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Finances: Un vaccin contre l’hubris des marchés ?

Finances: Un vaccin contre l’hubris des marchés ?

Un article de Philippe Mudry dans l’Opinion (Extrait) qui recadre l’optimisme des marchés

Tandis que le monde reste englué dans la pandémie, les marchés donnent une nouvelle preuve de leur irrépressible propension à l’oubli et à l’hubris. La grande crise financière de 2007-2008 et les multiples soubresauts qui ont suivi ? Oubliés ! Le célébrissime krach des valeurs technologiques qui avait ouvert le siècle ? Effacé !

Les indices peuvent monter jusqu’au ciel, finalement, et pulvérisent un peu partout leurs plus hauts niveaux historiques. Le CAC40 n’est qu’à un souffle du sien, établi le 4 septembre 2000, au seuil des 7 000 points. Chacun se reportera à sa boule de cristal habituelle pour savoir si la fête touche ou non à sa fin, en constatant tout de même que les marchés donnent bien d’autres signes d’un dynamisme apparemment inépuisable.

Parmi ceux-ci, les fusions et acquisitions (M&A), ces opérations financières dans lesquelles maints patrons charismatiques ont trouvé gloire et profits, et tant d’autres leur Roche Tarpéienne en lieu et place de leur Capitole. Avec près de 4 000 milliards de valeurs de transactions déjà réalisées à fin août dans tous les secteurs d’activité, selon le spécialiste des données Refinitiv, l’année 2021 paraît déjà assurée de renvoyer aux oubliettes de l’histoire l’année 2007 – encore ! – qui détient l’actuel record avec 4 300 milliards.

Avec des cours de Bourses au zénith et des taux au plus bas, qui permettent de payer les acquisitions en actions comme en dette, et fort d’une reprise qui s’affirme au moment où révolutions numérique et climatique imposent aux entreprises de se régénérer, les circonstances sont exceptionnelles. Difficile pour un patron d’y résister.

L’effervescence financière ambiante ne doit pas se traduire par une envolée excessive des rémunérations des cadres dirigeants

 Pourtant, aux niveaux de valorisations actuelles, les survaleurs inscrites au bilan de l’acheteur risquent de devenir fort indigestes en cas de retournement ! Pour un chef d’entreprise, garder la tête froide dans un tel environnement reste un devoir. Encore faut-il que leurs critères salariaux ne les poussent pas au crime, à grands coups de stock-options par exemple, comme c’est encore souvent le cas, notamment aux Etats-Unis.

Ainsi, le bonus de 47 millions de dollars (38 millions d’euros) promis au PDG de General Electric, Larry Culp, alors même que le groupe est en pleine restructuration, vend des actifs et supprime des emplois à tour de bras, fait-il scandale outre-Atlantique, tant il ressemble trop à une « prime à la casse ». Ne pas passer par-dessus les moulins les fameux critères « environnementaux, sociaux et de gouvernance » dans la bataille des M&A est un impératif que le capitalisme doit s’imposer s’il ne veut pas voir ressurgir contre lui les procès du passé.

 

Un vaccin contre l’hubris des marchés ?

Un vaccin contre l’hubris des marchés ?

Un article de Philippe Mudry dans l’Opinion (Extrait) qui recadre l’optimisme des marchés

Tandis que le monde reste englué dans la pandémie, les marchés donnent une nouvelle preuve de leur irrépressible propension à l’oubli et à l’hubris. La grande crise financière de 2007-2008 et les multiples soubresauts qui ont suivi ? Oubliés ! Le célébrissime krach des valeurs technologiques qui avait ouvert le siècle ? Effacé !

Les indices peuvent monter jusqu’au ciel, finalement, et pulvérisent un peu partout leurs plus hauts niveaux historiques. Le CAC40 n’est qu’à un souffle du sien, établi le 4 septembre 2000, au seuil des 7 000 points. Chacun se reportera à sa boule de cristal habituelle pour savoir si la fête touche ou non à sa fin, en constatant tout de même que les marchés donnent bien d’autres signes d’un dynamisme apparemment inépuisable.

Parmi ceux-ci, les fusions et acquisitions (M&A), ces opérations financières dans lesquelles maints patrons charismatiques ont trouvé gloire et profits, et tant d’autres leur Roche Tarpéienne en lieu et place de leur Capitole. Avec près de 4 000 milliards de valeurs de transactions déjà réalisées à fin août dans tous les secteurs d’activité, selon le spécialiste des données Refinitiv, l’année 2021 paraît déjà assurée de renvoyer aux oubliettes de l’histoire l’année 2007 – encore ! – qui détient l’actuel record avec 4 300 milliards.

Avec des cours de Bourses au zénith et des taux au plus bas, qui permettent de payer les acquisitions en actions comme en dette, et fort d’une reprise qui s’affirme au moment où révolutions numérique et climatique imposent aux entreprises de se régénérer, les circonstances sont exceptionnelles. Difficile pour un patron d’y résister.

L’effervescence financière ambiante ne doit pas se traduire par une envolée excessive des rémunérations des cadres dirigeants

 Pourtant, aux niveaux de valorisations actuelles, les survaleurs inscrites au bilan de l’acheteur risquent de devenir fort indigestes en cas de retournement ! Pour un chef d’entreprise, garder la tête froide dans un tel environnement reste un devoir. Encore faut-il que leurs critères salariaux ne les poussent pas au crime, à grands coups de stock-options par exemple, comme c’est encore souvent le cas, notamment aux Etats-Unis.

Ainsi, le bonus de 47 millions de dollars (38 millions d’euros) promis au PDG de General Electric, Larry Culp, alors même que le groupe est en pleine restructuration, vend des actifs et supprime des emplois à tour de bras, fait-il scandale outre-Atlantique, tant il ressemble trop à une « prime à la casse ». Ne pas passer par-dessus les moulins les fameux critères « environnementaux, sociaux et de gouvernance » dans la bataille des M&A est un impératif que le capitalisme doit s’imposer s’il ne veut pas voir ressurgir contre lui les procès du passé.

 

Marchés financiers : l’influence grandissante des réseaux sociaux

Marchés financiers : l’influence grandissante des réseaux sociaux 

 

Un article du Wall Street Journal souligne l’influence grandissante des réseaux sociaux sur les marchés financiers.Des millions d’Américains se sont découvert un intérêt pour la Bourse depuis la crise sanitaire, envahissant les réseaux et messageries, et s’immergeant du jour au lendemain dans l’univers des petits porteurs.

 

Il y a quelques années, l’essentiel des revenus de Kevin Paffrath, un courtier immobilier de 29 ans, père de deux enfants et résidant à Ventura en Californie, provenait des commissions qu’il touchait sur des ventes immobilières. A ses heures perdues, il enregistrait des vidéos en ligne concernant l’achat de logements.

Aujourd’hui, M. Paffrath est connu sous le nom de MeetKevin, influenceur comptant 1,7 million d’abonnés sur YouTube. Tous les jours ou presque, il y diffuse en direct pendant plusieurs heures des vidéos dans lesquelles il parle des marchés boursiers et prodigue des conseils d’investissement à la chaîne, en maniant l’autodérision. Il plaisante avec les auteurs de commentaires, affecte un accent britannique un peu forcé et sirote du café dans le studio d’enregistrement qu’il a installé chez lui, décoré d’affiches humoristiques colorées et d’une guitare électrique couleur turquoise. M. Paffrath a également réalisé des centaines de vidéos sur divers sujets relatifs au conseil en investissement.

« Auparavant, je passais trois ou quatre heures par jour à parler avec un client d’un bien immobilier qu’il pouvait acquérir sous sa valeur de marché, et si j’avais de la chance, au bout de trois mois, cette discussion me rapportait 10 000 dollars, explique M. Paffrath. Aujourd’hui, 10 000 dollars est ce que je gagne les mauvais jours. Mon activité d’influenceur a éclipsé tout le reste. »

M. Paffrath affirme avoir gagné 5 millions de dollars au cours des trois premiers mois de cette année, le nombre de visites sur sa page et la demande pour ses conseils ayant explosé durant la pandémie. Les reçus des paiements de YouTube qu’il a montrés au Wall Street Journal confirment que l’influenceur gagne plusieurs millions de dollars par an ne serait-ce qu’en recettes publicitaires.

Sur TikTok, Tori Dunlap (connue sur l’application en tant que @herfirst100k) explique à ses 1,7 million de fans comment créer une entreprise et quelle dette il convient de rembourser en premier lieu. La jeune femme, âgée de 27 ans, met au point une application afin de promouvoir une « communauté d’investissement sans préjugé », pour aider les femmes à se sentir suffisamment à l’aise pour échanger des conseils d’investissement et gérer des placements dans leurs comptes de courtage

La crise sanitaire ayant assigné les Américains à résidence, des millions d’entre eux – certains utilisant les aides publiques versées pendant la pandémie – se sont découvert un intérêt pour la Bourse, envahissant les réseaux et messageries, et s’immergeant du jour au lendemain dans l’univers des petits porteurs.

En 2021, les six principaux courtiers en ligne, qui attirent surtout des investisseurs individuels, comptent plus de 100 millions d’utilisateurs. Robinhood Financial, une application d’investissement très prisée des jeunes investisseurs, a vu le nombre de ses comptes bondir de 7,2 millions à 18 millions entre mars 2020 et mars 2021, selon ses états financiers.

L’essor du négoce en ligne sans commission s’est accompagné d’une demande de conseils au prix le plus bas, de la manière la plus accessible possible, à savoir en ligne. Aujourd’hui, une nouvelle génération de conseillers en placements boursiers officie sur les réseaux sociaux, suivie par un nombre considérable d’investisseurs novices.

Nombre de ces influenceurs n’ont aucune formation officielle en conseil financier, et aucune expérience dans l’investissement professionnel, ce qui les conduit à choisir des actions au gré de leur popularité dans l’opinion, et parfois à prodiguer des conseils qui font perdre de l’argent à ceux qui les suivent.

Comme MeetKevin, Marko Zlatic est un influenceur très en vogue dans le domaine financier, qui, sous le nom de Whiteboard Finance, conseille 670 000 abonnés sur tous les sujets, de l’achat de véhicules d’occasion à la constitution d’un portefeuille d’investissement fondé sur les préceptes du gérant de fonds spéculatif Ray Dalio.

Certains influenceurs moins connus ont des personnalités plus hautes en couleur. Jack Spencer, qui travaillait auparavant comme coach personnel en Irlande, a abandonné ses vidéos de conseils sportifs pour l’investissement en actions en mars 2020. À 23 ans, il réalise des entretiens vidéo avec des patrons de start-up vêtu d’une chemise barrée de la mention « Not A Financial Advisor » (« Je ne suis pas conseiller financier »), avec en arrière-plan un cellier bien garni. M. Spencer, qui compte 94 000 abonnés sur YouTube, n’a pas répondu à nos sollicitations.

Sur TikTok, Tori Dunlap (connue sur l’application en tant que @herfirst100k) explique à ses 1,7 million de fans comment créer une entreprise et quelle dette il convient de rembourser en premier lieu. La jeune femme, âgée de 27 ans, met au point une application afin de promouvoir une « communauté d’investissement sans préjugé », pour aider les femmes à se sentir suffisamment à l’aise pour échanger des conseils d’investissement et gérer des placements dans leurs comptes de courtage.

Après avoir abandonné ses études, Cameron Newell, alias CamTheMan, a commencé à investir dans des actions à moins de un dollar il y a environ trois ans. Cet habitant de l’Etat du Washington affirme avoir ainsi gagné l’an dernier 5 millions de dollars. Le jeune homme offre ses conseils sur TikTok et héberge un groupe discussions sur Discord – l’application prisée des amateurs de jeux vidéo – où ses fans peuvent suivre et reprendre à leur compte ses placements, ou participer de temps à temps à des défis dont l’objectif est de parvenir à atteindre 1 million de dollars sur la base d’un investissement initial de 1 000 dollars.

« La finance traditionnelle est une boîte noire, déclare Sarah Petite, une consultante en réseaux sociaux à Los Angeles. La génération actuelle regarde ses parents et pense, « Votre manière de concevoir l’argent ? Ce n’est plus comme ça que cela marche ». »

Aujourd’hui, les jeunes gens sont en quête d’une feuille de route pour réaliser d’importants profits, et leur tendance prononcée à l’indépendance conduit un grand nombre d’entre eux à se tourner vers les influenceurs en ligne pour obtenir des conseils gratuits, plutôt qu’à confier leur argent à un gérant de portefeuille classique moyennant finance. Beaucoup ne se préoccupent pas des qualifications dont disposent ceux qui prodiguent leurs conseils, si l’on en croit les experts et les jeunes investisseurs eux-mêmes.

« J’ai un principe : ne pas payer quelque chose que l’on peut obtenir gratuitement », explique Rex Wu, un investisseur de 33 ans habitant à Tampa Bay en Floride, qui suit régulièrement M. Paffrath et plusieurs autres figures du conseil boursier en ligne. M. Wu indique avoir investi quelques centaines de milliers de dollars sur la base d’éléments qu’il a « appris en ligne auprès de gars comme Kevin ». Depuis le début de l’année, son portefeuille affiche un rendement de 23 %, contre 21 % pour l’indice S&P500.

« Si je m’adressais à JPMorgan, ils auraient tendance à vouloir récupérer mes investissements et à en faire trop, estime M. Wu. Les gars sur internet ne cherchent pas vraiment à me vendre quoi que ce soit. »

Néanmoins, ce modèle en ligne est totalement nouveau, et les influenceurs sont jugés sur la base du contenu qu’ils produisent davantage que sur les performances de leurs placements. Ils sont souvent payés en fonction du nombre de leurs abonnés et visiteurs plutôt que sur les revenus que leurs conseils en investissement rapportent à leur public.

Règle n°1 : le public doit pouvoir s’identifier à l’influenceur

Cette nouvelle génération de gourous de la finance officiant sur les réseaux sociaux exploite la méfiance innée des jeunes gens envers l’élite financière, qu’ils jugent contrôlée par le milieu de Wall Street, composé d’« anciens » auxquels ils ne peuvent pas s’identifier.

Inspirer confiance au public est l’un des maîtres-mots de ces nouveaux conseillers en investissement sur YouTube

« Les gens de mon âge ne regardent plus les chaînes câblées, observe Mme Petite, qui a 24 ans. Je ne connais personne qui suit l’actualité financière à la télévision. Ils se tournent vers les chaînes YouTube spécialisées et les réseaux sociaux. Je ne crois pas qu’il viendrait à l’esprit de quiconque parmi eux de confier leur argent à un type en costume à Wall Street. »

Inspirer confiance au public est l’un des maîtres-mots de ces nouveaux conseillers en investissement sur YouTube.

Rose Han, 32 ans, est titulaire d’un diplôme en finance de l’Université de New York. Il y a cinq ans, elle a quitté son poste de trader en devises chez HSBC et commencé à réaliser des vidéos sur YouTube sur le négoce d’options, l’investissement dans des fonds et les comptes financiers personnels.

Elle a un demi-million d’abonnés sur YouTube, et 54 000 « followers » sur Instagram. Mme Han, qui propose des cours d’investissement, affirme gagner aujourd’hui dix fois plus que lorsqu’elle était salariée.

« Si vous regardez CNBC, vous verrez des hommes blancs d’un certain âge à qui il est difficile de s’identifier : je ne leur ressemble pas, et un grand nombre de mes followers ne leur ressemblent pas non plus, note-t-elle. Comme je suis une femme, les femmes me font confiance, elles préfèrent apprendre quelque chose auprès de moi que d’un stéréotype de la finance. » Mme Han affirme avoir gagné 2 millions de dollars depuis le début de l’année grâce aux recettes publicitaires de YouTube et à la vente de ses cours d’investissement en ligne.

Règle n°2 : l’influenceur doit faire rêver son public

La génération Z – née entre 1992 et 2002 environ – est plus sensible aux signes extérieurs de richesse tels que les voitures et vêtements de luxe qu’aux diplômes d’écoles de commerce, certifications financières ou apparitions dans les journaux télévisés, observent les experts. C’est pourquoi ils peuvent être facilement victimes d’escroquerie et finir ruinés, souligne Ted Klontz, professeur en finance comportementale à l’université Creighton.

TikTok regorge de comptes publicitaires comme celui de The Daily Trader, un millionnaire autoproclamé de 19 ans qui diffuse des vidéos le montrant au volant d’une Audi R8 flambant neuve, ou bien au bord de la piscine d’une villa de Beverly Hills dont il affirme qu’elle vaut 20 millions de dollars, ou encore attablé dans l’un des restaurants les plus chers de Los Angeles

« Cet univers ressemble en grande partie à une fosse aux serpents, c’est très inquiétant, déclare M. Klontz. Le cerveau humain n’arrive pas entièrement à maturité avant 25 ans. Les jeunes qui n’ont pas atteint cet âge sont hautement influençables. Nous savons que l’investissement au jour le jour ne produit pas de richesse à long terme pour la vaste majorité de ceux qui le pratiquent, mais les influenceurs ciblent justement la partie du cerveau moins inhibée, qui nous conduit à penser qu’on fera exception. C’est ce qui entraîne la spéculation, et d’autres types de comportement à très haut risque. »

TikTok regorge de comptes publicitaires comme celui de The Daily Trader, un millionnaire autoproclamé de 19 ans qui diffuse des vidéos le montrant au volant d’une Audi R8 flambant neuve, ou bien au bord de la piscine d’une villa de Beverly Hills dont il affirme qu’elle vaut 20 millions de dollars, ou encore attablé dans l’un des restaurants les plus chers de Los Angeles.

Ces vidéos tape-à-l’œil postées sur TikTok sont associées à son profil sur Discord, où il vend des abonnements dans le cadre d’un programme de « mentorat », lequel inclut une série de tutoriels destinés à aider les spéculateurs à court terme à copier son « système de trading » pour 294 dollars par personne. Au moins 1 600 utilisateurs se sont inscrits au programme, selon des informations communiquées à un journaliste du Wall Street Journal qui a rejoint le groupe. The Daily Trader n’a pas répondu à une demande de commentaire.

Cette dynamique marquée par une aspiration à la réussite matérielle pousse les créateurs de contenu, selon leurs propres aveux, à ne partager que des récits positifs, ce qui peut être très éloigné de la réalité.

Casey Adams, 20 ans, a grandi près de Richmond en Virginie. Il a réalisé 300 entretiens avec des dirigeants d’entreprise et des investisseurs pour sa chaîne YouTube, y compris avec le cofondateur de Netflix, Marc Randolph, avec le célèbre créateur de start-up et investisseur en cryptomonnaies Tyler Winklevoss, et, à plusieurs reprises durant l’année écoulée, avec Maye Musk, la mère d’Elon Musk.

M. Adams indique gagner environ 300 000 dollars par an en placements publicitaires et sur son activité de conseil médias, mais il reconnaît qu’un grand nombre de milliardaires et de fondateurs de start-up qui acceptent ses invitations viennent pour répondre à des questions faciles et avoir une chance de s’adresser directement à de jeunes investisseurs individuels.

L’an dernier, M. Adams a obtenu une rare interview de trente minutes avec Trevor Milton, le patron milliardaire de la start-up de véhicules électriques Nikola Corp.

« Les gars, vous écrasez tout sur votre passage, vous allez révolutionner totalement le secteur », a fait remarquer le jeune homme au visage poupon à M. Milton durant l’entretien.

Quatre mois plus tard, après l’entrée en Bourse de Nikola via une fusion inversée, un vendeur à découvert a publié un rapport accablant, accusant M. Milton d’irrégularités et l’action a perdu plus des deux tiers de sa valeur. Une enquête fédérale a été lancée et M. Milton a quitté ses fonctions de président exécutif.

« J’adopte une approche amicale, explique M. Adams. La majorité de mon public est composée de jeunes qui cherchent à comprendre les marchés financiers ou à investir de manière plus stratégique, qu’il s’agisse de NFT, de cryptomonnaies, de l’histoire d’un fondateur, de culture d’entreprise… Je ne veux pas me considérer comme un expert. »

Règle n°3 : n’émettre que des avis positifs

Comme la plupart des créateurs de contenu, les influenceurs doivent être populaires pour prospérer. Or, dans un contexte de marchés depuis longtemps haussiers, seuls les succès et les bons tuyaux sont populaires.

De nombreux influenceurs indiquent que lorsqu’ils font du battage autour d’un placement, ils obtiennent le nombre de vues qu’ils cherchent à s’attirer. S’ils se montrent pessimistes, en revanche, ils voient leur public se détourner d’eux, voire font l’objet d’attaques de « trolls ».

« Depuis qu’ils sont adultes, le marché n’a évolué qu’à la hausse, et si vous n’allez pas dans ce sens, c’est que vous n’y comprenez rien », observe Scott Galloway, professeur de marketing à l’Université de New York, qui lui-même a subi des attaques après avoir publié des vidéos où il se montrait sceptique vis-à-vis de certaines entreprises.

Le véritable danger en ce qui concerne la finance sur les réseaux sociaux, estime M. Galloway, tient au fait que les jeunes influenceurs tendent à croire que les marchés ne peuvent que progresser. Ceux qui les suivent renforcent cette idée.

« C’est réellement alarmant, car si vous dites que le bitcoin, ou Tesla, ou n’importe quel SPAC en vogue sont surévalués, ces trolls qui utilisent des comptes anonymes commencent à vous attaquer », note M. Galloway.

Les détracteurs des placements en cryptomonnaie se voient accuser par les trolls de propager la peur, l’incertitude et le doute, ce qui est une manière de discréditer un influenceur. Dans le monde du conseil financier en ligne, des femmes ont aussi déclaré avoir été victimes de harcèlement sexuel après avoir publié des avis négatifs.

M. Paffrath, qui compte se risquer le mois prochain à briguer le poste de gouverneur de Californie – l’actuel gouverneur, Gavin Newsom, faisant face à un scrutin de rappel – affirme qu’il est ramené chaque jour à cette réalité.

« ​Je veux bien jouer le jeu de la hausse sans fin, mais soyons clair : on ne peut faire réellement fortune que sur le long terme. Le problème est que sur YouTube, aucune de mes vidéos allant dans ce sens n’attire qui que ce soit. »

Un mercredi après-midi de la fin du mois de mai, vêtu d’un sweat-shirt à fermeture Eclair et d’une cravate, M. Paffrath est entré dans son studio d’enregistrement pour lancer sa discussion quotidienne en direct sur les marchés d’actions.

Le sujet du jour était AMC Entertainment Holdings, la chaîne de cinémas en difficulté qui a vu son cours boursier s’envoler au printemps, porté par les investisseurs individuels, dont beaucoup de jeunes gens qui passent l’essentiel de leurs temps sur Internet, ainsi que par la folie des « actions mèmes », dont GamesStop et Tesla.

AMC connaissait alors une semaine volatile mais ce jour-là, elle avait clôturé en hausse de 10 %. M. Paffrath a mis en garde ses followers contre l’achat d’actions AMC – les fonds spéculatifs semblaient friands de positions courtes sur le titre, dont le cours pouvait s’effondrer à tout moment, soulignait-il.

« Pourquoi avez-vous un avis si négatif ? », lui a demandé un internaute.

« Je ne suis pas négatif, je suis juste réaliste, a répondu M. Paffrath. Ecoutez, je suis tout à faire pour que AMC atteigne des sommets, mais tout ce que je veux dire, c’est que si vous vous accrochez à quelque chose que vous ne comprenez pas… Mieux vaut être prudent. »

A la fin de sa vidéo, M. Paffrath a commencé à perdre des abonnés par milliers, raconte-t-il. La plupart des vidéos assorties de titres positifs sont vues plus de 200 000 fois, précise-t-il, tandis que celles qui contiennent des avis négatifs sur une entreprise ou un secteur n’attirent jamais plus de 60 000 vues.

« C’est un peu comme un astronaute qui doit montrer à quel point il est amusant de vivre dans une fusée, mais vous ne faites pas ça toute votre vie, note M. Paffrath.

« ​Je veux bien jouer le jeu de la hausse sans fin, mais soyons clair : on ne peut faire réellement fortune que sur le long terme. Le problème est que sur YouTube, aucune de mes vidéos allant dans ce sens n’attire qui que ce soit. »

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Anne Montanaro)

Marchés truqués à Marseille : les Guérini payent pour les autres ?

Marchés truqués à Marseille : les Guérini payent pour les autres ?

Les Guerini ont été condamné par un tribunal en raison de marchés truqués à Marseille. Certes ce sont rendus coupables de bricolages sur les marchés publics. Pour autant dans cette région, ils sont loin d’être les seuls et c’est même une sorte de religion notamment depuis Deferre en passant par Gaudin .

 

Jean-Noël Guérini, ex-homme fort du Parti socialiste des Bouches-du-Rhône, a été condamné à 30.000 euros d’amende et cinq ans de privation des droits civiques et civils. Un mandat de dépôt différé a été délivré à l’encontre de son frère Alexandre, qui devra se présenter de lui-même en prison. Il s’est en outre vu interdire de gérer une entreprise pendant cinq ans et a été privé de ses droits civiques durant la même période. Il faudra sans doute des années pour examiner des faits assez identiques de la période Gaudin.

Suez rappelé à l’ordre par l’autorité des marchés

Suez rappelé à l’ordre par l’autorité des marchés

 

Un rappel à l’ordre de l’autorité des marchés qui demande davantage de transparence de la part de Suez. Mais un rappel à l’ordre sans valeur juridique mais qui remet quand même en cause la mesure de protection prise par Suez pour mettre son activité eau à l’abri.

On peut supposer que les opérateurs intéressés exercent une pression énorme sur l’autorité des marchés financiers pour qu’elle clarifie sa position. Ce qu’elle tarde visiblement à faire. De la même manière que les pouvoirs publics qui s’en tiennent à leur souhait d’une négociation entre Suez et Veolia.

Cette invraisemblable bataille risque de se traduire dans tous les cas par la vente d’activités de l’eau et de services à des fonds spéculatifs étrangers ! Bref à des ventes par appartements.. Au total ,un affaiblissement général d’un secteur d’activité très important pour la France. Tellement important qu’il pourrait poser la question d’une nationalisation temporaire compte tenu de la pagaille actuelle est de l’intérêt général de plus en plus stratégique de la gestion de l’eau. Une occasion aussi de mieux réguler  l’activité

Électricité : le difficile équilibre entre régulation et marchés

Électricité : le difficile équilibre entre régulation et marchés

L’économiste de l’énergie Sophie Méritet analyse, dans une tribune au « Monde », les leçons de la panne électrique géante qui a frappé le Texas mi-février. (Une panne qui pourrait bien affecter un jour la France avec la dérégulation NDLR)

Tribune. 

 

La panne générale de courant qui a frappé le Texas mi-février est à l’origine d’une nouvelle réflexion sur la réorganisation des industries électriques aux Etats-Unis. Le débat sur le difficile équilibre entre régulation et marchés est relancé par les enquêtes menées par les autorités.

En effet, la crise électrique texane ne se limite pas à une défaillance des réseaux gelés par des températures négatives inhabituelles dans le sud des Etats-Unis. Dans un contexte de changement climatique extrême, de nombreux boucs émissaires ont été rapidement trouvés, ou désignés, depuis les défaillances des énergies renouvelables jusqu’à l’indépendance du gestionnaire du réseau, en passant évidemment par l’ouverture à la concurrence.

L’organisation des marchés s’avère en effet être au cœur de cette panne électrique, d’ailleurs récurrente en hiver au Texas (2011, 2018, 2021), ou encore en été en Californie (2000, 2020). Les conséquences sont à chaque fois catastrophiques : coupures de courant, faillites en série, factures exorbitantes impayées par les consommateurs, coûts de restauration du système et d’intervention des autorités. Selon une estimation des compagnies d’assurances, le coût de la tempête hivernale au Texas s’élève à 18 milliards de dollars (environ 15,13 milliards d’euros).

 

Faut-il pour autant remettre en question l’ouverture à la concurrence ? 

Outre-Atlantique, la dérégulation de la vente aux consommateurs finaux (la vente au détail) a été le choix des Etats, et non des autorités fédérales. Dans un contexte de coûts, et donc de tarifs, différenciés selon les régions, certains Etats ont été précurseurs, à la fin des années 1990, de l’ouverture à la concurrence.

La crise électrique californienne de 2000-2001 et la faillite d’Enron ont cependant pointé les défaillances de marché. L’ampleur du déséquilibre entre offre et demande d’électricité durant l’été engendrait une forte hausse des prix du marché de gros au niveau des producteurs. Mais l’existence d’un tarif réglementé plafonné pour le consommateur ne permettait pas aux fournisseurs de répercuter ces hausses en aval sur le prix de consommation, ce qui ne pouvait inciter les consommateurs à réduire leur demande.

Jouant de ces failles de marché, des entreprises comme Enron et Reliant se sont mises à manipuler le marché pour bénéficier de prix de gros encore plus élevés. En réaction à l’échec californien, la majorité des Etats avaient arrêté le processus d’ouverture à la concurrence, à l’exception du Texas, devenu, en 2002, la nouvelle référence en matière de dérégulation.

La déconnexion des marchés financiers par rapport à l’économie

La déconnexion des marchés financiers par rapport à l’économie

 

L’économiste Christophe Boucher remarque, dans une tribune au « Monde », que les services – qui représentent la majeure partie de l’économie et des emplois – ont plus souffert que l’industrie, dont la résilience a été saluée par les investisseurs, source traditionnelle de leur financement.

Tribune. Les économies développées ont connu la plus forte contraction de l’activité depuis au moins la seconde guerre mondiale, alors même que les marchés financiers affichaient des performances record (pour les actions) et une quiétude insolente (pour les obligations). Les nouvelles mesures de restriction quelles qu’elles soient, depuis cet automne jusqu’à aujourd’hui, n’ont rien changé : les marchés semblent devenus indolores aux mauvaises nouvelles économiques.

Les marchés financiers sont-ils réellement complètement déconnectés de l’économie réelle ? Seraient-ils devenus un vaste casino animé par des investisseurs insensibles à la mise sous cloche de plusieurs secteurs d’activité (tourisme, hôtellerie, loisirs, spectacles, bars-restaurants, etc.) ? Mais les marchés ne sont pas l’économie, ou plus précisément les marchés financiers ne sont pas un indicateur fiable de la santé économique globale à un instant donné.

D’abord, et c’est bien connu, les marchés ont tendance à être prospectifs. Les investisseurs avaient déjà en partie intégré ce qui allait être une chute cataclysmique de l’activité. La dégradation des conditions de marché a été significative dès février 2020. Mais par la suite, ils ont anticipé une reprise économique relativement rapide post-confinement.

Ensuite, les marchés et l’économie ont été soutenus par l’action inédite des politiques monétaires et budgétaires alors que l’économie mondiale est déjà plus résiliente qu’il y a dix ans (moins d’investissements risqués financés à crédit et de meilleurs bilans grâce à une régulation renforcée). Il s’agit ainsi de la première récession et crise financière où la masse monétaire augmente rapidement sous l’effet des mesures de relance et d’une épargne forcée par une consommation contrainte.

Avec la levée des restrictions durant l’été, l’épargne disponible a permis un rebond de l’activité, manufacturière en particulier, assez fort et beaucoup plus rapide qu’anticipé par les économistes.

Bien entendu, les marchés ont été également tirés par les grands gagnants économiques de cette pandémie : les Big Tech (Apple, Amazon, Facebook, Google, Tencent, Alibaba), et plus généralement, le secteur de la technologie.

La crise a en effet accéléré la numérisation du travail (télétravail, e-commerce) et des loisirs (jeux vidéo, plates-formes de streaming, réseaux sociaux, etc.). Cela explique d’ailleurs pourquoi les marchés boursiers européens, peu dotés en géants technologiques, ont affiché des performances inférieures aux marchés américains et asiatiques.

Marchés financiers : baisse de la volatilité et attentisme

Marchés financiers : baisse de la volatilité et attentisme

 

 

Après la petite révolution des boursicoteurs particuliers contre la vente à perte qui a bousculé un peu Wall Street, les marchés ont plutôt adopté une attitude attentiste. Notons toutefois une tendance à la remontée du rendement des obligations parallèlement à une réapparition d’une inflation un peu partout.

 

Les fluctuations sauvages des cours des actions de GameStop et d’autres favoris des médias sociaux se sont donc  apaisées et que la frénésie du commerce de détail s’est estompée.

L’attentisme est surtout nourri par les interrogations sur la date d’une éventuelle reprise significative qui paraît difficilement décelable en 2021 surtout en Europe. Désormais nombre d’observateurs pense que la vraie reprise n’interviendra pas avant 2022..  À noter les positions toujours rassurantes des grands de l’informatique , Alphabet Inc et Amazon.com Inc. notamment.

Le battement de la société mère de Google a fait grimper les actions de près de 7% mardi, mais certains analystes ont averti que cette décision était trop extrême.

« Après avoir pris du retard par rapport à ses pairs FAANG en 2020, les actions d’Alphabet rattrapent le temps perdu en 2021″, a déclaré Paul Hickey de Bespoke Investment Group.

«On s’attend à ce que GOOGLE consolide au moins un peu avant de pouvoir s’appuyer sur les gains (cumulatifs de l’année).»

Les contrats à terme E-mini pour le S&P 500 ont légèrement augmenté de 0,26% tandis que les contrats à terme sur l’indice Hang Seng de Hong Kong ont perdu 0,16%.

Les marchés pétroliers ont continué de progresser, les stocks atteignant leur plus bas niveau depuis mars. Le brut américain a récemment augmenté de 0,45% à 55,94 $ le baril et le Brent était à 58,67 $, en hausse de 2,11% sur la journée.

Les rendements des bons du Trésor américain ont continué de grimper dans l’espoir d’un vaste plan de relance et le dollar s’est raffermi face à un panier de devises, les investisseurs se sentant plus confiants dans la trajectoire de reprise américaine que dans celle de l’Europe. Le rendement de référence à 10 ans était en hausse de 3,2 points de base pour la dernière fois à 1,1391%

L’obligation à 30 ans était la dernière en hausse de 4,9 points de base à 1,9267%, tandis que le rendement à 20 ans atteignait 1,735%, son plus haut niveau depuis que cette échéance obligataire a été relancée en mai 2020.

L’indice du dollar était en hausse de 0,07% à 91,145 dans l’après-midi de négociation à New York après avoir atteint un plus haut de deux mois de 91,308 pendant la séance.

L’or au comptant a chuté de 0,2% à 1833,93 $ l’once et les contrats à terme sur l’or américain se sont stabilisés de 0,1% à 1835,10 $.

Marchés financiers : Le risque d’éclatement de bulles spéculatives

Marchés financiers : Le risque d’éclatement de bulles spéculatives

 

Jeremy Grantham,  vétéran boursier , cofondateur de la société de gestion d’actifs GMO dénonce sur le site echo.be le comportement spéculatif hystérique. C’est l’une des grandes bulles de l’histoire financière, (extraits )

Le boom Internet, à la fin des années 1990, est un bon exemple. Goldman Sachs avait additionné tous les plans de croissance des fournisseurs internet pour arriver à la conclusion que leur réalisation exigerait que tous les habitants de la planète restent branchés 72 h par jour au réseau. En mars 2000, au sommet de la folie dotcom, la bourse technologique américaine Nasdaq cotait 175 fois ses bénéficesAujourd’hui, le rapport cours-bénéfice est de 40. Il n’était que de 20 il y a un an. Après l’explosion de la bulle technologique en 2000, l’indice Nasdaq a plongé de 82%.

Aujourd’hui, il s’agit de la numérisation, de la révolution verte et de la disruption inédite que la crise du coronavirus a provoquée. Mais la faiblesse des taux d’intérêt joue également un rôle. « Nous sommes coincés dans la bulle de liquidités des banques centrales », a déclaré à ce propos le grand investisseur George Soros. Les investisseurs extrapolent des taux faibles loin dans le futur, justifiant ainsi que les actions puissent coter à des multiples plus élevés que leur moyenne historique.

 

La deuxième phase de la formation de la bulle est le boom. Des success stories impressionnent un nombre croissant d’investisseurs, ce qui fait monter les prix. Cela va de pair avec un accès aisé au crédit, parce que les banques sont prêtes à prendre plus de risques.

La troisième phase est l’euphorie. Elle attire des investisseurs inexpérimentés qui pensent que les hausses de cours du passé continueront dans le futur. « L’annonce de gros gains boursiers suscite l’enthousiasme de la masse des gens », souligne l’économiste Robert Shiller dans son livre « Irrational Exuberance » : « Dans ce processus, les histoires et les rêves se renforcent mutuellement. Les investisseurs se laissent guider par leur envie de gain rapide, leur jalousie des succès des autres et l’ambiance casino. Seule la belle histoire compte encore à leurs yeux. Certes, elle existe souvent dans la réalité, mais les acheteurs ne tiennent plus compte de sa valorisation absurde. »

25%u dernier trimestre de 2020, les investisseurs particuliers représentaient un quart du volume traité Selon lui, la ruée vers Tesla est comparable à celle en faveur des cryptomonnaies comme le bitcoin qui a doublé de valeur en quelques semaines alors qu’aucune personne sensée ne peut lui donner une valeur.

Pour de nombreux experts, le boom des introductions en bourse est le signe que le marché est arrivé à un sommet. Il fait penser au mot FLIPO de la fin des années 1990: un « free lunch at initial public offering », lorsque la souscription aux titres introduits en bourse faisait quasi toujours retentir le tiroir-caisse des investisseurs.

Depuis l’annonce de la découverte de vaccins en novembre, on assiste à une rotation sec

La flambée du cours de toutes petites actions, sans aucune raison, est également un signe inquiétant.  La popularité des trackers sur indices (ETF) a contribué également à la formation d’une bulle. Les Exchange Traded Funds sont des fonds de placement cotés qui investissent dans un indice boursier ou un panier d’actions d’un secteur ou thème particulier concocté par le gestionnaire d’actifs. La  folie acheteuse a ainsi multiplié par trois le cours de l’action depuis le début de 2020.

+400%

« Les particuliers seraient bien inspirés de retenir ceci: le monde financier n’est pas là pour distribuer des cadeaux aux petits investisseurs« , fait remarquer Kristoff Van Houte du bulletin boursier Kroffinvest. « Si une plateforme comme Robinhood permet de négocier gratuitement en bourse, c’est parce qu’elle revend les données à des fonds de couverture qui peuvent ainsi profiter des ordres du petit investisseur, dans ce qui ressemble à des transactions d’initiés légales. La gratuité n’existe pas. Si une action double de prix après une IPO, ce n’est pas parce qu’on voulait faire un cadeau de 100% à l’investisseur, mais parce qu’on trouvait que le prix de l’introduction en bourse était déjà suffisamment élevé.

Il est impossible de prévoir quand une bulle explosera. Souvent, elle grandit encore beaucoup avant d’éclater. Robert Shiller le compare à une avalanche: on peut parfaitement dire que l’accumulation de neige est excessive sur la base de modèles à long terme de la météo et des chutes de neige. Mais quand précisément les tonnes de neige dévaleront les pentes de la montagne, personne n’en sait rien.

 

Un exemple: en 2017, le gestionnaire de patrimoine GAM a constitué un « portefeuille bulle » avec des noms tels que TeslaNetflix et Tencent parce qu’il était convaincu que ces actions étaient trop chères. Mais, depuis lors, au lieu de s’effondrer, la valeur du portefeuille a triplé. Si c’était une bulle, c’est à présent une triple bulle.

« La volatilité est un grand risque pour un shorteur. Les cours des valeurs surévaluées fluctuent Comment l’investisseur convaincu de l’existence de bulles spéculatives sur le marché peut-il en tirer profit?  »L’instinct serait de vendre à découvert (« shorter ») les valeurs surévaluées », répond Ben Inker de GMO. Un « shorteur » vend des actions qu’il ne possède pas, mais qu’il emprunte à d’autres, dans l’espoir de pouvoir les leur revendre à un prix inférieur. « Cela s’avère souvent une mauvaise stratégie« , poursuit Ben Inker. « La volatilité est un grand risque pour un shorteur. (Témoin l’action cette semaine de boursicotiers à Wall Street)

 

« Les actions ‘value’ sont bon marché », confirme Johan Van Geeteruyen. « Cela vise surtout les banques, l’automobile et l’énergie. Nous allouons une pondération plus élevée aux banques à présent que les perspectives économiques s’améliorent et que les taux d’intérêt remontent un peu aux États-Unis. Le secteur automobile aurait mangé son pain noir. Mais nous devons attendre si les clients vont se mettre à acheter en masse des voitures électriques. Pour les voitures de société, les pouvoirs publics devraient les y pousser par voie d’incitants. Mais pour les particuliers habitant à la campagne, passer à l’électrique n’est pas évident. Dans le secteur de l’énergie, les entreprises pétrolières et gazières sont bon marché, mais elles doivent se réinventer pour s’inscrire dans une société durable. Cela implique des risques. Dès lors, je ne vois pas le secteur briller à long terme. »

Si les actions « value » ont bien engagé un mouvement de rattrapage, il n’est pas dit que celui-ci

Mais détenir un portefeuille sans actions de croissance est tout aussi risqué. Si les actions « value » ont bien engagé un mouvement de rattrapage, il n’est pas dit que celui-ci durera. Les investisseurs dépourvus d’actions de croissance réalisent déjà depuis une décennie une performance inférieure à celle du marché. Certes, ces actions sont chères et plus risquées, mais c’est précisément ce segment qui comprend la plupart des valeurs appelées à voir leur cours monter en flèche à la suite de l’une ou l’autre percée.

 

Selon l’investisseur légendaire Warren Buffett, la meilleure protection est encore de rester éloigné de la plupart des actions à la mode et de se concentrer sur la valorisation. « La vie dans une bulle est fabuleuse. Jusqu’à ce qu’une personne sorte une aiguille. Lorsque les deux se rencontreront, une nouvelle génération d’investisseurs aura appris une vieille leçon: c’est quand la spéculation paraît la plus facile qu’elle est la plus dangereuse. »

Marchés financiers : le yo-yo de 2021 commence

Marchés financiers : le yo-yo de 2021 commence

 

Comme c’était prévu, l’année 2021 commence tôt son phénomène de yo-yo. À peine envolés, les cours replongent en raison des craintes découlant de l’aggravation de la pandémie et de ses conséquences économiques. Un phénomène qu’on va retrouver tout au long de l’année où vont alterner espérances de reprise encouragée par les plans de soutien massifs et craintes de nouvelles immobilisations de l’activité du fait de mesures restrictives voire de confinement total. En ce début d’année, les perspectives de reprise de l’activité économique sont marquées d’un certain pessimisme.

Les indices PMI “flash” pour le mois en cours témoignent d’une contraction plus importante de l’activité en zone euro et en France tandis qu’en Allemagne, l’indice composite a reculé à son plus bas niveau depuis sept mois.

Les Bourses européennes ont fini en baisse vendredi. À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,56%. Le Footsie britannique a cédé 0,3% et le Dax allemand a perdu 0,24%. /Photo prise le 4 novembre 2020/REUTERS/Kai Pfaffenbach

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,56% à 5.559,57 points, un plus bas depuis le 6 janvier. Le Footsie britannique a cédé 0,3% et le Dax allemand a perdu 0,24%.

L’indice EuroStoxx 50 a reculé de 0,44%, le FTSEurofirst 300 de 0,61% et le Stoxx 600 de 0,57%.

Les places européennes étaient déjà dans le rouge avant ces statistiques, rattrapées par les inquiétudes quant à la reprise économique face à la multiplication des mesures restrictives.

La Commission européenne a proposé jeudi aux chefs d’Etat et de gouvernement d’identifier les plus importants foyers épidémiques où les voyages seront déconseillés, la France va rendre obligatoires les tests PCR pour les voyageurs entrant sur son territoire et Joe Biden a promulgué un décret imposant une quarantaine aux passagers des vols internationaux à leur arrivée aux Etats-Unis.

Dans ce contexte, le rebond de l’économie pour cette année s’annonce moins important que prévu et il faudra attendre 2022 pour retrouver le niveau d’avant-crise, montre une enquête publiée par la Banque centrale européenne (BCE).

Marchés financiers : le trading traverse la Manche

Marchés financiers : le trading traverse la Manche

Environ 6 milliards d’euros d’échanges ont d’un seul coup traversé la Manche. Près d’un quart du volume quotidien d’ordinaire échangé à Londres et ce n’est qu’un début… À comparer au milliard d’euros de marchandises qui traversent chaque jour la frontière à bord de camions. Cela montre à quel point l’accord post-Brexit, accouché au forceps à la veille de Noël, est loin de couvrir l’ensemble de la relation économique.

Ce «big bang» financier concernait les échanges d’actions d’entreprises européennes, comme Deutsche Bank, Total ou LVMH,

Brexit: danger sur les marchés financiers

Brexit: danger sur les marchés financiers

 

Il y a forcément danger pour les marchés financiers en particulier à Londres concernant les actifs, actions et dérivés, libellés en euros . En effet le basculement aura lieu brutalement le 1er janvier. On risque alors pour Londres de se rendre compte de l’intérêt de transfert d’activité vers le marché européen, Francfort ou Paris par exemple.

Si l’accord conclu la semaine dernière par Londres et Bruxelles fixe des règles claires pour des secteurs comme la pêche et l’agriculture, il ne concerne pas le secteur financier britannique, ce qui le prive d’un accès automatiques aux marchés de l’UE dès le 1er janvier. Un accord devrait intervenir le moment venu concernant le marché financier entre le Royaume-Uni et l’union européenne mais pas avant des semaines voire des mois.

“Il s’agit d’un événement de l’ordre du big-bang et c’est un élément que le marché n’a pas encore complètement intégré”, a déclaré à Reuters Alasdair Haynes, directeur général de la plate-forme de transactions Aquis Exchange, basée à Londres.

“Tout va changer en une journée à peine, littéralement, et il faut prier Dieu pour que rien d’extraordinaire ne se produise sur le marché qui générerait des volumes importants.”

Des deux côtés de la Manche, les autorités financières se préparent donc à surveiller attentivement la réouverture des marchés lundi prochain, 4 janvier, à l’affût d’éventuels mouvements désordonnés.

Dès lundi en effet, les banques de l’UE devront traiter les actions libellées en euros au sein de l’Union, ce qui les obligera à transférer vers le continent les opérations réalisées jusqu’à présent sur des plates-formes basées à Londres, qu’elles soient exploitées par CBOE Europe, Aquis Exchange, Turquoise (filiale de London Stock Exchange Group) ou Goldman Sachs.

Ces dernières traitent pour l’instant la majeure partie des transactions transfrontalières sur les actions au sein de l’UE, soit quelque 8,6 milliards d’euros par jour en octobre, un quart environ du montant total des transactions sur actions en Europe selon des données de CBOE.

CBOE espère que sa chambre de compensation basée à Amsterdam récupérera une partie de l’activité réalisée pour l’instant par ses concurrents à Londres. Aquis, de son côté, prévoit de réaliser à terme la moitié de son activité dans l’UE.

Goldman Sachs s’attend à ce que la moitié des échanges d’actions réalisés sur sa plate-forme Sigma-X se déplace de Londres vers son “hub” parisien.

Pour ce qui est des produits dérivés en euros traités pour l’instant à Londres, qui représentent des milliers de milliards d’euros de transactions, la Banque d’Angleterre (BoE) a mis en garde contre de possibles perturbations sur les swaps de taux d’intérêt, qui pourraient conduire la Grande-Bretagne à assouplir ses restrictions en la matière.

Erik-Jan van Dijk, responsable trésorerie et dérivés d’Achmea Investment Management, explique que les autorités concernées ont déjà pris des mesures pour réduire les risques en autorisant les banques de l’UE à poursuivre temporairement la compensation de leurs dérivés à Londres, alors qu’elles devraient en théorie la réaliser dans leur pays d’origine.

Mais le transfert de Londres vers l’UE devra finir par se faire, ce qui pourrait désavantager certaines contreparties britanniques.

“Nous pourrions maintenir certaines positions existantes au Royaume-Uni et nous pourrions choisir de ne pas faire affaire avec ces contreparties britanniques à l’avenir”, explique ainsi Erik-Jan van Dijk.

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, a déclaré que tout l’arsenal dont dispose la banque centrale serait disponible en cas de besoin, mais les autorités ont jusqu’à présent dit ne s’attendre à aucune menace réelle pour la stabilité financière.

“Ce n’est pas le début de la fin de Londres mais c’est plutôt embarrassant et c’est un enjeu énorme pour la Grande-Bretagne”, estime Alasdair Haynes chez Aquis.

Forte interrogation des marchés financiers sur la croissance

Forte interrogation des marchés financiers sur la croissance

 

Il faudra s’habituer à des mouvements de yo-yo sur une tendance baissière de la part des marchés financiers qui s’interrogent sur la réalité de la reprise qui s’est enrayée en septembre. En cause, notamment les inquiétudes sur la crise sanitaire mais pas seulement. Faut-il rappeler  que l’économie mondiale était déjà sur une tendance baissière 2019.

 

Les indices d’activité PMI parus mercredi en Europe et aux Etats-Unis ont montré que la récente reprise économique avait calé en septembre, notamment dans les services. Les nouvelles mesures de restriction prises pour tenter d’endiguer la

pandémie de coronavirus dans plusieurs pays européens, comme le Royaume-Uni et la France, expliquent ce coup d’arrêt.

Les investisseurs suivront donc avec attention la publication dans la matinée des indices du climat des affaires en France (6h45 GMT) et en Allemagne La Bourse de New York a fini en forte baisse mercredi, pénalisée par un regain d’inquiétude sur l’état de l’économie américaine et par l’absence d’avancées au Congrès sur le renforcement du soutien à l’activité.

L’indice Dow Jones a cédé 1,92% à 26.763,13 points et le S&P-500  a perdu 2,37%, à 3.236,92 points.

De son côté, le Nasdaq Composite a chuté de 3,02% à 10.632,99.Le dollar se maintient à un plus haut de deux mois face aux autres grandes devises de référence, soutenu par son statut d’actif refuge sur fond de craintes sur la reprise économique mondiale.

La dégradation de la situation économique et sanitaire en Europe pénalise en outre l’euro, qui reste sur un plus bas depuis la fin juillet face au dollar, autour de 1,165.Sur le marché obligataire, le rendement des Treasuries à dix ans*recule de près d’un point de base, à 0,6692% et celui de son équivalent allemand*perd près de deux points de base, à -0,518%.

 

Les cours du brut baissent, pénalisés par les inquiétudes pour la demande et le renchérissement du dollar. Le baril de Brent recule de 0,7% à 41,48 dollars et celui du brut léger américain (WTI) perd 0,9% à 39,59 dollars.

Marchés financiers très chahutés

Marchés financiers très chahutés

Les marchés financiers n’en finissent pas de passer alternativement d’un optimisme surjoué à un pessimisme  inquiétant. D’où des mouvements de yo-yo qui secouent  les valeurs. Un mouvement de yo-yo qui devrait caractériser la tendance pendant de nombreuses semaines et de nombreux mois sur fond baissier. En une journée sur les différentes places financières , on a enregistré une baisse de 3 à presque 4 %. Les craintes concernent la détérioration de la crise sanitaire qui pourrait porter un nouveau coup d’arrêt à la croissance économique. De quoi enfoncer encore un peu davantage des secteurs très touchés comme le transport aérien, la construction aéronautique, le tourisme, certains services , la publicité et les médias par exemple

À Paris, le CAC 40 a perdu 186,14 points, soit 3,74%, sa plus forte baisse en pourcentage depuis le 11 juin, pour finir à 4.792,04 points, son plus bas niveau de clôture depuis le 1er juin.

A Londres, le FTSE 100 a cédé 3,46% et à Francfort, le Dax a reculé de 4,37%. L’indice EuroStoxx 50 a abandonné 3,74%, le FTSEurofirst 300 3,23% et le Stoxx 600 3,24%, sa plus mauvaise performance sur une séance depuis le 11 juin également.

La situation n’était guère plus brillante à Wall Street au moment de la clôture en Europe puisque le Dow Jones perdait 2,99%, au plus bas depuis le 4 août, tandis que le Standard & Poor’s 500 lâchait 2,26% et le Nasdaq Composite 2,09%.

«Marchés financiers: ETF , danger !»

«Marchés financiers:  ETF , danger !»

Denis Alexandre consultant fintech et risque, fondateur de DAAdvisor attire l’attention sur le danger des ETF dans une chronique de l’opinion. ETF est l’acronyme anglais de Exchanged Traded Funds. En France, les ETF sont plus couramment désignés sous le terme de trackers. Les trackers sont de véritables fonds indiciels côtés en bourse qui répliquent la performance d’un indice, comme par exemple le CAC 40 ou l’Euronext 100. Encore peu connus du grand public, les ETF (pour Exchange-Traded Fund) ou fonds indiciels cotés, aussi appelés trackers, cachent sous un nom compliqué un moyen simple et efficace d’investir en bourse

tribune

 

 

La crise de la Covid fait aussi des gagnants dans le monde de la finance. L’application Robinhood a, par exemple, permis à de nombreux traders novices, appâtés par la facilité et le faible coût de l’opération, d’acquérir des actions sans même savoir dans quoi ils investissaient…

Les émetteurs d’ETF (exchange traded funds) ont eux aussi crié victoire en constatant une augmentation très importante des actifs sous gestion avec des souscriptions en 2020 de 111 milliards de dollars sur les actions et 150 milliards de dollars sur les produits de taux.

Mais cet engouement pour les ETF, renforcé par la crise sanitaire, ne reflète-il pas un phénomène « à la Robinhood » ? Les investisseurs, à même de se positionner rapidement, simplement et à bas coût sur une classe d’actif, ne se sont-ils pas laissés aveugler de la même façon ?

Revenons un peu en arrière.

Dans le monde de la gestion d’actifs, les ETF et la gestion passive sont les grands vainqueurs des trois dernières décennies, se développant sur un nombre de plus en plus grand de classes d’actifs.

Frayeurs. Les premiers à voir le jour, les ETF Actions, ont été plébiscités du fait de la simplicité du concept (acheter tout un indice comme on achète une action). Mais l’investisseur comprend qu’il s’en remet aveuglément à un comité d’experts en charge de définir ces indices ?

En 2019, MSCI a dû décider de quelle façon inclure les actions chinoises dans son indice Emergent ; le risque étant que cet indice devienne du jour au lendemain un indice à 40 % d’actions chinoises, dont on connaît la transparence…

Les critères d’entrée dans le S&P500, dont pour mémoire 25 % de la composition repose sur les Gafam, permettraient à Tesla d’y faire son apparition ; si tel est le cas, les investisseurs dans ces ETFs auront « la chance » d’acheter cette valeur à une valorisation supérieure à celle de GM, Ford, Fiat Chrysler et Toyota réunis. Cela n’est pas sans rappeler les porteurs d’ETF du DAX qui ont investi dans WireCard en septembre 2018 à son plus haut historique.

Plus proche de nous, en achetant l’ETF CAC 40, on investit dans Hermès à soixante fois les bénéfices, avec des analystes qui peinent à justifier ce niveau stratosphérique de valorisation.

Les ETF obligataires ont connu un développement plus récent, mais également spectaculaire. Beaucoup d’experts prédisaient un krach sur ces ETFs le jour d’une crise obligataire, car la liquidité sur les obligations sous-jacentes était devenue bien inférieure à celle des ETFs. Pour diverses raisons, dont bien sûr l’intervention des banques centrales, ce phénomène n’a pas eu lieu. Le discours consiste aujourd’hui à dire que l’ETF représente mieux la valeur des obligations que les obligations elles-mêmes. Mais là aussi l’investisseur ne fait plus aucune différence sur le crédit et la spécificité de chaque émetteur.

Les promoteurs de CryptoCurrencies cherchent aussi à créer les premiers ETFs sur le Bitcoin, ce qui permettrait ainsi d’acheter très facilement ce type d’assets. La SEC a pour le moment refusé l’autorisation…

Les ETFs sur matières premières ont quant à eux donné quelques frayeurs. Les investisseurs qui cherchaient une exposition sur le pétrole se sont rués sur l’ETF USO sans comprendre sa politique d’investissement sur le marché des futures ; cela a provoqué ce phénomène exceptionnel de prix négatif du pétrole.

Ces phénomènes techniques risquent de se reproduire sur l’or. L’ETF (GLD), très à la mode dans un contexte de taux nul et de risque potentiel inflationniste, a connu une progression spectaculaire depuis le début de l’année, tant en valeur qu’en encours ; ceux-ci sont comparables aux réserves de métal jaune des banques centrales japonaise, anglaise et indienne.

Les promoteurs de CryptoCurrencies cherchent aussi à créer les premiers ETFs sur le Bitcoin, ce qui permettrait ainsi d’acheter très facilement ce type d’assets. La SEC a pour le moment refusé l’autorisation…

Retour de bâton. Si bien sûr les ETF représentent une innovation majeure, il faut bien prendre conscience de leurs effets de bord :

— La capacité d’investir sur toutes classes d’actif sans disposer d’une quelconque expertise, phénomène à fort risque de bulle ;

— La décorrélation entre la valeur fondamentale d’une société ou d’un émetteur et sa valeur de cotation, le facteur indiciel l’emportant.

— La difficulté pour la gestion active de survivre dans ce contexte autoréalisateur : la surperformance de la gestion passive, entraîne de nouveaux flux vers l’indiciel ce qui engendra la surperformance…

Il est dommage que les banques centrales comme la Fed (sur les indices obligataires) ou la Banque du Japon (sur les indices actions) aient décidé pour soutenir les marchés d’utiliser les ETFs, et d’amplifier ainsi ce phénomène. Si un jour ces achats s’arrêtent, le retour de bâton pourra s’avérer dangereux pour les porteurs d’ETF. Espérons qu’il y aura encore de la gestion active capable d’investir dans les actifs de qualité qui seront liquidés sans différentiation par la gestion indicielle, et que les autorités de régulation auront trouvé des garde-fous pour que la « gestion » ne repose pas que sur la composition d’indices.

Denis Alexandre est consultant fintech et risque, fondateur de DAAdvisor.

Le doute des marchés financiers

Le doute des marchés financiers

 

 

Tous les jours ou presque, en tout cas un jour sur deux, on annonce des records de cotation sur les marchés financiers aux États-Unis mais également en France. Bien entendu il s’agit de bulles qui présagent des reculs équivalents  à prévoir. Après le gonflement artificiel des indices, une tendance baissière est incontournable. Certes il y a quelques mouvements de yo-yo qui correspondent à la spéculation classique mais globalement il faut s’attendre à une tendance baissière en prévision de la publication des résultats économiques du second semestre 2020 et du début de l’année 2021. Ainsi hier aux États-Unis, le Dow Jones Industrial Average s’est enfoncé de 2,78% à 28.292,73 points. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a plongé de 4,96% à 11.458,10 points et l’indice élargi S&P 500 a chuté de 3,51% à 3.455,06 points. Selon Quincy Krosby de Prudential Financial, «le marché boursier a connu ces dernières semaines une croissance trop explosive, était surévalué et devait s’attendre à un repli.» Mercredi, le Nasdaq et le S&P 500 avaient de nouveau battu leurs records. Le Dow Jones avait lui achevé lundi son meilleur mois d’août depuis 1984 et s’était rapproché de son plus haut historique.

Depuis leur plongeon de la mi-mars et malgré quelques accidents de parcours, les grands indices new-yorkais ont entamé une remontée spectaculaire. Ces progressions sont d’autant plus étonnantes que l’économie américaine reste particulièrement fragilisée par les conséquences de la pandémie de Covid-19 et que la crise sanitaire est loin d’être jugulée dans le pays.

Marchés financiers : poursuite du yo-yo

Marchés financiers : poursuite du yo-yo

 

Les marchés financiers traduisent finement les incertitudes relatives à l’économie en se caractérisant par des mouvements de yo-yo.  Pas vraiment étonnant car le vent d’optimisme est souvent contrarié le lendemain par un courant pessimiste. La vérité c’est qu’on ne connaît pas encore réellement l’ampleur de la baisse d’activité 2020 et surtout son incidence sur 2021. La question est de savoir quand on retrouvera le niveau de 2019 soit début 2022 soit plus tard en 2025 par exemple. Or personne ne peut le prévoir sérieusement car déjà tendanciellement la croissance était déjà à la baisse fin 2019 pour des raisons structurelles.

Le mois d’août se solde par une hausse de 3,42% pour le CAC 40 et de 2,86% pour le Stoxx 600, qui ramène ainsi à 11,86% sa baisse depuis le début de l’année. Il a notamment été marqué par un rebond de près de 15% du secteur européen du transport et du tourisme, illustration des espoirs de retour progressif à la normale de la vie économique après le choc du confinement quasi général.

Sur le marché des devises, le dollar reste orienté à la baisse face aux autres grandes devises (-0,27%) en l’euro en profite pour remonter au-dessus de 1,1950 dollar après avoir touché 1,1965, son plus haut niveau depuis mai 2018.

L’”indice dollar”, qui mesure les fluctuations de la monnaie américaine face à un panier de référence, s’achemine vers un recul de 1,3% en août, son quatrième mois consécutif de baisse, un mouvement alimenté notamment par l’anticipation d’une prolongation de la stratégie ultra-accommodante de la Réserve fédérale, renforcée par les annonces de cette dernière jeudi dernier.

Sur les marchés obligataires européens, la tendance reste à la remontée des rendements: celui du Bund allemand à dix ans, référence pour l’ensemble de la zone euro, finit la journée à -0,394%, en hausse d’un peu plus d’un point de base par rapport à vendredi et de près de 14 points sur l’ensemble du mois d’août.

De l’autre côté de l’Atlantique, le rendement des Treasuries à dix ans retombe sous 0,71%, en recul de près de deux points.

Le Brent gagne 0,28% à 45,94 dollars le baril après avoir atteint son plus haut niveau depuis mars à 46,53 et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 0,4% à 43,14 dollars. En l’état de l’équilibre offre demande, sauf événement géostratégique, le cours du baril ne devrait pas dépasser 50 $ pendant assez longtemps.

La déconnexion économie réelle marchés financiers (Jézabel Couppey-Soubeyran )

La déconnexion économie réelle marchés financiers (Jézabel Couppey-Soubeyran )

 

 

Pour Jézabel Couppey-Soubeyran , économiste,  la crise sanitaire n’a fait que le confirmer : ce ne sont pas les hauts et les bas de l’économie réelle qui rythment les marchés financiers mais les banques centrales et les transactions financières.( le Monde)

 

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Wall Street n’a plus que faire de Main Street. Avec la crise sanitaire, la déconnexion entre les Bourses et l’économie réelle a tombé le masque. Les premières ont, certes, plongé à une vitesse inédite à l’annonce des mesures de confinement, mais quelques semaines plus tard, elles avaient presque toutes effacé leurs pertes. A quoi carburent les Bourses mondiales aujourd’hui ? Certainement pas au suivi de la pandémie par l’Organisation mondiale de la santé ou aux prévisions de (dé) croissance du Fonds monétaire international ! Bien davantage à ce que disent ou font les banques centrales, avec, à la clé, le paradoxe suivant : plus ces dernières cherchent à agir sur l’économie réelle par le biais des marchés financiers, moins elles y parviennent.

La déconnexion entre les Bourses et l’économie réelle ne date pas de la crise sanitaire. Elle s’est opérée au cours des dernières décennies, à mesure que l’économie s’est financiarisée, c’est-à-dire que les activités bancaires et financières y ont pris une place croissante jusqu’à la démesure et la dissociation totale de leurs métriques d’avec celles de la sphère réelle : les dizaines de milliers de milliards de dollars du commerce international et du produit intérieur brut mondial ne pèsent plus grand-chose face aux centaines, voire aux milliers de milliers de milliards de dollars des transactions financières ; les années et les trimestres des comptes nationaux sont des éternités à l’aune des millisecondes que les traders à haute fréquence cherchent à gagner les uns sur les autres.

La crise sanitaire n’a fait que le confirmer : ce ne sont pas les hauts, et, en l’occurrence, les bas, de l’économie réelle qui rythment les marchés financiers. Certes, les Bourses ont plongé en même temps qu’il a fallu se confiner et que la mise à l’arrêt de l’économie faisait fatalement anticiper la récession. Leur plongeon a même été d’une brutalité sans précédent. Comme le relèvent Gunther Capelle-Blancard et Adrien Desroziers (« Bourses : le Covid-19 aura encore confirmé la déconnexion avec l’économie réelle »The Conversation, 17 juin), le S&P 500, l’un des indices boursiers américains les plus suivis, a perdu entre mi-février et mi-mars environ un tiers de sa valeur, autant qu’en un an lors de la crise des subprimes en 2007. Mais très rapidement, même si le yoyo habituel des cours boursiers n’a évidemment pas disparu, la tendance est redevenue haussière, rapprochant cyniquement la courbe des indices boursiers de celle des contaminations plutôt que de celle de la production ou de la consommation, en chute libre. »

 

Marchés financiers : une sévère correction à venir avec les contradictions de la cote

Marchés financiers : une sévère correction à venir avec les contradictions de la cote

 

 

C’est un ancien du FMI qui le dit il y a quelque chose qui ne fonctionne pas par la cohérence entre les réalités économiques et les évolutions des cotations Il est clair qu’on constate une nette contradiction entre la remontée des cours boursiers et la dégradation économique et sociale. Même si les perspectives économiques ne paraissent pas aussi noires que dans les scénarios les plus pessimistes ,il n’empêche que la croissance en 2020 subira une chute importante qui ne sera même pas compensée par celle de 2021. D’où un décalage incompréhensible entre ces deux tendances. Peut-être certains hypothèquent-t-ils sur les énormes gains de productivité qui pourraient être fait grâce aux plans de licenciement qui compenseraient alors plus que largement la baisse de la demande. Le problème c’est que les croissances internationaux sont surtout alimentées par la demande intérieure. Pourtant la baisse attendue du pouvoir d’achat moyen risque de porter atteinte au niveau global  de la demande, donc au niveau de l’activité et des rentabilités en attendre. «Au milieu de la tragédie humaine et de la récession économique causées par la pandémie, la récente augmentation de l’appétit pour le risque sur les marchés financiers a retenu l’attention des analystes», résument dans un blog Tobias Adrian, conseiller financier du FMI, et Fabio Natalucci, responsable du GFSR. Ils s’inquiètent du fait que les investisseurs semblent parier sur une aide «solide et durable des Banques centrales qui soutiendra une reprise rapide, même si les données économiques indiquent une récession plus profonde que prévu». Le FMI a prévenu mercredi que la récession mondiale en 2020 serait plus sévère qu’estimé en avril (-4,9%) et il observe une reprise plus lente que prévu au début du troisième trimestre.

«Cette divergence fait naître le spectre d’une nouvelle correction des prix des actifs à risque si l’attitude des investisseurs changeait, menaçant la reprise», ajoutent-ils. C’est à la mi-mars qu’à Wall Street l’indice vedette, le Dow Jones, est entré en «bear market», c’est à dire une tendance à la baisse, perdant plus de 30% par rapport à son dernier record. Mais à partir de fin mars/début avril, les indices ont entamé une nette remontée. La hausse est depuis presque ininterrompue en dépit de petits creux mi-avril, mi-mai et début juin.

Le soutien «sans précédent» et «non conventionnel» des autorités qui ont déployé liquidités, prêts et taux d’intérêt bas, «a sans aucun doute amorti l’impact de la pandémie sur l’économie mondiale et atténué le danger immédiat pour le système financier mondial», selon le GFSR. Mais la dette des entreprises, qui était déjà élevée avant la pandémie, après une décennie de taux d’intérêt bas, a maintenant atteint des «niveaux historiquement élevés» et la dette des ménages augmente également, ce qui pourrait créer des problèmes si les emprunteurs ne sont pas en mesure de rembourser dans un contexte de lente reprise, relève le rapport.

Si l’aide des gouvernements et des banques centrales était incontournable pour éviter des vagues encore plus grandes de licenciements et de faillites, la facilité d’obtention des crédits, pourrait entraîner des «effets pervers», mettent-ils en garde.

Réouverture de tous les marchés (Didier Guillaume)

Réouverture de tous les marchés  (Didier Guillaume)

 

Le secteur de l’horticulture, du maraîchage connaît une véritable catastrophe avec l’impossibilité d’écouler ses produits. Des produits qui ont sollicité de la manœuvre, des matières premières et même de la fiscalité mais qui pour une part doivent être détruits faute de possibilité d’écoulement. Ainsi sur les marchés où  les magasins spécialisés on ne trouve qu’une très petite partie de la production classique. De ce fait à juste titre,  le ministre de l’agriculture réclame l’ouverture de tous les marchés. Il est vrai qu’au début l’organisation des marchés était particulièrement anarchique. Depuis les conditions d’accès aux marchandises s’effectue dans les mêmes conditions et même mieux que dans les grandes surfaces avec des règles strictes aussi bien de pénétration sur les marchés que d’accès aux étals, sans parler des règles de circulation très rigoureuse.

“Je suis favorable à l’ouverture de tous les marchés en plein air et de toutes les halles alimentaires”, a-t-il déclaré sur France 3. “J’appelle les maires de France et les préfets à inciter à rouvrir ces marchés”, à “condition qu’il y ait le respect des normes sanitaires”.

“Le marché, c’est le lieu où les personnes âgées notamment vont acheter leurs poireaux, deux pommes de terre, une salade (…) et puis surtout le marché c’est l’endroit où l’agriculture française passe 30 % de sa production de frais, de fruits et légumes”, a-t-il fait valoir.

Epargnés dans un premier temps par les mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, les 10.000 marchés alimentaires de France avaient été contraints de fermer le 24 mars après la diffusion d’images sur les réseaux sociaux de personnes ne respectant pas la “distanciation sociale” sur certains marchés. Cette décision avait suscité l’indignation notamment de la Fédération des marchés de France qui avait dénoncé une “inégalité de traitement” entre la grande distribution et les marchés de rue.

Depuis, des dérogations ont été accordées au cas par cas par certaines préfectures sur la base d’un guide de bonnes pratiques sanitaires mis au point après d’intenses discussions entre le gouvernement, la fédération des marchés de France et la FNSEA notamment.

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