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Coronavirus: 160.000 CAS PAR JOUR DANS LE MONDE DEPUIS UNE SEMAINE

Coronavirus:  160.000 CAS PAR JOUR DANS LE MONDE DEPUIS UNE SEMAINE

Le nombre de personnes contaminées chaque jour par le nouveau coronavirus dans le monde dépasse les 160.000 depuis une semaine, a annoncé ce mercredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« Depuis une semaine, le nombre de nouveaux cas dépasse les 160.000 par jour. 60% de tous les cas de Covid-19 recensés jusqu’à présent ont été signalés au cours du mois dernier », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d’une conférence de presse virtuelle.

La pandémie de Covid-19 a fait plus de 511.000 morts dans le monde depuis que la Chine a fait officiellement état de l’apparition de la maladie en décembre. Plus de 10,5 millions de cas ont été recensés dont au moins 5,3 millions sont aujourd’hui considérés comme guéris.

« Nous ne nous lasserons jamais de dire que la meilleure façon de sortir de cette pandémie est d’adopter une approche globale », a indiqué Tedros Adhanom Ghebreyesus, en appelant une fois de plus à respecter les règles de distanciation, à détecter et isoler les cas, à placer en quarantaine leurs contacts, et à porter un masque lorsque c’est nécessaire.

 

Il faut « tout faire », a-t-il insisté, en indiquant que les pays qui ont adopté « cette approche globale » ont réussi à interrompre la transmission du nouveau coronavirus. « L’une des leçons de la pandémie est que quelle que soit la situation d’un pays, elle peut être renversée. Il n’est jamais trop tard », a-t-il dit.

A ce propos, le chef de l’OMS a indiqué que l’Italie et l’Espagne, bien que confrontés à une « situation décourageante » lorsqu’ils étaient à l’épicentre de la pandémie en mars, sont parvenus à maîtriser l’épidémie grâce à une « combinaison de leadership, d’humilité, de participation active de chaque membre de la société et de mise en oeuvre d’une approche globale ».

Coronavirus monde : la pandémie s’accélère

Coronavirus monde : la pandémie s’accélère

. Avec plus de 500.000 morts dans le monde depuis décembre, selon un bilan établi lundi par l’AFP, la pandémie de Covid-19  »est loin d’être finie » et même elle « s’accélère », a averti ce jour l’Organisation mondiale de la santé. « Demain, six mois se seront écoulés depuis que l’OMS a reçu les premiers rapports concernant un groupe de cas de pneumonie de cause inconnue en Chine. (…) Nous voulons tous que cela se termine. Mais la dure réalité est que c’est loin d’être fini », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, au cours d’une conférence de presse virtuelle.

Les 10 millions de cas diagnostiqués dans le monde ne reflètent qu’en partie le nombre réel de contaminations. En effet, certains pays ne testent que les cas graves, alors que d’autres utilisent les tests en priorité pour le traçage. A cela s’ajoutent les nombreux pays pauvres qui ne disposent que de capacités de dépistage limitées.

Pays le plus touché, les États-Unis, qui ont recensé leur premier décès lié au coronavirus début février, dénombrent 125.803 décès pour 2.549.069 cas. Au moins 685.164 personnes ont été déclarées guéries. Les pays d’Amérique latine quant à eux font face, ces dernières semaines, à une explosion du nombre de contaminations. Aujourd’hui, le Brésil recense 57.622 morts pour 1.344.143 cas. La pandémie a été aggravée par des infrastructures et du matériel médical plus défaillants qu’en Europe ou qu’aux Etats-Unis, lié au manque de moyens.

L’Europe justement totalise ce lundi 196.273 décès. Le Royaume-Uni a été le plus touché avec 43.550 morts (311.151 cas), suivi de l’Italie avec 34.738 morts (240.310 cas), et de la France avec 29.778 morts (199.343 cas).

Enfin, la Chine, actuellement confrontée à un rebond de l’épidémie, (sans les territoires de Hong Kong et Macao) a officiellement dénombré un total de 83.512 cas, dont 4.634 décès, et 78.460 guérisons. La Chine a confiné de nouveau, ce dimanche 28 juin, près d’un demi-million de personnes dans un canton situé à 60 km au sud de Pékin.

Microsoft : fermeture de tous les magasins dans le monde

Microsoft : fermeture de tous les magasins dans le monde

Microsoft a annoncé ce vendredi qu’il allait fermer la quasi-totalité de ses magasins dans le monde, l’essentiel de ses ventes se faisant désormais sur internet.

 «Nos ventes ont progressé en ligne à mesure que notre catalogue de produits s’est étoffé de nombreuses offres numériques, et notre super équipe a démontré sa capacité à servir nos clients au-delà des lieux physiques», a précisé David Porter, le vice-président du groupe en charge des enseignes, dans un communiqué. La centaine de magasins fermés pendant la crise sanitaire ne rouvriront pas, a fait savoir l’entreprise, qui a en revanche l’intention de créer des «Centres de l’expérience Microsoft», à Londres, New York, Sydney et au siège à Redmond dans l’Etat de Washington (ouest). Le géant de l’informatique estime que ses sites internet de vente, y compris Xbox et Windows, sont visités par plus de 1,2 milliard de personnes tous les mois dans 190 marchés. Le nombre d’employés affectés par cette décision n’était pas disponible immédiatement.

«Nos équipes vont continuer à servir nos clients depuis nos bureaux ou depuis chez eux et nous allons continuer à développer notre équipe diverse», a détaillé David Porter dans une note sur Linkedin, le réseau professionnel qui appartient au groupe. Il s’est félicité de la flexibilité des employés, qui ont passé le confinement à faire des formations pour les entreprises, les institutions et les écoles, ou à répondre aux questions des clients par téléphone.

Microsoft compte désormais investir dans les tutoriels, appels vidéo et autres outils de soutien à ses clients et partenaires en ligne. La société de Redmond a indiqué qu’elle ferait une provision de 450 millions de dollars pour couvrir en particulier les dévalorisations d’actifs. Cette charge sera inscrite aux comptes du trimestre en cours (clos le 30 juin).

 

L’impact de la pandémie ne s’est pas encore traduit dans les résultats financiers de Microsoft, qui a réalisé un bénéfice net de 10,8 milliards de dollars de janvier à mars, en hausse de 22% sur un an, pour un chiffre d’affaires de 35 milliards (+15%). Malgré les retards de production pour sa gamme d’ordinateurs Surface, le groupe s’estime bien positionné pour traverser la crise, notamment grâce à l’explosion du cloud (informatique à distance).

Avec la distanciation physique, Microsoft peut aussi compter sur ses logiciels et services liés au télétravail, à l’éducation à distance ou aux jeux vidéo. L’entreprise vient en revanche de fermer sa plateforme de streaming de jeux vidéo Mixer, laissant le champ libre au géant du secteur Twitch (Amazon) et à ses deux rivaux, YouTube Gaming et Facebook Gaming.

 

Coronavirus: hausse quotidienne record dans le monde

Coronavirus: hausse quotidienne record dans le monde

 

Le nombre de cas recensés à l’échelle mondiale a dépassé neuf millions lundi, selon le bilan de Reuters. L’épidémie progresse au Brésil et en Inde, et de nouveaux foyers sont apparus aux Etats-Unis et en Chine, notamment.

“Les chiffres augmentent certainement parce que l’épidémie se développe en même temps dans un certain nombre de pays (très) peuplés et dans le monde entier”, a déclaré Mike Ryan, directeur exécutif de l’OMS chargé de la gestion des situations d’urgence sanitaire, lors d’un point de presse en ligne.

“Une partie de cette augmentation peut être attribuée à une augmentation des tests (…) mais nous ne pensons pas qu’il s’agisse d’un phénomène tests”, a-t-il poursuivi.

“Le Brésil a dépassé le million de cas et vient d’en signaler 54.000 – un record – au cours de notre dernière période de 24 heures”, a-t-il souligné, précisant que l’augmentation pouvait provenir en partie d’une modification de la méthode des signalements.

“Ce qui est clair, c’est que l’augmentation n’est pas entièrement expliquée par une augmentation des tests”, a-t-il ajouté.

Outre le pic de cas observé au Brésil, de fortes augmentations ont eu lieu au Chili, en Argentine, en Colombie, au Panama, en Bolivie et au Guatemala.

Après plusieurs semaines de baisse, le nombre de cas augmente de nouveau et dépasse 2,2 millions aux Etats-Unis, le pays au premier rang des contaminations. Douze Etats ont annoncé la semaine dernière une hausse des nouveaux cas. Samedi, plus de 30.000 nouveaux cas ont été enregistrés en une journée, un record depuis le 1er mai, selon les calculs de Reuters.

Monde d’après : les propositions fiscales de Piketty et Stiglitz pour le monde d’après

Monde d’après : les propositions fiscales de Piketty et Stiglitz pour le monde d’après

(Thomas Piketty et Joseph Stiglitz) ( chronique de la tribune)

 

Dans le cadre de ‘l’ ICRICT ( cercle de réflexion) , Thomas Piketty et Joseph Stiglitz recommandent  les gouvernements ne doivent pas accorder des allégements fiscaux et renflouer

Les entreprises à tout-va et les plus riches doivent être mis à contribution, plaident ce lundi des

économistes . Une idée qui rirait plutôt à l’inverse des tendances au repli des pays sur eux-mêmes, voire nationalistes avec des organisations internationales fragilisées ;l’ idée d’une refonte de la fiscalité internationale n’est pas nouvelle, elle pose cependant la question de l’identification de la résidence principale de ceux qui sont visés qui par définition pratique la mobilité internationale.

La pandémie de Covid-19 a entraîné une hausse « des dépenses publiques pour financer la santé, le maintien des revenus et l’emploi, mais ce fardeau économique ne doit pas peser de manière disproportionnée sur les groupes de personnes et les pays défavorisés », plaident ces économistes, qui participent à la Commission indépendante pour la réforme de la fiscalité internationale des sociétés. Des idées qui vont évidemment à l’encontre de la tendance à la fermeture des frontières voir au nationalisme. Notons qu’il s’agit d’une réflexion intéressante mais limitée au respect de répartition de la richesse et aux inégalités. Or la problématique est plus large que l’approche économique et financière classique elle pose notamment la question de la nature de la production, de son utilité, de son volume de son rapport à l’environnement et à la biodiversité. Bref du rapport entre les hommes eux-mêmes et pas seulement qu’en termes marchands ainsi entre les hommes et leur cadre.

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Dans cette perspective, « les réductions de l’impôt sur les sociétés « pour stimuler les investissements de reconstruction » ne sont ni économiquement efficaces ni socialement souhaitables », estime l’Icrict, alors même  que les recettes fiscales mondiales vont déjà chuter avec la baisse de la consommation et le chômage. Il ne faut pas encourager « une « course au moins-disant » des taux d’imposition des sociétés visant à attirer les investissements étrangers » et au contraire renforcer « les efforts de coordination fiscale », avec « un taux d’imposition minimum effectif sur les bénéfices mondiaux des multinationales d’au moins 25 % », plaide encore l’Icrict.

Concernant les entreprises qui ont pu profiter de la crise, par exemple dans le secteur pharmaceutique ou celui du commerce électronique, il faudrait taxer leurs « bénéfices excessifs », en modulant le taux d’imposition en fonction de la taille des entreprises. Les que les économistes posent cependant d’une certaine manière la problématique environnementale en s’interrogeant sur l’opportunité de plan de sauvetage pourrait porter atteinte à l’égalité de traitement sur les mêmes marchés

La commission met donc en garde contre les « plans de sauvetage », qui « détruisent les conditions équitables du marché » et « sont particulièrement néfastes pour les pays en développement, qui n’ont pas les ressources nécessaires » pour en mettre en place. Le soutien de l’Etat devrait être interdit aux entreprises ayant leur siège ou des filiales dans des paradis fiscaux car elles ne financent pas « le contrat social ».

L’Icrict demande aussi à ce que les riches prennent « en charge une part proportionnelle du fardeau économique de la pandémie », avec « une imposition effective du patrimoine, et en particulier du patrimoine offshore ». Pour cela, les économistes réclament « des données sur la richesse offshore afin de permettre à toutes les juridictions d’adopter des impôts sur la fortune progressifs effectifs sur leurs résidents et de pouvoir mieux contrôler les taux d’imposition effectifs sur les contribuables aux revenus les plus élevés ».

 

 

Les États frappés par cette maladie infectieuse et dépourvus de stocks de masques et de tests suffisants ont souvent été obligés de prendre des mesures strictes de confinement pour contrôler la diffusion de l’épidémie et limiter le nombre de victimes.

Les gouvernements ont déjà annoncé des aides parfois jugées insuffisantes pour tenter d’enrayer les ravages de cette crise sur le système productif et le marché du travail. En outre, les États ont sérieusement accru leurs dépenses de santé pour affronter cette pandémie mondiale.

Face à ces montagnes de dépense et pour relancer l’économie, les gouvernements vont devoir faire des choix de politique économique dans les semaines à venir afin de relancer la machine.

En Europe, l’Allemagne a déjà annoncé un plan massif de relance de 130 milliards d’euros étalés sur deux ans. L’Italie a également commencé à plancher lors d’états généraux le week-end dernier sur des pistes de relance. Enfin, pour la France, le gouvernement a prévu de bâtir un plan cet été pour le présenter à la rentrée en septembre.

La baisse de l’impôt sur les sociétés, actuellement pratiquée dans un grand nombre de pays développés, dont les États-Unis et la France,  »‘pour stimuler les investissements de reconstruction’ ne sont ni économiquement efficaces ni socialement souhaitables » estiment les chercheurs. Face aux partisans d’une politique de l’offre stricte, les universitaires ont formulé cinq grandes propositions visant à réformer le système fiscal international. Ils préconisent notamment.

- l’introduction de « taxes progressives sur les services numériques, sur les rentes économiques captées par les entreprises… bref une sorte de taxe de médiation entre la production et la commercialisation. Pas vraiment une idée très nouvelle surtout de la part de ceux qui ont compris qu’il valait mieux vendre que produire surtout dans des pays qui subissent des distorsions de concurrence sur le plan environnemental, social, fiscal ou en matière de santé.

Ces organisations, obstacles au « monde d’après » Frédéric Fréry, *

L’Etat un outil qui détruit la société »

Barbara Stiegler, philosophe et professeure de philosophie politique à l’université Bordeaux Montaigne  se livre dans la tribune à la critique radicale d’un courant de pensée dominant marqué par la croyance que l’espèce humaine est défectueuse, inadaptée à l’environnement qu’elle a elle-même créé. D’où la volonté des néolibéraux d’utiliser la puissance de l’Etat pour réadapter la population à une compétition darwinienne sans entrave. Dans cet entretien accordé à La Tribune, Barbara Stiegler voit dans les crises de l’hôpital, de l’Education nationale ou encore de la recherche les purs produits de cette idéologie qui selon elle commence à prendre l’eau et dont la violence a suscité l’émergence des Gilets jaunes, mouvement dont elle témoigne dans « Du cap aux grèves -Récit d’une mobilisation 17 novembre 2018-17 mars 2020″ à paraître en août (1).

 

LA TRIBUNE – Dans votre essai « Il faut s’adapter », publié l’an dernier, vous vous intéressez au néolibéralisme et révélez ses origines évolutionnistes, darwiniennes. De quand date l’émergence de ce courant de pensée et  qu’est-ce qui le différencie des autres courants du libéralisme ?

BARBARA STIEGLER - Dans le champ de la recherche, en France et à l’étranger, il est attesté que le néolibéralisme émerge au cours des années 1930, à la suite de la crise de 1929. Ce qu’il y a de nouveau dans le néolibéralisme, c’est le rôle fondamental qu’il accorde à l’Etat. Car la crise de 1929 a montré que les processus économiques livrés à eux-mêmes dysfonctionnent. Les néolibéraux pensent que c’est à l’Etat, non pas simplement d’organiser, mais bien de créer le marché, via des règles de droit et de tout un ensemble de politiques publiques.

Ce que révèle « Il faut s’adapter » c’est qu’effectivement le néolibéralisme est d’inspiration évolutionniste, qu’il intègre une partie de l’héritage du darwinisme social. C’est ce que démontre la théorie développée par Walter Lippmann, journaliste, essayiste et publiciste américain, qui va s’imposer comme une figure centrale de ce mouvement. La réunion organisée en 1938 à Paris par des néolibéraux français, à l’occasion de laquelle le terme de néolibéralisme va émerger et à laquelle Lippmann a participé, est d’abord un hommage à son ouvrage, « The Good Society ».

De quelle façon le néolibéralisme va-t-il chercher à reformater l’économie, par rapport à l’ultralibéralisme, par exemple ?

Le néolibéralisme est bien plus qu’une doctrine économique. C’est un courant de pensée politique, juridique et anthropologique selon lequel l’éducation doit équiper les individus pour qu’ils puissent répondre aux besoins du marché. L’idée c’est de faire en sorte que les citoyens, conçus comme des agents économiques, soient adaptés à un monde normé par les besoins du marché.

Cette idéologie imprègne les textes de l’OCDE sur l’éducation par exemple et elle a été codifiée par la Stratégie de Lisbonne (celle-ci établit la politique économique de l’Union européenne pour la période 2000-2010, elle sera suivie ensuite par le plan Europe 2020 -NDLR). Alors que l’ultralibéralisme théorise la rétractation de l’Etat au profit d’un marché totalement libre, le néolibéralisme veut au contraire un Etat fort et omniprésent qui régule et institue le marché par des…

Coronavirus: plus de 6 millions de cas dans le monde

Coronavirus: plus de 6 millions de cas dans le monde

 

 

Plus de 6 millions de cas de nouveau coronavirus ont été officiellement recensés dans le monde, dont les deux tiers en Europe et aux Etats-Unis.

Au moins 6.000.867 cas d’infection, parmi lesquels 366.848 décès, ont été comptabilisés, notamment en Europe, continent le plus touché avec 2.135.170 cas (177.595 morts) et aux Etats-Unis, pays avec le plus grand nombre de cas (1.760.740) et de décès (103.472).

Mais c’est désormais en Amérique latine que le virus progresse le plus rapidement, avec une hausse de plus de 45.000 cas ces dernières 24h pour un total de 944.695 cas et 49.230 décès.

Dette: tout le monde va payer!

Dette: tout le monde va payer!

 

Finalement rares sont les secteurs qui n’ont pas été directement ou indirectement s du Coron virus. Rares dans les secteurs qui ne réclament pas un plan d’aide. Il faudra évidemment payer la facture de la crise sanitaire qui va prolonger le déficit de la sécurité sociale pendant au moins 10 ans.

 

Parallèlement engager un plan énorme de soutien au secteur économique, limiter la vague de défaillance d’abord sans doute aux entreprises symboliques mais aussi le moment venu aux PME qui fournissent le plus le plus gros contingent de main-d’œuvre et qui sont le plus souvent les plus fragiles financièrement surtout quand des mesures administratives limitent encore leurs activités. D’une manière ou d’une autre, en empruntant ou en faisant tourner la planche à billets, on va augmenter considérablement la masse monétaire par rapport à la richesse nationale et le moment venu se produiront des ajustements monétaires via les parités qui auront pour conséquence de tirer l’inflation par le haut. De toute manière dans nombre d’activités si les prix n’ont pas encore évolué à la hausse par contre  les coûts eux se sont envolés du fait  de charges fixes mais aussi d’une baisse de la demande.

La question est de savoir qui va payer une facture qui pourrait bien au total se situer entre 500 milliards  ( déjà annoncée pour les mesures prises par le ministre de l’économie) et 1000 milliards ( autour de 250 milliards de pertes de richesse nationale avec la baisse de croissance auxquels il faudra ajouter l’indispensable plan social pour supporter 1 à 2 millions de chômeurs supplémentaires sans parler du soutien au pouvoir d’achat des ménages.

La question de se pose de savoir qui va payer. La réponse est simple: tout le monde, plus ou moins évidemment. Il y a évidemment les épargnants notamment les plus modestes dont les revenus ne sont pas réévalués compte tenu de l’inflation réelle. Les autres aussi. Et bien sûr tous les ménages à travers l’inflation qui va sans doute s’envoler des que la reprise commencera à être un peu significative. Tout dépendra en faite du rapport entre la richesse nationale et la masse monétaire. Si le décalage s’accroît encore entre ces deux termes, c’est l’inflation assurée. C’est-à-dire une sorte de prélèvement obligatoire qui ne dit pas son nom.

 

« Crise : la revanche du monde rural ? »

  • « Crise : la revanche du monde rural ? »
  • Selon Jean-Christophe Gallien, la ruralité doit devenir l’une des priorités stratégiques
  • Jean-Christophe Gallien est un politologue et communicant français. Il est directeur de la société JCGA et enseigne à l’Université de la Sorbonne.

 

  • La terrible crise du covid-19 qui frappe nos sociétés interroge par ses effets sanitaires, économiques mais aussi démocratiques notre modèle de développement. Elle révèle, chaque jour davantage, nos multiples fragilités et dépendances mondialisées. La crise ouvre un débat que l’on espère sincère et surtout agissant, sur les mobilités humaines, industrielles, technologiques, commerciales, financières. Du côté des technocrates, on parlerait d‘aménagement du territoire. Chez de nombreux citoyens de notre pays qu’ils soient issus de zone urbaine ou de milieu rural, le confinement a crée l’occasion de se projeter dans l’incroyable modernité d’une France plus rurale.
  • Alors que le déconfinement ouvre nos portes, je peine à l’écrire, mais il y a comme une revanche de la ruralité. Un peu partout dans le monde, se fait jour l’existence du mirage métropolitain d’une croissance et d’un destin individuel uniquement possibles au cœur de l’urbain. Grace à cette épreuve pandémique, de nombreux habitants sont conduits à s’interroger sur leurs vies au cœur des villes ou des banlieues. Et surtout, notre capacité à réellement prospérer dans un après monde urbain este remise en cause.
  • Qui demain pourra s’engager dans un projet immobilier à Paris?
    • Soyons clairs: la vie va coûter très cher. Entre le logement, alimentation, nos vies sociales, culturelles, éducatives et professionnelles. D’autant plus que l’on nous annonce que nos situations professionnelles ainsi que nos libertés individuelles et collectives pourraient être profondément modifiées. Qui demain pourra s’engager dans un projet immobilier à Paris?
    • Une volonté a mûri pendant ce confinement, celle de reprendre le contrôle de son destin propre mais aussi celui de l’ensemble collectif. Quitter les rues du chacun pour soi et rejoindre les espaces où la solidarité règne.
    • Le confinement c’est presque un concept d’urbain.
      • Finalement le confinement, presque un concept d’urbain. Densité, mouvement et vitesse de propagation. Ce sont ces activités caractéristiques de la ville que l’on a dû stopper. Un stop généralisé qui s’avère inutile dans les espaces ruraux qui proposent d’autres rythmes et d’autres économies.
      • Il ne s’agit pas ici d’opposer les territoires, encore moins les différentes «France». Il s’agit simplement de saisir ce qui nous tend les bras: la campagne. Les espaces ruraux, dans leur ensemble, sont de formidables réservoirs d’avenir! Si l’on parvient à valoriser leurs richesses au coeur des promesses d’une nature protégée.
      • Comme la santé, la ré-industrialisation, les souverainetés technologique, numérique, énergétiques et l’éducation, la ruralité doit devenir l’une des grandes priorités stratégiques de la France. Et mesdames et messieurs les Commissaires, Parlementaires et Chefs d’États ou de gouvernements de l’Union européenne, vous qui malheureusement n’êtes d’accord que sur très peu de choses, vous devez faire de la ruralité un axe majeur des budgets et des programmes de la mandature européenne de crise qui tarde à s’affirmer. Dans la nouvelle guerre froide des blocs qui nous oppose désormais en particulier à la Chine, peut-être demain à notre allié américain sans parler de la Russie ou de l’Inde, la ruralité européenne pourrait devenir une force.

Monde d’après : « pour une nouvelle justice» (Jean-Claude Magendie et Laurent Martinet*)

Monde d’après : » pour une nouvelle justice» (Jean-Claude Magendie et Laurent Martinet*)

 

 

Tribune dans le Monde de Jean-Claude Magendie, Premier Président Honoraire de la Cour d’Appel de Paris et Président du Comité d’éthique de Véolia et Laurent Martinet, ancien vice-Bâtonnier du Barreau de Paris et Président délégué de l’EFB.

(Chronique dans le Monde)

« Depuis le début du confinement, pour cause de coronavirus, il n’est question que de secteurs à l’arrêt ou en activité réduite ; mais il est un angle mort silencieux, la justice, et ce silence est assourdissant.

La justice est de longue date un corps malade que la crise sanitaire laisse exsangue. Parent pauvre de l’Etat dont elle fut pourtant dès l’origine la première fonction, éternelle oubliée, parfois méprisée, les budgets qui lui sont octroyés, pour ne pas dire concédés, ne lui permettent pas, en temps normal, de s’acquitter du rôle qui doit être le sien dans une société moderne : rendre des décisions de qualité dans un délai raisonnable.

C’est dire qu’elle s’est vite trouvée dans l’incapacité de faire face à la situation d’urgence actuelle. La justice civile est quasiment à l’arrêt, la justice pénale fonctionne au ralenti. En cause, ses outils logiciels tantôt inexistants, tantôt obsolètes ou défaillants, rendant pratiquement impossible le télétravail des magistrats et des greffiers, tandis que le réseau informatique sécurisé entre les avocats et les juridictions ne fonctionne pas. En cause aussi, un ministère dont l’autorité est évanescente et qui se révèle incapable d’assurer la continuité d’un service public au cœur de l’Etat de droit et consubstantiel à la démocratie.

Défaillance. La défaillance de l’Etat envers la première de ses fonctions n’est pas théorique, elle touche à l’accès de tout citoyen au juge pour faire valoir ses droits dans des conflits touchant à des domaines aussi variés que la réparation des préjudices, les contrats civils et commerciaux, les différends familiaux et sociaux, la régulation économique… Comment imaginer que ces litiges puissent être mis en parenthèse, confinés en quelque sorte et renvoyés à des jours meilleurs ?

Au pénal, le risque est de ne plus pouvoir assurer à la personne poursuivie la protection que la procédure équitable lui garantit ou de lui permettre de passer entre les mailles du filet en laissant à la société comme à la victime le goût amer de l’impunité.

Dans le nouveau monde, la justice française serait une institution moderne disposant d’un budget comparable à celui des grandes démocraties, respectée et respectable, servie par des juges dont nul ne pourrait contester la compétence et l’impartialité

La situation actuelle de déshérence de la justice risque d’être plus problématique encore avec le déconfinement puisque ni le virus ni les litiges n’ont disparu. Au moment même où des acteurs essentiels de la justice pourraient être encore indisponibles pour des raisons impérieuses légitimes, la situation à laquelle la justice se trouvera confrontée risque d’être particulièrement délicate, c’est un euphémisme.

Le renvoi actuel des affaires civiles va accentuer dans les mois qui viennent les délais de traitement au-delà du raisonnable, au risque d’ôter tout intérêt à la réponse judiciaire, tandis que la situation touchant à l’ordre public percutera une justice pénale engorgée et des prisons à l’état souvent indigne et en proie à la drogue, au caïdat et à l’activisme islamique. En effet, nul n’est besoin d’être grand clerc pour comprendre combien la situation économique et sociale va devenir porteuse de périls redoutables.

Il paraît que le jour d’après ne sera plus comme le jour d’avant … Puisse cette prophétie aussi vieille que l’histoire se réaliser ; il n’est pas interdit de rêver ! Dans le nouveau monde, la justice française serait une institution moderne disposant d’un budget comparable à celui des grandes démocraties, respectée et respectable, servie par des juges dont nul ne pourrait contester la compétence et l’impartialité, les barreaux seraient exempts de conservatisme et de corporatisme, les médias rendraient compte de l’activité judiciaire sans jamais chercher à se substituer aux juges. Vaste programme !

Mais en attendant ? On a beaucoup entendu parler des usines qui ont transformé leurs chaînes de production pour fabriquer des masques et des respirateurs, des restaurateurs, des maraîchers, des artisans qui ont réinventé leur métier en les complétant de service à domicile. Parions que la justice peut, elle aussi, être le creuset d’une formidable créativité et d’une grande agilité, de capacité d’adaptation. Les visio-plaidoiries restent à imaginer, les médiations en ligne qui connaissaient un grand succès avant d’être supprimées par la Chancellerie pourraient réapparaître… Il y a tant à inventer, dans le respect des règles du droit équitable, à l’abri de l’administration routinière et paralysante. Magistrats et avocats ont tout à gagner en se donnant la main pour travailler ensemble et trouver des solutions innovantes.

La justice est tout à la fois le reflet de la société et le miroir dans lequel elle se réfléchit : commençons à forger, avant qu’il ne soit trop tard, cette justice que notre société mérite.

Jean-Claude Magendie, Premier Président Honoraire de la Cour d’Appel de Paris et Président du Comité d’éthique de Véolia et Laurent Martinet, ancien vice-Bâtonnier du Barreau de Paris et Président délégué de l’EFB.

 

 

Le monde d’après : des évolutions possibles ou des chimères ?

Le monde d’après : des évolutions possibles ou des chimères ?

 

 

Le travail de démolition d’une réflexion sur le jour d’après a commencé. Pour schématiser à outrance ,il y a d’un côté ceux qui veulent que tout change suite et qui veulent tout reprenne comme avant Pour discréditer l’intérêt de cette réflexion on la qualifie même de chimère du côté des plus réactionnaires. Un procédé caricatural bien connu. Certes, il y a sans doute beaucoup d’utopies chez certains qui pensent que le monde pourra changer rapidement et brutalement. Il n’empêche qu’on peut  prendre en compte les aspirations et les valeurs qui ont pu émerger à l’occasion de cette crise exceptionnelle. Bien entendu, tout ne changera pas immédiatement ni brutalement. Il faudra au préalable procéder à une analyse approfondie de la nature systémique de la crise qui affecte de nombreux champs de notre société. Au-delà, définir un projet et une transition sans doute longue compte tenu de la dimension structurelle  de beaucoup de problèmes. On sait bien par ailleurs que le très court terme sera sans doute pas très favorable à des changements significatifs des modes de production et de consommation. En effet, la première priorité sera sans doute de faire face à une grande crise économique et sociale. N’empêche qu’on que cela n’empêche pas de réfléchir à des perspectives plus lointaines et aux moyens progressifs d’y parvenir avec évidemment un débat réel et approfondi avec les acteurs économiques et les citoyens en général.

Le monde d’après : des évolutions possibles ou des chimères ?

Le monde d’après : des évolutions possibles ou des chimères ?

 

 

Le travail de démolition d’une réflexion sur le jour d’après a commencé. Pour schématiser à outrance ,il y a d’un côté ceux qui veulent que tout change suite et qui veulent tout reprenne comme avant Pour discréditer l’intérêt de cette réflexion on la qualifie même de chimère du côté des plus réactionnaires. Un procédé caricatural bien connu. Certes, il y a sans doute beaucoup d’utopies chez certains qui pensent que le monde pourra changer rapidement et brutalement.

On doit cependant  prendre en compte les aspirations et les valeurs qui ont pu émerger à l’occasion de cette crise exceptionnelle. Bien entendu, tout ne changera pas immédiatement ni brutalement. Il faudra au préalable procéder à une analyse approfondie de la nature systémique de la crise qui affecte de nombreux champs de notre société. Au-delà, définir un projet et une transition sans doute longue compte tenu de la dimension structurelle  de beaucoup de problèmes.

On sait bien par ailleurs que le très court terme sera sans doute pas très favorable à des changements significatifs des modes de production et de consommation. En effet, la première priorité sera sans doute de faire face à une grande crise économique et sociale.  Cela n’empêche pas de réfléchir à des perspectives plus lointaines et aux moyens progressifs d’y parvenir avec évidemment un débat réel et approfondi dès maintenant avec les acteurs économiques et les citoyens en général.

Monde d’après : identifier les enjeux à long terme

Monde d’après : identifier les enjeux à long terme

Dans une tribune au « Monde », douze universitaires membres de différents groupes de réflexion lancent un appel pour agir ensemble à l’échelle européenne et créer un réseau intégrant les enjeux de long terme dans les réponses politiques à la crise actuelle.

Tribune. La crise causée par le Covid-19 frappe nos sociétés alors que notre système financier est encore marqué par la crise d’il y a dix ans, et que la zone euro souffre toujours des profonds déséquilibres économiques qui menacent à terme sa survie même. Surtout, elle nous frappe alors même que la crise climatique et environnementale continue de s’aggraver et d’accroître les inégalités à l’échelle mondiale.

Chacune de ces crises possède ses causes propres, mais elles sont profondément interconnectées. Ces dernières années, nous avons enfin pris conscience du fait que le changement climatique pouvait déclencher des crises financières ; désormais nous savons que la perte de biodiversité augmente le risque de pandémies d’origine zoonotique qui peuvent, à leur tour, ébranler l’économie mondiale.

S’il est impossible de prévenir complètement les futurs risques sanitaires ou financiers, nous pouvons en adoucir les effets en rendant nos sociétés et nos économies plus résilientes. En effet, pourquoi notre système économique actuel semble-t-il si vulnérable à de nouveaux chocs ?

 

D’abord, parce qu’il poursuit l’objectif de croissance économique aveuglément, au détriment du bien commun et sans tenir compte de ses effets destructeurs. Pendant longtemps, la croissance a été utilisée pour justifier l’accroissement des inégalités des richesses et des revenus ; aujourd’hui elle demeure trop consommatrice d’énergie et de matières premières, alors qu’elle devrait être qualitative, mesurée à l’aide des indicateurs de bien-être social et environnemental. 

L’emprise des lobbies

Deuxièmement, parce qu’il privilégie les rendements à court terme plutôt que le développement à long terme et la cohésion sociale de nos sociétés. Les bénéfices des entreprises sont canalisés vers des rachats d’actions au lieu des salaires ou des investissements dans la transition écologique, tandis que le marché du travail protège de moins en moins les travailleurs dans de nombreux pays européens.

 

Troisièmement, notre vulnérabilité tient à l’emprise des lobbys du monde d’hier sur les décisions publiques, rendant encore plus difficile la prise en compte des enjeux de long terme. Et inversement, les mises ne garde des scientifiques sont ignorées car jugées trop dérangeantes pour le modèle économique actuel. 

Désormais nous savons que la perte de biodiversité augmente le risque de pandémies d’origine zoonotique qui peuvent, à leur tour, ébranler l’économie mondiale

Ce triple constat n’est pas nouveau. A chaque grande crise le débat sur les solutions foisonne, mais ensuite le statu quo est rapidement rétabli ; les mesures d’austérité et la régulation inadéquate de la finance qui ont suivi la crise financière de 2008 en offrent des illustrations limpides.

Coronavirus : déjà autour de 300 000 morts dans le monde

Coronavirus : déjà autour de 300 000 morts dans le monde

 

L’essentiel des décès, c’est-à-dire plus de la moitié sont enregistrés en Europe. On peut évidemment douter de ces chiffres puisque la Chine n’annonce que quelques milliers de morts pour une population d’un milliard 500 millions quand l’Europe enregistre 160 000 décès moins de 500 millions d’habitants. Au total, 290.477 décès ont été recensés dans le monde (pour 4.243.916 cas), dont 159.205 en Europe (1.780.820 cas), continent le plus touché. Les États-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de morts (82.105), devant le Royaume-Uni (32.692), l’Italie (30.911), la France (26.991) et l’Espagne (26.920).

Ce bilan a été réalisé à partir de données collectées par les bureaux de l’AFP auprès des autorités nationales compétentes et des informations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En raison de corrections apportées par les autorités ou de publications tardives des données, les chiffres d’augmentation sur 24h peuvent ne pas correspondre exactement à ceux publiés la veille.

Le monde d’après : des chimères ?

Le monde d’après : des chimères ?

 

 

Le travail de démolition d’une réflexion sur le jour d’après a commencé. Pour discréditer l’intérêt de cette réflexion on la qualifie de chimère. Un procédé caricatural bien connu. Certes, il y a sans doute beaucoup d’utopies chez certains qui pensent que le monde pourra changer rapidement et brutalement. Il n’empêche qu’on peut  prendre en compte les aspirations et les valeurs qui ont pu émerger à l’occasion de cette crise exceptionnelle. Bien entendu, tout ne changera pas immédiatement ni brutalement. Il faudra au préalable procéder à une analyse approfondie de la nature systémique de la crise qui affecte de nombreux champs de notre société. Au-delà, définir un projet et une transition sans doute longue compte tenu de la dimension structurelle  de beaucoup de problèmes. On sait bien par ailleurs que le très court terme sera sans doute pas très favorable à des changements significatifs des modes de production et de consommation. En effet, la première priorité sera sans doute de faire face à une grande crise économique et sociale. N’empêche qu’on que cela n’empêche pas de réfléchir à des perspectives plus lointaines et aux moyens progressifs d’y parvenir avec évidemment un débat réel et approfondi avec les acteurs économiques et les citoyens en général.

 » Une pandémie liée au manque de respect pour le monde naturel « ( Jane Goodall )

 » Une  pandémie liée au  manque de respect pour le monde naturel  »( Jane Goodall )

Si l’humanité continue d’ignorer les causes des zoonoses comme le Covid-19, elle risque d’être infectée par des virus encore plus redoutables, explique l’éthologue britannique , Jane Goodall  dans une tribune au « Monde ».

Un vendeur de canards dans un marché de Wuhan (Chine), le 6 avril. DARLEY SHEN / REUTERS

« Le monde est confronté aujourd’hui à des défis sans précédent. Au moment où j’écris, le Covid-19 a infecté plus de 3 millions de personnes à travers le monde, et au 29 avril, 218 386 personnes en sont mortes.

Actuellement, les personnes dans la plupart des pays sont confinées chez elles (seules ou en famille), elles ont adopté des mesures d’éloignement sanitaire et réduisent au minimum leurs sorties. Certaines entreprises ont totalement fermé, d’autres maintiennent leurs activités en télétravail, et tandis que certaines personnes sont en activité partielle, des milliers d’individus à travers le monde ont perdu leur travail. Le coût économique de tout cela est déjà catastrophique.

Nous suivons les actualités et prions pour que le confinement se termine de pays en pays, après que le pic d’infection et de mortalité est atteint et que la courbe épidémique baisse graduellement. Cela s’est déjà produit en Chine, où le coronavirus est apparu, grâce aux mesures strictes prises par le gouvernement chinois. Nous espérons qu’un vaccin sera développé rapidement et que notre vie pourra bientôt redevenir normale. Mais nous ne devons jamais oublier ce que nous avons enduré et ainsi prendre les mesures nécessaires pour empêcher la réapparition future d’une telle pandémie.

Ce qui est tragique, c’est qu’une pandémie de ce genre a depuis longtemps été prédite par les personnes étudiant les zoonoses – ces maladies qui, comme le Covid-19, se transmettent des animaux aux humains. Il est presque certain que cette pandémie a commencé avec ce mode de transmission au sein du marché aux fruits de mer de la ville chinoise de Wuhan, qui vendait aussi des animaux terrestres sauvages comme nourriture.

Lorsque les animaux sauvages sont vendus dans de tels marchés, souvent illégalement, ils sont gardés dans des cages étroites, entassés, et sont souvent abattus sur place. Les humains, tant les vendeurs que les consommateurs, peuvent ainsi être contaminés par des matières fécales, de l’urine, du sang et d’autres fluides corporels provenant d’une grande variété d’espèces – dont les civettes, les chauves-souris, les chiens viverrins ou encore les serpents. Cela crée un environnement particulièrement favorable aux virus pour se propager depuis leurs hôtes animaux jusqu’aux humains. Une autre zoonose, le SRAS, est apparue dans un autre marché de faune sauvage, dans la province de Guangdong.

La plupart des marchés humides (marchés d’animaux vivants) en Asie sont semblables aux marchés alimentaires que nous trouvons en Europe et aux Etats-Unis. Il y a des milliers de marchés humides en Asie et à travers le monde au sein desquels des produits frais – légumes, fruits et parfois également de la viande d’animaux d’élevage – sont vendus à prix bas. Et des milliers de personnes y font leurs courses plutôt que dans les grandes surfaces. »

Coronavirus dans le monde : 237 000 décès

Coronavirus dans le monde : 237 000 décès

3,34 millions de personnes dans le monde ont été contaminées par le nouveau coronavirus SARS-CoV-2, responsable à ce jour de 237.413 décès selon un décompte effectué par l’agence Reuters. L’Europe concentre environ la moitié du nombre total des décès imputés à la pandémie.

Avec 1,11 million de cas et 64.740 décès, les Etats-Unis sont le pays le plus touchés par la pandémie.

L’Espagne a recensé 216.582 cas, et a franchit les 25.000 morts, selon les données publiées ce samedi 2 mai.

L’Italie reste le pays européen qui compte le plus de victimes, avec 28.236 morts pour un total de 207.428 cas confirmés de contamination.

La Grande-Bretagne déplore pour sa part 27.510 décès pour 177.454 cas tandis qu’en France, le bilan s’est accru vendredi de 218 décès supplémentaires en l’espace de 24 heures pour atteindre les 24.594 morts.

En Allemagne, l’institut fédéral Robert Koch a fait état ce samedi matin de 94 décès supplémentaires, portant le bilan à 6575 morts depuis le début de l’épidémie du SARS-CoV-2 qui a infecté au total 161.703 personnes.

La Russie a enregistré 9623 nouveaux cas  au cours des dernières 24 heures, une progression sans précédent depuis le début de l’épidémie qui porte le bilan total à 124.054 infections. Le nombre de décès est passé lui à 1222, avec 57 morts supplémentaires sur les dernières 24 heures.

En Chine, le bilan est resté pratiquement inchangé ces dernières 24 heures, avec une seule contamination enregistrée vendredi 1er mai. Au total, le virus a contaminé 82.875 personnes, pour une mortalité inchangée à 4633 morts.

Avec 95.646 cas, dont 6028 mortels, l’Iran reste le pays le plus touché du Moyen-Orient.

En Amérique du Sud, le Brésil est le plus affecté, avec 91.589 cas et 6329 décès.

« Les crises n’ont pas infléchi la dynamique d’accumulation matérielle du monde »

« Les crises n’ont pas  infléchi la dynamique d’accumulation matérielle du monde »

 

Jean-Baptiste Fressoz, Historien, chercheur au CNRS estime qu’  il va falloir arrêter avec l’écologie festive et consensuelle que le Earth Day de 1970 a inaugurée, rappelle, dans sa chronique au « Monde ».

 

Chronique.

 

 » Il y a cinquante ans, le 22 avril 1970, se tenait aux Etats-Unis le premier Earth Day (Journée de la Terre). L’anniversaire est passé relativement inaperçu. Il est pourtant difficile de surestimer l’importance de l’événement : les manifestations regroupèrent infiniment plus de monde que celles, contemporaines, contre la guerre du Vietnam, pour les droits civiques ou l’égalité hommes-femmes. Des milliers d’universités et d’écoles, des églises, des entreprises, des administrations organisèrent conférences, rassemblements, fêtes et concerts. Scientifiques, enseignants, syndicalistes, activistes, féministes, pacifistes, leaders religieux et politiques (l’événement avait été lancé par Gaylord Nelson, sénateur démocrate du Wisconsin) y participèrent, de même que des grands patrons – y compris celui de Dow Chemicals.

C’est par dizaines de millions que les Américains entonnèrent le refrain de Give Earth a Chance, chanté par le grand Pete Seeger. Les médias ne furent pas en reste : soudainement on ne parla plus que d’environnement. Ce mot s’imposa définitivement : on l’employait désormais avec l’article défini « the » pour parler de sa défense. Le Earth Day, nous explique en substance l’historien Adam Rome, fut l’acte de naissance du mouvement environnementaliste contemporain (Adam Rome, The Genius of Earth Day. How a 1970 Teach-In Unexpectedly Made the First Green Generation, Hill and Wang, 2013, non traduit). Du moins aux Etats-Unis, qui étaient alors très en avance sur cette question par rapport aux pays européens…

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Mais ce fut aussi à la même époque que les quantités de matières premières consommées s’envolèrent. En 1969, les Etats-Unis amorçaient le plus grand boom charbonnier de leur histoire, boom qui perdurera jusqu’en 2008 : l’Amérique de George Bush consommait à cette date plus d’un milliard de tonnes de charbon par an, deux fois sa consommation pendant la seconde guerre mondiale et plus que la consommation mondiale de charbon un siècle auparavant ! En Chine aussi la consommation s’envolait, à la suite des réformes de Deng Xiaoping. Elle atteindra 4 gigatonnes (Gt) dans les années 2010 : en trois ans à peine, l’empire du Milieu s’était mis à consommer plus de charbon que le Royaume-Uni depuis 1500.

Entre 1900 et 2015, la consommation mondiale de matières premières a été multipliée par douze, pour atteindre un peu moins de 100 Gt par an

Et le charbon n’est pas une exception. Contrairement à l’idée confortable de transition, les matières premières ne deviennent jamais obsolètes : depuis cinquante ans, seules cinq ont vu leur consommation mondiale baisser, principalement à cause de leur toxicité (l’amiante, par exemple). Seule la laine de mouton a été massivement remplacée par les fibres synthétiques, ce qui n’est d’ailleurs pas une bonne nouvelle pour l’environnement. Entre 1900 et 2015, la consommation mondiale de matières premières a été multipliée par douze, pour atteindre un peu moins de 100 Gt par an. Et on assiste depuis les années 2000 à une nouvelle grande accélération, bien plus forte que celle des années 1950-1970 : entre 2002 et 2015, le monde a consommé 1000 Gt, soit un tiers de tout ce qui avait été consommé au XXsiècle (« From resource extraction to outflows 1900-2015 », Fridolin Krausman et al., Global Environmental Change, 2018). »

Coronavirus :  » repenser notre relation au monde vivant »

Coronavirus :  » repenser notre relation au monde vivant »

Du fait des bouleversements des écosystèmes l’homme est obligatoirement exposé à de nouveaux germes », explique Jean-François Guéga sur  France Info.  Jean-François Guéga  est directeur de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inrae)

 

L’origine du nouveau coronavirus semble être animale. Est-ce que l’action de l’homme, est-ce que notre relation au monde vivant, à la Nature, est en cause dans cette pandémie ?

La plupart des agents infectieux ou parasitaires circulant chez l’humain sont aujourd’hui d’origine animale. Depuis 50 ans, on voit une augmentation de la proportion des organismes infectieux et parasitaires humains. C’est environ aujourd’hui 75%. Et donc au fur et à mesure que nous allons exploiter les grands biomes naturels [communautés animales et végétales, classées en fonction de la végétation dominante et caractérisées par les adaptations des organismes à leur environnement spécifique] nous allons être exposés en tant que civilisation. Les premières personnes qui vont contracter ces infections, ce sont les gens qui vont exploiter les forêts, les forestiers, et aussi les chasseurs de viande de brousse. Et les éleveurs, qui vont être au contact de ce qu’on appelle les cas primaires. Le monde regorge d’agents microbiens. Et au travers de notre exploitation des écosystèmes naturels, je pense au sujet de la déforestation dans les grands biomes forestiers intertropicaux, l’homme est obligatoirement exposé à de nouveaux germes. Pas obligatoirement pathogènes (…) mais qui vont pouvoir passer sur les individus humains, et pouvoir se développer et provoquer des épidémies ou des pandémies telle que celle-ci.

Cette épidémie doit-elle nous obliger à repenser notre relation au monde vivant ?

Absolument. C’est un coup de semonce qui nous est donné.

Il y a des agents pathogènes beaucoup plus sévères, beaucoup plus violents, qui ont un taux de létalité supérieur à celui qui passe actuellement et qui produit la pandémie à Covid-19. Jean-François Guégan, directeur de recherche à l’Inrae à franceinfo

 

Nous devons, au sortir de cette pandémie, vraiment réfléchir à nos relations aux environnements naturels, penser à la protection, à l’organisation de grands sanctuaires, de diversité biologique, notamment dans les grands biomes intertropicaux.

Il faut aussi éviter l’exposition aux agents pathogènes ?

Oui je pense à la chasse de brousse. La chasse de brousse est toujours associée aux populations les plus pauvres du monde. Vous ne pouvez pas l’interdire mais il faut réguler cette chasse illégale de viande de brousse. Et dans le même temps fournir les moyens de subsistance et de bien-être à ces populations les plus malheureuses du monde.

Après le coronavirus : « Un autre monde n’adviendra pas »

Après le coronavirus : « Un autre monde n’adviendra pas »

Vincent Charlet, Expert en innovation industrielle, dans une tribune au « Monde », ne croit pas au grand jour de la relocalisation en France.

 

Tribune. C’est un questionnement planétaire : le coronavirus, non content de provoquer une récession, annonce-t-il la fin de la mondialisation ? Chercheurs et militants répondent majoritairement par l’affirmative ces jours-ci, prophétisant le bouleversement de nos choix de consommation et celui des stratégies d’entreprise. Cette perspective ne résiste pourtant pas à l’examen. De fait les échanges internationaux sont toujours en expansion et sont guidés par les lois et les prix plutôt que par nos aspirations individuelles.

La conversion des habitudes de consommation est un fait rarissime. Les sursauts en forme de « plus jamais ça » restent éphémères. La confiance dans les institutions a certes pu en être affectée – on pense à Tchernobyl ou au sang contaminé – mais pas les habitudes de consommation. La France a, par exemple, compté 40 000 morts en 1969 à cause de la grippe d’Hongkong. Cela a-t-il changé le cours de la mondialisation et les préférences des consommateurs ? Non, bien sûr. En 2005, les pouvoirs publics redoutaient que la grippe aviaire ne se transforme en catastrophe humaine qui fasse reculer le PIB mondial de 1 à 5 points sur l’année. Mais cela n’a pas modifié les comportements alimentaires à l’aune de ce risque.

En émettant l’hypothèse qu’il y ait un lien entre la circulation mondiale du coronavirus de 2020 et le goût pour la consommation de produits « mondialisés », depuis les jeans fabriqués en Inde jusqu’aux avocats du Chili, la pandémie a-t-elle encouragé au détachement matériel ? Bien au contraire, comme en attestent les files prévoyantes dans les supermarchés ou encore le besoin qu’a eu l’Etat de limiter la bande passante de Netflix en journée pour permettre aux hôpitaux de travailler. Dans moins de deux ans, les Français achèteront encore plus sur Amazon et seront encore plus nombreux à s’envoler au soleil pour leurs vacances. Un autre monde est peut-être possible, mais il n’adviendra pas. En tout cas pas de sitôt et pas à la demande des consommateurs, comme le rappellent les épisodes d’angoisse passés, parce que la réparation passe aussi par l’oubli.

La seconde perspective est celle qui voudrait que les entreprises, échaudées par leur dépendance soudain révélée à l’égard de certains fournisseurs, décident de rapatrier une part substantielle de leur production à proximité de leur pays d’origine. Certaines déplaceront peut-être des usines, mais déplacer ne veut pas dire relocaliser, surtout si les acheteurs privés et publics restent peu enclins à payer le surcoût d’une fabrication locale. Plus fondamentalement, ce virus ne suffit pas à discréditer leurs choix passés. Les dividendes de leurs investissements faits à l’étranger qu’elles rapatrient en France – les « bienfaits de la mondialisation » vus de France en quelque sorte – financent depuis longtemps le déficit commercial. Comment donc s’attendre à une réorganisation des entreprises autrement que marginale ? »

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