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Italie : la victoire du populisme, pourquoi ? (Marc Lazar)

Italie : la victoire du populisme, pourquoi ? (Marc Lazar)

Marc Lazar, professeur d’histoire et de sociologie politique à Sciences Po  explique les enjeux du populisme en Italie dans une interview au Figaro (extraits)

Pourquoi les populismes italiens rencontrent-ils un tel succès ?

Les populismes sont multiples en Italie. Il y a par exemple le populisme de l’entrepreneur Silvio Berlusconi, qui toutefois ne se résume pas à cette seule caractéristique. Le populisme de droite extrême de la Ligue du Nord et des Frères d’Italie. Le populisme inclassable, attrape-tout, mêlant l’horizontalité de la toile à la verticalité des chefs, du Mouvement 5 étoiles. Les populismes prospèrent sur la profonde crise de défiance envers la politique, l’euroscepticisme croissant et la situation sociale, un chômage élevé, des inégalités de toute nature qui se creusent, la pauvreté qui s’étend et l’immense inquiétude des Italiens, leurs peurs, leurs angoisses face à l’immigration et les arrivées de flux de migrants. Non seulement les populistes exploitent ces motifs d’exaspération mais, délibérément, ils ne cessent de les amplifier car ils savent que cela leur profite.

Quel est le bilan de la précédente législature sur le plan politique et économique ?

Trois gouvernements se sont succédés grâce à une alliance parlementaire associant le centre gauche et quelques regroupements d’élus centristes. Celui d’Enrico Letta (avril 2013-février 2014), celui de Matteo Renzi (février 2014-décembre 2016) et celui de Paolo Gentiloni (commencé en décembre 2016 et toujours en activité actuellement quand bien même le Président du Conseil et nombre de ses ministres sont candidats pour ce scrutin). Cette législature a été active. Ces exécutifs ont agi sur de nombreux sujets. Par exemple, ils ont aboli le financement public des partis politiques, adopté une loi condamnant fermement les auteurs de violences au sein des familles et contre les femmes, réformé le marché du travail et l’école, instauré la reconnaissance juridique des couples du même sexe, accordé 80 euros à 11 millions d’Italiens gagnant moins de 1.500 euros par mois, donné 500 euros à tout jeune le jour de ses 18 ans afin qu’il les utilise pour des dépenses culturelles, alloué près de 20 milliards d’euros pour sauver les banques italiennes, pris des mesures pour tenter de réguler les flux de migrants et agi en faveur de l’industrie et du développement du numérique.
Toutes ces dispositions n’ont pas toujours obtenu un large consensus. Au contraire, celle dite du « Jobs act » et celle concernant l’école publique, toutes les deux promulguées par Matteo Renzi, ont provoqué des manifestations de protestation d’une partie des forces syndicales. Le même Matteo Renzi a subi une défaite cinglante avec son référendum sur la réforme constitutionnelle du 4 décembre 2016 qui visait à sortir du bicaméralisme intégral en réduisant les pouvoirs du Sénat, en changeant son mode de désignation et en modifiant sa composition : 59% d’Italiens ont voté non, entraînant la démission de son initiateur de la présidence du Conseil et de celle de son poste de secrétaire du PD qu’il a néanmoins reconquis à la faveur d’une primaire en juin 2017. Néanmoins, sur le plan économique, la croissance italienne est en train de repartir. Le FMI prévoit un taux de croissance de 1,5%, le déficit public reste inférieur à 3% du PIB, la balance commerciale est excédentaire et la confiance revient chez les chefs d’entreprises. Il reste parmi eux de nombreux points noirs, la colossale dette publique italienne, 131,6% du PIB.

Pourquoi ces élections représentent-elles un enjeu important à l’échelle européenne ?

L’Italie a longtemps été un pays europhile. Elle est devenue un pays eurosceptique. Les Italiens sont désormais plus eurosceptiques que les Français. Et des partis ont fait de l’euroscepticisme l’une de leurs grandes ressources politiques : la Ligue du Nord, Frères d’Italie, le Mouvement 5 étoile et une partie de la petite coalition de la gauche de la gauche, qui s’appelle Libres et égaux. Aux lendemains du 5 mars, ces eurosceptiques pèseront lourd dans le Parlement italien. Et si le centre droit obtient une majorité de sièges, le gouvernement qu’il composera oscillera entre des positions souverainistes et des positions pro-européennes au sein de Forza Italia. Cela nuirait à la crédibilité de l’Italie au sein de l’Union européenne. En fait, la question est de savoir si l’Italie restera ce grand pays qui a toujours joué un rôle important en Europe ou si elle prendra un peu de distance par rapport au projet européen.

Pourquoi ces élections représentent-elles un enjeu pour la France à la fois sur le plan économique et sur le plan politique ?

Sur le plan économique, le résultat de ces élections n’aura guère d’impact pour la France, 2ème partenaire commercial de l’Italie, comme l’Italie est notre deuxième partenaire commercial. Business is business. Sauf évidemment, si l’Italie en venait à avoir un gouvernement composé du Mouvement 5 étoiles, de la Ligue du Nord, d’une partie de la gauche de la gauche qui penserait à une sortie de l’euro. Mais c’est quasiment impossible. Peut-être, également, un gouvernement de centre droit protesterait contre la trop grande présence française en Italie, selon lui. Mais sans conséquence grave. En revanche, si l’Italie a un gouvernement de centre droit, ou pire un gouvernement avec le Mouvement 5 étoiles, les projets d’Emmanuel Macron pour  relancer l’Union européenne, en s’appuyant d’abord et avant tout sur l’Allemagne mais aussi sur l’Italie, seraient entravés du côté de Rome.

La crise de la grande distribution (Marc Filser)

La crise de la grande distribution  (Marc Filser)

 

 

Marc Filser, directeur du centre de recherche en marketing à l’Institut d’administration des entreprises (IAE) de Dijon analyse la crise de la grande distribution dans la Tribune.

 

 

Quels distributeurs vous semblent le mieux répondre aux nouvelles exigences des consommateurs ?

MARC FILSER - Dans le palmarès OC & C [des enseignes préférées des consommateurs ndlr], Amazon est premier, suivi de Picard puis de Grand Frais. Il s’agit d’un pure player et de deux enseignes de niches très spécialisées qui apportent une vraie expérience au consommateur. Picard offre des produits très hédoniques, très gratifiants. De son côté, Grand Frais taille des croupières aux rayons fruits et légumes des grandes surfaces parce qu’il apporte une vraie valeur ajoutée : de très bons produits, et beaucoup de personnel au mètre carré pour vous renseigner. Les enseignes qui ont le plus à craindre d’Internet, ce sont des magasins qui sont des sortes d’entrepôts dans lesquels le consommateur ne trouvera jamais tout le choix auquel il s’attend.

Les hypermarchés sont-ils donc les plus menacés ?

L’hypermarché se porte mal depuis bien plus longtemps que l’existence d’Internet. À l’origine, la promesse de l’hypermarché, c’était « tout sous le même toit ». Leur modèle économique a commencé à souffrir quand les grandes surfaces spécialisées se sont développées, notamment dans le bricolage et le textile.

Le consommateur en 2018 cherche avant tout à s’appuyer sur la consommation pour construire son identité, se différencier. Ce n’est pas en hypermarché qu’il va trouver de quoi se différencier. S’il n’y a pas la profondeur du choix, il ira dans des magasins spécialisés – où il peut toucher les produits – et sur Internet. Sur l’alimentaire, l’hypermarché se trouve aussi concurrencé par des enseignes comme Lidl, qui est monté en gamme avec la promesse prix en plus.

Quelles enseignes offrent une expérience nouvelle aujourd’hui ?

Je trouve Søstrene Grene extraordinaire. Cette enseigne danoise de décoration a une politique d’implantations massives en Europe. En France, elle est présente au Forum des Halles à Paris et commence à s’attaquer à la province. Søstrene Grene signifie les « soeurs Grene ». Elle explique qu’en 1973, deux soeurs danoises, ne trouvant pas les produits dont elles avaient besoin pour la maison, se sont mises à en fabriquer. Les magasins, de petites surfaces très attractives, racontent l’histoire des produits. Ça, c’est du marketing expérientiel.

Il y a aussi Leroy Merlin, très expérientiel dans les secteurs décoration et bricolage. L’enseigne arrive en outre à proposer du multicanal assez convaincant : vous pouvez préparer l’achat sur Internet, réserver les produits.

Dans l’alimentaire, outre Picard et Grand Frais, ce que fait Monoprix, en essayant de proposer des parcours clients les plus fluides possible, est intéressant. Le cauchemar des détaillants, c’est le passage en caisse. Beaucoup de monde fantasme aujourd’hui devant Amazon Go (magasin sans caisses). C’est un modèle très séduisant sur le plan technologique mais qui coûte une fortune et qui sera sans doute difficile à déployer à grande échelle à court terme.

Vous avez travaillé sur la dimension affective des actes d’achat, comment intervient-elle encore lors des achats ?

J’ai récemment dirigé une thèse portant sur le souvenir de l’expérience en magasin. Des consommateurs sortant d’enseignes spécialisées – à plus fort contenu émotionnel que des généralistes – étaient interrogés juste après leur visite, à nouveau au bout de deux semaines puis après deux mois.

Résultat : ce qui reste, ce sont les interactions avec les produits et avec le personnel. C’est une bonne nouvelle pour les magasins physiques, parce que cela n’existe pas sur Internet. Si un magasin veut renforcer son impact à long terme auprès des consommateurs, il faut qu’il améliore la théâtralisation du point de vente, que le personnel de vente joue un rôle actif pour accompagner le consommateur.

Les données sont-elles vraiment le nouveau nerf de la guerre dans le commerce ?

C’est le credo du moment. Il y a probablement beaucoup de ressources à tirer de la manipulation des données. Si les distributeurs français exploitent intelligemment leurs cartes de fidélité, ils pourraient améliorer l’efficacité de leurs actions promotionnelles. La loi les y incitera peut-être. On orientera peut-être les budgets promotionnels vers des actions ciblées. Économiquement, cela aurait du sens, parce qu’aujourd’hui les promotions lourdes permettent aux acheteurs habituels d’acheter moins cher. Il y a peu de conquêtes de nouveaux acheteurs, ce qui est une aberration. Ensuite, il y a les modèles prédictifs. Aux États-Unis, Target serait capable d’identifier dans sa base clientèle des femmes enceintes en corrélant des données sur les achats effectués. Peut-être arriverons-nous à cela. Cela nécessite une structure des bases de données colossale. Cela pose aussi de redoutables problèmes. La Cnil [Commission nationale informatique et libertés, ndlr]risque de regarder cela d’un oeil très critique.

Le consommateur a-t-il vraiment repris le pouvoir, comme le disent certaines enseignes ?

Il en a toujours eu ! Son premier pouvoir, c’est le pouvoir d’achat. Maintenant, si un leader d’opinion poste des commentaires sur une enseigne sur Facebook ou Twitter, cela aura de l’impact. Concernant la publicité ciblée, si elle répond aux besoins du consommateur, ce n’est pas mal. Par exemple, il pourrait être intéressant, au lieu de recevoir dans sa boîte aux lettres un catalogue de 80 pages de promotions qui finira au recyclage, d’avoir un SMS qui prévient, deux ans après l’achat, qu’il serait temps de changer les filtres de son aspirateur. Là où ça va être une révolution culturelle, pour les agences de communication comme pour les marques et les enseignes, c’est qu’il va falloir envisager un mode de consommation totalement différent.

Affaire Fillon : Marc Ladreit de Lacharrière mis en examen

Affaire Fillon : Marc Ladreit de Lacharrière mis en examen

Pénélope, inconnue du directeur de la revue où elle était censée travailler,   aurait produit trois petites notes seulement en étant rémunéré 5000   euros par mois ; ce qui vaut propriétaire de la Revue des deux mondes, Marc Ladreit de Lacharrière, d’être mis en examen. Il a été entendu vendredi 12 mai par les trois juges d’instruction du pôle financier parisien, avant d’être mis en examen pour abus de biens sociaux, selon une information du JDD dont franceinfo a eu confirmation. Les magistrats reprochent à Marc Ladreit de Lacharrière d’avoir versé un salaire à Penelope Fillon pour un présumé emploi de complaisance. Un travail rémunéré 5 000 euros bruts mensuels entre mai et décembre 2013. L’homme d’affaires de 76 ans a de son côté tenté de convaincre que cette mission avait été réelle et fondée. Dans cette affaire, François Fillon a été mis en examen le 14 mars, notamment pour « détournement de fonds publics », « recel et complicité d’abus de biens sociaux » et son épouse le 28 mars, notamment pour « complicité et recel de détournement de fonds publics ».

 

Enquête sur Marc Ladreit de Lacharrière « grand croix de la Légion d’honneur » à la demande de Fillon

Enquête  sur Marc Ladreit de Lacharrière « grand croix de la Légion d’honneur »  à la demande de Fillon 

 

Une enquête serait en cours sur les conditions d’attribution du titre suprême de la Légion d’honneur attribuée au milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière. Au-delà  des liens financiers unissant François Fillon et le milliardaire on peut légitimement s’interroger sur les mérites qui ont justifié cette attribution de grand-croix de la légion d’honneur. Cet ancien énarque, comme Fillon, a surtout eu le mérite de faire fortune, une fortune qui atteint environ 2,4 milliards de dollars. Il a certes encouragé quelques associations caritatives mais c’est le lot de la plupart des milliardaires qui tentent ainsi  donner une excuse sociale à leur  fortune. Tous les milliardaires américains, français ou d’autres pays procèdent ainsi pour donner le change. Tout cela respire évidemment l’ancien régime puisqu’en outre le milliardaire est issu de la noblesse ardéchoise. D’après le Monde, ces  révélations sur l’enquête visant François Fillon pourraient mettre à mal sa défense et entraîner une prolongation des investigations sur les activités des membres de sa famille bien au-delà des quinze jours évoqués par l’ex-Premier ministre., les enquêteurs s’intéressent aux conditions d’attribution, sur proposition de François Fillon, du grade suprême de la Légion d’honneur au propriétaire de la Revue des deux mondes, où son épouse Penelope est soupçonnée d’avoir eu un emploi fictif. »À ce stade, l’enquête n’a pas été élargie aux conditions d’attribution de la Légion d’honneur » à Marc Ladreit de Lacharrière, assure à Reuters une source proche de l’enquête. Mais d’après le quotidien, « les enquêteurs ont adressé la semaine dernière une réquisition judiciaire à la grande chancellerie de la Légion d’honneur afin de se faire communiquer le dossier de Marc Ladreit de Lacharrière ». Selon les résultats de cette réquisition, le Parquet national financier (PNF) pourrait à tout moment décider d’élargir son enquête. Marc Ladreit de Lacharrière s’est vu attribuer le grade de grand-croix de la Légion d’honneur le 31 décembre 2010 par décret présidentiel, sur rapport du Premier ministre François Fillon, selon Le Monde. Moins d’un an et demi plus tard, il embauchait Penelope Fillon pour un travail dont les enquêteurs cherchent à déterminer la matérialité. Les promotions à un grade supérieur sont accordées « si le légionnaire fait la preuve de nouveaux mérites, et selon des délais minimum », indique le site internet de la grande chancellerie de la Légion d’honneur. Il faut 19 ans pour passer de chevalier à grand-croix. Interrogé par Reuters, Me Antonin Lévy, qui représente François Fillon, rappelle que Marc Ladreit de Lacharrière a été nommé chevalier, officier, commandeur et grand officier de la Légion d’honneur sous divers Premiers ministres avant d’atteindre le grade de grand-croix sous François Fillon. « François Fillon n’est pas le seul à avoir considéré » qu’il le méritait », souligne-t-il.

Marc de café 2017 : Le Pen, présidente (Bloomberg)

Marc de café 2017 : Le Pen, présidente (Bloomberg)

 

 

En s’appuyant sur les bouleversements politiques intervenus dans plusieurs pays, l’agence de presse Bloomberg imagine que Marine le Pen  pourrait devenir présidente et que la France pouvait quitter l’union européenne. Certes devant les confusions politiques actuelles on ne peut écarter certaines surprises lors des présidentielles de 2017 mais prévoir l’élection de Marine Le Pen  et la sortie de l’union européenne relève de la voyance et du marc de café. On observera cependant que Le média américain, spécialisé dans l’analyse de l’économie, avait annoncé la victoire de Trump et celle du Brexit pour 2016. Continuant sur sa vision apocalyptique des changements politiques l’agence Bloomberg prévoit aussi une défaite d’Angela Merkel aux élections. Au Royaume-Uni, elle imagine : « Therasa May se voit dépassée et surpassée par un candidat de la ligne dure du Brexit, après que les discussions sur la mise en place du Brexit n’aboutissent à quelque chose de concret », comme le rapporte Slate.  Et si les prophéties de Bloomberg sont autant scrutées, c’est avant tout car l’agence avait prédit le Brexit et la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. Elle précise néanmoins que « ce ne sont pas des prédictions. Mais un aperçu du  fil d’actualité sur les réseaux sociaux si les choses tournaient mal ». 

 

« Trump, c’est la défaite de la démocratie »(Marc Dugain)

  »Trump, c’est la défaite de la démocratie »(Marc Dugain)

L’Écrivain et réalisateur Marc Dugain considère l’élection de Donald Trump comme le symptôme d’un « modèle démocratique rongé de l’intérieur » dans une interview au JDD.

 

 

Selon vous, que dit la victoire de Donald Trump de la société américaine?
On aurait tort de cantonner ça à un vote de protestation, car c’est une adhésion à un populisme flamboyant. C’est un encouragement aux tendances qu’il y a en Europe, en partie avec Le Pen et Sarkozy. Le n’importe quoi a marché… Il aurait perdu l’élection, on aurait dit qu’il a essayé de casser les codes mais n’a pas réussi en raison de fondements démocratiques qui l’en empêchent. Ces fondements démocratiques ne sont pas là et la société américaine est aussi capable d’être d’extrême-droite. C’est très inquiétant car il y a, à la tête des plus grands États, en Russie et aux Etats-Unis, des gens qu’on ne pensait jamais revoir au pouvoir.

 

Justement, le fait que Trump arrive au pouvoir ne traduit-il pas une colère inédite dans la société

 américaine?
Oui, car la société repose sur un faux-semblant : l’idée que chacun peut réussir. Sauf que ce sont les mêmes qui réussissent et que le niveau d’inégalités est intolérable pour beaucoup de gens. Avec des gens assez peu instruits, mécontents de leur sort, c’est facile de trouver des boucs émissaires. Il s’agit d’une démagogie low-cost. Ça marche, et c’est effrayant. Sanders aurait été candidat, le débat aurait été de meilleure qualité. Clinton n’a pas été à la hauteur du défi, elle était dans une continuité après avoir été secrétaire d’Etat et la femme de Bill Clinton.

 Beaucoup de spécialistes prédisaient la victoire de Clinton, comment expliquer sa défaite?
C’est assez inattendu. Je n’aurais pas parié sur lui, même la veille. Mais en fait, c’est méconnaître les vrais problèmes de l’Amérique depuis la crise des subprimes, où les gens des classes populaires ont été littéralement épongés.

Pour ces électeurs, Trump est-il un modèle de l’Américain qui réussit?
C’est en tout cas le modèle de la grande gueule qui plaît à des gens pour qui Hillary Clinton est vieille, fatiguée, avocate de la grande bourgeoisie qui ne peut pas les comprendre.

Donald Trump a aussi fait campagne sur l’opposition entre Américains et Mexicains, entre hommes et femmes…. Le résultat de l’élection valide-t-il sa grille de lecture?
Dans les années 1970, il y avait déjà un clivage considérable. Aujourd’hui, il y a les Noirs, les Mexicains, les femmes ou les Chinois… La cohésion se fait bien souvent dans la désignation d’un ennemi commun, même si les gens ne le perçoivent pas au quotidien. Les médias ont leur part de responsabilité, aux Etats-Unis, où les gens passent leur temps devant des émissions sur des flics qui arrêtent des gangs dans les banlieues. L’insécurité est renforcée par l’image qui en est véhiculée.

 

Ce climat est aussi palpable en France, le résultat pourrait-il être le même dans six mois?
Oui, car le sentiment d’insécurité par rapport aux terroristes crée une forte psychose. Dans ces cas-là, cela favorise l’imaginaire d’un Etat fort qui mettrait tout le monde en prison. Mais jamais, on n’explique aux gens qu’il s’agit d’un problème de partage, comme dans toutes les sociétés. Aux Etats-Unis, il n’y a pas de partage et quand on est malade, on est mort. La société fonctionne au mérite, avec un faible nombre de milliardaires. Tout cela est une vaste tromperie.

Les gouvernements européens et les partis peuvent-ils insister sur cette notion de partage pour contrer l’extrême-droite?
Oui, parce que le clivage capital-travail n’a pas d’avenir. La société numérique va vers la robotisation, l’automatisation et la disparition des emplois les moins qualifiés. Et il y a une détresse face à ces transformations. En Europe, on arrive à la contenir avec des allocations chômage, avec une santé gratuite… Pas aux Etats-Unis. La peur de la société dans laquelle on entre crée une envie du passé, mais ces sociétés-là sont finies pour de bon.

C’est la recette de Trump, qui voulait rendre à l’Amérique sa grandeur… le retour à l’âge d’or?
Il y a une sorte de nostalgie d’un temps qui n’a pas existé, ou très peu de temps pendant les Trente Glorieuses. Comment les sociétés occidentales vont évoluer et quelle sera la place de chacun? La révolution numérique est plus considérable que la révolution industrielle et celle de l’énergie. Les gens ne la comprennent pas et votent par désespoir. Ils se disent : « Il y a un homme qui sait ce qu’il faut faire, allons-y. »

S’agirait-il d’une défaite des idées et des élites?
C’est une défaite de la démocratie. Depuis vingt ans, la démocratie se déprécie en raison de promesses extravagantes de moins en moins tenues. Le Front national ne ferait pas le score qu’il fait si Hollande avait tenu ses promesses. Les électeurs se tournent vers ceux qui leur parlent le plus simplement et n’ont pas les filtres pour identifier ce qu’il peut y avoir de démagogique et populiste dans ces discours.

 

Trump peut-il tenir ses promesses?
Aujourd’hui, pour les Chinois, le vrai patron des Etats-Unis est le président de Google. La marge de manœuvre des politiques est faible, ils ne peuvent rien révolutionner. Pour moi, Trump est la réalisation du cauchemar : les politiques n’ont plus prise sur le réel et peuvent dire n’importe quoi pour se faire élire, sachant qu’ils ne feront rien. Le modèle démocratique est en péril car il est rongé de l’intérieur. Trump est clairement dans l’ancien monde, il crée un écran de fumée, d’autant plus dramatique que la société numérique se met en place sans les politiques. Le travail est en train de disparaître dans la conception qu’on en avait. La technologie l’emporte, elle mène le monde. Pas la politique.

La technologie va-t-elle tuer la politique?
Oui. Avec Internet, on va se retrouver dans une société où le scrutin démocratique d’aujourd’hui va exploser. Croire qu’un homme peut changer les choses est illusoire. Donald Trump, c’est le début de la conséquence politique d’une révolution sociétale et numérique.

*Marc Dugain, Christophe Labbé, L’homme nu. La dictature invisible du numérique, Plon, 2016, 320 pp.

Terrorisme : cela va durer 10 ans (Marc Trévidic)

Terrorisme : cela va durer 10 ans (Marc Trévidic)

L’ancien juge anti-terroriste Marc Trévidic prévoit que l’année sera épouvantable en raison notamment des  élections présidentielles et que les attentats risquent de durer pendant encore une dizaine d’années. Assurément des mots qui vont porter. Neuf jours après l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray , l’ancien juge anti-terroriste Marc Trévidic a donné une interview à la télévision belge dans laquelle il prévient des dangers qu’encourt la France face à la menace de l’organisation Etat islamique. Et ses propos sont particulièrement préoccupants. « L’année va être épouvantable avant les élections présidentielles, prévient l’ancien magistrat. La tentation pour l’organisation terroriste état islamique va être très grande de s’en prendre au pays. On est en guerre en temps de paix. C’est le principe de l’attentat terroriste », a-t-il expliqué sur la RTBF jeudi soir avant d’ajouter : « Mon espérance à moyen terme, c’est l’essoufflement suite au degré d’horreur. Mais cela peut durer dix ans. Ce n’est pas exclu. » Au sujet de l’un des deux auteurs de l’attentat lors duquel le prêtre Jacques Hamel a été assassiné , le juge antiterroriste rappelle qu’il est celui qui l’a auditionné et fait emprisonner après sa tentative de partir en Syrie. « La première fois que je l’ai vu, il avait voulu partir en Syrie. Il venait tout juste d’être majeur pendant la garde à vue. Il s’entourait de personnes plus jeunes que lui. Il avait tenté de partir avec quelqu’un de 15 ans qui y était parvenu. Il était en contact avec beaucoup de jeunes filles plus jeunes pour qu’elles partent avec lui en Syrie. Elles n’avaient que 14,15 ou 16 ans maximum. Donc, il était dans l’immaturité la plus totale. »  Complétant le profil du tueur, Marc Trévidic dépeint un jeune homme déterminé « qui voulait à tout prix partir faire le djihad au sein de l’Etat islamique. Il avait dans ses yeux la petite lueur qui fait qu’on détecte qu’il ne reviendra pas en arrière. C’est très difficile à apprécier. C’est très subjectif parce qu’en face de vous, vous avez l’impression d’avoir un mur. Et là, il y avait ce mur-là. »  Marc Trévidic a quitté le pôle antiterrorisme en septembre 2015, la magistrature limitant à dix ans la durée de certaines fonctions, dont celle de juge d’instruction qu’il occupait. Il est désormais premier vice-président au tribunal de grande instance de Lille.

(Les Echos)

BCE : « mesures « révolutionnaires » !!!!(Marc Touati)

BCE : « mesures « révolutionnaires » !!!!(Marc Touati)

Curieux ces propos de Marc Touati, expert financier, qui considère d’un côté les mesures récentes de la BCE sont révolutionnaires mais d’un autre que tout cela ne changeant rien en ce qui concerne la croissance. Du coup il serait sans doute plus pertinent de parler pour la BCE de mesures contre-révolutionnaires ! (Interview challenge)

 

 Comment analysez-vous les mesures annoncées aujourd’hui par Mario Draghi, Président de la BCE ?

Sur le plan technique, la BCE n’a plus rien à envier à la Reserve fédérale américaine. Elle va même plus loin en matière de taux d’intérêt. Car la FED n’a jamais abaissé son taux d’intérêt directeur à zéro. En matière de Quantitative Easing (QE) - achat de titres de dettes sur les marchés financiers-, la BCE fait preuve d’une audace étonnante. Non seulement, elle augmente le montant de ses rachats d’actifs mensuels de 60 à 80 milliards d’euros mais elle élargit son spectre aux obligations des entreprises. Cela aussi est assez révolutionnaire !

Cette décision peut-elle avoir un impact sur la croissance de la zone euro ?

Non ou de manière très marginale. Entre mars 2015 et mars 2016, la BCE a acheté pour soixante milliards d’euros d’actifs financiers chaque mois. Autrement dit, elle a injecté soixante milliards de liquidités dans l‘économie européenne pour obtenir au final une croissance de 1,5% en 2015. Ce qui n’est pas un résultat vraiment terrible, admettons-le. Et là que se passe-t-il ? La BCE vient de réviser légèrement à la baisse ses perspectives de croissance dans la zone euro pour cette année à 1,4% ainsi que pour 2017. Mais ce n’est sans doute qu’une première étape. En réalité, ses dirigeants anticipent déjà un ralentissement bien plus fort de l’économie européenne. Sinon Mario Draghi ne serait pas parvenu à convaincre ses partenaires allemands, pas vraiment enthousiastes sur le QE, de sortir aujourd’hui un tel arsenal !

La politique de la BCE est-elle dangereuse à ce point ?

Selon moi, la zone euro est entrée dans une phase de japonisation : zéro croissance, zéro inflation. A l’image de la Banque Centrale Japonaise, la BCE est confrontée à un phénomène de « trappe à liquidités ». Vous avez beau déverser des montagnes de cash dans l’économie, baisser les taux d’intérêt à zéro, l’activité ne repart pas car les entreprises et les ménages n’ont pas confiance en l’avenir. Donc ils n’ont aucune envie d’emprunter. Comme dit l’adage : on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif. Du coup, la BCE dope le malade- la zone euro- avec des drogues dures, mais l’état du patient ne s’améliore pas. Il empire. Dans le même temps, l’injection de liquidités dans l’économie fait monter le prix des actifs financiers et immobiliers, ce qui nous prépare une nouvelle bulle. A l’évidence, la politique monétaire de la BCE ne peut pas résoudre les immenses problèmes politiques et économiques auxquels sont aujourd’hui confrontés les pays de la zone euro.

Une croissance 2016 inférieure à 1% (Marc Touati)

Une croissance 2016 inférieure à 1% (Marc Touati)

Le gouvernement s’obstine à annoncer une croissance française de 1,5 % en 2016, qui permettrait de faire (enfin !) baisser le chômage et de remplir les objectifs de réduction des déficits publics. Soyons clairs et directs : non seulement, cette prévision ne sera pas atteinte, mais, qui plus est, la croissance du PIB français en 2016 sera, selon nos estimations, de 0,7%. Nous sommes donc au regret d’annoncer que, compte tenu de cette faiblesse de l’activité, le chômage réel continuera d’augmenter. Soyons clairs et directs : non seulement, cette prévision ne sera pas atteinte, mais, qui plus est, la croissance du PIB français en 2016 sera, selon nos estimations, de 0,7%. Nous sommes donc au regret d’annoncer que, compte tenu de cette faiblesse de l’activité, le chômage réel continuera d’augmenter. En 2015, La France aurait vécu un alignement de planètes, à savoir : la baisse successive du prix du pétrole, des matières premières, de la devise Euro et les liquidités produites par la BCE. « Alors que nous aurions dû réaliser près de 3% de croissance nous faisons qu’ 1.1% », regrette-t-il.  Pour comparaison, l’ensemble de la zone euro a réalisé 1.5% de croissance. « La France n’a pas su transformer l’essai à cause d’une économie rigide. Nous sommes la lanterne rouge de l’espace économique européen », tranche Marc Touati. Par ailleurs, l’économiste remet en doute le chiffre publié jeudi 28 janvier. Tout d’abord, le commerce extérieur ne repart pas à la hausse et le chiffre de 1.1% est gonflé par les stocks artificiels des entreprises. C’est-à-dire que les entreprises françaises comptaient vendre plus qu’elles ne l’ont fait; « Les données de l’Insee sont à prendre avec des pincettes, alerte Marc Touati. On est plus dans le marketing que dans la réalité économique ». La vérité est bien plus crue pour l’économiste : « nous sommes à la traîne et le chômage n’a jamais été aussi haut. » L’économiste s’essaye même a une comparaison résumant cette situation morose : « Nous avons une reprise chamallow couplé à un chômage Carambar ». La faute à une pression fiscale trop forte et à un modèle français rigide.

Chômage : les faux chiffres ( Marc Fiorentino)

Chômage : les faux chiffres (  Marc Fiorentino)

Dans un édito paru dans le Figaro Marc Fiorentino ( expert financier) s’attaque aux faux chiffres du chômage qui ne représentent pas 3,5 millions de chômeurs mais 6 d’après lui. En fait encore davantage si on prend en compte ceux qui ne sosnt inscrits à pôle emploi ( qui ne touchent rien, ou des bénéficiaires du  RSA ou encore de  l’aide handicapé, soit environ au moins un million de plus.

 

« Chaque mois c’est le même scénario. Une hausse du chômage. Des nouveaux records dramatiques. Et…aucune réaction politique. Le gouvernement se planque, attend que ça passe et prie pour qu’un jour cela s’inverse. Aucune réunion d’urgence, aucun sommet, aucun « Grenelle » de l’emploi. Toutes catégories confondues, nous sommes proches des 6 millions de chômeurs. 6 millions. C’est dramatique. Les gouvernements successifs n’ont jamais réussi à combattre le chômage mais ils ont réussi à nous intoxiquer. Le chiffre qui est annoncé dans les médias est celui des chômeurs de catégorie A. Ceux qui n’ont pas exercé du tout d’activité pendant le mois. Mais c’est une arnaque. Le vrai nombre de chômeurs est le nombre de chômeurs toutes catégories. Et il atteint hier 5,6 millions de personnes. Soit près de 20% de la population active. Notre situation n’est pas meilleure que celle de l’Espagne. À la différence près que notre chômage est le seul qui ne recule pas dans toute l’Europe. Faux de dire aussi qu’on ne peut rien faire. Les mesures pour faire reculer le chômage sont connues. Elles ne sont ni de gauche ni de droite. Mais aucun politique, et encore moins ce gouvernement sans majorité réelle, n’a le courage de prendre les mesures nécessaires. Le chômage finira par baisser du fait de la reprise, même marginale, de la croissance et du fait de la pyramide des âges. Et Hollande prie tous les mois pour que ça arrive sans qu’il ait besoin d’agir. Voici le descriptif des différentes catégories de chômeurs par pole emploi. Vous allez comprendre pourquoi il faut prendre en compte toutes les catégories et pas seulement la catégorie A. »
- catégorie A : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi ;
- catégorie B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (i.e. de 78 heures ou moins au cours du mois) ;
- catégorie C : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue (i.e. plus de 78 heures au cours du mois) ;
- catégorie D : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (en raison d’un stage, d’une formation, d’une maladie…), y compris les demandeurs d’emploi en convention de reclassement personnalisé (CRP), en contrat de transition professionnelle (CTP), sans emploi et en contrat de sécurisation professionnelle (CSP) ;
- catégorie E : demandeurs d’emploi non tenus de faire de actes positifs de recherche d’emploi, en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés).

 

« Les banques risquent de s’effondrer » (Marc Fiorentino)

« Les banques risquent de s’effondrer » (Marc Fiorentino)

Marc Fiorentino, ancien trader, appelle les Français à faire « sauter la banque » dans un livre qui paraît mercredi, alors que l’ensemble du système bancaire vit une période charnière. (A paraitre dans le JDD)

 Pourquoi ce livre Faites sauter la banque!?
Le système bancaire se trouve à une période charnière. Les banques sont sorties renforcées de la crise de 2008 parce qu’on a serré les coudes autour d’elles, mais aujourd’hui, elles sont en danger. Elles risquent de s’effondrer comme les majors de la musique face au téléchargement illégal. Pour elles, le péril technologique s’appelle Apple Pay. La force d’entraînement d’un Apple Pay pour drainer le paiement sans contact va être tel qu’elle risque de les emporter. C’est le cheval de Troie qui va les faire exploser.

Vous donniez déjà des conseils aux épargnants dans Sauvez votre argent! En quoi ce livre s’en démarque-t-il?
Je suis parti du postulat qu’en France les banques se foutent du monde et que les gens continuent à en avoir peur. Mon message est un appel à la révolte contre les banques et contre eux-mêmes. Je leur dis : arrêtez de vous faire presser le citron! Je ne suis pas dans une posture idéologique. Je raisonne en consommateur. Je démontre seulement par des exemples simples qu’ils peuvent faire des économies de 200 à plusieurs milliers d’euros en disant stop.

 




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