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Macron n’est pas le chef du Liban pour le Hezbollah

Macron n’est pas le chef du Liban pour le Hezbollah

D’une certaine manière, c’est une claque pour Macron qui a été  désavoué  dans sa volonté de diriger la sortie de crise du Liban. Pour preuve, Macron avait fixé un une date-butoir pour la formation d’un nouveau gouvernement. Or le premier ministre libanais a été contraint de démissionner faute de consensus pour le former. C’est évidemment un échec diplomatique pour Macron mais surtout pour le Liban qui devra encore attendre les aides financières internationales pour sortir de la crise terrible économique et sociale.

Le Hezbollah n’a pas spécialement apprécié que Macron joue l’opinion publique contre le Hezbollah certes largement coupable de la désagrégation de l’État mais dont la présence sur le terrain est indéniable du fait de sa forte implantation et de son organisation.

Le secrétaire général du Hezbollah, qui s’exprimait dans un discours télévisé, estime en outre que l’approche adoptée par le dirigeant français, avec ultimatum fixé pour la formation d’un “gouvernement de mission”, doit changer sous peine de ne produire aucun résultat.

Il a par ailleurs accusé d’anciens Premiers ministres libanais, sunnites, dont Saad Hariri, de chercher à exploiter à des fins politiques l’implication de la France dans la crise politique, économique et financière du pays.

Le président français, qui s’est fortement impliqué dans la crise libanaise, a dénoncé lors d’une conférence de presse organisée dimanche en fin de journée entre Paris et Beyrouth une “trahison collective” de la classe politique libanaise, incapable de s’entendre sur un “gouvernement de mission” alors, a-t-il dit, qu’elle s’y était engagée auprès de lui lors de sa visite à Beyrouth, début septembre.

Il a également appelé le Hezbollah à une “clarification”. “Le Hezbollah ne peut en même temps être une armée en guerre contre Israël, une milice déchaînée contre les civils en Syrie et un parti respectable au Liban”, a-t-il dit. Une vérité sans doute mais diplomatiquement peu habile.

5G : ce n’est pas de la compétence des maires

5G : « ce n’est pas de la compétence des maires »

 

 

 

À juste titre Stéphane Richard, PDG d’Orange,  rappelle que le développement de la 5G n’est pas de la compétence des maires. Il s’agit en effet d’un projet d’équipement national. Il serait pour le moins curieux de pouvoir user de la téléphonie pour un appel dans une commune mais de ne pas pouvoir recevoir la communication dans celle du destinataire d’une autre commune. Un peu comme si une route était autorisée dans un sens mais pas dans l’autre.

Stéphane Richard, le PDG d’Orange, se félicite dans une interview au Figaro que le gouvernement ait tapé du poing sur la table pour éviter une hystérisation du débat.

La 5G est un sujet de crispation. En a-t-on besoin?

Stéphane RICHARD. - La 5G s’inscrit dans un débat sociétal plus vaste. Le numérique suscite des interrogations sur les éventuelles addictions qu’il génère, le rapport aux enfants, aux autres… Mais cette lassitude présumée ne se reflète pas dans les comportements. Après le confinement, qui a démontré à quel point le numérique était vecteur de liens sociaux, nous avons assisté à une envolée de la demande pour la fibre et le trafic de données mobiles continue de croître de 40 % par an.

Le PDG d’Orange rappelle qu’il s’agit d’un enjeu technologique d’importance internationale et que cela ne dépend aucunement de la responsabilité des maires.

Coronavirus : « ce n’est pas la situation de mars-avril » (Patrick Pelloux)

Coronavirus : « ce n’est pas la situation de mars-avril »(Patrick Pelloux)

.Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France et invité d’Europe 1 dimanche, considère qu’on n’est pas du tout dans la même situation qu’en mars et avril.( L’interview D’Europe 1)

« Pour l’instant il n’y a pas d’afflux massif de patients », estime Patrick Pelloux. En outre, on a perfectionné les traitements », précise-t-il.

Cependant les sources d’inquiétude restent nombreuses. Selon Patrick Pelloux, une tension existerait déjà, du fait de l’addition des malades du Covid-19 et des autres patients. « Il y a une tension sur les lits […] qui va poser problèmes dans les jours qui viennent. » De plus, il appelle les Français à se vacciner contre la grippe saisonnière pour se protéger, protéger les autres ainsi que le personnel soignant. Le cumul des deux épidémies pourrait avoir des conséquences désastreuses.

« Moi, Je suis assez optimiste », conclut Patrick Pelloux. « C’est la première fois dans l’histoire de France que l’on dit aux gens de porter des masques, de se laver les mains […] tout cela va diminuer le risque de transmission du virus de la grippe, en plus de celui du coronavirus. »

Le danger de la rentrée : « L’ÉCOLE N’EST PAS PRÊTE » ( MÉDECINS)

Le danger de la rentrée : « L’ÉCOLE N’EST PAS PRÊTE » ( MÉDECINS)

 

Le protocole sanitaire prévu par l’Education nationale pour les écoles  »ne protège ni les personnels ni les élèves et leurs familles », estime samedi un collectif de médecins, appelant à durcir les précautions à trois jours de la rentrée.

 

« Au-delà du réel risque sanitaire, il y a aussi celui de fermer des classes par dizaines, avec pour effet d’amplifier les inégalités devant le savoir et l’apprentissage et de désorganiser durablement notre économie et notre société », prévient leur tribune, publiée sur le site internet du Parisien.

« L’école n’est pas prête. (…) Compte tenu du protocole en vigueur, rien ne semble empêcher les écoles de devenir des clusters » (des foyers infectieux), alertent les signataires, dont l’infectiologue Karine Lacombe, le président du syndicat de médecins libéraux UFMLS Jérôme Marty et les créateurs du collectif Stop-Postillons, qui préconise depuis des mois de renforcer le rôle du masque dans la lutte contre le coronavirus.

 

Ils proposent « de recommander le port du masque en lieu clos pour tous les élèves de plus de 6 ans« , considérant que « les enfants de moins de 11 ans sont aussi contaminants que les adolescents ou les adultes ».

Le groupe de médecins, déjà à l’origine d’une tribune mi-août pour le masque obligatoire dans tous les lieux collectifs clos, réclame également des règles plus strictes sur l’aération des locaux et « des procédures dédiées dans les zones de forte circulation virale » pour éviter de devoir fermer des écoles entières si un cas est détecté.

 

Il suggère d’alléger les classes « en alternant présentiel et enseignement à distance », de limiter les « contacts entre les classes » et d’organiser un « échelonnement des récréations et de la cantine ».

 

Rentrée : « L’ÉCOLE N’EST PAS PRÊTE » ( MÉDECINS)

Rentrée : « L’ÉCOLE N’EST PAS PRÊTE » ( MÉDECINS)

Le protocole sanitaire prévu par l’Education nationale pour les écoles  »ne protège ni les personnels ni les élèves et leurs familles », estime samedi un collectif de médecins, appelant à durcir les précautions à trois jours de la rentrée.

 

« Au-delà du réel risque sanitaire, il y a aussi celui de fermer des classes par dizaines, avec pour effet d’amplifier les inégalités devant le savoir et l’apprentissage et de désorganiser durablement notre économie et notre société », prévient leur tribune, publiée sur le site internet du Parisien.

« L’école n’est pas prête. (…) Compte tenu du protocole en vigueur, rien ne semble empêcher les écoles de devenir des clusters » (des foyers infectieux), alertent les signataires, dont l’infectiologue Karine Lacombe, le président du syndicat de médecins libéraux UFMLS Jérôme Marty et les créateurs du collectif Stop-Postillons, qui préconise depuis des mois de renforcer le rôle du masque dans la lutte contre le coronavirus.

 

Ils proposent « de recommander le port du masque en lieu clos pour tous les élèves de plus de 6 ans« , considérant que « les enfants de moins de 11 ans sont aussi contaminants que les adolescents ou les adultes ».

Le groupe de médecins, déjà à l’origine d’une tribune mi-août pour le masque obligatoire dans tous les lieux collectifs clos, réclame également des règles plus strictes sur l’aération des locaux et « des procédures dédiées dans les zones de forte circulation virale » pour éviter de devoir fermer des écoles entières si un cas est détecté.

 

Il suggère d’alléger les classes « en alternant présentiel et enseignement à distance », de limiter les « contacts entre les classes » et d’organiser un « échelonnement des récréations et de la cantine ».

Développement durable: l’union européenne n’est pas un bon élève

Développement durable: l’union européenne n’est pas un bon élève

 

Sauf exception les pays composant de l’union européenne ne constitue pas des modèles d’amélioration du développement durable. Côté climat, les États membres de l’Union ont diminué leurs émissions de gaz à effet de serre de seulement 2,2 points entre 2013 et 2018. Résultat, depuis 1990, le recul des émissions n’a toujours pas atteint 20 %. Les émissions de CO2 émises par les automobiles neuves font à peine mieux avec un recul de 5,4 % en cinq ans. France se situe parmi les meilleurs élèves de l’UE tandis que l’Allemagne, qui s’appuie sur ses centrales à charbon pour compenser le repli du nucléaire, figure en mauvaise place.

Les efforts de l’Union sont pourtant loin d’être négligeables. Pour la seule année 2017, les dépenses liées au climat atteignent 19,7 milliards d’euros, détaille Eurostat, une performance du en partie à la place du nucléaire en France très peu producteur de Co2 par exemple

Bernard Bourdin: La France n’est pas été identitaire

Bernard Bourdin: La France n’est pas été identitaire

Bernard Bourdin est professeur à l’université de Metz et enseigne à la faculté de philosophie de l’Institut catholique de Paris. Il a notamment co-écrit l’ouvrage Souveraineté, nation et religion avec Jacques Sapir (éd. du Cerf, 2017).(le Figaro)


On peut se demander si les manifestations antiracistes de ces derniers jours n’ont malheureusement pas donné définitivement raison à Jérôme Fourquet et sa thèse d’une archipélisation de la France. Je voudrais ici former le vœu qu’il n’en est rien.

Commençons d’abord par plusieurs remarques de bon sens. Nul ne contestera que le racisme existe, nul ne contestera que la pratique du délit de faciès existe. Enfin, nul ne contestera que la police n’est pas parfaite. Mais cela ne fait pas pour autant de la police une institution raciste. Plus grave encore, cela ne fait pas de la France un pays comparable aux États-Unis d’Amérique. Alors que le «pas d’amalgame» est systématiquement utilisé lorsqu’il y a un attentat djihadiste pour ne pas stigmatiser l’islam et les musulmans, l’amalgame entre les situations américaine et française est complet.

Adama Traoré serait notre George Floyd. Cette relation de fausse équivalence est l’exemple parfait de l’instrumentalisation identitaire de l’histoire très spécifique de ces deux nations. Mais il y a un amalgame bien plus radical et pervers, celui qui consiste à faire du «Blanc» la quintessence du mal commis et du «Noir» la quintessence du mal subi. D’un côté, celui qui porte tous les «péchés» de la terre depuis la colonisation doit endosser le rôle du coupable sans rémission. D’un autre côté, celui qui serait par «nature» la victime permanente de l’histoire dont il doit tirer tous les bénéfices.

La porte de sortie consiste alors à déplacer le problème du côté de l’esclavage des noirs qui est un fait historique indéniable.

Cette approche binaire et moralisatrice suspend toute mise en perspective historique, et ce faisant toute possibilité d’une analyse sereine du problème du racisme. Racisme qui se mêle de surcroît au problème de l’esclavage. S’agissant du racisme, son usage pour lutter contre (c’est-à-dire être «antiraciste»), est d’autant plus problématique que le mot race va sans doute disparaître de la Constitution. De deux choses l’une, ou bien il y a toujours des races, et il est donc juridiquement légal de combattre le racisme, ou bien il n’y a pas (ou plus) de races et dès lors le racisme comme l’antiracisme n’ont plus de valeur constitutionnelle. À moins que les antiracistes jouent sur tous les tableaux!

Ce vide sémantique délégitime un combat devenu idéologiquement «autonome». La porte de sortie consiste alors à déplacer le problème du côté de l’esclavage des Noirs qui est un fait historique indéniable. Mais si ce combat veut se situer honnêtement du côté de l’analyse historique, il lui faut en tirer toutes les conséquences. L’esclavage a été pratiqué par les Noirs sur d’autres Noirs (peut-on d’ailleurs ignorer l’existence encore actuelle des violences interethniques en Afrique?) pour ensuite être pratiqué par les Arabes sur les Noirs. Par rapport à cette pratique qui soulève à bon droit l’indignation, les Blancs arrivent en troisième position. Ce qui, certes, ne vaut pas excuse morale, mais la situe historiquement.

Les identitaires blancs sont dans le mauvais camp et les identitaires des minorités culturelles, dans le bon.

La France a eu Schoelcher (désormais déboulonné en Martinique). Nous attendons l’équivalent du côté de nos prédécesseurs esclavagistes… Les «antiracistes» ne peuvent donc induire l’idée qu’il y aurait une essence du mal que représenteraient les Blancs et une essence du bien que représenteraient les Noirs, à moins de céder au manichéisme qui embrouille les esprits plutôt que d’éclairer chaque citoyen à y voir clair par rapport à ce problème. Plutôt que de mettre les genoux à terre, les Occidentaux rendraient infiniment mieux service à «la cause de l’antiracisme» et de la «purification» de la mémoire, en faisant œuvre de raison en lieu et place de l’émotion morale qui ne mène nulle part. Dans ce combat binaire, c’est en réalité la logique identitaire qui est dramatiquement à l’œuvre par l’usage de la violence, à la fois symbolique et diabolique (le déboulonnement des statues des méchants de l’histoire). En l’occurrence, les identitaires blancs sont dans le mauvais camp et les identitaires des minorités culturelles, dans le bon.

 

Autrement dit, à l’instar de l’usage sémantique du mot race, ce n’est pas l’identitarisme qui est condamné, mais les majorités… Et les rôles peuvent être redistribués. C’est donc sans fin et inévitablement très dangereux. Pour enterrer la hache de guerre, c’est à toutes les logiques identitaires qu’il faut renoncer. Et c’est donc avec l’archipélisation de la France qu’il faut rompre pour retrouver une communauté politique de destin. Elle porte un nom: la nation! La nation telle qu’elle a été comprise en France n’a jamais été identitaire, elle s’est toujours opposée à toute conception ethnique. Elle implique une histoire, malheureusement décousue et qu’il est urgent de repenser pour le XXIe siècle, si les Français ne veulent pas sombrer dans la guerre des mémoires et des identités segmentées. C’est la leçon que nous devrions tirer de la violence qui nous accable. Mais les antiracistes (ou les indigénistes) n’en veulent pas. Ils sont beaucoup plus intéressés par régler des comptes avec le passé pour mieux imposer leurs vues culpabilisantes et «régénératrices» à notre pays et au pouvoir politique. Il revient par conséquent à ce dernier de prendre ses responsabilités face à l’histoire passée, présente et à venir. Nous y gagnerons tous en cessant de nous regarder comme des identités majoritaires ou minoritaires. Nous ne devrions jamais oublier la conférence d’Ernest Renan donnée à la Sorbonne en 1882: Qu’est-ce qu’une nation? L’historien, philosophe et philologue a affirmé quelques idées pertinentes et encore essentielles pour le XXIe siècle: la nation est un «principe spirituel», c’est-à-dire «un riche legs de souvenirs» et «la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis». Il ajoute: «L’existence d’une nation (pardonnez-moi cette métaphore) est un plébiscite de tous les jours». Renan devrait être enseigné dans nos écoles.

En Italie, la bourse Bourse de Milan n’est pas à vendre mais elle pourrait bien être achetée !

En Italie, la bourse Bourse de Milan n’est pas à vendre mais elle pourrait bien être achetée !

La situation de la banque italienne est dans un tel état qu’elle pourrait tout simplement éclater , d’où  l’intérêt d’un achat par un opérateur unique.

Mais ce projet se heurte à l’opposition d’autres responsables de la coalition, parmi lesquels figure le ministre de l’Economie, Roberto Gualtieri, membre du Parti démocrate (PD),.

Un haut responsable proche du Trésor a déclaré à Reuters qu’une offre de rachat de Borsa Italiana n’était “pas quelque chose que le ministère des Finances étudie actuellement”.

Une porte-parole de LSE n’a fait aucun commentaire dans l’immédiat sur le sujet mais a déclaré que David Schwimmer, le directeur général de l’opérateur de la Bourse de Londres, avait déjà dit que Borsa Italia n’était pas à vendre.

Le M5S et le Trésor ont refusé de commenter ces informations.

Le projet du M5S, élaboré avec l’aide de la banque d’affaires Mediobanca, vise à former un consortium financier qui appuierait une possible offre du groupe financier public Cassa Depositi e Prestiti (CDP) sur Borsa Italiana ou sur son activité de courtage obligataire, MTS, ont précisé les sources.

Intesa et la société d’investissement Unipol sont considérés comme de possibles membres du consortium, ont-elles ajouté.

Le projet, défendu par le secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil Riccardo Fracaro, valoriserait la Bourse de Milan autour de trois milliards d’euros, toujours selon les mêmes sources.

Les autorités antitrust de l’Union européenne n’ont pas encore rendu leur décision sur le projet de rachat de Refinitiv par LSE mais certains observateurs n’excluent pas qu’elles imposent une cession de MTS.

Rome essaie depuis longtemps déjà de prendre le contrôle de cette plate-forme obligataire, considérée comme un actif stratégique en raison de son rôle dans les échanges de titres de dette publique italienne, ont dit les sources.

l4avis  de l’union économique sera déterminant quant à l’avenir de LSE surtout avec le prêts avantageux consentis à L’Italie avec la caution de doute l’UE.

“Ne perdez pas votre temps à discuter de Borsa. Il n’y a rien à discuter”, a dit David Schwimmer à une source bancaire en référence à une hypothétique offre italienne.

L’une des sources, proche du M5S, a déclaré que Roberto Gualtieri serait favorable à un rapprochement ente Borsa Italiana et Euronext, qui regroupe les Bourses de Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne.

Stéphane Boujnah, le président du directoire d’Euronext, a récemment approché LSE afin d’exprimer son intérêt pour un éventuel rachat de Borsa Italiana, a-t-on appris de deux sources proches du dossier, mais cette approche a été rejetée.

Euronext s’est refusé à tout commentaire sur le sujet.

Le déconfinement par département n’est pas pertinent

Le déconfinement par département n’est pas pertinent

Pour le géographe, Georges Roques il faut conduire très vite des études de terrain à la bonne échelle, celle des intercommunalités et pas des départements ou des communes ( chroniques dans l’Opinion)

 

La carte gouvernementale quotidienne, établie par département en vue du déconfinement.

 

tribune

La carte de la météo sanitaire est connue depuis le 30 avril et elle sera diffusée tous les soirs à une heure de grande écoute. Elle prépare au déconfinement fixé au 11 mai, en attendant mieux. On hésite toujours au plan décisionnel entre l’Etat et les collectivités locales, alors que la bonne manière est dans l’interaction entre les deux niveaux. Pour les écoles, la décision revient aux maires alors qu’ils ne peuvent décider que pour les écoles maternelles et primaires, pas pour les collèges et les lycées. Il s’agit là d’une véritable révolution copernicienne. Les jacobins confrontés à une relative impuissance envoient la patate chaude aux maires, soit plus de 34 000 décisionnaires. Le voilà, le manche du marteau. Mais il frappe à côté de l’enclume.

La communication annoncée est massive, journalière, accablante… et erronée. Tous les jours la carte bicolore au départ, tricolore ensuite des départements, celle de l’espoir et de la désespérance nous diront si nous sommes libérés ou pas des contraintes liées à la présence ou l’absence du virus. Pour l’essentiel, sur quels critères se base-t-on ? Le taux de cas connus de contamination dans la population sur une période de sept jours reste élevé, les capacités hospitalières régionales en réanimation sont tendues, le système local de tests et de détection des chaînes de contamination n’est pas suffisamment prêt.

« J’habite en limite d’un département, l’Hérault, limitrophe du Gard. Le Pont du Gard est très proche, mais si je ne peux pas franchir la limite départementale, quelle règle prévaut ? » 

Le passé récent nous a montré que ces chiffres ne sont pas très fiables. Les morts dans les Ehpad n’ont été comptabilisés que tardivement. Les contestations sur la couleur en Corse ou dans le Lot démontrent le flou des critères retenus. Que compte-on exactement ? Il faut distinguer la collecte de l’utilisation de ces chiffres. En ce moment, qui tient la comptabilité des décès : les mairies avec l’état civil, les hôpitaux, les médecins généralistes ?

Cartes précises. Ajoutons-y la règle des 100 kilomètres pour les déplacements individuels. S’il s’agit de 100 kilomètres à vol d’oiseau, jusqu’où peut-on aller ? Prenons un exemple précis : j’habite en limite d’un département, l’Hérault, limitrophe du Gard. Le Pont du Gard est très proche, bien en deçà des 100 kilomètres autorisés. Mais si je ne peux pas franchir la limite départementale, quelle règle prévaut ? La raison de chacun ?

Rappel : les départements ont été créés par l’Assemblée constituante le 22 décembre 1789. Leur dimension est en général inférieure aux 100 kilomètres. C’était le temps nécessaire pour se rendre à la préfecture à cheval dans la journée, et d’en revenir.

Il faudra sans doute plus tard avancer les études sur les populations concernées (âge, niveau économique et social, environnement…). Tout cela est centralisé actuellement par les Agences régionales de santé. On peut espérer que chaque décès est bien comptabilisé, et surtout bien localisé. Si tel est le cas, il faut dresser des cartes précises de l’extension et de l’intensité de la pandémie. On peut ensuite dessiner les contours de l’extension de l’épidémie. En utilisant la technique de seuil, on peut monter l’intensité de la maladie. On éviterait ainsi d’afficher des statistiques trop administratives, par départements, et d’éclater les décisions aux maires des communes.

La commune est une entité administrative qui n’a plus les mêmes pouvoirs qu’avant. Dans les métropoles et les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), elles participent d’un même ensemble, elles sont souvent jointives. Les transports et de nombreux services ne sont plus du domaine du maire, mais du président de la métropole ou de l’intercommunalité. Les communes limitrophes peuvent être concernées par une continuité transcommunale des décès et des malades.

« Peter Gould, le grand géographe américano-britannique évoquait à propos de ses cartes remarquables de la diffusion du sida “les taches de vin sur la nappe” ».

Psychose. C’est sur ces unités qu’il faudrait décider. Le filet est bien là. On dispose des données localisées, on a les compétences cartographiques et infographiques pour les traiter de manière intelligente. Il faudrait aussi se servir des leçons que l’on peut tirer de ce terrible épisode. Evidemment au plan médical, créer des outils performants pour prendre les décisions sanitaires adaptées à la réalité du terrain, et au niveau pertinent, celui de l’extension réelle de l’épidémie, Peter Gould, le grand géographe américano-britannique évoquait à propos de ses cartes remarquables de la diffusion du sida « les taches de vin sur la nappe ». Le festival international de la géographie lui avait, à cette occasion, donné le prix Vautrin Lud qui est la géographie ce que la médaille Fields est aux mathématiques, soit un Nobel sans le nom.

Qu’attendent les pouvoirs publics pour faire effectuer ces travaux ? L’information pour le public serait plus juste, plus claire, et les actions de l’Etat et des collectivités locales mieux ciblées. Peut-être cette information permettrait-elle peut-être de limiter les psychoses ambiantes qui menacent l’équilibre social des individus dans certains quartiers. Nous sommes encore dans l’urgence et l’inquiétude, mais rien n’empêche d’anticiper au plus vite. Le marteau tapera d’autant plus fort sur l’enclume que la récolte du filet lui indiquera mieux où il faut frapper…

Georges Roques est géographe, auteur de « L’illusion régionale. La réforme territoriale en question » (Editions Cairn, juin 2019).

 

ADP : l’échec du projet de référendum pour une nationalisation qui n’est plus à l’ordre du jour !

ADP : l’échec du projet de référendum pour une nationalisation qui n’est plus à l’ordre du jour !

 

On peut se demander à quoi servent certaines institutions , c’est notamment le cas de cette magistrature suprême que constitue le conseil constitutionnel qui vient de décider que le projet de référendum concernant la nationalisation d’ADP est annulée.

Il aurait sans doute été plus judicieux pour éviter le ridicule que le gouvernement déclare purement et simplement que la nationalisation n’était plus à l’ordre du jour. En effet avec la crise sanitaire , le secteur aérien va être sinistré et les perspectives de profit des aéroports reportés à beaucoup plus tard.

Bref si la nationalisation ADP avait lieu aujourd’hui elle pourrait s’opérer pour une bouchée de pain en faveur de n’importe quel groupe financier spéculatif y compris étranger.

Le conseil constitutionnel aurait sans doute mieux à faire en ce préoccupant de la légalité du premier tour des municipales. Un premier tour qui compte tenu du contexte notamment du record d’abstention justifierait sans doute une annulation. Le Conseil constitutionnel a donc constaté officiellement, ce jeudi, l’échec du projet de référendum sur la privatisation du groupe Aéroports de Paris (ADP) qui n’a pas obtenu en neuf mois le soutien de 10% des électeurs exigé pour être validé.

« Le nombre de soutiens [...] à recueillir était de 4.717.396″ mais seuls « 1.093.030″ signatures ont été enregistrées et validées, indiquent les « sages » dans un communiqué.

Coronavirus: le pic de l’épidémie n’est pas atteint

Coronavirus: le pic de l’épidémie n’est pas atteint

Curieusement, les autorités chinoises affirment que le nombre de personnes infectées et le nombre de décès du fait du virus tend à se réduire depuis quelques jours. Parallèlement, selon le bureau politique du Parti communiste, qui s’est réuni autour du président Xi Jinping, le pic de l’épidémie n’a pas encore été atteint ! Il y a là une contradiction de plus. D’autant qu’on a trouvé de nouveaux cas assez atypiques et de nouveaux champs d’expansion de la maladie dont on connaît encore peu de choses notamment sur son mode de propagation et ses modalités d’incubation. De toute manière, la prévention ne sera réellement efficace que lorsqu’on aura découvert un vaccin qui ne pourra être opérationnel avant des mois c’est-à-dire au moins un an.

L’annonce de la présence de malades parmi les détenus et la découverte d’une trentaine de nouveaux cas dans un hôpital de Pékin ont mis fin à 16 jours consécutifs de recul du nombre quotidien de nouveaux cas chinois hors de cette province, où le virus est apparu en décembre. Au total, 396 cas et quatre décès ont été dénombrés dans la capitale chinoise. Dans son bilan quotidien, la Commission nationale de la santé a fait état de 889 nouveaux cas décelés jeudi en Chine continentale, alors que 394 nouveaux avaient été recensés la veille.

Sur ce total, 258 cas ont été enregistrés hors du Hubei, dont 234 dans deux prisons, l’une située dans la province septentrionale de Shandong et l’autre dans la province orientale de Zhejiang. Plusieurs membres de l’administration locale, jugés responsables de la propagation du virus, ont été démis de leurs fonctions, selon des médias locaux.

En Chine continentale, le bilan s’élève désormais à 75.465 cas et 2.236 décès.

Selon le bureau politique du Parti communiste, qui s’est réuni autour du président Xi Jinping, le pic de l’épidémie n’a pas encore été atteint.

Xu Nanping, vice-ministre des Sciences et de la Technologie, a annoncé que les essais cliniques du premier vaccin chinois débuteraient fin avril, ce qui correspond aux échéances des recherches menées dans d’autres pays. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un vaccin pourrait être commercialisé dans un an et demi. Les autorités sanitaires espèrent que l’arrivée d’un temps plus chaud dans l’hémisphère nord ralentira entre-temps la progression de l’épidémie.

Cette crise sanitaire, dont les répercussions sur la croissance mondiale inquiètent de plus en plus, devrait figurer au coeur des discussions de la réunion des ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales des pays du G20 samedi et dimanche à Ryad, a déclaré le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), Haruhiko Kuroda.

“Nous observons l’impact (de cette épidémie) avec une vive préoccupation et surveillons de près les risques baissiers”, a-t-il déclaré devant le Parlement à Tokyo avant de s’envoler pour Ryad.

A l’échelle mondiale, l’épidémie concerne 26 pays et territoires en dehors de la Chine continentale, et elle a fait 11 morts, selon le bilan établi par Reuters.

Enquête sur le mal-être hospitalier: ce n’est pas le problème

Enquête sur le mal-être hospitalier: ce n’est pas le problème

 

Le nouveau ministre de la santé commence mal son mandat en proposant de lancer une enquête sur le mal-être hospitalier. Une manière de gagner du temps voire d’enterrer le problème car la question n’est pas d’identifier le mal être hospitalier mais de trouver les moyens d’une meilleure efficacité et d’une juste affectation des ressources. Bref ,c’est surtout la question des moyens qui est en cause. Le mal être des hôpitaux est relativement bien identifié y compris par le ministre lui-même qui donnait encore des consultations il y a quelques jours. De toute évidence, le nouveau ministre de la santé, en bon politicien, tente de repousser la question centrale avec une enquête bidon qui ne fera que confirmer ce que l’on sait déjà sur le manque criant d’effectifs dans certains services ; mais aussi sur le besoin de réorganisation générale d’hôpitaux qui ne sont pas réellement gérés avec les moyens adaptés. “Il faut réformer l’hôpital et il faut y associer ceux qui le font vivre au quotidien”, a déclaré l’ancien député de l’Isère lors de la passation de pouvoirs au ministère de la Santé, à Paris.

“Je lancerai dans les prochains jours une enquête nationale (…) pour consulter les hospitaliers – directeur, médecins, infirmiers, brancardiers – pour tenter de saisir en détail le sens de leur engagement auprès du public et les raisons du mal-être qu’ils disent ressentir depuis un certain nombre d’années désormais.”

Le départ du gouvernement d’Agnès Buzyn, qui a remplacé au pied levé Benjamin Griveaux comme candidate de la République en marche (LaRem) pour les municipales à Paris, a été accueilli avec colère et inquiétude dans les rangs du personnel hospitalier en France, qui redoute de nouveaux délais dans les négociations.

“Quand un nouveau ministre arrive, il y a toujours un temps où il va mettre en place ses équipes, étudier les dossiers, alors que la situation est là, il y a urgence à des décisions”, a souligné le porte-parole de l’association des médecins urgentistes de France (AMUF), Christophe Prudhomme.

Quant au choix d’Olivier Véran, “mettre comme ministre celui qui avait été à la manoeuvre pour faire voter la loi de finance, qui motive aujourd’hui le mouvement à l’hôpital, ça frise la provocation”, a-t-il ajouté sur franceTVinfo.

Née le 18 mars 2019 à l’hôpital parisien Saint-Antoine à la suite d’un acte de violence envers des soignants, la contestation sociale dans les hôpitaux s’est étendue depuis aux autre régions de France, contraignant l’exécutif à annoncer une série de mesures et de plans.

Dévoilé en novembre, le dernier “plan d’urgence” prévoit notamment la reprise de 10 milliards d’euros de dette des hôpitaux publics sur les comptes de l’Etat et une prime annuelle de 800 euros pour les infirmiers et aides-soignants de la région parisienne les moins bien rémunérés.

Ces annonces ne sont pas parvenues à éteindre la colère des syndicats qui demandent toujours une hausse des salaires et la création de postes supplémentaires.

Plusieurs milliers de personnes ont une nouvelle fois manifesté vendredi à Paris dans le cadre d’une journée d’action nationale pour défendre l’hôpital public. Un millier de chefs de service et de responsables hospitaliers ont par ailleurs démissionné de leur fonctions d’encadrement pour protester contre l’absence de réponse du gouvernement à leurs revendications.

Le trumpisme n’est pas universel

 Le trumpisme n’est pas universel

La France devrait cesser d’envisager l’avenir dans une continuité de la politique étrangère américaine actuelle, estiment les historiens Maya Kandel et Martin Quencez dans une tribune au « Monde ».

Tribune.

 

La ritournelle semble s’imposer dans le débat français : Trump ne serait que la continuation d’Obama en politique étrangère, les deux étant le produit d’une Amérique fatiguée des « guerres sans fin », déçue par des alliés ingrats, aspirant à se recentrer sur elle-même pour affronter le seul adversaire à sa mesure : la Chine. Dans cette vision, Trump représenterait la nouvelle normalité américaine, une évolution que la France aurait comprise avant les autres, et à laquelle il faudrait s’adapter sans plus attendre.

L’analyse est intéressante dans ce qu’elle révèle des priorités françaises, mais elle reste réductrice. Plus grave, elle risque de devenir déterministe si elle fait du trumpisme le seul horizon d’une politique américaine pourtant bien incertaine. Cette vision est d’ailleurs loin d’être partagée par nos partenaires européens, ce qui nuit à notre capacité d’entraînement pour construire une Europe souveraine.

Pour autant, elle ne manque pas d’arguments. La présidence Trump est bien l’incarnation d’une Amérique qui s’interroge sur les objectifs de sa politique internationale et sur son rôle dans le monde. Les doutes et les divisions quant aux interventions militaires, au rôle des alliés, et à la possibilité d’un « désengagement » traversent les deux grands partis. Il faut reconnaître à Donald Trump d’avoir provoqué le plus large débat américain sur la politique étrangère depuis plusieurs décennies. D’autres éléments de continuité existent entre les présidences Obama et Trump : critique de l’establishment washingtonien en matière de politique étrangère, insistance pour un nouveau partage du fardeau transatlantique, réorientation des priorités vers la Chine, et volonté de mettre fin aux engagements militaires de longue durée au Moyen-Orient.

Une vision qui peut cependant devenir simplificatrice et, à terme, conduire à de mauvaises interprétations et anticipations. D’abord, parce que la continuité Obama-Trump est plus complexe qu’il n’y paraît, et qu’elle ne saurait prédire des choix futurs des administrations américaines.  »

Il y a une grande différence entre les finalités d’Obama  et de Trump poursuivenet les auteurs. Une vision plus nationaliste chez Trump et plus internationale chez Obama.

 

Coronavirus : « la parole chinoise n’est plus crédible » (Marie Holzman)

Coronavirus : « la parole chinoise n’est plus  crédible  » (Marie Holzman)

L’épidémie de coronavirus montre les blocages d’un régime qui néanmoins ne peut plus totalement contrôler l’information, relève Marie Holzman, spécialiste du monde chinois dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune. 

 

Décidément la Chine est placée sous le signe des catastrophes sanitaires à répétition. En 2003, ce fut l’épidémie du SRAS [syndrome respiratoire aigu sévère] qui se répandit à travers le monde et fit plus de huit cents morts. Durant l’année du cochon, qui vient de se terminer ce 24 janvier, ce sont plus de trois cents millions de porcs qui ont dû être abattus dans le pays, et maintenant que l’année du rat débute, on se demande si ce n’est pas la mauvaise habitude des gourmets chinois de rechercher des aliments « exotiques » comme le rat des bambous ou la chauve-souris qui ont provoqué l’irruption d’un nouveau virus mortel à Wuhan.

Déjà en 2003, l’épidémie du SRAS avait été provoquée dans la province du Guangdong par la consommation de civettes qui avaient été infectées par les chauves-souris qui pullulent dans la province voisine du Yunnan.

Quelles que soient les causes de l’épidémie, ce qui frappe le plus les observateurs, c’est la façon dont les autorités chinoises ne parviennent pas à se défaire d’un vieux réflexe bureaucratique issu de la tradition communiste : cacher les problèmes aussi longtemps que possible, afin d’éviter de porter la responsabilité du drame. La catastrophe de Tchernobyl est évoquée sur les réseaux chinois par les internautes qui discutent fiévreusement de l’évolution de ce qui ressemble de plus en plus à une pandémie.

Si le gouvernement avait pris les mesures requises à temps, en serions-nous là aujourd’hui, se demandent-ils. L’épidémie du SRAS avait commencé à la fin de l’année 2002, mais il a fallu attendre que des victimes soient reconnues à Hongkong avant que Pékin ne décide de prendre des mesures à l’échelle nationale en février 2003.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012, la liberté d’expression a été mise à rude épreuve. Aujourd’hui le seul média qui s’autorise encore à communiquer quelques informations est le journal en ligne Caixin. D’après ce média, le premier cas avéré de malade atteint par le coronavirus a été découvert à Wuhan le 8 décembre 2019. Les autorités locales ont choisi de ne pas transmettre l’information à la direction du Parti.

A la fin du mois de décembre 2019, les autorités centrales commencent à s’inquiéter. Une information interne circule à Pékin, et des fuites parviennent à informer quelques Chinois actifs sur les réseaux. Le pot aux roses est dévoilé et c’est le 31 décembre seulement que les autorités de Wuhan envoient le virus pour le faire analyser à Pékin. Le 2 janvier, le virus est identifié et les annonces commencent : il y a bien une épidémie à Wuhan, mais « tout est sous contrôle ». Réaction locale ? Huit internautes sont accusés de « transmettre des rumeurs » et sont arrêtés à Wuhan. » !

 

Société- La suppression de l’ENA n’est pas pour demain !

La suppression de l’ENA n’est pas pour demain !

 

Certains médias annoncent la suppression de l’ENA contenue dans le discours écrit de Macron suite au grand débat.. Pourtant il faut lire avec attention ce que ce qu’avait dit Macron:   il nous faut refonder les règles du recrutement, des carrières et de l’ouverture de la haute fonction publique… Je crois dans l’excellence républicaine et nous avons besoin d’une élite, de décideurs. Simplement, cette élite doit être à l’image de la société et être sélectionnée sur des bases exclusivement méritocratiques”, “C’est pourquoi nous changerons la formation, la sélection, les carrières en supprimant l’ENA et plusieurs autres structures pour en rebâtir l’organisation profonde”.

Première observation il faudra du temps pour transformer ces structures de formation : plusieurs années sans doute. Par ailleurs, la question n’est pas forcément uniquement l’ENA mais la profusion d’instituts de formation politique ( qui peuvent aussi conduire à l’ENA)  dont l’enseignement est particulièrement approximatif en ce sens qu’il a surtout pour objet de fabriquer des oligarques susceptibles de répondre à tout  mais de manière superficielle sans vraie connaissance théorique et évidemment sans pratiques concrètes dans le domaine économique,  politique ou  social. Pour preuve,  le gouvernement de Macron est largement noyauté par les anciens élèves de ces instituts politiques sorte de d’antichambre de l’ENA qui préparent surtout à devenir conseiller de responsables politiques puis responsable politique eux-mêmes sans avoir jamais étaient impliqués au préalable dans une organisation de base.

Macron lui-même au plus haut niveau est entouré de ses jeunes hommes sans expérience et qui soutiennent des idéologies assez sulfureuses comme par exemple la suppression des corps intermédiaires et le débat direct entre le chef de l’État et le peuple. Bref une théorie appliquée qui a conduit au mouvement des gilets jaunes ! Rappelons que ce n’est pas la première fois qu’on annonce la suppression de l’ENA. Avant Emmanuel Macron, plusieurs dirigeants politiques – de François Bayrou à Michel Rocard en passant par l’ancien président Jacques Chirac – ont appelé ces dernières années à la suppression de l’ENA.

En 2016, l’actuel ministre de l’Economie Bruno Le Maire, alors candidat à la primaire de la droite et du centre pour la présidentielle de 2017, avait estimé qu’il était “temps de supprimer l’ENA”. L’école “a rempli son office pendant des années, formé des fonctionnaires de grande qualité. Mais nous entrons dans un monde nouveau: celui des entrepreneurs, de la créativité, de l’innovation”, avait-il fait valoir. Selon une étude du Cevipof publiée en 2015 à l’occasion des 70 ans de l’école fondée par Michel Debré, le recrutement ne s’est pas démocratisé et n’a pas permis le brassage social espéré au moment de sa création. “La proportion d’élèves ayant un père exerçant une profession supérieure” est entre autres passée de 45% en 1950-1960 à 70% en 2014. Bref une école qui n’est ni réellement efficace, ni démocratique mais qui est loin encore d’être supprimée.

Retraites: ce n’est pas la vraie réforme ( Jean-Christophe Lagarde)

Retraites: ce n’est pas la vraie réforme ( Jean-Christophe Lagarde)

 

A juste titre sans doute Jean Christophe Lagarde ( UDI) met les pieds dans le plat de la fausse réforme des retraites. Pour lui ce n’est pas l’âge de la retraite qu’il faut reculer mais le temps de travail qu’il faut augmenter. Notons que la France la durée de travail annuelle la plus faible de l’Europe.  1646 heures travaillées, soit 434 heures de moins que la Roumanie !

 

«La solution, c’est de travailler plus longtemps tout au long de sa vie pour partir plus tôt, à 62 ans. Au lieu de travailler 35 heures, il faut travailler 37 heures et ça équilibrera les retraites !» déclare Jean-Christophe Lagarde.

 

Concernant la grève du 5 décembre, il  prévient : «On va droit dans le mur ! Des tas de secteurs sont en ébullition, comme les étudiants. Le problème de fond, c’est que depuis 20 ans la rémunération du capital augmente de manière fantastique et celle du travail diminue !»

 

Pour des questions démographiques et de justice, une réforme des retraites est indiscutablement nécessaire. Mais l’urgence n’est sans doute pas de retarder de manière uniforme l’âge de la retraite mais de travailler davantage tout au long de sa vie en tenant compte des spécificités du métier.  Le problème, c’est que la France a pris l’habitude d’enfiler les réformettes tous les cinq ans en moyenne sans s’attaquer aux questions de fond. Il y a forcément l’équilibre financier à trouver entre les actifs et les retraités. De ce point de vue, la France souffre d’un taux d’inactivité trop important comparé aux autres pays . Ce sont en effet  les cotisations d’actifs qui permettent d’assurer le financement des pensions. Jusqu’alors,  on a surtout résonné en termes de catégories professionnelles, d’entreprises et de secteurs. De sorte qu’on a fait l’amalgame entre les conditions de vie d’un employé dont le travail ne comporte pas de sujétion particulière avec celui d’un autre  salarié soumis à des conditions de travail difficiles ( charge physique, charge mentale, cadence, horaires, travail des dimanches et jours de fête etc.).

 

Si une véritable réforme égalitaire devait intervenir, elle devrait prendre en compte les conditions individuelles de chaque salarié et non son appartenance à un secteur à une entreprise. À l’hôpital, tous les salariés sont loin d’être soumis aux contraintes d’un service d’urgence; à la SNCF nombre de postes ne justifient nullement une retraite anticipée par rapport à la norme;  chez les fonctionnaire en général s’ajoutent des conditions de travail généreuses à des sureffectifs. Certes certains métiers, dans certaines fonctions et dans certaines circonstances subissent des contraintes qui justifient un départ en retraite anticipé. Cette réalité ne doit toutefois pas servir d’alibi pour justifier la généralisation de cet avantage a la masse des autres salariés concernés. On objectera qu’un salarié peut au  cours de sa carrière changer de poste, certains plus difficiles que d’autres. Ce sont précisément ces sujétions particulières qui doivent être évaluées, prises en compte pour justifier un niveau de retraite particulier.

 

C’est l’approche globale qui rend la réforme actuelle complètement confuse en même temps qu’injuste. Pour preuve , il y a une différence d’espérance de vie de 10 ans environ  entre certains ouvriers et des cadres. C’est la philosophie même du régime des retraites qui doit être mise en cause. L’approche méthodologique par secteur, statut, grande entreprise est complètement obsolète et nourrit l’inefficacité et la justice. Enfin pour éviter d’avoir à engager une réforme tous les cinq ans, il convient de prendre le temps d’organiser les inévitables transitions car on ne passe pas d’un système aujourd’hui particulièrement incohérent et inégalitaire à un système universel. Bref comme sur beaucoup d’autres sujets, l’approche du gouvernement se caractérise par une grande incompétence technique et sociale. Enfin et peut-être surtout comme l’indique Jean-Christophe Lagarde l’ urgence n’est sans doute pas le report uniforme de l’âge de la retraite mais l’augmentation du temps de travail tout au long de la vie. Ce qui permettrait de maintenir un âge de départ réel autour de 62 ans.

Opel-PSA : suppression de 4.100 emplois et ce n’est pas fini

Opel-PSA  : suppression de 4.100 emplois et ce n’est pas fini

La crise de l’automobile ne fait que débuter en raison de la double dimension structurelle et conjoncturelle. Sur le plan de la conjoncture, le très net tassement de la consommation des ménages a forcément des conséquences sur les commandes de véhicules neufs. Au plan mondial on comptait  surtout sur le marché chinois qui ne cesse malheureusement de reculer et qui va tirer dans le rouge l’ensemble de la production mondiale . Les capacités de production est  sous utilisée partout. En outre, sur le plan structurel se pose la question des énormes investissements à engager en vue de la transformation du mode de motorisation et d’un meilleur respect pour les émissions polluantes. Nombre d’interrogations planent  encore sur la nature et les délais de ces nouvelles motorisations : mixte, totalement électrique ou hydrogène. Les consommateurs eux-mêmes prennent en compte ces incertitudes et nombre se tournent  vers le marché d’occasion en attendant que le ciel s’éclaircisse. Ce que confirme un article de la tribune qui rend compte d’une étude AlixPartners, .

D’après  AlixPartners,  les indicateurs de marché vont se détériorer dès cette année, et ce tableau sombre va perdurer les années suivantes. En résumé, le cabinet d’audit anticipe une baisse du marché automobile mondial dans les deux prochaines années avec un creux en 2020 à 91 millions de voitures (moins 3 millions par rapport à 2017), avant une remontée jusqu’en 2026 avec 106 millions de véhicules. C’est de la Chine que le choc risque d’être le plus dur à encaisser avec une baisse de 3 millions de voitures jusqu’en 2020. Il faudra attendre 2024 pour que le marché revienne à son niveau de 2017 (28 millions de voitures). Mais, plus grave encore, l’étude pointe l’inquiétant niveau des surcapacités industrielles sur le premier marché du monde. AlixPartners estime que le taux d’utilisation des capacités de production est passé sous le seuil des 70%, seuil considéré comme périlleux en termes de rentabilité et qui peut potentiellement conduire à des fermetures d’usines.  les Français ont franchi depuis bien longtemps les lignes rouges des surcapacités puisque PSA utilise seulement 26% de ses capacités de production chinoises, contre 33% pour Renault. Seul Ford fait pire avec 24%.

Même trajectoire attendue sur le marché américain qui pourrait d’ici 2021, perdre deux millions d’immatriculations sur l’année. d’usines afin d’ajuster sa production à la demande.

 De son côté, le marché européen va croître lentement et passer de 20,6 millions de voitures à environ 22,3 millions en 2026.

D’ici 5 à 6 ans, entre 40 à 60 usines dans le monde seront soit fermées, soit transformées dans la fabrication de batteries électriques. Les équipementiers pourraient être les premiers concernés. Ils disposent de plus grandes surcapacités en Chine. En outre, ils pourraient être frappés par l’avènement de la voiture électrique qui va faire disparaître toute une série d’équipements.

 

Citant une source proche du dossier, l’agence précise que 2.100 postes au moins seront supprimés d’ici 2025 et que deux vagues de réductions d’effectifs d’un millier chacune pourraient suivre en 2027 puis 2029. Les employés d’Opel seront informés mardi.

Le secteur automobile, qui subit un ralentissement mondial du marché en particulier en Chine, doit également s’adapter au durcissement des règles en matière de pollution et investir massivement dans le développement des véhicules électriques et des véhicules autonomes.

Réforme Retraites: ce n’est pas le sujet urgent

Réforme Retraites: ce n’est pas le sujet urgent

 

 

 

Macron vient de commettre une erreur stratégique fondamentale en se trompant de réforme. L’urgence n’est pas  de définir ce que seront les retraites de ceux qui aujourd’hui ont 47 ou 57 ans et moins ( donc avec application en 2025 ou 2035). Ce n’est pas l’âge de la retraite qu’il faut reculer mais le temps de travail qu’il faut augmenter. Notons que la France a la durée de travail annuelle la plus faible de l’Europe.  1646 heures travaillées, soit 434 heures de moins que la Roumanie !

 

 La solution, c’est de travailler plus longtemps tout au long de sa vie pour partir plus tôt, à 62 ans. Au lieu de travailler 35 heures, il faut travailler 37 ou 40 heures  et cela équilibrera les retraites et la balance commerciale qui accuse régulièrement un déficit de 50 à 60 milliards par an.

 Pour des questions démographiques et de justice, une réforme des retraites est indiscutablement nécessaire. Mais l’urgence n’est sans doute pas de retarder de manière uniforme l’âge de la retraite mais de travailler davantage tout au long de sa vie en tenant compte des spécificités du métier.  Le problème, c’est que la France a pris l’habitude d’enfiler les réformettes tous les cinq ans en moyenne sans s’attaquer aux questions de fond. Il y a forcément l’équilibre financier à trouver entre les actifs et les retraités.

 

 De ce point de vue, la France souffre d’un taux d’inactivité trop important ( 6 à 8 millions de personnes ) comparé aux autres pays . Ce sont en effet  les cotisations d’actifs qui permettent d’assurer le financement des pensions ( principe de la répartition). Jusqu’alors,  on a surtout raisonné en termes de catégories professionnelles, d’entreprises et de secteurs. De sorte qu’on a fait l’amalgame entre les conditions de vie d’un employé dont le travail ne comporte pas de sujétion particulière avec celui d’un autre  salarié soumis à des conditions de travail difficiles ( charge physique, charge mentale, cadence, horaires, travail des dimanches et jours de fête etc.).

 

 Si une véritable réforme égalitaire devait intervenir, elle devrait prendre en compte les conditions individuelles de chaque salarié et non son appartenance à un secteur à une entreprise. À l’hôpital, tous les salariés sont loin d’être soumis aux contraintes d’un service d’urgence; à la SNCF nombre de postes ne justifient nullement une retraite anticipée par rapport à la norme;  chez les fonctionnaire en général s’ajoutent des conditions de travail généreuses à des sureffectifs. Certes, certains métiers, dans certaines fonctions et dans certaines circonstances subissent des contraintes qui justifient un départ en retraite anticipé. Cette réalité ne doit toutefois pas servir d’alibi pour justifier la généralisation de cet avantage a la masse des autres salariés concernés.

 

On objectera qu’un salarié peut au  cours de sa carrière changer de poste, certains plus difficiles que d’autres. Ce sont précisément ces sujétions particulières qui doivent être évaluées, prises en compte pour justifier un niveau de retraite particulier.

 

 C’est l’approche globale qui rend la réforme actuelle complètement confuse en même temps qu’injuste. Pour preuve , il y a une différence d’espérance de vie de 10 ans environ  entre certains ouvriers et des cadres. C’est la philosophie même du régime des retraites qui doit être mise en cause. L’approche méthodologique par secteur, statut, grande entreprise est complètement obsolète et nourrit l’inefficacité et l’ injustice. Enfin pour éviter d’avoir à engager une réforme tous les cinq ans, il convient de prendre le temps d’organiser les inévitables transitions car on ne passe pas d’un système aujourd’hui particulièrement incohérent et inégalitaire à un système universel.

 

Bref, comme sur beaucoup d’autres sujets, l’approche du gouvernement se caractérise par une grande incompétence technique et sociale. Enfin et peut-être surtout l’ urgence n’est sans doute pas le report uniforme de l’âge de la retraite mais l’augmentation du temps de travail tout au long de la vie. Ce qui permettrait de maintenir un âge de départ réel autour de 62 ans.

 

Réforme Retraites: Ce n’est pas le sujet fondamental

Réforme Retraites: Ce n’est pas le sujet fondamental

 

 

 

Macron vient de commettre une erreur stratégique fondamentale en se trompant de réforme. L’urgence n’est pas  de définir ce que seront les retraites de ceux qui aujourd’hui ont 47 ou 57 ans et moins ( donc avec application en 2025 ou 2035). Ce n’est pas l’âge de la retraite qu’il faut reculer mais le temps de travail qu’il faut augmenter. Notons que la France a la durée de travail annuelle la plus faible de l’Europe.  1646 heures travaillées, soit 434 heures de moins que la Roumanie !

 La solution, c’est de travailler plus longtemps tout au long de sa vie pour partir plus tôt, à 62 ans. Au lieu de travailler 35 heures, il faut travailler 37 heures et ça équilibrera les retraites et la balance commerciale qui accuse régulièrement un déficit de 50 à 60 milliards par an.

 Pour des questions démographiques et de justice, une réforme des retraites est indiscutablement nécessaire. Mais l’urgence n’est sans doute pas de retarder de manière uniforme l’âge de la retraite mais de travailler davantage tout au long de sa vie en tenant compte des spécificités du métier.  Le problème, c’est que la France a pris l’habitude d’enfiler les réformettes tous les cinq ans en moyenne sans s’attaquer aux questions de fond. Il y a forcément l’équilibre financier à trouver entre les actifs et les retraités.

 

 De ce point de vue, la France souffre d’un taux d’inactivité trop important ( 6 à 8 millions de personnes ) comparé aux autres pays . Ce sont en effet  les cotisations d’actifs qui permettent d’assurer le financement des pensions. Jusqu’alors,  on a surtout raisonné en termes de catégories professionnelles, d’entreprises et de secteurs. De sorte qu’on a fait l’amalgame entre les conditions de vie d’un employé dont le travail ne comporte pas de sujétion particulière avec celui d’un autre  salarié soumis à des conditions de travail difficiles ( charge physique, charge mentale, cadence, horaires, travail des dimanches et jours de fête etc.).

 Si une véritable réforme égalitaire devait intervenir, elle devrait prendre en compte les conditions individuelles de chaque salarié et non son appartenance à un secteur à une entreprise. À l’hôpital, tous les salariés sont loin d’être soumis aux contraintes d’un service d’urgence; à la SNCF nombre de postes ne justifient nullement une retraite anticipée par rapport à la norme;  chez les fonctionnaire en général s’ajoutent des conditions de travail généreuses à des sureffectifs. Certes certains métiers, dans certaines fonctions et dans certaines circonstances subissent des contraintes qui justifient un départ en retraite anticipé. Cette réalité ne doit toutefois pas servir d’alibi pour justifier la généralisation de cet avantage a la masse des autres salariés concernés. On objectera qu’un salarié peut au  cours de sa carrière changer de poste, certains plus difficiles que d’autres. Ce sont précisément ces sujétions particulières qui doivent être évaluées, prises en compte pour justifier un niveau de retraite particulier.

 C’est l’approche globale qui rend la réforme actuelle complètement confuse en même temps qu’injuste. Pour preuve , il y a une différence d’espérance de vie de 10 ans environ  entre certains ouvriers et des cadres. C’est la philosophie même du régime des retraites qui doit être mise en cause. L’approche méthodologique par secteur, statut, grande entreprise est complètement obsolète et nourrit l’inefficacité et la justice. Enfin pour éviter d’avoir à engager une réforme tous les cinq ans, il convient de prendre le temps d’organiser les inévitables transitions car on ne passe pas d’un système aujourd’hui particulièrement incohérent et inégalitaire à un système universel.

 

Bref comme sur beaucoup d’autres sujets, l’approche du gouvernement se caractérise par une grande incompétence technique et sociale. Enfin et peut-être surtout l’ urgence n’est sans doute pas le report uniforme de l’âge de la retraite mais l’augmentation du temps de travail tout au long de la vie. Ce qui permettrait de maintenir un âge de départ réel autour de 62 ans.

 

Retraites: ce n’est pas la vraie réforme ( Jean-Christophe Lagarde)

Retraites: ce n’est pas la vraie réforme ( Jean-Christophe Lagarde)

 

A juste titre sans doute Jean Christophe Lagarde ( UDI) met les pieds dans le plat de la fausse réforme des retraites. Pour lui ce n’est pas l’âge de la retraite qu’il faut reculer mais le temps de travail qu’il faut augmenter. Notons que la France la durée de travail annuelle la plus faible de l’Europe.  1646 heures travaillées, soit 434 heures de moins que la Roumanie !

 

: «La solution, c’est de travailler plus longtemps tout au long de sa vie pour partir plus tôt, à 62 ans. Au lieu de travailler 35 heures, il faut travailler 37 heures et ça équilibrera les retraites !» déclare Jean-Christophe Lagarde.

 

Concernant la grève du 5 décembre, il  prévient : «On va droit dans le mur ! Des tas de secteurs sont en ébullition, comme les étudiants. Le problème de fond, c’est que depuis 20 ans la rémunération du capital augmente de manière fantastique et celle du travail diminue !»

Pour des questions démographiques et de justice, une réforme des retraites est indiscutablement nécessaire. Mais l’urgence n’est sans doute pas de retarder de manière uniforme l’âge de la retraite mais de travailler davantage tout au long de sa vie en tenant compte des spécificités du métier.  Le problème, c’est que la France a pris l’habitude d’enfiler les réformettes tous les cinq ans en moyenne sans s’attaquer aux questions de fond. Il y a forcément l’équilibre financier à trouver entre les actifs et les retraités. De ce point de vue, la France souffre d’un taux d’inactivité trop important comparé aux autres pays . Ce sont en effet  les cotisations d’actifs qui permettent d’assurer le financement des pensions. Jusqu’alors,  on a surtout résonné en termes de catégories professionnelles, d’entreprises et de secteurs. De sorte qu’on a fait l’amalgame entre les conditions de vie d’un employé dont le travail ne comporte pas de sujétion particulière avec celui d’un autre  salarié soumis à des conditions de travail difficiles ( charge physique, charge mentale, cadence, horaires, travail des dimanches et jours de fête etc.).

Si une véritable réforme égalitaire devait intervenir, elle devrait prendre en compte les conditions individuelles de chaque salarié et non son appartenance à un secteur à une entreprise. À l’hôpital, tous les salariés sont loin d’être soumis aux contraintes d’un service d’urgence; à la SNCF nombre de postes ne justifient nullement une retraite anticipée par rapport à la norme;  chez les fonctionnaire en général s’ajoutent des conditions de travail généreuses à des sureffectifs. Certes certains métiers, dans certaines fonctions et dans certaines circonstances subissent des contraintes qui justifient un départ en retraite anticipé. Cette réalité ne doit toutefois pas servir d’alibi pour justifier la généralisation de cet avantage a la masse des autres salariés concernés. On objectera qu’un salarié peut au  cours de sa carrière changer de poste, certains plus difficiles que d’autres. Ce sont précisément ces sujétions particulières qui doivent être évaluées, prises en compte pour justifier un niveau de retraite particulier.

C’est l’approche globale qui rend la réforme actuelle complètement confuse en même temps qu’injuste. Pour preuve , il y a une différence d’espérance de vie de 10 ans environ  entre certains ouvriers et des cadres. C’est la philosophie même du régime des retraites qui doit être mise en cause. L’approche méthodologique par secteur, statut, grande entreprise est complètement obsolète et nourrit l’inefficacité et la justice. Enfin pour éviter d’avoir à engager une réforme tous les cinq ans, il convient de prendre le temps d’organiser les inévitables transitions car on ne passe pas d’un système aujourd’hui particulièrement incohérent et inégalitaire à un système universel. Bref comme sur beaucoup d’autres sujets, l’approche du gouvernement se caractérise par une grande incompétence technique et sociale. Enfin et peut-être surtout comme l’indique Jean-Christophe Lagarde l’ urgence n’est sans doute pas le report uniforme de l’âge de la retraite mais l’augmentation du temps de travail tout au long de la vie. Ce qui permettrait de maintenir un âge de départ réel autour de 62 ans.

 

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