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Economie- Salaires France: Numéro un des charges dans le monde

Salaires  France: Numéro un des charges  dans le monde

Pour résumer à outrance, un salarié moyen coûte près de 80 000 € par an mais le total des prélèvements est d’environ 40 000 €. «Les employeurs en France paient 26,6% des coûts de main-d’œuvre sous forme de CSS (cotisations de sécurité sociale, NDLR), soit le niveau le plus élevé parmi les pays de l’OCDE», note l’OSCE.  Si cette part dépasse également les 20% en Italie, en Espagne, en Suède ou encore en Belgique, la France est largement au-dessus de son voisin allemand (16,7%), et encore davantage du Royaume-Uni (10,1%) ou des États-Unis (7,5%).

Si l’on ajoute aux charges patronales les cotisations salariales, la France est également dans le peloton de tête. Leur poids «représentait au moins un tiers des coûts de main-d’œuvre en Allemagne, en Autriche, en France et en Tchéquie» en 2023, souligne l’OCDE (34,9% précisément en France).

Pour les prélèvements globaux, la France e  dans le haut du classement. Que ce soit pour un salarié célibataire sans enfant rémunéré au salaire moyen ; il était alors en 2023 de 46,8% en France, plaçant notre pays simplement derrière la Belgique, l’Allemagne et l’Autriche. Même constat si l’on prend un couple marié ayant deux enfants et disposant de deux salaires (40,6% en France, soit quasiment comme l’Allemagne et cinq points en dessous de la Belgique).

Un salarié percevant le salaire moyen coûte ainsi en France environ 83.000 dollars par an (à parité de pouvoir d’achat, soit près de 78.000 euros), pour un revenu net après impôts de 44.152 dollars (environ 41.000 euros). À ce jeu, la France arrive ici en neuvième place dans l’OCDE, derrière la Suisse et la Belgique, où les coûts de main-d’œuvre dépassent les 100.000 dollars par an, mais aussi l’Allemagne, l’Autriche, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et l’Irlande.

 

Salaires France: Numéro un des charges dans le monde

Salaires  France: Numéro un des charges  dans le monde

Pour résumer à outrance, un salarié moyen coûte près de 80 000 € par an mais le total des prélèvements est d’environ 40 000 €. «Les employeurs en France paient 26,6% des coûts de main-d’œuvre sous forme de CSS (cotisations de sécurité sociale, NDLR), soit le niveau le plus élevé parmi les pays de l’OCDE», note l’OSCE.  Si cette part dépasse également les 20% en Italie, en Espagne, en Suède ou encore en Belgique, la France est largement au-dessus de son voisin allemand (16,7%), et encore davantage du Royaume-Uni (10,1%) ou des États-Unis (7,5%).

Si l’on ajoute aux charges patronales les cotisations salariales, la France est également dans le peloton de tête. Leur poids «représentait au moins un tiers des coûts de main-d’œuvre en Allemagne, en Autriche, en France et en Tchéquie» en 2023, souligne l’OCDE (34,9% précisément en France).

Pour les prélèvements globaux, la France e  dans le haut du classement. Que ce soit pour un salarié célibataire sans enfant rémunéré au salaire moyen ; il était alors en 2023 de 46,8% en France, plaçant notre pays simplement derrière la Belgique, l’Allemagne et l’Autriche. Même constat si l’on prend un couple marié ayant deux enfants et disposant de deux salaires (40,6% en France, soit quasiment comme l’Allemagne et cinq points en dessous de la Belgique).

Un salarié percevant le salaire moyen coûte ainsi en France environ 83.000 dollars par an (à parité de pouvoir d’achat, soit près de 78.000 euros), pour un revenu net après impôts de 44.152 dollars (environ 41.000 euros). À ce jeu, la France arrive ici en neuvième place dans l’OCDE, derrière la Suisse et la Belgique, où les coûts de main-d’œuvre dépassent les 100.000 dollars par an, mais aussi l’Allemagne, l’Autriche, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et l’Irlande.

 

Climat-Aider les plus pauvres du monde à s’adapter au changement climatique

Climat-Aider les plus pauvres du monde à s’adapter au changement climatique

Les douze derniers mois ont été les plus chauds jamais enregistrés sur la planète. Cette réalité fait du changement climatique, non pas seulement une menace pour l’avenir, mais une part de plus en plus importante de notre présent. Mais il ne s’agit pas d’un présent, ni d’un futur, partagé de manière équitable.

par

Esther Duflo, Prix Nobel d’économie dans « Le Monde »

Les pays pauvres sont souvent dans des climats déjà chauds. A mesure que la planète se réchauffe, ils subissent donc davantage un plus grand nombre de jours où les températures sont difficilement compatibles avec la vie humaine (au-delà de 35 degrés). De plus, la pauvreté est un obstacle de taille à l’adaptation : quand il fait 35 degrés au Texas, un employé de bureau peut passer de l’air frais de sa maison à l’air frais de son bureau en voyageant dans sa voiture fraîche ; quand il fait 35 degrés au Pakistan, les habitants des régions rurales ont chaud chez eux, où il n’y a pas l’air conditionné, et doivent souvent réaliser des travaux physiques à l’extérieur.

Le résultat de la combinaison de ces deux forces ne pourrait pas être plus dangereux : les chercheurs du Global Impact Lab prédisent que, d’ici à 2100, si la trajectoire d’émission n’est pas modifiée, l’élévation des températures causera six millions de morts en plus par an, ce qui représente davantage que toutes les morts dues aux maladies infectieuses combinées aujourd’hui. Or cette augmentation de la mortalité aura lieu exclusivement dans les pays les plus pauvres.

La responsabilité de cet état de choses est tout aussi inéquitable. Plus une personne est riche, plus elle consomme, et plus elle consomme, plus elle contribue aux émissions de CO2. Le carbone peut avoir été émis dans une usine en Chine ou sur une autoroute en France, mais le résultat est le même. D’après les calculs de Lucas Chancel, économiste français enseignant à Sciences Po, si nous considérons l’empreinte carbone totale de chaque personne, les 10 % des émetteurs les plus gros sont responsables de 50 % des émissions.

L’empreinte carbone d’un habitant relativement riche des Etats-Unis est 120 fois plus importante que celle d’un habitant pauvre de l’Afrique.

Pour cette raison, à l’invitation du Brésil, je présente, mercredi 17 avril, à la réunion des ministres des finances du G20, une proposition pour mobiliser, de manière pérenne, des fonds afin de dédommager les citoyens les plus pauvres du monde et les aider à s’adapter au changement climatique.

Aider les plus pauvres du monde à s’adapter au changement climatique

Aider les plus pauvres du monde à s’adapter au changement climatique 

Les douze derniers mois ont été les plus chauds jamais enregistrés sur la planète. Cette réalité fait du changement climatique, non pas seulement une menace pour l’avenir, mais une part de plus en plus importante de notre présent. Mais il ne s’agit pas d’un présent, ni d’un futur, partagé de manière équitable.

par

Esther Duflo, Prix Nobel d’économie dans « Le Monde »

Les pays pauvres sont souvent dans des climats déjà chauds. A mesure que la planète se réchauffe, ils subissent donc davantage un plus grand nombre de jours où les températures sont difficilement compatibles avec la vie humaine (au-delà de 35 degrés). De plus, la pauvreté est un obstacle de taille à l’adaptation : quand il fait 35 degrés au Texas, un employé de bureau peut passer de l’air frais de sa maison à l’air frais de son bureau en voyageant dans sa voiture fraîche ; quand il fait 35 degrés au Pakistan, les habitants des régions rurales ont chaud chez eux, où il n’y a pas l’air conditionné, et doivent souvent réaliser des travaux physiques à l’extérieur.

Le résultat de la combinaison de ces deux forces ne pourrait pas être plus dangereux : les chercheurs du Global Impact Lab prédisent que, d’ici à 2100, si la trajectoire d’émission n’est pas modifiée, l’élévation des températures causera six millions de morts en plus par an, ce qui représente davantage que toutes les morts dues aux maladies infectieuses combinées aujourd’hui. Or cette augmentation de la mortalité aura lieu exclusivement dans les pays les plus pauvres.

La responsabilité de cet état de choses est tout aussi inéquitable. Plus une personne est riche, plus elle consomme, et plus elle consomme, plus elle contribue aux émissions de CO2. Le carbone peut avoir été émis dans une usine en Chine ou sur une autoroute en France, mais le résultat est le même. D’après les calculs de Lucas Chancel, économiste français enseignant à Sciences Po, si nous considérons l’empreinte carbone totale de chaque personne, les 10 % des émetteurs les plus gros sont responsables de 50 % des émissions.

L’empreinte carbone d’un habitant relativement riche des Etats-Unis est 120 fois plus importante que celle d’un habitant pauvre de l’Afrique.

Pour cette raison, à l’invitation du Brésil, je présente, mercredi 17 avril, à la réunion des ministres des finances du G20, une proposition pour mobiliser, de manière pérenne, des fonds afin de dédommager les citoyens les plus pauvres du monde et les aider à s’adapter au changement climatique.

Théocratie iranienne : Une menace pour tout le Moyen-Orient et le monde

Théocratie iranienne : Une menace pour tout le Moyen-Orient

 L’attaque théocratique de l’Iran contre Israël depuis son territoire est sans aucun doute un tournant, car il est désormais clair pour tous que le principal instigateur de la guerre actuelle entre le Hamas et Israël, qui a fait plus de 35 000 morts, est le régime iranien. Avant l’attaque de samedi soir, Ali Khamenei, le guide suprême de l’Iran, attribuait cette guerre à des forces mandataires. Par Hamid Enayat, politologue, spécialiste de l’Iran, collabore avec l’opposition démocratique iranienne (CNRI) ( dans La Tribune)

Après l’assassinat de Zahedi, membre des gardiens de la révolution iranienne (IRGC), et de ses adjoints, suite à l’attaque d’Israël au consulat iranien en Syrie, un groupe au sein du gouvernement iranien, dirigé par Haddad Adel, un des plus proches associés de Khamenei, a déclaré : « Le rôle stratégique du martyr Zahedi dans la formation et le renforcement du front de résistance, ainsi que dans la conception et la mise en œuvre de l’Opération Tempête Al-Aqsa, sont de grands honneurs qui immortaliseront les efforts silencieux de ce grand commandant dans les annales de l’honneur dans la lutte contre le régime occupant. » Il est devenu clair que l’architecte principal de la guerre était également lui et son centre d’opérations, qui était en fait le consulat du régime iranien.

Zahedi était l’élément le plus important du régime dans l’exportation de la guerre et du terrorisme après Qasem Soleimani, tué par la frappe américaine. Zahedi commandait des groupes affiliés au CGRI en Syrie, en Irak et au Liban et était un membre permanent du conseil de commandement du Hezbollah au Liban. Sa mort a porté un coup terrible au moral des forces du régime et a contraint le régime à risquer l’opération de samedi soir, sachant que cela pourrait conduire à une escalade des tensions.

L’attaque de samedi soir a été un tournant, car elle a montré que tant que ce régime existe, aucun problème dans la région ne sera résolu. Issue de dogmes médiévaux, la théocratie iranienne ne peut répondre aux besoins économiques, sociaux ou culturels dans la société avancée de 90 millions. C’est pourquoi, pendant tout le temps où il a été au pouvoir, il n’y a pas eu un moment où il n’était pas impliqué dans la création de crises, de guerres et de terrorisme pour camoufler la répression à l’intérieur du pays. Dès l’arrivée de ce régime au pouvoir, l’une de ses autorités avait déclaré que si la prise d’otages à l’ambassade américaine n’avait pas eu lieu, ils auraient été renversés.

Des statistiques très précises des unités de résistance réparties à travers l’Iran, commandées par la principale force d’opposition L’OMPI, ont montré que, en tenant compte des prisonniers et des soldats qui sont forcés de voter, seulement huit pour cent des électeurs éligibles ont participé à ce vote. Cela alors que les votes blancs dans de nombreux districts sont arrivés en première ou deuxième position. Tout cela montre que ce régime est fragile, et ses fondations sociales se réduisent de jour en jour. Pour cette raison, le régime iranien, se voyant assiégé par le soulèvement de 2022 et sa continuation, savait que sa survie, comme toujours, dépendait de la création de guerres dans la région afin de garantir sa survie et d’échapper à ce siège, à l’instar de la prise d’otages à l’ambassade américaine.

Bien que l’administration Biden tente de prévenir l’escalade des tensions, le cours des événements de la guerre au cours de ces derniers mois montre que nous avançons pas à pas vers une guerre dévastatrice et que les actions de Biden n’aident pas à la prévenir. La raison en est que la force motrice derrière les crises au Moyen-Orient et en particulier le récent conflit et l’instabilité qui en découlent proviennent des problèmes fondamentaux du régime iranien.

Le cours des événements de la guerre au cours de ces derniers mois montre que, malgré les désirs du dictateur iranien, ils pointent inévitablement vers Téhéran. La meilleure preuve en est l’attaque d’Israël contre le consulat des mollahs et l’attaque de l’Iran sur le sol israélien. La Jordanie, bien que plus de 50 % de sa population soit palestinienne, a ouvert son ciel pour que les drones du régime iranien puissent être abattus par Israël ou par elle-même. Le président Mahmoud Abbas, qui se bat depuis des années pour l’idéal de deux États palestinien et israélien indépendants, a déclaré : « Les Iraniens nous font plus de mal que les extrémistes israéliens et entravent l’autonomie Palestine.

Le tournant démontre sans aucun doute que la paix dans la région du Moyen-Orient et dans le monde ne peut être atteinte qu’avec une approche correcte vis-à-vis de la théocratie iranienne. Cette approche passe par le soutien à la volonté du peuple iranien d’établir une république laïque et démocratique fondée sur l’égalité entre hommes et femmes, et par la fin de quarante années de politique de complaisance envers ce régime. Il est impératif de mettre fin aux extorsions et au terrorisme de ce régime sous toutes ses formes. Sinon, outre la déstabilisation de la région, la propagation du fondamentalisme et du terrorisme issus de ce régime affectera de plus en plus l’Europe.

 

 

Défense – Le lâche renoncement sous couvert de pacifisme du monde politique et de l’opinion

Défense – Le lâche  renoncement sous couvert de pacifisme du monde politique et de l’opinion

Curieusement émergent à nouveau les vieux clivages concernant la problématique de la défense du pays. Comme lors de la dernière grande guerre, de l’extrême droite à l’extrême gauche en passant par la droite et la gauche classique, on  se réfugie derrière le drapeau du pacifisme pour n’avoir pas à prendre parti vis-à-vis des guerres existantes et potentielles .

Pour une fois, Macron,  avec retard,  fait preuve de pertinence en soulignant le danger de l’impérialisme russe et la nécessité le moment venu de s’y opposer. Il a même évoqué forcément la possibilité d’envoi de troupes au sol. Inutile de tourner autour du pot, cette position est largement minoritaire pour l’instant dans le pays. Minoritaire dans l’opinion publique mais plus inquiétant dans la plupart des partis. À l’extrême gauche comme à l’extrême droite qui se rejoignent finalement pour des motifs différents qui aboutissent au même résultat mais cela traverse aussi les partis de gouvernement comme les Républicains ou  le parti socialiste.

Évidemment cette position nouvelle de Macron ne le dédouane pas de ses contradictions, de ses atermoiements et de l’indigence de la politique  défense.

Il est clair en effet que la France qui dispose d’une armée très complète mais minuscule ne pourrait tenir longtemps seule face à la Russie. La perspective ne vaut donc que si elle prend une dimension européenne qui disposent  des moyens économiques et financiers. Reste la volonté de pays qui préfèrent se mettre à l’abri sous l’aile américaine dans le cadre de l’OTAN. Le problème, c’est que les Américains eux-mêmes souhaitent financièrement se désengager de l’OTAN à propos des dépenses militaires concernant l’Europe.

Or le danger Poutine est bien là et sa politique expansionniste lui permet de rester au pouvoir en alimentant en permanence le nationalisme russe. Le « salopard dément » comme l’appelle Biden va continuer de déstabiliser non seulement l’Europe mais le monde entier en se faisant le leader de ce moment sulfureux du » sud  globa »l. L’objectif étantde détruire le concept même de démocratie pour lui substituer  des systèmes illibéraux voire dictatoriaux.

La constitution d’un système de défense européen va sans doute devenir un objectif prioritaire par rapport aux autres aspects des politiques communes. Ce qui est en jeu comme déjà indiqué , c’est la démocratie et la liberté. Comme lors de la dernière guerre mondiale. Au départ il n’était pas nombreux les partisans de la résistance au fascisme. Beaucoup ont succombé aux supposées vertus du pacifisme face à Hitler. Faut-il rappeler que le Parlement a même voté des pouvoirs au gouvernement Pétain, allié objectif de l’Allemagne.

Depuis des progrès considérables au plan économique et social  ont été réalisés mais les Français comme l’ensemble des Européens se sont réfugiés dans le confort de l’individualisme au détriment des enjeux collectifs de sociétés. Par lâcheté politique, on a même supprimé le service militaire pourtant si nécessaire à une politique de défense cohérente et si utile pour le brassage sociologique et les valeurs républicaines. Cela avec la complicité de nombre de hauts dignitaires militaires qui ne veulent pas partager le budget de défense avec des appelés. Pourtant depuis deux jours, certains anciens responsables conviennent que l’envoi de troupes au sol nécessitera beaucoup d’effectifs passant notamment par le service militaire obligatoire. On voit bien dans les conflits récents que les technologies seules sont insuffisantes sur le terrain des opérations et que les troupes au sol sont nécessaires.

Voir par exemple évidemment le conflit d’Ukraine mais aussi des conflits en Afrique et le conflit en Palestine. Globalement l’Europe dispose de moins de 1 million d’hommes tandis que la Russie peut déjà compter sur 2 millions. Quant à la France ses effectifs atteignent atteignent seulement 200 000 personnes. Une armée très complète mais miniature, témoins par exemple la France jetée en dehors de l’Afrique par la Russie.

Les experts vont objecter que l’Europe a pris conscience de ses insuffisances en matière de défense pour monter les budgets à hauteur de 2 % du PIB. Il faut d’abord noter que ces engagements ont rarement été tenus notamment en France et qu’il faudrait sans doute encore en doubler l’ampleur pour faire face aux enjeux.
Le monde politique actuel et la plupart de ses dirigeants ne se grandissent  pas en confortant les Français dans leur posture confortable du pseudo pacifisme. Une situation qui n’est pas nouvelle quand  la démagogie et le manque de courage caractérisent la plupart des projets politiques.

 

 

 

Politique de défense – Le renoncement sous couvert de pacifisme du monde politique et de l’opinion

Politique de défense – Le  renoncement sous couvert de pacifisme du monde politique et de l’opinion

Curieusement émergent à nouveau les vieux clivages concernant la problématique de la défense du pays. Comme lors de la dernière grande guerre, de l’extrême droite à l’extrême gauche en passant par la droite et la gauche classique, on  se réfugie derrière le drapeau du pacifisme pour n’avoir pas à prendre parti vis-à-vis des guerres existantes et potentielles .

Pour une fois, Macron,  avec retard,  fait preuve de pertinence en soulignant le danger de l’impérialisme russe et la nécessité le moment venu de s’y opposer. Il a même évoqué forcément la possibilité d’envoi de troupes au sol. Inutile de tourner autour du pot, cette position est largement minoritaire pour l’instant dans le pays. Minoritaire dans l’opinion publique mais plus inquiétant dans la plupart des partis. À l’extrême gauche comme à l’extrême droite qui se rejoignent finalement pour des motifs différents qui aboutissent au même résultat mais cela traverse aussi les partis de gouvernement comme les Républicains ou  le parti socialiste.

Évidemment cette position nouvelle de Macron ne le dédouane pas de ses contradictions, de ses atermoiements et de l’indigence de la politique  défense.

Il est clair en effet que la France qui dispose d’une armée très complète mais minuscule ne pourrait tenir longtemps seule face à la Russie. La perspective ne vaut donc que si elle prend une dimension européenne qui disposent  des moyens économiques et financiers. Reste la volonté de pays qui préfèrent se mettre à l’abri sous l’aile américaine dans le cadre de l’OTAN. Le problème, c’est que les Américains eux-mêmes souhaitent financièrement se désengager de l’OTAN à propos des dépenses militaires concernant l’Europe.

Or le danger Poutine est bien là et sa politique expansionniste lui permet de rester au pouvoir en alimentant en permanence le nationalisme russe. Le « salopard dément » comme l’appelle Biden va continuer de déstabiliser non seulement l’Europe mais le monde entier en se faisant le leader de ce moment sulfureux du » sud  globa »l. L’objectif étantde détruire le concept même de démocratie pour lui substituer  des systèmes illibéraux voire dictatoriaux.

La constitution d’un système de défense européen va sans doute devenir un objectif prioritaire par rapport aux autres aspects des politiques communes. Ce qui est en jeu comme déjà indiqué , c’est la démocratie et la liberté. Comme lors de la dernière guerre mondiale. Au départ il n’était pas nombreux les partisans de la résistance au fascisme. Beaucoup ont succombé aux supposées vertus du pacifisme face à Hitler. Faut-il rappeler que le Parlement a même voté des pouvoirs au gouvernement Pétain, allié objectif de l’Allemagne.

Depuis des progrès considérables au plan économique et social  ont été réalisés mais les Français comme l’ensemble des Européens se sont réfugiés dans le confort de l’individualisme au détriment des enjeux collectifs de sociétés. Par lâcheté politique, on a même supprimé le service militaire pourtant si nécessaire à une politique de défense cohérente et si utile pour le brassage sociologique et les valeurs républicaines. Cela avec la complicité de nombre de hauts dignitaires militaires qui ne veulent pas partager le budget de défense avec des appelés. Pourtant depuis deux jours, certains anciens responsables conviennent que l’envoi de troupes au sol nécessitera beaucoup d’effectifs passant notamment par le service militaire obligatoire. On voit bien dans les conflits récents que les technologies seules sont insuffisantes sur le terrain des opérations et que les troupes au sol sont nécessaires.

Voir par exemple évidemment le conflit d’Ukraine mais aussi des conflits en Afrique et le conflit en Palestine. Globalement l’Europe dispose de moins de 1 million d’hommes tandis que la Russie peut déjà compter sur 2 millions. Quant à la France ses effectifs atteignent atteignent seulement 200 000 personnes. Une armée très complète mais miniature, témoins par exemple la France jetée en dehors de l’Afrique par la Russie.

Les experts vont objecter que l’Europe a pris conscience de ses insuffisances en matière de défense pour monter les budgets à hauteur de 2 % du PIB. Il faut d’abord noter que ces engagements ont rarement été tenus notamment en France et qu’il faudrait sans doute encore en doubler l’ampleur pour faire face aux enjeux.
Le monde politique actuel et la plupart de ses dirigeants ne se grandissent  pas en confortant les Français dans leur posture confortable du pseudo pacifisme. Une situation qui n’est pas nouvelle quand  la démagogie et le manque de courage caractérisent la plupart des projets politiques.

 

 

 

Monde agricole : une grande diversité sociologique et de problèmes

Monde agricole : une grande diversité sociologique et de problèmes

par Gilles Laferté, chercheur en sciences sociales spécialiste des agriculteurs dans the Conversation

Médiatiquement, il est souvent question des agriculteurs, comme si ces derniers représentaient un groupe social unifié. Est-ce le cas ?

D’un point de vue administratif, institutionnel, du point de vue de la description économique d’une tâche productive, « les agriculteurs », entendus comme les exploitants agricoles, ça existe. Mais d’un point de vue sociologique, non, ce n’est pas un groupe. Les viticulteurs de régions canoniques du vin, ou les grands céréaliers des régions les plus productives, n’ont pas grand-chose à voir avec les petits éleveurs, les maraîchers ou ceux qui pratiquent une agriculture alternative.

Le sociologue aura dont plutôt tendance à rattacher certains d’entre eux aux catégories supérieures, proches des artisans, commerçants, chefs d’entreprises voire des cadres, et d’autres aux catégories supérieures des classes populaires. La plupart des agriculteurs sont proches des pôles économiques, mais une partie, sont aussi fortement dotés en capitaux culturels. Et, encore une fois, même dans les classes populaires, les agriculteurs y seront à part. C’est une classe populaire à patrimoine, ce qui les distingue de manière très décisive des ouvriers ou des petits employés.

Dans l’histoire de la sociologie, les agriculteurs ont d’ailleurs toujours été perçus comme inclassables. Ils sont autant du côté du capital que du travail. Car ils sont propriétaires de leur propre moyen de production, mais en revanche ils n’exploitent souvent personne d’autre qu’eux-mêmes et leur famille, pour une grande partie. Autre dualité dans leur positionnement : ils sont à la fois du côté du travail en col blanc avec un ensemble de tâches administratives de planification, de gestion, de projection d’entreprise sur le futur, de captation de marchés, mais ils sont aussi du côté du col bleu, du travail manuel, de ses compétences techniciennes.

Comment expliquer alors qu’en France, ce groupe soit encore si souvent présenté comme unifié ?

Cette illusion d’unité est une construction à la fois de l’État et de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) pour un bénéfice mutuel historique : celle d’une co-gestion. Globalement, l’État s’adresse aux agriculteurs via ce syndicat dominant, pour tâcher de bâtir une politique publique agricole cohérente. Même si la co-gestion a été dépassée pour être plus complexe, cette idée que l’agriculture était une histoire entre l’État et les agriculteurs perdure comme on le voit dans les syndicats invités à Matignon, uniquement la FNSEA au début de la crise. La FNSEA a tenté historiquement de rassembler les agriculteurs pour être l’interlocuteur légitime. Mais cet état des lieux est aussi le fruit de l’action historique de l’État, qui a forgé une batterie d’institutions agricoles depuis la IIIème République avec le Crédit Agricole, une mutuelle sociale agricole spécifique, des chambres d’agriculture… Jusque dans les statistiques, les agriculteurs sont toujours un groupe uni, à part, ce qui est une aberration pour les sociologues.

Tout cela a produit l’image d’une existence singulière et unifiée du monde agricole, et dans le quotidien des agriculteurs, on trouve l’écho de cela dans des pratiques sociales communes instituées : l’immense majorité des agriculteurs va de fait à la chambre de l’agriculture, au Crédit Agricole ou à Groupama, ils sont tous affiliés à la mutuelle sociale agricole.

Lorsqu’un agriculteur est présenté, c’est souvent par son type d’activité, la taille de son exploitation, son revenu, son appartenance syndicale. Ces critères sont-ils suffisants pour comprendre sa singularité ?

Ces critères sont pertinents mais pas suffisants. D’abord, ils sont en général assez liés. Le type de culture, et ensuite la taille de l’exploitation sont très prédictives du revenu, avec des filières particulièrement rémunératrices (céréales, viticulture), qui garantissent, avec un nombre d’hectares suffisants, des revenus, et, en bas de l’échelle, le lait, le maraîchage, beaucoup moins rémunérateur. Cette réalité est d’ailleurs assez injuste car les filières les moins rémunératrices sont aussi celles où l’on travaille le plus, du fait des contraintes de traite, de vêlage.

Ensuite, bien sûr, l’appartenance syndicale est très importante, elle situe l’univers de référence, le sens politique d’un agriculteur, son projet de société derrière son activité, avec par exemple une logique productiviste derrière la FNSEA ; une politisation bien à droite, aujourd’hui proche du RN, de plus en plus assumée ces derniers jours du côté de la Coordination Rurale ; et enfin des projets alternatifs, centrés autour de petites exploitations, d’accélération de la transition avec la Confédération Paysanne.

Mais ces critères sont loin d’être suffisants, ceux des générations et des origines sociales sont devenus également déterminants.

Car il faut garder en tête que le groupe agricole est aujourd’hui un groupe âgé, avec une moyenne d’âge d’actifs qui dépasse les cinquante ans en moyenne. Le monde agricole est donc traversé par un enjeu de renouvellement des générations. Ce même monde agricole est aussi un des groupes les plus endogames qui soient. Être agriculteur, c’est surtout être enfant d’agriculteur ou marié à un enfant d’agriculteur, avec des croisements d’alliances historiquement importants à l’échelle du village, du canton, qui fait que les agriculteurs d’aujourd’hui, sont le produit des alliances des agriculteurs d’hier. Ceux qui ont raté ces étapes matrimoniales ont déjà quitté les mondes agricoles.

Mais aujourd’hui, cette réalité est en train de se fissurer. Pour renouveler les groupes agricoles, il faut donc aller puiser dans d’autres groupes sociaux, et les enfants d’agriculteurs d’aujourd’hui ne feront plus l’écrasante majorité des agriculteurs de demain. Des enfants d’autres groupes sociaux sont également attirés par les métiers agricoles. À ce titre, un slogan du mouvement actuel est très intéressant : « l’agriculture : enfant on en rêve, adulte on en crève ».

Cette façon dont l’agriculture fait rêver est un vrai phénomène nouveau, non pas pour les enfants d’agriculteurs, qui sont socialisés à aimer leur métier très tôt, mais pour les groupes extérieurs aux mondes agricoles. L’agriculture incarne désormais quelque chose de particulier dans les possibles professionnels, un métier qui a du sens, qui consisterait à nourrir ses contemporains, avec des productions qui seraient de qualité, pour la santé de chacun, soit une mission très noble. C’est une sorte d’anti-finance, d’anti « bullshit jobs » pour parler comme l’anthropologue David Graeber.

Tout cela génère d’énormes écarts dans le monde agricole entre ceux qui partent et ceux qui arrivent, ceux qui croient en la fonction productiviste de l’agriculture pour gagner des revenus corrects, et ceux qui veulent s’inscrire dans un monde qui a du sens. On trouve ainsi beaucoup de conflits sur les exploitations agricoles entre générations, entre anciens agriculteurs et nouveaux arrivants mais aussi des conflits familiaux. Les nouvelles générations, plus elles sont diplômées d’écoles d’agronomie distinctives, plus elles sont formées à l’agroécologie et plus elles vont s’affronter au modèle parental productiviste.

On entend beaucoup d’agriculteurs s’inquiéter que leur monde disparaisse, n’est-il pas seulement en train de changer ?

Le discours de la mort de l’agriculture est tout sauf nouveau. Un des plus grands livres de la sociologie rurale s’appelle d’ailleurs La Fin des paysans. Il est écrit en 1967. Depuis lors, les paysans se sont effectivement transformés en agriculteurs, et aujourd’hui, on parle de moins en moins d’agriculteurs et de plus en plus d’exploitants agricoles, voire d’entrepreneurs agricoles, à tel point que l’on pourrait écrire La Fin des agriculteurs. De fait, c’est la fin d’un modèle, d’une période de politique publique qui favorisait uniquement le productivisme. Cela ne veut bien sûr pas dire qu’il n’y aura plus de grandes exploitations productivistes, mais c’est la fin d’un mono bloc concentré sur l’idée principale de la production, de développement maximum des intrants et de la mécanisation.

Aujourd’hui, il y a d’autres modèles alternatifs qui sont en place, incluant l’environnement, la santé des agriculteurs et des ruraux, et qui cherche un autre modèle de vie, qui ne serait plus seulement fondé sur l’accumulation matérialiste.

Les agriculteurs en ont conscience, leur modèle est en pleine transformation, et d’ailleurs les agriculteurs d’aujourd’hui eux-mêmes ne veulent plus vivre comme leur parent. Ils revendiquent une séparation des scènes familiales et professionnelles, et aspirent donc à ne pas nécessairement vivre sur l’exploitation, pouvoir partir en vacances, avoir du temps à soi, un modèle plus proche du monde salarial en général. Donc si les agriculteurs crient à la fin d’un monde, ils sont aussi les premiers à espérer vivre autrement.

Et ceux qui sont en colère aujourd’hui ne le sont pas que contre l’Europe, l’État, la grande distribution, les normes, mais également contre eux-mêmes, leurs enfants, leurs voisins. Ils voudraient incarner la transformation mais ils n’ont pas les moyens d’accélérer le changement et subissent des normes qui vont plus vite qu’eux.

Ceux qui manifestent pour avoir du gazole moins cher et des pesticides savent qu’ils ont perdu la bataille, et qu’ils ne gagneront qu’un sursis de quelques années, car leur modèle n’est tout simplement plus viable. Ils sont aussi en colère contre les syndicats qui étaient censés penser pour eux la transformation nécessaire. La FNSEA ne maîtrise pas vraiment le mouvement. Ils savent qu’ils ne peuvent plus modifier la direction générale du changement en cours, ils souhaitent seulement être mieux accompagnés ou a minima, le ralentir.

Si l’on revient à l’idée d’un monde agricole qui se meurt, difficile de ne pas penser également au nombre de suicides parmi les agriculteurs, avec deux suicides par jour en moyenne.

Ces chiffres dramatiques sont effectivement les plus élevés parmi les groupes professionnels. Ils sont aussi révélateurs des immenses changements du monde agricole depuis un siècle. L’étude des suicides est un des premiers grands travaux de la sociologie avec Émile Durkheim. Or lorsque celui-ci étudie cette question, à la fin du XIXème siècle, le groupe agricole était alors celui qui se suicidait le moins. Il y avait peu de suicides car le monde agricole formait un tissu social très riche avec des liens familiaux, professionnels et villageois au même endroit.

Or aujourd’hui, on voit plutôt des conflits entre scène professionnelle et personnelle, une déconnexion avec le village et des tensions sur les usages productifs, résidentiels ou récréatifs de l’espace. Ce qui était cohérent et cohésif est devenu explosif, provoquant un isolement des agriculteurs les plus fragiles dans ces rapports de force. La fuite en avant productiviste, l’angoisse des incertitudes marchandes, l’apparition des normes à rebours des investissements réalisés, l’impossible famille agricole entièrement consacrée à la production et les demandes sociales, générationnelles, pour le changement agricole, placent les plus fragiles dans des positions socialement intenables. Le sur-suicide agricole est en tout cas un indicateur d’un malaise social collectif, bien au-delà des histoires individuelles que sont aussi chacun des suicides.

Société- Foot : Stéphanie Frappart, meilleure arbitre féminine du monde pour la cinquième année consécutive

Société- Foot : Stéphanie Frappart, meilleure arbitre féminine du monde pour la cinquième année consécutive


L’arbitre française a été désignée pour la cinquième année consécutive, meilleure arbitre féminine du monde par la Fédération internationale de l’histoire du football et des statistiques (FIHFS), mercredi 3 janvier. Avec 116 points, celle qui est devenue en 2022 la première femme à officier lors d’un match de phase finale de Coupe du monde masculine, devance l’Américaine Tori Penso (99 points), arbitre de la finale du Mondial féminin 2023. La Galloise Cheryl Foster (54 points) complète le podium.

Pionnière dans son domaine en étant la première femme à être l’arbitre principale d’un match de Ligue 1 (Amiens-Strasbourg, le 28 avril 2019) puis de Ligue des champions (Juventus-Dynamo Kiev, le 2 décembre 2020), Stéphanie Frappart se rapproche, avec ce cinquième sacre d’affilée, du record absolu, établi par Pierluigi Collina. Entre 1998 et 2003, l’Italien a obtenu six FIHFS awards consécutifs.

Chez les hommes, c’est le Polonais Szymon Marciniak, arbitre de la finale de la dernière Coupe du monde qui s’est imposé. Les Français Clément Turpin (troisième) et François Letexier (sixième), ont intégré le top 10.

Une question cependant pourquoi classer séparément les hommes et les femmes alors que les uns et les autres arbitrent désormais les mêmes matchs ?

Monde hyper numérique: Vers l’overdose ?

Monde hyper numérique: Vers l’overdose ?

Un papier très intéressant des Echos évoque la problématique de l’envahissement du numérique dans l’économie et au-delà dans la société tout entière. Nous passons déjà en moyenne 40 % de notre vie éveillée devant les écrans. Mais selon Bruno Patino, nous n’avons encore rien vu. Car avec l’intelligence artificielle générative, nous entrons dans l’ère de la propagation exponentielle, la copie infinie et la dissémination illimitée.

Pour Bruno Patino, le risque devient celui de l’extinction du désir. « Si l’on n’y prend garde, il n’y aura bientôt plus assez d’attention pour supporter l’économie qui s’est mise en place. »
Pour Bruno Patino, le risque devient celui de l’extinction du désir. « Si l’on n’y prend garde, il n’y aura bientôt plus assez d’attention pour supporter l’économie qui s’est mise en place. »

Nous sommes tous de grands malades en voie de rémission potentielle. Autant le dire d’emblée : il faut prendre le diagnostic limpide de « Submersion » avec un zeste de philosophie. Le sujet de Bruno Patino – président d’Arte et auteur de « La Civilisation du poisson rouge » (Grasset, 2019) – est « la révolution dans la révolution » : l’émergence des intelligences artificielles génératives dans la société du réseau.

Il traite du déluge d’infos et de signes que nous subissons déjà et qui va forcément s’amplifier avec l’IA, alors que nous nous sentons complètement submergés et épuisés. Ce que Patino appelle le « triomphe possible du calcul permanent », c’est la dictature des algorithmes et l’émergence d’une « société du simulacre » où la liberté de choix est progressivement réduite à la portion congrue. Mais c’est aussi un tableau saisissant de notre apathie face au tsunami de signes alimenté par les nouveaux maîtres de cette société du simulacre (Google, Amazon, Meta ou TikTok…)

« Nous n’avons rien vu venir et nous n’avons encore rien vu », pronostique Bruno Patino. Le flot est devenu déluge. Son débit asphyxie notre capacité de réflexion. Les années 2006-2007 avaient amorcé l’ère de la connexion permanente avec l’invention de l’iPhone (donc du smartphone). Dans une première partie, l’auteur brosse le décor effrayant d’une société de la connexion permanente où nous errons tels des papillons hébétés et affolés en zappant d’application en application.

C’est ce que Patino appelle avec justesse « la routine des nuques baissées », celle des nouveaux esclaves de l’économie de l’attention, obsédés par leur dose quotidienne de dopamine. Le combat a remplacé le débat. La polarisation des échanges règne en maître dans l’« émocratie » triomphante. Le risque devient celui de l’extinction du désir. « Un constat vertigineux peut être dressé : si l’on n’y prend garde, il n’y aura bientôt plus assez d’attention pour supporter l’économie qui s’est mise en place. »

Deux chiffres démesurés : en 2023, nous passons en moyenne 40 % de notre vie éveillée sur les écrans et nous sommes 4,7 milliards d’humains à interagir sur les réseaux sociaux. Les poissons rouges sont devenus des oies blanches gavées au numérique : 32.000 heures de programmes disponibles sur Netflix en France, 80 millions de titres en moyenne sur Spotify et 100 millions sur Apple Music…

Or, l’utopie de la liberté du choix illimité conduit à la paralysie ou à l’indécision, comme l’a montré le psychologue Barry Schwartz dans « Le Paradoxe du choix ». L’infobésité engendre l’épuisement. Trop d’informations tue l’information. Cela tombe bien. Car l’économie numérique n’attend que cela : le « soulagement de la délégation ». L’algorithme va nous sauver, assurent les plateformes. L’intelligence artificielle devient notre anxiolytique et notre planche de salut en nous autorisant à… ne plus choisir.

Et ce n’est qu’un début. Car nous entrons désormais dans l’ère de la « propagation exponentielle » où la production infinie vient s’ajouter à la copie infinie et à la dissémination illimitée, « trois fonctions orchestrées par des machines ». Près de 70 ans après l’invention du premier robot conversationnel Eliza en 1966, le « deep learning » (la création de modèles imitant les techniques d’apprentissage du cerveau humain) vient bouleverser le monde du travail et l’univers de la connaissance.

Autant le dire d’emblée : le livre de Bruno Patino donne parfois envie de jeter son smartphone par-dessus bord… ou de le ranger dans la boîte à gants. Mais il est encore moins virulent que celui du philosophe Eric Sadin, « Vie spectrale », paru au même moment chez le même éditeur.

L’un et l’autre s’accordent sur le fait que la société du simulacre menace de saper profondément la confiance dans les médiateurs (médias, plateformes, institutions). Mais là où Bruno Patino mise encore sur un rôle accru des médiateurs et des tiers de confiance pour maîtriser la submersion et « construire le discernement », Eric Sadin ne cache pas ses sérieux doutes sur les moyens de contrer l’impact dévastateur du « tournant injonctif » lié à l’usage systématisé des IA et du robot conversationnel ChatGPT.

Sans compter l’ouragan social qu’il risque de provoquer sur un grand nombre de professions. Farouche critique de longue date de la « doxa techno-libérale », Eric Sadin pourfend les manoeuvres pathétiques des régulateurs européens pour parer aux risques et menaces liées à la captation des données personnelles ou aux manipulations de l’information.

Autant de remèdes de fortune dérisoires à ses yeux. Non seulement l’addiction aux écrans n’a fait qu’encourager une « neutralisation sournoise » de nos capacités à agir, mais l’avènement des IA génératives va accélérer cette privation progressive de notre droit naturel à la libre autodétermination.

C’est ce que l’auteur de « La Vie spectrale » – essai critique sur l’effet poudre aux yeux de l’ère du métavers et des IA génératives – décrit comme « la fatigue d’être soi » ou le « devenir-légume » de l’humanité. A chacun sa prophétie.

Economie et finances: un monde de casino ?

Economie et finances: un monde de casino ?

« Nous vivons mondialement une économie de casino avec des montages financiers toujours plus complexes »

Partant de la myopie des agences de notation qui n’ont pas vu les faillites bancaires, les professeurs de finance Eric André et d’économie Bernard Laurent jugent, dans une tribune au « Monde », que l’endettement privé est plus inquiétant que les déficits publics.

L’actualité économique française est névrotiquement subordonnée aux évaluations données par les agences de notation sur la dette française. Après une semaine d’anxiété à guetter la décision de l’agence Standard and Poor’s, celle-ci a, vendredi 1er décembre, maintenu son évaluation précédente, assortie toutefois d’une perspective négative.

par Eric André

Professeur de finance, EMLyon Business School

Bernard Laurent

Professeur d’économie,EMLyon Business School dans the conversation.

Les commentateurs n’ont pas cessé de rappeler les décisions précédentes des autres agences, la dégradation opérée par Fitch en avril et la moindre sévérité de Moody’s quelques mois plus tard. Le gouvernement, de son côté, n’a pas ménagé sa peine pour convaincre les acteurs des marchés financiers de sa farouche détermination à réduire les déficits publics.

Cette obsession à traquer l’endettement public nous laisse perplexes. Ces agences, qui évaluent la gestion des Etats en les encourageant à respecter l’équilibre budgétaire censé incarner la vertu, sont celles qui n’ont en rien anticipé la chute de la banque Lehman Brothers, en 2008. Par ailleurs, les acteurs des marchés financiers, qui attendent avec impatience le verdict de ces mêmes agences pour mieux faire régner l’orthodoxie libérale, sont ceux-là mêmes qui ont été sauvés par de l’argent public en 2008, puis en 2020.

En 2008, pour éviter l’effondrement des économies sur le modèle de ce que l’on connut dans les années 1930, les Etats et les banques centrales n’ont pas ménagé leurs efforts pour soutenir les banques, les marchés financiers et les entreprises, à telle enseigne que le déficit public américain plongera à 11,2 % du PIB en 2009 tandis que les banques centrales déploieront des trésors d’ingénuité pour multiplier les injections de monnaie en direction des acteurs privés.

Pudiquement on nomma « non conventionnelles » ces politiques que l’on aurait dû qualifier de totalement hétérodoxes, au point que Jens Weidman, l’ancien président de la banque centrale allemande les qualifiera de diaboliques. Au total, vingt-cinq ans plus tard, les bilans des banques centrales sont toujours quatre, six, voire huit fois plus élevés qu’en 2008.

Cet argent magiquement distribué a certes évité l’effondrement des économies, mais il a surtout favorisé la spéculation et, partant, l’envolée des cours de Bourse sans lien avec la santé des économies

Economie: un monde de casino ?

Economie: un monde de casino ?

« Nous vivons mondialement une économie de casino avec des montages financiers toujours plus complexes »

Partant de la myopie des agences de notation qui n’ont pas vu les faillites bancaires, les professeurs de finance Eric André et d’économie Bernard Laurent jugent, dans une tribune au « Monde », que l’endettement privé est plus inquiétant que les déficits publics.

L’actualité économique française est névrotiquement subordonnée aux évaluations données par les agences de notation sur la dette française. Après une semaine d’anxiété à guetter la décision de l’agence Standard and Poor’s, celle-ci a, vendredi 1er décembre, maintenu son évaluation précédente, assortie toutefois d’une perspective négative.

par Eric André

Professeur de finance, EMLyon Business School

Bernard Laurent

Professeur d’économie,EMLyon Business School dans the conversation.

Les commentateurs n’ont pas cessé de rappeler les décisions précédentes des autres agences, la dégradation opérée par Fitch en avril et la moindre sévérité de Moody’s quelques mois plus tard. Le gouvernement, de son côté, n’a pas ménagé sa peine pour convaincre les acteurs des marchés financiers de sa farouche détermination à réduire les déficits publics.

Cette obsession à traquer l’endettement public nous laisse perplexes. Ces agences, qui évaluent la gestion des Etats en les encourageant à respecter l’équilibre budgétaire censé incarner la vertu, sont celles qui n’ont en rien anticipé la chute de la banque Lehman Brothers, en 2008. Par ailleurs, les acteurs des marchés financiers, qui attendent avec impatience le verdict de ces mêmes agences pour mieux faire régner l’orthodoxie libérale, sont ceux-là mêmes qui ont été sauvés par de l’argent public en 2008, puis en 2020.

En 2008, pour éviter l’effondrement des économies sur le modèle de ce que l’on connut dans les années 1930, les Etats et les banques centrales n’ont pas ménagé leurs efforts pour soutenir les banques, les marchés financiers et les entreprises, à telle enseigne que le déficit public américain plongera à 11,2 % du PIB en 2009 tandis que les banques centrales déploieront des trésors d’ingénuité pour multiplier les injections de monnaie en direction des acteurs privés.

Pudiquement on nomma « non conventionnelles » ces politiques que l’on aurait dû qualifier de totalement hétérodoxes, au point que Jens Weidman, l’ancien président de la banque centrale allemande les qualifiera de diaboliques. Au total, vingt-cinq ans plus tard, les bilans des banques centrales sont toujours quatre, six, voire huit fois plus élevés qu’en 2008.

Cet argent magiquement distribué a certes évité l’effondrement des économies, mais il a surtout favorisé la spéculation et, partant, l’envolée des cours de Bourse sans lien avec la santé des économies

Politique: le temps des présidents fous dans le monde ?

Politique: le temps des présidents fous dans le monde ?


Si les conflits n’affectent pas la totalité de la planète, il n’en reste pas moins que d’une façon générale les populations sont assez inquiètes par cette ambiance conflictuelle qui règne dans de nombreuses zones. Il y a bien sûr des conflits d’intérêts, de sensibilités politiques, sociétales ou religieuses qui sont à l’origine d’affrontements. Le phénomène n’est pas nouveau il traverse l’histoire mais dans le moment présent, ce qui caractérise la période, c’est la présence de nombreux dirigeants qui frôlent la démence.

Au sommet on trouve sans doute Poutine qui affame sa population pour des objectifs de guerre chimériques et au passage pour détourner personnellement une grande partie de la richesse du pays. Une sorte de dictateur fou et criminel. Derrière ,il y a le président chinois Xi moins volubile mais qui fait régner la dure dictature en s’appuyant sur des millions de membres du parti communiste dont 1 million se répartissent aussi les richesses. Le pays réussissant- si l’on peut dire- à faire cohabiter dictature communiste et exubérance capitaliste. Reste que la dictature et la dictature et freinent le développement et l’initiative au point que la Chine aujourd’hui connaît une très grave crise économique, démographique mais aussi politique. Le président chinois conduit aussi son pays dans le mur.

D’autres dirigeants de moindre importance côtoient aussi la folie, c’est le cas du président turc Erdogan ancien laïc reconverti à l’islamisme et dont l’économie et la société sont dans un état lamentable. Ne parlons pas du président nord-coréen complètement dément. Aux États-Unis même il y a Trump , clown des médias qui réussit à endoctriner les plus naïfs avec des propos surréalistes mais dangereux. On pourrait citer bien d’autres exemples notamment les mollahs complètement dérangés de l’Iran capables de tuer pour un foulard sur les cheveux mal placé et agitateurs patentés dans les pays musulmans. Nombre de ces pays n’accordent d’ailleurs aucune importance à la vie humaine y compris de leurs propres ressortissants

Dans d’autres pays, c’est moins la folie que la démagogie qui caractérise la psychologie des dirigeants perdus dans la complexité des mutations en cours et qui se réfugient dans le simplisme, le nationalisme voire le racisme. Trop de dirigeants en Amérique, en Europe ou encore en Afrique fuient leur responsabilité face à l’ampleur et à la complexité de la crise.

Manque de vision et manque de courage les caractérisent. Ils se battent comme des chiens pour parvenir au pouvoir mais une fois parvenus au sommet sont comme paralysés et se réfugient dans la démagogie et le populisme. Dernier exemple en date avec le nouveau président d’Argentine, copie de Trump et qui se définit comme un à anarcho-capitaliste !

La France est évidemment aussi affectée par un certain dérèglement mental des dirigeants. Le dernier en date étant évidemment Macron qui confond monarchie et démocratie, sans ligne idéologique et politique claire et qui fonctionne au gré des à-coups de l’actualité multipliant ainsi les contradictions. Il y a aussi un grain de folie chez cet homme complètement hors sol et au demeurant en plus sans courage. Un responsable qui bafoue chaque jour la démocratie, complètement nombriliste même pas capable de constater qu’il finira comme Louis XV, complètement détesté.

Dans l’histoire, le monde politique a pu bénéficier de la vision pertinente et du courage de certains grands hommes politiques. On peut espérer qu’il en viendra d’autres mais dans la période force est de constater qu’on doit trop souvent se contenter de déments, de frileux et au mieux d’incompétents. La faute sans doute aussi au peuple qui ont parfois les dirigeants qu’ils méritent.

Argentine : encore un président fou de plus dans le monde !

Argentine : encore un président fou de plus dans le monde !

De toute évidence Trump fait des émules avec ses propos complètement provocateurs et irresponsables. Ainsi le nouveau président d’Argentine se présente lui aussi comme un responsable anti système. Avec des propositions ultralibérales mais provocatrices voire complètement dingues. Par exemple quand il attaque la valeur de la monnaie argentine qui du coup s’est écroulée un peu plus sur les marchés.

Dans un style particulièrement provocateur, le nouveau président a attaqué les grandes institutions de l’État, les «gauchistes» ou encore «l’idiot qui se trouve à Rome» en faisant référence au pape.

L’ultralibéral chef d’État s’est défini en ces termes pour «anarcho capitaliste». «Je suis le général AnCap [anarcho capitaliste]. Je viens de Liberland, une terre créée sur le principe de l’appropriation originelle de l’homme (…) Ma mission est de botter les fesses des keynésiens et des collectivistes de merde.» Le président élu explique en ces termes son programme libéral dans lequel il prévoit de couper «à la tronçonneuse» les budgets de l’État.

Le nouveau président argentin a notamment déclaré lors d’une interview réalisée au Chili, qu’il préférait la mafia à l’État, rapporte la revue Le Grand Continent . «Entre la mafia et l’État, je préfère la mafia. La mafia a des codes, elle tient ses engagements, elle ne ment pas, elle est compétitive.»

La vérité c’est que l’intéressé a moins été élu par adhésion à ses orientations d’anarchistes capitalistes que par rejet d’une classe politique qui a largement échoué et plongé le pays dans une crise structurelle et dangereuse.

Javier Milei a notamment promis de supprimer le ministère de la Santé, le ministère de l’Éducation, des Affaires sociales et celui du Droit des femmes. Il veut que le secteur privé prenne en charge la santé et l’éducation, et supprimer les aides sociales pour rétablir les comptes de l’État.

Politique: l’époque des présidents fous dans le monde ?

Politique: l’époque des présidents fous dans le monde ?


Si les conflits n’affectent pas la totalité de la planète, il n’en reste pas moins que d’une façon générale les populations sont assez inquiètes par cette ambiance conflictuelle qui règne dans de nombreuses zones. Il y a bien sûr des conflits d’intérêts, de sensibilités politiques, sociétales ou religieuses qui sont à l’origine d’affrontements. Le phénomène n’est pas nouveau il traverse l’histoire mais dans le moment présent, ce qui caractérise la période, c’est la présence de nombreux dirigeants qui frôlent la démence.

Au sommet on trouve sans doute Poutine qui affame sa population pour des objectifs de guerre chimériques et au passage pour détourner personnellement une grande partie de la richesse du pays. Une sorte de dictateur fou et criminel. Derrière ,il y a le président chinois Xi moins volubile mais qui fait régner la dure dictature en s’appuyant sur des millions de membres du parti communiste dont 1 million se répartissent aussi les richesses. Le pays réussissant- si l’on peut dire- à faire cohabiter dictature communiste et exubérance capitaliste. Reste que la dictature et la dictature et freinent le développement et l’initiative au point que la Chine aujourd’hui connaît une très grave crise économique, démographique mais aussi politique. Le président chinois conduit aussi son pays dans le mur.

D’autres dirigeants de moindre importance côtoient aussi la folie, c’est le cas du président turc Erdogan ancien laïc reconverti à l’islamisme et dont l’économie et la société sont dans un état lamentable. Ne parlons pas du président nord-coréen complètement dément. Aux États-Unis même il y a Trump , clown des médias qui réussit à endoctriner les plus naïfs avec des propos surréalistes mais dangereux. On pourrait citer bien d’autres exemples notamment les mollahs complètement dérangés de l’Iran capables de tuer pour un foulard sur les cheveux mal placé et agitateurs patentés dans les pays musulmans. Nombre de ces pays n’accordent d’ailleurs aucune importance à la vie humaine y compris de leurs propres ressortissants

Dans d’autres pays, c’est moins la folie que la démagogie qui caractérise la psychologie des dirigeants perdus dans la complexité des mutations en cours et qui se réfugient dans le simplisme, le nationalisme voire le racisme. Trop de dirigeants en Amérique, en Europe ou encore en Afrique fuient leur responsabilité face à l’ampleur et à la complexité de la crise.

Manque de vision et manque de courage les caractérisent. Ils se battent comme des chiens pour parvenir au pouvoir mais une fois parvenus au sommet sont comme paralysés et se réfugient dans la démagogie et le populisme.

La France est évidemment aussi affectée par un certain dérèglement mental des dirigeants. Le dernier en date étant évidemment Macron qui confond monarchie et démocratie, sans ligne idéologique et politique claire et qui fonctionne au gré des à-coups de l’actualité multipliant ainsi les contradictions. Il y a aussi un grain de folie chez cet homme complètement hors sol et au demeurant en plus sans courage. Un responsable qui bafoue chaque jour la démocratie, complètement nombriliste même pas capable de constater qu’il finira comme Louis XV, complètement détesté.

Dans l’histoire, le monde politique a pu bénéficier de la vision pertinente et du courage de certains grands hommes politiques. On peut espérer qu’il en viendra d’autres mais dans la période force est de constater qu’on doit trop souvent se contenter de déments, de frileux et au mieux d’incompétents. La faute sans doute aussi au peuple qui ont parfois les dirigeants qu’ils méritent.

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