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Suez rappelé à l’ordre par l’autorité des marchés

Suez rappelé à l’ordre par l’autorité des marchés

 

Un rappel à l’ordre de l’autorité des marchés qui demande davantage de transparence de la part de Suez. Mais un rappel à l’ordre sans valeur juridique mais qui remet quand même en cause la mesure de protection prise par Suez pour mettre son activité eau à l’abri.

On peut supposer que les opérateurs intéressés exercent une pression énorme sur l’autorité des marchés financiers pour qu’elle clarifie sa position. Ce qu’elle tarde visiblement à faire. De la même manière que les pouvoirs publics qui s’en tiennent à leur souhait d’une négociation entre Suez et Veolia.

Cette invraisemblable bataille risque de se traduire dans tous les cas par la vente d’activités de l’eau et de services à des fonds spéculatifs étrangers ! Bref à des ventes par appartements.. Au total ,un affaiblissement général d’un secteur d’activité très important pour la France. Tellement important qu’il pourrait poser la question d’une nationalisation temporaire compte tenu de la pagaille actuelle est de l’intérêt général de plus en plus stratégique de la gestion de l’eau. Une occasion aussi de mieux réguler  l’activité

Électricité : le difficile équilibre entre régulation et marchés

Électricité : le difficile équilibre entre régulation et marchés

L’économiste de l’énergie Sophie Méritet analyse, dans une tribune au « Monde », les leçons de la panne électrique géante qui a frappé le Texas mi-février. (Une panne qui pourrait bien affecter un jour la France avec la dérégulation NDLR)

Tribune. 

 

La panne générale de courant qui a frappé le Texas mi-février est à l’origine d’une nouvelle réflexion sur la réorganisation des industries électriques aux Etats-Unis. Le débat sur le difficile équilibre entre régulation et marchés est relancé par les enquêtes menées par les autorités.

En effet, la crise électrique texane ne se limite pas à une défaillance des réseaux gelés par des températures négatives inhabituelles dans le sud des Etats-Unis. Dans un contexte de changement climatique extrême, de nombreux boucs émissaires ont été rapidement trouvés, ou désignés, depuis les défaillances des énergies renouvelables jusqu’à l’indépendance du gestionnaire du réseau, en passant évidemment par l’ouverture à la concurrence.

L’organisation des marchés s’avère en effet être au cœur de cette panne électrique, d’ailleurs récurrente en hiver au Texas (2011, 2018, 2021), ou encore en été en Californie (2000, 2020). Les conséquences sont à chaque fois catastrophiques : coupures de courant, faillites en série, factures exorbitantes impayées par les consommateurs, coûts de restauration du système et d’intervention des autorités. Selon une estimation des compagnies d’assurances, le coût de la tempête hivernale au Texas s’élève à 18 milliards de dollars (environ 15,13 milliards d’euros).

 

Faut-il pour autant remettre en question l’ouverture à la concurrence ? 

Outre-Atlantique, la dérégulation de la vente aux consommateurs finaux (la vente au détail) a été le choix des Etats, et non des autorités fédérales. Dans un contexte de coûts, et donc de tarifs, différenciés selon les régions, certains Etats ont été précurseurs, à la fin des années 1990, de l’ouverture à la concurrence.

La crise électrique californienne de 2000-2001 et la faillite d’Enron ont cependant pointé les défaillances de marché. L’ampleur du déséquilibre entre offre et demande d’électricité durant l’été engendrait une forte hausse des prix du marché de gros au niveau des producteurs. Mais l’existence d’un tarif réglementé plafonné pour le consommateur ne permettait pas aux fournisseurs de répercuter ces hausses en aval sur le prix de consommation, ce qui ne pouvait inciter les consommateurs à réduire leur demande.

Jouant de ces failles de marché, des entreprises comme Enron et Reliant se sont mises à manipuler le marché pour bénéficier de prix de gros encore plus élevés. En réaction à l’échec californien, la majorité des Etats avaient arrêté le processus d’ouverture à la concurrence, à l’exception du Texas, devenu, en 2002, la nouvelle référence en matière de dérégulation.

La déconnexion des marchés financiers par rapport à l’économie

La déconnexion des marchés financiers par rapport à l’économie

 

L’économiste Christophe Boucher remarque, dans une tribune au « Monde », que les services – qui représentent la majeure partie de l’économie et des emplois – ont plus souffert que l’industrie, dont la résilience a été saluée par les investisseurs, source traditionnelle de leur financement.

Tribune. Les économies développées ont connu la plus forte contraction de l’activité depuis au moins la seconde guerre mondiale, alors même que les marchés financiers affichaient des performances record (pour les actions) et une quiétude insolente (pour les obligations). Les nouvelles mesures de restriction quelles qu’elles soient, depuis cet automne jusqu’à aujourd’hui, n’ont rien changé : les marchés semblent devenus indolores aux mauvaises nouvelles économiques.

Les marchés financiers sont-ils réellement complètement déconnectés de l’économie réelle ? Seraient-ils devenus un vaste casino animé par des investisseurs insensibles à la mise sous cloche de plusieurs secteurs d’activité (tourisme, hôtellerie, loisirs, spectacles, bars-restaurants, etc.) ? Mais les marchés ne sont pas l’économie, ou plus précisément les marchés financiers ne sont pas un indicateur fiable de la santé économique globale à un instant donné.

D’abord, et c’est bien connu, les marchés ont tendance à être prospectifs. Les investisseurs avaient déjà en partie intégré ce qui allait être une chute cataclysmique de l’activité. La dégradation des conditions de marché a été significative dès février 2020. Mais par la suite, ils ont anticipé une reprise économique relativement rapide post-confinement.

Ensuite, les marchés et l’économie ont été soutenus par l’action inédite des politiques monétaires et budgétaires alors que l’économie mondiale est déjà plus résiliente qu’il y a dix ans (moins d’investissements risqués financés à crédit et de meilleurs bilans grâce à une régulation renforcée). Il s’agit ainsi de la première récession et crise financière où la masse monétaire augmente rapidement sous l’effet des mesures de relance et d’une épargne forcée par une consommation contrainte.

Avec la levée des restrictions durant l’été, l’épargne disponible a permis un rebond de l’activité, manufacturière en particulier, assez fort et beaucoup plus rapide qu’anticipé par les économistes.

Bien entendu, les marchés ont été également tirés par les grands gagnants économiques de cette pandémie : les Big Tech (Apple, Amazon, Facebook, Google, Tencent, Alibaba), et plus généralement, le secteur de la technologie.

La crise a en effet accéléré la numérisation du travail (télétravail, e-commerce) et des loisirs (jeux vidéo, plates-formes de streaming, réseaux sociaux, etc.). Cela explique d’ailleurs pourquoi les marchés boursiers européens, peu dotés en géants technologiques, ont affiché des performances inférieures aux marchés américains et asiatiques.

Marchés financiers : baisse de la volatilité et attentisme

Marchés financiers : baisse de la volatilité et attentisme

 

 

Après la petite révolution des boursicoteurs particuliers contre la vente à perte qui a bousculé un peu Wall Street, les marchés ont plutôt adopté une attitude attentiste. Notons toutefois une tendance à la remontée du rendement des obligations parallèlement à une réapparition d’une inflation un peu partout.

 

Les fluctuations sauvages des cours des actions de GameStop et d’autres favoris des médias sociaux se sont donc  apaisées et que la frénésie du commerce de détail s’est estompée.

L’attentisme est surtout nourri par les interrogations sur la date d’une éventuelle reprise significative qui paraît difficilement décelable en 2021 surtout en Europe. Désormais nombre d’observateurs pense que la vraie reprise n’interviendra pas avant 2022..  À noter les positions toujours rassurantes des grands de l’informatique , Alphabet Inc et Amazon.com Inc. notamment.

Le battement de la société mère de Google a fait grimper les actions de près de 7% mardi, mais certains analystes ont averti que cette décision était trop extrême.

« Après avoir pris du retard par rapport à ses pairs FAANG en 2020, les actions d’Alphabet rattrapent le temps perdu en 2021″, a déclaré Paul Hickey de Bespoke Investment Group.

«On s’attend à ce que GOOGLE consolide au moins un peu avant de pouvoir s’appuyer sur les gains (cumulatifs de l’année).»

Les contrats à terme E-mini pour le S&P 500 ont légèrement augmenté de 0,26% tandis que les contrats à terme sur l’indice Hang Seng de Hong Kong ont perdu 0,16%.

Les marchés pétroliers ont continué de progresser, les stocks atteignant leur plus bas niveau depuis mars. Le brut américain a récemment augmenté de 0,45% à 55,94 $ le baril et le Brent était à 58,67 $, en hausse de 2,11% sur la journée.

Les rendements des bons du Trésor américain ont continué de grimper dans l’espoir d’un vaste plan de relance et le dollar s’est raffermi face à un panier de devises, les investisseurs se sentant plus confiants dans la trajectoire de reprise américaine que dans celle de l’Europe. Le rendement de référence à 10 ans était en hausse de 3,2 points de base pour la dernière fois à 1,1391%

L’obligation à 30 ans était la dernière en hausse de 4,9 points de base à 1,9267%, tandis que le rendement à 20 ans atteignait 1,735%, son plus haut niveau depuis que cette échéance obligataire a été relancée en mai 2020.

L’indice du dollar était en hausse de 0,07% à 91,145 dans l’après-midi de négociation à New York après avoir atteint un plus haut de deux mois de 91,308 pendant la séance.

L’or au comptant a chuté de 0,2% à 1833,93 $ l’once et les contrats à terme sur l’or américain se sont stabilisés de 0,1% à 1835,10 $.

Marchés financiers : Le risque d’éclatement de bulles spéculatives

Marchés financiers : Le risque d’éclatement de bulles spéculatives

 

Jeremy Grantham,  vétéran boursier , cofondateur de la société de gestion d’actifs GMO dénonce sur le site echo.be le comportement spéculatif hystérique. C’est l’une des grandes bulles de l’histoire financière, (extraits )

Le boom Internet, à la fin des années 1990, est un bon exemple. Goldman Sachs avait additionné tous les plans de croissance des fournisseurs internet pour arriver à la conclusion que leur réalisation exigerait que tous les habitants de la planète restent branchés 72 h par jour au réseau. En mars 2000, au sommet de la folie dotcom, la bourse technologique américaine Nasdaq cotait 175 fois ses bénéficesAujourd’hui, le rapport cours-bénéfice est de 40. Il n’était que de 20 il y a un an. Après l’explosion de la bulle technologique en 2000, l’indice Nasdaq a plongé de 82%.

Aujourd’hui, il s’agit de la numérisation, de la révolution verte et de la disruption inédite que la crise du coronavirus a provoquée. Mais la faiblesse des taux d’intérêt joue également un rôle. « Nous sommes coincés dans la bulle de liquidités des banques centrales », a déclaré à ce propos le grand investisseur George Soros. Les investisseurs extrapolent des taux faibles loin dans le futur, justifiant ainsi que les actions puissent coter à des multiples plus élevés que leur moyenne historique.

 

La deuxième phase de la formation de la bulle est le boom. Des success stories impressionnent un nombre croissant d’investisseurs, ce qui fait monter les prix. Cela va de pair avec un accès aisé au crédit, parce que les banques sont prêtes à prendre plus de risques.

La troisième phase est l’euphorie. Elle attire des investisseurs inexpérimentés qui pensent que les hausses de cours du passé continueront dans le futur. « L’annonce de gros gains boursiers suscite l’enthousiasme de la masse des gens », souligne l’économiste Robert Shiller dans son livre « Irrational Exuberance » : « Dans ce processus, les histoires et les rêves se renforcent mutuellement. Les investisseurs se laissent guider par leur envie de gain rapide, leur jalousie des succès des autres et l’ambiance casino. Seule la belle histoire compte encore à leurs yeux. Certes, elle existe souvent dans la réalité, mais les acheteurs ne tiennent plus compte de sa valorisation absurde. »

25%u dernier trimestre de 2020, les investisseurs particuliers représentaient un quart du volume traité Selon lui, la ruée vers Tesla est comparable à celle en faveur des cryptomonnaies comme le bitcoin qui a doublé de valeur en quelques semaines alors qu’aucune personne sensée ne peut lui donner une valeur.

Pour de nombreux experts, le boom des introductions en bourse est le signe que le marché est arrivé à un sommet. Il fait penser au mot FLIPO de la fin des années 1990: un « free lunch at initial public offering », lorsque la souscription aux titres introduits en bourse faisait quasi toujours retentir le tiroir-caisse des investisseurs.

Depuis l’annonce de la découverte de vaccins en novembre, on assiste à une rotation sec

La flambée du cours de toutes petites actions, sans aucune raison, est également un signe inquiétant.  La popularité des trackers sur indices (ETF) a contribué également à la formation d’une bulle. Les Exchange Traded Funds sont des fonds de placement cotés qui investissent dans un indice boursier ou un panier d’actions d’un secteur ou thème particulier concocté par le gestionnaire d’actifs. La  folie acheteuse a ainsi multiplié par trois le cours de l’action depuis le début de 2020.

+400%

« Les particuliers seraient bien inspirés de retenir ceci: le monde financier n’est pas là pour distribuer des cadeaux aux petits investisseurs« , fait remarquer Kristoff Van Houte du bulletin boursier Kroffinvest. « Si une plateforme comme Robinhood permet de négocier gratuitement en bourse, c’est parce qu’elle revend les données à des fonds de couverture qui peuvent ainsi profiter des ordres du petit investisseur, dans ce qui ressemble à des transactions d’initiés légales. La gratuité n’existe pas. Si une action double de prix après une IPO, ce n’est pas parce qu’on voulait faire un cadeau de 100% à l’investisseur, mais parce qu’on trouvait que le prix de l’introduction en bourse était déjà suffisamment élevé.

Il est impossible de prévoir quand une bulle explosera. Souvent, elle grandit encore beaucoup avant d’éclater. Robert Shiller le compare à une avalanche: on peut parfaitement dire que l’accumulation de neige est excessive sur la base de modèles à long terme de la météo et des chutes de neige. Mais quand précisément les tonnes de neige dévaleront les pentes de la montagne, personne n’en sait rien.

 

Un exemple: en 2017, le gestionnaire de patrimoine GAM a constitué un « portefeuille bulle » avec des noms tels que TeslaNetflix et Tencent parce qu’il était convaincu que ces actions étaient trop chères. Mais, depuis lors, au lieu de s’effondrer, la valeur du portefeuille a triplé. Si c’était une bulle, c’est à présent une triple bulle.

« La volatilité est un grand risque pour un shorteur. Les cours des valeurs surévaluées fluctuent Comment l’investisseur convaincu de l’existence de bulles spéculatives sur le marché peut-il en tirer profit?  »L’instinct serait de vendre à découvert (« shorter ») les valeurs surévaluées », répond Ben Inker de GMO. Un « shorteur » vend des actions qu’il ne possède pas, mais qu’il emprunte à d’autres, dans l’espoir de pouvoir les leur revendre à un prix inférieur. « Cela s’avère souvent une mauvaise stratégie« , poursuit Ben Inker. « La volatilité est un grand risque pour un shorteur. (Témoin l’action cette semaine de boursicotiers à Wall Street)

 

« Les actions ‘value’ sont bon marché », confirme Johan Van Geeteruyen. « Cela vise surtout les banques, l’automobile et l’énergie. Nous allouons une pondération plus élevée aux banques à présent que les perspectives économiques s’améliorent et que les taux d’intérêt remontent un peu aux États-Unis. Le secteur automobile aurait mangé son pain noir. Mais nous devons attendre si les clients vont se mettre à acheter en masse des voitures électriques. Pour les voitures de société, les pouvoirs publics devraient les y pousser par voie d’incitants. Mais pour les particuliers habitant à la campagne, passer à l’électrique n’est pas évident. Dans le secteur de l’énergie, les entreprises pétrolières et gazières sont bon marché, mais elles doivent se réinventer pour s’inscrire dans une société durable. Cela implique des risques. Dès lors, je ne vois pas le secteur briller à long terme. »

Si les actions « value » ont bien engagé un mouvement de rattrapage, il n’est pas dit que celui-ci

Mais détenir un portefeuille sans actions de croissance est tout aussi risqué. Si les actions « value » ont bien engagé un mouvement de rattrapage, il n’est pas dit que celui-ci durera. Les investisseurs dépourvus d’actions de croissance réalisent déjà depuis une décennie une performance inférieure à celle du marché. Certes, ces actions sont chères et plus risquées, mais c’est précisément ce segment qui comprend la plupart des valeurs appelées à voir leur cours monter en flèche à la suite de l’une ou l’autre percée.

 

Selon l’investisseur légendaire Warren Buffett, la meilleure protection est encore de rester éloigné de la plupart des actions à la mode et de se concentrer sur la valorisation. « La vie dans une bulle est fabuleuse. Jusqu’à ce qu’une personne sorte une aiguille. Lorsque les deux se rencontreront, une nouvelle génération d’investisseurs aura appris une vieille leçon: c’est quand la spéculation paraît la plus facile qu’elle est la plus dangereuse. »

Marchés financiers : le yo-yo de 2021 commence

Marchés financiers : le yo-yo de 2021 commence

 

Comme c’était prévu, l’année 2021 commence tôt son phénomène de yo-yo. À peine envolés, les cours replongent en raison des craintes découlant de l’aggravation de la pandémie et de ses conséquences économiques. Un phénomène qu’on va retrouver tout au long de l’année où vont alterner espérances de reprise encouragée par les plans de soutien massifs et craintes de nouvelles immobilisations de l’activité du fait de mesures restrictives voire de confinement total. En ce début d’année, les perspectives de reprise de l’activité économique sont marquées d’un certain pessimisme.

Les indices PMI “flash” pour le mois en cours témoignent d’une contraction plus importante de l’activité en zone euro et en France tandis qu’en Allemagne, l’indice composite a reculé à son plus bas niveau depuis sept mois.

Les Bourses européennes ont fini en baisse vendredi. À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,56%. Le Footsie britannique a cédé 0,3% et le Dax allemand a perdu 0,24%. /Photo prise le 4 novembre 2020/REUTERS/Kai Pfaffenbach

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,56% à 5.559,57 points, un plus bas depuis le 6 janvier. Le Footsie britannique a cédé 0,3% et le Dax allemand a perdu 0,24%.

L’indice EuroStoxx 50 a reculé de 0,44%, le FTSEurofirst 300 de 0,61% et le Stoxx 600 de 0,57%.

Les places européennes étaient déjà dans le rouge avant ces statistiques, rattrapées par les inquiétudes quant à la reprise économique face à la multiplication des mesures restrictives.

La Commission européenne a proposé jeudi aux chefs d’Etat et de gouvernement d’identifier les plus importants foyers épidémiques où les voyages seront déconseillés, la France va rendre obligatoires les tests PCR pour les voyageurs entrant sur son territoire et Joe Biden a promulgué un décret imposant une quarantaine aux passagers des vols internationaux à leur arrivée aux Etats-Unis.

Dans ce contexte, le rebond de l’économie pour cette année s’annonce moins important que prévu et il faudra attendre 2022 pour retrouver le niveau d’avant-crise, montre une enquête publiée par la Banque centrale européenne (BCE).

Marchés financiers : le trading traverse la Manche

Marchés financiers : le trading traverse la Manche

Environ 6 milliards d’euros d’échanges ont d’un seul coup traversé la Manche. Près d’un quart du volume quotidien d’ordinaire échangé à Londres et ce n’est qu’un début… À comparer au milliard d’euros de marchandises qui traversent chaque jour la frontière à bord de camions. Cela montre à quel point l’accord post-Brexit, accouché au forceps à la veille de Noël, est loin de couvrir l’ensemble de la relation économique.

Ce «big bang» financier concernait les échanges d’actions d’entreprises européennes, comme Deutsche Bank, Total ou LVMH,

Brexit: danger sur les marchés financiers

Brexit: danger sur les marchés financiers

 

Il y a forcément danger pour les marchés financiers en particulier à Londres concernant les actifs, actions et dérivés, libellés en euros . En effet le basculement aura lieu brutalement le 1er janvier. On risque alors pour Londres de se rendre compte de l’intérêt de transfert d’activité vers le marché européen, Francfort ou Paris par exemple.

Si l’accord conclu la semaine dernière par Londres et Bruxelles fixe des règles claires pour des secteurs comme la pêche et l’agriculture, il ne concerne pas le secteur financier britannique, ce qui le prive d’un accès automatiques aux marchés de l’UE dès le 1er janvier. Un accord devrait intervenir le moment venu concernant le marché financier entre le Royaume-Uni et l’union européenne mais pas avant des semaines voire des mois.

“Il s’agit d’un événement de l’ordre du big-bang et c’est un élément que le marché n’a pas encore complètement intégré”, a déclaré à Reuters Alasdair Haynes, directeur général de la plate-forme de transactions Aquis Exchange, basée à Londres.

“Tout va changer en une journée à peine, littéralement, et il faut prier Dieu pour que rien d’extraordinaire ne se produise sur le marché qui générerait des volumes importants.”

Des deux côtés de la Manche, les autorités financières se préparent donc à surveiller attentivement la réouverture des marchés lundi prochain, 4 janvier, à l’affût d’éventuels mouvements désordonnés.

Dès lundi en effet, les banques de l’UE devront traiter les actions libellées en euros au sein de l’Union, ce qui les obligera à transférer vers le continent les opérations réalisées jusqu’à présent sur des plates-formes basées à Londres, qu’elles soient exploitées par CBOE Europe, Aquis Exchange, Turquoise (filiale de London Stock Exchange Group) ou Goldman Sachs.

Ces dernières traitent pour l’instant la majeure partie des transactions transfrontalières sur les actions au sein de l’UE, soit quelque 8,6 milliards d’euros par jour en octobre, un quart environ du montant total des transactions sur actions en Europe selon des données de CBOE.

CBOE espère que sa chambre de compensation basée à Amsterdam récupérera une partie de l’activité réalisée pour l’instant par ses concurrents à Londres. Aquis, de son côté, prévoit de réaliser à terme la moitié de son activité dans l’UE.

Goldman Sachs s’attend à ce que la moitié des échanges d’actions réalisés sur sa plate-forme Sigma-X se déplace de Londres vers son “hub” parisien.

Pour ce qui est des produits dérivés en euros traités pour l’instant à Londres, qui représentent des milliers de milliards d’euros de transactions, la Banque d’Angleterre (BoE) a mis en garde contre de possibles perturbations sur les swaps de taux d’intérêt, qui pourraient conduire la Grande-Bretagne à assouplir ses restrictions en la matière.

Erik-Jan van Dijk, responsable trésorerie et dérivés d’Achmea Investment Management, explique que les autorités concernées ont déjà pris des mesures pour réduire les risques en autorisant les banques de l’UE à poursuivre temporairement la compensation de leurs dérivés à Londres, alors qu’elles devraient en théorie la réaliser dans leur pays d’origine.

Mais le transfert de Londres vers l’UE devra finir par se faire, ce qui pourrait désavantager certaines contreparties britanniques.

“Nous pourrions maintenir certaines positions existantes au Royaume-Uni et nous pourrions choisir de ne pas faire affaire avec ces contreparties britanniques à l’avenir”, explique ainsi Erik-Jan van Dijk.

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, a déclaré que tout l’arsenal dont dispose la banque centrale serait disponible en cas de besoin, mais les autorités ont jusqu’à présent dit ne s’attendre à aucune menace réelle pour la stabilité financière.

“Ce n’est pas le début de la fin de Londres mais c’est plutôt embarrassant et c’est un enjeu énorme pour la Grande-Bretagne”, estime Alasdair Haynes chez Aquis.

Forte interrogation des marchés financiers sur la croissance

Forte interrogation des marchés financiers sur la croissance

 

Il faudra s’habituer à des mouvements de yo-yo sur une tendance baissière de la part des marchés financiers qui s’interrogent sur la réalité de la reprise qui s’est enrayée en septembre. En cause, notamment les inquiétudes sur la crise sanitaire mais pas seulement. Faut-il rappeler  que l’économie mondiale était déjà sur une tendance baissière 2019.

 

Les indices d’activité PMI parus mercredi en Europe et aux Etats-Unis ont montré que la récente reprise économique avait calé en septembre, notamment dans les services. Les nouvelles mesures de restriction prises pour tenter d’endiguer la

pandémie de coronavirus dans plusieurs pays européens, comme le Royaume-Uni et la France, expliquent ce coup d’arrêt.

Les investisseurs suivront donc avec attention la publication dans la matinée des indices du climat des affaires en France (6h45 GMT) et en Allemagne La Bourse de New York a fini en forte baisse mercredi, pénalisée par un regain d’inquiétude sur l’état de l’économie américaine et par l’absence d’avancées au Congrès sur le renforcement du soutien à l’activité.

L’indice Dow Jones a cédé 1,92% à 26.763,13 points et le S&P-500  a perdu 2,37%, à 3.236,92 points.

De son côté, le Nasdaq Composite a chuté de 3,02% à 10.632,99.Le dollar se maintient à un plus haut de deux mois face aux autres grandes devises de référence, soutenu par son statut d’actif refuge sur fond de craintes sur la reprise économique mondiale.

La dégradation de la situation économique et sanitaire en Europe pénalise en outre l’euro, qui reste sur un plus bas depuis la fin juillet face au dollar, autour de 1,165.Sur le marché obligataire, le rendement des Treasuries à dix ans*recule de près d’un point de base, à 0,6692% et celui de son équivalent allemand*perd près de deux points de base, à -0,518%.

 

Les cours du brut baissent, pénalisés par les inquiétudes pour la demande et le renchérissement du dollar. Le baril de Brent recule de 0,7% à 41,48 dollars et celui du brut léger américain (WTI) perd 0,9% à 39,59 dollars.

Marchés financiers très chahutés

Marchés financiers très chahutés

Les marchés financiers n’en finissent pas de passer alternativement d’un optimisme surjoué à un pessimisme  inquiétant. D’où des mouvements de yo-yo qui secouent  les valeurs. Un mouvement de yo-yo qui devrait caractériser la tendance pendant de nombreuses semaines et de nombreux mois sur fond baissier. En une journée sur les différentes places financières , on a enregistré une baisse de 3 à presque 4 %. Les craintes concernent la détérioration de la crise sanitaire qui pourrait porter un nouveau coup d’arrêt à la croissance économique. De quoi enfoncer encore un peu davantage des secteurs très touchés comme le transport aérien, la construction aéronautique, le tourisme, certains services , la publicité et les médias par exemple

À Paris, le CAC 40 a perdu 186,14 points, soit 3,74%, sa plus forte baisse en pourcentage depuis le 11 juin, pour finir à 4.792,04 points, son plus bas niveau de clôture depuis le 1er juin.

A Londres, le FTSE 100 a cédé 3,46% et à Francfort, le Dax a reculé de 4,37%. L’indice EuroStoxx 50 a abandonné 3,74%, le FTSEurofirst 300 3,23% et le Stoxx 600 3,24%, sa plus mauvaise performance sur une séance depuis le 11 juin également.

La situation n’était guère plus brillante à Wall Street au moment de la clôture en Europe puisque le Dow Jones perdait 2,99%, au plus bas depuis le 4 août, tandis que le Standard & Poor’s 500 lâchait 2,26% et le Nasdaq Composite 2,09%.

«Marchés financiers: ETF , danger !»

«Marchés financiers:  ETF , danger !»

Denis Alexandre consultant fintech et risque, fondateur de DAAdvisor attire l’attention sur le danger des ETF dans une chronique de l’opinion. ETF est l’acronyme anglais de Exchanged Traded Funds. En France, les ETF sont plus couramment désignés sous le terme de trackers. Les trackers sont de véritables fonds indiciels côtés en bourse qui répliquent la performance d’un indice, comme par exemple le CAC 40 ou l’Euronext 100. Encore peu connus du grand public, les ETF (pour Exchange-Traded Fund) ou fonds indiciels cotés, aussi appelés trackers, cachent sous un nom compliqué un moyen simple et efficace d’investir en bourse

tribune

 

 

La crise de la Covid fait aussi des gagnants dans le monde de la finance. L’application Robinhood a, par exemple, permis à de nombreux traders novices, appâtés par la facilité et le faible coût de l’opération, d’acquérir des actions sans même savoir dans quoi ils investissaient…

Les émetteurs d’ETF (exchange traded funds) ont eux aussi crié victoire en constatant une augmentation très importante des actifs sous gestion avec des souscriptions en 2020 de 111 milliards de dollars sur les actions et 150 milliards de dollars sur les produits de taux.

Mais cet engouement pour les ETF, renforcé par la crise sanitaire, ne reflète-il pas un phénomène « à la Robinhood » ? Les investisseurs, à même de se positionner rapidement, simplement et à bas coût sur une classe d’actif, ne se sont-ils pas laissés aveugler de la même façon ?

Revenons un peu en arrière.

Dans le monde de la gestion d’actifs, les ETF et la gestion passive sont les grands vainqueurs des trois dernières décennies, se développant sur un nombre de plus en plus grand de classes d’actifs.

Frayeurs. Les premiers à voir le jour, les ETF Actions, ont été plébiscités du fait de la simplicité du concept (acheter tout un indice comme on achète une action). Mais l’investisseur comprend qu’il s’en remet aveuglément à un comité d’experts en charge de définir ces indices ?

En 2019, MSCI a dû décider de quelle façon inclure les actions chinoises dans son indice Emergent ; le risque étant que cet indice devienne du jour au lendemain un indice à 40 % d’actions chinoises, dont on connaît la transparence…

Les critères d’entrée dans le S&P500, dont pour mémoire 25 % de la composition repose sur les Gafam, permettraient à Tesla d’y faire son apparition ; si tel est le cas, les investisseurs dans ces ETFs auront « la chance » d’acheter cette valeur à une valorisation supérieure à celle de GM, Ford, Fiat Chrysler et Toyota réunis. Cela n’est pas sans rappeler les porteurs d’ETF du DAX qui ont investi dans WireCard en septembre 2018 à son plus haut historique.

Plus proche de nous, en achetant l’ETF CAC 40, on investit dans Hermès à soixante fois les bénéfices, avec des analystes qui peinent à justifier ce niveau stratosphérique de valorisation.

Les ETF obligataires ont connu un développement plus récent, mais également spectaculaire. Beaucoup d’experts prédisaient un krach sur ces ETFs le jour d’une crise obligataire, car la liquidité sur les obligations sous-jacentes était devenue bien inférieure à celle des ETFs. Pour diverses raisons, dont bien sûr l’intervention des banques centrales, ce phénomène n’a pas eu lieu. Le discours consiste aujourd’hui à dire que l’ETF représente mieux la valeur des obligations que les obligations elles-mêmes. Mais là aussi l’investisseur ne fait plus aucune différence sur le crédit et la spécificité de chaque émetteur.

Les promoteurs de CryptoCurrencies cherchent aussi à créer les premiers ETFs sur le Bitcoin, ce qui permettrait ainsi d’acheter très facilement ce type d’assets. La SEC a pour le moment refusé l’autorisation…

Les ETFs sur matières premières ont quant à eux donné quelques frayeurs. Les investisseurs qui cherchaient une exposition sur le pétrole se sont rués sur l’ETF USO sans comprendre sa politique d’investissement sur le marché des futures ; cela a provoqué ce phénomène exceptionnel de prix négatif du pétrole.

Ces phénomènes techniques risquent de se reproduire sur l’or. L’ETF (GLD), très à la mode dans un contexte de taux nul et de risque potentiel inflationniste, a connu une progression spectaculaire depuis le début de l’année, tant en valeur qu’en encours ; ceux-ci sont comparables aux réserves de métal jaune des banques centrales japonaise, anglaise et indienne.

Les promoteurs de CryptoCurrencies cherchent aussi à créer les premiers ETFs sur le Bitcoin, ce qui permettrait ainsi d’acheter très facilement ce type d’assets. La SEC a pour le moment refusé l’autorisation…

Retour de bâton. Si bien sûr les ETF représentent une innovation majeure, il faut bien prendre conscience de leurs effets de bord :

— La capacité d’investir sur toutes classes d’actif sans disposer d’une quelconque expertise, phénomène à fort risque de bulle ;

— La décorrélation entre la valeur fondamentale d’une société ou d’un émetteur et sa valeur de cotation, le facteur indiciel l’emportant.

— La difficulté pour la gestion active de survivre dans ce contexte autoréalisateur : la surperformance de la gestion passive, entraîne de nouveaux flux vers l’indiciel ce qui engendra la surperformance…

Il est dommage que les banques centrales comme la Fed (sur les indices obligataires) ou la Banque du Japon (sur les indices actions) aient décidé pour soutenir les marchés d’utiliser les ETFs, et d’amplifier ainsi ce phénomène. Si un jour ces achats s’arrêtent, le retour de bâton pourra s’avérer dangereux pour les porteurs d’ETF. Espérons qu’il y aura encore de la gestion active capable d’investir dans les actifs de qualité qui seront liquidés sans différentiation par la gestion indicielle, et que les autorités de régulation auront trouvé des garde-fous pour que la « gestion » ne repose pas que sur la composition d’indices.

Denis Alexandre est consultant fintech et risque, fondateur de DAAdvisor.

Le doute des marchés financiers

Le doute des marchés financiers

 

 

Tous les jours ou presque, en tout cas un jour sur deux, on annonce des records de cotation sur les marchés financiers aux États-Unis mais également en France. Bien entendu il s’agit de bulles qui présagent des reculs équivalents  à prévoir. Après le gonflement artificiel des indices, une tendance baissière est incontournable. Certes il y a quelques mouvements de yo-yo qui correspondent à la spéculation classique mais globalement il faut s’attendre à une tendance baissière en prévision de la publication des résultats économiques du second semestre 2020 et du début de l’année 2021. Ainsi hier aux États-Unis, le Dow Jones Industrial Average s’est enfoncé de 2,78% à 28.292,73 points. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a plongé de 4,96% à 11.458,10 points et l’indice élargi S&P 500 a chuté de 3,51% à 3.455,06 points. Selon Quincy Krosby de Prudential Financial, «le marché boursier a connu ces dernières semaines une croissance trop explosive, était surévalué et devait s’attendre à un repli.» Mercredi, le Nasdaq et le S&P 500 avaient de nouveau battu leurs records. Le Dow Jones avait lui achevé lundi son meilleur mois d’août depuis 1984 et s’était rapproché de son plus haut historique.

Depuis leur plongeon de la mi-mars et malgré quelques accidents de parcours, les grands indices new-yorkais ont entamé une remontée spectaculaire. Ces progressions sont d’autant plus étonnantes que l’économie américaine reste particulièrement fragilisée par les conséquences de la pandémie de Covid-19 et que la crise sanitaire est loin d’être jugulée dans le pays.

Marchés financiers : poursuite du yo-yo

Marchés financiers : poursuite du yo-yo

 

Les marchés financiers traduisent finement les incertitudes relatives à l’économie en se caractérisant par des mouvements de yo-yo.  Pas vraiment étonnant car le vent d’optimisme est souvent contrarié le lendemain par un courant pessimiste. La vérité c’est qu’on ne connaît pas encore réellement l’ampleur de la baisse d’activité 2020 et surtout son incidence sur 2021. La question est de savoir quand on retrouvera le niveau de 2019 soit début 2022 soit plus tard en 2025 par exemple. Or personne ne peut le prévoir sérieusement car déjà tendanciellement la croissance était déjà à la baisse fin 2019 pour des raisons structurelles.

Le mois d’août se solde par une hausse de 3,42% pour le CAC 40 et de 2,86% pour le Stoxx 600, qui ramène ainsi à 11,86% sa baisse depuis le début de l’année. Il a notamment été marqué par un rebond de près de 15% du secteur européen du transport et du tourisme, illustration des espoirs de retour progressif à la normale de la vie économique après le choc du confinement quasi général.

Sur le marché des devises, le dollar reste orienté à la baisse face aux autres grandes devises (-0,27%) en l’euro en profite pour remonter au-dessus de 1,1950 dollar après avoir touché 1,1965, son plus haut niveau depuis mai 2018.

L’”indice dollar”, qui mesure les fluctuations de la monnaie américaine face à un panier de référence, s’achemine vers un recul de 1,3% en août, son quatrième mois consécutif de baisse, un mouvement alimenté notamment par l’anticipation d’une prolongation de la stratégie ultra-accommodante de la Réserve fédérale, renforcée par les annonces de cette dernière jeudi dernier.

Sur les marchés obligataires européens, la tendance reste à la remontée des rendements: celui du Bund allemand à dix ans, référence pour l’ensemble de la zone euro, finit la journée à -0,394%, en hausse d’un peu plus d’un point de base par rapport à vendredi et de près de 14 points sur l’ensemble du mois d’août.

De l’autre côté de l’Atlantique, le rendement des Treasuries à dix ans retombe sous 0,71%, en recul de près de deux points.

Le Brent gagne 0,28% à 45,94 dollars le baril après avoir atteint son plus haut niveau depuis mars à 46,53 et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 0,4% à 43,14 dollars. En l’état de l’équilibre offre demande, sauf événement géostratégique, le cours du baril ne devrait pas dépasser 50 $ pendant assez longtemps.

La déconnexion économie réelle marchés financiers (Jézabel Couppey-Soubeyran )

La déconnexion économie réelle marchés financiers (Jézabel Couppey-Soubeyran )

 

 

Pour Jézabel Couppey-Soubeyran , économiste,  la crise sanitaire n’a fait que le confirmer : ce ne sont pas les hauts et les bas de l’économie réelle qui rythment les marchés financiers mais les banques centrales et les transactions financières.( le Monde)

 

 »

Wall Street n’a plus que faire de Main Street. Avec la crise sanitaire, la déconnexion entre les Bourses et l’économie réelle a tombé le masque. Les premières ont, certes, plongé à une vitesse inédite à l’annonce des mesures de confinement, mais quelques semaines plus tard, elles avaient presque toutes effacé leurs pertes. A quoi carburent les Bourses mondiales aujourd’hui ? Certainement pas au suivi de la pandémie par l’Organisation mondiale de la santé ou aux prévisions de (dé) croissance du Fonds monétaire international ! Bien davantage à ce que disent ou font les banques centrales, avec, à la clé, le paradoxe suivant : plus ces dernières cherchent à agir sur l’économie réelle par le biais des marchés financiers, moins elles y parviennent.

La déconnexion entre les Bourses et l’économie réelle ne date pas de la crise sanitaire. Elle s’est opérée au cours des dernières décennies, à mesure que l’économie s’est financiarisée, c’est-à-dire que les activités bancaires et financières y ont pris une place croissante jusqu’à la démesure et la dissociation totale de leurs métriques d’avec celles de la sphère réelle : les dizaines de milliers de milliards de dollars du commerce international et du produit intérieur brut mondial ne pèsent plus grand-chose face aux centaines, voire aux milliers de milliers de milliards de dollars des transactions financières ; les années et les trimestres des comptes nationaux sont des éternités à l’aune des millisecondes que les traders à haute fréquence cherchent à gagner les uns sur les autres.

La crise sanitaire n’a fait que le confirmer : ce ne sont pas les hauts, et, en l’occurrence, les bas, de l’économie réelle qui rythment les marchés financiers. Certes, les Bourses ont plongé en même temps qu’il a fallu se confiner et que la mise à l’arrêt de l’économie faisait fatalement anticiper la récession. Leur plongeon a même été d’une brutalité sans précédent. Comme le relèvent Gunther Capelle-Blancard et Adrien Desroziers (« Bourses : le Covid-19 aura encore confirmé la déconnexion avec l’économie réelle »The Conversation, 17 juin), le S&P 500, l’un des indices boursiers américains les plus suivis, a perdu entre mi-février et mi-mars environ un tiers de sa valeur, autant qu’en un an lors de la crise des subprimes en 2007. Mais très rapidement, même si le yoyo habituel des cours boursiers n’a évidemment pas disparu, la tendance est redevenue haussière, rapprochant cyniquement la courbe des indices boursiers de celle des contaminations plutôt que de celle de la production ou de la consommation, en chute libre. »

 

Marchés financiers : une sévère correction à venir avec les contradictions de la cote

Marchés financiers : une sévère correction à venir avec les contradictions de la cote

 

 

C’est un ancien du FMI qui le dit il y a quelque chose qui ne fonctionne pas par la cohérence entre les réalités économiques et les évolutions des cotations Il est clair qu’on constate une nette contradiction entre la remontée des cours boursiers et la dégradation économique et sociale. Même si les perspectives économiques ne paraissent pas aussi noires que dans les scénarios les plus pessimistes ,il n’empêche que la croissance en 2020 subira une chute importante qui ne sera même pas compensée par celle de 2021. D’où un décalage incompréhensible entre ces deux tendances. Peut-être certains hypothèquent-t-ils sur les énormes gains de productivité qui pourraient être fait grâce aux plans de licenciement qui compenseraient alors plus que largement la baisse de la demande. Le problème c’est que les croissances internationaux sont surtout alimentées par la demande intérieure. Pourtant la baisse attendue du pouvoir d’achat moyen risque de porter atteinte au niveau global  de la demande, donc au niveau de l’activité et des rentabilités en attendre. «Au milieu de la tragédie humaine et de la récession économique causées par la pandémie, la récente augmentation de l’appétit pour le risque sur les marchés financiers a retenu l’attention des analystes», résument dans un blog Tobias Adrian, conseiller financier du FMI, et Fabio Natalucci, responsable du GFSR. Ils s’inquiètent du fait que les investisseurs semblent parier sur une aide «solide et durable des Banques centrales qui soutiendra une reprise rapide, même si les données économiques indiquent une récession plus profonde que prévu». Le FMI a prévenu mercredi que la récession mondiale en 2020 serait plus sévère qu’estimé en avril (-4,9%) et il observe une reprise plus lente que prévu au début du troisième trimestre.

«Cette divergence fait naître le spectre d’une nouvelle correction des prix des actifs à risque si l’attitude des investisseurs changeait, menaçant la reprise», ajoutent-ils. C’est à la mi-mars qu’à Wall Street l’indice vedette, le Dow Jones, est entré en «bear market», c’est à dire une tendance à la baisse, perdant plus de 30% par rapport à son dernier record. Mais à partir de fin mars/début avril, les indices ont entamé une nette remontée. La hausse est depuis presque ininterrompue en dépit de petits creux mi-avril, mi-mai et début juin.

Le soutien «sans précédent» et «non conventionnel» des autorités qui ont déployé liquidités, prêts et taux d’intérêt bas, «a sans aucun doute amorti l’impact de la pandémie sur l’économie mondiale et atténué le danger immédiat pour le système financier mondial», selon le GFSR. Mais la dette des entreprises, qui était déjà élevée avant la pandémie, après une décennie de taux d’intérêt bas, a maintenant atteint des «niveaux historiquement élevés» et la dette des ménages augmente également, ce qui pourrait créer des problèmes si les emprunteurs ne sont pas en mesure de rembourser dans un contexte de lente reprise, relève le rapport.

Si l’aide des gouvernements et des banques centrales était incontournable pour éviter des vagues encore plus grandes de licenciements et de faillites, la facilité d’obtention des crédits, pourrait entraîner des «effets pervers», mettent-ils en garde.

Réouverture de tous les marchés (Didier Guillaume)

Réouverture de tous les marchés  (Didier Guillaume)

 

Le secteur de l’horticulture, du maraîchage connaît une véritable catastrophe avec l’impossibilité d’écouler ses produits. Des produits qui ont sollicité de la manœuvre, des matières premières et même de la fiscalité mais qui pour une part doivent être détruits faute de possibilité d’écoulement. Ainsi sur les marchés où  les magasins spécialisés on ne trouve qu’une très petite partie de la production classique. De ce fait à juste titre,  le ministre de l’agriculture réclame l’ouverture de tous les marchés. Il est vrai qu’au début l’organisation des marchés était particulièrement anarchique. Depuis les conditions d’accès aux marchandises s’effectue dans les mêmes conditions et même mieux que dans les grandes surfaces avec des règles strictes aussi bien de pénétration sur les marchés que d’accès aux étals, sans parler des règles de circulation très rigoureuse.

“Je suis favorable à l’ouverture de tous les marchés en plein air et de toutes les halles alimentaires”, a-t-il déclaré sur France 3. “J’appelle les maires de France et les préfets à inciter à rouvrir ces marchés”, à “condition qu’il y ait le respect des normes sanitaires”.

“Le marché, c’est le lieu où les personnes âgées notamment vont acheter leurs poireaux, deux pommes de terre, une salade (…) et puis surtout le marché c’est l’endroit où l’agriculture française passe 30 % de sa production de frais, de fruits et légumes”, a-t-il fait valoir.

Epargnés dans un premier temps par les mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, les 10.000 marchés alimentaires de France avaient été contraints de fermer le 24 mars après la diffusion d’images sur les réseaux sociaux de personnes ne respectant pas la “distanciation sociale” sur certains marchés. Cette décision avait suscité l’indignation notamment de la Fédération des marchés de France qui avait dénoncé une “inégalité de traitement” entre la grande distribution et les marchés de rue.

Depuis, des dérogations ont été accordées au cas par cas par certaines préfectures sur la base d’un guide de bonnes pratiques sanitaires mis au point après d’intenses discussions entre le gouvernement, la fédération des marchés de France et la FNSEA notamment.

Marchés : réouverture dans les petites communes

Marchés : réouverture dans les petites communes

 

Après avoir interdit les marchés, le gouvernement comme souvent se contredit et autorise les marchés dans les petites communes. Il est vrai qu’il y avait une certaine contradiction entre le maintien de grandes surfaces où les clients se promènent à travers les rayons sans forcément respecter les distances et la suppression de petits marchés où  les risques de contamination ne sont pas plus grands. Il restera cependant à vérifier si les normes de distance sont bien respectées et si l’interdiction de toucher la marchandise est réelle.

Un quart des marchés alimentaires ont reçu l’autorisation d’ouvrir en France dans des conditions sanitaires strictes dictées par l’épidémie de coronavirus, a déclaré lundi la présidente de la Fédération nationale des marchés de France, Monique Rubin.

Dans le cadre des mesures de confinement prises pour freiner la circulation du SARS-CoV-2, le gouvernement français a interdit depuis le 24 mars tous les marchés ouverts, tout en laissant aux préfets la possibilité de déroger à cette règle sur demande d’un maire.

“Nous avons répertorié sur l’ensemble des préfectures le nombre de marchés qui ont reçu l’autorisation d’ouverture et c’est le cas pour un quart d’entre eux”, a dit Monique Rubin à Reuters.

“Mais il faut relativiser ce chiffre: sur ce quart des marchés, il y a énormément de très petits marchés qui ne comptent parfois qu’un, deux ou trois étals.”

La France compte environ 10.000 marchés. Une grande majorité des quelque 2.500 marchés qui ont rouvert concernent des communes de moins de 2.500 habitants, a-t-elle précisé.

“Ce sont des marchés qui ouvrent essentiellement pour apporter de l’alimentation à une population qui en a souvent besoin”, a ajouté Monique Rubin. “Il y avait un traitement discriminatoire avec la grande distribution”, a-t-elle dit.

Ces marchés ne doivent pas rassembler plus de 100 personnes, une distance de 1,50 mètre doit être respectée entre les personnes et le paiement par carte bancaire y est encouragé.

“On est très à l’affût, les règles seront respectées. Il faut que les gens puissent venir en toute sécurité”, a ajouté la présidente de la Fédération nationale des marchés de France.

Marchés : réouverture sous condition

Marchés : réouverture sous condition

 

Le gouvernement est revenu sur la décision prise mardi de fermer les marchés alimentaires ouverts.

Les organisations agro-alimentaires ont présenté un protocole sanitaire « pour sortie de l’impasse » aux ministères de l’Economie, de l’Agriculture et de la Santé, qui, estiment-elles, garantit la sécurité des consommateurs. Ce protocole sanitaire vient d’être validé par le gouvernement.

« Il doit permettre aux préfets et aux maires d’accorder les autorisations d’ouverture des marchés alimentaires qui répondent à un besoin d’approvisionnement de la population, en leur donnant la capacité de vérifier si les conditions de leur organisation sont propres à garantir la santé des personnes », souligne la FNSEA.

« Nous nous en réjouissons vivement. Cela montre la solidarité et la détermination des acteurs à poursuivre leurs activités dans le plein respect de la sécurité des personnes », dit encore le syndicat.

« Grâce à ce protocole, il est possible de concilier les deux priorités, d’une part garantir la sécurité sanitaire pour la population, y compris les professionnels et leurs salariés, et d’autre part assurer la mission d’approvisionnement de la population en produits frais », dit encore la FNSEA.

Les maires et les préfets doivent maintenant utiliser ce guide pour rouvrir les marchés locaux qu’ils soient ouverts ou fermés quand les conditions sont réunies.

Les conditions posées sont très strictes et multiples. Ainsi les maires devront notamment veiller à l’extension de l’implantation du marché afin de mieux séparer les étals. Les horaires devront être organisés pour éviter les pics de fréquentation. Le marché n’acceptera qu’un seul membre d’une même famille à la fois. Seuls les étals alimentaires sont autorisés. Les entrées seront filtrées et contrôlées par du personnel qui est à prévoir par les commerçants. L’arrivée des personnes dans le marché sera régulée afin de pouvoir respecter les consignes d’espacement au minimum d’un mètre entre les clients. Les clients devront réaliser une friction hydroalcoolique des mains à l’entrée et à la sortie du marché. Un sens de circulation unique obligatoire sera à l’intérieur du marché. Seul le commerçant doit servir les clients à l’aide d’ustensiles et pinces à usage multiple dédiées. Il est interdit aux clients de toucher les produits etc….

Mort d’une adolescente du coronavirus : « Le test n’est pas fiable

Coronavirus: Didier Guillaume pour le maintien des marchés en plein air

Coronavirus: Didier Guillaume pour le  maintien des marchés en plein air

 

Le  ministre de l’agriculture et de l’alimentation une fois de plus se comporte en lobby du secteur agricole en considérant qu’il faut maintenir les marchés. Or s’il y a bien lieu les règles de précaution ne sont pas respectées c’est bien sur les marchés ou l’anarchie la plus totale règne le plus souvent. Autant dans les commerces sédentaires, on peut fixer des règles, prévoir des dispositions notamment de signalétique pour réguler les conditions d’entrée, des circulations dans les magasins autant c’est impossible dans les marchés où tout le monde se bouscule devant les étalages.

Certes les marchés constituent un circuit de distribution utile et même nécessaire en particulier pour réduire les circuits et promouvoir les productions locales. ( notons cependant que sur ses marchés sont également vendus des productions venant de très loin !). En outre, promouvoir le maintien des marchés alors que la France manque cruellement de masques constituent une attitude particulièrement irresponsable. Il faudrait organiser les conditions de circulation des acheteurs comme dans les magasins avec les mêmes règles de régulation de la circulation.

« Les marchés en plein air, les halles commerciales alimentaires, c’est absolument indispensable » a dit le ministre. Malgré des images de marchés noirs de monde en période de confinement, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Didier Guillaume, s’est opposé à leur fermeture ce jeudi soir, arguant sur notre antenne que les personnes âgées notamment « descendent en bas de leur immeuble pour se fournir au marché ». « C’est très important », a-t-il indiqué.

Selon lui, l’ouverture des marchés « n’est pas incompatible avec le confinement ». « Mais ça ne peut pas être la cohue comme avant (…). On ne peut pas se ruer sur tel ou tel étal et être collé avec les autres, il faut respecter la distance d’un mètre », a-t-il précisé.

« Si vraiment tous les français respectent cela, les marchés en plein air resteront des lieux de convivialité », a encore assuré Didier Guillaume. Il a néanmoins prévenu que les marchés resteront ouvertes « à condition que » toutes les règles « soient respectées ».

Et de conclure: « Mais aujourd’hui il faut que les préfets dans les départements assument avec les maires qu’on laisse ouverts ces marchés et si on voit que le respect des règles n’est pas là, on les ferme ».

 

La crise et les limites des marchés

La crise et  les limites des marchés 

Une analyse des facteurs explicatifs de la crise par l’économiste Cédric Durand et le sociologue Razmig Keucheyan dans une tribune au « Monde », qui estiment notamment que le sous-investissement dans l’hôpital, les fragilités de la mondialisation, le soutien apporté aux banques plutôt qu’aux salaires et la guerre des prix sur le pétrole se combinent dans le déclenchement de la crise actuelle.

Tribune. L’enchaînement d’événements dans lequel le monde est entré dans le sillage de la pandémie due au coronavirus procède de l’emboîtement de quatre logiques de crise – sanitaire, économique, énergétique et financière. Elles mettent en lumière les limites des marchés. Après une décennie perdue au lendemain de la crise financière, les turbulences actuelles ouvrent une fenêtre d’opportunité. Pour rendre nos sociétés plus résilientes et rouvrir un chemin de développement commun, le politique doit assumer des orientations économiques prioritaires et y soumettre le secteur financier.

Systèmes de santé poussés au point de rupture

La première crise est sanitaire. La principale raison pour laquelle l’épidémie contamine la sphère économique tient au fait que les systèmes de santé sont poussés au point de rupture. Le problème sanitaire le plus inquiétant n’est pas tant la gravité intrinsèque de la maladie que l’incapacité des systèmes de santé à absorber un afflux massif de malades et à leur prodiguer les soins nécessaires. Evidemment, cette vulnérabilité est d’autant plus forte que les mesures d’austérité ont été importantes : le sous-investissement dans les hôpitaux se paie aujourd’hui cash sous forme de mesures de confinement dont l’objet n’est pas d’entraver la diffusion du virus, mais simplement de la ralentir de manière à limiter les pertes en vies humaines. La résilience d’une société tient d’abord à la robustesse de ses services collectifs, c’est une réalité que des marchés par nature court-termistes ne peuvent pas internaliser.

 

La seconde crise est économique. Du côté de l’offre, les décisions prises pour ralentir la diffusion du virus impactent la production et le commerce. Les exportations chinoises ont plongé de 17 % aux cours des mois de janvier et de février, et des ruptures d’approvisionnement apparaissent, notamment pour des composants électroniques ou des principes actifs de médicaments. Les analystes s’attendent à ce que les difficultés s’intensifient dans les semaines qui viennent, notamment en Europe, avec l’effet en cascade des mesures déjà adoptées en Italie et maintenant en France. Ici, c’est le prix caché de chaînes de valeur fragmentées et hyperoptimisées qui apparaît au grand jour et ouvre la voie à un réencastrement des activités industrielles dans les territoires qu’elles servent. 

La politique budgétaire doit réagir très vite

A ces difficultés du côté de l’offre s’ajoutent des complications du côté de la demande : non seulement une série de secteurs comme le tourisme sont de fait à l’arrêt, mais les salariés qui subissent des pertes de revenu pour cause de chômage technique ou qui voient leurs emplois menacés freinent leurs dépenses. En outre, face à un environnement aussi incertain, les entreprises reportent leurs dépenses d’investissement tandis que les plus faibles d’entre elles risquent d’être englouties par des difficultés de trésorerie. La dégradation est telle que l’entrée en récession dans la plupart des économies riches apparaît extrêmement probable. Dans un tel contexte, la politique budgétaire doit réagir très vite pour protéger les salariés et éviter un délitement du tissu productif.

 

 

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