Archive pour le Tag 'marchés'

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Marchés financiers : CAC au plus haut……….. Avant la chute ?

Marchés financiers : CAC au plus haut……….. Avant la chute ?

Nouveau record historique du CAC curieusement au moment où le fonds monétaire international révise encore à la baisse les perspectives de croissance pour 2023; En particulier aux États-Unis ou le scénario de récession n’est plus exclu compte tenu de la politique monétaire très restrictive. Au moment aussi où l’inflation s’envole partout pour plomber le pouvoir d’achat des ménages, la consommation et la croissance. Après la hausse de mardi, les bourses internationales ont d’ailleurs commencé à enregistrer mercredi une baisse qui pourrait s’amplifier. La Bourse de New York, qui avait d’abord bien accueilli un ralentissement de l’inflation américaine, a finalement terminé dans le rouge alors que le compte rendu de la dernière réunion de la Fed a remis sur la table la possibilité d’une légère récession aux Etats-Unis. Le Dow Jones a cédé 0,11 %, le Nasdaq a perdu 0,85 % et le S&P 500 0,41 %. Le cac enregistre mercredi +0,09% vers les 7.397 points nouveau record ).

En fait pour le record de hausse, il s’agit surtout d’un pari sur l’arrêt de la hausse des taux d’intérêt des banques centrales. Un pari risqué. Un record qui s’explique aussi par de bizarres mouvements de yo-yo provoqués par des prises de bénéfices ou inversement des placements massifs sur des valeurs dites porteuses. Bref un jeu qui ressemble un peu au casino. En effet il se pourrait bien que dans les semaines qui viennent la chute soit d’autant plus douloureuse car les fondamentaux économiques ne peuvent expliquer ce nouveau record.

Le CAC 40, indice phare de la place parisienne, a donc touché ce mardi 11 avril un nouveau plus haut historique en séance, à 7.403, 67 points, battant ainsi son précédent record du 6 mars dernier. Le gain est ainsi de plus de 14 % depuis janvier, contre 9% pour l’indice Stoxx 600 (600 premières capitalisations européennes).

A la clôture, le CAC 40 a clôturé en hausse de 0,89% à 7.390,28 points, son plus haut depuis début janvier 202

Finances–marchés financiers : cycle baissier ou krach

Finances–marchés financiers : cycle baissier ou krach ?

Un très gros coup de mou mercredi sur les marchés financiers qui confirme l’hypothèse dune baisse avec l’écroulement de la croissance et l’envolée de l’inflation. Finalement rien de surprenant, en effet on est passé brutalement de taux de croissance très élevée provenant essentiellement de la période post sanitaire a maintenant un risque de croissance zéro et même de récession.

2023 risque d’être catastrophique pour plusieurs raisons. Le risque de famine qui fait monter les prix et encourage l’inflation des matières premières industrielles ou non. La situation géopolitique particulièrement dangereuse et qui pèse aussi sur l’activité. Enfin un phénomène plus ancien de hausse qui a nourri en premier l’inflation. Le pire c’est effectivement cette perspective maintenant de stagflation voire de récession. Du coup, les marchés financiers plongent anticipent cette sombre perspective de 2023. Certains prévoient même un Krach . À tout le moins les marchés s’inscrivent dans un cycle baissier. Cela d’autant plus que les Banques centrales sont maintenant engagées dans un resserrement monétaire se caractérisant notamment par le relèvement des taux d’intérêt.

Les investisseurs anticipent de nouveaux tours de vis de la banque centrale américaine (Fed) au risque de provoquer une récession.

Peu de secteurs échappent à la correction en cours. Même les banques, qui profitent pourtant mécaniquement de la hausse des taux, dévissent sur des anticipations de dégradation de la conjoncture économique génératrice de faillites et de provisions dans les bilans bancaires. Pourtant, la BCE estime que la zone euro devrait échapper à une récession cette année. Mais pour l’année 2023 rien n’est écrit en dépit des déclarations du ministre des finances de la France qui déclare que le pic d’inflation a été atteint.

En réalité l’inflation va continuer tout au long de l’année 2023 car alimentée par les taux d’intérêt mais aussi par les superprofits d’ entreprises que ne justifie nullement la hausse des coûts.

Enfin on parle peu des conséquences de la politique monétaire accommodante qui a consisté à faire tourner la machine à billets (non équilibrée par de véritables actifs=. L’inflation est le moyens aujourd’hui de rétablir l’équilibre entre la masse monétaire et la richesse réelle. Une inflation qui pèse essentiellement sur les consommateurs.

Les banques sont aujourd’hui atteintes comme les consommateurs du fait de la dévalorisation d’une partie de leurs actifs. Le manque de confiance est générale un peu partout concernant l’économie un peu partout et particulièrement en France où 80 % de l’opinion condamnent la politique économique et sociale du gouvernement.

La période qui s’ouvre va sans doute provoquer une crise politique après le vote à l’arraché de la réforme des retraites, il pourrant s’y ajouter une panique en tout cas des craintes dans le domaine financier.

Marchés financiers : cycle baissier ou un krach

Marchés financiers : cycle baissier ou un krach

Un très gros coup de mou mercredi sur les marchés financiers qui confirme l’hypothèse dune baisse avec l’écroulement de la croissance et l’envolée de l’inflation. Finalement rien de surprenant, en effet on est passé brutalement de taux de croissance très élevée provenant essentiellement de la période post sanitaire a maintenant un risque de croissance zéro et même de récession.

2023 risque d’être catastrophique pour plusieurs raisons. Le risque de famine qui fait monter les prix et encourage l’inflation des matières premières industrielles ou non. La situation géopolitique particulièrement dangereuse et qui pèse aussi sur l’activité. Enfin un phénomène plus ancien de hausse qui a nourri en premier l’inflation. Le pire c’est effectivement cette perspective maintenant de stagflation voire de récession. Du coup, les marchés financiers plongent anticipent cette sombre perspective de 2023. Certains prévoient même un Krach . À tout le moins les marchés s’inscrivent dans un cycle baissier. Cela d’autant plus que les Banques centrales sont maintenant engagées dans un resserrement monétaire se caractérisant notamment par le relèvement des taux d’intérêt.

Les investisseurs anticipent de nouveaux tours de vis de la banque centrale américaine (Fed) au risque de provoquer une récession.

Peu de secteurs échappent à la correction en cours. Même les banques, qui profitent pourtant mécaniquement de la hausse des taux, dévissent sur des anticipations de dégradation de la conjoncture économique génératrice de faillites et de provisions dans les bilans bancaires. Pourtant, la BCE estime que la zone euro devrait échapper à une récession cette année. Mais pour l’année 2023 rien n’est écrit en dépit des déclarations du ministre des finances de la France qui déclare que le pic d’inflation a été atteint.

En réalité l’inflation va continuer tout au long de l’année 2023 car alimentée par les taux d’intérêt mais aussi par les superprofits d’ entreprises que ne justifie nullement la hausse des coûts.

Enfin on parle peu des conséquences de la politique monétaire accommodante qui a consisté à faire tourner la machine à billets (non équilibrée par de véritables actifs=. L’inflation est le moyens aujourd’hui de rétablir l’équilibre entre la masse monétaire et la richesse réelle. Une inflation qui pèse essentiellement sur les consommateurs.

Les banques sont aujourd’hui atteintes comme les consommateurs du fait de la dévalorisation d’une partie de leurs actifs. Le manque de confiance est générale un peu partout concernant l’économie un peu partout et particulièrement en France où 80 % de l’opinion condamnent la politique économique et sociale du gouvernement.

La période qui s’ouvre va sans doute provoquer une crise politique après le vote à l’arraché de la réforme des retraites, il pourrant s’y ajouter une panique en tout cas des craintes dans le domaine financier.

Marchés d’actions: risques de grande correction ?

Marchés d’actions: risques de grande correction ?

Les niveaux atteints par les marchés d’actions reflètent soit une grande complaisance des investisseurs en termes de risque supporté, soit une forte exigence en termes de bénéfices anticipés pour les entreprises. Par Karl Eychenne, chercheur chez Oblomov & Bartleby ( dans la Tribune)

Les marchés d’actions de la zone euro se sont appréciés de près de 30% depuis l’été dernier, alors que l’inflation reste officiellement un sujet de préoccupation majeur pour les autorités, que les Banques centrales durcissent de plus en plus les conditions de financement, que le risque d’une récession est à peine écarté. Et surtout, alors que les taux d’intérêt à 10 ans s’inscrivent en hausse significative de 0,8 à 2,8% sur la période. Une telle résilience des actions à tous ces vents contraires interroge.

Il n’existe que deux histoires susceptibles de justifier les niveaux actuels des marchés d’actions. Soit l’investisseur se montre très optimiste quant aux bénéfices que les entreprises vont générer pour les mois à venir. Soit l’investisseur se montre très complaisant quant au risque qu’il accepte de supporter. Dans le premier cas, l’investisseur anticipe alors que les bénéfices élevés permettront à l’entreprise de distribuer davantage de dividendes encore. Dans le deuxième cas, l’investisseur exige alors une plus faible compensation (faible prime de risque) pour accepter de détenir une action plutôt qu’une obligation. Dans les deux cas, l’investisseur accepte donc de payer un prix plus élevé encore, contribuant à faire monter les marchés d’actions.

Quelle est la bonne histoire justifiant les niveaux actuels des actions ? Impossible de le savoir. Le prix d’une action ne se dévoile jamais totalement. Ce qui relève la complaisance en termes de risque, ou ce qui relève de l’exigence en termes de bénéfices anticipés est indétricotable. Nous sommes condamnés à l’ambiguïté. Mais cela n’est pas grave. En effet, l’important dans cette affaire est de réaliser que ces deux histoires, justifiant la résilience des actions, arrivent à leur terme.

Le niveau de complaisance de l’investisseur en termes de risque est historiquement élevé. Le niveau d’exigence de l’investisseur en termes de croissance des bénéfices anticipés est aussi historiquement élevé. Les marchés d’actions n’ont donc plus d’arguments pour monter davantage. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils doivent baisser. C’est juste qu’ils se retrouvent tout nu, vulnérables à la moindre mauvaise nouvelle. Un diagnostic d’autant plus troublant que le niveau de complaisance et d’exigence de l’investisseur semblent en complet décalage avec ce que le réel nous renvoie comme information.

En effet, concernant la complaisance de l’investisseur en termes de risque supporté, elle semble anormalement élevée au vu du flux de nouvelles économiques. Certes, les indicateurs avancés s’améliorent et suggèrent que le risque de récession s’éloigne. Mais le niveau de complaisance qui est observé aujourd’hui serait davantage compatible avec une phase de vraie embellie économique. Concrètement, cela signifie que la prime de risque exigée par l’investisseur se trouve sur sa borne basse d’un point de vue historique, et que cette borne basse est généralement atteinte lorsque le cycle économique est en pleine expansion, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Enfin, concernant l’exigence de l’investisseur en termes de bénéfices anticipés pour les entreprises, là encore elle semble excessive quand on compare aux anticipations des analystes financiers. En effet, si l’on s’attarde sur les seuls bénéfices anticipés pour 2023, alors les analystes n’anticipent une croissance proche de 0%, alors que l’investisseur anticiperait au moins 10 % pour justifier les niveaux actuels. Si l’on s’attarde plutôt sur les bénéfices anticipés à plus long terme, alors les analystes calent d’ordinaire leurs anticipations sur le potentiel de croissance du PIB en valeur, soit des niveaux proches de 4% (2% de croissance en volume et 2% de croissance de l’inflation), alors que les niveaux actuels des marchés requièrent plutôt des niveaux de 5%.

Les marchés d’actions semblent donc plus vulnérables que jamais. La moindre anicroche en termes de nouvelle ou de commentaire pourrait donc les faire décrocher. Mais parmi toutes les mauvaises nouvelles possibles, une seule pourrait véritablement les faire chuter sévèrement : des taux encore plus hauts.

En effet, la hausse des taux est l’ennemi numéro 1 des marchés d’actions. En 2022, le principal facteur expliquant la baisse des actions fut la hausse des taux de long terme (taux 10 ans par exemple). Et si les actions n’ont alors baissé que de -15%, on le doit principalement à la très bonne tenue des bénéfices des entreprises et l’extrême complaisance des investisseurs (baisse de la prime de risque). Ces deux effets ont largement limité la baisse des actions. Or, nous avons vu qu’aujourd’hui, les marchés d’actions ne disposaient plus de ces deux jokers. Désormais, les marchés d’actions ne peuvent plus supporter de nouvelles hausses des taux. La question essentielle à se poser est donc la suivante : jusqu’où iront les taux ?

Aujourd’hui, les taux à 10 ans allemands (taux référence pour la zone euro) s’établissent à près de 2,7%. D’après les anticipations des marchés (déduite de la courbe des taux), nous ne serions pas loin du maximum prévu. D’après le consensus Bloomberg, nous serions même déjà au-delà des taux prévus pour fin 2023, soit 2%. Même la prévision haute des économistes les plus agressifs s’établit à seulement 2,75%. Si l’on croit à ces anticipations, alors on peut trouver des motifs à se rassurer sur les marchés d’actions. Mais tant que la Banque centrale européenne répétera à l’envie que « le travail n’est pas terminé », on peut avoir quelques doutes.

Enfin, même si les marchés d’actions évitent la correction parce que les taux ne montent plus, cela ne signifie pas pour autant que la hausse des actions va se poursuivre. Le seul vrai motif capable de justifier une poursuite de la hausse des actions serait une détente des taux. Pour cela, il faudra que les chiffres d’inflation s’inscrivent en baisse significative et durable, suffisamment pour que la Banque centrale tempère son propos.

Marchés financiers-CAC 40 : grosse prise de bénéfices

Marchés financiers-CAC 40 : grosse prise de bénéfices

Comme c’était prévu après les records de début d’année, le marchés parisiens ont subi un revers cette semaine. L’indice CAC 40 a reculé de 1,78 % vendredi, sa plus forte baisse quotidienne depuis le 19 janvier.

Sur la semaine, il a cédé 2,18 %, sa pire performance hebdomadaire depuis mi-décembre, les marchés s’inquiétant de l’inflation plus élevée qu’attendu aux Etats-Unis. Le combat des banques centrales face à la hausse des prix semble loin d’être terminé.

Le CAC 40 a ainsi retrouvé son niveau du 10 février dernier. Ailleurs en Europe, le Dax allemand a perdu 1,72 % et le Footsie britannique a limité la casse, en recul de 0,37 %.

La publication de l’indicateur d’inflation aux Etats-Unis a jeté un froid sur le moral des investisseurs. Outre-Atlantique, l’inflation globale, de 5,4 %, et l’inflation sous-jacente, à 4,7 %, ont toutes les deux accéléré en janvier sur un an, alors qu’une baisse était attendue. Les chiffres de décembre ont aussi été revus à la hausse. La Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait alors opter pour une nouvelle hausse des taux pour freiner l’inflation.

Marchés financiers–après les records CAC 40 …..la chute ?

Marchés financiers–après les records CAC 40 …..la chute ?

rappel d’un article du 19 février

Un nouveau record pour le CAC 40 qui progresse ainsi de près de 14 % depuis le 1er janvier. En cause, sans doute les excellents résultats financiers de la plupart des grandes entreprises concernées. Des entreprises qui ont profité de la bonne croissance de 2022 mais aussi de la manne financière déversée sans compter par la Banque centrale européenne. Une bonne performance en attendant une grande prise de bénéfices ? Cela d’autant plus que les Banques centrales considèrent la hausse des marchés financiers comme excessive du fait en particulier de la persistance de l’inflation.

D’une certaine manière la Bourse de Paris fait un peu exception et sans doute sur une reprise alors que la plupart des experts envisage une croissance particulièrement modeste voir une récession pour certains pays. La problématique pour la Chine en particulier demeure entière car c’est elle qui pourrait éventuellement tirer vers le haut la croissance qui mollit partout dans le monde.

On peut aussi penser que certains gestionnaires avisés ne sont pas mécontents de ce nouveau pic atteint par le CAC qui pourrait être suivi d’ici quelques temps d’une forte prise de bénéfices avec une des dégringolades en dessous des 7000 points. Bref le jeu habituel des initiés contre les boursicoteurs amateurs.

En tout cas, une hausse qui veut sans doute ignorer le resserrement monétaire qui va continuer et qui veut peut-être d’ailleurs l’influencer. Pas sûr que cet optimisme des marchés financiers influence réellement les Banques centrales .

Dans un entretien accordé à La Tribune, Pierre-Olivier Gourinchas, économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) prévient que « la bataille contre l’inflation n’est pas encore gagnée. Il y a de bonnes nouvelles, mais les taux sont quand même à 5 % hors énergie et alimentation. On est très loin de la cible des 2 %. Certains pays, notamment les Etats-Unis, sont sur la voie de la désinflation, mais en Europe, ce n’est pas le cas ». Même aux Etats-Unis, quelques indicateurs ont (un peu) battu froid, comme une inflation supérieure aux prévisions en janvier et un marché de l’emploi toujours aussi solide. Bref, le message est clair : les marchés sont trop optimistes !

Marchés financiers–Nouveau record du CAC 40 …..Avant chute ?

Marchés financiers–Nouveau record du CAC 40 …..Avant chute ?


Un nouveau record pour le CAC 40 qui progresse ainsi de près de 14 % depuis le 1er janvier. En cause,sans doute les excellents résultats financiers de la plupart des grandes entreprises concernées. Des entreprises qui ont profité de la bonne croissance de 2022 mais aussi de la manne financière déversée sans compter par la Banque centrale européenne. Une bonne performance en attendant une grande prise de bénéfices ? Cela d’autant plus que les Banques centrales considèrent la hausse des marchés financiers comme excessive du fait en particulier de la persistance de l’inflation.

D’une certaine manière la Bourse de Paris fait un peu exception et sans doute sur une reprise alors que la plupart des experts envisage une croissance particulièrement modeste voir une récession pour certains pays. La problématique pour la Chine en particulier demeure entière car c’est elle qui pourrait éventuellement tirer vers le haut la croissance qui mollit partout dans le monde.

On peut aussi penser que certains gestionnaires avisés ne sont pas mécontents de ce nouveau pic atteint par le CAC qui pourrait être suivi d’ici quelques temps d’une forte prise de bénéfices avec une des dégringolades en dessous des 7000 points. Bref le jeu habituel des initiés contre les boursicoteurs amateurs.

En tout cas, une hausse qui veut sans doute ignorer le resserrement monétaire qui va continuer et qui veut peut-être d’ailleurs l’influencer. Pas sûr que cet optimisme des marchés financiers influence réellement les Banques centrales .

Dans un entretien accordé à La Tribune, Pierre-Olivier Gourinchas, économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) prévient que « la bataille contre l’inflation n’est pas encore gagnée. Il y a de bonnes nouvelles, mais les taux sont quand même à 5 % hors énergie et alimentation. On est très loin de la cible des 2 %. Certains pays, notamment les Etats-Unis, sont sur la voie de la désinflation, mais en Europe, ce n’est pas le cas ». Même aux Etats-Unis, quelques indicateurs ont (un peu) battu froid, comme une inflation supérieure aux prévisions en janvier et un marché de l’emploi toujours aussi solide. Bref, le message est clair : les marchés sont trop optimistes !

Marchés financiers-Bourses: Des actions encore trop chères

Marchés financiers-Bourses: Des actions encore trop chères

Les bourses ont connu de belles envolées à l’occasion d’une distribution massive de liquidités monétaires par les banques centrales. La machine à billets a certes permis de gérer au mieux la crise sociale, sanitaire et économique mais une grande partie des fonds ont aussi alimenté t de façon artificielle les profits de nombreuses entreprises. Aujourd’hui c’est le retour au réel et le marché des actions se révèle dangereux car les prix sont encore excessifs au regard d’une crise économique qui contrairement à ce qu’affirment certains experts n’est pas temporaire mais va durer plusieurs années. Une crise caractérisée par le problème de l’énergie, de l’inflation, du pouvoir d’achat sans parler des questions géo politiques. En outre le relèvement progressif des taux d’intérêt par les banques centrales vont forcément réorienter les investissements vers les obligations.

Les intentions d’investissement en actions sont retombées à leur niveau de 2019, avant la pandémie : moins d’un Français sur cinq envisage d’acheter des titres dans l’année qui vient, contre 25 % fin 2021.

Compte tenu des risques, seul un Français sur quatre se dit intéressé par la Bourse, contre 29 % fin 2021, selon le baromètre annuel réalisé par Audirep pour l’Autorité des marchés financiers (AMF) auprès de 2.000 personnes âgées de 18 ans et plus.

Contrairement à la crise boursière liée au Covid, qui avait été perçue comme une excellente occasion d’investir par de nombreux Français, la chute des cours cette année a plutôt découragé les investisseurs hésitants à franchir le pas. Ils sont bien plus nombreux à penser que ce n’est pas le bon moment d’investir (34 %) qu’il y a un an (26 %). Reflet du pessimisme des épargnants français, près d’un répondant sur deux estime que « la crise économique va durer plusieurs années ».

nergie :les contradictions de la régulation par les marchés

Energie :les contradictions de la régulation par les marchés

Par Bruno Alomar, économiste, a travaillé au Cabinet du commissaire européen à l’énergie dans La Tribune

Au cours des derniers mois, les limites du marché en matière énergétique ont été mises en lumière. Par la France pour critiquer les modalités de fixation du prix. Par le Portugal et l’Espagne qui ont obtenu d’être provisoirement placés hors des mécanismes de marché européens. Par l’UE elle-même, la très libérale la Commissaire à la concurrence ayant reconnu les limites du tout marché, alors même que le conseil de l’UE adoptait le 26 juillet un accord portant sur la réduction coordonnée de la demande de gaz.

Pour autant, si l’on veut bien considérer la question énergétique, le rapport au « tout marché », même si l’on fait abstraction de ces périodes de crise exceptionnelle, est loin d’être un long fleuve tranquille. Le rapport à l’énergie de l’UE tangente parfois la contradiction. Qu’on en juge.

D’un côté, l’UE, en matière énergétique, comme dans beaucoup de matière, place le libre marché et la concurrence au premier plan. Ainsi, au cours des vingt dernières années, l’UE a adopté une série de normes (les « paquets énergie ») qui ont ouvert les marchés et mis fin aux monopoles légaux qui prévalaient jusqu’à lors. La Commission, s’appuyant sur sa très puissante Direction générale de la concurrence, a mené une action résolue visant à développer la concurrence, qu’il s’agisse des interdictions en matière d’aides d’État, des procédures antitrust, ou du contrôle des fusions.
D’un autre côté, la belle cathédrale intellectuelle que constitue la concurrence par les mérites s’est retrouvée confrontée à des limites récurrentes.

La plus évidente a été que l’instillation au forceps de la concurrence a eu ses ratés. En France, le développement de la concurrence s’est bien produit : il n’a cependant pas – irritant d’ailleurs une Commission peu désireuse d’admettre qu’un ancien monopole peut aussi s’adapter – eu pour effet une fuite massive des clients vers les nouveaux fournisseurs d’électricité. Il a aussi conduit à l’adoption par la loi NOME de 2010 de l’ARENH (accès régulé à l’électricité nucléaire historique), qui permet jusque 2025 aux fournisseurs alternatifs de s’approvisionner auprès de l’opérateur historique aux conditions fixées par l’État. La complexité et les limites de ce système ne sont pas étrangères aux difficultés qui ont conduit aux décisions récentes concernant EDF, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elles ne craignent pas de déroger au tout-marché.

Alors que l’UE est confrontée à une crise énergétique majeure, elle ne peut plus – et ses membres qui conservent une part essentielle de responsabilités en la matière – se tromper. Certains de ces États-membres ont d’ailleurs réalisé des voltefaces brutales. Ainsi l’Allemagne qui a décidé le 6 septembre de reporter la fermeture de deux centrales nucléaires. Ainsi la Suède, qui a annoncé le 14 octobre relancer la construction de centrales nucléaires. L’UE, pour ce qui la concerne, doit trouver le juste milieu entre les gains réels que la concurrence apporte, et la nécessité de prendre en compte les multiples objectifs et contraintes que la question énergétique recèle et que le marché ne peut à lui seul satisfaire : indépendance énergétique, coût pour les populations et les entreprises, protection de l’environnement. Et veiller à ne pas changer les règles dans deux, trois ou cinq ans, car l’énergie est une question de temps long, et les industriels doivent pouvoir se projeter à suffisamment long terme.

Marchés et inversion de la courbe des taux : L’alerte

Marchés et inversion de la courbe des taux : L’alerte

La  courbe de taux inversée aux Etats-Unis anticiperait une récession imminente. Par Karl Eychenne, stratégiste et économiste.( la Tribune, extrait))

 

 

Les économistes et les investisseurs la redoutent, car elle n’annonce jamais rien de bon : la courbe de taux, inversée. Ni maléfice ni poupée vaudou ne doivent être invoqués. Il ne s’agit pas d’une courbe de taux maraboutée, mais d’une situation où les investisseurs anticipent une politique monétaire tellement restrictive qu’elle serait suivie d’une chute de l’économie : la récession.

On dit que la courbe de taux est inversée lorsque les taux d’intérêt de long terme se retrouvent à des niveaux inférieurs au niveau de court terme, comme aujourd’hui par exemple, avec des taux à 10 ans américains à 3,75 % alors que les taux à 2 ans sont à 4,2 % : l’écart de taux est alors négatif de près de – 0,45 %. Alors que d’ordinaire, on a plutôt l’inverse, c’est-à-dire des taux à 10 ans supérieurs aux taux à 2 ans : l’ écart de taux est positif en moyenne proche de + 1 % sur longue période. Et pour cause, l’investisseur n’aime pas l’incertitude, or l’incertitude croît avec l’horizon d’investissement. Ainsi, l’investisseur exigera généralement une prime pour accepter de détenir un actif A plus longtemps qu’un actif B, il exigera donc un taux à 10 ans plus élevé qu’un taux à 2 ans.

Pourtant, on pourrait penser qu’une obligation proposant un rendement garanti pendant 10 ans est préférable à une obligation proposant un rendement garanti pendant seulement 2 ans. Mais non. Imaginez que l’inflation accélère encore des années durant. Comment savoir si le rendement que propose l’obligation à 10 ans sera suffisant pour couvrir la hausse des prix ? Certes, on pourrait dire la même de l’obligation à 2 ans, sauf qu’au bout de 2 ans on pourra toujours en acheter une autre qui proposera potentiellement un rendement plus élevé. Voilà pourquoi l’investisseur exige généralement un supplément d’âme à l’obligation à 10 ans par rapport à l’obligation à 2 ans. Sauf qu’aujourd’hui, ce n’est pas ce qui se produit : le taux à 10 ans est bien inférieur au taux 2 ans.

Aujourd’hui donc, la courbe de taux est inversée, et significativement inversée. D’un point de vue théorique, cela signifie que l’investisseur est prêt à prendre le risque d’un rendement plus faible pour une durée plus longue, mais garanti. En termes d’anticipations, cela signifie que l’investisseur anticipe une forte baisse des taux courts pour les années à venir, de sorte que le rendement cumulé des taux courts anticipés sur la période s’égalise avec celui du taux long, sinon il y aurait une incohérence entre les deux formes d’anticipations, ce que l’on appelle une opportunité d’arbitrage dans jargon du théoricien. Enfin, d’un point de vue empirique, il se trouve effectivement que l’inversion de la courbe des taux a souvent anticipé une récession économique les 6 à 12 mois suivants, comme en témoigne les nombreuses publications à ce sujet (une récente et originale).

En conclusion, il est toutefois possible de nuancer le message très pessimiste qui nous est livré par la courbe de taux inversée. En effet, le pouvoir prédictif de cette courbe a fondu au cours des 15 dernières années, pour une raison bien identifiée : la politique monétaire ultra – accommodante. Très concrètement, lorsque la courbe s’aplatissait voire s’inversait, ce n’était plus dû à l’anticipation d’une politique monétaire restrictive faisant monter les taux 2 ans plus vite que les taux 10 ans. La cause de l’aplatissement, voire de l’inversion de la courbe, était désormais liée à des achats massifs de titres de long terme par la Banque centrale faisant baisser les taux 10 ans alors que les taux 2 ans étaient déjà proches du plancher des vaches (le niveau 0 %).

 

Marchés financiers : secousses en Europe ?

Marchés financiers : secousses en Europe ?

Les situations en Italie mais aussi en Grande-Bretagne inquiètent les marchés .

Signe de cette défiance, les taux des emprunts à dix ans italiens grimpaient de 0,21 point, à 4,54 %, vite rattrapés par ceux des obligations britanniques à 4,24 %, en hausse de 0,41 point sur la journée. L’homme malade de l’Europe ne serait-il pas celui qu’on pense?

Raison de ces tensions: le «mini» budget présenté vendredi par Kwasi Kwarteng, qui prévoit 45 milliards de livres de baisses d’impôts en plus de 150 milliards de mesures de soutien énergétique aux ménages et aux entreprises, financé par 70 milliards de livres d’emprunts supplémentaires l’an prochain

Côté italien on attend des précisions sur les 200 milliards de dépenses envisagées pour soutenir l’économie alors que la dette atteint déjà des niveaux stratosphériques.

Parallèlement, on constate une tendance baissière de l’activité économique surtout pour 2023

Fitch Ratings est plus pessimiste sur la conjoncture de l’économie mondiale. L’agence de notation a revu en baisse ses prévisions, en ne tablant plus désormais que sur une croissance du PIB mondial de 2,4% en 2022 (-0,5 point de pourcentage par rapport à l’anticipation de juin) et de seulement 1,7% en 2023 (-1 point de pourcentage).

Selon Fitch, l’économie de la zone euro se contractera de 0,1% en 2023 (-2,2 points de pourcentage depuis juin), du fait de l’impact de la crise du gaz naturel. L’agence prévoit désormais une croissance américaine de 1,7% en 2022 et de 0,5 % en 2023, révisée à la baisse de 1,2 et 1 point, respectivement. “La reprise de la Chine est limitée par les restrictions liées à la pandémie de Covid-19 et par un effondrement prolongé de l’immobilier. Nous prévoyons désormais une croissance de 2,8% cette année et une reprise à 4,5 % l’année prochaine, soit des révisions à la baisse de 0,9 et 0,8 point respectivement”, souligne Fitch.

« Nous avons connu une sorte de tempête parfaite pour l’économie mondiale ces derniers mois, avec la crise du gaz en Europe, une forte accélération des hausses de taux d’intérêt et une aggravation du marasme immobilier en Chine », relève Brian Coulton, chef économiste chez Fitch, dont les prévisions reposent désormais sur l’hypothèse d’un arrêt “total ou quasi total de l’approvisionnement de l’Europe en gaz par les gazoducs russes”.

Sur le Vieux Continent, le Royaume-Uni et la zone euro, qui constituent la troisième économie mondiale, “sont prêts pour une récession plus tard cette année, avec la Banque d’Angleterre et la BCE affichant des prévisions pessimistes. La seule question est de savoir quelle sera son ampleur”, relève de son côté eToro, qui souligne que cette récession aura “des répercussions mondiales sur de nombreuses économies et entreprises” et “survient à un moment difficile, où la croissance américaine ralentit également et où la reprise chinoise est encore hésitante”.

On peut donc craindre de nouvelles turbulences pour la Bourse (CAC 40 , etc.) en Europe. L’économiste Patrick Artus redoute ainsi une poursuite du marché baissier sur les actions au cours des prochains trimestres.

Marchés: secousses en Europe ?

Marchés: secousses en Europe ?

Les situations en Italie mais aussi en Grande-Bretagne inquiètent les marchés .

Signe de cette défiance, les taux des emprunts à dix ans italiens grimpaient de 0,21 point, à 4,54 %, vite rattrapés par ceux des obligations britanniques à 4,24 %, en hausse de 0,41 point sur la journée. L’homme malade de l’Europe ne serait-il pas celui qu’on pense?

Raison de ces tensions: le «mini» budget présenté vendredi par Kwasi Kwarteng, qui prévoit 45 milliards de livres de baisses d’impôts en plus de 150 milliards de mesures de soutien énergétique aux ménages et aux entreprises, financé par 70 milliards de livres d’emprunts supplémentaires l’an prochain

Côté italien on attend des précisions sur les 200 milliards de dépenses envisagées pour soutenir l’économie alors que la dette atteint déjà des niveaux stratosphériques.

Parallèlement, on constate une tendance baissière de l’activité économique surtout pour 2023

Fitch Ratings est plus pessimiste sur la conjoncture de l’économie mondiale. L’agence de notation a revu en baisse ses prévisions, en ne tablant plus désormais que sur une croissance du PIB mondial de 2,4% en 2022 (-0,5 point de pourcentage par rapport à l’anticipation de juin) et de seulement 1,7% en 2023 (-1 point de pourcentage).

Selon Fitch, l’économie de la zone euro se contractera de 0,1% en 2023 (-2,2 points de pourcentage depuis juin), du fait de l’impact de la crise du gaz naturel. L’agence prévoit désormais une croissance américaine de 1,7% en 2022 et de 0,5 % en 2023, révisée à la baisse de 1,2 et 1 point, respectivement. “La reprise de la Chine est limitée par les restrictions liées à la pandémie de Covid-19 et par un effondrement prolongé de l’immobilier. Nous prévoyons désormais une croissance de 2,8% cette année et une reprise à 4,5 % l’année prochaine, soit des révisions à la baisse de 0,9 et 0,8 point respectivement”, souligne Fitch.

« Nous avons connu une sorte de tempête parfaite pour l’économie mondiale ces derniers mois, avec la crise du gaz en Europe, une forte accélération des hausses de taux d’intérêt et une aggravation du marasme immobilier en Chine », relève Brian Coulton, chef économiste chez Fitch, dont les prévisions reposent désormais sur l’hypothèse d’un arrêt “total ou quasi total de l’approvisionnement de l’Europe en gaz par les gazoducs russes”.

Sur le Vieux Continent, le Royaume-Uni et la zone euro, qui constituent la troisième économie mondiale, “sont prêts pour une récession plus tard cette année, avec la Banque d’Angleterre et la BCE affichant des prévisions pessimistes. La seule question est de savoir quelle sera son ampleur”, relève de son côté eToro, qui souligne que cette récession aura “des répercussions mondiales sur de nombreuses économies et entreprises” et “survient à un moment difficile, où la croissance américaine ralentit également et où la reprise chinoise est encore hésitante”.

On peut donc craindre de nouvelles turbulences pour la Bourse (CAC 40 , etc.) en Europe. L’économiste Patrick Artus redoute ainsi une poursuite du marché baissier sur les actions au cours des prochains trimestres.

Marchés financiers : plombés aussi par la hausse des taux

Marchés financiers  : plombés aussi par la hausse des taux

. La fin des politiques monétaires accommodantes, confirmée par le nouveau relèvement de taux de la BCE annoncé le 8 septembre, devrait continuer à peser sur les cours dans les prochains mois. Par Amaury Goguel, SKEMA Business School

 

Jeudi 8 septembre, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé une hausse de ses trois taux d’intérêt de 75 points de base, faisant passer son taux de refinancement au-dessus de 1 %. Il s’agit de la deuxième hausse depuis le début de l’année après avoir opéré son premier relèvement en 11 ans le 21 juillet dernier.

Cette hausse des taux directeurs renchérit le coût du refinancement pour les banques commerciales (BNP Paribas, Société générale, etc.), dissuadant ou renchérissant les crédits à la consommation ou à l’investissement. L’objectif de la BCE est donc là de ralentir une économie jugée en surchauffe, au risque de précipiter une récession. Si la BCE a décidé de frapper fort, c’est qu’elle s’attend en effet à une inflation de 8,1 % en 2022, contre 6,8 % en rythme annuel en juin dernier. Toujours selon le grand argentier européen, la hausse des prix ne devrait ralentir qu’à partir de 2023.

Cette annonce n’est pas une bonne nouvelle pour les marchés financiers qui, s’ils ont semblé plutôt insensibles aux crises de ces dernières années, connaîtront très probablement une année 2022 morose en raison du changement de cap amorcé dans la politique monétaire des banques centrales ces derniers mois.

Depuis la crise des subprimes en 2008, les marchés financiers semblaient très calmes, sorte de remake de la « great moderation » observée entre 1982-2007. L’inflation était inexistante, la volatilité moyenne faible et les mesures de soutien, qui se sont amplifiées pendant la crise du Covid-19, omniprésentes. Jusqu’à la fin d’année 2021, rien ne semblait pouvoir ébranler les marchés financiers. L’élection de Donald Trump aux États-Unis en 2016 n’avait pas créé de torpeur financière durable, ni les attentats à répétition, ni le Brexit (deux jours de baisse seulement), ni la crise sanitaire, etc.

Cependant, cette période de calme relatif touche aujourd’hui à sa fin. Depuis le début de l’année, les principaux indices dans le monde sont tous orientés à la baisse. Sur un an, le CAC 40 a perdu plus de 16 % de sa valeur, plus de 20 % pour le Dax en Allemagne, le Dow Jones 15 % et le Nasdaq plus de 27 % aux États-Unis. Des baisses qui n’avaient pas été observées depuis la période de stagflation des années 1970.

Dans le même temps, les obligations d’État ont également dans l’ensemble plongé, perdant par exemple presque 10 % de leur valeur aux États-Unis au premier semestre 2022, soit la pire performance depuis 1788, juste avant que George Washington ne devienne le premier président !

Il est rare que la performance des actions et des obligations converge conjointement à la baisse un même trimestre ou un semestre. Ce premier semestre 2022 fait donc exception. Cela a rendu très complexe allocation d’actifs puisque la plupart des classes d’actifs ont grandement souffert, y compris les nouveaux actifs digitaux comme le bitcoin qui a perdu près de la moitié de sa valeur ses six derniers mois.

Plus qu’aux crises de ces derniers mois, les marchés semblent avoir réagi aux hausses de taux décidées pas les banques centrales. Début 2022, le forte reprise économique post-Covid et la persistance de l’inflation sous l’effet des crises énergétiques et alimentaires liées au conflit en Ukraine les ont placées dos du mur, dans l’impossibilité de poursuivre leur politique monétaire accommodante avec des taux directeurs au plancher.

Au 25 juillet, la Réserve fédérale américaine (Fed) avait ainsi déjà révisé trois fois ses taux à la hausse depuis janvier, passant de 0,25 % à 1,75 %, tandis que la Bank of England (BoE) a enchaîné cinq hausses depuis mi-décembre, pour passer de 0 % à 1,25 %. Quant à la BCE, elle avait déjà frappé plus fort que prévu lors de son premier relèvement de juillet dernier avant de confirmer le cap lors de sa deuxième annonce du 8 septembre.

Au début de l’été, on pouvait donc s’attendre à une poursuite des baisses boursières sous le double effet de l’inflation généralisée dans la plupart des pays et son corollaire, les hausses induites des taux d’intérêt directeurs par les banques centrales. Or, aux États-Unis comme en Europe, les résultats d’entreprises du deuxième trimestre 2022 ont été historiquement hauts

Cette bonne nouvelle a constitué un fort moteur des cours au mois de juillet, dont la dynamique a été portée par des facteurs microéconomiques. Au niveau macroéconomique, les taux d’intérêt notamment immobiliers en Europe ont en outre baissé en juillet, en dépit de l’inflation, et la BCE n’a appliqué sa hausse des taux que plusieurs semaines après l’avoir annoncé, début juin. Cette conjonction étonnante d’évènements a pu également porter les cours boursiers sur le mois de juillet.

Au mois d’août, les index sont repartis à la baisse, sans toutefois invalider une dynamique assez positive sur l’ensemble de l’été. Les scénarios les plus noirs, avec les craintes sur l’énergie notamment cet hiver, semblent en effet désormais intégrés dans les prix de marché. Toute amélioration éventuelle de la situation énergétique ou inflationniste pourrait donc être accueillie avec des hausses des cours. En revanche, la politique monétaire et les hausses des taux encore à venir resteront un fort vent contraire.

En somme, la fin d’année a peu de chance d’être excellente et ne pourra donc sans doute pas effacer les pertes du premier semestre.

Certes, de nombreux signaux suggèrent que le pic d’inflation est passé aux États-Unis (baisse significative des coûts logistiques, du fret, etc.). Par ailleurs, les canaux de transmission de la politique monétaire traditionnelle mettent empiriquement entre six à neuf mois à se transmettre dans l’économie réelle. Les effets des hausses des taux directeurs du début d’année en Amérique du Nord ou encore au Royaume-Uni en matière de ralentissement de la hausse des prix devraient donc se concrétiser dans les prochains mois.

Mais les banques centrales affichent aujourd’hui leur volonté de poursuivre leurs politiques de relèvement des taux, comme l’a encore prouvé l’annonce de la BCE du 8 septembre. Ainsi, le président de la Fed, Jerome Powell, rappelait fin août, lors du meeting annuel des banquiers centraux à Jackson Hole aux États-Unis, que l’inflation, historiquement, ne s’est jamais tarie simplement à la suite de hausses ponctuelles des taux mais plutôt après une série de hausses successives et durables. Son discours avait d’ailleurs aussitôt entraîné les marchés financiers à la baisse.

En effet, la politique de relèvement des taux doit être mise en balance avec les risques de saper la croissance économique. Les alertes à la récession se multiplient aujourd’hui dans les grandes zones de l’économie mondiale avec notamment une consommation qui marque le pas après des mois de forte demande post-Covid. Une situation qui pèsera forcément sur les entreprises et les marchés.

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Par Amaury Goguel, Economist & Academic Dean of the MSc Financial Markets & Investments. Co-author of the book « Managing Country Risk in an Age of Globalization », SKEMA Business School

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Finances-Face à la crise, la légèreté des marchés ?

Finances-Face à la crise, la  légèreté des marchés ?

Finalement, l’été de tous les dangers n’accable pas les marchés. La pesanteur du monde contraste avec la légèreté de la finance. Une ambiguïté déjà relevée par Milan Kundera dans « l’insoutenable légèreté de l’être », déjà sur fond d’invasion russe à l’époque. Par Karl Eychenne, stratégiste et économiste.(dans la Tribune)

 

Le monde va mal, mais la finance va mieux. Alors que le réel est harcelé par les mauvaises nouvelles, les marchés semblent être passés à autre chose. Qui aurait parié sur un rebond de 10% des actions durant l’été ? Probablement le même qui aurait parié sur une détente des taux d’intérêt de près de 0,5%. En effet, tout ce qui fait baisser les taux fait monter le reste. Aujourd’hui les taux agissent comme une bride sur les actions, et le recul des taux a desserré la bride.

Pourtant tout va mal : inflation désinhibée, pouvoir d’achat en détresse, politiques monétaires en stress, géopolitique à fleur de peau… Autant de bonnes raisons de voir les marchés baisser. Sauf qu’ils montent. Certes, il y a bien longtemps que l’incohérence de la finance n’est plus une condition suffisante pour troubler le profane. Tout va mal et les marchés montent, tout va bien donc.

Quand même. Le contraste entre l’accablement de l’Homme de la rue et la béatitude de l’Homme de la finance est dérangeant. A l’ambiance pesante du monde est opposé une étonnante légèreté des marchés. Pesanteur, légèreté, ces deux contraires sont – ils vraiment opposables ? Pas sûr, il se pourrait même qu’ils soient aussi préjudiciables l’un que l’autre. Une ambiguïté qu’aucun autre écrivain mieux que Milan Kundera n’aura su illustrer avec le personnage de Sabina dans « L’insoutenable légèreté de l’être ». Ironie de l’histoire, l’intrigue se déroule juste après le printemps de Prague (1968)… déjà les russes.

« Le drame d’une vie peut toujours s’expliquer par la métaphore de la pesanteur… Mais au juste, qu’était-il arrivé à Sabina ? Rien. Elle avait quitté un homme parce qu’elle voulait le quitter. L’avait-il poursuivi après cela ? Avait-il cherché à se venger ? Non. Son drame n’était pas le drame de la pesanteur mais de la légèreté. Ce qui s’était abattu sur elle, ce n’était pas un fardeau, mais l’insoutenable légèreté de l’être. »

Bref, si la pesanteur des choses est bien affublée d’un poids qui l’accable, la légèreté n’est pas en reste. Cette dernière serait suspecte de manquer l’essentiel, incapable d’être alourdie par la charge des évènements, comme sous l’emprise d’un analgésique. En finance aussi, on n’aurait affaire à ce genre de légèreté, sauf qu’on l’appellerait plutôt l’ignorance, voire la  bêtise. A moins que l’été aidant, nous devions invoquer l’insouciance d’une finance en vacances ?

Ecoutons l’investisseur rêvasser sur son transat : « la rentrée est si loin encore… Pourquoi s’affoler maintenant ? Si le monde va si mal aujourd’hui, il ira aussi mal en septembre. Si j’ai tort, je finirai bien par le savoir. En attendant, j’ai raison… » Est-ce le seul effet du Mojito ? Pas sûr. Milan Kundera toujours lui, nous propose une autre explication pouvant justifier la légèreté de l’investisseur…

On est jamais trop profond en finance. « Penser qu’un jour tout se répétera comme nous l’avons déjà vécu… », c’est cela le mythe de l’éternel retour, et c’est cela qui serait pesant. « Dans le monde de l’éternel retour, chaque geste porte le poids d’une insoutenable responsabilité. ». En finance, cela donne un investisseur qui ne fait plus rien, qui n’ose plus, abruti par les crises qu’il a provoqué et celles qu’il provoquera demain. Une genre d’âne de Buridan qui hésite éternellement.

Heureusement, nous ne vivons qu’une fois. « Si l’éternel retour est le plus lourd fardeau, nos vies, sur cette toile de fond, peuvent apparaître dans toute leur splendide légèreté….  Sans lui, les choses nous apparaissent sans la circonstance atténuante de leur fugacité… Peut-on condamner ce qui est éphémère ? ». Ainsi, l’investisseur trouverait dans l’éphémère le meilleur argument pour justifier sa légèreté… Pas aussi débile que ca en a l’air. En effet, il faut rappeler que la stratégie de l’éphémère a acquis quelques lettres de noblesse depuis que les politiques du « quoi qu’il en coûte » ou du « whatever it takes » existent. Depuis, on peut sauter sans parachute, les autorités vous rattrapent avant que vous ne vous écrasiez. Pour l’investisseur, il s’agit d’un argument particulièrement convaincant, suffisant pour l’inciter à faire preuve d’une légèreté certaine dans un monde hostile.

 « L’ignorance et la bêtise sont deux facteurs considérables de l’histoire », Raymond Aron

Face à la crise, la légèreté des marchés ?

Face à la crise, la  légèreté des marchés ?

Finalement, l’été de tous les dangers n’accable pas les marchés. La pesanteur du monde contraste avec la légèreté de la finance. Une ambiguïté déjà relevée par Milan Kundera dans « l’insoutenable légèreté de l’être », déjà sur fond d’invasion russe à l’époque. Par Karl Eychenne, stratégiste et économiste.(dans la Tribune)

 

Le monde va mal, mais la finance va mieux. Alors que le réel est harcelé par les mauvaises nouvelles, les marchés semblent être passés à autre chose. Qui aurait parié sur un rebond de 10% des actions durant l’été ? Probablement le même qui aurait parié sur une détente des taux d’intérêt de près de 0,5%. En effet, tout ce qui fait baisser les taux fait monter le reste. Aujourd’hui les taux agissent comme une bride sur les actions, et le recul des taux a desserré la bride.

Pourtant tout va mal : inflation désinhibée, pouvoir d’achat en détresse, politiques monétaires en stress, géopolitique à fleur de peau… Autant de bonnes raisons de voir les marchés baisser. Sauf qu’ils montent. Certes, il y a bien longtemps que l’incohérence de la finance n’est plus une condition suffisante pour troubler le profane. Tout va mal et les marchés montent, tout va bien donc.

Quand même. Le contraste entre l’accablement de l’Homme de la rue et la béatitude de l’Homme de la finance est dérangeant. A l’ambiance pesante du monde est opposé une étonnante légèreté des marchés. Pesanteur, légèreté, ces deux contraires sont – ils vraiment opposables ? Pas sûr, il se pourrait même qu’ils soient aussi préjudiciables l’un que l’autre. Une ambiguïté qu’aucun autre écrivain mieux que Milan Kundera n’aura su illustrer avec le personnage de Sabina dans « L’insoutenable légèreté de l’être ». Ironie de l’histoire, l’intrigue se déroule juste après le printemps de Prague (1968)… déjà les russes.

« Le drame d’une vie peut toujours s’expliquer par la métaphore de la pesanteur… Mais au juste, qu’était-il arrivé à Sabina ? Rien. Elle avait quitté un homme parce qu’elle voulait le quitter. L’avait-il poursuivi après cela ? Avait-il cherché à se venger ? Non. Son drame n’était pas le drame de la pesanteur mais de la légèreté. Ce qui s’était abattu sur elle, ce n’était pas un fardeau, mais l’insoutenable légèreté de l’être. »

Bref, si la pesanteur des choses est bien affublée d’un poids qui l’accable, la légèreté n’est pas en reste. Cette dernière serait suspecte de manquer l’essentiel, incapable d’être alourdie par la charge des évènements, comme sous l’emprise d’un analgésique. En finance aussi, on n’aurait affaire à ce genre de légèreté, sauf qu’on l’appellerait plutôt l’ignorance, voire la  bêtise. A moins que l’été aidant, nous devions invoquer l’insouciance d’une finance en vacances ?

Ecoutons l’investisseur rêvasser sur son transat : « la rentrée est si loin encore… Pourquoi s’affoler maintenant ? Si le monde va si mal aujourd’hui, il ira aussi mal en septembre. Si j’ai tort, je finirai bien par le savoir. En attendant, j’ai raison… » Est-ce le seul effet du Mojito ? Pas sûr. Milan Kundera toujours lui, nous propose une autre explication pouvant justifier la légèreté de l’investisseur…

On est jamais trop profond en finance. « Penser qu’un jour tout se répétera comme nous l’avons déjà vécu… », c’est cela le mythe de l’éternel retour, et c’est cela qui serait pesant. « Dans le monde de l’éternel retour, chaque geste porte le poids d’une insoutenable responsabilité. ». En finance, cela donne un investisseur qui ne fait plus rien, qui n’ose plus, abruti par les crises qu’il a provoqué et celles qu’il provoquera demain. Une genre d’âne de Buridan qui hésite éternellement.

Heureusement, nous ne vivons qu’une fois. « Si l’éternel retour est le plus lourd fardeau, nos vies, sur cette toile de fond, peuvent apparaître dans toute leur splendide légèreté….  Sans lui, les choses nous apparaissent sans la circonstance atténuante de leur fugacité… Peut-on condamner ce qui est éphémère ? ». Ainsi, l’investisseur trouverait dans l’éphémère le meilleur argument pour justifier sa légèreté… Pas aussi débile que ca en a l’air. En effet, il faut rappeler que la stratégie de l’éphémère a acquis quelques lettres de noblesse depuis que les politiques du « quoi qu’il en coûte » ou du « whatever it takes » existent. Depuis, on peut sauter sans parachute, les autorités vous rattrapent avant que vous ne vous écrasiez. Pour l’investisseur, il s’agit d’un argument particulièrement convaincant, suffisant pour l’inciter à faire preuve d’une légèreté certaine dans un monde hostile.

 « L’ignorance et la bêtise sont deux facteurs considérables de l’histoire », Raymond Aron

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