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Clause Molière : pas seulement illégale, idiote !

Clause Molière : pas seulement illégale, idiote !

La clause Molière est évidemment une disposition qui relève de la tartuferie au demeurant illégale et économiquement idiote. Pas étonnant cette proposition est le fruit de l’imagination d’un élu local, fonctionnaire, qui entretient des liens très approximatifs avec les réalités socio- économiques. Une proposition proche de celle que peut faire Trump et qui une fois les élections passées ira rejoindre le tiroir des idées farfelues au surplus xénophobes. Cette mesure inventée par Vincent You, un élu d’Angoulême, vise à imposer l’usage du français sur les chantiers publics au niveau local. Autant dire qu’il s’agit de réserver exclusivement ses emplois aux Français. C’est évidemment ignorer qu’environ 1,7 millions de français travaillent  à l’étranger et que nombre d’entre eux ne pratiquent pas la langue du pays de leur détachement (justement dans le BTP). C’est aussi ignorer que des pays étrangers seraient amenés à prendre des mesures de rétorsion soient vis-à-vis des émigrés français soient vis-à-vis des productions françaises. Dans les économies modernes le taux d’internationalisation (imports plus exports sur PIB) dépasse 50 %. Ce serait donc porter atteinte au développement économique sans parler des dimensions sociétales. Certaines régions en ont pourtant fait une priorité: elle est désormais soutenue par cinq régions de droite (Pays de la Loire, Hauts-de-France, Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes et Île-de-France), une région de gauche (Centre Val-de-Loire), cinq départements et de nombreuses villes. À la question «Faut-il imposer la maîtrise du français sur les marchés publics?», les internautes du Figaro.fr ont répondu «oui», à 86%. Cependant, cette «Clause Molière» est vue d’un très mauvais œil par certains. Selon Marianne Thyssen, Commissaire européenne à l’emploi, c’est une «discrimination.» Dans un entretien au Parisien, elle s’offusque de cette mesure. «Sur le plan juridique, je pense que cette clause est une discrimination contraire à législation européenne. Ce n’est pas par un repli sur soi que l’on peut régler les problèmes de l’emploi. Ce type de protectionnisme n’est pas l’intérêt» de la France, ajoute-t-elle.  Concernant la menace de plusieurs candidats à l’élection présidentielle de ne plus appliquer la directive européenne sur les travailleurs détachés en France, la Commissaire à l’emploi répond que «ce n’est pas une bonne idée». «Supprimer la directive, ce n’est pas supprimer le détachement des travailleurs, cela veut dire qu’il n’y a plus de règles. Les employeurs seraient alors libres de faire ce qu’ils veulent. Le marché sans règle, c’est le dumping social», explique-t-elle. Ce n’est pas tout. Marianne Thyssen assure également que «la France n’a pas le droit de suspendre cette directive» car «c’est une loi européenne qui découle du principe de libre circulation», puis de rappeler que «compte tenu des abus» il a été «décidé en mars 2016 de réviser cette directive pour mieux protéger les travailleurs détachés». «Si le Parlement européen aboutit à un accord, un texte pourrait être voté avant l’été», assure Marianne Thyssen.

« Clause Molière » : une tartuferie

« Clause Molière » : une tartuferie

 

S’il est clair qu’on peut rediscuter de la directive concernant les travailleurs détachés en Europe afin d’imposer les conditions sociales du pays d’accueil et non du pays d’origine par contre imposer une bonne connaissance du français revient à réserver les emplois au nationaux. En fait, une orientation du Front National reprise par certains élus des Républicains qui conduit inévitablement ensuite à la fermeture des frontières et au retrait de l’Europe. Ce que souhaite sans le dire l’aile la plus droitière des Républicains qui oublie au passage que nombre de Français employés dans les grandes sociétés ne connaissent  pas nécessairement la langue des pays où ils sont détachés (1.8 millions de Français sont détachés à l’étranger). Il s’agit bien entendu d’une tartuferie électorale qui ne peut tenir juridiquement sauf à abandonner tout concept d’échanges internationaux. Même les syndicats pourtant attachés à la défense des nationaux dénoncent avec force cette proposition de nature xénophobe ;  une proposition soutenue par des élus de droite du sud de la France et par Laurent Wauquiez président de la région Auvergne Rhône-Alpes qui veut droitiser  encore plus la campagne de Fillon pour avoir été écarté de la direction des Républicains. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a joint jeudi sa voix à la dénonciation par la gauche de la clause dite « Molière » qui impose l’usage du Français sur les chantiers dans certaines régions de France dirigées par la droite. »C’est insupportable, ça me met hors de moi, c’est des relents de préférence nationale », a déclaré le dirigeant syndical à Europe 1. « On veut faire croire qu’on veut lutter contre le dumping social et on tape sur les salariés avec des fondements dont on voit bien qu’ils sont xénophobes. » « Donc il faut attaquer cela. Il y a d’autres moyens de lutte contre le dumping social », a-t-il ajouté. « Il faut donner des moyens renforcés à l’inspection du travail par exemple. On peut rediscuter de la directive travailleurs détachés en Europe. Mais surtout pas ce type de mesure. C’est franchement à vomir. » Son homologue de la CGT, Philippe Martinez, avait dénoncé mardi sur France Inter une « marche vers la préférence nationale » dans les pas du Front national. « C’est absolument scandaleux. C’est une clause purement électoraliste dans le cadre d’une campagne présidentielle », a-t-il dit. « On stigmatise les étrangers parce qu’ils ne parleraient pas assez bien français. » Lui aussi a appelé à bâtir des règles communes en matière de protection sociale et de sécurité. Le ministre de l’Economie et des Finances, Michel Sapin, a saisi sa direction des affaires juridiques, pour examiner la légalité de cette clause, jugée « raciste, discriminatoire et inapplicable » dans son entourage. Le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, a pour sa part dénoncé « une clause Tartuffe » et accusé ses promoteurs du parti Les Républicains, dont le candidat à l’élection présidentielle est en difficulté, d’essayer d’en « tirer profit électoral ». Dans un discours au Conseil économique, social et environnemental (Cese), le chef du gouvernement a estimé mercredi que cette mesure serait condamnée par « n’importe quel tribunal » car elle fait « obstacle à la concurrence d’entreprises étrangères faisant appel à des travailleurs détachés ». Du côté patronal, le président du Medef, Pierre Gattaz, a mis en garde mardi, lors de sa conférence de presse mensuelle, contre des dérives « nationalistes ». « Vous commencez comme ça, et puis après vous commencez à faire du favoritisme, et puis ensuite vous fermez les frontières françaises, et puis vous finissez par sortir de l’euro ». La polémique a même touché le parti du candidat de la droite à l’élection présidentielle, François Fillon. Elisabeth Morin-Chartier, députée européenne Les Républicains spécialiste du dossier, lui a écrit pour l’alerter. « Le repli sur soi est le chemin de l’abdication », a-t-elle dit dans ce courrier en l’exhortant à résister. « Cette clause contrevient aux fondements même des droits et libertés qui fondent l’Europe », a-t-elle dit mercredi à des journalistes, précisant que François Fillon n’avait pas répondu.

 

 

 




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