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Bitcoin : monnaie ou jeu spéculatif

Bitcoin : monnaie ou jeu spéculatif

Jacques Baudron, de l’Université Paris Sud pose la problématique des monnaies virtuelles à considérer comme des monnaies ou des jeux spéculatifs. Article de la Tribune

 

Du sommet de ses fragiles hauts et bas, le bitcoin domine l’affiche depuis plusieurs mois. Mais, nous prévient-on, le bitcoin n’a pas de valeur intrinsèque, et les monnaies virtuelles ne sont pas des créances. Que signifie cette affirmation ? Pour le savoir, il faut d’abord comprendre pourquoi une monnaie est une créance.

Les premières créances, des histoires d’orfèvres

Durant la première moitié du XVIIe siècle, les orfèvres font partie des rares métiers à même de tenir tête à l’aigrefin. Ils sont en effet dotés, pour leur activité, de coffres forts. Les riches négociants, particulièrement vulnérables, ont donc tôt fait de les solliciter pour y abriter leurs métaux précieux. L’affaire n’est évidemment pas gratuite : elle se fait contre une reconnaissance de dettes nominative et, bien entendu, une juste rémunération pour le service rendu. Sur présentation de ce papier, tout ou partie des métaux précieux déposés pouvait être retiré.

Les choses évoluant, les reconnaissances de dette deviennent anonymes et mentionnent seulement le montant d’or exigible en contrepartie. Les reconnaissances de dette étant bien plus faciles à manipuler que l’or, elles sont rapidement préférées pour les échanges de biens ou services. Ces billets, échangeables contre le poids d’or mentionné, constituent des créances.

Les orfèvres disposent en permanence dans leur coffre de réserves d’or qui dort. Les commerces quant à eux cherchent des fonds pour le développement de leurs activités et les deux parties trouvent rapidement un terrain d’entente sur la base de billets-reconnaissances de dettes identiques à ceux des déposants. Ces reconnaissances de dettes ont une vie éphémère : elles sont détruites dès libération de la dette.

Mise en place du mécanisme de création monétaire

Les orfèvres ne tardent pas à constater que l’or entre et sort mais que le niveau des stocks ne descend pas en dessous d’un certain seuil. Statistiquement, tous les emprunteurs ne présentent pas leur reconnaissance de dette au même moment. D’où l’idée de proposer plus de reconnaissances de dette qu’il n’y a d’or. Le total des montants inscrits sur les billets-reconnaissances de dette émis est supérieur au poids d’or chargé de le garantir. Le risque existe de se trouver démuni face à un afflux de demandes de remboursement, mais il est visiblement mesuré, puisque le système se développe. Cela dit, le modèle mis en place pour renflouer l’après-Louis XIV par John Law a tout de même montré en 1720 qu’une demande simultanée de tous les utilisateurs ne relève pas que de la théorie !

Le mécanisme de création monétaire est né. Quand un commerçant emprunte, il perçoit ses billets imprimés par l’orfèvre. La somme est reportée dans les registres. Des billets-reconnaissances de dette sont émis, et le niveau d’or dans les coffres ne change pas. Le commerçant utilise ces billets-reconnaissances de dette pour payer ses fournisseurs, qui les utiliseront à leur tour pour rémunérer des collaborateurs, qui pourront eux-mêmes les employer pour acheter du pain et ainsi de suite. La monnaie circule, et tous ces échanges ont pour point d’origine une simple écriture dans un registre…

L’histoire n’est pas finie : quand le commerçant rembourse sa dette, l’orfèvre détruit la reconnaissance de dette. Création monétaire et destruction monétaire se suivent avec un bilan non nul : l’activité du commerçant augmente et l’orfèvre touche des intérêts. Les trois attributs qui définissent la monnaie depuis Aristote sont là : elle est acceptée, divisible et durable. Acceptée, car la monnaie est garantie par la confiance que l’on a dans la réserve d’or. Divisible, car elle permet d’échanger des heures de travail contre du pain, puisque tous sont mesurés en unité de compte commune. Durable, car la monnaie a une certaine stabilité qui lui est donnée par sa référence à l’or. La quantité de monnaie nécessaire à l’acquisition de pain est la même – à l’inflation près – qu’on acquière cette denrée à un moment donné ou un an après.

Monnaie d’État, banque centrale et banques commerciales

Ce mécanisme est aujourd’hui utilisé par les états. Toutefois si dans un premier temps la monnaie s’appuyait effectivement sur une contrepartie en métal précieux, le glissement vers une valeur décrétée arbitrairement par l’État est désormais d’usage. La monnaie émise est dite fiduciaire, car elle demande de faire confiance à l’État. C’est lui qui décrète arbitrairement sa valeur. L’euro, par exemple, est l’équivalent de l’or pour les orfèvres. Leur rôle est aujourd’hui tenu par la Banque centrale européenne, qui émet les billets et pièces en circulation. L’État, de son côté, édicte deux règles : refuser la monnaie nationale en règlement d’une dette est illégal ainsi que s’acquitter de l’impôt avec une autre monnaie. Avec de telles règles, l’acceptation est plus facile…

Classiquement, dans un état la banque centrale émet la monnaie nationale et applique la politique monétaire du gouvernement. De leur côté, les banques commerciales distribuent la monnaie de la banque centrale et gèrent des services comme les prêts avec de la monnaie scripturale, c’est-à-dire dont les mouvements sont enregistrés dans les comptes. Un virement de cent euros ne signifie pas que cent euros en billets sont dans une boîte, c’est uniquement une écriture. Une autre écriture débitera le compte suite à un règlement par carte.

Globalement, la masse monétaire est créée à 95% par les banques commerciales et 5% par les banques centrales. La banque commerciale est légalement tenue de disposer d’une réserve de 1% de ses encours en monnaie d’État auprès de la banque centrale. Notons que la masse monétaire créée par l’obtention du crédit et détruite lors du remboursement couvre le principal, mais pas les intérêts. Ceux-ci devront être financés par ailleurs, typiquement par de nouveaux prêts.

Et les monnaies virtuelles ?

Si la monnaie scripturale vous permet à tout moment d’exiger de votre banque la contrepartie des écritures en monnaie nationale physique, rien de tel n’est proposé avec la monnaie virtuelle. La monnaie virtuelle ne conserve que les écritures. Par construction, seul persiste dans le processus l’aspect scriptural de la monnaie – toute transaction est inscrite de manière indélébile – mais sa totale indépendance vis-à-vis des autres monnaies l’empêche de s’appuyer sur une valeur ou monnaie quelconque. On dit également qu’il n’y a pas de valeur intrinsèque. L’expression « monnaie virtuelle » frise donc l’oxymore.

En effet, sans valeur intrinsèque aucune des 1.300 monnaies virtuelles ne répond à la définition aristotélicienne de la monnaie. Les monnaies virtuelles sont certes de mieux en mieux acceptées, et l’on ne peut nier qu’elles sont divisibles : elles permettent de mesurer la valeur des biens et de faire des comparaisons. Mais elles ne sont pas durables. En effet, la monnaie permet de différer un achat pour « plus tard », au meilleur moment. Encore faut-il que « plus tard » le pouvoir d’achat de cette monnaie soit du même ordre. Or, la définition de la monnaie virtuelle précise qu’elle ne s’appuie sur aucun élément qui assurerait sa stabilité. Cela étant posé, renier Aristote et dire que « le bitcoin est une monnaie » simplifie beaucoup les discussions…

Où pourrait se situer la valeur intrinsèque du volatil bitcoin s’il en avait une ? Pour ma part je vois deux pistes : les transferts de fonds rapides et les « ICO » (initial coin offering), qui consistent à proposer de participer au financement d’un projet non pas en entrant dans le capital ou en prêtant des fonds, mais en pré-achetant des services que le projet proposera. Ethereum pas exemple proposait des ether, Uber aurait pu proposer des courses, Air France des Miles. Les participations, très intéressantes dans la phase initiale, peuvent être échangées par la suite sur les marchés ; ces produits financiers sont connus sous le nom de token.

Une valeur tributaire de l’émotivité

En définitive, le cours du bitcoin est totalement mené par l’offre et la demande. Un achat est effectué en pariant sur le fait que « quelqu’un » sera prêt à racheter à un prix supérieur. S’agirait-il d’une sorte d’action ? Pas tout à fait. Une action est un acte de propriété avec droit de vote qui définit une valeur dont ne dispose pas la monnaie virtuelle. D’un type d’obligation ? Non plus, car une obligation est un prêt.

Au final, une monnaie virtuelle est sans référence. Il n’y a pas de valeur « raisonnablement » haute ou basse. Les fluctuations épousent l’humeur du moment, les émotions depuis l’engouement jusqu’au dépit en mouvements inattendus, voire surprenants. Son cours est imprédictible. Ce n’est pas parce qu’il est haut qu’il ne montera pas encore plus haut. Mais il peut aussi bien chuter.

Affirmer qu’il s’agit d’une bulle est bien confortable, mais avec huit mille dollars mi-novembre, on pouvait pronostiquer un éclatement. Las, il s’est alors produit un nouvel envol, et le doublement du cours en quinze jours. Imprévisible, le bitcoin est un produit parfait pour les amateurs d’émotion forte et de jeu. Tout ça parce qu’une monnaie virtuelle n’est pas une créance…

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Par Jacques Baudron, Chargé de cours technologies virtuelles licence MRT, Université Paris Sud – Université Paris-Saclay

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

Bitcoin : une monnaie spéculative pour Axel Weber (UBS)

Bitcoin : une monnaie spéculative pour Axel Weber (UBS)

Le président du conseil d’administration de la banque suisse UBS Axel Weber, ancien patron de la Deutsche Bank estime que le  principal problème est qu’en l’absence de banque centrale et d’un émetteur contrôlant la fourniture de bitcoins, la valeur est uniquement déterminée par la demande ce qui conduit à d’ »énormes fluctuations de prix dans les deux sens ». Aussi, la banque UBS a décidé de conseiller de manière explicite à ses clients de ne pas investir dans la monnaie virtuelle, a dit M. Weber, soulignant que la banque ne la considérait pas comme « valable et durable ». Pour protéger les investisseurs qui ne tiennent pas compte de l’avis de la banque, « les  régulateurs sont nécessaires », a conclu le président de l’UBS. Quelques centimes en 2009 mais environ 19000 dollars aujourd’hui ! Voila l’évolution du dollar qui monte plus haut que les cieux. Une crypto monnaie qui ne représente cependant qu’environ 270 milliards à comparer aux 80 000 milliards de la monnaie fiduciaire. En dépit des avantages évidents du taux monnaie concernant la réduction des coûts de transaction financière l’évolution du cours du bitcoin est évidemment surréaliste et la correction sera sévère Car l’achat/vente et l’investissement en bitcoins s’effectuent à ce jour en dehors de tout marché réglementé. « Les investisseurs s’exposent par conséquent à des risques de perte très élevés en cas de correction”, ont aussi déclaré  l‘Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le superviseur des établissements financiers.   Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait de même mis en garde contre tout investissement dans le bitcoin, qualifié d’“actif spéculatif”.Notons que le bitcoin valait seulement quelques centimes en 2009 ! Le bitcoin constitue sans doute une crypto monnaie moderne qui permet de faire des économies de gestion sur les transactions financières  mais de tels rendements sont évidemment surréalistes. la devise numérique atteint  pour une capitalisation autour de 300  milliards de dollars. Ces chiffres impressionnent. Pourtant, le bitcoin et les crypto-monnaies en général, restent des actifs « marginaux » quand on les compare aux autres classes d’actifs. En effet, alors que beaucoup d’investisseurs espèrent voir le bitcoin remplacer pièces et billets dans les années à venir, on voit mal la crypto-monnaie se substituer à la monnaie fiduciaire. En effet, la capitalisation du bitcoin ne représente aujourd’hui que 3,4% de la valeur de tous les billets et pièces en circulation dans le monde. Et même si l’on englobe le reste des crypto-monnaies, soit 400 milliards de dollars en tout, elles ne représentent encore « que » 5,3% de la masse monétaire fiduciaire totale.

Venezuela: Maduro lance une monnaie virtuelle !

Venezuela:  Maduro lance une  monnaie virtuelle !

 Alors que le Venezuela est au bord de la faillite économique avec notamment une dette de 150 milliards, Le président socialiste vénézuélien Nicolas Maduro a annoncé la création d’une monnaie virtuelle basée sur les réserves de pétrole du pays  pour lutter contre le « blocus financier » des Etats-Unis. Certes le Venezuela dispose d’une des plus importantes réserves de pétrole, reste à savoir si les exportateurs étrangers voudront bien être réglés avec cette monnaie très hypothétique. On sait que le Venezuela a été très affecté par la baisse pétrole mais tout autant par les affaires de corruption à l’intérieur même du camp présidentiel. Cette corruption et la mauvaise gestion ont produit une véritable catastrophe tant sur le plan économique que social et même démocratique puisque Maduro a notamment suspendu le parlement officiel. « J’annonce que le Venezuela va mettre en place un nouveau système de cryptomonnaie basé sur ses réserves pétrolières. Le Venezuela va créer une cryptomonnaie, le Petro, pour progresser en matière de souveraineté monétaire, pour procéder à ses transactions financières malgré le blocus financier », a déclaré Nicolas Maduro lors de son émission télévisée hebdomadaire. Outre le pétrole -dont le Venezuela détient les réserves les plus importantes de la planète- cette nouvelle monnaie virtuelle sera basée sur le gaz, les stocks d’or et de diamants, a indiqué le président. « Cela nous permettra d’avancer vers de nouvelles formes de financement international pour le développement économique et social du pays « , a-t-il déclaré. Mis en difficulté par la chute des cours du pétrole, dont il tire 96% de ses devises, sanctionné par les agences de notation, le pays est acculé à restructurer une dette extérieure estimée à environ 150 milliards de dollars par certains experts, alors que sa population souffre déjà de graves pénuries d’aliments et de médicaments, faute d’argent pour les importer. Le Venezuela et la compagnie pétrolière d’Etat PDVSA sont déjà considérés comme étant en défaut de paiement partiel par plusieurs agences de notation. Face à cela, Caracas accuse Washington de « persécution financière », auquel le président américain Donald Trump ayant imposé fin août des sanctions économiques au Venezuela.

La fin de la monnaie unique : quelques mois, quelques années ou jamais pour le FN ?

La fin de la monnaie unique : quelques mois, quelques années ou jamais pour le FN ?

 

 

Brusquement, la fin de la monnaie unique ne devient plus l’Alpha et l’Omega de la politique économique du Front National qui maintenant affirme que « la transition de la monnaie unique à la monnaie commune européenne n’est pas un préalable à toute politique économique ». Un changement soudain pour coller à l’opinion favorable au maintien de l’euro (pour 75% des Français(. Et surtout pour tenter de récupérer les 4à 5 % des voix de Dupont Aignan qui a rejoint Marine Le Pen. Les propositions du Front National sont relativement floues et approximatives. Récemment Marine le Pen affirmait que l’abandon de la monnaie unique s’effectuerait dans un délai de 18 mois. De son e côté, la  députée FN Marion Maréchal-Le Pen a précisé que les négociations de sortie de l’euro dureraient beaucoup plus que les six mois initialement prévus et prendraient « peut-être plusieurs années » après les élections attendues dans d’autres pays. On ne sait plus très bien d’ailleurs si il y aurait véritablement l’abandon de l’euro puisque marine le Pen affirme vouloir  garder un euro « monnaie commune » et non plus unique mais seulement   »les grandes entreprises qui font du commerce international », parallèlement à une « monnaie nationale » pour les « achats quotidiens » des Français.  Pour les achats non quotidiens, pour l’épargne ou encore pour les investissements quelle monnaie faudra-t-il choisir ? Le changement de position du front national est purement électoral. Même au front national, on confirme pourtant que ce nouveau calendrier constitue bien un changement de position conjoncturelle. « Il y a eu accord de gouvernement avec Nicolas Dupont-Aignan. La donne est quand même assez différente », reconnaît Jean Messiha, le coordinateur du programme du FN. « Il y a effectivement la crainte exprimée par un certain nombre de Français que Marine a entendue, que nous avons intégrée dans les négociations que nous avons eues avec Nicolas Dupont-Aignan. » « Nous sommes des gens pragmatiques », a-t-il ajouté. Les économistes y voient l’effet de la prise de conscience par Marine Le Pen que la sortie de l’euro renforçait le « plafond de verre » qui l’empêchera d’être élue dimanche prochain, selon tous les sondages en vue du second tour. « C’est un vrai changement de pied mais ça déséquilibre complètement son programme économique et ça le rend impossible », déclare à Reuters Nicolas Bouzou, économiste et directeur du cabinet d’études Asteres. « Ils cherchaient un moyen de se sortir d’une situation où ils s’étaient enfermés ; l’alliance avec Dupont-Aignan leur a donné le prétexte politique pour en sortir mais du coup son programme s’écroule. » Pour Ludovic Subran, économiste chez l’assureur-crédit Euler Hermes, Marine Le Pen lâche du lest parce qu’elle a compris que les Français ont « peur de l’impact que cela aura, notamment sur la consommation et sur l’épargne ». « Mais ça ne change absolument rien à la fiction absolue qu’est l’idée d’avoir une double monnaie, une monnaie nationale et une monnaie pour les échanges internationaux. La monnaie locale se dévaluerait énormément et ça aurait un impact fort sur le bien-être des consommateurs, sans gain de compétitivité, estime-t-il. Christopher Dembik, responsable de la recherche à Saxo Bank, parle, lui, d’un « vrai revirement » et d’un « retour à la réalité, la sortie de l’euro est remise aux calendes grecques ». « Mais deux monnaies, ça n’a pas de sens. On renoue avec le serpent monétaire européen (avec l’euro monnaie commune-NDLR) qui avait un inconvénient, c’est que les monnaies nationales étaient soumises à la spéculation », ajoute-t-il. En abandonnant l’idée d’une sortie rapide de l’euro pour rassurer une partie de l’électorat, Marine Le Pen condamne le reste de son programme, selon les économistes. Nicolas Bouzou rappelle qu’elle prévoit une augmentation massive des dépenses publiques qui se traduirait selon lui par une « explosion du déficit budgétaire » et de la dette. « Il n’était rendu possible que par la monétisation de la dette par la Banque de France qui prêterait directement à l’Etat », explique-t-il. « Sans la monétisation de la dette par la Banque de France, le financement de son programme n’est plus possible. »

«Le franc est la monnaie des Africains» ? (Sapin)

«Le franc est la monnaie des Africains» ? (Sapin)

«Le franc malgré son nom est la monnaie des Africains, ce n’est plus la monnaie de la France, a expliqué Michel Sapin  à Abidjan, en Côte d’Ivoire, à l’issue d’une réunion avec ses homologues d’Afrique de l’Ouest et centrale de la «zone franc». Indiscutablement le franc CFA joue un rôle de stabilisation dans l’économie africaine qui utilise cette monnaie.  Cette monnaie qui bénéficie du parapluie du Trésor public de la France. Résultat le CFA est largement surévalué sans doute de l’ordre de 50 %. Un avantage cependant pour le pouvoir d’achat car le CFA est à l’abri de secousses monétaires puisque protégé par l’euro. Par contre si effectivement le pouvoir d’achat des ménages est protégé le niveau du CFA trop surévalué constitue un  handicap pour la compétitivité des exportations. La France évidemment soutient le CFA (avec l’Europe derrière) pour des raisons économiques mais surtout politiques. Les pays d’Afrique concernée demeurant toujours le pré carré politique de la France. Du coup le  gouvernement justifie l’existence et le niveau du CFA. En guise d’argumentaire le patron de la banque de France avait sorti une explication à caractère intemporel qui pourrait d’ailleurs s’appliquer à d’autres pays comme la France   »Nous menons régulièrement des études économiques pour voir si le franc CFA est surévalué ou sous-évalué par rapport à son niveau économique de très long terme. Aujourd’hui notre réponse est très claire, le franc CFA n’est ni sous-évalué, ni surévalué », avait  déclaré le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. Il a ajouté que le franc CFA, devise partagée par 14 pays d’Afrique subsaharienne plus les Comores, agissait comme un « mécanisme de protection contra-cyclique », qui évite que son taux de change s’apprécie trop quand les cours des matières premières flambent ou qu’il périclite quand ils sont faibles, comme c’est le cas aujourd’hui, avec pour conséquence des poussées inflationnistes. La vraie question est moins l’existence du CFA que son niveau qui protège d’un côté mais handicape d’un autre. Témoin l’envahissement de produits-y compris alimentaires- notamment chinois qui tuent aussi certaines économies locales.

 

Le yuan chinois devient monnaie officielle du FMI : attention aux secousses

Le yuan chinois devient monnaie officielle du  FMI : attention aux secousses

C’est sans doute davantage pour des raisons politiques économiques que le fonds monétaire international vient de reconnaître le yuan chinois comme monnaie officiel comme l’euro ou le dollar.  Depuis longtemps la Chine réclamait ce statut. Reste à savoir si le yuan sera si significativement intégré dans le système financier. En cause plusieurs interrogations. D’abord la richesse réelle sur laquelle est supposée s’appuyer la monnaie chinoise. De ce point de vue,  nombre d’experts s’interroge depuis des années sur la mesure de l’activité en Chine. Les statistiques chinoises présentent en effet un caractère très politique, témoin par exemple cette croissance de 7 % annuels décrétés  par l’État et atteintes dans les statistiques officielles. Une croissance qui d’après nombre d’experts devrait être divisée par deux depuis des années. Autre interrogation celle de l’endettement ;  un endettement qui affecte les entreprises publiques dont l’offre est en  surcapacité structurelle et dont les déficits s’ajoutent aux déficits. Un endettement qui concerne aussi les collectivités publiques notamment locales mais aussi les particuliers. Des perspectives de bulle financière ne sont pas à écarter. Une intégration trop rapide du yuan pourrait être de nature à accélérer une guerre des monnaies déjà largement engagées. Avant de devenir une monnaie officielle réellement utilisée, il faudra un peu plus de transparence financière et économique en Chine.   Depuis le 1er octobre, la devise chinoise est en donc officiellement partie intégrante de l’unité de compte du Fonds monétaire international, les droits de tirage spéciaux (DTS), où elle a rejoint les monnaies américaine et européenne mais également la livre britannique et le yen japonais. C’est une « étape historique » pour Pékin, a affirmé la directrice générale du FMI Christine Lagarde, ajoutant que cette décision allait accélérer « l’intégration de l’économie chinoise dans le système financier et monétaire international ». Concrètement, le changement ne devrait pas bousculer le rapport de forces sur le globe où le billet vert reste de loin le plus utilisé (41% des transactions mondiales) devant l’euro (30,8%) ou la livre (8,7%), selon la société financière Swift. Le renminbi (l’autre nom du yuan, ndlr) devrait toutefois en profiter pour poursuivre son internationalisation naissante et pourra désormais atterrir dans les caisses des pays placés sous assistance financière du FMI.pas de quoi vraiment rassurer les pays en cause.  Après un long examen, l’organe de direction du Fonds, qui représente ses 189 Etats membres, a donné son feu vert en novembre 2015 en assurant que le yuan remplissait deux grands critères: être massivement présent dans les transactions internationales et être « librement utilisable ». La dernière modification de son panier de devises remontait à 2000 quand l’euro avait remplacé le franc et le deutsche mark.

(Avec AFP)

La BCE détient 1.000 milliards de fausse monnaie

La BCE détient  1.000 milliards de fausse monnaie

 

 

D’une certaine manière la BCE détient de l’ordre de 1000 milliards de fausses monnaies correspondant  pour l’essentiel à des emprunts d’État rachetés et qui seront remboursés un jour dans 5ans, 10 ans ou 20 ans voir plus tard ou même pas du tout. De toute manière très dévalorisée lors de leur éventuel remboursement compte tenu de l’inflation inévitable. Bref on fait tourner la planche à billets. Comme bien d’autres banques centrales mais du coup les effets s’annulent. Une sorte de monnaie de singe sans doute nécessaire pour redonner un peu d’oxygène  budgétaire au service de la croissance qui  pourtant demeure très molle Le montant des actifs détenus par la Banque centrale européenne (BCE) a atteint la semaine dernière le seuil symbolique des 1.000 milliards d’euros après 18 mois de rachats de dette souveraine des pays de la zone euro. La BCE a racheté pour 11,14 milliards d’euros d’obligations d’Etat lors de la semaine au 2 septembre, sur un total de 13,75 milliards d’euros de titres acquis. Un an et demi après le lancement de ce programme d’assouplissement quantitatif (QE), destiné à relancer l’activité et à redresser l’inflation dans la zone euro, les résultats sont au mieux mitigés. Le crédit bancaire est certes reparti mais il reste peu dynamique et l’inflation demeure éloignée de l’objectif de la BCE d’une hausse des prix légèrement inférieure à 2%. Dresser un bilan est toutefois risqué car il est impossible de savoir quel serait l’état économique de la zone euro sans cette initiative de la BCE. Ce programme, qui consiste à racheter 80 milliards d’euros d’actifs chaque mois, est censé expirer en mars prochain. Le président de la BCE, Mario Draghi, ne devrait rien annoncer de spectaculaire à l’issue de la réunion du conseil des gouverneurs qui se tiendra jeudi mais il pourrait évoquer une prolongation ou une modification de ce QE.

 

(Avec Reuters)

 

BCE: un aveu d’impuissance avec l’ hypothèse de hélicoptère à monnaie

    • BCE: un aveu d’impuissance avec l’hypothèse de hélicoptère à monnaie
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    • L’idée même d« hélicoptère » monétaire, autrement dit du déversement massif de monnaie témoigne à l’évidence du désarroi dans lequel se trouve la banque centrale européenne. Il ne s’agit bien entendu que d’une hypothèse qui consisterait à déverser des liquidités directement aux Européens pour relancer inflation et croissance, cela sans passer par l’intermédiation des banques. Une hypothèse peu vraisemblable sur laquelle  l’’économiste Christian Saint-Etienne revient dans une interview au Figaro. Pour autant l’argumentation de l’économiste n’est guère éclairante sur la manière de relancer la croissance. Elle évite d’aborder l’articulation nécessaire entre la politique monétaire et les politiques budgétaires. Or dans la conjoncture actuelle les restrictions budgétaires sont complètement contradictoires avec la relance de l’activité. Une contradiction pourtant taboue chez des économistes comme Christian Saint-Étienne englués dans leur approche orthodoxe. Une contradiction qui pour autant ne donne pas non plus raison aux économistes gauchistes qui nient  toute nécessité de rigueur budgétaire. De ce point de vue le chemin de pertinence reste encore à trouver entre laxisme budgétaire et rigueur suicidaire. (Interview de Christian Saint-Étienne dans le Figaro)
    • Une semaine après avoir annoncé la baisse des taux directeurs de la BCE afin de booster la zone euro, Mario Draghi, président de la Banque Centrale Européenne, a émis une nouvelle hypothèse pour relancer l’inflation :  envoyer directement de l’argent aux citoyens européens. La mesure a-t-elle des chances de se concrétiser ? Y a-t-il une chance pour que vous receviez prochainement un chèque de la BCE ? Christian Saint-Etienne, économiste et universitaire, fait le point.
    • En réalité c’est une vieille idée qui remonte aux années 1950. A l’époque, Milton Friedman expliquait que si l’on augmentait la production de la monnaie, on augmenterait son prix. C’est une idée ancienne qui avait pour but de montrer que ça n’avait pas grand intérêt de faire cela. Plusieurs économistes évoquent à nouveau le fameux hélicoptère de Friedman par provocation, en quelque sorte pour souligner le fait qu’il faille relancer le crédit. Mais en soi, c’est évidemment une mesure infaisable.
    • Ce n’est pas envisageable d’envoyer un chèque à tout le monde par la Poste. De plus, on peut considérer qu’un Etat comme la France verse déjà de l’argent aux particuliers à travers le RSA, tout en étant en déficit. Ce serait une idée délirante pour plusieurs raisons. A supposer que cette somme soit 300 euros, quel serait l’intérêt de donner 300 euros à Mme Bettencourt ?
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    • Ce serait une mesure perverse d’un point de vue économique dans le sens où l’on balancerait de l’argent aux personnes sans vérifier que les gens en ont besoin. A fortiori, des gens qui n’ont pas besoin d’argent se verraient créditer d’une certaine somme. Ce serait une mesure perverse également sur le plan moral, car donner de l’argent à une personne sans qu’elle n’ait fait le moindre effort revient à remettre en cause les fondements de la société occidentale. Même si on peut en quelque sorte dire que le RSA ressemble à l’helicopter drop de Friedman, il y a des critères d’attribution qui font que les gens qui le perçoivent en ont besoin.
    • Oui, mais pas seulement. Si on le fait en février, pourquoi ne le ferait-on pas en mars, avril, mai ? Cela pourrait nous mener à une inflation destructrice comme celle qu’a connue l’Allemagne dans les années 1920 [en juillet 1922, un dollar s’échangeait contre 420 marks puis contre 4.200.000.000.000 marks le 20 novembre 1923].

Goldman Sachs veut lancer sa monnaie virtuelle

Goldman Sachs veut lancer sa monnaie virtuelle

La banque d’affaires Goldman Sachs veut lancer sa propre monnaie virtuelle sur le style du Bitcoin pour faciliter les opérations de courtage, selon des brevets déposés auprès des autorités américaines. Cette monnaie, baptisée SETLCoin, sera utilisée pour faciliter le courtage des produits financiers (actions, obligations d’entreprises, bons du Trésor …) ainsi que le règlement de ces transactions, indique la prestigieuse banque new-yorkaise. Si les salles de marché de grandes banques et de maisons de courtage disposent d’ordinateurs effectuant des opérations en millièmes de secondes, il faut encore des jours pour que l’argent et les titres ou produits financiers changent effectivement de mains. Cette procédure est connue sous le nom de règlement. Or pendant ce laps de temps l’acheteur ou le vendeur peut avoir fait faillite. Goldman Sachs affirme que SETLCoin garantit « une exécution et un règlement quasi-instantanés » des échanges. SETLCoin n’est toutefois pas du Bitcoin mais est développée d’après la technologie sous-tendant la fameuse monnaie virtuelle. En effet, pour ne pas se laisser dépasser par la révolution des crypto-monnaies, des grandes banques traditionnelles testent depuis des mois la technologie « Blockchain » dans l’espoir d’offrir leur propre monnaie virtuelle. La technologie « Blockchain » se présente sous la forme d’un logiciel qui alimente et régule la crypto-monnaie bitcoin. Les acteurs impliqués dans une transaction l’authentifient en utilisant ce logiciel. La transaction est alors ajoutée à la plateforme d’échange sous forme d’une longue ligne de code chiffrée qui retrace toute l’opération.

 

La monnaie chinoise pour remplacer le dollar ?

La monnaie chinoise pour remplacer le dollar ?

 

Au-delà de la dévaluation de la monnaie chinoise, il faut prendre en compte la nouvelle politique monétaire. En fait la Chine progressivement laisse sa monnaie flotter pour faciliter les ajustements de sa valeur aux fondamentaux économiques. Dans un premier temps l’objectif est de rejoindre le panier des monnaies retenues par le FMI. La monnaie chinoise aurait donc un statut de grande monnaie internationale. Mais au-delà compte tenu de la puissance économique du pays, il s’agit un jour d’imposer le yuan  à la place du dollar. Une hypothèse possible compte tenu du poids de la Chine dans les échanges internationaux. Il ne s’agit donc pas pour les autorités chinoises d’une concession en matière de politique de change mais d’une stratégie pour s’imposer au plan monétaire mondial  L’évolution récente de la politique de change de la Chine devrait conduire la République populaire « très près » d’un régime de change flottant, a estimé vendredi un haut responsable du Fonds monétaire international (FMI) dans un rapport sur l’économie chinoise.  Le nouveau système mis en place par Pékin devrait en théorie permettre à la valeur du yuan de varier de jusqu’à 10% par semaine et d’atteindre un niveau susceptible d’être fixé par les marchés, a dit Markus Rodlauer, le chef de mission du FMI pour la Chine.  Les autorités chinoises devraient rester actives sur le marché des changes, a-t-il ajouté, mais « cela pose les bases d’une flexibilité accrue ».   »Nous ne nous attendons pas à un régime de change flottant dès demain. Nous nous attendons au maintien d’un régime administré. Mais nous espérons que cela va progressivement conduire à une flexibilité accrue et au flottement d’ici deux ou trois ans », a-t-il dit. Même en prenant en compte la baisse de la valeur du yuan qui a suivi l’entrée en vigueur du nouveau système, le FMI estime que la monnaie chinoise n’est plus sous-évaluée, a poursuivi Markus Rodlauer, un jugement important car la question de la valeur relative du yuan est un facteur clé des relations en la Chine et les Etats-Unis.  Les déclarations de Markus Rodlauer accompagnent le rapport annuel du FMI sur l’économie chinoise, une revue achevée avant l’annonce de la mise en place de la nouvelle politique de change mardi.  Dans son rapport, le FMI estime que la Chine devrait laisser son économie continuer de ralentir au cours de l’année à venir, et se préparer à un ralentissement de sa croissance à moyen terme.  Pour le Fonds, les autorités de Pékin doivent « calibrer » leurs politiques, notamment leur politique budgétaire, dans la perspective d’une croissance de 6% par an l’année prochaine, contre 6,8% attendu pour cette année, des chiffres à comparer à un rythme de plus de 10% par an avant la crise financière de 2007. « La Chine est en train d’évoluer vers une nouvelle norme, avec une croissance certes plus lente mais aussi plus saine et plus durable », explique le FMI dans son rapport.

 

Nouvelles baisses de la monnaie chinoise à attendre (OFCE)

Nouvelles baisses de la monnaie chinoise à attendre (OFCE)

La Chine a dévalué d’environ 3,5% en deux jours la valeur de sa monnaie face au dollar, la plus forte dépréciation en deux décennies. Les marchés et les analystes sont divisés sur les motivations de Pékin et sur les conséquences à attendre. Henri Sterdyniak, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques, livre son analyse au Figaro.

LE FIGARO – Le yuan a perdu plus de 3,5% de sa valeur en deux jours. Est-ce une nouvelle manière de fixer le taux-pivot autour duquel est autorisé à fluctuer le yuan comme le prétend le discours officiel?

Henri Sterdyniak – Prétendre que la dévaluation est une nouvelle façon de calculer le taux-pivot est de la pure communication. La banque populaire de Chine affirme qu’elle n’intervient pas mais tout le monde sait qu’elle décide du mouvement de sa monnaie. Il s’agit bien d’une dévaluation de la banque populaire de Chine dans un régime de change géré. C’est un acte volontaire. Dans un système de changé géré, la banque centrale n’a pas d’engagement. Elle décide ce qu’elle veut quand elle veut et n’a pas d’obligation de prévenir. A l’inverse, dans un régime de changes flexibles, ce sont les marchés qui décident et la monnaie se déprécie selon l’esprit des marchés. Dans un régime de change fixe (comme celui du franc CFA), la banque centrale doit annoncer solennellement qu’elle dévalue sa monnaie.

La Chine cherche-t-elle à rejoindre le club national des monnaies mondiales de référence en faisant croire qu’elle laisse fluctuer le yuan ou à doper son économie?

La monnaie est très contrôlée par les autorités chinoises. La volonté actuelle de la Chine est claire: doper son économie. La Chine accepte une forte appréciation de sa monnaie depuis une dizaine d’année, pour entrer dans le jeu normal du système monétaire international et ne plus accumuler trop de réserves de change. Elle misait essentiellement sur un essor de sa demande intérieure pour dépendre progressivement de moins en moins de ses exportations. Aujourd’hui, elle a besoin d’augmenter ses exportations car sa croissance a diminué. Elle considère que l’appréciation du yuan est allé trop loin. Elle infléchit donc sa politique en dépréciant sa monnaie.

Est-ce que d’autres dévaluations sont possibles dans les jours qui viennent?

Je pense que la Chine va aller plus loin dans la dévaluation du yuan. Maintenant qu’ils ont commencé, ils vont plutôt faire 10% que 4%. Pourquoi en rester à 4% si les exportations ne sont pas satisfaisantes? La banque populaire de Chine va poursuivre la dévaluation dans les jours qui viennent. Elle va faire varier sa monnaie lentement jusqu’à ce qu’elle juge une valeur satisfaisante. Ces dévaluations pourraient s’étaler sur 15 jours encore. Une monnaie comme l’euro peut facilement s’apprécier ou se déprécier de 15% face au dollar en un mois sur le marché des changes donc cela n’a rien de choquant pour le yuan. La différence est que la banque populaire de Chine prend une décision seule sans consulter personne et cela surprend les marchés. L’économie mondiale risque ainsi de s’engager dans les dépréciations compétitives si la Chine, comme le Japon ou la zone euro, estiment avoir besoin d’une monnaie faible.

La Chine dévalue sa monnaie

La Chine dévalue sa monnaie

Ayant constaté le très net tassement de son économie et notamment la baisse brutale des exportations en juillet, la Chine a décidé de dévaluer sa monnaie. Il s’agit de peser sur l’instrument monétaire afin de redonner de la compétitivité aux produits chinois notamment de l’industrie manufacturière. Cela dans un contexte de croissance mondiale assez atone. Après une série d’indicateurs macroéconomiques décevants, dont une chute des exportations en juillet, la banque centrale de Chine (PBOC) a annoncé mardi 11 août avoir abaissé de presque 2% le taux de référence du yuan face au dollar, affirmant vouloir accorder un rôle accru au marché pour déterminer la valeur de la monnaie chinoise. L’institution a ramené à 6,2298 yuans pour un dollar, contre 6,1162 yuans lundi 10 août, ce taux-pivot autour duquel le yuan est autorisé à fluctuer quotidiennement dans une fourchette de 2% de part et d’autre. Cette fourchette avait été sensiblement élargie en mars 2014, mais les analystes spéculent sur un nouvel élargissement à venir, Pékin affichant sa volonté de renforcer ses efforts vers une « libre convertibilité » du renminbi (l’autre nom du yuan). La réduction du taux de référence dévoilée mardi, d’une ampleur inédite selon l’agence Bloomberg et qui s’apparente à une brusque dévaluation, ne devrait toutefois pas être répétée, a averti la PBOC. En effet, cette soudaine baisse correspond à une nouvelle manière de déterminer le taux-pivot, pour laquelle la banque centrale prendra désormais « entièrement en compte » l’offre et la demande sur le marché des changes, ainsi que les niveaux les plus récents des devises étrangères, a expliqué la banque centrale de Chine dans un communiqué. Le taux-pivot autour duquel le yuan fluctue serait ainsi en mesure de refléter plus fidèlement les différents mouvements et dynamiques du marché. Cette décision intervient quelques jours après l’annonce d’une nouvelle forte chute des exportations chinoises en juillet. Elles ont chuté de 8,3%, soit leur plus forte baisse en quatre mois, sous le coup d’un affaissement de la demande et d’un renforcement du yuan. La banque centrale avait observé par la suite que le renchérissement du yuan pesait sur le commerce extérieur du pays. De l’avis des analystes, le vif renforcement de la monnaie chinoise face à l’euro entrave effectivement les exportations du géant asiatique vers l’Union européenne (UE), son principal partenaire commercial. Pékin, qui encourage activement une internationalisation accrue du yuan, cherche par ailleurs à le faire intégrer au panier de devises de référence du Fonds monétaire international (FMI).

Euro : l’Allemagne pour la baisse de la monnaie européenne

Euro : l’Allemagne pour la baisse de la monnaie européenne

Déclaration surprise de l’Allemagne en faveur de la baisse de l’euro. Wolfgang Schäuble : «Bien sûr le taux de change [de l'euro] est élevé et s’il continuait à s’apprécier, cela impacterait négativement le développement économique en Europe, qui s’est amélioré mais doit encore s’améliorer », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter: « si les biens européens deviennent trop chers et les importations trop bon marché, alors cela ne sera pas une bonne chose». Sous l’effet du discours offensif de Mario Draghi, et des indications laissées par Benoît Coeuré, le membre français de la Banque centrale européenne, la monnaie unique s’inscrivait en baisse, ce lundi 14 avril, à 1,3849 dollar contre 1,3889 dollar vendredi soir.  L’appui du ministre des Finances allemand a un certain poids dans la mesure où, contrairement à d’autre pays comme la France, l’Allemagne ne souffre pas réellement de l’euro fort. En 2013, sa balance commerciale est restée excédentaire, de près de 200 milliards d’euros. Dans une note datée du 4 mars dernier, les économistes de Natixis, expliquaient que « l’Allemagne a une production industrielle haute en gamme (…), ce qui implique que l’appréciation de l’euro réduit très peu (pas du tout ?) les exportations en volume de l’Allemagne ». A l’inverse, une baisse de l’euro accroît les importations de matières premières importée par l’Allemagne et « est donc défavorable à l’industrie allemande ». Les économistes de Natixis en déduisaient que l’euro fort profitait à l’Allemagne. Une étude de la Deutsche Bank, citée par Le Monde, montrait, elle, que le « seuil de douleur » pour l’Allemagne était d’un euro pour 1,79 dollar contre 1,24 dollar pour la France. Outre Wolfgang Schäuble, plusieurs personnalités ont fait savoir qu’elles partageaient les vues de Mario Draghi sur l’euro fort. Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France a concédé que l’évolution de l’euro compliquait la ré-accélération de la croissance, et Michel Sapin, le ministre français des Finances, a évoqué un discours « intéressant ».  Dimanche 13 mars, Benoît Coeuré, le membre français du directoire de la BCE, a réaffirmé que l’institution européenne était prête à muscler son action. Il a ainsi donné des indices sur un éventuel assouplissement quantitatif, c’est-à-dire des rachats de titres sur les marchés, si l’inflation venait à fléchir un peu plus.  « Ce ne serait pas une question de quantité mais de prix », a-t-il affirmé ajoutant que « en pratique, ces rachats seraient naturellement liés aux maturités des taux d’intérêts qui sont les plus importants pour l’investissement des entreprises et la consommation des ménages », a-t-il dit.  Il faudra également tenir compte « de la segmentation » financière de l’Europe a-t-il indiqué. Ce qui signifie, selon lui, que la BCE ne pourra se contenter d’acheter un seul type de titre financier, comme de la dette d’Etat.




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