Archive pour le Tag 'ne'

Taïwan: non, il ne faut pas renoncer !

 Taïwan: non, il ne faut pas renoncer !

Taïwan est un symbole des principes proclamés par les Etats-Unis et leurs alliés face aux autocraties russe ou chinoise, analyse la chercheuse Valérie Niquet dans une tribune au « Monde ». Elle rappelle que céder aux injonctions de tels régimes constitue un risque majeur pour les équilibres stratégiques.

Acte justifié ou provocation ? Ambiguïté ou confusion ? La visite de Nancy Pelosi à Taïwan a soulevé de nombreuses questions qui touchent autant au positionnement des Etats-Unis avant cette visite qu’à celui de la République populaire de Chine (RPC). En se rendant à Taïwan, classée parmi les toutes premières démocraties en Asie, dont le modèle de démocratisation surtout, depuis la fin des années 1980, est une vraie réussite, après les années de dictature du Kouomintang, la présidente américaine de la Chambre des représentants met en pratique ses principes et ceux constamment proclamés par les Etats-Unis et leurs alliés contre l’offensive des autocraties russe ou chinoise, en Ukraine ou à Hongkong. Nancy Pelosi a par ailleurs constamment réaffirmé que la position des Etats-Unis sur l’unicité de la Chine n’avait pas changé.

Dans ce contexte, reprendre le discours chinois, qui assimile cette visite à une provocation inacceptable, renoncer peut-être demain à d’autres visites à Taïwan pour ne pas prendre le risque d’offenser les dirigeants chinois, remettre en question un mouvement général bienvenu qui a vu, depuis plusieurs mois, des délégations parlementaires de haut niveau se rendre à Taïwan, des Etats-Unis, mais aussi du Japon, d’Europe ou de France serait une erreur. Ce renoncement ne pourrait être qu’un encouragement à la Chine à accroître encore ses pressions, contre Taïwan mais aussi contre tout ce qui s’oppose aux prétentions hégémoniques de Pékin en Asie, en mer de Chine méridionale ou face au Japon autour des îles Senkaku. Comme l’histoire nous l’a appris, céder aux injonctions des régimes les plus agressifs constitue un risque majeur pour- les équilibres stratégiques globaux. On ne peut pas d’un côté dénoncer l’invasion russe de la Crimée, du Donbass puis de l’Ukraine, et condamner de l’autre toute visite à Taïwan comme une provocation inacceptable pour un régime chinois qui n’a par ailleurs jamais contrôlé l’île.

 

Pourtant, du côté américain, les hésitations de la Maison Blanche, des déclarations malheureuses de Joe Biden sur l’opposition du secrétariat d’Etat à la défense à cette visite – comme l’avait été sa hâte à déclarer que les Etats-Unis n’enverraient aucun militaire en Ukraine – ont pu encourager les dirigeants chinois à accentuer leurs pressions devant cette digue qui semblait lâcher. De même, ils s’interrogent peut-être sur l’ambiguïté stratégique américaine en cas d’agression contre Taïwan quand, après les déclarations de Joe Biden sur une aide militaire en cas d’attaque chinoise, l’administration, de la Maison Blanche au Pentagone en passant par le secrétariat d’Etat, réitère avec force que les Etats-Unis ne soutiennent pas l’indépendance de l’île.

Taïwan : ne pas humilier Pekin ! ( » le Monde »)

Taïwan : ne pas humilier Pekin ! ( » le Monde »)

 

En se rendant à Taipei, la présidente de la Chambre des représentants, troisième personnage des Etats-Unis, a pris le risque de provoquer Pékin dans une conjoncture politiquement très délicate estime un papier du « Monde ».

 

Le journal reprend le sentiment d’une partie de l’intelligentsia  qui adopte  une attitude de type munichoise aussi bien vis-à-vis de Pékin que de Moscou. Ce papier est révélateur de la résignation d’une grande partie de l’opinion occidentale prête à plier devant les dictateurs comme Poutine pour ne pas avoir à diminuer le chauffage d’un degré cet hiver.

Cette position est largement partagée par nombre d’experts qui proposent la diplomatie molle et  le renoncement aux valeurs démocratiques fondamentales pour n’avoir pas à subir de conséquences économiques des crimes russes et chinois. De quoi préparer un choc de civilisation au profit des dictatures criminelles. (NDLR)

Le papier du monde :

 

La visite de Nancy Pelosi à Taïwan a été inopportune et périlleuse dans le contexte qui prévaut en Asie orientale. La présidente de la Chambre des représentants, premier dignitaire américain de ce niveau à se rendre sur l’île « rebelle » depuis 1997, a mis de l’huile sur le feu dans un endroit du monde hautement inflammable. Elle a provoqué le courroux de Pékin dans une région qui peut aisément se passer d’une crise de plus : des manœuvres militaires chinoises particulièrement agressives viennent de commencer tout autour de l’île, provoquant un quasi-blocus.


On peut comprendre et partager la satisfaction de nombreux Taïwanais pour lesquels tout soutien étranger, et particulièrement celui des Etats-Unis, leur allié le plus puissant et le plus proche, est bienvenu : le régime communiste chinois ne cesse de multiplier les provocations à l’endroit de l’île qui incarne le contre-modèle démocratique absolu face à l’un des régimes les plus autoritaires de la planète. On peut aussi estimer, à juste titre, que la Chine n’a aucun droit d’empêcher le gouvernement taïwanais, à la tête d’un pays souverain, de recevoir les invités qu’il veut et quand il le veut : Taïwan a besoin et mérite d’être soutenu, alors que Xi Jinping, le numéro un chinois le plus autoritaire depuis l’ère Mao, semble prêt, dans un futur encore indéterminé, à prendre le contrôle de l’île.

 

Mais Nancy Pelosi, troisième personnage dans la hiérarchie du pouvoir américain, ne pouvait plus mal choisir son moment. Sa visite a eu lieu dans une conjoncture politiquement très délicate pour l’« empereur » Xi, qui entend devenir « dictateur à vie » en se faisant réélire pour un troisième mandat à la suite du 20e Congrès du PCC, l’hiver prochain. Depuis la fin de l’ère Deng Xiaoping, les numéros un chinois ne pouvaient dépasser les deux mandats d’affilée. Xi Jinping, dont les fonctions cumulent celles de président, de chef du Parti communiste et de la direction militaire centrale, est en outre affaibli en raison des conséquences économiques désastreuses dues à son obsession du « zéro Covid », qui a fait basculer son pays au bord de la récession.

Pour le président de la République populaire, les enjeux sont donc à la hauteur du destin qu’il rêve pour lui et pour la Chine. Après s’être enorgueilli de la façon dont il avait initialement géré la pandémie, Xi Jinping sait que la brutalité de sa politique ne lui vaut pas que des amis au sein du régime : éradication musclée de la corruption, dont les victimes ont surtout été ses concurrents directs, embastillement impitoyable de ses adversaires politiques – et cela aux plus hauts niveaux civil et militaire –, obsession centralisatrice du pouvoir. Paradoxe de cette visite : outre les dangers d’embrasement régional, elle permet aussi au numéro un chinois de faire une démonstration de force militaire et nationaliste…

Joe Biden est apparu lui-même peu enthousiaste à l’idée de voir Mme Pelosi se rendre à Taïwan. Les caciques de l’armée américaine se sont également montrés hostiles à ce voyage, qui tombe d’autant plus mal que la guerre en Ukraine et le tango géopolitique dansé par Pékin et Moscou incitent les Américains à certaines concessions : Washington veut éviter que la Chine n’arme les Russes, ce que celle-ci s’est soigneusement abstenue de faire jusqu’à présent. Au lieu de se montrer réaliste, Mme Pelosi s’en est vaillamment allée tirer la moustache du Tigre. Les rugissements attendus en retour sont devenus source d’inquiétude non seulement pour Taïwan, mais pour d’autres pays d’Asie.

Le Monde

EDF: À 450 000 € par an on ne trouve que des incompétents comme PDG ?

EDF: À 450 000 € par an on ne trouve que des incompétents  comme PDG ?

 

 

Un curieux papier de la « Tribune » estime qu’il sera pratiquement impossible de trouver un PDG compétent pour EDF avec une limitation du salaire à 450 000 € par an. Ou quand le fric devient la seule motivation des serviteurs de l’entreprise publique. Un bel aveu d’évolution des valeurs pour un journal économique qualifié de gauche ! Une sorte de plaidoyer pour justifier des salaires de plus en plus démentiels de très grands patrons qui en plus de leur folle rémunération se gavent d’actions de leur entreprise dans des conditions fort discutables Ou alors l’aveu de l’insignifiance de la formation de nos plus grandes écoles incapables de fournir les managers et techniciens face aux enjeux actuels. Il paraît pour le moins incompréhensible que parmi les milliers et les milliers de dirigeants potentiels français on ne puisse pas trouver un futur PDG animé seulement par le désir de servir les intérêts du pays et disposant des compétences techniques et les qualités de gestionnaire nécessaire. NDLR

 

 

le papier de la Tribune

Alors que l’Etat recherche un nouveau PDG pour EDF, la question d’un déplafonnement de la rémunération du poste est aujourd’hui posée. Fixée à 450.000 euros par an comme pour toutes les entreprises publiques, cette rémunération, largement en dessous des niveaux observés dans les entreprises privées, peut constituer un obstacle de taille au recrutement du futur patron de l’énergéticien. D’autant plus que la tâche qui attend ce dernier est colossale.

 

 
De quoi créer une belle polémique entre le gouvernement et ses opposants. Pour trouver un nouveau PDG à EDF, l’exécutif risque fort en effet, comme l’ont dévoilé les Echos, de devoir déplafonner la rémunération assortie au poste, aujourd’hui fixée à 450.000 euros, un montant décidé en 2012 par décret par François Hollande pour l’ensemble des patrons des entreprises publiques (RATP, SNCF, ADP…). Dans une France où le salaire moyen s’élève à 2.340 euros net par mois et à l’heure où l’inflation galopante rogne le pouvoir d’achat des Français, il est clair que l’opinion aura légitimement du mal à comprendre une telle augmentation pour rémunérer le patron d’une entreprise publique qui multiplie les déboires industriels et financiers. Encore moins l’argument affirmant que ces 450.000 euros sont insuffisants pour attirer un grand patron. C’est pourtant, hélas, une réalité au regard des rémunérations en vigueur dans les grandes entreprises du CAC 40. Sans aucune fonction exécutive, des présidents de conseil d’administration de certaines entreprises de plus petite taille qu’EDF gagnent déjà autant que le PDG d’EDF. Quant à ceux qui occupent à la fois les fonctions de président et de directeur général, leur niveau de rémunération est largement plus élevé. A titre d’exemple, Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies a gagné près de 6 millions d’euros l’an dernier.Comment donc convaincre un industriel de prendre les rênes d’EDF quand il gagne aujourd’hui 10 fois plus, voire davantage, dans son entreprise ? Et ce, alors qu’il devra diriger l’une des entreprises les plus stratégiques du pays avec une feuille de route extrêmement complexe à exécuter, le tout avec l’État comme seul actionnaire en permanence sur le dos.

Le futur patron d’EDF aura en effet pour mission de reprendre en main la production d’électricité à court terme et de réussir à plus long terme la relance de l’atome tricolore, qui passe par la construction d’ici à 20 ans de 6 nouveaux EPR. Autrement dit, mener à bien le plus gros programme nucléaire civil jamais observé dans le monde occidental depuis 40 ans. Certes, œuvrer pour l’indépendance énergétique de la France est assurément un défi excitant à relever, mais pas sûr que le sens de l’Etat soit un argument suffisant pour convaincre les plus indécis. « On n’attrape pas des mouches avec du vinaigre », confie un connaisseur du dossier.

Tout le monde n’est pas Jean-Bernard Lévy, le patron actuel d’EDF, qui avait accepté, lors de sa nomination en 2014, de réduire de moitié la rémunération qu’il percevait chez Thales. Cette question du niveau de la rémunération est cruciale pour l’avenir des entreprises publiques. Même si Air France-KLM est un groupe privé, l’exemple de la rémunération du directeur général actuel, Ben Smith, en témoigne. En 2018, quand l’Etat, actionnaire à 14,6% à l’époque, a cherché un successeur à Jean-Marc Janaillac, il a dû accepter que le groupe quadruple la rémunération du nouveau dirigeant canadien, à 4 millions d’euros. Et encore, à ce prix, Air France-KLM n’a pu recruter que le numéro 2 d’Air Canada, une entreprise de taille inférieure à celle de KLM. Les numéros 1 des entreprises comparables, comme Lufthansa ou IAG, étaient payés beaucoup plus cher.

Ukraine: ces fragiles démocratie du sud qui ne se prononcent pas !

 Ukraine: ces fragiles démocratie du sud qui ne se prononcent pas ! 

Un papier du Monde observe que de l’Afrique à l’Asie en passant par l’Amérique latine, le camp des pays qui ne veulent pas choisir entre les Occidentaux et la Russie s’élargit.

Il y a des motifs économiques et sociaux à cette relative prudence des Etats du sud dont  l’économie est largement dépendante des importations. La raréfaction et le renchérissement des prix de l’énergie et des denrées alimentaires pourraient être l’occasion de bouleversements politiques qui renverseraient des régimes en réalité politiquement peu légitimes et ou corrompus NDLR

 

Analyse.

 

Plusieurs fois reportée, la visioconférence du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, avec l’Union africaine (UA) s’est finalement tenue le 20 juin à huis clos, dans une grande discrétion. Un bref message accueilli poliment mais sans plus par les dirigeants africains. Le contraste est saisissant avec la solidarité enthousiaste du Congrès américain ou des Parlements des capitales européennes.

L’unité occidentale retrouvée face à l’agression russe en Ukraine va de pair avec une solitude relative mais bien réelle, qui va croissant avec l’installation de la guerre dans la durée. De l’Afrique à l’Asie en passant par l’Amérique latine, le camp des pays qui ne veulent pas choisir entre les Occidentaux et la Russie s’élargit.

L’objectif des sanctions économiques occidentales est de faire de la Russie de Poutine un état paria. Mais si l’économie russe se « désoccidentalise », elle ne se « démondialise » pas, développant ses échanges avec ces pays du « ni-ni ».

« Le monde constate la réalité brute des rapports de force : quand l’Occident paraissait tout-puissant, il a abusé de sa toute-puissance (Kosovo, Irak, Libye…). Beaucoup de pays, sans soutenir l’agression russe, ne sont donc pas fâchés que le monde ne soit pas unipolaire et ils voient dans la guerre en Ukraine davantage une bataille pour établir un rapport de force en Europe qu’une bataille sur des principes que tout le monde a violés », analyse Jean-Marie Guéhenno ancien secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix (2000-2008) et auteur notamment du Premier XXIe siècle (Flammarion, 2021).

Si au Nord les voix discordantes sont rares, au Sud elles se font toujours plus nombreuses face au risque de crise alimentaire. « Nous ne sommes pas vraiment dans le débat de qui a tort et de qui a raison : nous voulons simplement avoir accès aux céréales et aux fertilisants »rappelait le président sénégalais, Macky Sall, lors d’une visite à Paris après une rencontre avec Vladimir Poutine, début juin, à Sotchi, en tant que président de l’UA. Les pays de l’entre-deux sont l’une des principales cibles de la propagande de la diplomatie russe.

Le 24 juin, jour où le Conseil européen reconnaissait à l’Ukraine et à la Moldavie le statut de pays candidat à l’entrée dans l’Union européenne (UE), le président russe, lors d’un sommet avec les dirigeants des BRICS (pour Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), dont aucun n’a pris de sanction contre Moscou, pourfendait les « actions égoïstes » des Occidentaux et appelait à créer « un système réellement multipolaire ».

Ne pas faire payer à l’Afrique le conflit en Ukraine

Ne pas faire payer à l’Afrique le conflit en Ukraine

 

Le secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires Martin Griffiths  s’inquiète pour le Mali et la Corne de l’Afrique, où les programmes d’aide peinent à être financés.

D’une manière générale toute l’Afrique subit le contrecoup de la guerre en Ukraine qui accélère la croissance de l’inflation. En cause la trop grande dépendance de l’Afrique aux importations. 

 

« Ne pas être les victimes collatérales d’une guerre qui ne nous concerne que de loin », c’est en substance le message relayé par les dirigeants africains qui s’alarment des risques de pénuries de céréales et d’engrais induites par le conflit en Ukraine. En effet, le continent subit de plein fouet le blocus des exportations en provenance de Russie et d’Ukraine. Martin Griffiths, le secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires, est l’un de ceux qui tentent de débloquer cette situation.

L’Afrique s’inquiète des conséquences de la guerre en Ukraine, notamment les pénuries de céréales, d’engrais et l’inflation des prix alimentaires. Que peuvent faire les Nations unies dans ce contexte ?

Le secrétaire général [Antonio Guterres] s’est rendu fin avril à Moscou et à Kiev, où il a discuté de ces questions avec les présidents Poutine et Zelensky. A son retour, il a demandé à Rebecca Greenspan, la secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), de travailler à lever les obstacles aux exportations de céréales et d’engrais russes, qui ne font pas l’objet de sanctions. Un certain nombre de blocages concernent par exemple les transactions bancaires, les polices d’assurance ou le transport.

Le secrétaire général m’a également sollicité pour trouver un accord afin que les navires transportant les céréales ukrainiennes puissent quitter Odessa et les autres ports du pays en toute sécurité. L’Ukraine a environ 20 millions de tonnes de céréales prêtes à être exportées et nous devons les faire sortir avant la nouvelle récolte pour libérer de l’espace dans les entrepôts.

Jusqu’à présent, la réponse au travail de Rebecca Greenspan a été très constructive. L’Union européenne et les Etats-Unis sont favorables à la levée des obstacles pour que tout le monde puisse bénéficier des céréales et des engrais russes. J’ai aussi eu des négociations très positives avec les deux parties et j’espère pouvoir convoquer une réunion à Istanbul d’ici trois semaines pour finaliser un accord sur les exportations ukrainiennes. D’autant que ce n’est pas seulement un problème africain, c’est un problème mondial.


Environnement : ne pas se soumettre aux normes américaines

Environnement : ne pas se soumettre aux normes américaines

 

Dans une tribune au « Monde », les spécialistes du changement climatique Alain Grandjean, Jean-Marc Jancovici et Laurent Morel estiment que notre pays ne doit pas renoncer à son avantage stratégique en matière de normes environnementales en adoptant les standards que dicteraient les Américains.

 

L’Elysée a lancé, le 3 juin, la création d’un comité directeur sur les données liées au climat, pour les rendre transparentes et normées. Cette initiative est portée simultanément par Michael Bloomberg, envoyé spécial des Nations unies pour l’ambition et les solutions en faveur du climat. La production et la mise à disposition d’informations permettant aux acteurs économiques et financiers de comprendre « à quelle distance ils sont du problème » sont indispensables pour permettre une action pertinente contre le changement climatique en cours.

Cette initiative n’a cependant aucune chance d’aboutir à des résultats tangibles. Elle va même ralentir la progression du secteur financier vers sa décarbonation, et conduira la France à se faire dicter la norme par des acteurs dominants qui sont tous non européens, alors que notre pays est en avance sur ces derniers ! L’Elysée indique que « le manque de données accessibles et normalisées limite la capacité des marchés et du grand public à lutter contre le changement climatique ». Cette affirmation est fausse.

Pour les entreprises qui font déjà l’effort de calculer leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), elles sont disponibles dans leurs documents de référence (en France, c’est obligatoire pour les entreprises cotées). Si les investisseurs ou les banquiers veulent les connaître, il leur suffit de lire ces documents ou d’exiger de les voir. Produire ces informations est d’un coût marginal par rapport à celui des informations financières. D’autre part, la réduction des émissions de GES des entreprises n’est pas déterminée par la communication de ces émissions, mais par les contraintes que la puissance publique, les clients ou salariés, va leur imposer.

L’Elysée écrit aussi que « la mise à disposition d’informations plus pertinentes et accessibles à tous contribuera à faciliter et à accélérer la transition vers une économie mondiale “zéro émission nette” ». Contribuera oui, mais l’essentiel est ailleurs. L’existence d’une nouvelle plate-forme – même transparente – ne garantit pas que les entreprises vont élaborer des informations de meilleure qualité. Quel intérêt y trouveraient-elles ? Pourquoi seraient-elles enclines à les publier sur cette plate-forme ? Pourquoi, pour disposer d’informations environnementales sur les entreprises européennes, les acteurs européens – financiers, ONG, clients, puissance publique – feraient-ils confiance à une plate-forme lancée par des acteurs américains ?

L’annonce fait mention d’une plate-forme publique de données ouvertes. Une information publique, gratuite d’accès et d’usage, contournerait la barrière de données payantes d’accès, qui pénaliserait les parties prenantes – dont les ONG – dans leur travail critique. Mais cette idée ne résiste pas à l’analyse. La production des informations demandées aura un coût pour l’entreprise. Qui doit le payer ? Le secteur public ? Des mécènes ? Le développement et l’utilisation d’une plate-forme demandent aussi des moyens. Qui les fournira et avec quelle contrepartie ? Dans les conditions actuelles d’obligations réglementaires des acteurs, une plate-forme gratuite et publique ne sera pas alimentée.

Ukraine – « Ne pas humilier Poutine » : la phrase irresponsable

Ukraine – « Ne pas humilier Poutine » : la phrase irresponsable 

Macron a osé prononcer et répéter cette phrase complètement irresponsable et à tout le moins prématurée : il ne faut pas humilier la Russie et Poutine. Comme si quelqu’un avait pris l’initiative de heurter la sensibilité de l’intéressé. Comme si quelqu’un d’autre que lui était responsable de cette guerre forcément meurtrière et stupide y compris pour la Russie. Le pire, c’est que Macron est parfois appuyé par de vieux experts toujours atteints par le syndrome de Munich et qui seraient prêts à vendre une partie des territoires voisins contre notre propre liberté voire contre  quelques tonnes de blé. On peut comprendre que certains pays africains et d’autres pays pauvres montrent une certaine bienveillance à l’égard de Poutine content tenu de leur dépendance énergétique et alimentaire vis-à-vis des acteurs de cette guerre. La Russie est en effet un des principaux fournisseurs d’énergie et assurent de l’ordre  de 30 % avec l’Ukraine des besoins de céréales. Certains de ces pays pauvres en outre aux démocraties très relatives craignent en plus que la crise de la fin ne vienne balayer des régimes caractérisés par l’autocratie et la corruption.

Il est clair que le jeune Macron n’a jamais eu la moindre expérience politique avant d’accéder directement à la présidence de la république, qu’il  n’est pas non plus un gestionnaire expérimenté des situations géopolitiques complexes ( voir par exemple la débandade française de la force Barkhane ) . Surtout sa politique étrangère repose sur l’idée qu’il se fait de la posture historique qu’il veut laisser de son passage. De ce point de vue, ses entretiens nombreux avec Poutine sont aussi inefficaces que ridicules. Macron n’a tristement rien compris à la stratégie du dictateur complètement étranger aux réflexions rationnelles. Il y a déjà 20 ans que Poutine écrase sur son passage et fonde sa philosophie sur le mensonge permanent et  sur le crime pour s’opposer à toute contradiction à l’intérieur ou à l’extérieur de ses frontières. Il est clair que Macron dans le champ intérieur autant qu’à l’international manque sérieusement de maturité. Il veut jouer au Machiavel de papier mâché face à vieux routier du KGB pour qui tuer aussi bien ses adversaires internes qu’externes fait partie de sa logique personnelle pouvoir. Certes la Russie sera toujours la Russie d’un point de vue géographique mais les occidentaux la France en premier n’a pas à se coucher devant un dictateur qui en réalité au mieux considère la France comme la mouche du coche inoffensive voire l’idiot  utile.

Macron: « Ne pas humilier Poutine » : la phrase irresponsable

Macron: « Ne pas humilier Poutine » : la phrase irresponsable 

Macron a osé prononcer et répéter cette phrase complètement irresponsable et à tout le moins prématurée : il ne faut pas humilier la Russie et Poutine. Comme si quelqu’un avait pris l’initiative de heurter la sensibilité de l’intéressé. Comme si quelqu’un d’autre que lui était responsable de cette guerre forcément meurtrière et stupide y compris pour la Russie. Le pire, c’est que Macron est parfois appuyé par de vieux experts toujours atteints par le syndrome de Munich et qui seraient prêts à vendre une partie des territoires voisins contre notre propre liberté voire contre  quelques tonnes de blé. On peut comprendre que certains pays africains et d’autres pays pauvres montrent une certaine bienveillance à l’égard de Poutine content tenu de leur dépendance énergétique et alimentaire vis-à-vis des acteurs de cette guerre. La Russie est en effet un des principaux fournisseurs d’énergie et assurent de l’ordre  de 30 % avec l’Ukraine des besoins de céréales. Certains de ces pays pauvres en outre aux démocraties très relatives craignent en plus que la crise de la fin ne vienne balayer des régimes caractérisés par l’autocratie et la corruption.

Il est clair que le jeune Macron n’a jamais eu la moindre expérience politique avant d’accéder directement à la présidence de la république, qu’il  n’est pas non plus un gestionnaire expérimenté des situations géopolitiques complexes ( voir par exemple la débandade française de la force Barkhane ) . Surtout sa politique étrangère repose sur l’idée qu’il se fait de la posture historique qu’il veut laisser de son passage. De ce point de vue, ses entretiens nombreux avec Poutine sont aussi inefficaces que ridicules. Macron n’a tristement rien compris à la stratégie du dictateur complètement étranger aux réflexions rationnelles. Il y a déjà 20 ans que Poutine écrase sur son passage et fonde sa philosophie sur le mensonge permanent et  sur le crime pour s’opposer à toute contradiction à l’intérieur ou à l’extérieur de ses frontières. Il est clair que Macron dans le champ intérieur autant qu’à l’international manque sérieusement de maturité. Il veut jouer au Machiavel de papier mâché face à vieux routier du KGB pour qui tuer aussi bien ses adversaires internes qu’externes fait partie de sa logique personnelle pouvoir. Certes la Russie sera toujours la Russie d’un point de vue géographique mais les occidentaux la France en premier n’a pas à se coucher devant un dictateur qui en réalité au mieux considère la France comme la mouche du coche inoffensive voire l’idiot  utile.

L’Afrique ne se prononce pas sur l’Ukraine

L’Afrique ne se prononce pas sur l’Ukraine

 

 

Président en exercice de l’Union africaine (UA), Macky Sall explique que l’Afrique ne se prononce pas sur l’Ukraine par peur légitime sans doute des conséquences économiques et sociales pour le continent.(Le Monde)

Reste cependant que cette position n’est pas glorieuse et que l’Europe  aurait dû depuis longtemps envisagé un plan massif de soutien alimentaire aux pays pauvres de l’Afrique qui vont être les plus touchés NDLR

Lors de cet échange, Macky Sall a demandé le déblocage des céréales et des engrais d’Ukraine et de Russie qui ne parviennent plus sur le continent depuis le début de la guerre en février et menacent la sécurité alimentaire de millions d’Africains.

Vous vous êtes dit rassuré par votre rencontre avec Vladimir Poutine. Quelles assurances avez-vous reçues de sa part ?

Ce qui me rassure tout d’abord, c’est que l’on a pu expliquer longuement les attentes du continent africain. Celles qui relèvent de la Russie et celles qui relèvent des autres parties telles que l’Union européenne (UE) ou les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions ayant entraîné des difficultés d’approvisionnement. Ce que m’a dit Vladimir Poutine, c’est qu’en fonction des disponibilités dans le port d’Odessa et à condition que l’Ukraine enlève les mines qu’elle a posées, la Russie est disposée à ne pas intervenir dans cette région pendant ces opérations [de transport de céréales] qui se feraient avec le concours des Nations unies ou d’autres partenaires.

Pour vous, ce sont les sanctions occidentales qui sont responsables de ce blocage ou, comme le dit le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, le Kremlin qui entretient volontairement l’insécurité alimentaire ?

Nous subissons les deux maux. Il y a d’abord les conséquences de la guerre en Ukraine. Mais les sanctions qui ont frappé la Russie, avec notamment le blocage du système de paiement Swift, ont handicapé des pays comme les nôtres pour accéder aux produits russes. Pour le paiement du gaz, un mécanisme a pu être trouvé.

Nous demandons donc qu’il en aille de même pour les difficultés logistiques dans les ports et permettre le paiement des céréales et des engrais avec lesquels nous cultivons. Nous produisons en moyenne avec 17 kg d’engrais par hectare quand en Europe, 100 kg par hectare sont utilisés. Notre agriculture est déjà peu productive. Mais s’il n’y a plus d’engrais ou que le prix est multiplié par trois, il y aura véritablement un risque de famine dans les prochains mois.

« Ne pas humilier Poutine » : la phrase irresponsable de Macron

« Ne pas humilier Poutine » : la phrase irresponsable de Macron

Macron a osé prononcer et répéter cette phrase complètement irresponsable et à tout le moins prématurée : il ne faut pas humilier la Russie et Poutine. Comme si quelqu’un avait pris l’initiative de heurter la sensibilité de l’intéressé. Comme si quelqu’un d’autre que lui était responsable de cette guerre forcément meurtrière et stupide y compris pour la Russie. Le pire, c’est que Macron est parfois appuyé par de vieux experts toujours atteints par le syndrome de Munich et qui seraient prêts à vendre une partie des territoires voisins contre notre propre liberté voire contre  quelques tonnes de blé. On peut comprendre que certains pays africains et d’autres pays pauvres montrent une certaine bienveillance à l’égard de Poutine content tenu de leur dépendance énergétique et alimentaire vis-à-vis des acteurs de cette guerre. La Russie est en effet un des principaux fournisseurs d’énergie et assurent de l’ordre  de 30 % avec l’Ukraine des besoins de céréales. Certains de ces pays pauvres en outre aux démocraties très relatives craignent en plus que la crise de la fin ne vienne balayer des régimes caractérisés par l’autocratie et la corruption.

Il est clair que le jeune Macron n’a jamais eu la moindre expérience politique avant d’accéder directement à la présidence de la république, qu’il  n’est pas non plus un gestionnaire expérimenté des situations géopolitiques complexes ( voir par exemple la débandade française de la force Barkhane ) . Surtout sa politique étrangère repose sur l’idée qu’il se fait de la posture historique qu’il veut laisser de son passage. De ce point de vue, ses entretiens nombreux avec Poutine sont aussi inefficaces que ridicules. Macron n’a tristement rien compris à la stratégie du dictateur complètement étranger aux réflexions rationnelles. Il y a déjà 20 ans que Poutine écrase sur son passage et fonde sa philosophie sur le mensonge permanent et  sur le crime pour s’opposer à toute contradiction à l’intérieur ou à l’extérieur de ses frontières. Il est clair que Macron dans le champ intérieur autant qu’à l’international manque sérieusement de maturité. Il veut jouer au Machiavel de papier mâché face à vieux routier du KGB pour qui tuer aussi bien ses adversaires internes qu’externes fait partie de sa logique personnelle pouvoir. Certes la Russie sera toujours la Russie d’un point de vue géographique mais les occidentaux la France en premier n’a pas à se coucher devant un dictateur qui en réalité au mieux considère la France comme la mouche du coche inoffensive voire l’idiot  utile.

Contrairement à ce qu’affirme Bruno Le Maire, l’inflation Ne va pas ralentir mais accélérer (Nicolas Baverez)

Contrairement à ce qu’affirme Bruno Le Maire, l’inflation Ne va pas ralentir mais accélérer (Nicolas Baverez)

« Je crois que c’est la fin de cette étrange campagne électorale  qui a été fondée sur une espèce de vide, de silence, du côté de la majorité, analyse Nicolas Baverez, avocat et essayiste. A l’inverse de l’activisme de Jean-Luc Mélenchon et de la Nupes qui porte ses fruits. La réponse, comme souvent, est une réponse par la dépense publique ! Il est clair que l’élection va être beaucoup plus incertaine mais incontestablement, dans cette campagne, celui qui a marqué des points, c’est Jean-Luc Mélenchon. La dynamique est de son côté. »

Emmanuel Macron parviendra-t-il à obtenir une majorité pour gouverner et lancer des réformes impopulaires ? « Il ne fait pas de doute qu’obtenir une majorité à l’Assemblée est quelque chose de très important, note l’essayiste. C’est quelque chose d’autant plus important que nous sommes dans des temps extrêmement agités. L’autre grand paradoxe, c’est que notre pays, en dehors de la dépense publique, est à l’arrêt depuis six mois alors que le monde bascule. On a une structure stagflationniste qui se met en place, des taux d’intérêt qui remontent… »

Cette semaine, Bruno Le Maire affirmait que la France se trouvait dorénavant « au pic de l’inflation ». Une analyse que Nicolas Baverez ne partage pas : « Je ne crois pas du tout que ce soit exact. Je pense que la France, pour l’instant, est plutôt en retard sur l’inflation. D’abord par les mesures prises par le gouvernement, comme le bouclier énergie, et parce que sur le secteur privé, il n’y a pas eu de boucle avec les salaires. C’est une situation qui ne va pas pouvoir durer. Je pense qu’on va plutôt vers une accélération. »

Au sujet du Conseil national de la refondation souhaité par Emmanuel Macron, Nicolas Baverez, qui préconise dans son ouvrage Reconstruction la mise en place d’un nouveau « contrat économique et social », explique : « Le CNR, sur le fond, est assez convergent avec cette idée. Le problème désormais, c’est de trouver la méthode adaptée. Une méthode très centralisée, autoritaire, comme lors du premier quinquennat, ne fonctionne plus. Le précédent de la Convention citoyenne sur le climat n’est pas bon. Si la démarche va dans le bon sens, il faut l’expliciter. On ne peut mettre de côté ni les forces politiques, ni les partenaires sociaux. »

 

Taux BCE: Un petit pas pour ne pas casser la croissance

Taux BCE: Un petit pas pour ne pas casser la croissance

Jeudi la BCE devrait procéder à un relèvement des taux de 25 points de base dès le mois prochain.

Les taux de la BCE vont augmenter d’un quart de point  début juillet soit 25 % autant dire pas grand-chose quand on sait que l’inflation a atteint plus de 8 % sur un an en mai.

La vérité c’est que la banque centrale est  contrainte de relever ses taux du faie du resserrement monétaire opéré par la banque centrale américaine.

Plus que jamais sans doute la gestion des taux se révèle particulièrement délicate voire dangereuse. Certes l’inflation assez exceptionnelle pourrait  justifier un relèvement du coût de l’argent. En même temps ,  nous sommes désormais inscrits dans une tendance de croissance quasi nulle. Et le relèvement significatif des taux pourrait contribuer encore à accentuer la dépression et nous conduire même vers la stagflation.

« Nous nous attendons à ce que la BCE annonce la fin de son programme d’achats d’actifs nets et s’engage à augmenter ses taux de 25 points de base en juillet, sa première hausse en 11 ans. Pendant ce temps, tous les yeux seront rivés sur le recalibrage des orientations prospectives de la BCE en matière de normalisation de sa politique monétaire, y compris sur le rythme envisagé et sur l’objectif de taux », indique Katharina Utermöhl, économiste chez Allianz Trade.

La BCE reste l’une des rares banques centrales à ne pas avoir enclenché une hausse des taux. « Avec des pressions inflationnistes qui continuent de se renforcer et un contexte

Calcul de l’inflation : l’indice des prix à la consommation ne prend pas en compte l’immobilier

Calcul de l’inflation : l’indice des prix à la consommation ne prend pas en compte l’immobilier

 

Pour nombre de ménages les charges de prêts à l’acquisition d’un logement représentent et de loin le premier poste de dépenses. Pourtant, cette dépense n’est pas intégrée dans l’indice des prix à la consommation de l’INSEE ! L’indice des prix à la consommation sous-estime donc l’inflation, car son calcul ne prend pas en compte les prix de l’immobilier, l’achat d’un logement étant considéré par l’Insee comme un investissement, et non comme un bien de consommation. Toutefois, la Banque centrale européenne pourrait revoir cette définition.

Depuis des années, nos dirigeants assurent que les prix n’augmentent pas. À peine 1,4% en 2019. Et pourtant, le ressenti des Français est bien différent. Il faut dire qu’un élément capital, essentiel même, n’est pas pris en compte dans le calcul des prix : l’immobilier. Et pourtant, en 20 ans, les prix de l’immobilier ont doublé, voire triplé dans les grandes villes. Soit une augmentation de plus de 200%. C’est ce que l’on appelle une inflation galopante.

L’Insee ne tient pas compte de l’immobilier dans l’indice des prix, parce qu’elle calcule l’indice des prix « à la consommation ». Tout est question de définition. Acheter un appartement ne fait pas partie de la consommation. On ne consomme pas un appartement, il s’agit d’un investissement qui garde toute sa valeur, et que son propriétaire pourra transmettre à ses enfants.

 

L’Insee prend simplement en compte les loyers dans son calcul de l’indice des prix. Et même s’ils augmentent, ils ne pèsent que pour 6% dans cet indice;  Une sous-estimation indiscutable. Et pourtant, le logement est devenu l’un des premiers sujets de préoccupation des Français. Il absorbe plus de 25% du budget des ménages.

 

Politique: Macron ne pourra pas tenir 5 ans

Politique: Macron ne pourra pas tenir  5 ans

« Auréolé d’une seconde victoire, Emmanuel Macron aurait dû être l’homme fort de la séquence, déjà quasiment aux portes de l’histoire. Il est au contraire, observe l’essayiste, celui qui voit son pouvoir déjà contesté par des membres de sa propre majorité » ( dans l’Opinion »)

 

 

Les conditions de nomination du nouveau gouvernement ont été abondamment commentées, notamment au regard du temps inhabituellement long qu’aura mis le président de la République à composer sa nouvelle équipe, entre tergiversation réelle et temporisation tactique, à quelques semaines des élections législatives. Il est en outre un secret de polichinelle qui n’aura pas tardé à être connu de tous : deux jours avant que le choix d’Emmanuel Macron ne se porte finalement sur Elisabeth Borne, c’est en réalité Catherine Vautrin qui tenait la corde pour s’installer rue de Varenne.

Si cet événement a été fort justement présenté comme une énième illustration de l’absolue plasticité du macronisme – à quelques jours d’intervalle, Matignon pouvant échoir, de façon interchangeable, à une ancienne ministre de Jacques Chirac ou à une ancienne collaboratrice de Lionel Jospin, adversaires politiques dans le « monde d’avant » –, il est surtout révélateur d’une autre réalité politique, bien plus préoccupante et pourtant de peu d’écho dans les analyses : la grande faiblesse du président de la République.

Auréolé d’une seconde victoire qu’aucun de ses prédécesseurs n’était, toutes choses égales par ailleurs, parvenu à remporter, il aurait dû être l’homme fort de la séquence, déjà quasiment aux portes de l’histoire avec ce doublé inédit. Il est au contraire celui qui, quelques jours seulement après sa réélection, voit son pouvoir contesté par des membres de sa propre majorité, au point d’être empêché de nommer la Première ministre qu’il souhaitait.

Si un contexte politique peut s’imposer à un président de la République dans le choix du locataire de Matignon – ainsi avec Chirac en 1986, Rocard en 1988 ou Jospin en 1997 –, on n’avait jusqu’alors jamais vu un chef du pouvoir exécutif contraint de reculer face à la fronde de son entourage dans ce qui constitue pourtant sa prérogative suprême, la désignation du chef du gouvernement.

. Cet épisode s’inscrit en outre dans le procès en illégitimité plus globalement instruit par les opposants d’Emmanuel Macron dès avant la victoire de ce dernier. C’est l’un des paradoxes du « vote utile » qui frappe pour la troisième fois ce scrutin en vingt ans, compte tenu de la présence de l’extrême droite au second tour. Loin d’être vu comme un vote « intelligent » et responsable, qui conduit chacun à voter non pas seulement en fonction de ses goûts, de ses humeurs ou de ses intérêts, mais d’un contexte collectif interdisant tout « individualisme électoral », ce vote utile est désormais vu comme un acte civique dégradé.

A la clé, des présidents de la République élus avec des scores très supérieurs à la moyenne du scrutin – y compris les 67% et 58% d’Emmanuel Macron en 2017 et 2022, quoiqu’en net recul par rapport aux 82% de Chirac en 2002 –, mais considérés néanmoins comme « mal » élus, du fait de leur base de premier tour, prétendument étroite et fragilisée par une abstention croissante. Une sorte d’élection au rabais en somme. Avait-on pourtant considéré la victoire de François Mitterrand en 1981 comme illégitime, lui qui n’avait réalisé que 25% au premier tour, nettement derrière VGE, et avec une victoire à l’arraché au second ?

Ont fait défaut à tous nos Présidents sans exception après De Gaulle, les deux dimensions qui fondent justement la réalité du pouvoir : la confiance de l’opinion et la longévité

Cela nous confronte à ce qui constitue peut-être le paradoxe central de la vie politique française sous la Ve République. Notre architecture institutionnelle fait en effet du président français l’un des chefs d’Etat (démocratiquement élus) les plus puissants de la planète, si ce n’est même celui qui dispose des plus larges pouvoirs constitutionnels. Et pourtant, en dépit de cette prééminence institutionnelle, le chef de l’exécutif voit chez nous son pouvoir effectif, entendu comme sa capacité à agir – et encore plus à réformer –, sévèrement contraint.

Pourquoi ? Parce qu’ont fait défaut à tous nos présidents sans exception après De Gaulle, les deux dimensions qui fondent justement la réalité du pouvoir : d’abord la confiance de l’opinion, sans l’adhésion de laquelle la gestion des affaires publiques vire au casse-tête ou à l’enlisement, ensuite la longévité, second manquement qui découle de cette défiance très forte.

Ainsi pointe-t-on souvent la montée de l’abstention comme indice suprême de notre crise démocratique, mais plus révélatrice nous semble la tentation dégagiste qui s’est exprimée de façon systématique sous la Ve République, voyant tous les présidents en même temps à la tête d’une majorité gouvernementale et parlementaire (c’est-à-dire non pris dans un exercice de cohabitation) se faire invariablement sortir.

Emmanuel Macron est ainsi le premier à déjouer cette malédiction du pouvoir en disposant, à ce stade, de la longévité qui a fait défaut à tous ses prédécesseurs, se voyant aujourd’hui en situation de mener les affaires du pays pendant une décennie entière. Une première. Mais que vaut la longévité sans la confiance ? Elle peut devenir source des pires difficultés, si ce n’est du plus grand chaos.

A cet égard, au-delà du feuilleton de la non-nomination de Catherine Vautrin, les alertes pour les mois à venir ne manquent pas. D’abord, la situation économique et sociale et les inquiétudes nourries par le contexte géopolitique peuvent récréer un climat inflammable à court terme ; ensuite, la majorité parlementaire pourrait se révéler plus courte mais surtout bien plus frondeuse que par le passé, dans un contexte inédit marqué tout à la fois par l’interdiction faite au Président de se représenter en 2027 et par la limitation du recours au 49.3 dans sa gouvernance ; enfin, la ligne d’opposition frontale d’une gauche réunifiée, « radicalisée » et potentiellement nettement renforcée au Parlement devrait donner du fil à retordre à un exécutif qui y a été peu habitué au cours des cinq années passées. Tout ceci dessine les contours d’une situation potentiellement explosive.

Si tout gouvernant est questionné dans son rapport au pouvoir et à l’histoire, que pourrait-il arriver de pire à notre président fraîchement réélu que de se trouver confronté à une forme de chaos social et politique permanent, au point de voir son mandat perturbé, voire interrompu ou se solder, cette fois, par une victoire de l’extrême droite ?

Se faire élire en 2017 tenait déjà d’une forme d’effraction démocratique. Se faire réélire en 2022, à l’issue d’un quinquennat de crises ininterrompues, aura relevé d’une forme d’exploit. Tenir jusqu’en 2027 en évitant un crash démocratique fatal pourrait bien constituer un défi plus grand encore.

Mathieu Souquière est consultant et essayiste, coauteur avec Damien Fleurot de 2022, la flambée populiste (Plon).

Macron ne pourra pas tenir 5 ans

Macron ne pourra pas tenir  5 ans

« Auréolé d’une seconde victoire, Emmanuel Macron aurait dû être l’homme fort de la séquence, déjà quasiment aux portes de l’histoire. Il est au contraire, observe l’essayiste, celui qui voit son pouvoir déjà contesté par des membres de sa propre majorité » ( dans l’Opinion »)

 

 

Les conditions de nomination du nouveau gouvernement ont été abondamment commentées, notamment au regard du temps inhabituellement long qu’aura mis le président de la République à composer sa nouvelle équipe, entre tergiversation réelle et temporisation tactique, à quelques semaines des élections législatives. Il est en outre un secret de polichinelle qui n’aura pas tardé à être connu de tous : deux jours avant que le choix d’Emmanuel Macron ne se porte finalement sur Elisabeth Borne, c’est en réalité Catherine Vautrin qui tenait la corde pour s’installer rue de Varenne.

Si cet événement a été fort justement présenté comme une énième illustration de l’absolue plasticité du macronisme – à quelques jours d’intervalle, Matignon pouvant échoir, de façon interchangeable, à une ancienne ministre de Jacques Chirac ou à une ancienne collaboratrice de Lionel Jospin, adversaires politiques dans le « monde d’avant » –, il est surtout révélateur d’une autre réalité politique, bien plus préoccupante et pourtant de peu d’écho dans les analyses : la grande faiblesse du président de la République.

Auréolé d’une seconde victoire qu’aucun de ses prédécesseurs n’était, toutes choses égales par ailleurs, parvenu à remporter, il aurait dû être l’homme fort de la séquence, déjà quasiment aux portes de l’histoire avec ce doublé inédit. Il est au contraire celui qui, quelques jours seulement après sa réélection, voit son pouvoir contesté par des membres de sa propre majorité, au point d’être empêché de nommer la Première ministre qu’il souhaitait.

Si un contexte politique peut s’imposer à un président de la République dans le choix du locataire de Matignon – ainsi avec Chirac en 1986, Rocard en 1988 ou Jospin en 1997 –, on n’avait jusqu’alors jamais vu un chef du pouvoir exécutif contraint de reculer face à la fronde de son entourage dans ce qui constitue pourtant sa prérogative suprême, la désignation du chef du gouvernement.

. Cet épisode s’inscrit en outre dans le procès en illégitimité plus globalement instruit par les opposants d’Emmanuel Macron dès avant la victoire de ce dernier. C’est l’un des paradoxes du « vote utile » qui frappe pour la troisième fois ce scrutin en vingt ans, compte tenu de la présence de l’extrême droite au second tour. Loin d’être vu comme un vote « intelligent » et responsable, qui conduit chacun à voter non pas seulement en fonction de ses goûts, de ses humeurs ou de ses intérêts, mais d’un contexte collectif interdisant tout « individualisme électoral », ce vote utile est désormais vu comme un acte civique dégradé.

A la clé, des présidents de la République élus avec des scores très supérieurs à la moyenne du scrutin – y compris les 67% et 58% d’Emmanuel Macron en 2017 et 2022, quoiqu’en net recul par rapport aux 82% de Chirac en 2002 –, mais considérés néanmoins comme « mal » élus, du fait de leur base de premier tour, prétendument étroite et fragilisée par une abstention croissante. Une sorte d’élection au rabais en somme. Avait-on pourtant considéré la victoire de François Mitterrand en 1981 comme illégitime, lui qui n’avait réalisé que 25% au premier tour, nettement derrière VGE, et avec une victoire à l’arraché au second ?

Ont fait défaut à tous nos Présidents sans exception après De Gaulle, les deux dimensions qui fondent justement la réalité du pouvoir : la confiance de l’opinion et la longévité

Cela nous confronte à ce qui constitue peut-être le paradoxe central de la vie politique française sous la Ve République. Notre architecture institutionnelle fait en effet du président français l’un des chefs d’Etat (démocratiquement élus) les plus puissants de la planète, si ce n’est même celui qui dispose des plus larges pouvoirs constitutionnels. Et pourtant, en dépit de cette prééminence institutionnelle, le chef de l’exécutif voit chez nous son pouvoir effectif, entendu comme sa capacité à agir – et encore plus à réformer –, sévèrement contraint.

Pourquoi ? Parce qu’ont fait défaut à tous nos présidents sans exception après De Gaulle, les deux dimensions qui fondent justement la réalité du pouvoir : d’abord la confiance de l’opinion, sans l’adhésion de laquelle la gestion des affaires publiques vire au casse-tête ou à l’enlisement, ensuite la longévité, second manquement qui découle de cette défiance très forte.

Ainsi pointe-t-on souvent la montée de l’abstention comme indice suprême de notre crise démocratique, mais plus révélatrice nous semble la tentation dégagiste qui s’est exprimée de façon systématique sous la Ve République, voyant tous les présidents en même temps à la tête d’une majorité gouvernementale et parlementaire (c’est-à-dire non pris dans un exercice de cohabitation) se faire invariablement sortir.

Emmanuel Macron est ainsi le premier à déjouer cette malédiction du pouvoir en disposant, à ce stade, de la longévité qui a fait défaut à tous ses prédécesseurs, se voyant aujourd’hui en situation de mener les affaires du pays pendant une décennie entière. Une première. Mais que vaut la longévité sans la confiance ? Elle peut devenir source des pires difficultés, si ce n’est du plus grand chaos.

A cet égard, au-delà du feuilleton de la non-nomination de Catherine Vautrin, les alertes pour les mois à venir ne manquent pas. D’abord, la situation économique et sociale et les inquiétudes nourries par le contexte géopolitique peuvent récréer un climat inflammable à court terme ; ensuite, la majorité parlementaire pourrait se révéler plus courte mais surtout bien plus frondeuse que par le passé, dans un contexte inédit marqué tout à la fois par l’interdiction faite au Président de se représenter en 2027 et par la limitation du recours au 49.3 dans sa gouvernance ; enfin, la ligne d’opposition frontale d’une gauche réunifiée, « radicalisée » et potentiellement nettement renforcée au Parlement devrait donner du fil à retordre à un exécutif qui y a été peu habitué au cours des cinq années passées. Tout ceci dessine les contours d’une situation potentiellement explosive.

Si tout gouvernant est questionné dans son rapport au pouvoir et à l’histoire, que pourrait-il arriver de pire à notre président fraîchement réélu que de se trouver confronté à une forme de chaos social et politique permanent, au point de voir son mandat perturbé, voire interrompu ou se solder, cette fois, par une victoire de l’extrême droite ?

Se faire élire en 2017 tenait déjà d’une forme d’effraction démocratique. Se faire réélire en 2022, à l’issue d’un quinquennat de crises ininterrompues, aura relevé d’une forme d’exploit. Tenir jusqu’en 2027 en évitant un crash démocratique fatal pourrait bien constituer un défi plus grand encore.

Mathieu Souquière est consultant et essayiste, coauteur avec Damien Fleurot de 2022, la flambée populiste (Plon).

Inflation : l’indice des prix à la consommation ne prend pas en compte l’immobilier

Inflation : l’indice des prix à la consommation ne prend pas en compte l’immobilier

 

Pour nombre de ménages les charges de prêts à l’acquisition d’un logement représentent et de loin le premier poste de dépenses. Pourtant, cette dépense n’est pas intégrée dans l’indice des prix à la consommation de l’INSEE ! L’indice des prix à la consommation sous-estime donc l’inflation, car son calcul ne prend pas en compte les prix de l’immobilier, l’achat d’un logement étant considéré par l’Insee comme un investissement, et non comme un bien de consommation. Toutefois, la Banque centrale européenne pourrait revoir cette définition.

Depuis des années, nos dirigeants assurent que les prix n’augmentent pas. À peine 1,4% en 2019. Et pourtant, le ressenti des Français est bien différent. Il faut dire qu’un élément capital, essentiel même, n’est pas pris en compte dans le calcul des prix : l’immobilier. Et pourtant, en 20 ans, les prix de l’immobilier ont doublé, voire triplé dans les grandes villes. Soit une augmentation de plus de 200%. C’est ce que l’on appelle une inflation galopante.

L’Insee ne tient pas compte de l’immobilier dans l’indice des prix, parce qu’elle calcule l’indice des prix « à la consommation ». Tout est question de définition. Acheter un appartement ne fait pas partie de la consommation. On ne consomme pas un appartement, il s’agit d’un investissement qui garde toute sa valeur, et que son propriétaire pourra transmettre à ses enfants.

 

L’Insee prend simplement en compte les loyers dans son calcul de l’indice des prix. Et même s’ils augmentent, ils ne pèsent que pour 6% dans cet indice;  Une sous-estimation indiscutable. Et pourtant, le logement est devenu l’un des premiers sujets de préoccupation des Français. Il absorbe plus de 25% du budget des ménages.

 

Réforme des retraites : ne pas encourager la culture du jeunisme

Réforme des retraites : ne pas encourager la culture du jeunisme 

 

Pierre-Yves Gomez, professeur à l’EM Lyon, explique, dans sa chronique, que pour assurer la pérennité du système des retraites, il faudra se demander jusqu’à quel point il est soutenable pour l’ensemble de la collectivité que ses membres concentrent leur activité professionnelle sur la génération des 25-54 ans ( dans le Monde).

 

 

Le nouveau quinquennat promet une réforme de l’âge de départ à la retraite. Le bon sens affirme que si la durée de vie a fortement augmenté, il est naturel que l’âge légal de départ soit retardé d’autant, par exemple jusqu’à 65 ans. Une telle approche néglige néanmoins que l’enjeu véritable est de replacer la retraite dans la manière globale de considérer le travail dans notre société. Prenons trois illustrations.

Les statisticiens Olivier Marchand et Claude Minni ont montré que, depuis des années, la France a fait un choix à l’égard du travail en concentrant l’activité économique sur une génération, celle des 25-54 ans (« Economie et statistique », 2019). La durée de carrière professionnelle a été écourtée non seulement par un âge légal de départ à la retraite plus précoce que dans d’autres pays, mais aussi par une entrée plus tardive des jeunes du fait de l’allongement des études.

Cette dernière évolution est à mettre en relation avec la dégradation de l’image des métiers manuels et de l’apprentissage dans notre pays. Pour assurer la pérennité du système des retraites, il faudra donc s’interroger sur les deux bouts de la chaîne et se demander jusqu’à quel point il est soutenable pour l’ensemble de la collectivité que ses membres concentrent leur activité professionnelle sur trente années.

Le choix français a conduit à une intensification du travail sur la tranche 25-54 ans pour obtenir une productivité relativement forte si on compare à d’autres pays développés. Il en a résulté une culture du jeunisme dans les entreprises, considérant qu’au-delà d’un certain âge un collaborateur est à la fois trop coûteux et trop peu adaptable. En 2020, la moitié des plus de 60 ans ne sont pas en activité mais pris en charge soit par l’assurance-chômage, soit par l’Assurance-maladie.

L’allongement de l’âge de départ à la retraite obligera à revoir cette conception de la performance individuelle : d’une part, les entreprises devront maintenir et créer de nouveaux emplois pour les seniors ; d’autre part, il faudra reconsidérer les postes et les rythmes de travail pour les adapter à une population de collaborateurs plus âgés ; enfin, il faudra accepter que les évolutions de carrière soient plus lentes, les plus anciens quittant plus tard l’entreprise. Un changement radical du logiciel managérial va s’imposer.

Si on considère le rôle économique que jouent les retraités dans la société, on doit aussi anticiper ce que modifiera un décalage de l’âge de départ.

Elisabeth Borne : première déclaration insipide, « je ne mentirai pas « 

Elisabeth Borne : première déclaration insipide, « je ne mentirai pas « 

Pour a première interview, la nouvelle première ministre n’a guère fait dans l’originalité, le dynamisme et encore moins dans le charisme. Elle répète à peu près mot pour mot les propos de Macron avec de la pommade en plus. Une sorte  en même temps très flou dans lequel il est bien difficile de distinguer une ligne politique claire. (extrait)

Quel est votre modèle de Premier ministre ?
J’ai beaucoup apprécié de travailler avec Jean Castex et Édouard Philippe, mais il m’apparaît essentiel d’exercer sa fonction en cohérence avec soi-même, et non pas au regard de ce qu’étaient ses prédécesseurs. Ce qui me tient à cœur : concevoir des politiques publiques et agir dans le dialogue avec tous les acteurs, le plus possible en proximité avec les Français. Et pour cela : faire du gouvernement un collectif. J’aurai à cœur de l’animer ainsi.

J’ai une relation …. fluide avec Emmanuel Macron 

Comment allez-vous fonctionner dans votre duo avec Emmanuel Macron ?
C’est un honneur de travailler à ses côtés. J’ai porté des réformes et des politiques importantes pour mettre en œuvre son projet pendant ces cinq dernières années, et cela nous a permis de bâtir une relation solide et fluide.

Sur 27 membres du gouvernement, 14 sont issus de l’équipe sortante. Ce n’est pas le changement dans la continuité, mais la continuité dans la continuité, non ?
Emmanuel Macron a été élu sur la base d’un programme. Pour le mettre en œuvre, il est important d’avoir un équilibre : les ministres en place depuis plusieurs années et qui ont fait face à des crises inédites et conduit des chantiers importants apportent leur expérience et permettent d’être opérationnel tout de suite dans un contexte de crise préoccupant. Mais il faut aussi une respiration et faire entrer de nouveaux visages légitimes et compétents dans leur domaine, issus aussi bien de la société civile que de la gauche, du centre ou de la droite. L’essentiel, c’est que nous avons des personnalités très engagées et très énergiques, qui arriveront à des résultats rapides.

Le maintien d’Éric Dupond-Moretti au ministère de la Justice devrait susciter une levée de boucliers des magistrats. N’est-ce pas une erreur politique ?​
Ce que les Français peuvent constater, c’est qu’Éric Dupond-Moretti a obtenu la plus forte hausse du budget de la justice depuis vingt ans et des résultats concrets en matière d’effectifs et de délais de traitement des affaires, qu’il s’est pleinement mobilisé sur la justice de proximité. C’est ce que les Français attendent. Des états généraux de la justice ont été lancés pour aller plus loin et engager un chantier en profondeur. Il était important qu’il puisse recevoir les conclusions de ces travaux et engager rapidement leur mise en œuvre.

Depuis l’annonce surprise de sa nomination à l’Éducation nationale, Pap Ndiaye est la cible d’attaques de l’extrême droite. Est-ce une rupture avec l’héritage de Jean-Michel Blanquer ?
Évitons de caricaturer les positions. Tous les deux poursuivent le même but : assurer l’égalité des chances et l’excellence pour nos jeunes, ce qu’incarne parfaitement le nouveau ministre. Ce sont des personnalités différentes, mais je peux vous assurer que Pap Ndiaye aura à cœur de capitaliser sur ce qui a été fait sous le précédent quinquennat, comme​ le dédoublement des classes de CP. Nous devons aller plus loin. Notre détermination est totale pour garantir à chaque jeune de France les mêmes chances quelle que soit leur adresse, leur origine sociale.

À en croire Jean-Luc Mélenchon, votre gouvernement « ne fait que passer » puisque, selon lui, les Insoumis vont remporter les législatives des 12 et 19 juin…
Les outrances de Jean-Luc Mélenchon, personnellement, m’intéressent assez peu. M. Mélenchon, comme nous tous, devrait respecter nos institutions. L’élection présidentielle se joue à deux tours, et je rappelle qu’il n’était pas au second tour. Le gouvernement est déjà dans l’action. Il porte un projet au service des Français, comme tous nos candidats aux législatives.

Une Première ministre « chargée de la transition écologique », ainsi que vous a présentée Alexis Kohler, secrétaire général de l’Elysée, en annonçant votre gouvernement vendredi, comment ça marche ?
La transition écologique doit irriguer l’ensemble des politiques publiques. Elle fait donc partie des fonctions de la Première ministre. Cette idée de planification est importante pour rassurer à la fois ceux qui trouvent qu’on ne va pas assez vite et leur montrer qu’on tient le cap, en l’occurrence l’objectif de neutralité carbone en 2050, et ceux qui craignent de ne pas être assez accompagnés dans cette transition. Nous devons montrer qu’on aidera les entreprises, les ménages et tous les Français pour arriver à cette neutralité carbone.

Comment allez-vous fonctionner avec les deux ministres chargées de la transition écologique ?
J’ai à mes côtés Amélie de Montchalin à la Planification écologique territoriale et Agnès Pannier-Runacher à la Planification énergétique. La première devra mettre en œuvre avec les élus la transition écologique dans les territoires, c’est-à-dire soutenir des projets d’aménagement en évitant les consommations excessives de ressources naturelles, accompagner les mobilités propres ou encore la rénovation des bâtiments. Bref, des choses très concrètes. La deuxième aura pour mission de sortir la France des énergies fossiles, de mener une politique fondée sur le renouvelable et le nucléaire, composante essentielle d’un mix énergétique, et de renforcer nos progrès en matière d’économie d’énergie. Il y aura également un secrétariat général chargé de la planification rattaché à la Première ministre pour s’assurer que chaque ministre porte dans son champ d’action l’ambition en matière de transition écologique.

Et si les ministres ne tiennent pas leurs objectifs ?
La Première ministre s’assurera que l’action de chaque membre du gouvernement les respecte.

Quelles seront les premières mesures à effet immédiat en matière d’écologie ?
Pouvoir d’achat et transition écologique sont conciliables. Cela suppose d’accompagner les plus modestes quand il s’agit par exemple de changer sa chaudière au fioul ou au gaz ou encore de passer des voitures thermiques aux voitures électriques… Nous voulons le faire rapidement. Comme le montre la sécheresse actuelle, le dérèglement climatique est déjà là. C’est maintenant qu’il faut agir.

Justement, qu’y aura-t-il sur la table du Conseil des ministres lundi ?
Les priorités ont été tracées par le président de la République : école, santé, transition écologique. Il y a aussi un sujet qui suscite l’inquiétude des Français : le pouvoir d’achat. Nous devons en tenir compte et être attentifs aux plus fragiles, qui peuvent être mis en difficulté par la hausse du prix des denrées alimentaires combinée à celle de l’énergie. Grâce aux mesures lancées par le précédent gouvernement, avec notamment le bouclier énergétique, nous sommes un des pays où l’inflation a été le plus contenue. Chez nos voisins, les prix du gaz et de l’électricité ont augmenté de 70 % voire 120 %. Je le redis, nous continuerons à agir. Le premier texte examiné par la nouvelle Assemblée nationale sera donc sur le pouvoir d’achat.

Que contiendra ce projet de loi de finances rectificatif ?
Différents types de mesures sont prévus : la prolongation du bouclier tarifaire et de la remise sur les prix du carburant, la création du chèque alimentation, la revalorisation des minima sociaux ainsi que des retraites sur l’inflation, le relèvement du point d’indice de la fonction publique, la suppression de la redevance audiovisuelle, le triplement de la prime Macron et une nouvelle baisse des charges pour les indépendants.

Les loyers vont-ils être gelés ?
J’ai deux principes : être attentive à toutes les idées mais se méfier des fausses bonnes idées ! Des retraités louent un bien dont ils sont propriétaires, et les loyers qu’ils perçoivent composent une partie de leurs revenus. Les geler, comme des associations le suggèrent, risque de les mettre en difficulté. Nous avons aussi besoin de construire des logements, et il ne faut pas assécher les sources de financement des bailleurs sociaux. Parallèlement, le gouvernement a pris des mesures pour soutenir les salariés au smic et bientôt pour les fonctionnaires. Pour éviter les décisions hâtives, des concertations vont s’engager avec Bruno Le Maire.

Ce sont des dépenses supplémentaires alors que la dette publique atteint 113 % du PIC. Comment éviter de creuser encore le déficit ?
Tous les pays européens sont confrontés aux mêmes difficultés. Protéger les plus fragiles, c’est indispensable. Nous avons fait le choix de prendre des mesures temporaires, jusqu’à ce que les cours de l’énergie reviennent à un niveau acceptable, et ciblées sur les plus en difficulté. Nous allons également continuer à agir pour soutenir la croissance, créer des emplois, ce qui est aussi un moyen d’assurer des recettes fiscales. Donc non : nous ne laissons pas filer le déficit.

Autre moyen de lutter contre l’endettement, le « travailler plus longtemps ». Y a-t-il vraiment urgence à réformer les retraites ?
C’est une réforme nécessaire. Ceux qui voudraient faire croire qu’elle n’est pas indispensable ne disent pas la vérité aux Français. Car l’enjeu, pour notre pays, est d’assurer la force de notre modèle social, de poursuivre le progrès social et d’investir, notamment dans la santé et l’éducation. Le président de la République a pris des engagements clairs : ni hausse d’impôts, ni augmentation de la dette. Or nous vivons de plus en plus longtemps, le rapport entre le nombre d’actifs et le nombre de retraités diminue… Si on veut préserver le système de retraite par répartition, auquel nos concitoyens sont attachés, il faudra progressivement travailler un peu plus longtemps. Mais c’est une mesure qui doit tenir compte des différences entre les parcours professionnels. Clairement, un salarié des abattoirs ou un carreleur n’ont pas eu les mêmes conditions de travail que vous et moi. La pénibilité et l’usure professionnelle feront donc partie des sujets abordés lors des concertations avec les partenaires sociaux, qui s’ouvriront après les législatives.

65 ans, est-ce le bon curseur ?
Ce n’est pas un totem, mais il faut assurer le financement de notre modèle social. Et annoncer aux Français qu’ils vont travailler moins, brandir la retraite à 60 ans, c’est leur mentir. C’est ce qu’a fait le RN pendant des années. C’est aussi une mesure que l’on retrouve dans le programme de la Nupes et qui n’est pas crédible. Les promesses façon « demain on rase gratis », les Français n’y croient pas. Moi, je ne leur mentirai pas.

Mais un Français sur deux liquide ses droits à retraite en étant au chômage ou inactif…
Le maintien dans l’emploi des seniors, le recul de l’âge de départ, la pénibilité… Toutes ces questions, nous les aborderons conjointement avec les partenaires sociaux. Les sujets des retraites et du travail sont totalement liés. Par le passé, les réformes des retraites ont conduit à augmenter le taux d’emploi des seniors. C’est pour cela que le choix a été fait de confier ce dossier au ministre du Travail, du Plein Emploi et de l’Insertion, Olivier Dussopt.

La crispation du pays sur ce sujet est forte. Ne redoutez-vous pas des conflits sociaux d’ampleur ?
Cette réforme, comme les autres, se fera dans le dialogue. Il faut que chacun mesure les enjeux : si on ne travaille pas plus longtemps, on devra consacrer davantage de nos ressources publiques à financer la retraite. Or nous refusons de creuser le déficit, de baisser les pensions ou d’augmenter les impôts. Au contraire, nous souhaitons revaloriser les retraites et créer une pension minimum à 1 100 euros. Pour financer ces mesures mais aussi dégager des moyens supplémentaires afin par exemple de permettre à nos aînés de bien vieillir chez eux, nous devons ouvrir ce débat avec les organisations syndicales et patronales. Il y a besoin de pédagogie et de dialogue. Réformer les retraites, c’est préserver des marges de manœuvre pour agir sur des politiques essentielles.

Qu’allez-vous conserver de la précédente réforme, inaboutie, sur la création d’un système universel ?
Ce bouleversement avait inquiété les Français, le Président l’avait bien senti. Nous continuons à viser un système plus juste, avec la fermeture des régimes spéciaux pour les nouveaux recrutés. Notre intention est de faire les choses de manière progressive et de rassurer les Français quant à l’évolution de leur niveau de retraite.

Comment faire face à la situation extrêmement tendue dans les services d’urgence à l’approche des congés d’été ?
Nous allons nous atteler à ce dossier prioritaire dès lundi avec la ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon. Les tensions sont fortes à l’hôpital et nous devons trouver des réponses rapidement pour que les Français puissent continuer à être soignés dans de bonnes conditions.

Concerter, c’est votre leitmotiv ?
Je suis profondément convaincue que les bonnes réformes se bâtissent dans le dialogue avec tous les acteurs et en proximité. Notre pays est fait de diversité. Les habitants de Vire ou d’Évrecy, dans le Calvados, où je suis candidate, n’ont pas forcément les mêmes préoccupations que les habitants de la région parisienne. Dans chaque territoire, il y a des acteurs qui peuvent participer à construire des réponses. Nous devons gérer le pays au plus près du terrain. C’est la promesse du président de la République. Ce sera notre méthode sur les deux chantiers prioritaires que sont la santé et l’éducation.

Quand vous étiez ministre du Travail, certains syndicats vous ont reproché d’écouter mais pas d’entendre…
J’ai bâti la loi d’orientation des mobilités en concertation avec tous les acteurs concernés, élus, associations, partenaires sociaux… Certes nous avons eu des désaccords sur la réforme de l’assurance chômage. Mais les organisations syndicales et patronales se souviennent des débats sur le passe sanitaire en entreprise : elles étaient contre, et nous ne l’avons pas mis en œuvre. Ce n’est pas de la concertation pour la concertation, mais pour tenir compte du point de vue des uns et des autres afin de bâtir ensemble des solutions.

Souhaitez-vous entamer une réforme du grand âge, comme le président de la République s’y était engagé lors de son premier quinquennat ?
Des mesures ont été prises durant le précédent quinquennat, avec notamment la création d’une cinquième branche de la sécurité sociale. Dans son programme, l’ambition d’Emmanuel Macron est de permettre à nos aînés de bien vieillir chez eux. Nous allons donc travailler à un meilleur accompagnement à domicile, ce qui suppose de revaloriser les métiers et de mieux former les personnels, de proposer des aides pour adapter les lieux de vie… à travers le projet d’une Prime Adapt’. Le tout – et vous allez dire que je me répète – en concertation avec les acteurs concernés.

Tout cela fait beaucoup de priorités prioritaires, non ?
La vie de notre pays est faite de beaucoup de sujets qu’il faut traiter avec détermination, quand ils sont urgents. Il faut en même temps porter des visions de long terme sur les grands défis qui sont devant nous, c’est l’objet notamment de la planification écologique.

Les signaux de ralentissement de la croissance vous inquiètent-ils ?
La guerre en Ukraine suscite l’inquiétude des Français et des Européens, elle a des conséquences sur la consommation. La désorganisation d’un certain nombre de chaînes d’approvisionnement est aussi un point de vigilance. Dans les prochaines semaines, nous devrons continuer à protéger au mieux notre pays des conséquences de la guerre. Comment ? En gardant le cap de la protection de notre économie et de notre réindustrialisation pour préparer l’avenir et en restant agiles, comme nous l’avons été pendant le Covid. Deux ministres ont, dans l’intitulé de leur fonction, le terme « souveraineté ». C’est très important.

Comment allez-vous mener votre première campagne électorale, pour les législatives, dans la circonscription du Calvados ?
Je serai sur le terrain et je suis mobilisée pour gagner.

N’appréhendez-vous pas de vous mesurer pour la première fois au suffrage universel ?
J’aime aller à la rencontre des Français. Lors de mes déplacements, je reçois souvent un accueil chaleureux, parfois plus réservé, voire agacé ou en colère. C’est extrêmement important de prendre le temps de parler. Il peut y avoir des malentendus, des aspects de notre politique qui ne sont pas connus ou compris. D’où l’intérêt de ces temps d’échange. Il faut aller au plus près des Français pour être à leur écoute, casser l’idée que les ministres seraient lointains et ne s’intéresseraient pas à leurs problèmes quotidiens.​

Les Français vous connaissent peu. Comment vous décririez-vous ?
Je suis peut-être le prototype de la méritocratie républicaine. C’est quelque chose qui me tient à cœur. J’ai eu une enfance assez compliquée. Si la République n’avait pas été à mes côtés, je ne serais certainement pas ici. J’ai pu poursuivre mes études parce que j’étais pupille de la nation, j’ai pu intégrer une école dans laquelle on est rémunéré, Polytechnique… Notre pays a su m’apporter beaucoup, je considère donc que je lui dois beaucoup.

Climat : un coup de peinture verte ne suffira pas

Climat : un coup de peinture verte  ne suffira pas

 

Du premier sommet de la Terre aux réunions internationales, la lutte contre le réchauffement climatique est devenue un totem pour les dirigeants mondiaux. Voire même plutôt une Arlésienne dont le refrain est connu d’avance  « Il faut que rien ne change pour que tout change ». Ceci même après les Accords de Paris où l’on répétait en cœur qu’il fallait sauver la planète sans en comprendre le sens et les efforts induits. On l’aura compris, ce n’est donc plus « la maison qui brûle » mais bien la planète. Par Vincent Auriac, PDG de AXYLIA, maison de finance responsable.( « la Tribune »).

 

 

Pour preuve, le 6e rapport du GIEC nous montre que nous sommes encore loin de la trajectoire qui nous permettrait d’atteindre les objectifs fixés par la science. Les climatosceptiques ont beau douter, si nous ne parvenons pas à réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre avant 2030, le réchauffement planétaire dépassera les 1,5 °C, entraînant avec lui son lot de conséquences désastreuses. Aussi et comme le dit très bien Boris Cyrulnik, neuropsychiatre et éthologue dans son dernier ouvrage Des âmes et des saisons où il est question de psychoécologie, « notre culture a perdu la boussole, nous naviguons à vue, bousculés par les événements, errant là où le vent nous porte. Pourtant, il nous faut reprendre le cap car l’homme n’est pas au-dessus de la nature ni supérieur aux animaux. Il est dans la nature« .

Neutralité planétaire

Raison de plus pour tendre vers un monde bas carboné où l’écologie, l’économie et le social sont notre boussole. Plus que le développement durable défini par la Commission Brundtland en 1987, c’est bien la société de la sobriété qu’il faut faire advenir. C’est dire si nous avons collectivement tiré sur la corde et que le point de non-retour est proche. En effet, comme le précise le GIEC, il faut adopter un autre mode de vie qui nous permettrait de réduire nos émissions de 40% à 70% d’ici 2050. Ce levier essentiel demande des engagements sociétaux et politiques. Le Président Macron a promis de nommer un Premier ministre qui sera en même temps, le « super ministre » de l’Écologie. Nous verrons.

En tout cas, pour atteindre la neutralité carbone planétaire, un changement de paradigme doit nous conduire à nous débarrasser des énergies fossiles, mais aussi de faire un meilleur usage des terres et des forêts par exemple. Les métropoles et mégalopoles, sources d’émissions importantes, ont un rôle évident à jouer dans cette contribution à la neutralité, notamment dans l’usage des infrastructures de transports. Bien sûr, il ne s’agit pas de déclarer le temps de l’écologie punitive ou celui du score social. La société bas carbone ne peut se concevoir qu’à la condition de lui adjoindre l’équité et la justice sociale. Elles renforcent la participation citoyenne et génèrent une bien plus grande motivation à atténuer le changement climatique. Au lieu d’oppositions, elles suscitent des compromis plus viables et vivables.

La finance peut stopper la dérive climatique

De son côté, la finance, accusée injustement de tous les maux, sera nécessaire pour accompagner et financer cette transition. Il est vrai que ce secteur tarde à entamer une réelle transition. Elle attend trop des entreprises sans prendre d’engagements à la hauteur des enjeux. Donnons-lui donc sa chance d’assumer ses responsabilités et participer à la lutte contre le  changement climatique. Particulièrement dans l’accompagnement des investisseurs en mobilisant des capitaux, largement disponibles, encore mal alloués et qui participent parfois, inconsciemment, à la dérive climatique.

Face aux Cassandre, il faudra bien admettre et constater pourtant que les contraintes sociales et environnementales ne sont pas des freins à l’investissement, mais des moyens de bonne gouvernance. Elles permettent de sécuriser les performances, mieux que les placements traditionnels. Pour l’instant, les entreprises et surtout les gestionnaires financiers parlent encore trop d’acronymes et d’émissions de CO2 selon des méthodes de calcul et des critères d’analyse qui ne sont pas toujours standardisés. Ce qui est source de confusion chez les Français, investisseurs ou épargnants, qui ne s’y retrouvent pas parmi les multiples labels promus par l’État. Pour clarifier la situation, le Score Carbone® tient compte des efforts fournis par une entreprise pour réduire ses émissions de CO2 ; ce qui permet aux acteurs du secteur financier et aux particuliers de prendre les bonnes décisions.  Cet outil est la preuve que des solutions existent pour éclairer les épargnants sur les entreprises engagées et celles qui, en 2025, seront à la remorque du nécessaire changement.

Plus globalement, comme on le dit d’un nouveau développement en agriculture, il nous faudra aussi pratiquer la résilience en de nombreux autres secteurs comme l’alimentation, avec une consommation moins carnée, des logements mieux isolés, l’accroissement du télétravail dans les métropoles et des mobilités plus douces. Mais attention, il ne s’agit pas d’une décroissance déguisée. Simplement, la modération de nos besoins et de nos désirs pour rompre avec notre propre autodestruction. Cela implique de remettre les Hommes, les entreprises et la nature au cœur de nos préoccupations et de redonner à notre monde un peu plus d’oxygène, de légèreté et de saveur… Chiche !?

Vincent Auriac

Le PS à Canossa…… Pour ne pas mourir !

Le PS à Canossa…… Pour ne pas mourir !

 

 

Le parti socialiste qui n’en finit pas de mourir a  accepté de se rendre à Canossa chez Mélenchon pour entretenir l’espoir d’une éventuelle survie. La dégringolade est en effet tragique. Il n’y a pas si longtemps le parti socialiste alors majoritaire à l’assemblée détenait autour de 400 députés. En 2017 avec la déroute il a du se contenter d’une trentaine. En 2022, il rend les armes, les valeurs et le reste aux insoumis contre la promesse d’une soixantaine de candidatures plus ou moins gagnables.

De quoi encore sauver peut-être le parti vie socialiste pendant cinq ans. En réalité,  il ne s’agit pas d’une union de gouvernement mais d’abord d’un plan de sauvetage global de la gauche désormais concurrencée sur son aile sociale par l’extrême droite. Il s’agit surtout de tenter de maintenir une force d’opposition à l’assemblée. De toute manière les contradictions sont particulièrement fortes à l’intérieur de cette union hétéroclite où on trouve des Européens, des antieuropéens, des libéraux, des communistes, des étatistes, des républicains et des césaristes qui ne sont d’accord que sur la question d’un pouvoir d’achat dont ils ne détiennent d’ailleurs pas les clés.

Ne parlons pas de la politique économique ou énergétique. La présence d’une position forte à l’assemblée sera cependant utile,  elle pourra peut-être éviter que le mécontentement ne se  transfère de manière violente dans la rue. Le parti socialiste, lui, de toute façon va se retrouver à la rue quand même dépourvu de représentativité, de cohérence et même de valeur.

12345...24



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol