Archive pour le Tag 'moins'

La voiture électrique : moins polluante ?

La voiture électrique : moins polluante ?

La voiture électrique est présentée depuis des années comme l’alternative moins polluante à la voiture thermique. Pourtant, certains pointent du doigt une production trop énergivore. Le cabinet Carbone 4 a publié une étude afin de comprendre si l’électrique vaut toujours le coup sur les routes. (info d’Europ 1)

De plus en plus facile à recharger et grande amie des ZFE dans les métropoles, la voiture électrique gagne du terrain. Emmanuel Macron veut même la rendre « accessible à tous ». Pourtant, ce type de véhicules divise encore et son caractère plus écologique est notamment parfois remis en cause. Certains mettent en avant sa production, très gourmande en énergie tandis que d’autres disent que sa pollution dépend du pays où elle est rechargée et de sa production d’électricité.

Le cabinet indépendant Carbone 4 a publié une étude afin d’y voir plus clair. Ce qu’elle montre, c’est que la production d’un véhicule électrique pollue plus que la production d’un véhicule thermique équivalent. C’est la fabrication de la batterie, le cœur du véhicule électrique, qui est très énergivore.

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Vers une électricité de plus en plus décarbonée
Ainsi, avant même d’avoir roulé, la voiture électrique traine donc ce qu’on appelle une « dette carbone ». Un surplus d’énergie qui est néanmoins remboursé dès 30.000 à 40.000 km parcourus, soit deux à trois ans d’utilisation, car à l’usage, l’électrique pollue moins que le thermique.

>> LIRE AUSSI – Mondial de l’auto : la voiture électrique est-elle vraiment attractive auprès des Français ?

Le cabinet Carbone 4 explique cette tendance par les moyens de production d’électricité. « C’est très lié à la manière dont on va produire l’électricité et au fait qu’elle est plus ou moins décarbonée », explique Clément Mallet, expert mobilité chez Carbone 4. « L’électrique reste plus intéressant dans l’immense majorité des pays et la tendance dans les prochaines années est à la décarbonation, donc le véhicule électrique sera de plus en plus intéressant. »

Seulement 5% des batteries recyclées
Finalement, sur l’ensemble de sa durée de vie, le véhicule électrique pollue trois à quatre fois moins qu’un équivalent thermique. Il reste néanmoins la question du recyclage des batteries. Si les progrès technologiques sont importants dans ce domaine, seulement 5% des batteries sont recyclées aujourd’hui. Pour se développer, la filière aura besoin d’un gisement plus important, c’est-à-dire d’un parc de véhicules électriques bien plus important.

Economie et action climatique:vie plus chère et moins de consommation ?

Economie et action climatique:vie plus chère et moins de consommation ?

Un édito du monde s’interroge sur la compatibilité entre l’augmentation du pouvoir d’achat et l’action climatique hiératique et de citer un expert  » L’action climatique va coûter cher. Tant qu’on n’est pas prêt à accepter cela, on n’avancera pas « , tweetait le même jour que la manif de dimanche l’économiste Christian Gollier, professeur au Collège de France, spécialiste du climat et grand partisan de la taxe carbone.

L’édito considère il y aura un surcoût immédiat de la transition écologique. « l’empreinte carbone des Français provient essentiellement de trois sources : le déplacement, pour environ 30 %, le logement, pour 30 %, et la nourriture, pour un peu plus de 20 %. L’objectif est de la diviser par quatre d’ici à 2050″ avec un surcoût immédiat mais qui va durer !

Bref, le monde reprend la théorie d’une certaine décroissance chère à beaucoup d’écolos comme si tout était déjà joué. Rien ne dit que nous n’assisterons pas non pas à une baisse de la croissance mais plutôt à une restructuration et une réorientation de la croissance notamment de la consommation.

De ce point de vue , on assiste à une restructuration de la consommation avec une baisse du poids relatif de l’alimentation au profit des dépenses contraintes et des abonnements et autres services.

Si on reprend par exemple l’impact des principales des émissions carbone à savoir le déplacement, le logement et nourriture, des modifications assez se pourraient se produire.

En matière de déplacements par automobile par exemple on pourrait arrêter de faire des voitures d’un poids moyen de l’ordre d’1 t 5 ( même poids pour les voitures électriques compte tenu des 300 à 400 kg de batteries) pour concevoir des véhicules deux à trois fois moins lourds, deux à trois fois moins consommateurs de carburant. Mais des véhicules qui n’auraient pas la même durée de vie.

Aujourd’hui l’âge moyen des voitures en France est d’environ 11 ans, il s’agit d’un âge moyen avec des dispersions importantes autour de cette moyenne. Certaines voitures ne durant qu’environ cinq ans avec de forts kilométrages tandis que d’autres atteignent une vingtaine d’années. Des voitures par ailleurs complètement inadaptées à l’occupation moyenne de 1,2 personnes par automobile. On pourrait donc concevoir des véhicules avec une durée de vie beaucoup plus courtes, plus écologiques, plus rapidement remplacées et nettement moins chères. À noter aussi qu’on pourrait assister à une évolution technologique majeure avec l’éventuelle avènement de la filière hydrogène.

Pour le logement la question de la rénovation thermique est largement hypothéquée par le prix démentiel. Jusqu’à 400 000 € dans des métropoles pour des surfaces inférieures de moitié à celles de province et des prix également de moitié. Un autre aménagement du territoire permettrait de rendre plus accessible les logements est plus facile à rénover d’un point de vue thermique.

Bref les théories de la décroissance relèvent davantage d’idéologie que de vérité scientifique.

Action climatique:vie plus chère et moins de consommation ?

Action climatique:vie plus chère et moins de consommation ?

Un édito du monde s’interroge sur la compatibilité entre l’augmentation du pouvoir d’achat et l’action climatique hiératique et de citer un expert  » L’action climatique va coûter cher. Tant qu’on n’est pas prêt à accepter cela, on n’avancera pas « , tweetait le même jour que la manif de dimanche l’économiste Christian Gollier, professeur au Collège de France, spécialiste du climat et grand partisan de la taxe carbone.

L’édito considère il y aura un surcoût immédiat de la transition écologique. « l’empreinte carbone des Français provient essentiellement de trois sources : le déplacement, pour environ 30 %, le logement, pour 30 %, et la nourriture, pour un peu plus de 20 %. L’objectif est de la diviser par quatre d’ici à 2050″ avec un surcoût immédiat mais qui va durer !

Bref, le monde reprend la théorie d’une certaine décroissance chère à beaucoup d’écolos comme si tout était déjà joué. Rien ne dit que nous n’assisterons pas non pas à une baisse de la croissance mais plutôt à une restructuration et une réorientation de la croissance notamment de la consommation.

De ce point de vue , on assiste à une restructuration de la consommation avec une baisse du poids relatif de l’alimentation au profit des dépenses contraintes et des abonnements et autres services.

Si on reprend par exemple l’impact des principales des émissions carbone à savoir le déplacement, le logement et nourriture, des modifications assez se pourraient se produire.

En matière de déplacements par automobile par exemple on pourrait arrêter de faire des voitures d’un poids moyen de l’ordre d’1 t 5 ( même poids pour les voitures électriques compte tenu des 300 à 400 kg de batteries) pour concevoir des véhicules deux à trois fois moins lourds, deux à trois fois moins consommateurs de carburant. Mais des véhicules qui n’auraient pas la même durée de vie.

Aujourd’hui l’âge moyen des voitures en France est d’environ 11 ans, il s’agit d’un âge moyen avec des dispersions importantes autour de cette moyenne. Certaines voitures ne durant qu’environ cinq ans avec de forts kilométrages tandis que d’autres atteignent une vingtaine d’années. Des voitures par ailleurs complètement inadaptées à l’occupation moyenne de 1,2 personnes par automobile. On pourrait donc concevoir des véhicules avec une durée de vie beaucoup plus courtes, plus écologiques, plus rapidement remplacées et nettement moins chères. À noter aussi qu’on pourrait assister à une évolution technologique majeure avec l’éventuelle avènement de la filière hydrogène.

Pour le logement la question de la rénovation thermique est largement hypothéquée par le prix démentiel. Jusqu’à 400 000 € dans des métropoles pour des surfaces inférieures de moitié à celles de province et des prix également de moitié. Un autre aménagement du territoire permettrait de rendre plus accessible les logements est plus facile à rénover d’un point de vue thermique.

Bref les théories de la décroissance relèvent davantage d’idéologie que de vérité scientifique.

Covid-19 en hausse mais moins dangereux ?

Covid-19 en hausse mais moins dangereux ? .

La crise sanitaire reprend avec une huitième vague ; ainsi les contaminations ont augmenté de 25 % sur une semaine. Le virus paraît moins dangereux actuellement mais l’hypothèse d’une éradication totale n’est guère probable en l’état de protection des vaccins. La professeure d’infectiologie Anne-Claude Crémieuxd dans un livre publié mercredi (voir ci-dessous) explique pourquoi des rappels fréquents sont nécessaires. Elle propose aussi plusieurs scénarios d’évolution de l’épidémie.( dans le JDD )

Comment expliquer la huitième, à laquelle nous faisons face ?

Trois facteurs peuvent expliquer la hausse du nombre de cas : la rentrée et la multiplication des contacts sociaux ; l’augmentation des rassemblements dans les lieux clos alors que la température a chuté ; et la baisse de l’immunité – vaccinale et/ou liée aux infections passées – dans la population, notamment de la protection contre les infections, plus rapide que celle contre les formes sévères de la maladie.

Faut-il s’inquiéter ?
Si aucun nouveau variant n’arrive, on peut espérer un impact sanitaire modéré, à condition toutefois de persuader les plus de 60 ans de faire des rappels réguliers. Car la protection contre les formes sévères s’estompe après six mois rendant indispensable ces rappels pour éviter une vague d’hospitalisations. Mais attention : l’an dernier à la même époque, on faisait face depuis trois mois au même variant Delta ; puis Omicron est arrivé en décembre. Et le remarquable système de surveillance génétique des variants montre que le coronavirus continue d’évoluer vers des descendants d’Omicron qui échappent encore mieux à l’immunité. On ne sait pas encore si ceux-là, ou d’autres, remplaceront les souches actuelles.
Lire aussi – Vaccination contre la grippe et le covid : « Il y a un relâchement de la perception du risque infectieux »

Faut-il encore s’isoler en cas de Covid-19 ?
Oui, bien sûr, c’est la seule façon d’interrompre la transmission du virus, un des piliers de la lutte contre cette maladie infectieuse, avec la vaccination, le port du masque et le recours massif aux tests, notamment aux autotests, une petite révolution de prévention à la maison.

Le Covars, qui a succédé au conseil scientifique, réfléchit au rétablissement de l’obligation du port du masque dans les lieux clos. Vous le comprenez ?

Je comprends que les autorités y réfléchissent. En 2020-2021 pour protéger la population, il fallait arrêter à tout prix le virus. Mais aujourd’hui la population fragile est protégée par le vaccin et la situation est meilleure. La lassitude guette. Il est plus compliqué d’imposer une obligation. Une certitude : un masque chirurgical diminue de deux tiers le risque d’infection et un FFP2 de 80 %. C’est par ailleurs un outil très efficace contre la grippe.

Vous déboulonnez le « mythe de l’immunité collective ». Est-il vraiment hors d’atteinte ?
Je raconte surtout l’histoire de nos espoirs et de nos déceptions. L’espoir, c’était en janvier-février 2021 : les vaccins à ARN arrivaient avec la promesse d’une protection contre l’infection de l’ordre de 90 %. On pensait avoir affaire à des vaccins « stérilisants », c’est-à-dire très efficaces contre le portage du virus et donc contre la transmission. La déception date de l’été 2021, quand on a repéré une baisse rapide de la protection contre l’infection. L’émergence de variants plus résistants aux vaccins a ensuite fini de démontrer que l’immunité collective était inaccessible. Les vaccins ne sont pas assez protecteurs et cette protection n’est pas assez durable.

Vous échafaudez aussi plusieurs scénarios pour le futur de la pandémie. Lequel vous semble le plus probable ?
Le scénario très optimiste d’une éradication du virus est exclu. Pour une telle prouesse, réalisée seulement avec le virus de la variole, il aurait fallu des vaccins très efficaces, conférant une protection de longue durée ; une campagne de vaccination massive à travers le monde ; l’absence de formes asymptomatiques difficiles à repérer ; et l’absence de réservoir animal pour le virus. Le deuxième scénario – celui d’une immunité collective, esquissé en 2020 à l’arrivée des vaccins à ARN, comme pour la rougeole – semble lui aussi hors de portée. Un scénario de type endémique, avec de nouvelles vagues d’infections, plus marquées en automne ou en hiver comme pour la grippe ou d’autres virus respiratoires, semble donc le plus probable. On vit avec le virus. Sans chercher à arrêter sa circulation comme au temps des confinements mais en protégeant les personnes fragiles contre les formes sévères de la maladie.
Le scénario très optimiste d’une éradication du virus est exclu

Pourquoi de fréquentes campagnes de rappel sont-elles nécessaires ?
Aujourd’hui, avec les variants Omicron, la protection contre les infections offerte par les vaccins originels est limitée et de courte durée. Celle contre les formes graves est plus durable, mais elle commence à baisser au bout de cent jours et la baisse devient très significative à six mois. D’où la nécessité d’un rappel tous les six mois chez les personnes à risque.

Quelle est l’ampleur de cette baisse ?

Une vingtaine d’études ont tenté de l’évaluer. Leurs résultats varient en fonction de la définition retenue pour les formes sévères et les pays étudiés mais, en gros, après trois doses, on passe de 85 % d’efficacité à 65 % au bout de six mois.
Le nombre de personnes ayant reçu un deuxième rappel dans le cadre de la campagne de revaccination lancée en mars vous semble-t-il suffisant ?
Seulement 35 % des 60-79 ans et 48 % des plus de 80 ans éligibles à la quatrième dose l’ont reçue : c’est largement insuffisant. Ce n’est pas un problème français : la moyenne européenne s’élève à 15 % chez les plus de 60 ans. Les gens n’ont pas très bien compris l’intérêt de ce deuxième rappel parce que, au printemps 2022, la communication des autorités sanitaires et des gouvernements n’a pas été assez claire. Or, pour pouvoir se protéger, il faut comprendre.

Quel serait le message clair à faire passer à la population ?
La protection contre les formes sévères est très bonne avec tous les vaccins actuellement disponibles mais elle baisse. Au bout de six mois, il faut la reconsolider en refaisant un rappel pour être de nouveau bien protégé.

Pourquoi seuls les plus de 60 ans et les personnes plus jeunes à risque sont-ils invités, en cet automne 2022, à recevoir une cinquième dose ?
C’est la vraie vie qui guide les recommandations sanitaires. Aujourd’hui, dans les hôpitaux, les patients sont âgés et atteints de plusieurs comorbidités.

Les vaccins bivalents – de deuxième génération –, qui arrivent ces jours-ci dans les pharmacies et les cabinets des généralistes, sont-ils vraiment plus efficaces ?
En restimulant la réponse immunitaire, le rappel avec les vaccins originels restaure une très bonne protection contre les formes sévères. Les études consacrées aux rappels avec les bivalents adaptés à Omicron montrent que contre BA.4 et BA.5, le taux d’anticorps neutralisants est un peu plus élevé mais on ne sait pas encore si cela se traduit par une meilleure efficacité en vie réelle. Les autorités américaines ont poussé les firmes à fabriquer les vaccins dirigés contre BA.4 et BA.5 en espérant que plus on se rapprocherait de la souche circulante, meilleure pourrait être notre protection. C’est une stratégie utilisée pour la grippe.

Pourquoi les messages ont-ils souvent été difficilement déchiffrables depuis le début de la pandémie ?
Ayant beaucoup travaillé dans la prévention, je sais qu’on peut et qu’on doit tout dire, ne pas occulter des informations inquiétantes ou en apparence trop complexes. Plus l’information est claire, fluide, transparente et sans filtre, mieux le public peut comprendre ce qui lui arrive, faire face au danger et se protéger. La vérité rassure ; la dissimulation inquiète. En mars 2020, au moment du premier confinement, les citoyens ont brutalement découvert la gravité de la situation alors que le discours des autorités, en France, mais aussi au Royaume-Uni ou aux États-Unis, était jusque-là rassurant. Ce qui a entraîné une rupture de confiance entre une grande partie de la population et les gouvernements.
C’est une tendance systématique observable dans de nombreuses crises. Le réflexe des dirigeants face à un phénomène qui les désarçonne est de se rassurer et de rassurer à tout prix la population, ce qui les amène à minimiser la gravité de la situation et à réagir avec retard. Les Chinois puis les Italiens sont gravement touchés ; C’est à cause de leur système de santé ou de leur organisation décentralisée, nous a-t-on expliqué. C’est comme une grippe, nous disait-on aussi alors que le centre chinois de contrôle des maladies avait écrit mi-février que 20 % des patients devaient être placés sous oxygène. On a préféré retenir que 80 % d’entre eux étaient atteints de formes « bénignes ».

La France a-t-elle tiré les leçons de la crise ?
Pas encore et j’espère qu’elle le fera. La crise a mis en lumière les failles du système de soins mais aussi la faillite de la santé publique de terrain. En 2020, contrairement à la Corée du Sud ou d’autres pays asiatiques, nous avons découvert que nous n’avions pas les moyens d’arrêter une épidémie. Nous avons cruellement manqué de tests et d’équipes capables de casser les chaînes de contamination. L’autre leçon serait de préparer nos dirigeants à la gestion de crises sanitaires de grande ampleur afin d’éviter que les mêmes erreurs se répètent. Après deux années, les responsables actuels ont appris à gouverner dans le brouillard de la crise, mais ceux de demain ? Les pompiers ou l’armée s’entraînent au feu ou à la guerre. Qui aimerait vivre dans un pays où les pompiers ne s’entraîneraient pas ?

Une radiographie critique de la gestion de la crise sanitaire
C’est un excellent livre de vulgarisation scientifique pour mieux comprendre l’évolution actuelle de l’épidémie. Et une radiographie au scalpel, mais sans esprit polémique, de la gestion de la crise sanitaire. Dans Les citoyens ont le droit de savoir (Fayard, en librairies mercredi), Anne-Claude Crémieux, professeure à l’hôpital Saint-Louis-Université Paris Cité, poursuit, en l’approfondissant, l’œuvre de transparence entamée dans les médias. Sa relecture de la faillite des masques, à la lumière de l’incertitude scientifique autour de leur utilité, est l’un des moments forts de l’ouvrage. Tout comme la partie consacrée aux quatre erreurs, dues à des biais cognitifs, fréquemment commises par les dirigeants politiques occidentaux depuis 2020. En le refermant, on ne se sent pas serein – les leçons de la crise n’ont pas été tirées – mais mieux capable de protéger sa santé. Telle était justement l’intention de l’auteure, qui aime à dire : « La vérité rassure, même quand elle est inquiétante. »

Budget : au moins autant de déficit

Budget : au moins autant de déficit

 

Théoriquement le projet de loi prévoit de stabiliser le déficit à -5 % du PIB. Une perspective douteuse avec le ralentissement économique et l’accélération de dépenses mal évaluées.

Le recul de la dette est très hypothétique, il s’agit de faire passer la dette de 111,2 % du PIB en 2023 à 111,5 % en 2022, soit un endettement total qui passera au-dessus seuil de 3.000 milliards d’euros, ainsi que l’a reconnu Gabriel Attal, et une charge de la dette grimpant à plus de 50 milliards pour atteindre 51,7 milliards l’an .

Au final, les dépenses de l’Etat devraient progresser de 21,7 milliards l’an prochain par rapport à 2022. Dans le JDD, Gabriel Attal, ministre délégué aux Comptes publics, a promis de « réduire le poids de la dépense publique de 57,6 % à 53,8 % du PIB » sur le quinquennat, mais cette promesse est déjà moins ambitieuse que celle faite durant l’été à Bruxelles, signe que l’heure n’est pas encore à la rigueur.

Parallèlement les rentrées financières seront moins importantes compte tenues du tassement net de l’activité économique.

Bercy a finalement dû revoir en baisse ses prévisions de croissance pour l’an prochain de 1,4 % à 1 % – un niveau jugé encore optimiste par nombre d’économistes – tandis que l’inflation pourrait encore attendre 4,2 % l’an prochain après 5,3 % en 2022.

L’adoption du PLF par 49.3 paraît probable, mais les membres du gouvernement entendent montrer jusqu’au bout que le blocage ne viendra pas d’eux.

Le gouvernement a toutefois abordé pour le moment l’aspect le plus consensuel des discussions avec les oppositions. A gauche, on veut relancer le débat sur la taxation des « superprofits ». Et surtout le sort réservé aux collectivités locales – alors que Bercy veut geler leurs dotations – promet un débat électrique, avec de fortes pressions pour augmenter un peu plus les dépenses.

 

Répression Iran : Déjà au moins 35 morts

Répression Iran : Déjà au moins 35 morts

D’après un papier des Échos, la répression des manifestations en Iran aurait déjà fait au moins 35 morts. A moins 35 personnes ont été tuées dans des manifestations déclenchées par la mort d’une jeune femme kurde arrêtée par la police des moeurs pour avoir porté le voile de manière « inappropriée ». Ce bilan a été annoncé ce samedi par Borna News, l’agence de presse liée au ministère iranien des Sports. La veille, la même source faisait état de 17 morts, les autorités démentant toute implication dans ces violences.

Le bilan réel risque d’être bien plus lourd. L’ONG d’opposition Iran Human Rights (IHR), installée à Oslo, a fait état vendredi d’au moins 50 morts provoqués par la répression menée par les forces de sécurité. Samedi, les autorités ont par ailleurs annoncé l’arrestation de 739 personnes accusées d’avoir participé à des manifestations, dont 60 femmes, dans la province de Guilan, dans le nord du pays.

Mahsa Amini, âgée 22 ans, a été arrêtée le 13 septembre à Téhéran pour « port de vêtements inappropriés » par la police chargée de faire respecter le strict code vestimentaire de la République islamique. La jeune femme est décédée trois jours plus tard à l’hôpital, et sa mort a déclenché des manifestations nocturnes dans les principales villes d’Iran, notamment la capitale Téhéran. En Iran, les femmes doivent se couvrir les cheveux et n’ont pas le droit de porter des manteaux courts ou serrés ou des jeans troués.

Les manifestations nocturnes ont donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre, les protestataires incendiant des véhicules de police et scandé des slogans hostiles au pouvoir, selon des médias et des militants. Dans la nuit de vendredi, des vidéos en ligne ont montré des scènes de violence à Téhéran et dans d’autres grandes villes parmi lesquelles Tabriz.

Certaines images montrent les forces de sécurité en train de tirer sur des manifestants non armés à Piranshahr, Mahabad et Urmia. Une de ces vidéos, partagée par IHR sur les réseaux sociaux, montre notamment un homme en uniforme militaire en train de tirer avec un fusil d’assaut AK-47 en direction de manifestants sur le boulevard Ferdowsi à Téhéran.

Amnesty International, qui a appelé vendredi soir à « une action mondiale urgente pour mettre fin à la répression », a indiqué avoir réuni des preuves dans 20 villes à travers l’Iran mettant en évidence « un schéma… des forces de sécurité iraniennes tirant délibérément et illégalement à balles réelles sur des manifestants ». L’ONG a mis en garde contre « le risque de nouvelles effusions de sang dans le cadre d’une panne d’Internet délibérément imposée ».

 

La crise climatique tolère encore moins les inégalités sociales

La crise climatique tolère encore moins les inégalités sociales

 

Loin d’être un simple « buzz », la polémique sur les jets privés est révélatrice d’un nouveau rapport aux inégalités sociales, estime Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », dans sa chronique.

 

Quelle que soit la méthode comptable, il faut bien le reconnaître : le poids climatique des déplacements en jet privé de quelques personnes fortunées est minuscule, négligeable. Selon les estimations du ministère des transports, il ne comptait en 2019 que pour moins de 0,1 % des émissions de gaz à effet de serre de la France. Interdire ce mode de transport ne changerait rien ou presque au bilan climatique national et aurait pour seul effet de contrarier inutilement une petite minorité de personnalités, tout en fragilisant une centaine de milliers d’emplois directs ou indirects, et en détruisant une activité qui représente, selon la filière, un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 29 milliards d’euros.

Dépassionner la conversation, fixer les ordres de grandeur, mettre des chiffres sur les problèmes : c’est avec l’apparence d’une approche rationnelle de la question que la ministre de la transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a dans un premier temps balayé d’un revers de main la polémique. Les jets privés sont « clairement un problème très limité en termes d’impact climatique, a-t-elle dit, le 30 août, sur France Inter. Que les écologistes en fassent un combat montre à quel point ils sont à côté de la plaque. »

Quelques jours plus tard, réagissant à la polémique ouverte par les propos de l’entraîneur du PSG Christophe Galtier – ironisant sur les chars à voile que les joueurs du club pourraient utiliser en remplacement de leur transport en avions privés –, Mme Pannier-Runacher ajustait son discours à l’ampleur du tollé, estimant cette fois que « la réponse du PSG n’est pas à la mesure » de la question climatique, et appelant le club « à se saisir très sérieusement de ce sujet ».

Pourquoi un tel revirement ? Dans un premier temps, la polémique pouvait être comprise comme une instrumentalisation de la crise climatique, par les écologistes, destinée à stigmatiser le faste du train de vie des plus fortunés. Mais dans un second temps, le fait qu’un footballeur aussi adulé que Kylian Mbappé soit également la cible de l’indignation populaire – alors que les sportifs de haut niveau échappent à peu près toujours aux critiques sur leurs rémunérations – a dissipé ce malentendu.

Ce qui peut sembler un truisme augure peut-être, en réalité, d’un bouleversement profond de perception des inégalités sociales. Elles ne sont plus seulement définies par la distribution de la richesse dans la société, mais aussi par le pouvoir de destruction de l’environnement mécaniquement associé à cette richesse. Or il y a une grande différence entre ces deux façons d’envisager les inégalités socio-économiques. D’un côté, il n’existe aucune limite à la quantité de richesses produites et distribuables ; de l’autre il n’existe qu’un stock limité de carbone à émettre pour éviter de détruire un bien commun, à savoir le climat terrestre.

Concept de sobriété : Moins mais mieux ?

 Concept de sobriété : Moins mais mieux  ?

OPINION. Parfois mal comprise, la sobriété ne vise pas à remettre en cause le confort ou le bien-être, mais à les intégrer à un modèle économique fondé sur une croissance en valeur et non plus en volume. Par Pierre Galio, Ademe (Agence de la transition écologique).

 

Un article qui  tente d’éclairer le concept de sobriété reposant sur « moins mais mieux ».Un papier qui conteste la mode consumériste et la croissance. Une réflexion qui  s’inscrit dans la pensée très écolo de l’ADEME mais qui néglige un peu les questions économiques, de justice sociale et d’emploi.NDLR

 

Changement climatique, déclin rapide et massif des espèces, recul continu du jour du dépassement, accroissement des inégalités… À mesure que les signaux d’alerte sociaux et environnementaux se multiplient, nos modes de développement apparaissent de plus en plus incompatibles avec un avenir positif et durable.

Dans ce contexte, le modèle économique « en volume », universellement partagé, n’est plus tenable. Il induit une création de valeur via l’augmentation du chiffre d’affaires – et des bénéfices – qui passe nécessairement par une hausse des flux (vente de biens et de services) et par conséquent par des consommations de ressources.

Il s’agit donc de penser à de nouveaux modèles de production et de consommation à la hauteur de ces enjeux. Par la vision de société qu’elle porte, la sobriété peut constituer une réponse intéressante à explorer. Encore faut-il savoir ce qui se cache derrière cette notion parfois floue.

Assimilée à la modération ou à la frugalité, la notion de sobriété trouve ses racines dans des traditions philosophiques et religieuses anciennes. Le sujet suscite un regain d’intérêt au XXe siècle, en lien avec des questionnements sur les modes de vie modernes, les systèmes productifs et consuméristes actuels et leurs conséquences sur l’environnement, le lien social et le bien-vivre.

La sobriété, dans notre vie quotidienne, renvoie généralement au « moins mais mieux », en reliant consommation, bien-être, santé, environnement et qualité de vie (et non pas niveau de vie).

Le « moins » peut être rattaché à la notion de limite planétaire ; il peut s’illustrer, par exemple, par la réduction du nombre de produits ou équipements dont nous nous entourons (textiles, électroniques…) ou la limitation des distances ou des kilomètres réalisés (tourisme)…

Le « mieux », qui vise à développer une consommation de biens et services plus « responsables » (production et acquisition de produits à moindres impacts sur l’environnement) soulève également des questionnements au regard de son accessibilité pour les publics plus défavorisés.

Par ailleurs, la définition du « moins » et du « mieux » est rendue difficile par les distinctions complexes entre « besoins » et « désirs », « essentiel » et « non essentiel ».

En dehors des démarches pionnières de sobriété émergent à l’échelle individuelle et de petits collectifs, les enquêtes menées par l’Ademe et ses partenaires depuis quelques années révèlent un désir croissant pour une consommation plus responsable et une aspiration à repenser nos modèles économiques.

Les Français expriment avec constance une forte sensibilité aux enjeux environnementaux et ils sont aujourd’hui 58% à penser qu’il faudra modifier nos modes de vie pour faire face au changement climatique. Par ailleurs, 88% des Français considèrent que l’on vit dans une société qui nous pousse à acheter sans cesse et 83% des Français souhaiteraient que la consommation y prenne moins de place.

Selon eux, il s’agirait de la réduire, plus globalement, et de supprimer le superflu pour consommer de manière responsable. Plus de la moitié d’entre eux (52%) pensent aussi qu’il faut sortir du mythe de la croissance infinie et revoir complètement notre modèle économique.

Toutefois, malgré une sensibilité à la sobriété de plus en plus prégnante, une majorité de Français reste très attachée à la consommation et aspire même ce qu’elle augmente : 60% des Français souhaitent « pouvoir se payer plus souvent des choses qui leur font envie » et 35% déclarent céder à la tentation n lors de leurs achats.

On relève ainsi un paradoxe fort entre des aspirations croissantes à un autre modèle de société remettant en cause le système économique actuel et des pratiques qui demeurent largement ancrées dans un modèle consumériste.

Trois difficultés peuvent être ici relevées.

Nos sociétés dites développées se sont structurées autour de l’accès à la consommation de masse, puissant vecteur d’inclusion sociale, et nombre de nos concitoyens aspirent légitimement à l’augmentation de leur niveau de vie.

Il est difficile pour un individu d’adopter un mode de vie sobre appliqué à l’ensemble de nos besoins essentiels (s’alimenter, s’équiper, se déplacer…) : certaines marges de manœuvre sont directement liées aux offres ainsi qu’aux infrastructures existantes, ce qui renvoie au rôle des entreprises (metteurs sur le marché des biens et services), aux collectivités territoriales et à l’État.

Par ailleurs, l’omniprésence des messages publicitaires dans notre environnement quotidien complexifie toute approche visant à se détacher d’une consommation effrénée.

Il existe en outre le risque qu’apparaissent au sein de notre société des clivages entre plusieurs populations : les plus défavorisés qui ne peuvent pas accéder à la consommation comme ils le souhaiteraient versus les plus riches qui ont souvent un mode de vie ostentatoire. Les plus désireux de changer qui peuvent se le permettre versus celles et ceux qui aspirent à consommer plus, quel que soit leur niveau de revenus.

Le lien entre sobriété et qualité de vie, santé, convivialité et épanouissement personnel reste donc à mettre en évidence pour une partie de la population, tout comme les enjeux d’inégalités qui ne peuvent être écartés.

La sobriété dans le monde économique est déjà intégrée par certains acteurs, voire incluse dans des stratégies à moyen ou long terme : le Conseil national de l’industrie évoque l’objectif de « frugalité » dans ses axes structurants d’action.

L’interprétation mise en avant porte toutefois souvent sur la progression de l’efficience (consommer moins de ressources pour la production d’un même produit) via l’amélioration des procédés, en restant dans un modèle dit « en volume » (qui vise à écouler un maximum de produits).

Cette amélioration apporte souvent des solutions techniques et technologiques permettant certes de consommer moins (matières, énergie…), mais à aucun moment ne remet en cause le modèle économique en soi.

Cela entraîne parfois des effets rebonds. L’efficacité est certes meilleure, mais les transformations techniques, comportementales ou sociales entraînent en parallèle des phénomènes de compensation qui peuvent altérer le bilan des gains réalisés.

Prenons l’exemple de la réglementation thermique des bâtiments. À mesure que leur efficacité énergétique a augmenté, la taille des maisons s’est agrandie, et l’évolution des modèles familiaux a provoqué une hausse des surfaces à chauffer.

De la même manière, le poids des véhicules a peut-être baissé (avant une nouvelle augmentation ces dernières années) grâce à une amélioration des performances des moteurs, mais l’entrée dans la société du tourisme et des loisirs a multiplié les distances parcourues par les Français. Les gains de l’efficacité sont alors annulés par les effets de ces évolutions sociétales.

D’autres remettent en cause ce modèle économique « en volume » en proposant leur propre modèle – par exemple en assurant un juste dimensionnement de leur offre – ou via de nouvelles approches comme l’économie de la fonctionnalité, qui vise à répondre à une fonction (se déplacer, s’éclairer, avoir un confort thermique…) plutôt qu’à la seule vente du produit.

Cette dernière a un rôle certainement majeur à jouer. Elle établit une nouvelle relation entre l’offre et la demande qui n’est plus uniquement basée sur la simple commercialisation de biens ou de services. La contractualisation repose sur les effets utiles (les bénéfices).

On vise par exemple à garantir un confort thermique optimisé plutôt que de vendre uniquement de l’énergie, à fournir des solutions de mobilité durable au lieu de vendre des voitures, à proposer des aides pédagogiques pour la réussite des élèves plutôt que de simples manuels scolaires, etc. C’est une économie orientée vers l’usage, l’offre s’adapte aux besoins réels des personnes, des entreprises et des collectivités. Cela implique des transformations profondes dans la façon de produire.

Elle permet donc d’envisager une création de valeur avec moins de ressources, mais c’est aussi une économie du « plus » car elle vise à générer de la valeur sociale et environnementale, à augmenter la satisfaction et la fidélité des clients, à développer les compétences et la créativité des salariés, à accroître la confiance et la coopération entre les acteurs d’un territoire ou d’une filière industrielle…

Plusieurs collectivités « pionnières » (avec un rôle essentiel des élus) se sont déjà lancées dans la mise en œuvre de plans d’action « sobriété », même si la définition et le périmètre de cette dernière restent mal identifiés.

Une des spécificités porte sur le nombre important d’acteurs présents sur leur territoire et de thématiques potentiellement couvertes par ces évolutions : foncier, immobilier, éclairage public, tourisme…

Une mise en lumière de ces actions et de leurs résultats est indispensable pour développer les bonnes pratiques. L’Ademe vient de publier une étude présentant plusieurs retours d’expériences en France et en Europe qui témoignent de la richesse et de l’apprentissage face à de telles démarches.

Dans la mesure où elle passe par une réévaluation des besoins et une distinction entre le superflu et le nécessaire, la sobriété interroge la construction de notre identité et de nos représentations, et donc le rôle de la publicité.

L’accès à un certain niveau de consommation garantissant un standing de vie reste cependant une préoccupation largement partagée par nos compatriotes, qui expriment année après année, depuis bientôt 40 ans, une préférence pour l’augmentation du pouvoir d’achat plutôt que du temps libre.

Aussi, les discours sur la sobriété font courir le risque de divisions au sein de la population. Il est donc essentiel de documenter les impacts et co-bénéfices des démarches de sobriété ainsi que les transformations nécessaires pour construire d’autres formes de scénarios de « vie future » et d’imaginaires collectifs.

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Par Pierre Galio, Chef du service « Consommation et prévention », Ademe (Agence de la transition écologique). Anaïs Rocci, Patrick Jolivet, Dominique Traineau, Marianne Bloquel et Stéphanie Guignard, qui travaillent à l’Ademe ont contribué à la rédaction de cet article.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Électricité : des prix moins chers en Espagne et au Portugal !

Électricité : des prix moins chers en Espagne et au Portugal !

 

 

Contrairement à la France, les pays de la péninsule ibérique maitrisent les prix de l’électricité sur leurs marchés de gros. Une différence qui s’explique par un mécanisme de subvention différent, lié à la source d’énergie utilisée par la centrale qui fournit la production marginale. Par Charles Cuvelliez, Patrick Claessens, Pierre Henneaux, Ecole Polytechnique de Bruxelles, Université de Bruxelles. ( la Tribune)

 

Tribune

Pendant que les prix du MWh explosent sur les marchés de gros dans nos pays, l’Espagne et le Portugal arrivent à maintenir les leurs sous contrôle, avec un ordre de grandeur 3 x inférieur. Comment y sont-ils arrivés ?  Ils ont plaidé pour découpler leur marché de gros du reste de l’Europe auprès de la Commission européenne et l’ont justifié par la faible interconnexion entre la péninsule ibérique et la France. C’est à contre-courant du marché unique et de ses promesses et cela marche. Faut-il donc revenir à des marchés nationaux au plus grand bénéfice de ceux qui ont la chance de ne pas dépendre du gaz (la France) pour leur électricité ?

 

Les prix de gros sont en effet fixés par la centrale marginale, c’est-à-dire la dernière centrale qu’on doit mettre en route pour équilibrer offre et demande d’électricité. C’est la plus chère à faire tourner, celle au gaz, souvent, sauf en France où (si le parc nucléaire n’était pas déficient) elle serait (le plus souvent) nucléaire ou hydroélectrique, à faible coût. C’est à se demander pourquoi ce mécanisme, qui semble être antinomique aux intérêts français, a été mis en place. Ce mécanisme a des vertus :  avec la centrale marginale qui dicte un prix élevé au marché, la production d’électricité à partir de renouvelable, à coût marginal quasi-nul, bénéfice de marges intéressantes. C’est un incitant à investir encore plus dans le renouvelable, de ne plus devoir le subventionner et, avec le temps, d’avoir la centrale marginale de moins en moins souvent sollicitée. Une baisse des prix généralisée s’enclenche. Le mécanisme de la centrale marginale incite aussi à allouer efficacement les ressources : les producteurs ont intérêt à faire tourner les centrales les moins couteuses d’abord pour dégager une marge maximum.

Ce plan était raisonnable avec des prix de gros stables aux environs de quelques dizaines d’euros par MWh observés pendant la dernière décennie. Ce n’est plus vraiment le cas : le modèle entraine désormais une spirale haussière dont les gouvernements espagnols et portugais semblent se sortir. Ils dépendent pourtant du gaz.

Les gouvernements de ces deux pays ont décidé de subventionner le gaz quand il est utilisé pour produire de l’électricité. Ce plan prévoir que les producteurs d’électricité achètent leur gaz à 40 euros le MWh puis, depuis juillet, graduellement plus cher (+5 euros le MWh par mois) pour atteindre 70 euros le MWh fin 2022.

C’est la faible interconnexion entre les réseaux électriques espagnol et français qui permet que ce subside ne profite pas à toute l’Europe puisqu’il fera baisser le prix du gaz et donc le prix de l’électricité produite à partir de ce dernier. Les gouvernements espagnols et portugais ne comptent pas non plus se laisser étrangler par leurs subsides :  les acheteurs sur les marchés de gros doivent restituer une partie de leurs gains et le surplus d’électricité qui ira de l’Espagne à la France, du fait des prix plus intéressants outre-Pyrénées, crée un revenu de congestion que le gestionnaire de réseau devra aussi restituer aux autorités. Ce mécanisme donne l’impression de reprendre dans une poche ce qui a été donné dans l’autre poche. Il permet surtout de limiter le montant de l’aide d’Etat tout en s’efforçant de demeurer efficace. S’il fonctionne, c’est parce que le subside réduit le coût de fonctionnement de la centrale marginale et donc le prix de gros de l’ensemble de la production électrique ibérique.

Ce mécanisme peut-il s’appliquer en France où il ne faudrait même pas appliquer des subsides puisque l’électricité n’y est pas produite avec du gaz. Mais la France n’est pas isolée du reste de l’Europe. Tout mécanisme qui réduirait en France les prix de gros attirerait mécaniquement les pays voisins et au-delà.

Il faudrait tout simplement subventionner – au niveau de l’Europe continentale – le gaz utilisé pour faire tourner la dernière centrale qu’on met en route quelque part pour équilibrer l’offre et la demande.

En subventionnant un peu de gaz, on entraine vers le bas les prix de gros alignés sur la centrale la plus chère qui tourne (au gaz) à un moment donné et qui devient ainsi moins chère. Il ne faut même pas stopper les interconnexions entre la France et le reste de l’Europe pour ce faire : c’est tant mieux car la France ne pourrait sinon plus exporter son électricité (comme elle le fait souvent) ou en importer (comme aujourd’hui) pour pallier les arrêts de ses unités.

Bien sûr, pour que ce mécanisme fonctionne, il faut qu’il y ait bien plus de production à bas coût (renouvelable, nucléaire) que de production basée sur les énergies fossiles pour que le niveau de subside reste faible.

Mais qui dit subside, dit aide d’Etat. La Commission européenne l’a accepté car les prix du gaz impactent fortement les prix de l’électricité qui frappent fortement les économies locales. La mesure est aussi limitée dans le temps. Cette mesure était d’ailleurs prévue dans les lignes directrices de la Commission pour permettre aux Etats d’intervenir sur les marchés de l’énergie. Serait-elle notre issue de secours ?

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(1) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Interventions sur le marché de l’énergie à court terme et améliorations à long terme de l’organisation du marché de l’électricité, 18 mai 2022, COM (2022) 236 final

Emploi : amélioration au second trimestre mais tendance moins favorable pour l’avenir

Emploi : amélioration au second trimestre mais tendance moins favorable pour l’avenir

Les créations d’emplois dans le privé ont accéléré au deuxième trimestre soutenues par le tourisme

Le secteur privé a enregistré 102.500 créations nettes d’emplois entre fin mars et fin juin 2022. Une « surprise » pour les économistes au regard du contexte économique difficile que traverse la France. Cette performance est, en partie, due au rebond du tourisme qui favorise l’activité du secteur tertiaire marchand.

Selon l’Insee  secteur privé a enregistré 102.500 créations nettes d’emplois entre fin mars et fin juin 2022. Cette augmentation de 0,5% est supérieure à celle du premier trimestre 2022 (+0,3%, soit 69.500 emplois en plus). L’emploi privé dépasse son niveau d’avant-crise, fin 2019, avec 754.200 emplois en plus (+3,8%).

.Cette progression peut s’expliquer par le rebond de l’activité touristique en France. Le tertiaire marchand affiche ainsi une hausse de 0,8% du nombre d’emplois supplémentaires (+97.300 emplois), après une hausse de 77.300 emplois au premier trimestre (+0,6%). « Ce dynamisme explique l’essentiel de la hausse totale de l’emploi salarié privé », note l’Insee. À noter toutefois la tendance baissière dans l’intérim qui constitue un indicateur global de l’évolution de l’emploi

L’intérim, en effet,  poursuit sa baisse amorcée au premier trimestre 2022. Alors qu’il connaissait une forte hausse au sortir du confinement du printemps 2020, il recule de 2,1% au deuxième trimestre 2022 (-17.400) bien qu’il « demeure supérieur à son niveau d’avant-crise », rappelle l’Insee. «

L’emploi industriel augmente légèrement avec la création de 3.100 emplois (+0,1%). Une hausse insuffisante pour rattraper le niveau d’avant crise sanitaire. Le secteur de la construction est stable, avec un niveau de l’emploi salarié privé identique au début de l’année 2022, et largement supérieur à celui atteint fin 2019 (+6,2%, soit 91.600 emplois en plus). Enfin, l’emploi salarié privé dans le tertiaire non-marchand augmente plus nettement, de 0,7% (+19.500 emplois), confirmant là aussi la hausse constatée lors du premier trimestre (de +7.600 emplois, soit 0,3%).

Malgré les difficultés liées à la crise sanitaire et désormais à la guerre en Ukraine qui a provoqué une forte inflation, l’emploi continue donc de se maintenir en France. Parallèlement à l’emploi privé qui grimpe, le taux de chômage poursuit sa baisse. Il a, ainsi, légèrement diminué au deuxième trimestre. Le nombre de chômeurs de catégorie A a enregistré un recul de 0,8% en France (hors Mayotte) au deuxième trimestre, soit 26.900 inscrits en moins, à 3,165 millions, soit une baisse sur un an de 15,1%, selon les chiffres publiés mercredi par la Direction des statistiques du ministère du Travail (Dares). La décrue semble toutefois ralentir, si l’on compare ces derniers chiffres à la forte diminution enregistrée lors de précédents trimestres. En cause évidemment le ralentissement de la croissance notamment à partir de 2023.

 

Engie: remise moyenne de 100 euros pour les moins favorisés

 

 

Engie: remise moyenne de 100 euros pour les moins favorisés

 

 

Sans doute pour échapper aussi à une taxe sur les superprofits , Engie va accorder en novembre une remise de 100 euros en moyenne par client bénéficiaire du chèque énergie, a indiqué la directrice générale du groupe Catherine MacGregor dans un entretien publié jeudi sur le site du Parisien . La remise sera proportionnelle au montant du chèque énergie, et le coût de cette mesure s’élève à 90 millions d’euros pour Engie, pour 880.000 clients concernés, a confirmé le groupe à l’AFP.

«Nous sommes conscients de la réalité inflationniste et soucieux des difficultés rencontrées par nos clients, que ce soient les ménages ou les industriels», a souligné Catherine MacGregor dans Le Parisien. Le groupe, qui doit présenter ses résultats vendredi, a également mis en place un fonds de soutien de 60 millions d’euros à destination des petites et moyennes entreprises, «qui va leur permettre d’avoir accès à des garanties dont elles ont besoin pour acheter de l’énergie», voire à «des facilités de paiement quand elles peinent à payer les factures».

Ce geste ne répond pas au débat lancé au Parlement en juillet sur la mise en place d’une taxe sur les surprofits réalisés par les grands groupes, affirme la dirigeante. TotalEnergies avait annoncé par exemple une remise de 20 centimes d’euros par litre de carburant à la pompe entre septembre et novembre dans toutes ses stations-service, puis de 10 centimes par litre sur le reste de l’année.

 


Scrutin proportionnel: moins démocratique ?

Scrutin proportionnel: moins démocratique ? 

 

L’histoire de ce mode de scrutin montre qu’il donne les pleins pouvoirs aux états-majors des partis politiques et conduit à une culture de l’immobilisme, affirment, dans une tribune au « Monde », Hervé Gaymard et Arnaud Teyssier, responsables de la Fondation Charles de Gaulle.

 

Dans un article remarquablement documenté (« La proportionnelle ou le rêve d’un Parlement “miroir de la nation” », Le Monde du 27 mai), Anne Chemin propose une histoire-plaidoyer en faveur du mode de scrutin dont la moindre des vertus ne serait pas de favoriser une « culture du compromis », même si, précise-t-elle, ce « progrès » « ne suffirait pas à lui seul à transformer la VRépublique ».

A l’heure où la passion institutionnelle française se déchaîne, sollicitant la IVe, la VIRépublique ou, pourquoi pas, finalement, un retour à la VRépublique des origines, il manque à notre avis quelques jalons à cette histoire de la proportionnelle, qui s’inscrit dans les débats récurrents sur les équilibres explicites et implicites de la Ve.

Partons de l’histoire, précisément. En 1945, les trois grands partis, le MRP, le PCF et la SFIO, se mettent en effet d’accord sur le principe du scrutin proportionnel, dont la première vertu est de leur accorder un contrôle massif sur les futurs députés, qu’il reviendra à leurs états-majors de choisir, la seconde étant prosaïquement d’éviter que l’un des trois partis s’arroge une prééminence forte sur les deux autres.

Ce compromis ne dépasse guère le stade des principes, car l’affrontement d’intérêts ressurgit vite. Cadre national, comme le souhaite le PCF ? Cadre départemental, comme le souhaite le MRP ? Calcul du reste à la plus forte moyenne, ce qui permet d’éliminer de nombreux candidats des « petits partis » ?

Se dessine une première leçon : la proportionnelle n’est pas plus « juste » qu’un autre mode de scrutin, elle fait l’objet d’âpres batailles rangées sur ses modalités. Le diable se niche dans les détails, qui échappent aux électeurs. Et surtout, la proportionnelle donne les pleins pouvoirs aux partis politiques et à leurs états-majors pour désigner les députés, l’élu n’étant plus enraciné par le scrutin d’arrondissement (ce que l’interdiction du cumul des mandats ne pourra qu’aggraver) : bref, les électeurs ne le choisissent plus.

A une époque où les partis politiques cherchent à se refonder et à retrouver une place dans le débat public, ce point mérite d’être médité. On ajoutera que, de ce point de vue, le scrutin proportionnel fait obstacle au renouvellement de la classe politique, que celui-ci soit souhaitable ou non. Georges Clemenceau (1841-1929), Léon Blum (1872-1950), François Mitterrand (1916-1996), Michel Rocard (1930-2016), Pierre Mendès France (1907-1982), Pierre Messmer (1916-2007), Michel Debré (1912-1996), Alain Juppé connurent la défaite au scrutin majoritaire d’arrondissement, et s’en relevèrent : avec la proportionnelle, ils auraient été élus à vie, car toujours tête de liste !

Présidentielle : l’indifférence, premier parti de France avec au moins 40 %

Présidentielle : l’indifférence, premier parti de France  avec au moins 40 %

Dans la bataille électorale en cours,  les candidats ne vont recueillir que des miettes par rapport au premier parti de France : celui l’indifférence. En effet, l’abstention pourrait être record lors de cette échéance électorale avec environ 25  % des électeurs qui ne fréquenteront pas les urnes. A cela il faut ajouter les électeurs potentiels non-inscrits ou mal inscrits (ceux qui ont déménagé et qui n’ont pas actualisé leur résidence principale.) Ces chiffres varient entre 10 et 20 pour cent. Autant dire qu’il y aura une partie de l’électorat de l’ordre de 40 % qui va manifester son indifférence. D’ores et déjà on peut donc considérer que les candidats mêmes arrivés en tête ne représenteront qu’une faible minorité au premier tour : environ  25 %.

De toute manière, le vainqueur sera mal élu comme ont été mal élus les candidats en tête aux municipales et aux régionales.

En cause,  évidemment une grave crise démocratique avec la mainmise de la bureaucratie, des bureaux d’études et des professionnels de la politique sur la représentation locale et nationale.

Au plan local la plupart des élus locaux sont bien incapables de présenter les grandes réformes d’une complexité administrative sans nom et qui définissent des schémas pour tout et surtout pour rien. Du coup lors des séances de présentation publique ce sont surtout les bureaux d’études qui parlent après 30 secondes d’introduction d’un élu local qui n’y comprend pas grand-chose.

Même chose au plan national où Macron est contraint de recourir sans cesse à des cabinets d’études pour gérer ce qu’il appelait la start-up nation. Une confusion évidemment entre le concept de gestion d’une entreprise et le management démocratique d’un pays. Pas étonnant Macron n’a jamais eu de parti, il n’en veut d’ailleurs surtout pas pour ne pas être un jour concurrencé ou gêné dans sa gestion. Du coup son entourage ne comprend que des seconds couteaux y compris au gouvernement. Ne parlons pas des députés en marche choisis  sur Internet complètement inexistants

Pas étonnant si il y a cet énorme décalage entre la structure politique et le réel social et sociétal. Les sélecteurs abstentionnistes ou non pour la plupart ne croient plus au discours de changement.

Résultat présidentielle : l’indifférence avec au moins 40 %, premier parti de France

Résultat présidentielle : l’indifférence avec au moins 40 %, premier parti de France  

Dans la bataille électorale en cours,  les candidats ne vont recueillir que des miettes par rapport au premier parti de France : celui de la différence. En effet, l’abstention pourrait être record lors de cette échéance électorale avec environ 30 % des électeurs qui ne fréquenteront pas les urnes. A cela il faut ajouter les électeurs potentiels non-inscrits ou mal inscrits (ceux qui ont déménagé et qui n’ont pas actualisé leur résidence principale.) Ces chiffres varient entre 10 et 20 pour cent. Autant dire qu’il y aura une partie de l’électorat de l’ordre de 40 % qui va manifester son indifférence. D’ores et déjà on peut donc considérer que les candidats mêmes arrivés en tête ne représenteront qu’une faible minorité au premier tour : environ 20 à 25 %.

De toute manière le vainqueur sera mal élu comme ont été mal élus les candidats en tête aux municipales et aux régionales.

En cause,  évidemment une grave crise démocratique avec la mainmise de la bureaucratie, des bureaux d’études et des professionnels de la politique sur la représentation locale et nationale.

Au plan local la plupart des élus locaux sont bien incapables de présenter les grandes réformes d’une complexité administrative sans nom et qui définissent des schémas pour tout et surtout pour rien. Du coup lors des séances de présentation publique ce sont surtout les bureaux d’études qui parlent après 30 secondes d’introduction d’un élu local qui n’y comprend pas grand-chose.

Même chose au plan national où Macron est contraint de recourir sans cesse à des cabinets d’études pour gérer ce qu’il appelait la start-up nation. Une confusion évidemment entre le concept de gestion d’une entreprise et le management démocratique d’un pays. Pas étonnant Macron n’a jamais eu de parti, il n’en veut d’ailleurs surtout pas pour ne pas être un jour concurrencé ou gêné dans sa gestion. Du coup son entourage ne comprend que des seconds couteaux y compris au gouvernement. Ne parlons pas des députés en marche choisis  sur Internet complètement inexistants

Pas étonnant si il y a cet énorme décalage entre la structure politique et le réel social et sociétal. Les sélecteurs abstentionnistes ou non pour la plupart ne croient plus au discours de changement.

Présidentielles : au moins 30 % d’abstention

Présidentielles : au moins 30 % d’abstention

 

D’après une enquête d’opinion BVA, seulement 69% des Français inscrits sur les listes électorales indiquent avoir de l’intérêt pour ce scrutin à venir.

Cette abstention potentielle apparaît très forte chez les jeunes entre 25 et 34 ans, qui pourraient être 44% à ne pas aller voter, et 36% chez les 18-24 ans.

Sur les raisons de cette abstention, d’après l’enquête de l’institut de sondages, 16% des potentiels abstentionnistes avancent des raisons proches des personnes non-inscrites sur les listes électorales, arguant le fait qu’ils ne voient pas l’intérêt du vote.

41% des personnes qui pourraient s’abstenir avancent aussi ne pas attendre « grand-chose de cette élection, que cela ne changera rien à leur quotidien ». Une proportion similaire – 40% – dit avoir « l’impression que les jeux sont déjà faits ».

Au-delà, 53% des Français en général interrogés, abstentionnistes ou non, estiment qu’une mesure efficace pour lutter contre l’abstention serait de reconnaître le vote blanc.

Selon l’étude, 93% des personnes interrogées déclarent être inscrites sur les listes électorales. Un chiffre sensiblement pareil aux 94% d’une étude de l’Insee en février 2020. Mais dans les faits, on compte de leur de 20 % d’électeurs non-inscrits (ou mal inscrits qui voteront peu). De sorte que le taux réel de non-participation pourrait être proche de 50 %.

Sondage BVA pour RTL et Orange. L’interrogation a eu lieu par Internet, les 1er et 2 mars, 8 et 9 mars et 15 et 16 mars. L’échantillon est composé de 4838 personnes, représentatives de la population française de plus de 18 ans. La marge d’erreur se situe entre 0,7 et 1,6.

Energie et Ukraine : des chocs moins importants que précédemment ?

Energie et Ukraine : des chocs moins importants que précédemment ?

L’économiste Nicholas Sargen analyse, dans une tribune au « Monde », les conséquences du conflit entre la Russie et l’Ukraine sur l’économie mondiale et les marchés financiers. Il ne pense pas que la Fed modifierait sa politique en cas de flambée des prix du pétrole.

 

Tribune. 

 

Les marchés financiers étaient déjà devenus volatils en ce début d’année, les investisseurs réévaluant les perspectives d’une hausse de l’inflation et d’un resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed).

Aujourd’hui, les conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la réponse qui pourrait émaner des Etats-Unis et de l’OTAN ne font qu’accroître les incertitudes, de même qu’une forte baisse des marchés boursiers mondiaux.

Bien que personne ne puisse être sûr de la tournure que prendront les événements, l’histoire montre qu’à chaque conflit géopolitique, les marchés financiers réagissent le plus lorsque les prix de l’énergie montent en flèche et que la Fed et les autres banques centrales resserrent leur politique monétaire.

Ces enseignements ont été tirés des deux premiers chocs pétroliers.

La première flambée a eu lieu en 1973, lorsque l’OPEP a imposé un embargo pétrolier aux Etats-Unis en représailles à la fourniture par ces derniers d’armes à Israël lors du conflit israélo-arabe.

La deuxième a commencé au début de l’année 1979, lorsque le chah d’Iran a été renversé et que la production pétrolière de l’Iran a chuté, passant de 5,2 millions de barils par jour (Mb/j) à seulement 1,4 Mb/j en 1980, supprimant ainsi 6 % de la production mondiale.

Dans ces deux cas, les prix du pétrole ont quadruplé et la Réserve fédérale a considérablement augmenté les taux d’intérêt pour contrer l’impact de la hausse de l’inflation. Cela a eu pour conséquence une forte augmentation des rendements obligataires et des ventes sur les marchés boursiers qui ont accompagné les graves récessions de 1973-1974 et de 1982-1983.

En comparaison, les hausses ultérieures des prix du pétrole liées aux conflits entre les Etats-Unis et l’Irak, en 1990 et en 2003, ont eu des répercussions moindres sur l’économie et les marchés.

Cela s’explique, notamment, par le fait que le déficit d’approvisionnement en pétrole n’a pas été aussi important que lors des deux premiers chocs et que les augmentations de prix ont été plus faibles.

En outre, la Réserve fédérale n’a pas resserré sa politique monétaire à ces deux occasions, car l’inflation était maîtrisée. Dans ce contexte, la Fed a considéré la hausse des prix du pétrole comme une taxe sur les ménages et les entreprises qui affaiblirait l’économie.

Energie et Ukraine : des chocs moins importants que précédemment ?

Energie et Ukraine : des chocs moins importants que précédemment ?

L’économiste Nicholas Sargen analyse, dans une tribune au « Monde », les conséquences du conflit entre la Russie et l’Ukraine sur l’économie mondiale et les marchés financiers. Il ne pense pas que la Fed modifierait sa politique en cas de flambée des prix du pétrole.

 

Tribune. 

 

Les marchés financiers étaient déjà devenus volatils en ce début d’année, les investisseurs réévaluant les perspectives d’une hausse de l’inflation et d’un resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed).

Aujourd’hui, les conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la réponse qui pourrait émaner des Etats-Unis et de l’OTAN ne font qu’accroître les incertitudes, de même qu’une forte baisse des marchés boursiers mondiaux.

Bien que personne ne puisse être sûr de la tournure que prendront les événements, l’histoire montre qu’à chaque conflit géopolitique, les marchés financiers réagissent le plus lorsque les prix de l’énergie montent en flèche et que la Fed et les autres banques centrales resserrent leur politique monétaire.

Ces enseignements ont été tirés des deux premiers chocs pétroliers.

La première flambée a eu lieu en 1973, lorsque l’OPEP a imposé un embargo pétrolier aux Etats-Unis en représailles à la fourniture par ces derniers d’armes à Israël lors du conflit israélo-arabe.

La deuxième a commencé au début de l’année 1979, lorsque le chah d’Iran a été renversé et que la production pétrolière de l’Iran a chuté, passant de 5,2 millions de barils par jour (Mb/j) à seulement 1,4 Mb/j en 1980, supprimant ainsi 6 % de la production mondiale.

Dans ces deux cas, les prix du pétrole ont quadruplé et la Réserve fédérale a considérablement augmenté les taux d’intérêt pour contrer l’impact de la hausse de l’inflation. Cela a eu pour conséquence une forte augmentation des rendements obligataires et des ventes sur les marchés boursiers qui ont accompagné les graves récessions de 1973-1974 et de 1982-1983.

En comparaison, les hausses ultérieures des prix du pétrole liées aux conflits entre les Etats-Unis et l’Irak, en 1990 et en 2003, ont eu des répercussions moindres sur l’économie et les marchés.

Cela s’explique, notamment, par le fait que le déficit d’approvisionnement en pétrole n’a pas été aussi important que lors des deux premiers chocs et que les augmentations de prix ont été plus faibles.

En outre, la Réserve fédérale n’a pas resserré sa politique monétaire à ces deux occasions, car l’inflation était maîtrisée. Dans ce contexte, la Fed a considéré la hausse des prix du pétrole comme une taxe sur les ménages et les entreprises qui affaiblirait l’économie.

BNP: Première banque en Europe mais avec de moins en moins d’agences

BNP: Première banque en Europe mais avec de moins en moins  d’agences

La BNP,  première banque en Europe combien compte bien s’appuyer encore sur la technologie pour être plus performante. Par contre, elle en profite pour nettoyer nombre d’agences avec des clients éjectés à plus de 30 km dans un autre établissement. La première banque européenne affiche un résultat record de 9,5 milliards d’euros en 2021. Le groupe intégré, qui tire la moitié de ses revenus dans le Retail et les services financiers spécialisés, s’estime bien positionné pour atteindre ses nouveaux objectifs à 2025, notamment une rentabilité du groupe de plus de 11%. Cerise sur le gâteau, le taux de distribution aux actionnaires est porté, de façon pérenne, à 60%. 

L’objectif et de consolider ses parts de marché dans tous ses métiers, de manière industrialisée et méthodique, presque sans éclats, bien ancré sur trois piliers, la banque commerciale et les services financiers spécialisés (55% du chiffre d’affaires), la banque d’investissement (31%) et le pôle assurance, gestion d’actifs et gestion privée (14%). Et même les 11 milliards d’euros de fonds propres « libérés » par la vente de sa filiale californienne Bank of the West, une opération qui doit être finalisée à la fin de l’année, seront consacrés à un plan de rachat d’actions (4 milliards) dont on peut se demander quel est réellement l’intérêt économique global pour l’entreprise sauf attirer les cours vers le haut.

BNP : Première banque en Europe avec 10 milliards de bénéfices mais avec moins d’agences

 BNP : Première banque en Europe avec 10 milliards de bénéfices mais avec moins d’agences

La première banque en Europe combien compte bien s’appuyer encore sur la technologie pour être plus performante. Par contre, elle en profite pour nettoyer nombre d’agences avec des clients éjectés à plus de 30 km dans un autre établissement. La première banque européenne affiche un résultat record de 9,5 milliards d’euros en 2021. Le groupe intégré, qui tire la moitié de ses revenus dans le Retail et les services financiers spécialisés, s’estime bien positionné pour atteindre ses nouveaux objectifs à 2025, notamment une rentabilité du groupe de plus de 11%. Cerise sur le gâteau, le taux de distribution aux actionnaires est porté, de façon pérenne, à 60%.

L’objectif et de consolider ses parts de marché dans tous ses métiers, de manière industrialisée et méthodique, presque sans éclats, bien ancré sur trois piliers, la banque commerciale et les services financiers spécialisés (55% du chiffre d’affaires), la banque d’investissement (31%) et le pôle assurance, gestion d’actifs et gestion privée (14%). Et même les 11 milliards d’euros de fonds propres « libérés » par la vente de sa filiale californienne Bank of the West, une opération qui doit être finalisée à la fin de l’année, seront consacrés à un plan de rachat d’actions (4 milliards) dont on peut se demander quel est réellement l’intérêt économique global pour l’entreprise sauf attirer les cours vers le haut.

Economie-croissance française : plus 7% en 2021 mais…… moins 8% en 2020 !

Economie-croissance française :  plus 7% en 2021 mais…… moins 8% en 2020 ! 

 

 

 

 Les grands médias reprennent largement les propos du ministre de l’économie à propos du record de croissance de 7 % enregistrés en 2021. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a qualifié ce chiffre de «rebond spectaculaire» qui «efface la crise économique».

 

La vérité c’est qu’on ne rattrape rien du tout en tout cas pas totalement. Normalement l’année 2020, aurait dû dégager une croissance de l’ordre de 2 % et c’est une baisse de 8 % du fait de la crise sanitaire  qui a été enregistrée. Le déficit est donc de 10 % en 2020, le déficit qui n’a pas été totalement comblé d’autant que normalement une croissance de 2 % aurait dû être aussi réalisée  en 2021. Pour preuve que rien n’a été comblé et qu’on est encore en retard, la consommation des ménages qui constituent l’essentiel de la croissance française est juste revenue à son niveau de fin 2019. La France est donc encore en retard

Le ministre se félicite aussi de l’amélioration du chômage puisque 500 000 chômeurs auraient disparu des statistiques de pôle emploi. C’est à peu près le même chiffre d’auto entrepreneurs qui a été nouvellement enregistré ( officiellement 400 000 réellemnet déclarés) . Cela signifie que beaucoup ont abandonné leurs activités de salariés dans les secteurs les plus touchés comme l’hôtellerie ou le tourisme pour se mettre à leur compte. Le problème c’est que la plupart des autos entrepreneurs ne dégage que des rémunérations insignifiantes. Beaucoup disparaissent au bout de deux ans.

On peut effectivement se réjouir du redressement français mais il convient donc de le relativiser car nous sommes en retard sur nos perspectives.

Certes on a sans doute sauvé un certain nombre d’emplois mais la facture n’est pas négligeable. Au total, l’État aura encore dépensé l’an dernier un peu plus de 60 milliards d’euros, selon les chiffres donnés récemment par le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt, au prix d’un déficit public qui devrait avoisiner les 7% et d’une dette publique autour de 113%.

Une facture qui provient notamment de la facilité pour les états dont la France de s’endetter avec de l’argent gratuit mais qu’il faudra bien rembourser un jour. Un remboursement qui s’effectue actuellement via l’inflation qui en quelque sorte amorti la politique très accommodante des banques centrales.

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