Le piège mortel de la dette
On augmente les dépenses de l’État de 56,6% du PIB en 2024 à 56,8% en 2025 ; on pense qu’elles franchiront cette année 57% du PIB, soit le record des pays développés. La moyenne de la zone euro est de 50% ; celle de l’UE est de 49,2%. Comment fait le gouvernement pour augmenter encore la dépense de l’État malgré ses difficultés financières ? C’est simple, il augmente l’emprunt public (345 milliards d’euros) ; il augmente les impôts (le budget 2025 prévoit 26,2 milliards d’euros d’impôts supplémentaires). par Dominique Reynié sur radio France .
Les intérêts de la dette que nous payons chaque année aux prêteurs de l’État atteindront 70 milliards d’euros en 2025, soit en gros la moitié du déficit.
L’État est pris dans un piège mortel.
Sa dette qui représentait 22% du PIB en 1981 dépasse aujourd’hui 115%.
Nos gouvernants ont été incapables de réduire les dépenses de l’État.
Même quand ils avaient de solides majorités parlementaires, ils ne l’ont pas fait.
C’est cette incapacité qui inquiète les institutions qui prêtent à l’État
Ce qui les rassurait jusqu’à présent, c’était la capacité de coercition qu’avait l’État pour lever l’impôt.
Mais c’est fini. Depuis une quinzaine d’années, chaque augmentation d’impôts suscite une protestation grandissante, voire une forme d’insurrection, comme lors de la crise des Bonnet rouges, en octobre 2013, ou les Gilets jaunes, en novembre 2018.
La préparation du budget 2025 vient également de le montrer ; les patrons des entreprises françaises championnes du monde ont averti devoir choisir entre le maintien de leurs performances et leur présence en France.
De même, à l’autre bout, les auto-entrepreneurs ont menacé le gouvernement d’une mobilisation, le conduisant aussitôt à retirer son projet d’augmenter la pression fiscale sur leur activité.
Comment rétablir nos finances publiques quand l’augmentation des impôts n’est plus acceptée et que les gouvernants demeurent incapables de réduire les dépenses de l’État ?
Il est impérieux de trouver la solution à ce casse-tête si nous voulons éviter la faillite de l’État. Mais qui s’y risquera à deux ans de la présidentielle ?