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Centres commerciaux Loire-Atlantique: le passe n’est pas obligatoire !

Centres commerciaux Loire-Atlantique: le passe n’est  pas obligatoire !

 

Le pass unitaire n’est plus obligatoire dans les grands centres commerciaux de Loire-Atlantique. Cette décision va évidemment réjouir les acteurs du commerce concerné. Mais c’est d’une certaine manière une sorte de paradoxe. En effet, il n’est peut-être pas judicieux de lever des mesures actuellement dans les zones particulièrement touristiques. La preuve que les pouvoirs publics jouent un jeu d’équilibre dangereux entre problématiques économiques et problématiques sanitaires.

 

En effet noter que les régions à vocation touristique affichent en général un taux d’incidence très au-dessus de la moyenne du faite du brassage des populations locales et des vacanciers en provenance d’autres régions.

 

«En application de cette décision (du Conseil de défense) le passe sanitaire ne sera en conséquence plus demandé dans les 6 plus grands centres commerciaux du département», indiquent les services de l’Etat en Loire-Atlantique dans un communiqué.

La préfecture rappelle que «cette disposition ne remet pas en cause l’ensemble des mesures de prévention» et assure que «bien évidemment, si la situation sanitaire devait évoluer défavorablement, un arrêté prescrivant la mise en place du passe sanitaire sera de nouveau pris».

Économie : »la fracture territoriale n’est pas une fatalité »

Économie : »la  fracture territoriale n’est pas une fatalité »

 

Membre du Conseil exécutif du Medef national, présidente du Medef Limousin, Dorothée Ferreira est directrice générale d’Independance Royale, estime dans l’Opinion que la fracture territoriale n’est pas une fatalité.

Les petites villes se vident. Les grandes se remplissent. Où en est la France en termes d’équilibre des territoires ?

L’exode rural à partir du XIXe siècle avait vidé les campagnes. Le risque est désormais que le phénomène de métropolisation vide les petites villes et les villes moyennes. Aujourd’hui, le problème n’est plus uniquement le rapport entre Paris et le reste du territoire, mais l’écart croissant entre les grandes métropoles et le reste du pays. Nous sommes passés d’une hyperconcentration parisienne à une concentration sur quelques métropoles, dont Paris fait partie. Entre 2000 et 2020, la population française a augmenté de 12 %, tandis que celle des plus grandes métropoles, c’est-à-dire Lyon, Aix-Marseille, Toulouse, Bordeaux, Lille et Nice, s’est accrue de 17 %, selon le baromètre Arthur Lloyd sur l’attractivité des métropoles françaises. La population des grandes métropoles a ainsi augmenté deux fois plus vite que celle de la France. Désormais, les 15 aires urbaines de plus de 500 000 habitants concentrent 43 % de la population, 46 % des emplois et 55 % de la masse salariale. Cela s’accompagne de disparités économiques, d’inégalités. Le PIB par habitant est ainsi de 50 % plus élevé dans ces métropoles que dans le pays.

Il suffit de parcourir la France pour être frappé par des centres-villes qui se vident parfois. Quel est l’état des lieux ?

La désertification des centres-villes saute souvent aux yeux. Dans les villes de moins de 100 000 habitants, 12 % des commerces sont vacants. Bien sûr, le phénomène est complexe. L’étalement urbain, le fait que de plus en plus de Français habitent à quelques kilomètres du centre-ville est un facteur explicatif. Mais la corrélation avec le dynamisme économique est évidente. Et les territoires sont plus âgés que les métropoles. Je suis présidente du Medef Limousin, qui fait partie de la Nouvelle-Aquitaine, région la plus âgée de France. L’écart entre le Limousin (25 % de plus de 65 ans) et l’Ile-de-France (15 % de cette même classe d’âge) est très important. Deux des transitions majeures des décennies à venir se joueront dans les territoires, la transition écologique et la transition démographique, qui est le cœur d’activité du groupe que je dirige.

Le défi est de mettre en place des logiques de coopérations territoriales, des écosystèmes diversifiés pour que métropoles et territoires se renforcent mutuellement

La mondialisation explique-t-elle ce phénomène de métropolisation ?

Oui, et c’est le cas partout dans le monde. La mondialisation et ses corollaires, la désindustrialisation, le développement d’économies de services, la connexion des flux et des centres de décision, sont à l’origine de cette concentration dans les grandes métropoles. Aujourd’hui, 55 % de la population mondiale vit déjà dans des villes. En 2050, ce sera les deux tiers. Et la France est particulièrement concernée.

Quels sont les risques d’une France à deux vitesses ? Le mouvement des Gilets Jaunes est-il un signe avant-coureur de cette fracture territoriale et d’une explosion sociale ?

Nous sommes tous concernés par la fracture territoriale. Nous devons agir. L’avenir de notre pays passe par une armature territoriale forte, associant de grandes métropoles à un réseau de villes petites et moyennes dynamiques. Notre cohésion nationale est à ce prix. La fracture territoriale est le terreau du développement du populisme. La mondialisation a créé cette France à deux vitesses, mais le phénomène n’est pas inéluctable. Ce qui se joue dans la métropolisation n’est pas seulement économique. L’enjeu est aussi démocratique. La fracture territoriale est aussi une fracture culturelle. James Goodhart dans The road to somewhere, distinguait les anywhere, les gagnants de la mondialisation, qui vivent et travaillent où ils veulent et les somewhere, ceux qui restent attachés à un mode de vie et un territoire déterminé. Christophe Guilluy, dans La France périphérique avait prédit la crise des Gilets jaunes. Le Brexit, le vote contestataire, sont autant de signaux auxquels il faut être attentif.

Comment bâtir une France mieux équilibrée ?

Le défi est de mettre en place des logiques de coopérations territoriales, des écosystèmes diversifiés pour que métropoles et territoires se renforcent mutuellement. L’enjeu est de créer des synergies entre des identités locales fortes et des zones métropolitaines à fort effet d’entraînement. Une métropole est une force : la croissance de l’emploi autour des métropoles a été de 1,4 % entre 1999 et 2014 contre 0,8 % sur l’ensemble du territoire selon France Stratégie. En organisant des réseaux d’entreprises, en travaillant main dans la main, élus locaux et chefs d’entreprise, en bâtissant les infrastructures nécessaires, on peut faire mieux encore. Et tirer parti de nos métropoles pour irriguer plus profondément les territoires.

Des territoires se désertifient quand les emplois disparaissent. Est-ce une fatalité ?

Il faut gagner la bataille de l’emploi dans les territoires. Jusque dans les années 1990, la croissance du salariat a profité à toutes les villes, ce n’est plus le cas. Entre 2009 et 2019, 80 % des créations d’emplois sont intervenues sur 10 % de la surface de la France. Il s’est créé plus d’emplois à Bordeaux en dix ans que dans 76 % du territoire. Pierre Veltz a bien montré dans son récent ouvrage La France des territoires, défis et promesses qu’il n’y a pas de fatalité. Si des entrepreneurs, des politiques, des citoyens se prennent en main, alors tout peut changer. Parfois, à 30 kilomètres de distance, on voit une ville dynamique et une qui ne l’est pas, parce que des acteurs ont créé des écosystèmes. L’idée est donc de maintenir des identités culturelles spécifiques, tout en bénéficiant de l’attractivité d’une région capable de faire jeu égal avec d’autres grandes régions européennes. C’est la philosophie de Geoffroy Roux de Bézieux qui a renforcé le rôle des Medef territoriaux et des Medef régionaux. Je m’inscris dans cette logique comme présidente du Medef Limousin qui fait partie de la région Nouvelle-Aquitaine du Medef.

Les jeunes générations veulent retrouver une plus grande proximité : des chaînes de décisions courtes, moins de temps pour aller au travail, des relations plus chaleureuses avec leurs collègues

L’envie de certains habitants des grandes métropoles de partir dans des villes moyennes vous paraît-elle durable ? Est-ce une chance ?

L’attachement à un territoire n’est pas donné, il se construit. Je suis née portugaise, fille de parents portugais. Le Limousin n’est pas le territoire de mes ancêtres. Pourtant, j’y suis très attachée, c’est là que je suis née, que j’ai grandi, fait mes études, menées l’essentiel de ma carrière professionnelle et ma famille y réside. C’est un attachement qui s’est construit dans le temps, et c’est le cas de beaucoup de Français. Les jeunes générations veulent retrouver une plus grande proximité : des chaînes de décisions courtes, moins de temps pour aller au travail, des relations plus chaleureuses avec leurs collègues. Une région comme le Limousin permet d’avoir cette qualité de vie. Aujourd’hui, réussir, c’est pour beaucoup être capable de rester dans le territoire où ils ont leurs attaches. C’est nouveau et c’est une chance à saisir pour les territoires. Les entreprises trouvent plus facilement qu’avant des talents en régions.

La crise sanitaire, le télétravail rebattent-ils les cartes ?

L’exode de 450 000 Franciliens a été une expérience grandeur nature. Les outils numériques ont montré que l’on peut travailler ailleurs que dans une grande ville. De nombreux territoires ont commencé à prendre leur destin en main, en engageant des actions de revitalisation économique. Il n’y a pas fatalité. En Nouvelle-Aquitaine, la création du pôle de compétitivité Avenia, sur les technologies du sous-sol comme la géothermie, est une réussite. Qui aurait pensé que des PME sur les géo-sciences se développeraient un jour à Pau ? Tout est affaire de volonté et de soutien des dynamiques locales par l’action publique. Il faudra investir dans les infrastructures pour que les territoires restent attractifs. En 2012, le World Economic Forum classait la France à la première place mondiale pour la qualité des routes, nous sommes tombés à la 18e place. Les territoires ne pourront relever le défi de l’environnement, du vieillissement de la population, que si un véritable New deal est mis en œuvre. Nos territoires le méritent !

Le temps de l’assainissement financier n’est pas venu (Bruno Lemaire)

Le temps de l’assainissement financier n’est pas venu (Bruno Lemaire)

 

Bruno Lemaire, le ministre de l’économie, estime dans une interview au JDD que le temps de l’assainissement financier n’est pas encore venu. Au plus tôt la problématique ne reviendra pas avant le début 2022 c’est-à-dire avant la constatation d’une véritable reprise. En attendant le ministre de l’économie entend soutenir les entreprises dans la reconquête de leur développement. Le ministre de l’économie par ailleurs n’évacue pas les indispensables réformes structurelles comme celle des retraites qui sera sans doute renvoyée après les élections présidentielles d’après le président de la république lui-même.

Interview

 

Le déficit public est désormais attendu à 9,4% du PIB, la dette à 117,2%. Comment les diminuer?
Par la maîtrise des finances ­publiques! Dans les trois premières années de ce quinquennat, nous avons réduit le déficit - passé sous la barre des 3% pour la première fois en onze ans -, sorti la France de la procédure de déficit excessif et stabilisé la dette. La maîtrise des finances publiques est donc dans l’ADN de notre majorité et je veux en être le garant. Mais le temps de l’assainissement n’est pas encore venu. Se précipiter dans la consolidation budgétaire, ce serait refaire les erreurs de 2009 et briser la croissance. Avec les ministres de la zone euro, en accord avec la Banque centrale européenne, nous avons convenu que le soutien économique serait maintenu tant que nous ne serions pas revenus à la normale. Soit au plus tôt au début de 2022.

Comment y parvenir le moment venu?
Le moyen le plus efficace reste la croissance, qui passe par des investissements massifs, prévus dans France Relance. Il faudra aussi une vision à plus long terme de nos finances publiques, sur la base de décisions pluriannuelles. Puis poursuivre les réformes structurelles : la priorité, ce sont les retraites. Nos compatriotes ont parfaitement compris que l’avenir de notre système de répartition en dépendait. En 2025, nous stabiliserons puis nous commencerons à réduire la dette. En 2027, nous repasserons sous la barre des 3%.

Concernant la réforme des ­retraites, faudra-t-il repartir de zéro?
Le président de la République a été clair : la réforme des retraites ne peut pas être reprise en l’état. Ce qui n’exclut pas de tenir compte de la situation individuelle de ­chacun. Ce n’est pas la même chose de ­commencer sa vie professionnelle à 17 ou à 25 ans, sur un chantier ou dans un bureau. Nous devons concilier efficacité et justice.

D’où un système par points?
Ma responsabilité de ministre des Finances est de garantir que nous puissions équilibrer notre système de retraite par répartition.

 

Le libéralisme n’est pas mort ! (Patrick Artus)

Le libéralisme n’est pas mort ! (Patrick Artus)

L’économiste Patrick Artus veut sans doute curieusement rassurer ou se rassurer lui-même et rejette, dans sa chronique au « Monde », l’idée que l’intervention massive des Etats dans le fonctionnement de l’économie soit le signe d’un retour à l’économie dirigée, il s’agit plutôt d’un réajustement des « incitations » visant à aider les acteurs économiques dans leurs choix.

Un argumentaire quand même un peu simpliste car le choix n’est sans doute pas entre un dirigisme étatique et un libéralisme sans régulation. NDLR

Chronique

La crise du Covid-19 a conduit, dans tous les pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), à des interventions massives des banques centrales et des Etats dans le fonctionnement des économies et dans les choix des agents économiques. Il a donc été affirmé que la pandémie avait sonné la fin du libéralisme économique, c’est-à-dire d’un système où les ménages et les entreprises poursuivent librement leurs objectifs, et ne sont pas empêchés par les Etats de faire les choix qui leur paraissent opportuns.

Les banques centrales des pays développés ont choisi de maintenir des taux d’intérêt très bas (les taux d’intérêt à dix ans dans l’OCDE sont aujourd’hui en moyenne inférieurs à 1 %, alors que la croissance nominale va être d’au moins 7 % en 2021), en achetant des quantités massives d’obligations. Cela a permis aux Etats de générer des déficits publics (au moins 13 % du produit intérieur brut de l’OCDE en 2021) et des taux d’endettement publics très élevés, tout en assurant la solvabilité des emprunteurs publics et privés. Les banques centrales ont également décidé de participer à l’accélération de la transition énergétique en favorisant dans leurs financements les dettes « vertes » ou les dettes d’entreprises « vertes ».

L’intervention économique des Etats, au-delà de la définition des règles sanitaires, est tout aussi impressionnante. Les politiques budgétaires expansionnistes (transferts, subventions, financement du chômage partiel…) ont évité le recul du revenu des ménages malgré la récession : au contraire, le pouvoir d’achat du revenu des ménages de l’OCDE a progressé de 3 % en 2020. Ces aides ont également préservé les profits des entreprises.

Les Etats ont aussi garanti des crédits aux entreprises (pour près de 140 milliards d’euros en France) et ont, à travers les différents plans de relance, financé des investissements stratégiques (médicament, électronique, matériel médical), financé des relocalisations, affirmant ainsi leur volonté de moins dépendre des chaînes de valeur mondiales.

 

Enfin, aux Etats-Unis et en Europe, les gouvernements ont pris la décision d’accélérer la transition énergétique et de durcir les normes climatiques environnementales.

Banques centrales et Etats ont donc bel et bien fortement accru leurs interventions dans les décisions des ménages et des entreprises, et dans l’évolution générale de l’économie. Mais est-on passé pour autant à une économie dirigiste ?

Covid «La troisième vague n’est pas terminée » (Gabriel Attal)

Covid «La troisième vague n’est pas terminée » (Gabriel Attal)

Les déclarations du porte-parole du gouvernement révèlent la profondeur et l’ampleur d’une crise sanitaire dont personne ne peut définir à la fois la durée et l’ampleur. En clair, le pessimisme affiché par Gabriel Attal prépare sans doute une prolongation des mesures restrictives qui devaient être limitées à quatre semaines. Une première prolongation sans doute en mai juin et qui pourrait y compris affecter une partie de l’été pour certaines activités.

 

Selon Gabriel Attal, «la situation épidémique reste très contrastée. Si certains signaux sont encourageants et montrent que les mesures de freinage fonctionnent, il est encore trop tôt pour constater une pleine efficacité de ces mesures au niveau national».

L’Île-de-France, les Hauts-de-France et la Provence-Alpes-Côte d’Azur «sont toujours les régions qui connaissent l’incidence la plus élevée», et «la situation semble toujours se dégrader» en Auvergne-Rhône-Alpes, dans le Grand Est, et en Bourgogne Franche-Comté, a détaillé le porte-parole. «L’évolution est même plus préoccupante encore dans certains départements» comme le Massif central et la Drôme, tandis que la Meuse, la Moselle et la Meurthe-et-Moselle «connaissent toujours une situation fragile», selon M. Attal.

 

En Bourgogne-Franche-Comté, «l’évolution paraît plus dégradée» dans les départements de l’est de la région, la Haute-Saône, le Doubs, le Territoire de Belfort et le Jura, mais «meilleure» dans la Nièvre. La tendance est en revanche «relativement plus favorable» en Provence-Alpes-Côte d’Azur et dans les Alpes-Maritimes, où le taux d’incidence est passé de 488 fin mars à 286 ces derniers jours, a-t-il souligné, en notant aussi une évolution «très favorable» dans l’Aube, avec une baisse de près de 40% de l’incidence.

 

Une évolution «un peu plus favorable» qu’à l’échelle nationale s’observe également dans l’Eure et en Seine-Maritime. En Outre-mer, Garbiel Attal a relevé «une amélioration de la situation dans l’Océan indien, mais une dégradation aux Antilles et en Guyane», frontalière du Brésil, où circulent de nombreux variants.

La France comptait presque 6000 malades du Covid-19 dans les services de réanimation ce mardi et près de 32.000 personnes hospitalisées, avec 39.113 nouveaux cas enregistrés en 24 heures.

« L’enseignement n’est pas une tribune politique »

« L’enseignement n’est pas une tribune politique » 

 

 S’estimant injustement critiqués par leurs collègues de l’IEP de Grenoble, Vincent Tournier et Klaus Kinzler revendiquent dans une tribune au « Monde » la liberté et la raison, rappelant que l’enseignement n’est pas une tribune politique.

Tribune.

 

 La tribune publiée par des enseignants de Science Po Grenoble, très violemment à charge contre nous, soulève des problèmes qui dépassent le cas de nos personnes pour illustrer la crise que traverse actuellement l’université française.

Certes, les signataires ont pris soin de dénoncer fermement les affichages sauvages qui ont vu nos deux noms apparaître sur les murs de l’Institut d’études politiques (IEP), situation qui nous vaut d’être placés sous protection policière.

Toutefois, comme le démontre la suite de leur tribune, l’objectif est ailleurs. Pour les signataires, il s’agit d’abord de soutenir, sans craindre les contradictions et les invectives (merci pour la « pensée réactionnaire »), que le vrai problème réside, premièrement, dans notre refus d’utiliser le terme « islamophobie » lors d’un cycle officiel de conférences à l’IEP et, deuxièmement, dans notre manque supposé de rigueur en tant qu’enseignants. En clair, nous serions de mauvais enseignants et de vrais idéologues, tout le contraire évidemment de nos accusateurs.

Cette version est commode. Elle permet de botter en touche la question centrale de la liberté d’expression. Pour eux, cette liberté ne serait absolument pas en cause ici puisque, disent-ils, nous sommes les seuls censeurs et que, de surcroît, nous avons eu tout le loisir de nous exprimer dans les médias.

Ce faisant, ils se gardent bien de discuter les raisons pour lesquelles nous nous sommes opposés à la notion d’islamophobie, ce que nous avons fait par ailleurs (Le Point du 10 mars et du 16 mars), comme ils se gardent bien de rappeler que, quinze jours avant l’affichage de nos noms, un syndicat étudiant avait souhaité faire interdire l’un de nos enseignements (un simple cours à option !) et lancé un appel public à la délation sur Facebook. Pourquoi de tels agissements ne sont-ils pas rappelés, et pourquoi nos accusateurs ne se sont-ils pas insurgés à ce moment-là ?

Prétendue vérité scientifique

Au lieu de s’expliquer, nos collègues préfèrent nous accuser d’avoir, dans nos enseignements, « refusé de respecter (…) les principes du débat d’idées », en l’occurrence « la nécessité de faire reposer son enseignement et ses recherches sur l’analyse des faits et de les séparer clairement de l’expression de valeurs, de la manifestation de préjugés et de l’invective ».

Nous souscrivons évidemment à cet idéal. L’enseignement n’est pas une tribune politique. Toutefois, prétendre qu’il est possible de séparer radicalement les faits et les opinions n’est guère convaincant et sert souvent à masquer une instrumentalisation asymétrique de la neutralité.

«   Erdogan n’est pas toute la Turquie »

«   Erdogan n’est pas toute la Turquie »

 

 

Chercheur associé à l’Institut français d’études anatoliennes, situé à Istanbul, Jean-François Pérouse relativise la représentativité d’Erdogan en Turquie  ( interview dans la Croix)

 

 

Ces derniers temps, Recep Tayyip Erdogan a tenu des propos très violents à l’encontre d’Emmanuel Macron et de la France, qu’il traite d’« islamophobe ». Au-delà des mots, quelle est son intention ?

 

Jean-François Pérouse : C’est une réaction épidermique, qui ne s’inscrit pas nécessairement dans une stratégie précise. Reste que vis-à-vis de la population turque, Recep Tayyip Erdogan joue beaucoup sur son aura de leader supposé du monde musulman, qu’il s’est lui-même construite. Dès que possible, il développe une rhétorique passionnelle dans ce registre, un moyen de masquer quelques difficultés internes. C’est habile. Avant les élections, les sondages montrent que cette stature contribue au prestige que les citoyens lui attribuent.

Je découvre

Mais celle-ci relève de l’autopromotion, car le président turc a des relations difficiles avec la plupart des grands pays sunnites, dont l’Arabie saoudite et l’Égypte. Aussi, quand il prétend être la voix du monde musulman, il assigne une identité « généralisante » et réductrice à la Turquie. Il y existe une gamme très large de pratiques, allant de l’islam comme vague composante de la culture familiale et nationale à l’islam comme religion observée avec ses rituels et ses devoirs. Sans oublier que le pays compte aussi des chrétiens, des juifs…

Ces accusations relèvent-elles vraiment de la seule rhétorique ? Elles se sont accompagnées d’un appel au boycott des produits français et ont été suivies par des manifestations de militants nationalistes turcs en France.

J.-F. P. : Cette rhétorique a des effets. Le président turc a une aura incontestable auprès de certaines populations dans des pays musulmans et, en grand populiste, il sait la cultiver. Son émergence dans ce registre a commencé au Forum économique de Davos, en 2009, quand il s’est ouvertement opposé au président israélien de l’époque au nom de la défense de la cause palestinienne. Depuis cette sortie, présentée comme un sursaut du monde musulman, Recep Tayyip Erdogan a fait de l’islamophobie son cheval de bataille en usant d’une rhétorique civilisationnelle qui oppose islam et Occident. Un terme, islamophobie, qu’il n’a jamais autant employé que maintenant. Mais pour éviter de participer à ce retour aux oppositions sommaires, il faut s’employer à ne pas réduire la Turquie à son président.

Quelles réalités faut-il aussi prendre en compte ?

J.-F. P. :Au-delà du président turc, un grand nombre d’acteurs font vivre un autre type de relations avec l’Europe, y compris dans son propre parti et son gouvernement, qui a une politique différente, empreinte de pragmatisme. En témoigne l’importance des relations économiques entre la France et la Turquie. Une grande partie des exportations automobiles turques sont le fait d’un consortium entre le fonds de pension turc Oyak et Renault ! Plus généralement, les économies européenne et turque sont si imbriquées qu’il est impossible de revenir en arrière.

 

Dans ces conditions, comment analyser l’accrochage, en juin, entre une frégate turque et une frégate française en Méditerranée, et les incursions turques dans les eaux grecques ?

J.-F. P. : Ces débordements sont indissociables de la progression du complexe militaro-industriel turc. Ankara veut s’imposer dans la hiérarchie des grands exportateurs d’armement et, pour cette raison, promeut son nouveau matériel militaire, comme ses drones de nouvelle génération, qui ont joué un rôle important en Syrie ou en Azerbaïdjan. C’est un moyen d’appuyer une diplomatie ambitieuse.

L’accord sur les réfugiés entre l’Union européenne et la Turquie (1) ne place-t-il pas les Européens dans une situation de dépendance vis-à-vis d’Ankara ?

J.-F. P. : Très cyniquement, la guerre en Syrie a donné des atouts inespérés à Ankara, notamment sur la question des réfugiés. Lors de crises avec l’UE, on a pu entendre plusieurs fois en Turquie : « Nous allons ouvrir le robinet migratoire. » La menace, bien qu’indécente, est un outil d’influence clé. Comme le retour des djihadistes du terrain syrien. Ankara peut choisir de les laisser circuler ou de coopérer avec les Européens.

Les Européens disposent-ils d’outils équivalents ?

J.-F. P. : Leurs registres d’action n’appartiennent pas à cette logique de représailles. Mais il ne faut pas oublier que la Turquie n’a pas totalement renoncé à intégrer l’UE. Si les négociations d’adhésion sont globalement suspendues, l’UE a toujours la capacité de refermer des chapitres de négociations et de ne pas en ouvrir d’autres. Autre levier, les fonds européens attribués à la Turquie, qui sont assez importants. Pour autant, couper tous les ponts n’aurait aucun sens et reviendrait à jouer contre des liens historiques, de populations, culturels, économiques…

 

Face à la rhétorique de différenciation et les registres identitaires archaïques déployés par Recep Tayyip Erdogan et ceux qui le diabolisent en France, il faut jouer la carte de l’inclusion. On peut valoriser tout ce qu’il y a de commun entre la Turquie et l’Europe et montrer qu’il en va de l’intérêt des deux partenaires de maintenir un lien. Si la Turquie veut rester ce pont vers des mondes avec lesquels l’Europe n’a pas de relations simples, elle ne peut s’exclure d’une relation certes compliquée, mais ancienne. C’est à elle, aujourd’hui, de faire le premier pas. En face, l’Europe doit regarder la société turque dans toute sa diversité et valoriser les convergences.

(1) En mars 2016, l’UE s’engage à verser 6 milliards d’euros à la Turquie qui, en contrepartie, doit contrôler ses frontières et accueillir les migrants ayant quitté son territoire et ayant été refoulés de Grèce.

 

 

Présidentielle 2022 : rien n’est joué

Présidentielle  2022 : rien n’est joué

Pour Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP,  il y a une contradiction entre le fait que la crise sanitaire est très largement contestée dans sa gestion à hauteur des deux tiers de l’opinion tandis que le soutien économique et social est, lui, davantage apprécié. À cela s’ajoute quand même des inquiétudes pour l’avenir économique et les questions d’insécurité.

 

En fait,  le pays a connu un environnement économique, social, sanitaire particulièrement perturbé depuis plus d’un an et personne n’y était vraiment préparé. Les conséquences de cette conjoncture socio-économique sont loin d’être terminées par exemple en terme de croissance et l’emploi.

 

Au plan sanitaire, la critique est plus générale car marquée par les hésitations et les contradictions permanentes d’une politique de stop and Go. Le dernier exemple concerne la région parisienne qui comparée à d’autres zones également en alerte a été préservée de confinement. Du coup, la situation sanitaire s’est aggravée et la décision de confinement qui devrait intervenir sera encore beaucoup plus sévère. Une situation d’ailleurs que nombres de provinciaux ont un peu de mal à comprendre.

 

Il est difficile de faire des pronostics pour les présidentielles d’autant que l’offre politique encore loin d’être claire. Ce qui paraît nouveau ,c’est que le reflexe du front républicain est en train de perdre sérieusement de son poids à gauche et permet à Marine Lepen  d’envisager une hypothèse de victoire.

 

D’ici les élections présidentielles bien des événements peuvent encore se passer dans le domaine économique, politique ,sanitaire ou de la sécurité

 

De ce dernier point de vue , les drames survenus ces derniers temps et largement médiatisés témoignent du pourrissement de la situation dans les quartiers et particulièrement chez les très jeunes qui n’hésitent pas à s’entre-tuer.

 

Sur ce terrain la réponse de Macron paraît particulièrement molle et pourrait constituer un handicap majeur pour sa réélection.

 

C’est le talon d’Achille pour Emmanuel Macron». À treize mois du scrutin, «l’incertitude est très forte, rien ne nous dit que la finale Macron-Le Pen sera annoncée, l’offre électorale n’est même pas connue», martèle le directeur de l’IFOP. «Il peut se passer encore beaucoup de choses», conclut-il.

La polémique sur l’«islamo-gauchisme» n’est pas le débat dont la recherche française a besoin

La polémique sur l’«islamo-gauchisme» n’est pas le débat dont la recherche française a besoin

Me Yann-Maël Larher, Avocat fondateur legalbrain – OkayDoc.fr. (*) estime que l’islamo-gauchisme n’est pas un sujet prioritaire pour la recherche qui devrait s’occuper davantage des carences françaises par exemple en matière de recherche médicale sur le vaccin Covid.

 

 

La recherche, c’est le futur de la France, mais c’est paradoxalement une thématique absente des débats actuels qui visent à le construire. Serge Haroche, prix Nobel de physique 2012, déplorait déjà lors du « Grand débat des idées » en 2019, « le décrochage inquiétant de la France dans la compétition internationale » en matière de recherche, et « le manque d’attractivité des carrières scientifiques ».

Handicapé notamment par la lourdeur de ses institutions, notre pays souffre du cloisonnement des disciplines et d’une surreprésentation des sciences dites dures au détriment des sciences humaines et sociales. Grâce à leurs compétences et de leurs aptitudes, les diplômés du doctorat en France peuvent pourtant jouer un rôle crucial dans la résolution des problèmes sanitaires, économiques et sociaux qui se profilent.

Alors que la croissance de l’économie du savoir réclame une main-d’œuvre hautement qualifiée, les diplômés du doctorat des universités françaises devraient jouer un rôle central face aux défis auxquels la France est déjà confrontée. Mais alors pourquoi 30% de nos chercheurs sont amenés à partir à l’étranger?

À l’instar des derniers prix Nobel obtenus par des Français pour des recherches financées par des pays étrangers, les titulaires d’un doctorat quittent souvent notre pays pour continuer leurs recherches et contribuent in fine à améliorer le niveau de connaissances de nos voisins. Les jeunes chercheurs se heurtent en effet à d’importants obstacles tout au long de leur parcours jusqu’à leur entrée sur le marché du travail.

À côté de leurs travaux, bien des doctorants courent après les financements tout en cumulant enseignement et parfois petits boulots qui n’ont rien à voir avec leurs parcours. À cela peut s’ajouter l’administratif qui va à contre-courant de leurs recherches. Une fois diplômés, les jeunes docteurs français sont à nouveau pénalisés par certains employeurs (privés et publics) qui ne perçoivent pas ce qu’ils gagnent à les embaucher, croyant qu’il leur manque des attributs ou des compétences professionnelles essentiels.

L’enjeu d’une valorisation efficace de la recherche en France pour conserver des entreprises innovantes et attirer de nouveaux profils dans les laboratoires de nos universités devient crucial grâce à des dispositifs simples et compréhensibles par toutes les structures, quelle que soit leur taille. Comme le fait par exemple Okay Doc, des pratiques prometteuses sont actuellement à l’œuvre dans notre pays pour rapprocher les employeurs et les jeunes chercheurs. Il est notamment possible d’encourager les doctorants à réaliser des missions de conseil pendant quelques jours ou semaines en entreprise en lien avec l’expertise qu’ils développent pendant leur thèse. Ces missions peuvent également favoriser les liens entre des mondes qui ne se parlent pas suffisamment.

La thèse CIFRE qui associe une entreprise, un doctorant et un laboratoire,  est un autre exemple de dispositif qui fonctionne et qui gagnerait à être promu notamment auprès des TPE/PME et des collectivités. Ces liens peuvent aider à accroître la capacité d’intégration en montrant aux employeurs qu’il y a des avantages à embaucher des détenteurs d’un doctorat pour faire de la recherche, mais aussi pour occuper des postes considérés comme plus « opérationnels ».

En pratique, il reste pourtant très difficile de développer ces nouvelles formes de partenariats en raison notamment des préjugés dans certaines entreprises vis-à-vis des universités, ou dans le sens inverse, considérant que la recherche publique n’a rien à faire avec le privé.

Améliorer la situation des détenteurs d’un doctorat en France leur profitera personnellement, mais bénéficiera également à la société tout entière. Alors que le monde s’engage vers une économie davantage axée sur le savoir, on constate tout aussi paradoxalement une polarisation croissante des débats publics avec des prises de positions de plus en plus simplistes et caricaturales. Les titulaires du doctorat ont pourtant un rôle essentiel à jouer dans la transformation de la société et la compréhension des mutations.

Les jeunes chercheurs souhaitent de plus en plus souvent casser les codes de la recherche traditionnelle en vulgarisant par exemple leurs travaux sur Youtube ou lors d’évènements comme « Ma thèse en 180 secondes » ou encore grâce à des médias dédiés à la diffusion des sciences comme The Conversation. Il faut les encourager et les former dans les universités sur ce chemin. Des sciences physiques aux sciences humaines et sociales, il s’agit de s’assurer que la valorisation des chercheurs dans la recherche, mais aussi dans l’opinion publique soit à la hauteur des enjeux climatiques, sanitaires, sociaux, économiques, géopolitiques… mais également démocratiques auxquels nous faisons face.

En somme, plutôt que d’alimenter des débats stériles, créons des conditions « d’épanouissement » pour les jeunes docteurs avec des débouchés sérieux. Comme le disait Jean d’Ormesson :

« La science présente beaucoup de dangers, mais il faut lutter contre ces dangers non pas par moins de science, mais par davantage de science, une science qui puisse aussi créer sa propre éthique. »

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(*) Yann-Maël LARHER est Avocat fondateur legalbrain - OkayDoc.fr, Docteur en droit social – relations numériques de travail et conseiller municipal délégué à Boulogne-Billancourt

L’indépendance technologique n’est pas l’autarcie

L’indépendance technologique n’est pas l’autarcie

 

Jérôme Tredan, PDG de Saagie, société de la French Tech,  explique dans une chronique de la tribune que la légitime recherche d’une plus grande souveraineté ne serait cependant se réduire à une autarcie qui étoufferait l’innovation et la performance.

 

 

Si l’impact économique de la crise a eu pour effet une accélération de la transformation numérique des organisations, son impact sanitaire a, lui, mis en lumière la nécessité d’une souveraineté française ou européenne, notamment en matière de technologies. Mais face à Amazon qui s’offre une autoroute sur le marché du e-commerce, Huawei autoproclamé leader de la 5G ou encore face aux GAFAM qui se développent de manière exponentielle avec une absence quasi totale de régulation, quelle place reste-t-il pour les acteurs européens ? Comment faire rimer croissance économique et éthique dans un monde où la data, omniprésente, touche autant à nos préférences de consommation qu’à notre santé ?

Souveraineté numérique ou le rêve d’une troisième voie

La crise a mis en exergue notre dépendance aux grandes puissances industrielles et numériques, Etats-Unis et Chine en tête. Si la compétitivité de l’industrie française et européenne a été mise à mal, la crise a également eu l’effet d’un révélateur quant à notre souveraineté numérique, notion pourtant fondamentale depuis les années 2000.

Alors que depuis 20 ans, la maîtrise de nos données, souvent sensibles, toujours personnelles, est confiée à des acteurs opérant hors de notre territoire, il est aujourd’hui nécessaire d’agir concrètement pour en reprendre le contrôle. Si le marché du Big data atteignait 68 milliards de dollars en 2021, comme l’a prédit Gartner, c’est parce qu’en effet, les données constituent l’une des ressources essentielles d’un monde digitalisé.

La notion de souveraineté numérique, dont les vertus et bénéfices ne sont plus à prouver, doit être adressée dans la durée. Elle implique de redonner à l’entreprise, au consommateur, une pleine maîtrise de ses données, allant de leurs traitements à leur utilisation finale par les acteurs qui la manipulent, en lien avec les valeurs d’éthique et de responsabilité françaises et européennes.

Dans ce contexte, nous regorgeons d’entreprises innovantes, capables d’offrir une vision alternative, éthique et conquérante. Imaginez un instant que les pépites internationales soient des entreprises nées dans nos régions comme Saagie (management de projets data), Aircall (téléphonie interopérables), ou encore Lydia (paiement mobile). Mais pour l’heure, force est de constater qu’à l’instar de Dataïku et Algolia, les plus belles success-stories françaises s’écrivent outre-Atlantique.

Si la data représente le cœur du réacteur capable de transformer le vieux continent en un nouvel El Dorado du numérique, le projet européen Gaia-X montre que notre idéal d’indépendance n’est plus une utopie. Que ce soit dans le domaine de la santé, des télécommunications, des objets connectés ou de la robotique, la souveraineté est primordiale et ses enjeux économiques colossaux. La maîtrise de la data et de l’IA apparaît comme essentielle pour l’émergence d’une voie numérique européenne.

Data et intelligence artificielle, des opportunités à saisir et des champions européens à accompagner

L’Europe doit se remobiliser et accélérer, aussi bien pour préserver et moderniser un tissu industriel existant, que pour conquérir de nouvelles positions économiques sur des technologies émergentes dans un contexte de spécialisation internationale. Mais rejoindre la course mondiale à l’innovation, c’est aussi offrir des alternatives, à commencer par une IA éthique et des données maîtrisées. Pour cela, nos gouvernements pourraient, par exemple, engager une politique industrielle commune et renforcer l’écosystème européen de la donnée, grâce à un modèle de production et de gouvernance fondé sur la réciprocité, le partage et la collaboration entre les acteurs privés d’une même filière. Dans le secteur industriel, par exemple, la production de « pipelines » de gaz et de pétrole nécessite le partage d’informations entre les producteurs du tube, et les producteurs de pétrole basé sur un modèle open data.

 

Dans tous les cas, ce n’est qu’avec le soutien d’acteurs européens de confiance, capables de traiter et de contrôler la donnée de bout en bout, que les entreprises pourront gagner en sécurité, en agilité, et prendre des décisions réfléchies, durables et innovantes.

Pour offrir des solutions d’envergure internationale, nous devons démontrer la valeur d’usage de l’IA en matière de santé, de défense, de maîtrise énergétique ou encore de robotique. Notre légitimité sur ces secteurs facilitera l’adoption de technologies d’IA embarquées et de confiance au sein des territoires. Par exemple, l’IA prouve son efficacité en matière de santé (détection de maladies, logistique ou plus récemment gestion de la crise avec CovidTracker). Quant au secteur énergétique, la data est tout aussi essentielle dans une distribution plus efficace et intelligente des énergies par exemple.

Porter nos convictions et s’ouvrir au monde

Alors que la souveraineté numérique semble entrer en conflit avec les notions de compétitivité et de coopération internationale, il faut penser une nouvelle approche plus ouverte, bénéfique aux individus et aux organisations aux quatre coins du monde. Pour cela, nous devons nous adapter aux normes et standards internationaux et avancer en répondant aux enjeux d’interopérabilité. Cette approche pragmatique et réaliste est clé pour faciliter le développement, le partage et l’utilisation des données et des services, dans un cadre structuré et pour permettre aux acteurs Français de bénéficier des meilleures technologies du marché et de tirer le meilleur profit de leurs données.

Aussi complexe soit-elle, l’ère du « tout data » offre la possibilité de redistribuer les cartes pour que la France, avec l’Europe, prenne sa place dans le laboratoire d’innovation international de la donnée et de l’IA. Le règlement général sur la protection des données (RGPD) qui a imposé de nouvelles responsabilités et une nouvelle vision éthique, visibles à l’échelle mondiale, en est le meilleur exemple. Celui-ci a montré qu’il était possible de combiner protection des données pour les individus d’une part, compétitivité et attractivité des entreprises européennes et non européennes d’autre part, dans un cadre sécurisé.

La bataille se joue désormais sur la normalisation des données publiques, les standards de protection, de localisation, de portabilité et de réversibilité. Le partage de la donnée dans un cadre défini, contrôlé, c’est ce qui permet à IQVIA, leader mondial sur le marché des données de santé de s’associer avec OpenDataSoft, acteur français, pour mettre à disposition les données de vente des tests antigéniques Covid en pharmacie.

La nouvelle décennie d’innovations qui s’annonce doit être la nôtre. Elle doit être le symbole d’un chemin ouvert par la France et l’Europe, qui mènerait vers la combinaison parfaite entre souveraineté, respect des normes internationales et compétitivité mondiale. Le renforcement de la traçabilité des données et leur sécurisation doivent porter nos valeurs éthiques comme un nouvel asset indispensable à l’économie de demain.

« L’inflation n’est pas un problème » !!!

« L’inflation n’est pas un problème » !!!

Dans une chronique au monde, l’économiste Jézabel Coupe-Souverain

sassait  sur les perspectives d’un retour de l’inflation passe en revue toutes les causes d’un retour de l’inflation considérant qu’il ne s’agit pas d’un risque immédiat ni pour le long terme. Sauf que l’intéressé c’est l’impasse sur le maintien artificiel de zombie actuellement sous oxygène financier et qui bénéficie de liquidités comme les entreprises plus saines structurellement. Et les masses de liquidités sont loin de rester dans les sphères financières mais passe aussi dans l’économie en faussant les conditions de concurrence.

 

Chronique.

 

 Rêve des uns, cauchemar des autres, l’inflation revient dans le débat public. Ceux qui la souhaitent y voient de quoi faire fondre la dette Covid. Ceux qui la redoutent agitent son spectre pour s’opposer à toute relance monétaire. Mais les uns comme les autres surestiment largement la possibilité de son retour. C’est son contraire, la déflation, qu’il faut combattre aujourd’hui. Et à trop craindre le retour de l’inflation, c’est ce combat-là qui pourrait être perdu.

L’inflation n’est pas l’augmentation de quelques prix, fussent-ils ceux des biens que l’on consomme le plus (alimentation, énergie…), mais celle générale et durable du prix d’un large ensemble de biens et services, représentatif de ce que consomment les ménages. Lorsque le niveau général de ces prix augmente, une même quantité de monnaie ne permet plus d’acheter autant : l’inflation réduit le pouvoir d’achat de la monnaie, et donc aussi le poids réel des dettes. D’où l’idée que cela faciliterait le remboursement de la dette Covid.

Alors que l’inflation se situe actuellement à peu près partout au-dessous de zéro, les financiers du monde entier anticipent son retour. Mais par quelle porte, quelle fenêtre, l’inflation pourrait-elle bien revenir ? A vrai dire, presque aucune !

Par la fenêtre monétaire ? Cela revient à se demander si la monnaie que créent les banques centrales pour la prêter aux banques ou leur racheter des actifs va faire remonter l’inflation. Tant que cette monnaie centrale circulera en boucle dans la sphère financière, la réponse est non. Dans ce circuit fermé, son augmentation n’entraîne qu’une augmentation bien moindre de la monnaie en circulation dans l’économie, qui elle-même ne fait pas augmenter l’inflation. C’est que, dans des économies très financiarisées, la monnaie sert à acheter des titres financiers et des biens immobiliers, bien plus que des marchandises. Toute quantité additionnelle de monnaie se trouve ainsi en grande part aspirée dans la sphère financière, avec davantage d’impact sur le prix des titres que sur celui des biens et services.

L’inflation ne sera-t-elle alors plus jamais – l’économiste américain Milton Friedman (1921-2006) la voyait ainsi « partout et toujours » – un « phénomène monétaire » ? Charge aux macro économistes de repenser la circulation de la monnaie dans un espace d’échanges étendus aux transactions financières. Et aux banques centrales de se demander si elles ont la bonne mesure de l’inflation. Pour la Banque centrale européenne (BCE), ce ne serait toutefois pas si simple d’y intégrer le prix des titres et des biens immobiliers, car une moyenne de ces prix, qui ne suivent pas la même tendance d’un pays à l’autre de la zone euro, ne renseignerait sur la situation d’aucun.

Olivier Véran dit la girouette :  » Le couvre-feu n’est pas suffisant « !

Olivier Véran dit la girouette :  » Le couvre-feu n’est pas suffisant « !

En voilà un qui connaît la musique (il est effectivement musicien aussi. ) pour délivrer toujours la même mélodie mais avec des paroles différentes. Un champion également de la sémantique qui vient d’inventer le concept de primo injection tout simplement pour masquer le scandale du manque de vaccins.

 

Maintenant il découvre subitement que le couvre-feu n’est pas suffisant. Mais il a trouvé la combine, c’est la faute aux variants ! Hier, il vantait les mérites du couvre-feu, aujourd’hui il l’enfonce toujours avec la même sincérité, celle du politique qui comme la girouette tourne. Mais comme disait Edgar Fuare  ce n’est pas la girouette qui tourne c’est le vent !.

 

Ce ministre de la santé fera une grande carrière politique car il est capable de tout, de bavarder sans limite, de tout dire et le contraire avec la même conviction. Médecin ,il sait soigner les âmes politiques avec simplement de la pommade, un jour socialiste, le lendemain macroniste, après-demain républicain ? C’est aussi à cause de ces girouettes que le parti socialiste est mort et que sans doute le macronisme disparaîtra de la même façon.

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La santé n’est plus une priorité ?

La santé n’est plus une priorité  ?

Dans une tribune au « Monde » la sociologue Johanna Dagorn et la géographe Corinne Luxembourg observent que face au choc subi par les plus fragiles et à la peur  du déclassement ressentie par une classe moyenne contrainte à demander de l’aide, le sentiment d’humiliation peut déboucher sur une crise sociale majeure.

Tribune.

 

Ainsi donc il aura suffi d’un organisme vivant de quelques nanomètres pour engendrer une crise économique et sociale d’une ampleur inconnue jusqu’alors en temps de paix. Il n’était cependant nul besoin d’être grand clerc pour anticiper en mars qu’une part importante de la population allait se trouver confrontée à une baisse importante des revenus. Pour autant, si la violence sociale s’ajoute à la violence de la situation sanitaire et surprend par sa fulgurance, elle n’étonne que parce qu’elle accélère les effets d’une crise systémique dont les ressorts sont ceux d’un édifice social fragilisé par des décisions politiques où l’attention et le soin portés aux êtres humains comme aux territoires ne sont plus les priorités. Précisément, c’est cette accélération qui plonge dans le désarroi des femmes et des hommes toujours plus nombreux et les institutions publiques à l’échelon local qui y sont confrontées quotidiennement.

Sans surprise donc, le sort des personnes les plus précaires, les plus fragiles, ne se maintient qu’à grand-peine, mais ce qui effraie tout autant c’est d’observer le glissement de celles et ceux qui, occupant jusque-là un emploi suffisamment rémunéré pour envisager concilier financement des études des enfants avec quelques loisirs et quelques menus agréments de la vie quotidienne, se trouvent brutalement contraints de solliciter de l’aide.

Ce sont les salariés de la classe moyenne subissant le chômage partiel (un quart des salariés du privé, soit 5,8 millions de personnes) ou les licenciements (plus de 800 000 prévus pour 2020), ce sont les professions indépendantes de différents secteurs – petit commerce, hébergement, construction, spectacle… –, ce sont les personnes qui ne peuvent plus travailler, mais aussi celles qui ne voient plus une clientèle elle-même trop fragilisée et trop inquiète pour s’autoriser des investissements paraissant soudain accessoires.

 « Le concept de religion est une invention chrétienne seulement pertinente dans un cadre occidental »

Dans un ouvrage iconoclaste, le spécialiste de l’histoire des religions Daniel Dubuisson montre comment l’aspect universel du concept de « religion » masque son appartenance à un univers de pensée résolument occidental.

Macron n’est pas le chef du Liban pour le Hezbollah

Macron n’est pas le chef du Liban pour le Hezbollah

D’une certaine manière, c’est une claque pour Macron qui a été  désavoué  dans sa volonté de diriger la sortie de crise du Liban. Pour preuve, Macron avait fixé un une date-butoir pour la formation d’un nouveau gouvernement. Or le premier ministre libanais a été contraint de démissionner faute de consensus pour le former. C’est évidemment un échec diplomatique pour Macron mais surtout pour le Liban qui devra encore attendre les aides financières internationales pour sortir de la crise terrible économique et sociale.

Le Hezbollah n’a pas spécialement apprécié que Macron joue l’opinion publique contre le Hezbollah certes largement coupable de la désagrégation de l’État mais dont la présence sur le terrain est indéniable du fait de sa forte implantation et de son organisation.

Le secrétaire général du Hezbollah, qui s’exprimait dans un discours télévisé, estime en outre que l’approche adoptée par le dirigeant français, avec ultimatum fixé pour la formation d’un “gouvernement de mission”, doit changer sous peine de ne produire aucun résultat.

Il a par ailleurs accusé d’anciens Premiers ministres libanais, sunnites, dont Saad Hariri, de chercher à exploiter à des fins politiques l’implication de la France dans la crise politique, économique et financière du pays.

Le président français, qui s’est fortement impliqué dans la crise libanaise, a dénoncé lors d’une conférence de presse organisée dimanche en fin de journée entre Paris et Beyrouth une “trahison collective” de la classe politique libanaise, incapable de s’entendre sur un “gouvernement de mission” alors, a-t-il dit, qu’elle s’y était engagée auprès de lui lors de sa visite à Beyrouth, début septembre.

Il a également appelé le Hezbollah à une “clarification”. “Le Hezbollah ne peut en même temps être une armée en guerre contre Israël, une milice déchaînée contre les civils en Syrie et un parti respectable au Liban”, a-t-il dit. Une vérité sans doute mais diplomatiquement peu habile.

5G : ce n’est pas de la compétence des maires

5G : « ce n’est pas de la compétence des maires »

 

 

 

À juste titre Stéphane Richard, PDG d’Orange,  rappelle que le développement de la 5G n’est pas de la compétence des maires. Il s’agit en effet d’un projet d’équipement national. Il serait pour le moins curieux de pouvoir user de la téléphonie pour un appel dans une commune mais de ne pas pouvoir recevoir la communication dans celle du destinataire d’une autre commune. Un peu comme si une route était autorisée dans un sens mais pas dans l’autre.

Stéphane Richard, le PDG d’Orange, se félicite dans une interview au Figaro que le gouvernement ait tapé du poing sur la table pour éviter une hystérisation du débat.

La 5G est un sujet de crispation. En a-t-on besoin?

Stéphane RICHARD. - La 5G s’inscrit dans un débat sociétal plus vaste. Le numérique suscite des interrogations sur les éventuelles addictions qu’il génère, le rapport aux enfants, aux autres… Mais cette lassitude présumée ne se reflète pas dans les comportements. Après le confinement, qui a démontré à quel point le numérique était vecteur de liens sociaux, nous avons assisté à une envolée de la demande pour la fibre et le trafic de données mobiles continue de croître de 40 % par an.

Le PDG d’Orange rappelle qu’il s’agit d’un enjeu technologique d’importance internationale et que cela ne dépend aucunement de la responsabilité des maires.

Coronavirus : « ce n’est pas la situation de mars-avril » (Patrick Pelloux)

Coronavirus : « ce n’est pas la situation de mars-avril »(Patrick Pelloux)

.Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France et invité d’Europe 1 dimanche, considère qu’on n’est pas du tout dans la même situation qu’en mars et avril.( L’interview D’Europe 1)

« Pour l’instant il n’y a pas d’afflux massif de patients », estime Patrick Pelloux. En outre, on a perfectionné les traitements », précise-t-il.

Cependant les sources d’inquiétude restent nombreuses. Selon Patrick Pelloux, une tension existerait déjà, du fait de l’addition des malades du Covid-19 et des autres patients. « Il y a une tension sur les lits […] qui va poser problèmes dans les jours qui viennent. » De plus, il appelle les Français à se vacciner contre la grippe saisonnière pour se protéger, protéger les autres ainsi que le personnel soignant. Le cumul des deux épidémies pourrait avoir des conséquences désastreuses.

« Moi, Je suis assez optimiste », conclut Patrick Pelloux. « C’est la première fois dans l’histoire de France que l’on dit aux gens de porter des masques, de se laver les mains […] tout cela va diminuer le risque de transmission du virus de la grippe, en plus de celui du coronavirus. »

Le danger de la rentrée : « L’ÉCOLE N’EST PAS PRÊTE » ( MÉDECINS)

Le danger de la rentrée : « L’ÉCOLE N’EST PAS PRÊTE » ( MÉDECINS)

 

Le protocole sanitaire prévu par l’Education nationale pour les écoles  »ne protège ni les personnels ni les élèves et leurs familles », estime samedi un collectif de médecins, appelant à durcir les précautions à trois jours de la rentrée.

 

« Au-delà du réel risque sanitaire, il y a aussi celui de fermer des classes par dizaines, avec pour effet d’amplifier les inégalités devant le savoir et l’apprentissage et de désorganiser durablement notre économie et notre société », prévient leur tribune, publiée sur le site internet du Parisien.

« L’école n’est pas prête. (…) Compte tenu du protocole en vigueur, rien ne semble empêcher les écoles de devenir des clusters » (des foyers infectieux), alertent les signataires, dont l’infectiologue Karine Lacombe, le président du syndicat de médecins libéraux UFMLS Jérôme Marty et les créateurs du collectif Stop-Postillons, qui préconise depuis des mois de renforcer le rôle du masque dans la lutte contre le coronavirus.

 

Ils proposent « de recommander le port du masque en lieu clos pour tous les élèves de plus de 6 ans« , considérant que « les enfants de moins de 11 ans sont aussi contaminants que les adolescents ou les adultes ».

Le groupe de médecins, déjà à l’origine d’une tribune mi-août pour le masque obligatoire dans tous les lieux collectifs clos, réclame également des règles plus strictes sur l’aération des locaux et « des procédures dédiées dans les zones de forte circulation virale » pour éviter de devoir fermer des écoles entières si un cas est détecté.

 

Il suggère d’alléger les classes « en alternant présentiel et enseignement à distance », de limiter les « contacts entre les classes » et d’organiser un « échelonnement des récréations et de la cantine ».

 

Rentrée : « L’ÉCOLE N’EST PAS PRÊTE » ( MÉDECINS)

Rentrée : « L’ÉCOLE N’EST PAS PRÊTE » ( MÉDECINS)

Le protocole sanitaire prévu par l’Education nationale pour les écoles  »ne protège ni les personnels ni les élèves et leurs familles », estime samedi un collectif de médecins, appelant à durcir les précautions à trois jours de la rentrée.

 

« Au-delà du réel risque sanitaire, il y a aussi celui de fermer des classes par dizaines, avec pour effet d’amplifier les inégalités devant le savoir et l’apprentissage et de désorganiser durablement notre économie et notre société », prévient leur tribune, publiée sur le site internet du Parisien.

« L’école n’est pas prête. (…) Compte tenu du protocole en vigueur, rien ne semble empêcher les écoles de devenir des clusters » (des foyers infectieux), alertent les signataires, dont l’infectiologue Karine Lacombe, le président du syndicat de médecins libéraux UFMLS Jérôme Marty et les créateurs du collectif Stop-Postillons, qui préconise depuis des mois de renforcer le rôle du masque dans la lutte contre le coronavirus.

 

Ils proposent « de recommander le port du masque en lieu clos pour tous les élèves de plus de 6 ans« , considérant que « les enfants de moins de 11 ans sont aussi contaminants que les adolescents ou les adultes ».

Le groupe de médecins, déjà à l’origine d’une tribune mi-août pour le masque obligatoire dans tous les lieux collectifs clos, réclame également des règles plus strictes sur l’aération des locaux et « des procédures dédiées dans les zones de forte circulation virale » pour éviter de devoir fermer des écoles entières si un cas est détecté.

 

Il suggère d’alléger les classes « en alternant présentiel et enseignement à distance », de limiter les « contacts entre les classes » et d’organiser un « échelonnement des récréations et de la cantine ».

Développement durable: l’union européenne n’est pas un bon élève

Développement durable: l’union européenne n’est pas un bon élève

 

Sauf exception les pays composant de l’union européenne ne constitue pas des modèles d’amélioration du développement durable. Côté climat, les États membres de l’Union ont diminué leurs émissions de gaz à effet de serre de seulement 2,2 points entre 2013 et 2018. Résultat, depuis 1990, le recul des émissions n’a toujours pas atteint 20 %. Les émissions de CO2 émises par les automobiles neuves font à peine mieux avec un recul de 5,4 % en cinq ans. France se situe parmi les meilleurs élèves de l’UE tandis que l’Allemagne, qui s’appuie sur ses centrales à charbon pour compenser le repli du nucléaire, figure en mauvaise place.

Les efforts de l’Union sont pourtant loin d’être négligeables. Pour la seule année 2017, les dépenses liées au climat atteignent 19,7 milliards d’euros, détaille Eurostat, une performance du en partie à la place du nucléaire en France très peu producteur de Co2 par exemple

Bernard Bourdin: La France n’est pas été identitaire

Bernard Bourdin: La France n’est pas été identitaire

Bernard Bourdin est professeur à l’université de Metz et enseigne à la faculté de philosophie de l’Institut catholique de Paris. Il a notamment co-écrit l’ouvrage Souveraineté, nation et religion avec Jacques Sapir (éd. du Cerf, 2017).(le Figaro)


On peut se demander si les manifestations antiracistes de ces derniers jours n’ont malheureusement pas donné définitivement raison à Jérôme Fourquet et sa thèse d’une archipélisation de la France. Je voudrais ici former le vœu qu’il n’en est rien.

Commençons d’abord par plusieurs remarques de bon sens. Nul ne contestera que le racisme existe, nul ne contestera que la pratique du délit de faciès existe. Enfin, nul ne contestera que la police n’est pas parfaite. Mais cela ne fait pas pour autant de la police une institution raciste. Plus grave encore, cela ne fait pas de la France un pays comparable aux États-Unis d’Amérique. Alors que le «pas d’amalgame» est systématiquement utilisé lorsqu’il y a un attentat djihadiste pour ne pas stigmatiser l’islam et les musulmans, l’amalgame entre les situations américaine et française est complet.

Adama Traoré serait notre George Floyd. Cette relation de fausse équivalence est l’exemple parfait de l’instrumentalisation identitaire de l’histoire très spécifique de ces deux nations. Mais il y a un amalgame bien plus radical et pervers, celui qui consiste à faire du «Blanc» la quintessence du mal commis et du «Noir» la quintessence du mal subi. D’un côté, celui qui porte tous les «péchés» de la terre depuis la colonisation doit endosser le rôle du coupable sans rémission. D’un autre côté, celui qui serait par «nature» la victime permanente de l’histoire dont il doit tirer tous les bénéfices.

La porte de sortie consiste alors à déplacer le problème du côté de l’esclavage des noirs qui est un fait historique indéniable.

Cette approche binaire et moralisatrice suspend toute mise en perspective historique, et ce faisant toute possibilité d’une analyse sereine du problème du racisme. Racisme qui se mêle de surcroît au problème de l’esclavage. S’agissant du racisme, son usage pour lutter contre (c’est-à-dire être «antiraciste»), est d’autant plus problématique que le mot race va sans doute disparaître de la Constitution. De deux choses l’une, ou bien il y a toujours des races, et il est donc juridiquement légal de combattre le racisme, ou bien il n’y a pas (ou plus) de races et dès lors le racisme comme l’antiracisme n’ont plus de valeur constitutionnelle. À moins que les antiracistes jouent sur tous les tableaux!

Ce vide sémantique délégitime un combat devenu idéologiquement «autonome». La porte de sortie consiste alors à déplacer le problème du côté de l’esclavage des Noirs qui est un fait historique indéniable. Mais si ce combat veut se situer honnêtement du côté de l’analyse historique, il lui faut en tirer toutes les conséquences. L’esclavage a été pratiqué par les Noirs sur d’autres Noirs (peut-on d’ailleurs ignorer l’existence encore actuelle des violences interethniques en Afrique?) pour ensuite être pratiqué par les Arabes sur les Noirs. Par rapport à cette pratique qui soulève à bon droit l’indignation, les Blancs arrivent en troisième position. Ce qui, certes, ne vaut pas excuse morale, mais la situe historiquement.

Les identitaires blancs sont dans le mauvais camp et les identitaires des minorités culturelles, dans le bon.

La France a eu Schoelcher (désormais déboulonné en Martinique). Nous attendons l’équivalent du côté de nos prédécesseurs esclavagistes… Les «antiracistes» ne peuvent donc induire l’idée qu’il y aurait une essence du mal que représenteraient les Blancs et une essence du bien que représenteraient les Noirs, à moins de céder au manichéisme qui embrouille les esprits plutôt que d’éclairer chaque citoyen à y voir clair par rapport à ce problème. Plutôt que de mettre les genoux à terre, les Occidentaux rendraient infiniment mieux service à «la cause de l’antiracisme» et de la «purification» de la mémoire, en faisant œuvre de raison en lieu et place de l’émotion morale qui ne mène nulle part. Dans ce combat binaire, c’est en réalité la logique identitaire qui est dramatiquement à l’œuvre par l’usage de la violence, à la fois symbolique et diabolique (le déboulonnement des statues des méchants de l’histoire). En l’occurrence, les identitaires blancs sont dans le mauvais camp et les identitaires des minorités culturelles, dans le bon.

 

Autrement dit, à l’instar de l’usage sémantique du mot race, ce n’est pas l’identitarisme qui est condamné, mais les majorités… Et les rôles peuvent être redistribués. C’est donc sans fin et inévitablement très dangereux. Pour enterrer la hache de guerre, c’est à toutes les logiques identitaires qu’il faut renoncer. Et c’est donc avec l’archipélisation de la France qu’il faut rompre pour retrouver une communauté politique de destin. Elle porte un nom: la nation! La nation telle qu’elle a été comprise en France n’a jamais été identitaire, elle s’est toujours opposée à toute conception ethnique. Elle implique une histoire, malheureusement décousue et qu’il est urgent de repenser pour le XXIe siècle, si les Français ne veulent pas sombrer dans la guerre des mémoires et des identités segmentées. C’est la leçon que nous devrions tirer de la violence qui nous accable. Mais les antiracistes (ou les indigénistes) n’en veulent pas. Ils sont beaucoup plus intéressés par régler des comptes avec le passé pour mieux imposer leurs vues culpabilisantes et «régénératrices» à notre pays et au pouvoir politique. Il revient par conséquent à ce dernier de prendre ses responsabilités face à l’histoire passée, présente et à venir. Nous y gagnerons tous en cessant de nous regarder comme des identités majoritaires ou minoritaires. Nous ne devrions jamais oublier la conférence d’Ernest Renan donnée à la Sorbonne en 1882: Qu’est-ce qu’une nation? L’historien, philosophe et philologue a affirmé quelques idées pertinentes et encore essentielles pour le XXIe siècle: la nation est un «principe spirituel», c’est-à-dire «un riche legs de souvenirs» et «la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis». Il ajoute: «L’existence d’une nation (pardonnez-moi cette métaphore) est un plébiscite de tous les jours». Renan devrait être enseigné dans nos écoles.

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