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Au G7, Macron fait déjà la pub pour son nouveau « pacte financier mondial »

Au G7, Macron fait déjà la pub pour son nouveau « pacte financier mondial »


Encore de la com la part de Marcon qui propose lors d’une réunion fin juin à Paris « un nouveau pacte financier mondial.
Le président français reprend la problématique du climat et de la pauvreté pour ce qu’il appelle pompeusement un « nouveau pacte financier mondial. »
La vérité est moins grandiose. Il s’agit de modifier les conditions d’accès au financement notamment du fonds monétaire international et de la banque mondiale. Un éternel objectif mais qui n’a pas grand-chose à voir avec un nouveau pacte financier mondial qui imposerait notamment la fin de la lutte entre les monnaies, les taux de change, la fin de l’évasion fiscale et des conditions de concurrence fiscales sociales inégales. Aussi une vraie taxation des mouvements des transactions financières .

Comme d’habitude, Macron se saoule de mots et on accouchera encore d’une souris. Certes si un accord se fait ce sera toujours mieux que rien mais ce sera quand même une avancée toujours marginale qui n’a rien à voir avec une nouvelle régulation financière au plan mondial.

Emmanuel Macron a profité du sommet du G7 pour faire la promotion du « nouveau pacte financier » mondial qu’il appelle de ses voeux pour éviter de « choisir entre la lutte contre la pauvreté et la lutte pour le climat ».

Paris avait lancé l’idée de ce sommet à l’automne dernier lors de la COP27 en Egypte avec la Première ministre de la Barbade Mia Mottley, dont la petite île caribéenne est en première ligne face aux menaces du changement climatique.

L’objectif est ambitieux: réformer l’architecture de la finance mondiale pour mieux répondre aux défis du réchauffement climatique.

« Nous allons porter un agenda de réforme du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale pour davantage offrir de financements aux pays qui en ont le plus besoin », a expliqué Emmanuel Macron. Il entend aussi « développer plus de financements privés par des mécanismes de garantie ».

« C’est le seul moyen d’éviter une division du monde », a-t-il encore insisté, relevant que « de plus en plus de pays du Sud ont le sentiment » qu’on « leur demande de faire des efforts climatiques alors qu’on ne les a pas suffisamment aidés pour lutter contre la pauvreté ».

Santé–Covid : Niveau d’alerte diminué au plan mondial( OMS)

Santé–Covid : Niveau d’alerte diminué au plan mondial( OMS)

Selon le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, « au moins 20 millions » de personnes sont décédées du Covid-19 mais lacrise sanitaire est désormais suffisamment sous contrôle d’après l’Organisation mondiale de la santé qui a levé, ce vendredi, son plus haut niveau d’alerte sur la pandémie. Cependant la crise n’est pas complètement terminée ; pour preuve, on a constaté en France encorele 5 mai 2023 (Derniers chiffres connus) : 5505 cas supplémentaires et 44 morts en 24 h

De son côté, Maria Van Kerkhove, en charge de la lutte contre le Covid-19 au sein de l’OMS, s’est toutefois montrée prudente. La phase de crise de la pandémie « est passée, mais pas le Covid », a-t-elle rappelé. « La pire chose qu’un pays puisse faire maintenant est d’utiliser cette nouvelle comme une raison de baisser sa garde, de démanteler les systèmes qu’il a construits ou d’envoyer le message à son peuple que le Covid-19 n’a rien d’inquiétant », a renchéri Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Si le nombre de morts causées par le Covid nouvellement enregistrées a chuté de 95% depuis janvier, ils étaient encore 16.000 à mourir de cette maladie entre fin mars et fin avril à cause du virus, selon les statistiques de l’OMS. L’organisation juge d’ailleurs prématurée la décision de nombreux pays de faire passer la pandémie à l’arrière-plan avec des tests et la surveillance sanitaire réduits à la portion congrue.

Covid : Niveau d’alerte diminué au plan mondial( OMS)

Covid : Niveau d’alerte diminué au plan mondial( OMS)


Selon le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, « au moins 20 millions » de personnes sont décédées du Covid-19 mais lacrise sanitaire est désormais suffisamment sous contrôle d’après l’Organisation mondiale de la santé qui a levé, ce vendredi, son plus haut niveau d’alerte sur la pandémie.

De son côté, Maria Van Kerkhove, en charge de la lutte contre le Covid-19 au sein de l’OMS, s’est toutefois montrée prudente. La phase de crise de la pandémie « est passée, mais pas le Covid », a-t-elle rappelé. « La pire chose qu’un pays puisse faire maintenant est d’utiliser cette nouvelle comme une raison de baisser sa garde, de démanteler les systèmes qu’il a construits ou d’envoyer le message à son peuple que le Covid-19 n’a rien d’inquiétant », a renchéri Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Si le nombre de morts causées par le Covid nouvellement enregistrées a chuté de 95% depuis janvier, ils étaient encore 16.000 à mourir de cette maladie entre fin mars et fin avril à cause du virus, selon les statistiques de l’OMS. L’organisation juge d’ailleurs prématurée la décision de nombreux pays de faire passer la pandémie à l’arrière-plan avec des tests et la surveillance sanitaire réduits à la portion congrue.

Niveau de richesse France: le déclin au plan mondial

Niveau de richesse France: le déclin au plan mondial

Désormais au 25 e rang mondial en revenu par habitant, la France s’appauvrit d’année en année, sans que nous en soyons vraiment conscients. Les raisons sont multiples, mais il sera bientôt trop tard pour faire machine arrière sans un sursaut politique et économique, prévient Etienne Wasmer.

Par Etienne Wasmer (Professeur d’économie à la New York University d’Abu Dhabi. Co-fondateur du Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques (LIEPP) à Sciences Po) (extrait article des Echos)

Le PIB par habitant aux Etats-Unis augmente continûment relativement à la France et l’Allemagne. Il est désormais 80 % au-dessus de nous, selon le FMI, quand la Suisse est à plus du double. Désormais au 25e rang mondial ( ou 30e selon les années) en revenu par habitant, la distance de revenu entre nous et les Suisses ou les Américains est similaire à celle qui nous sépare des Grecs et des Portugais (50e et 40e pays dans ce classement). Nous pouvons aussi nous comparer à l’Allemagne : nous sommes 20 % plus pauvres en revenu par tête, un écart qui s’est creusé depuis 2007 .


Les données du Fonds monétaire international (FMI)

Rang Pays ou territoire PIB par habitant
1 Qatar 124 927
2 Macao Macao 114 430
3 Luxembourg 109 192
4 Singapour 90 531
5 Brunei 76 743
6 Irlande 72 632
7 Norvège 70 590
8 Koweït 69 669
9 ÉAU 68 245
10 Suisse 61 360
11 Hong Kong 61 016
12 Saint-Marin 60 359
13 États-Unis 59 495
14 Arabie saoudite 55 263
15 Pays-Bas 53 582
16 Islande 52 150
17 Bahreïn 51 846
18 Suède 51 264
19 Allemagne 50 206
20 Australie 49 882
21 Taïwan 49 827
22 Danemark 49 613
23 Autriche 49 247
24 Canada 48 141
25 Belgique 46 301
26 Oman 45 464
27 Finlande 44 050
28 Royaume-Uni 43 620
29 France 43 551

France: le déclin, au 25ème rang mondial

France: le déclin, au 25ème rang mondial

Désormais au 25 e rang mondial en revenu par habitant, la France s’appauvrit d’année en année, sans que nous en soyons vraiment conscients. Les raisons sont multiples, mais il sera bientôt trop tard pour faire machine arrière sans un sursaut politique et économique, prévient Etienne Wasmer.

Par Etienne Wasmer (Professeur d’économie à la New York University d’Abu Dhabi. Co-fondateur du Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques (LIEPP) à Sciences Po) (extrait article des Echos)

Le PIB par habitant aux Etats-Unis augmente continûment relativement à la France et l’Allemagne. Il est désormais 80 % au-dessus de nous, selon le FMI, quand la Suisse est à plus du double. Désormais au 25e rang mondial ( ou 30e selon les années) en revenu par habitant, la distance de revenu entre nous et les Suisses ou les Américains est similaire à celle qui nous sépare des Grecs et des Portugais (50e et 40e pays dans ce classement). Nous pouvons aussi nous comparer à l’Allemagne : nous sommes 20 % plus pauvres en revenu par tête, un écart qui s’est creusé depuis 2007 .


Les données du Fonds monétaire international (FMI)

Rang Pays ou territoire PIB par habitant
1 Qatar 124 927
2 Macao Macao 114 430
3 Luxembourg 109 192
4 Singapour 90 531
5 Brunei 76 743
6 Irlande 72 632
7 Norvège 70 590
8 Koweït 69 669
9 ÉAU 68 245
10 Suisse 61 360
11 Hong Kong 61 016
12 Saint-Marin 60 359
13 États-Unis 59 495
14 Arabie saoudite 55 263
15 Pays-Bas 53 582
16 Islande 52 150
17 Bahreïn 51 846
18 Suède 51 264
19 Allemagne 50 206
20 Australie 49 882
21 Taïwan 49 827
22 Danemark 49 613
23 Autriche 49 247
24 Canada 48 141
25 Belgique 46 301
26 Oman 45 464
27 Finlande 44 050
28 Royaume-Uni 43 620
29 France 43 551

Russie : Centre mondial des cybercriminels

Russie : Centre mondial des cybercriminels

L’entreprise de cybersécurité américaine Recorded Future vient de publier une étude consacrée au volet cyber de la guerre en Ukraine qui montre le rôle central de la Russie dans la cybercriminalité internationale.

par Alexander Leslie, analyste chez Recorded Future, livre les principaux enseignements de cette étude.(dans LA TRIBUNE) –

L’une des grandes tendances soulignées par votre étude est la fuite des cerveaux de l’IT qu’a connue la Russie depuis le début du conflit, et l’impact de celle-ci sur la cybercriminalité dans le monde. En quoi cet exode massif a-t-il contribué à changer la donne ?
ALEXANDER LESLIE – On constate un lien très clair entre les différentes phases du conflit et l’activité des cybercriminels russophones. Lorsque les troupes russes commencent à s’amasser près de la frontière ukrainienne, puis de nouveau après le déclenchement du conflit, et plus encore après la déclaration de la mobilisation partielle par Vladimir Poutine en septembre 2022, on constate ainsi, à chaque fois, une baisse significative de l’activité sur les forums, les chaînes Telegram et les places de marché en langue russe utilisées par les cybercriminels. Après l’annonce de la mobilisation partielle, cette baisse atteint par exemple les 70%.
À ce jour, l’activité sur ces différents canaux n’est toujours pas revenue à ce qu’elle était avant le déclenchement des hostilités. Il existe donc un lien évident entre le fait que de nombreux individus dotés de compétences en informatique aient fui la Russie, soit par peur de la guerre, soit par désaccord avec celle-ci, ou encore pour échapper à la mobilisation, et la cybercriminalité russophone.


Comment expliquer cet impact ? On se doute que ces personnes qui ont fui la Russie n’étaient pas les hackers pro-Kremlin les plus zélés…

Cela s’explique par une règle tacite, qui veut que les autorités russes accordent un blanc-seing aux cybercriminels qui se trouvent en Russie, du moment que ces derniers ciblent des entités étrangères. Les hackers russes, qui, comme la plupart des cybercriminels, sont avant tout motivés par leur intérêt personnel et par l’appât du gain, sont parfaitement au courant de cet état de fait.
Ainsi, la plupart des forums et autres places du Darknet consacrés à la cybercriminalité bannissent instantanément les membres qui parlent de s’attaquer à des acteurs russes. En outre, certains logiciels malveillants, conçus par des hackers russophones, comme Raccoon Stealer, se désactivent automatiquement s’ils sont utilisés contre des sociétés russes.

Ainsi, la Russie constitue un havre qui permet à ces cybercriminels de prospérer sans être inquiétés. Contraints de quitter le territoire, ceux-ci ne bénéficient plus de cette protection implicite, et risquent l’arrestation, que ce soit par les autorités de leur pays d’accueil ou par Interpol, s’ils continuent d’agir comme avant. Ces acteurs malveillants sont donc contraints de réduire considérablement, voire d’interrompre leurs activités, au moins jusqu’à ce qu’ils trouvent une manière sûre d’opérer dans leur nouveau pays.

Quel intérêt la Russie a-t-elle à protéger les cybercriminels qui opèrent sur son sol ?
La proximité de l’État russe avec le crime organisé n’est pas un phénomène nouveau et remonte au moins aux débuts de la Fédération de Russie, en 1991. D’abord, cette proximité est mobilisée par l’État russe en période de conflit, dans une logique de cyberguerre. Ensuite, elle permet de faire entrer de l’argent sur le territoire russe, notamment à travers le phénomène des rançongiciels. Le groupe russophone Conti, qui s’est fragmenté après le début du conflit suite aux divergences de ses membres quant à l’attitude à adopter face à la guerre (certains la soutenant, d’autres non), était jusqu’alors le principal groupe de rançongiciel au monde.

Mais surtout, l’existence d’un puissant réseau de cybercriminels en Russie entretient le trouble quant à l’origine des cyberattaques émanant du pays et permet à l’État russe de facilement se laver les mains suite à une action disruptive menée contre un État ou une entreprise étrangère. Lorsqu’un groupe de hackers russophones comme Killnet, Xaknet ou encore Cyber Army of Russia lance une attaque sur les infrastructures ukrainiennes, par exemple, l’État russe peut affirmer qu’il s’agit d’une initiative émanant de cybercriminels n’ayant rien à voir avec lui. C’est parfois vrai, parfois non. Mais dans tous les cas, ce flou savamment entretenu permet aux autorités russes de mener une cyberguerre qui ne dit pas son nom.


Vous soulignez également que cette protection tacite accordée aux cybercriminels pourrait bien devenir officielle en Russie…

En effet, il y a actuellement plusieurs propositions allant dans ce sens étudiées par la Douma, la principale émanant du député Alexander Khinshtein, qui suggère d’amender le Code criminel pour conférer l’immunité aux hackers prorusses. Cela constituerait un pas supplémentaire de la part du Kremlin qui indiquerait ainsi noir sur blanc aux cybercriminels résidant sur son territoire qu’ils peuvent s’en prendre aux acteurs étrangers en toute impunité.

Ces dernières années ont été marquées par la montée en flèche des rançongiciels. Le conflit a-t-il eu tendance à exacerber ce phénomène ?
Pas vraiment, car certains des plus puissants cartels de rançongiciels ont été rayés de la carte. Conti s’est fragmenté suite à la déclaration d’allégeance du groupe à la Russie, qui a déplu à certains membres, et très récemment, Hive, un autre leader mondial du rançongiciel, a vu ses infrastructures saisies par le FBI. Bien sûr, de nouveaux groupes n’ont pas tardé à apparaître pour les remplacer, mais leur offre est pour l’heure d’une qualité inférieure. La guerre n’a donc pas été une bonne affaire pour ce business.
Le marché de contrebande sur le Darknet a également souffert : outre la saisie d’Hydra par la police allemande l’an passé, les mesures de rétorsion adoptées contre la Russie font qu’il est devenu très difficile pour les acteurs d’expédier des marchandises illégales (qu’il s’agisse d’armes, de drogue ou de produits de contrebande) au-delà de la frontière russe. Ainsi, nombre de places de marché illégales opérant sur le Darknet ont dû fermer boutique.

En revanche, une tendance inquiétante est celle du renforcement du modèle du malware-as-a-service. On voit ainsi plusieurs groupes d’haktivistes prorusses partager gratuitement les outils nécessaires, assortis des tutoriaux adéquats, pour conduire des attaques par déni de service, de rançongiciel ou autres logiciels malveillants. On assiste donc à une uberisation de la cybercriminalité. Un nombre croissant d’individus sans compétences avancées en informatique gagnent ainsi la possibilité de perpétrer des attaques à l’aide d’outils qui étaient jadis l’apanage des cybercriminels les plus évolués. Encore récemment cantonnés aux méandres du Darknet, ces outils circulent désormais au grand jour sur les réseaux sociaux russophones.

En outre, comme il est devenu plus difficile de faire de l’argent grâce aux rançongiciels, les cybercriminels s’attaquent de plus en plus aux infrastructures critiques, qu’il s’agisse de la grille énergétique, des hôpitaux ou des administrations publiques, car le coût potentiel (y compris en vies humaines) en cas de refus de payer la rançon est tel qu’ils savent avoir ainsi de meilleures chances de faire de l’argent. La combinaison de ces deux dernières tendances est très inquiétante et sera à surveiller de près dans les mois à venir.

Politique-Risque de chaos mondial avec Poutine ?

Politique-Risque de chaos mondial avec Poutine ?

par Didier Le Bret, diplomate, membre de Synopia (dans l’Opinion).

Au moment où le conflit semble marquer une « pause opérationnelle », quel premier bilan peut-on faire de cette guerre en Europe et avec quels scénarios de sortie de crise ? Exercice périlleux tantla guerre de Poutine compte de paramètres.

Dans l’absolu, tout devrait inciter le locataire du Kremlin à revoir ses ambitions à la baisse. L’échec militaire est patent. Le changement de régime a échoué. Les armées russes se replient sur leurs bases arrière dans la région du Donbass.

Sur la scène internationale, après une décennie d’efforts gagnants, dans son précarré d’abord, puis au Levant et en Afrique, la Russie semblait de retour. En intervenant militairement en Ukraine, Poutine abîme un leadership chèrement acquis auprès du « sud global ». Ses alliés lui tournent désormais le dos. Au sommet du G20, la Russie a été désavouée, sa guerre en Ukraine fermement condamnée. Pire, l’usage ou la menace d’utiliser des armes nucléaires y a été qualifiée d’inadmissible. La Chine prend également ses distances.

A l’intérieur, le tour de vis sécuritaire achève de vider le pays de ses élites. L’effondrement économique est certes amorti par l’épais matelas de devises accumulées par la Banque centrale russe, le renchérissement du prix des matières premières énergétiques et le contournement de l’embargo pétrolier. Mais la pluie de sanctions et le départ en bon ordre du monde du business privent à terme le pays de ses leviers de croissance.

Et pourtant, aucun de ces paramètres n’est de nature à infléchir la posture belliqueuse de Poutine. Car de son point de vue, il conserve deux cartes majeures : le temps et la fragilité des Européens.
Guerre d’usure. Le temps, Poutine va l’occuper dans une guerre d’usure qui, fidèle à la stratégie déployée à Grozny et à Alep, consiste à rendre la vie impossible en faisant des civils et des infrastructures critiques ses cibles privilégiées, en laissant derrière soi un champ de ruines pour retarder le retour à la normale.
L’Europe, maillon faible, toujours selon la logique de Poutine, finira par céder. Et là encore, il fait le pari que la résilience du peuple russe l’emportera sur les démocraties capricieuses et fragiles.

Vis-à-vis du reste du monde, le maître du Kremlin se sent sans doute là encore relativement assuré. Il tient d’une main ferme la menace de la légitime défense nucléaire en cas d’extension du conflit. Et tout aussi fermement, dans son autre main,le risque de famines, et partant d’embrasements politiques des pays les plus vulnérables. Deux armes de destruction massive !
Lire aussi

Pour Poutine, la guerre d’Ukraine est une guerre existentielle. Non pas que l’Ukraine menace en quoi que ce soit l’existence de la Russie. Dénucléarisée depuis 1994 et le traité de Budapest, délestée de la Crimée, partiellement occupée, l’Ukraine gère une guerre hybride dont elle est la première victime. Mais pour avoir théorisé la non-existence de l’identité ukrainienne, Poutine est désormais dos au mur. Il ne peut ni avancer ni reculer. Un échec militaire le contraignant à négocier équivaudrait à reconnaître un Etat dont il nie la souveraineté. Il devra donc continuer quoi qu’il en coûte. L’Ukraine doit être « prise » à tout prix.

Cette approche purement idéologique pourrait hélas prévaloir et constituer ainsi le plus sombre des cygnes noirs de l’histoire contemporaine, contraignant l’Occident à devoir s’engager de plus en plus, au risque de précipiter le chaos.

Didier Le Bret, diplomate, membre de Synopia.

Risque de chaos mondial avec Poutine ?

 Risque de chaos mondial avec Poutine ?

par Didier Le Bret, diplomate, membre de Synopia (dans l’Opinion).

Au moment où le conflit semble marquer une « pause opérationnelle », quel premier bilan peut-on faire de cette guerre en Europe et avec quels scénarios de sortie de crise ? Exercice périlleux tantla guerre de Poutine compte de paramètres.

Dans l’absolu, tout devrait inciter le locataire du Kremlin à revoir ses ambitions à la baisse. L’échec militaire est patent. Le changement de régime a échoué. Les armées russes se replient sur leurs bases arrière dans la région du Donbass.

Sur la scène internationale, après une décennie d’efforts gagnants, dans son précarré d’abord, puis au Levant et en Afrique, la Russie semblait de retour. En intervenant militairement en Ukraine, Poutine abîme un leadership chèrement acquis auprès du « sud global ». Ses alliés lui tournent désormais le dos. Au sommet du G20, la Russie a été désavouée, sa guerre en Ukraine fermement condamnée. Pire, l’usage ou la menace d’utiliser des armes nucléaires y a été qualifiée d’inadmissible. La Chine prend également ses distances.

A l’intérieur, le tour de vis sécuritaire achève de vider le pays de ses élites. L’effondrement économique est certes amorti par l’épais matelas de devises accumulées par la Banque centrale russe, le renchérissement du prix des matières premières énergétiques et le contournement de l’embargo pétrolier. Mais la pluie de sanctions et le départ en bon ordre du monde du business privent à terme le pays de ses leviers de croissance.

Et pourtant, aucun de ces paramètres n’est de nature à infléchir la posture belliqueuse de Poutine. Car de son point de vue, il conserve deux cartes majeures : le temps et la fragilité des Européens.
Guerre d’usure. Le temps, Poutine va l’occuper dans une guerre d’usure qui, fidèle à la stratégie déployée à Grozny et à Alep, consiste à rendre la vie impossible en faisant des civils et des infrastructures critiques ses cibles privilégiées, en laissant derrière soi un champ de ruines pour retarder le retour à la normale.
L’Europe, maillon faible, toujours selon la logique de Poutine, finira par céder. Et là encore, il fait le pari que la résilience du peuple russe l’emportera sur les démocraties capricieuses et fragiles.

Vis-à-vis du reste du monde, le maître du Kremlin se sent sans doute là encore relativement assuré. Il tient d’une main ferme la menace de la légitime défense nucléaire en cas d’extension du conflit. Et tout aussi fermement, dans son autre main,le risque de famines, et partant d’embrasements politiques des pays les plus vulnérables. Deux armes de destruction massive !
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Cette approche purement idéologique pourrait hélas prévaloir et constituer ainsi le plus sombre des cygnes noirs de l’histoire contemporaine, contraignant l’Occident à devoir s’engager de plus en plus, au risque de précipiter le chaos.

Didier Le Bret, diplomate, membre de Synopia.

Russie: Risque de conflit mondial ?

Russie: Risque de conflit mondial ?

par Didier Le Bret, diplomate, membre de Synopia (dans l’Opinion).

Au moment où le conflit semble marquer une « pause opérationnelle », quel premier bilan peut-on faire de cette guerre en Europe et avec quels scénarios de sortie de crise ? Exercice périlleux tantla guerre de Poutine compte de paramètres.

Dans l’absolu, tout devrait inciter le locataire du Kremlin à revoir ses ambitions à la baisse. L’échec militaire est patent. Le changement de régime a échoué. Les armées russes se replient sur leurs bases arrière dans la région du Donbass.

Sur la scène internationale, après une décennie d’efforts gagnants, dans son précarré d’abord, puis au Levant et en Afrique, la Russie semblait de retour. En intervenant militairement en Ukraine, Poutine abîme un leadership chèrement acquis auprès du « sud global ». Ses alliés lui tournent désormais le dos. Au sommet du G20, la Russie a été désavouée, sa guerre en Ukraine fermement condamnée. Pire, l’usage ou la menace d’utiliser des armes nucléaires y a été qualifiée d’inadmissible. La Chine prend également ses distances.

A l’intérieur, le tour de vis sécuritaire achève de vider le pays de ses élites. L’effondrement économique est certes amorti par l’épais matelas de devises accumulées par la Banque centrale russe, le renchérissement du prix des matières premières énergétiques et le contournement de l’embargo pétrolier. Mais la pluie de sanctions et le départ en bon ordre du monde du business privent à terme le pays de ses leviers de croissance.

Et pourtant, aucun de ces paramètres n’est de nature à infléchir la posture belliqueuse de Poutine. Car de son point de vue, il conserve deux cartes majeures : le temps et la fragilité des Européens.
Guerre d’usure. Le temps, Poutine va l’occuper dans une guerre d’usure qui, fidèle à la stratégie déployée à Grozny et à Alep, consiste à rendre la vie impossible en faisant des civils et des infrastructures critiques ses cibles privilégiées, en laissant derrière soi un champ de ruines pour retarder le retour à la normale.
L’Europe, maillon faible, toujours selon la logique de Poutine, finira par céder. Et là encore, il fait le pari que la résilience du peuple russe l’emportera sur les démocraties capricieuses et fragiles.

Vis-à-vis du reste du monde, le maître du Kremlin se sent sans doute là encore relativement assuré. Il tient d’une main ferme la menace de la légitime défense nucléaire en cas d’extension du conflit. Et tout aussi fermement, dans son autre main,le risque de famines, et partant d’embrasements politiques des pays les plus vulnérables. Deux armes de destruction massive !
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Cette approche purement idéologique pourrait hélas prévaloir et constituer ainsi le plus sombre des cygnes noirs de l’histoire contemporaine, contraignant l’Occident à devoir s’engager de plus en plus, au risque de précipiter le chaos.

Didier Le Bret, diplomate, membre de Synopia.

Russie: Risque de chaos mondial ?

Russie: Risque de chaos mondial ?

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Dans l’absolu, tout devrait inciter le locataire du Kremlin à revoir ses ambitions à la baisse. L’échec militaire est patent. Le changement de régime a échoué. Les armées russes se replient sur leurs bases arrière dans la région du Donbass.

Sur la scène internationale, après une décennie d’efforts gagnants, dans son précarré d’abord, puis au Levant et en Afrique, la Russie semblait de retour. En intervenant militairement en Ukraine, Poutine abîme un leadership chèrement acquis auprès du « sud global ». Ses alliés lui tournent désormais le dos. Au sommet du G20, la Russie a été désavouée, sa guerre en Ukraine fermement condamnée. Pire, l’usage ou la menace d’utiliser des armes nucléaires y a été qualifiée d’inadmissible. La Chine prend également ses distances.

A l’intérieur, le tour de vis sécuritaire achève de vider le pays de ses élites. L’effondrement économique est certes amorti par l’épais matelas de devises accumulées par la Banque centrale russe, le renchérissement du prix des matières premières énergétiques et le contournement de l’embargo pétrolier. Mais la pluie de sanctions et le départ en bon ordre du monde du business privent à terme le pays de ses leviers de croissance.

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L’Europe, maillon faible, toujours selon la logique de Poutine, finira par céder. Et là encore, il fait le pari que la résilience du peuple russe l’emportera sur les démocraties capricieuses et fragiles.

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Chine : signe du ralentissement mondial le commerce extérieur s’écroule

Chine : signe du ralentissement mondial le commerce extérieur s’écroule

Signe du ralentissement mondial de l’économie,en novembre, les exportations de la Chine ont dégringolé de 8,7% sur un an, à 296 milliards de dollars (283 milliards d’euros), selon les chiffres publiés ce mercredi 7 décembre par les Douanes chinoises.

Cette chute des exportations est d’autant plus significative que la période octobre-novembre est traditionnellement celle où elles devraient être les plus fortes, avec les expéditions de marchandises en vue des fêtes de Noël.
Confronté le mois dernier à sa plus importante vague de Covid-19 depuis le début de la pandémie – même si les chiffres restent infimes par rapport à sa population -, la Chine a poursuivi sa stricte politique sanitaire. Cette dernière consiste en des dépistages quasi-quotidiens pour la population, des quarantaines obligatoires pour les personnes testées positives ou encore des confinements dès l’apparition de cas. Des usines ont dû fermer et certains employés, confinés, n’ont pas pu rejoindre leur poste de travail.

En novembre, les importations se sont quant à elles affichées en repli de 10,6% sur un an, à 226 milliards de dollars (216 milliards d’euros). Il s’agit de l’effondrement le plus fort depuis mai 2020. Par conséquent, l’excédent commercial de la Chine avec le reste du monde a atteint les 69,84 milliards de dollars en novembre (66,72 milliards d’euros). Soit un niveau globalement inférieur aux chiffres habituels.

« Une demande internationale et intérieure en baisse, les perturbations liées au Covid et une base de comparaison en hausse ont conduit à ce véritable coup de massue, qui était attendu », note Bruce Pang, analyste du cabinet américain Jones Lang LaSalle, auprès de Bloomberg News.

Le Fonds monétaire international (FMI) a en tout cas fait savoir la semaine dernière qu’il devrait revoir à la baisse les prévisions de croissance chinoise. « Alors que nous prévoyons une croissance de 3,2% pour cette année et de 4,4% pour l’année prochaine, il est possible qu’en cette période de très grande incertitude, nous devions revoir ces projections à la baisse », a indiqué sa directrice Kristalina Georgieva. Au troisième trimestre, la Chine a connu une croissance de 3,9% après 0,4% au deuxième trimestre, soit sa pire performance trimestrielle depuis 2020.

Commerce mondial : risque de récession

Commerce mondial : risque de récession

Le volume de croissance mondiale pourrait être ramené sur une progression en 2023 de 1 % au lieu de 3,5 % prévus en début d’année. Autant dire que le risque de récession n’est pas impossible d’après l’organisation mondiale du commerce.

Concernant le PIB mondial, d’après les nouvelles prévisions de l’OMC aux taux de change du marché, il devrait augmenter de 2,8% en 2022 et de 2,3% en 2023 (soit 1,0 point de pourcentage de moins par rapport aux prévisions précédentes pour ce dernier chiffre). En comparaison, l’OCDE, qui a maintenu sa prévision à 3% pour 2022, a récemment annoncé tabler sur une croissance de 2,2% l’an prochain. Le FMI prévoit en revanche une croissance de 3,2% cette année, et de 2,9% en 2023. Si les prévisions actuelles de l’institution se confirment, la croissance du commerce ralentira donc fortement en 2023, mais elle restera cependant positive.

L’OMC sstime que si les risques de dégradation venaient à se concrétiser, la croissance du commerce pourrait, en effet, tomber jusqu’à -2,8%, mais en cas de bonnes surprises, elle pourrait atteindre jusqu’à 4,6%. Or, les risques sont nombreux et, selon l’organisation, le commerce et la production « seront grevés par plusieurs chocs interdépendants » l’an prochain, dont la guerre en Ukraine, le niveau des prix de l’énergie, l’inflation et le resserrement de la politique monétaire.
Inflation et hausse des taux
Le déclenchement de la guerre en Ukraine en février dernier a entraîné une crise énergétique caractérisée par une flambée des prix du gaz et de l’électricité. Cette hausse des prix a alimenté une inflation déjà présente du fait de la forte reprise de l’activité à la sortie de la crise sanitaire. En léger recul, elle était de 6,2% en août sur un an aux Etats-Unis, tandis qu’elle atteignait un nouveau record au sein de la zone euro (les dix-neuf États à avoir adopté la monnaie unique) à 9,1%. Dans de nombreux pays en développement l’inflation est à deux chiffres. En Turquie, elle frôle désormais les 80%!
Pour lutter contre cette flambée des coûts, de nombreux pays ont entrepris d’opérer des resserrements de leurs politiques monétaires afin de freiner la demande et donc la hausse des prix. C’est

Géopolitique-Vers un bouleversement mondial ?

Géopolitique-Vers un bouleversement mondial ?

Dans la tradition des mois d’août agités, celui qui s’achève n’aura pas manqué d’être le théatre d’une séquence diplomatique et militaire d’une incroyable intensité durant la première quinzaine. A tel point, qu’elle pourrait bien mettre au jour un nouvel ordre mondial. Par Jérôme Husson, de  Square Management*. ( la Tribune)

 

Depuis plusieurs mois, les regards sont tournés vers la Chine dont l’appétit historique pour Taïwan se montre grandissant, et que nous savons scruter attentivement le développement du conflit Russo-Ukrainien, en particulier les réactions de soutien de l’Union européenne et plus encore celles des États-Unis.

En posant le pied sur le sol taïwanais le 2 août, la présidente de la chambre des représentants des US, Nancy Pelosi a joué sa partition dans ce qui fut considéré comme une provocation ouverte par la Chine. Les heures qui suivirent furent incertaines, et c’est sans doute dans la réaction des acteurs concernés ainsi que de la communauté internationale que l’esquisse d’un nouvel ordre se précise.

Un bref regard sur les 25 dernières années et un focus particulier sur les 12 derniers mois permettent de relire les événements et de discerner la perte de vitesse des USA sur la scène politique internationale parallèlement au renforcement de régimes qui mettent leur économie au second plan.

Depuis un quart de siècle, les USA ont lancé des actions de suprématie qualifiées de « sanctions économiques ». Pêle-mêle, l’Iran, la Corée du Nord, la Syrie et la Russie ont fait l’objet de ces instruments de politique internationale.

Toutefois, le bilan de ces sanctions semble être tout à fait limité. Le programme nucléaire iranien a repris de plus belle ; en Syrie, Bachar El-Assad est resté au pouvoir et s’est même offert le luxe de s’ériger en rempart face à Daesh. En Corée du Nord, le programme nucléaire militaire est en passe d’aboutir. Quant à la Russie, depuis 2014 qu’elle connaît les mesures internationales en représailles de son annexion de la Crimée, elle a aujourd’hui retrouvé une vitalité économique très intéressante. La chute du pétrole orchestrée en 2016 n’aura mis qu’un genou à terre au régime de Moscou qui a appris à vivre avec des ressources limitées. Aujourd’hui, les Européens se trouvent dans une dépendance insoupçonnée aux livraisons de gaz et de pétrole de la Russie, quand l’Afrique ne s’inquiète pas de sa capacité à alimenter sa population en ingrédients de base.

La Chine a donc regardé de près les différentes sanctions infligées par les états occidentaux à la Russie, et plus finement encore, observé les conséquences des réponses de Moscou.

Mais un point crucial a surgi il y a deux ans, et que les occidentaux ont vraisemblablement sous-estimé. La crise du Covid a permis à la Chine de mesurer à quel point le monde est dépendant de ses exportations en tous genres, ce que la Russie n’avait pas été en mesure de faire durant la même époque, et par là, elle a pu mesurer son niveau d’emprise économique réelle.

Dès lors, connaissant son véritable poids dans la mécanique du monde, Pékin peut envisager plus sereinement, quoiqu’à son rythme, de déployer ses prétentions sur sa région d’influence, et exercer en premier lieu sur Taïwan, une forme de réunification. Face à la possibilité de la visite de Mme Pelosi sur place, Pékin avait fait savoir que cela constituerait à ses yeux une provocation insoutenable à laquelle il répondrait. Ladite réponse ne s’est guère fait attendre puisque le surlendemain Pékin lançait des manœuvres militaires aériennes et navales de grande ampleur. La récente mémoire des exercices militaires russes en Biélorussie du 10 au 20 février 2022, soit 4 jours avant l’opération spéciale en Ukraine, laissait présager le pire pour l’île de Taïwan.

Face à la réaction chinoise, les États-Unis sont restés plus que mesurés, participant avec modestie à des exercices militaires taïwanais de défense ; attitude rappelant là encore, l’écart entre les déclarations d’intentions musclées de Joe Biden sur la position russe en février et le concours distant de leurs forces aux côtés des Ukrainiens une fois les troupes russes entrées.

La fermeté de la réponse des Chinois tranche avec la retenue diplomatique habituelle que nous leur connaissons, aussi cela pourrait-il bien être le révélateur d’une forme de prise de conscience ou d’assurance développée par Pékin quant à leurs capacités propres.

En déployant la quasi-totalité de son arsenal de sanctions économiques dans la crise ukrainienne, les Occidentaux ont dévoilé leurs cartes. Et tous ces éléments peuvent nous amener à penser que le régime de Pékin a déjà préparé ses contre-mesures dans la perspective de sa reprise en main de Taïwan et des sanctions que cela appellerait. Ainsi, il ne serait pas étonnant de voir le Dollar US être profondément affecté par une forte libération de monnaies de réserves de la Chine, et moins étonnant encore d’entendre Pékin demander à ce que ses exportations soient réglées en Yuan. Quant à l’accès à la plateforme Swift, gageons que la Chine a déjà développé sa propre plateforme concurrente qu’elle pourrait alors imposer à ses partenaires.

Ces éléments priveraient définitivement les USA de leurs outils d’hégémonie, et la récession faisant son œuvre, un nouvel ordre mondial pourrait émerger, faisant la part belle à des régimes davantage politiques qu’économiques, comme celui de la Russie, et donner une place de leader économique à la Chine dont les relations avec le monde sont d’une tout autre nature que celles du vieux monde.

Une telle évolution serait un véritable bouleversement, tant les grands équilibres s’en trouveraient affectés. Les monnaies de référence, les systèmes d’échanges, les normes du commerce international, l’extraterritorialité des lois et règlements, en bref, tout ce qui constitue notre quotidien et les repères dans lesquels nous vivons pourraient radicalement être renouvelés.

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(*) Jérôme Husson est Principal chez Square Management. Il est expert des sujets d’éthique et de gouvernance des organisations, disposant d’une expérience de haut niveau dans le secteur financier et le secteur associatif, en tant qu’administrateur et cadre dirigeant.

Vers un changement économique et politique mondial ?

Vers un changement économique et politique mondial ?

Dans la tradition des mois d’août agités, celui qui s’achève n’aura pas manqué d’être le théatre d’une séquence diplomatique et militaire d’une incroyable intensité durant la première quinzaine. A tel point, qu’elle pourrait bien mettre au jour un nouvel ordre mondial. Par Jérôme Husson, de  Square Management*. ( la Tribune)

 

Depuis plusieurs mois, les regards sont tournés vers la Chine dont l’appétit historique pour Taïwan se montre grandissant, et que nous savons scruter attentivement le développement du conflit Russo-Ukrainien, en particulier les réactions de soutien de l’Union européenne et plus encore celles des États-Unis.

En posant le pied sur le sol taïwanais le 2 août, la présidente de la chambre des représentants des US, Nancy Pelosi a joué sa partition dans ce qui fut considéré comme une provocation ouverte par la Chine. Les heures qui suivirent furent incertaines, et c’est sans doute dans la réaction des acteurs concernés ainsi que de la communauté internationale que l’esquisse d’un nouvel ordre se précise.

Un bref regard sur les 25 dernières années et un focus particulier sur les 12 derniers mois permettent de relire les événements et de discerner la perte de vitesse des USA sur la scène politique internationale parallèlement au renforcement de régimes qui mettent leur économie au second plan.

Depuis un quart de siècle, les USA ont lancé des actions de suprématie qualifiées de « sanctions économiques ». Pêle-mêle, l’Iran, la Corée du Nord, la Syrie et la Russie ont fait l’objet de ces instruments de politique internationale.

Toutefois, le bilan de ces sanctions semble être tout à fait limité. Le programme nucléaire iranien a repris de plus belle ; en Syrie, Bachar El-Assad est resté au pouvoir et s’est même offert le luxe de s’ériger en rempart face à Daesh. En Corée du Nord, le programme nucléaire militaire est en passe d’aboutir. Quant à la Russie, depuis 2014 qu’elle connaît les mesures internationales en représailles de son annexion de la Crimée, elle a aujourd’hui retrouvé une vitalité économique très intéressante. La chute du pétrole orchestrée en 2016 n’aura mis qu’un genou à terre au régime de Moscou qui a appris à vivre avec des ressources limitées. Aujourd’hui, les Européens se trouvent dans une dépendance insoupçonnée aux livraisons de gaz et de pétrole de la Russie, quand l’Afrique ne s’inquiète pas de sa capacité à alimenter sa population en ingrédients de base.

La Chine a donc regardé de près les différentes sanctions infligées par les états occidentaux à la Russie, et plus finement encore, observé les conséquences des réponses de Moscou.

Mais un point crucial a surgi il y a deux ans, et que les occidentaux ont vraisemblablement sous-estimé. La crise du Covid a permis à la Chine de mesurer à quel point le monde est dépendant de ses exportations en tous genres, ce que la Russie n’avait pas été en mesure de faire durant la même époque, et par là, elle a pu mesurer son niveau d’emprise économique réelle.

Dès lors, connaissant son véritable poids dans la mécanique du monde, Pékin peut envisager plus sereinement, quoiqu’à son rythme, de déployer ses prétentions sur sa région d’influence, et exercer en premier lieu sur Taïwan, une forme de réunification. Face à la possibilité de la visite de Mme Pelosi sur place, Pékin avait fait savoir que cela constituerait à ses yeux une provocation insoutenable à laquelle il répondrait. Ladite réponse ne s’est guère fait attendre puisque le surlendemain Pékin lançait des manœuvres militaires aériennes et navales de grande ampleur. La récente mémoire des exercices militaires russes en Biélorussie du 10 au 20 février 2022, soit 4 jours avant l’opération spéciale en Ukraine, laissait présager le pire pour l’île de Taïwan.

Face à la réaction chinoise, les États-Unis sont restés plus que mesurés, participant avec modestie à des exercices militaires taïwanais de défense ; attitude rappelant là encore, l’écart entre les déclarations d’intentions musclées de Joe Biden sur la position russe en février et le concours distant de leurs forces aux côtés des Ukrainiens une fois les troupes russes entrées.

La fermeté de la réponse des Chinois tranche avec la retenue diplomatique habituelle que nous leur connaissons, aussi cela pourrait-il bien être le révélateur d’une forme de prise de conscience ou d’assurance développée par Pékin quant à leurs capacités propres.

En déployant la quasi-totalité de son arsenal de sanctions économiques dans la crise ukrainienne, les Occidentaux ont dévoilé leurs cartes. Et tous ces éléments peuvent nous amener à penser que le régime de Pékin a déjà préparé ses contre-mesures dans la perspective de sa reprise en main de Taïwan et des sanctions que cela appellerait. Ainsi, il ne serait pas étonnant de voir le Dollar US être profondément affecté par une forte libération de monnaies de réserves de la Chine, et moins étonnant encore d’entendre Pékin demander à ce que ses exportations soient réglées en Yuan. Quant à l’accès à la plateforme Swift, gageons que la Chine a déjà développé sa propre plateforme concurrente qu’elle pourrait alors imposer à ses partenaires.

Ces éléments priveraient définitivement les USA de leurs outils d’hégémonie, et la récession faisant son œuvre, un nouvel ordre mondial pourrait émerger, faisant la part belle à des régimes davantage politiques qu’économiques, comme celui de la Russie, et donner une place de leader économique à la Chine dont les relations avec le monde sont d’une tout autre nature que celles du vieux monde.

Une telle évolution serait un véritable bouleversement, tant les grands équilibres s’en trouveraient affectés. Les monnaies de référence, les systèmes d’échanges, les normes du commerce international, l’extraterritorialité des lois et règlements, en bref, tout ce qui constitue notre quotidien et les repères dans lesquels nous vivons pourraient radicalement être renouvelés.

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(*) Jérôme Husson est Principal chez Square Management. Il est expert des sujets d’éthique et de gouvernance des organisations, disposant d’une expérience de haut niveau dans le secteur financier et le secteur associatif, en tant qu’administrateur et cadre dirigeant.

Salman Rushdie: d’écrivain à symbole culturel mondial

 Salman Rushdie: d’écrivain à symbole culturel mondial

La fatwa lancée contre lui en 1989 a transformé Salman Rushdie en icône culturelle représentant l’importance de la liberté d’expression de l’écrivain. Par Vijay Mishra, Murdoch University.

 

La ville de Chautauqua, située au sud-ouest de Buffalo dans l’État de New York, est connue pour ses conférences d’été. C’est un lieu où les gens viennent chercher la paix et la sérénité. Salman Rushdie, grand écrivain et intellectuel influent, avait déjà pris la parole dans ce cadre.

Le vendredi 12 août, il était invité à parler d’un sujet qui lui tient à cœur : la situation critique des écrivains en Ukraine et la responsabilité éthique des États-nations libéraux à leur égard. Tout au long de sa carrière, Rushdie a défendu sans relâche la liberté d’expression des écrivains.

Dans le public – environ 2 500 personnes – se trouvait Hadi Matar, 24 ans, originaire du New Jersey, qui a sauté sur scène et a poignardé Rushdie au cou et à l’abdomen.

Il y a plus de 30 ans, le 14 février 1989, l’ayatollah Ruhollah Khomeiny, 88 ans, alors chef spirituel de l’Iran, a condamné Rushdie à mort par une fatwa, une décision légale prise en vertu de la charia en vigueur dans le pays. Il était déclaré coupable de blasphème contre le prophète Mahomet dans son roman Les versets sataniques.

Sa faute la plus grave ? Avoir suggéré que Satan lui-même avait déformé le message délivré par Muhammad à l’ange Gabriel. Il s’agit, bien entendu, de souvenirs hallucinatoires du personnage apparemment dérangé du roman, Gibreel Farishta. Mais en assimilant l’auteur et le narrateur, la fatwa fait de Rushdie le responsable des paroles et des actions d’un personnage. Et qui mérite donc d’être condamné.

Le blasphème contre Mahomet est un crime impardonnable dans l’islam, exprimé par le célèbre dicton farsi :

« Prenez les libertés que vous voulez avec Allah ; mais faites attention à Mahomet ».

Depuis la fatwa lancée contre lui, le spectre de la mort poursuit Rushdie, même si le gouvernement iranien a ostensiblement retiré son soutien à cette condamnation, mais sans concéder qu’une fatwa émise par un spécialiste qualifié de l’islam – ce qu’était Khomeiny – pouvait être révoquée. Rushdie lui-même n’a pas toujours pris ces menaces au sérieux : ces dernières années, il vivait plus librement, se passant souvent de gardes du corps.

Bien que l’écrivain ne soit plus sous respirateur, ses blessures restent graves. Comme l’a dit son agent Andrew Wylie, il risque de perdre un œil et peut-être même l’usage d’un bras. Il se rétablira, mais il semble peu probable qu’il redevienne le conteur d’autrefois, tel que je l’ai connu lors de mes visites à l’Université d’Emory, en Géorgie, où pendant cinq ans, de 2006 à 2011, il a été écrivain résident, et où ses archives ont été installées.

Nous ne savons pas ce qui a motivé Hadi Matar à agir ainsi, mais son action ne peut être dissociée de la fatwa de 1989, racontée par le magazine Time dans une tribune intitulée « Traqué par une foi enragée : Le roman de Salman Rushdie ouvre une faille entre l’Orient et l’Occident ».

Rushdie a fait la couverture du Time le 15 septembre 2017, lorsque le magazine a dressé son portrait et fait l’éloge de son nouveau roman, La Maison Golden. Dans le portrait qui lui est consacré, Rushdie réfléchit aux conséquences de la fatwa et de la controverse autour des Versets Sataniques sur la façon dont ses écrits sont perçus. L’humour, dans ses livres, a été négligé, explique-t-il, et ses œuvres ultérieures ont souffert de « l’ombre de l’attaque » portée aux Versets Sataniques.

Les Versets sataniques ont été publiés il y a plus de 30 ans – quelques années avant la naissance de l’agresseur de Rushdie, Hadi Matar. Mais l’insulte à l’islam ressentie par les détracteurs de l’écrivain semble avoir perduré.

Le débat en cours sur Rushdie (comme le laissait entendre la tribune du Time de 1989 sur la fatwa) met en évidence des lignes de faille entre l’Occident et Orient qui étaient jusqu’alors restées cachées. Ces lignes de faille instaurent, selon les arguments de l’auteur, une différence radicale entre la responsabilité artistique en Occident et en Orient (ce dernier étant défini de manière étroite comme l’Orient islamique et ce que V.S. Naipaul appelait les nations des « convertis » islamiques).

Ce discours de la différence radicale avait déjà fait son nid dans l’érudition humaniste européenne, comme l’a indiqué Edward Said dans son livre magistral de 1979, Orientalisme. Nombreux sont ceux qui ont affirmé que les Versets sataniques de Salman Rushdie ont offert un point de mire au débat – avec un objet tangible que l’on pouvait désigner comme l’exemple définitif de l’antagonisme de l’Occident envers l’Islam.

Pour la plupart des lecteurs qui apprécient l’autonomie du roman en tant qu’œuvre d’art, il s’agit d’une lecture erronée, voire trompeuse, de la relation entre l’art et l’histoire. Mais comme le montre la récente agression au couteau de Rushdie, cette lecture est encore puissante.

Malheureusement, Rushdie est massivement identifié (par certains) à des sentiments anti-islamiques. Cela a détourné l’attention de sa réussite en tant qu’auteur de certains des meilleurs romans écrits au cours du XXe siècle – un grand écrivain dont le nom est régulièrement avancé comme un potentiel lauréat du prix Nobel de littérature.

Salman Rushdie, musulman indien, est né dans un foyer musulman laïque, et a grandi avec les livres et le cinéma. Le souhait de longue date de son père, Ahmed Rushdie, était de réorganiser le Coran de manière chronologique.

Rushdie est né quelques mois avant l’indépendance de l’Inde. L’Inde qu’il a connue avant son départ pour le prestigieux pensionnat anglais de Rugby, en 1961, était le pays indiscutablement laïque de Nehru. Cette vision libérale, que l’Inde semble avoir perdue, a guidé son écriture et a été la source d’inspiration de son deuxième roman, Les enfants de minuit (1981), qui eût un succès spectaculaire et fût récompensé par le prix Booker, et de l’accueil critique réservé à ses romans plus créatifs, à savoir La honte (1983), Le dernier soupir du Maure (1995), La terre sous ses pieds (1999) et L’enchanteresse de Florence.

Comme un autre écrivain de la diaspora indienne mondiale, V.S. Naipaul, Rushdie était venu en Occident dans le but de devenir romancier. La fatwa l’a radicalement transformé en quelque chose de plus qu’un écrivain : il est devenu une icône culturelle représentant l’importance de la liberté d’expression d’un écrivain.

Cette revendication de liberté est différente de la liberté d’expression générale dont jouissent ceux qui vivent dans les démocraties libérales. La liberté de l’écrivain est d’un autre ordre. Il s’agit d’une liberté acquise par le travail et l’excellence artistique. Cette liberté est conditionnelle : elle n’est pas offerte à n’importe quel écrivain. Elle doit être gagnée, en entrant dans le canon de la littérature mondiale, mais pas forcément en fonction d’une définition européenne de ce qui fait littérature. L’ensemble de l’œuvre de Rushdie indique qu’il l’a méritée.

Mais nous ne pouvons pas en rester là. L’expérience de Rushdie pose également la question de savoir comment négocier cette liberté à travers les cultures, en particulier celles qui sont régies par des absolus moraux et religieux soigneusement définis.

La violente hystérie engendrée par le traitement magique de Mahomet par Rushdie dans Les versets sataniques s’est finalement limitée à une petite minorité. Mais c’est souvent cette petite minorité qui ne parvient pas à lire les absolus de manière allégorique, comme ils devraient l’être.

L’agression de Chautauqua n’aurait pas dû se produire. Mais c’est le prix que l’art paie périodiquement, surtout lorsqu’il est pris comme bouc émissaire facile pour solder des différences historiques complexes.

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Par Vijay Mishra, Emeritus Professor of English and Comparative Literature, Murdoch University.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

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