Archive pour le Tag 'Moscou'

Guerre en Ukraine : L’occasion d’un renforcement des dictatures Pékin Moscou

Guerre en Ukraine : L’occasion d’un renforcement des dictatures Pékin Moscou

 

L’amitié sino-russe est une donnée contemporaine dont il faut tenir compte pour comprendre les nouveaux enjeux géopolitiques et économiques à l’échelle internationale créés par la décision de Moscou d’envahir l’Ukraine. Par Mariem Brahim, enseignante-chercheuse à Brest Business School, et Charaf Louhmadi, ingénieur économètre chez Natixis, auteur de « Fragments d’histoire des crises financières » et « Voyage au pays des nombres premiers ».( dans la « Tribune »)

La Chine et la Russie sont deux puissances mondiales. L’une représente le pays le plus peuplé du monde : 1,374 milliard d’habitants. L’autre est le plus grand en termes de superficie : 17 millions de km2. Une frontière commune de 4.200 km les relie. Les deux pays siègent au conseil permanent de l’ONU, tandis que les relations sino-russes sont excellentes depuis quelques années. Aux jeux olympiques de Pékin, Xi Jinping et Vladimir Poutine ont volontairement affiché aux yeux du monde entier l’amitié de leurs deux nations. A ce titre, le chef de la diplomatie chinoise Wang YI évoque « une amitié sino-russe solide comme un rock ». Il est évident que cette alliance, de plus en plus renforcée, constitue une menace pour le monde occidental.

Deuxième puissance économique mondiale, la Chine tisse en effet depuis des années un partenariat énergétique stratégique avec son voisin russe, particulièrement riche en gaz et en pétrole. Rappelons cependant que la Russie n’est que la 12e puissance économique mondiale au début de la guerre en Ukraine. Son PIB était en deçà de celui des pays du Benelux (Pays-Bas, Belgique et Luxembourg). Autrement dit, la puissance de la Russie paraissait d’abord d’ordre militaire.

Les relations économiques bilatérales entre les deux pays ont débuté dès la fin des années 1980. La Russie a alors tiré profit de l’embargo occidental suite aux événements tragiques de la place Tian’anmen pour vendre des armes à son nouveau partenaire. De surcroit, les deux pays ont procédé à des manœuvres militaires communes en 2005 avant de célébrer en grande pompe en juin 2019 le 70e anniversaire de leurs relations diplomatiques. A cette occasion, ils ont utilisé des moyens spectaculaires pour mettre en scène, devant les caméras du monde entier, la complicité et l’amitié qui les relient.

Pékin multiplie par ailleurs ses adhésions stratégiques aux organisations mondiales. Ainsi l’empire du Milieu fait-il partie des pays membres du FMI, des organisations mondiales de la santé (OMS) et du commerce (OMC) et, nous l’avons vu, de l’ONU. La Chine y dirige d’ailleurs quatre de ses quinze agences à savoir la FAO chargée de l’agriculture, l’ITU en charge des télécoms, l’ICAO spécialisée dans le domaine de l’aviation et enfin l’UNIDO pour le développement industriel.

Parallèlement, la Chine participe activement à l’élaboration et le développement de sa propre agence de coopération : l’Organisation de Coopération de Shanghai dite « OCS ». Fondée en 2001 et siégeant à Pékin, elle correspond à une alliance intergouvernementale de partenariats économiques. Mais son rôle essentiel porte sur le maintien de la stabilité et de la sécurité régionale. Au côté de la Chine donc, la… Russie faisait partie des six États fondateurs avec le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Kirghizistan et le Tadjikistan. L’Inde et le Pakistan ont rejoint l’organisation en 2017. En outre, on dénombre quatre États observateurs (la Biélorussie, la Mongolie, l’Iran et l’Afghanistan) et six partenaires de discussion : La Turquie, l’Azerbaïdjan, le Népal, le Cambodge, l’Arménie et le Sri Lanka. Les deux langues officielles de travail sont le chinois et le… russe.

Chaque année, a lieu un sommet au cours duquel les dirigeants des États membres et observateurs définissent les grandes lignes des politiques de partenariats et d’alliances sectorielles portant sur la défense, l’éducation, la justice et le tourisme. Actuellement, l’Ouzbek Vladimir Norov en assure le secrétariat général qui doit s’assurer d’une bonne coordination entre les Etats.

En 2018, le PIB total de cet ensemble était valorisé à hauteur de 18.500 milliards de dollars, soit 21,6% du PIB mondial. Il détient plus du quart des terres émergées à l’échelle de la planète et plus de 40% de la population mondiale. D’un point de vue énergétique, les pays de l’OCS concentrent plus de la moitié des réserves mondiales connues de gaz et d’uranium, le quart de celles en pétrole et 35% du charbon. Au total, l’existence de cette organisation rend compte d’un déplacement progressif de l’axe du monde vers l’Asie.

L’OCS veille également au maintien de la non-ingérence des pays occidentaux et particulièrement des Etats-Unis dans les affaires de ses adhérents. Mais, n’étant pas une sorte d’OTAN oriental, elle ne dispose pas d’équivalent de l’article 5 de la charte de l’Alliance atlantique, qui stipule qu’une attaque militaire contre un pays membre donne systématiquement lieu à une riposte militaire collective de l’ensemble de ses pays membres. Non content de leur vendre des armes, le Kremlin a pourtant installé des bases militaires au sein de pays membres de l’OCS pour accroitre son influence en Asie.

Notons toutefois que l’Organisation de Coopération de Shanghai sert d’abord les intérêts chinois, à travers l’ambitieux projet mondial des « routes de la soie » qui touche notamment aux secteurs des hautes technologies, des transports, des énergies et de l’agriculture. L’OCS a par ailleurs participé au financement de la plus grande autoroute européenne reliant Ridder au Kazakhstan à la ville française de Calais, avec un objectif précis : faciliter l’écoulement des marchandises chinoises en Europe. La Chine a toujours veillé sur ses intérêts économiques et géostratégiques. Ne créait-elle pas, dès 1996, l’ancêtre de l’OCS, « Shanghai five » afin de traiter les problèmes de délimitations des frontières après la dislocation de l’URSS !

Il existe toutefois des tensions régionales, voire des escalades entre les pays membres de l’OCS. Prenons l’exemple du Cachemire qui est revendiqué à la fois par l’Inde et le Pakistan. La Chine n’est pas non plus étrangère à ce conflit. Cette région constitue en effet l’un des axes des routes de la soie chinoise, ce qui tend les relations diplomatiques entre l’Inde et la Chine. Ces deux derniers sont également en conflit au Ladakh dans l’Himalaya. L’Inde accusant la Chine de coloniser des territoires nationaux, des affrontements ont eu lieu en mai 2020 à plus de 5.000 mètres d’altitude et ont coûté la vie à plusieurs soldats : 20 Indiens et 4 Chinois.

Il existe enfin une certaine rivalité économique entre la Russie et la Chine, au sujet du libre-échange monétaire. Cela s’illustre par l’action portée par Moscou au sein des pays membres de l’OCS afin de protéger le rouble d’une prépondérance de la monnaie chinoise. En outre, Pékin convoite l’Union économique eurasiatique et l’organisation du traité de sécurité collective, deux zones de libre-échange au sein desquelles le rouble est traité à grands volumes.

De ces tensions à la fois géopolitiques et financières ressortent une réelle complexité de l’OCS car elle affiche par ailleurs une réelle volonté unitaire de contrer l’influence occidentale. Ainsi les deux puissances sino-russes entretiennent-elles des relations certes cordiales (car basées sur des partenariats solides et croissants) mais non dénuées d’une mutuelle méfiance. Depuis le début de la guerre en Ukraine, que la Chine observe dans la perspective d’un possible conflit avec l’île de Taïwan, les exportations et les importations ont tout de même bondi entre les deux pays. Les volumes d’exportations de la Chine vers la Russie ont cru de 45% au mois de février dernier, selon Oddo BHF, versus une augmentation mondiale de 16%. En même temps, Pékin profite des barils russes bon marché pour booster ses importations énergétiques.

C’est dire que la position ambiguë de l’État chinois qui n’a pas condamné l’invasion de l’Ukraine inquiète particulièrement les pays occidentaux. Reste que, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Europe ainsi que les Etats-Unis dépassant largement les volumes sino-russes, la Chine doit veiller à trouver un juste équilibre dans les relations bilatérales complexes qu’elle entretient avec Moscou. C’est pourquoi l’hypothèse d’un double discours couplé d’un rôle délicat d’équilibriste de Pékin prend sa source dans le fait que la Russie n’a pas été exclue de l’Organisation de Coopération de Shanghai. Cette neutralité, pour ne pas dire connivence, peut s’expliquer par une volonté commune de redessiner l’ordre mondial, aux antipodes des valeurs démocratiques et universelles de l’ouest. Un point commun relie également ces deux puissances, la volonté de contrer l’influence des Etats-Unis à l’échelle mondiale.

La Russie s’appuie désormais sur ses alliés pour limiter les impacts significatifs des sanctions internationales et éviter le défaut. Les réserves de change en euros ou en dollars de la banque centrale russe ont été gelées au sein des pays occidentaux. Sur 600 milliards de dollars, il ne resterait que 150 milliards mais essentiellement en yuans, roupies et en or. L’institution centrale russe n’a donc plus accès à l’essentiel de ses réserves internationales en euros et en dollars. Pendant ce temps, Pékin aurait procédé à l’entrée dans des capitaux d’entreprises russes en difficulté. L’Etat chinois profite ainsi de la conjoncture actuelle, pour s’implanter dans une Russie fragilisée. Les deux parties savent donc identifier les domaines d’intérêt commun pour lesquels s’impose la coopération, notamment dans le domaine spatial. Un accord prévoit ainsi la construction conjointe d’une future station lunaireAutre manière d’entrer en compétition directe avec les États-Unis.

C’est pourquoi l’attitude douteuse de Pékin vis-à-vis de la guerre en Ukraine a fait réagir Washington. Janet Yellen, la secrétaire du Trésor américain, a mis en garde la Chine en la menaçant de sanctions économiques qui toucheraient ses exportations vers l’Occident.

L’ascension économique de la Chine est la conséquence de son inclusion au sein de l’économie mondiale. Son intégration à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001 a permis son essor économique et une croissance accrue lors des deux dernières décennies. L’empire du Milieu accroît constamment son influence économique internationale. C’est ainsi que la Chine a réussi à négocier le paiement en yuan du pétrole saoudien. Selon les données de l’Administration générale des douanes de Chine, les exportations de pétrole du royaume vers la Chine s’accélèrent depuis 30 ans. L’Arabie saoudite était l’an dernier le premier fournisseur de brut de la Chine, suivie de la Russie avec 1,6 million de barils par jour.

En imposant sa monnaie, Pékin souhaitait aussi prouver que celle-ci pouvait être une monnaie d’échange parfaitement crédible à l’échelle mondiale. L’usine du monde, premier partenaire économique des Etats-Unis et dont le PIB est six fois supérieur à celui de la Russie, rayonne par ses partenariats économiques et commerciaux mondiaux. Le maintien de sa croissance, qui montre par ailleurs des signes d’essoufflement ces dernières années, passe d’abord par l’écoulement de ses marchandises en Europe et aux Etats-Unis, d’où la nécessité de ne pas essuyer des sanctions internationales. Mais, inversement, appliquer des sanctions à Pékin priverait l’Europe, les Etats-Unis et le monde de nombreuses marchandises et biens importés de Chine. Ainsi le rôle d’équilibriste revient-il aussi à l’Occident.

Mariem Brahim et Charaf Louhmadi

Moscou agite la menace d’un conflit nucléaire

Moscou agite la menace d’un conflit nucléaire

 

D’après le correspondant du Figaro à Moscou , le contexte est périlleux. Il ne peut être exclu qu’en étant augmentée, l’aide militaire occidentale à l’Ukraine ne serve de prétexte à Moscou pour invoquer des «lignes rouges» et dénoncer une «cobelligérance».

Rhétorique ou réalité, Moscou n’écarte pas la possibilité d’une nouvelle escalade. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, ne l’a pas caché, lundi soir, de façon alambiquée mais parfaitement claire sur le fond. «Notre position de principe est l’inadmissibilité d’une guerre nucléaire», a déclaré Sergueï Lavrov, interrogé sur Pervy Kanal, la principale chaîne fédérale russe. «Et naturellement, je ne voudrais pas que maintenant, alors que les risques sont tout à fait importants, ceux-ci soient artificiellement gonflés» a poursuivi le ministre des Affaires étrangères russe, enchaînant: «Le danger est sérieux, il est réel, il ne doit pas être sous-estimé» Et selon le patron du ministère russe des Affaires étrangères, une «troisième guerre mondiale» constitue actuellement un risque «réel» - une éventualité que «nous ne devons en aucun cas permettre».

 

Le contexte est singulièrement périlleux. Il ne peut être exclu qu’en étant augmentée, l’aide militaire occidentale à l’Ukraine ne serve de prétexte à Moscou pour invoquer des «lignes rouges» et dénoncer une «cobelligérance». Le chef des Nations unies, Antonio Guterres, était mardi dans la capitale russe – où il a rencontré Vladimir Poutine et Sergueï Lavrov -, il a appelé à enquêter sur de «possibles crimes de guerre» en Ukraine et a prôné l’ouverture de couloirs humanitaires. Mais la diplomatie est au point mort. Sergueï Lavrov a bien affirmé que les discussions avec les Ukrainiens se poursuivraient mais a dit qu’un éventuel «accord de paix» - notion actuellement bien utopique - serait déterminé par les conditions militaires sur le terrain.

Autres sujets inflammables, susceptibles de mener à des dérapages: des incendies, en territoire russe, que Moscou accuse d’avoir été provoqués par des bombardements ukrainiens. C’est le cas notamment à Briansk, proche de la frontière ukrainienne, où un dépôt pétrolier était en feu au début de la semaine. Une enquête est en cours. De source russe, les Ukrainiens ont tiré en outre cinquante obus de mortiers sur le poste frontière de Troebortnoye, dans cette même région de Briansk, où un village, Klimovo, aurait été bombardé, faisant des blessés. Par ailleurs, près de Belgorod, autre ville russe proche de l’Ukraine, deux villages ont été bombardés, dit-on de même source, provoquant destructions et blessés.

Mardi, tous les regards étaient tournés vers un autre point chaud: la Transnistrie, région séparatiste prorusse de Moldavie soutenue économiquement et militairement par Moscou. La veille, deux détonations avaient endommagé une tour radio, mettant hors service deux antennes relayant les fréquences radiophoniques russes, a affirmé le ministère de l’Intérieur de cette république autoproclamée. La veille, les autorités avaient affirmé que le siège du ministère de la Sécurité publique à Tiraspol – «capitale» de la Transnistrie - avait été la cible d’une attaque au lance-grenades. Des nouvelles qui sont «une source de préoccupation», a réagi Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin. Inquiétude surtout du côté de la Moldavie, ex-République soviétique frontalière de l’Ukraine et qui redoute d’être la prochaine cible de Moscou. La présidente de la Moldavie, Maïa Sandu, a d’ailleurs réuni mardi son Conseil de sécurité nationale après cette série d’explosions dans la région séparatiste.

 

Pékin et Moscou unis contre la démocratie occidentale

 

 

Quelle que soit l’évolution de la guerre en Ukraine, la Chine ne prendra pas ses distances avec la Russie, les deux pays étant unis dans leur combat pour l’avènement d’un monde postoccidental, analyse la sinologue Alice Ekman, dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune. Face à l’invasion russe de l’Ukraine, la position de la Chine est souvent qualifiée d’ambiguë. Ce n’est, en réalité, pas le cas : elle ne cesse de réaffirmer son soutien à la Russie. Certes, la Chine s’est, jusqu’à présent, abstenue lors des votes sur le sujet au Conseil de sécurité de l’ONU. Mais elle a pour tradition de n’apposer que très rarement son veto (seulement seize fois depuis son accession au fauteuil de membre permanent du Conseil de sécurité en 1971). Et elle a activement contribué à adoucir le texte du projet de résolution du 25 février, afin que celui-ci condamne moins frontalement les agissements de la Russie. Lors du vote du 2 mars, l’ambassadeur chinois aux Nations unies a justifié la nouvelle abstention de son pays en des termes concordant avec le vocabulaire officiel russe, rejetant l’« expansion de blocs militaires », en référence à l’OTAN.

La Chine n’a que très légèrement ajusté son discours depuis le début du conflit, si l’on lit attentivement les déclarations. Les diplomates chinois ne cessent de faire porter la responsabilité de la crise à l’OTAN et aux Etats-Unis, qui auraient « attisé les flammes » (expression utilisée régulièrement par les porte-parole du ministère des affaires étrangères). La diplomatie, tout comme la télévision officielle chinoise, relaie largement le discours russe, soulignant plus que jamais la responsabilité présumée des Etats-Unis.

En parallèle, Pékin a réaffirmé officiellement, début mars, que la Russie était « son amie éternelle » et son partenaire stratégique le plus important. Ces mots ne sont pas anodins dans le contexte actuel – encore moins que lorsque les deux pays avaient évoqué, le 4 février, en marge des Jeux olympiques d’hiver, « une amitié sans limite ».

Assurément, Pékin ne se réjouit pas de la situation de guerre en Ukraine. Les autorités chinoises ont dû rapidement chercher des solutions pour évacuer les quelque 6 000 ressortissants chinois sur place (désormais en Chine pour la plupart). Pékin doit aussi reconsidérer ses intérêts économiques et logistiques dans le pays, qui n’étaient, jusqu’à présent, pas négligeables (agroalimentaire, télécommunications, trains dits des « nouvelles routes de la soie » passant par l’Ukraine), et anticiper les conséquences des sanctions envers la Russie sur sa propre économie.

Car la Chine s’oppose vigoureusement aux sanctions imposées à Moscou et continuera à « commercer normalement avec la Russie », y compris à importer massivement des hydrocarbures, comme l’a rappelé le ministère des affaires étrangères à plusieurs reprises. L’objectif d’augmenter les échanges commerciaux entre les deux pays à 200 milliards de dollars (environ 180 milliards d’euros) d’ici à 2024, annoncé début février, lors de la visite de Vladimir Poutine à Pékin, reste inchangé et pourrait être atteint plus vite que prévu. Ce serait, dans tous les cas, encore bien en deçà du volume actuel des échanges commerciaux entre la Chine et l’Union européenne (586 milliards de dollars en 2020, selon l’institut européen des statistiques) ou avec les Etats-Unis (555 milliards de dollars en 2020), qui restent de loin les plus importants partenaires commerciaux de Pékin. Dans ce contexte, et alors que l’administration de Joe Biden accroît sa pression pour dissuader la Chine de renforcer son soutien à Moscou, il serait rationnel d’anticiper un ajustement de la position chinoise afin de ménager les relations avec ses premiers partenaires commerciaux.

Pékin et Moscou unis contre la démocratie

 Pékin et Moscou unis contre la démocratie

 

Quelle que soit l’évolution de la guerre en Ukraine, la Chine ne prendra pas ses distances avec la Russie, les deux pays étant unis dans leur combat pour l’avènement d’un monde postoccidental, analyse la sinologue Alice Ekman, dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune. 

Face à l’invasion russe de l’Ukraine, la position de la Chine est souvent qualifiée d’ambiguë. Ce n’est, en réalité, pas le cas : elle ne cesse de réaffirmer son soutien à la Russie. Certes, la Chine s’est, jusqu’à présent, abstenue lors des votes sur le sujet au Conseil de sécurité de l’ONU. Mais elle a pour tradition de n’apposer que très rarement son veto (seulement seize fois depuis son accession au fauteuil de membre permanent du Conseil de sécurité en 1971). Et elle a activement contribué à adoucir le texte du projet de résolution du 25 février, afin que celui-ci condamne moins frontalement les agissements de la Russie. Lors du vote du 2 mars, l’ambassadeur chinois aux Nations unies a justifié la nouvelle abstention de son pays en des termes concordant avec le vocabulaire officiel russe, rejetant l’« expansion de blocs militaires », en référence à l’OTAN.

La Chine n’a que très légèrement ajusté son discours depuis le début du conflit, si l’on lit attentivement les déclarations. Les diplomates chinois ne cessent de faire porter la responsabilité de la crise à l’OTAN et aux Etats-Unis, qui auraient « attisé les flammes » (expression utilisée régulièrement par les porte-parole du ministère des affaires étrangères). La diplomatie, tout comme la télévision officielle chinoise, relaie largement le discours russe, soulignant plus que jamais la responsabilité présumée des Etats-Unis.

En parallèle, Pékin a réaffirmé officiellement, début mars, que la Russie était « son amie éternelle » et son partenaire stratégique le plus important. Ces mots ne sont pas anodins dans le contexte actuel – encore moins que lorsque les deux pays avaient évoqué, le 4 février, en marge des Jeux olympiques d’hiver, « une amitié sans limite ».

Assurément, Pékin ne se réjouit pas de la situation de guerre en Ukraine. Les autorités chinoises ont dû rapidement chercher des solutions pour évacuer les quelque 6 000 ressortissants chinois sur place (désormais en Chine pour la plupart). Pékin doit aussi reconsidérer ses intérêts économiques et logistiques dans le pays, qui n’étaient, jusqu’à présent, pas négligeables (agroalimentaire, télécommunications, trains dits des « nouvelles routes de la soie » passant par l’Ukraine), et anticiper les conséquences des sanctions envers la Russie sur sa propre économie.

 

Car la Chine s’oppose vigoureusement aux sanctions imposées à Moscou et continuera à « commercer normalement avec la Russie », y compris à importer massivement des hydrocarbures, comme l’a rappelé le ministère des affaires étrangères à plusieurs reprises. L’objectif d’augmenter les échanges commerciaux entre les deux pays à 200 milliards de dollars (environ 180 milliards d’euros) d’ici à 2024, annoncé début février, lors de la visite de Vladimir Poutine à Pékin, reste inchangé et pourrait être atteint plus vite que prévu. Ce serait, dans tous les cas, encore bien en deçà du volume actuel des échanges commerciaux entre la Chine et l’Union européenne (586 milliards de dollars en 2020, selon l’institut européen des statistiques) ou avec les Etats-Unis (555 milliards de dollars en 2020), qui restent de loin les plus importants partenaires commerciaux de Pékin. Dans ce contexte, et alors que l’administration de Joe Biden accroît sa pression pour dissuader la Chine de renforcer son soutien à Moscou, il serait rationnel d’anticiper un ajustement de la position chinoise afin de ménager les relations avec ses premiers partenaires commerciaux.

Moscou s’oppose à un accord sur le nucléaire iranien

Moscou s’oppose à un accord sur le nucléaire iranien

Alors qu’un accord se dessinait enfin sur le nucléaire iranien, la Russie bloque le processus. Car elle exige désormais une garantie très spéciale, loin des conditions premières : l’obtention de larges exemptions sur les représailles imposées par les Occidentaux à son égard, afin que ces mesures de rétorsion n’affectent pas sa coopération économique avec l’Iran.

 Des revendications jugées « hors sujet » par le chef de la diplomatie américaine, Anthony Blinken, et considérées comme « inacceptables » par les négociateurs européens (France, Allemagne, Royaume-Uni, dits E3), qui ont stoppé net les discussions.

Poutine, qui compte bien perturber le processus notamment pour éviter que l’Iran reprenne ses exportations de pétrole.

L’ Azerbaïdjan s’oppose aussi à Moscou

L’ Azerbaïdjan s’oppose aussi à Moscou

 

Bien avant que la Russie n’envahisse militairement l’Ukraine, l’Azerbaïdjan s’était rapprochée de cette dernière. Bakou est non seulement devenu un partenaire économique mais aussi un allié de Kiev, et le manifeste ces derniers jours. Par Sébastien Boussois, chercheur spécialiste du Moyen-Orient au CECID (Université Libre de Bruxelles) et l’OMAN (UQAM Montréal). ( dans la Tribune)

Tribune

Depuis le début de la guerre en Ukraine menée par la Russie, la communauté internationale fait front commun pour venir en aide au peuple et au gouvernement ukrainien. L’aide internationale commence à affluer de toutes parts aussi bien en termes humanitaires que militaires. Si l’Union européenne comme les Etats-Unis se sont engagés par milliards de dollars et d’euros et envoient déjà du matériel et des armes, d’autres pays de la région ou plus éloignés s’engagent fermement en faveur du pays agressé. Des pays comme la Pologne se sont engagés à accueillir des réfugiés. Quant à un pays plus éloigné comme l’Azerbaïdjan, dans la zone d’influence russe également, il est l’un des plus importants et parmi les premiers du Caucase à avoir promis de l’aide et déjà contribué à ce soutien. Car il y a une amitié forte entre les deux pays mais surtout des accords de coopération et de solidarité.

Cela confirme bien la bonne santé des relations aussi économiques de Kiev avec Bakou, qui s’élevaient en janvier dernier à plus d’un milliard de dollars. Objectif non dissimulé pour 2024 : les doubler, si le pays sort de la guerre évidemment. Si nous avons déjà basculé dans une autre dimension, il faut rappeler que lors d’une conférence de presse tenue entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président azerbaïdjanais, Ilham Aliyev, il y a à peine un mois et demi, les deux dirigeants avaient heureusement aussi annoncé le renforcement de leurs accords de coopération. Notamment dans les secteurs de l’agriculture mais aussi de l’énergie.

A cette occasion, Zelensky en avait profité pour renouveler son soutien au partenariat stratégique entre les deux pays, qui garantissait protection et assistance mutuelle en cas d’agression extérieure ou d’atteinte à l’intégrité territoriale d’une des deux parties. Ce dernier ne pensait sûrement pas avoir à y faire appel aussi rapidement. Logiquement, Bakou a répondu rapidement présent à l’appel depuis le début de la guerre il y a cinq jours.

L’énergie faisant partie des priorités dans cet accord, l’action suivit rapidement le mot puisque le 26 février dernier, Zelensky tweetait en remerciant déjà l’Azerbaïdjan, d’avoir donné la consigne aux stations d’essence SOCAR (azerbaïdjanaises) présentes sur le sol ukrainien de fournir gratuitement les ambulances du pays en carburant. Mais ce n’est pas tout : des médicaments étaient également en cours d’acheminement ces derniers jours par avion depuis Bakou vers Kiev[1]. Le 27 février finalement, les premiers avions militaires azerbaïdjanais atterrissaient dans la capitale ukrainienne pour apporter non seulement des médicaments, comme prévu, mais également du matériel médical pour soigner les blessés[2].

Dans la capitale azerbaïdjanaise, le complexe immobilier symbolique des Flame Towers brille chaque soir aux couleurs du drapeau ukrainien jaune et bleu. Parallèlement, de nombreuses manifestations de solidarité à l’égard des Ukrainiens ont eu lieu ces derniers jours. Bien que les Ukrainiens soit chrétiens, les Azerbaïdjanais ont toujours eu pour tradition la tolérance religieuse et le soutien aux communautés nationales en difficulté. Il n’y a pas donc pas pour Bakou de soutien tacite à un pays par affinité religieuse en situation de crise, mais bien un soutien en fonction d’accords et de relations politiques fortes déjà préexistantes avec un pays tiers. Sous influence et emprise soviétique pendant des décennies, l’Azerbaïdjan a toujours cherché à garder sa liberté face à Moscou. Il y a probablement aussi de cela dans le soutien de Bakou à Kiev : délivrer un message à l’égard de la Russie et soutenir l’indépendance de tous les anciens satellites de l’ex-URSS.

Washington et Moscou : apaisement ?

Washington et Moscou : apaisement ?

Pour leur première rencontre les autorités respectives des États-Unis et de la Russie ont montré une certaine bonne volonté. Il semble même que les États-Unis commencent à mettre la pédale douce à propos du gaz russe à destination de l’Europe auquel il était très opposé. L’objectif de ces rencontres vise à préparer un sommet entre Poutine et Biden.

 «Notre vision est que si les dirigeants de la Russie et des États-Unis peuvent travailler en coopérant» face aux défis communs, «le monde sera plus sûr», a déclaré Antony Blinken le représentant américain au début de la réunion, appelant de ses vœux une relation «stable et prévisible»«Mais si la Russie se comporte de manière agressive contre nous, nos partenaires ou nos alliés, nous allons répondre», a-t-il prévenu. Lors de l’entretien, l’Américain a exprimé les «profondes inquiétudes américaines», notamment sur le déploiement de troupes russes en Ukraine et près de la frontière, ou encore sur la santé de l’opposant Alexeï Navalny, selon le département d’État. Il y a aussi l’enjeu stratégique de ‘l’Arctique considéré comme une propriété par la Russie est comme un bien mondial par les Américains.

Biélorussie : Moscou pour une réforme constitutionnelle …. comme en Russie ?

Biélorussie : Moscou pour une réforme constitutionnelle …. comme en  Russie ?

 

 

Pour prolonger légalement sans doute le mandat de l’actuel président biélorusse, la Russie propose son médicament démocratique à savoir une modification constitutionnelle qui permettrait au chef de l’État biélorusse de garder le pouvoir après déjà 26 ans de présidence. Bref, la même potion magique que celle que va employer Poutine au pouvoir depuis 20 ans et qui va aussi procéder à une modification constitutionnelle garder le pouvoir pendant encore 20 ans.

Moscou estime qu’une réforme constitutionnelle en Biélorusse serait une solution durable à la crise politique du pays, a déclaré dimanche le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, cité par les agences de presse russes.

Le chef de la diplomatie ruse a également estimé que la situation était en cours de stabilisation, après le vaste mouvement de contestation qui a suivi la réélection controversée le 9 août dernier du président Alexandre Loukachenko.

Ce dernier, qui dirige son pays d’une main de fer depuis 26 ans, refuse de convoquer de nouvelles élections, ce que sa principale opposante, Svetlana Tsikhanouskaïa, réfugiée en Lituanie, appelle de ses voeux.

Sergueï Lavrov, qui accuse les opposants en exil de chercher à provoquer « un bain de sang », estime qu’il est impossible de prouver qu’Alexandre Lukashenko n’avait pas remporté les élections, selon des propos rapportés par les agences Interfax et RIA.

 

France : un rapprochement douteux avec Moscou

France : un rapprochement douteux avec Moscou

On peut légitimement s’interroger sur la pertinence du rapprochement entre la France et Poutine. Cela d’autant plus qu’il n’y a pas d’objectif précis dans le contenu de cette nouvelle diplomatie. Le ministre des affaires étrangères français Jean-Yves le Drian, dit le saumon rose pour sa capacité à évoluer dans tous les courants a justifié  cette rencontre « pour réduire la défiance. Le problème c’est qu’on ne reviendra pas bien entendu sur l’envahissement de la Crimée par la Russie et qu’on aura bien du mal à obtenir un apaisement pour les conflits qui se déroulent dans l’est de l’Ukraine. Bref on voit mal ce que la France pourrait obtenir de concret dans cette évolution de sa politique diplomatique. Poutine n’a pas l’habitude de faire des concessions, pire il conteste le bien-fondé du concept de démocratie dans les pays développés. En outre ce rapprochement intervient à un moment où Poutine est en difficulté politique. Lors  des très récentes élections, Poutine a reçu un camouflet puisque l’opposition a emporté de nombreuses sièges à Moscou par exemple et la majorité poutinienne  n’a pu être maintenue que d’un cheveu. «  Réduire la défiance » ne serait constitué un objectif politique en diplomatie. Il convient de fixer des objectifs précis. Il se pourrait bien que ce virage diplomatique constitue en quelque sorte une manière de protester contre la politique de Trump  qui snobe désormais Macron et qui  s’oppose à toutes les initiatives françaises en matière par exemple de climat ou encore de fiscalité sur les grands du numérique. «Le moment est venu de travailler à réduire la défiance» avec la Russie, a déclaré Jean-Yves Le Drian, aux côtés de Florence Parly et de leurs homologues, Sergueï Lavrov et Sergueï Choïgou. «Nous n’avons pas toujours la même vision», a dit de son côté la ministre. Mais «il est important de pouvoir se parler, d’éviter des incompréhensions, des frictions».

 

Dans ce nouveau contexte, la France a proposé à la Russie un «agenda de confiance et de sécurité» dans «cinq directions complémentaires» : coopération dans le domaine sécuritaire, culturel et le dialogue des sociétés civiles, création de mécanismes de concertation pour éviter tout incident (dans le domaine nucléaire, l’espace et le cyber), mise en place d’une «architecture de sécurité» en Europe, rapprochement des valeurs et des principes et travail commun face aux crises. Des les objectifs relativement ambigus et flous qui pourraient surtout servir à Poutine pour se recrédibiliser  dans le champ international mais aussi national.

Démocratie : Nouvelles manifestations à Moscou

Démocratie : Nouvelles manifestations à Moscou

Pour lutter contre la véritable dictature de Poutine, des manifestants ont encore protesté contre l’interdiction de se présenter aux l’élection pour certains. Ces manifestations ne cessent  de se répéter. Poutine lors du G7 avait déclaré qu’il ne voulait pas de gilets jaunes chez lui, il semble bien pourtant qu’ils commencent  à essaimer en Russie y compris si les conditions d’expression sont particulièrement cadenassées.

Les Russes protestent en effet depuis des semaines contre l’éviction de candidats à la mairie de la capitale proches de l’opposition. Ils réclament aussi désormais la libération de manifestants arrêtés lors de précédents rassemblements.

“Si nous arrêtons de manifester, il ne nous restera plus aucun espoir”, a expliqué Alexandra Rosius, une protestataire de 23 ans. “Nous nous devons montrer aux autorités que nous ne renoncerons pas, que nous n’accepterons pas que des personnes innocentes soient emprisonnées et que les élections soient volées.”

La manifestation de samedi, la dernière avant le scrutin, a attiré beaucoup moins de monde que certaines autres, qui ont rassemblé jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Contrairement à de précédents rassemblements, la police n’est pas immédiatement intervenue, tout en demandant aux manifestants de se disperser.

Poutine ne veut pas de « Gilets jaunes » à Moscou

Poutine ne veut pas de   »Gilets jaunes » à Moscou

 

Réponse du berger à la bergère lors de la rencontre entre Poutine et Macron. Alors que Macron  émettez le souhait d’un meilleur respect des libertés fondamentales en Russie Poutine a clairement envoyé balader Macron en indiquant qu’il ne souhaitait pas de gilets jaunes à Moscou. Macron voulait évidemment mettre le doigt sur le problème démocratique puisque des candidats sont empêchés de se présenter aux élections en Russie. Inversement pour Poutine c’était l’occasion de mettre le doigt sur les désordres d’un régime trop démocratique. En faite deux conceptions philosophiques et politiques qui s’affrontent : d’un côté le libéralisme politique, de l’autre côté ce qu’on appelle pudiquement l’illebéralisme  et qui n’est autre que la dictature. Pourtant Macron a déclaré “La Russie a toute sa place dans l’Europe des valeurs”, a estimé Emmanuel Macron dans ses propos liminaires devant la presse. “Nous avons pu appeler cet été à ce que la liberté de manifester, d’expression, d’opinion, de se présenter à des élections dans le cadre de tout pays au sein de ce conseil (de l’Europe) soit pleinement aussi respectée en Russie”.

Plus de 2.000 manifestants ont été interpellés par la police au cours des différents rassemblements qui ont eu lieu à Moscou ces dernières semaines après l’invalidation de nombreuses candidatures au Parlement municipal par la commission électorale.

La Russie n’a plus connu de manifestations de cette ampleur depuis 2011-2013 lorsque des opposants à Vladimir Poutine étaient descendus dans les rues pour protester contre des fraudes électorales.

Interpellé directement à ce sujet lors des questions de la presse présente à Brégançon, le chef du Kremlin a renvoyé à la crise des “Gilets jaunes”, un mouvement de contestation qui a ébranlé l’exécutif français et l’a contraint à annoncer une série de mesures en faveur du pouvoir d’achat et de la participation citoyenne.

“Vous savez tous que pendant les manifestations des ‘Gilets jaunes’ il y eu plusieurs de dizaines de personnes qui ont été blessées, on ne veut pas du tout que des événements similaires se passent dans la capitale russe”, a dit Vladimir Poutine. “Et nous ferons tout notre possible pour nous assurer que la situation politique nationale évolue strictement dans le cadre de la loi”.

Le parallèle avec les “Gilets jaunes” a été rejeté par Emmanuel Macron. “Le président l’a dit, il y a eu des manifestations en France qui ont donné lieu à des violences. Néanmoins la France a toujours respecté non seulement sa constitution, ses droits, mais ceux du Conseil de l’Europe.”

“La liberté de manifestation a été protégée”, a-t-il ajouté. “En France, je le dis aussi ici clairement – c’est pour cela que comparaison ne vaut pas raison – ceux qui ont manifesté se sont présentés librement aux élections.”

“Ceux qu’on appelle les Gilets jaunes, ils sont allés librement aux élections européennes, ils iront aux élections municipales et c’est très bien comme ça”, a-t-il ajouté. “Je souhaite qu’ils s’expriment librement aux élections parce que ça réduit la conflictualité, parce qu’on est un pays où les gens peuvent s’exprimer librement, manifester librement”.

Moscou espionne la France

Moscou espionne la France  

 

C’est un acte d’espionnage”, déclaré la ministre des armées, désignant pour cible le satellite russe Luch-Olymp, “un peu indiscret”. Placé en orbite géostationnaire en 2014 par une fusée Ariane 5, le satellite Athena-Fidus (“Access on theatres for European allied forces nations-French Italian dual use satellite”) fournit des moyens de télécommunication de très haut débit aux armées française et italienne et aux services de sécurité civile des deux pays. “Grâce à Athena-Fidus, les états-majors des armées françaises et italiennes peuvent organiser des visioconférences, établir des diagnostics médicaux à distance, ou encore réceptionner des images acquises par des drones”, précise le CNES, qui a supervisé le projet avec la Direction générale de l’armement et l’Agence spatiale italienne. Le satellite russe Luch/Olymp, lancé en septembre 2014, est étroitement surveillé par les puissances occidentales qui le considèrent comme un satellite espion dont les subites variations de positionnement sont jugées suspectes et dangereuses. “Nous l’avions vu arriver, et avons pris les mesures qui s’imposaient”, a déclaré Florence Parly.

Poison : sanctions contre Moscou

Poison : sanctions contre Moscou

“Les Etats-Unis ont établi (…) que le gouvernement de la Fédération de Russie avait utilisé des armes chimiques ou biologiques en violation du droit international, ou avait utilisé des armes chimiques ou biologiques mortelles contre ses propres ressortissants”, a déclaré Heather Nauert, porte-parole du département d’Etat. A en croire la chaîne de télévision américaine NBC, la première tranche de ces sanctions consisterait à interdire les licences d’exportation vers la Russie de produits américains jugés sensibles pour la sécurité nationale. La deuxième tranche sera imposée trois mois plus tard si la Russie ne donne pas de garantie qu’elle n’utilisera pas d’armes chimiques à l’avenir et n’accepte pas des inspections des Nations unies. Cette seconde tranche pourrait consister en une réduction des relations diplomatiques, en une suspension de l’habilitation faite à Aeroflot de voler aux Etats-Unis, et en une réduction du commerce bilatéral.Le rouble s’est rapproché mercredi d’un plus bas de deux ans et les autres actifs russes ont reculé également face à la perspective de sanctions américaines. () Sergueï Skripal, ancien agent double russe qui vit désormais en Angleterre, a été victime début mars d’une tentative d’empoisonnement au “Novitchok”, tout comme sa fille Ioulia, à Salisbury dans le sud de l’Angleterre. L’un et l’autre s’en sont sortis, après des semaines d’hospitalisation. L’attaque, qui a été imputée par les services de renseignement britanniques à la Russie, a fait deux autres victimes, hospitalisées le 30 juin après avoir été en contact elles aussi avec du Novitchok. Dawn Sturgess, une femme de 44 ans, n’a pas survécu; Charlie Rowley, son compagnon âgé de 45 ans, s’est rétabli.

Nucléaire Iran – nouvel accord de Macron : Téhéran et Moscou disent non

Nucléaire Iran – nouvel accord  de Macron : Téhéran et Moscou disent non

 

Après les reportages dithyrambiques sur la visite de Macron à Trump, le soufflé risque de retomber rapidement. D’abord parce l’accord entre Trump et Macron est très ambigu. En effet, Trump veut annuler cet accord tandis que Macron veut le compléter. Surtout parce que les autres parties intéressées surtout la Russie et l’Iran refusent toute modification du texte adopté, même d’une ligne a dit le chef de l’Etat iranien. Les embrassades de Macron et Trump, au demeurant presqu’indécentes pour ne pas dire ridicules, n’auront pas servi à grand chose sur ce point. Les positions sont figées, elles vont le demeurer pendant longtemps et finalement la France montre son incapacité à  influencer quoi que ce soit en dépit du talent de son jeune président. Il faut s’attendre à de nouvelles périodes de tensions pendant des semaines et plus sûrement pendant des mois. Et la solution  se réglera directement entre Trump et Poutine. Téhéran et Moscou ont en effet catégoriquement rejeté ce mercredi tout nouvel accord sur le nucléaire iranien. «Ensemble, avec un chef d’un pays européen, ils disent: ‘nous voulons décider pour un accord conclu à sept’. Pour quoi faire? De quel droit?», a lancé le président iranien Hassan Rohani dans une première réaction. «Avec cet accord, nous avons fait tomber les accusations et prouvé que les États-Unis et Israël mentent à propos de l’Iran depuis des décennies», a-t-il ensuite asséné. S’en prenant à Trump sans le citer, Rohani a lancé: «Vous n’êtes qu’un homme d’affaires (…). Vous n’avez aucune expertise en politique ni en matière de droit ou d’accords internationaux. Un commercial, un homme d’affaires, un bâtisseur de tours, comment pourrait-il émettre un jugement sur les affaires internationales?» «Nous sommes pour que l’accord soit préservé dans son état actuel. Nous estimons que pour l’heure, il est sans alternative», a indiqué de son côté Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin. Le scepticisme est également venu de Bruxelles. L’accord actuel «doit être préservé», a réagi la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. Une position que partage également l’Allemagne: «Notre position est claire: notre priorité absolue est le maintien de l’accord sur le nucléaire et son application par toutes les parties», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. «L’accord sur le nucléaire a été négocié par sept pays et par l’Union européenne et ne peut pas être renégocié… mais il est clair qu’au-delà de l’accord, nous voulons être certains que le programme nucléaire iranien a des objectifs exclusivement pacifiques», a-t-il ajouté.

Trump vire le directeur du FBI : pour éviter une enquête sur ses liens avec Moscou

Trump vire le  directeur du FBI : pour éviter une enquête sur ses liens avec Moscou

Sur franceinfo, Fabrizio Calvi, journaliste spécialiste de l’histoire du renseignement américain, a estimé la véritable raison était l’enquête ouverte par le FBI sur les connexions supposées de Donald Trump avec la Russie.

 

Franceinfo : Donald Trump reprocherait à James Comey sa gestion de l’affaire des emails d’Hillary Clinton. Est-ce la véritable raison ?

Fabrizio Calvi : Les mails d’Hillary Clinton sont vraiment un prétexte. En fait, la véritable raison est qu‘il y a une enquête ouverte par le FBI sur les connexions russes de Donald Trump, aussi bien mafieuses qu’au niveau des services secrets.

Le directeur du FBI a réclamé plus de fonds au département de la Justice pour pouvoir continuer cette enquête sur les connexions russes de Donald Trump. Le lendemain il a été limogé. Il y avait des rumeurs, comme quoi Donald Trump risquait d’être mis en examen, donc c’est une affaire très délicate. Cela fait partie d’une guerre secrète entre les grandes agences de renseignement américain et Donald Trump.

Donald Trump se méfie-t-il beaucoup du FBI ?

Il se méfie énormément. Il a fait un coup de force, c’est du jamais vu à ce niveau-là. Il y a eu déjà un limogeage d’un directeur du FBI. C’était par Bill Clinton en 1993, mais dans des conditions différentes. On lui reprochait d’avoir utilisé de l’argent public pour refaire sa maison.

Le limogeage du directeur du FBI apparaît comme une opération grossière, pourquoi Donald Trump a-t-il agi de la sorte ?

C’est vrai que pour bloquer l’enquête, c’était sans doute la seule manière qu’il avait. Maintenant il y a des Républicains qui demandent la nomination d’un procureur indépendant. Mais le procureur indépendant est nommé soit par la Maison Blanche soit par le ministère de la Justice. S’il n’y pas de nomination d’un procureur indépendant, ça risque d’être compliqué. Il y a une chose sur laquelle il faut compter, c’est sur l’indiscipline de certains agents du FBI. Mais s’il n’y a pas d’enquête ouverte, leur marge de manoeuvre est très limitée.

Moscou sanctionné pour ingérence dans l’élection américaine

Moscou sanctionné pour ingérence dans l’élection américaine

 

 

Des sanctions finalement symboliques prises par Obama suite à l’ingérence de la Russie dans les sélections américaines. Pas  des mesures qui n’inquiètent pas particulièrement Moscou d’après un conseiller de l’ambassade russe à Paris qui s’est exprimée sur France Info. Ce dernier considère en effet ces  sanctions comme très provisoires et pense qu’elles seront sans doute annulées d’une manière ou d’une autre par la future administration de TRUMP. Du coup la Russie pourrait à son tour prendre des mesures tout aussi symboliques en attendant de normaliser ses relations avec le nouveau président des États-Unis qui sera investi officiellement le 20 janvier.  Barack Obama a ordonné jeudi l’expulsion de 35 diplomates russes et sanctionné des responsables du renseignement russe que Washington soupçonne d’être impliqués dans le piratage informatique qui a visé le Parti démocrate pendant la campagne des élections de novembre dernier aux Etats-Unis. Le Kremlin a nié catégoriquement les accusations américaines et promis une réponse « appropriée », tout en doutant de la réelle portée de ces sanctions, prises à moins d’un mois de la fin du mandat du président démocrate. Ces mesures de rétorsion marquent une nouvelle dégradation des liens russo-américains, déjà abîmés par les guerres en Ukraine et en Syrie.  « Ces actions font suite aux avertissements que nous avons adressés de manière répétée au gouvernement russe, en privé et en public. Elles sont une réponse nécessaire et adaptée aux actions visant à nuire aux intérêts américains en violation des normes de comportement internationales établies », a déclaré Barack Obama dans un communiqué diffusé de Hawaï, où il passe les fêtes de fin d’année en famille. Un haut responsable américain a indiqué que Donald Trump pourrait très bien annuler les décisions de Barack Obama car elles relèvent de l’exécutif. Il a toutefois « déconseillé » une telle initiative. Si cela devait être le cas, l’homme d’affaires se heurterait à l’opposition d’un nombre important de membres du Parti républicain au Congrès.

Moscou : OK pour élections en Syrie, mais…

Moscou : OK pour  élections en Syrie

Mais à des conditions qui ne sont pour l’instant pas acceptable ni par les occidentaux, ni parler les opposants syriens à Assad. Le texte russe en huit points, élaboré par Moscou en vue de la seconde session de négociations sur la Syrie en fin de semaine à Vienne, n’exclut pas que Bachar al Assad soit candidat à l’élection présidentielle, bien que son départ soit considéré par les pays occidentaux et arabes comme une condition de la paix. « Le président de la Syrie élu par le peuple aura la fonction de commandant en chef des forces armées, le contrôle des services spéciaux et de la politique étrangère », lit-on dans le document de travail. Le texte russe propose que les Syriens s’entendent sur les étapes du processus de réforme constitutionnelle lors d’une conférence organisée par les Nations unies et précise que ce processus ne doit pas être dirigé par Bachar al Assad, mais par une personnalité faisant consensus. A Moscou, le vice-ministre des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, qui s’est entretenu mardi du dossier syrien avec son homologue iranien Hossein Amir-Abdollahian, a nié l’existence d’un tel document de travail, parlant de « simples idées en vue de prochaines discussions », selon l’agence Tass. Des diplomates occidentaux ont déclaré à Reuters qu’il serait difficile pour les pays hostiles au maintien au pouvoir de Bachar al Assad d’accepter les propositions russes en l’état. « Le document ne convient pas à beaucoup de monde », a dit un diplomate, précisant que les pays en désaccord avec la ligne russe feraient en sorte que ces idées ne constituent pas la base des négociations.

Poutine :son opposant Boris Nemtsov, leader de l’opposition, abattu à Moscou

Poutine  :son opposant  Boris Nemtsov, leader de l’opposition, abattu à Moscou

Encore un des rares opposants à Poutine abattu. L a plupart ont déjà subi le même sort, ont été emprisonnés  ou se sont exilés. C’est de cette manière que Poutine à réussi à asseoir son pouvoir : décapiter l’opposition, museler les médias. Ce qui lui permet d’hystériser le sentiment national et l’ expansionnisme russe. En même temps il dissimule ses échecs internes : croissance dans le rouge, baisse des recettes du pétrole, évasion des capitaux certes le principal opposant à Poutine était un oligarque mais Poutine aussi ;  ès uen enquête américaine Poutine a  accumulé un fortune de l’ordre de 40 milliards. Poutine adhère à la démocratie mais à la démocratie de terreur sas opposition, la démocratie du KGB où tous les coups sont permis. Tant que l’occident n’aura pas compris la psychologie du dictateur russe aucun compromis ne sera possible par exemple sur l’Ukraine.  Boris Nemtsov, figure de l’opposition au président russe Vladimir Poutine, a été abattu à Moscou vendredi soir, après avoir été touché par quatre balles. Il avait été de tous les combats, depuis quelques années, contre le pouvoir russe, de l’élection présidentielle à la guerre en Ukraine, en passant par les Jeux olympiques de Sotchi.  Ses assassins l’ont abattu devant le Kremlin, sur le Grand pont de pierre. Ultime symbole pour l’un des opposants politiques les plus féroces à Vladimir Poutine, Boris Nemtsov, tombé vendredi soir à Moscou après avoir reçu quatre balles. Ancien ministre de l’Énergie de Boris Eltsine, il avait notamment été en pointe pour dénoncer le coût des Jeux olympiques de Sotchi, il y a un an, cette ville des bords de la mer Noire qui l’avait vu naître. « Dans la Russie de Poutine, le sujet est tabou et la discussion impossible« , avait-il lâché à l’époque. Cinq ans plus tôt, en 2009, il avait été aspergé d’ammoniac par des inconnus dans la rue, alors qu’il était candidat à la mairie de la ville. Le 6 décembre 2011, il avait fait partie des nombreux opposants arrêtés en marge de la manifestation monstre contre la candidature de Vladimir Poutine à l’élection présidentielle de 2012. 

Mistral : Moscou menace la France

Mistral : Moscou menace la France

En colère, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a déclaré   »J’en ai marre, c’est un problème de réputation pour la France. Ils doivent remplir toutes leurs obligations selon le contrat », a-t-il ajouté avant de revenir aux sujets, en particulier l’Ukraine, qui a occupé une réunion ministérielle de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), jeudi et vendredi. Or c’est précisément la guerre en Ukraine qui, de l’avis de la France, empêche la livraison du premier des deux navires Mistral que Paris a vendus à la Russie, un contrat qui déplaît aux Américains, dans le climat actuel d’un retour à une Guerre froide.  Le président François Hollande a ainsi annoncé le 25 novembre le report « jusqu’à nouvel ordre » de la livraison du premier Mistral, considérant « que la situation actuelle dans l’est de l’Ukraine » ne permettait toujours pas cette livraison. « Pour l’instant on ne livre pas », a encore déclaré vendredi le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avant d’ajouter : « On pourrait ne jamais livrer. Il faut que les Russes se rendent compte de cette situation ». « Je n’ai rien à commenter de plus, les responsables russes savent très bien ce dont il s’agit », a-t-il précisé à l’AFP, après les déclarations de M. Lavrov  Face au refus de M. Hollande d’honorer une vente conclue en juin 2011 par son prédécesseur Nicolas Sarkozy, Moscou a proféré des menaces d’amendes et de dédommagements, selon les termes négociés par les deux parties. Premier d’une série de deux Mistral, le Vladivostok devait initialement être remis à Moscou mi-novembre, dans le cadre d’un contrat de 1,2 milliard d’euros entre la Russie et le constructeur naval français DCNS.  Les Mistral sont des navires polyvalents, pouvant transporter des troupes, des hélicoptères, des chars, et mettre à l’eau des chalands de débarquement, grâce à leur radier, une « porte » aménagée à la surface de l’eau.  Véritables « couteaux suisses » des marines de guerre modernes, ils sont utilisés pour des opérations de projection, pour accueillir un état-major embarqué ou un hôpital équivalent aux besoins d’une ville de 25.000 habitants.  Diplomates et experts admettent qu’avec le Mistral, il n’y a pas de bonne solution : soit la France livre le navire, et elle se met à dos ses alliés avec lesquels elle impose des sanctions à la Russie pour l’obliger à négocier dans la crise ukrainienne. Soit elle ne le livre pas, et sa crédibilité en matière de contrats internationaux en sera affectée alors qu’elle tente de vendre son avion de combat, le Rafale, à plusieurs pays.  M. Hollande a déclaré à plusieurs reprises que le cessez-le-feu devait être pleinement respecté en Ukraine avant la livraison du Mistral.  Mais les combats meurtriers se sont poursuivis dans l’est de l’Ukraine, en dépit de la signature d’un cessez-le-feu négocié par la Russie le 5 septembre.

Russie : des Sanctions économiques molles contre Moscou

Russie : des Sanctions économiques molles contre Moscou

Des paroles fortes mais des actions molles contre la Russie de la part de l’Europe. Une Europe très divisée sur le degré  de ces sanctions compte tenu de l’interpénétration des économies. Sans doute la Russie aurait-elle davantage à perdre mais l’Europe compte tenu de la crise actuelle ne serait pas non plus épargnée. D’où vraisemblablement des sanctions assez molles. Le président français François Hollande a réagi en appelant à « une réponse européenne forte et coordonnée à la nouvelle étape qui vient d’être franchie » lors du sommet européen des 20 et 21 mars.  De son côté, le chef de la diplomatie britannique, William Hague, a annoncé que son pays suspendait « toute coopération militaire » avec la Russie, précisant que la mesure s’appliquait aux licences d’exportation.  Son homologue français, Laurent Fabius, avait envisagé peu avant le rattachement de la Crimée « la suspension » de la vente de deux navires militaires Mistral à la Russie pour 1,2 milliard d’euros, tout en admettant un dilemme.   »Nous ne pouvons pas envisager de livrer en permanence des armements compte tenu de ce comportement (russe), de l’autre côté il y a la réalité de l’emploi et de l’économie », a-t-il relevé.  Le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine n’a pas tardé à mettre en garde le gouvernement français. « La France commence à trahir la confiance qu’on place en elle comme fournisseur fiable », a-t-il écrit sur son compte Twitter.  La Chambre de commerce franco-russe a fait connaître dès la semaine dernière son « extrême préoccupation ».   »Les milieux d’affaires et syndicaux allemands sont vent debout contre les sanctions », assure François Heisbourg, de la Fondation pour la recherche stratégique, basée à Paris.  Mais « les Russes sont beaucoup plus vulnérables que les Européens à la prise des sanctions: la Russie représente un peu plus de 1% du commerce extérieur de l’Union européenne et l’UE c’est 50% du commerce extérieur de la Russie », a-t-il dit à l’AFP.  Pour lui, même si l’UE importe encore 30% de son gaz en provenance de Russie, « au moins à court terme, on sort d’un hiver qui a été très doux et les stocks sont pleins ».   »On va souffrir, mais on part de l’idée que la Russie souffrira davantage encore sur un plan économique », explique à l’AFP Dominique Moïsi, de l’Institut français des relations internationales.  L’Allemagne, troisième partenaire commercial mondial de la Russie et premier en Europe, avec 6.000 entreprises sur le sol russe, est le pays « qui a le plus à perdre », fait valoir à Berlin Stefan Meister, expert du Conseil européen des relations extérieures, un groupe de réflexion.   »Même aujourd’hui, pendant qu’on discute des sanctions, l’Allemagne signe des contrats avec la Russie », dit à l’AFP Gian Maria Fara, président de l’Institut Eurispes à Rome.  Mais la chancelière allemande Angela Merkel semble reconnaître que les sanctions sont désormais inévitables.   »Nous y avons des intérêts, mais eux aussi ont des intérêts », a-t-elle dit vendredi devant les fédérations patronales à Munich (sud). « Nous devons exiger que le droit international soit respecté et nous ne pouvons pas rester sans rien faire quand il est bafoué ».  Pour François Heisbourg, « la façon dont la chancelière est passée tout au long de la semaine dernière du discours allemand traditionnel, très proche des intérêts des Russes, à un discours beaucoup moins lénifiant, montre qu’il n’y a pas de brèche » face au président russe Vladimir Poutine.  L’UE et les Etats-Unis ont déjà sanctionné lundi de hauts responsables russes ou pro-russes ukrainiens. Mais envisagent maintenant des sanctions économiques.   »Les Européens ont appris avec la crise iranienne comment mettre en place et gérer de façon assez fine et plutôt efficace des sanctions économiques et financières », relève François Heisbourg.  Vladimir Poutine « se trompe quand il surestime ses forces », analyse Dominique Moïsi. « On sent bien que le pouvoir économique, la bourse de Moscou, sont nerveux devant cet isolement croissant de la Russie ».  Surtout, face à la menace russe, « il y a un rapprochement américano-européen », explique François Heisbourg.  Le vice-président des Etats-Unis, Joe Biden a prévenu mardi que la Russie verrait « de nouvelles sanctions de la part des Etats-Unis et de l’UE ».   »Le Congrès américain va appliquer des sanctions allant très loin, y compris vis-à-vis des pays tiers qui continueraient à travailler avec la Russie », a poursuivi François Heisbourg. « Les Européens seront obligés de réagir ».

 

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