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Gouvernement et Assemblée nationale : Yaël Braun-Pivet réélue annonce la suite

Gouvernement et  Assemblée nationale : Yaël Braun-Pivet réélue annonce la suite 

Finalement la dissolution de l’Assemblée nationale n’aura pas servi à grand-chose. Le clan au pouvoir grâce à des alliances avec les « ex républicains » notamment conserve de justesse la présidence. D’une certaine manière il faut dire que la gauche qui pourtant a fait le plein de ses voix n’avait pas fait la démonstration ces jours derniers de sa capacité à gouverner et même à diriger l’Assemblée nationale.


Cette élection annonce en quelque sorte la suite à savoir le moment venu après le pourrissement de la gauche engluée dans ses contradictions et ses invectives, l’avenue d’un nouveau gouvernement reposant sur une majorité relative. Sans doute pas un gouvernement qui va recueillir l’enthousiasme mais qui va apparaître à beaucoup comme autrement plus pertinent qu’une gauche complètement folle qui a perdu sa propre boussole et surtout qui oublie l’état dramatique des finances du pays.

A l’issu du troisième tour de scrution, la présidente sortante Yaël Braun-Pivet a été réélue avec 220 voix, suivie du communiste André Chassaigne (207 voix), a annoncé le doyen de l’Assemblée national et président temporaire de cette séance, José Gonzalez, député Rassemblement national.

 

Au-delà de l’enjeu des postes stratégiques à l’Assemblée, c’est l’ensemble du paysage politique qui peine à se décanter, dix jours après les législatives anticipées. Le Nouveau Front populaire est arrivé en tête, mais sans majorité claire, et il s’est montré incapable jusqu’ici de proposer son candidat commun pour Matignon, sur fond de désaccord entre insoumis et socialistes.

 

Assemblée nationale : Yaël Braun-Pivet réélue annonce la suite

Assemblée nationale : Yaël Braun-Pivet réélue annonce la suite 

Finalement la dissolution de l’Assemblée nationale n’aura pas servi à grand-chose. Le clan au pouvoir grâce à des alliances avec les « ex républicains » notamment conserve de justesse la présidence. D’une certaine manière il faut dire que la gauche qui pourtant a fait le plein de ses voix n’avait pas fait la démonstration ces jours derniers de sa capacité à gouverner et même à diriger l’Assemblée nationale.


Cette élection annonce en quelque sorte la suite à savoir le moment venu après le pourrissement de la gauche engluée dans ses contradictions et ses invectives, l’avenue d’un nouveau gouvernement reposant sur une majorité relative. Sans doute pas un gouvernement qui va recueillir l’enthousiasme mais qui va apparaître à beaucoup comme autrement plus pertinent qu’une gauche complètement folle qui a perdu sa propre boussole et surtout qui oublie l’état dramatique des finances du pays.

A l’issu du troisième tour de scrution, la présidente sortante Yaël Braun-Pivet a été réélue avec 220 voix, suivie du communiste André Chassaigne (207 voix), a annoncé le doyen de l’Assemblée national et président temporaire de cette séance, José Gonzalez, député Rassemblement national.

 

Au-delà de l’enjeu des postes stratégiques à l’Assemblée, c’est l’ensemble du paysage politique qui peine à se décanter, dix jours après les législatives anticipées. Le Nouveau Front populaire est arrivé en tête, mais sans majorité claire, et il s’est montré incapable jusqu’ici de proposer son candidat commun pour Matignon, sur fond de désaccord entre insoumis et socialistes.

 

Assemblée nationale : changer de méthode

 

Assemblée nationale : changer de méthode

 

Le temps des grands partis machines, des programmes prométhéens et des débats parlementaires joués à l’avance est fini, constate le chercheur  Nicolas Roussellier dans une tribune au « Monde ». Pourquoi ne pas jouer désormais la carte parlementaire en instaurant des commissions spéciales, des conventions citoyennes, voire des référendums législatifs ?

 

Quelles que soient la lecture des législatives et la formule gouvernementale qui s’imposera, personne ne peut échapper à une réflexion de fond sur les transformations qui ont marqué le paysage politique de ces dernières années. L’exercice du pouvoir a été profondément bousculé.

Hier encore, y compris en période de cohabitation, le pouvoir exécutif se taillait la part du lion. Il dominait outrageusement le processus de décision publique entre conception des réformes en amont, fabrique de la loi et pilotage de l’action publique. Cette « force de gouverner » était un produit de la Constitution de 1958 mais reposait aussi sur un environnement politique exceptionnel : tous les pouvoirs semblaient marcher dans la même direction. De grands partis politiques fortement organisés dans le pays et l’Hémicycle assuraient un rôle de silo social, depuis les sections militantes jusqu’au congrès national.

Fort de cette unité gagée sur le social, les partis imposaient une unité et une discipline consentie à leur groupe parlementaire. Depuis le sociologue Max Weber (1864-1920), on a souvent comparé les partis à des entreprises : on peut dire que, dans cette période classique de la Ve République, le succès « entrepreneurial » des partis était à son comble. Les partis réussissaient à « vendre » auprès d’un électorat d’adhésion un programme clés en main, comme ce fut le cas pour les 110 propositions de 1981.

Un parti uni, un programme et un résultat clair aux élections, une majorité absolue dans l’Assemblée : tout était aligné pour permettre de gouverner, un peu comme dans un rêve. Les projets de réforme élaborés dans la sphère de l’exécutif passaient l’épreuve de l’arène parlementaire sans trop de dommages. Tant que les réformes rimaient avec l’idée de progrès social, elles avaient toutes les chances d’être accueillies sans heurt par l’opinion.

Les difficultés de l’économie, les mauvaises surprises de crises soudaines, les mouvements sociaux pouvaient, certes, venir perturber la force de l’exécutif mais, à chaque élection, les mêmes instruments du pouvoir étaient de nouveau validés par les électeurs : un nouveau président faisait ratifier « par le peuple » un programme d’alléchantes promesses, il pouvait s’appuyer sur une nouvelle majorité et il faisait voter une partie de ses réformes.

Pour un gouvernement d’union nationale

Pour un gouvernement d’union nationale

 

Au lendemain du deuxième tour des élections législatives les Français se posent la question des conséquences de ce scrutin qui dessinent un paysage politique totalement inédit. Si le premier tour du scrutin a marqué une indiscutable progression de l’extrême droite, le second a vu la renaissance d’un front républicain, hier encore donné pour moribond. En réalité, c’est ce front républicain qui l’a emporté. De même qu’Emmanuel Macron a été élu à la présidence de la République avec le soutien d’électeurs qui ne partageaient pas son programme, les députés du Nouveau Front Populaire tout comme ceux du bloc central l’ont également été avec le renfort décisif de Françaises et de Français ne partageant pas leurs options politiques.

 

par Par Franck Leroy, Président de la région Grand Est dans « La Tribune »

Dès lors, aucun camp, aucun bloc ne peut prétendre que les Français ont choisi son programme et encore moins prétendre à son application intégrale. Seuls les extrêmes ont intérêt à ces postures radicales.

« Nous appliquerons tout notre programme, sans compromis ni concessions » constitue une assertion mensongère inapplicable, sectaire et dangereuse. C’est tout le contraire qu’il faut faire pour répondre aux aspirations de nos compatriotes, désireux de responsabilité et d’unité nationale face à une situation inédite.

Pour répondre à l’aspiration des Français il faut d’abord entendre le message qu’ils ont émis en exprimant au premier tour leur mécontentement, voire leur colère. Négliger cette donnée serait ouvrir la porte de l’Élysée à l’extrême droite.

Les artisans de l’union républicaine réalisée dans les urnes doivent donc se parler, trouver des terrains de coopération et refuser le jeu des postures qui bloqueraient le fonctionnement du pays. Des majorités de projets sont-elles possibles ? À l’évidence, oui !

C’est ce que nous faisons tous les jours dans nos collectivités territoriales, nos communes, nos départements, nos régions. C’est bien méconnaître le fonctionnement de notre démocratie que de prétendre qu’il n’y a pas de proposition faisant consensus entre des députés sociaux-démocrates, centristes, et de la droite non-alignée sur le Rassemblement national.

Le spectacle affligeant des divisions politiciennes crée du rejet chez nos concitoyens. Il convient maintenant et de toute urgence de trouver les voies permettant à un gouvernement soutenu par une majorité de projets d’être en mesure de répondre aux urgences nationales et internationales.

Il est de la responsabilité de l’arc républicain de se rassembler au-delà des divergences et d’engager les réformes attendues. Se rassembler, ce n’est pas se renier. C’est agir pour la sauvegarde nationale. C’est faire acte de responsabilité. Cela passe par un dialogue républicain, à la recherche d’un accord de gouvernement.

En réalité, c’est ce que réclament nos concitoyens en imposant à l’extrême droite et à l’extrême gauche une minorité absolue à l’Assemblée nationale.

La France le réclame. 19 des 27 pays de l’Union européenne fonctionnent sur la base d’une coalition parlementaire, et ça marche ! En expérimentant un parlementarisme réactualisé, les forces politiques de l’arc républicain peuvent opérer ce changement culturel indispensable. Nier cette voie, c’est préférer les petits intérêts partisans à l’intérêt du pays. C’est nier les difficultés qui sont devant nous. C’est négliger les périls provoqués par les tensions internationales. C’est refuser d’entendre l’attente majoritaire des Françaises et des Français.

J’en appelle personnellement au respect de l’expression démocratique du Peuple Français. J’exhorte les dirigeants, de la droite et de la gauche de gouvernement et du centre, à ne pas détruire, au nom de leurs intérêts partisans, l’union réalisée dans les urnes par les Françaises et les Français.

Cette voie doit être explorée dans l’intérêt du pays.

Politique- Dissolution de l’Assemblée nationale : les enjeux

Politique- Dissolution de l’Assemblée nationale : les enjeux

 

« J’ai décidé de vous redonner le choix de notre avenir parlementaire par le vote », a annoncé le chef de l’État ce dimanche 9 juin, déclarant la dissolution de l’Assemblée nationale et convoquant des élections législatives anticipées les 30 juin et 7 juillet prochains. Cette déclaration fait suite au score historique réalisé par Jordan Bardella (Rassemblement national) lors des élections européennes, et celui, beaucoup plus faible, de la majorité présidentielle (portée par Valérie Hayer). Julien Robin, doctorant en sciences politiques, spécialiste de la vie parlementaire française, revient sur les enjeux de cette décision.( dans The Conversation)

Pourquoi l’enjeu du scrutin européen a-t-il un tel poids sur la vie parlementaire française ?

Le scrutin européen a longtemps été considéré comme de « second ordre » – une expression créée par les politologues Karlheinz Reif et Hermann Schmitt pour décrire les premières élections européennes en 1979 : c’est-à-dire des élections qui ne sont pas nationales, et pour lesquelles la participation est souvent plus basse qu’aux élections de « premier ordre ».

Or, depuis le scrutin européen de 2014, la participation électorale est en hausse, avec 42,43 %, soit +1,8 points de plus qu’en 2009. Cette tendance est confirmée par le scrutin de 2024, qui aura mobilisé plus d’électeurs qu’en 2019 (+2,5 points environ par rapport à la participation de 50,12 % en 2019), et où l’abstention est la plus basse depuis les élections européennes de 1994.

Ainsi, le scrutin européen semble avoir de plus en plus de poids dans la vie politique française, notamment avec la nationalisation du mode de scrutin depuis 2019 (étant donné qu’il n’y a plus qu’une circonscription électorale, les candidats sont mieux identifiés par les électeurs) et les enjeux mis en avant. En devenant un référendum anti-Macron, ces élections servent d’outil d’opposition contre le gouvernement actuel, et de tremplin électoral pour les forces politiques (notamment le RN, la LFI ou encore Renaissance).

Dans les derniers jours, cette nationalisation de l’élection s’est déroulée sur les plateaux de télévision (débat Bardella-Attal ; proposition de débat Le Pen-Macron), ce qui résonne avec l’élection présidentielle de 2022… voire donne un éventuel avant-goût de celle de 2027…

À quand remonte la dernière dissolution, et quel signal donne-t-elle à la vie politique et parlementaire française ?

La dernière dissolution remonte à 1997 et elle a été décidée par le président Jacques Chirac. Sa volonté était de redonner un souffle à la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale, qui avait été affaiblie par la mobilisation contre la réforme des retraites de 1995 et les projets de réduction de déficit en 1997. À l’époque, la majorité à l’Assemblée n’était pas strictement celle du président Chirac. Elle était issue des élections de 1993, soit deux ans avant qu’il soit élu chef de l’État. En tentant une remobilisation par les urnes, la décision prise par Jacques Chirac aboutira in fine à l’avènement de la gauche plurielle, avec un gouvernement dirigé par Lionel Jospin.

Aujourd’hui, le président de la République met en avant une exigence de « clarté dans les débats » pour expliquer sa décision de dissoudre et de renvoyer les électeurs aux urnes dans les prochaines semaines. Politiquement, le contexte était épineux pour lui, avec un gouvernement minoritaire à l’Assemblée nationale (malgré les facilités institutionnelles offertes par la Constitution, comme le recours à l’article 49 al. 3 notamment pendant la réforme des retraites), où des rumeurs de motions de censure se faisaient de plus en plus pressantes ; sans compter l’explosion du nombre de groupes à l’Assemblée nationale, qui sont au nombre de dix, ce qui est exceptionnel et rend difficile l’obtention de majorités stables pour le vote de certains textes de loi. À cela s’ajoute le résultat de ces élections européennes, scrutin souvent annoncé comme celui de « mi-mandat ».

Ainsi, la dissolution peut être vue comme une décision assez typique de l’ADN marconien qui aime le disruptif, et comme un acte politique fort, qui redonne la voix aux électeurs, en particulier pour des élections législatives, puisque l’Assemblée nationale constitue la représentation nationale, c’est-à-dire l’assemblée légitime à adopter les lois selon les orientations politiques de citoyens.

Quels sont les principaux enjeux pour l’Assemblée nationale, et pour les formations qui la composent, compte tenu des résultats du scrutin européen ?

Les principaux enjeux pour l’Assemblée nationale vont être de voir si la fragmentation politique obtenue en juin 2022, avec ses dix groupes parlementaires, ce qui était inédit pour la Ve République, va se maintenir en juin 2024. En effet, celle-ci a des effets concrets sur l’organisation du travail à l’Assemblée.

Pour les formations politiques, il y a plusieurs enjeux :

  • à gauche : ces élections vont déterminer le nouveau rapport de force entre les diverses parties prenantes de la Nupes, où la gauche sociale-démocrate est ragaillardie par la troisième position de la lister PS-PP aux européennes ; la débâcle des écologistes et surtout le nouveau poids de la LFI. A peine les résultats annoncés, certaines figures à gauche en appellent à des discussions pour une liste commune, comme l’a fait Marie Toussaint.
  • pour le RN : alors que dans un sondage secret commandité par les Républicains en décembre 2023, le RN était annoncé majoritaire en cas d’élections législatives anticipées, le vrai enjeu est de savoir si le RN va parvenir à accéder au pouvoir en obtenant une vraie majorité à l’Assemblée nationale, nécessaire pour obtenir la confiance du gouvernement.

Le résultat exceptionnel du RN aux élections européennes (16 points d’avance sur la majorité actuelle) est un vrai tremplin pour ces élections anticipées.

  • pour Renaissance : alors que se posait la question de l’après-Macron dès sa réélection en 2022, Renaissance va devoir s’interroger sur son positionnement politique et surtout sur l’éventualité de mener des ententes électorales avec Les Républicains au niveau local. Cela pourrait se laisser présager, puisque Stéphane Séjourné, en qualité de SG de Renaissance a annoncé ce soir à l’AFP que la majorité « ne présentera pas de candidat » contre des députés sortants « faisant partie du champ républicain ».

Le sujet est qu’en 7 ans, le parti présidentiel est passé de la plus large majorité à l’Assemblée nationale sous la Vᵉ République en 2017, à une majorité relative en 2022, puis à un possible passage dans l’opposition.

Par ailleurs, l’enjeu pour les Républicains est de voir si le parti demeurera encore une réelle force politique nationale, en sachant qu’il vient d’effectuer son pire score dans une élection européenne, et surtout quelle sera la position adoptée en cas de succès du RN aux prochaines législatives.

La décision de dissoudre l’Assemblée nationale prise par le Président peut-elle être vue comme un aveu de faiblesse ? Quelle pourrait être la stratégie du parti présidentiel ?

C’est à la fois un aveu de faiblesse et l’anticipation d’une probable censure du gouvernement annoncée depuis des mois par certains groupes à l’Assemblée. C’est également le signe que le président Macron aura connu toutes les situations inédites sous la Ve République : la plus forte majorité puis un gouvernement minoritaire et maintenant une dissolution.

Bien que l’élection européenne de 2024 aura marqué un certain retour du clivage gauche-droite ainsi qu’un réel clivage pro- ou anti-UE, c’est forcément la force du RN qui va déterminer le positionnement de la majorité.

Il est possible que la partie la plus à droite de la majorité (comme Horizons) pèse dans les tractations internes, pour séduire des députés LR sortants, et assumer un virage plus libéral et conservateur. Cette stratégie pourrait s’envisager, notamment en raison d’un certain désaveu des électeurs de gauche Macron-compatibles, qui ont observé un certain réalignement vers la droite du marconisme, à travers la réforme des retraites, la loi sur l’immigration ou encore la réforme de l’assurance-chômage.

Une cohabitation avec le RN est-elle envisageable ? Peut-on imaginer un changement radical pour le système partisan français ?

Une cohabition avec le RN est envisageable, mais il va falloir voir concrètement au lendemain de ces élections législatives anticipées. Le système partisan français était en cours de quadripolarisation selon les politologues Bruno Jérome, Philippe Mongrain et Richard Nadeau. Les 4 blocs sont : la gauche et la droite traditionnelles, ainsi que le centrisme macronien et le RN. Désormais, ces élections vont régler les tensions internes à chaque bloc :

Pour le RN : faut-il se « normaliser » quitte à perdre des voix au profit de Reconquête ?

Pour la droite : avec qui faire une coalition (ou du moins s’entendre) pour tenter une survie politique, mais aussi influencer l’orientation des majorités à l’Assemblée ?

Pour le centre macroniste : comment se réinventer dans un second mandat qui sonne comme une fin de règne ?

Pour la gauche (globalement) : quelle ligne va dominer ? une ligne sociale-démocrate ? radicale ? une troisième voie avec l’émergence de Francois Ruffin ?

Paradoxalement, jamais les élections européennes n’auront autant affecté la vie politique française.

Dissolution de l’Assemblée nationale : les enjeux

Dissolution de l’Assemblée nationale : les enjeux

 

« J’ai décidé de vous redonner le choix de notre avenir parlementaire par le vote », a annoncé le chef de l’État ce dimanche 9 juin, déclarant la dissolution de l’Assemblée nationale et convoquant des élections législatives anticipées les 30 juin et 7 juillet prochains. Cette déclaration fait suite au score historique réalisé par Jordan Bardella (Rassemblement national) lors des élections européennes, et celui, beaucoup plus faible, de la majorité présidentielle (portée par Valérie Hayer). Julien Robin, doctorant en sciences politiques, spécialiste de la vie parlementaire française, revient sur les enjeux de cette décision.( dans The Conversation)

Pourquoi l’enjeu du scrutin européen a-t-il un tel poids sur la vie parlementaire française ?

Le scrutin européen a longtemps été considéré comme de « second ordre » – une expression créée par les politologues Karlheinz Reif et Hermann Schmitt pour décrire les premières élections européennes en 1979 : c’est-à-dire des élections qui ne sont pas nationales, et pour lesquelles la participation est souvent plus basse qu’aux élections de « premier ordre ».

Or, depuis le scrutin européen de 2014, la participation électorale est en hausse, avec 42,43 %, soit +1,8 points de plus qu’en 2009. Cette tendance est confirmée par le scrutin de 2024, qui aura mobilisé plus d’électeurs qu’en 2019 (+2,5 points environ par rapport à la participation de 50,12 % en 2019), et où l’abstention est la plus basse depuis les élections européennes de 1994.

Ainsi, le scrutin européen semble avoir de plus en plus de poids dans la vie politique française, notamment avec la nationalisation du mode de scrutin depuis 2019 (étant donné qu’il n’y a plus qu’une circonscription électorale, les candidats sont mieux identifiés par les électeurs) et les enjeux mis en avant. En devenant un référendum anti-Macron, ces élections servent d’outil d’opposition contre le gouvernement actuel, et de tremplin électoral pour les forces politiques (notamment le RN, la LFI ou encore Renaissance).

Dans les derniers jours, cette nationalisation de l’élection s’est déroulée sur les plateaux de télévision (débat Bardella-Attal ; proposition de débat Le Pen-Macron), ce qui résonne avec l’élection présidentielle de 2022… voire donne un éventuel avant-goût de celle de 2027…

À quand remonte la dernière dissolution, et quel signal donne-t-elle à la vie politique et parlementaire française ?

La dernière dissolution remonte à 1997 et elle a été décidée par le président Jacques Chirac. Sa volonté était de redonner un souffle à la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale, qui avait été affaiblie par la mobilisation contre la réforme des retraites de 1995 et les projets de réduction de déficit en 1997. À l’époque, la majorité à l’Assemblée n’était pas strictement celle du président Chirac. Elle était issue des élections de 1993, soit deux ans avant qu’il soit élu chef de l’État. En tentant une remobilisation par les urnes, la décision prise par Jacques Chirac aboutira in fine à l’avènement de la gauche plurielle, avec un gouvernement dirigé par Lionel Jospin.

Aujourd’hui, le président de la République met en avant une exigence de « clarté dans les débats » pour expliquer sa décision de dissoudre et de renvoyer les électeurs aux urnes dans les prochaines semaines. Politiquement, le contexte était épineux pour lui, avec un gouvernement minoritaire à l’Assemblée nationale (malgré les facilités institutionnelles offertes par la Constitution, comme le recours à l’article 49 al. 3 notamment pendant la réforme des retraites), où des rumeurs de motions de censure se faisaient de plus en plus pressantes ; sans compter l’explosion du nombre de groupes à l’Assemblée nationale, qui sont au nombre de dix, ce qui est exceptionnel et rend difficile l’obtention de majorités stables pour le vote de certains textes de loi. À cela s’ajoute le résultat de ces élections européennes, scrutin souvent annoncé comme celui de « mi-mandat ».

Ainsi, la dissolution peut être vue comme une décision assez typique de l’ADN marconien qui aime le disruptif, et comme un acte politique fort, qui redonne la voix aux électeurs, en particulier pour des élections législatives, puisque l’Assemblée nationale constitue la représentation nationale, c’est-à-dire l’assemblée légitime à adopter les lois selon les orientations politiques de citoyens.

Quels sont les principaux enjeux pour l’Assemblée nationale, et pour les formations qui la composent, compte tenu des résultats du scrutin européen ?

Les principaux enjeux pour l’Assemblée nationale vont être de voir si la fragmentation politique obtenue en juin 2022, avec ses dix groupes parlementaires, ce qui était inédit pour la Ve République, va se maintenir en juin 2024. En effet, celle-ci a des effets concrets sur l’organisation du travail à l’Assemblée.

Pour les formations politiques, il y a plusieurs enjeux :

  • à gauche : ces élections vont déterminer le nouveau rapport de force entre les diverses parties prenantes de la Nupes, où la gauche sociale-démocrate est ragaillardie par la troisième position de la lister PS-PP aux européennes ; la débâcle des écologistes et surtout le nouveau poids de la LFI. A peine les résultats annoncés, certaines figures à gauche en appellent à des discussions pour une liste commune, comme l’a fait Marie Toussaint.
  • pour le RN : alors que dans un sondage secret commandité par les Républicains en décembre 2023, le RN était annoncé majoritaire en cas d’élections législatives anticipées, le vrai enjeu est de savoir si le RN va parvenir à accéder au pouvoir en obtenant une vraie majorité à l’Assemblée nationale, nécessaire pour obtenir la confiance du gouvernement.

Le résultat exceptionnel du RN aux élections européennes (16 points d’avance sur la majorité actuelle) est un vrai tremplin pour ces élections anticipées.

  • pour Renaissance : alors que se posait la question de l’après-Macron dès sa réélection en 2022, Renaissance va devoir s’interroger sur son positionnement politique et surtout sur l’éventualité de mener des ententes électorales avec Les Républicains au niveau local. Cela pourrait se laisser présager, puisque Stéphane Séjourné, en qualité de SG de Renaissance a annoncé ce soir à l’AFP que la majorité « ne présentera pas de candidat » contre des députés sortants « faisant partie du champ républicain ».

Le sujet est qu’en 7 ans, le parti présidentiel est passé de la plus large majorité à l’Assemblée nationale sous la Vᵉ République en 2017, à une majorité relative en 2022, puis à un possible passage dans l’opposition.

Par ailleurs, l’enjeu pour les Républicains est de voir si le parti demeurera encore une réelle force politique nationale, en sachant qu’il vient d’effectuer son pire score dans une élection européenne, et surtout quelle sera la position adoptée en cas de succès du RN aux prochaines législatives.

La décision de dissoudre l’Assemblée nationale prise par le Président peut-elle être vue comme un aveu de faiblesse ? Quelle pourrait être la stratégie du parti présidentiel ?

C’est à la fois un aveu de faiblesse et l’anticipation d’une probable censure du gouvernement annoncée depuis des mois par certains groupes à l’Assemblée. C’est également le signe que le président Macron aura connu toutes les situations inédites sous la Ve République : la plus forte majorité puis un gouvernement minoritaire et maintenant une dissolution.

Bien que l’élection européenne de 2024 aura marqué un certain retour du clivage gauche-droite ainsi qu’un réel clivage pro- ou anti-UE, c’est forcément la force du RN qui va déterminer le positionnement de la majorité.

Il est possible que la partie la plus à droite de la majorité (comme Horizons) pèse dans les tractations internes, pour séduire des députés LR sortants, et assumer un virage plus libéral et conservateur. Cette stratégie pourrait s’envisager, notamment en raison d’un certain désaveu des électeurs de gauche Macron-compatibles, qui ont observé un certain réalignement vers la droite du marconisme, à travers la réforme des retraites, la loi sur l’immigration ou encore la réforme de l’assurance-chômage.

Une cohabitation avec le RN est-elle envisageable ? Peut-on imaginer un changement radical pour le système partisan français ?

Une cohabition avec le RN est envisageable, mais il va falloir voir concrètement au lendemain de ces élections législatives anticipées. Le système partisan français était en cours de quadripolarisation selon les politologues Bruno Jérome, Philippe Mongrain et Richard Nadeau. Les 4 blocs sont : la gauche et la droite traditionnelles, ainsi que le centrisme macronien et le RN. Désormais, ces élections vont régler les tensions internes à chaque bloc :

Pour le RN : faut-il se « normaliser » quitte à perdre des voix au profit de Reconquête ?

Pour la droite : avec qui faire une coalition (ou du moins s’entendre) pour tenter une survie politique, mais aussi influencer l’orientation des majorités à l’Assemblée ?

Pour le centre macroniste : comment se réinventer dans un second mandat qui sonne comme une fin de règne ?

Pour la gauche (globalement) : quelle ligne va dominer ? une ligne sociale-démocrate ? radicale ? une troisième voie avec l’émergence de Francois Ruffin ?

Paradoxalement, jamais les élections européennes n’auront autant affecté la vie politique française.

Politique- Zelinsky à l’Assemblée nationale : la moitié des députés absents

Politique- Zelinsky à l’Assemblée nationale : la moitié des députés absents

 

Le président Ukrainien a été reçu à l’Assemblée nationale. Il en a profité pour remercier la France pour son soutien. Malheureusement à peu près la moitié des députés étaient absents. Évidemment pour ne pas trop se mouiller vis-à-vis des électeurs dans ce conflit entre la Russie et l’Ukraine. Pas vraiment une attitude très responsable et très digne.

Le chef d’Etat ukrainien, en visite à Paris, s’est exprimé devant les députés et politiques français pendant 23 minutes. Il a estimé que l’Europe n’était « plus un continent de paix », qualifiant le président russe Vladimir Poutine « d’ennemi commun » de son pays et de l’Europe. « Cette bataille est à la croisée des chemins, c’est le moment où nous pouvons tous ensemble écrire l’histoire », a ajouté le président ukrainien.
Volodymyr Zelensky a également évoqué le sommet de paix pour l’Ukraine organisé en Suisse mi-juin. Un événément qui pourrait rapprocher Kiev de « la fin de la guerre ». Cette conférence internationale rassemblera plus d’une centaine de pays et d’organisations, mais pas la Russie.

« Nous n’avons pas le droit de perdre », a déclaré Volodymyr Zelensky, ajoutant : « Pouvons-nous gagner cette bataille ? Certainement ! Nous pouvons. L’Ukraine et donc l’Europe, et donc la France. »

Malheureusement environ la moitié des députés choisis la politique de la chaise vide : une attitude assez lamentable

Dissolution de l’Assemblée nationale : 52 % des Français favorables

Dissolution de l’Assemblée nationale : 52 % des Français favorables

D’après La Tribune, à  la question de savoir quelle réponse politique apporter aux résultats, 52% des sondés répondent la dissolution de l’Assemblée nationale.

La mesure séduit tout particulièrement les extrêmes : 77% de ceux qui ont voté pour la liste RN y sont favorables, 73% de ceux qui ont voté pour Reconquête et 64% de ceux qui ont voté pour la liste France Insoumise. Mais leur souhait premier aurait plutôt été un changement significatif de politique, qu’ils sont 68% à plébisciter. Enfin, 44% auraient souhaité un changement de Premier ministre.

Les  élections législatives se tiendront les 30 juin et 7 juillet. 

Zelinsky à l’Assemblée nationale : la moitié des députés absents

Zelinsky à l’Assemblée nationale : la moitié des députés absents

 

Le président Ukrainien a été reçu à l’Assemblée nationale. Il en a profité pour remercier la France pour son soutien. Malheureusement à peu près la moitié des députés étaient absents. Évidemment pour ne pas trop se mouiller vis-à-vis des électeurs dans ce conflit entre la Russie et l’Ukraine. Pas vraiment une attitude très responsable et très digne.

Le chef d’Etat ukrainien, en visite à Paris, s’est exprimé devant les députés et politiques français pendant 23 minutes. Il a estimé que l’Europe n’était « plus un continent de paix », qualifiant le président russe Vladimir Poutine « d’ennemi commun » de son pays et de l’Europe. « Cette bataille est à la croisée des chemins, c’est le moment où nous pouvons tous ensemble écrire l’histoire », a ajouté le président ukrainien.
Volodymyr Zelensky a également évoqué le sommet de paix pour l’Ukraine organisé en Suisse mi-juin. Un événément qui pourrait rapprocher Kiev de « la fin de la guerre ». Cette conférence internationale rassemblera plus d’une centaine de pays et d’organisations, mais pas la Russie.

« Nous n’avons pas le droit de perdre », a déclaré Volodymyr Zelensky, ajoutant : « Pouvons-nous gagner cette bataille ? Certainement ! Nous pouvons. L’Ukraine et donc l’Europe, et donc la France. »

Malheureusement environ la moitié des députés choisis la politique de la chaise vide : une attitude assez lamentable

« L’Europe Puissance, condition de notre sécurité nationale »

« L’Europe Puissance, condition de notre sécurité nationale » 

Alors qu’Emmanuel Macron défend la notion « d’autonomie stratégique », les centristes plaident pour une « Europe puissance »Dans le maelström né de l’attaque terroriste menée par le Hamas sur le territoire israélien, le 7 octobre dernier et l’offensive balistique inédite et massive menée par l’Iran vis-à-vis d’Israël, dans la nuit du 13 au 14 avril, il nous faut retrouver la sagesse des pensées du général de Gaulle, qui en se rendant au Caire en avril 1941, « vers l’Orient compliqué, (…) volait avec des idées simples ».Cet enchevêtrement géopolitique levantin interroge en effet bien plus que l’inébranlable soutien à Israël. Le 7 octobre dernier, ce sont les juifs qui ont été attaqués comme est venu le confirmer l’attaque menée par les Gardiens de la Révolution iraniens (IRCG) en réponse à la frappe qui mis hors d’état de nuire le chef de l’IRCG, le général Reza Zahedi, le 1er avril dernier à Damas.

par Signataires :
- Hervé Morin, président Les Centristes, président de la région Normandie, ancien ministre de la Défense.

- Nathalie Colin-Oesterlé, députée européenne, porte-parole Les Centristes.
- Emmanuel Dupuy, secrétaire national Les Centristes en charge des questions de défense.

Car l’attaque massive ayant ciblé Israël fait émerger un nouvel ordre régional au Moyen-Orient. Mise en pointillé depuis la signature des Accords de Camp David de septembre 1978, de ceux de Wadi Araba en octobre 1994 et des Accords d’Abraham d’octobre-décembre 2020, la normalisation de jure et la coopération militaire de facto avec la Jordanie, l’Egypte et les Emirats Arabes Unis est apparue nettement plus clairement dans la nuit du samedi 13 à dimanche 14 avril dernier.

Dès lors, un « front » israélo-arabo-occidental a ainsi tenu fermement face à l’attaque iranienne, qui elle, ne recevait tout au mieux que les appels à la modération de ses alliés traditionnels et partenaires, parfois contraints, russes, chinois et turcs…

De ce point de vue, face à nos concurrents liés par l’adversité que leurs choix belliqueux leur imposent, il nous faut sans cesse rappeler la prégnance de nos unions – politiques et économiques – et alliances – militaires et politiques – alors que nous venons de fêter, le 25 mars dernier, le 66ème anniversaire du Traité de Rome en amont de celui de Washington créant l’Alliance Atlantique et l’OTAN le 4 avril 1949. Plus globalement, c’est en effet en Européens responsables, quoique conscients de notre relative pusillanimité et désireux de se sortir du défaitisme « munichois » mortifère, que nous devons envisager un voisinage fragilisé d’est en sud avec des crises protéiformes, mettant désormais en doute la capacité européenne d’anticiper pour prévenir autant qu’agir pour résoudre des crises qui interrogent l’universalité des valeurs qui fondent le projet communautaire lui-même.

Il nous faut, désormais, appréhender posément la réalité stratégique telle qu’elle s’impose à l’Union européenne face à des crises aux racines multiples et diverses mais aux conséquences convergentes qui engagent, dans un même élan, les habitants des rives de la mer Méditerranée, de la mer Noire et les citoyens européens.

Car c’est bien, dans cette configuration particulièrement crisogène, la même espérance humaniste, normative et régulatrice européenne qui est prise au piège et mise au défi. Pourtant, depuis son élection en 2017, le président de la République se plait à se réapproprier, la plupart du temps, des idées qui ne sont pas les siennes pour y faire face.

A la vague notion de « l’autonomie stratégique » dont Emmanuel Macron se gargarise, nous lui préférons l’affirmation d’une « Europe puissance » que les centristes ont toujours porté au firmament de leur attachement au projet européen et ce depuis le premier scrutin européen au suffrage universel en 1979 avec Simone Veil.

De cette « Europe puissance » dépend notre crédibilité comme facilitateur de paix entre belligérants, tant à l’est du continent européen qu’au Levant aujourd’hui, comme demain en Indo-Pacifique. Une nécessaire clarification s’impose donc concernant une politique étrangère et de sécurité qui, pour être véritablement commune, impose une convergence des politiques étrangères et de défense des 27 membres qui la composent. La montée en puissance capacitaire et financière de la défense européenne, tout comme l’investissement dans les technologies de ruptures et les énergies du futur, ne devraient servir que cet objectif.

Ainsi, pour éviter que le chaos actuel aux frontières terrestres et maritimes de l’Union européenne ne se transforme en champs de mine destructeur pour la cohésion communautaire et afin que ce chaos puisse se révéler davantage constructeur d’un nouvel ordre régional et international, il nous faut réaffirmer ce qui a fait l’unicité et la force du projet européen telle que la devise de l’UE l’affirme avec force depuis 2004 : l’unité dans la diversité…

Pensons donc In varietate concordia. Face à ceux qui font du 9 juin un réquisitoire contre l’Europe, comme face à ceux qui prétendent la défendre sans lui donner les moyens de sa puissance, opposons une politique étrangère commune, cohérente, et pragmatique. C’est en elle que réside la condition de notre sécurité nationale.

Signataires :
- Hervé Morin, président Les Centristes, président de la région Normandie, ancien ministre de la Défense.

- Nathalie Colin-Oesterlé, députée européenne, porte-parole Les Centristes.
- Emmanuel Dupuy, secrétaire national Les Centristes en charge des questions de défense.

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Agriculture : des prix plancher votés par surprise à l’assemblée nationale mais inapplicables

Economie-

Agriculture : des prix plancher votés par surprise à l’assemblée nationale mais inapplicables

Les écolos on réussit à faire voter par l’Assemblée nationale- très clairsemée,  le principe de prix plancher. D’ores et déjà on peut prévoir que cette disposition ne pourra pas être appliquée puisque ces prix plancher seraient arrêtés par des conférences publiques ! On confond ainsi les concepts de coûts et de prix. Ou le retour de la régulation administrative des prix dans des marchés internationaux.

 

La proposition de loi qui doit être examiné par le Sénat avant de revenir à l’assemblée relève davantage d’un affichage politique que d’une proposition économique crédible.

Un texte d’une grande confusion qui mélange un peu tout y compris l’introduction de rémunérations. Un texte qui pourrait se retourner complètement contre l’agriculture avec par exemple des coopératives d’achat étrangères, une envolée des importations et des produits français plombés par une tarification théorique.

Dernière observation, la négociation ne serait être d’ordre public à moins d’administrer le secteur ou le retour du système socialiste.

Les pouvoirs publics doivent se concentrer sur les conditions de concurrence notamment en assurant le contrôle scientifique des coûts et en laissant la profession négocier librement les prix. Ce concept de conférence publique sur les prix apparaît surtout démagogique et illusoire.

Certes Macron avait curieusement évoqué l’idée de prix plancher en surprenant d’ailleurs toute sa majorité mais c’était au moment le plus chaud de la contestation des agriculteurs.

La proposition de loi de Marie Pochon a été approuvée par 89 voix contre 66. La gauche a voté pour, la majorité présidentielle contre, le RN s’est abstenu et Les Républicains n’étaient pas présents au moment du scrutin.

 Mais deux mois après le mouvement de colère des agriculteurs, le vote ce jeudi à l’Assemblée nationale a des airs de symboles. La proposition de loi prévoit un prix minimal d’achat fixé par « une conférence publique ». Sauf que cette « conférence publique » ne pourra être réunie « qu’à la demande d’une majorité de ses producteurs » dans une filière.

Seulement si une majorité de producteurs d’une filière s’accordent pour convoquer cette conférence, elle aura alors lieu chaque année, avant le 31 décembre, sous l’égide du médiateur des relations commerciales agricoles, nommé par le gouvernement.

Les prix ainsi déterminés permettront de rémunérer les agriculteurs à hauteur de deux fois le Smic, le prix minimum pouvant être revu tous les quatre mois. « La conférence publique de filière détermine un prix minimal d’achat des produits agricoles, qui ne peut être inférieur aux coûts de production », précise la proposition de loi.

« En cas de présomption de forte hausse ou forte baisse des coûts de production agricoles », une nouvelle conférence publique de filière est réunie pour déterminer un nouveau prix minimal d’achat. Enfin, si aucun accord n’est trouvé lors des négociations, un compte-rendu des discussions est remis au gouvernement qui pourra arrêter un prix minimal. Bref le retour au prix administré.

Au banc pour le gouvernement, la ministre déléguée auprès du ministre de l’Agriculture Agnès Pannier-Runacher a rejeté avec vigueur le dispositif proposé par Marie Pochon, le jugeant « inopérant » même si le gouvernement « partage pleinement (sa) préoccupation » quant au revenu des agriculteurs.

« La piste conduisant à des prix administrés doit être écartée » car ce n’est pas le gouvernement qui « peut déterminer le prix pour un secteur économique », a-t-elle dit.

Le Sénat doit maintenant se prononcer sur la proposition de loi, le texte suivant la navette parlementaire. Mais son adoption est loin d’être garantie. Fin février, le chef des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau dénonçait « une très mauvaise idée, promue notamment par LFI ».

« Il s’agira d’un revenu minimum universel agricole, idée socialiste! Le prix plancher deviendra un prix de marché dans Egalim. Dans la diversité des régions et des exploitations, les écarts vont s’agrandir. On marche sur la tête! » écrivait le sénateur de Vendée sur X.

 

Agriculture : des prix plancher votés par surprise à l’assemblée nationale mais inapplicables

Agriculture : des prix plancher votés par surprise à l’assemblée nationale mais inapplicables

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La proposition de loi qui doit être examiné par le Sénat avant de revenir à l’assemblée relève davantage d’un affichage politique que d’une proposition économique crédible.

Un texte d’une grande confusion qui mélange un peu tout y compris l’introduction de rémunérations. Un texte qui pourrait se retourner complètement contre l’agriculture avec par exemple des coopératives d’achat étrangères, une envolée des importations et des produits français plombés par une tarification théorique.

Dernière observation, la négociation ne serait être d’ordre public à moins d’administrer le secteur ou le retour du système socialiste.

Les pouvoirs publics doivent se concentrer sur les conditions de concurrence notamment en assurant le contrôle scientifique des coûts et en laissant la profession négocier librement les prix. Ce concept de conférence publique sur les prix apparaît surtout démagogique et illusoire.

Certes Macron avait curieusement évoqué l’idée de prix plancher en surprenant d’ailleurs toute sa majorité mais c’était au moment le plus chaud de la contestation des agriculteurs.

La proposition de loi de Marie Pochon a été approuvée par 89 voix contre 66. La gauche a voté pour, la majorité présidentielle contre, le RN s’est abstenu et Les Républicains n’étaient pas présents au moment du scrutin.

 Mais deux mois après le mouvement de colère des agriculteurs, le vote ce jeudi à l’Assemblée nationale a des airs de symboles. La proposition de loi prévoit un prix minimal d’achat fixé par « une conférence publique ». Sauf que cette « conférence publique » ne pourra être réunie « qu’à la demande d’une majorité de ses producteurs » dans une filière.

Seulement si une majorité de producteurs d’une filière s’accordent pour convoquer cette conférence, elle aura alors lieu chaque année, avant le 31 décembre, sous l’égide du médiateur des relations commerciales agricoles, nommé par le gouvernement.

Les prix ainsi déterminés permettront de rémunérer les agriculteurs à hauteur de deux fois le Smic, le prix minimum pouvant être revu tous les quatre mois. « La conférence publique de filière détermine un prix minimal d’achat des produits agricoles, qui ne peut être inférieur aux coûts de production », précise la proposition de loi.

« En cas de présomption de forte hausse ou forte baisse des coûts de production agricoles », une nouvelle conférence publique de filière est réunie pour déterminer un nouveau prix minimal d’achat. Enfin, si aucun accord n’est trouvé lors des négociations, un compte-rendu des discussions est remis au gouvernement qui pourra arrêter un prix minimal. Bref le retour au prix administré.

Au banc pour le gouvernement, la ministre déléguée auprès du ministre de l’Agriculture Agnès Pannier-Runacher a rejeté avec vigueur le dispositif proposé par Marie Pochon, le jugeant « inopérant » même si le gouvernement « partage pleinement (sa) préoccupation » quant au revenu des agriculteurs.

« La piste conduisant à des prix administrés doit être écartée » car ce n’est pas le gouvernement qui « peut déterminer le prix pour un secteur économique », a-t-elle dit.

 

Le Sénat doit maintenant se prononcer sur la proposition de loi, le texte suivant la navette parlementaire. Mais son adoption est loin d’être garantie. Fin février, le chef des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau dénonçait « une très mauvaise idée, promue notamment par LFI ».

« Il s’agira d’un revenu minimum universel agricole, idée socialiste! Le prix plancher deviendra un prix de marché dans Egalim. Dans la diversité des régions et des exploitations,les écarts vont s’agrandir. On marche sur la tête! » écrivait le sénateur de Vendée sur X.

 

Éducation nationale : une grève pas suivie

Éducation nationale : encore une grève  pas suivie

Encore une grève le 2 avril des syndicats de gauche dans l’éducation nationale. Une grève  pas davantage suivie que les précédentes et qui veut remettre en cause les réformes du collège notamment les groupes de niveaux. La preuve sans doute que certains enseignants se croient propriétaire des savoirs fondamentaux et sans doute qu’ils veulent ignorer l’état de délabrement du système éducatif par rapport à celui des autres pays étrangers. En outre, une grève marginale qui ne grandira pas le syndicalisme dans le secteur. Résultat seulement 6 % de grévistes !
«Nous ne trierons pas nos élèves!»: des syndicats d’enseignants ont appelé à la grève et à manifester le 2 avril pour demander l’abandon des mesures du «choc des savoirs», en particulier les groupes de niveau au collège, mais aussi pour les salaires et des moyens pour l’école publique. Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, avec le SNEP-FSU (éducation physique et sportive), SUD Éducation, la CGT éduc’action et la FNEC-FP FO souhaitent «amplifier la mobilisation», principalement contre les groupes de niveau prévus à partir de la rentrée au collège qui, selon eux, organisent le «tri des élèves», selon un communiqué commun. Des manifestations à Paris et dans plusieurs villes de France sont attendues.

 

Les chiffres de grévistes: sans commentaire

 

  • moyenne générale pondérée : 6,03%
  • moyenne enseignants pondérée : 7,10%
  • moyenne pondérée 1er degré : 4,73%
  • moyenne pondérée 2d degré : 9,26%

Participation estimée par type d’établissement :

  • Écoles : 4,73 %
  • Collèges :14,94 %
  • LEGT :2,19 %
  • LP :3,97 %

 

Éducation nationale : encore une grève qui se sera pas suivie

Éducation nationale : encore une grève qui se sera pas suivie

Encore une grève des syndicats de gauche dans l’éducation nationale. Une grève qui ne sera pas davantage suivie que les précédentes et qui veulent remettre en cause les réformes du collège notamment les groupes de niveaux. La preuve sans doute que certains enseignants se croient propriétaire des savoirs fondamentaux et sans doute qu’ils veulent ignorer l’état de délabrement du système éducatif par rapport à celui des autres pays étrangers. En outre, une grève marginale qui ne grandira pas le syndicalisme dans le secteur.
«Nous ne trierons pas nos élèves!»: des syndicats d’enseignants ont appelé à la grève et à manifester le 2 avril pour demander l’abandon des mesures du «choc des savoirs», en particulier les groupes de niveau au collège, mais aussi pour les salaires et des moyens pour l’école publique. Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, avec le SNEP-FSU (éducation physique et sportive), SUD Éducation, la CGT éduc’action et la FNEC-FP FO souhaitent «amplifier la mobilisation», principalement contre les groupes de niveau prévus à partir de la rentrée au collège qui, selon eux, organisent le «tri des élèves», selon un communiqué commun. Des manifestations à Paris et dans plusieurs villes de France sont attendues.

 

École et autorité -Une force mobile « nationale » de 20 personnes !

École et autorité -Une force mobile « nationale »  de 20 personnes !

La création d’une force scolaire mobile nationale par la ministre de l’éducation va générer sans doute beaucoup de perplexité. Comment en effet une vingtaine de personnes pouvant se déplacer sur l’ensemble du territoire pourrait résoudre en effet une crise générale d’autorité. Cette force mobile scolaire ressemble un peu aux CRS spécialisées pour lutter contre les violences. Il aurait  doute été plus efficace d’annoncer d’une part un renforcement de la formation des enseignants est un durcissement drastique des règles de discipline et des sanctions  pour l’école .

La ministre de l’Éducation Nicole Belloubet a annoncé ce vendredi 29 mars la création d’une «force mobile scolaire» nationale qui pourra être envoyée dans les établissements scolaires en cas de «difficultés» en termes de sécurité. «Je déploierai une force mobile scolaire qui sera nationale et qui pourra être projetée dans les établissements qui connaîtraient des difficultés», a indiqué la ministre.

«Cette force scolaire, qui permettra aux établissements qui sont en difficulté de prendre en charge pendant un temps assez long la difficulté, est destinée à rassurer les enseignants et les équipes éducatives», a-t-elle ajouté, lors d’un déplacement dans un lycée professionnel de Bordeaux dont les personnels ont récemment fait l’objet de «menaces».

 

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