Archive pour le Tag 'médecins'

Urgentistes: 25 démissions de médecins à Toulouse

Urgentistes: 25 démissions de médecins à Toulouse

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Vingt-cinq urgentistes du CHU de Toulouse ont annoncé jeudi dans un courrier qu’ils allaient démissionner en bloc de leur fonction, excédés par le manque de moyens pour les services d’urgence. Un phénomène qui éventuellement pourrait s’étendre à d’autres établissements du fait que la crise sanitaire presque passée,  les mêmes contraintes de moyens pèsent sur des services déjà largement  débordés. Usé set désabusés, ces médecins ironisent même:

«Ah ils étaient bruyants les applaudissements, tous les soirs à 20H00. Elles étaient larmoyantes, les déclarations comme quoi nous faisions un travail formidable…», dans la lettre diffusée jeudi par le journal Libération.

«Exercer ce métier difficile, dans des conditions épouvantables et indignes pour les patients : c’est non. (…) C’est pourquoi nous choisissons de quitter nos fonctions dans une institution où la seule de nos revendications, celle de la sécurité de nos patients, est traitée avec le plus grand mépris», ont-il écrit à l’ARS et à la direction du CHU. «Nous allons envoyer les lettres (de démission) lundi», a précisé à l’AFP Julie Oudet, membre de ce groupe.

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La tourmente passée, ils exigent le maintien des «quelques moyens» débloqués pour faire face à la crise sanitaire. «La direction du CHU de Toulouse a décidé de suspendre la totalité de ces moyens, nous contraignant à travailler dans la peur. Nous refusons désormais d’exercer au quotidien dans la peur, faute de moyens pour travailler correctement», dénoncent les médecins.

 

300 millions d’euros pour les médecins hospitaliers: indécent ( syndicats)

300 millions d’euros pour les médecins hospitaliers: indécent ( syndicats)

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a proposé lundi 29 juin aux syndicats une enveloppe de 300 millions d’euros pour revaloriser les salaires des médecins hospitaliers. Une somme annoncée par le ministre dans le cadre du Ségur de la santé, et jugée très insuffisante par les organisations représentatives, qui revendiquaient sept milliards d’euros.

Selon des sources syndicales, les 300 millions proposés par Olivier Véran comprendraient des hausses de salaires ciblées sur le début et la fin de carrière des praticiens hospitaliers, ainsi qu’une revalorisation de plusieurs primes (engagement de service public exclusif, garde des week-ends et jours fériés).

Le temps de travail additionnel (heures supplémentaires des praticiens hospitaliers) serait lui aussi revalorisé. Pour réduire la place de l’intérim, une prime territoriale renforcée serait accordée aux praticiens faisant des remplacements dans un même groupement hospitalier. Ces mesures ne concernent pas les internes et les étudiants en médecine, dont la situation sera traitée à part, ont précisé les syndicats.

A l’issue de la réunion, plusieurs syndicats de médecins hospitaliers ont fait part de leur déception, jugeant l’enveloppe promise par le ministre « très insuffisante » et  »ridicule par rapport aux besoins ». Les personnels non médicaux se sont en effet vu promettre six milliards d’euros dans le cadre du Ségur de la santé. Ils sont toutefois beaucoup plus nombreux (1,2 million de salariés dans la fonction publique hospitalière, contre moins de 100 000 pour les praticiens hospitaliers).

« On nous a annoncé ça comme une grande avancée sociale. Mais nous, on est stupéfaits : ce n’est pas une douche froide, c’est une douche glaciale », a réagi auprès de l’AFP Jean-François Cibien, vice-président d’Action praticiens hôpital (APH). « L’hôpital public a un gros problème d’attractivité et n’arrive pas à retenir les jeunes. Si on ne fait rien, le taux de fuite va devenir énorme, et on n’y arrivera pas », a-t-il prévenu.

Pour un autre responsable syndical, le montant proposé est « nul » au regard des « 100 000 médecins, pharmaciens, odontologistes » concernés. « C’est inadmissible », s’emporte un troisième, qui compte sur une « prochaine réunion jeudi matin » avec le ministre pour corriger le tir. « D’ici là, on appelle tous à la grève pour demain », ajoute-t-il, en référence à la journée d’action nationale organisée par la plupart des syndicats (CGT, FO, SUD, Unsa) et collectifs hospitaliers (Inter-Hôpitaux, Inter-Urgences, Inter-Blocs).

l’Ordre des médecins veut sanctionner le professeur Perronne

l’Ordre des médecins veut sanctionner le professeur Perronne

La guerre des experts mais aussi des intérêts économiques continuent à propos des traitements concernant le Coronavirus. Il y a eu d’abord hier cette violente attaque du Professeur Raoult contre la politique sanitaire conduite par les autorités françaises, en même temps la justification de la pertinence de son propre traitement via la chloroquine. Aussi d’une mise en cause de certains intérêts de laboratoires trop liés à l’industrie pharmaceutique y compris certains de leurs dirigeants. Un récent livre sorti par le professeur Péronne défenseur des thèses professeur Raoult fait l’objet  dune demande de sanctions de la part conseil de l’ordre des médecins dont on sait il est plutôt traditionaliste pour ne pas dire davantage Cette instruction fait suite à ses propos tenus dans les médias dans le cadre de la promotion de son livre réquisitoire sur la gestion de la crise du Covid-19 (Y a-t-il une erreur qu’ILS n’ont pas commise ?, Albin Michel). Le médecin a notamment affirmé sur BFMTV que l’hydroxychloroquine aurait permis d’éviter 25.000 décès si elle avait été prescrite plus massivement en France. Il a aussi accusé des médecins du CHU de Nantes d’avoir « laisser crever son beau-frère » en refusant de lui prescrire le traitement recommandé par le Pr Didier Raoult.

Le conseil de l’Ordre, « alerté par les propos tenus dans de nombreux médias par le Pr Christian Perronne, a saisi le conseil départemental de l’Ordre des médecins des Hauts-de-Seine. Il lui a été demandé de se saisir et d’instruire le dossier du Pr Perronne et d’informer le CNOM des suites qui seront données. »

Inclure les médecins généralistes dans la réforme de l’hôpital

Inclure les médecins généralistes dans la réforme de l’hôpital

 

Ce que proposent Marine Crest, médecin, et Nicolas Bouzou, économiste. dans le Tribune

 

« Notre magnifique hôpital a besoin pour bien fonctionner d’une médecine de ville qui, elle-même, soit libérée des dysfonctionnements qui pèsent sur son efficacité. Il y a 225.000 médecins généralistes en France qui travaillent en moyenne plus de 50 heures par semaine et aspirent à jouer un rôle encore plus important et mieux intégré dans le système. Ne pas prendre en compte les interactions entre les acteurs du soin, et en particulier entre médecine de ville et médecine hospitalière, revient à prolonger les erreurs du passé. Or malheureusement, force est de constater que l’on évoque insuffisamment le rôle majeur de la médecine de ville au sein de notre système de santé. A ce titre, la crise actuelle a révélé trois maux qui lui préexistaient et qu’il est urgent de régler.

En premier lieu, les médecins généralistes ne sont pas toujours utilisés et reconnus à hauteur de leurs formations et de leurs compétences de plus en plus multidisciplinaires, ce qui génère une moins-value économique et sociale. En effet, le médecin-traitant est le « gate keeper » du système de soins, c’est-à-dire le bouclier en première ligne. Cette position dans la chaîne du soin conduit, pour forcer le trait, à ce qu’il soit parfois considéré comme responsable d’une gare de triage. Pourtant, le médecin généraliste est formé pour effectuer un large spectre de taches : des suivis simples en pédiatrie et en gynécologie, de la médecine d’urgence et des « soins primaires » (il sait faire des sutures et des plâtres). En pratique, c’est l’hôpital qui, le plus souvent, prend ces gestes en charge car les patients ne savent même pas que le généraliste pourrait s’en occuper.

En deuxième lieu, les généralistes gaspillent une grande partie de leur temps de travail en charges administratives : arrêts de travail, déclaration des affections de longue durée prises en charge à 100%, établissement des bons de transports pour que le patient aille du médecin vers le spécialiste ou l’hôpital, établissement des certificats médicaux, recueil de documents d’identité et pièces administratives…

En troisième lieu, la communication entre la médecine de ville et l’hôpital fonctionne mal. Les passerelles entre les deux niveaux ne sont pas systématisées. Concrètement, quand un médecin veut entrer en contact avec un médecin hospitalier, et dans le cas classique où il ne dispose pas de son numéro de portable privé, il appelle son secrétariat qui transfère l’appel à un(e) infirmier(e) ou un externe, qui, éventuellement, finit par joindre l’interne puis le médecin, rarement disponible… Ces systèmes de flux d’informations complexes et lents ont peu évolué depuis 100 ans.

C’est en outre le médecin de ville qui doit lui-même s’informer sur la situation hospitalière, se renseignant sur les spécialistes accessibles et le nombre de lits disponibles. Ces constats traduisent les retards accumulés dans la transformation numérique de notre système de santé.

 

Ces dysfonctionnements peuvent être corrigés par des mesures que nous souhaitons mettre en débat. Premièrement, il faut étudier une revalorisation financière de l’acte de consultation des médecins généralistes. A l’échelle du système de santé, cette revalorisation pourrait s’auto-financer si elle permet d’augmenter la productivité des actes des médecins, de décharger les hôpitaux et, globalement, d’éviter une surconsommation coûteuse des soins en aval du généraliste. Il ne faut pas se méprendre sur la notion de productivité. Elle ne signifie par « faire plus » mais « faire mieux » en apportant davantage de temps médical aux patients et moins d’actes inutiles dans le système de soins.

Deuxièmement, il faut mettre en place un choc de simplification pour réduire la bureaucratie médicale. Le numérique et l’intelligence artificielle devraient permettre d’avancer dans ce sens. Encore faut-il que les médecins eux-mêmes combattent les relents de technophobie que l’on observe parfois dans cette profession. Il est donc nécessaire d’avancer très rapidement vers la généralisation d’actions de formation initiale et continue pour les professionnels de ville.

Troisièmement, les pouvoirs publics pourraient envisager un partenariat public privé afin d’investir massivement dans les systèmes d’informations entre médecine de ville et hôpital pour simplifier, fluidifier et dématérialiser. On pourrait imaginer une plateforme interactive de partage d’informations qui rassemble les patients, les médecins (hospitaliers ou non), les pharmaciens et les paramédicaux. Les médecins généralistes doivent avoir une vision plus rapide et exhaustive sur le parcours de leurs patients, les résultats d’imagerie, les prises de rendez-vous avec des spécialistes, les disponibilités de capacité hospitalière. C’était l’esprit du dossier médical personnalisé lancé il y a une quinzaine d’années mais que de retards…

Le temps du bilan de la crise venu, il ne faudra surtout pas opposer les uns aux autres mais, au contraire, penser une gouvernance du système de santé qui améliorera la coordination de toutes les professions au service d’une amélioration effective de la qualité de la prise en charge du patient. »

 

 

« Y a-t-il un pilote face à cette épidémie ? » ( médecins généralistes)

 « Y a-t-il un pilote face à cette épidémie ? » ( médecins généralistes)

Le médecin généraliste normand Jacques Battistoni, président du syndicat MG France, et ses confrères parisiens Philippe Houdart et Denis Lemasson déplorent, dans une tribune au « Monde », la quasi-mise à l’écart de leur profession dans la lutte contre le Covid-19.

 

Tribune. 

 

« On ne lutte pas contre l’épidémie de coronavirus les poings liés, faisant fi de plus de 50 000 médecins généralistes. Le maillage territorial et la qualité de formation de ces professionnels de santé sont une des valeurs-clés de la médecine en France. Pourtant, la stratégie actuelle se fonde essentiellement sur les services de réanimation d’un hôpital en grande difficulté. Bien sûr, il faut que la prise en charge des cas sévères soit la plus optimale possible. En ce sens, il faut y mettre tous les moyens matériels et humains. C’est essentiel, mais en aucun cas suffisant. Les soins aux cas les plus sévères ne représentent qu’une partie de la réponse médicale. Si elle en est la forme la plus « spectaculaire », ce n’est pas l’action qui sauve le plus de vies face à une épidémie. Faut-il le rappeler, la stratégie actuelle du gouvernement est de contenir le nombre de cas et d’hospitalisations. Les actions de prévention sont cruciales, et un maximum de prises en charge de malades doit se faire en ambulatoire. De plus, la continuité des soins pour toutes les autres pathologies en dehors de l’épidémie doit être assurée, afin de limiter autant que possible les cas compliqués qui nécessitent une prise en charge hospitalière.

 

Or, que se passe-t-il sur le terrain ? Exactement l’inverse. Puisque notre gouvernement dit faire la « guerre », pourquoi se prive-t-il de ceux qui sont les mieux placés pour mener ces actions ? Des mots d’ordre ont été passés pour ne plus se rendre chez son médecin, sauf extrême urgence. Il n’y a donc jamais eu aussi peu de consultations en médecine générale, il n’y a jamais eu aussi peu d’appels, il n’y a jamais eu aussi peu de visites à domicile. Pourtant, les cabinets des médecins généralistes se sont organisés pour recevoir les patients dans les meilleures conditions. Des stratégies ont été mises en place (téléconsultations, plages séparées pour les cas suspects de Covid-19 et les cas non suspects, renforcement des mesures d’hygiène, circuits patients, etc.) pour suivre médicalement les plus fragiles, ceux qui présentent des polypathologies. Aujourd’hui, les patients n’arrivent pas dans nos cabinets, et nous craignons qu’ils ne viennent à nous que trop tardivement, nécessitant une hospitalisation qui paralysera encore plus l’hôpital…

Plus gênant encore, l’exemple du 18e arrondissement parisien. Les professionnels de santé de ville se sont organisés en communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) et ont mis en place une prise en charge spécifique (équipe mobile d’infirmières, numéro spécial à contacter pour mettre en contact tout patient atteint du Covid-19 avec un médecin traitant). Ignorant ces réalisations, l’hôpital a dupliqué cette stratégie, recréant tout seul un autre système de suivi des patients en ville. Y a-t-il un pilote face à cette épidémie ? »

 

 

Julian Assange, le lanceur d’alerte emprisonné soutenu par 117 médecins

Julian Assange, le lanceur d’alerte emprisonné soutenu par 117 médecins

Un groupe de 117 médecins proteste avec véhémence contre l’attitude de la Grande-Bretagne qui maintient le lanceur d’alerte Julian Assange en prison alors qu’il n’est responsable que d’avoir dénoncé le scandale de certaines activités de l’armée américaine en Afghanistan et en Irak. Cela fait maintenant environ huit ans que l’intéressé est prisonnier. Il   reçu le soutien d’un groupe de 117 médecins qui dénoncent la «torture psychologique» infligée au fondateur de Wikileaks, menacé d’extradition vers les Etats-Unis qui l’accusent d’espionnage, ainsi que de Reporters sans frontières (RSF).

Julian Assange a publié plusieurs millions de documents confidentiels relatifs aux modes opératoires de l’armée américaine en Irak sur le site WikiLeaks. Il a également dénoncé les circuits de corruption de dictateurs africains ou de certaines compagnies russes offshore. Dans une lettre publiée dans la revue médicale britannique The Lancet, un groupe de médecins de 18 pays accuse le gouvernement britannique de porter atteinte au droit fondamental de Julian Assange d’accéder aux soins, une semaine avant l’examen par la justice britannique de la demande d’extradition de cet Australien de 48 ans, détenu à la prison de haute sécurité de Belmarsh.

 «Si Assange venait à mourir dans une prison britannique», comme l’a averti le rapporteur spécial de l’Onu sur la torture Nils Melzner, en novembre, «il aura effectivement été torturé jusqu’à la mort», estiment les signataires. Depuis que Julian Assange a été examiné par un praticien en 2015 à l’ambassade d’Equateur à Londres où il avait trouvé refuge trois ans plus tôt, les recommandations des médecins ont été «constamment ignorées», ajoutent-ils. Ils dénoncent une «politisation des principes fondamentaux de la médecine, dont les implications dépassent le cas de Julian Assange»«Nous demandons aux gouvernements de mettre fin à la torture de M. Assange et de lui assurer l’accès aux meilleurs soins, avant qu’il ne soit trop tard», concluent-ils.

Les autorités américaines lui reprochent d’avoir mis en danger certaines de leurs sources au moment de la publication en 2010 de 250.000 câbles diplomatiques et d’environ 500.000 documents confidentiels portant sur les activités de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan.

Hôpital: 300 Médecins démissionnaires

Hôpital: 300 Médecins démissionnaires  

 

Plus de 300 praticiens hospitaliers ont officiellement rendu leur carte d’encadrement aux directions des établissements.

Des médecins chefs de service démissionnent en chaîne depuis une semaine de leurs fonctions administratives pour remettre la pression sur le gouvernement à l’approche d’une nouvelle mobilisation de l’hôpital public le 14 février. En une semaine, plus de 300 praticiens hospitaliers ont officiellement rendu leur carte d’encadrement aux directions des établissements, tout en continuant d’assurer les soins.

Pour faire redescendre la pression, le gouvernement a promis des primes, une rallonge budgétaire et une reprise massive de dette

Pour faire redescendre la pression, le gouvernement a promis des primes, une rallonge budgétaire et une reprise massive de dette. Le sujet est «plus que jamais à l’agenda», assure le cabinet d’Agnès Buzyn, dont «la priorité est à la mise en œuvre des mesures annoncées». Deux nouvelles primes ont d’ailleurs été créées par décret vendredi, pour les soignants de la région parisienne et les aides-soignantes en gériatrie.

 

Hôpital: grève administrative de 1000 médecins

Hôpital:  grève  administrative de 1000 médecins

La grève administrative des médecins hospitaliers prend de l’ampleur et va forcément créer une immense pagaille dans la gestion financière des établissements concernés. En cause évidemment les services d’urgence en pleine crise et d’une façon générale la gestion plus globale des établissements. De façon encore plus générale,  c’est tout le système de santé qu’il convient de revoir. La priorité des priorités est sans doute celle des urgences.

 

 Il est clair que les services d’urgence des hôpitaux sont dans une situation catastrophique. D’une certaine manière, ces services sont le réceptacle d’une bonne partie de la crise du système de santé. En raison des énormes progrès de la médecine, on a surtout développé les innombrables spécialités au détriment des généralistes puisque dans le même temps le numerus clausus bloquait  le nombre global de médecins. En outre,  la fonction de généralistes continue d’être sous-évalue et mal rémunérée. S’y ajoutent des considérations sociétales qui rendent la session profession de généralistes peu attrayantes. La situation n’est pas prête de changer rapidement car même sans numerus clausus il faudra attendre une douzaine d’années pour que les nouveaux étudiants en médecine soit opérationnels. En outre on n’évitera sans doute pas la nécessité de réguler l’ouverture de cabinets médicaux. Notons la contradiction entre les pharmacies dans l’implantation est régulée et les cabinets médicaux. Ajoutons à cela les critères bureaucratiques de la sécurité sociale qui pèse de tout son poids pour réduire la présence médicale locale afin d’espérer hypothétiques économies. La conséquence,  c’est que les patients sont à 90 % orientés vers des services d’urgence qui n’ont pas été conçues pour cela.

Avec une fréquentation qui a doublé en vingt ans, à 21 millions de passages, les urgences sont devenues le lieu de cristallisation des dysfonctionnements du système de santé. «Leurs difficultés ne peuvent être résolues si on se cantonne à des plans “pansements”, sans s’intéresser ni à l’amont ni à l’aval», affirme Frédéric Valletoux, président de la Fédération des hôpitaux de France (FHF). Pour la FHF, il faut un plan d’actions global qui dépasse l’hôpital. D’une part en incitant les médecins de ville libéraux à renforcer la permanence des soins, en clair leur disponibilité, alors que l’obligation de faire des gardes a été supprimée en 2003. D’autre part, la FHF se bat contre les plans d’économies qui ont conduit les pouvoirs publics à imposer des fermetures de lits, «alors que ces lits font gravement défaut pour accueillir les patients et désengorger les urgences». Mais la crise hospitalière est plus globale. En effet il y a une évolution des pathologies notamment du au vieillissement de la population, une extraordinaire avancée des thérapies plus efficaces, plus complexes mais aussi beaucoup plus coûteuse. On ne peut faire non plus l’impasse sur les insuffisances de gestion interne car tout le personnel n’est pas forcément soumis au stress des infirmières des urgences. Les hôpitaux sont devenues des sortes d’usines où cohabitent des services qui collaborent peu entre eux. Des sortes de superstructures s’installent et pour pallier les dérapages financiers , on tente d’instaurer des méthodes de gestion du privé notamment la tarification à l’acte qui conduit à des gaspillages supplémentaires. Sans parler de la bureaucratie qui demande aux médecins autant de temps sinon plus que le travail médical proprement dit. Bref des audits seraient urgent pour  revoir le fonctionnement de nos établissements, les besoins réels de financement mais d’une façon plus générale les conditions de fonctionnement du système de santé. En attendant les médecins hospitaliers ont décidé de faire la grève administrative

La liste des médecins ayant abandonné leurs fonctions administratives est en constante augmentation depuis la publication de la tribune, le 15 décembre, dans Le Journal du dimanche. En moins de dix jours, la pétition est passée de 600 à plus de 1 000 signataires, ce qui représente « environ 10% des chefs de service toutes spécialités et services confondus sur l’ensemble du territoire », confirme André Grimaldi.

Tous se disent déçus jusqu’à présent des réponses de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, face à la crise dans les hôpitaux. « Le plan du gouvernement est très très faible, c’est simplement un plan de communication », analyse le professeur d’endocrinologie, qui avait cru en la ministre lorsqu’elle est arrivée au gouvernement. 

Dans le viseur des chefs de service, les rallonges budgétaires avancées par Agnès Buzyn. « On nous a parlé de 1,5 milliard sur trois ans. Mais en réalité, ces nouvelles dotations correspondent à 200 000 euros de plus par an seulement »,

 

Crise hôpital public : menace de démission 660 médecins

Crise hôpital public : menace  de démission 660 médecins

 

Le feu couve toujours à l’hôpital même si la grève sur les retraites a envoyé ou second rang la question de la crise du système  de santé. Tout ne se résume pas à une question de moyens mais le financement doit bien entendu être à hauteur compte tenu de l’évolution des pathologies, du vieillissement de la population, des formidables progrès des thérapies et de la désertification médicale. C’est l’ensemble du système santé qu’on doit revoir avec une meilleure définition des champs de responsabilité passant notamment par une articulation entre l’hôpital  et la médecine de ville.  Dans ce sens les généralistes ont lancé un cri d’alerte en demandant que le  futur service d’accès aux soins mieux rémunéré.

Le syndicat MG France a lancé un appel à la grève à partir du 14 décembre, tous les samedis matin. Il demande une hausse du budget du futur « service d’accès aux soins ».. Le futur « service d’accès aux soins » (SAS), qui doit être mis en place à l’été 2020 pour aider à désengorger les urgences et qui  provoque la grogne des généralistes libéraux. Pas contre son principe, mais contre les moyens alloués. 

L es médecins demandent, entre autres, une valorisation des actes de maintien à domicile et un élargissement des horaires des gardes (le soir, le week-end et les jours fériés) des libéraux, incluant le samedi matin et les fins de journées à partir de 18 heures, en fonction des besoins pour chaque territoire. « Investir dans ces dispositifs permettrait paradoxalement d’économiser de l’argent par ailleurs, parce qu’une prise en charge aux urgences coûte beaucoup plus cher à l’Etat d’après la profession. De leur côté, les médecins hospitaliers réclament aussi davantage de moyens et considèrent  que les plans successifs de la ministre de la santé ne sont pas à la hauteur des besoins. Globalement une enveloppe supplémentaire de 300 millions est prévue en 2020 de 300 alors que les besoins dépassent le milliard. Quelque 660 médecins hospitaliers menacent de démissionner si le gouvernement « n’ouvre pas de réelles négociations pour desserrer la contrainte imposée à l’hôpital public », dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche.  »Les médecins hospitaliers ont eu beau sonner l’alarme, la rigueur est devenue austérité, puis l’austérité, pénurie », écrivent les signataires du texte, venus de « toutes spécialités, de tous hôpitaux, de toutes régions » et membres du collectif Inter-hôpitaux qui appelle à la mobilisation mardi prochain. 

Les médecins signataires regrettent que « le vrai ministère de la Santé (soit) désormais à Bercy ».  »Comment forcer le gouvernement à ouvrir un Grenelle de l’hôpital public avec un vrai plan financé répondant aux besoins ? », interrogent-ils. 

 

Ils promettent qu’à 1.000 signataires, ils adresseront leur « lettre à la ministre pour lui enjoindre d’ouvrir les négociations avec le collectif Inter-hôpitaux… ou de (les) rejoindre ». Après neuf mois de crise à l’hôpital public, médecins, soignants ou encore internes sont de nouveau appelés à se mobiliser partout en France mardi, par des collectifs Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences rejoints par des organisations de praticiens et les syndicats CGT, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC, SUD, Unsa.

Grève des médecins généralistes

Grève des médecins généralistes

 

Après les médecins hospitaliers, notamment les urgentistes ,c’est au tour des médecins généralistes  du syndicat majoritaire MG France de faire éclater leur colère face à la désorganisation de soins. En fait, il s’agit surtout de réagir face au nouveau  d’accès aux soins lancés par le gouvernement pratiquement sans financement pour les généralistes qui doivent accueillir des patients à la place des urgences.   

Le syndicat MG France a  donc lancé un appel à la grève à partir du 14 décembre, tous les samedis matin. Il demande une hausse du budget du futur « service d’accès aux soins ».. Le futur « service d’accès aux soins » (SAS), qui doit être mis en place à l’été 2020 pour aider à désengorger les urgences et qui  provoque la grogne des généralistes libéraux. Pas contre son principe, mais contre les moyens alloués. 

Le  syndicat MG France, principal représentant des médecins généralistes libéraux dans le pays, a donc appelé les professionnels à une matinée de grève ce samedi. « Reconductible tous les samedis matin tant que nous n’aurons pas été entendus », affirme Jean-Christophe Calmes, vice-président de MG France. 

La création de ce « service d’accès aux soins » était la mesure phare parmi une douzaine présentée en septembre par la ministre de la Santé Agnès Buzyn aux représentants des personnels et dirigeants hospitaliers, ainsi qu’aux syndicats de médecins libéraux, pour répondre à la crise de l’hôpital. En ligne ou par téléphone, 24 heures sur 24, ce service doit orienter les patients vers une consultation par un médecin en ville ou une télé consultation ou vers les urgences, éventuellement via l’envoi d’une ambulance. Le but : éviter que le patient ne s’oriente vers des urgences surchargées si son besoin peut être pris en charge par un généraliste. 

e montant prévu pour ce dispositif est de 340 millions d’euros. Largement insuffisant, selon Jean-Christophe Calmes. « Agnès Buzyn demande sa mise en place dès cet été, mais quand on demande où sont les moyens, nous n’avons pas de réponse. » Selon Jacques Battistoni, le président du syndicat, il faudrait « doubler » voire « tripler » cette somme pour répondre aux demandes de soins imprévus.  

 

L es médecins demandent, entre autres, une valorisation des actes de maintien à domicile et un élargissement des horaires des gardes (le soir, le week-end et les jours fériés) des libéraux, incluant le samedi matin et les fins de journées à partir de 18 heures, en fonction des besoins pour chaque territoire. « Investir dans ces dispositifs permettrait paradoxalement d’économiser de l’argent par ailleurs, parce qu’une prise en charge aux urgences coûte beaucoup plus cher à l’Etat daprès la profession.  

Déserts médicaux : la contrainte pour l’installation de médecins ?

Déserts médicaux : la contrainte pour l’installation de médecins ?

 

 

Lors des Assises annuelles des petites villes de France, il a été envisagé de contraindre les médecins libéraux à s’installer dans des territoires qui constituent des déserts médicaux. Les pouvoirs publics ne semblent toutefois pas très décidés à soutenir cette proposition en particulier le Premier ministre. Édouard Philippe, pour contrer cette obligation, propose le développement des maisons de santé. Le problème, c’est que les maisons de santé ne constituent que du béton et que cela n’augmente pas la démographie du personnel médical en particulier des médecins généralistes. En outre, les internes s’opposent même à la perspective  d’un stage de six mois dans les déserts médicaux. Un mouvement de type corporatiste et presque poujadiste ;  un peu de la même nature que celui qui entendait protester contre le retour du service militaire habillé en service national. La jeunesse n’a plus les moyens ni le temps de se consacrer en partie à l’intérêt général. Même quelques jours pour le ridicule service national universel. Alors six mois pour les médecins à consacrer aux bouseux, c’est l’enfer. Pourtant c’est sans doute un très bon moyen de parfaire sa formation en médecine générale. On pourrait y  approfondir le rapport avec la pathologie mais aussi avec le malade avec ses différentes formes de souffrance et de détresse. À juste titre sans doute les internes craignent l’insuffisance de maitres  de stage pour valider leur diplôme. On peut cependant imaginer que des formations seront délivrées aux praticiens actuels qui formeront ses étudiants. Cette réaction des syndicats d’internes est assez révélatrice de la crise que vit la société qui considère la concentration urbaine comme le Graal de toutes les activités humaines. Pas étonnant que l’aménagement du territoire soit aussi incohérent puisque sur une grande partie du pays sont supprimés les activités économiques, les services publics et les services tout court. Un aménagement totalement incohérent avec la lutte contre le réchauffement climatique, la pollution et tout simplement avec des conditions de vie harmonieuses.

Urgences : les médecins urgentistes aussi dans l’action

Urgences : les médecins urgentistes aussi dans l’action  

L’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) a annoncé, jeudi 12 septembre, rejoindre le mouvement de protestation. Il s’agit de la première organisation de médecins à rallier le mouvement. « On n’est pas du tout d’accord » avec les mesures dévoilées par le gouvernement, a déclaré devant la presse Patrick Pelloux, président de l’Amuf. « Cet argent est totalement inadapté », a-t-il ajouté.

Après six mois de mobilisation, le collectif Inter-urgences a voté, mardi, en faveur d’une nouvelle journée d’actions le 26 septembre prochain. Il continue de réclamer des  »réouvertures de lits », des « recrutements à la hauteur des besoins » ainsi qu’une « augmentation de 300 euros nets mensuels pour tous les hospitaliers ».

Notation des médecins par les patients sur Internet ?

Notation des médecins par les patients sur Internet ?

Un nouveau site se propose de faire noter les médecins par les patients. Quand on connaît les manipulations qui sont opérées à propos des évaluations sur le net, on peut s’interroger sur le caractère déontologique de cette opération. Certes les médecins pourraient peut-être être évalués, pourquoi pas, mais par des organismes compétents indépendants et non par des patients dont la plupart n’ont strictement aucune connaissance médicale et qui ne peuvent se fonder que sur un ressenti. Certains les établissements médicaux parfois l’objet de classement dans des journaux spécialisées ou pas mais sur des critères d’évaluation relativement sérieux même s’ils sont discutés. L’idée est de noter les médecins comme on note les restaurants ou les hôtels. Avec la différence qu’il s’agit là d’évaluer les compétences d’un homme de science. Certes pourra toujours donner son avis sur les conditions d’accueil du médecin mais sûrement pas sur la performance du praticien en matière d’évaluation des pathologies et des thérapies. Il y a les notes mais aussi les commentaires. De ce point de vue on peut être dubitatif quand on prend connaissance de certains commentaires dont d’ailleurs certains formulés par l’établissement lui-même qui est jugé ! Idem pour nombre de sites ; bref la manipulation côtoie l’approche marketing. Un site nouveau, baptisé MediEval4i.com, débarque ce lundi sur ce créneau. . Pour simplement consulter la réputation du praticien sur Internet, l’utilisateur peut faire une recherche via son nom ou sa spécialité, ou selon la ville ou la localisation du cabinet. «On ne joue pas contre les médecins. Mais nous proposons un service gratuit et indépendant, exclusivement au service des patients qui ne sont pas toujours bien pris en charge» explique son fondateur, Mathias Matallah. À ce jour, 190.000 praticiens, toutes spécialités confondues, sont répertoriés. Pour l’instant, ce sont les commentaires et les notes affichées sur Google qui apparaissent. MediEval4i est amené à être enrichi d’un comparateur en optique, qui sera cette fois-ci payant. À terme, les services d’hôpitaux devraient aussi être soumis à l’évaluation des patients. Il est quand même curieux que la pertinence des évaluations des restaurants soit essentiellement le domaine d’experts tandis que celui des médecins serait ouvert aux « consommateurs  de santé ».

«On veut évaluer les médecins sur des critères simplistes», juge Jean-Christophe Calmes, secrétaire général adjoint de MG France, syndicat des médecins généralistes. «L’acte médical c’est beaucoup plus. Une consultation longue ou prise à l’heure ne veut pas dire qu’elle soit bonne et précise. Il y a énormément de facteurs qu’on ne peut évaluer», complète le docteur Jean-Marie Faroudja, président de la section éthique et déontologie du Conseil national de l’ordre des médecins, pour qui ces sites risquent «d’altérer la relation de confiance entre le médecin et le patient».

Jeunes médecins : tous fonctionnaires ?

Jeunes médecins : tous fonctionnaires ?

On peut se demander si le Graal pour les jeunes médecins n’est pas de devenir fonctionnaire pour disposer notamment de conditions de travail compatible avec leurs conditions de vie. On objectera que le phénomène n’affecte pas seulement les médecins mais nombre de professionnels notamment les cadres. Pour parler clair c’est le rapport au travail, la valeur travail qui sont en cause.  12% des nouveaux inscrits à l’Ordre des médecins en 2018 exercent en libéral, quand 62% sont salariés. Et cinq ans plus tard, ils ne sont que 35% à avoir franchi le cap de l’installation, révèle une étude publiée jeudi par la commission jeunes médecins du Conseil National de l’Ordre des médecins, Les internes prévoient aussi de se déterminer en fonction des horaires de travail (82%) et de leur conjoint, dont l’influence sera décisive pour 86% de ceux qui vivent en couple. Autant de facteurs qui peuvent s’avérer dissuasifs, selon l’Ordre,  D’autre part, les démarches administratives pour s’installer restent complexes. Et ce, d’autant que l’exercice de groupe ou coordonné avec d’autres professions de santé, qui est actuellement encouragé, est source de démarches supplémentaires. Or, le«guichet unique» promis depuis plus de 10 ans par les pouvoirs publics pour faciliter les démarches administratives tarde à se concrétiser. Par ailleurs, les élus locaux font fausse route quand ils pensent attirer des jeunes médecins en bâtissant des maisons de santé… qui restent vides, faute de répondre à un projet médical et d’avoir été pensées avec les intéressés. En revanche, les collectivités territoriales devraient jouer un rôle de soutien logistique (faciliter la recherche d’un cabinet adapté, ou en aidant à prendre en charge du personnel par exemple) et institutionnel (faciliter les démarches administratives). Elles ont également un rôle à jouer dans la promotion de leur territoire pour y attirer les jeunes médecins. Enfin, la question de l’attractivité de la médecine libérale se pose de façon croissante. Non seulement au regard du montant des honoraires: la consultation, après dix ans d’études, est à 25 euros. Le problème est donc à la fois économique, social mais aussi culturel

 

Changer la formation des médecins (Patrick Pelloux)

Changer la formation des médecins (Patrick Pelloux)

 

Sur France info, Patrick Pelloux plaide pour une révision complète de la formation des futurs médecins. Il dénonce « un coup de communication » de la part du gouvernement.

Franceinfo : Est-ce qu’il faut en finir avec le numerus clausus et le concours d’entrée en première année de médecine ?

Patrick Pelloux : C’est un concours qui est devenu inique, totalement désespérant et un épouvantable gâchis chez les jeunes et leur famille. Vous avez énormément de stress. Vous avez énormément de boîtes privées. On peut se poser la question de la privatisation de ce concours : il y a beaucoup d’étudiants qui passent des années de prépa avant de passer cet examen, ce qui fait qu’il y a une iniquité totale [entre candidats]. Il faut remettre cela à plat. C’est au politique de décider cela et surtout pas de prendre conseil auprès des lobbys des professeurs d’université qui ont plongé la France dans le marasme de ce concours. Il ne faut pas oublier que ce concours a été drastiquement abaissé au début des années 1980. C’est lui qui a conduit à la pénurie médicale que l’on a actuellement. Mais il ne faut pas tomber dans l’effet inverse et dire qu’il n’y a plus de concours. Si on sort 60 000 médecins par an en France, ce sera un véritable problème pour qu’ils aient du travail et pour organiser le système de santé.

Quel est le bon système ?

Il n’y a pas de débat sur le concours de médecine sans un débat sur l’ensemble de la filière de la formation des étudiants en médecine. Je pense que ces études sont beaucoup trop longues, trop spécialisées et entraînent les étudiants en médecine dans un couloir qui fige les choses. Il faut pouvoir évoluer dans son métier. C’est ce qui nous permettrait d’avoir une certaine souplesse sur la formation et sur l’avenir des médecins. Ils doivent pouvoir changer de spécialité.

Est-ce que cela règlerait la question de la pénurie de médecins ?

On n’a jamais eu autant de médecins en France. Le problème est ailleurs : c’est le nombre de jeunes médecins qui partent, qui n’exercent pas la médecine et qui vont travailler dans les agences régionales de santé, dans les arcanes du pouvoir. On a un problème avec ces médecins qui ne font plus du soin. C’est tout cela qu’il faut mettre dans la balance. Il faut que le politique s’empare de ce dossier sans écouter les lobbys hospitalo-universitaires qui vont parler de sur-sélection. Si on veut une vraie réforme du système, de la formation initiale, et donc du concours, il faut mettre tout cela sur la table et écouter l’ensemble des partenaires.

Est-ce qu’on en prend le chemin ?

Non. C’est un coup de communication pour dire qu’on va s’attaquer à ce concours de médecine, pour faire croire qu’on fait quelque chose. Mais une vraie réforme de fond pour [que les étudiants] apprennent mieux, qu’ils soient plus épanouis dans leur métier et qu’on forme moins de médecins névrosés à cause des études difficiles, ne fait pas partie du débat.

Médecins : fin du numerus clausus…. et résultats dans 10 ans !

Médecins : fin du numerus clausus…. et résultats dans 10 ans !

Suite à la probable décision du gouvernement de changer le numerus clausus, Patrick Pelloux plaide sur France Info  pour une révision complète de la formation des futurs médecins. Pour le président de l’association des médecins urgentistes de France,  »il n’y a pas de débat sur le concours de médecine sans un débat sur l’ensemble de la filière de formation.

: Est-ce qu’il faut en finir avec le numerus clausus et le concours d’entrée en première année de médecine ?

Patrick Pelloux : C’est un concours qui est devenu inique, totalement désespérant et un épouvantable gâchis chez les jeunes et leur famille. Vous avez énormément de stress. Vous avez énormément de boîtes privées. On peut se poser la question de la privatisation de ce concours : il y a beaucoup d’étudiants qui passent des années de prépa avant de passer cet examen, ce qui fait qu’il y a une iniquité totale [entre candidats]. Il faut remettre cela à plat. C’est au politique de décider cela et surtout pas de prendre conseil auprès des lobbys des professeurs d’université qui ont plongé la France dans le marasme de ce concours. Il ne faut pas oublier que ce concours a été drastiquement abaissé au début des années 1980. C’est lui qui a conduit à la pénurie médicale que l’on a actuellement. Mais il ne faut pas tomber dans l’effet inverse et dire qu’il n’y a plus de concours. Si on sort 60 000 médecins par an en France, ce sera un véritable problème pour qu’ils aient du travail et pour organiser le système de santé.

 

Quel est le bon système ?

Il n’y a pas de débat sur le concours de médecine sans un débat sur l’ensemble de la filière de la formation des étudiants en médecine. Je pense que ces études sont beaucoup trop longues, trop spécialisées et entraînent les étudiants en médecine dans un couloir qui fige les choses. Il faut pouvoir évoluer dans son métier. C’est ce qui nous permettrait d’avoir une certaine souplesse sur la formation et sur l’avenir des médecins. Ils doivent pouvoir changer de spécialité.

Est-ce que cela règlerait la question de la pénurie de médecins ?

On n’a jamais eu autant de médecins en France. Le problème est ailleurs : c’est le nombre de jeunes médecins qui partent, qui n’exercent pas la médecine et qui vont travailler dans les agences régionales de santé, dans les arcanes du pouvoir. On a un problème avec ces médecins qui ne font plus du soin. C’est tout cela qu’il faut mettre dans la balance. Il faut que le politique s’empare de ce dossier sans écouter les lobbys hospitalo-universitaires qui vont parler de sur-sélection. Si on veut une vraie réforme du système, de la formation initiale, et donc du concours, il faut mettre tout cela sur la table et écouter l’ensemble des partenaires.

Est-ce qu’on en prend le chemin ?

Non. C’est un coup de communication pour dire qu’on va s’attaquer à ce concours de médecine, pour faire croire qu’on fait quelque chose. Mais une vraie réforme de fond pour [que les étudiants] apprennent mieux, qu’ils soient plus épanouis dans leur métier et qu’on forme moins de médecins névrosés à cause des études difficiles, ne fait pas partie du débat.

Médecins : de plus en plus de diplômes étrangers

Médecins : de plus en plus de diplômes étrangers

 

Tandis que la France a fermé le robinet d’accès à la profession de médecin, les titulaires de diplômes étrangers ne cessent de progresser. Plus de 10 % des médecins ont obtenu leur diplôme à l’étranger. Un chiffre qui ne cesse de progresser, le nombre a pratiquement doublé en 10 ans et devrait atteindre les 30 000 ans de 2020. C’est le constat de l’ordre  des médecins qui reconnaît que les diplômés de l’étranger sont devenus indispensables notamment en milieu hospitalier aussi en zone rurale. Pour l’essentiel ces médecins viennent des ex pays de l’Est mais aussi du Maghreb. Il faut noter : la montée en puissance des médecins diplômés en Roumanie qui sont aujourd’hui 4 254. Ce nombre a été multiplié par sept (+ 659 %) depuis 2007, date de l’entrée du pays dans l’Union européenne. Ils devraient être 4 711 en 2020, soit un effectif proche de ceux diplômés en Algérie (4 812), dont le nombre a cru de 56 % en dix ans. Aujourd’hui, la Roumanie connaît une « vraie fuite des diplômes » due à des propositions salariales « catastrophiques » pour les diplômés en médecine, relève-t-on au CNOM.  Les deux tiers de ces praticiens diplômés à l’étranger sont salariés, essentiellement dans la fonction publique, alors que seulement un quart exerce en profession libérale. On les retrouve plus facilement dans les spécialités chirurgicales, l’anesthésie, la psychiatrie, la pédiatrie, les urgences. Les besoins vont encore grandir. En tout, 20 000 docteurs doivent partir à la retraite dans les cinq prochaines années.  L’importance prise par les médecins étrangers a toutefois permis à ces derniers de mieux se faire entendre dans leurs revendications. Avant d’être inscrits à l’Ordre, les praticiens qui ne sont pas originaires d’un pays de l’Union européenne (55 % des médecins étrangers) sont « attaché associé » ou « assistant spécialiste ».Sous ce statut, environ 4 000 salariés gagnent en moyenne 40 % de moins que leurs confrères français.  En février 2012, un mouvement a débouché sur la possibilité pour les diplômés hors UE d’obtenir le même statut que les diplômés français en passant un examen, alors qu’ils étaient, avant cela, soumis à un concours. Notons que les établissements publics ont largement favorisé la venue de médecin étranger qui coûte moins cher et qui peuvent aussi combler l’insuffisance d’attraction de l’hôpital pour les médecins français

Hopital – urgences: 11 médecins démissionnaires à Dreux

Hopital -urgences: 11 médecins  démissionnaires à Dreux

 

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Encore 11 médecins qui démissionnent du service des urgences sur les 26 du centre hospitalier Victor-Jousselin de Dreux. Des démissions qui s’ajoutent à d’autres dans certains centres d’urgence. En cause évidemment, les conditions de travail et les sous-effectifs chroniques. D’une certaine manière les services d’urgence récoltent les incohérences du système de santé. En effet les services d’urgence deviennent les dépotoirs de toutes les misères du monde. Certes, ils recueillent  des malades avec des pathologies assez graves qui méritent l’hospitalisation mais aussi nombre de patients rapatriés faute de maillage suffisant des services de santé sur le territoire et en particulier de médecins de garde.  des insuffisances qui touchent nombre de petites villes et encore davantage les territoires ruraux. Mais les services d’urgence des grandes villes sont aussi débordés. En cause, surtout le manque de médecins généralistes sur le terrain et la tendance générale des différents services de secours à se débarrasser des patients sur les services d’urgence. Dans nombre de petites villes les insuffisances ne concernent pas seulement des médecins généralistes mais aussi les spécialistes. Du coup de petites pathologies qui pourraient être pris à temps se révèlent graves et doivent être traitées dans l’urgence. C’est le cas par exemple d’une ville comme Saumur où les spécialistes se font de plus en plus rares. Ainsi pour une consultation d’un cardiologue, il faut attendre neuf mois ! Bien d’autres spécialités contraignent à des attentes de plusieurs mois. Les économies supposées réalisées sur les médecins généralistes et les spécialistes se traduisent en fait en dépenses et en dégradations de la qualité des soins dans les services d’urgence et plus généralement sur l’hôpital. Le cas des grippes est significatif. Normalement ce n’est pas une pathologie qui doit justifier l’intervention d’un service d’urgence sauf pour les patients déjà fragilisés. Mais comme déjà indiqué, les services de secours, les médecins de garde eux-mêmes complètement débordés, les maisons de retraite etc. font du service des urgences le lieu de réception de toutes les misères pathologiques mais aussi sociales. Drogués, alcooliques, violents, paumés côtoient  des patients aux petits bobos et des malades aux pathologies graves. 11 médecins urgentistes viennent donc de démissionner de l’hôpital de Dreux. «Nous avions fait grève, il y a un an et demi, pour tirer la sonnette d’alarme sur nos conditions de travail et d’accueil des patients. Nous n’avons constaté aucune réaction de la part de la direction», a affirmé à l’AFP le Dr Nicolas. Depuis, la situation s’est encore dégradée. Trois médecins sont partis fin 2016 et n’ont pas été remplacés. Cela devient difficilement supportable.» La directrice souligne la «fatigue réelle des équipes, qui traversent une période très dense avec l’épidémie de grippe actuelle». Mais pour elle, leurs inquiétudes sont surtout dues à une circulaire de décembre 2014 sur le temps de travail: une réunion sur ce thème était déjà prévue pour le 2 février.  «Son application dans notre établissement nécessitera le recrutement de trois postes supplémentaires, au bas mot, explique-t-elle. Or, nous sommes dans un territoire excentré, peu attractif pour les médecins.» Les établissements du Centre-Val de Loire éprouvent des difficultés à recruter des médecins. Quatre-vingt postes d’urgentistes seraient vacants, d’après la directrice, un tiers des postes, d’après le Dr Nicolas. C’est le cas dans plusieurs régions. Le site de Thann, dans le Haut-Rhin, a dû fermer temporairement son service d’urgence en octobre, a priori pour six mois. Ce n’est pas non plus le premier cas de démission massive. Stressés, les médecins sont aussi parfois confrontés à des agressions verbales et physiques. En Avignon, en octobre dernier, la moitié des médecins du service d’urgence de l’hôpital Henri-Duffaut ont claqué la porte. Ils dénonçaient des conditions de travail «catastrophiques».

 

 

Consultations médecins généralistes : de 23 à 25 euros

Consultations Médecins généralistes : de 23 à 25 euros

 

La consultation pour les généralistes va passer à 25 € (il faut compter 50 à 100 € pour les spécialistes). Le syndicat de médecins FMF signera la nouvelle convention tarifaire qui prévoit notamment une revalorisation de la consultation à 25 euros chez les généralistes, a-t-il annoncé dimanche 21 août, ouvrant la voie à la validation du texte négocié durant cinq mois avec l’Assurance maladie.« En effet On va signer le texte. 52,95% des adhérents de la FMF (Fédération des médecins de France) ont voté pour la signature de la nouvelle convention », a déclaré à l’AFP son président, Jean-Paul Hamon, à l’issue d’une assemblée générale de son syndicat. Le 27 juillet, un protocole d’accord avait été signé par deux syndicats sur cinq – MG France (généralistes) et Le Bloc (chirurgiens), mais une troisième signature était indispensable pour permettre la validation du texte qui régit les relations des 115.000 médecins libéraux avec l’Assurance maladie et fixe leurs honoraires pour cinq ans. La consultation passera donc à 25 euros au 1er mai 2017. « On ne saute pas de joie. Cette convention est loin de nous satisfaire, elle n’est pas structurante », a néanmoins affirmé Jean-Paul Hamon, en ajoutant: « Mais en la signant nous pensons être en mesure de peser davantage dans les discussions ». A propos des 960 millions d’euros mis sur la table par l’Assurance maladie en fin de négociations, le représentant de la FMF a estimé: Reste encore, désormais, à connaître la décision du premier syndicat de la profession, la CSMF qui donnera sa réponse à l’issue d’une assemblée générale le 25 août. Quant au SML, il a déjà appelé ses représentants départementaux à voter contre la signature du texte lors de son assemblée générale, programmée le même jour que celle de la CSMF. La date de signature de la nouvelle convention a été avancée au 25 août à 16H00, a indiqué à l’AFP l’Assurance maladie, qui avait auparavant retenu le 26 août au matin. La nouvelle convention, établie au terme de cinq mois de négociations entre syndicats et Assurance maladie, prévoit, outre la revalorisation de deux euros de la consultation chez le généraliste qui passerait ainsi à 25 euros, une hiérarchisation des consultations selon leur complexité avec des actes à 25, 30, 46 et 60 euros ou encore une aide de 50.000 euros pour l’installation dans les déserts médicaux. En comptant la complémentaire santé, l’ensemble des mesures coûteraient en année pleine près de 1,3 milliard d’euros, soit le double de la précédente convention.

(Avec AFP)

Pénurie de médecins généralistes

La pénurie de médecins généralistes s’accentue en France. Depuis 2007, leur nombre a diminué de 8,4%. Le constat du Conseil national de l’ordre des médecins n’est pas pour rassurer. Si le nombre total de médecins ne baisse que lentement, la spécialité de médecine générale traverse une grave crise de vocations, martèle l’Ordre dans l’édition 2016 de son Atlas de la démocratie médicale, présenté ce jeudi. Depuis 2007, le nombre de généralistes a diminué de 8,4 %. Comme le montre la dernière étude du Conseil national de l’ordre des médecins, la Savoie et la Loire-Atlantique sont les seuls départements à être épargnés, depuis 2007, par la baisse du nombre de généraliste, rapporté à la population. Quant aux autres, la désertification ne les frappe pas tous avec la même virulence. Les plus durement atteints sont la Nièvre et… Paris. Les coûts élevés de l’immobilier dans la capitale sont en effet un frein à l’installation. La Mairie de Paris a bien lancé un plan d’aide. Mais il met du temps à se traduire sur le terrain. Au niveau national, la ministre de la SantéMarisol Touraine, a lancé deux plans de lutte contre lesdéserts médicaux, qui ne suffisent pas à inverser la tendance. L’Ordre réclame donc une réforme structurelle. Et alerte: si rien n’est fait, de 2007 à 2025, la France aura perdu un quart de ses généralistes.

 

(Le Figaro)

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