Archive pour le Tag 'moderne ?'

Société-Environnement : l’écologie moderne contre l’écologie radicale

Société-Environnement : l’écologie moderne contre l’écologie radicale

 

 

 

Il y a un paradoxe dans l’histoire du mouvement de l’écologie politique : pourquoi les solutions proposées n’arrivent-elles jamais à résoudre les problèmes concrets, campant dans une posture idéologique ? C’est la question à laquelle Michael Shellenberger répond dans « Apocalypse zéro » (éd. de L’Artilleur), un récit vivant, véritable mine d’informations toujours bien sourcées . Cet expert en énergie et environnement a reçu le prix « héros de l’environnement » de Time magazine et a été invité par le GIEC. Fondateur et président de l’association indépendante Environnemental Progress, il a eu un parcours qui le fait passer pour un renégat auprès des écologistes politiques.

Comme il le raconte, militant écologiste depuis ses premières années de lycée, il a collecté des fonds pour le Rainforest Action Network, fait campagne pour protéger les séquoias, promu les énergies renouvelables, lutté le réchauffement climatique et défendu les agriculteurs et les employés d’usine dans les pays pauvres. Pragmatique, il a constaté que plus il voyageait, plus il constatait l’écart croissant entre les discours écologistes martelés dans les pays développés et les résultats concrets dans les pays concernés.

Infatigable globe-trotter, il va sur le terrain, s’adresse directement aux acteurs sur lesquels pèsent les problèmes environnementaux mais aussi sociétaux. Se revendiquant de l’écomodernisme, son approche diffère de la logique des ONG dont il pointe que sous des postures vertueuses, elles sont éloignées des réalités. Car Shellenberger poursuit toujours les mêmes objectifs de sa jeunesse : aider les paysans pauvres et préserver les écosystèmes, mais pour cela il mise plutôt sur la croissance économique que sur cette auberge espagnole

Environnement : l’écologie moderne contre l’écologie radicale

Environnement : l’écologie moderne contre l’écologie radicale

 

 

 

Il y a un paradoxe dans l’histoire du mouvement de l’écologie politique : pourquoi les solutions proposées n’arrivent-elles jamais à résoudre les problèmes concrets, campant dans une posture idéologique ? C’est la question à laquelle Michael Shellenberger répond dans « Apocalypse zéro » (éd. de L’Artilleur), un récit vivant, véritable mine d’informations toujours bien sourcées . Cet expert en énergie et environnement a reçu le prix « héros de l’environnement » de Time magazine et a été invité par le GIEC. Fondateur et président de l’association indépendante Environnemental Progress, il a eu un parcours qui le fait passer pour un renégat auprès des écologistes politiques.

Comme il le raconte, militant écologiste depuis ses premières années de lycée, il a collecté des fonds pour le Rainforest Action Network, fait campagne pour protéger les séquoias, promu les énergies renouvelables, lutté le réchauffement climatique et défendu les agriculteurs et les employés d’usine dans les pays pauvres. Pragmatique, il a constaté que plus il voyageait, plus il constatait l’écart croissant entre les discours écologistes martelés dans les pays développés et les résultats concrets dans les pays concernés.

Infatigable globe-trotter, il va sur le terrain, s’adresse directement aux acteurs sur lesquels pèsent les problèmes environnementaux mais aussi sociétaux. Se revendiquant de l’écomodernisme, son approche diffère de la logique des ONG dont il pointe que sous des postures vertueuses, elles sont éloignées des réalités. Car Shellenberger poursuit toujours les mêmes objectifs de sa jeunesse : aider les paysans pauvres et préserver les écosystèmes, mais pour cela il mise plutôt sur la croissance économique que sur cette auberge espagnole

Nécessité d’ être moderne en économie ?

Nécessité d’ être moderne en économie ?

 

 

 « Il faut être absolument moderne ». Le vers enragé de Rimbaud n’en finit pas de déchainer les passions, en économie aussi. (*) Par Karl Eychenne, stratégiste et économiste.( la Tribune extrait)

 

« Les actes manqués ne manquent pas en économie. Toutes ces tentatives échouées, louables ou détestables, faute d’avoir su convaincre ou vaincre l’adversité. Ces échecs ont pu faire le terreau d’une certaine dictature de l’Histoire économique, clouant au pilori l’idée vaincue pour ne retenir que le dogme. Et puis, il y a la tentation du bien, en économie aussi. Quand l’idéologie du moment épouse son époque mieux qu’une autre, rasant tout sur son passage pour ne proposer qu’une voix suprême et sourde. Dictature de l’Histoire et tentation du bien sont bien les deux mamelles d’une certaine idée du progrès, même en économie, nous enjouant à être absolument moderne pour reprendre Rimbaud dans sa Saison en enfer.

Être absolument moderne en économie, pourquoi pas, mais comment faire ? Il existerait deux façons de faire, l’une conjoncturelle dite de moyen terme, et l’autre structurelle dite de long terme.

L’approche conjoncturelle de l’être absolument moderne

L’approche conjoncturelle consiste dans un premier temps à accuser le gouvernant d’errance diagnostique, une forme d’hébétude ou d’agitation tragi-comique face à la crise. Le gouvernant est alors mis en demeure de reconnaitre sa faute : incompétence, aveuglement, etc. tout y passe. Passé la repentance, le gouvernant doit alors se désinhiber, pour mieux imaginer, et finalement oser. Il osa donc, et osa sans complexe : ainsi naquit le concept de monnaie – dette, ce « je te tiens, tu me tiens, par la barbichette monnaie – dette » joué par la Banque Centrale et l’Etat. D’après des sources sûres, il parait que ce petit jeu permit quand même de sauver le monde quelques fois : 2008 (crise des subprimes), 2011 (crise de la dette souveraine), 2020 (crise Covid). Certes, on oublia d’inventer une fin au jeu, si bien que les quantités de monnaie – dette battent des records.

Cette tentation d’être absolument moderne a-t-elle offert une réponse convaincante aux crises conjoncturelles ? Soyons factuels : au moins ces engagements semblent avoir permis d’éviter le pire. Mais quand même, la survie économique laisse un goût amer. Nous n’avons jamais dépensé autant pour si peu de résultats. En langage économique, on a inventé de jolis termes pour décrire ce manque d’efficacité des politiques.

Prenons le cas de la politique budgétaire : lorsqu’un gouvernement dépense autant pour si peu de résultats, on explique cela par un multiplicateur faible ; le gouverné prend ce que le gouvernant lui donne, mais en garde une grande partie dans sa poche.

Prenons le cas de la politique monétaire : lorsqu’une Banque Centrale crée autant de monnaie pour si peu de dépenses, on dit que c’est parce que le taux d’intérêt neutre est faible ; le consommateur est plus exigeant pour accepter de sacrifier de l’épargne contre de la consommation. Nous voilà éclairés ! la faible efficacité de nos politiques économiques s’expliquerait par la faiblesse du multiplicateur et du taux neutre… mais eux pourquoi sont-ils si faibles ?

L’approche structurelle de l’être absolument moderne

Ainsi donc, être absolument moderne ne semble pas nous avoir permis de répondre efficacement aux crises conjoncturelles. Mais peut être l’injonction nous a-t-elle au moins permis d’éviter une errance structurelle ?  Peut-être a-t-elle imprimé à nos sentiers de croissance des chemins vertueux ? Osons l’expression : peut-être avons-nous été les témoins d’une forme de progrès économique… En général, c’est là que les choses se gâtent et que les gens se fâchent. En effet, le progrès économique ne veut pas dire la même chose selon le courant de pensée auquel on adhère.

Les néo-classiques insisteront sur la taille du gâteau, les néo-keynésiens s’attarderont sur la manière dont est distribuée le gâteau. Dans les deux cas, on s’intéresse au progrès technique, ce moteur tombé du ciel (croissance exogène de Robert Solow) ou auto-entretenu (croissance endogène de Paul Romer) de la croissance potentielle. Ce progrès qu’il faut chérir, devra être séparé de sa gangue (concurrence déloyale, barrière à l’entrée, course aux brevets, institutions mal ficelées), pour produire tous ses bienfaits sur la taille du gâteau et la juste répartition des parts. Voilà pour le monde parfait, et sa version angélique d’une destruction créatrice contemporaine.

 

Naïvement, on imaginera alors que l’aire du tout digital, la consécration du couple Machine Learning – Big data dans notre quotidien, a déroulé le tapis rouge à un sentier de croissance 2.0. Peut être, mais ce n’est pas ce qui est relevé. Selon les mesures standards de la croissance économique potentielle, de la productivité du travail, et du progrès technique, le doute n’est guère permis : la bête économique occidentale n’a plus la niaque, depuis près de 40 ans maintenant, tout va moins vite. Le vieillissement de la population y est pour beaucoup, mais pas que. La faute incomberait aussi à une contribution de plus en plus faible du progrès technique.

Plusieurs explications sont alors données que nous résumerons en deux camps : la productivité est en fait plus élevée mais nous la mesurons mal (Philippe Aghion) ; la productivité est bien faible car nous avons déjà saisi les grappes les plus faciles de la connaissance (Robert Gordon). Mais, en fait le mal pourrait être plus profond. Nous assisterions à la disparition des chercheurs qui cherchent, et la consécration des chercheurs qui trouvent.

Or, la fraude est patente, le chercheur n’est jamais assuré de trouver quelque chose. Tant pis, trop long pour l’absolument moderne qui ne veut rien savoir, et impose sa grille de lecture et son mode de financement au chercheur. Résultat ? « Une baisse du nombre de vraies découvertes scientifiques, masquée par l’importance de progrès techniques mettant pour la plupart en œuvre des percées conceptuelles intervenues dans la période historique précédente »Alain Supiot citant le travail des mathématiciens Stuart et David Geman, lui-même nous ayant déjà sensibilisé sur le sujet dans son pamphlet contre l’hégémonie d’une mesure institutionnalisée : « la Gouvernance par les nombres ». Davantage d’innovation, oui ; davantage de découvertes, non.

L’Angelus Novus économique

Ainsi donc, l’injonction Rimbaldienne il faut absolument être moderne appliquée à l’économie semble friable, poreuse, critiquable donc. Cette sale manie du progrès n’est pas nouvelle, elle avait déjà été remarquée en philosophie, morale, politique, etc. A ce jour, il n’existe pas de meilleure mise en garde que l’Angelus Novus de Klee revisité par Walter Benjamin : « il a les yeux écarquillés, la bouche ouverte, les ailes déployées… Cette tempête le pousse irrésistiblement dans l’avenir auquel il tourne le dos tandis que le tas de ruine devant lui grandit jusqu’au ciel. Ce que nous appelons le progrès, c’est la tempête. »

« Giscard d’Estaing ,moderne et rétro en même temps « 

« Giscard d’Estaing, moderne et rétro en même temps « 

Au-delà de plusieurs réformes sociétales significatives, le septennat de ce grand bourgeois a préparé la révolution conservatrice des années 1980 avec le début des politiques de rigueur et l’adoption des référentiels de la dérégulation de l’économie, analyse dans une tribune au « Monde » la sociologue Cégolène Frisque

Par Cégolène Frisque(Maîtresse de conférences en sociologie à IUT de la Roche sur Yon, laboratoire Arènes et docteure en science politique)

Tribune. L’annonce de la mort de Valéry Giscard d’Estaing a été l’occasion, pour de nombreux médias, de mettre en scène la modernité de son style de pouvoir et de sa gestion médiatique, et le caractère réformateur de sa politique. Cette perception repose sur un décalage de perspective et des effets d’inertie historique. En effet, la « modernisation » apparente du style présidentiel repose paradoxalement sur une appartenance confiante aux élites et l’instauration d’un nouveau rapport aux médias, bien davantage que sur des transformations profondes.

L’emploi de nouveaux codes politiques est inspiré de John F. Kennedy et d’un voyage aux Etats-Unis en 1962, comme la mise en scène de la jeunesse, d’une certaine décontraction, le fait de s’afficher dans sa vie quotidienne et en famille, faisant du sport, rencontrant des familles rurales ou des ouvriers…

 

Si ces éléments témoignent d’une « modernité » apparente, c’est d’abord en comparaison avec le style souvent très officiel, voire guindé ou déclamatoire qui l’ont précédé, et surtout, cela repose sur une attitude de supériorité sociale maîtrisée. Car c’est paradoxalement l’appartenance aux plus hautes couches de la bourgeoisie, et le cursus honorum d’un énarque polytechnicien passé par les plus prestigieuses écoles du pouvoir politique, technique, économique et administratif, qui le placent en position d’adopter ces innovations. 

Le décalage avec l’opinion publique

L’aisance conférée par cette supériorité sociale lui permet de se montrer dans des situations plus triviales. Néanmoins, derrière cet assouplissement apparent des conventions s’exprime l’habitus – le comportement – d’un grand bourgeois, dans sa manière de se tenir, son langage corporel, toujours un peu rigide, sa diction, légèrement chuintante, qui marque cette appartenance, le rapport aux autres, distant malgré la volonté de proximité…

C’est d’ailleurs cette contradiction entre une stratégie de présentation de soi moderniste et des codes sociaux intériorisés et extériorisés beaucoup plus classiques voire traditionnels, qui creusera ensuite le décalage avec l’opinion publique.

 

Mais avant, cette posture modernisatrice rencontre les attentes des médias, notamment de la radio et de la télévision, qui se sont déjà largement autonomisés avec la fin de l’ORTF en 1974 et cherchent à instaurer de nouvelles relations avec le pouvoir (proximité, rôle de l’image, codes de l’interview et du libre-échange…). Ils contribueront donc, pendant un temps, avant que d’autres « affaires » ne prennent le dessus, à la mise en scène présidentielle. 

Politique monétaire moderne : la fausse martingale (Patrick Artus)

Politique monétaire moderne : la fausse martingale (Patrick Artus)

 

 

Patrick Artus met en garde contre la fausse martingale que constituerait pour toujours la théorie monétaire moderne caractérisée par la création de monnaie sans limite.

 

La crise de la Covid a renforcé la tendance antérieure pour les politiques économiques des pays de l’OCDE. Tous utilisent un déficit public massif (14 % du PIB en 2020 pour l’ensemble de l’OCDE, probablement encore 8 % à 9 % en 2021) qui est monétisé, c’est-à-dire que les émissions obligataires des Etats destinées à financer ces déficits publics sont intégralement achetées par les Banques centrales. Celles-ci paient en créant de la monnaie. Tout se passe comme s’il y avait directement financement monétaire des déficits publics, ce qu’on appelle « monnaie hélicoptère » : des transferts publics aux agents économiques réalisés par une distribution de monnaie.

Cette pratique qu’on a appelée « théorie monétaire moderne » a l’avantage d’éviter les effets d’éviction, c’est-à-dire la hausse des taux d’intérêt à long terme, avec l’effet négatif induit sur la demande intérieure, qui aurait résulté d’un financement des déficits publics par émissions d’obligations par les Etats (le financement habituel par la dette). Elle évite aussi d’augmenter les impôts habituels : tant que les Banques centrales financent les déficits publics par la création monétaire, il n’apparaît aucune nécessité d’augmenter les impôts pour faire disparaître les déficits budgétaires.

On peut alors croire qu’on a découvert une politique miraculeuse : des déficits publics illimités qui ne génèrent ensuite aucun coût. Certains semblent croire que cette martingale existe, et préconisent d’aller beaucoup plus loin. Mais il faut comprendre qu’il faudra toujours, dans le futur, rétablir la solvabilité de l’Etat. Ceci ne se fera donc pas par la hausse des impôts traditionnels, ni par l’inflation.

Dans le passé, une croissance très rapide de la quantité de monnaie conduisait à moyen terme à l’inflation et à la « taxe inflationniste » (un prélèvement sur les détenteurs de monnaie, rémunéré à 0 %, réalisé par l’inflation). Mais il y a bien longtemps qu’il n’y a plus aucun lien entre création monétaire et inflation dans les pays de l’OCDE.

Malheureusement, la politique menée va faire apparaître deux nouvelles taxes. La première taxe vient du niveau très bas des taux d’intérêt à long terme qui résulte de l’achat d’obligations par la Banque centrale, et du maintien de taux d’intérêt à court terme très bas. Des taux longs anormalement bas (aujourd’hui – 0,2 % pour le taux à 10 ans en France) créent bien une taxe sur les épargnants, qui ne reçoivent pas les intérêts normalement dus sur leurs portefeuilles d’obligations ou contrats d’assurance-vie. La seconde taxe vient de ce que la forte croissance de la liquidité et les taux d’intérêt très bas vont pousser fortement à la hausse (comme on l’a déjà vu de 1986 à 2000, de 2002 à 2008, de 2014 à 2019) les cours boursiers et les prix de l’immobilier. Et il s’agit bien d’une taxe sur les jeunes, qui doivent acheter des actifs financiers et acheter des logements pour se constituer un patrimoine, et qui vont les payer anormalement cher.

Il y aura donc deux impôts nouveaux pour resolvabiliser les Etats : la taxation des épargnants et futurs retraités, la taxation des jeunes. Malheureusement, ils sont bien pires que les impôts normaux. Ils touchent les jeunes et les épargnants modestes (qui n’ont pas accès aux produits financiers sophistiqués) ; ils sont cachés, n’ayant jamais été démocratiquement débattus par les Parlements. Mais il s’agit bien d’impôts, qui vont affaiblir le niveau de vie de ceux qui vont les payer.

Patrick Artus est chef économiste de Natixis et coauteur, avec Olivier Pastré, de L’économie post-Covid (Fayard, 128 pages, 14 euros), à paraître le 30 septembre.

 

Le scandale du football moderne

Le scandale du football moderne

Il est évident que le salaire de certains pros du football qui se situe entre 1 et 3 millions par mois constitue un véritable scandale et par ailleurs plombe les finances des clubs. La conséquence est aussi un net renchérissement pour les spectateurs et pour  l’accès aux chaînes pour les téléspectateurs Fustigeant l’augmentation des droits audiovisuels, du prix des places dans les stades ou encore le salaire des joueurs, Olivier Caremelle, adjoint à la mairie de Lille, propose dans une tribune au « Monde », deux mesures régulatrices : interdire l’achat et la vente de joueur ressemblant à la vente d’esclaves, et limiter la rémunération de ces derniers à 30 000 euros.

Tribune. La question du poids de l’argent dans le sport, et notamment le football, n’est pas nouvelle. Elle a suivi, crescendo, la montée en puissance des médias, la création des chaînes de télévision et, évidemment, celle d’Internet qui a repoussé les limites des diffusions.

Il est ainsi aujourd’hui possible, lorsque l’on est amateur de football, de regarder peu ou prou n’importe quel match, à n’importe quelle heure, à la condition de payer.

L’ancien directeur général de la Ligue de football professionnel (LFP), Didier Quillot, pouvait ainsi s’extasier il y a quelques semaines sur l’accord des droits TV, générant des ressources nouvelles pour les clubs et la Ligue. Les droits pour la Ligue 1 sont aujourd’hui de 1,15 milliard d’euros (2020-2024) contre 375 millions d’euros pour la saison 2004-2005 et 122 millions en 1998-1999, soit une multiplication par dix en vingt ans !

Cette nouvelle manne, censée alimenter les clubs et participer à leur bon état de santé financière, pose pourtant quelques interrogations, notamment sur la capacité des usagers à voir et donc à payer.

Elle semble déjà lointaine, l’arrivée en France du groupe Canal+, en 1984, acteur historique de la diffusion de tous les matchs de l’ancienne D1, puis au début des années 2000, de ceux de la Ligue des champions et des grands championnats étrangers.

La conséquence logique de ce grand marché libéral ? L’augmentation du panier moyen pour chaque téléspectateur afin de s’abonner, si ce dernier en a évidemment les moyens.

Ainsi, pour la prochaine saison 2020-2021, « le juste prix » de la facture totale montera jusqu’à une centaine d’euros, répartis entre un abonnement mensuel à Canal+ (20 euros), à BeIN Sports (15 euros), à RMC Sport (25 euros), et enfin au nouvel acteur espagnol Mediapro, à 25 euros.

Toutes les grandes ligues européennes profitent en effet d’une situation de monopole qui leur permet de « saucissonner » les offres pour multiplier les lots et, donc, les rentrées financières. Ainsi, l’arrivée d’un nouvel opérateur sur le marché, tel Mediapro, dope le marché pourtant déjà concurrentiel à souhait. Quitte à ce que les opérateurs, conséquence de leur surenchère, doivent ensuite trouver de nouveaux accords comme celui récent entre Mediapro et Netflix.

Tout cela conforte, pour l’instant, la bulle spéculative autour des droits du football et devrait réjouir les grands décideurs du football français et les clubs dont les dotations vont en effet augmenter.

«L’indécence du football moderne »

«L’indécence du football moderne »

Fustigeant l’augmentation des droits audiovisuels, du prix des places dans les stades ou encore le salaire des joueurs, Olivier Caremelle, adjoint à la mairie de Lille, propose dans une tribune au « Monde », deux mesures régulatrices : interdire l’achat et la vente de joueur ressemblant à la vente d’esclaves, et limiter la rémunération de ces derniers à 30 000 euros.

Tribune. La question du poids de l’argent dans le sport, et notamment le football, n’est pas nouvelle. Elle a suivi, crescendo, la montée en puissance des médias, la création des chaînes de télévision et, évidemment, celle d’Internet qui a repoussé les limites des diffusions.

Il est ainsi aujourd’hui possible, lorsque l’on est amateur de football, de regarder peu ou prou n’importe quel match, à n’importe quelle heure, à la condition de payer.

L’ancien directeur général de la Ligue de football professionnel (LFP), Didier Quillot, pouvait ainsi s’extasier il y a quelques semaines sur l’accord des droits TV, générant des ressources nouvelles pour les clubs et la Ligue. Les droits pour la Ligue 1 sont aujourd’hui de 1,15 milliard d’euros (2020-2024) contre 375 millions d’euros pour la saison 2004-2005 et 122 millions en 1998-1999, soit une multiplication par dix en vingt ans !

Cette nouvelle manne, censée alimenter les clubs et participer à leur bon état de santé financière, pose pourtant quelques interrogations, notamment sur la capacité des usagers à voir et donc à payer.

Elle semble déjà lointaine, l’arrivée en France du groupe Canal+, en 1984, acteur historique de la diffusion de tous les matchs de l’ancienne D1, puis au début des années 2000, de ceux de la Ligue des champions et des grands championnats étrangers.

La conséquence logique de ce grand marché libéral ? L’augmentation du panier moyen pour chaque téléspectateur afin de s’abonner, si ce dernier en a évidemment les moyens.

 

Ainsi, pour la prochaine saison 2020-2021, « le juste prix » de la facture totale montera jusqu’à une centaine d’euros, répartis entre un abonnement mensuel à Canal+ (20 euros), à BeIN Sports (15 euros), à RMC Sport (25 euros), et enfin au nouvel acteur espagnol Mediapro, à 25 euros. 

Toutes les grandes ligues européennes profitent en effet d’une situation de monopole qui leur permet de « saucissonner » les offres pour multiplier les lots et, donc, les rentrées financières. Ainsi, l’arrivée d’un nouvel opérateur sur le marché, tel Mediapro, dope le marché pourtant déjà concurrentiel à souhait. Quitte à ce que les opérateurs, conséquence de leur surenchère, doivent ensuite trouver de nouveaux accords comme celui récent entre Mediapro et Netflix.

Tout cela conforte, pour l’instant, la bulle spéculative autour des droits du football et devrait réjouir les grands décideurs du football français et les clubs dont les dotations vont en effet augmenter.

« La théorie monétaire moderne » (Gilbert Blardone, économiste)

« La théorie monétaire moderne » (Gilbert Blardone, économiste)

D’après Gilbert Blardone, Economiste, professeur émérite de l’Université catholique de Lyon,  les économistes doivent abandonner le monétarisme classique,dans une tribune au « Monde ». Un article intéressant mais qui fait l’impasse sur l’hypothèse d’un retour brutal de l’inflation du fait de la dévalorisation de fait des monnaies. Une inflation très faible actuellement en raison de l’atonie de la demande. (Extraits de la tribune)

«  Aux Etats-Unis se répand une « théorie monétaire moderne » (TMM) non orthodoxe qui soulève une véritable polémique car les économistes classiques la trouvent extravagante. L’idée centrale de cette théorie est que la création monétaire par un Etat qui s’endette dans sa propre monnaie – c’est-à-dire qui fait marcher sa planche à billets – pourra toujours être remboursée dans cette monnaie. Cette pratique ne présenterait donc aucun inconvénient pour cet Etat. A condition, évidemment, qu’à cette création monétaire corresponde une création équivalente de biens et de services.

Les politiques des banques centrales américaine (Fed) et européenne (BCE), confrontées à la crise financière depuis 2007, sont conformes à cette théorie. Leur politique de rachat des dettes des Etats n’a provoqué aucun déséquilibre inflationniste. L’inflation est restée inférieure à 2 %. La reprise sans inflation a été particulièrement nette aux Etats-Unis.

 

Avant la crise de 2007, la totalité des titres et des prêts de la BCE étaient de l’ordre de 1 000 milliards d’euros. En 2019, cette somme atteint 4 700 milliards d’euros, soit 40 % du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro. Cette politique monétaire dynamique a évité l’aggravation de la crise, et elle n’a pas provoqué d’inflation.

 

La théorie monétaire moderne s’oppose à la théorie monétaire classique, qui prévaut dans les milieux d’affaires et les places financières. Cette théorie se résume, dans sa version la plus simple, par l’égalité MV = PQ, où M est la masse monétaire, V la vitesse de circulation de la monnaie (c’est-à-dire les habitudes de paiement des acteurs économiques), P le niveau général des prix, et Q la production des biens et des services ….) » .

 

 Le problème c’est que Q est devenu virtuel (NDLR) en tout cas décalé par rapport à sa représentation monétaire. 

Esclavage moderne :la Russie aussi

Esclavage moderne : le Qatar mais la Russie aussi

Le rapport sur l’esclavage moderne sort chaque année, depuis 15 ans. Il classe les pays en fonction de leur implication dans la lutte contre l’esclavage moderne et les mesures qu’ils mettent en place . Dans la fin du classement se trouvent des pays déjà épinglés l’année dernière comme l’Iran, le Venezuela, l’Algérie, la Syrie, la Libye, le Yémen, la Corée du Nord et le Zimbabwe. La plupart des pays occidentaux, ceux d’Europe, les Etats-Unis et l’Australie, mais aussi Israël, Taïwan, la Corée du Sud, le Chili ou l’Arménie, restent en première catégorie, loués pour leur lutte contre la traite des êtres humains et le « respect total des normes internationales ». En seconde catégorie viennent les pays qui font des efforts pour lutter contre l’esclavage. Parmi eux, le Paraguay, la Colombie, le Bangladesh ou encore le Japon. Pourtant, le Paraguay a été épinglé pour son esclavage d’enfants. Selon La Nación, quelque 50 000 enfants entre 5 et 17 ans seraient ainsi des esclaves domestiques. Pareil pour le Bangladesh, où l’exploitation sexuelle des mineures est souvent dénoncée. La Russie figure dans la catégorie des pays ne faisant aucun effort, depuis au moins 2013. Cela avait déjà provoqué la fureur de Moscou à l’époque. La Chine, elle, a quitté cette catégorie en 2014, pour passer sur la liste des pays à surveiller. Là aussi, des cas de travail forcé ou d’enfants sont souvent dénoncés par la presse. Elle retrouve le Qatar,  mis en cause dans des cas d’esclavages pour la construction de stade pour le Mondial de Foot en 2022.  De même pour la Malaisie, clouée au pilori l’an passé en catégorie rouge et qui cette année monte d’un rang.  D’après l’Organisation internationale du travail (OIT), la traite des êtres humains représente 150 milliards de dollars de bénéfices par an, dont 90 milliards pour l’industrie du sexe.

 

A quand un syndicalisme moderne ?

A quand un syndicalisme moderne ?

 

Dans un sondage diffusé sur France Info, 70% des français jugent la CGT trop négative ; L’image d’ensemble du syndicalisme est mauvais même s’il faudrait faire des distinctions entre les organisations. De fait globalement les syndicats paraissent corpos et réacs, une situation liée au fait que ces syndicats sont peu représentatifs (3 à 4% de syndiqués). Le plus souvent la stratégie de ces organisations correspond à des logiques d’appareils. Une raison fondamentale, le syndicalisme est comme en politique trop souvent considéré comme une carrière. D’où de fait une coupure entre la base et les directions, une coupure surtout de ces directions avec les réalités économiques et sociales. La plupart des permanents sont par ailleurs issu de la fonction publique et du secteur nationalisé, ce qui n’arrange rien en matière de compréhension  des questions économiques et financières ( voire même sociales). Finalemenet les syndicats globalement sont victimes d’un discrédit assez comparable à celui de la politique. Dommage pour Hollande qui veut pratiquer la sociale démocratie. Du coup faut de réelle représentativité, les syndicats ne jouent qu’un rôle très secondaire. C’est une sorte d’alibi pour les gouvernements, ces syndicats ne sons consultés que de manière très anecdotique. Une grande différence avec l’Allemagne ou pour essentielle la négociation se déroule entre les syndicats et le patronat et en l’absence de l’Etat le plus souvent . La mutation syndicale interviendra-elle ou les syndicats sont-ils condamnés à mourir ? Vraisemblablement il faudra du temps pour une vraie évolution mais des progrès évidents sont faits dans ce sens avec la CFDT surtout, aussi, ‘l’UNSA, la CGC notamment. Il ya encore du chemin à parcourir et c’est sans doute la première fois qu’un leader comme celui de la CFDT condamne une grève de la SNCF avec fermeté. Un courage qu’il faut souligner.




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