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Politique- » Classes populaires » : fin ou mutation

Politique- » Classes populaires » : fin ou mutation

 

Il existe une « incapacité persistante », de la part des partis politiques et notamment de gauche, à comprendre les frontières, les transformations et les divisions d’un monde populaire beaucoup plus divers qu’autrefois, estime le directeur du think tank Terra Nova dans une tribune au « Monde ».

 

Visiblement la gauche politique à des difficultés à appréhender l’évolution sociologique des couches qu’elle est supposée représenter. On est un ainsi passé d’une sémantique à une autre pour parler d’abord de prolétariat, de classe ouvrière, puis de classes populaires sans pour autant clarifier l’évolution. Aujourd’hui on devrait sans doute parler davantage de couches moyennes relativement paupérisées et surtout plombées par les dépenses contraintes dont celles relatives au logement dans les métropoles.

 

Voilà plus de dix ans que la gauche est accusée d’avoir « abandonné les classes populaires ». Ce faisant, elle aurait délibérément brisé son socle électoral historique et organisé sa propre déroute. Ceux qui adhèrent à ce récit prétendent en avoir trouvé la preuve dans la publication, en mai 2011, d’un rapport de Terra Nova sur la stratégie électorale de la gauche qui lui conseillait de rechercher les suffrages des jeunes, des femmes, des diplômés, des minorités et des quartiers populaires plutôt que ceux des ouvriers et des employés.

J’ai, dès mon arrivée à Terra Nova, pris mes distances avec ce rapport, mais la polémique qu’il a suscitée masque, aujourd’hui encore, un fait qui empêche la gauche de renouveler son assise : une incapacité persistante à comprendre les frontières et les transformations du monde populaire. C’est cette difficulté qui était le plus problématique dans l’analyse de Terra Nova, comme chez la plupart de ses contradicteurs, et qui transparaît, aujourd’hui encore, dans l’ensemble des discours politiques.

Commençons par les ouvriers, composante longtemps hégémonique des classes populaires dans l’imaginaire collectif. La tendance des dernières décennies est clairement au déclin : les ouvriers représentent aujourd’hui 20 % de l’emploi total, soit 10 points de moins qu’au début des années 1980 et 20 points de moins qu’à la fin des années 1950. Le monde ouvrier s’éloigne en outre de l’industrie : si les ouvriers qualifiés (fraiseurs, chaudronniers…) n’ont pas trop mal résisté, les ouvriers non qualifiés sont passés, en quarante ans, de près de 30 % de l’emploi ouvrier à 15 % environ. Les deux tiers des ouvriers d’aujourd’hui ne travaillent plus dans le secteur industriel.

De fait, l’identification des ouvriers aux prolétaires des grands ateliers industriels d’antan relève de la persistance rétinienne d’une gauche nostalgique. Si elle veut renouer avec les ouvriers d’aujourd’hui, il ne lui suffira pas de parler au monde de l’usine ou de faire des gammes sur la réindustrialisation (projet essentiel, mais pour d’autres raisons). Qu’ils soient chauffeurs, cuisiniers ou maçons, la majorité des emplois d’ouvriers se trouve en effet aujourd’hui dans des entreprises de plus petite taille où la socialisation des expériences de travail est moins aisée, les interactions avec les autres catégories plus diversifiées et les syndicats souvent absents. Le sentiment d’appartenance au monde ouvrier s’est d’ailleurs affaibli : au début des années 2010, un quart seulement des ouvriers se considérait encore comme appartenant à la « classe ouvrière ». Celle-ci n’a pas seulement perdu en nombre et en cohérence : elle s’est aussi dépouillée d’une conscience d’elle-même et des grands récits qui lui donnaient forme.

Classes populaires »: fin ou mutation

 » Classes populaires « : fin ou mutation

Il existe une « incapacité persistante », de la part des partis politiques et notamment de gauche, à comprendre les frontières, les transformations et les divisions d’un monde populaire beaucoup plus divers qu’autrefois, estime le directeur du think tank Terra Nova dans une tribune au « Monde ».

 

Visiblement la gauche politique à des difficultés à appréhender l’évolution sociologique des couches qu’elle est supposée représenter. On est un ainsi passé d’une sémantique à une autre pour parler d’abord de prolétariat, de classe ouvrière, puis de classes populaires sans pour autant clarifier l’évolution. Aujourd’hui on devrait sans doute parler davantage de couches moyennes relativement paupérisées et surtout plombées par les dépenses contraintes dont celles relatives au logement dans les métropoles.

 

Voilà plus de dix ans que la gauche est accusée d’avoir « abandonné les classes populaires ». Ce faisant, elle aurait délibérément brisé son socle électoral historique et organisé sa propre déroute. Ceux qui adhèrent à ce récit prétendent en avoir trouvé la preuve dans la publication, en mai 2011, d’un rapport de Terra Nova sur la stratégie électorale de la gauche qui lui conseillait de rechercher les suffrages des jeunes, des femmes, des diplômés, des minorités et des quartiers populaires plutôt que ceux des ouvriers et des employés.

J’ai, dès mon arrivée à Terra Nova, pris mes distances avec ce rapport, mais la polémique qu’il a suscitée masque, aujourd’hui encore, un fait qui empêche la gauche de renouveler son assise : une incapacité persistante à comprendre les frontières et les transformations du monde populaire. C’est cette difficulté qui était le plus problématique dans l’analyse de Terra Nova, comme chez la plupart de ses contradicteurs, et qui transparaît, aujourd’hui encore, dans l’ensemble des discours politiques.

Commençons par les ouvriers, composante longtemps hégémonique des classes populaires dans l’imaginaire collectif. La tendance des dernières décennies est clairement au déclin : les ouvriers représentent aujourd’hui 20 % de l’emploi total, soit 10 points de moins qu’au début des années 1980 et 20 points de moins qu’à la fin des années 1950. Le monde ouvrier s’éloigne en outre de l’industrie : si les ouvriers qualifiés (fraiseurs, chaudronniers…) n’ont pas trop mal résisté, les ouvriers non qualifiés sont passés, en quarante ans, de près de 30 % de l’emploi ouvrier à 15 % environ. Les deux tiers des ouvriers d’aujourd’hui ne travaillent plus dans le secteur industriel.

De fait, l’identification des ouvriers aux prolétaires des grands ateliers industriels d’antan relève de la persistance rétinienne d’une gauche nostalgique. Si elle veut renouer avec les ouvriers d’aujourd’hui, il ne lui suffira pas de parler au monde de l’usine ou de faire des gammes sur la réindustrialisation (projet essentiel, mais pour d’autres raisons). Qu’ils soient chauffeurs, cuisiniers ou maçons, la majorité des emplois d’ouvriers se trouve en effet aujourd’hui dans des entreprises de plus petite taille où la socialisation des expériences de travail est moins aisée, les interactions avec les autres catégories plus diversifiées et les syndicats souvent absents. Le sentiment d’appartenance au monde ouvrier s’est d’ailleurs affaibli : au début des années 2010, un quart seulement des ouvriers se considérait encore comme appartenant à la « classe ouvrière ». Celle-ci n’a pas seulement perdu en nombre et en cohérence : elle s’est aussi dépouillée d’une conscience d’elle-même et des grands récits qui lui donnaient forme.

« Classes populaires »: la mutation

 « Classes populaires »: la mutation 

 

Il existe une « incapacité persistante », de la part des partis politiques et notamment de gauche, à comprendre les frontières, les transformations et les divisions d’un monde populaire beaucoup plus divers qu’autrefois, estime le directeur du think tank Terra Nova dans une tribune au « Monde ».

 

Voilà plus de dix ans que la gauche est accusée d’avoir « abandonné les classes populaires ». Ce faisant, elle aurait délibérément brisé son socle électoral historique et organisé sa propre déroute. Ceux qui adhèrent à ce récit prétendent en avoir trouvé la preuve dans la publication, en mai 2011, d’un rapport de Terra Nova sur la stratégie électorale de la gauche qui lui conseillait de rechercher les suffrages des jeunes, des femmes, des diplômés, des minorités et des quartiers populaires plutôt que ceux des ouvriers et des employés.

J’ai, dès mon arrivée à Terra Nova, pris mes distances avec ce rapport, mais la polémique qu’il a suscitée masque, aujourd’hui encore, un fait qui empêche la gauche de renouveler son assise : une incapacité persistante à comprendre les frontières et les transformations du monde populaire. C’est cette difficulté qui était le plus problématique dans l’analyse de Terra Nova, comme chez la plupart de ses contradicteurs, et qui transparaît, aujourd’hui encore, dans l’ensemble des discours politiques.

Commençons par les ouvriers, composante longtemps hégémonique des classes populaires dans l’imaginaire collectif. La tendance des dernières décennies est clairement au déclin : les ouvriers représentent aujourd’hui 20 % de l’emploi total, soit 10 points de moins qu’au début des années 1980 et 20 points de moins qu’à la fin des années 1950. Le monde ouvrier s’éloigne en outre de l’industrie : si les ouvriers qualifiés (fraiseurs, chaudronniers…) n’ont pas trop mal résisté, les ouvriers non qualifiés sont passés, en quarante ans, de près de 30 % de l’emploi ouvrier à 15 % environ. Les deux tiers des ouvriers d’aujourd’hui ne travaillent plus dans le secteur industriel.

De fait, l’identification des ouvriers aux prolétaires des grands ateliers industriels d’antan relève de la persistance rétinienne d’une gauche nostalgique. Si elle veut renouer avec les ouvriers d’aujourd’hui, il ne lui suffira pas de parler au monde de l’usine ou de faire des gammes sur la réindustrialisation (projet essentiel, mais pour d’autres raisons). Qu’ils soient chauffeurs, cuisiniers ou maçons, la majorité des emplois d’ouvriers se trouve en effet aujourd’hui dans des entreprises de plus petite taille où la socialisation des expériences de travail est moins aisée, les interactions avec les autres catégories plus diversifiées et les syndicats souvent absents. Le sentiment d’appartenance au monde ouvrier s’est d’ailleurs affaibli : au début des années 2010, un quart seulement des ouvriers se considérait encore comme appartenant à la « classe ouvrière ». Celle-ci n’a pas seulement perdu en nombre et en cohérence : elle s’est aussi dépouillée d’une conscience d’elle-même et des grands récits qui lui donnaient forme.

Barkhane: la mutation du dispositif militaire en dispositif de coopération !

Barkhane: la mutation du dispositif militaire en dispositif de coopération !

Pour masquer l’échec total de l’opération Barkhane qui non seulement n’a pas réussi à contenir le terrorisme mais a plutôt favorisé le sentiment antifrançais ( il est vrai encouragé par des puissances étrangères et des apprentis sorciers locaux), le chef de l’État devrait procéder à la fermeture de plusieurs bases militaires

En gros les effectifs ( Déjà insignifiants) devraient être divisés par deux. On explique ce recul par la conversion du dispositif actuel en dispositif de coopération. De quoi s’interroger car nombre de chefs militaires ne sont pas d’accord avec cette mission de coopération.

Deuxièmement ce ne sont pas les mêmes profils qui peuvent intervenir selon qu’il s’agit d’une action militaire ou d’une action de coopération.

Pour résumer ce serait plutôt un recul en rase campagne de la France pour laisser les pays comme le Mali, le Niger ou le Burkina Faso se dépatouiller avec leurs positions contradictoires sur le terrorisme.

Conséquences de la mutation du Bac

 La mutation du Bac

 

Directeur de Sciences-Po Lille, Pierre Mathiot avait été missionné dès 2017 par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, pour réformer lycée et bac. La première édition de cet examen intervient cette année. Y est maintenue la traditionnelle épreuve de philosophie qui a lieu ce jeudi. Pierre Mathiot copilote désormais le comité de suivi de la réforme.

En présentant la réforme du lycée en 2018, vous vouliez « restaurer la crédibilité » du bac. L’édition 2021, certes touchée par la Covid, n’est-elle pas dévalorisée ? Notes et appréciations surévaluées, épreuves de philo et du grand oral allégées : le taux de réussite va s’approcher des 100 %…

Le bac cette année ne correspond effectivement pas à ce qui était prévu par la réforme, mais il n’est pas dévalorisé. Il faudra cependant attendre 2023 (année du bac pour les élèves en première à la prochaine rentrée) pour avoir une vision plus complète. Il faut comprendre que le bac n’est plus cet examen qui a longtemps mis fin à un cursus. En 1985, 30 % d’une génération avait le niveau bac, avec un taux de réussite de 66 %. Aujourd’hui, c’est 80 % d’une classe d’âge et 95 % de réussite en 2020. La place du bac a changé, il faut l’accepter.

Le bac arrive après Parcoursup. Beaucoup de lycéens sont admis dans le supérieur avant même de passer l’examen. N’est-il pas en voie de marginalisation ?

Parcoursup a effectivement de plus en plus d’importance en terminale. Le moment clé de l’année, ce n’est plus la philo en juin mais la mi-mars, moment où les lycéens déposent leurs vœux sur la plateforme. La réforme a justement pour but qu’au moment de ces vœux, deux tiers des notes entrant dans le calcul du bac soient déjà prises en compte dans l’application. Avec Jean-Michel Blanquer, nous pensons que c’est le meilleur moyen de restaurer la centralité du bac dans le cursus du lycée. Cursus qui doit s’inscrire dans un continuum : de bac – 3 à bac +3, voire bac + 5, au moins pour les bacheliers généraux.

Parmi les objectifs de la réforme du lycée, il y avait la volonté d’élargir l’éventail des cursus ouverts aux élèves, de sortir des couloirs tracés par les filières S (maths, physique-chimie), ES (sciences éco + maths), L (littéraire)… Est-ce atteint ?

Le « nouveau » lycée offre effectivement une plus grande liberté de choix avec des enseignements de spécialité (trois à choisir en première, deux à conserver en terminale) qui s’ajoutent au tronc commun. Déjà, plus de la moitié des « triplettes » formées par les élèves ne correspondent pas aux anciennes séries. La discipline privilégiée reste les maths, mais ensuite les choix sont équilibrés entre plusieurs matières. Et c’est la spécialité Sciences économiques et sociales qui est la plus conservée en terminale. La spécialité Humanités, littérature et philosophie est suivie par 23 % des lycéens alors qu’ils n’étaient que 15 % à faire L. Un rééquilibrage est donc en train de s’opérer.

Mais la spécialité « Maths » semble rester la voie royale…

Elle est choisie par 62 % des lycéens mais, auparavant, la filière S était suivie par 52 % d’entre eux, dont une grande partie ne poursuivaient pas leur cursus par des études scientifiques. S et ES regroupaient 85 % des élèves. Le vrai enjeu sera celui des critères appliqués par les formations de l’enseignement supérieur pour choisir leurs élèves. Il faut que le supérieur joue le jeu et valorise la diversité des parcours lycéens.

Quelles réticences se manifestent ?

On va regarder lors des résultats de Parcoursup. Mais il est vrai que les prépas scientifiques ont l’habitude de privilégier trois matières scientifiques. Les études de santé aussi. Il sera intéressant de voir si à l’avenir, elles préfèrent récupérer de très bons élèves ou des scientifiques moyens. C’est vraiment l’enseignement supérieur qui va façonner la réforme.

Quelles améliorations sont envisagées ?

Il faut tirer les leçons du contrôle continu quasi intégral imposé par la Covid. Il convient de savoir ce que l’on doit entendre par contrôle continu, quelles règles collectives on doit instaurer, quels effets celui-ci a sur l’organisation des lycées, quels effets aussi sur les relations professeurs/élèves/familles, quel rôle donner à l’harmonisation académique… Donner plus de place au contrôle continu, aujourd’hui fixée à 40 %, peut être une piste de réflexion.

Au risque de braquer les enseignants qui y sont souvent hostiles ?

Les enseignants expriment des craintes qu’il faut entendre sur un contrôle continu « intégral » car la note en France est une sorte d’institution et comme le contrôle continu est pris en compte dans le calcul du bac et dans Parcoursup, les réactions des élèves et de leurs familles face à des notes moyennes ou médiocres peuvent rendre leur métier difficile.

Pour les enseignants, le contrôle continu est source d’inégalités. Et les harmonisations de notes sont souvent vues comme des « magouilles »…

Il est faux de parler de magouilles. Il est tout à fait normal de regarder au niveau académique les écarts aberrants à la moyenne dans la notation d’un lycée ou d’un professeur. Il faut donc travailler le sujet de l’harmonisation. En fait, il faut dépassionner le débat et rendre routinier le contrôle continu !

Combien de temps faudra-t-il à la réforme pour s’installer ?

Il faudra sans doute cinq ans pour qu’elle se déploie, prendre de nouvelles habitudes, permettre aussi à l’enseignement supérieur de se l’approprier afin de diversifier ses profils de recrutement. Un gros effort doit aussi être mené sur l’orientation pour mieux accompagner les élèves, depuis le choix de leurs spécialités dès la fin de la seconde jusqu’à l’expression de leurs vœux sur Parcoursup, en terminale.

Covid Inde: nouvelle mutation du variant Delta (indien)

Covid Inde: nouvelle mutation du variant Delta (indien)

Une nouvelle mutation du variant indien appelé aussi Delta. Il a été baptisé « Delta Plus ». Le« Delta Plus » serait encore plus contagieux, capable de mieux s’accrocher aux cellules des poumons et plus résistant à certains traitements à base d’anticorps monoclonaux.

(Article des Échos)

L’Inde a « observé sporadiquement » environ quarante cas de ce variant, répartis dans le Kerala, le Madhya Pradesh et le Maharashtra, selon un communiqué publié mercredi. Le ministre de la Santé a conseillé à ces Etats de prendre des mesures de confinement immédiates, de renforcer les tests et d’assurer un suivi de la vaccination dans les districts concernés.

Une mutation connue depuis le 11 juin

Le « Delta plus » a été mentionné pour la première fois le 11 juin dans le bulletin de l’agence sanitaire anglaise qui l’a baptisé « Delta-AY.1 ». Il s’agit d’un variant Delta, précédemment appelé variant indien, possédant une mutation codée K417N. Cette dernière est également présente sur le variant Beta, initialement identifié en Afrique du Sud et qui est moins sensible à l’immunité acquise.

Au 24 juin, ce variant Delta Plus avait été identifié dans au moins onze pays dont la France, le Royaume-Uni ou encore les Etats-Unis, selon la base de données génomique Gisaid . « Sur le fond, il possède les mêmes caractéristiques que le variant Delta, déjà considéré comme préoccupant », explique Chandrakant Lahariya, épidémiologiste. « Au regard des connaissances que nous possédons actuellement, le variant Delta Plus n’est pas plus inquiétant que le variant Delta lui-même », nuance l’expert en santé publique.

Forte contagiosité du variant Delta

Le variant Delta, extrêmement contagieux, a largement contribué à la féroce seconde vague qui a récemment balayé l’Inde. Ce variant devrait représenter 90 % des nouveaux cas de Covid dans l’Union européenne d’ici fin août selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. En Inde, le nombre de contaminations depuis le début de la pandémie a dépassé la barre des 30 millions. Et le Covid y a officiellement coûté la vie à 393.310 personnes au 25 juin, des chiffres qui seraient très largement sous-estimés.

Menace d’une troisième vague en Inde

Aujourd’hui, la pandémie reflue rapidement et les restrictions sont progressivement levées. Mais les autorités prennent très au sérieux la menace d’une troisième vague , d’autant que la campagne de vaccination a connu de nombreux ratés. Si 53,4 millions d’Indiens ont été entièrement vaccinés, cela ne représente que 4 % de la population.

Selon un sondage réalisé par Reuters auprès de quarante spécialistes de la santé, l’Inde devrait s’attendre à une nouvelle flambée épidémique d’ici le mois d’octobre. « A ce stade, nous ne possédons pas de preuve suggérant que le Delta Plus serait responsable d’une éventuelle troisième vague », a néanmoins déclaré sur une chaîne de télévision locale Anurag Agarwal, directeur de l’Institute of Genomics and Integrative Biology, membre de l’Inasog.

 

Pour une mutation digitale du système de soins

Pour une mutation digitale du système de soins

 

Par Franck Le Ouay et le Pr Philippe Ravaud dans l’Opinion

 

 

 

La crise sanitaire a mis en lumière les fragilités de notre système de soins.

Les enjeux du nombre de médecins ou d’infirmiers dans certains territoires ou spécialités, le nombre de lits et les moyens du système de santé étaient connus, ils sont devenus incontournables. En affrontant la pandémie, notre système de soins s’est aussi confronté à de nouvelles problématiques : le besoin de faire remonter des statistiques sur les tests, de connaître la disponibilité en temps réel des lits de réanimation, de suivre à distance certaines pathologies, d’organiser en urgence une vaccination massive et ciblée

Des nouveaux besoins à traiter qui nécessitent de nouveaux outils. Cette pression sur le système de soins français ne va pas diminuer, notre démographie l’explique : le nombre de malades chroniques était de plus de 10 millions en 2017. En 2030, il atteindra 15 millions et le nombre de personnes de plus de 75 ans aura augmenté de 30 %.

Notre modèle de soins est en tension permanente et chaque année, l’épidémie de grippe ou de bronchiolite entraîne une crise hospitalière. Cette situation ne disparaîtra pas après la crise. Les moyens alloués au système de soins apparaissent insuffisants face à l’accroissement permanent des attentes et des besoins.

Au-delà des moyens, nous avons des problèmes d’efficience systémiques importants, qui n’ont, à ce jour, pas été traités par le progrès technologique, contrairement à d’autres activités comme les services financiers ou de mobilité.

Pour dépasser les difficultés liées à la pandémie, deux leviers se sont montrés très efficaces. D’une part, l’engagement puissant des équipes soignantes et de l’ensemble des acteurs hospitaliers. D’autre part, ce qui était technologiquement infaisable il y a quelques mois est devenu la règle en quelques semaines (recours à des services numériques de coordination, téléconsultation).

Notre système de soins ne peut continuer à demander l’impossible aux soignants. Seule une accélération très puissante de sa transition digitale lui permettra de progresser.

Le numérique est donc le seul moyen de préserver notre système de santé. Il permettra sa transformation profonde et l’amélioration de la qualité des soins.

Les exemples d’innovations développées en santé digitale par les start-up françaises sont nombreux. Le développement d’objets connectés améliore le suivi et la prévention des maladies. L’intelligence artificielle est peu à peu utilisée dans l’imagerie médicale pour aider aux diagnostics complexes, trouver le ou les traitements les mieux adaptés à chaque malade, suivre les évolutions de la maladie, détecter les rechutes…

L’action publique doit alors répondre à deux objectifs. D’une part, développer une règle d’évaluation de l’intérêt des dispositifs médicaux numériques. D’autre part, déployer un processus de financement volontariste de ces dispositifs

Ces innovations répondent aux enjeux qui sont devant nous : nombre de malades à prendre en charge, complexité des pathologies, exigence de qualité des soins partout sur le territoire. Faire émerger cette médecine préventive, personnalisée et prédictive nécessite un engagement fort de l’État.

L’action publique doit alors répondre à deux objectifs. D’une part, développer une règle d’évaluation de l’intérêt des dispositifs médicaux numériques. D’autre part, déployer un processus de financement volontariste de ces dispositifs. Le programme “DIGA” en Allemagne, qui pilote, évalue et finance la digitalisation des acteurs de santé, nous semble un exemple à suivre.

Il est impossible d’espérer développer la santé numérique sans qu’un modèle économique clairement défini n’existe.

Cet engagement doit également s’accompagner d’une réduction drastique des freins aux innovations dans les hôpitaux. Il faut aujourd’hui entre six mois et un an à un hôpital pour intégrer une innovation. Le Ségur de la Santé a permis de poser le socle d’une nouvelle politique publique de la e-santé. L’émergence de services dédiés à l’interopérabilité à grande échelle pour les innovations en santé doit également permettre de réduire ce temps d’intégration des innovations.

. L’ensemble de ces enjeux doit donc être pris à bras-le-corps par la puissance publique, du plus haut niveau jusqu’à son application concrète. Il est nécessaire de mettre l’ensemble des acteurs de la e-santé et ceux de la santé publique autour de la table pour définir un modèle économique des dispositifs médicaux numériques.

Si la crise sanitaire a montré nos faiblesses, elle est un signal d’alerte utile et un puissant levier de transformation. Pour faire face aux enjeux de la prochaine décennie, la digitalisation de notre système de santé est fondamentale. Les acteurs de la e-santé et les établissements de santé y sont prêts !

Franck Le Ouay est CEO de la plateforme de e-santé Lifen. Le Pr Philippe Ravaud est directeur du centre de recherche en épidémiologie à l’Inserm et chef de service du centre d’épidémiologie clinique de l’hôpital Hôtel-Dieu (AP-HP, Paris)

Mutation vers la voiture électrique : un impact important sur l’emploi

 

 Mutation vers la voiture électrique : un impact important sur l’emploi

 

Quand vous abandonnez une technologie pour une autre [le thermique pour l'électrique], qui utilise sept fois moins de composants que pour la fabrication d’un moteur et qui nécessite trois fois moins d’ouvriers, évidemment ça a des conséquences sur l’emploi », détaille sur notre antenne Luc Chatel, président de la PFA. ( Organisation qui regroupe l’ensemble des constructeurs ) : de ce faite 100 000 emplois seraient menacés dans la filière

Certains métiers « vont disparaître dans la forge, dans la fonderie, dans la mécanique. D’autres vont se transformer et émerger », assure Luc Chatel. Concrètement, il souhaite que l’Etat aide les « entreprises qui vont rencontrer de grandes difficultés, dans la sous-traitance notamment ».

Selon celui qui fut porte-parole du gouvernement sous la présidence de Nicolas Sarkozy, « ce ne sont pas les industriels de l’automobile qui ont décidé du jour au lendemain de faire des batteries« .

La France « a un rôle à jouer dans l’automobile du futur », croit l’ancien politique. Pour cela, le pays doit attirer de grands projets industriels pour revenir dans la course, plaide le président de la PFA. A l’heure actuelle, l’Europe compte 25 projets de giga factories dont dix en Allemagne et « seulement un en France », selon Luc Chatel.

Mutation du virus : les questions qui se posent

Mutation du virus : les questions qui se posent

 

Morgane Bomsel, directrice de recherche au CNRS et à l’Institut Cochin et spécialiste en virologie, répond à LCI.

Était-ce attendu que le virus provoquant le Covid-19 mute ?

Morgane Bomsel : Les mutations sont des choses normales. Jusqu’à maintenant, nous avons détecté une trentaine de mutations. Il n’y a d’ailleurs pas de raison que nous n’en ayons pas observées en France. Mais elles ne semblent pas affecter le comportement du virus : il n’est pas plus infectieux, ni moins. Suivant le type de virus, les mutations sont plus ou moins nombreuses. Par exemple, le VIH mute beaucoup, 40 ou 50 fois plus que ce coronavirus.

Nous n’avons pas donc beaucoup de raisons de penser que cela pourrait affecter l’efficacité du vaccin- Morgane Bomsel, virologue

À quoi sont-elles dues ?

Les mutations proviennent du mécanisme de production du virus. Le Sars-Cov-2 est un virus à ARN, un code qui doit être traduit en protéines. Le problème intervient pendant la traduction, au cours de laquelle il peut y avoir quelques erreurs, puisque les mécanismes de réplication ne sont pas totalement fiables. Ce sont ces petites erreurs qui créent les mutations.

Les mutations « pourraient remettre en cause l’efficacité du vaccin », estime Jean-François Delfraissy. Pourquoi ?

Les mutations pourraient effectivement limiter l’efficacité du vaccin si elles figurent à l’endroit que reconnaissent les anticorps protecteurs. C’est ce que nous appelons des mutations d’échappement : le virus se débrouille pour échapper aux anticorps. En revanche, si ce ne sont pas des mutations d’échappement, tout va bien.

«Mutation climatique et économie » : Laurent Fabius sort de son rôle

 «Mutation climatique et économie » : Laurent Fabius sort de son rôle

 

Sans doute un mal existentiel, le président du conseil constitutionnel Laurent Fabius, propose une politique de relance plus écologique. Le propos n’est pas incohérent mais il est pour le moins baroque, voire anticonstitutionnel. En effet le rôle des membres du conseil constitutionnel et de s’en tenir strictement à l’analyse juridique des textes proposés par le gouvernement. Pendant tout leur mandat, ils doivent éviter de s’investir sur la scène politique. Par ailleurs, on voit mal ce qui qualifie Laurent Fabius pour parler avec pertinence de la comparaison entre le covid et la relance économique. Pendant tous ses mandats au gouvernement, Laurent Fabius n’a guère fait la preuve concrète de ces convictions dans le champ environnemental. Il a plutôt été un ministre socialiste libéral classique.

«La mutation climatique est, d’une certaine façon, beaucoup plus grave encore que la Covid, y compris en matière de santé», a d’abord affirmé l’ancien ministre socialiste. «Là où est le paradoxe, c’est qu’on ne fait pas, pour lutter contre la mutation climatique, le même effort qu’on fait pour lutter – à juste raison – contre la Covid. (…) Il n’y a pas de vaccin, d’accord, mais il y a un antidote (…) qui s’appelle l’application intégrale de l’Accord de Paris», a-t-il poursuivi.

 » Entreprises : vers une mutation des modes de financement ?  »

  •  » Entreprises : vers une mutation des modes de financement »
  • Les entreprises se retrouvent face à des banques au taquet de leur prise de risque, constate dans une interview à l’Opinion Grégoire de Blignières, en charge du conseil en financement chez Mazars.

  • Au cours des derniers mois, les banques ont distribué plus de 120 milliards d’euros de prêts garantis par l’Etat (PGE) à quelque 600 000 entreprises. Ce dispositif est, pour l’heure, prolongé jusqu’à l’été 2021 et ses modalités de remboursement évoluent encore.
  • En quoi les prêts garantis par l’Etat (PGE) ont-ils fortement déstabilisé l’équilibre rendement-risque des banques ?
  • Bien que les PGE soient garantis jusqu’à 90 % par l’Etat, l’exposition des banques s’est sensiblement accrue : d’une part en matière de volume, compte tenu de l’augmentation de l’endettement financier des entreprises (+ 15 points de PIB en six mois), mais surtout en termes de risque. Et pour cause, les 10 % non garantis par l’Etat représentent la tranche marginale de financement la plus risquée. Par ailleurs, en s’endettant pour combler leurs pertes opérationnelles, les entreprises ont vu leur profil de crédit se détériorer sensiblement, en témoignent les vagues de dégradation des notations financières effectuées par les agences de rating. N’oublions pas que, rapporté au PIB, les sociétés non financières de l’hexagone figurent, selon la Banque de France parmi les plus endettées au monde, avec un ratio de 85 %. A cela s’ajoute le fait que ces financements additionnels permis par le PGE ne sont pas rémunérateurs pour les banques, les taux appliqués ne couvrant que les coûts de la garantie et ceux de gestion. En d’autres termes, non seulement les banques font face à une augmentation sensible de leur exposition au risque, mais aussi à une baisse marginale de la rémunération de ce risque. Le principe fondamental de la finance, à savoir l’équilibre du couple rendement-risque, est bouleversé.
    • C’est grave ?
    • La multiplication des défaillances des entreprises — dont le taux a doublé en un an — a naturellement augmenté la prise de risque des banques au point de dégrader la qualité de leurs actifs et de les fragiliser. Cette situation critique devrait se pérenniser, l’année 2021 s’annonce difficile pour le secteur bancaire. Tout cela aura une incidence sur la relation entreprises-banques. Ces dernières n’auront d’autre choix que de rationaliser leurs coûts, donc en l’espèce leurs risques.
      •  

C’est-à-dire ?

  • Compte tenu des contraintes réglementaires, la détérioration de la qualité de crédit des entreprises entraîne mécaniquement une baisse drastique de la rentabilité des banques, qui doivent augmenter leurs fonds propres à due concurrence. A une échelle plus globale et pour maintenir un niveau de rentabilité raisonnable, les banques ont tout intérêt à se désengager des clients les plus risqués et, au cas par cas, à encadrer plus strictement les crédits accordés et à augmenter leurs marges. Cet encadrement, s’il est mal calibré au départ, peut rapidement entraver le développement de l’entreprise emprunteuse. Quant aux marges, on observe déjà sans surprise leur hausse sensible, bien au-delà des paliers habituellement observés dans les grilles indexées sur le niveau de risque de certains crédits.
    • Finalement qui est piégé, la banque ou l’entreprise ?
    • Personne n’est piégé. La relation entre une banque et une entreprise est avant tout commerciale. Le problème est que cette relation est aujourd’hui déséquilibrée puisque, à conditions de crédit équivalentes, le risque porté par les banques a augmenté. Ce déséquilibre va se résorber petit à petit. Quelle que soit la méthode utilisée (crédits plus encadrés, hausse du coût de l’emprunt…), le rééquilibrage passe par une meilleure rémunération du risque associé à la dette, ou par une diminution de la prise de risque.
      • Cette situation va-t-elle impacter la reprise économique attendue l’an prochain ?
      • Tôt ou tard les entreprises vont devoir repartir, ou accélérer. Certaines d’entre elles ont déjà redémarré. Pour cela, il leur faut des moyens pour financer leur croissance. Or, elles se retrouvent face à des banques qui arrivent au taquet de leur prise de risque. Elles vont devoir diversifier leurs sources de financement pour pouvoir se relancer. Il existe plusieurs solutions : la recapitalisation, puisque des fonds propres supplémentaires permettent d’alléger le risque de crédit, ou la diversification de ce risque crédit, c’est-à-dire de leurs dettes, ce qui permettra cette fois d’alléger le risque porté par la banque. Des outils existent (fonds de dette privée, financements adossés, dette cotée, etc.). Les investisseurs institutionnels et privés sont prêts à répondre aux nouveaux besoins des entreprises et à les accompagner sur le long terme. De nombreuses poches sont allouées à ces types de financements, avec 15 % de croissance annuelle attendue sur le private equity dans les cinq prochaines années et 11 % pour les fonds de dette privée. La clé du succès réside en un savant dosage entre, d’un côté, fonds propres et endettement, et de l’autre, financements bancaires et financements désintermédiés.

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Crise : une mutation des comportements des consommateurs

Crise : une mutation des comportements des consommateurs

 Des  universitaires(*) constatent dans une chronique à Ta tribune une mutation des comportements des consommateurs frontaliers dans le Grand Est à l’occasion de la crise sanitaire. Des évolutions qui pourraient peut-être concerner aussi d’autres zones géographiques.

(*Béatrice Siadou-Martin, Colette Grandmontagne, Hélène Yildiz, Mathias Boquet, Nicolas Dorkel et Rachid Belkacem (*)

 

Espace de coopération transfrontalière au cœur de l’Europe, la Grande Région se compose de plusieurs entités territoriales appartenant à quatre pays, l’Allemagne, la Belgique, la France et le Luxembourg. Ce grand espace transfrontalier se caractérise par plusieurs flux majeurs de travail frontalier dont le Luxembourg et la Sarre sont les principaux destinataires, et la Lorraine le principal « fournisseur ».

Ces frontières belgo-franco-germano-luxembourgeoises sont caractérisées par des flux de travailleurs frontaliers très importants et en croissance. À lui seul, le Luxembourg attire plus de la moitié des travailleurs frontaliers de la Grande Région. L’agglomération de Luxembourg-Ville est la première destination des frontaliers résidant en France, devant celle de Genève. Aux Français travaillant au Grand-Duché, s’ajoutent les Belges et les Allemands. Ainsi, les travailleurs frontaliers représentent près de 44 % de la population active luxembourgeoise.

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Mi-mars, la fermeture temporaire des frontières ou l’instauration de contrôles aux frontières sont venues perturber la vie quotidienne des habitants frontaliers, aussi bien au niveau de l’emploi que dans leur consommation qui détermine également les motifs de déplacement : alimentation, vêtements, loisirs, équipement, etc. Au Luxembourg, le télétravail massif a par exemple fait ressentir de manière criante aux différents commerces combien ces salariés tenaient une part importante dans leurs chiffres d’affaires.

Notre enquête réalisée pendant le confinement de mars-avril 2020 montre en effet qu’habituellement, les ménages du Grand-Est résidant à moins de 25 km d’une frontière sont 25 % à faire régulièrement des achats à l’étranger pour des biens de première nécessité, et 31 % occasionnellement.

Parmi ces ménages, si 14 % et 32 % ne déclarent pas ou déclarent un impact faible sur leur consommation, 35 % et 18 % des répondants déclarent respectivement un impact modéré et fort.

L’intensité de l’impact est par ailleurs liée à la distance à la frontière. Ceux qui reconnaissent avoir été fortement impactés résident en moyenne à 7,6 km de la frontière contre 12,6 km pour ceux déclarant ne pas avoir été impactés.

 Mais surtout, le télétravail, généralisé et fortement suivi pendant le confinement du printemps, a conduit les individus à relocaliser leurs lieux d’achat à proximité de leur domicile, notamment quand cela était possible avec une offre de proximité suffisante. Les différentes formes de la consommation des transfrontaliers sont impactées puisque les achats opportunistes, tout comme ceux liés, à des déplacements organisés ont diminué avec le flux de travailleurs.

Entre rupture et opportunité

En effet, franchir la frontière pour le travail conduit nécessairement ces travailleurs à réaliser des achats d’opportunité, qui ont pour caractéristique de faciliter leur approvisionnement. La littérature marketing montre que les consommateurs inscrivent leurs achats dans leur parcours de vie : acheter son pain sur son trajet emploi-domicile, profiter d’une démarche administrative pour se rendre dans une boutique d’habillement, etc.

En outre, si les achats de produits différemment taxés de l’un et l’autre côté de la frontière répondent à des logiques d’optimisation du budget, des achats répondant à des logiques hédoniques (les vêtements, les loisirs) ou à des démarches réfléchies (la voiture, l’électroménager) mettent en exergue des critères de qualité ou de complémentarité de l’offre. Le consommateur n’hésite alors pas à mettre en concurrence les points de vente situés de part et d’autre de la frontière. Et ceci, sans compter sur l’évasion commerciale due à la digitalisation…

Entre rupture et opportunité, du point de vue du commerce, la frontière offrait donc jusqu’à présent un terrain de jeu propice au déploiement de diverses stratégies de consommation. Les stratégies d’implantation des professionnels s’appuyaient de leur côté sur des critères de flux et plus seulement, sur des critères de stocks d’habitants dans la zone de chalandise. Mais si les tendances liées à la consommation de proximité s’installent à la faveur de la crise, cette fonction pourrait partiellement s’estomper.

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(*) Par Béatrice Siadou-Martin, Professeur des universités en sciences de gestion, Université de Montpellier ; Colette Grandmontagne, Maître de conférences, Université de Lorraine ; Hélène Yildiz, Maître de Conférences HDR Sciences de Gestion, Université de Lorraine ; Mathias Boquet, Associate professor, Université de Lorraine ; Nicolas Dorkel, Ingénieur d’études en analyse spatiale, Université de Lorraine et Rachid Belkacem, Maître de conférences en sociologie, Université de Lorraine

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Coronavirus : une mutation du virus

Coronavirus : une mutation du virus

 

Il se pourrait bien qu’une nouvelle fois le professeur Raoult ait  raison à propos des mutations en cours du virus. Sa constatation de ce phénomène avait aussi fait le fait l’objet de polémiques de la part de ses pairs. Pourtant, on a officiellement constaté en Écosse une version mutée du virus, appelée N439K, qui a a commencé à circuler dès cet été en Écosse.

Elle a ensuite été découverte à plusieurs reprises en Europe continentale et aux États-Unis de manière indépendante. Cette mutation est décrite dans un article rédigé par une équipe internationale et mis en ligne avant une relecture par les pairs. «C’est un excellent travail, même s’il n’est pas encore publié, il est écrit pour une grande revue», commente l’infectiologue suisse et professeur honoraire à l’université de Lausanne Pascal Meylan, qui n’a pas participé à ces travaux.

Une mutation qui posera le problème de l’efficacité des vaccins qui devraient être opérationnels dans les semaines à venir mais qui se fondent sur la prévention de la version première du virus.

Pour une mutation des processus de production au service d’une croissance durable

Pour une mutation des processus de production au service d’une croissance durable

 

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C’est  seulement en nous  dirigeant vers la transformation écologique de nos outils productifs que nous pourrons retrouver un chemin de croissance pérenne estime Patrick Blethon, CEO du groupe Saur.

 

Les dernières prévisions économiques présentées la semaine dernière par la Commission européenne présagent de mois difficiles à venir. Et la multiplication des reconfinements qui a lieu sur l’ensemble du continent ne risque pas d’éclaircir ce tableau pessimiste. Déjà, dans sa dernière note de conjoncture publiée début octobre, l’INSEE annonçait un nouveau tassement du PIB français sur le dernier trimestre 2020, conduisant à une récession de 9 % sur l’année. Comme l’écrit l’office statistique, nous sommes actuellement « une économie diminuée ».

Évidemment, il peut difficilement en être autrement dans le contexte que nous traversons. La seconde vague épidémique nous frappe de plein fouet, la consommation pâtit des nouvelles mesures sanitaires et, en l’absence d’un vaccin, l’avenir reste – c’est peu dire – incertain. – (Déclaration dans la Tribune)

Mutation écologique : nécessaire et avec raison

Mutation écologique : nécessaire et avec raison

 

 

Jérôme Batout, Philosophe et économiste, Michel Guilbaud, ancien directeur général du Medef estiment, dans une tribune au « Monde », que la nécessaire mutation écologique doit être menée avec prudence.(Extrait)

 

 

« La question environnementale, pour franchir le seuil critique qui la fait basculer dans l’histoire, avait besoin d’un événement. La crise du Covid-19 est cet événement : soudain, global, dangereux.

Jusque-là, nous avions le sentiment d’avoir atteint un niveau de contrôle presque total sur la nature. Or, celle-ci nous a dominés à nouveau. Sur le plan symbolique, elle a repris la main sur les hommes, leur envoyant un ultime avertissement. Beaucoup plus efficace que des catastrophes localisées, comme les incendies ou les inondations, et même que le changement climatique, dont les effets sont lents et moins tangibles pour beaucoup. Le principe d’un événement est qu’il sépare irrémédiablement un avant d’un après. Quel est le potentiel politique de ce changement ?

Pour la première fois dans son histoire, l’humanité s’est trouvée au même moment tout entière face au même problème biologique : cette crise sanitaire, qui met tous les hommes face à un seul virus, est un événement qui s’inscrit non pas dans l’histoire des hommes entre eux, mais dans l’histoire des hommes avec la nature. Si bien que la seule conséquence de long terme de la crise liée au Covid-19 dont nous soyons déjà sûrs est le tournant écologique.

Le sommet européen de juillet a montré que l’Europe était enfin capable de faire preuve d’audace. Pour permettre un plan de relance d’une ampleur inédite, elle va plus loin dans son intégration en mutualisant une dette au niveau continental. En parallèle, s’affirme aussi l’audace d’un continent qui s’apprête à précéder tous les autres dans la transformation écologique de son économie.

Des trois principales zones mondiales – Amériques, Asie, Europe –, une seule semble pour le moment avoir pris une option écologique très forte : l’Europe. Et précisons, à l’intérieur de l’Europe, la France. Il faut reconnaître à notre nation un goût pour l’histoire, et donc une certaine aptitude à ressentir le changement d’atmosphère. Il est donc finalement revenu à Emmanuel Macron d’affirmer et d’expliciter le 14 juillet – et c’est l’élément le plus novateur de son interview – ce à quoi songe une partie de l’Europe : « On peut, en France, redevenir une grande nation industrielle grâce et par l’écologie. »

Cette option est un pari historique. Et il ne s’agit pas d’un pari pascalien au sens où ce pari, lui, ne sera pas gagnant à tous les coups. Dans une économie mondialisée, où les Etats-Unis et la Chine veulent repartir immédiatement – et c’est déjà le cas pour la Chine –, l’Europe prend le temps de la méditation historique. C’est séduisant. Elle est dans son rôle.

Une mutation du Coronavirus ?

Une mutation du Coronavirus ?

L’hypothèse d’une mutation n’est plus désormais exclue même n’est pas encore totalement confirmée. Ce serait alors une autre bataille conviendrait de mener car il faudrait à nouveau redéfinir les particularités du nouveau virus. Les moyens de traitement voire même le vaccin. Au-delà de l’aspect sanitaire, ce serait un choc économique et social considérable pour le monde entier .

Une seule mutation, sur les 30.000 bases composant le génome du coronavirus apparu en Chine fin 2019, aurait suffi à changer le visage de l’épidémie. Cette hypothèse n’est pas nouvelle: elle date de la fin avril. Bette Korber, du Los Alamos National Laboratory, au Nouveau-Mexique, affirmait alors qu’une souche portant une mutation appelée S-D614G semblait prendre le pas sur les autres lorsqu’elle entrait en compétition sur un territoire donné. Cette analyse avait alors été critiquée pour son manque de solidité statistique: le hasard pouvait suffire à lui seul à expliquer le «succès», bien réel, de cette souche par rapport aux autres.

Des études in vitro menées au Scripps Research Department of Immunology and Microbiology de Floride viennent toutefois appuyer cette théorie aujourd’hui. Lorsqu’ils étaient dotés de cette mutation spécifique, les virus-modèles utilisés par les chercheurs infectaient plus facilement les cellules humaines en laboratoire. Les résultats de ces travaux ont été publiés

Mutation numérique des médias ou disparition

Mutation  numérique des médias ou disparition

La question qui se pose est de savoir si les médias classiques  sont capables de se moderniser grâce au numérique, au net et à l’intelligence artificielle ou  vont disparaître. C’est l’interrogation de la commission européenne qui a rendu public un rapport intitulé « quelle souveraineté médiatique pour l’Europe ». La question comporte des aspects économiques et techniques mais ne traite pas du contenu éditorial. Or l’un des problèmes majeurs des médias classiques provient du fait qu’ils sont désormais dans les mains des financiers. La plupart de ces grands médias se ressemblent  d’ailleurs. Pour l’essentiel ils reprennent les dépêches d’agence, du pouvoir,  des entreprises et autres groupes de pressions. Le travail d’enquête proprement dit et d’analyse est réduit à pas grand-chose. C’est surtout la crédibilité qui est en cause plus encore que le mode de production. Pour s’en persuader,  il suffit de lire la version Web des journaux qui est le plus souvent d’une grande pauvreté. Sans parler de la reprise systématique des orientations du pouvoir en place aussi bien dans  les médias publics que les médias privés. Pour tout dire du fait des pressions financières ou tout simplement par autocensure, la ligne éditoriale s’aligne sur des intérêts dominants. Pas sûr que le rapport européen et le plan de soutien qui propose soit de nature à sortir les médias classiques de la crise. En tout cas le rapport préconise un soutien financier avec la création d’un fonds européen d’un montant d’un milliard d’euros sur cinq ans, renouvelable. Le but est de financer des médias pour la création de projets innovants basés sur l’IA, la Blockchain ou les neurosciences. Le texte incite également à allouer 3% du programme « Horizon Europe » – destiné à la recherche et doté de 100 milliards d’euros – aux médias et industries créatives. L’objectif est de réduire la dépendance aux Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon), qui proposent déjà des fonds dans le domaine. Par exemple, Google a lancé en 2015 un appel à projet baptisé « Google News initiative » (anciennement Digital News Initiative). En 2018, le géant américain a sélectionné 98 projets dans 28 pays européens, distribuant 21,2 millions d’euros – ce qui porte à 115,2 millions d’euros le montant total de son financement. Il faut ajouter à cela que les GAFA à sont assez mécontents du concept de droit voisin qui va les contraindre à rétribuer les auteurs d’images et d’articles et en plus d’être responsable de la vérification des droits d’auteur. Du coup chez les géants de l’informatique envisage de créer leurs propres informations en ayant notamment recours à l’intelligence artificielle. La bataille du secteur de l’information européenne est donc loin d’être gagnée surtout contre la médiocre qualité de la production actuelle.

Poste : une mutation parfois nécessaire mais qui va accélérer la désertification

Poste : une mutation parfois nécessaire mais qui va accélérer la désertification

 

Remise en cause des délais l’acheminement du courrier (notamment du principe J +1), évolution des prestations, remise en cause des conditions d’utilisation du livret A et surtout réduction du maillage de bureaux de poste remplacés par des  points situés notamment dans des commerces. Telles sont les plus orientations qui pourraient figurer dans prochain le contrat d’entreprise pour la période 2018-2022 qui demande notamment au groupe public d’accélérer sa mue, selon Le Monde.  La mesure la plus critiquée concernera sans doute la suppression de nombreux bureaux de poste souvent le dernier service public à exister dans des communes rurales. Certes on comprend que des adaptations soient nécessaires mais il n’y a pas de véritable urgence car la situation financière de l’entreprise est bonne comme en témoigne le dernier bilan financier sur les six premiers mois de l’année.

Croissance modérée du chiffre d’affaires

Croissance du résultat d’exploitation soutenue par des éléments exceptionnels (+11,2% hors exceptionnels1)

Comptes consolidés du Groupe pour le premier semestre 2016.

  • Produits opérationnels : 11 770 millions d’euros en croissance de 2,7%
  • Résultat d’exploitation2 : 852 millions d’euros, en croissance de 38,3%, +11,2% hors éléments exceptionnels1
  • Résultat net part du Groupe : 675 millions d’euros, en croissance de 59,4%, +28,5% hors éléments exceptionnels1
  • Indicateur de santé économique3 de 70 millions d’euros (401 millions d’euros au premier semestre 2015)
  • Dette nette4 de 3 737 millions d’euros, en augmentation de 80 millions d’euros depuis le 31 décembre 2015
  • Structure financière saine avec un ratio dette nette4 / capitaux propres en amélioration à 0,36 (0,38 au 31 décembre 2015)

En perpétuelle mutation depuis l’avènement d’internet et la chute du courrier (-18% entre 2013 et 2016, de 14 à 11 milliards d’objets) La Poste est cependant invitée à accélérer sa mue. Le groupe public devra voter le 16 décembre prochain, le contrat quinquennal avec l’État pour la période 2018-2022. Et clairement, selon des extraits du projet diffusé par Le Monde, La Poste va encore devoir aller plus loin dans sa mutation. Le groupe est notamment invité à augmenter les partenariats pour conserver un maillage d’au moins 17.000 points de contact en France. Mais des points de contas qui n’offriront pas touts les mêmes prestations.  Actuellement, le groupe public en compte 17.111, permettant ainsi à 97% de la population d’y accéder en parcourant moins de 5 km. Mais pour tenir cet objectif inscrit dans la loi, le groupe dirigé par Philippe Wahl, a eu recours à des partenariats avec des commerçants ou des mairies. Le contrat propose ainsi de réfléchir à « de nouveaux types de partenariats », avec les gares ou encore les offices de tourisme. La Poste est également invitée à « rechercher de nouvelles formes de présence postale dans les zones confrontées à l’exclusion sociale », et dans les villes de moins de 10.000 habitants.

Ferrand : mutation pas disciplinaire…..diplomatique !

Ferrand : mutation pas disciplinaire…..diplomatique !

 

La mutation de Richard Ferrand impliqué dans une affaire d’enrichissement de sa compagne était inévitable. Pour l’habiller cette mutation prend un caractère diplomatique. Macron le mettra donc à la tête du groupe parlementaire du mouvement république en marche. Une manœuvre finalement assez habile et utile aussi car Richard Ferrand connaît bien la formation des marcheurs dont il a été le responsable. Sur recommandation du président de la république le ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, a « choisi »  de démissionner afin de briguer la présidence du groupe La République en Marche (LREM) à l’Assemblée nationale à la demande d’Emmanuel Macron, qui a offert une porte de sortie honorable à ce fidèle éclaboussé par une enquête judiciaire. Au lendemain de sa facile réélection comme député du Finistère, l’éphémère ministre devrait quitter le gouvernement à l’occasion du remaniement post-législatif, qui est imminent. « Il a été reçu par le président très longuement cet après-midi, le chef de l’Etat a reconnu les grandes qualités de Richard Ferrand, notamment sa connaissance du travail parlementaire et il lui a conseillé de briguer la présidence du groupe », a-t-on précisé dans l’entourage d’Emmanuel Macron. A la question de savoir si Richard Ferrand avait démissionné, l’entourage a répondu par l’affirmative, tout en démentant tout lien avec l’ »affaire Ferrand ». « Ça n’aurait aucun sens de le faire maintenant alors qu’il vient d’être largement élu », a-t-on indiqué. Un argument qui évidemment ne tient pas puisqu’il ne manque pas de députés douteux qui ont été réélus dans l’histoire de la Ve République. »C’est tout sauf une sanction puisque le poste le plus stratégique à l’Assemblée nationale sera à l’évidence celui de président du groupe La République en Marche », a déclaré sur BFMTV Sébastien Griveaux, un autre fidèle d’Emmanuel Macron qui montre qu’il sait également bien manier la langue de bois. S’il est élu le week-end prochain à la tête du groupe LREM, cet homme d’expérience aura fort à faire pour diriger une troupe de 308 députés venus de divers horizons politiques, n’ayant pour la plupart jamais été élus.

UMP-Républicains : mutation ratée

UMP-républicains : mutation ratée

 

Sarkozy a raté son opération mutation UNM-Républicains de l’avis  de la plupart des observateurs politiques. D’abord le choix du nom lui-même n’emballent pas les français, ensuite le premier congrès a constitué un relatif échec en matière de participation et de contenu,  ensuite parce ce parti sensé rassembler a donné l’occasion de siffler Juppé et Fillon lors de sa première réunion ;Pas vraiment un signe de rassemblement !  Le changement de nom de l’UMP, devenu Les Républicains n’a pas modifié limage du parti présidé par Nicolas Sarkozy, si l’on en croit l’Observatoire mensuel BVA-Orange-iTELE publié samedi. En outre la popularité de Sarkozy reste dans les profondeurs.  Pour les français tout cela ressemble à quelque chose de déjà vu et entendu. Du coup même  Bayrou s’en sort beaucoup mieux que Nicolas Sarkozy (dont la candidature est rejetée respectivement par  et 72 % des français ( 77% de rejet pour Hollande). , selon les enquêtes Odoxa réalisées les 22 et 30 mailes Français préfèrent clairement François Bayrou (56 %) à Nicolas Sarkozy (38 %). Par rapport au mois dernier, le nouveau parti ne gagne qu’un point de bonnes opinions chez les Français, à 34%.  S’agissant du couple exécutif, la cote de François Hollande perd un point, à 26%, de même que celle de son Premier ministre Manuel Valls à 40%. BVA relève une forte progression des bonnes opinions pour les deux hommes chez les sympathisants d’Europe Ecologie-Les Verts (+11 points à 72% pour Hollande et +17 points à 59% pour Valls), qui compense une baisse de leur niveau, déjà faible, chez les sympathisants des partis à la gauche du PS.

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