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Ukraine : Une guerre pour la démocratie dans le monde

Ukraine : Une guerre pour la démocratie dans le monde

 

Pour les démocrates américains, le conflit russo-ukrainien apparaît comme une « transposition internationale et paroxystique » de la lutte entre populistes et défenseurs de la démocratie libérale que connaissent les Etats-Unis depuis l’élection de Donald Trump, analyse Laurence Nardon, chercheuse à l’IFRI, dans une tribune au « Monde ».

 

En annonçant, notamment lors de leur déplacement à Kiev les 24 et 25 avril, la livraison d’armes offensives telles que des obusiers et des chars aux forces ukrainiennes, le secrétaire à la défense, Lloyd Austin, et le secrétaire d’Etat, Antony Blinken, marquent une nouvelle étape dans la réponse américaine à la guerre russo-ukrainienne. Un positionnement renforcé le 28 avril, lorsque Joe Biden a fait connaître son intention d’envoyer 33 milliards de dollars (31,5 milliards d’euros environ) à l’Ukraine, dont les deux tiers sous forme d’aide militaire.

Depuis le début de l’invasion russe du 24 février, l’administration Biden a mis en œuvre plusieurs types de réponses. Les sanctions contre les oligarques russes, la restriction renforcée des exportations de technologies sensibles et l’augmentation des exportations de gaz naturel liquéfié américain pour faciliter la limitation des importations de gaz et de pétrole russes par les Européens visent à faire pression sur Moscou.

Quant à l’aide à l’Ukraine, elle se décline en aide humanitaire et en livraison de matériel militaire et se chiffre déjà à près de 4 milliards de dollars depuis fin février, selon un décompte du département d’Etat. Tout ceci est considérable, mais on avait toutefois observé jusqu’à présent une grande prudence dans le type des armes livrées par les Etats-Unis à l’Ukraine, exclusivement qualifiées de défensives. Il fallait à tout prix éviter de fournir à la Russie un prétexte à une escalade. Le président Vladimir Poutine et son ministre des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, rappellent en effet régulièrement la possibilité d’une riposte nucléaire.

Les annonces de fin avril constituent donc une prise de risque de la part de Washington. La raison immédiate tient à la résistance militaire des Ukrainiens. Contrairement à ce que l’on pouvait craindre en février, la Russie n’a pu concrétiser la victoire rapide qu’elle annonçait. Les analystes américains estiment qu’une victoire ou demi-victoire de l’Ukraine est, au contraire, possible et que, dans ce cas, des livraisons d’armes américaines peuvent faire la différence. Washington choisit de tenter le coup.

Mais cette évolution vient aussi confirmer le retour aux manettes des tenants de l’idéalisme interventionniste américain, un courant de pensée rattaché à l’école des « internationalistes libéraux », fermement décidés à défendre la démocratie ukrainienne contre l’autoritarisme russe. La guerre en Ukraine est, en effet, venue relancer un débat ancien mais toujours vif aux Etats-Unis sur le rôle que doit jouer le pays dans le monde.

La Chine veut tuer la démocratie monde

La volonté d’hégémonie de la Chine sur le monde

Dans la troisième édition de son ouvrage, Jean-Pierre Cabestan note une inflexion plus belliqueuse dans la volonté de puissance de la Chine, qui souhaite imposer son leadership.

 

La Politique internationale de la Chine de Jean-Pierre Cabestan, 3e édition, Presses de Sciences Po, 720 p., 26 euros.

Analyse dans le » Monde »

 

  Il y a sept ans, en 2015, lorsque le sinologue Jean-Pierre Cabestan achevait la première réédition de son essai La Politique internationale de la Chine (Presses de Science Po), il n’avait pas éprouvé le besoin de modifier le titre de sa conclusion. « Volonté de puissance et fragilités de la Chine populaire », le titre retenu lors de la première publication du livre, en 2010, lui semblait toujours d’actualité. En revanche, dans la troisième édition qui vient de paraître, le directeur de recherche au CNRS change radicalement de perspective. Le titre de sa conclusion sonne désormais comme une mise en garde : « Intégration, volonté de puissance et risques de guerre ». Tout est dit.

Depuis l’arrivée de Xi Jinping à la présidence de la République, en mars 2013, la Chine revendique une place centrale dans le concert des nations. Rien que de très normal, vu qu’elle est non seulement le pays le plus peuplé, mais également celui qui, d’ici à la fin de la décennie, devrait produire le plus de richesse, avec un PIB qui s’apprête à détrôner celui des Etats-Unis. Alors que nombre d’historiens et de diplomates s’interrogent pour savoir si la Chine accepte de s’inscrire dans l’ordre international tel qu’il a été redéfini après la seconde guerre mondiale, Jean-Pierre Cabestan remarque que « par sa masse, son histoire, sa rapide remontée en puissance et l’influence internationale qu’elle a acquise ou recouvrée, la Chine ne peut être qu’une puissance presque naturellement, ou plutôt mécaniquement, révisionniste ».

Pour qui n’en serait pas convaincu, les 330 pages que l’ouvrage consacre aux différentes relations bilatérales que la Chine entretient avec le reste du monde (Etats-Unis, Japon, Inde, Russie et Asie centrale, Union européenne, pays émergents…) sont éclairantes. On y suit pas à pas la montée en puissance économique, diplomatique, mais aussi militaire de la Chine, pays qui dispose à la fois du premier réseau diplomatique au monde et du plus grand nombre de navires militaires. Mais Jean-Pierre Cabestan ne se contente pas de décrire la diplomatie bilatérale de Pékin, il présente d’abord de façon détaillée les orientations générales de la politique de sécurité de Pékin et les principales instances de décision chargées de les mettre en œuvre. Hormis la psychologie personnelle de Xi Jinping, Jean-Pierre Cabestan passe tous les aspects de la question en revue dans ce livre, qui n’a pas d’équivalent en français.

Nouvelle guerre froide

Comme le titre de la conclusion le prouve, son constat n’est guère optimiste. Car non seulement la Chine est « par nature » révisionniste, mais son idéologie l’est également. Et c’est là que le bât blesse. « Plus que jamais, la République populaire compte modifier l’ordre international dans un sens qui lui est favorable, afin non seulement de mieux protéger ses intérêts fondamentaux, mais aussi d’affaiblir l’Occident et plus largement les démocraties, et d’instaurer ainsi son leadership mondial », met en garde ce juriste établi à Hongkong.

Société- La domination des économistes sur le monde de l’expertise

Société- La domination des économistes sur le monde de l’expertise

 

Deux chercheurs ont étudié les carrières et travaux des économistes français entre 1935 et 1945. Ils observent que les prémices de la domination de l’économie sur les sciences humaines et sur l’expertise proposée à l’Etat sont déjà présents sous Vichy, rapporte dans sa chronique Antoine Reverchon.

Un article intéressant qui montre la domination progressive des économistes sur le monde de l’expertise. Une domination peut-être provisoire pourrait être remplacée par celle des sociologues ou des écologues demain; pas forcément avec bénéfice. En effet, la complexité caractérise désormais nos sociétés qui doivent articuler les compétences des différentes disciplines pour comprendre les révolutions systémiques en cours. NDLR

 

Chronique.

 

Si les économistes allemands et italiens se sont beaucoup intéressés au rôle de leurs prédécesseurs pendant les « années noires », leurs collègues français sont restés pudiquement à l’écart du sujet. Les faits et les politiques économiques, sous le régime du maréchal Pétain, ont été étudiés, mais pas les économistes eux-mêmes : leurs écrits, leurs recherches, leur carrière…

D’où l’intérêt des travaux de deux jeunes chercheurs, Nicolas Brisset et Raphaël Fèvre (Groupe de recherche en droit, économie, gestion, Gredeg, université de Côte-d’Azur), publiés en 2021 dans History of Political Economy (no 53-4, Duke University Press), la Revue d’histoire de la pensée économique (no 11, Classiques Garnier) et Politix (no 133, De Boeck Supérieur) et présentés le 7 avril au cercle d’épistémologie économique de l’université Paris-I.

Dans le récit des économistes français, au-delà des « pères fondateurs » du XIXe siècle, leur discipline ne prend réellement son essor académique et intellectuel qu’à partir des années 1950, sous l’égide des prestigieux noms de Gérard Debreu et Maurice Allais (respectivement Prix Nobel 1983 et 1988), Edmond Malinvaud (Collège de France, Insee) et François Perroux (chaire Analyse des faits économiques et sociaux au Collège de France de 1955 à 1974). Les deux chercheurs observent pourtant que le « programme intellectuel » d’institutionnalisation de l’économie comme science humaine dominante et comme source d’expertise, pour la conduite des politiques publiques, connaît déjà ses prémices sous Vichy.

 

Avant-guerre, les économistes débattent des moyens de s’affranchir des facultés de droit, dont leur enseignement n’est alors qu’une branche. Cela passe par la création d’instituts et de cercles de réflexion, souvent financés par le privé (Fondation Rockefeller). Aussi, lorsque Vichy crée, en novembre 1941, la Fondation pour l’étude des problèmes humains, dirigée par Alexis Carrel, Prix Nobel de médecine en 1912 et théoricien de l’eugénisme, nombre d’économistes voient là l’occasion de jouer un rôle dans ce projet de fusionner, en une seule « science de l’homme », psychologie, sociologie, biologie, démographie, économie, etc.

En son sein, le Centre d’échange de théorie économique (CETE) organise des séminaires, traduit les auteurs étrangers – essentiellement anglo-saxons, dont Keynes, Hayek, Hicks, Kaldor –, et publie les tout premiers manuels d’économie pour les étudiants. Y participent de jeunes économistes (Maurice Allais, Pierre Uri, Robert Marjolin), des professeurs installés (Jean Marchal, Henri Guitton), voire déjà célèbres (François Divisia, Gaëtan Pirou, Charles Rist). Ces noms seront pour la plupart plutôt associés, après guerre, à la mise en place des politiques de planification menées par Jean Monnet. Le directeur du CETE est Henri Denis, devenu après guerre un militant communiste célébré comme introducteur du marxisme à la Sorbonne…

Démagogie, fille de la démocratie ! de Philippe Larfargue

Démagogie, fille de la démocratie ! de Philippe Larfargue 

Un stimulant détour par la démocratie athénienne antique nuance le sens d’une notion aujourd’hui négative.

 

 

« Fiers d’être démagogues ! Ce que nous pouvons apprendre de la démocratie athénienne », de Philippe Larfargue, Buchet-Chastel, 358 p., 24,90 €, numérique 15 €.  Analyse du « Monde ».

 Démonmacron ou démonlepen  ?  Comme le « démagocléon » d’Aristophane NDLR 

 

En ces temps de montée des populismes prospèrent les démagogues. Mais loin d’être seulement la maladie sénile d’une démocratie en crise, la démagogie lui serait consubstantielle. « Les Grecs anciens, et notamment les Athéniens, qui ont inventé la démocratie il y a près de deux mille cinq cents ans, ont également inventé la démagogie ; celle-ci est donc aussi vieille que celle-là et demeure depuis les origines son éternel possible », écrit Philippe Lafargue, dans un stimulant essai au titre volontairement provocateur, Fiers d’être démagogues ! Car cet historien, auteur, entre autres, de La Bataille de Pylos. Athènes contre Sparte (Alma, 2015), est convaincu que nous avons beaucoup à apprendre, non seulement de la démocratie athénienne mais aussi de ses maux.

Il n’y a pas de démagogue sans langage. Or ce sont précisément leurs discours flattant les pires instincts de l’auditoire, leurs mensonges et leurs promesses inconsidérées qui leur ont depuis toujours donné mauvaise presse. « Aux yeux des auteurs anciens, le mal tenait principalement au fait que les démagogues savaient aussi bien manipuler un peuple ignorant qu’épouser l’opinion fluctuante d’une masse irraisonnée : si Aristote dénonce les tyrans démagogues, Diogène le cynique y voit plutôt les “valets de la populace” », note Philippe Lafargue, qui explique comment ces jugements ont contribué à nourrir une image négative de la démocratie, image qui a perduré au moins jusqu’au siècle des Lumières.

Le démagogue, mot formé de demos (« peuple ») et d’ago (« conduire »), est celui qui mène le peuple. Demos, comme « peuple », a d’ailleurs un double sens, puisqu’il peut désigner aussi bien l’ensemble des citoyens – le peuple corps civique – que le menu peuple, le plus nombreux – le peuple corps social. Le démagogue est avant tout celui qui représente le peuple pris au second sens. D’où les propos au vitriol des grands auteurs antiques, implacables dans leur dénonciation de ces tribuns qui voulaient élargir la démocratie aux plus modestes. Platon (v. 427-v. 348 av. J.-C.) prônait une République gouvernée par une élite intellectuelle et philosophique, et, à ses yeux, la démocratie en était l’antithèse, notamment à cause de ses démagogues.

De ces derniers, on ne connaît plus aujourd’hui que les noms et les tares, dénoncées par les écrits des philosophes ou par les comédies de l’époque, à commencer par celles d’Aristophane (v. 445- v. 386 av. J.-C.). Celui-ci n’hésitait pas à en dresser un portrait féroce, y compris des plus puissants, tel Cléon, qui joua un rôle-clé à Athènes après la mort de Périclès, entre 427 et 422 av. J.-C. Il le surnommait « démagocléon », le croquant dans sa pièce Les Cavaliers en « Croquetoutcru », monstre à la voix de crécelle, puant, aussi lubrique qu’avide.

La domination des économistes sur le monde de l’expertise

La domination des économistes sur le monde de l’expertise

 

Deux chercheurs ont étudié les carrières et travaux des économistes français entre 1935 et 1945. Ils observent que les prémices de la domination de l’économie sur les sciences humaines et sur l’expertise proposée à l’Etat sont déjà présents sous Vichy, rapporte dans sa chronique Antoine Reverchon.

Un article intéressant qui montre la domination progressive des économistes sur le monde de l’expertise. Une domination peut-être provisoire pourrait être remplacée par celle des sociologues ou des écologues demain; pas forcément avec bénéfice. En effet, la complexité caractérise désormais nos sociétés qui doivent articuler les compétences des différentes disciplines pour comprendre les révolutions systémiques en cours. NDLR

 

Chronique.

 

Si les économistes allemands et italiens se sont beaucoup intéressés au rôle de leurs prédécesseurs pendant les « années noires », leurs collègues français sont restés pudiquement à l’écart du sujet. Les faits et les politiques économiques, sous le régime du maréchal Pétain, ont été étudiés, mais pas les économistes eux-mêmes : leurs écrits, leurs recherches, leur carrière…

D’où l’intérêt des travaux de deux jeunes chercheurs, Nicolas Brisset et Raphaël Fèvre (Groupe de recherche en droit, économie, gestion, Gredeg, université de Côte-d’Azur), publiés en 2021 dans History of Political Economy (no 53-4, Duke University Press), la Revue d’histoire de la pensée économique (no 11, Classiques Garnier) et Politix (no 133, De Boeck Supérieur) et présentés le 7 avril au cercle d’épistémologie économique de l’université Paris-I.

Dans le récit des économistes français, au-delà des « pères fondateurs » du XIXe siècle, leur discipline ne prend réellement son essor académique et intellectuel qu’à partir des années 1950, sous l’égide des prestigieux noms de Gérard Debreu et Maurice Allais (respectivement Prix Nobel 1983 et 1988), Edmond Malinvaud (Collège de France, Insee) et François Perroux (chaire Analyse des faits économiques et sociaux au Collège de France de 1955 à 1974). Les deux chercheurs observent pourtant que le « programme intellectuel » d’institutionnalisation de l’économie comme science humaine dominante et comme source d’expertise, pour la conduite des politiques publiques, connaît déjà ses prémices sous Vichy.

 

Avant-guerre, les économistes débattent des moyens de s’affranchir des facultés de droit, dont leur enseignement n’est alors qu’une branche. Cela passe par la création d’instituts et de cercles de réflexion, souvent financés par le privé (Fondation Rockefeller). Aussi, lorsque Vichy crée, en novembre 1941, la Fondation pour l’étude des problèmes humains, dirigée par Alexis Carrel, Prix Nobel de médecine en 1912 et théoricien de l’eugénisme, nombre d’économistes voient là l’occasion de jouer un rôle dans ce projet de fusionner, en une seule « science de l’homme », psychologie, sociologie, biologie, démographie, économie, etc.

En son sein, le Centre d’échange de théorie économique (CETE) organise des séminaires, traduit les auteurs étrangers – essentiellement anglo-saxons, dont Keynes, Hayek, Hicks, Kaldor –, et publie les tout premiers manuels d’économie pour les étudiants. Y participent de jeunes économistes (Maurice Allais, Pierre Uri, Robert Marjolin), des professeurs installés (Jean Marchal, Henri Guitton), voire déjà célèbres (François Divisia, Gaëtan Pirou, Charles Rist). Ces noms seront pour la plupart plutôt associés, après guerre, à la mise en place des politiques de planification menées par Jean Monnet. Le directeur du CETE est Henri Denis, devenu après guerre un militant communiste célébré comme introducteur du marxisme à la Sorbonne…

L’évolution de la cryptographie dans un monde postquantique

L’évolution de la cryptographie dans un monde  postquantique 

 

Dans une tribune au « Monde », Ludovic Perret, spécialiste de systèmes cryptographiques censés résister aux capacités de calcul décuplées de l’ordinateur quantique, estime urgent que les instances européennes se saisissent des nouvelles normes. Un enjeu économique crucial, selon lui.

 

Tribune.

 Avec l’avènement de l’ordinateur quantique, les outils cryptographiques actuels deviennent vulnérables et vont devoir être remplacés par des systèmes dits postquantiques. Le postquantique, longtemps cantonné à une communauté restreinte de chercheurs, a soudainement basculé vers un sujet industriel majeur et qui nous concerne tous.

L’impact économique des systèmes cryptographiques que l’on trouve dans toutes les transactions en ligne ou par cartes bancaires par exemple est colossal. En 2018, une étude estimait que la création de l’AES (Advanced Encryption Standard), norme « préquantique » de chiffrement à clé secrète publié par le NIST, l’agence de normalisation américaine, au début des années 2000, a créé un marché d’au moins 250 milliards de dollars entre 1996 et 2017. Les retombées devraient être bien supérieures pour le postquantique.

Pour s’y préparer, en 2017, le NIST a lancé un processus afin de renouveler les normes actuelles de cryptographie à clé publique par de nouveaux algorithmes postquantiques. Après trois ans et plusieurs étapes de sélection, l’annonce des vainqueurs est attendue dans les prochains jours.

La finalisation du processus postquantique du NIST n’est qu’une première étape dans le déploiement de cette cryptographie de nouvelle génération. L’ensemble des protocoles de sécurité doit maintenant s’adapter à ces nouvelles normes. Le travail est colossal et de nombreux autres organismes de normalisation travaillent actuellement à l’intégration du postquantique dans divers protocoles. En particulier, l’European Telecommunications Standards Institute (ETSI) est l’organisme de normalisation européen qui est aujourd’hui le plus actif dans le postquantique.

Cette norme doit aussi se comprendre comme un outil de conquête économique : qui contrôle la norme contrôle le marché. Or, la normalisation postquantique reste un point faible dans les ambitions industrielles et de souveraineté technologique européennes.

Pourtant, l’Europe est consciente de l’importance de cet aspect, comme le rappelait Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur : « Les normes technologiques revêtent une importance stratégique. La souveraineté technologique de l’Europe, sa capacité à réduire les dépendances et à protéger les valeurs de l’Union européenne dépendront de notre aptitude à être un organisme de normalisation mondial. »Le nouveau texte de la Commission prévoit d’associer obligatoirement des agences de normalisation nationales, comme l’Afnor, dans la définition d’une norme européenne

 

Chine- Occident : deux conceptions irréconciliables du monde

Chine- Occident : deux conceptions irréconciliables du monde

Pékin ne voit pas la guerre en Ukraine comme le signal d’un réveil de l’Union européenne, mais comme une preuve supplémentaire de son déclin, analyse Frédéric Lemaître, correspondant du « Monde » à Pékin, dans sa chronique.

 

Chronique.

 

Le doux commerce est supposé rapprocher les peuples. L’Allemagne a même fait de ce postulat un pilier de sa politique étrangère. Pourtant la Chine démontre l’inverse. Jamais l’empire du Milieu n’a autant commercé avec l’Occident et notamment avec l’Europe. Pourtant, jamais elle n’en a paru aussi éloignée. Sur fond de guerre en Ukraine, le sommet Chine-Union européenne (UE) qui se tient le 1er avril devrait en apporter la confirmation.

Pour l’Occident, Vladimir Poutine est le seul responsable de la guerre en Ukraine puisqu’il a envahi un Etat indépendant qui ne menaçait aucunement la Russie. Pour la Chine, ce sont les Etats-Unis qui sont à l’origine du conflit. Non seulement ils n’ont pas sabordé l’OTAN, qui n’avait plus de raison d’être après la dissolution du pacte de Varsovie, mais ils ont élargi celle-ci en permettant aux pays limitrophes de la Russie d’y adhérer.

A l’Ouest, les peuples ont le droit de choisir leur destin. L’Ukraine a donc le droit de souhaiter adhérer à l’Union européenne voire à l’OTAN, quelles que soient les réponses apportées à cette demande. Pour la Chine, les Ukrainiens sont manipulés par les Etats-Unis. Ils ne comptent pas et n’ont même pas à participer à un éventuel dialogue sur la « sécurité en Europe » que la Chine appelle de ses vœux et qui devrait réunir, « sur un pied d’égalité », les Etats-Unis, l’OTAN et la Russie. Quid de la participation de l’UE à une réflexion sur son destin ? Si l’on se fie aux communiqués officiels, Xi Jinping la mentionne lorsqu’il envisage l’avenir avec Emmanuel Macron et Olaf Scholz mais pas lorsqu’il téléphone à Joe Biden. Vue de Pékin, la question est secondaire.

Ce relatif désintérêt pour l’UE explique sans doute les erreurs de jugement de la Chine. En 2021, celle-ci n’avait apparemment pas réalisé qu’en sanctionnant des élus au Parlement européen, elle tuait dans l’œuf toute ratification de l’accord sur les investissements conclu fin décembre 2020 auquel elle tient tant. Les Chinois expliquaient alors que la motion du Parlement européen visant à geler ce projet d’accord avait été adoptée « probablement sous la pression des Etats-Unis » et que l’Union européenne devrait « ratifier l’accord au premier semestre 2022, lorsque la France prendra la présidence tournante du Conseil de l’UE ». Manifestement, les Chinois n’ont pas intégré toutes les subtilités de l’équilibre des pouvoirs au sein des institutions de l’Union européenne.

Plus généralement, pour les Européens, la guerre en Ukraine est en train de provoquer le réveil de l’UE. Celle-ci devrait en sortir renforcée. Pour la Chine, l’Union européenne sortira affaiblie de cette « crise ukrainienne » en raison des sanctions qui vont peser sur sa croissance et de sa dépendance accrue à l’égard de Washington en matière de sécurité. Selon Pékin, c’est d’ailleurs parce que les Etats-Unis font le même raisonnement qu’ils ont « accroché une clochette au tigre » russe en élargissant l’OTAN.

Zelensky: Appel au boycott et aux manifestations dans le monde entier

Zelensky: Appel au boycott et aux manifestations dans le monde entier 

 

 

Comme attendu,  le président ukrainien a renouvelé à l’occasion de son intervention face au Parlement français son souhait d’un soutien encore plus significatif à la résistance face à l’envahisseur russe. Le président souhaite notamment des aides militaires plus substantielles ; il appelle en outre un boycott total des entreprises occidentales présentes en Russie.

Zellensky qui demande aussi une solidarité morale et citoyenne vis-à-vis de l’Ukraine partout dans le monde

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lancé un appel enflammé aux citoyens du monde entier à manifester contre l’invasion de son pays par la Russie, un mois jour pour jour après son commencement. «Allez-y avec des symboles ukrainiens pour défendre l’Ukraine, pour défendre la liberté, pour défendre la vie!», a lancé Zelensky dans la nuit de mercredi à jeudi via un message vidéo en anglais. «Retrouvez-vous sur les places, dans la rue, montrez-vous et faites-vous entendre!» «Exprimez-vous, manifestez depuis vos bureaux, vos maisons, vos écoles et vos universités, manifestez au nom de la liberté »

 » Le monde en restructuration » (Le Grand Continent )

 » Le  monde en restructuration » (Le Grand Continent )

 

Une analyse intéressante du livre qui souligne les incohérences provenant surtout du cloisonnement de l’analyse et de la gestion des différents champs d’activité humains. NDLR

 

analyse de Livre dans le « Monde ». 

Jeune revue en ligne, Le Grand Continent s’est imposé en un peu plus de deux ans comme une référence dans les débats stratégiques et intellectuels d’une époque pour le moins confuse. Publié le 16 novembre 2020, le long entretien avec le chef de l’Etat, « La doctrine Macron »évoquant notamment sa vision du monde et de l’Europe n’avait pas peu contribué à la notoriété de ce projet éditorial inédit, né à l’Ecole normale supérieure de Paris, à la fois interdisciplinaire et publié dans les principales langues européennes. Avec son dernier volume, Le Grand Continent se fait livre dans la collection dirigée chez Gallimard par Gilles Kepel, actif soutien du projet depuis le début. L’ouvrage réunit les textes de vingt des intervenants de la revue pour tenter de donner du sens à ces « politiques de l’interrègne » comme les appellent dans leur introduction Gilles Gressani et Mathéo Malik, qui furent les initiateurs de cette aventure.

L’interrègne, c’est « la tendance d’un monde en pleine restructuration, mais que l’on ne parvient pas à décrire, à transformer ou à arrêter », expliquent-ils. Avec cette publication, ils veulent répondre à un triple défi : « l’affaissement du débat public, le cloisonnement de la recherche, l’inconséquence de la décision publique ou privée ». Le pari est tenu grâce à la variété des intervenants dans leurs spécialités comme dans leurs nationalités : des Français, mais aussi nombre d’Italiens, d’Allemands, de Polonais. Il y a là des philosophes comme Pierre Charbonnier ou Céline Spector, des historiens comme Maya Kandel, des économistes comme Jean Pisani-Ferry, des politistes comme Ivan Krastev, d’anciens diplomates engagés dans la lutte pour le climat telle Laurence Tubiana.

« Pour esquisser une carte, il faut l’orienter », expliquent Gilles Gressani et Mathéo Malik. C’est-à-dire lui donner un sens et donc du sens. L’ouvrage évoque certes la question climatique et les défis de la transition autant que la situation inédite créée par la pandémie, mais l’élément structurant de l’ensemble reste la nouvelle donne géopolitique mondiale et l’affrontement « entre ces deux nations-monde que sont les Etats-Unis et la Chine. » Le livre a été bouclé avant la guerre d’agression de Poutine contre l’Ukraine qui a entraîné un sursaut des Européens et le réengagement américain sur le Vieux Continent.

 

La véritable puissance rivale des Etats-unis n’en reste pas moins la Chine, cet « Etat du parti » comme le définit le sinologue Nathan Sperber, analysant l’émergence d’un nouvel ordre politique depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir. Un projet qui se pose en alternative à l’Occident, même si les convergences potentielles vont bien au-delà de la seule imbrication des intérêts économiques. Ainsi que le note le politologue Giuliano da Empoli, « le Parti communiste chinois et la Silicon Valley travaillent à un avenir post-humain », c’est-à-dire « à un âge où l’autonomie du sujet et la liberté auront disparu ».

Repenser le rapport de l’Europe au Monde

Repenser le rapport de l’Europe au Monde (Josep Borrell)

 

Le haut représentant de l’Union de  la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne estime qu’il faut repenser les rapports de l’Europe au monde. (les « Echos »)

 

Pensez-vous que la pression internationale et les sanctions contre la Russie peuvent faire plier Vladimir Poutine et le contraindre à arrêter la guerre ?

Je pense que l’économie russe va souffrir très durement des sanctions que nous avons décidées et notamment de la diminution progressive des achats de gaz et de pétrole. Mais la guerre ne va pas s’arrêter du jour au lendemain…

Êtes-vous favorable à un embargo sur les achats de gaz russe, comme l’ont décidé les Etats-Unis et le Royaume-Uni ?

Ce serait certainement la meilleure façon de faire si on pouvait se passer du gaz russe. Nous allons viser une réduction nette de notre dépendance et de nos achats le plus vite possible. La Commission a proposé en début de semaine un plan qui prévoit de diminuer de deux tiers l’utilisation de gaz russe d’ici à la fin de l’année et il faut que tout le monde coopère. A titre d’exemple, une baisse du chauffage de 1 °C par les ménages représenterait une diminution de 7 % de notre consommation de gaz.

 

Comment expliquer cette forte dépendance de l’Europe au gaz russe ?

Depuis que la Russie a envahi la Crimée en 2014, nous n’avons pas cessé d’alerter les Européens sur cette dépendance. Or, elle s’est encore accrue ! On consomme beaucoup plus de gaz russe qu’en 2014 et l’Allemagne a construit un deuxième gazoduc pour augmenter ses livraisons.

La guerre en Ukraine aura-t-elle aussi des conséquences pour les économies européennes ? Êtes-vous favorable à un nouveau fonds européen pour compenser ces dommages ?

Avec cette guerre, l’économie européenne va subir un troisième choc asymétrique, c’est-à-dire qui va coûter aux uns plus qu’aux autres, après la crise de l’euro et la pandémie. Certains pays comme la Hongrie sont dépendants du gaz russe à presque 100 %, d’autres comme l’Espagne, très peu.

Et puis ce qui va coûter, c’est l’aide aux réfugiés. Il y en a déjà 2 millions et bientôt ce sera beaucoup plus et les plus touchés sont les frontaliers. Il peut donc être très utile de mutualiser ces coûts. La situation demande à nouveau une réponse collective, comme cela a été le cas pour la pandémie. Il va falloir faire face à une poussée des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, notamment le blé et les engrais. Il se pourrait aussi qu’il y ait un choc social si l’inflation est trop élevée.

Pensez-vous que les dépenses d’armement doivent être incluses dans ce plan ?

Certaines dépenses d’armement pour l’Ukraine sont financées par les fonds européens. Quant aux dépenses d’armement nationales, elles seront financées par les Etats.

Plusieurs pays européens ont décidé d’accroître leur budget militaire, l’Allemagne notamment mais est-ce que cela suffit à parler d’Europe de la Défense ?

On ne va pas créer une armée européenne et faire disparaître les armées nationales comme on a fait avec l’euro ! Mais la France qui préside actuellement le Conseil de l’Union européenne défend l’idée que l’Europe ait une capacité défensive propre . Il ne s’agit pas de se substituer à l’Otan mais d’être complémentaire. Nous devons être interopérables, commander en commun, éviter les duplications, se doter des capacités qu’on n’a pas.

Il y a un énorme travail à faire pour optimiser les dépenses militaires en Europe car elles sont très éparpillées. Tous ensemble, nous consacrons à la défense environ trois fois plus que la Russie et autant que la Chine mais on ne peut pas dire qu’on est aussi efficaces.

L’Europe de la défense revient en fait à renforcer le pilier européen de l’Otan ?

L’Europe doit se doter d’une capacité de réagir, et pour cela il faut que les Etats membres européens de l’Otan fassent un apport plus important à l’Alliance atlantique qui reste le moyen fondamental de la défense territoriale de l’Europe. Mais il y a des occasions et des lieux où l’Otan n’interviendra pas et où les Européens doivent pouvoir le faire.

Quand au début des années 1990, il y a eu la guerre des Balkans où l’on a reproduit, à moindre échelle, les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, les Européens n’avaient pas les moyens d’intervenir et ce sont les Etats-Unis qui l’ont fait via l’Otan. En Afrique, dans le Sahel, ce sont les Européens tous ensemble qui devraient être présents car l’Otan n’ira pas au Sahel .

 

Parce que la perception des menaces n’est pas la même selon qu’on est un pays balte ou un pays méditerranéen. Pour un Balte, c’est la menace russe qui occupe toutes vos préoccupations mais si vous vivez au Portugal, vous serez plus préoccupés par le risque migratoire et l’instabilité de l’Afrique qui vous touche plus directement. Si l’on veut construire une Union politique, nous devons cultiver une culture stratégique commune et cela prend du temps.

 

La menace russe était déjà bien présente, nos rapports s’étaient déjà beaucoup dégradés. On est entré dans un nouvel âge de nos rapports avec la Russie et cette guerre va marquer la politique européenne pendant longtemps. Elle va aussi servir d’accélérateur au réveil géopolitique de l’Europe. Il faudra notamment éliminer la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie car elle est devenue une arme dans les mains de Moscou.

En cinquante ans, on a assisté à un véritable processus de désarmement de l’Europe. On a profité des dividendes de la paix pour développer notre Sécurité sociale.

En 1975, au moment des accords d’Helsinki sur la sécurité en Europe, les dépenses militaires des pays européens avoisinaient les 4 % de leur PIB. Aujourd’hui, ils sont autour de 1,5 % . En cinquante ans, on a assisté à un véritable processus de désarmement de l’Europe. On a profité des dividendes de la paix pour développer notre Sécurité sociale. Mais aujourd’hui l’Europe doit repenser ses rapports au monde. Elle s’est imaginé qu’en favorisant l’Etat de droit et en multipliant les accords commerciaux, le monde allait évoluer vers une sorte de paix universelle basée sur la démocratie et l’économie de marché, mais cela ne s’est pas produit. La guerre en Ukraine est un accélérateur de cette prise de conscience.

Société: fin du monde ou d’un monde ?

Société: fin du monde ou d’un monde ?

 

 

Philippe Mabille dans un édito de la « Tribune » évoque la problématique politique et énergétique mondiale (extrait)


Notre cécité collective devant le réchauffement de la planète vient cruellement rencontrer les deux actualités dramatiques qui se percutent en ce tragique hiver 2022 : l’invasion de l’Ukraine, à laquelle l’Occident a refusé de croire jusqu’à la dernière minute de ce jeudi 24 février au matin où l’armée russe a franchi sous nos yeux incrédules le Rubicon au Donbass pour envahir totalement son voisin ; et la publication passée hélas inaperçue cette semaine du nouveau rapport du GIEC sur l’adaptation au changement climatique qui annonce des conséquences dramatiques à l’échelle des prochaines décennies pour au moins 3,3 milliards d’hommes et de femmes. Dans le même temps, Vladimir Poutine et son ministre des Affaires étrangères ont déjà menacé à quatre reprises l’Occident de représailles nucléaires en cas d’intervention militaire de l’OTAN dans le conflit en Ukraine.

Entre la fin du monde tout de suite et la fin du monde plus tard, vous êtes priés de choisir… Comme l’a dit Albert Einstein : « Je ne sais pas comment on fera la troisième guerre mondiale, mais il ne restera pas grand monde pour faire la quatrième ou alors avec des pierres et des bâtons ».

De quelle cécité avons-nous fait preuve pour ne pas voir que Vladimir Poutine finirait par mettre ses menaces impériales à exécution ? Il avait pourtant tout annoncé et les tensions croissantes, l’état de quasi-guerre dans le Donbass depuis la révolution de 2014, laissait présager du pire. Nous voilà donc revenus 40 ans en arrière, à l’époque où François Mitterrand déclarait au Bundestag, à Bonn, le 20 janvier 1983 (six ans avant la chute du Mur de Berlin) : « les pacifistes sont à l’Ouest et les missiles sont à l’Est », au plus fort de la crise née de l’installation des SS-20. Une époque où le slogan « faites l’amour, pas la guerre » était concurrencé par « mieux vaut un Pershing dans son jardin qu’un Russe dans son lit »… (du nom du missile américain installé en face de la RDA – NDLR).

Par sa « stratégie du fou », Poutine a éclipsé d’un coup d’un seul et le Covid et le climat. Pendant que nous pouvons, enfin, en France, retirer nos masques et abandonner le pass vaccinal, le peuple ukrainien martyr sous les bombes a déjà mis plus d’1 million de réfugiés sur les routes de ses frontières bafouées. Et Poutine promet le pire, avec la prise de contrôle brutale des centrales nucléaires russes, pour contrôler l’électricité en Ukraine. Au risque de créer un Tchernobyl puissance 10, raconte Marine Godelier.

Une course de vitesse s’est engagée entre l’efficacité des sanctions, les plus dures jamais infligées à un pays, plus encore que l’Iran, et celle de l’armée russe. Comment arrêter Poutine ? Telle est LA question que se posent les dirigeants occidentaux qui tentent une désescalade diplomatique tout en mettant une pression maximale sur le régime. La tension est forte sur les oligarques proches du pouvoir, dont les biens sont gelés partout mais dont la saisie se heurte au respect du droit de propriété. Bercy a quand même lancé la difficile traque des milliardaires russes, raconte Grégoire Normand. Mais que pèse la saisie d’un ou de quelques yachts quand tous les équilibres du monde tremblent sur leurs bases…

Le danger  est connu et si nous ne sommes pas en guerre, nous allons souffrir, durablement et fortement, en France comme dans tous les pays développés, du fait de notre dépendance, directe et indirecte, au gaz, au pétrole et à certaines matières premières stratégiques russes. Le plongeon des marchés financiers qui ont vécu leur pire semaine depuis le confinement de mars 2020 montre que l’indice de la peur, le VIX, a monté de plusieurs crans. La crainte d’une récession voire pire encore d’une stagflation tétanise les investisseurs. En chute de 10% en cinq séances, le CAC 40 a vécu sa pire semaine depuis le confinement de mars 2020, le premier confinement.

Régional, le conflit se mondialise du fait de l’impact des sanctions. La Russie, presque totalement isolée économiquement et financièrement, a vu s’effondrer le rouble et tente de se tourner vers les cryptomonnaies. Au bord de la banqueroute, la Russie a vu sa dette dégradée en catégorie spéculative, proche du défaut de paiement. Le fonds souverain norvégien a frappé les esprits en comptabilisant à zéro tous ses actifs russes, raconte Eric Benhamou.

La Russie a riposté en annonçant un arsenal de mesures pour éviter l’asphyxie mais on est loin du « quoi qu’il en coûte » de Macron pendant le Covid. En France, des plans de résilience sont à l’étude pour aider les secteurs économiques impactés. Agriculture, automobile, aéronautique, tourisme, les effets seront sensibles. Outre l’impact sur la production industrielle, le pouvoir d’achat va en prendre un coup. Le bouclier tarifaire sur le gaz a été prolongé de six mois et on parle de nouveau blocage des prix et aides à l’achat des carburants pour les professions les plus exposées. De très nombreuses entreprises françaises se retrouvent prises en étau et des questions cruciales de logistique et d’approvisionnement critique se posent.

Ce n’est pas encore la fin du monde mais la fin d’un monde. Celui que nous avons connu depuis 30 ans. Un rideau de fer économique et financier s’est abattu brutalement sur le monde. Dans le numérique, alors que Sylvain Rolland craint la multiplication des cyberattaques, on craint la balkanisation du net avec une rupture entre l’internet russe et l’internet mondial.

La question clef est de savoir si la Chine soutiendra la Russie. Prudente, elle reste neutre, s’est abstenue lors du vote à l’ONU demandant la fin de l’invasion et semble partagée entre ses clients qui sont à l’Occident, et son fournisseur russe de pétrole et de gaz…

La guerre en Ukraine menace donc à court terme la transition écologique de l’Europe qui envisage de rouvrir des centrales au charbon en cas de rupture du gaz russe. Un comble, qui n’a provoqué aucune réaction côté Greta Thunberg. Mais même si se passer du gaz et du pétrole russe est une gageure, apprendre à le faire sera peut-être l’ultime réponse à l’agression irraisonnée de Poutine. L’Agence internationale de l’énergie a publié un plan en 10 mesures pour ne plus dépendre à l’avenir du gaz russe.

Paradoxalement, le coup de force de Poutine pourrait bien avoir pour effet d’accélérer la prise de conscience mondiale de l’urgence de la transition énergétique. En Allemagne, qui s’est mis d’elle-même dans les mains de l’ogre russe en renonçant au nucléaire (même Poutine s’en est moqué), on est à l’heure des grandes remises en cause : le tabou de la prolongation des centrales qui devaient fermer cette année en Allemagne est en train de sauter.

Heureusement pour l’Europe, pour l’instant, l’hiver n’est pas trop froid. Et Poutine a eu la bonne idée d’attendre presque le printemps pour lancer sa sale guerre. Le réchauffement climatique nous offre ainsi un peu de temps, celui de retrouver le chemin de la diplomatie et de la raison ? Et celui de nous interroger sur notre propre responsabilité, celui d’une économie plus sobre en carbone. Le choc énergétique que nous subissons n’appelle qu’une seule réponse, innover pour dépenser moins d’énergie.

D’un mal peut-il donc sortir un bien ? En huit jours, Poutine a certes ramené son pays 30 ans en arrière et en a fait le paria du monde, mais l’Europe vient de faire un bond de 30 ans dans l’autre sens en sortant enfin de sa léthargie stratégique. Emmanuel Macron, président en exercice de l’Union européenne a convoqué un Sommet à Versailles pour relancer l’Europe de la défense et parler de la souveraineté économique du continent appelé à s’unir face au retour des empires. Même le Royaume-Uni commence à regretter son Brexit et regarde de nouveau de l’autre côté de la Manche, conscient du danger à être isolé dans un monde redevenant dangereux.

L’OTAN, en « état de mort cérébrale » selon Emmanuel Macron, retrouve avec cette crise et sa raison d’être et son attractivité, celle d’offrir un parapluie à tous ses membres selon la célèbre formule du « Un pour tous, tous pour un ». L’Ukraine, qui résiste à l’envahisseur, a gagné au travers cette crise ses galons de nation souveraine et revendique son appartenance à l’Europe. L’Europe, cet anti-empire détesté par Poutine qui attire par son modèle de liberté et auquel il ne peut opposer que la force…

 

Le « Monde » tenté par le Wokisme ?

Le « Monde » tenté par le Wokisme ?
Le journal Le Monde se défend d’être tenté par  la mode du wokisme venu des États-Unis qui s’impose de plus en plus chez les gauchistes ( Notamment écolos, insoumis, Taubira , sans parler de l’université).

Les arguments du monde

Ouriel Reshef s’inquiète d’un possible tournant du « Monde » qui le conduirait à « assommer [ses lecteurs] avec une doxa à la mode », autrement dit le mouvement « woke ». Gilles van Kote, directeur délégué aux relations avec les lecteurs, lui répond que s’intéresser à un courant de pensée ne signifie pas prendre parti pour celui-ci.

Tout en reconnaissant l’incontestable qualité générale du Monde, dont je suis un fidèle abonné depuis plusieurs décennies, le tournant récent en faveur du wokisme inquiète et exaspère. On ne peut évacuer d’un haussement d’épaule les excès de cette nouvelle idéologie totalitaire, même si on ne peut lui dénier qu’elle pose de bonnes questions nécessitant des réponses complexes et nuancées.

Je renvoie au livre de Helen Pluckrose et James Lindsay (Le Triomphe des impostures intellectuelles, H&O, 2021), à celui de John McWhorter (Woke Racism, Portfolio, 2021, non traduit), ainsi qu’à celui de Greg Lukianoff et Jonathan Haidt (The Coddling of the American Mind, Penguin Books, 2019, non traduit). Pierre Valentin a produit pour la Fondation pour l’innovation politique deux notes remarquablement bien étayées sur le wokisme. Je me permets aussi de citer le site de la National Association of Scholars, qui donne une vision complète des ravages de cette idéologie dans les milieux académiques américains.
Depuis quelques semaines, Le Monde a publié quatre articles en réponse à la conférence tenue à la Sorbonne, sans qu’aucune réponse ne soit donnée à ces détracteurs. Et dans l’édition du mardi 1er février, la coupe est pleine avec deux articles : un entretien avec Laure Murat et un article sur le documentaire de Raoul Peck, Exterminez toutes ces brutes. On ne peut qu’être révolté par le parti pris de ce documentaire de considérer la pulsion exterminatrice comme la matrice de la civilisation occidentale, comme s’il fallait en négliger – ou même carrément occulter – les accomplissements.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Raoul Peck, réalisateur d’« Exterminez toutes ces brutes », « Déconstruire plus de sept siècles d’histoire eurocentrée »
C’est une chose de vouloir compléter une représentation du passé qui fait, il est vrai, l’impasse sur des pans de l’histoire qui méritent d’être ressuscités (la traite et l’esclavage, la spoliation des peuples autochtones). C’en est une autre de prétendre procéder à un révisionnisme radical qui remplacerait une vision (taxée de partielle et d’erronée) par une autre (tout aussi incomplète). Le documentaire, qui n’a droit qu’à des éloges et ne suscite pas la moindre critique dans votre article, fait le choix d’un parti pris provoquant et qui heurte le bon sens.

Quant à l’entretien avec Laure Murat, professeure à UCLA, qui doit être parfaitement au courant des dérives du wokisme et de la « cancel culture », dont des dizaines de ses collègues ont souffert, perdant même pour certains leur travail sous les coups de boutoirs d’une foule à leurs trousses, elle évacue tout ça sous le vocable « escalades délirantes » – ce qui, quand même, est un peu trop facile et fait mine d’ignorer l’essentiel. Il y a tout de même un monde entre l’annulation des statues, qui pose la question légitime de la relation entre mémoire et histoire, et « l’annulation » de personnes pour des raisons futiles, sous prétexte de racisme systémique et de privilège blanc, ainsi que de cours de civilisation occidentale (Western Civ) ou portant sur les chefs-d’œuvre (Great Books) sur lesquels elle n’a rien à dire !
Si Le Monde veut informer ses lecteurs, et non les assommer avec une doxa à la mode, il faut donner la parole à la résistance aux délires et aux excès, et avant tout les reconnaître, pour ensuite les expliquer. A titre d’exemple, saviez-vous que l’université Cornell offre maintenant un cours d’astronomie intitulé : « Black Holes : Race and the Cosmos », dont la question directrice est la suivante : « Is there a connection between the cosmos and the idea of racial blackness ? ».

Les appels à décoloniser le curriculum aboutissent à appeler à « réhumaniser » les mathématiques parce qu’elles enseignent qu’il n’y a qu’une seule réponse juste et objective. Le terme de délire n’est pas trop fort pour caractériser de telles dérives, et il faut bien appeler un chat un chat. Les Etats-Unis sont malades de cette idéologie, et ce serait faire œuvre d’esprit civique que de se prémunir de la contagion et faire en sorte que la France ne soit pas touchée à son tour par cette véritable folie.

Ouriel Reshef, Paris

Gilles van Kote, directeur délégué aux relations avec les lecteurs, vous répond :

Nous recevons régulièrement des courriers de lecteurs regrettant que Le Monde soit devenu « woke » ou « wokiste », c’est selon. Mais s’intéresser à ce courant de pensée, dont le retentissement réel en France reste au demeurant très incertain, ne signifie pas y adhérer ! Que les valeurs que Le Monde a toujours défendues le rende naturellement sensible aux mouvements féministes, anti-racistes, anti-coloniaux ou de luttes contre les discriminations cela n’a rien de nouveau. De là à défendre la « cancel culture », ou culture de l’effacement, il y a un pas que nous sommes très loin d’avoir franchi. Je vous engage à cet égard à relire la chronique de Michel Guerrin écrite il y a exactement dans Le Monde sur ce sujet.

Lire la chronique de Michel Guerrin : Article réservé à nos abonnés Décolonialisme, « cancel culture »… : « La France, l’Amérique et les idées »
Je vous accorde que consacrer un article, une chronique (celle de Jean-Baptiste Fressoz) et une tribune du sociologue François Dubet au colloque consacré au thème « Que reconstruire après la déconstruction ? » qui s’est tenu les 7 et 8 janvier en Sorbonne a pu donner l’impression d’un acharnement. Mais ce qui nous intéresse dans ce courant de pensée et de militantisme baptisé woke ou wokisme, ce sont autant ses ressorts que son possible dévoiement par certaines formes de radicalité ou que les réactions parfois épidermiques de rejet qu’il suscite dans les milieux intellectuels, militants et politiques.

Lire aussi la tribune de François Dubet : Article réservé à nos abonnés « Le colloque organisé à La Sorbonne contre le “wokisme” relève d’un maccarthysme soft »
Pour qui s’intéresse aux idées et au débat d’idées, ce qui est le cas du Monde, il me semble difficile d’ignorer celles-ci. Je dirais même que le sujet me semble passionnant, bien qu’il ne faille jamais perdre de vue qu’il n’intéresse réellement qu’une part très minoritaire de la population, les analyses d’opinion montrant qu’une majorité de Français ignore ce qui se cache derrière les expressions « woke », « cancel culture » ou, pour revenir au français, intersectionnalité ou déconstruction.

Quant à la position du Monde, elle est loin d’être figée et différentes sensibilités sur ce sujet cohabitent au sein de sa rédaction. Nous continuerons donc de rendre compte des débats autour de ces courants, en tentant de garder nos distances et de conserver un regard critique vis-à-vis des uns comme des autres.

Le Monde

Bilan Monde 2021: année de ruptures

Bilan Monde 2021:  année de ruptures

 

 Le Bilan du monde consacre une grande partie de son édition 2022 à la pandémie et aux effets de la vaccination. Cette publication annuelle, préparée par les journalistes du Monde, propose un panorama géopolitique, économique et écologique de l’année écoulée et dresse l’état des lieux des 198 pays du globe. Outre cet atlas, l’édition comprend également trois cahiers – « International », « France » et « Planète » –, un portfolio, des infographies et des tribunes marquantes publiées dans les pages « Idées » du journal mais aussi des points de vue inédits ; soit différents décryptages pour faire le tour de l’année 2021, riche en rebondissements.

A l’échelle de la planète, l’impact de cette crise sans précédent sur l’humanité a accéléré le changement de nos sociétés, elles-mêmes en proie à plusieurs ruptures dans la marche du monde. Rupture sanitaire : le coronavirus et ses variants résistent et le retour à la vie « normale » n’est pas pour demain. Rupture géopolitique : le retrait des Etats-Unis d’Afghanistan marque la fin du siècle américain et le basculement vers l’Indo-Pacifique du nouveau centre de gravité de l’ordre mondial. Rupture politique : l’abstention record aux scrutins électoraux, notamment en France, creuse le déficit de confiance entre gouvernants et gouvernés. Rupture écologique, enfin : l’année 2021 a battu des records de chaleur.

Même si l’épidémie n’a pas encore attaqué les fondements des relations internationales, de nouveaux rapports de force et une nouvelle grammaire ont surgi, ouvrant la voie à un climat d’incertitude générale à travers huit défis (sanitaire, géopolitique, politique, économique, social, technologique, anthropologique, écologique) à relever pour les Etats et leurs populations. Ces défis, parce qu’ils s’interconnectent et agissent simultanément, compliquent davantage leur lisibilité.

« Le Bilan du monde », édition 2022, 220 pages, 14 euros.

Covid monde : omicron a fait 500 000 morts

Covid monde : omicron a fait 500 000 morts

Le  Covid  fait désormais autour de 6 millions de morts dont 500 000 imputables aux virus Omicron.
«Alors que tout le monde disait Omicron plus bénin, on est passé à côté du fait qu’un demi-million de personnes sont mortes depuis qu’il a été détecté», a déclaré le gestionnaire des incidents de l’OMS, Abdi Mahamud.
«À l’ère des vaccins efficaces, un demi-million de personnes qui meurent, c’est vraiment quelque chose (…) C’est plus que tragique», a-t-il ajouté, lors d’un échange organisé sur les réseaux sociaux par l’organisation.

Covid Monde : Environ 6 millions de morts , la France dans le peloton de tête

Covid Monde : Environ 6 millions de morts 

 

En valeur absolue, les pays les plus importants ont logiquement enregistré le plus de décès du fait de la pandémie. Rapporté au nombre d’habitants, le classement et différent. De ce point de vue la France se situe dans le plan de tête des mœurs avec 1900 décès par million d’habitants ( 130 000 en valeur absolue). En Europe qui a été durement touchée le Royaume-Uni se situe dans une position encore plus catastrophique avec 2300 décès par million d’habitants et 155 000 en valeur absolue. À noter qu’en Allemagne on constate 1402 morts par million d’habitants soit nettement moins qu’en France

Au plan mondial,  pandémie a fait officiellement plus de 5,64 millions de morts dans le monde depuis fin décembre 2019, sur plus de 368 millions de contaminations confirmées, selon un bilan établi par l’AFP samedi à 15H00 GMT.

Les États-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de décès (Environ 900 000), devant le Brésil (Environ 700 000) et l’Inde (Environ 500 000).

Des chiffres toutefois à relativiser compte tenu de l’état des systèmes sanitaires et des modes de recueil des statistiques

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime, en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée au Covid-19, que le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé que celui qui est officiellement établi.

Des chiffres toutefois à relativiser car les systèmes de santé et de statistiques diffèrent beaucoup sans parler des manipulations à caractère politique.

Covid monde: 5,64 millions de morts

Covid monde: 5,64 millions de morts

En valeur absolue, les pays les plus importants ont logiquement enregistré le plus de décès du fait de la pandémie. Rapporté au nombre d’habitants, le classement et différent. De ce point de vue la France se situe dans le plan de tête des mœurs avec 1900 décès par million d’habitants ( 130 000 en valeur absolue). En Europe qui a été durement touchée le Royaume-Uni se situe dans une position encore plus catastrophique avec 2300 décès par million d’habitants et 155 000 en valeur absolue. À noter qu’en Allemagne on constate 1402 morts par million d’habitants soit nettement moins qu’en France

Au plan mondial,  pandémie a fait officiellement plus de 5,64 millions de morts dans le monde depuis fin décembre 2019, sur plus de 368 millions de contaminations confirmées, selon un bilan établi par l’AFP samedi à 15H00 GMT.

Les États-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de décès (882.881), devant le Brésil (625.884) et l’Inde (493.198).

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime, en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée au Covid-19, que le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé que celui qui est officiellement établi.

Des chiffres toutefois à relativiser car les systèmes de santé et de statistiques diffèrent beaucoup sans parler des manipulations à caractère politique.

Les économistes sont dans un monde imaginaire

 Les économistes sont dans un monde  imaginaire 

 

L’économiste Gilles Rotillon s’étonne, dans une tribune au « Monde », du procès en surdité adressé par ses collègues aux politiques, qui ne suivraient pas leurs prescriptions théoriques.

Une réflexion rare qui contrarie un certain corporatisme et surtout met le doigt sur un aspect essentiel le décalage entre le monde des experts et les réalités socio- économiques de terrain. NDLR

Tribune. 

 

L’économie est aujourd’hui considérée d’abord comme un réseau de contraintes imposé à toutes les actions humaines, définissant le cadre où elles se déroulent. Le président des Etats-Unis Bill Clinton le résumait d’une formule lapidaire : « C’est l’économie, stupide ! », pour signifier à ses opposants qu’il ne fallait pas prendre ses désirs pour des réalités.

Par une formidable inversion, ce ne seraient donc plus les lois naturelles de la physique, de la chimie ou de la biologie qui borneraient la liberté des humains, mais celles de l’économie, qui, bien que n’étant que des constructions sociales évoluant historiquement, sont pour ainsi dire « naturalisées ».

La reconnaissance de ce rôle essentiel que joueraient les « lois de l’économie » conduit logiquement à se tourner vers les économistes qui ont fait profession de les étudier et de les comprendre. De fait, il existe dans tous les grands pays développés des « conseils économiques » censés aider les politiques à définir des politiques publiques « réalistes », c’est-à-dire prenant en compte ces fameuses « lois ».

Pourtant, certains économistes regrettent de ne pas être écoutés par les politiques et cherchent à comprendre les raisons d’une telle surdité. Parmi celles qui sont couramment avancées, on trouve la manière de raisonner des uns et des autres. A la rigueur formelle, basée sur l’abstraction et les données statistiques des économistes, s’opposerait le discours politique qui joue avec les faits (manière euphémisée de parler de mensonge), pour emporter l’adhésion d’une clientèle électorale.

Une autre explication, plus fondamentale et souvent répétée, serait l’adoption d’horizons de réflexion différents. Le long terme pour les économistes, qui est le temps logique pour l’aboutissement des ajustements de marchés après un choc politique initial, et le court terme politique des échéances électorales, qui empêche de prendre en compte les défis majeurs de l’avenir identifiés par les économistes (comme ils avaient si bien su le faire avant la crise de 2008…).

Une dernière explication serait le déficit de culture économique, dont par définition ne souffrent pas les économistes, ou encore la déréglementation du marché de l’information, qui met sur le même plan les idées qui relèvent du consensus scientifique et les élucubrations farfelues.

Pour bien faire comprendre à quel point la culture économique est nécessaire, on prend souvent l’exemple du chômage. Ceux qui n’ont jamais fait d’économie auraient une vision statique du monde qui leur ferait croire que l’emploi est un gâteau de taille fixe, ce qui justifierait la réduction du temps de travail pour réduire le chômage. A l’opposé, les économistes sûrs de leur savoir expliquent que nous sommes dans un système dynamique, les innovations engendrant de la croissance et donc de nouveaux emplois.

 

Covid Monde contaminations : la France en tête

Covid Monde contaminations : la France en  tête 

  • Proportionnellement à la population, la France est toujours en tête des contaminations y comprises hier 15 janvier 2022 avec au moins +324.580 ces dernières 24h. On recense ce samedi 15 janvier 2022, +148 morts en 24h soit 126.869 au total.
  • Aux États-Unisle nombre de nouveaux cas s’élève aujourd’hui à +874.087 contaminations recensées ces dernières 24h. Ce vendredi 14 janvier 2022, le pays compte 63.101.537 cas. Le nombre de décès ce jour est de +2.736 morts en 24h, soit 811.058 décès au total. 526.898.876 doses de vaccin contre la covid-19 ont été administrées.
  • Au Canada, on dénombre +31.367 nouveaux cas en 24h sur 2.688.751 au total et 31.190 décès, dont +108 depuis hier. 73.461.078 doses de vaccin ont été administrées.
  • Le Japon recense +25.630 nouveaux cas de contamination en 24h. On dénombre 1.835.188 cas recensés au total et 18.423 (+6 en 24h) décès ce samedi 15 janvier 2022. 201.786.647 doses de vaccin ont été administrées.
  • Le Japon recense +25.630 nouveaux cas de contamination en 24h. On dénombre 1.835.188 cas recensés au total et 18.423 (+6 en 24h) décès ce samedi 15 janvier 2022. 201.786.647 doses de vaccin ont été administrées. 
  •  En Afrique du Sud, on compte 3.546.808 (+5.917) cas recensés ce mercredi 12 janvier 2022 et 92.989 (+159) morts.28.573.201 doses de vaccin ont été administrées.
  •  Au Brésil, le nombre de nouvelles contaminations s’élève à +86.631 en 24h. Le pays enregistre ce mercredi 12 janvier 2022, +133 morts en 24h et déclare 22.716.091 cas recensés au total et 620.371 décès. 302.463.848 doses de vaccin contre la covid-19 ont été administrées.
  • En Inde, on recense, ce mercredi 12 janvier 2022, 36.582.129 cas confirmés (+264.202 en 24h) et 485.350 morts, dont +315 en 24h. 1.556.478.542 doses de vaccin ont été administrées.
  • La Russie fait état de +23.820 nouveaux cas ce jeudi 13 janvier 2022. Les autorités rapportent 10.747.125 cas détectés pour 319.911 (+739) morts. 149.640.850 doses de vaccin ont été administrées.

Covid Monde: la France dans le peloton de tête des contaminations

Covid Monde: la France dans le peloton de tête des contaminations

  • Proportionnellement à la population, la France est toujours en tête des contaminations y comprises hier 15 janvier 2022 avec au moins +324.580 ces dernières 24h. On recense ce samedi 15 janvier 2022, +148 morts en 24h soit 126.869 au total.
  • Aux États-Unisle nombre de nouveaux cas s’élève aujourd’hui à +874.087 contaminations recensées ces dernières 24h. Ce vendredi 14 janvier 2022, le pays compte 63.101.537 cas. Le nombre de décès ce jour est de +2.736 morts en 24h, soit 811.058 décès au total. 526.898.876 doses de vaccin contre la covid-19 ont été administrées.
  • Au Canada, on dénombre +31.367 nouveaux cas en 24h sur 2.688.751 au total et 31.190 décès, dont +108 depuis hier. 73.461.078 doses de vaccin ont été administrées.
  • Le Japon recense +25.630 nouveaux cas de contamination en 24h. On dénombre 1.835.188 cas recensés au total et 18.423 (+6 en 24h) décès ce samedi 15 janvier 2022. 201.786.647 doses de vaccin ont été administrées.
  • Le Japon recense +25.630 nouveaux cas de contamination en 24h. On dénombre 1.835.188 cas recensés au total et 18.423 (+6 en 24h) décès ce samedi 15 janvier 2022. 201.786.647 doses de vaccin ont été administrées. 
  •  En Afrique du Sud, on compte 3.546.808 (+5.917) cas recensés ce mercredi 12 janvier 2022 et 92.989 (+159) morts.28.573.201 doses de vaccin ont été administrées.
  •  Au Brésil, le nombre de nouvelles contaminations s’élève à +86.631 en 24h. Le pays enregistre ce mercredi 12 janvier 2022, +133 morts en 24h et déclare 22.716.091 cas recensés au total et 620.371 décès. 302.463.848 doses de vaccin contre la covid-19 ont été administrées.
  • En Inde, on recense, ce mercredi 12 janvier 2022, 36.582.129 cas confirmés (+264.202 en 24h) et 485.350 morts, dont +315 en 24h. 1.556.478.542 doses de vaccin ont été administrées.
  • La Russie fait état de +23.820 nouveaux cas ce jeudi 13 janvier 2022. Les autorités rapportent 10.747.125 cas détectés pour 319.911 (+739) morts. 149.640.850 doses de vaccin ont été administrées.

Covid Monde: La France dans le peloton de tête

Covid Monde: La France dans le peloton de tête

 

Les Etats-Unis restent, de loin, le pays ayant enregistré le plus grand nombre de nouvelles contaminations en valeur absolue cette semaine (796.500 cas quotidiens, +34%), devant la France (293.900, +43%) et l’Inde (172.700, +321%).

La  pandémie de Covid-19 a poursuivi cette semaine sa flambée partout dans le monde, sauf en Afrique, première région à voir ses contaminations décroître après la vague Omicron. Avec un nouveau record de 2,78 millions de contaminations enregistrées chaque jour dans le monde, l’indicateur bondit de nouveau cette semaine (+44% par rapport à la semaine précédente), selon un bilan de l’AFP arrêté à jeudi. Le variant est désormais présent dans la plupart des pays. Les contaminations flambent dans presque toutes les régions : en Asie (+210%), au Moyen-Orient (+142%), dans la zone Amérique latine/Caraïbes (+126%), en Océanie (+59%), dans la zone Etats-Unis/Canada (+31%) et en Europe (+25%).

Seule l’Afrique, où le variant Omicron a frappé en premier, voit sa situation s’améliorer (-11%). Les Philippines (+327% par rapport à la semaine précédente, 29.100 nouveaux cas quotidiens) sont le pays ayant enregistré la plus grosse accélération de la semaine. Suivent l’Inde (+321%, 172.700), le Kosovo (+312%, 300), le Brésil (+290%, 61.100) et le Pérou (284%, 20.600).

En proportion de la population, le pays ayant recensé le plus de nouveaux cas cette semaine est l’Irlande (3.087 pour 100.000 habitants), devant la France (3.047), Chypre (2.993), le Danemark et le Montenegro (2.490 chacun).

Au plan mondial, le nombre de décès quotidiens est reparti cette semaine en nette hausse (+12%), à 6.911 morts par jour, après des semaines de baisse.

Les Etats-Unis recensent en valeur absolue le plus grand nombre de décès quotidiens, 1.792 par jour cette semaine, devant la Russie (765) et la Pologne (301).

En proportion de la population, les pays ayant enregistré le plus de décès au cours de la semaine écoulée restent Trinité-et-Tobago (10,1 morts pour 100.000 habitants), devant la Bulgarie (7,7), la Géorgie (6,9), la Croatie (5,9) et la Pologne (5,6).

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