aujourd’hui, c’est clairement de retrouver notre souveraineté territoriale et la maîtrise de nos frontières.» Et d’ajouter : «On a voulu réduire notre projet à la seule question économique. Et notre projet économique à la seule question monétaire.» Un tacle de plus contre la ligne dite de Philippot, qui fait de la maîtrise de la souveraineté monétaire l’alpha et l’oméga de la promesse frontiste. Sur LCI, le vice-président du FN, Florian Philippot, a répliqué illico, appelant à ne pas parler «que» des sujets de sécurité et d’immigration, des sujets toutefois «extrêmement importants». «Demandez à un seul Français si le FN ne parle pas assez de l’immigration : il va vous rire au nez», a souligné le numéro 2 du Front, alors que son souverainisme est dans le viseur de la sensibilité libérale-identitaire du parti. Une sensibilité qui, si elle est orpheline de Marion Maréchal Le Pen, n’est pas pour autant devenue «philippiste». Désormais cible dans son propre camp, Philippot a assuré défendre «une ligne d’ouverture, une ligne où on parle de tous les sujets». Et d’amorcer une forme de mea culpa sans mettre en cause la sortie de l’euro – alors que celle-ci continue d’inquiéter une majorité de Français et que le Brexit semble tourner au vinaigre outre-Manche : «Peut-être avons-nous un peu trop délaissé les questions sociales lors de la campagne de premier tour», a simplement noté Philippot, lui-même tenant d’une ligne plus social-étatiste que la majorité des électeurs FN.

Nationalisation STX : « On n’est pas en 1981″(Bruno Le Maire)

Nationalisation STX : « On n’est pas en 1981″(Bruno Le Maire)

Dans le JDD le ministre de l’économie relativise la menace de nationalisation de STX.

« Nous ne sommes pas en 1981, et je ne suis dans les traces de personne », dit-il au JDD, installé dans son bureau de Bercy. « Il faut sortir de ces réflexes idéologiques. Ce n’est ni une décision de droite ni une décision de gauche. C’est une décision pour la France. »  L’homme de droite veille quand même à ne jamais utiliser le mot ‘nationalisation’. Avant de tenir sa conférence de presse, jeudi, le ministre a appelé son homologue italien pour l’avertir. « Il ne s’agit pas de faire un bras d’honneur à qui que ce soit, jure-t-il. Nous voulions nous donner du temps pour repartir avec nos amis italiens sur une bonne base. » Mais le ministre de l’Economie et des Finances Pier Carlo Padoan et celui du Développement économique Carlo Calenda l’attendent de pied ferme, mardi à Rome. Il n’arrivera pas les mains vides : Macron l’a chargé de leur proposer d’élargir les négociations à une coopération militaire. « Nous disons à nos amis italiens : regardons aussi ce que nous pouvons faire dans le secteur militaire, dans les navires de surface précisément, et bâtissons un grand champion de l’industrie navale européenne. »

 

Le projet Macron n’est pas socialiste »(Jean-Pisani Ferry)

Le projet Macron n’est pas socialiste »(Jean-Pisani Ferry)

 

L’ancien patron de France stratégie expert en prospective reconnaît que le projet Macron n’est pas socialiste mais progressiste. On entend d’ici les cris de frais des gardiens du temple de gauche ;  on pourrait objecter que la même question pouvait se poser vis-à-vis de la gestion de Mitterrand et de François Hollande. Avec une différence de taille : le projet des ces deux  présidents de la république était bien socialiste mais pour l’essentiel leur politique était très libérale. Un libéralisme par ailleurs contradictoire et mal assumé qui les a conduits rapidement à faire l’inverse de ce qu’ils avaient annoncé.

 

 Extrait de l’interview de Jean-Pisani Ferry  dans le JDD

A deux mois du premier tour, le candidat Macron a-t-il un programme?
Il a commencé à décliner une série de propositions thématiques dans de nombreux secteurs. Il va continuer, notamment la semaine prochaine, sur la sécurité. Début mars, il récapitulera ses propositions et les grands engagements sur lesquels il investira le capital politique conféré par l’élection et demandera à être jugé au terme du quinquennat. On attend d’un candidat à la présidentielle qu’il donne son avis sur tous les sujets. Y compris sur les poules en batterie, et d’ailleurs il l’a donné. Mais c’est autour de quelques grands engagements qu’un candidat noue un contrat de transformation avec la nation […]

Quelle différence entre ce projet et la politique économique de Hollande, à laquelle Macron a longtemps participé?
Macron n’est pas lesté des tabous de la gauche, ni de ceux de la droite. Il met sur la table des propositions tranchantes […]

Comment expliquez-vous que ses adversaires pilonnent Macron sur son absence de programme?
Ce programme part de loin. Il a été construit à partir d’une méthode originale de consultation des Français et de débat à la base au sein du mouvement En Marche! Par ailleurs, les candidats du PS et de LR ont été désignés par des primaires et ont été amenés à faire, tôt, une offre qui se voulait complète – même si beaucoup ont bougé depuis. Mais rappelez-vous, Jospin n’avait présenté son programme qu’à la mi-mars.

Jospin, dont le projet n’était pas socialiste…
Concernant Macron, je vous le confirme : son projet n’est pas socialiste! Il est progressiste.

Affaire Fillon : le pire n’est pas la faute mais l’inconscience

Affaire Fillon : le pire n’est pas la faute mais l’inconscience

 

 

Les faits reprochés à François Fillon sont d’une gravité exceptionnelle puisqu’il s’agit d’enrichissement personnel précisément de la part de celui qui ambitionne la magistrature suprême. Au-delà des accusations, le  plus grave encore c’est l’inconscience totale de Fillon et de ses partisans quant à  l’effet catastrophique sur l’opinion publique. La vérité c’est que ces responsables sont tellement hors sol, c’est-à-dire coupés  des réalités socio- économiques des Français moyens qu’ils ne se rendent même plus compte du scandale de leurs privilèges. Pas étonnant avec leur salaire, les avantages et les revenus annexes les parlementaires  émargent entre 10 000 et 20 000 € par mois. Ils ignorent sans doute que le salaire moyen réel est de leurs 1700 € (il s’agit du salaire moyen donc de nombreux Français gagnent encore moins), ils ignorent que des millions vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le vrai scandale réside dans cette incapacité à prendre conscience de cette inégalité. On objectera que certains acteurs économiques ou certains héritiers gagnent bien davantage. Il y a cependant une différence, les députés ont été désignés pour servir l’intérêt général et non pour faire une carrière politique ou exercer un métier. À force de fréquenter le Gotha de la société, les parlementaires, les ministres se  sont imprégnés de cette culture de l’argent qui domine le monde. Bien sûr pour compenser de temps en temps on évoque la problématique des plus défavorisés mais un propos à la fois hypocrite et superficiel. Bien sûr de temps en temps, on va serrer les mains de ces chers électeurs mais l’entretien dure quelque secondes ou quelques minutes tandis que l’essentiel du temps est consacré aux  puissants. La démocratie est en fait très virtuelle. La vérité c’est que nous vivons dans un régime monarchique, un système monarchique républicain qui s’appuie sur des baronnies locales. Pour s’en persuader,  il suffit d’examiner la valeur du patrimoine de la plupart des élus. Ceci vaut au niveau national mais aussi dans de nombreuses collectivités locales. Le comble de l’in conscience quand Gérard Longuet, ancien ministre,  pour défendre Fillon déclare : « il faut bien aider sa famille ».Ce décalage social, économique et culturel ne concerne pas uniquement les élus de droite mais aussi ce de gauche (voir le nombre de ministres de François Hollande soumis à l’impôt sur la fortune et où qui disposent d’un patrimoine plus que confortable). Le scandale que révèlent l’affaire Fillon est moins juridique qu’éthique ou moral. Il met en lumière le fossé qui peut exister entre les élites et le français moyen.

 

Pétrole : la réduction de production de l’OPEP n’est pas acquise

Pétrole : la réduction de production de l’OPEP n’est pas acquise

 

Depuis des mois et des mois les membres de l’OPEP et les autres pays producteurs tentent vainement de se mettre d’accord sur une limitation de la production. L’objectif est évidemment de rééquilibrer l’offre par rapport à la demande et de faire remonter des prix très bas. Jusque-là l’OPEP  s’était mise d’accord sur un quasi gel de la production à son niveau actuel. L’organisation souhaite maintenant réduire la production d’environ 5 %. Pas certain que l’OPEP parvienne à se mettre d’accord sur ce nouvel objectif certain pays demandant des dérogations notamment l’Iran ou d’Irak. Face à ces divergences de position l’Arabie Saoudite a donc décidé de ne pas ouvrir cette discussion au producteur non membre de l’OPEP pour l’instant  L’Arabie saoudite a donc  informé les autres membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole qu’elle ne participerait pas à des discussions prévues lundi à Vienne avec des pays extérieurs à l’OPEP, a-t-on appris vendredi de sources proches du cartel. Cette réunion visait à débattre de la contribution éventuelle de ces pays au projet de limitation de la production de l’OPEP. Elle cédera la place à des discussions réservées aux seuls membres de l’OPEP, dont les ministres doivent entériner cet accord de plafonnement de la production mercredi à Vienne, a-t-on appris de sources au sein du cartel. Les ministres de l’OPEP débattront mercredi d’une réduction de 4% à 4,5% de la production de la plupart des pays membres de l’organisation, Libye et Nigeria exclus, mais le soutien de l’Irak et de l’Iran à cette proposition est loin d’être acquis. Le cartel est parvenu en septembre à se mettre d’ accord pour ramener sa production globale entre 32,5 millions et 33 millions de barils par jour (bpj), contre 33,8 millions de bpj actuellement. L’OPEP souhaite également que les producteurs extérieurs à l’organisation, à commencer par la Russie, réduisent leur production. Le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, a déclaré jeudi que l’OPEP avait demandé aux pays extérieurs au cartel de réduire leur production de 500.000 bpj.

« LE PROGRAMME DE FILLON N’EST PAS RÉALISTE » (Juppé)

  »LE PROGRAMME DE FILLON N’EST PAS RÉALISTE » (Juppé)

Juppé considère que le programme de François Fillon n’est pas réaliste dans une interview à Europe 1.  Il conteste notamment certaines mesures économiques en particulier celles relatives à la réduction du nombre de fonctionnaires mécaniquement impossible à réaliser. Juppé conteste aussi la hausse de la fiscalité sur les ménages qui financeront la totalité de l’allégement des charges des entreprises.  D’une façon générale Juppé considère que le projet Fillon est brutal, irréaliste et conservateur.

Interview de Juppé

Pensez-vous que vous avez encore une chance de gagner?

« Oui et c’est pour cela que je me bats entre ces deux tours. Il y a eu une grosse surprise dimanche dernier ».

« Je vais essayer d’expliquer cette semaine ce que sera mon projet »

« J’ai pour François Fillon de l’amitié et du respect même si nous avons des différences ».

 

Dimanche dernier, c’est Fillon qui a été très bon ou Juppé qui a été mauvais?

« Sans doute les deux, je n’en sais rien ».  

« Sans doute François Fillon a-t-il fait une bonne campagne à la fin du parcours ».

 

Le soutien de Nicolas Sarkozy à François Fillon

« Ça clarifie la situation. Ce tandem qui se reconstitue rétablit bien le programme droite-droite de François Fillon ».

« Je veux m’en tenir au projet. Fillon a dit que mon projet était mou. Je dis aujourd’hui que son projet est trop dur. On ne supprimera pas 500.000 postes de fonctionnaires en cinq ans (…). Passer aux 39 heures du jour au lendemain, c’est impossible sur le plan financier ». 

« Ce programme est trop dur, il n’est pas réaliste, il provoquera des blocages dans la société française ».

« J’appelle comme toujours au rassemblement, c’est ma ligne depuis toujours ».

« Je pense être plus ouvert que Fillon sur toute une série de sujets ».

 

Est-ce que vous n’êtes pas le candidat des demi-mesures?

« On peut dire qu’en faire trop, c’est aller dans le mur ».

« La durée du travail, moi je propose de la négocier dans l’entreprise et si au bout de deux ans, il ne s’est rien passé, on passe à 39 heures ».

« De 2007 à 2012, nous avons supprimé 150.000 postes de fonctionnaires, on ne fera pas le double lors du prochain quinquennat ».

« Le passage aux 39 heures, se fera progressivement et pas en une seule année. Il faudra une négociation dans l’entreprise privée et dans la fonction publique ».

 

Pourquoi est-il impossible de supprimer l’aide médicale d’Etat?

« Cela fait deux ans que j’ai dit qu’il fallait supprimer ce système (…). Quant au compte pénibilité c’est une absurdité socialiste ».

« Le programme de François Fillon va trop loin sur un certain nombre de points. Sur la TVA, 16 milliards de son côté. Moi je suis plus équilibré. Car, 16 milliards, cela veut dire qu’il n’y aura aucun allégement de la charge fiscale des ménages ».

 

Sur les questions de société, vous dites qu’il est conservateur. Qu’est-ce qui vous choque?

« François Fillon a le soutien de Sens Commun (…). C’est un mouvement politique qui a des positions extrêmement conservatrices et traditionnalistes ».

« J’aimerais qu’il se positionne plus clairement sur l’IVG (…). Il y a souvent du flou artistique. Moi je considère que c’est un droit fondamental, il l’a écrit et ensuite est revenu sur sa position ».

« Moi je suis plus engagé sur la question de l’égalité homme-femme. Je veux lutter avec beaucoup de fermeté contre la violence faite aux femmes et lutter contre la précarité dont les femmes sont plus souvent victimes ».

 

La loi Taubira

« Je suis pour le maintien de l’union des couples de même sexe mais je suis contre la GPA (…), une marchandisation du corps d’autrui ».

 

Etes-vous pour le prolongement de l’état d’urgence?

« Tant qu’il y a urgence, l’état d’urgence mérite d’être maintenu ». 

« Il faut prendre toutes les mesures pour s’opposer à la menace terroriste ». 

« Il faut renforcer le renseignement, mieux coordonner nos services entre eux ».

« Pour lutter contre le terrorisme et effacer des zones de non-droit, nous avons besoin de renforcer les effectifs de la police et de la gendarmerie. C’est absolument indispensable. Dans les quartiers sensibles, on entend: +nous avons besoin de voir des policiers sur le terrain+. Je veux 5.000 policiers par redéploiement et 5.000 nouveaux employés ».

 

Armer les policiers municipaux

« C’est à la décision des maires, je crois qu’il faut l’autoriser. Ils sont souvent agressés dans l’exercice de leur fonction, il faut leur permettre de se défendre. Il faut clarifier les règles de légitime défense (…).  Aujourd’hui la situation n’est pas tenable et tous les policiers vont diront qu’ils sont dans une situation impossible ».

 

La politique étrangère

« La Russie est un partenaire évident, il faut dialoguer avec la Russie, la rassurer, il faut faire baisser la pression ».

« Mais il y a des points où je suis en désaccord avec la Russie et je le dirai: l’annexion de la Crimée au mépris de toutes les règles internationales, par exemple ».

« Sur l’Ukraine, il faut respecter l’accord de Minsk (…), la Russie joue un rôle ambigu vis à vis des séparatistes ».

« Au Proche Orient, le combat contre l’Etat islamique ne doit pas signifier le rétablissement de Bachar al-Assad qui ne règlera jamais la situation et ne rétablira jamais la paix ».

 

La Syrie

« La situation actuelle est une impasse totale. A Alep, le massacre est absolument scandaleux, la population est écrasée par Bachar al-Assad avec le soutien de la Russie et de l’Iran ».  

« Il faut une priorité au combat contre l’EI mais pas de rétablissement en l’état de Bachar al-Assad (…). Il faut faire évoluer le régime ».  

« On n’a pas tout essayé, le jour où les Etats-Unis ont dit : +en cas d’utilisation des armes chimiques nous ne laisserons pas faire, nous avons laissé faire+« .

« Le problème c’est que la France est complètement inaudible dans cette partie du monde ».

 

Si vous êtes élus président, quel sera votre premier déplacement international?

« Naturellement à Berlin. Il faut absolument sortir l’Europe du danger mortel dans lequel elle se trouve aujourd’hui ».

« On ne changera l’Europe que si la France retrouve sa crédibilité ».

 

Qui est le mieux placé pour stopper Marine Le Pen?

« Je pense que c’est moi, parce que je rassemble à la droite et au centre ».

 

François Bayrou vous a apporté son soutien

« Je ne vais refuser le soutien de quelqu’un qui me l’apporte. Surtout de quelqu’un qui a déjà appartenu à notre famille politique ».  

« Je ne change pas de points de vue, je veux rassembler la droite et le centre parce que c’est le bon sens et cela qui nous permettra de gagner contre le FN ».  

 

On vous accuse d’être mou

« En matière de sécurité, je me sens plus clair que les autres ».

« Il faut arrêter de simplifier les choses, je ne vais pas faire des choses molles mais des choses crédibles et efficaces, cela ne sert à rien de jouer des mécaniques ».

 

Soutiendrez-vous François Fillon s’il gagne la primaire?

« S’il gagne la primaire je le soutiendrai. Si je gagne, j’espère qu’il me soutiendra ».  

 

Qu’est ce qui vous permet d’y croire encore?

« Les choses ont bougé ces derniers jours et elles peuvent encore bouger (…). Le deuxième tour est fait pour mettre les projets sur la table ».  

« J’ai été la cible d’attaques particulièrement dégueulasse sur les réseaux sociaux ».

« On a dit que j’étais un ami du salafisme (…). Il y a eu la campagne qui a consisté à m’appeler +Ali Juppé+« « Il ne faut pas en rigoler parce que c’est grave et je n’ai entendu aucun de mes concurrents la condamner ».

 

Si François Fillon remportait la présidentielle, lui proposerez-vous vos services?

« Comme je vais gagner dimanche, je n’aurai pas à répondre à cette question ».  

 

2017 : Hollande n’est pas le candidat naturel (Royal)

2017 : Hollande n’est pas le candidat naturel (Royal)

Ce nest pas le coup de pied de l’âne mais ça y ressemble. Ségolène Royal assume sa singularité par rapport à 2017. On sait qu’elle n’est guère favorable au fils «  naturel » que seraiat Valls mais maintenant elle affirme que Hollande lui-même ne saurait être considéré come le candidat naturel. En clair c’est une contestation de la légitimité de l’actuel président de la république comme candidat en 2017. Une manière peut-être aussi pour elle de signaler sa présence précisément pour le cas où Hollande renoncerait (bien qu’elle s’en défende). De fait elle est sans doute une des rares à pouvoir éviter l’éclatement du PS. « Personne n’est candidat naturel, il y a une primaire, il y a des règles, donc respectons les règles », a assuré Ségolène Royal, lors de l’Émission politique, jeudi 10 novembre sur France 2. Selon la ministre de l’Environnement, François Hollande devra « s’expliquer devant les Français ».  »Je ne veux pas réduire l’élection présidentielle à un problème de candidature. La principale préoccupation de l’électorat, c’est trois choses: un besoin de protection, un besoin de justice, un besoin de vision », a-t-elle rappelé. Pourrait-elle être un recours de la gauche, si  François Hollande ou Manuel Valls étaient empêchés ? Sourire de Ségolène Royal : « Je me suis déjà sacrifiée une fois, vous l’aurez noté ». Une posture de modestie qui est l’art de se faire louer deux fois !

 

L’économie n’est pas une science (Piketty)

L’économie n’est pas une science (Piketty)

 

Piketty  a au moins raison sur ce point l’économie n’est pas une science en tout cas pas une science exacte. Pour preuve il y a autant d’économistes de gauche que de droite qui proposent des analyses évidemment contradictoires. L’économie relève des sciences dites molles ou sociale dont  la rigueur ne peut s’imposer comme en physique ou en mathématiques. Tout au plus peut-on parler d’un essai de compréhension des mécanismes de  production, d’échange,  de consommation avec parfois la prise en compte des dimensions sociales, environnementales et sociétales mais pas toujours.  Cela d’autant plus que cette science traite de relations humaines dont  les inter-réactions sont difficilement prévisibles. De ce point de vue l’utilisation de mathématiques par ailleurs très utile en économétrie ne saurait cependant conférer le titre de science exacte à l’économie. Dans son livre « Aux urnes citoyens! » paru aux éditions Les Liens qui libèrent, l’économiste Thomas Piketty veut démocratiser l’Économie. Il y explique qu’il « n’existe pas de loi économique », mais « simplement une multiplicité d’expériences historiques, de trajectoires nationales et globales faites de bifurcations imprévues et de bricolage institutionnels instables et imparfaits ».  Sur France InterThomas Piketty en a remis une couche, assurant qu’il ne se considère pas comme un économiste:  »je me vois plus comme un chercheur en sciences sociales (…) parce que les frontières entre l’économie, l’histoire, la sociologie sont beaucoup moins claires que ce que certains prétendent ». Et d’ajouter:  »ceux qui prétendent que l’économie serait une science, tellement scientifique que le reste du monde ne peut pas comprendre, qu’il faudrait juste écouter des vérités venues d’en-haut, sont des charlatans ». Ces déclarations devraient nourrir la querelle qui oppose les économistes de droite et de gauche ces derniers mois. Thomas Piketty vise notamment les deux économistes néolibéraux, Pierre Cahuc et André Zylberberg, qui ont publié en septembre « Le négationnisme économique, Et comment s’en débarrasser ». Dans cet essai considéré comme une déclaration de guerre par ses détracteurs, ils affirmaient que « l’économie est une science ». Et que ceux qui nient les résultats de ses expérimentations sont des « négationnistes ». Pour Thomas Piketty, à l’inverse, la science économique, c’est simplement « un énorme ensemble d’expériences historiques dont on dispose, et dont on peut tirer des leçons modestes pour l’avenir. Après, à chacun de se faire une idée, sans se laisser impressionner, parce que c’est une matière pour tout le monde ». Un message que le chercheur formulait déjà dans son précédent livre, le best-seller « Le capital au XXIe siècle ».

 

(Avec BFM)

TAFTA: ce n’est pas Hollande qui doit décider ! (Franck Proust, député européen Les Républicains)

TAFTA: ce n’est pas Hollande qui doit décider (Franck Proust, député européen Les Républicains)

Une Interview de  Franck Proust, député européen Les Républicains et membre de la commission Commerce international dans la Tribune;  Interview qui contraste avec les critiques sur le traité transatlantique.

LA TRIBUNE : Le président François Hollande a prévenu mardi qu’ »à ce stade » des négociations, « la France dit non » au traité de libre-échange transatlantique (TTIP ou Tafta) car « nous ne sommes pas pour le libre-échange sans règles ».  Pourtant, il y a encore deux ans, la France souhaitait « aller vite »…

FRANCK PROUST : Il y a quelque chose qui m’échappe, ce n’est pas François Hollande qui décide si on arrête les négociations. Nous venons de terminer le 13e round des négociations démarrées en 2013, et on fait mine de découvrir les points d’achoppement entre l’Union européenne et les Etats-Unis, c’est-à-dire : la réciprocité des marchés publics, la reconnaissance des indications géographiques protégées (IGP) ou encore l’alignement des normes européennes sur celles des Etats-Unis. Aujourd’hui, la posture politique de François Hollande l’emporte sur les discussions. Il tente de re-séduire son électorat de gauche à l’approche des élections présidentielles et cherche à se positionner – au même titre que le Général de Gaulle à son époque- comme le seul rempart face aux Américains et à ce traité impopulaire. Alors que les négociations entrent dans le vif du sujet, la France dit qu’elle va quitter la table. Et ce genre de propos met en exergue les divergences de points de vue et affaiblit l’Europe. Pourtant, tout le monde est d’accord pour dire que, en l’état actuel des choses, l’Union européenne ne signe pas un accord qui ne respecte pas le principe de « gagnant-gagnant ».

L’opinion publique et les associations redoutent un accord qui viendrait mettre à mal le principe de précaution, la protection des consommateurs ou qui privilégierait uniquement les intérêts des multinationales. Plusieurs voix en politique déplorent un texte abscons, peu lisible, dans un jargon incompréhensible.

Depuis le début des discussions sur le TTIP en juillet 2013, il y a eu des progrès, tout le monde a désormais accès aux documents, la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a fait un gros travail. Après, il est tout à fait normal qu’il existe une part de confidentialité sur ce type de négociations. La publication de documents confidentiels par Greenpeace est un scandale. Ce qui me dérange dans ces révélations, c’est qu’il existe pour ce type de discussions un pacte de confiance, et on ne peut pas divulguer n’importe quoi n’importe où. D’ailleurs, qu’a-t-on appris de ces documents hormis le fait que les Américains ont une position différente de la nôtre et que la Commission européenne défend les intérêts européens ? La commissaire européenne au Commerce l’a déjà dit : le bœuf aux hormones ou le poulet chloré, c’est hors de question ! Quant aux supposées révélations sur l’abandon du principe de précaution dans le texte du TTIP, il n’en a jamais été question ! Au même titre qu’il ne s’agit pas d’abaisser nos normes européennes en matière de santé.

Après, il y a une terminologie qui suscite l’inquiétude comme « libre-échange », « Etats-Unis », le syndrome de la peur conduit à une vision caricaturale. Et, malheureusement, Bruxelles est en train de perdre la bataille de la communication sur le sujet.

Dans ce contexte, le TTIP a-t-il encore un avenir ?

On ne privilégiera jamais le calendrier au détriment de l’accord. Je préfère perdre un ou deux ans plutôt que d’avoir un accord qui n’est pas satisfaisant. De toute façon, la date initialement avancée par l’administration Obama, fin 2016, est  désormais utopique. Ensuite, il va falloir composer avec le nouveau locataire de la Maison Blanche, et ni le républicain Donald Trump, ou la démocrate Hillary Clinton ne semblent très ouverts sur la question. Mais il faut prendre en compte la situation géographique. L’Union européenne n’est pas en position de force face à nos concurrents asiatiques (NDLR : Chine, Inde). Si on ne parvient pas à trouver un accord, il faudra mettre en place un plan B pour résister à ces marchés.

LES FAITS : L’ONG Greenpeace a publié lundi des documents confidentiels sur le projet de libre-échange commercial entre l’Union européenne et les Etats-Unis, aussi connu sous le nom de TTIP ou Tafta. Alors que l’ONG assure que ces 248 pages « confirment les menaces sur la santé, l’environnement et le climat », le scénario d’un accord d’ici fin 2016 semble peu probable. Trois questions à Franck Proust, député européen Les Républicains et membre de la commission Commerce international.

LA TRIBUNE : Le président François Hollande a prévenu mardi qu’ »à ce stade » des négociations, « la France dit non » au traité de libre-échange transatlantique (TTIP ou Tafta) car « nous ne sommes pas pour le libre-échange sans règles ».  Pourtant, il y a encore deux ans, la France souhaitait « aller vite »…

FRANCK PROUST : Il y a quelque chose qui m’échappe, ce n’est pas François Hollande qui décide si on arrête les négociations. Nous venons de terminer le 13e round des négociations démarrées en 2013, et on fait mine de découvrir les points d’achoppement entre l’Union européenne et les Etats-Unis, c’est-à-dire : la réciprocité des marchés publics, la reconnaissance des indications géographiques protégées (IGP) ou encore l’alignement des normes européennes sur celles des Etats-Unis.

Aujourd’hui, la posture politique de François Hollande l’emporte sur les discussions. Il tente de re-séduire son électorat de gauche à l’approche des élections présidentielles et cherche à se positionner – au même titre que le Général de Gaulle à son époque- comme le seul rempart face aux Américains et à ce traité impopulaire.

Alors que les négociations entrent dans le vif du sujet, la France dit qu’elle va quitter la table. Et ce genre de propos met en exergue les divergences de points de vue et affaiblit l’Europe. Pourtant, tout le monde est d’accord pour dire que, en l’état actuel des choses, l’Union européenne ne signe pas un accord qui ne respecte pas le principe de « gagnant-gagnant ».

L’opinion publique et les associations redoutent un accord qui viendrait mettre à mal le principe de précaution, la protection des consommateurs ou qui privilégierait uniquement les intérêts des multinationales. Plusieurs voix en politique déplorent un texte abscons, peu lisible, dans un jargon incompréhensible.

Depuis le début des discussions sur le TTIP en juillet 2013, il y a eu des progrès, tout le monde a désormais accès aux documents, la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a fait un gros travail. Après, il est tout à fait normal qu’il existe une part de confidentialité sur ce type de négociations. La publication de documents confidentiels par Greenpeace est un scandale. Ce qui me dérange dans ces révélations, c’est qu’il existe pour ce type de discussions un pacte de confiance, et on ne peut pas divulguer n’importe quoi n’importe où.

D’ailleurs, qu’a-t-on appris de ces documents hormis le fait que les Américains ont une position différente de la nôtre et que la Commission européenne défend les intérêts européens ? La commissaire européenne au Commerce l’a déjà dit : le bœuf aux hormones ou le poulet chloré, c’est hors de question ! Quant aux supposées révélations sur l’abandon du principe de précaution dans le texte du TTIP, il n’en a jamais été question ! Au même titre qu’il ne s’agit pas d’abaisser nos normes européennes en matière de santé.

Après, il y a une terminologie qui suscite l’inquiétude comme « libre-échange », « Etats-Unis », le syndrome de la peur conduit à une vision caricaturale. Et, malheureusement, Bruxelles est en train de perdre la bataille de la communication sur le sujet.

Dans ce contexte, le TTIP a-t-il encore un avenir ?

On ne privilégiera jamais le calendrier au détriment de l’accord. Je préfère perdre un ou deux ans plutôt que d’avoir un accord qui n’est pas satisfaisant. De toute façon, la date initialement avancée par l’administration Obama, fin 2016, est  désormais utopique. Ensuite, il va falloir composer avec le nouveau locataire de la Maison Blanche, et ni le républicain Donald Trump, ou la démocrate Hillary Clinton ne semblent très ouverts sur la question. Mais il faut prendre en compte la situation géographique. L’Union européenne n’est pas en position de force face à nos concurrents asiatiques (NDLR : Chine, Inde). Si on ne parvient pas à trouver un accord, il faudra mettre en place un plan B pour résister à ces marchés.

 

 

La politique de François Hollande n’est pas de gauche pour 65 % (sondage)

La politique de François Hollande n’est pas de gauche pour 65 % (sondage)

C’est ce que penseraient les Français dans un sondage réalisé par Elabe pour BFM. Un sondage toutefois à prendre avec des pincettes tellement le concept de gauche est flou aujourd’hui. S’agit-il de l’idéologie de Mélenchon, de Besancenot, de Montebourg, des frondeurs, de la majorité du parti socialiste de Valls ou de Macron. ? La vérité c’est que la gauche est complètement dans le potage en matière de ligne idéologique, de vision et de programme. Dès lors les sensibilités de gauche vont des marxistes purs et durs jusqu’au social libéralisme en passant par les sociaux démocrates, les libertaires et autres défenseurs des droits de l’homme. . La vérité c’est sans doute que la politique de François Hollande n’est ni de gauche ni de droite on pourrait surtout la qualifier de politique approximative qui navigue au gré du vent. Dans le sondage dès la réalisée pour BFM en tout cas 65 % des interrogés considère que la politique de François Hollande n’est pas de gauche. À la question : « Diriez-vous que François Hollande et Manuel Valls mènent une politique de gauche? » seuls 6% des sondés ont répondu « oui, tout à fait » sur les 34% de Français à répondre « oui ». Les choix de l’exécutif semblent diviser son électorat puisqu’ils ne sont que 37% des sympathisants de gauche à trouver que l’action politique mise en place est réellement de gauche. C’est presque autant que parmi ceux de la droite et du centre (38%).  Ce premier constat est encore plus marqué quand on observe les dissensions entre les membres des partis de gauche. Ainsi, une petite majorité (53%) des sympathisants du Parti socialiste juge la politique menée par l’exécutif comme étant de gauche, mais ils ne sont que 17% des sympathisants du Front de Gauche et d’Europe Ecologie-Les Verts à partager cet avis. En revanche, l’étude révèle aussi que les actions menées par l’exécutif pour l’éducation et la famille sont majoritairement considérées à gauche pour 70% des personnes interrogées. Dans les domaines de la famille comme de l’immigration, 64% pensent que François Hollande et Manuel Valls « mènent plutôt une politique de gauche » et dans celui des affaires sociales 58%.  La politique fiscale (impôts, taxes), ainsi que la politique conduite pour lutter contre le terrorisme sont par contre considérées « de droite » par respectivement 52% et 54% des Français interrogés.  Au final, les sympathisants de gauche considèrent de gauche la politique menée trois des huit domaines testés dans ce sondage : l’école et d’éducation (68%) et la politique familiale (63%). Concernant l’immigration, ils ne sont plus qu’une petite majorité (52%) à considérer que l’exécutif mène une « politique de gauche » (contre 48% de droite). Mais pour ce qui concerne la fiscalité, l’économie et l’emploi, une forte majorité considère que l’action de l’exécutif est ancrée à droite (64% pour la fiscalité et 67% pour l’économie et l’emploi).


Air France: le plan de licenciement n’est plus suspendu !(Valls)

Air France: le plan de licenciement n’est plus suspendu !(Valls)

Ça branle sérieusement dans le manche gouvernement concernant Air France. Alors que Ségolène avait très récemment affirmé que ce plan devait être suspendu pour permettre la reprise des négociations, Valls lui affirmait ce matin le contraire sur BFM. Autre point de désaccord Ségolène royal souhaité un médiateur tandis que Valls entend privilégier le dialogue direct entre syndicats et direction. Une mise au point de Valls qui s’imposait car la direction d’Air France commençait  à être sérieusement agacée  par les interventions répétées des différents membres du gouvernement à propos du conflit. Valls estdonc  revenu ce jeudi sur le plan de restructuration chez Air France, réaffirmant que celui-ci n’était «pas suspendu», sur BFM TV. «La compagnie française fait face à la concurrence du low-cost et des grandes compagnies, en particulier celles du Golfe, qui ont su se réformer».  Après les violences qui se sont déroulées lundi dernier en marge du CCE d’Air France, à Roissy, le dialogue entre les différentes parties a repris en fin de semaine. «Il doit se poursuivre pour permettre à la compagnie d’affronter là aussi cette concurrence et pour que chacun assume pleinement ses responsabilités», a déclaré le Premier ministre au micro de Jean-Jacques Bourdin, qui a réaffirmé son soutien à la direction de la compagnie.  Il a ensuite justifié l’obligation de réforme de la compagnie, nécessaire à sa survie. «Air France doit faire des efforts, des réformes si nous voulons que la compagnie nationale qui porte nos couleurs survive. Alors que les pilotes ont appelé le gouvernement et la France à intervenir dans ce dossier, Manuel Valls a affirmé que «l’État est prêt à assumer ses responsabilités». «Le gouvernement soutient le plan de restructuration d’Air France et appelle au dialogue. Aujourd’hui il n’y a pas besoin de médiateur».

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