Archive pour le Tag 'marges'

Crise agricole : des marges de manœuvre limitées (Jean-Christophe Bureau, spécialiste en économie agricole)

Crise agricole : des marges de manœuvre limitées (Jean-Christophe Bureau, spécialiste en économie agricole)

Jean-Christophe bureau, spécialiste en économie agricole souligne les limites d’intervention sur les prix agricoles tant de la part de la France que de l’Europe. Une analyse pertinente mais qui fait cependant l’impasse sur la question du modèle industrialisé de l’élevage et sur  la qualité des produits (interview Le Figaro)

Jean-Christophe BUREAU. - La France a les poings liés en ce qui concerne le soutien au prix et les aides liées à la production depuis le Traité de Rome en 1957. Elle peut aider socialement les éleveurs mais pas aider les cours. Elle a plus de liberté sur les aides qui ne sont pas liées directement aux quantités produites, comme celles qui concernent des actions sociales ou environnementales. Cette discipline européenne empêche par exemple de soutenir les prix du porc. De toute façon, même sans contrainte européenne, la France ne pourrait pas vraiment garantir un prix plus élevé, car cela supposerait des achats publics très couteux. Elle n’en a absolument pas les moyens.

Quels sont les points de blocage?

Ce qui bloque, c’est le dialogue avec la distribution, et plus encore avec les transformateurs. Dans la charcuterie salaison par exemple, les entreprises cherchent la matière première la moins chère, même si elle est importée. Il n’y a pas vraiment de dynamique de filière bien organisée comme on peut en trouver dans les productions végétales (NDLR: le sucre par exemple). Les coopératives ne peuvent pas rémunérer beaucoup plus les producteurs car elles auront du mal à vendre leurs produits aux transformateurs. Elles ont insuffisamment investi dans la transformation à haute valeur ajoutée. Il y a un problème de valeur ajoutée et d’innovation, notamment dans la filière de la viande bovine et au niveau des abattoirs, les faibles marges permettent peu d’investir. On se retrouve dans un cercle vicieux, duquel il est difficile de sortir.

L’Europe possède-t-elle agir sur les prix?

La nouvelle politique agricole commune (PAC) prévoit un système de filets de sécurité pour intervenir quand les cours sont bas. Mais seules des actions assez ponctuelles sont possibles qui ne permettent pas de soutenir structurellement les cours. Cela peut prendre la forme d’aide au stockage d’une partie de la production par exemple. Mais nous sommes au niveau européen, en production porcine et laitière, sur un excédent de production relativement chronique depuis deux ans, qui a empiré suite à des aléas extérieurs comme l’embargo russe, la chute du marché grec, la baisse de la demande chinoise de produits laitiers. Dans le cas de l’embargo russe, il s’agit de négociations politiques. Sur ce type de problèmes, la Commission ne peut intervenir que pour faciliter les relations extérieures entre l’Europe et la Russie. L’Europe n’est pas très bien armée pour agir sur les prix. Il faut voir que certains producteurs peuvent offrir du lait ou du porc à des prix très bas comme les Irlandais qui peuvent produire du lait à 26 centimes le litre. L’Europe pourrait décider de soutenir les prix à 30 ou 32 centimes, avec des achats publics. Mais il y aurait un afflux de production et la création de surplus deviendrait rapidement ingérable.

Peut-elle limiter le dumping social?

Là où il y a effectivement distorsion de concurrence, c’est sur le coût du travail. En Allemagne, il y a beaucoup de travailleurs détachés dans la filière du porc par exemple, ce qui permet de produire moins cher. Mais la Commission ne peut pas jouer sur l’aspect social. Cela nécessite des négociations politiques entre États-membres, pour qu’ils se mettent d’accord sur une législation sociale commune. L’Allemagne, le Danemark, réussissent à être concurrentiel; que la France soit dans la panade ne les touche pas forcément.

Les marges des entreprises d’abord ensuite les investissements (Geoffroy Roux de Bézieux)

Les marges des entreprises d’abord ensuite les investissements (Geoffroy Roux de Bézieux)

 

Geoffroy Roux de Bézieux,  vice-président du Medef, dans uen interview à la Tribune pense que le gouvernement na’ pas totalement compris la logique du retour à la compétitivité de l’ économie française.

La Tribune- Quel avis portez-vous sur le plan en faveur de l’investissement annoncé le 8 avril par Manuel Valls et en particulier sur la mesure de « suramortissement » ?

Geoffroy Roux de Bézieux. C’est une mesure utile, c’est indéniable. Mais elle ne répond pas au problème immédiat des entreprises françaises, celui de la compétitivité. Rappelez-vous le fameux théorème d’Helmut Schmidt « les profits d’aujourd’hui feront les investissements de demain et les emplois d’après-demain ». Or, nous n’en sommes qu’à la phase un. La priorité actuelle des entreprises est d’améliorer leurs marges. Le pacte de responsabilité va aider à cela mais, pour l’instant, sur les 41 milliards d’euros annoncés en faveur des entreprises seuls les 6 milliards d’euros accordés en 2014 au titre du crédit impôt pour la compétitivité et l’emploi sont réellement effectifs.

Et quelles sont vos autres réserves ?

Nous ne sommes pas très à l’aise avec les mesures « spot ». Or, la mesure de suramortissement ne concerne que les investissements réalisés entre avril 2015 et avril 2016. Nous préférons les mesures pérennes. Il convient aussi de modérer son importance réelle. En prenant pour hypothèse que toutes les entreprises sont soumises à un impôt sur les sociétés de 33%, le bonus fiscal n’est que de 2,6% par an sur cinq ans.
Enfin, nous aurions préféré des mesures plus larges. Car si vous regardez bien le dispositif, certains investissements ne sont pas concernés. Par exemple, ce qui est quand même dommage, les dépenses consacrées à la transition numérique en sont exclues.
Un dernier point nous interpelle. Nous espérons que les 2,5 milliards d’euros pour le financement de la mesure ne seront pas prélevés sur les 41 milliards consacrés au Pacte de responsabilité.

Concrètement alors, vous auriez souhaité quoi ?

Je vous le répète, nous n’étions pas demandeurs. Le niveau des investissements actuels est équivalent à celui de 2007, avant la crise financière. C’est le taux de marge qui est nettement inférieur. Nous aurions été favorables à une mesure plus large et plus pérenne. Nous sommes contre les changements incessants qui créent une insécurité fiscale.
Le Président du Medef, Pierre Gattaz, estime, à la différence de Manuel Valls, que le  « compte y est » s’agissant des contreparties en emplois au pacte de responsabilité…

Et il a raison. Je vous renvoie au théorème de Schmidt. Nous n’en sommes qu’à la phase « un » et pas encore à la phase « 3 » mais ça va venir. D’ailleurs, je constate que le ministre des Finances Michel Sapin s’attend à une inversion de la courbe du chômage en 2016.

Vous aussi vous estimez qu’il y a un frémissement actuellement sur la croissance ?

Oui et nous nous en réjouissons. Ce redémarrage est dû à des facteurs exogènes comme la baisse de l’euro et du coût du pétrole, ceci booste l’activité des entreprises qui exportent. Et la baisse des prix de l’essence favorise le pouvoir d’achat et donc la consommation. Ceci dit, cette reprise est très différenciée selon les secteurs. Par exemple, les travaux publics continuent de beaucoup souffrir en raison des baisses des dotations aux collectivités locales qui freinent leurs dépenses d’investissement.

Les débats s’accentuent au sein même du gouvernement autour du besoin de flexibilité du marché du travail et de réforme du contrat de travail. Estimez-vous avoir gagné la bataille des idées et des esprits ?

Bien entendu, je souhaite que ça bouge sur ce terrain. Mais ce que je regrette le plus c’est que certains, et notamment des syndicats, refusent absolument d’ouvrir le débat sur le contrat de travail à durée indéterminée, alors que nous avons 10% de chômage et que 80% des embauches se font sous contrat à durée déterminée. Le sujet du contrat de travail ne doit pas être tabou. Nous avons avancé nos idées pour sécuriser le CDI, en proposant des motifs prédéterminés de rupture. Parlons-en.

 

« Hausse spectaculaire des marges des entreprises » (INSEE)….poisson d’avril !

« Hausse spectaculaire des marges des entreprises »  (INSEE)….poisson d’avril !

 Ils ont devenus fous à l’INSEE ( à quand un organisme indépendant ?) ou plus exactement de plus en plus serviles en annonçant une  reprise spectaculaire des marges des entreprises. D’après la docile INSEE,  les marges des entreprises, qui n’ont eu de cesse de se dégrader depuis 2010 ont commencé à repartir à la hausse à la fin 2014. La bonne nouvelle pour les chefs d’entreprises est que l’Insee voit cette embellie se poursuivre, le taux de marge passerait ainsi de 29,9% (au dernier trimestre 2014) à 31,2% au premier trimestre. Dans le détail, le Crédit Impôt compétitivité emploi (CICE) contribuerait pour près de la moitié à cette hausse de 1,3%, le pacte de responsabilité jouerait pour 0,4% et la baisse des prix du pétrole pour 0,3%. Ce taux progresserait encore au deuxième trimestre pour s’élever à 31,3%. Cette hausse impressionnante ramènerait ainsi le niveau de marge des sociétés à celui de 2011. Mais il serait encore un peu en dessous de sa moyenne d’avant-crise de 32,7% sur la période 1988-2007.En faiat l’INSEE faiat l’impasse sur la baise tendancielle des prix dans le secteur manufacturier. Une baisse qui annule les effets positifs de la très petite croissance annoncée. L’INSEE prend quand même des précautions oratoires pour relativiser son optimisme un peu béat puisque  malheureusement, l’amélioration des conditions financières des entreprises ne permettrait pas à l’investissement de s’envoler. L’Insee note, en effet, que « que les enquêtes de conjoncture, notamment dans les services, indiquent que les chefs d’entreprises resteraient encore attentistes et en seraient guère enclins à accélérer franchement leur investissement ». Au final, leur évolution serait quasi-stable (+0% au premier trimestre puis +0,1% au deuxième). Pour expliquer son optimisme,  l’INSEE compte sur une hypothétique amélioration du pouvoir d’achat des ménages. Hypothétique car cette amélioration est fondée sur la baisse de l’inflation calculée sur un indice des prix obsolète en raison de la modification de la structure de consommation. D’après l’INSEE Le pouvoir d’achat des ménages s’était déjà repris en 2014, après avoir stagné en 2013. Au premier semestre 2015, il devrait continuer son ascension, en gagnant 1,6%, grâce notamment à une inflation toujours très faible. L’Insee estime, en effet, que l’évolution des prix va rester dans le rouge, avec -0,1% sur un an à juin 2015. L’effet de la chute des prix du pétrole jouerait à plein. C’est l’une des principales sources de satisfaction de la note de conjoncture: la hausse de la consommation des ménages, principal moteur de l’économie française (environ 55% du PIB) va s’accélérer. L’Insee table ainsi sur une augmentation de leurs dépenses de 0,6% puis de 0,3%. Des chiffres qui s’expliqueraient à la fois par un retour à la normale des dépenses d’énergie ainsi que par la hausse du pouvoir d’achat évoquée plus haut. Au final cependant le taux de chômage augmenterait encore, passant à 10,6% en France (DOM compris) contre 10,4% fin 2014.

 

Marges des producteurs : mise en cause de la grande distribution

Marges des producteurs :mise en cause de la grande distribution

 

Il est clair que la crise conduit à écraser prix et marges. De ce fait les producteurs souffrent surtout avec la concentration des centrales d’achat. La grande distribution elle-même a rogné se propres marges car le chiffre d’affaires n’évoluent pas. Les producteurs , eux sont surtout victime de ces appels d’offres répétés qui tirent les prix vers le bas. C’est vrai pour l’agriculture mais aussi pour l’industrie. Le PDG de la filiale française du groupe suisse Nestlé, Richard Girardot lance un cri d’alarme et se plaint de la pression des distributeurs, qui ont poussé les producteurs à réduire leurs marges, et s’interroge sur l’attitude des pouvoirs publics.  « Nous avons écrasé nos marges pour continuer d’être référencés chez les distributeurs » qui « sont revenus nous mettre la pression toute l’année », écrasant aussi leurs propres marges pour faire baisser « de 7% les prix sur les produits leaders comme le Ricoré ou Mousline [...]  Pour compenser cet effort, ils ont augmenté les prix des produits vendus sous leurs marques propres. » Ainsi, le PDG de Nestlé-France Richard Girardot, dont le groupe est l’un des premiers fournisseurs des grandes surfaces en France, a vivement dénoncé les méthodes de la grande distribution dans une interview au Figaro, lundi 30 mars. Et de renchérir : les distributeurs « refusent de signer des chartes de bonnes pratiques avec les industriels, alors que nous en signons avec les agriculteurs ». Richard Girardot rappelle que l’Autorité de la concurrence ne s’est toujours pas prononcée sur les rapprochements entre grandes enseignes telles Auchan/Système U et Casino/Intermarché, qui constituent ainsi des forces de frappe ultra-puissantes face aux acheteurs. « Cela fait sept mois que les premiers rapprochements entre centrales d’achat ont été annoncées et l’Autorité n’a toujours pas rendu sa décision sur le sujet, laissant passer la période cruciale des négociations tarifaires annuelles », insiste le PDG de Nestlé-France. Saisie en novembre du sujet par le ministre de l’Économie Emmanuel Macron et par la Commission des affaires économiques du Sénat, elle avait promis de rendre un avis « au cours du premier trimestre 2015″, qui s’achève mardi soir. « C’est stupéfiant! », s’écrie le patron de Nestlé-France, ajoutant que l’Autorité de la concurrence est « toujours prompte à prendre la parole contre les industriels ».

 

Entreprises : nouvelle baisse des marges en 2014 (INSEE)

Entreprises : nouvelle baisse des marges en 2014 (INSEE)

Finalemenet le CICE n’aura pas servi à grand-chose, ses bénéfices ont été mangés par l’absence de la demande et au total les marges des entreprises vont encore baisser en 2014. Les dépenses d’investissement des entreprises se replieraient de nouveau, pénalisées par l’atonie persistante de la demande. Elles reculeraient de 0,3% au troisième trimestre et de 0,2% au quatrième, leur repli atteignant 0,6% sur l’ensemble de l’année. Le taux de marge des entreprises ne progresserait pas en 2014, s’établissant à 29,4% après 29,8% en 2013 et 30,5% en 2012, malgré l’effet favorable du CICE, souligne par ailleurs l’Insee. La croissance des exportations serait un peu plus soutenue qu’au premier semestre, grâce notamment aux effets de la dépréciation de l’euro.  Mais la demande étrangère restera peu dynamique, prévoit l’institut de conjoncture, qui s’attend à une croissance du PIB de la zone euro de 0,2% aux troisième et quatrième trimestres tirée par l’Allemagne et l’Espagne.  Au total, la contribution du commerce extérieur à la croissance sera nulle au second semestre comme sur l’ensemble de l’année. La consommation publique progresserait quant à elle de 0,3% par trimestre d’ici fin 2014, sa croissance se maintenant en moyenne sur l’année sur le même rythme (+1,8%) que les années précédentes (+1,7% en 2012 et +1,9% en 2013). L’Insee souligne que ce scénario est entouré d’aléas qui portent notamment sur la demande des entreprises en France comme dans la zone euro.  « Si la dégradation estivale du climat des affaires s’accentue à l’automne, leur attentisme pourrait peser plus encore sur la demande intérieure », écrit l’Insee en évoquant les incertitudes liées aux différentes crises géopolitiques, notamment en Ukraine. « En revanche, si la dépréciation récente de l’euro se poursuit, les entreprises européennes pourraient revoir en hausse leurs anticipations de demande », poursuit l’institut, dont le chef du département de conjoncture a rappelé qu’une dépréciation de 10% de l’euro se traduit par 0,5 point de croissance en plus à l’horizon d’un an. « L’attitude résolue des autorités monétaires à éviter tout risque de déflation pourrait aussi inciter les entreprises à augmenter un peu plus leur niveau de dépenses », estime aussi l’Insee.

 

Baisse de l’IR « dès qu’il y aura des marges de manoeuvre » : donc à la St Glinglin

Finalement les fameuses réductions d’impôts sur le revenus ne sont peut être pas pour demain, ni pour 2015, peut-être juste avant les élections de 2017 pour attirer les gogos. Il faudrait pour cela des marges de manouvre reconnait-on à l’Elysée ;  or ces marges de manœuvre n’existent pas car le rentrées fiscales sont mauvaises, la croissance pas au rendez vous et les fumeuses  économies budgétaires encore à réaliser. Du coup les couches moyennes risquent de trinquer encore un moment.  Manuel Valls a dit qu’il ferait des annonces concernant l’impôt sur le revenu dans les prochaines semaines. Mais pas sûr qu’il baisse dès l’année prochaine, car il faut des marges de manœuvres pour financer un telle mesure. Toucher à l’impôt sur le revenu ? Bien sûr ! dès qu’on aura des marges de manœuvres, nous dit-on dans l’entourage de François Hollande.  La nuance est de taille. Car si la volonté politique est là, Manuel Valls a dit qu’il ferait des annonces concernant l’impôt sur le revenu dans les prochaines semaines, on a bien conscience aussi qu’il faut financer une telle mesure. Mais avec quel argent ? Sur les économies sur les dépenses, on ne peut guère aller plus loin. Quant à la croissance, les dernières prévisions de l’Insee ne sont guère réjouissantes.  Dans ce contexte, le gouvernement ne peut pas s’appuyer sur l’activité pour financer un coup de pouce supplémentaire aux ménages. Le dernier en date, ciblé sur les ménages les plus modestes, a été financé grâce au milliard d’euro en plus récupéré sur la régularisation des évadés fiscaux. Alors, une baisse de l’impôt sur le revenu pour les classes moyennes en 2015 ? Le coup d’après, c’est pour eux ! nous promet un proche du chef de l’Etat. Mais avant il faut trouver de nouvelles recettes, aujourd’hui inexistantes.

Grandes entreprises : pas d’embauche mais restauration des marges et investissement

Grandes entreprises  : pas d’embauche mais la restauration des marges et l’investissement

Pas de vraie surprise concernant l’embauche dans les 100 plus grandes entreprises, l’année 2014 ne sera pas une année faste pour l’emploi. En clair, la priorité sera donnée à la restauration des marges historiquement basse et à l’investissement. »Resistance »: tel est le mot qui pourrait résumer l’état d’esprit des dirigeants des 100 principales entreprises françaises en ce début 2014, tel qu’il ressort de la septième édition du Baromètre des grandes entreprises françaises, réalisé par l’Observatoire BFM Business et Eurogroup Consulting « Résistance » en matière d’activité d’abord : sans surprise, c’est toujours l’international qui gonfle les carnets de commandes, mais moins qu’en 2013. L’écart entre optimistes et pessimistes reste élevé, 61,4%, mais s’avère moins favorable qu’en 2013 (plus de 70%). Quant à la France, elle suscite des espoirs de rebond nettement inférieurs à ceux enregistrés il y a un an : quasiment la moitié des dirigeants d’entreprise anticipe une stagnation de leur activité dans l’hexagone en 2014, 32% s’attendent à une hausse, mais 20% à une baisse. Hormis la plongée au moment de la crise des dettes souveraines en Europe, jamais le climat des affaires n’a été aussi maussade pour le territoire français. « Résistance » aussi pour maintenir la rentabilité aussi, rentabilité qui ne suit pas : elle devrait certes continuer à s’améliorer à l’étranger, mais l’érosion devrait se poursuivre en France. 25% seulement des patrons anticipent une amélioration, tandis que presque 30% d’entre eux redoutent une nouvelle dégradation. C’est le pire résultat jamais enregistré dans notre enquête : l’écart de rentabilité avec l’étranger n’a lui aussi jamais été si grand. Une tendance qui reflète bien la gestion « à la française » de la crise : comme l’ajustement ne s’est fait ni par les salaires comme en Espagne, ni par les effectifs (le chômage a moins augmenté que dans le reste de l’Europe en moyenne), c’est la rentabilité qui a trinqué.  Dès lors, dans ce contexte de marges de manœuvre limitées, l’effort portera d’abord, en France, sur le maintien de l’effort d’équipement, qui ne devrait quasiment plus baisser (environ un tiers des patrons anticipent une hausse, un tiers une stagnation, un tiers une baisse).  Cet effort se fera au détriment des effectifs : près de 40% des sociétés comptent encore dégraisser, alors que moins de 30% comptent renforcer leurs effectifs. Il n’y a donc pas d’amélioration à attendre sur le front du chômage. Le stabiliser sera déjà une belle performance.  L’obsession numéro 1 des dirigeants des grandes entreprises françaises en 2014 sera donc sans surprise la réduction de coûts de production trop élevés, comme l’an dernier, et les gains de productivité. Mais pas par la délocalisation, qui n’est plus un sujet : transférer la production à l’étranger n’est pas prioritaire pour 94% des sociétés interrogées !  Voilà pour le tableau de bord de la marche des affaires. Quels sont les mauvaises nouvelles qui pourraient perturber sa trajectoire ? La plus grosse crainte des patrons est la poursuite de la faiblesse de l’activité, devant l’alourdissement des contraintes sociales et fiscales et la détérioration du climat social en France. L’an dernier, les contraintes sociales et fiscales étaient clairement la première inquiétude.  C’est un message clair envoyé au gouvernement : la direction sociale libérale prise par le Président de la république rassure un peu les patrons, qui disent maintenant « chiche ». c’est dans les « business plans » pour 2015, 2014 semblant déjà joué, que se liera la confiance dans les réformes ou non. Les enjeux internationaux reculent : ni le taux de change euro/dollar, ni le coût des matières premières ne paraissent des inquiétudes majeures : elles ne figurent même plus dans le top 5, contrairement à l’année dernière.

Carburant: marges distributeurs en hausse

Carburant: marges distributeurs en hausse

Quand le pétrole flambe, les distributeurs répercutent la hausse immédiatement quand c’est l’inverse, ils prennent leur temps. Les distributeurs de carburants ont enregistré des marges record, de 15 centimes d’euros par litre en mars dernier. Des niveaux historiquement élevés, relevés par l’association Consommation, Logement et cadre de vie ce jeudi 9 mai. Pour l’association de consommateurs, les distributeurs profitent de la baisse des prix pour augmenter leurs profits. En avril, le prix du pétrole avait en effet baissé d’environ 2% par rapport à l’année dernière. Et lundi 6 mai, le gazole est même tombé à son plus bas niveau depuis août 2011, à 1,3163 euro le litre. Un recul général, qui concerne aussi les cours du brut, principalement lié à une faible demande mondiale d’or noir attendue en 2013.  Mais les consommateurs ne voient pas se répercuter cette baisse en intégralité à la pompe, en raison d’une ponction plus forte des distributeurs. Rien d’anormal pourtant pour Jean-Louis Schilansky, le président de l’Union française des industries pétrolières. Il reconnait que, « sur le sans plomb 95, les marges brutes de distribution ont atteint les 12 à 13 centimes d’euros du litre, soit deux à trois centimes de plus qu’à l’ordinaire ». Mais uniquement « sur une période très brève », relativise-t-il, le temps de s’adapter aux turbulences intervenues sur le marché pétrolier en février et mars. On est actuellement revenu à « dix centimes d’euros du litre », assure Jean-Louis Schilansky, qui affirme par ailleurs que la marge moyenne pour l’année reste également à ce niveau.

Entreprises : marges au plus bas depuis 1985, en cause les charges sociales

Entreprises : marges au plus bas depuis 1985, en cause les charges sociales

 

 

Un nouveau changement de cap , c’est le pronostic de l’économiste C. Saint Etienne mais avant 18 mois ; premier cap, le gouvernement dépense dès son arrivée, deuxième cap on passe à l’austérité, troisième à venir : l’allégement de la fiscalité. «D’ici dix-huit mois le gouvernement fera marche arrière sur la plupart des décisions fiscales prises depuis son arrivée!» Ce pari lancé à la cantonade par l’économiste Christian Saint-Étienne devant des clients fortunés de la banque privée Cholet Dupont est osé, politiquement. Mais censé, économiquement. L’étude de l’Insee sur l’état de l’économie française fin 2012 est sans appel: un pouvoir d’achat des ménages en repli de 0,8 %, un taux de marge des entreprises à 27,7 % – au plus bas depuis 1985… Ni les premiers ni les seconds n’ont plus les moyens de relancer l’économie. Pas plus que les collectivités locales, qui assurent les deux tiers de l’investissement public et vont voir leurs budgets sérieusement écornés par l’État au cours des deux prochaines années. L’évolution du PIB sur longue période achève de s’en convaincre: depuis septembre 2011, trimestre après trimestre, la croissance est nulle ou légèrement négative. Ce qui correspond très exactement au moment où le gouvernement Fillon a lancé son plan rigueur de plus de 11 milliards d’euros – essentiellement sous forme de hausse d’impôts – largement amplifié, ensuite, par celui de Jean-Marc Ayrault. L’erreur économique se mesure aussi à l’aune de la comparaison internationale. Selon les calculs établis par l’OCDE, la France est le deuxième pays développé (derrière la Belgique) ayant le «coin fiscal le plus élevé», autrement dit où les taxes pesant sur les salaires (impôts, charges…) sont les plus fortes. Certes, l’écart avec nos proches voisins, l’Allemagne en particulier, n’est pas aussi élevé qu’on ne le pense. Il n’empêche: entre 2011 et 2012 la fiscalité a augmenté de 0,30 point dans l’Hexagone, alors qu’elle a baissé ou juste légèrement progressé dans les dix pays de l’OCDE pratiquant la fiscalité la plus élevée. En moyenne, ces deux dernières années, le «coin fiscal» a progressé trois fois moins vite dans l’OCDE qu’en France. Dis autrement, non seulement notre pays affiche les impôts les plus élevés au monde, mais en plus il est celui qui les a le plus augmentés. Même l’argument selon lequel ces hausses d’impôts étaient nécessaires pour résorber les déficits ne tient plus. La Cour des comptes elle-même l’a reconnu dans son dernier rapport annuel: depuis la loi de finance initiale pour 2012, l’État a pris 85 mesures d’un montant supérieur à 100 millions d’euros, rendant toute estimation des futures recettes fiscales hautement aléatoire. Qu’ils soient justes ou non n’est plus la question. L’économie française est bien trop fragile aujourd’hui pour absorber une telle charge d’imposition. Le gouvernement promet une stabilité sur le quinquennat? C’est une baisse dont il a besoin pour éviter la mort par étouffement de toute activité.

 




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