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Fatwa Salman Rushdie: Un appel à tous les fous du monde

Fatwa Salman Rushdie: Un appel contre la pensée  à tous les fous du monde

 

Dans une tribune au « Monde », Taslima Nasreen, la romancière bangladaise, elle-même sous le coup d’au moins dix fatwas, dénonce tous les obscurantismes religieux. Selon elle, pour mettre fin au terrorisme, l’islam doit se réformer et croire en la liberté de pensée.

 

Lorsque j’étais encore au Bangladesh, pays majoritairement musulman, une poignée d’écrivains, dont je faisais partie, se sont élevés contre la fatwa émise à l’encontre de Salman Rushdie. C’était en 1989. A l’époque, il n’était pas facile de soutenir l’auteur des Versets sataniques, d’autant que, dans la plupart des pays musulmans, les gens descendaient par milliers dans les rues défendre la fatwa. Seuls quelques-uns d’entre nous bravaient le danger. De toute façon, pour se battre pour la liberté d’expression, il faut presque faire le sacrifice de sa sécurité.

Puis, en 1993, ma propre tête a été mise à prix car j’avais critiqué l’islam et défendu l’égalité des femmes et des hommes. Le montant de la récompense augmentait de jour en jour.

Les fatwas sont véritablement contagieuses ! Quand un groupe radical en prononce une, un autre groupe radical lui emboîte aussitôt le pas. Au Bangladesh et en Inde, au total, au moins dix fatwas ont été émises à ce jour contre moi. Bien que celles-ci soient interdites par la loi de ces deux pays, les fondamentalistes qui les lancent comptent un si grand nombre de partisans que les volontaires pour les exécuter ne manquent jamais. Ils se contrefichent des lois des pays : ils ne suivent que la loi d’Allah. Quiconque critique l’islam doit d’abord avoir le bras droit et la jambe gauche coupés par-derrière, puis le bras gauche et la jambe droite. Même si l’on opère autrement, les critiques de l’islam se font, de nos jours, tuer de diverses manières. Ils se font sauvagement assassiner depuis le XIIe siècle. Jusqu’à aujourd’hui.

Les soldats de Mahomet exécutent les ordres d’Allah, Allah qui est connu comme étant le tout-puissant, l’omniscient, le plus bienfaisant, le plus clément et le plus miséricordieux ! Et ils continueront de le faire tant que l’islam ne sera pas réformé, que la liberté d’expression ne sera pas permise, que la violence ne sera pas dénoncée, que le terreau de l’extrémisme ne sera pas détruit.

Le monde russe de Poutine est une caricature

Le monde russe de Poutine est une caricature

 

Pour le président de la Russie, ce que les peuples de l’ex-URSS (sans les pays baltes) ont de russe suffit pour les unir. Mais l’empire était multiethnique, et son patrimoine est le produit de la diversité, affirme l’universitaire Serge Rolet, dans une tribune au « Monde ».

 

On comprend bien pourquoi les Ukrainiens n’ont aucune envie de faire partie du monde russe (« rousski mir ») que cherche à leur imposer Vladimir Poutine. La réalisation de ce fantasme nationaliste grand-russe ferait de l’Ukraine une humiliante arrière-cour de la Russie. Pour Poutine, les peuples qui composent le monde russe (c’est-à-dire ceux de l’ex-URSS, sans les pays baltes) n’ont en commun que ce qu’ils ont de russe. Or ce qui est russe est souvent constitué d’apports non russes.

L’histoire, le patrimoine matériel et immatériel de la Russie sont le produit de la diversité. Le centre est autant fait par la périphérie que la périphérie l’est par le centre. L’empire russe était multiethnique. Une partie importante de la noblesse russe descend des Tatars. Dostoïevski passe pour avoir dit : « Nous [les écrivains russes de son temps] sommes tous sortis du Manteau de Gogol. » Gogol (1809-1852) était ukrainien et il écrivait en russe ; ses œuvres sont saturées d’histoires, de folklore, de paysages ukrainiens.

Dans le cas de l’Ukraine, Poutine va plus loin. Son message aux Ukrainiens est à peu près le suivant : « Soit vous êtes une partie de nous, soit vous n’êtes rien. Votre volonté d’être autre chose que des Petits-Russes est le signe que vous êtes dirigés par des nazis dépravés et drogués, c’est pourquoi nous avons le devoir sacré de les détruire, et vous avec, si besoin. » Dans ce contexte, l’idée qu’il existe un monde russe, même différent de celui promu par la propagande de Moscou, semble impensable, voire suspecte de complaisance envers Poutine.

Simplement, de même que ce que Zemmour appelle « la France » n’est pas la France de la République, le « rousski mir » de Poutine n’est qu’une inquiétante caricature. Prendre l’expression « monde russe » au sens de Poutine, c’est lui céder le champ du vocabulaire. Il ne faut pas laisser le monde russe à Poutine.

En fait, c’est Poutine qui est en train d’anéantir le monde russe, le vrai, celui qui a une existence historique, une consistance sociale et culturelle. Ce monde s’appuie sur ce qui reste de commun, après la russification impériale, la colonisation, les soviets.

Le monde russe est d’abord celui dont le russe continue d’être la lingua franca (la langue commune). Trente ans après la chute de l’URSS, les hommes d’affaires arméniens ou ouzbeks parlent le russe aussi bien qu’avant, parce que leurs partenaires sont le plus souvent russophones, qu’eux-mêmes ont appris le russe à l’école et que, en contrepoint de leur langue maternelle, le russe est présent partout dans leur quotidien. Le russe permet d’articuler le local au global.

Covid Monde 31 juillet 2022

Covid Monde 31 juillet 2022

 

  • En France,  +45.515 ces dernières 24h. On recense ce vendredi 29 juillet 2022, +89 morts en 24h soit 151.983 au total. Le nombre total de décès en EHPAD et EMS fait état de 29.015 (+7) décès au total. Le nombre total de décès en milieu hospitalier est lui de 122.968 (+82 en 24h). 53.619.437 personnes sont totalement vaccinées contre la covid-19 en France.
  • L’Espagne recense aux dernières remontées, 13.203.228 (0) cas au total. Le pays dénombre, le jeudi 28 juillet 2022, 110.394 morts au total soit 0 depuis le dernier bilan. 95.491.074 doses de vaccin ont été administrées.
  • Aux États-Unis, le nombre de nouveaux cas s’élève aujourd’hui à +252.476 contaminations recensées ces dernières 24h. Ce vendredi 29 juillet 2022, le pays compte 88.418.014 cas. Le nombre de décès ce jour est de +542 morts en 24h, soit 984.139 décès au total. 603.693.871 doses de vaccin contre la covid-19 ont été administrées.
  • Le Japon recense +221.409 nouveaux cas de contamination en 24h. On dénombre 12.088.830 cas recensés au total et 32.408 (+130 en 24h) décès ce vendredi 29 juillet 2022. 295.544.556 doses de vaccin ont été administrées.
  • Le Portugal enregistre +11 morts en 24h ce mercredi 27 juillet 2022 portant le total à 24.589 morts depuis le début de la pandémie et +3.465 nouveaux cas en 24h soit un total de 5.335.825 cas confirmés. 24.793.071 doses de vaccin ont été administrées.
  • La Tunisie enregistre ce mercredi 27 juillet 2022 0 nouveaux cas de contamination soit  1.128.693 cas confirmés au total. Le pays comptabilise 29.041 décès au total dont 0 depuis le dernier bilan. En date du lundi 18 juillet 2022, 6.377.749 personnes sont totalement vaccinées.
  • En Afrique du Sud, on compte 4.004.201 (+318) cas recensés ce mercredi 27 juillet 2022 et 101.977 (+10) morts.37.179.144 doses de vaccin ont été administrées.
  • La Chine fait état de +22.464 nouvelles contaminations par le Covid-19 en 24h. Le pays dénombre 5.151.761 au total et 23.623 (+65) morts ce samedi 30 juillet 2022. 3.421.121.000 doses de vaccin ont été administrées.
  • Au Brésil, le nombre de nouvelles contaminations s’élève à +22.889 en 24h. Le pays enregistre ce samedi 30 juillet 2022, +173 morts en 24h et déclare 33.813.587 cas recensés au total et 678.486 décès. 345.088.859 doses de vaccin contre la covid-19 ont été administrées.
  • En Inde, on recense, ce mercredi 27 juillet 2022, 43.979.730 cas confirmés (+20.409 en 24h) et 526.258 morts, dont +46 en 24h. 2.036.654.672 doses de vaccin ont été administrées.
  • En Italie, on note +50.297 nouveaux cas ces dernières 24h. On compte +121 décès en 24h ce samedi 30 juillet 2022. Le nombre de décès est désormais de 172.003 au total depuis le début de l’épidémie. Le nombre total de cas recensés est de 21.002.773. 139.568.372 doses de vaccin ont été administrées.

Santé : pour une formation plus adaptée au monde contemporain

Santé : pour une formation plus adaptée au monde contemporain

 

La formation privilégie une approche individualiste alors qu’une prise en charge réussie des patients nécessite aujourd’hui de savoir identifier ses faiblesses et de miser sur le groupe, regrettent dans une tribune au « Monde » des médecins de l’association Facteurs humains en santé.(dans le Monde)

 

tribune 

 

En avril 2022, des étudiants d’AgroParisTech proclament lors de la remise des diplômes : « Nous sommes plusieurs à ne pas vouloir faire mine d’être fiers et méritants d’obtenir ce diplôme à l’issue d’une formation qui pousse globalement à participer aux ravages sociaux et écologiques en cours. »

Début juin, ils sont suivis par une étudiante de HEC qui déclare ressentir un « profond malaise » en comprenant que les métiers auxquels mènent ces études sont « la principale cause » de l’effondrement environnemental. Puis c’est au tour d’étudiants de Sciences Po, de l’Ecole normale supérieure de Paris ou de l’École Polytechnique de prendre la parole.

 

Tous regrettent que leurs études ne soient pas plus adaptées au monde actuel, anticipant le monde de demain. Tous regrettent d’être promis à un métier qui ne correspond pas au sens qu’ils veulent donner à leur vie. Ces prises de parole publiques reflètent un tournant auquel l’ensemble du corps enseignant se doit de réfléchir.

Si ce mouvement s’amorce au sein de ces grandes écoles, on peut s’interroger sur son probable développement en médecine. Aujourd’hui, les étudiants en médecine peinent à se mobiliser, alors qu’ils ont de nombreuses raisons de le faire. Ils évoluent au sein d’un système de santé à bout de souffle. Leur formation est longue et éreintante, et leur souffrance est de plus en plus visible.

Selon l’intersyndicale des internes, on compte dans cette catégorie d’étudiants un suicide tous les 18 jours. Certaines universités introduisent de nouvelles disciplines comme l’informatique, l’éthique ou la philosophie. La simulation en santé connaît un fort développement. Mais les apprentissages proposés durant le cursus initial restent globalement peu diversifiés tant sur le fond que sur la forme.

L’étude du fonctionnement organisationnel et humain nous apprend pourtant à identifier la normalisation de la déviance. Ce phénomène intervient quand les acteurs d’une organisation, tellement habitués à des comportements déviants, ne les considèrent plus comme tels. Triste justification de cette normalisation, il est fréquent de s’entendre dire : « On a toujours fait comme ça. » Il faut pourtant changer de cap.

Si un fonctionnement dégradé provoque une diminution de la qualité du soin, on occulte aussi souvent l’impact qu’il peut avoir chez les soignants et les étudiants en santé. En effet, ils expriment une perte de sens et se trouvent en décalage avec l’image qu’ils avaient de leur métier. Cette distorsion est une source de souffrance.

La gauche pas très représentative du monde populaire

 La gauche pas très représentative du monde populaire

 

La Nupes se veut une « union populaire écologique et sociale » mais c’est sur l’écologie et le social qu’elle est incomprise, voire défaite, dans une partie de la France populaire analyse, dans une tribune au « Monde », Catherine Tricot, directrice de la revue Regards, appelant la gauche à répondre au défi.

 

Passé le premier soulagement d’être toujours là, vivante et même renforcée à l’Assemblée nationale, la gauche est groggy par l’exceptionnelle progression du Rassemblement national (RN) : 89 députés élus au scrutin majoritaire un peu partout en France, sauf dans les très grandes villes et leurs banlieues.

La gauche voit les lieux historiques de son implantation disputés. Le Nord, l’Est, mais aussi la Picardie, la Normandie et désormais le Midi rouge, le Centre, qui fut terre de résistance. Même Carmaux ! Le front républicain marquait un principe. Il fut efficace. Il ne pouvait pas se suffire longtemps à lui-même.

 Le front républicain s’est affaissé faute d’avoir été relayé par une alternative comprise comme telle par ces Français qui désormais ne votent pas RN seulement parce que « tout a été essayé, sauf ça ». Le vote Le Pen n’est pas non plus amnésique. On ne vote pas extrême droite sans connaitre l’histoire de ce parti et son fondement xénophobe.

 

Il faut regarder une réalité en face : Marine Le Pen et, après elle, les candidats du RN, emportent l’adhésion d’une part parfois majoritaire du peuple. La Nupes se veut une « union populaire écologique et sociale ». Mais c’est sur l’écologie et le social qu’elle est incomprise, voire défaite, dans une partie de la France populaire.

Sur le social, le discours du RN est une charge contre « l’assistanat », englobant les plus pauvres et les migrants. C’est un exutoire, une explication et une solution pour ce monde qui travaille et ne s’en sort pas. La multiplication des aides conditionnées fait enrager ces ménages qui gagnent un peu plus de deux fois le smic.

Pas d’aide personnalisée au logement (APL), pas de bourse pour les enfants, pas d’accès au logement social… Même les aides à l’isolation thermique sont drastiquement soumises à conditions de revenus. Face à la crainte du « ras le bol fiscal » des plus riches, on a conditionné les droits sociaux et affaibli les services publics. Bilan : une France en rupture politique.

 Sur l’écologie, le discours du RN fait un virage. Il ne nie plus le réchauffement climatique et fait du « grand déménagement des usines » le centre de son analyse et, partant, de ses réponses. Il se moque de ceux qui portent une alternative au règne de la marchandise et de la surconsommation.

Le RN se fait le défenseur de ceux qui ont besoin de leur voiture, se saignent pour acheter leur pavillon, se détendent autour d’un barbecue et rêvent d’un jacuzzi. Pour eux, l’écologie est synonyme d’éoliennes, de cuve à mazout à changer à grands frais, de voiture condamnée alors qu’elle roule encore. L’incompréhension est totale.

L’Europe favorise la vente de pesticides interdits au reste du monde !

L’Europe favorise la vente de pesticides interdits au reste du monde

 

Bien que se présentant comme une entité soucieuse de la préservation de l’environnement, l’Union Européenne continue de fabriquer pour le reste du monde ces produits qu’elle interdit sur son territoire, dénonce dans une tribune au « Monde » un collectif de représentants d’ONG et de scientifiques.

 

 

 

Les inquiétudes des citoyens sur l’agrochimie grandissent à mesure que les impacts sur la santé et l’environnement sont mieux connus. En Europe, ces craintes, légitimes, ont permis la mise en place de garde-fous, même s’ils restent bien insuffisants. L’Union européenne (UE) a notamment interdit l’usage des pesticides les plus dangereux sur son sol, depuis le début des années 2000.

Mais sur son sol uniquement, en tournant le dos au reste du monde et en fermant les yeux devant la production de ces produits sur son territoire. Ces pesticides sont d’une telle toxicité qu’ils sont très « efficaces » pour détruire les organismes vivants, nuisibles aux récoltes. Mais s’ils ont été retirés du marché européen, c’est bien parce que les dangers et les risques posés par ces substances étaient trop élevés.

L’atrazine, par exemple, a été interdite en Europe en 2004, pour être un perturbateur endocrinien et être très persistante dans l’eau. Dix-huit ans après, l’atrazine est toujours détectée dans notre eau potable et cet herbicide est encore massivement produit en Europe et vendu dans le monde entier.

Selon une enquête menée par l’ONG suisse Public Eye, en 2018, les géants de l’agrochimie ont vendu dans le monde plus de 80 000 tonnes de pesticides interdits en Europe. Et 90 % de ces produits viennent d’usines installées sur le Vieux Continent : Royaume-Uni, Italie, Pays-Bas, Allemagne, France, Belgique ou encore Espagne.

Ethiquement, la posture de l’UE est intenable. D’autant que, sur la scène internationale, l’Europe se présente comme une entité soucieuse de la préservation de l’environnement. Pourtant, elle ne fait rien pour contraindre son industrie à cesser de produire une chimie obsolète et des plus toxiques. Comme ne cesse de le rappeler les ONG, ce marché des pesticides dangereux est hautement rentable pour les firmes chimiques, qui continuent de vendre des produits mis sur le marché il y a plusieurs décennies : le paraquat comme l’Atrazine ont été créés dans les années 1960.

Au Brésil, un des géants de l’agriculture, ces produits provoquent un désastre écologique et social qui devrait nous inquiéter. Car ils sont toujours épandus par avion et avec un minimum de protection. Le gouvernement de Jair Bolsonaro a encore ouvert les vannes et a mis sur le marché brésilien 1 682 nouveaux pesticides.

« Nouveaux » dans ce cas, ne voulant pas dire modernes et moins toxiques, car, à ce jour, le Brésil utilise « au moins 756 pesticides, issus de 120 principes actifs/molécules, tous interdits dans l’UE dans les années 2000 et toujours produits par les firmes européennes », rappelle la chimiste Sonia Hess, attachée à l’université de Santa Catarina. Dans les régions agricoles du Brésil, les scientifiques se battent parfois au péril de leur vie pour montrer les effets sur la santé et l’environnement.

600 milliards de dollars pour les infrastructures dans le monde ?

600 milliards de dollars pour les infrastructures dans le monde ?

Des États-Unis pour aider les pays en développement et contrer dans ce domaine la stratégie chinoise

 

Le G7 «s’est donné pour ambition de faire au monde une meilleure offre en matière d’investissement dans les infrastructures», a souligné le chancelier allemand Olaf Scholz, présentant le projet aux côtés du président américain. Les États-Unis, à eux seuls, promettent de «mobiliser» quelque «200 milliards de dollars» sur cinq ans pour ce programme.

Les Occidentaux souhaitent se démarquer de la Chine, qui a investi massivement dans nombre de pays en développement, pour construire des infrastructures au travers du programme dit des «Nouvelles routes de la soie», ou pour s’assurer à un accès à certaines matières premières. Pékin est  accusé de mener ses projets au travers de prêts peu avantageux, voire franchement périlleux, qui aggravent les problèmes d’endettement de pays déjà vulnérables et-ou pillent les ressources locales.

 

L’offensive chinoise «existe depuis des années et s’est traduite par de nombreux versements en liquide et de nombreux investissements», selon les déclarations d’un haut responsable de la Maison Blanche, «mais ce n’est vraiment pas trop tard», à propos de l’initiative du G7. «Beaucoup de pays qui ont reçu des fonds ou des investissements du programme BRI (acronyme de la dénomination en anglais Belt and Road Initiative) réalisent désormais, des années plus tard, qu’ils sont plus endettés, que leur PIB n’a pas progressé de manière significative, que les soi-disant investissements n’ont pas atteint leurs populations»..

Covid Monde -14 juin 2022

 

  • En France, le dernier bilan fourni par les autorités sanitaires concernant la pandémie de covid-19 fait état d’au moins 732.043 cas de contaminations au total dont au moins 0 ces dernières 24h. On recense ce vendredi 10 juin 2022, +39 morts en 24h soit 148.749 au total. Le nombre total de décès en EHPAD et EMS fait état de 28.881 (+1) décès au total. Le nombre total de décès en milieu hospitalier est lui de 119.868 (+38 en 24h). 53.517.719 personnes sont totalement vaccinées contre la covid-19 en France.
  • L’Espagne recense aux dernières remontées, 12.478.994 (0) cas au total. Le pays dénombre, le dimanche 12 juin 2022, 107.108 morts au total soit 0 depuis le dernier bilan. 94.901.362 doses de vaccin ont été administrées.
  • Au Canada, on dénombre 0 nouveaux cas en 24h sur 3.889.420 au total et 41.348 décès, dont 0 depuis hier. 85.854.960 doses de vaccin ont été administrées.
  • Aux États-Unis, le nombre de nouveaux cas s’élève aujourd’hui à +22.949 contaminations recensées ces dernières 24h. Ce dimanche 12 juin 2022, le pays compte 82.854.705 cas. Le nombre de décès ce jour est de +18 morts en 24h, soit 966.044 décès au total. 591.103.144 doses de vaccin contre la covid-19 ont été administrées.
  • Le Japon recense +13.382 nouveaux cas de contamination en 24h. On dénombre 8.695.460 cas recensés au total et 30.883 (+12 en 24h) décès ce dimanche 12 juin 2022. 282.490.379 doses de vaccin ont été administrées.
  • Le Portugal enregistre 0 morts en 24h ce samedi 11 juin 2022 portant le total à 23.531 morts depuis le début de la pandémie et 0 nouveaux cas en 24h soit un total de 4.917.127 cas confirmés. 24.104.902 doses de vaccin ont été administrées.
  • Au Royaume-Uni, on compte 0 nouveaux cas en 24h, soit 22.363.071 cas au total depuis le début de l’épidémie. Le pays enregistre, ce samedi 11 juin 2022, 0 morts en 24h soit 179.083 morts au total. 103.531.057 doses de vaccin ont été administrées.
  • L’Algérie compte 265.925 cas au total dont 0 ces dernières 24h et recense 6.875 (0) décès depuis le début de la pandémie.
  • En Afrique du Sud, on compte 3.977.628 (0) cas recensés ce samedi 11 juin 2022 et 101.477 (0) morts.36.446.543 doses de vaccin ont été administrées.
  • La Chine fait état de +45.330 nouvelles contaminations par le Covid-19 en 24h. Le pays dénombre 3.495.856 au total et 18.896 (+109) morts ce lundi 13 juin 2022. 3.388.904.000 doses de vaccin ont été administrées.

Elections législatives : Une caricature de la démocratie de l’ancien monde

Elections législatives : Une caricature de la démocratie de l’ancien monde 

 

Les responsables de l’association Tous élus, dont les coprésidents Julien Loyer et Tatiana Mariotto protestent, dans une tribune au « Monde », contre la manière dont, soit des candidats hors-sol, soit des personnalités déjà élues ont été désignés pour représenter la Nouvelle Union populaire, écologique et sociale.

 

Nous sommes en 2022, et un accord qualifié d’historique réjouit tous les partisans et militants de la gauche et de l’écologie. Tous ? Non ! Les organisations qui, depuis quelques années, tentent d’insuffler un renouveau dans les institutions ne s’y reconnaissent pas.

Nous désapprouvons les conséquences de cet accord pour les candidatures issues de la société civile. Notre démocratie, qui est aujourd’hui malade, a besoin d’être réoxygénée. Cela commence par un profond besoin de renouvellement.

Ce sont des techniques de l’ancien monde qui viennent de se jouer sous nos yeux. Que l’on se félicite chez les partisans de la gauche et de l’écologie d’avoir réussi à rassembler, sous la même bannière, des opinions que tout semblait séparer il y a quelques mois, nous le comprenons.

Ce que nous dénonçons, ce sont les négociations qui mènent à envoyer des candidatures hors-sol de personnalités souvent déjà élues, parce qu’il est plus stratégique de présenter une étiquette Parti socialiste (PS) qu’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ou parce que l’on a des relations dans le parti. Ces accords ont parfois été conclus au mépris d’une candidature citoyenne, portant les mêmes valeurs, qu’on a alors écartée. Ce n’est pas ce que nous attendons d’un renouvellement véritable.

Nous ne pouvons pas attendre demain pour commencer ce renouvellement profond au sein de nos institutions politiques, aujourd’hui décriées, boudées, et dont les représentants, pour beaucoup, ont perdu la confiance de leurs administrés. Cela tombe bien, des citoyens se tiennent prêts à agir. Ils y pensent et sont parfois engagés sur le terrain depuis des années, et prolongent leur engagement militant par un engagement politique. Ils se sont formés rigoureusement, pendant des semaines, et font campagne avec leurs petits moyens, ou cherchent une investiture depuis plusieurs mois.

L’égalité des chances, que vous prônez, s’arrête-t-elle donc aux portes de l’Assemblée nationale ? La promotion et la représentation des femmes, de la jeunesse et de toutes les classes populaires n’ont-elles de sens que portées par des hommes (surtout) et des femmes expérimentées ? …

Combien de victimes Covid dans le Monde ?

Combien de victimes Covid dans le Monde ?

 

 

Le JDD ente d’évaluer le nombre de victimes de la crise sanitaire. En réalité on ne connaîtra jamais le nombre précis en raison de problèmes méthodologiques mais aussi de la censure politique sur un élément central de la vie sociétale

 

 

Alors que la France, l’Italie et l’Espagne subissaient une déferlante épidémique, nos voisins allemands semblaient avoir trouvé la formule miracle pour résister au Covid-19 . On admirait leur volume de tests, on louait les vertus organisationnelles de leur système décentralisé et on s’ébahissait de leur nombre de lits de réanimation. En miroir, le système sanitaire français paraissait totalement archaïque.

Et puis, progressivement, on va découvrir l’imposture de toutes ces conclusions : les Allemands testent finalement beaucoup moins que les Français, la cohabitation entre la chancellerie et les Länder paralyse toute décision et les lits de réa manquent singulièrement de bras. Au bilan, les vagues suivantes en Allemagne seront aussi fulgurantes, sinon plus, qu’en France. Durant cette crise sanitaire, se comparer aux autres pays aura été un sport national, mais sûrement pas une science exacte.

 

Si le « modèle allemand » n’en était pas un, se pourrait-il que la France apparaisse finalement comme un modèle de gestion de la pandémie ? C’est l’étonnante conclusion d’une étude de l’OMS sur l’excès de mortalité associé au Covid-19, destinée à trancher une bonne fois pour toutes le bilan humain de la pandémie, pays par pays. La France apparaît parmi les meilleurs pays européens, avec un bilan de 125 décès pour 100 000 habitants pour les années 2020 et 2021, contre 266 pour l’Italie, 222 pour l’Espagne… ou 233 pour l’Allemagne. Autrement dit, la France aurait eu deux fois moins de morts Covid que ses voisins proches. Encore plus surprenant, deux pays honnis des défenseurs de la rigueur sanitaire obtiennent un bilan plus favorable que l’Allemagne : le Royaume-Uni (219 décès pour 100 000 habitants) et la Suède (111 décès). Comme s’il fallait jeter au rebut l’héritage d’Angela Merkel et réhabiliter en urgence Boris Johnson.

Si le rapport est passé presque inaperçu en France, ces résultats ont été abondamment repris en Angleterre – pour des raisons éminemment politiques. « Nous savons désormais que nos ministres se sont bien débrouillés contre Covid, mais je n’entends aucune excuse »,rage un chroniqueur du Times , trop content de pouvoir taper sur cette « gauche » qui vilipendait le gouvernement Johnson pour sa politique sanitaire parfois taxée d’ « eugéniste ». Les résultats flatteurs de la Suède n’ont pas échappé à l’opportuniste Florian Philippot, jamais avare d’une critique sur les mesures sanitaires : « La Suède a eu 100% raison ! Après 2 ans de covid ‘l’un des taux de mortalité les plus bas d’Europe’ ! Sans jamais confiner, fermer, sans masque, sans pass. Ceux qui n’ont pas suivi la Suède devront rendre des comptes ! ».

 

Pour appréhender cette étude de l’OMS – et ses limites – il faut bien comprendre ce qu’elle mesure. Il existe deux manières de comptabiliser les décès liés à la pandémie : la mortalité « attribuable » au Covid-19 et l’excès de mortalité. Les décès « attribuables » sont les chiffres les plus communs, ceux qui sont publiés chaque soir par Santé Publique France et repris ensuite dans les médias. Problème : cet indicateur ne permet pas une judicieuse comparaison internationale car il est largement dépendant de la politique de dépistage des différents pays. Plus un pays teste ses habitants, plus il y a de chance que les décès Covid soient reconnus comme tels. En revanche, les pays qui testent peu, tels l’Inde ou le Brésil, vont fortement sous-évaluer leur mortalité Covid : de nombreuses personnes décèdent sans avoir été testé positif au SARS-CoV-2 et ne sont donc pas intégrés dans les statistiques nationales.

Pour contrer ce problème, les chercheurs préfèrent l’excès de mortalité utiliser pour les comparaisons internationales. Il s’agit de comparer le nombre de décès, toutes causes confondues, sur 2020 ou 2021 au nombre de décès attendus sur cette même année en suivant la tendance des années pré-pandémie. L’idée est que ce différentiel correspond au bilan de la crise sanitaire, que ce soit des décès directement liés au Covid-19 ou des pertes de chances pour d’autres patients liées à la surcharge hospitalière.

C’est à travers ce mode de calcul que l’OMS estime que la pandémie a causé en 2020 et 2021 près de 15 millions de décès dans le monde. Soit beaucoup plus que l’addition des chiffres officiels qui place la barre à 5,4 millions. Pour certains pays, la différence entre décès officiels et excès de mortalité est saisissante : l’Inde a ainsi déclaré 480 000 morts alors que l’OMS estime que 4,7 millions de personnes seraient décédés du Covid-19 dans le pays, soit près de dix fois plus. Sur l’ensemble du continent africain, l’OMS estime le nombre de décès à 1,24 million, soit cinq fois et demi plus que le bilan officiel qui s’élève à 229.000.

Toutefois, l’excès de mortalité n’est pas lui-même un indicateur infaillible. D’abord parce que cela tend à minorer dans certains pays le bilan réel du Covid-19. Les mesures sanitaires prises contre le SARS-CoV-2 ont pu faire baisser le nombre de décès d’autres causes, à l’image des accidents de la route ou des morts liés à la grippe. Ensuite, il est délicat de s’entendre sur la manière la plus adéquate de calculer le nombre de décès attendus pour une année donnée. Avec le vieillissement de la population, en France, ce nombre augmente mécaniquement chaque année. Une mauvaise appréciation de la courbe naturelle des décès peut venir totalement fausser le calcul de la mortalité Covid. C’est le principal écueil de l’étude de l’OMS.

Surpris par les chiffres attribués à la Suède et à l’Allemagne, plusieurs analystes ont refait les calculs et arrivent à des conclusions diamétralement différentes. Le modèle mathématique utilisé par l’OMS pour calculer la mortalité attendue (une spline, pour les spécialistes) diffère fortement d’un modèle linéaire – qui serait plus logique – et sous-estime fortement le nombre de décès prévus pour 2020 et 2021 en Allemagne. En conséquence, l’excès de mortalité allemand est artificiellement gonflé. Pour les mêmes raisons, le chiffre d’excès de mortalité pour la Suède est jugé anormalement bas. « Les comparaisons entre pays sont susceptibles d’éclairer la politique gouvernementale et la perception par le public des mesures prises pour faire face à cette pandémie ou à de futures pandémies. Il est donc important que les calculs soient fiables », écrit le Covid-19 Actuaries Response Group.

 

D’autres équipes de chercheurs avaient déjà calculé l’excès de mortalité dans les différents pays. Un article publié dans la revue The Lancet en avril donne la France et l’Allemagne à un niveau pratiquement égal, respectivement 124 et 120 morts pour 100 000 habitants. Un match nul entre les deux pays, qui correspond sans doute mieux à la réalité. Le Royaume-Uni est un peu au-dessus avec 126, tandis que la Suède dénombre 91 morts pour 100.000 habitants. Si l’OMS a surévalué l’excès de mortalité allemand, il semble que la Suède ait effectivement un meilleur bilan que les pays de l’Ouest de l’Europe – si tant est que la comparaison ait un sens.

Loin de trancher la question définitivement, le rapport de l’OMS n’a fait que relancer les sempiternels débats. « Les taux de mortalité Covid sont, inévitablement, politiques. Comment pourraient-ils ne pas l’être lorsqu’ils sont considérés comme la preuve d’un bon ou d’un mauvais travail gouvernemental sur des questions de vie ou de mort ? »,écrit dans le Guardian François Balloux, directeur de l’Institut de génétique de l’University College London. Ces chiffres sont si politiques que la publication du rapport de l’OMS a été retardé de près de cinq mois. En cause : l’Inde qui protestait vivement contre le mode de calcul. Les chiffres ne mentent pas, dit-on. Il est en tout cas possible de les négocier.

Covid: 15 millions de morts dans le monde ?

Covid: 15 millions de morts  dans le monde ?

 

 

« Le bilan total associé directement ou indirectement avec la pandémie atteint autour de 15 millions de morts  d’après l’OMS qui précise cependant que   cette statistique sous-estimait la réalité.

L’OMS affirme que la plupart des décès excédentaires (84 %) sont concentrés en Asie du Sud-Est (dont l’Inde), en Europe (qui comprend la Russie et d’autres pays de l’ex-URSS) et dans les Amériques. Quelque 10 pays représentent à eux seuls 68 % du total de la surmortalité : dans l’ordre décroissant, il s’agit du Brésil, de l’Egypte, de l’Inde – qui conteste avec force les chiffres de l’OMS bien plus élevés que ses chiffres officiels -, l’Indonésie, le Mexique, le Pérou, la Russie, l’Afrique du Sud, la Turquie et les Etats-Unis.

De fait, ces chiffres souffrent de trous dans les statistiques, la collecte de données étant parfois parcellaire voire totalement inexistante pour certains pays. Les fourchettes données vont parfois du simple au double. L’Organisation estime ainsi que 6 décès sur 10 ne sont pas enregistrés au niveau mondial. Le sujet est extrêmement sensible en raison des répercussions politiques, ces chiffres étant indicateurs de la qualité de la gestion de la crise par les autorités.

Le développement des mafias dans le monde

Le développement des mafias dans le monde

 

 

Un  hors-série du « Monde » explore toute la plasticité des organisations criminelles, qui savent saisir les opportunités délictueuses pour se développer partout dans le monde.

Il n’est pas aisé de mettre des visages sur une criminalité invisible. De mettre en mots le monde du silence et de l’omerta. De comprendre, aussi, les paradoxes de sociétés criminelles puisant leur force de structures familiales claniques autant que d’une ­formidable adaptabilité ­entrepreneuriale. La complexité des mafias, prospérant dans les « zones grises » de l’économie et de la politique, ne peut faire oublier leur emprise concrète, les conséquences visibles, parfois dramatiques, de leurs activités sur la vie des citoyens.

Le déferlement de la cocaïne en Europe est orchestré par ces groupes arrimés aux cartels sud-américains. Le traitement de déchets illégaux, empoisonnant des cours d’eau, tuant la terre à petit feu, est aussi l’une des spécialités du crime organisé. Face à la crise sanitaire, le commerce de masques et de médicaments contrefaits, le détournement d’aides publiques ou l’émission de prêts usuriers ont ­renforcé la puissance des mafias.

Ainsi, chaque nouvelle possibilité financière devient pour ces groupes transnationaux une occasion de développement. Chiffrer leur poids économique est un défi à la mesure de leur capacité à dissimuler les profits de leurs activités illicites. En 2009, l’Office des Nations unies contre les drogues et le crime (ONUDC) estimait à ­870 milliards de dollars (plus de 825 milliards d’euros) les profits du crime organisé à l’échelle mondiale. Selon les autorités italiennes, la seule ­’Ndrangheta – la Mafia calabraise – gagnerait 50 milliards d’euros en une année.

Incarnées par leur ancrage territorial et leur cohérence familiale, les mafias se sont adaptées aux évolutions de l’économie de marché et des technologies. Les enquêtes, comme les rares procès d’ampleur, mettent en scène des sociétés offshore et des transactions en cryptomonnaies ; des « cols blancs » et des « boss » délocalisés dans des territoires au régime fiscal avantageux et à la coopération judiciaire limitée.

Proposer une plongée au sein de la criminalité organisée implique de se défaire des si puissantes références culturelles associées à la mythologie mafieuse. De laisser de côté les films américains dépeignant le New York des mobsters (mafieux) originaires de Sicile pour accepter des scénarios plus austères, des histoires de misère sociale, des mécanismes d’ingénierie financière abscons, des partenariats a priori contre nature entre groupes concurrents poursuivant le même dessein : maximiser les profits.

Le panorama de cette criminalité mondialisée, sophistiquée, amorale et violente, à la fois enracinée dans un fief historique et projetée dans les lieux-clés des échanges internationaux, présenté dans ce hors-série, nous amène à parcourir l’univers hétéroclite des mafias contemporaines de l’Italie au Mexique. La riposte des Etats, qui semble avoir souvent « un temps de retard » sur la formidable plasticité des mafias, est ensuite passée au crible. Avant de trouver auprès des œuvres et des chefs-d’œuvre inspirés par le crime des visages et des mots permettant de donner vie à ce milieu si complexe. Un monde où, parfois, mythes et réalités s’entremêlent.

Ukraine : Une guerre pour la démocratie dans le monde

Ukraine : Une guerre pour la démocratie dans le monde

 

Pour les démocrates américains, le conflit russo-ukrainien apparaît comme une « transposition internationale et paroxystique » de la lutte entre populistes et défenseurs de la démocratie libérale que connaissent les Etats-Unis depuis l’élection de Donald Trump, analyse Laurence Nardon, chercheuse à l’IFRI, dans une tribune au « Monde ».

 

En annonçant, notamment lors de leur déplacement à Kiev les 24 et 25 avril, la livraison d’armes offensives telles que des obusiers et des chars aux forces ukrainiennes, le secrétaire à la défense, Lloyd Austin, et le secrétaire d’Etat, Antony Blinken, marquent une nouvelle étape dans la réponse américaine à la guerre russo-ukrainienne. Un positionnement renforcé le 28 avril, lorsque Joe Biden a fait connaître son intention d’envoyer 33 milliards de dollars (31,5 milliards d’euros environ) à l’Ukraine, dont les deux tiers sous forme d’aide militaire.

Depuis le début de l’invasion russe du 24 février, l’administration Biden a mis en œuvre plusieurs types de réponses. Les sanctions contre les oligarques russes, la restriction renforcée des exportations de technologies sensibles et l’augmentation des exportations de gaz naturel liquéfié américain pour faciliter la limitation des importations de gaz et de pétrole russes par les Européens visent à faire pression sur Moscou.

Quant à l’aide à l’Ukraine, elle se décline en aide humanitaire et en livraison de matériel militaire et se chiffre déjà à près de 4 milliards de dollars depuis fin février, selon un décompte du département d’Etat. Tout ceci est considérable, mais on avait toutefois observé jusqu’à présent une grande prudence dans le type des armes livrées par les Etats-Unis à l’Ukraine, exclusivement qualifiées de défensives. Il fallait à tout prix éviter de fournir à la Russie un prétexte à une escalade. Le président Vladimir Poutine et son ministre des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, rappellent en effet régulièrement la possibilité d’une riposte nucléaire.

Les annonces de fin avril constituent donc une prise de risque de la part de Washington. La raison immédiate tient à la résistance militaire des Ukrainiens. Contrairement à ce que l’on pouvait craindre en février, la Russie n’a pu concrétiser la victoire rapide qu’elle annonçait. Les analystes américains estiment qu’une victoire ou demi-victoire de l’Ukraine est, au contraire, possible et que, dans ce cas, des livraisons d’armes américaines peuvent faire la différence. Washington choisit de tenter le coup.

Mais cette évolution vient aussi confirmer le retour aux manettes des tenants de l’idéalisme interventionniste américain, un courant de pensée rattaché à l’école des « internationalistes libéraux », fermement décidés à défendre la démocratie ukrainienne contre l’autoritarisme russe. La guerre en Ukraine est, en effet, venue relancer un débat ancien mais toujours vif aux Etats-Unis sur le rôle que doit jouer le pays dans le monde.

La Chine veut tuer la démocratie monde

La volonté d’hégémonie de la Chine sur le monde

Dans la troisième édition de son ouvrage, Jean-Pierre Cabestan note une inflexion plus belliqueuse dans la volonté de puissance de la Chine, qui souhaite imposer son leadership.

 

La Politique internationale de la Chine de Jean-Pierre Cabestan, 3e édition, Presses de Sciences Po, 720 p., 26 euros.

Analyse dans le » Monde »

 

  Il y a sept ans, en 2015, lorsque le sinologue Jean-Pierre Cabestan achevait la première réédition de son essai La Politique internationale de la Chine (Presses de Science Po), il n’avait pas éprouvé le besoin de modifier le titre de sa conclusion. « Volonté de puissance et fragilités de la Chine populaire », le titre retenu lors de la première publication du livre, en 2010, lui semblait toujours d’actualité. En revanche, dans la troisième édition qui vient de paraître, le directeur de recherche au CNRS change radicalement de perspective. Le titre de sa conclusion sonne désormais comme une mise en garde : « Intégration, volonté de puissance et risques de guerre ». Tout est dit.

Depuis l’arrivée de Xi Jinping à la présidence de la République, en mars 2013, la Chine revendique une place centrale dans le concert des nations. Rien que de très normal, vu qu’elle est non seulement le pays le plus peuplé, mais également celui qui, d’ici à la fin de la décennie, devrait produire le plus de richesse, avec un PIB qui s’apprête à détrôner celui des Etats-Unis. Alors que nombre d’historiens et de diplomates s’interrogent pour savoir si la Chine accepte de s’inscrire dans l’ordre international tel qu’il a été redéfini après la seconde guerre mondiale, Jean-Pierre Cabestan remarque que « par sa masse, son histoire, sa rapide remontée en puissance et l’influence internationale qu’elle a acquise ou recouvrée, la Chine ne peut être qu’une puissance presque naturellement, ou plutôt mécaniquement, révisionniste ».

Pour qui n’en serait pas convaincu, les 330 pages que l’ouvrage consacre aux différentes relations bilatérales que la Chine entretient avec le reste du monde (Etats-Unis, Japon, Inde, Russie et Asie centrale, Union européenne, pays émergents…) sont éclairantes. On y suit pas à pas la montée en puissance économique, diplomatique, mais aussi militaire de la Chine, pays qui dispose à la fois du premier réseau diplomatique au monde et du plus grand nombre de navires militaires. Mais Jean-Pierre Cabestan ne se contente pas de décrire la diplomatie bilatérale de Pékin, il présente d’abord de façon détaillée les orientations générales de la politique de sécurité de Pékin et les principales instances de décision chargées de les mettre en œuvre. Hormis la psychologie personnelle de Xi Jinping, Jean-Pierre Cabestan passe tous les aspects de la question en revue dans ce livre, qui n’a pas d’équivalent en français.

Nouvelle guerre froide

Comme le titre de la conclusion le prouve, son constat n’est guère optimiste. Car non seulement la Chine est « par nature » révisionniste, mais son idéologie l’est également. Et c’est là que le bât blesse. « Plus que jamais, la République populaire compte modifier l’ordre international dans un sens qui lui est favorable, afin non seulement de mieux protéger ses intérêts fondamentaux, mais aussi d’affaiblir l’Occident et plus largement les démocraties, et d’instaurer ainsi son leadership mondial », met en garde ce juriste établi à Hongkong.

Société- La domination des économistes sur le monde de l’expertise

Société- La domination des économistes sur le monde de l’expertise

 

Deux chercheurs ont étudié les carrières et travaux des économistes français entre 1935 et 1945. Ils observent que les prémices de la domination de l’économie sur les sciences humaines et sur l’expertise proposée à l’Etat sont déjà présents sous Vichy, rapporte dans sa chronique Antoine Reverchon.

Un article intéressant qui montre la domination progressive des économistes sur le monde de l’expertise. Une domination peut-être provisoire pourrait être remplacée par celle des sociologues ou des écologues demain; pas forcément avec bénéfice. En effet, la complexité caractérise désormais nos sociétés qui doivent articuler les compétences des différentes disciplines pour comprendre les révolutions systémiques en cours. NDLR

 

Chronique.

 

Si les économistes allemands et italiens se sont beaucoup intéressés au rôle de leurs prédécesseurs pendant les « années noires », leurs collègues français sont restés pudiquement à l’écart du sujet. Les faits et les politiques économiques, sous le régime du maréchal Pétain, ont été étudiés, mais pas les économistes eux-mêmes : leurs écrits, leurs recherches, leur carrière…

D’où l’intérêt des travaux de deux jeunes chercheurs, Nicolas Brisset et Raphaël Fèvre (Groupe de recherche en droit, économie, gestion, Gredeg, université de Côte-d’Azur), publiés en 2021 dans History of Political Economy (no 53-4, Duke University Press), la Revue d’histoire de la pensée économique (no 11, Classiques Garnier) et Politix (no 133, De Boeck Supérieur) et présentés le 7 avril au cercle d’épistémologie économique de l’université Paris-I.

Dans le récit des économistes français, au-delà des « pères fondateurs » du XIXe siècle, leur discipline ne prend réellement son essor académique et intellectuel qu’à partir des années 1950, sous l’égide des prestigieux noms de Gérard Debreu et Maurice Allais (respectivement Prix Nobel 1983 et 1988), Edmond Malinvaud (Collège de France, Insee) et François Perroux (chaire Analyse des faits économiques et sociaux au Collège de France de 1955 à 1974). Les deux chercheurs observent pourtant que le « programme intellectuel » d’institutionnalisation de l’économie comme science humaine dominante et comme source d’expertise, pour la conduite des politiques publiques, connaît déjà ses prémices sous Vichy.

 

Avant-guerre, les économistes débattent des moyens de s’affranchir des facultés de droit, dont leur enseignement n’est alors qu’une branche. Cela passe par la création d’instituts et de cercles de réflexion, souvent financés par le privé (Fondation Rockefeller). Aussi, lorsque Vichy crée, en novembre 1941, la Fondation pour l’étude des problèmes humains, dirigée par Alexis Carrel, Prix Nobel de médecine en 1912 et théoricien de l’eugénisme, nombre d’économistes voient là l’occasion de jouer un rôle dans ce projet de fusionner, en une seule « science de l’homme », psychologie, sociologie, biologie, démographie, économie, etc.

En son sein, le Centre d’échange de théorie économique (CETE) organise des séminaires, traduit les auteurs étrangers – essentiellement anglo-saxons, dont Keynes, Hayek, Hicks, Kaldor –, et publie les tout premiers manuels d’économie pour les étudiants. Y participent de jeunes économistes (Maurice Allais, Pierre Uri, Robert Marjolin), des professeurs installés (Jean Marchal, Henri Guitton), voire déjà célèbres (François Divisia, Gaëtan Pirou, Charles Rist). Ces noms seront pour la plupart plutôt associés, après guerre, à la mise en place des politiques de planification menées par Jean Monnet. Le directeur du CETE est Henri Denis, devenu après guerre un militant communiste célébré comme introducteur du marxisme à la Sorbonne…

Démagogie, fille de la démocratie ! de Philippe Larfargue

Démagogie, fille de la démocratie ! de Philippe Larfargue 

Un stimulant détour par la démocratie athénienne antique nuance le sens d’une notion aujourd’hui négative.

 

 

« Fiers d’être démagogues ! Ce que nous pouvons apprendre de la démocratie athénienne », de Philippe Larfargue, Buchet-Chastel, 358 p., 24,90 €, numérique 15 €.  Analyse du « Monde ».

 Démonmacron ou démonlepen  ?  Comme le « démagocléon » d’Aristophane NDLR 

 

En ces temps de montée des populismes prospèrent les démagogues. Mais loin d’être seulement la maladie sénile d’une démocratie en crise, la démagogie lui serait consubstantielle. « Les Grecs anciens, et notamment les Athéniens, qui ont inventé la démocratie il y a près de deux mille cinq cents ans, ont également inventé la démagogie ; celle-ci est donc aussi vieille que celle-là et demeure depuis les origines son éternel possible », écrit Philippe Lafargue, dans un stimulant essai au titre volontairement provocateur, Fiers d’être démagogues ! Car cet historien, auteur, entre autres, de La Bataille de Pylos. Athènes contre Sparte (Alma, 2015), est convaincu que nous avons beaucoup à apprendre, non seulement de la démocratie athénienne mais aussi de ses maux.

Il n’y a pas de démagogue sans langage. Or ce sont précisément leurs discours flattant les pires instincts de l’auditoire, leurs mensonges et leurs promesses inconsidérées qui leur ont depuis toujours donné mauvaise presse. « Aux yeux des auteurs anciens, le mal tenait principalement au fait que les démagogues savaient aussi bien manipuler un peuple ignorant qu’épouser l’opinion fluctuante d’une masse irraisonnée : si Aristote dénonce les tyrans démagogues, Diogène le cynique y voit plutôt les “valets de la populace” », note Philippe Lafargue, qui explique comment ces jugements ont contribué à nourrir une image négative de la démocratie, image qui a perduré au moins jusqu’au siècle des Lumières.

Le démagogue, mot formé de demos (« peuple ») et d’ago (« conduire »), est celui qui mène le peuple. Demos, comme « peuple », a d’ailleurs un double sens, puisqu’il peut désigner aussi bien l’ensemble des citoyens – le peuple corps civique – que le menu peuple, le plus nombreux – le peuple corps social. Le démagogue est avant tout celui qui représente le peuple pris au second sens. D’où les propos au vitriol des grands auteurs antiques, implacables dans leur dénonciation de ces tribuns qui voulaient élargir la démocratie aux plus modestes. Platon (v. 427-v. 348 av. J.-C.) prônait une République gouvernée par une élite intellectuelle et philosophique, et, à ses yeux, la démocratie en était l’antithèse, notamment à cause de ses démagogues.

De ces derniers, on ne connaît plus aujourd’hui que les noms et les tares, dénoncées par les écrits des philosophes ou par les comédies de l’époque, à commencer par celles d’Aristophane (v. 445- v. 386 av. J.-C.). Celui-ci n’hésitait pas à en dresser un portrait féroce, y compris des plus puissants, tel Cléon, qui joua un rôle-clé à Athènes après la mort de Périclès, entre 427 et 422 av. J.-C. Il le surnommait « démagocléon », le croquant dans sa pièce Les Cavaliers en « Croquetoutcru », monstre à la voix de crécelle, puant, aussi lubrique qu’avide.

La domination des économistes sur le monde de l’expertise

La domination des économistes sur le monde de l’expertise

 

Deux chercheurs ont étudié les carrières et travaux des économistes français entre 1935 et 1945. Ils observent que les prémices de la domination de l’économie sur les sciences humaines et sur l’expertise proposée à l’Etat sont déjà présents sous Vichy, rapporte dans sa chronique Antoine Reverchon.

Un article intéressant qui montre la domination progressive des économistes sur le monde de l’expertise. Une domination peut-être provisoire pourrait être remplacée par celle des sociologues ou des écologues demain; pas forcément avec bénéfice. En effet, la complexité caractérise désormais nos sociétés qui doivent articuler les compétences des différentes disciplines pour comprendre les révolutions systémiques en cours. NDLR

 

Chronique.

 

Si les économistes allemands et italiens se sont beaucoup intéressés au rôle de leurs prédécesseurs pendant les « années noires », leurs collègues français sont restés pudiquement à l’écart du sujet. Les faits et les politiques économiques, sous le régime du maréchal Pétain, ont été étudiés, mais pas les économistes eux-mêmes : leurs écrits, leurs recherches, leur carrière…

D’où l’intérêt des travaux de deux jeunes chercheurs, Nicolas Brisset et Raphaël Fèvre (Groupe de recherche en droit, économie, gestion, Gredeg, université de Côte-d’Azur), publiés en 2021 dans History of Political Economy (no 53-4, Duke University Press), la Revue d’histoire de la pensée économique (no 11, Classiques Garnier) et Politix (no 133, De Boeck Supérieur) et présentés le 7 avril au cercle d’épistémologie économique de l’université Paris-I.

Dans le récit des économistes français, au-delà des « pères fondateurs » du XIXe siècle, leur discipline ne prend réellement son essor académique et intellectuel qu’à partir des années 1950, sous l’égide des prestigieux noms de Gérard Debreu et Maurice Allais (respectivement Prix Nobel 1983 et 1988), Edmond Malinvaud (Collège de France, Insee) et François Perroux (chaire Analyse des faits économiques et sociaux au Collège de France de 1955 à 1974). Les deux chercheurs observent pourtant que le « programme intellectuel » d’institutionnalisation de l’économie comme science humaine dominante et comme source d’expertise, pour la conduite des politiques publiques, connaît déjà ses prémices sous Vichy.

 

Avant-guerre, les économistes débattent des moyens de s’affranchir des facultés de droit, dont leur enseignement n’est alors qu’une branche. Cela passe par la création d’instituts et de cercles de réflexion, souvent financés par le privé (Fondation Rockefeller). Aussi, lorsque Vichy crée, en novembre 1941, la Fondation pour l’étude des problèmes humains, dirigée par Alexis Carrel, Prix Nobel de médecine en 1912 et théoricien de l’eugénisme, nombre d’économistes voient là l’occasion de jouer un rôle dans ce projet de fusionner, en une seule « science de l’homme », psychologie, sociologie, biologie, démographie, économie, etc.

En son sein, le Centre d’échange de théorie économique (CETE) organise des séminaires, traduit les auteurs étrangers – essentiellement anglo-saxons, dont Keynes, Hayek, Hicks, Kaldor –, et publie les tout premiers manuels d’économie pour les étudiants. Y participent de jeunes économistes (Maurice Allais, Pierre Uri, Robert Marjolin), des professeurs installés (Jean Marchal, Henri Guitton), voire déjà célèbres (François Divisia, Gaëtan Pirou, Charles Rist). Ces noms seront pour la plupart plutôt associés, après guerre, à la mise en place des politiques de planification menées par Jean Monnet. Le directeur du CETE est Henri Denis, devenu après guerre un militant communiste célébré comme introducteur du marxisme à la Sorbonne…

L’évolution de la cryptographie dans un monde postquantique

L’évolution de la cryptographie dans un monde  postquantique 

 

Dans une tribune au « Monde », Ludovic Perret, spécialiste de systèmes cryptographiques censés résister aux capacités de calcul décuplées de l’ordinateur quantique, estime urgent que les instances européennes se saisissent des nouvelles normes. Un enjeu économique crucial, selon lui.

 

Tribune.

 Avec l’avènement de l’ordinateur quantique, les outils cryptographiques actuels deviennent vulnérables et vont devoir être remplacés par des systèmes dits postquantiques. Le postquantique, longtemps cantonné à une communauté restreinte de chercheurs, a soudainement basculé vers un sujet industriel majeur et qui nous concerne tous.

L’impact économique des systèmes cryptographiques que l’on trouve dans toutes les transactions en ligne ou par cartes bancaires par exemple est colossal. En 2018, une étude estimait que la création de l’AES (Advanced Encryption Standard), norme « préquantique » de chiffrement à clé secrète publié par le NIST, l’agence de normalisation américaine, au début des années 2000, a créé un marché d’au moins 250 milliards de dollars entre 1996 et 2017. Les retombées devraient être bien supérieures pour le postquantique.

Pour s’y préparer, en 2017, le NIST a lancé un processus afin de renouveler les normes actuelles de cryptographie à clé publique par de nouveaux algorithmes postquantiques. Après trois ans et plusieurs étapes de sélection, l’annonce des vainqueurs est attendue dans les prochains jours.

La finalisation du processus postquantique du NIST n’est qu’une première étape dans le déploiement de cette cryptographie de nouvelle génération. L’ensemble des protocoles de sécurité doit maintenant s’adapter à ces nouvelles normes. Le travail est colossal et de nombreux autres organismes de normalisation travaillent actuellement à l’intégration du postquantique dans divers protocoles. En particulier, l’European Telecommunications Standards Institute (ETSI) est l’organisme de normalisation européen qui est aujourd’hui le plus actif dans le postquantique.

Cette norme doit aussi se comprendre comme un outil de conquête économique : qui contrôle la norme contrôle le marché. Or, la normalisation postquantique reste un point faible dans les ambitions industrielles et de souveraineté technologique européennes.

Pourtant, l’Europe est consciente de l’importance de cet aspect, comme le rappelait Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur : « Les normes technologiques revêtent une importance stratégique. La souveraineté technologique de l’Europe, sa capacité à réduire les dépendances et à protéger les valeurs de l’Union européenne dépendront de notre aptitude à être un organisme de normalisation mondial. »Le nouveau texte de la Commission prévoit d’associer obligatoirement des agences de normalisation nationales, comme l’Afnor, dans la définition d’une norme européenne

 

Chine- Occident : deux conceptions irréconciliables du monde

Chine- Occident : deux conceptions irréconciliables du monde

Pékin ne voit pas la guerre en Ukraine comme le signal d’un réveil de l’Union européenne, mais comme une preuve supplémentaire de son déclin, analyse Frédéric Lemaître, correspondant du « Monde » à Pékin, dans sa chronique.

 

Chronique.

 

Le doux commerce est supposé rapprocher les peuples. L’Allemagne a même fait de ce postulat un pilier de sa politique étrangère. Pourtant la Chine démontre l’inverse. Jamais l’empire du Milieu n’a autant commercé avec l’Occident et notamment avec l’Europe. Pourtant, jamais elle n’en a paru aussi éloignée. Sur fond de guerre en Ukraine, le sommet Chine-Union européenne (UE) qui se tient le 1er avril devrait en apporter la confirmation.

Pour l’Occident, Vladimir Poutine est le seul responsable de la guerre en Ukraine puisqu’il a envahi un Etat indépendant qui ne menaçait aucunement la Russie. Pour la Chine, ce sont les Etats-Unis qui sont à l’origine du conflit. Non seulement ils n’ont pas sabordé l’OTAN, qui n’avait plus de raison d’être après la dissolution du pacte de Varsovie, mais ils ont élargi celle-ci en permettant aux pays limitrophes de la Russie d’y adhérer.

A l’Ouest, les peuples ont le droit de choisir leur destin. L’Ukraine a donc le droit de souhaiter adhérer à l’Union européenne voire à l’OTAN, quelles que soient les réponses apportées à cette demande. Pour la Chine, les Ukrainiens sont manipulés par les Etats-Unis. Ils ne comptent pas et n’ont même pas à participer à un éventuel dialogue sur la « sécurité en Europe » que la Chine appelle de ses vœux et qui devrait réunir, « sur un pied d’égalité », les Etats-Unis, l’OTAN et la Russie. Quid de la participation de l’UE à une réflexion sur son destin ? Si l’on se fie aux communiqués officiels, Xi Jinping la mentionne lorsqu’il envisage l’avenir avec Emmanuel Macron et Olaf Scholz mais pas lorsqu’il téléphone à Joe Biden. Vue de Pékin, la question est secondaire.

Ce relatif désintérêt pour l’UE explique sans doute les erreurs de jugement de la Chine. En 2021, celle-ci n’avait apparemment pas réalisé qu’en sanctionnant des élus au Parlement européen, elle tuait dans l’œuf toute ratification de l’accord sur les investissements conclu fin décembre 2020 auquel elle tient tant. Les Chinois expliquaient alors que la motion du Parlement européen visant à geler ce projet d’accord avait été adoptée « probablement sous la pression des Etats-Unis » et que l’Union européenne devrait « ratifier l’accord au premier semestre 2022, lorsque la France prendra la présidence tournante du Conseil de l’UE ». Manifestement, les Chinois n’ont pas intégré toutes les subtilités de l’équilibre des pouvoirs au sein des institutions de l’Union européenne.

Plus généralement, pour les Européens, la guerre en Ukraine est en train de provoquer le réveil de l’UE. Celle-ci devrait en sortir renforcée. Pour la Chine, l’Union européenne sortira affaiblie de cette « crise ukrainienne » en raison des sanctions qui vont peser sur sa croissance et de sa dépendance accrue à l’égard de Washington en matière de sécurité. Selon Pékin, c’est d’ailleurs parce que les Etats-Unis font le même raisonnement qu’ils ont « accroché une clochette au tigre » russe en élargissant l’OTAN.

Zelensky: Appel au boycott et aux manifestations dans le monde entier

Zelensky: Appel au boycott et aux manifestations dans le monde entier 

 

 

Comme attendu,  le président ukrainien a renouvelé à l’occasion de son intervention face au Parlement français son souhait d’un soutien encore plus significatif à la résistance face à l’envahisseur russe. Le président souhaite notamment des aides militaires plus substantielles ; il appelle en outre un boycott total des entreprises occidentales présentes en Russie.

Zellensky qui demande aussi une solidarité morale et citoyenne vis-à-vis de l’Ukraine partout dans le monde

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lancé un appel enflammé aux citoyens du monde entier à manifester contre l’invasion de son pays par la Russie, un mois jour pour jour après son commencement. «Allez-y avec des symboles ukrainiens pour défendre l’Ukraine, pour défendre la liberté, pour défendre la vie!», a lancé Zelensky dans la nuit de mercredi à jeudi via un message vidéo en anglais. «Retrouvez-vous sur les places, dans la rue, montrez-vous et faites-vous entendre!» «Exprimez-vous, manifestez depuis vos bureaux, vos maisons, vos écoles et vos universités, manifestez au nom de la liberté »

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