Archive pour le Tag 'métier'

Les aides à domicile : Un métier de paria

Les aides à domicile : Un métier de paria


De plus en plus de secteurs économiques et pour des difficultés à recruter. Des problèmes assez souvent liés aux conditions salariales et plus généralement aux conditions sociales.

Les métiers d’aides à domicile et d’aides ménagères connaissent les plus fortes tensions de recrutement, avec 85% d’employeurs qui peinent à embaucher. Le métier d’infirmier arrive juste derrière, avec environ 81%. Le métier d’aide à domicile connaît le plus de problèmes alors que les besoins sont déjà importants et qu’ils seront énormes comptes tenus du vieillissement démographique. Ce métier est relativement mal payé et les conditions sociales peu favorables.

Il y a d’abord la question des horaires, souvent très élastiques car il faut parfois commencer très tôt pour assurer le service du lever notamment des personnes âgées, revenir à midi pour le déjeuner et le soir pour le coucher. Soit une amplitude considérable avec des coupures non rémunérées et des frais de déplacement pas toujours suffisamment.

Un métier en août qui comprend des tâches très ingrates comme les soins de toilette. Et le tout pour à peine le SMIC compte tenu précisément du décompte mal calculé des heures de travail. Bref un métier qu’il a aussi sera de plus en plus effectuée par du personnel étranger ou d’origine étrangère bien forcé d’accepter des conditions de travail particulièrement dures.

Du côté des opérateurs de voyages, 80% des recrutements de conducteurs de transport en commun sur route sont jugés « difficiles » par les recruteurs. Des entreprises comme Transdev, Keolis ou encore la RATP ont lancé de vastes campagnes de recrutement, avec parfois d’importants avantages à la clé. Mais avec peu succès. En Île-de-France, par exemple, il manque toujours 1 500 conducteurs de bus pour assurer un service normal, selon le journal Le Parisien.

Les chiffres de Pôle emploi ont été recueillis via un questionnaire adressé aux entreprises, portant sur leurs intentions d’embauche pour l’année à venir, ainsi que sur le nombre de recrutements jugés « difficiles » par les recruteurs. Pour l’année 2022, plus de 420 000 réponses ont été collectées et exploitées. Au total, ce sont plus de 3 millions de projets de recrutements qui ont été recensés par l’établissement chargé de l’emploi en France. Parmi eux, 57,9% des recrutements sont jugés difficiles par les employeurs et ce, quelle que soit la taille de l’établissement, selon Pôle emploi. Ce taux s’élevait à 37,5% en 2017, soit une augmentation de 20 points en seulement cinq ans.

Dans le détail, entre 2017 et 2022, le taux de difficulté à recruter a bondi de 53 points pour les métiers d’infirmiers, cadres infirmiers et puéricultrices, de 13 points pour les aides à domicile et de 30 points pour les conducteurs de transport en commun sur route.

Vers la prolétarisation du métier d’enseignant (UNSA)

Vers la prolétarisation du métier d’enseignant (UNSA)

 

Même avec un salaire minimum de 2000 € mensuels pour les jeunes enseignants, la prolétarisation du métier est largement en route et participe aussi d’une certaine manière du niveau actuel de l’éducation

«Notre système d’éducation se rapproche d’un point de rupture», a déclaré Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa, un des principaux syndicats dans le primaire et le secondaire, au cours d’une conférence de presse.

Pour prévenir ces difficultés, il appelle, comme l’a fait mardi le Snuipp-FSU, à recruter immédiatement l’ensemble des listes complémentaires des concours afin de sécuriser les effectifs. Et souligne le besoin de sécuriser le statut des contractuels et de revoir la grille des salaires des titulaires. Emmanuel Macron a rappelé jeudi devant les recteurs et rectrices, réunis à la Sorbonne, l’engagement du gouvernement à assurer un salaire d’au moins 2000 euros nets mensuel à tout enseignant débutant.

 

 

Revaloriser le métier de tous les auxiliaires de vie

Revaloriser le métier de tous les auxiliaires de vie

Le professeur de gestion Benoît Meyronin prône, dans une tribune au « Monde », une meilleure attention des particuliers et des entreprises aux 4,6 millions d’« invisibles » qui, au quotidien, rendent des services de première nécessité.

 

Dans le secteur privé comme dans le secteur public, 4,6 millions de personnes œuvrent au quotidien pour fabriquer nos quotidiens, les rendre fluides et confortables. Souvent au détriment des leurs (« “Les Invisibles”, une plongée dans la France du back-office », Fondation Travailler autrement, mars 2022).

Ces invisibles, ce sont tout à la fois les métiers du lien (lien social, mais aussi du relationnel avec les centres de contact et de service à distance), du soin – à l’hôpital, en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), dans les crèches, notamment –, de la « continuité économique et sociale » et de la vie quotidienne (logistique et commerce, enlèvement des ordures ménagères, propreté urbaine…).

Une forme d’éthique venue des Etats-Unis, l’éthique du « care » [le prendre soin de l’autre], tente depuis quarante ans d’attirer notre attention sur ces métiers. Si elle s’est focalisée historiquement sur l’univers des soins au sens large, une économie du « care » englobe plus largement ces métiers de « première nécessité », dont nous avons pu mesurer l’importance durant la crise sanitaire et ses confinements successifs.

Si l’on consulte les résultats de l’enquête au travers du prisme de cette éthique, ses enseignements prennent une lumière hélas bien tamisée. Issue d’une réflexion féministe, l’éthique du « care » a toujours pointé, y compris pour les femmes elles-mêmes, les inégalités de genre et de revenu : certaines femmes ont en effet la jouissance d’un temps que d’autres femmes rendent possible, des femmes moins privilégiées.

De fait, 54 % des « invisibles » sont des femmes. Elles viennent accueillir ma fille le matin, tôt, à l’école, elles viennent la chercher à 16 h 30 et s’en occupent jusqu’à l’heure du bain, bref elles s’engagent auprès d’elle toute la journée pour lui apprendre à devenir une petite personne au sein d’une communauté. C’est très banal, cela se passe dans ma vie comme dans la vôtre. Cette forme d’éthique nous a ainsi appris que derrière chaque personne se cachait une autre personne sans l’aide de qui la première ne serait pas autonome. Or ces personnes sont, le plus souvent, des femmes.

 

Cette éthique nous a sensibilisés également au fait que les « invisibles » manquaient cruellement de reconnaissance au sens premier du terme : 50 % des ménages dits invisibles perçoivent ainsi moins de 2 000 euros bruts par mois. A cela s’ajoute, sinon un mépris, au sens où l’entend le philosophe et sociologue allemand Axel Honneth, du moins indéniablement une piètre estime de soi, lorsque le regard de l’autre n’est pas valorisant pour les tâches que je réalise chaque jour (La Lutte pour la reconnaissance, Folio, 2013 et 1992 pour l’édition originale).

McKinsey consultant, un métier de prostitué ?

McKinsey consultant, un métier de prostitué ?

 

De plus en plus de sommes énormes sont consacrés au recours à des conseils extérieurs aussi bien d’ailleurs dans les entreprises qu’à l’intérieur de l’État. Avec une différence toutefois de taille : les superstructures de l’État sont particulièrement abondantes en commissions et organismes d’analyse, d’orientation et de contrôle. Des milliers de hauts fonctionnaires sont normalement affectés à ces tâches d’orientation et d’évaluation. Il y a donc un double emploi évident en France où le nombre de hauts fonctionnaires est au hit-parade mondial.

 

La question se pose de l’intérêt de ce recours à des experts extérieurs. En général, ces experts  doivent  apporter un regard extérieur relativement neutre en s’appuyant sur les critères de gestion reconnue. Bref , ces sociétés de conseil ne doivent pas évidemment faire de politique et pas davantage de clientélisme en livrant des conclusions que souhaitent attendre le donneur d’ordre. Le conseil extérieur propose une analyse et des orientations. C’est ensuite le décideur qui met en œuvre s’il le souhaite

Or il y a une dérive dans cette profession qui consiste d’abord à entretenir le marché de plus en plus considérable tellement nous vivons dans une forêt administrative inextricable qui de fait  exclue les élus et même l’administration. Ainsi les sociétés de conseil légitiment  leur objet et nourrissent le marché. Pour cela elle n’hésite pas d’ailleurs à satisfaire l’idéologie du donneur d’ordre et a passé la brosse à reluire. Ainsi aujourd’hui est-il de bon ton d’être plus libéral que libéral pour se montrer disruptif donc encore plus réformateur.

D’une certaine manière,  certains experts consultants se comportent comme des prostituées. Ils resserrent d’ailleurs souvent la même soupe tout juste réchauffée à plusieurs administrations ( ou entreprises) sans pour autant diminuer la facturation des services.

 

Il y aurait sans doute de ce point de vue un minimum de régulation à mettre en œuvre concernant l’éthique et l’efficacité de cette profession.




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