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La nature de criminalités boursières

La  nature  de criminalités boursières  

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Trois principales infractions boursières ont été décelées par l’autorité des marchés boursiers (AMF) le délit d’initié, la manipulation de cours et la diffusion de fausse information d’après  Jean-Jacques Quisquater, Université de Louvain, et Charles Cuvelliez, Université de Bruxelles.( Dans la Tribune)

 

 

  »On pourrait dire, à lire une étude de l’AMF, que le délit d’initié est de moins en moins réservé aux initiés : lors d’un fusion-acquisition, toute une chaîne d’acteurs se met en place pour la réaliser. Chaque acteur, banque-conseil, cabinet d’avocats ou cabinet comptable, consultants, le régulateur, les diffuseurs d’informations financières, les agences de relations publiques et même des bureaux de traductions sont autant de portes d’entrée supplémentaire, pendant l’opération, pour un hacker qui peut se procurer des informations privilégiées sur la fusion/acquisition. Plusieurs cas concrets sont cités par l’étude où chaque fois un acteur différent a pu être pénétré avec succès. Le phishing reste la manière la plus simple et la plus efficace de pénétrer le maillon faible car il y en a souvent un dans cette longue chaîne. Les diffuseurs d’informations sont par exemple vulnérables puisque on peut y placer des annonces à l’avance avec une date d’embargo. L’AMF mentionne que des fuites de données antérieures, même des années avant, peuvent être exploitées plus tard pour du spearphising (phishing personnalisé) particulièrement efficace : le mail mentionne des informations si « historiques » qu’on a de la peine à croire qu’elles ne sont pas légitimes. Ce phishing peut aussi prendre la forme d’un mail venant d’un des acteurs impliqués dans l’opération de fusion-acquisition à un autre acteur dont on a toutes les raisons de croire qu’ils sont légitimes car qui d’autre est au courant, se dira-t-on. L’AMF met aussi en garde contre les nouveaux comportements numériques des entreprises, comme l’utilisation d’Office 365, l’usage du cloud ou l’utilisation d’objets connectés liés au laptop sur lequel on travaille. Sans familiarité avec ces nouveaux usages, des comportements dangereux, involontaires et exploitables se développeront.

Les manipulations de cours ont, elles, lieu par la prise de contrôle de comptes de traders de particuliers, même en petit nombre, pour donner des tendances au marché via un comportement coordonné de ces comptes piratés, comprend-t-on, sur des actions peu liquides ou des penny stocks dont les cours peuvent varier rapidement avec quelques dizaines d’acheteurs. C’est la technique du pump & dump. En Asie, les autorités ont même peur des activités de trading qui vont se faire de plus en plus sur des interfaces non dédiées comme les messageries instantanées ou les réseaux sociaux. L’AMF met en avant le problème de la sécurisation, plus vaste qu’imaginé, des applications de comptes de trading des acteurs non bancaires. Ce sont surtout les applications de trading mobile qui sont peu sécurisées (certaines données envoyées au serveur ne sont même pas chiffrées a repéré une étude).

 

Enfin, il y a aussi le risque futur de manipulation des cours via un piratage des algorithmes de trading qui occupent déjà 50 % à 80 % des échanges quotidiens sur certaines classes d’actifs. Il y a aussi le risque de manipulations d’algorithmes d’intelligence artificielle via des données volontairement erronées et orientées au profit de certains.

 

La diffusion de fausses informations est sans doute l’attaque le plus facile à mettre en œuvre : elle nécessite peu de moyens et est facilement anonyme (utilisation d’un wifi public, du réseau TOR…) et ce d’autant plus que l’enregistrement de noms de domaine et l’hébergement de sites inernet qui servent à diffuser l’information ne brillent pas, rappelle l’AMF, par leurs précautions quant à celui qui les ouvre (sans compter la durée de conservation de ces informations qui est faible). Quand il y a une enquête, elle aboutit le plus souvent en regardant plutôt les transactions boursières que laissent les criminels qui ont diffusé les fausses informations et qui veulent en tirer bénéfice (quid alors quand ce sont des activistes qui ont lancé les rumeurs, sans appât du gain). Les enquêtes sont internationales par nature, ce qui les complique puisque, selon le pays, les pouvoirs d’investigation des autorités ou des régulateurs sont différents. Seuls les coupe-circuit des Bourses permettent de limiter les mouvements trop importants en capitalisation boursière qui en résultent.

 

Pour l’AMF, la chaîne de diffusion des informations financières doit être sérieusement revue et contrôlée (au sens, comprend-t-on, de l’assurance-qualité) : il y a tellement d’intervenants qu’on n’en arrive à ne plus savoir qui est habilité à diffuser une information correcte et quand. Il faudrait clarifier le canal officiel de diffusion de l’information financière et renforcer la sensibilisation des agences de presse pour éviter le piratage en amont (réception d’un faux communiqué de presse considéré à tort comme vrai) ou en aval (diffusion d’un faux communiqué injecté dans les systèmes d’information même de l’agence de presse). De ce point de vue, Twitter tient le pompon. L’AMF relève à juste titre combien les gens sur des réseaux comme Twitter ont tendance à plus vite relayer du faux sensationnaliste que du vrai. Il y a, en plus, dit l’AMF, des algorithmes spécifiques qui collectent le contenu circulant sur les médias sociaux pour pouvoir réagir très vite en cas d’information cruciale. Ces algorithmes de lecture automatisée sont sensibles aux fausses informations plus que les humains, le filtrage par ces derniers reste essentiel.

L’AMF remarque enfin qu’il existe, au-delà de la diffusion de fausses informations directement liées à une société pour en influencer le cours de Bourse, quantité d’autres voies pour arriver à ces mêmes fins. Et de citer tous les indicateurs qui influencent la Bourse comme les indices de matières premières, la confiance des ménages MCSI (calculé par l’université de Michigan puis transmis à Thomson Reuters), les conditions météorologiques… Enfin, les deepfakes représentent le défi le plus aigu : comment distinguer un deepfake du président de la FED qui fait une annonce sur les taux.

 

L’AMF se penche aussi sur les coûts de la cybercriminalité boursière. Le FMI, explique-t-elle, estime que 90 % des coûts d’une cyberattaque sont de nature indirecte dont 75 % liés au départ de clients suite à la perte de réputation. La perte d’information stratégique et la reconstruction d’un nouveau système de production sont les deux autres composantes principales des coûts indirects. Les coûts directs, comme ceux liés à l’investigation forensique, à l’aide juridique, à la remédiation et l’amélioration des systèmes touchés, à l’assistance aux clients, à la perte éventuelle de revenu court terme sont peut-être facilement quantifiables mais ils ne représentent pas la majeure proportion des coûts.

Autre facteur tangible : la chute du cours en Bourse des sociétés cotées. Elle oscille entre 1% et 5% dès la divulgation de l’attaque. Les sociétés qui annoncent elles-mêmes une cyberattaque subissent une chute de leur cours plus petite par rapport à une divulgation qui ne vient pas d’elle. Etre pris sur le fait n’est pas une bonne chose, la morale est presque sauve (vive le RGPD !). Enfin, il faut attendre 45 jours pour que le cours récupère son niveau initial.

 

Si on a très peu de recul en termes de données historiques, l’obligation de rapporter des attaques avec toute une série de réglementations qui arrive, sanctions financières à la clé, la souscription aux cyber-assurances va permettre d’avoir des données fiables dans les années à venir et mettre fin à l’à peu près dans les estimations de l’impact des cyberattaques.

Comme le mentionne l’AMF, une autre étude plus générale devra être réalisée dans le contexte des ICO et des cryptomonnaies. On pourrait aussi y ajouter le sujet du blanchiment d’argent qui n’a pas été examiné. »

Vœux Macron : sans émotion et de nature professorale d’après l’opposition

Vœux  Macron : sans émotion et de nature professorale d’après l’opposition

De manière aussi rituelle que les vœux eux-mêmes, la prestation du chef de l’État a été vivement saluée par son camp, inversement très critiquée par l’opposition. Un des plus dithyrambiques et sans doute aussi les plus contesté au gouvernement, à savoir Bruno Lemaire qui s’emballe :

“Je crois que la France porte en elle un projet inédit : ne plus subir, retrouver la maîtrise de notre vie” : intervention lucide et courageuse d’@EmmanuelMacron pour #2019. Maintenant, retroussons nous les manches pour rebâtir ensemble la #France. Tous les leaders de l’opposition ont condamné le fond comme la forme.

La porte-parole des Républicains, Laurence Sailliet, a regretté une intervention «sans émotion, sans conviction et si loin de la réalité des Français». «Un clip de campagne plus que la parole d’un homme d’État», a-t-elle déploré.  « Le président de la République a récité un texte sans émotion, sans conviction et si loin de la réalité des Français. Un clip de campagne plus que la parole d’un homme d’Etat. Le mot déconnexion est faible ce soir pour cette parole qui se devait d’être présidentielle. »

À gauche, le porte-parole du PS Boris Vallaud a ironisé: «Débattons tous ensemble de la ligne que j’ai décidée tout seul de ne pas changer». «Un président moralisateur qui va poursuivre ses réformes sans tenir compte des colères, des attentes de ceux qui aspirent tout simplement à vivre mieux», a critiqué le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel. Enfin, Nicolas Dupont-Aignan, a semblé atterré «E.Macron sera donc pire en 2019. Il n’a rien appris, rien compris à ce que les Français vivent et ont exprimé! Plus exalté que jamais, il accélère, klaxonne et fonce dans le mur!».

 

 » Non-assistance à nature en danger »

  »Non-assistance à nature en danger » 

Deux chercheurs du CNRS, Vincent Devictor et Laurent Godet dénoncent l’hypocrisie politique vis-à-vis de environnement et de la biodiversité. Dans une tribune sur France Info :

« Hécatombe, annihilation. C’est ainsi que les chercheurs qualifient la trajectoire de la diversité biologique. Non seulement des espèces disparaissent à jamais, mais les populations d’oiseaux, de poissons ou d’insectes s’effondrent. Aucun doute : notre mode de développement destructeur est responsable. La solution à la crise environnementale viendra-t-elle de la science ? La réponse est non. Nous avons étudié 12 971 publications scientifiques consacrées au sujet depuis 15 ans. Le constat est sans appel. Depuis près d’un siècle, nous connaissons les causes de la crise de la biodiversité : destructions d’habitat, surexploitation, introductions d’espèces invasives dans les îles et les milieux fermés, extinctions en chaînes, changement climatique. Nous ne pouvons plus nous cacher derrière l’ignorance ou la complexité de la situation. Faut-il toujours plus de compromis entre protection de la nature et développement économique ? La réponse est non. Le modèle du développement durable cache des incompatibilités fondamentales. Il faut être capable d’engager des mesures de protection fortes, qui n’ont pas pour objectif de faire, en même temps, une chose et son contraire. On ne peut protéger les habitats et favoriser l’urbanisation. On ne peut protéger des espèces et encourager leur chasse. Tout n’est pas toujours possible quand il est question d’écologie. Des espèces et des espaces imposent des contraintes à nos activités. Le retour spontané du loup est un bon exemple. Il signe la dynamique positive d’une espèce protégée mais que l’on s’empresse de détruire en autorisant les « prélèvements ». Penser que tout est compatible est infantilisant. Cela ignore plusieurs décennies de recherches scientifiques dans le domaine. Les dynamiques écologiques ne s’alignent pas sur les projets d’aménagements.  La recherche sur la crise de la biodiversité est-elle condamnée à apporter des mauvaises nouvelles ? La réponse est non. Des tendances très positives d’amélioration de la qualité de certains milieux ou d’effectifs de certaines espèces sont observées, dès lors que des mesures de bon sens sont appliquées : certains carnivores reviennent alors spontanément en Europe, la création d’aires protégées dans les milieux marins sur les poissons a des effets spectaculaires. La recherche est avide de bonnes nouvelles de ce type. Elle n’a pas vocation à être optimiste ou pessimiste. Elle est tout simplement réaliste. L’écologie est-elle seulement préoccupée par des pays lointains et les animaux dignes d’apparaître dans les albums photos ? La réponse est non. Tous les pays sont désormais scrutés de près par les chercheurs et font l’objet des mêmes constats alarmants sur la biodiversité, les causes de son déclin et les solutions à sa protection. Le diagnostic est clair. L’écologie n’est plus un luxe ou une opportunité, c’est une nécessité qui porte sur un état de fait. Les décisions politiques en matière d’écologie sont-elles suffisantes ? La réponse est non. Le modèle utilitariste d’exploitation de la nature est la cause de la crise de la biodiversité, pas la solution. Notre étude sur ce que la science propose dans le domaine montre ce que nous savons déjà : il y a une limite écologique fondamentale à la croissance effrénée. Les décisions politiques sont reportées, amendées, ou contrées par des lobbys qui ne représentent ni l’intérêt général ni des solutions concrètes à la crise de la biodiversité. Le modèle agricole dominant est devenu industriel, hors-sol. Il ne correspond plus à un savoir-faire mais à l’expression d’intérêts qui écrasent les alternatives écologiques, moins destructrices, moins polluantes et tout aussi efficaces. Il est devenu irresponsable de ne pas prendre la mesure des problèmes écologiques. C’est une non-assistance à nature en danger. «

La manipulation chez Hollande, une seconde nature (Mélenchon)

La manipulation chez Hollande, une seconde nature (Mélenchon)

 

« Un bilan consterné ». L’anniversaire des deux ans de l’élection de François Hollande amène Jean-Luc Mélenchon à un constat amer. Le coprésident du Parti de Gauche lui reproche l’ensemble de sa politique. « Je connaissais François Hollande idéologiquement, je savais qu’il était éloigné de l’idée de départ du socialisme », déplore Jean-Luc Mélenchon. Pis, le candidat à la présidentielle de 2012 considère que le Président « mène une politique économique de droite ». Il ajoute : « On pouvait penser qu’il était social-démocrate, il ne l’est pas ». Au rang des griefs viennent s’ajouter des critiques concernant l’ensemble de la méthode du chef de l’Etat. « Il dit des choses qui n’ont aucun rapport avec la réalité. Il y a toujours eu de la manipulation en lui, c’est une seconde nature ». Et Jean-Luc Mélenchon de rappeler le jour où François Hollande s’était fait passer pour un homme de droite, en 1983, et d’affirmer que le président de la République a écrit « un livre de Max Gallo » : « J’ai toujours connu cette duplicité ».

 




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