Archive pour le Tag 'mondial'

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Fusion Faurecia–Ella : un futur géant mondial de l’équipement automobile

Fusion Faurecia–Ella  :  un futur géant mondial de l’équipement automobile

 

L’équipementier français a finalisé l’acquisition d’une participation majoritaire (60%) dans le capital de l’un de ses concurrents, l’allemand Hella qui fabrique notamment des phares et des composants électroniques pour les véhicules. Avec cette acquisition, un nouveau géant va naître, capable de réaliser un chiffre d’affaires de 23 milliards d’euros en 2021, soit « le 7ème fournisseur automobile mondial », indique Faurecia.

Basée à Lippstadt (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), Hella a obtenu des garanties de la part de son acquéreur.  En plus de maintenir l’intérêt des 36.000 employés de son concurrent, il a notamment promis de maintenir les activités du siège dans la ville.

Au premier semestre 2021, le groupe français s’est montré solide lors de la reprise. En croissance organique, ses ventes avait progressé de plus de 12%, à 4 milliards d’euros de janvier à mars, soit 8,9% de plus qu’au premier trimestre 2020.

A l’inverse, dans ses résultats annuels sur la période 2019-2020, Hella a été frappée de plein fouet par la crise Covid-19, accusant d’un recul de ses ventes de -14,3% « sur un marché déjà en déclin », précisait-elle. Son chiffre d’affaires (Ebit) ressortait alors à -343 millions d’euros.

Malgré la pénurie de semi-conducteurs, Faurecia vise aussi une marge opérationnelle d’environ 7% de ses ventes qui se rapprocherait ainsi de ses niveaux d’avant la crise sanitaire.

Pour doper ses ventes, il compte enfin sur « la mobilité durable » et les nouveaux systèmes basés sur l’hydrogène pour continuer à fournir les constructeurs automobiles engagés dans la transformation de leur modèle. Selon le groupe, l’hydrogène sera abordable et produit en grande quantité d’ici 2030 – date à laquelle Faurecia prévoit d’être neutre en carbone – et il représentera un cinquième de la demande d’énergie mondiale à l’horizon 2050.

Après l’accord fiscal , d’autres accords sont nécessaires au plan mondial dans de nombreux domaines

 Après l’accord fiscal , d’autres accords sont nécessaires au plan mondial  dans de nombreux domaines

 

 

L’accord de juillet réformant la fiscalité internationale sur les entreprises doit ouvrir la voie à d’autres actions multilatérales sur l’accès aux vaccins, le climat, la sécurité des données ou les normes technologiques, soulignent, dans une tribune au « Monde », Josep Borrell, vice-président de la Commission européenne, et Paolo Gentiloni, commissaire européen à l’économie.(Extrait)

 

Tribune. 

 

Au cours des dernières années, le multilatéralisme a été placé sur la défensive. Dans un contexte mondial devenu plus multipolaire que multilatéral, la concurrence entre Etats semble l’emporter désormais sur la coopération. L’accord mondial, conclu récemment pour réformer la fiscalité internationale sur les entreprises, montre cependant que le multilatéralisme n’est pas mort.

On ne peut toutefois pas dire non plus qu’il se porte bien. Si la mondialisation s’est poursuivie pendant la pandémie de Covid-19, bien que de manière plus inégale qu’auparavant et malgré un sentiment d’isolement accru au sein des populations, les interdépendances sont devenues plus conflictuelles que jamais. Même le « soft power », la « puissance douce », est utilisé désormais comme une arme : les vaccins, les données et les normes technologiques deviennent à leur tour des instruments de concurrence politique.

Démocratie menacée

Le monde devient également moins libre. La démocratie elle-même est menacée, dans le contexte d’une bataille de communication pour déterminer quels systèmes politiques et économiques sont les mieux à même de produire des résultats pour leurs citoyens.

L’Union européenne (UE) continue, pour sa part, de croire en un monde prévisible fondé sur un multilatéralisme basé sur des règles, sur des marchés ouverts, sur des échanges à somme positive et sur la justice sociale et la solidarité, et elle continuera d’œuvrer à sa mise en place.


Nous demeurons convaincus que seule une coopération mondiale permettra de relever les principaux défis auxquels nous sommes confrontés actuellement, qu’il s’agisse de combattre les pandémies ou de lutter contre le changement climatique. L’UE continuera par conséquent de jouer un rôle moteur pour relancer le multilatéralisme afin de montrer à nos citoyens les avantages concrets d’un concept qui peut sembler aride et technocratique.

En effet, l’alternative à une telle action multilatérale, à savoir faire cavalier seul, aurait pour effet un accès réduit aux vaccins, une action climatique insuffisante, des crises sécuritaires qui s’aggravent, une régulation inadéquate de la mondialisation ainsi qu’un accroissement des inégalités à l’échelle mondiale. Aucun pays, même le plus grand, ne peut réussir seul. C’est pour toutes ces raisons que l’Italie, à juste titre, a placé le multilatéralisme au premier rang des priorités du programme de sa présidence actuelle du G20.

 

Cependant, l’UE ne peut pas se contenter de faire valoir ses antécédents en matière de multilatéralisme. L’Europe doit démontrer qu’une action multilatérale peut produire des résultats pour tous si chaque pays s’investit dans cette action. C’est précisément ce que permet le nouvel accord fiscal mondial.

Prix du bois : net tassement au plan mondial

Prix du bois : net tassement au plan mondial

 

Les prix des arbres ne monteront pas jusqu’au ciel. Les cours du bois, qui avaient explosé dans les premiers mois de l’année , sont retombés. En mai, sur les marchés à terme de Chicago, les 1.000 pieds-planche, l’équivalent d’environ 2,36 m3, avaient atteint les 1.686 dollars, le plus haut niveau jamais enregistré par cette matière première. Aujourd’hui, le bois de charpente a effacé tous ses gains : les 1.000 pieds-planche se négocient à 551 dollars.

La hausse spectaculaire des prix s’expliquait avant tout par un déséquilibre entre une forte demande, notamment des Etats-Unis et de la Chine, et une offre réduite.

Covid -Le Royaume-Uni futur centre mondial de contamination ?

Covid -Le Royaume-Uni  futur centre mondial de contamination ?

Denis MacShane ,l’ancien ministre britannique de l’Europ.,  dénonce la politique sanitaire de Boris Johnson ( dans  l’Opinion, extrait)

Les chiffres de contagion à la Covid-19 arrivés, la semaine dernière, sur le bureau du Premier ministre Boris Johnson étaient épouvantables. Le Royaume-Uni compte désormais le plus grand nombre de nouveaux cas de Covid au monde, après l’Indonésie et le Brésil. Le Royaume-Uni de Johnson compte dix fois plus de cas de Covid que la France de Macron !

Le ministre de la Santé, Sajid Javid, a averti que le pays pourrait atteindre les 100 000 cas par jour. Cela contraste fortement avec l’optimisme du Premier ministre et son discours ensoleillé sur la « Journée de la liberté » ce 19 juillet, avec la levée de la plupart des contrôles sanitaires. Les lieux de grande diffusion comme les boîtes de nuit, les discothèques, les pubs bondés, les trains et les bus, ou les rassemblements publics sont dès aujourd’hui libres de fonctionner sans masques comme avant la pandémie.

Une conférence internationale de 1 200 scientifiques vient de se réunir d’urgence, suppliant Boris Johnson de prendre plus au sérieux la montée des cas de Covid. Ils disent que la levée des mesures en place encore dans d’autres pays aurait « un impact profondément dommageable sur l’Angleterre ». Pourtant, rien ne semble ébranler le désir des députés conservateurs de droite et des journaux antieuropéens comme le Daily Telegraph et autres propriétés de Rupert Murdoch selon lesquels tout contrôle continu sur la Covid est un crime contre la vision conservatrice du Brexit, sachant que l’Angleterre ne suit jamais le même chemin que le continent.

Alors, que fait le Premier ministre pour changer l’histoire ? Il annonce que la France – oui, cela semble toujours être la France – sera désormais frappée par des sanctions supplémentaires. Toute personne venant de l’hexagone en voiture, Eurostar, car ou avion devra désormais être placée en quarantaine et payer des tests coûteux effectués par des entreprises – certaines d’entre elles liées au parti conservateur.

Variant bêta. Cette tactique du chat mort a fonctionné. Ce week-end les principaux journaux et la BBC ont relégué la gestion désastreuse de la pandémie par Boris Johnson et la folie de lever les mesures de santé publique, les « unes» des quotidiens se concentrant sur la fin des relations touristiques avec la France. La raison officielle serait la présence de la variante bêta (ou sud-africaine) qui sévirait de l’autre côté de la Manche. Il s’agit en effet d’une variante inquiétante, sinon aussi contagieuse que la variante Delta (ou indienne) que Boris Johnson a autorisée à entrer au Royaume-Uni tout le mois d’avril lorsqu’il a refusé d’arrêter les vols en provenance d’Inde.

La BBC et toute la presse locale tartinent sur l’impact dévastateur sur les voyages vers ou à travers la France. Personne ne parle de la préoccupation mondiale à l’encontre du «Freedom Day» de Monsieur Johnson

Or, la variante bêta est en Europe, y compris au Royaume-Uni, depuis l’année dernière. En effet, l’agence Public Health England a publié un rapport sur sa présence en février. Aucune mesure n’a été prise alors. Les vols vers et depuis l’Afrique du Sud et la Grande-Bretagne se sont poursuivis quotidiennement. La principale source de la variante Beta en France est la Réunion. Mais personne à Downing Street ne semble savoir que cette île de l’Océan indien se trouve à une certaine distance de l’Europe et de l’Angleterre.

 

La BBC et toute la presse locale tartinent sur l’impact dévastateur sur les voyages vers ou à travers la France. Personne ne parle de la préoccupation mondiale à l’encontre du « Freedom Day » de Monsieur Johnson qui pourrait faire de l’Angleterre le centre mondial de la contagion à la Covid. Comme l’a noté dans un tweet Sophie Pedder, la très sobre correspondante de The Economist à Paris, la décision de bloquer le tourisme avec la France est « politique ». Elle a raison.

Mais que peut-on faire quand tout ce qui concerne la gestion de la pandémie en Angleterre est politique, politique, politique ?

Espionnage mondial dénoncé avec le logiciel israélien Pégasus

Espionnage mondial dénoncé avec le logiciel israélien Pégasus

 

Dix-sept médias internationaux, dont font partie Le Monde, The Guardian, et The Washington Post accusent une société israélienne  de servir l’espionnage mondial de reporters et dissidents ; Par l’intermédiaire  du  logiciel espion Pegasus qui, s’il est introduit dans un smartphone, permet d’en récupérer les messages, les photos, les contacts, et même d’écouter les appels de son propriétaire.

Plan Climat : un financement mondial insuffisant

Plan Climat : un  financement mondial insuffisant 

Le directeur général de BlackRock, Larry Fink, a appelé dimanche les gouvernements à élaborer un plan de financement climatique à long terme plus solide pour débloquer les capitaux privés nécessaires à la transition vers une économie à faibles émissions de carbone.

 

S’exprimant lors la Conférence internationale sur le climat de Venise à l’occasion d’une réunion des ministres des Finances du G20, il a ajouté que, sans un tel plan, les efforts actuels – y compris en matière de transparence sur l’impact de l’activité des entreprise – risquaient de n’être « rien de plus qu’une façade ».

Larry Fink, qui dirige le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, avec environ 9.000 milliards de dollars d’actifs, a également appelé à une réforme du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale pour les rendre plus aptes à relever le défi du changement climatique.

Trois problèmes « critiques »

Le dirigeant a souligné trois problèmes « critiques » à régler afin de favoriser la transition écologique, qui représente selon lui une opportunité de 50.000 milliards de dollars pour les investisseurs, alors que BlackRock est lui-même est un important pourvoyeur de fonds du secteur des énergies fossiles.

Selon lui, il faut premièrement que les entreprises privées soient soumises à la même pression que les entreprises cotées pour partager des informations sur leurs efforts en matière de développement durable.

Les sociétés pétrolières et gazières cotées sont aujourd’hui « massivement incitées » à vendre leurs actifs les plus polluants, souvent à des sociétés privées et publiques qui font l’objet d’un contrôle moins strict et divulguent beaucoup moins d’informations sur leurs opérations.

Deuxièmement, selon Larry Fink, les gouvernements risquent d’alimenter les inégalités à moins de créer davantage de demande pour des produits et services plus écologiques, en abaissant leur coût, ou « prime verte », qui pénalise les plus démunis et risque d’alimenter l’instabilité sociale.

 

Enfin, selon le patron BlackRock, des institutions telles que la Banque mondiale et le FMI doivent être réformées pour encourager davantage les capitaux du secteur privé à financer la transition dans les marchés émergents.

Repenser les rôles du modèle bancaire

Larry Fink a également souligné que les deux organes avaient été créés il y a près de 80 ans sur la base d’un modèle bancaire, jugeant qu’il est désormais nécessaire de « repenser leurs rôles ».

Citant le rôle de BlackRock dans la création d’une stratégie de financement climatique public-privé de 250 millions de dollars destinée aux infrastructures durables, dans laquelle le gouvernement et des philanthropes fournissent des capitaux subordonnés pour protéger les rendements des investisseurs privés, il a ajouté qu’il fallait davantage d’initiatives du même type.

« Si nous n’avons pas d’institutions internationales offrant ce genre de position de première perte à une plus grande échelle qu’aujourd’hui, en supervisant correctement les investissements et en réduisant le coût de financement et le coût des capitaux propres, nous n’allons tout simplement pas pouvoir attirer les capitaux privés nécessaires à la transition énergétique dans les marchés émergents », a-t-il estimé.

Climat : un plan de financement mondial insuffisant

 

Climat : un plan de financement mondial insuffisant 

Le directeur général de BlackRock, Larry Fink, a appelé dimanche les gouvernements à élaborer un plan de financement climatique à long terme plus solide pour débloquer les capitaux privés nécessaires à la transition vers une économie à faibles émissions de carbone.

 

S’exprimant lors la Conférence internationale sur le climat de Venise à l’occasion d’une réunion des ministres des Finances du G20, il a ajouté que, sans un tel plan, les efforts actuels – y compris en matière de transparence sur l’impact de l’activité des entreprise – risquaient de n’être « rien de plus qu’une façade ».

Larry Fink, qui dirige le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, avec environ 9.000 milliards de dollars d’actifs, a également appelé à une réforme du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale pour les rendre plus aptes à relever le défi du changement climatique.

Trois problèmes « critiques »

Le dirigeant a souligné trois problèmes « critiques » à régler afin de favoriser la transition écologique, qui représente selon lui une opportunité de 50.000 milliards de dollars pour les investisseurs, alors que BlackRock est lui-même est un important pourvoyeur de fonds du secteur des énergies fossiles.

Selon lui, il faut premièrement que les entreprises privées soient soumises à la même pression que les entreprises cotées pour partager des informations sur leurs efforts en matière de développement durable.

Les sociétés pétrolières et gazières cotées sont aujourd’hui « massivement incitées » à vendre leurs actifs les plus polluants, souvent à des sociétés privées et publiques qui font l’objet d’un contrôle moins strict et divulguent beaucoup moins d’informations sur leurs opérations.

Deuxièmement, selon Larry Fink, les gouvernements risquent d’alimenter les inégalités à moins de créer davantage de demande pour des produits et services plus écologiques, en abaissant leur coût, ou « prime verte », qui pénalise les plus démunis et risque d’alimenter l’instabilité sociale.

 

Enfin, selon le patron BlackRock, des institutions telles que la Banque mondiale et le FMI doivent être réformées pour encourager davantage les capitaux du secteur privé à financer la transition dans les marchés émergents.

Repenser les rôles du modèle bancaire

Larry Fink a également souligné que les deux organes avaient été créés il y a près de 80 ans sur la base d’un modèle bancaire, jugeant qu’il est désormais nécessaire de « repenser leurs rôles ».

Citant le rôle de BlackRock dans la création d’une stratégie de financement climatique public-privé de 250 millions de dollars destinée aux infrastructures durables, dans laquelle le gouvernement et des philanthropes fournissent des capitaux subordonnés pour protéger les rendements des investisseurs privés, il a ajouté qu’il fallait davantage d’initiatives du même type.

« Si nous n’avons pas d’institutions internationales offrant ce genre de position de première perte à une plus grande échelle qu’aujourd’hui, en supervisant correctement les investissements et en réduisant le coût de financement et le coût des capitaux propres, nous n’allons tout simplement pas pouvoir attirer les capitaux privés nécessaires à la transition énergétique dans les marchés émergents », a-t-il estimé.

Santé : pour un conseil mondial de sécurité

Santé : pour un conseil mondial de sécurité

Un appel pour la création d’un conseil mondial de sécurité sanitaire. Un appel qui pourrait d’ailleurs être élargi à l’ensemble des catastrophes naturelles ou pas au lieu d’improviser à chaque fois en comptant sur la bonne volonté des uns et des autres. Dans une tribune au « Monde », Helen Clark et Michel Kazatchkine, membres du panel indépendant d’évaluation de la préparation et de la réponse aux pandémies mandaté par l’OMS, constatent des « défaillances », à l’échelle mondiale, dans la coordination pour la lutte contre le Covid-19.

 

Tribune. 

 

Dans une tribune publiée dans Le Monde, le président Macron a récemment appelé avec d’autres grands dirigeants à plus de solidarité et de multilatéralisme face à la menace persistante du Covid-19. Le multilatéralismeexplique cette tribune, « façonne un ordre mondial (…), qui s’appuie sur la coopération, l’état de droit, l’action collective et des principes communs ».

Nous ne saurions être plus d’accord, d’autant que la réalité de la pandémie n’aura montré qu’une désolante absence de dialogue et d’action à l’échelle multilatérale. L’acquisition par les pays riches de deux fois plus de vaccins que ce dont ils avaient besoin est un exemple parlant de cet échec. Alors même que la capacité globale de production de vaccins est proche de la saturation, seule une très faible quantité de vaccins reste accessible aux pays à ressources limitées.

Un autre exemple, plus inattendu, est le spectacle donné par l’Union européenne, multilatérale par définition, d’une véritable cacophonie tout au long de la pandémie, caractérisée par des stratégies de santé nationales divergentes sur les mesures de confinement, la fermeture des frontières, les fermetures d’écoles ou les mesures de distanciation sociale.


Dans le même temps, la pandémie fait rage, avec plus 12 000 morts par jour et un nombre de décès cumulés et d’infections dans le monde atteignant 3,5 millions, et 168 millions. Les images choquantes provenant d’Inde doivent nous rappeler que la crise est globale : le taux de mortalité s’accroît à une vitesse alarmante dans d’autres pays d’Asie du Sud, en Amérique latine et en Afrique. Alors que les pays européens semblent sortir de leur troisième vague d’infection et vaccinent leurs populations, la plupart des pays du monde sont sur une trajectoire tout autre.

Nous redoutons qu’une forme malvenue de complaisance s’instille chez les dirigeants des pays occidentaux, qui, sortis d’affaire ou presque, oublieraient leur devoir de solidarité envers les pays moins dotés. La sévérité autant que la globalité de la crise et l’interdépendance évidente des problématiques de santé publique devraient au contraire les pousser à adopter des solutions multilatérales à l’échelle mondiale.

Dans les huit derniers mois, nous avons eu le privilège de faire partie du panel indépendant d’évaluation de la préparation et de la réponse aux pandémies, qui a rendu ses conclusions le 12 mai. Ce panel avait été mandaté par l’Assemblée mondiale de la santé pour analyser les réponses nationales, régionales et mondiales à la crise due au Covid-19, et émettre des recommandations à la communauté internationale afin de prévenir de futures pandémies et d’en limiter les conséquences socio-économiques.

L’Irlande contre le taux d’imposition minimum mondial

L’Irlande contre le taux d’imposition minimum mondial

 

Alors que les États-Unis prônaient un taux minimal d’imposition de 21 %, les autorités américaines proposent maintenant un taux de seulement 15 %. En dépit de ce recul, l’Irlande a manifesté nos oppositions «Nous avons des réserves vraiment importantes concernant un taux d’imposition minimum mondial à un niveau tel que cela signifierait que seuls certains pays, et certaines grandes économies, pourront bénéficier de cette base», a déclaré le ministre sur Sky News. Selon la chaîne, Paschal Donohoe a prédit que le pays maintiendrait son taux d’imposition des sociétés à 12,5% pendant de nombreuses années encore. Il faut dire que l’Irlande a fait de la faiblesse fiscale un des arguments de sa politique économique.

Washington baisse le projet de taux d’imposition mondial

Washington baisse le projet de taux d’imposition mondial

Biden lâche le projet de taxation à 21 % concernant surtout les multinationales. Le président américain retient maintenant 15 %. Washington avait initialement proposé un taux à 21%, soutenu par la France, l’Allemagne et le Parlement européen, et que l’OCDE pensait pouvoir approcher, avait indiqué le 5 mai Pascal Saint-Amans, en charge des sujets de fiscalité à l’OCDE.

Le but est avant tout d’augmenter la contribution des géants des technologies, accusés d’échapper à l’impôt grâce aux différences de fiscalité entre les pays. Si les négociations à l’OCDE aboutissent, la France a déjà dit qu’elle adopterait une directive européenne sur le sujet dès le premier semestre 2022, durant la présidence française de l’Union.

Outre un taux minimal mondial, cette réforme négociée par l’OCDE prévoit de moduler l’impôt sur les sociétés en fonction des bénéfices réalisés dans chaque pays, indépendamment de leur établissement fiscal.

Covid: L’urgence d’une vaccination à caractère mondial

Pour José Manuel Barroso et Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo : « Personne ne sera protégé contre le Covid-19 si tout le monde ne l’est pas »

Saluant la mobilisation autour du système Covax, le président du conseil d’administration de Gavi, l’Alliance du vaccin et le président de l’Union africaine appellent néanmoins, dans une tribune au « Monde », les dirigeants à redoubler d’efforts pour lever des fonds et ainsi accélérer le déploiement des vaccins en Afrique.

Par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo(Président de la République démocratique du Congo et président de l’Union africaine) et José Manuel Barroso(Président du conseil d’administration de Gavi, l’Alliance du vaccin)

 

Tribune.

 

Aujourd’hui, dans certaines régions du monde, une personne de 18 ans peut entrer dans une clinique et se faire vacciner contre le Covid-19. Dans quelques mois, cet acte sera une réalité dans d’autres parties du monde développé. Pourtant, dans trop de régions d’Afrique, la plupart des agents de santé de première ligne et les populations vulnérables n’ont pas encore été vaccinés. Ces inégalités sont inacceptables.

En tant que président de l’Union africaine (UA) pour 2021 et président du conseil d’administration de Gavi, l’Alliance du vaccin, nous appelons tous les dirigeants de la planète à nous aider à faire cesser ces iniquités. Dans un monde où les maladies ne connaissent pas de frontières, nous ne pouvons accepter que, cet été, il sera plus facile pour un jeune de 25 ans de se faire vacciner dans certains pays du Nord que pour un médecin en République centrafricaine.

Les inégalités dans la disponibilité et l’accès aux vaccins contre le Covid-19 entre les pays à revenu élevé et les pays à revenus intermédiaires et faibles sont inacceptables. La Facilité Covax [dispositif onusien destiné à assurer le partage de vaccins anti-Covid] a été fondée sur des principes d’équité. Il est maintenant temps de l’aider à être à la mesure de ces idéaux. La garantie de marché pour les vaccins contre le Covid-19 (Covax AMC), vise à fournir 2 milliards de doses de vaccins d’ici à la fin de l’année aux pays à revenus

La Facilité Covax a déjà livré des vaccins contre le Covid-19 à plus de 100 pays, y compris plus de la moitié des pays du continent africain. Nous sommes heureux de la rapidité d’obtention de ces vaccins et nous espérons que des millions d’autres vaccins continueront d’être administrés dans les semaines et les mois à venir. Nous avons également vu émerger des initiatives africaines, et l’Equipe spéciale d’acquisition de vaccins pour l’Afrique de l’Union africaine (UA) a également obtenu des millions de vaccins en plus contre le Covid-19.

De nombreux pays se procurent également des vaccins par le biais d’accords bilatéraux pour s’assurer que leurs citoyens puissent être vaccinés. C’est un bon début, mais il ne suffira pas à mettre fin à la pandémie. C’est pourquoi nous appelons tous les dirigeants à redoubler d’efforts pour lever des fonds afin d’accélérer le déploiement des vaccins en Afrique et dans d’autres régions du monde.

Il faut faire des investissements à long terme sur le continent pour permettre à l’Afrique de fabriquer aussi des vaccins, et ainsi augmenter l’offre mondiale. À court terme, cependant, nous devons dire clairement aux pays riches qu’il est nécessaire de partager les doses des vaccins qu’ils ont en excès. En signant la déclaration d’Addis-Abeba, les 55 chefs d’Etat africains ont reconnu le rôle crucial que joue la vaccination dans la santé de leurs populations et le progrès économique de leurs pays.

L’eau, un bien mondial

Dans Guerre et eau. L’eau, enjeu stratégique des conflits modernes publié récemment aux Editions Robert Laffont, le lieutenant-colonel de réserve Franck Galland décrypte les enjeux de sécurité collective liée à cette ressource et son importance dans les manœuvres militaires. Dans un monde soumis aux bouleversements climatiques, à la pression démographique et à la raréfaction des ressources hydriques, cet expert met en lumière les risques de conflit lié au partage de l’eau et les moyens de les résoudre.

Les ressources en eau vont-elles manquer d’ici 2050?

Il se dessine une véritable diagonale de la soif, traversant l’Afrique du Nord, le Proche et le Moyen Orient, puis la péninsule indienne jusqu’à la partie septentrionale de la Chine. Dans ce vaste ensemble, les ressources renouvelables disponibles deviennent très inférieures par endroits à la barrière de stress hydrique établie à 1 000 m3/habitant/an. On peut y inclure les pays du G5 Sahel où 150 millions de personnes ont vu diminuer de 40 % leurs ressources en eau en vingt ans, ainsi que les pays d’Asie Centrale constitués à 60 % de désert et qui dépendent uniquement de deux fleuves pour leur alimentation en eau.

Par ailleurs, même quand il y a structurellement de l’eau disponible, le manque de gouvernance, de planification et d’investissement, ainsi que les conséquences du changement climatique, peuvent conduire à des manques d’eau soudains. Ce fut le cas à Sao Paulo en 2015, à Rome en 2017 et au Cap, en Afrique du Sud, en 2018.

«Même quand il y a structurellement de l’eau disponible, le manque de gouvernance, de planification et d’investissement, ainsi que les conséquences du changement climatique, peuvent conduire à des manques d’eau soudains»

Est-ce de nature à provoquer des tensions et des conflits dans certaines régions du monde ​?

Dans certains pays, les conflits existent d’ores et déjà sur les usages, où par exemple il devient impératif de réformer des pratiques agricoles trop consommatrices d’eau ou de limiter, à terme, l’usage industriel de l’eau pour la fabrication, la réfrigération, la climatisation. Ensuite, vous avez des tensions entre régions qui s’expriment au sein d’un même pays, comme en Inde ou aux Etats-Unis. Mais dorénavant, de manière exacerbée, les tensions sont devenues transfrontalières et s’expriment avec intensité sur le Nil, sur le Tigre et l’Euphrate, sur le Mékong, mais également entre Russie et Ukraine à propos du Canal de Crimée du Nord. Cet ouvrage sous contrôle ukrainien fournissant 85 % de l’alimentation en eau de la Crimée passée sous pavillon russe est désormais un casus belli. C’est la raison pour laquelle le Conseil de sécurité des Nations Unies s’est emparé du sujet eau, paix et sécurité le 22 novembre 2016 lors d’une session spéciale regroupant 59 pays, et qu’il a été saisi en juin dernier par l’Egypte sur la problématique du Nil. Les tensions diplomatiques se multiplient en effet entre Ethiopie d’une part, Soudan et Egypte d’autre part, à la faveur du remplissage du barrage Renaissance, construit en territoire éthiopien sur le Nil Bleu depuis 2011.

Le partage des eaux du Nil, avec le remplissage du barrage Renaissance en Ethiopie, n’est-il pas de nature à dégénérer en conflit ​?

Cet ouvrage doit entrer cet été dans sa deuxième phase de remplissage à hauteur de 13,5 milliards de m3 sur ses 76 milliards de m3 de capacité. Il est à craindre de fortes tensions régionales si le remplissage de l’ouvrage ne se fait pas de manière concertée, si une validation n’est pas partagée quant aux données techniques et scientifiques relatives aux impacts de ce remplissage sur les pays aval que sont le Soudan et l’Egypte, et si Le Caire ne parvient pas rapidement à financer et à développer des infrastructures nouvelles de production d’eau issue du dessalement, de la réutilisation des eaux usées ou de la recharge artificielle de nappes. Une épée de Damoclès pèse ainsi sur la tête de l’Egypte qui dépend à 97 % du Nil pour son alimentation en eau et sur les rives duquel habitent 95 % de ses habitants, représentant une population qui a dépassé les 100 millions de personnes il y a un an et qui est appelée à croître fortement dans les années à venir. Le barrage Renaissance pose ainsi clairement à l’Egypte une question de souveraineté hydraulique et représente également un enjeu stratégique et sécuritaire en matière alimentaire et énergétique, en raison des impacts attendus tant sur les périmètres irrigués égyptiens que sur la production hydroélectrique du barrage d’Assouan.

Comme on le voit dans les guerres occidentales au Sahel et au Moyen Orient, les ouvrages hydrauliques sont à la foi des cibles et des ressources stratégiques ​?

Vous avez raison. Les usines de production, les stockages d’eau traitée, et même les sites d’assainissement, font l’objet d’inacceptables atteintes directes et de dommages collatéraux. Ce fut le cas dans les conflits de haute intensité qui sévissent encore au Yémen, en Syrie ou en Libye. Du fait de la guerre et des destructions d’infrastructures, près de 20 millions de Yéménites n’ont plus accès à de l’eau saine d’après le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef). Lors des conflits au Levant, l’Etat islamique a également pris en otage les barrages de Bath et Taqpa sur l’Euphrate, ainsi que le barrage de Mossoul sur le Tigre.

«L’eau s’est imposée comme une ressource stratégique dont le contrôle détermine la capacité de déploiement et de stationnement dans la durée sur le terrain, au même titre que le ravitaillement en essence et les munitions»

L’eau n’est-elle pas devenue aussi un enjeu pour les armées régulières ​?

L’eau s’est imposée comme une ressource stratégique dont le contrôle détermine la capacité de déploiement et de stationnement dans la durée sur le terrain, au même titre que le ravitaillement en essence et les munitions. Ce n’est pas nouveau. L’armée française a notamment beaucoup travaillé sur le sujet ces dernières années à la faveur des enseignements de son engagement en Afghanistan. Ce travail se poursuit actuellement dans la bande sahélo-saharienne, en particulier pour assurer la maîtrise de l’approvisionnement en eau des soldats qui y sont déployés via de l’eau issue de forages et des bouteilles d’eau. On estime le besoin minimum en eau destinée à la consommation d’un soldat à 10 litres par jour en climat tempéré, à 30 litres en climat chaud.

Quels sont les dispositifs imaginés pour éviter ces guerres de l’eau ​?

Il faut que les instances régionales de dialogue stratégique et de sécurité telles que l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) s’emparent du sujet pour anticiper les tensions transfrontalières liées à l’eau. La coopération technique à l’échelle des bassins-versants doit également être renforcée, comme le montre la pertinence du modèle développé à compter de 1972 par le président sénégalais Léopold Sédar Senghor avec la création de l’Organisation pour la mise en valeur du Fleuve Sénégal (OmvS) entre le Sénégal, la Mauritanie, le Mali et la Guinée. L’OmvS est un exemple réussi d’hydro-diplomatie, qui a su notamment inspirer le traité israélo-jordanien sur les eaux du Jourdain ; l’une des rares survivances des accords israélo-palestiniens d’Oslo qui avaient valu à leurs signataires, Shimon Peres, Yitzhak Rabin et Yasser Arafat, l’obtention du Prix Nobel de la paix en 1994.

Faut-il créer une agence onusienne de l’eau avec des casques bleus attelés à la préservation de cette ressource ​?

Ban Ki-Moon, alors Secrétaire général des Nations Unies, avait souligné que la rareté des ressources en eau dans certaines parties du monde serait catalyseur de violences, et que, trop souvent, là où il y avait besoin d’eau, parlaient déjà les armes. Son successeur Antonio Guterres affirme le caractère inextricablement lié entre eau, paix et sécurité. Il y a cependant déjà bien des agences onusiennes qui s’occupent directement ou indirectement de la cause d’eau. Il faut à l’évidence maintenant en rationaliser le nombre et accroître leur efficacité opérationnelle. Mais l’eau étant devenue un sujet de sécurité collective, il faut aussi qu’il soit traité au niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies et décliné par des organisations locales, comme l’UN Regional Centre for Preventive Diplomacy for Central Asia (UNRCCA). En viendra-t-on à la création de casques bleus de l’eau ? Je ne le sais, mais il y a à l’évidence un souci de mieux protéger les infrastructures hydrauliques durant les conflits et de faire respecter à leur endroit les conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels de 1977.

ENVIRONNEMENT: 3% DE L’ÉCOSYSTÈME MONDIAL DEMEURENT INTACTS

ENVIRONNEMENT: 3% DE L’ÉCOSYSTÈME MONDIAL DEMEURENT INTACTS

 

D’après des chercheurs qui ont publié leurs travaux dans la revue Frontiers in Forests and Global Change , « pas plus de 2,9 % de la surface terrestre ne peut être considérée comme intacte » du point de vue de la faune.

 

Selon les auteurs de l’étude, hormis l’Antarctique, qui n’a pas été prise en compte, les seuls écosystèmes terrestres – c’est-à-dire l’ensemble des êtres vivants qui interagissent entre eux au sein d’un milieu spécifique et avec cet environnement – à ne pas avoir été touchés par l’activité humaine se trouvent au cœur des forêts tropicales de l’Amazonie et du Congo, dans le désert du Sahara et dans les forêts et toundras de l’Est de la Sibérie et du nord du Canada.

Si de précédentes études, basées principalement sur des images satellites, mentionnaient 20 à 40% de la surface terrestre comme n’étant pas affectée par l’activité humaine, les chercheurs expliquent que, vues du ciel, les savanes et toundras peuvent paraître intactes alors même que des espèces importantes disparaissent.

« Une grande partie de ce qu’on considère comme un habitat intact est dépourvue de nombreuses espèces, qui disparaissent après avoir été chassées par l’Homme, ou après l’apparition de nouvelles espèces envahissantes ou de maladies », a expliqué à nos confrères britanniques le Dr Andrew Plumptre, de l’université britannique Cambridge, et auteur principal de cette nouvelle étude.

D’après les chercheurs, la réintroduction d’espèces importantes dans certains lieux impactés pourrait remettre jusqu’à 20% des terres mondiales à leur état d’origine. Les éléphants et les loups sont notamment cités, les premiers pour leur capacité à aménager des clairières, essentielles dans les forêts, et à transporter des graines, et les seconds pour réguler les populations de Cervidés?

Les États-Unis veulent un taux minimum mondial d’imposition des sociétés

Les États-Unis veulent un taux minimum mondial d’imposition des sociétés

 

les États-Unis souhaiteraient un minimum mondial d’imposition sur les sociétés. L’objectif est louable, reste la question du niveau. En effet un taux trop bas risquerait en fait d’institutionnaliser les distorsions de concurrence entre pays. Un dispositif qui pourrait aussi être utilisé par les GAFA pour limiter l’imposition envisagée au plan international. La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a plaidé lundi en faveur l’instauration d’un taux minimum mondial d’imposition des sociétés et a appelé les pays du G20 à oeuvre dans ce sens afin, a-t-elle dit, de mettre un terme au nivellement par le bas de l’impôt sur les entreprises.

Dans ce discours, tenu devant le Chicago Council on Global Affairs, l’ancienne présidente de la Réserve fédérale a également annoncé qu’elle profiterait des réunions prévues cette semaine avec le Fonds monétaire international et avec la Banque mondiale pour faire avancer le dossier du dérèglement climatique, celui de l’accès aux vaccins et celui de la reprise économique mondiale.

Selon Janet Yellen, les gouvernements doivent pouvoir de doter de systèmes fiscaux stables capables de fournir des ressources suffisantes pour financer les services publics essentiels et réagir aux crises et que « tous les citoyens contribuent équitablement au financement » de la puissance publique.

Géants du numérique : les Etas-Unis veulent un accord mondial, mais de quelle ampleur

Géants du numérique : les Etas-Unis veulent un accord mondial,

mais de quelle ampleur ?

 

Les Etats unis soutiennent l’idée d’un  accord mondial actuellement en discussion sur les géants du numérique à l’OCDE. Le problème est de savoir quelle en sera l’ampleur car les soit surtout visées sont essentiellement américaines (plus certaines chinoises).

 

La taxation pourrait être assez symbolique pour ne pas remettre en cause l’hégémonie américaine dans ce domaine.

Dans un communiqué, le département américain du Trésor a indiqué que Janet Yellen avait souligné le soutien des Etats-Unis pour une reprise économique solide et présenté les projets de l’administration de Joe Biden pour appuyer l’emploi et les investissements aux Etats-Unis.

En janvier, le ministère français de l’Economie avait fait état d’une précédente discussion entre Bruno Le Maire et Janet Yellen lors de laquelle les deux représentants étaient convenus de la nécessité de trouver des solutions multilatérales en matière de taxation des entreprises multinationales.

Covid Hongrie : record mondial de morts

Covid Hongrie : record mondial de morts  

 

Là Hongrie affiche sur la semaine écoulée le plus haut taux de mortalité au monde, avec 15,7 morts pour 100.000 habitants. La Hongrie se place ainsi devant la République tchèque, la Bosnie, la Slovaquie et la Bulgarie.

Le nombre de décès a bondi de plus de 40 %, comparé aux sept jours précédents. Jeudi, un nouveau record quotidien a été atteint, avec 272 décès enregistrés en seulement 24 heures. Un peu moins de 10.000 cas ont par ailleurs été recensés, dans ce pays de 9,8 millions d’habitants.

Le gouvernement mise sur sa stratégie de vaccination pour endiguer la propagation du virus. La Hongrie, seul membre de l’UE à administrer les vaccins chinois Sinopharm et russe Spoutnik V, en plus de ceux livrés par Bruxelles (Pfizer-BioNTech, Moderna et AstraZeneca), fait la course en tête dans l’Union européenne, juste derrière Malte.

A ce jour, plus de 1,7 million de personnes, soit 18 % de la population, ont reçu au moins une dose. Dès que le chiffre de 2,5 millions sera atteint, les restrictions pourront être assouplies et les écoles rouvrir, au plus tôt le 12 ou 19 avril, a souligné M. Gulyas.

Numérique : L’Inde, futur grand mondial

Numérique : L’Inde, futur grand mondial

Ancien cadre supérieur dans une entreprise française de high-tech en Inde, Antoine Imbert rappelle, dans une tribune au « Monde », que l’Inde est, en 2021, à côté des Etats-Unis et de la Chine, un autre géant ignoré du numérique.

Tribune.

 

Ils sont trois et règnent sur une capitalisation boursière supérieure à celle du PIB de leur pays d’origine. Satya Nadella (Microsoft), Sundar Pichai (Alphabet) et Arvind Krishna (IBM) dirigent des entreprises dont la valeur cumulée dépasse les 3 000 milliards d’euros. Formés en Inde puis aux Etats-Unis, ayant gravi un à un les échelons de leurs entreprises, ils témoignent à leur manière de la formidable ascension numérique débutée il y a une vingtaine d’années par l’Inde et ses ingénieurs.

A cette époque, la peur du « bug de l’an 2000 » nécessite la mise à jour de millions de lignes de codes pour éviter des perturbations dans les systèmes bancaires, de transport ou d’énergie. Le temps est compté et les ressources insuffisantes : l’Inde s’impose alors comme un partenaire incontournable, disposant des milliers d’informaticiens qualifiés et anglophones alors nécessaires. L’an 2000 passera finalement sans encombre, et les ingénieurs en question démarrent leur ascension.

Alors que les regards sont tournés vers la Silicon Valley, l’Inde affirme sa spécificité comme véritable « usine logicielle » du monde, développant et maintenant les systèmes informatiques qui sous-tendent l’économie mondiale. Les services informatiques ont été le fer de lance de cette transformation, démarrée sous le sceau de la sous-traitance, et qui a vu le secteur passer de 0 % à 8 % du PIB indien en 2020.

Pourtant, dans le monde numérique, l’Inde demeure assez largement dans l’ombre, éclipsée par la puissance américaine et l’ascension chinoise. Les entreprises françaises et européennes, à quelques exceptions près, comprennent mal ce marché et tardent à l’investir. A tort, car la puissance numérique indienne s’articule désormais autour d’un vivier de talents unique au monde de 4,5 millions de développeurs, de multinationales, de centres de recherche et d’un écosystème important de start-up.

Longtemps attirés par les Etats-Unis, les jeunes surdoués issus des Indian Institutes of Technology sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à créer leur entreprise en Inde et à vouloir contribuer directement au développement du pays. Surtout, le marché intérieur est en pleine expansion. Comme toujours avec l’Inde, les chiffres donnent le tournis : avec 600 millions d’utilisateurs Internet disposant du réseau mobile le moins cher du monde, la numérisation touche une très large part de la population et transforme à grande vitesse les usages, dans les paiements mobiles par exemple.

Un vrai redémarrage du PIB mondial mais pas vraiment de l’Europe

Un vrai redémarrage du PIB mondial mais pas vraiment de l’Europe

Après une chute de la croissance mondiale de 3,4 %, l’activité devrait plus que dépasser ce qui a été perdu en 2020. On prévoit en effet d’après l’OCDE une croissance de 5,6 % en 2021. À noter par exemple que l’Europe avait perdu de l’ordre de 7 % en 2020 mais ne prévoit que 4 % pour 2021 (À comparer au +8%  des États-Unis). En France on avait perdu de l’ordre de 8 % en 2020 et les perspectives d’activité annonce plus 5 % en 2021.

Reste que ces prévisions pourraient être hypothéqué par l’impact de nouveaux variants du Corona virus. « Les prévisions macroéconomiques globales se sont grandement améliorées ces derniers mois grâce au déploiement graduel et effectif de la vaccination, les annonces des soutiens budgétaires dans quelques pays, et des signes d’amélioration de l’économie avec la suppression du virus » notent les experts.

Réchauffement climatique : le plan mondial de Bill Gates

Réchauffement climatique : le plan mondial de Bill Gates

Pour Les Echos Planète, le cofondateur de Microsoft présente son plan d’action pour réduire à zéro les émissions de carbone du secteur énergétique mondial.

Bill Gates, cofondateur et conseiller technologique de Microsoft Corporation, est coprésident de la Fondation Bill & Melinda Gates. 

 

Voilà environ six ans que Bill Gates a décidé de s’investir activement pour lutter contre le réchauffement climatique, un engagement renforcé par la pandémie actuelle de Covid-19. Désormais persuadé qu’il faut convaincre et agir vite, et qu’il peut y contribuer, il publie chez Flammarion un livre entièrement dédié à la cause : Climat : comment éviter un désastre – Les solutions actuelles, les innovations nécessaires. L’objectif du cofondateur de Microsoft sonne comme un défi vertigineux : parvenir au zéro carbone alors que les émissions de gaz à effet de serre de la planète sont de l’ordre de 51 milliards de tonnes par an. L’ingénieur de formation concentre ses efforts sur le sujet au cœur de toutes les problématiques : l’énergie. Transformer le secteur énergétique de la planète pour le rendre propre et permettre à chacun d’en bénéficier pour continuer à se développer est devenu sa nouvelle bataille. La plus grosse partie de l’ouvrage est ainsi dédiée aux technologies existantes, et balbutiantes, dont le développement et la diffusion constituent des solutions prometteuses. Bill Gates en appelle à une mobilisation des esprits, des financements et de la volonté politique, allant jusqu’à proposer un plan concret pour atteindre l’objectif.
Il livre ses pistes de réflexion et ses espoirs dans un entretien avec Connie Hedegaard, ex-commissaire européenne à l’action pour le climat, dont nous publions en exclusivité la traduction française.

Connie Hedegaard : Permettez-moi de débuter par un aveu de ma part : pendant des années, j’ai pensé que vous ne vous intéressiez pas particulièrement au changement climatique. J’ai le souvenir très clair d’une session de Davos à huis clos, il y a quelques années. La discussion avait porté sur le changement climatique, plutôt que sur d’autres problématiques de durabilité, et vous aviez quitté la salle.

« Il est encore difficile pour de nombreuses personnes d’accepter qu’une simple réduction des émissions, sans trajectoire en direction du zéro émission, ne suffira pas.

Aujourd’hui, vous insistez avec force et gravité sur l’urgence de l’action climatique. Vous commencez votre livre en décrivant cette évolution. Initialement, il vous était « difficile d’admettre que tant que les êtres humains émettr[aient] des gaz à effet de serre, les températures continuer[aient] d’augmenter ». Ce n’est qu’après avoir consulté un groupe de scientifiques du climat « à plusieurs reprises autour de questions de suivi » que vous avez finalement « intégré » la problématique. Comment expliquez-vous ce scepticisme initial, et comment votre expérience peut-elle servir à rallier d’autres acteurs ?

Bill Gates : Le monde est aujourd’hui très différent de ce qu’il était lorsque j’ai commencé à étudier le changement climatique. Nous en savons plus désormais, et avons davantage bâti un consensus autour du problème. Mais il est encore difficile pour de nombreuses personnes d’accepter qu’une simple réduction des émissions, sans trajectoire en direction du zéro émission, ne suffira pas. Il est également difficile d’intégrer l’ampleur des innovations qui seront nécessaires pour atteindre ce chiffre zéro – pour refaçonner fondamentalement l’industrie énergétique, premier secteur d’activité mondial. Dans mon livre, j’explique ce qui m’a convaincu, et ce qui je l’espère convaincra les autres. Je souhaite que les défenseurs du climat continuent de viser l’objectif zéro émission, à travers une réduction des émissions qui nous oriente dans cette direction.

CH : Dans vos comparaisons et métaphores très imagées, vous prenez soin de rendre concrets et accessibles certains concepts abstraits ou complexes. Pensez-vous que cette approche soit essentielle pour faire enfin évoluer les mentalités de ceux qui, malgré les données et preuves scientifiques, semblent continuer de croire que nous pouvons poursuivre le cours normal des affaires ? Des approches similaires vous ont-elles aidé dans votre travail à repousser les frontières technologiques chez Microsoft, ou à promouvoir la santé et le développement au niveau mondial au sein de la Fondation Bill & Melinda Gates ?

BG : Bien que ce livre ne s’adresse pas spécifiquement aux climatosceptiques, j’espère évidemment qu’il les persuadera de la nécessité d’investir sérieusement dans les énergies propres. Les pays qui fourniront le plus d’efforts pour alimenter l’innovation dans ce domaine accueilleront la prochaine génération de sociétés de rupture – ainsi que tous les emplois et toute l’activité économique qui les accompagneront. C’est la raison pour laquelle ces investissements constituent le bon choix, même pour ceux qui ne croient pas à cette réalité pourtant incontestable dans laquelle les êtres humains provoquent des changements climatiques qui auront des conséquences dramatiques si personne ne s’attaque au problème.

L’idée s’effondre selon laquelle le fait de moins voyager en avion ou en voiture pourrait suffire. »

CH : La pandémie de Covid-19 souligne non seulement le prix à payer lorsque nous ignorons la science, mais démontre également qu’un changement de comportement rapide à grande échelle est bel et bien possible, de même que les dirigeants déterminés à résoudre les difficultés peuvent gagner en respect. Comme vous le soulignez toutefois également, la pandémie fournit un autre enseignement majeur : la diminution relativement faible (10 %) des émissions de gaz à effet de serre, conséquence positive des confinements à travers le monde, démontre que les changements de comportements, tels que la baisse du trafic aérien et routier, sont très loin de suffire. La pandémie a-t-elle produit d’autres enseignements qui s’appliquent au changement climatique ? Comment les appliquer idéalement à l’action climatique ?

Des avions cloués au sol aux Etats-Unis lors du premier confinement. Credit:Jassen Todorov/Solent/SIPA

BG : Parmi les leçons observables, l’idée s’effondre selon laquelle le fait de moins voyager en avion ou en voiture pourrait suffire : nous avons besoin d’une innovation massive permettant aux individus de continuer de prendre l’avion, de conduire leur véhicule, et de participer à l’économie moderne, sans pour autant générer d’émissions. C’est là un défi plus difficile encore que le développement et la distribution de vaccins contre le Covid-19 (la plus grande campagne de santé publique de l’histoire).

Cette même forme de coopération étroite entre les gouvernements sera nécessaire à tous les niveaux, ainsi qu’avec le secteur privé. Par ailleurs, de la même manière que nous avons tous un rôle à jouer en respectant le port du masque et la distanciation, les individus doivent chacun jouer un rôle dans la réduction des émissions. Chacun peut défendre les politiques d’accélération de la transition vers le zéro émission, et réduire la prime verte en achetant des produits à empreinte carbone faible voire nulle, de type véhicules électriques ou viande végétale. Cela permettra d’attirer davantage de concurrence dans ces domaines, et en fin de compte de réduire le prix des produits écologiques.

CH : Tout comme l’éradication de la pandémie, affirmez-vous, la lutte contre le changement climatique repose essentiellement sur les sciences et l’innovation. Dans l’ensemble, vous vous dites « optimiste quant à notre capacité à inventer [les outils nécessaires], à les déployer et, si nous agissons suffisamment rapidement, à éviter le désastre climatique ». Quelles expériences ou leçons vous confèrent cet optimisme ?

BG : J’ai personnellement constaté combien les investissements en R&D pouvaient changer le monde. Les recherches soutenues par le gouvernement des Etats-Unis et par les entreprises américaines ont rendu possibles les microprocesseurs et internet, qui ont libéré une quantité phénoménale d’énergie entrepreneuriale autour de la création de l’industrie des ordinateurs personnels. De même, les efforts fournis par le gouvernement américain autour du séquençage du génome humain ont conduit à des avancées majeures dans le traitement des cancers et autres maladies mortelles.

En ce qui concerne le zéro émission, j’observe moi-même de formidables avancées. Breakthrough Energy Ventures, le fonds privé que j’ai mis en place avec plusieurs partenaires, a investi dans plus d’une vingtaine d’entreprises qui travaillent sur des procédés à empreinte carbone faible voire nulle, pour la fabrication de ciment et d’acier, la production et le stockage d’importants volumes d’électricité verte, l’horticulture et l’élevage, le transport des personnes et des marchandises à travers le monde, ou encore le chauffage et la climatisation des immeubles. Beaucoup de ces idées ne verront pas le jour. Mais celles qui y parviennent pourraient bien changer le monde.

CH : Vous écrivez toutefois : « L’innovation n’est pas qu’une question de conception de nouveaux appareils, mais également d’élaboration de nouvelles politiques permettant de présenter et de déployer ces inventions sur le marché le plus rapidement possible ». L’Union européenne, comme désormais la Chine, commence à entreprendre cette forme d’innovation politique.

Dans un effort de rectification d’une structure d’incitation défaillante, qui échoue à prendre en compte ce que vous appelez les « primes vertes », de nombreux pays européens ont mis en place des mécanismes de taxation des émissions de CO2, du gaspillage de ressources, ainsi que de la pollution. Ces mesures politiques réorientent-elles significativement la structure incitative dans la bonne direction ? Un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières permettrait-il de favoriser cette avancée ?

Nous avons besoin d’innovations politiques au même titre que technologiques. »

BG : La tarification du carbone compte parmi les mesures qui produiront une différence, dans le cadre d’une approche globale visant l’augmentation à la fois de l’offre et de la demande relatives aux avancées en matière d’énergies propres. J’évoque bien d’autres idées dans mon livre. Pour développer l’offre d’innovation, les gouvernements pourraient par exemple accroître substantiellement (multiplier par cinq, selon moi) leurs investissements dans la R&D autour des énergies propres. Du côté de la demande, outre le prix du carbone, je pense par exemple à des normes sur la quantité d’électricité ou de carburant issue des sources zéro carbone.

« Il nous faut désormais axer le quotient intellectuel politique et technologique mondial sur l’élimination des émissions. »

Nous avons besoin d’innovations politiques au même titre que technologiques. Nous savons que les mesures politiques et les technologies peuvent ensemble résoudre les plus grands défis. Comme je le décris dans mon livre, la pollution de l’air est en le parfait exemple ; le Clean Air Act américain a formidablement permis d’éliminer certains gaz toxiques de l’air. D’autres solutions politiques incroyablement efficaces ont été mises en place aux Etats-Unis, parmi lesquelles l’électrification des campagnes, l’amélioration de la sécurité énergétique, ou encore la relance économique après la Grande Récession de 2008. Il nous faut désormais axer le quotient intellectuel politique et technologique mondial sur l’élimination des émissions. Mon équipe au sein de Breakthrough Energy, réseau d’initiatives que j’ai créé pour accélérer la transition vers des énergies propres, travaille intensément pour élaborer et promouvoir des mesures politiques audacieuses sur la voie des objectifs climatiques mondiaux.

CH : Comme vous le soulignez, les gouvernements tentent souvent d’utiliser des règles relatives à d’autres problèmes pour réduire les émissions – une approche qui équivaut à tenter de « créer une intelligence artificielle en utilisant un ordinateur central des années 1960 ».

L’introduction de nouvelles législations majeures est toutefois difficile, notamment parce que les producteurs établis s’opposent à des normes plus strictes et autres changements coûteux. Vous qui vous êtes situé du côté « réglementé » dans l’équation réglementaire, quelles solutions ou idées envisagez-vous pour résoudre le problème du retard des politiques ?

BG : Il est nécessaire que les gouvernements agissent pour résoudre ce problème – il s’agit d’opérer une transition du système énergétique mondial tout entier, à une vitesse sans précédent. Les investissements du secteur privé ne pourront aboutir sans des conditions de marché qui récompensent l’innovation et permettent la concurrence des technologies propres, un environnement que les gouvernements doivent contribuer à instaurer, en agissant de manière ciblée, fiable et prévisible.

C’est aussi pour cela que je parle d’innovation non seulement technologique, mais également sur le plan des politiques et des marchés. Les dirigeants politiques doivent réfléchir avec créativité aux meilleurs moyens d’encourager l’innovation en matière d’énergies propres, d’équilibrer les règles du jeu, et d’accélérer la transition énergétique. Mon équipe chez Breakthrough Energy travaille avec plusieurs responsables publics pour développer et promouvoir les politiques nécessaires en direction de l’objectif zéro émissions nettes.

CH : Au-delà des mesures politiques, vous appelez les gouvernements à se montrer plus audacieux dans leurs investissements en recherche et développement autour du climat. Quel rôle doivent ici jouer les universités, à la fois en termes de recherche et de transmission des connaissances nécessaires pour façonner les mesures politiques ?

BG : Les universités offrent un environnement propice aux idées et au développement de technologies propres. La science, la recherche et l’ingénierie au sein des universités à travers le monde comptent parmi les facteurs les plus importants sur la voie du zéro émission nette. Bien entendu, les découvertes doivent s’extraire du seul monde universitaire, pour éclairer des politiques nouvelles et façonner le marché. Certaines institutions académiques fournissent des efforts concertés pour aider leurs professeurs à communiquer plus efficacement, à rendre leurs recherches plus attractives aux yeux des dirigeants politiques, ainsi que pour propulser leurs découvertes technologiques en direction des entreprises et des marchés. Ces aspects sont cruciaux pour éviter un désastre climatique.

CH : Vous insistez pour dire que l’impératif moral de l’action climatique est aussi fort que l’impératif économique, dans la mesure où le changement climatique affecte de manière disproportionnée les plus pauvres de la planète. Mais l’action climatique présente également des implications en termes de répartition. Comme vous le reconnaissez, même la très faible prime verte, destinée à la décarbonation du système d’électricité américain tout entier, risque d’être trop élevée pour les ménages à faibles revenus, et les pays en voie de développement sont beaucoup moins en capacité d’opérer une telle transformation. Comment surmonter ces défis ? Vos travaux sur le déploiement d’autres technologies dans des environnements à revenus faibles produisent-ils des enseignements utiles sur ce point ?

Le dirigeant d’un pays riche devrait se demander ce que fait son gouvernement, ou sa société dans le cas d’un chef d’entreprise, pour rendre la transition écologique accessible dans le monde entier. »

BG : C’est un sujet extrêmement important. Les pays à revenu faible et à revenu intermédiaire consommeront davantage d’énergie au cours des prochaines décennies, à mesure qu’ils s’extrairont de la pauvreté. Nous aspirons tous à des énergies propres, mais ces pays ne les adopteront que si elles sont aussi peu coûteuses que les combustibles fossiles aujourd’hui.

Le dirigeant d’un pays riche devrait se demander ce que fait son gouvernement, ou sa société dans le cas d’un chef d’entreprise, pour rendre la transition écologique accessible dans le monde entier – y compris pour les pays à revenu intermédiaire et à revenu faible. L’accroissement des investissements dans la R&D et dans les mesures politiques nouvelles doit être axé sur cet objectif. Nombre des sociétés dans lesquelles j’investis travaillent sur des idées abordables pour les pays à revenu faible.

CH : Vous comptez parmi les chefs d’entreprise qui aujourd’hui reconnaissent publiquement le rôle indispensable de l’Etat dans la résolution des grandes problématiques. Même parmi ces problématiques, le changement climatique se démarque. La résolution de ce défi nécessitera-t-elle un rôle du secteur public – de manière générale ou dans un domaine particulier – plus grand encore que celui auquel sont habitués même les plus favorables à l’action de l’Etat ?

BG : La transition vers des énergies propres devra être menée de concert par les gouvernements et le secteur privé – comme l’a été la révolution de l’informatique.

Cela signifiera un plus grand rôle de l’Etat, mais seulement parce que son rôle était relativement limité jusqu’à présent. Prenez la nécessaire multiplication par cinq des investissements publics en R&D, que j’ai évoquée précédemment. Cette augmentation placerait la recherche sur les énergies propres au même niveau que la recherche médicale aux Etats-Unis. De la même manière que nous pouvons compter sur les Instituts nationaux de santé pour superviser et coordonner ce travail, nous devrions créer des Instituts nationaux d’innovation énergétique (les NIEI) pour éviter les redondances et veiller à l’utilisation optimale des ressources. Un Institut de décarbonation des transports pourrait quant à lui travailler sur des carburants à faible empreinte carbone. D’autres instituts pourraient se voir conférer une autorité et des responsabilités similaires dans la recherche sur le stockage des énergies, sur les énergies renouvelables, etc.

Les NIEI pourraient également être en charge de la coordination avec le secteur privé. L’objectif consisterait à voir les recherches émerger des laboratoires nationaux, puis conduire à des produits innovants, qu’il s’agirait ensuite de déployer sur le marché à très grande échelle. Nous avons besoin de politiques qui accélèrent l’ensemble du pipeline d’innovation, de la recherche initiale jusqu’au déploiement de masse.  Au-delà des moyens nouveaux de concevoir des matériaux zéro émission, nous pouvons tout simplement utiliser moins de choses.  »

CH : Dans un passage du livre, vous écrivez : « Au-delà des moyens nouveaux de concevoir des matériaux zéro émission, nous pouvons tout simplement utiliser moins de choses. » Certains vous répondraient que le capitalisme repose sur la consommation – plus elle est élevée, mieux c’est. Une solution réelle à la crise climatique dépend-elle d’une nouvelle vision du capitalisme pour le XXIe siècle ? Une conception disons plus qualitative de la « croissance » pourrait-elle constituer le pilier d’un tel système ?

BG : J’estime que les individus du monde riche peuvent et doivent réduire une partie de leurs émissions. Comme je l’explique dans mon livre, je prends moi-même certaines mesures pour réduire et compenser mes propres émissions. La consommation énergétique au niveau mondial est vouée à doubler d’ici 2050, en raison d’une importante croissance des pays à revenu faible et à revenu intermédiaire. La croissance est une bonne chose en ce sens qu’elle permet aux individus de vivre une existence plus productive, en meilleure santé. Nous devons cependant y parvenir sans rendre le problème climatique encore plus difficile à résoudre. C’est pourquoi nous avons besoin d’innovations qui rendent l’élimination des émissions suffisamment abordable pour chacun à travers le monde.

CH : « Ce livre évoque ce qu’il nous faut accomplir [pour éviter un désastre], et pourquoi je pense que nous pouvons y parvenir », écrivez-vous. En votre âme et conscience, pensez-vous réellement que nous y parviendrons tous ensemble à temps ?

BG : Oui, je le pense. Comme je l’écris à la fin de mon livre, je suis fondamentalement optimiste, car j’observe ce que la technologie peut accomplir, et ce que les êtres humains sont capables de réaliser. Ce qu’il nous faut, c’est consacrer les dix prochaines années à l’élaboration et à la mise en place des bonnes politiques, technologies et structures de marché, afin que le monde puisse atteindre l’objectif zéro émission d’ici 2050. Nous n’avons pas de temps à perdre.

Croissance Chine. Très nette tassement en février du fait de l’environnement mondial

Croissance Chine. Très nette tassement en février du fait de l’environnement mondial

Officiellement,  la Chine justifie le tassement économique aux conséquences des fêtes du nouvel an lunaire. Dans la réalité, la Chine subit la faiblesse de la demande internationale et aussi le ralentissement intérieur. L’activité manufacturière en Chine qui constitue un indicateur de croissance déterminant a connu en février son plus faible rythme de croissance en neuf mois, avec des ralentissements liés aux congés du Nouvel an lunaire, selon des chiffres officiels publiés dimanche.

L’indice d’activité des directeurs d’achat (Purchasing Managers’ Index, PMI), référence pour mesurer l’activité manufacturière, a reculé à 50,6 en février contre 51,3 en janvier, avec des ralentissements dans la production, les nouvelles commandes et les échanges extérieurs, selon le Bureau national des statistiques (NBS).

Le chiffre était de 51,9 en décembre. L’indice s’inscrit ainsi au plus bas depuis mai 2020 – il était alors de 50,6 – mais se maintient au dessus de la barre des 50. Un nombre supérieur à 50 témoigne d’une expansion de l’activité et, en deçà, il traduit une contraction.

Parallèlement, le PMI non-manufacturier s’est établi à 41,4 en février, en baisse par rapport à 52,4 le mois précédent,

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