Archive pour le Tag 'management'

Comité Action Publique 2022 : nouvelles méthodes de management

Comité Action Publique 2022 : nouvelles méthodes de management

 

Pas étonnant que le rapport n’ai pas été publié par le gouvernemenet car il propose des méthodes de management du service public largemenet inspiré du privé. Extrait :

 

 

 

« ►permettre l’innovation et engager les managers à être force de proposition. Pour cela, il faut valoriser ceux qui osent prendre des risques. Cette valorisation peut être financière, notamment via l’utilisation systématique de la part variable. Mais elle  passe aussi  par la mise en place d’une communication interne beaucoup plus efficace et qui accompagne les réformes. L’idée est de valoriser celui qui ose mais aussi de le faire savoir, pour encourager un mouvement d’ampleur ;

 

►passer d’une logique de contrôle sa priori à une logique de contrôles a posteriori centrés et plus efficaces. Cela évitera les lourdeurs liées à des contrôles a priori  peu ciblés car systématiques. Bien sûr, ce changement doit être assorti de mécanismes de sanctions en cas de manquements. L’allègement des contrôles passe par la suppression de la responsabilité personnelle et pécuniaire des comptables, au profit de dispositifs de contrôle et d’audit internes, mais par la responsabilité financière des ordonnateurs aussi en cas de présentation de comptes insincères, de dissimulation d’informations financières ou de manipulation de résultats, etc. Dans ce cadre, le rôle, les missions et le positionnement des contrôleurs budgétaires et comptables ministériels doivent nécessairement évoluer vers un métier plus proche du contrôle de gestion et de l’appui aux gestionnaires ;

 

►sortir d’une culture de la norme encadrant toute décision, pour permettre aux agents de prendre des décisions adaptées au cas par cas. Ceci constitue un changement majeur et ne doit pas conduire à un service public à plusieurs vitesses, en fonction de la bienveillance de tel ou tel agent. Des lignes de conduite proposées par l’administration centrale et des contrôles a posteriori limiteront ce risque. Cela impose également d’échanger en profondeur le rôle attendu de l’administration, pour aller, dans la lignée du projet de loi pour un État au service d’une société de confiance, vers une administration plus bienveillante, qui accompagne et qui conseille. Cela implique de sortir de la culture de la norme pour l’ensemble de la relation entre l’État et la société et repenser, en ce sens, la production législative « 

Management français : obsolète pour les étrangers

Management français :  obsolète pour les étrangers

 

La plupart des grands dirigeants français sont diplômés d’HEC ou de l’ENA, cette forme de méritocratie mène «à la mort de la France, toutes les décisions étant prises par une poignée de personnes» selon le pape du management américain, professeur de Science politique à l’Université de Princeton.   Dans le livre «La Prouesse française: Le management du CAC 40 vu d’ailleurs» (éditions Odile Jacob),économistes réputés, Ezra Suleiman, Franck Bournois et Yasmina Jjaïdi, donnent la parole à 2500 managers et expliquent leur ressenti et leurs observations du «management à la française». Poussiéreux, usé, archaïque… Ce sont les termes qui font quasiment office de sparadrap tant ils collent au management français. Dans une interview au Financial Times, une des auteursEzra Suleiman explique les tensions qui peuvent survenir lorsque des cultures étrangères se mélangent au management français.  Deuxième critique formulée dans ce livre, le syndrome du «petit chef». L’un des cadres interrogés explique que, bien souvent, c’est le chef qui a le dernier mot. Une observation que les auteurs souhaitent nuancer, en soulignant là aussi des «progrès» dans le management. Pour un autre, c’est l’absence de bienveillance et de reconnaissance qui mine le moral des collaborateurs… Le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron en a même fait une priorité, en promettant que son programme répondrait «à la problématique du très mauvais management en France.

 

Une supervision bancaire relative (Michel Crinetz, conseil en management)

Une supervision bancaire relative (Michel Crinetz, conseil en management)

Dans une interview au nouvel économiste Michel Crinetz, conseil en management et finances,  conteste les thèses de l’ancien superviseur bancaire français, Christian Noyer qui d’après lui surestime la supervision bancaire

 

« Christian Noyer  vante la supervision “unique” européenne, qui ne vise en réalité que la zone euro, et néglige par exemple les banques basées à Londres, anglaises ou américaines. Des stress tests auraient selon lui montré que presque toutes les banques de la zone euro pourraient résister à des chocs ; c’est que ces chocs ont été justement calibrés pour arriver à ce résultat. Un vrai test de résistance, les mécaniciens vous le diront, c’est d’augmenter la tension jusqu’à ce que ça casse : on sait alors ce à quoi le système est réellement capable de résister. La supervision “unique” aurait permis d’améliorer encore la “rigueur” de la supervision française. Mais d’une part, la supervision d’une banque d’un pays sera dirigée par un agent d’un autre pays, qui en connaîtra mal la langue, le droit, les particularités locales. D’autre part, selon la présidente du collège de supervision, les procédures de la BCE sont encore plus bureaucratiques que celles de la Banque de France (ce qu’on a peine à imaginer quand on y a travaillé). Autrement dit, au lieu d’avoir une compréhension intime et intuitive de la stratégie d’une banque et des risques qu’elle est prête à prendre, on remplira des questionnaires, on annexera des tableaux plein de chiffres et de pourcentages : “ce n’est plus du contrôle, c’est du process”, a dit un ancien vice-président du superviseur français avant de quitter son poste. Quand une banque fera faillite, le superviseur sera couvert : “elle avait coché toutes les cases, résisté à tous les stress tests !” Mais surtout, son intervention critique “très fermement” la proposition de séparation bancaire : “une fausse bonne idée”. Selon lui, les banques qui ont failli ne l’ont pas fait à cause d’opérations de marché, mais à cause d’opérations de crédit spéculatif, sauf bien sûr les pures banques de marché comme Lehmann Brothers. Ce sont pourtant bien des opérations de marché qui ont causé la quasi-faillite de CitiGroup, Royal Bank of Scotland, Lloyd’s Banking Group, Banque AIG, des banques islandaises, de plusieurs banques allemandes, de Dexia, et même de Northern Rock, dont les refinancements, via Guernesey, étaient bel et bien par les marchés. Et s’il admet que leurs crédits étaient spéculatifs, il admet du même coup qu’elles étaient mal supervisées ; que la supervision européenne soit plus efficace, il faut, avec lui, l’espérer. Puis vient l’argument positif : il faut que l’établissement de crédit puisse aussi organiser des financements de marché pour ses grands clients. D’accord. Et il se dit hostile aux prises de position spéculatives, lesquelles, contrairement à ce qu’il dit, ont recommencé à augmenter ! C’est à tort qu’il prétend que les lois de “séparation” française et allemande y ont mis le holà. Rassurant, voire paternaliste, il déclare : “L’essentiel, c’est que tout le monde se sente rassuré par une supervision plus efficace dans l’ensemble de la zone euro”. Non, l’essentiel n’est pas qu’on se “sente” rassuré ; l’essentiel, c’est que la supervision soit effectivement plus efficace. La supervision du crédit est déjà une tâche difficile : c’est difficile pour le banquier de savoir si un crédit est risqué ou pas, ça l’est encore plus pour son superviseur. Mais la supervision de la spéculation est, elle, une tâche tout simplement impossible. Les opérations sont trop nombreuses, trop rapides, trop complexes. Les superviseurs ne sont pas en nombre suffisant ni assez rapides pour suivre tout ce qu’il se passe. Il faudrait un contrôleur assis en permanence derrière chaque trader, aussi compétent, aussi motivé, aussi rapide : ce serait ingérable. Quand on ne peut pas superviser efficacement des opérations dangereuses, il faut tout simplement les interdire, du moins dans les banques. »




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