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Livret d’épargne : un tassement en octobre qui ne remet pas en cause la tendance

Livret d’épargne : un tassement en octobre qui ne remet pas en cause la tendance

En dépit du tassement en octobre,  entre janvier et octobre inclus, les ménages ont déposé 31,73 milliards d’euros sur ces deux produits, dont 24,82 milliards d’euros sur le seul livret A. Cette collecte cumulée est historique, atteignant près du double de celle enregistrée sur la même période en 2019 (16,77 milliards d’euros seulement). Et ce, alors que le taux de rendement du livret A n’a jamais été aussi bas, depuis le 1er février, s’élevant désormais à 0,5%.

Dans le détail, la collecte du livret A a enregistré une décrue de 940 millions d’euros, en octobre, quand celle du LDDS a reculé de 80 millions d’euros. La décollecte dépasse donc légèrement le milliard d’euros pour les deux produits cumulés. Cette décollecte n’est pas en soi une surprise, la fin d’année étant souvent une période où les Français piochent dans leur épargne.

Pour l’avenir demeurent des incertitudes tant qu’une plus grande maîtrise de la crise sanitaire ne sera pas assurée et surtout tant  que l’horizon ne sera pas éclairci par rapport à la croissance et à l’emploi. De ce point de vue,  la succession de plans de licenciement dans les grandes entreprises mais d’une façon générale dans toute l’économie inquiète évidemment et n’encourage pas les ménages à la consommation. Sur le plan du chômage on aura enregistré une augmentation 700 000 à 1 million de personnes en plus fin 2020.

Ce confinement ne tue pas l’économie ( Pr Olivier Joannes-Boyau)

Ce confinement ne tue pas l’économie  ( Pr Olivier Joannes-Boyau)

 

Le professeur Olivier Joannes-Boyau , chef du service de réanimation de l’hôpital Magellan au CHU de Bordeaux défend le confinement dans les Échos et estime que « laisser filer l’épidémie serait bien pire ».

 

Le Pr Olivier Joannes-Boyau est réanimateur du CHU de Bordeaux et il préside le comité réanimation de la société française d’anesthésie-réanimation.

« La deuxième vague de l’épidémie n’est pas une utopie . Elle est bien là et elle est plus compliquée à gérer que la première car nous souhaitons préserver le plus longtemps possible les soins des patients atteints d’autres pathologies que le coronavirus.

En Nouvelle-Aquitaine, qui n’est pas la région la plus touchée, le CHU de Bordeaux a vu son nombre de patients Covid doubler en quelques jours. Ils sont déjà 40 en réanimation sur les 150 places habituellement disponibles.

Covid ou non Covid , tous nos lits de « réa » sont occupés. Chaque jour, nous nous livrons à un jeu de chaises musicales pour trouver des lits. Nous essayons de soulager les hôpitaux d’ Auvergne-Rhône-Alpes en accueillant des patients de Chambéry.

Il ne faut pas se leurrer : pour y arriver, on va transformer les unités de surveillance continue en « réa » et on a déjà gagné des lits sur la réanimation chirurgicale en annulant des opérations.

Ce week-end, nous avons quand même réussi à faire une greffe de foie sur un patient atteint de cancer. Et j’espère que nous arriverons à maintenir cette filière le plus longtemps possible car toutes les greffes sont urgentes. Pour le moment, nous déprogrammons les opérations les moins urgentes en essayant que personne n’ait de perte de chance.

Mais dans d’autres régions, ils n’en sont plus là. Comme président du comité réanimation de la Société française d’anesthésie-réanimation (SFAR), je sais qu’en Auvergne-Rhône-Alpes et en Paca, ils doivent déprogrammer des chirurgies plus importantes pour faire face à l’afflux de patients Covid en réanimation.

Alors quand j’entends des gens dire que le confinement tue l’économie, j’ai envie de leur répondre que si on laisse filer l’épidémie, ce sera bien pire. Car le système hospitalier sera dépassé, il y aura beaucoup de morts et pas que chez les personnes âgées.

Il faut savoir qu’une personne jeune atteinte de Covid peut garder pendant de longs mois une fatigue et des difficultés respiratoires qui l’empêchent de travailler. Nous avons aussi des cas de fibrose, où la fonction respiratoire est définitivement diminuée.

Ces incapacités durables sont non seulement dommageables pour les gens atteints, mais aussi pour leur activité économique. »

 

« Ne pas se satisfaire de proclamer les valeurs de la République »

« Ne pas se satisfaire de proclamer les valeurs de la République »

Dans le cadre des récents débats sur la laïcité à l’école, Kamel Chabane, enseignant d’histoire-géographie au collège Gustave-Flaubert à Paris, raconte dans le Monde  la rencontre organisée entre ses élèves et Lassana Bathily, le « héros de l’Hyper Cacher ».

Après l’assassinat de notre collègue Samuel Paty, le vendredi 16 octobre, pour avoir montré à ses élèves des caricatures du prophète Mahomet et dans le choc provoqué par ce crime odieux, se repose la question de la transmission des valeurs et des principes de la République. Disons-le d’emblée, plutôt que de proclamer nos valeurs républicaines à longueur de journée, demandons-nous comment les faire vivre réellement, et comment, au quotidien, elles peuvent être transmises en classe.

C’est précisément ce que nous avons voulu faire en recevant au collège Gustave-Flaubert à Paris, vendredi 2 octobre, peu avant ce drame, Lassana Bathily. Le « héros de l’Hyper Cacher », comme il a parfois été surnommé bien malgré lui, a apporté son témoignage devant des élèves de 3e. Cette discussion s’est faite dans le cadre d’un cours d’enseignement moral et civique.

La venue de témoins est une pratique que nous connaissons, notamment en cours d’histoire dans lesquels nous avons déjà fait venir une survivante d’Auschwitz et un résistant, travaillé sur les colonies, la guerre d’Algérie, etc. A chaque fois les même objectifs : réfléchir et donner à voir les valeurs et les principes de la République (laïcité, citoyenneté, nationalité, fraternité…), dire l’histoire pour construire un passé commun et relancer la compréhension, la tolérance, et la cohésion nationale et sociale entre des jeunes venant d’horizons sociaux, économiques, culturels et religieux très variés.

Incarner les valeurs de la république

Ce 2 octobre, Lassana Bathily explique donc pendant deux heures à ces jeunes, bouche bée, comment et pourquoi, le 9 janvier 2015, lors de la prise d’otages à l’Hyper Cacher, où il travaillait, il a fait preuve d’un sang-froid exceptionnel en venant en aide à des clients, a risqué sa vie en les cachant et en quittant le magasin et a fourni de précieuses informations aux policiers avant leur assaut. Il explique que ces personnes étaient pour lui avant tout des êtres humains en danger, au-delà de leur sexe, de leur origine et de leur religion. L’humanité, dit-il, passe avant toutes autres considérations, y compris religieuses.

 

«On ne peut pas blesser sciemment et gravement des fidèles d’autres confessions » Jean-Marc Sauvé encore un catho qui lâche !

«On ne peut pas blesser sciemment et gravement des fidèles d’autres confessions » Jean-Marc Sauvé  encore un catho qui lâche !

 

 

Encore un intellectuel Catho qui lâche  sur le concept de laïcité et sur la liberté de caricature en France. En effet, l’’ancien vice-président du Conseil d’Etat, qui a été secrétaire général du gouvernement sous Jacques Chirac, président  aujourd’hui la commission d’enquête sur les abus sexuels dans l’Eglise catholique critique la liberté de caricature. .( Interview dans l’Opinion)

La laïcité française est-elle un mystère à l’étranger ?

Elle est mal comprise, c’est un fait. Et pourtant elle est simple : elle implique la neutralité absolue de l’Etat et de toutes les personnes publiques à l’égard des cultes. Rien à voir, par exemple, avec les constitutions irlandaise, polonaise ou hongroise qui se réfèrent à Dieu et au catholicisme, avec la constitution grecque qui reconnaît la primauté de l’Eglise orthodoxe, ni avec le Royaume-Uni où la reine est chef de l’Eglise anglicane, ni même avec l’Allemagne où, par le Kirchensteuer, l’Etat lève l’impôt pour les Eglises. Sans oublier les Etats-Unis où un président, quel qu’il soit, ne peut omettre de parler de Dieu dans ses discours. Jean Lacouture écrivait en 1968 à propos de De Gaulle : « Il est peu question de Dieu dans le discours gaullien. Moins souvent en tout cas que chez Lyndon Johnson, à peine plus souvent que chez Nikita Khrouchtchev ». Et son chapitre « De Dieu » à propos du Général tient en deux pages !

Comment expliquer cette tradition laïque à un public étranger ?

Par la pédagogie. En 2007, nous avons reçu la Cour suprême des Etats-Unis au Conseil d’Etat. Nos collègues américains s’intéressaient à la question de la liberté religieuse en France, car le concept de laïcité (intraduisible en anglais, sauf par secularism) et notre réputation de fermeté dans la lutte contre les sectes nous créaient en Amérique une réputation d’intolérance religieuse, alimentée notamment par l’Eglise de la Scientologie et certains groupes évangéliques. Nous avons expliqué comment la liberté de conscience et de culte était garantie dans notre pays.

Avec nos voisins européens, nos traditions ne sont en réalité pas si éloignées ; leurs systèmes juridiques consacrent aussi la liberté d’opinion et d’expression religieuse. Et le principe de non-discrimination les oblige à respecter l’égalité entre les cultes, même si un seul d’entre eux est inscrit dans leur Constitution. Nous ne sommes pas identiques, mais compatibles. L’universalisme républicain nous distingue, mais il n’est pas en opposition avec le reste du monde.

Avons-nous, depuis 1905, rigidifié la notion de laïcité ?

Le principe de laïcité – c’est-à-dire de liberté de conscience, de religion et de culte – est interprété à tort comme prohibant toute expression publique de sa foi. C’est un contresens que l’on commet en France comme à l’étranger. La laïcité ne conduit pas à interdire l’exercice public des cultes. Dès 1909, par l’arrêt Abbé Olivier, le Conseil d’Etat a annulé un arrêté du maire de Sens qui interdisait les processions sur la voie publique lors des obsèques. Un souvenir personnel, au passage : élève de l’école publique, j’étais aussi enfant de chœur. Quand il avait besoin de mes services pour des enterrements, le curé demandait une autorisation de sortie à l’instituteur qui la lui donnait bien volontiers. Un arrangement typique de la laïcité à la française. Il ne peut être porté atteinte à la liberté de culte que dans les strictes limites de l’ordre public. Il y a eu des controverses sur les processions, les sonneries de cloches des églises et, récemment, les crèches de Noël, mais la jurisprudence reste sur cette ligne.

«Il ne s’agit pas d’en rabattre sur notre liberté d’expression, mais est-il besoin d’afficher les caricatures de Mahomet sur les façades des mairies ?»

N’est-ce pas la confrontation avec l’islam qui renforce les partisans d’une « laïcité de combat » ?

Que l’islam provoque des crispations, et parfois des dérives, est une réalité. Mais qui ne peut conduire à confondre laïcité avec lutte antireligieuse. On ne peut ainsi mettre en cause la présence de rayons halal ou casher dans les supermarchés. Pas plus que la laïcité n’a jamais imposé de manger gras dans les cantines scolaires le vendredi ! Certains ont tendance à rejouer aujourd’hui le combat du début du XXe siècle en pensant que Combes l’avait emporté sur Briand : c’est le contraire qui s’est passé. Briand a très justement insisté sur le fait que le principe de la loi de séparation était la liberté et que les restrictions étaient l’exception. La laïcité, ce n’est pas que le droit de pratiquer sa religion dans la sphère privée. Ce n’est pas non plus l’interdiction par principe des signes religieux extérieurs, comme le voile ou du burkini.

Mais la burqa a été interdite dans l’espace public…

Le législateur a trouvé une position d’équilibre, avec un argument de sécurité publique et l’idée que notre vie sociale implique que l’on soit à visage découvert dans l’espace public. Cette position a été validée par la CEDH.

Comment réagissez-vous aux propos de Mgr Le Gall, archevêque de Toulouse, qui a assuré, après l’assassinat de Samuel Paty : « On ne se moque pas impunément des religions » ?

Je ne partage en aucun cas le terme « impunément ». La liberté d’expression comprend le droit de faire des caricatures. Y a-t-il pour autant un « droit au blasphème » ? Non. Le blasphème n’est pas un délit et il y a un droit à la liberté d’expression qui peut conduire à des paroles ou dessins qui, pour d’autres, sont des blasphèmes. Après Charlie Hebdo et l’assassinat de Samuel Paty, il est extrêmement difficile de tenir un discours « audible », mais je suis convaincu qu’on ne peut pas blesser sciemment et gravement des fidèles d’autres confessions. Il ne s’agit pas d’en rabattre sur notre liberté d’expression, mais est-il besoin d’afficher les caricatures de Mahomet sur les façades des mairies ? Indépendamment de la religion, nous ne cessons pas dans la vie sociale de nous abstenir de comportements licites, mais qui pourraient choquer inutilement des personnes ou des groupes sociaux. Il faut juste faire la même chose en matière religieuse, ni plus, ni moins.

Pour les tenants d’une stricte laïcité, tenir compte des sensibilités des croyants, c’est déjà renoncer à la liberté d’expression…

Dans le contexte actuel, je suis sensible aux arguments du courant laïc mais on ne peut pas vivre ensemble dans un climat de provocations perpétuelles. Ne tombons pas dans ce panneau ! Il nous faut absolument éviter de donner au monde une image d’intolérance religieuse. A vouloir surinterpréter la laïcité, on ne cesse de se fourvoyer. Et, croyez-moi, il ne s’agit nullement de déroger de manière un peu honteuse au principe de laïcité, ni d’ouvrir la voie à des « accommodements raisonnables », ni de soustraire certains de nos compatriotes à l’application de la loi commune. Là-dessus, il faut être très ferme.

« On ne peut pas opposer la liberté à la terreur »

« On ne peut pas opposer la liberté à la terreur »

Après le choc provoqué par les attentats, on a assisté à des « glissements » problématiques, comme l’idée d’empêcher l’expression d’un point de vue critique sur la publication de caricatures de la religion, s’inquiètent les juristes Manon Altwegg-Boussac et Patricia Rrapi, dans une tribune au « Monde ».

Tribune.

 Le choc provoqué par l’attentat est celui d’une société confrontée à un acte de terreur : la décapitation d’un enseignant. Le temps de la douleur n’est pas celui des subtilités quand face à l’horreur, amplifiée par l’attentat de Nice, chacun retrouve quelque sens dans les lieux, l’école, les principes, la liberté, l’action. Après le silence de l’émotion, quelques glissements dans la précipitation politico-médiatique nous ont paru suffisamment problématiques pour en dire quelques mots.

On oppose la liberté à la terreur

Le premier concerne la manière dont la liberté est présentée en réaction à la terreur. La liberté que l’on oppose à la terreur ne peut être placée qu’à un niveau très fondamental, celui du principe même de la liberté. La terreur n’a que faire du débat politico-juridique autour des limites de la liberté d’expression. Qu’un acte de violence extrême soit revendiqué par son auteur comme la conséquence de la présentation des caricatures du prophète Mahomet ne change rien à sa nature : l’atrocité physique neutralise toute rationalité.

Un glissement, parfois invisible, doit être évacué : celui qui pourrait laisser entendre qu’un tel acte, la décapitation, découle d’un point de vue sur les limites à la liberté d’expression, alors même que, comme toute terreur, il anéantit, par l’instigation de la peur, toute discussion. Le registre n’est pas le même.

Les notions juridiques, vecteurs de valeurs

Le deuxième concerne le débat politico-juridique autour de la liberté d’expression. La société démocratique discute en permanence des contenus et des limites de l’expression devant les instances politiques, devant les juges, les médias, dans la presse, dans les classes et amphithéâtres, et ce jusque dans le cercle familial et amical. La publication dans la presse des caricatures de la religion, tout comme la possibilité de leur critique, fait partie de cette discussion. Le choix de principe d’une société démocratique, qui est celui de la liberté d’expression, a pour idéal d’éviter d’ériger en valeur absolue des contenus. Que nous soyons convaincus que telle ou telle limite est absolue ou que tel ou tel contenu est l’essence même d’une expression libre n’y change rien. Les notions juridiques ne sont pas immuables, elles sont les vecteurs de choix politiques et de valeurs.

Dupont-Moretti: «Les Français valent mieux que des promesses que l’on ne peut tenir» ou le bla-bla de la gauche bobo

Dupont-Moretti: «Les Français valent mieux que des promesses que l’on ne peut tenir» ou le bla-bla de la gauche bobo

Encore un bel exemple de la phraséologie de la gauche bobo avec cette interview dans le Figaro de Dupont Moretti. Ce dernier considère presque que tout va bien madame la marquise en déclarant Figaro: «  Nous faisons face aujourd’hui à deux crises: celles du Covid-19 et celle du terrorisme. Un terrorisme dont le but est de nous faire changer de vie, nos règles et notre droit. Au cours de cette mandature, le gouvernement n’a cessé de renforcer les outils comme ceux du renseignement policier et pénitentiaire, qui fonctionnent très bien. Nous avons également expulsé des individus, fermés des mosquées, des associations et déjoué 32 attentats. » Notera qu’on a expulsé des individus, sans doute est-il référence aux 12 sur les 230 promis. Autre déclaration :

« Les propositions qui s’égrènent du côté de l’extrême droite et de la droite sont marquées par la démagogie et l’inconséquence, là où je pensais qu’il y aurait unité nationale. L’inconséquence consiste à proposer des modifications de notre droit en sachant pertinemment qu’elles sont soit juridiquement impossibles, soit inefficaces, soit déjà mises en place. « .

Bref tout va bien madame la marquise et pas de changement. Et puis cette phrase en dentelle sémantique précieuse : « les Français valent mieux que les promesses qu’on ne peut pas tenir ». A la fois une vérité de Lapalisse et une esquive dialectique pour justifier l’immobilisme. Rallié à Macron, Dupont Moretti n’en incarne pas moins cette gauche bobo qui a toujours manifesté un profond mépris pour les réalités sociales et sociétales. Une gauche (type PS et associés) qui a toujours réussi l’exploit extraordinaire d’écarter de sa direction les couches sociologiques populaires. D’où l’approche complètement biaisée de son analyse et par voie de conséquence de son projet. Et Macron continue le travail de manière encore plus dégénérée.

« Rien ne justifie le boycott de la France »

« Rien ne justifie le boycott de la France »

Le modèle français respecte l’universalité des valeurs sans opposer les communautés les unes aux autres. Aussi, personne ne peut dire raisonnablement que ce pays maltraite l’islam, affirme, dans une tribune au « Monde », un collectif d’intellectuels musulmans parmi lesquels Sadek Beloucif, Chems-eddine Hafiz et Eva Janadin.

Tribune. Le récent appel d’entités de certains pays à boycotter les produits français est incompréhensible, choquant et injuste. Il représente un processus d’exclusion réalisant précisément le travers qu’il est supposé combattre. Qui pourrait raisonnablement dire que la France maltraite ses citoyens de confession musulmane ? Personne, hormis peut-être ceux qui voudraient instiller des germes de discorde au sein de la communauté nationale française.

Plus que jamais la concorde et l’union doivent prévaloir au sein de la communauté nationale française victime actuellement d’une série d’attentats innommables qui nous endeuillent tous. Nous, musulmans de France et d’autres pays méditerranéens, appelons au calme et à la raison.

Il y a deux sujets. D’une part, l’émotion suscitée par les caricatures du Prophète et les déclarations des autorités françaises sur ce sujet. D’autre part, les commentaires du président Emmanuel Macron dans un discours récent sur le séparatisme. Prenons-les un par un.

Les caricatures du Prophète. Les auteurs des appels au boycott critiquent les caricatures du Prophète, les trouvant blasphématoires et dégradantes. Nous-mêmes, qui écrivons et signons ce texte, les trouvons vulgaires et choquantes. Mais, en France, le blasphème n’est pas un délit. Il peut donc être critiqué, mais pas interdit. Depuis la Révolution de 1789, la liberté d’expression est protégée, comme le rappelle l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme. Des limites sont clairement énoncées par la loi, ne permettant ni d’injurier ni d’inciter à la haine comme le racisme. De fait, tout citoyen est libre de faire appel à la justice s’il estime que ces limites sont franchies, non pas au nom du droit au blasphème, mais au nom du respect de la dignité humaine, et ce quelle que soit la religion concernée, catholique, protestante, juive ou musulmane. Mais rien, en tout état de cause, ne permet d’utiliser la violence, ni dans la loi française ni dans l’islam.

Coronavirus :  » le couvre-feu ne suffit pas »

Coronavirus :  » le couvre-feu ne suffit pas »

 

La situation se dégrade très rapidement et même plus vite que leurs de la première vague. Témoins les chiffres, sur la période récente le nombre cumulé de cas de Covid  19/ pour 100 000 habitants.  Au 20 octobre, ils atteignent  905 en République tchèque, 829 en Belgique, 553 aux Pays-Bas, 427 en France, 379 en Slovénie , 343 en Espagne, 315 en Slovaquie, 253 en Irlande ,233 en Pologne 213  en Roumanie, 213 Portugal 200 Croatie et 188 en Autriche. La France figure presque en tête des pays européens.

 

« On va rentrer dans un tunnel et on n’en voit pas, pour le moment, la sortie. » Déclare Rémi Salomon, le président de la Commission médicale d’établissement de l’APHPsur ‘Europe 1, samedi midi

 

Dans beaucoup de régions, le taux d’occupation des services de réanimation « dépasse les 50% », selon Rémi Salomon.  »

Difficile d’apprécier l’efficacité du récent couvre-feu ? « Une semaine, c’est un peu court pour savoir. Mais nous avons des indicateurs qui nous inquiètent, un peu en amont de l’hospitalisation », explique Rémi Salomon, citant notamment « les appels au Samu » et « les pourcentages de tests PCR », qui « augmentent très forts ces 3-4 derniers jours ». « Donc, ces indicateurs nous font penser que probablement, le couvre-feu ne suffit pas. »

 

Insulte à une enseignante : une mineure en examen

Insulte à une enseignante : une mineure en examen

Enfin un rare proviseur qui ose défendre ses enseignants et porte plainte pour insulte de la part d’une élève suite un cours sur la laïcité et le voile. Le pire c’est que l’enseignante a été victime de violences verbales de la part d’  une élève de CAP, qui n’avait pas assisté au cours soutenu par deux autres élèves et affirmant que «la charia c’était mieux que la loi française», a précisé l’académie au Figaro.

Il est probable que cet élève de CAP ignore tout du contenu de la charia et des conditions de sa mise en œuvre dans certains pays musulmans où elle serait simplement interdite d’expression voir même d’éducation scolaire. Des surveillants et la conseillère d’éducation sont alors venus en aide à la professeure.

Le proviseur a alors immédiatement pris une «mesure conservatoire», c’est à dire une mesure d’éloignement immédiat pour que l’élève ayant insulté la professeure soit mise à l’écart. La Dépêche indique que trois élèves ont été sanctionnés par le proviseur, deux autres garçons ayant également eu un échange houleux avec la professeure, qui a décidé de porter plainte.

Les ministres enquêtés par la cour de justice ne risquent pas grand chose

Les ministres enquêtés par la cour de justice ne risquent pas grand chose

 

  • Les membres du gouvernement enquêtés à propos de la crise sanitaire par la cour de justice ne risquent  pas grand-chose devant la très spéciale cour de justice de la république (CJR). En effet, cette cour a été spécialement créée pour juger les affaires des membres du gouvernement, ce qui constitue  déjà une inégalité de traitement par rapport aux autres citoyens. Mais surtout cette cour est essentiellement composée d’élus qui évidemment n’ont pas trop intérêt à sanctionner leurs collègues pour peu qu’ils soient eux-mêmes un jour impliqués dans des affaires du même type. Cette curiosité juridique a été crée en 1993 aux fins précisément de mettre les membres du gouvernement à l’abri des sanctions applicables aux citoyens ordinaires. Pour preuve jusqu’alors, la cour de justice n’a prononcé que des peines accessoires. Témoin encore la récente décision concernant l’ancien ministre de la justice qui vient d’écoper seulement un mois de prison avec sursis pour avoir communiqué à un collègue politique l’état de son dossier juridique concernant des fraudes fiscales.
  •  Ce que dit wikipédia :
  • La  Cour de justice de la République (CJR) est la juridiction française d’exception compétente pour juger les crimes ou délits commis par les membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions. Pour les faits commis en dehors de leurs fonctions, les juridictions de droit commun classiques sont compétentes.
  • La Cour de justice de la République est créée en 1993. Le statut de la Cour de justice de la République et ses attributions sont fixés par la Constitution ; la Cour de justice de la République comprend quinze juges dans sa formation de jugement : douze parlementaires (dont six députés et six sénateurs) et trois magistrats du siège de la Cour de cassation, dont l’un est président de la Cour. Les parlementaires sont élus par l’Assemblée nationale et par le Sénat après chaque renouvellement général ou partiel de ces assemblées. Les magistrats sont élus par la Cour de cassation. Chaque juge a un suppléant élu dans les mêmes conditions. »

 

En conclusion les retombées de la crise sanitaire seront davantage médiatiques que judiciaires.

BCE : l’Allemagne ne veut pas d’un nouvel assouplissement

BCE : l’Allemagne ne veut pas d’un nouvel assouplissement

 

Se fondant sans doute sur la dynamique de sa croissance notamment dans le secteur manufacturier, l’Allemagne par la voix du gouverneur de la Bundesbank, la banque centrale nationale allemande,  conteste par avance toute initiative de la BCE visant à assouplir encore la politique monétaire. Il faut noter que l’Allemagne qui a bien maîtrisé sa situation militaire enregistrera une baisse de sa croissance de 4 à 5 % quand la France verra le PIB diminuer de 9 à 10 % en 2020.

D’après l’Allemagne, les prévisions mêmes de la banque centrale européenne pourraient être améliorées ; des prévisions qui espèrent une croissance de 3,2% et une inflation de 1,3% en 2022, en soulignant que celles-ci n’intégraient pas l’impact du plan de 750 milliards d’euros de l’Union européenne ou le plan de relance de 100 milliards présenté le mois dernier par la France.

En fait,  le gouverneur de la Bundesbank s’oppose un nouveau plan de rachat d’actifs qui découlerait de l’incitation à un endettement supplémentaire pour les pays les plus endettés. De la même manière,  l’Allemagne refuse que la banque centrale fixe des objectifs de rendement obligataire.

On pourrait faire observer à l’Allemagne que le fameux plan de 750 milliards comme d’ailleurs les plans nationaux sont encore loin d’être opérationnels. En outre, ils ont surtout des objectifs à moyen et long terme et ne sont pas forcément adaptés à la situation immédiate qui va se traduire par une vague de faillites et de suppressions de postes fins 2020 début 2021.

Comme d’habitude les Allemands craignent par-dessus tout une envolée d’inflation et sont donc opposés à un laxisme dans ce domaine.

Gestion prévisionnelle : doit-on ne plus prévoir le risque ?

Gestion prévisionnelle : doit-on ne plus prévoir le risque ?

 

Dans ce nouveau contexte de pandémie de Covid-19, acceptons de renoncer à savoir ce qui va se produire. Organisons plutôt la résilience, cette capacité non pas à cerner les risques à l’avance mais à réagir vite et bien, affirment quatre dirigeants d’entreprises du think tank Entreprise et progrès dans une tribune au « Monde ».

Tribune.

 

La pandémie nous a appris quelque chose : en dépit des sommes colossales que nos entreprises consacrent à vouloir le maîtriser, elles ne savent plus prédire le risque. Elles échouent à réconcilier la rigidité des méthodes de gestion du risque et l’agilité indispensable pour être en capacité d’absorber les chocs imprévus. La planification traditionnelle, linéaire, ne fonctionne plus. Alors, posons la question : dans un monde marqué par la fréquence, l’imprévisibilité et la force des chocs extérieurs, doit-on encore prévoir le risque ?

Dans le nouveau contexte, acceptons de renoncer à « savoir » ce qui va se produire. Organisons plutôt la résilience, cette capacité non pas à cerner les risques à l’avance mais à réagir vite et bien, cette nouvelle qualité qui nous permettra d’adopter des comportements adaptés à un environnement changeant.

Nos entreprises doivent nécessairement installer un corpus minimum de procédures centralisées et homogènes, mais doivent tout autant imposer l’autonomie de décision nourrie de l’intelligence des situations. Cette double piste est la clé du succès, voire de la survie, de nos entreprises.

Elles devront inventer une nouvelle diversité, authentiquement opérationnelle, pour faire émerger des talents internes d’un nouveau genre, capables de poser des diagnostics et d’apporter des réponses complexes. Les femmes et les hommes de l’entreprise réclameront et devront se voir octroyer un droit renforcé à l’initiative. C’est vital. Car oui, pour se protéger du risque, l’entreprise doit encourager la prise de risque.

Il existe des spécialistes. Ce sont les militaires. Eux savent que planification stratégique et discipline stricte sont les préalables indispensables à une prise de décision rapide, autonome, pertinente

Comment faire ? Avec quels outils ? Pour remplacer la prévision traditionnelle, probabiliste, du risque, nous avons besoin de collaborations innovantes pour explorer les différents mondes dans lesquels nous risquons de nous retrouver. Il est temps de prendre nos distances avec les calculs statistiques de fréquence et de gravité pour redécouvrir la puissance du « scénario planning », et commencer à prendre conscience des options stratégiques dont on ignore absolument tout aujourd’hui. Les scénarios doivent décrire des mondes différents et pas seulement des résultats différents dans le même monde. L’impensable, et pas seulement l’inattendu.

 

Veolia: une promesse de coiffeur pour ne pas engager d’OPA hostile sur Suez

Veolia:  une promesse de coiffeur pour ne pas engager d’OPA hostile sur Suez

 

Veolia fait une sorte de promesse de coiffeur en assurant  de ne pas engager d’OPA hostile lorsqu’il aura récupéré les actions de Suez que possède actuellement Engie. Le ministre de l’économie qui comme le gouvernement s’est un peu empêtré dans ce dossier demande une vraie négociation entre les deux groupes. Une négociation complexe et dangereuse.

En effet si Veolia devait se regrouper avec Suez il faudrait se séparer de nombreux actifs, ceux de l’eau à l’international de Veolia et de l’eau de Suez en France. Sans doute à un (ou plusieurs)  fonds d’investissement qui n’a aucune expérience de ce secteur industriel et peut-être même un groupe étranger. De toute manière, il y aura de nombreuses redondances entre les activités de Suez et de Veolia; tout cela aboutira à une restructuration coûteuse en emplois.

Le bilan pour la collectivité risque de ne pas être très favorable car cette concentration pourrait faire monter encore le prix des services. Notons par exemple que pour le seul prix de l’eau la facture peut varier du simple au double selon que le réseau est géré par l’une des deux entreprises évoquées ou par une régie. Suez continue d’affirmer que l’opération de Veolia constitue une OPA hostile et refuse par avance la proposition de son concurrent principal en France. La conséquence de tout cela c’est que pour des services essentiels les collectivités locales risquent de trouver en face d’elle un seul opérateur français et qu’elles devront ouvrir les appels d’offres à des opérateurs étrangers et en choisir dans certains cas forcément.

Unmute

Trump contaminé mais ne manque pas d’air!

Trump contaminé mais ne manque pas d’air!

D’après les déclarations officielles , Trump  contaminé par le virus n’aurait pas été alimenté par un supplément d’oxygène. Mais les déclarations à ce propos sont assez contradictoires.

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce président ne manque pas d’air;  lui qui avait conseillé de tester son adversaire Joe Biden avant le débat entre les deux hommes devant les chaînes de télévision. Trump voulait vérifier si son concurrent n’était pas dopé. En tout cas, Trump  ne manque pas d’air quand il affirme que de toute façon, il  n’est pas sûr d’accepter  le résultat des élections. En clair, il s’apprête à créer une situation d’instabilité politique en refusant éventuellement le résultat, ce qui va créer un imbroglio juridique et sans  doute politique et économique.

 

Ce qui paraît certain ,  c’est l’insuffisance de la politique de prévention. Pour preuve nombre de conseillers de trame ont aussi été contaminés.  La Maison Blanche enregistre multiples contaminations. La liste des proches de M. Trump infectés s’allonge: son épouse Melania, sa conseillère Hope Hicks, son directeur de campagne Bill Stepien, trois sénateurs républicains, et l’ancienne conseillère Kellyanne Conway…. Sans compter trois journalistes accrédités. Rien que samedi, on a appris que le sénateur Ron Johnson et Chris Christie, qui a aidé M. Trump à se préparer au débat télévisé de mardi dernier contre Joe Biden, avaient reçu un test positif.

TESTS : Olivier Véran constate que ça ne fonctionne plus mais ne propose rien

TESTS : Olivier Véran  constate que ça ne fonctionne plus mais ne propose rien

 

Il y a quelque chose de surréaliste dans les propos du ministre de la santé qui constate un dysfonctionnement total du système de test mais qui renvoie la responsabilité de l’organisation aux laboratoires. Demain ça ira mieux a-t-il déclaré. Pourtant les solutions sont possibles comme par exemple les tests groupés et le filtrage des candidats aux tests selon des critères médicaux précis.

Le problème c’est qu’on manque cruellement de machines d’analyse, de produits et même de personnel pour faire les tests. Comme pour les masques la pagaille et l’improvisation font office de politique La « priorisation » des tests de dépistage du coronavirus « ne fonctionne plus » face à l’augmentation de la « pression sanitaire », car les patients symptomatiques et les cas contacts représentent désormais à eux seuls « un nombre conséquent » de tests à réaliser, a reconnu jeudi le ministre de la Santé au Sénat.

Le ministre de la santé reconnaît les carences mais n’indique aucune stratégie. Notons que la prescription médicale obligatoire avait été supprimée mi-juillet.

«Le séparatisme pour ne pas parler de l’islamisme»

 «Le séparatisme  pour ne pas parler de l’islamisme»

Rémi Brague ,membre de l’Institut,  philosophe et théologien, spécialiste de la philosophie médiévale arabe et juive, analyse ce que peut signifier la notion de «séparatismes» utilisée par le président de la République pour désigner un phénomène à combattre. (Interview le Figaro)

«La République, parce qu’elle est indivisible, n’admet aucune aventure séparatiste», a déclaré Emmanuel Macron dans son discours du 4 septembre consacré au 150anniversaire de la proclamation de la IIIe République. Que signifie exactement le terme «séparatisme»?

Rémi BRAGUE. - À vrai dire, pas grand-chose de précis. On a commencé à employer ce mot à propos de mouvements autonomistes, voire indépendantistes, en Bretagne, en Corse, etc. Il désignait alors le désir de quitter la communauté nationale pour constituer une entité politique se gouvernant soi-même. Employer le mot, c’est ramener l’inconnu au connu, le nouveau à l’ancien. Procédé très légitime, mais aussi tactique commode de simplification.

Lors de son discours de février 2020 à Mulhouse, le président avait évoqué «le séparatisme islamiste», désormais nous en sommes en lutte contre «les» séparatismes? Que signifie ce pluriel?

Je crains qu’on ne veuille une fois de plus noyer le poisson en refusant d’appeler un chat un chat.

Novartis et Roche : un traitement oculaire à plus de 1000 euros l’injection qui ne vaut que 30 euros !

Novartis et Roche : un traitement oculaire à plus de 1000 euros l’injection qui ne vaut que 30 euros !

L’Autorité de la concurrence française a prononcé mercredi, une sanction de 444 millions d’euros, l’une des plus importantes de son histoire, contre les laboratoires Novartis, Roche et Genentech.

Les médicaments en cause permettent de lutter contre la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), la maladie oculaire la plus répandue chez les plus de 50 ans, et la plus grave maladie oculaire dans les pays occidentaux. Elle peut mener à la cécité. Longtemps, un seul médicament a permis de la traiter : le Lucentis, fabriqué par le laboratoire américain Genentech, exploité et vendu par Novartis à 1 161 euros l’injection au moment des faits (aujourd’hui la Sécurité sociale a réussi à faire baisser le prix à 890 euros.

Puis, des médecins se sont rendu compte qu’un autre médicament, l’Avastin, permettait aussi de traiter la DMLA. Ce médicament fabriqué aussi par Genentech, et exploité par Roche, visait originellement à combattre le cancer. Et il coûte 30 fois moins cher : 30 à 40 euros l’injection. Les autorités publiques de nombreux pays ont donc lancé des projets de recherche pour tester l’efficacité de l’Avastin contre la DMLA, afin d’encadrer et développer cette utilisation.

Les trois laboratoires ont alors lancé une vaste campagne de communication et de dénigrement de l’Avastin qui a duré plusieurs années et qui a tué la vente de l’Avastin.

 

 

Brexit : ne pas se laisser impressionner par les gesticulations de Boris Johnson

Brexit : ne pas se laisser impressionner par les gesticulations de Boris Johnson

L’économiste Stéphane Madaule estime, dans une tribune au « Monde » estime qu’il ne faut pas se laisser impressionner par les gesticulations de Boris Johnson dans une tribune au monde

Tribune. Mais où est-elle, cette Union européenne (UE) en position de force pour négocier un accord commercial équilibré avec le Royaume-Uni ? Mais comment expliquer que Michel Barnier, le négociateur européen du Brexit, soit maintenant fragilisé par des négociations qui n’avancent pas d’un pouce ?

Au départ, l’Union européenne avait la naïveté de croire qu’elle pourrait imposer au Royaume-Uni la continuation de l’application de ses règles commerciales (aides aux entreprises, règles sur les marchés publics, normes applicables sur le marché intérieur…) contre l’accès libre sans taxes et sans droits au marché unique.

Curieux mandat

Mais sur la pêche, sur les marchés publics, sur les normes applicables aux produits et aux services, les négociations n’ont pas avancé d’un iota depuis leur commencement. Comment expliquer cette situation et la fragilisation progressive des positions de l’UE et de son principal négociateur ?

On découvre les aléas de la mise en œuvre d’une politique commune sur le plan commercial, qui n’est pas à même de nous protéger de la concurrence parfois déloyale de pays comme la Chine, ni de constituer un rempart face au Royaume-Uni, qui a décidé de reprendre son indépendance

Tout d’abord, on s’aperçoit que le mandat de négociation fixé par les vingt-sept Etats membres à la Commission, et défendu par Michel Barnier, est quelque peu curieux. Comment en effet demander à un pays qui a choisi de quitter l’Union pour recouvrer sa souveraineté de continuer à appliquer les règles commerciales de cette Union dont il souhaite en premier lieu s’écarter, ce qui a motivé en partie son divorce ?

De plus, le mandat de négociation défini à la Commission par les Vingt-sept est relativement rigide. Les lignes rouges (pêche, marchés publics, subventions aux entreprises, normes à appliquer par les producteurs de biens et services) sont partout. Comment, enserré dans un tel carcan, pouvoir conduire une réelle négociation qui ne soit au final la répétition inlassable, sans concession, sans compromis, d’une position figée ? Qu’est-ce qui est négociable au juste pour l’Union, à part la continuation des relations passées entre les deux entités ?

En réalité, les envolées chauvines de Boris Johnson promettant un avenir radieux après le Brexit masquent une série de faiblesses. Le premier ministre britannique, qui a perdu 26 points dans les sondages depuis le début de la pandémie, cherche à faire oublier sa gestion calamiteuse du Covid-19. Alors que la crise provoquée par le virus a rendu caduque la nouvelle mondialisation prônée par les partisans du Brexit, il ne lui reste qu’à faire vibrer sa corde préférée, celle du nationalisme. D’autant que la crise sanitaire relance la dynamique indépendantiste en Ecosse et que le Brexit rend probable une réunification de l’Irlande.

Quant au rêve prêté à M. Johnson de masquer les dégâts économiques d’un Brexit sans accord par ceux de la crise économique consécutive au Covid, il dépasse les bornes du cynisme et ne résiste pas à la vérité des chiffres : 47 % des exportations britanniques se font vers l’Europe, alors que l’UE n’envoie que 8 % de ses produits outre-Manche. Mauvais pour les continentaux, un « no deal » serait catastrophique pour les Britanniques.

Alors qu’approche le terme de cet interminable marathon, il faut saluer le sang-froid manifesté par Michel Barnier pour surmonter cette énième phase de tensions. La préservation du marché unique, remise en cause par les brèches de M. Johnson en Irlande du Nord, doit continuer de souder les Vingt-Sept. La remarquable unité dont ils ont fait preuve jusqu’à présent à propos du Brexit doit perdurer. C’est à cette condition que l’Europe pourra parvenir à un accord équilibré avec son voisin britannique sans se laisser intimider par les postures d’un premier ministre en position moins flatteuse qu’il n’y paraît.

Brexit: Johnson menace de ne pas payer la facture

Brexit: Johnson menace de ne pas payer la facture

 

En délicatesse dans son pays du fait de la  mauvaise gestion sanitaire  ( dont il a été lui-même victime) et responsable pour partie de la dégringolade économique, Boris Johnson agite la rupture brutale avec l’union économique menaçant même de ne pas payer la facture qu’il doit. Une manière d’entretenir le nationalisme pour tenter de remonter dans l’opinion de plus en plus critique pour sa gestion sanitaire mais aussi économique. Boris Johnson a menacé de claquer la porte mi-octobre, si rien n’était conclu d’ici là. Surtout, la presse a révélé que Londres se préparait à revenir sur un certain nombre d’engagements pris devant les Européens dans l’accord d’octobre dernier. Parmi les engagements il y a la facture.

Sur le calendrier, au-delà de l’avertissement, Boris Johnson est peu ou prou d’accord avec Bruxelles. «L’UE a été très claire au sujet du calendrier. Moi aussi. Il doit y avoir un accord avec nos amis européens d’ici au Conseil européen le 15 octobre pour qu’il entre en vigueur d’ici à la fin de l’année», a dit le premier ministre britannique. De fait, le négociateur européen Michel Barnier a récemment rappelé la nécessité d’un accord à cette date pour permettre une ratification européenne avant le 31 décembre. Il convient cependant de très prudent quant à l’évolution de la négociation tellement Boris Johnson est versatile. Il a changé plusieurs fois de position sur le brexit. On ne peut écarter l’hypothèse d’un accord de dernière minute permettant de sauver la face politiquement. L’essentiel étend d’affirmer que le Royaume-Uni a gagné.

Économie et Coronavirus : « Ce que nous ne savons tout simplement pas ! »

Économie et Coronavirus : « Ce que nous  ne savons tout simplement pas ! »

Dans une tribune au « Monde », Annie Cot, historienne de la pensée économique rappelle que la prétention à prévoir ce que sera notre avenir collectif fait, depuis trois siècles, l’objet de débats épistémologiques.

Tribune.

 

 La pandémie bouscule les économistes. Sauront-ils nous aider à appréhender l’incertitude de notre avenir collectif ? La question plonge ses racines dans des débats anciens sur la possibilité même de penser un futur incertain.

Le hasard, le risque et l’aléa deviennent des objets de la pensée économique européenne à partir du XVIIe siècle. Les calculs mathématiques de probabilités proposés par Blaise Pascal (1623-1662) et Pierre de Fermat (1601-1665) sont rapidement appliqués à des questions très concrètes : prévisions démographiques, jeux de hasard, taux des rentes viagères…

Mais ce recours aux probabilités suscite des interrogations philosophiques. En 1739, le philosophe et économiste écossais David Hume (1711-1776) défend qu’il est logiquement impossible de passer d’une accumulation de séries statistiques – photographie du passé – à l’énoncé d’une loi universelle propre à prédire le futur. Ce « problème de l’induction » concerne directement les calculs de probabilités : toute prédiction de l’avenir inférée d’une répétition d’événements passés relèverait d’une pensée coutumière et paresseuse – d’un « pari imprudent » –, et non d’une démarche logique rigoureuse.

A quelques exceptions près – Richard Cantillon (1680-1734), Jean-Baptiste Say (1767-1832), qui font du risque le ressort du profit de l’entrepreneur –, les économistes du XVIIIe siècle ne se saisissent pas de la question du risque. Depuis ses origines, la théorie économique définit son horizon épistémologique à partir de la physique, non des mathématiques ou de la philosophie. C’est donc la mécanique du XIXe siècle qui conduit les économistes à fonder leurs modèles sur une conception déterministe et causale de l’équilibre, qui ne prend en compte ni les anticipations ni le risque.

Le début du XXe siècle modifie cette perspective : les théories de la relativité et des quanta suscitent l’intérêt des économistes pour l’incertitude et la prévision d’un avenir risqué. Il y a exactement un siècle, en 1921, l’économiste américain Frank Knight (1885-1972) pose les fondements analytiques des théories économiques contemporaines de l’incertitude en opposant le risque, que l’on peut mesurer en termes de probabilités, à l’incertitude radicale, qui se caractérise par l’impossibilité de la prévoir ou de la mesurer.

 

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