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Insulte à une enseignante : une mineure en examen

Insulte à une enseignante : une mineure en examen

Enfin un rare proviseur qui ose défendre ses enseignants et porte plainte pour insulte de la part d’une élève suite un cours sur la laïcité et le voile. Le pire c’est que l’enseignante a été victime de violences verbales de la part d’  une élève de CAP, qui n’avait pas assisté au cours soutenu par deux autres élèves et affirmant que «la charia c’était mieux que la loi française», a précisé l’académie au Figaro.

Il est probable que cet élève de CAP ignore tout du contenu de la charia et des conditions de sa mise en œuvre dans certains pays musulmans où elle serait simplement interdite d’expression voir même d’éducation scolaire. Des surveillants et la conseillère d’éducation sont alors venus en aide à la professeure.

Le proviseur a alors immédiatement pris une «mesure conservatoire», c’est à dire une mesure d’éloignement immédiat pour que l’élève ayant insulté la professeure soit mise à l’écart. La Dépêche indique que trois élèves ont été sanctionnés par le proviseur, deux autres garçons ayant également eu un échange houleux avec la professeure, qui a décidé de porter plainte.

Les ministres enquêtés par la cour de justice ne risquent pas grand chose

Les ministres enquêtés par la cour de justice ne risquent pas grand chose

 

  • Les membres du gouvernement enquêtés à propos de la crise sanitaire par la cour de justice ne risquent  pas grand-chose devant la très spéciale cour de justice de la république (CJR). En effet, cette cour a été spécialement créée pour juger les affaires des membres du gouvernement, ce qui constitue  déjà une inégalité de traitement par rapport aux autres citoyens. Mais surtout cette cour est essentiellement composée d’élus qui évidemment n’ont pas trop intérêt à sanctionner leurs collègues pour peu qu’ils soient eux-mêmes un jour impliqués dans des affaires du même type. Cette curiosité juridique a été crée en 1993 aux fins précisément de mettre les membres du gouvernement à l’abri des sanctions applicables aux citoyens ordinaires. Pour preuve jusqu’alors, la cour de justice n’a prononcé que des peines accessoires. Témoin encore la récente décision concernant l’ancien ministre de la justice qui vient d’écoper seulement un mois de prison avec sursis pour avoir communiqué à un collègue politique l’état de son dossier juridique concernant des fraudes fiscales.
  •  Ce que dit wikipédia :
  • La  Cour de justice de la République (CJR) est la juridiction française d’exception compétente pour juger les crimes ou délits commis par les membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions. Pour les faits commis en dehors de leurs fonctions, les juridictions de droit commun classiques sont compétentes.
  • La Cour de justice de la République est créée en 1993. Le statut de la Cour de justice de la République et ses attributions sont fixés par la Constitution ; la Cour de justice de la République comprend quinze juges dans sa formation de jugement : douze parlementaires (dont six députés et six sénateurs) et trois magistrats du siège de la Cour de cassation, dont l’un est président de la Cour. Les parlementaires sont élus par l’Assemblée nationale et par le Sénat après chaque renouvellement général ou partiel de ces assemblées. Les magistrats sont élus par la Cour de cassation. Chaque juge a un suppléant élu dans les mêmes conditions. »

 

En conclusion les retombées de la crise sanitaire seront davantage médiatiques que judiciaires.

BCE : l’Allemagne ne veut pas d’un nouvel assouplissement

BCE : l’Allemagne ne veut pas d’un nouvel assouplissement

 

Se fondant sans doute sur la dynamique de sa croissance notamment dans le secteur manufacturier, l’Allemagne par la voix du gouverneur de la Bundesbank, la banque centrale nationale allemande,  conteste par avance toute initiative de la BCE visant à assouplir encore la politique monétaire. Il faut noter que l’Allemagne qui a bien maîtrisé sa situation militaire enregistrera une baisse de sa croissance de 4 à 5 % quand la France verra le PIB diminuer de 9 à 10 % en 2020.

D’après l’Allemagne, les prévisions mêmes de la banque centrale européenne pourraient être améliorées ; des prévisions qui espèrent une croissance de 3,2% et une inflation de 1,3% en 2022, en soulignant que celles-ci n’intégraient pas l’impact du plan de 750 milliards d’euros de l’Union européenne ou le plan de relance de 100 milliards présenté le mois dernier par la France.

En fait,  le gouverneur de la Bundesbank s’oppose un nouveau plan de rachat d’actifs qui découlerait de l’incitation à un endettement supplémentaire pour les pays les plus endettés. De la même manière,  l’Allemagne refuse que la banque centrale fixe des objectifs de rendement obligataire.

On pourrait faire observer à l’Allemagne que le fameux plan de 750 milliards comme d’ailleurs les plans nationaux sont encore loin d’être opérationnels. En outre, ils ont surtout des objectifs à moyen et long terme et ne sont pas forcément adaptés à la situation immédiate qui va se traduire par une vague de faillites et de suppressions de postes fins 2020 début 2021.

Comme d’habitude les Allemands craignent par-dessus tout une envolée d’inflation et sont donc opposés à un laxisme dans ce domaine.

Gestion prévisionnelle : doit-on ne plus prévoir le risque ?

Gestion prévisionnelle : doit-on ne plus prévoir le risque ?

 

Dans ce nouveau contexte de pandémie de Covid-19, acceptons de renoncer à savoir ce qui va se produire. Organisons plutôt la résilience, cette capacité non pas à cerner les risques à l’avance mais à réagir vite et bien, affirment quatre dirigeants d’entreprises du think tank Entreprise et progrès dans une tribune au « Monde ».

Tribune.

 

La pandémie nous a appris quelque chose : en dépit des sommes colossales que nos entreprises consacrent à vouloir le maîtriser, elles ne savent plus prédire le risque. Elles échouent à réconcilier la rigidité des méthodes de gestion du risque et l’agilité indispensable pour être en capacité d’absorber les chocs imprévus. La planification traditionnelle, linéaire, ne fonctionne plus. Alors, posons la question : dans un monde marqué par la fréquence, l’imprévisibilité et la force des chocs extérieurs, doit-on encore prévoir le risque ?

Dans le nouveau contexte, acceptons de renoncer à « savoir » ce qui va se produire. Organisons plutôt la résilience, cette capacité non pas à cerner les risques à l’avance mais à réagir vite et bien, cette nouvelle qualité qui nous permettra d’adopter des comportements adaptés à un environnement changeant.

Nos entreprises doivent nécessairement installer un corpus minimum de procédures centralisées et homogènes, mais doivent tout autant imposer l’autonomie de décision nourrie de l’intelligence des situations. Cette double piste est la clé du succès, voire de la survie, de nos entreprises.

Elles devront inventer une nouvelle diversité, authentiquement opérationnelle, pour faire émerger des talents internes d’un nouveau genre, capables de poser des diagnostics et d’apporter des réponses complexes. Les femmes et les hommes de l’entreprise réclameront et devront se voir octroyer un droit renforcé à l’initiative. C’est vital. Car oui, pour se protéger du risque, l’entreprise doit encourager la prise de risque.

Il existe des spécialistes. Ce sont les militaires. Eux savent que planification stratégique et discipline stricte sont les préalables indispensables à une prise de décision rapide, autonome, pertinente

Comment faire ? Avec quels outils ? Pour remplacer la prévision traditionnelle, probabiliste, du risque, nous avons besoin de collaborations innovantes pour explorer les différents mondes dans lesquels nous risquons de nous retrouver. Il est temps de prendre nos distances avec les calculs statistiques de fréquence et de gravité pour redécouvrir la puissance du « scénario planning », et commencer à prendre conscience des options stratégiques dont on ignore absolument tout aujourd’hui. Les scénarios doivent décrire des mondes différents et pas seulement des résultats différents dans le même monde. L’impensable, et pas seulement l’inattendu.

 

Veolia: une promesse de coiffeur pour ne pas engager d’OPA hostile sur Suez

Veolia:  une promesse de coiffeur pour ne pas engager d’OPA hostile sur Suez

 

Veolia fait une sorte de promesse de coiffeur en assurant  de ne pas engager d’OPA hostile lorsqu’il aura récupéré les actions de Suez que possède actuellement Engie. Le ministre de l’économie qui comme le gouvernement s’est un peu empêtré dans ce dossier demande une vraie négociation entre les deux groupes. Une négociation complexe et dangereuse.

En effet si Veolia devait se regrouper avec Suez il faudrait se séparer de nombreux actifs, ceux de l’eau à l’international de Veolia et de l’eau de Suez en France. Sans doute à un (ou plusieurs)  fonds d’investissement qui n’a aucune expérience de ce secteur industriel et peut-être même un groupe étranger. De toute manière, il y aura de nombreuses redondances entre les activités de Suez et de Veolia; tout cela aboutira à une restructuration coûteuse en emplois.

Le bilan pour la collectivité risque de ne pas être très favorable car cette concentration pourrait faire monter encore le prix des services. Notons par exemple que pour le seul prix de l’eau la facture peut varier du simple au double selon que le réseau est géré par l’une des deux entreprises évoquées ou par une régie. Suez continue d’affirmer que l’opération de Veolia constitue une OPA hostile et refuse par avance la proposition de son concurrent principal en France. La conséquence de tout cela c’est que pour des services essentiels les collectivités locales risquent de trouver en face d’elle un seul opérateur français et qu’elles devront ouvrir les appels d’offres à des opérateurs étrangers et en choisir dans certains cas forcément.

Unmute

Trump contaminé mais ne manque pas d’air!

Trump contaminé mais ne manque pas d’air!

D’après les déclarations officielles , Trump  contaminé par le virus n’aurait pas été alimenté par un supplément d’oxygène. Mais les déclarations à ce propos sont assez contradictoires.

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce président ne manque pas d’air;  lui qui avait conseillé de tester son adversaire Joe Biden avant le débat entre les deux hommes devant les chaînes de télévision. Trump voulait vérifier si son concurrent n’était pas dopé. En tout cas, Trump  ne manque pas d’air quand il affirme que de toute façon, il  n’est pas sûr d’accepter  le résultat des élections. En clair, il s’apprête à créer une situation d’instabilité politique en refusant éventuellement le résultat, ce qui va créer un imbroglio juridique et sans  doute politique et économique.

 

Ce qui paraît certain ,  c’est l’insuffisance de la politique de prévention. Pour preuve nombre de conseillers de trame ont aussi été contaminés.  La Maison Blanche enregistre multiples contaminations. La liste des proches de M. Trump infectés s’allonge: son épouse Melania, sa conseillère Hope Hicks, son directeur de campagne Bill Stepien, trois sénateurs républicains, et l’ancienne conseillère Kellyanne Conway…. Sans compter trois journalistes accrédités. Rien que samedi, on a appris que le sénateur Ron Johnson et Chris Christie, qui a aidé M. Trump à se préparer au débat télévisé de mardi dernier contre Joe Biden, avaient reçu un test positif.

TESTS : Olivier Véran constate que ça ne fonctionne plus mais ne propose rien

TESTS : Olivier Véran  constate que ça ne fonctionne plus mais ne propose rien

 

Il y a quelque chose de surréaliste dans les propos du ministre de la santé qui constate un dysfonctionnement total du système de test mais qui renvoie la responsabilité de l’organisation aux laboratoires. Demain ça ira mieux a-t-il déclaré. Pourtant les solutions sont possibles comme par exemple les tests groupés et le filtrage des candidats aux tests selon des critères médicaux précis.

Le problème c’est qu’on manque cruellement de machines d’analyse, de produits et même de personnel pour faire les tests. Comme pour les masques la pagaille et l’improvisation font office de politique La « priorisation » des tests de dépistage du coronavirus « ne fonctionne plus » face à l’augmentation de la « pression sanitaire », car les patients symptomatiques et les cas contacts représentent désormais à eux seuls « un nombre conséquent » de tests à réaliser, a reconnu jeudi le ministre de la Santé au Sénat.

Le ministre de la santé reconnaît les carences mais n’indique aucune stratégie. Notons que la prescription médicale obligatoire avait été supprimée mi-juillet.

«Le séparatisme pour ne pas parler de l’islamisme»

 «Le séparatisme  pour ne pas parler de l’islamisme»

Rémi Brague ,membre de l’Institut,  philosophe et théologien, spécialiste de la philosophie médiévale arabe et juive, analyse ce que peut signifier la notion de «séparatismes» utilisée par le président de la République pour désigner un phénomène à combattre. (Interview le Figaro)

«La République, parce qu’elle est indivisible, n’admet aucune aventure séparatiste», a déclaré Emmanuel Macron dans son discours du 4 septembre consacré au 150anniversaire de la proclamation de la IIIe République. Que signifie exactement le terme «séparatisme»?

Rémi BRAGUE. - À vrai dire, pas grand-chose de précis. On a commencé à employer ce mot à propos de mouvements autonomistes, voire indépendantistes, en Bretagne, en Corse, etc. Il désignait alors le désir de quitter la communauté nationale pour constituer une entité politique se gouvernant soi-même. Employer le mot, c’est ramener l’inconnu au connu, le nouveau à l’ancien. Procédé très légitime, mais aussi tactique commode de simplification.

Lors de son discours de février 2020 à Mulhouse, le président avait évoqué «le séparatisme islamiste», désormais nous en sommes en lutte contre «les» séparatismes? Que signifie ce pluriel?

Je crains qu’on ne veuille une fois de plus noyer le poisson en refusant d’appeler un chat un chat.

Novartis et Roche : un traitement oculaire à plus de 1000 euros l’injection qui ne vaut que 30 euros !

Novartis et Roche : un traitement oculaire à plus de 1000 euros l’injection qui ne vaut que 30 euros !

L’Autorité de la concurrence française a prononcé mercredi, une sanction de 444 millions d’euros, l’une des plus importantes de son histoire, contre les laboratoires Novartis, Roche et Genentech.

Les médicaments en cause permettent de lutter contre la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), la maladie oculaire la plus répandue chez les plus de 50 ans, et la plus grave maladie oculaire dans les pays occidentaux. Elle peut mener à la cécité. Longtemps, un seul médicament a permis de la traiter : le Lucentis, fabriqué par le laboratoire américain Genentech, exploité et vendu par Novartis à 1 161 euros l’injection au moment des faits (aujourd’hui la Sécurité sociale a réussi à faire baisser le prix à 890 euros.

Puis, des médecins se sont rendu compte qu’un autre médicament, l’Avastin, permettait aussi de traiter la DMLA. Ce médicament fabriqué aussi par Genentech, et exploité par Roche, visait originellement à combattre le cancer. Et il coûte 30 fois moins cher : 30 à 40 euros l’injection. Les autorités publiques de nombreux pays ont donc lancé des projets de recherche pour tester l’efficacité de l’Avastin contre la DMLA, afin d’encadrer et développer cette utilisation.

Les trois laboratoires ont alors lancé une vaste campagne de communication et de dénigrement de l’Avastin qui a duré plusieurs années et qui a tué la vente de l’Avastin.

 

 

Brexit : ne pas se laisser impressionner par les gesticulations de Boris Johnson

Brexit : ne pas se laisser impressionner par les gesticulations de Boris Johnson

L’économiste Stéphane Madaule estime, dans une tribune au « Monde » estime qu’il ne faut pas se laisser impressionner par les gesticulations de Boris Johnson dans une tribune au monde

Tribune. Mais où est-elle, cette Union européenne (UE) en position de force pour négocier un accord commercial équilibré avec le Royaume-Uni ? Mais comment expliquer que Michel Barnier, le négociateur européen du Brexit, soit maintenant fragilisé par des négociations qui n’avancent pas d’un pouce ?

Au départ, l’Union européenne avait la naïveté de croire qu’elle pourrait imposer au Royaume-Uni la continuation de l’application de ses règles commerciales (aides aux entreprises, règles sur les marchés publics, normes applicables sur le marché intérieur…) contre l’accès libre sans taxes et sans droits au marché unique.

Curieux mandat

Mais sur la pêche, sur les marchés publics, sur les normes applicables aux produits et aux services, les négociations n’ont pas avancé d’un iota depuis leur commencement. Comment expliquer cette situation et la fragilisation progressive des positions de l’UE et de son principal négociateur ?

On découvre les aléas de la mise en œuvre d’une politique commune sur le plan commercial, qui n’est pas à même de nous protéger de la concurrence parfois déloyale de pays comme la Chine, ni de constituer un rempart face au Royaume-Uni, qui a décidé de reprendre son indépendance

Tout d’abord, on s’aperçoit que le mandat de négociation fixé par les vingt-sept Etats membres à la Commission, et défendu par Michel Barnier, est quelque peu curieux. Comment en effet demander à un pays qui a choisi de quitter l’Union pour recouvrer sa souveraineté de continuer à appliquer les règles commerciales de cette Union dont il souhaite en premier lieu s’écarter, ce qui a motivé en partie son divorce ?

De plus, le mandat de négociation défini à la Commission par les Vingt-sept est relativement rigide. Les lignes rouges (pêche, marchés publics, subventions aux entreprises, normes à appliquer par les producteurs de biens et services) sont partout. Comment, enserré dans un tel carcan, pouvoir conduire une réelle négociation qui ne soit au final la répétition inlassable, sans concession, sans compromis, d’une position figée ? Qu’est-ce qui est négociable au juste pour l’Union, à part la continuation des relations passées entre les deux entités ?

En réalité, les envolées chauvines de Boris Johnson promettant un avenir radieux après le Brexit masquent une série de faiblesses. Le premier ministre britannique, qui a perdu 26 points dans les sondages depuis le début de la pandémie, cherche à faire oublier sa gestion calamiteuse du Covid-19. Alors que la crise provoquée par le virus a rendu caduque la nouvelle mondialisation prônée par les partisans du Brexit, il ne lui reste qu’à faire vibrer sa corde préférée, celle du nationalisme. D’autant que la crise sanitaire relance la dynamique indépendantiste en Ecosse et que le Brexit rend probable une réunification de l’Irlande.

Quant au rêve prêté à M. Johnson de masquer les dégâts économiques d’un Brexit sans accord par ceux de la crise économique consécutive au Covid, il dépasse les bornes du cynisme et ne résiste pas à la vérité des chiffres : 47 % des exportations britanniques se font vers l’Europe, alors que l’UE n’envoie que 8 % de ses produits outre-Manche. Mauvais pour les continentaux, un « no deal » serait catastrophique pour les Britanniques.

Alors qu’approche le terme de cet interminable marathon, il faut saluer le sang-froid manifesté par Michel Barnier pour surmonter cette énième phase de tensions. La préservation du marché unique, remise en cause par les brèches de M. Johnson en Irlande du Nord, doit continuer de souder les Vingt-Sept. La remarquable unité dont ils ont fait preuve jusqu’à présent à propos du Brexit doit perdurer. C’est à cette condition que l’Europe pourra parvenir à un accord équilibré avec son voisin britannique sans se laisser intimider par les postures d’un premier ministre en position moins flatteuse qu’il n’y paraît.

Brexit: Johnson menace de ne pas payer la facture

Brexit: Johnson menace de ne pas payer la facture

 

En délicatesse dans son pays du fait de la  mauvaise gestion sanitaire  ( dont il a été lui-même victime) et responsable pour partie de la dégringolade économique, Boris Johnson agite la rupture brutale avec l’union économique menaçant même de ne pas payer la facture qu’il doit. Une manière d’entretenir le nationalisme pour tenter de remonter dans l’opinion de plus en plus critique pour sa gestion sanitaire mais aussi économique. Boris Johnson a menacé de claquer la porte mi-octobre, si rien n’était conclu d’ici là. Surtout, la presse a révélé que Londres se préparait à revenir sur un certain nombre d’engagements pris devant les Européens dans l’accord d’octobre dernier. Parmi les engagements il y a la facture.

Sur le calendrier, au-delà de l’avertissement, Boris Johnson est peu ou prou d’accord avec Bruxelles. «L’UE a été très claire au sujet du calendrier. Moi aussi. Il doit y avoir un accord avec nos amis européens d’ici au Conseil européen le 15 octobre pour qu’il entre en vigueur d’ici à la fin de l’année», a dit le premier ministre britannique. De fait, le négociateur européen Michel Barnier a récemment rappelé la nécessité d’un accord à cette date pour permettre une ratification européenne avant le 31 décembre. Il convient cependant de très prudent quant à l’évolution de la négociation tellement Boris Johnson est versatile. Il a changé plusieurs fois de position sur le brexit. On ne peut écarter l’hypothèse d’un accord de dernière minute permettant de sauver la face politiquement. L’essentiel étend d’affirmer que le Royaume-Uni a gagné.

Économie et Coronavirus : « Ce que nous ne savons tout simplement pas ! »

Économie et Coronavirus : « Ce que nous  ne savons tout simplement pas ! »

Dans une tribune au « Monde », Annie Cot, historienne de la pensée économique rappelle que la prétention à prévoir ce que sera notre avenir collectif fait, depuis trois siècles, l’objet de débats épistémologiques.

Tribune.

 

 La pandémie bouscule les économistes. Sauront-ils nous aider à appréhender l’incertitude de notre avenir collectif ? La question plonge ses racines dans des débats anciens sur la possibilité même de penser un futur incertain.

Le hasard, le risque et l’aléa deviennent des objets de la pensée économique européenne à partir du XVIIe siècle. Les calculs mathématiques de probabilités proposés par Blaise Pascal (1623-1662) et Pierre de Fermat (1601-1665) sont rapidement appliqués à des questions très concrètes : prévisions démographiques, jeux de hasard, taux des rentes viagères…

Mais ce recours aux probabilités suscite des interrogations philosophiques. En 1739, le philosophe et économiste écossais David Hume (1711-1776) défend qu’il est logiquement impossible de passer d’une accumulation de séries statistiques – photographie du passé – à l’énoncé d’une loi universelle propre à prédire le futur. Ce « problème de l’induction » concerne directement les calculs de probabilités : toute prédiction de l’avenir inférée d’une répétition d’événements passés relèverait d’une pensée coutumière et paresseuse – d’un « pari imprudent » –, et non d’une démarche logique rigoureuse.

A quelques exceptions près – Richard Cantillon (1680-1734), Jean-Baptiste Say (1767-1832), qui font du risque le ressort du profit de l’entrepreneur –, les économistes du XVIIIe siècle ne se saisissent pas de la question du risque. Depuis ses origines, la théorie économique définit son horizon épistémologique à partir de la physique, non des mathématiques ou de la philosophie. C’est donc la mécanique du XIXe siècle qui conduit les économistes à fonder leurs modèles sur une conception déterministe et causale de l’équilibre, qui ne prend en compte ni les anticipations ni le risque.

Le début du XXe siècle modifie cette perspective : les théories de la relativité et des quanta suscitent l’intérêt des économistes pour l’incertitude et la prévision d’un avenir risqué. Il y a exactement un siècle, en 1921, l’économiste américain Frank Knight (1885-1972) pose les fondements analytiques des théories économiques contemporaines de l’incertitude en opposant le risque, que l’on peut mesurer en termes de probabilités, à l’incertitude radicale, qui se caractérise par l’impossibilité de la prévoir ou de la mesurer.

 

Mercenaires internationaux : les États-Unis ne veulent pas de la résolution de l’ONU

Mercenaires internationaux : les États-Unis ne veulent pas de la résolution de l’ONU

 

Le projet de  résolution de l’ONU vise  les mercenaires qui agisse pour des motifs financiers ou idéologiques notamment dans les rangs des organisations islamistes. Mais les Etats-Unis ont opposé lundi leur veto à ce projet de résolution de l’Onu sur les étrangers combattant dans les rangs de mouvements tels que l’Etat islamique .

Les 14 autres membres du conseil ont voté en faveur de ce texte consacré à la lutte antiterroriste rédigé par l’Indonésie.

Le projet est “pire que pas de résolution du tout”, a déclaré l’ambassadrice américaine aux Nations Unies. “Il ne fait même pas référence à la première étape cruciale – le rapatriement vers les pays d’origine ou de nationalité. Les Etats-Unis ne participeront pas à une farce aussi cynique et délibérément inconsciente”, a poursuivi Kelly Craft.

L’administration américaine souhaite que les extrémistes faits prisonniers à l’étranger soient renvoyés dans leur pays pour y être poursuivis, alors que la France et la Grande-Bretagne préfèrent qu’ils soient jugés “au plus près de l’endroit où (leurs) crimes ont été commis”.

Plusieurs milliers d’étrangers sont détenus par les Forces démocratiques syriennes (FDS), mouvement à dominante kurde soutenu par les Etats-Unis, qui a été à la pointe du combat contre Daech dans le nord-est de la Syrie. Des dizaines de milliers de femmes et d’enfants de djihadistes de nationalités syrienne ou étrangères sont également entre leurs mains.

Le projet de résolution invite les Etats à faciliter “le retour des enfants dans leur pays d’origine, selon les modalités appropriées et au cas par cas”.

 

Coronavirus : on sait surtout ce qu’on ne sait pas !

Coronavirus : on sait surtout ce qu’on ne sait pas !

 

La connaissance du virus a évidemment un peu progressé mais l’essentiel reste encore à découvrir, ce qui explique notamment les polémiques entre scientifiques eux-mêmes. Pour résumer, on sait surtout ce qu’on ne sait pas.

Ainsi par exemple concernant le mode de transmission par voie aérienne. On sait que le virus peut se transmettre par les plus grosses gouttes des postillons mais on ne sait pas exactement à quelle distance, en outre on ignore les contaminations possibles par les micro gouttes véhiculées par les systèmes de ventilation.

Bien entendu, il y a toujours des affrontements entre experts à propos de l’intérêt ou de l’inutilité de certains traitements. Des affrontements qui sont liés aux intérêts financiers des grands laboratoires pharmaceutiques et aux experts qu’ils emploient.

Parmi les inconnus, il y a aussi les conséquences très diverses du Coronavirus sur le fonctionnement respiratoire, sur le système nerveux , sur le cœur ou encore sur les reins. Globalement il  se pourrait bien que le Coronavirus participe à un dérèglement général du système immunitaire.

L’autre question est de savoir si on peut être contaminé plusieurs fois. Là aussi on a découvert plusieurs cas au plan international de personnes qui ont été effectivement infectées à nouveau. On ne connaît pas réellement le temps que peut durer une protection immunitaire.

Chez les asymptomatiques on a beaucoup de difficultés à comprendre toutes les raisons de leur protection au virus.

La question se pose aussi de savoir aussi si ce virus a muté. Il semble en effet se transmettre toujours aussi facilement mais avec de moindres conséquences. Des réponses à cette problématique sont très contradictoires.

Il semble que ce virus présente des particularités très spécifiques inconnues jusque-là et qu’il y ait encore d’immenses champs de connaissance à explorer pour en faire le tour.

 

Ne pas confondre plantation d’arbres et forêt

Ne pas confondre plantation d’arbres et forêt

Le botaniste Francis Hallé dénonce, dans une tribune au « Monde », ces opérations à but purement lucratif, qui contribuent à la déforestation et au changement climatique.

 

Suffirait-il qu’un terrain soit couvert d’arbres pour que l’on puisse parler de forêt ? Je ne le pense pas, et le public prend trop souvent les plantations d’arbres pour de véritables forêts : en France, par exemple, on parle de la « forêt des Landes de Gascogne », alors que c’est une plantation de pins. Dans les deux cas, il s’agit d’arbres côte à côte, mais cela ne justifie pas de les confondre. Il est temps que cesse cette confusion entre deux ensembles d’arbres que tout sépare et qui s’opposent l’un à l’autre, car, en réalité, les champs d’arbres sont l’inverse des forêts, comme on va le voir. Après avoir comparé « forêts » et « plantations », nous verrons aussi à qui profite la confusion qu’il convient aujourd’hui de dénoncer.

Mais dès maintenant je tiens à rappeler que la Food and Agriculture Organisation (FAO) des Nations unies est responsable de cette confusion. Pour cette autorité suprême en matière de forêts au niveau mondial, « le terme de “forêt” inclut les forêts naturelles et les forêts de plantation », ce qui lui permet de prétendre que la déforestation mondiale, c’est du passé, et que la planète portait 400 millions d’hectares de forêts de plus en 2000 qu’en 1995.

La forêt est un écosystème naturel dont la mise en place n’a rien coûté à la société. Elle se compose d’arbres autochtones d’âges divers qui se sont implantés spontanément et de la faune qui leur est associée. Quelle que soit la latitude, elle abrite une diversité de plantes et d’animaux plus élevée que les autres végétations de la région considérée, la haute diversité animale étant liée à la diversité végétale, et spécialement à l’abondance des vieux arbres et du bois mort. Souvent importante, sa surface se compte en centaines, voire en milliers d’hectares, ce qui permet alors à la grande faune d’y trouver sa place.

En forêt, l’être humain n’a qu’un rôle de second plan : il n’en est pas l’auteur, mais se contente de l’exploiter – pour le bois, le gibier, les plantes médicinales et autres ressources. Les forêts tropicales abritent des ethnies forestières qui en sont les meilleures gardiennes et à qui elles fournissent tout ce qu’il leur faut pour y vivre sur le long terme. Les forêts des latitudes tempérées – en Europe, par exemple – sont entretenues par des corps de métier spécialisés : forestiers, bûcherons et gardes-chasses, dont les activités sont à ce point éloignées de l’agriculture qu’aucun ne songe à irriguer ni à utiliser en forêt des intrants provenant de la chimie de synthèse : ce serait inutile, puisque la forêt enrichit spontanément les sols qui la portent.

Le télétravail ne marchera pas !

 Le télétravail ne marchera pas !

Dans une chronique de la Tribune, Samir Ayoub, Professeur à l’ESSCA School of Management ne croit pas à la généralisation du système.

 

 »

Un point de vue qui mérite la lecture mais dont on peut discuter de la pertinence notamment quant au facteur explicatif du fait religieux .

 

« Nous souhaitons démontrer que la généralisation durable d’un tel dispositif ne pourra avoir lieu dans notre pays. En effet, au-delà des avantages avancés, tournant autour de l’équilibre de la vie privée/professionnelle, la liberté ou l’épanouissement personnel, le télétravail hors temps de crise se heurtera à des difficultés, trouvant leurs sources dans le droit, l’organisation sociale et l’héritage catholique de la France.

Déjà appliqué massivement par les multinationales de la Silicon Valley, le télétravail permet d’embaucher des ingénieurs ou développeurs aux quatre coins du monde sur la base d’un droit du travail qui prend ses sources dans la « Common Law ». Fondée sur des principes de droit qui découlent de la jurisprudence, celle-ci est sous-tendue par une inspiration aristotélicienne de la loi.  La Common Law se situe à l’opposé de la tradition platonicienne de la France, où les règles de droit sont écrites a priori et définissent un idéal que chacun doit tenter d’atteindre.

Ainsi, ces deux historiques juridiques impliquent des systèmes de pensée différentes du travail, l’un basé sur des principes, l’autre sur les règles.

Le télétravail devient, dès lors, sujet d’interprétation au sein de ces deux systèmes. Or la France, est historiquement adepte de la régulation et n’aime pas les principes qui prêtent à interprétation. Ce qui rend la généralisation du télétravail particulièrement difficile, dans un pays ayant plutôt tendance à se satisfaire de schémas ordonnés et immuables. Pour le télétravail, ceci se traduira inévitablement par une volonté du législateur de le normaliser davantage – bien que présent dans le droit de travail français – afin d’en limiter toute interprétation, rendant ainsi caduque la liberté initialement recherchée dans cette forme d’organisation.

L’héritage catholique de la France

L’implantation millénaire du catholicisme en France vient renforcer notre diagnostic, elle qui a également profondément ancré le respect de la discipline et des dogmes dans les mentalités et les traditions nationales.

Encore aujourd’hui, l’éthique des affaires provient directement de la pratique de la religion, bien plus que des codes élaborés et imposés par la société. Or, le souci de la forme est très prégnant dans la religion catholique. Les rituels de l’Eglise inculquent aux fidèles la manière dont les choses doivent être faites ou rejetées. Les pays du nord de l’Europe ou de culture anglo-saxonne ont à l’inverse mis l’accent sur le contenu et l’impartialité plutôt que sur la forme…et il est a contrario souvent d’usage de relier ces pratiques avec les origines protestantes et/ou anglicanes de ces pays. Cette confession met en effet beaucoup plus l’accent sur l’individu et sa relation personnelle avec Dieu, sans qu’il n’y ait de médiation nécessaire à travers les rites de l’Eglise.  Dans cet ancrage culturel, ce qui comptera dans le télétravail, c’est le résultat, la productivité !  Appliqué au télétravail, ce credo permet d’envisager sans crainte dans l’organisation, le fait qu’un salarié ne soit pas susceptible d’être contrôlé en permanence par sa hiérarchie ou par les ressources humaines. Tout le contraire de la profession de foi à la française…

En effet, la troisième explication rendant le télétravail inapplicable durablement en France, est à chercher du côté de l’entreprise. Celle-ci, par prudence, restera très réticente à se sentir « dépossédée » d’un salarié en lui permettant de travailler à distance. Face à une situation inédite, et dans le souci de préserver l’intérêt de l’entreprise, un manager ou un DRH ne pourra s’empêcher de penser qu’un salarié en télétravail a autant de probabilité de travailler que de ne pas le faire. Quel manager, aussi bienveillant soit-il, n’est-il pas traversé d’un tel doute, lorsque son employé chargé de famille sollicite une demande de télétravail le mercredi ?

Aussi, dans un pays où le CDI s’apparente au précieux sésame ouvrant à une sécurité de l’emploi, quelle que soit la situation conflictuelle entre le salarié et le patron, c’est à ce dernier qu’incombe la charge de la preuve. Or, il restera beaucoup plus facile pour lui de prouver une faute professionnelle en ayant le salarié sous la main qu’à plusieurs kilomètres du bureau.

Cette situation ne saurait qu’inciter les managers à la prudence voire au découragement vis-à-vis de toute demande allant dans le sens du télétravail.

En somme, au-delà des effets corollaires et largement développés du télétravail comme la baisse de créativité générée par l’isolement ou l’atteinte à l’unité de l’entreprise et à sa culture, nous estimons que la généralisation d’une telle pratique en France – hors temps de crise – restera durablement compliquée.  Même à la faveur de quelques semaines de confinement, le « monde d’après » ne saurait aller à l’encontre de la culture millénaire du « monde d’avant », dont les entreprises sont pétries. »

Les territoires : le mot à la mode pour ne pas parler de la province et des régions paumées

Les territoires : le mot à la mode pour ne pas parler de la province et des régions paumées

 

 

 

Réarmer les territoires : le slogan lancé par Castex. Il n’y a guère que quelques dizaines d’années voire plus récemment qu’on se gave de cette expression à la mode : les territoires; sans doute pour ne pas dire région, département, contrées ou pire province qui sent trop la cambrousse. La province : Un mot condamné par la morale décentralisatrice; le problème c’est que le concept de territoire ne suffit pas à décrire la géographie économique, sociale ou tout simplement humaine pas plus qu’à l’aménager

 

En fait,  il y a bien sûr l’hypertrophie de la capitale où tout se décide toujours. Mais il y a cet objectif de métropolisation . C’est-à-dire cette volonté de réduire population et activités dans l’espace de 10 à 15 grandes métropoles. Les autres territoires ne représentent plus grand-chose. Mais pour les besoins de la cause qui consiste à discréditer le centralisme étatique français, on procède par un amalgame . C’est  la France en deux parties : d’un côté la région parisienne de l’autre les territoires.

Comme si les territoires étaient homogènes. Autre remarque, a-t-on fait un bilan un peu pertinent de la fameuse décentralisation engagée depuis Deferre ? Un bilan social, économique et même politique. Dans la plupart des cas,s’ installent en effet des sortes de baronnies transmissibles d’ailleurs à l’intérieur des familles politiques. Des baronnies sitôt  mises en place qui  ont construit ces luxueux hôtels de département, de région de communautés avec pléthore de services et de personnels.

Rien n’a réellement été supprimé ni même beaucoup décentralisé par contre on a empilé les structures aussi les mandats de ce petit peuple d’élus qui se partagent le fromage de la notoriété voire des finances.( 4 à 5000 € mensuels à chaque vice  président de communauté urbaine, plus évidemment d’autres petites indemnités,)… et jusqu’à une quinzaine de vice présidents par communauté urbaine !)

Prônant une nouvelle étape de la décentralisation, Jean Castex a commencé par annoncer des créations d’emplois dans les services départementaux de l’État. Première observation faut-il vraiment des créations d’emplois y compris en les localisant dans les fameux territoires. Deuxième observation, le flou artistique du contenu de ce que pourrait être un nouvel épisode de décentralisation.

« Ne pas réduire l’écologie à la trottinette et aux éoliennes» (Olivier Rey)

« ne pas réduire l’écologie à la trottinette et aux éoliennes» (Olivier Rey)

Le philosophe conteste la vision réductrice, radicale voire gauchisante des Verts dans une interview au Figaro. Si effectivement il y a adhésion de plus en plus grande à la problématique environnementale de la part de l’opinion, il y a pour le moins confusion, contradiction et parfois même instrumentalisation de l’évolution de la sensibilité écologique qui s’est manifestée notamment à l’occasion des municipales

LE FIGARO.- Les élections municipales ont été marquées par une poussée du vote écolo dans les grandes villes. Comment analysez-vous ce phénomène?

Olivier REY.- Il me semble que deux facteurs se combinent. D’une part, l’inquiétude très légitime suscitée par l’état alarmant de la nature, exploitée à outrance, qui dispose à voter pour ceux qui disent placer ce problème au centre de leurs préoccupations. D’autre part, un certain désarroi politique: après la droite, la gauche, le «en même temps», tous décevants, l’écologisme capte les voix d’électeurs qui ne savent plus trop vers qui se tourner.

À titre personnel, vous reconnaissez-vous dans la vision et les propositions des Verts? En quoi consisterait une véritable politique écologique?

J’adhère à certaines propositions des Verts, je ne partage pas leur vision.

Sondage Remaniement : pour 80 % rien ne changera

Sondage Remaniement : pour 80 % rien ne changera

Les Français ne peuvent évidemment encore se prononcer sur l’action d’un gouvernement qui vient tout juste d’être nommé. Selon la dernière vague du sondage Odoxa-Dentsu Consulting, réalisé en partenariat avec France Info, environ un citoyen sur deux se dit satisfait de la composition du nouveau gouvernement (51%), et du choix du premier ministre Jean Castex (52%). Le mot satisfait est d’ailleurs peut-être excessif, le mot indifférent serait vraisemblablement plus adapté dans la mesure où en même temps le même sondage démontre que les Français n’attendent pas grand-chose comme changement et 80 % d’entre eux pensent que Macon va continuer la même politique

Premier ministre : « je ne suis pas un simple « collaborateur’ » (Jean Castex au JDD)

Premier ministre : « je ne suis pas un simple « collaborateur’ » (Jean Castex au JDD)

Dans une interview au JDD, le nouveau premier ministre s’est efforcé de montrer qu’il n’était pas un simple technocrate voire -même un simple collaborateur du président de la république. Davantage des explications sur sa posture que sur le fond à propos duquel il ne dit pas grand-chose . Il parle surtout de méthodes et de changements sans autre précision. (Interview JDD)

 

Emmanuel Macron a annoncé un « nouveau chemin  ». À quoi doit-il ressembler?
C’est d’abord notre capacité collective à nous adapter à une situation radicalement nouvelle. Il ne s’agit pas de revenir sur les engagements pris par le président de la République et la promesse d’une société du travail, d’un projet d’émancipation, d’une volonté de retrouver notre souveraineté. Mais le fait est que l’épidémie a changé la donne. La France se retrouve face à deux défis : la crise sanitaire, dont je souligne qu’elle n’est pas terminée et qu’elle nous oblige à rester très vigilants ; la reconstruction de notre économie et la protection des Français, en amortissant les impacts immédiats sur leur quotidien et en aidant à la survie des entreprises. Au-delà, nous devrons tirer des enseignements de cette crise et en faire une forme d’opportunité pour rendre notre pays plus fort qu’avant et engager une relance économique, écologique et sociale.

 

Vous voulez dire qu’il faut mener de front la réparation d’urgence et les réformes structurelles?
Depuis le début du quinquennat, d’importantes transformations ont été engagées pour rendre la France plus forte, plus unie, et lui permettre de mieux tenir son rang dans le monde. Avant l’épidémie, nos résultats sur la croissance et contre le chômage étaient très encourageants, parmi les meilleurs d’Europe. L’écologie reste au cœur de nos préoccupations. La préservation de l’ordre républicain et la sécurité du quotidien ne sont pas négociables. L’épidémie a mis en évidence le besoin impérieux de retrouver une souveraineté économique et d’aller vers une société moins inégalitaire. Il faut maintenant aller plus loin. Nous ne sommes donc pas dans une logique de rupture politique par rapport à ce qui a été fait, mais nous devons démontrer que nous savons faire face. Et ça suppose évidemment une évolution de la méthode.

 

Précisément, quelle sera votre méthode?
Elle passera par le dialogue, la mobilisation de tous, l’obsession de la mise en œuvre concrète de ce sur quoi nous nous engageons, la conviction que plus on agit près du terrain, plus on est efficace. Nos concitoyens n’apprécient guère les postures politiciennes, moi non plus – a fortiori dans les difficultés que nous traversons. Ils veulent surtout des résultats, moi aussi.

Est-ce une façon de dire que vous ne vous considérez pas comme un Premier ministre politique?
Certainement pas. Je crois avoir une aptitude à négocier, à fédérer, à agir par les territoires. En cela, je fais de la politique. Et c’est ainsi que j’agis depuis plus de dix ans au niveau local, à la tête d’une petite ville. En quoi serait-ce moins respectable que d’en faire à l’Assemblée nationale ou au Sénat? Ce sont deux visions et deux approches différentes, toutes deux nécessaires. Il faut réhabiliter l’engagement politique et le sens de l’intérêt général, la France en a besoin.

Essayons de préciser les contours de votre mission à Matignon : Vous voyez-vous comme un « collaborateur  » du Président? Comme le chef de la majorité? Les deux?
Dans nos institutions, le chef de l’État fixe le cap, le Premier ministre assure sa mise en œuvre, en accord avec la majorité parlementaire. Pour ce qui concerne la relation avec le Président, il ne vous échappe pas qu’un seul de nous deux est élu au suffrage universel direct, et que ce n’est pas le Premier ministre… Le mot de « collaborateur  » est un peu péjoratif, vous en conviendrez. Il n’entre pas dans les intentions du chef de l’État de faire de moi un subordonné voué aux tâches secondaires. Quand vous aurez appris à me connaître, vous verrez que ma personnalité n’est pas soluble dans le terme de « collaborateur  ».

Dans votre première intervention, vendredi soir sur TF1, vous vous êtes défini comme un « gaulliste social  ». Est-ce que c’est l’orientation que vous voulez donner à votre gouvernement?
C’est ce que je suis, ça correspond aux valeurs que j’ai toujours défendues dans mon action quotidienne, tout au long de mon parcours au service de l’État et comme élu local. Ce n’est pas une nostalgie, c’est la vision d’une France où la justice et la responsabilité sont au cœur du pacte républicain, une vision au contraire très moderne.

Toujours pour mieux vous définir, vous définiriez-vous, à la façon d’Édouard Philippe, comme un homme de droite?
J’ai toujours pensé que le gaullisme dépasse les clivages traditionnels et je m’inscris donc pleinement dans la logique de dépassement politique engagé par le président de la République au service des Français. Les notions de droite et de gauche ont toujours une signification, mais dans la situation de notre pays il faut savoir aller au-delà. Je ne renie rien de mes engagements, mais ils ne m’ont jamais empêché de rassembler : je suis un maire élu et réélu dans une ville qui a toujours voté à gauche, et dans ma communauté de communes je travaillais avec une cinquantaine de maires de toutes sensibilités. Pourquoi? Parce que je m’intéresse à ce qui rassemble. Pas simplement pour créer du consensus, mais parce que c’est un gage d’efficacité. Dans la fonction qui est désormais la mienne, je considère qu’il est de mon devoir, avec le président de la République, de mobiliser et fédérer.

 

Vous venez de quitter Les Républicains. Envisagez-vous, contrairement à Édouard Philippe, d’adhérer à La République en marche?
Je suis peu attaché aux affaires des partis, mais il me semble naturel de m’inscrire sans ambiguïté dans le mouvement majoritaire qui soutient l’action du Président. Le plus important, c’est ma relation avec la majorité parlementaire. Celui qui accepte de devenir Premier ministre est, par vocation, le chef de la majorité : c’est son devoir de l’animer et de l’associer, dans l’écoute et la pédagogie.

 

Pour afficher votre volonté de fédérer, votre gouvernement comptera-t il des personnalités de droite et de gauche?
La composition de mon équipe correspondra aux priorités que nous nous fixons ; ce n’est pas d’abord un casting, c’est un choix politique et cela doit répondre à une exigence de compétence. Ce qui m’importe, c’est l’opérationnalité des ministres : être capable, d’où qu’on vienne, d’entrer en action tout de suite. Parce que la crise est là : sanitaire, économique, sociale, et qu’elle peut encore s’aggraver. Nous avons besoin de personnalités fortes pour agir vite et être à la hauteur. On ne peut pas perdre du temps à choisir des personnes, et je ne tarderai pas non plus à clarifier mes intentions, en prononçant mon discours de politique générale avant la mi-juillet. Et, je peux aussi vous l’annoncer, l’été sera studieux!

 

La formation du gouvernement peut-elle être terminée lundi?
Le plus vite sera le mieux. Nous mettons les bouchées doubles.

On parle d’un gouvernement resserré, concentré autour de quelques pôles principaux. Vous confirmez?
Ne nous perdons pas dans les questions de structure. Je le répète, le gouvernement doit être efficace. Pour m’être souvent intéressé aux questions d’organisation et de management, je ne suis pas sûr que des périmètres trop étendus soient forcément la garantie d’une plus grande efficacité.

Vous prônez un « nouveau pacte social  ». Qu’entendez-vous par là?
Des décisions essentielles sont sur la table. L’emploi, évidemment, qui dans le contexte actuel requiert une mobilisation de tous dans le cadre de la nouvelle donne sociale lancée par le président de la République. Le soutien aux soignants et la transformation de notre système de santé dans le cadre du Ségur que je conclurai la semaine prochaine. Le plan de relance doit être finalisé. À quoi s’ajoutent les réformes qui étaient dans les tuyaux sur les retraites et l’assurance chômage. Et celle de la dépendance qui devra venir ensuite et correspond à une nécessité. Tous ces sujets sont directement impactés par la crise, ce qui nécessite de les reprendre dans un cadre concerté et avec une cohérence d’ensemble.

 

Pour changer de ligne, ou au contraire pour la réaffirmer? Les syndicats s’inquiètent de vos intentions sur les retraites…
Dire qu’on va réexaminer un sujet, ce n’est pas se renier. C’est montrer notre capacité d’adaptation aux nouvelles circonstances, qui sont douloureuses. Par exemple, la crise a aggravé fortement le déficit de nos régimes de retraite. Je souhaite reprendre le dialogue avec les partenaires sociaux, c’est indispensable. Arriverons-nous à régler ces dossiers à court terme? C’est mon souhait. A minima, nous devrons nous fixer un nouvel agenda social. Je tends la main aux organisations syndicales et patronales pour que nous avancions ensemble. J’espère qu’ils la saisiront. Dans le dialogue social, il y a le respect des uns et des autres qui doit aboutir au compromis – qui n’est pas la compromission. Pour y parvenir, il faut que chacun fasse un pas vers l’autre.

 

Votre prédécesseur affirmait que sans retarder l’âge de départ à la retraite, le système n’était plus viable. Avec les conséquences de la crise que vous évoquez, cette mesure d’âge n’est-elle pas encore plus nécessaire?
Laissez-moi ouvrir la concertation. Le dialogue est indispensable – même si ensuite les gouvernements prennent les responsabilités que les circonstances exigent. Ce qui doit nous animer tous, c’est la volonté farouche de sauvegarder nos régimes de protection sociale, auxquels les Français sont légitimement attachés. Les partenaires sociaux le comprendront, j’en suis sûr.

Comptez-vous organiser une conférence sociale à la rentrée, comme le suggère le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger?
Vous donner ma réponse avant d’en avoir parlé avec les intéressés, ce serait déjà leur manquer de respect. Je ne fonctionne pas comme ça.

Emmanuel Macron a appelé à une « réconciliation  » avec les organisations syndicales. Est-ce votre feuille de route?
C’est mon tempérament. Mon passé en témoigne, je suis porté au dialogue. J’espère que tout le monde se mettra autour de la table. J’ajoute que cette « réconciliation  » doit aussi concerner les territoires et tout ce qu’on appelle les « corps intermédiaires  ». Faisons évoluer nos méthodes descendantes – celles de l’Administration comme celles des politiques – pour aller vers d’autres façons de décider et d’agir. Je ne parle pas de changer de priorités, mais d’avancer différemment. En France, nous adorons le débat d’idées, mais nous sommes moins forts pour les solutions pratiques. C’est pour ça qu’on finit par penser que les politiques ne servent à rien, qu’ils ne disent pas la vérité, qu’ils sont éloignés des réalités – et ce n’est pas toujours faux. En vous parlant aujourd’hui, je mesure que j’ai peu de chances d’être cru spontanément. Vous me jugerez sur pièces.

Faut-il décentraliser davantage?
L’État peut aussi exister sur les territoires. Durant la crise du Covid, j’ai beaucoup plaidé pour l’efficacité du couple « maire-préfet  ». C’est l’union du terrain et de l’État. Certes, l’État ne peut pas tout faire. Mais il peut faire mieux en faisant autrement.

Y aura-t il un tournant écologique avec votre gouvernement?
Agir pour l’environnement n’est pas une option, c’est une obligation. Des objectifs ambitieux, la France en a déjà. S’il y a un tournant, je le voudrais dans l’exécution et la réalisation. Les Français savent l’urgence du sujet, mais ils ont le sentiment que nous sommes à la traîne. Ne serait-ce pas encore une question de méthode? Aujourd’hui, tout le monde s’est approprié le sujet, et c’est même à qui prétend en faire le plus. Or, plus vous donnez à l’écologie un caractère idéologique, plus elle est clivante. Le précédent gouvernement avait initié une méthode qui me paraît bonne, mais qu’il faut accélérer à partir des territoires et des expériences qui marchent. Nous allons lister avec les acteurs locaux tout ce que l’on peut faire immédiatement : lutte contre les fuites dans les réseaux d’eau, contre l’artificialisation des terres, pour l’isolement thermique, les toitures photovoltaïques, le nettoyage des rivières, les pistes cyclables, la lutte contre le gaspillage, les circuits courts, le bien-être animal… Il faut croiser le fond, c’est à-dire l’ambition écologique du président de la République, une ambition forte et non décliniste, et la méthode qui permettra d’impliquer le plus possible les citoyens dans l’action publique.

Y a-t il un style Castex?
Je ne suis pas le mieux placé pour en juger. Disons que c’est un mélange de volontarisme et d’expérience, avec le souci de rassembler. Mais attention, je ne crois pas au consensus mou. Le temps est à l’action.

On vous dit passionné par la musique et le rugby. Qu’est-ce que ces passions disent de vous?
J’ai la chance de présider le festival de musique classique Pablo Casals à Prades, ma ville. Casals était un musicien qui s’est réfugié ici pour fuir le franquisme – il y a toujours un rapport entre la culture et la politique. Quant au rugby, ne pas l’aimer quand on est un homme du Gers serait une anomalie! C’est un sport de combat et de convivialité. Sur le terrain, on ne peut pas « s’échapper  ». Et si le collectif ne fonctionne pas, l’équipe perd.

Le livre préféré de votre prédécesseur était Cyrano de Bergerac. Et le vôtre?
Qu’Édouard Philippe aime Cyrano va droit au cœur du Gascon que je suis. J’adore cette œuvre moi aussi, même si je suis davantage porté sur les ouvrages historiques, les grandes biographies. En littérature, je suis un grand lecteur de Patrick Modiano. Et maintenant que je suis Premier ministre, je ne peux pas ne pas citer Albert Camus, dont la pensée se distinguait de l’ensemble de l’intelligentsia de son époque. Il écrivait : « La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme.  » C’est une invitation à la détermination et à l’humilité.

 

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