Archive pour le Tag 'menacées'

Protéger juridiquement les données personnelles menacées par les logiciels espions

 

L’édiction de nouvelles normes internationales est urgente pour protéger les données personnelles, soulignent, dans une tribune au « Monde » (extrait) , les avocats William Bourdon et Vincent Brengarth, et Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières.

 

Tribune.

 Edward Snowden, par ses révélations en 2013, a ouvert les yeux de milliards de citoyens. Certains responsables publics, qui, bien sûr, devaient le supputer, telle Angela Merkel, ont été définitivement convaincus que leur portable était en permanence tracé par les grandes écoutes américaines. Comme M. Snowden l’a rappelé récemment, dans une interview publiée le 19 juillet, par Le Monde, s’agissant de la surveillance d’Etat : « Il y avait un voile de légitimité et de légalité, des procédures. Ce n’était déjà pas suffisant mais au moins c’était ça. »

Nous avons aussi compris que l’aggravation de la menace terroriste a conduit les Etats démocratiques à laisser globalement carte blanche aux services de renseignement, sans ériger des contre-pouvoirs effectifs permettant de les contrôler. Ces derniers ne cessent d’exiger, au nom de l’efficacité qui leur est demandée, de plus en plus de prérogatives. C’est vainement, que des parlementaires français se sont émus de l’absence de dispositions permettant de contrôler les conditions dans lesquelles sont mutualisées des données personnelles entre les services français et les services étrangers, et ce de façon de plus en plus systématique et massive.


Les révélations du consortium de médias, coordonné par l’équipe de Forbidden Stories en coopération avec Amnesty International, donnent le vertige et devraient tous lourdement nous inquiéter. Elles ont trait à l’utilisation du logiciel Pegasus par des services étrangers, mais elles appellent à l’instauration urgente de garde-fous pour nous protéger de l’ensemble du secteur de la surveillance.

 

Les informations exploitées démontrent que la société israélienne NSO vend un logiciel utilisable par les Etats pour accéder aux données les plus intimes. Il constitue un outil pour espionner les téléphones de dizaines de milliers de personnes et sans doute plus, permettant à certains services d’Etat (ou à des factions) d’exercer une surveillance étroite au jour le jour sur des personnes considérées comme dissidentes ou sources d’intérêts, en tout cas n’ayant rien à voir avec le terrorisme. Il y va de la protection de nos libertés comme de celle des démocraties.

Lire aussi : Comment la société israélienne NSO Group a révolutionné l’espionnage

La liste des cibles est ahurissante et ce n’est sans doute qu’un début. Il est à craindre que la société NSO ait déjà développé d’autres technologies sophistiquées, sans même parler de ses sociétés cousines à Tel-Aviv ou ailleurs. Une nouvelle association de malfaiteurs s’est scellée entre la société NSO et des services d’Etats étrangers pour favoriser une mécanique de contrôle et de persécution, qui, il faut l’espérer, ne restera pas impunie.

Il vous reste 55.13% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Loi Terrorisme : les libertés menacées ?

Loi Terrorisme : les libertés menacées ?

 

Une nouvelle fois Amnesty International pousse des cris d’Orphée à propos d’une loi qui n’est même pas encore complètement discutée au Parlement et qui doit évidemment concilier la prévention contre le terrorisme et le respect des libertés.

De ce point de vue la tribune dans le JDD de Anne-Sophie Simpere, responsable plaidoyer « libertés » à Amnesty International France a du mal à convaincre que la France se rapproche de pays liberticides comme la Hongrie ou la Pologne ou encore que l’union européenne pourrait porter atteinte aux droits fondamentaux. Il flotte sur cette tribune un parfum de gauchisme.

 

Tribune dans le JDD de Anne-Sophie Simpere,

 

 

« Ce mardi 29 juin, les sénateurs vont avoir deux jours pour examiner le projet de loi sur le terrorisme et le renseignement. Cette loi modifierait durablement le droit français en rendant permanentes des mesures d’urgence et en renforçant les pouvoirs de surveillance de l’État. Sur le volet renseignement, le projet confirme et renforce les dispositifs de la loi de 2015, qui avait, à l’époque, provoqué une levée de boucliers. Début juin, les députés ont expédié les débats sur cette partie en quelques heures et rapidement adopté le texte.

Il n’y aura pas de deuxième lecture : le gouvernement a engagé une procédure accélérée. Les parlementaires sont en train de voter au pas de course des dispositions attentatoires à nos droits et libertés.

Si le Conseil constitutionnel peut censurer des dispositions, le signal envoyé par les autorités est très préoccupant

Que recouvre ce projet de loi ‘relatif à la prévention d’actes de terrorisme et au renseignement’? Il rend permanentes des mesures issues de l’état d’urgence déclaré après les attentats de 2015, mesures qui renforcent les pouvoirs des préfets au détriment du judiciaire. Elles permettent d’imposer des assignations à résidence ou des perquisitions, sur la base d’éléments vagues et de simples soupçons de l’Administration. C’est une violation des engagements internationaux de la France sur le droit à un procès équitable.

Ces dispositions existent déjà dans la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme (Silt), mais elles devaient s’éteindre en 2021. Elles pourraient maintenant être définitivement intégrées au droit français. Le gouvernement n’a pas tenu compte des avis très critiques formulés par les rapporteurs spéciaux des Nations unies, le défenseur des droits et la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), de même qu’il a ignoré les appels en faveur d’une évaluation indépendante des impacts de ces mesures sur les droits humains. En revanche, il durcit encore les dispositifs en proposant d’allonger les durées des assignations ou de les cumuler avec d’autres ­interdictions.

En 2015, les experts des droits humains avaient aussi dénoncé la loi sur le renseignement, qui autorisait une surveillance très large sur la base d’une liste extensive de motifs d’intérêt public mal définis, et ce, sans contrôle judiciaire préalable. Le projet de loi qui arrive au Sénat confirme et étend ces principes. Le recours aux algorithmes ou « boîtes noires », qui permettent une surveillance de masse, était encore expérimental : il deviendrait définitif.

Les échanges d’informations entre l’Administration et les services de renseignement sont facilités, y compris pour des éléments relevant d’un secret protégé par la loi, professionnel ou médical. Plusieurs dispositions prévoient également ­l’extension de la conservation des données par les services de ­renseignement.

Un « effet cliquet » qui rend très difficile tout retour en arrière

Ce texte arrive peu après la proposition de loi sur la ‘sécurité globale’ et le projet de loi ‘confortant les principes républicains’, qui portent eux aussi atteinte au socle des droits fondamentaux. Si le Conseil constitutionnel peut encore censurer certaines dispositions, le signal envoyé par les autorités est très préoccupant.

Ces dernières années, de graves reculs ont eu lieu dans d’autres pays, y compris européens, comme la ­Hongrie ou la Pologne. Il ne s’agit pas de comparer sans prendre en compte les différences. Mais l’expérience montre que la dégradation de la situation des droits humains est un processus qui peut être très rapide et se produire même au sein de l’Union européenne. Par ailleurs, il existe un ‘effet cliquet’ qui rend très difficile tout retour en arrière. Les attaques contre la justice, l’obstination à ignorer les recommandations des institutions internationales, ou les critiques contre les droits fondamentaux, présentés comme des entraves aux pouvoirs des autorités, sont des signes qui devraient nous alarmer.

La lutte contre le terrorisme est souvent brandie pour justifier de tels reculs. Protéger les populations des violences est un objectif légitime, mais prendre des mesures qui génèrent des discriminations, portent atteinte à la liberté de mouvement, au droit à la vie privée, étouffent la liberté ­d’expression, d’association ou de réunion pacifique ou menacent le droit à un procès équitable est illégal au regard du droit international et bien souvent contre-productif. Les sénateurs devront s’en souvenir, on ne protège pas nos libertés en limitant nos droits. »

Les libertés académiques menacées par la Chine

Les libertés académiques menacées par la Chine

 

Les exemples se multiplient de pressions du régime chinois exercées contre des universitaires travaillant sur la Chine ou des publications spécialisées. Cette offensive contre les libertés académiques ne doit pas rester sans réponse, estime, dans une tribune au « Monde », le chercheur et ancien diplomate Pierre Buhler.

 

Tribune.

 

Deux chercheurs et le principal centre de recherche allemand sur la Chine – le Mercator Institute for China Studies (Merics) – sanctionnés par Pékin, un chercheur français insulté sur le compte Twitter de l’ambassade de Chine à Paris, l’ambassadeur convoqué au Quai d’Orsay… Ces agissements emblématiques de la conception chinoise des libertés académiques ont mis en lumière, ce printemps, une politique inquiétante de Pékin, qui constitue une menace grave pour l’enseignement supérieur et la recherche dans les pays démocratiques. Et celle-ci porte l’empreinte du secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC), Xi Jinping.


Le peu de cas fait, par ce parti, des libertés académiques a été illustré, fin 2019, par une action de protestation des étudiants de la prestigieuse université Fudan de Shanghaï contre l’abolition, dans la charte de l’établissement, des références à l’« indépendance académique et [à] la liberté de penser », remplacées par la « pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise dans la nouvelle ère » et un postulat d’adhésion au rôle dirigeant du PCC. D’autres universités ont subi le même sort, mais même s’il ne s’agit guère, au regard de l’expérience maoïste, d’une orientation nouvelle, l’existence de cette chape de plomb doit interpeller tous les établissements d’enseignement supérieur, de France et d’ailleurs, qui ont noué des partenariats en Chine ou y ont ouvert des campus.

Instruments de pression

Plus préoccupante encore est l’offensive engagée par Pékin contre des libertés académiques lorsqu’elles contrarient ses desseins ou lorsqu’il s’agit de promouvoir le « récit » chinois élaboré par le département de propagande du PCC. Un véhicule de cette offensive est le réseau des Instituts Confucius, présentés comme des centres culturels, instruments d’un « soft power » bénin. Ils sont quelque cinq cents à opérer dans le monde, le plus souvent intégrés dans des universités. Mais loin de se contenter de « faire connaître la langue et la culture chinoises », ils se sont livrés à des manœuvres d’entrisme, cherchant à s’insinuer dans les programmes d’enseignement et de recherche de l’université hôte. L’Institut Confucius ouvert au sein de l’université de Lyon a ainsi été fermé en 2013 et les universités libres de Bruxelles (ULB et VUB) ont fait de même en 2019. Les universités américaines ont pris les devants, puisque pas moins de quatre-vingt-quatre instituts ont déjà connu ce sort.

75 % des espèces menacées de disparition

75 % des espèces menacées de disparition 

 

75 % des espèces menacées de disparition ‘ici la fin du millénaire, un temps extrêmement court à l’échelle géologique. D’après Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité la la réponse mondiale actuelle est insuffisante ; des « changements transformateurs» sont nécessaires pour restaurer et protéger la nature ; Les intérêts particuliers doivent être dépassés pour le bien de tous.

  • C’est l’évaluation la plus exhaustive de ce type ; 1.000.000 espèces menacées d’extinction

« La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine – et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier », alerte le nouveau et historique rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), dont le résumé a été approuvé lors de la 7ème session plénière de l’IPBES, qui s’est (du 29 Avril au 4 mai) à Paris.

« Les preuves accablantes contenues dans l’évaluation globale publiée par l’IPBES et obtenues à partir d’un large éventail de domaines de connaissance, présentent un panorama inquiétant », a déclaré le président de l’IPBES, Sir Robert Watson. « La santé des écosystèmes dont nous dépendons, ainsi que toutes les autres espèces, se dégrade plus vite que jamais. Nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier ».

« Le rapport nous dit aussi qu’il n’est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial », a-t-il ajouté  « Grâce au « changement transformateur », la nature peut encore être conservée, restaurée et utilisée de manière durable – ce qui est également essentiel pour répondre à la plupart des autres objectifs mondiaux. Par «changement transformateur », on entend un changement fondamental à l’échelle d’un système, qui prend en considération les facteurs technologiques, économiques et sociaux, y compris en termes de paradigmes, objectifs et valeurs.

Les États membres de la plénière de l’IPBES ont reconnu que, par sa nature même, un changement transformateur peut susciter une opposition de la part de ceux qui ont des intérêts attachés au statu quo, mais également que cette opposition peut être surmontée pour le bien de tous.

Le rapport d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques est le document le plus exhaustif réalisé à ce jour. Il s’agit du premier rapport intergouvernemental de ce type. Il s’appuie sur l’évaluation historique des écosystèmes pour le millénaire (Millenium Ecosystem Assessment) de 2005 et introduit de nouveaux moyens pour d’évaluation des preuves.

Élaboré par 145 experts issus de 50 pays au cours des trois dernières années, avec des contributions additionnelles apportées par 310 autres experts, le rapport évalue les changements au cours des cinq dernières décennies et fournit un aperçu complet de la relation entre les trajectoires de développement économique et leurs impacts sur la nature. Le document propose également un éventail de scénarios possibles pour les décennies à venir.

Basé sur une revue systématique d’environ 15 000 références scientifiques et sources gouvernementales, le rapport s’appuie aussi (et pour la première fois à une telle échelle) sur les savoirs autochtones et locaux, et aborde en particulier les questions concernant les peuples autochtones et les communautés locales.

« Les contributions apportées par la biodiversité et la nature aux populations sont notre patrimoine commun et forment le plus important ’filet de sécurité’ pour la survie de l’humanité. Mais ce filet de sécurité a été étiré jusqu’à son point de rupture », a déclaré la professeure Sandra Díaz (Argentine), qui a co-présidé l’évaluation avec les professeurs Josef Settele (Allemagne) et  Eduardo S. Brondízio (Brésil et États-Unis). « La diversité au sein des espèces, entre les espèces et celles des écosystèmes, ainsi que de nombreuses contributions fondamentales qui proviennent de la nature se dégradent rapidement, même si nous avons encore les moyens d’assurer un avenir durable aux êtres humains et à la planète.»

Le rapport estime qu’environ 1 million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction, notamment au cours des prochaines décennies, ce qui n’a jamais eu lieu auparavant dans l’histoire de l’humanité.

Depuis 1900, l’abondance moyenne des espèces locales dans la plupart des grands habitats terrestres a diminué d’au moins 20 % en moyenne. Plus de 40 % des espèces d’amphibiens, près de 33 % des récifs coralliens et plus d’un tiers de tous les mammifères marins sont menacés. La situation est moins claire pour les espèces d’insectes, mais les données disponibles conduisent à une estimation provisoire de 10 % d’espèces menacées. Au moins 680 espèces de vertébrés ont disparu depuis le 16ème siècle et plus de 9 % de toutes les races domestiquées de mammifères utilisées pour l’alimentation et l’agriculture avaient disparu en 2016, et 1 000 races de plus sont menacées.

« Les écosystèmes, les espèces, les populations sauvages, les variétés locales de plantes et les races locales d’animaux domestiques diminuent, se réduisent ou disparaissent. Le tissu vivant de la Terre, essentiel et interconnecté,  se réduit et s’effiloche de plus en plus », a déclaré le professeur Settele. « Cette perte est la conséquence directe de l’activité humaine et constitue une menace directe pour le bien-être de l’humanité dans toutes les régions du monde. »

Pour accroître la pertinence politique du rapport, les auteurs de l’évaluation ont classé, pour la première fois à une telle échelle et sur la base d’une analyse approfondie des données disponibles, les cinq facteurs directs de changement qui affectent la nature et qui ont les plus forts impacts à l’échelle mondiale. Les facteurs responsables sont, par ordre décroissant : (1) les changements d’usage des terres et de la mer ; (2) l’exploitation directe de certains organismes ; (3) le changement climatique ; (4) la pollution et (5) les espèces exotiques envahissantes.

Le rapport souligne que, depuis 1980, les émissions de gaz à effet de serre ont été multipliées par deux, provoquant une augmentation des températures moyennes mondiales d’au moins 0,7 degré Celsius. Le changement climatique a déjà un impact sur la nature, depuis le niveau des écosystèmes jusqu’à celui de la diversité génétique – impact qui devrait augmenter au cours des décennies à venir et, dans certains cas, surpasser l’impact dû au changement d’usage des terres et de la mer et des autres facteurs de pression.

En dépit des progrès réalisés pour conserver la nature et mettre en œuvre des politiques en faveur de celle-ci, le rapport met aussi en évidence que les trajectoires actuelles ne permettent pas d’atteindre les objectifs mondiaux visant à conserver et exploiter durablement la nature. Les objectifs pour 2030 et au-delà ne pourront être atteints que par un changement transformateur dans les domaines de l’économie, de la société, de la politique et de la technologie. Avec seulement quatre des vingt objectifs d’Aichi pour la biodiversité présentant des progrès réels dans leurs déclinaisons, il est probable que la plupart d’entre eux ne seront pas atteints d’ici l’échéance de 2020. Les tendances négatives actuelles concernant la biodiversité et les écosystèmes vont freiner les progrès en vue d’atteindre les objectifs de développement durable dans 80% (35 sur 44) des cas où les cibles ont été évaluées ; en particulier ceux liées à la pauvreté, la faim, la santé, l’eau, les villes, le climat, les océans et les sols (ODD 1, 2, 3, 6, 11, 13, 14 et 15). La perte de biodiversité est donc non seulement un problème environnemental, mais aussi un enjeu lié au développement, à l’économie, la sécurité, la société et l’éthique.

« Pour mieux comprendre et, plus important encore, pour s’attaquer aux principales causes des dommages causés à la biodiversité et aux contributions apportées par la nature aux populations, nous devons comprendre l’histoire et les interconnections mondiales qui existent entre les facteurs indirects complexes de changement démographiques et économiques, ainsi que les valeurs sociales qui les sous-tendent », a déclaré le professeur Brondízio. « Les principaux facteurs indirects comprennent l’augmentation de la population et de la consommation par habitant ; l’innovation technologique, dont les dommages causés à la nature ont diminué dans certains cas tandis qu’ils ont augmenté dans d’autres; et, de manière critique, les questions de gouvernance et de responsabilité. Une tendance qui émerge est celle dite de l’interconnectivité mondiale et du « telecoupling ». Dans ce cas, l’extraction des ressources et leur production ont lieu dans une partie du monde, mais servent souvent à satisfaire les besoins de consommateurs éloignés, qui vivent dans d’autres régions.»

D’autres résultats majeurs du rapport sont à prendre aussi en compte [1]:

  • Les trois quarts de l’environnement terrestre et environ 66 % du milieu marin ont été significativement modifiés par l’action humaine. En moyenne, ces tendances ont été moins graves ou évitées dans les zones qui appartiennent à ou sont gérées par des peuples autochtones et des communautés locales.
  • Plus d’un tiers de la surface terrestre du monde et près de 75 % des ressources en eau douce sont maintenant destinées à l’agriculture ou à l’élevage.
  • La valeur de la production agricole a augmenté d’environ 300 % depuis 1970, la récolte de bois brut a augmenté de 45 % et environ 60 milliards de tonnes de ressources renouvelables et non renouvelables sont maintenant extraites chaque année dans le monde  – quantité qui a presque doublé depuis 1980.
  • La dégradation des sols a réduit de 23 % la productivité de l’ensemble de la  surface terrestre mondiale ; une partie de la production agricole annuelle mondiale, d’une valeur marchande pouvant atteindre 577 milliards de dollars US, est confrontée au risque de disparition des pollinisateurs et de 100 à 300 millions de personnes sont exposées à un risque accru d’inondations et d’ouragans en raison de la perte d’habitats côtiers et de leur protection.
  • En 2015, 33 % des stocks de poissons marins ont été exploités à des niveaux non durable ; 60 % l’ont été au niveau maximum de pêche durable, et seulement 7 % à un niveau inférieur à celui estimé comme étant durable.
  • Les zones urbaines ont plus que doublé depuis 1992.
  • La pollution par les plastiques a été multipliée par dix depuis 1980 ; environ 300-400 millions de tonnes de métaux lourds, solvants, boues toxiques et autres déchets issus des sites industriels sont déversés chaque année dans les eaux du monde, et les engrais qui arrivent dans les écosystèmes côtiers ont produit plus de 400 « zones mortes» dans les océans, ce qui représente environ 245.000 km2, soit une superficie totale plus grande que le Royaume-Uni.
  • Les tendances négatives de la nature continueront jusqu’en 2050 et au-delà, dans tous les scénarios politiques explorés dans le rapport, sauf dans ceux qui proposent un changement transformateur – cela en raison de l’impact qu’aura l’augmentation du changement d’usage des terres, l’exploitation de certains organismes et le changement climatique, toutefois avec des différences significatives selon les régions.

Le rapport présente également un large éventail d’exemples d’actions en faveur du développement durable et les trajectoires pour les réaliser dans des secteurs tels que l’agriculture, la foresterie, les écosystèmes marins, les écosystèmes d’eau douce, les zones urbaines, l’énergie, les finances et bien d’autres. Le document souligne combien il est important, entre autres, d’adopter une gestion intégrée et des approches intersectorielles qui prennent en compte les compromis entre la production alimentaire et celle de l’énergie, les infrastructures, la gestion de l’eau douce et des zones côtières, ainsi que la conservation de la biodiversité.

En vue de créer une économie mondiale durable, l’évolution des systèmes financiers et économiques mondiaux a également été identifiée comme un élément clé des politiques futures plus durables. Elle s’éloigne du paradigme actuel trop limité de la croissance économique.

« L’IPBES présente aux décideurs une base scientifique fiable, les connaissances et les options stratégiques pour qu’ils les analysent », a déclaré la Docteure Anne Larigauderie,  secrétaire exécutive de l’IPBES. « Nous remercions les centaines d’experts, issus du monde entier, qui ont donné de leur temps et partagé leurs connaissances pour aider à combattre la disparition des espèces, des écosystèmes et de la diversité génétique – une menace véritablement mondiale et générationnelle contre le bien-être humain. »

Cryptomonnaies : les banques menacées ?

Cryptomonnaies : les banques menacées ?

 C’est la question que pose Aurore Galves-Orjol, présidente de l’association Crypto Lyon, dans une tribune publiée en amont du Forum Finance Lyon organisé par La Tribune le 20 mai prochain à l’UCLy.

Tribune

Ce sont les contributions scientifiques de plusieurs chercheurs qui ont permis de résoudre le problème de double dépense rencontré lors des précédentes tentatives de développement de « cash numérique ». Grâce au premier protocole à Blockchain nous pouvons supprimer les intermédiaires dans nos process de paiement, mais également de financement. En effet, nous pouvons directement opérer des transactions de personnes à personnes.

Aujourd’hui, nous envoyons des devises hors des frontières de notre pays de résidence ; avec Bitcoin, fini les virements SWIFT ou Western Union, plus besoin de passer par une banque car l’échange est décentralisé, plus rapide, plus sûr et moins coûteux.

De même que pour financer l’innovation, les investisseurs ont désormais la possibilité de s’adresser directement aux porteurs de projets sans passer par des plateformes intermédiaires comme Leetchi, Kickstarter ou Ulule.

Financer l’innovation par des nouvelles formes de levées de fonds

Bien qu’il capitalise plus de 50% du marché, Bitcoin n’est pas seul. Plus de 2 000 crypto-monnaies sont référencées sur coinmarketcap.com. Elles n’utilisent pas toutes les mêmes technologies et ne répondent pas au même cas d’usage.

Nombre de ces projets se sont financés par des levées de fonds, appelées ICO (initial coin offering). A mi-chemin entre l’émission de titres (IPO) et le crowdfunding, elles comportent deux atouts majeurs : les porteurs de projet ne vendent pas de parts de leur société mais seulement des jetons (droit de vote, droit d’usage,…) et ils sont en relation directe avec les investisseurs.

 

Ces dernières années, de nombreuses levées de fonds, ouvertes aux particuliers et petits porteurs, ont eu lieu afin de financer des projets « Blockchain ». On assiste donc à un changement de paradigme car les banques ne sont plus les seules à soutenir l’innovation. Revers de la médaille : ces technologies naissantes n’ont pas encore fait leurs preuves – ces placements financiers restent donc très risqués.

Peut-on véritablement remplacer les banques ?

Aujourd’hui, nous avons une solution technique pour le faire mais restons réalistes. Est-ce que notre monde peut-il réellement se passer de banques ? Elles qui sont capables de financer l’économie par la dette, d’accompagner leurs clients lors de démarches juridico-financières et de fournir du conseil – ce qui constitue leur plus grande valeur ajoutée. Ce qui ne les empêche pas de s’intéresser aux crypto-monnaies : elles sont nombreuses à s’être regroupées autour du projet Ripple ou d’Ethereum par exemple. HSBC utilise un protocole à Blockchain privée afin d’accélérer ses transactions inter-filiales et JP Morgan, dont le CEO est connu pour critiquer Bitcoin sur les réseaux sociaux, investit tout de même largement sur ce marché.

Quant à savoir si les crypto-monnaies peuvent remplacer l’euro et les monnaies fiduciaires… il va falloir s’armer de patience. Le principal défi reste l’adoption utilisateur qui était jusque là freinée par l’incapacité de Bitcoin à engendrer un volume de transaction suffisant.

Avec l’apparition de Lightning network, une surcouche du réseau Bitcoin, les transactions sont désormais instantanées. Il reste encore à développer le réseau d’acteurs économiques acceptant ce mode de paiement, encore trop restreint. Par ailleurs, le gouvernement français n’accepte pas la dénomination « crypto-monnaie » ne voulant pas de concurrence à l’usage de l’euro, il préfère parler de « crypto-actif » pour soutenir le financement de l’innovation.

Les consommateurs vont-ils changer de moyen de paiement ?

Impossible de prédire l’avenir, mais nous voyons déjà les consommateurs changer leurs habitudes. Ils se tournent vers les néo-banques (Revolut, N26, Nickel…) ainsi que vers le paiement par smartphone (Google pay, Apple pay, Wechat).

Les cryptomonnaies, à l’instar des néo-banques, vont pousser les acteurs traditionnels à se réinventer et refondre leurs services afin de s’adapter aux besoins leurs clients. Aucun doute à avoir sur la capacité des banques à les intégrer dans le mix des placements déjà proposés afin de diversifier leur offre, il s’agit juste d’une question de temps pour ces acteurs institutionnels précautionneux.

 

Soins déprogrammés : 10 000 personnes menacées

Soins déprogrammés : 10 000 personnes menacées

Conséquence Covid,  10 000 personnes menacées de mort  en raison de soins déprogrammés et même de diagnostics déplacés;  Axel Kahn, le président de la Ligue contre le cancer, s’est dit « atterré » de la politique sanitaire actuelle du gouvernement. Sur Europe 1, il estime que les soins déprogrammés depuis le début de l’épidémie de Covid ainsi que les transferts de patients coûteront la vie à plusieurs milliers de malades du cancer, jusqu’à 10.000 selon lui.

 

INTERVIEW

« Le prix qui a été payé par les personnes malades du cancer est considérable. » Le professeur Axel Kahn, président de la Ligue contre le cancer, s’est alarmé des conséquences de la stratégie gouvernementale contre le Covid sur les patients atteints de pathologies chroniques. Il estime que les perturbations entrainées à l’hôpital par le virus vont causer des décès supplémentaires. Selon lui, « jusqu’à 10.000 personnes perdront la vie » en raison d’une prise en charge insuffisante de ces maladies lors de la pandémie. Un chiffre qui pourrait continuer d’augmenter en raison des déprogrammations et des transferts de patients actuellement mis en place en Île-de-France.

Comme l’explique Axel Kahn, l’Institut national du cancer a publié en début d’année le bilan des diagnostics prévus finalement non réalisés. Sur environ 400.000 diagnostics de cancer effectués tous les ans, « 20 % n’ont pas été faits », explique le médecin. Cela représente environ 80.000 patients.

Et la situation s’est « aggravée depuis. On doit être à 90.000 ou 95.000 retards de diagnostics, auxquels il faut ajouter les retards de coloscopies pour confirmer un cancer colorectal et les retards de colposcopies pour le col de l’utérus ». Un constat également valable pour « les reports de chirurgies carcinologiques [relatives au cancer, ndlr] non-prioritaires » et ceux de chirurgies reconstructrices.

Axel Kahn juge ainsi qu’un « prix lourd » a été payé par les personnes malades du cancer. « On évalue aujourd’hui à 3.000, 4.000, jusqu’à 10.000 personnes qui perdront la vie de l’évolution de leur cancer parce qu’il n’a pas été soigné de manière optimale à cause du Covid. » Et le scientifique s’inquiète de l’augmentation prévisible de ces chiffres. « Le fait que l’on ait choisi de vivre avec cette circulation virale extrêmement élevée depuis deux mois était la plus mauvaise chose pour toutes les personnes ayant des maladies chroniques », tacle-t-il.

Car « la tension hospitalière accroît et aggrave » le problème affirme Axel Kahn. Les évacuations sanitaires opérées par l’Île-de-France signifient « qu’on exporte la tension hospitalière et que l’on aggrave la situation des malades chroniques en Nouvelle-Aquitaine, à Nantes et dans toutes les régions vers lesquelles on va envoyer des dizaines de personnes en réanimation ». Avec jusqu’à 100 évacuations sanitaires prévues et 40 % des interventions chirurgicales en Ile-de-France reportées,  »nous sommes dans une situation déraisonnable », estime le président de la Ligue contre le cancer.

Secteur aérien : 13.000 postes menacées chez American Airlines

Secteur aérien : 13.000 postes menacées chez American Airlines

 

Le secteur aérien aura perdu 60 à 70 % de sa clientèle en 2020 entraînant ainsi une catastrophe financière de la plupart des compagnies et des plans considérables de licenciement. La compagnie American Airlines, affectée par la chute du trafic aérien, a prévenu ce mercredi qu’elle pourrait licencier jusqu’à 13.000 salariés si la situation ne s’améliorait pas et si les aides gouvernementales en place jusqu’au 1er avril n’étaient pas prolongées.

 «Nous travaillerons avec les dirigeants syndicaux pour faire tout ce que nous pouvons pour atténuer autant que possible l’impact sur l’emploi», ont affirmé les dirigeants de l’entreprise dans une lettre aux salariés consultée par l’AFP.

Le pire sans doute c’est que le secteur aérien n’est pas seulement victime de la conjoncture sanitaire qui a fortement pesé évidemment sur la mobilité par avion mais aussi d’un changement de comportement plus structurel des voyageurs dont la demande va se réduire pendant encore des années comparées à celles de fin 2019.

Sondage PME : 50 % se sentent menacées

Sondage PME : 50 % se sentent menacées

Selon une étude dont rend compte l’AFP,  une entreprise sur deux se sent menacée dans son existence.. Le chiffre exact est de 54 % sur l’enquête de janvier tandis que le chiffre n’atteignait en quelque sorte que 47 % dans l’enquête de septembre. Une évolution négative assez significative et qui rend compte de la dégradation de la situation économique.

 

En septembre bien entendu les opérateurs économiques étaient conscients de la baisse d’activité qui avait concerné l’ensemble l’activité en général et de certains secteurs en particulier. En moyenne donc l’activité économique  a accusé une baisse de l’ordre deux 10 % en 2020 mais pour certains secteurs la diminution peut atteindre 20 %, 50 % et même 80 % notamment dans l’hôtellerie restauration et le tourisme.

Le pessimisme est alimenté maintenant par la hausse presse exponentielle de la pandémie sous l’effet en particulier de la progression des variants du virus. Mais ce pessimisme se nourrit aussi de l’attentisme encore grandement renouvelé chez les investisseurs et les épargnants qui ne voient pas le bout du tunnel. Le plus inquiétant c’est que 30 % des entreprises envisagent des réductions de personnel conséquence mécanique de la baisse d’activité.

Un chef d’entreprise sur deux (49%) estime « ne pas être en capacité de supporter un troisième confinement », selon une enquête réalisée par la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) auprès de ses adhérents et publiée mardi.

Sur 2.400 dirigeants de PME et de très petites entreprises (TPE) qui ont répondu du 7 au 20 janvier à un questionnaire de leur organisation, 54% se déclarent en outre « inquiets sur la pérennité de leur entreprise », contre 47% lors d’une précédente enquête en septembre.

A 53%, ils considèrent que la mise en place du couvre-feu freine leur activité, et un tiers (33%) « ont le sentiment que leur entreprise est sous perfusion de l’Etat ». Interrogés sur l’évolution de leur chiffre d’affaires en novembre et décembre 2020 par rapport à la même période de 2019, les deux tiers (65%) disent qu’il a baissé, un sur cinq qu’il est stable et 15% font état d’une hausse.

Concernant leurs effectifs, ils sont en baisse dans 30% des cas, stables dans 61% des entreprises et en hausse dans 9%.« Pour 2021, les perspectives sont mitigées, mais pas catastrophiques. Si 52% des répondants prévoient une baisse de chiffre d’affaires dans les prochains mois, 48% anticipent un maintien ou même une hausse », relève l’organisation patronale dans un communiqué.

 

« De même, si 25% envisagent de réduire leurs effectifs, 66% pensent le maintenir et 9% prévoient de recruter », poursuit la CPME.

Autre signe d’inquiétude, les chefs des petites et moyennes entreprises sont de plus en plus nombreux à douter de leur capacité à rembourser leurs dettes ou à payer leurs charges.

Une entreprise sur deux a bénéficié de reports de cotisations fiscales ou sociales, et parmi celles-ci, plus d’une sur trois (36%) pense ne pas être en capacité de les rembourser, contre 28% en septembre.

Quant au prêt garanti par l’État (PGE), auquel 58% des PME et TPE répondantes disent avoir eu recours, près d’une sur deux (45%) parmi ces bénéficiaires pense ne pas pouvoir le rembourser, contre une sur trois (34%) il y a quatre mois.

Enfin, seul un quart (26%) des dirigeants de PME/TPE se sentent concernés par le plan de relance du gouvernement, et uniquement un sur dix dit en connaître les modalités.

Les réponses ont fait l’objet d’un redressement pour tenir compte d’une surreprésentation de l’hébergement-restauration et des salles de sport et d’une sous-représentation du bâtiment, précise la CPME.

« Les banques sont menacées financièrement »

« Les banques sont menacées financièrement »

 

Alexandre Birry (S&P Global Ratings) estime que les banques traditionnelles européennes risquent d’être très menacées financièrement.

 

(Interview de l’Opinion)

Depuis le début de la pandémie, S&P Global Ratings a pris 236 mesures de notation négatives – principalement des révisions de perspectives – sur les banques dans le monde. L’agence estime que de nombreux systèmes bancaires ne retrouveront pas leur solidité financière pré-pandémie avant 2023 ou au-delà. Alexandre Birry est responsable mondial des études sur les institutions financières chez S&P Global Ratings.

Selon vous, 2021 pourrait être l’année la plus difficile pour les banques depuis 2009. Pour quelles raisons ?

Nous prévenons que la partie n’est pas encore gagnée. En 2020, les banques ont fait face à un choc sans précédent. Elles ont prouvé qu’elles étaient mieux préparées qu’en 2009 mais elles ont aussi bénéficié d’un soutien à l’économie sans précédent. Leurs résultats du troisième trimestre ont parfois été meilleurs qu’attendu, ce qui a créé un parfum d’optimisme. Mais l’arrêt progressif des « perfusions ​» de soutien l’an prochain donnera une image plus vraie de la qualité des actifs bancaires. On verra plus nettement les séquelles de la crise. Et on se préoccupera à nouveau de l’impact à long terme des bas taux d’intérêt sur la rentabilité des banques.

Le secteur profitera tout de même de la reprise économique ?

C’est le paradoxe. Nous tablons sur une reprise assez marquée l’an prochain, mais on observe souvent un décalage temporel entre le cycle économique et la performance bancaire. A cela s’ajoute le fait qu’une confirmation de la reprise justifiera le retrait progressif des aides qui masquent la réalité économique. Pour les banques européennes et américaines, on peut parler de reprise « ​aigre-douce ​».

« La profitabilité, la génération de revenus des banques et leur modèle opérationnel sont menacés par l’environnement de bas taux d’intérêt »

Les difficultés que vous redoutez rendront-elles nécessaires des recapitalisations bancaires ?

Nous ne prévoyons pas de recapitalisation en masse. En dépit d’un quasi-doublement prévu des provisions cette année et l’année prochaine par rapport au rythme de provisionnement de 2019 (augmentation totale d’environ 100 milliards d’euros en Europe en 2020 et 2021), on anticipe une érosion légère de la capitalisation des banques européennes. Cela ne changera pas substantiellement notre vision de leur qualité. C’est en cela que notre scénario est fondamentalement différent de 2009. Les banques ont renforcé leur bilan depuis dix ans, et s’ajoute à cela le fait que les régulateurs ont momentanément assoupli certaines de leurs exigences réglementaires pour donner plus de flexibilité au secteur. Cela ne change rien au fait que la situation reste difficile sur le long terme. La profitabilité, la génération de revenus des banques et leur modèle opérationnel sont menacés par l’environnement de bas taux d’intérêt.

Quid des dividendes, que certaines banques aimeraient distribuer à nouveau ?

C’est une question délicate. La réponse des autorités à la crise a été un fort soutien à l’économie et à la liquidité du système bancaire, en contrepartie d’une suspension des dividendes. Cela a représenté environ 30 milliards d’euros économisés par les banques européennes au titre de 2019, c’est autant d’argent qui leur a permis de soutenir l’économie en préservant leur capital. Depuis les bons résultats du troisième trimestre, les banques commencent à faire plus de bruit sur le sujet. Il faut dire que l’arrêt des dividendes a fait chuter leur cours de Bourse, ce qui limite leur capacité à lever du capital en cas de besoin. Des mesures qui s’éternisent finissent toujours par avoir des effets néfastes, mais il faut conserver un certain degré de réalisme. Le stress économique n’est pas derrière nous.

« On assistera sans doute à une amplification de la consolidation du secteur. Faute d’union bancaire aboutie, les fusions-acquisitions seront en priorité domestiques »

Les banques vont donc rester faiblement valorisées par la Bourse, c’est un vrai handicap…

Le « ​price to book ​» de nombreuses banques européennes est aujourd’hui inférieur à 0,5 fois, cela veut dire que le marché les valorise moins de la moitié de leurs fonds propres. Ce n’est pas nouveau même si la suspension des dividendes a amplifié cette décote. Il n’y a pas de fatalisme sur le sujet ​: l’espagnol BBVA vient de céder sa filiale aux Etats-Unis sur une valorisation nettement plus élevée. La faiblesse des valorisations en Europe a plusieurs explications (niveau particulièrement bas des taux d’intérêt, nombre parfois excessif de banques, réformes structurelles insuffisantes, Union bancaire toujours inachevée). Cela changera peut-être lorsqu’elles pourront enfin tirer les bénéfices d’un marché européen plus unifié.

Les banques se restructurent avec la crise. Attendez-vous une vague de fusions-acquisitions en Europe ?

Le confinement est un accélérateur de tendance ​: les attentes des clients ont évolué, ce qui permet aux banques de réviser leurs coûts à la baisse. On assistera sans doute à une amplification de la consolidation du secteur, mais cela se fera sur la durée. Faute d’Union bancaire aboutie, elles seront en priorité domestiques, c’est déjà le cas en Espagne, en Italie, et – même si plus discrètement – en Allemagne.

Covid-19 : Paris et Marseille menacées de mesure de reconfinement

Covid-19 : Paris et Marseille menacées de mesure de  reconfinement

 

Les préfets pourraient être amenés à prendre à nouveau des mesures de confinement dans la région parisienne et dans la zone  marseillaise en raison d’une reprise du virus. Pourraient être concerné des établissements commerciaux comme les cafés restaurants et lieus de rassemblement. Dans un premier temps,  il y aura  une extension des zones géographiques où le port du masque est obligatoire. Les préfets pourront aussi imposer des conditions particulières notamment en termes d’horaires et de conditions d’accueil des établissements qui accueillent du public.

Un  décret faisant fait passer ces deux zones en zone de circulation active du virus , un texte paru ce vendredi matin au Journal officiel

 

En conséquence, « les préfets pourront être amenés si la situation épidémique l’exige à prendre de nouvelles mesures comme des modulations d’ouverture de certains lieux par exemple », avait-il précisé. Selon la DGS, les indicateurs de l’épidémie continuent de se dégrader en France.

En concertation avec les Agences régionales de santé et les élus locaux, les préfets pourront ainsi décider de la fermeture des restaurants, des marchés ou limiter les rassemblements y compris dans les établissements de culte, sauf cérémonie funéraire. Figure aussi la possibilité d’interdire les déplacements de personnes conduisant à la fois à sortir d’un périmètre défini par un rayon de 100 kilomètres de leur lieu de résidence et à sortir du département dans lequel ce dernier est situé, sauf exceptions définies.

La liste de ces mesures est détaillée dans l’article 50 du décret du 10 juillet 2020  »prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de Covid-19 dans les territoires sortis de l’état d’urgence sanitaire ». L’objectif est de donner aux préfets les moyens de réagir efficacement, explique-t-on au ministère de la

Biodiversité : 30.000 espèces menacées d’extinction

Biodiversité : 30.000 espèces menacées d’extinction

Pour  l’Union internationale de conservation de la nature (UICN) on  compte désormais 32.441 espèces menacées d’extinction, sur 120.372 espèces passées au crible.

Dans le détail, 13.898 espèces sont considérées comme vulnérables, 11.732 en danger et 6.811 en danger critique. « Le monde doit agir rapidement pour arrêter le déclin des populations d’espèces et prévenir les extinctions causées par l’Homme », plaide Jane Smart, directrice du groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN.

Selon les experts biodiversité de l’ONU (IPBES), ce sont même environ un million d’espèces animales et végétales sur les quelque 8 millions estimées sur Terre qui sont menacées d’extinction, dont « beaucoup dans les prochaines décennies ». Ces chiffres sont toutefois des extrapolations basées sur les évaluations d’une fraction des espèces, en particulier cette fameuse liste rouge de l’UICN.

500 espèces sont menacées de disparition

500 espèces sont menacées de disparition

Une étude, publiée dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences. En cause: l’activité humaine. Les chercheurs estiment que sans ce facteur destructeur, ces espèces pourraient vivre encore des milliers d’années.

Par le biais de leur étude, les scientifiques mettent en garde contre l’effet domino de la disparition des espèces. Par exemple, la chasse excessive de la loutre de mer, principal prédateur des oursins, entraîne la prolifération de ces invertébrés qui dévastent les forêts de varech, une espèce d’algues, dans la mer de Béring. Cette situation engendre l’extinction de la rhytine de Steller, un mammifère qui se nourrit de varech.

“Quand l’humanité extermine d’autres créatures, elle détruit les fondations sur lesquelles elle s’est bâtie et qui lui sont nécessaires pour vivre”, explique au Guardian le professeur Paul Ehrlich, de l’université de Stanford aux Etats-Unis.

“Cette étude prouve que l’extinction de masse s’accélère et que la crise de la biodiversité est bien réelle. Mais il n’est pas trop tard pour passer à un mode de vie plus respectueux de la nature et ainsi protéger l’héritage des générations futures”, veut croire le professeur Andy Purvis, du musée d’histoire naturelle de Londres. 

Un espoir partagé par le directeur des sciences à l’ONG WWF, Marc Wright, qui estime que la fin de la déforestation en Amazonie pourrait “permettre d’inverser la courbe de l’extinction des espèces et du réchauffement climatique”.

Mais si cet effort est nécessaire, il semble difficile à mettre en place: en 2019, nos forêts tropicales ont perdu une surface équivalent à un terrain de football toutes les six secondes, selon une étude américaine de l’université du Maryland, publiée ce mardi par Global Forest Watch.

Energies renouvelables menacées par le Coronavirus ?

Energies renouvelables menacées par le Coronavirus ?

 

L’un des premiers groupes dans le renouvelable s’inquiète des perspectives de développement prévues pour les énergies renouvelables. Cela en raison notamment du fait que l’essentiel des matériels vient de l’étranger.  La dépendance vis-à-vis de l’étranger a montré ses limites sur le plan économique, et technologique et bien entendu aussi sanitaire. De ce point de vue la restructuration d’une partie des processus de production pourrait affecter des énergies renouvelables qui par ailleurs peinent  à montrer  leur efficacité. Neoen, un des premiers groupes, a prévenu mercredi que la pandémie de coronavirus entraînerait des retards dans la construction et la mise en service de ses projets, ce qui a contraint le producteur indépendant d’énergies renouvelables à revoir son développement.

 

Le groupe, présent dans le solaire, l’éolien et le stockage de l’électricité, a précisé dans un communiqué que la part de ses actifs entrant en opération l’année prochaine et par conséquent le niveau de son Ebitda – qui avait été annoncé à un niveau proche de 400 millions d’euros en 2021 – seraient “moins importants que précédemment envisagé”.

Neoen explique que l’épidémie de Covid-19 aura des conséquences sur le calendrier de construction et de mise en service des projets qu’il a déjà remportés, notamment en matière de chaînes d’approvisionnement, dans la mesure où les composants des panneaux photovoltaïques et des éoliennes proviennent pour une bonne part d’Asie.

La propagation du virus se traduira également par un allongement des procédures administratives et par des difficultés d’organisation des chantiers, a ajouté le groupe.

“Cela ne change évidemment pas la trajectoire de croissance à court et moyen termes de la société et encore moins ses perspectives à long terme, qui sont structurellement bonnes du fait de l’avenir des énergies renouvelables”, a toutefois estimé lors d’une conférence téléphonique son PDG, Xavier Barbaro.

“Nous ne sommes pas fondamentalement inquiets dans la durée sur les problèmes actuels. Ce n’est pas en train de mettre à genoux nos fournisseurs mais il y a des délais, et je pense qu’ils vont être assez globaux”, a-t-il ajouté.

La France parmi les plus menacées pour les catastrophes climatiques

La France parmi les plus menacées pour les catastrophes climatiques

Certains pensaient  peut-être que les catastrophes climatiques étaient  surtout réservées aux pays exotiques notamment au pays pauvres. Force est de constater que la France est aussi de plus en plus concernés par des phénomènes assez exceptionnels. La France est même classée parmi les pays à plus fort risque . D’après une étude menée par l’association German Watch et publiée pendant la COP 25, la France est l’un des pays les plus exposés au monde aux phénomènes climatiques extrêmes. L’Hexagone se place au 15ème rang de ce classement, en zone rouge. 

Cette mauvaise place de la France trouve ses racines dans plusieurs épisodes climatiques plus ou moins récents : les canicules de 2003, 2008 et 2018 qui ont fait à elles seules plus de 18.000 morts, mais aussi les grosses tempêtes, comme celle de 1999 qui avait fait 35 morts, ou encore Xynthia, responsable en 2010 de 53 décès, 500.000 sinistrés, et des dégâts considérables.

Sans oublier les récentes intempéries dans le Sud de la France qui ont inondé coup sur coup une partie du territoire. Et cela n’est pas prêt de s’arrêter, puisque selon les scientifiques il y aura 20% d’épisodes de pluies diluviennes en plus d’ici la fin du siècle.

Mais ce rapport montre aussi que, riche ou pauvre, aucun pays n’est épargné : le Japon, les Philippines ou l’Allemagne arrivent en tête des pays les plus touchés par ces catastrophes naturelles. L’organisation météorologique mondiale l’a encore rappelé lors de la COP25 à Madrid, 2019 devrait se placer au deuxième ou troisième rang des années les plus chaudes jamais enregistrées.

Espèces menacées : urgence

 En mai dernier, la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a rendu un rapport alarmant sur l’effondrement de la nature. D’après conservation et nature, 16 119 espèces sont menacées d’extinction dont 7725 animaux et 8393 plantes. Ces chiffres sont toutefois très certainement sous estimés car seulement 3 % de la biodiversité connue est estimée. De plus, la biodiversité connue est certainement huit fois moins importante que la biodiversité existante. 

Dans la plupart des groupes, le pourcentage d’espèces menacées varie entre 12 et 52% :
– 12 % des oiseaux sont menacés
– 23 % des mammifères sont menacés
– 32 % des amphibiens sont menacés
– 42 % des tortues sont menacées
– 25 % des conifères sont menacés
– 52 % des cycadales sont menacés

La planète perd chaque année entre 10 000 et 40 000 espèces. Le nombre total d’espèces éteintes a atteint l’an dernier le chiffre de 785 et 65 autres n’existent qu’en captivité ou en culture. 

99 % des espèces menacées d’extinction sont menacées par les activités humaines. En effet, l’homme est la principale cause d’extinction des espèces.

La perte d’habitat et la dégradation sont les principales menaces. Elles touchent 86 % des espèces d’oiseaux menacées, 86 % des mammifères menacés et 88 % des amphibiens menacés.

L’introduction d’espèces exotiques représente la seconde menace. Cela inclue par exemple l’introduction de rats, de chats, …

La surexploitation des ressources, les pollutions et le changement climatique représentent également des menaces majeures pour les espèces.

Mammifères : 33 % sont menacés par la surexploitation (Sur le total de 188 espèces de mammifères qui sont en « danger critique d’extinction », dernier stade avant l’extinction de l’espèce, se trouvent notamment les quelques 84 à 143 adultes du lynx ibérique.)

Oiseaux : 30 % sont menacés par la surexploitation et les espèces exotiques envahissantes. Le pourcentage d’espèces menacées par les invasions biologiques passe à 67 % en milieu insulaire.

Amphibiens : 29 % sont menacés par les pollutions et 17 % par les maladies. Les interactions entre les maladies et les phénomènes climatiques extrêmes (sécheresse) est la principale hypothèse de la baisse généralisée des amphibiens.

Espèces marines : elles sont menacées par la surexploitation et la perte d’habitats. La mortalité accidentelle par la pèche représente une menace croissante qui touche les oiseaux, les mammifères marins, les tortues et d’autres espèces marines. Ainsi, les prises accessoires par la pèche menace 83 espèces d’oiseaux.

Espèces d’eau douce : elles sont le plus menacées par la perte d’habitats, les pollutions et les espèces envahissantes.

La plus grande concentration d’espèces menacées est située dans les tropiques, en particulier sur les montagnes et les îles.

Bien que la majorité des extinctions depuis 1500 ans ait eu lieu sur les îles océaniques, au cours des vingt dernières années, environ la moitié des extinctions se sont produites sur les continents.

L’Amérique du Centrale et du Sud, l’Afrique au Sud su Sahara, et au Sud et Sud-Est de l’Asie. En effet, ce sont les continents qui contiennent les forêts de feuillues des régions tropicales et subtropicales que l’on soupçonne d’accueillir la majorité de la biodiversité terrestre.

L’Australie, le Brésil, la Chine, l’Indonésie et le Mexique ont à la fois un grand nombre d’espèces menacées et un fort taux d’espèces endémiques menacées.

Les mammifères marins menacés sont concentrés dans le nord de l’Océan Pacifique.

Le nombre d’espèces menacées est en hausse dans presque tous les grands groupes taxonomiques.

Depuis 1994, le nombre d’oiseaux menacé d’extinction a augmenté de 12%.

Les indices de la liste rouge pour les oiseaux et les amphibiens montrent que le statut de ces deux groupes n’a cessé de s’aggraver au cours des trente dernières années.

 

. Les 182 pays signataires de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites), mise en place en 1975, se réunissent pour deux semaines à partir de samedi à Genève pour leur grande conférence triennale, la 18e du nom. Notons que cette réunion se limite cependant à réguler le commerce d’espèces vivantes et non à aborder la totalité de la problématique de la biodiversité.

L’eau des nappes souterraines menacées

L’eau des nappes souterraines  menacées 

Les nappes souterraines sont menacées de deux manières d’une part par une surexploitation notamment agricole et par le dérèglement du climat. L’absence de régularité des pluies empêche en effet un rechargement régulier des nappes. Une nappe phréatique se remplit lentement grâce aux précipitations, un phénomène appelé «recharge», et se décharge dans les lacs, les rivières ou les océans pour trouver un équilibre. Ces réserves sont déjà sous pression de l’explosion de la population mondiale et de la production agricole qui lui est liée. Mais les événements météorologiques extrêmes (sécheresses, précipitations record…), qui se multiplient avec le réchauffement de la planète, pourraient avoir un effet à long terme sur la vitesse de réapprovisionnement des nappes, selon une étude publiée dans la revue Nature Climat Change. production alimentaire mondiale», commente Mark Cuthbert, de l’Université de Cardiff. «Ce qui se produit aujourd’hui va avoir un effet de latence vraiment important». Le chercheur et son équipe, qui ont utilisé des modèles informatiques et bases de données sur les nappes, estiment que d’ici 100 ans, seule la moitié des réserves d’eaux souterraines pourrait se recharger totalement ou se rééquilibrer. Ce qui pourrait conduire à des pénuries dans les lieux les plus secs. «On peut parler de bombe à retardement environnementale, parce que les effets actuels du changement climatique sur les recharges feront sentir pleinement leurs conséquences sur les reflux vers les rivières et zones humides beaucoup plus tard», souligne Mark Cuthbert. Le processus d’infiltration des eaux de pluie dans le sol peut prendre des siècles et varie selon les régions. Alors que le réchauffement de la planète est déjà responsable de sécheresses et de tempêtes, les extrêmes en termes de précipitations sont de plus en plus prononcés, affectant les nappes phréatiques des futures générations. Le volume global des précipitations pose problème, tout comme l’intensité trop forte des épisodes, note M. Cuthbert. Selon les chercheurs, les réserves souterraines des zones arides mettent plus longtemps -parfois des millénaires – à réagir aux changements climatiques que celles des zones plus humides. «Certaines parties des nappes phréatiques sous le Sahara réagissent aujourd’hui au changement climatique d’il y a 10.000 ans, quand la région était beaucoup plus humide», note Cuthbert.

Biodiversité : 15% des espèces de flore sauvage menacées

Biodiversité : 15% des espèces de flore sauvage menacées

La flore de France métropolitaine est menacée par les activités humaines. 15% des espèces risquent de disparaître, révèle l’Union nationale pour la conservation de la nature (UICN).Selon les critères de la liste rouge de l’Union nationale pour la conservation de la nature (UICN), 15% des espèces de flore sauvage de France métropolitaine, soit 750 plantes à fleurs ou fougères, sont menacées de disparition, une « situation préoccupante », principalement liée aux activités humaines.  Fougères, plantes à graines ou à fleurs, conifères: c’est la première fois que le risque de disparition de l’ensemble de la « flore vasculaire » (qui possède des vaisseaux permettant la circulation de la sève, ce qui exclut les mousses et les algues) est évaluée en métropole selon les critères de la liste rouge de l’Union nationale pour la conservation de la nature (UICN). Pendant plus de trois ans, 4.982 de ces espèces indigènes sauvages recensées en France ont fait l’objet d’un « examen approfondi » de la part de dizaines de botanistes. Résultat: 742 espèces, soit 15% d’entre elles, « encourent un risque de disparition », classées menacées ou quasi-menacées, selon le communiqué commun de l’UICN-France, du Muséum national d’Histoire naturelle, de l’Agence française pour la biodiversité et des Conservatoires botaniques nationaux. Et 97 d’entre elles sont endémiques à la métropole française, c’est-à-dire qu’on ne les trouve nulle part ailleurs au monde.

« Cela fait plusieurs dizaines d’années qu’on constate la régression de la flore sauvage dans le pays. Ça confirme ce que tout le monde avait ressenti sur le terrain », indique Frédéric Hendoux, directeur du Conservatoire botanique national du Bassin parisien.

« Ce qui est inquiétant avec la flore, c’est que les espèces végétales sont à la base de tous les écosystèmes (…). Quand une espèce végétale disparaît, il y a des réactions en chaîne sur le reste du vivant, en particulier les insectes, souvent étroitement liés à certaines espèces », poursuit-il.

Cette première liste rouge de la flore sauvage métropolitaine compte 51 espèces en « danger critique ». Comme la Saxifrage de Gizia endémique du Jura, avec ses fleurs blanches ou jaunâtres à l’odeur musquée, ou le Panicaut vivipare, victime de la disparition des milieux humides du Morbihan où pousse cette petite plante à fleurs bleues. Comme 132 espèces, l’astragale de Marseille, typique des garrigues littorales, est classée « en danger », en raison notamment de la surfréquentation du bord de mer. La pivoine mâle, avec ses fleurs roses remarquables qui fleurissent une semaine par an dans les sous-bois, est elle « vulnérable », en raison notamment de la déforestation.

Au total 312 espèces sont, comme cette fleur convoitée des collectionneurs, classées « vulnérables ». Et 321 sont « quasi-menacées », comme l’adonis couleur de feu, l’anémone sauvage ou encore la linaire effilée, autrefois répandue dans les champs des Landes et de Gironde mais décimée par les herbicides.

Et 24 autres sont d’ores et déjà éteintes ou ont disparu de métropole, comme l’endémique violette de Cry, qui n’a plus été observée depuis 1927. Sans surprise, le premier responsable de cette « situation préoccupante » est l’être humain.

Nappes souterraines : menacées par le climat

Nappes souterraines : menacées par le climat

Les nappes souterraines sont menacées de deux manières d’une part par une surexploitation notamment agricole et par le dérèglement du climat. L’absence de régularité des pluies empêche en effet un rechargement régulier des nappes. Une nappe phréatique se remplit lentement grâce aux précipitations, un phénomène appelé «recharge», et se décharge dans les lacs, les rivières ou les océans pour trouver un équilibre. Ces réserves sont déjà sous pression de l’explosion de la population mondiale et de la production agricole qui lui est liée. Mais les événements météorologiques extrêmes (sécheresses, précipitations record…), qui se multiplient avec le réchauffement de la planète, pourraient avoir un effet à long terme sur la vitesse de réapprovisionnement des nappes, selon une étude publiée dans la revue Nature Climat Change. production alimentaire mondiale», commente Mark Cuthbert, de l’Université de Cardiff. «Ce qui se produit aujourd’hui va avoir un effet de latence vraiment important». Le chercheur et son équipe, qui ont utilisé des modèles informatiques et bases de données sur les nappes, estiment que d’ici 100 ans, seule la moitié des réserves d’eaux souterraines pourrait se recharger totalement ou se rééquilibrer. Ce qui pourrait conduire à des pénuries dans les lieux les plus secs. «On peut parler de bombe à retardement environnementale, parce que les effets actuels du changement climatique sur les recharges feront sentir pleinement leurs conséquences sur les reflux vers les rivières et zones humides beaucoup plus tard», souligne Mark Cuthbert. Le processus d’infiltration des eaux de pluie dans le sol peut prendre des siècles et varie selon les régions. Alors que le réchauffement de la planète est déjà responsable de sécheresses et de tempêtes, les extrêmes en termes de précipitations sont de plus en plus prononcés, affectant les nappes phréatiques des futures générations. Le volume global des précipitations pose problème, tout comme l’intensité trop forte des épisodes, note M. Cuthbert. Selon les chercheurs, les réserves souterraines des zones arides mettent plus longtemps -parfois des millénaires – à réagir aux changements climatiques que celles des zones plus humides. «Certaines parties des nappes phréatiques sous le Sahara réagissent aujourd’hui au changement climatique d’il y a 10.000 ans, quand la région était beaucoup plus humide», note Cuthbert.

Les retraites complémentaires très menacées

Les retraites complémentaires très menacées

Même la CFDT syndicat pourtant ouvert aux réformes ne semble pas prête à accepter les propositions du Medef qui vise notamment à repousser l’âge de la retraite et à faire baisser le montant des pensions. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a réaffirmé dimanche que les propositions du Medef pour le financement des retraites complémentaires sont « inacceptables » et a reconnu qu’ »un compromis » sera « difficile » à trouver pour sortir les régimes Agirc (cadres) et Arrco (salariés) de leurs difficultés financières. Vendredi, jour de la prochaine séance de négociation entre partenaires sociaux, « chacun va être mis au pied du mur », a estimé M. Berger sur iTélé. Le numéro un de la CFDT a souligné qu’ »un accord a toujours été trouvé depuis 1947″ sur le financement des régimes de retraite complémentaire. « Il y a une grosse responsabilité qui pèse sur nos épaules », a-t-il estimé. Selon lui, « le Medef voudrait se servir de cette négociation pour repousser l’âge » de départ à la retraite avec sa proposition d’abattement sur les pensions jusqu’à 64 ans. « C’est inacceptable ». « Il faut des efforts partagés » entre les entreprises, les salariés et les retraités et « trouver un compromis », mais « ce sera difficile », a-t-il admis. Laurent Berger ne veut pas « se laisser embarquer par les propositions du patronat qui seraient dramatiques parce que cela repousserait l’âge » de départ et ferait baisser le montant des pensions. Il a rappelé les propositions de son syndicat, notamment l’instauration d’une « contribution de solidarité intergénérationnelle » de 4% pendant deux ans pour les nouveaux retraités.

Retraites complémentaires menacées mais la réforme renvoyée à plus tard

Retraites complémentaires menacées  mais  la réforme renvoyée à plus tard 

 

 

L’existence même des régimes de retraite complémentaire est menacée en particulier le régime des cadres. Pour autant il semble bien que les partenaires sociaux seront incapables de se mettre d’accord pour sauver les régimes. Du coup il y a fort à parier qu’on décide de mesurettes et que la question sur le fond soit renvoyée après les présidentielles de 2017. D’ici là la situation financière catastrophique ne se sera pas améliorée et cela démontre à l’évidence l’indigence du dialogue social en France et l’incompétence de nombre de syndicats Iil est clair en effet que les régimes de retraite complémentaire mais aussi le régime général sont condamnés à exploser si rien ne change. La perspective d’un accord ambitieux sur le financement du système français de retraites complémentaires du secteur privé semble donc s’éloigner, malgré un assouplissement des positions du Medef, la principale organisation patronale.  Selon des sources syndicales, les discussions butent toujours sur la volonté du patronat d’inciter les salariés à partir plus tard à la retraite par un système d’abattements dégressifs et provisoires sur les pensions versées. Les trois organisations patronales et les cinq syndicats gestionnaires des caisses de retraites complémentaires Arrco et Agirc ont rendez-vous le 16 octobre pour tenter de conclure des négociations entamées en février et suspendues en juin. Si rien n’est fait pour assurer leur équilibre financier, ces deux caisses risquent de voir leurs réserves épuisées dans les prochaines années en raison de déficits répétés, ce qui se traduirait alors par une baisse des pensions qu’elles versent. Lors de discussions bilatérales préparatoires, le Medef a cependant proposé quelques concessions, par rapport au projet d’accord mis sur la table au printemps. Il propose ainsi de transformer en système de malus-bonus les abattements suggérés sur les pensions, qui étaient alors envisagés sur les trois premières années de retraite (30% la première, 20% la deuxième, 10% la troisième).  Ces abattements ne porteraient plus que sur deux années et se convertiraient au-delà de la troisième en bonus si le salarié retarde encore son départ à la retraite d’un ou deux ans. Un salarié prenant sa retraite à l’âge légal subirait ainsi une décote sur sa pension complémentaire de 25% à 62 ans et de 15% à 63 ans. Cette décote s’annulerait à 64 ans et deviendrait un surcote de 15% à 65 ans et de 25% à 66 ans.  En échange de l’acceptation par les syndicats de ce système, les organisations patronales seraient prêtes à envisager un geste sur les cotisations des employeurs – une hausse dont elles rejetaient jusqu’ici le principe même.  Mais la majorité des syndicats, CGT, CFDT et Force ouvrière en tête, rejettent toujours l’idée d’une décote pour inciter les salariés à prendre plus tard leur retraite. La CFTC ne veut pas aller, pour sa part, au-delà d’une décote de 3 à 4%.

12



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol