Archive pour le Tag 'Mali'

Mali : pourquoi il ne faut pas partir

Mali : pourquoi il ne faut pas partir

Le groupe de réflexions Mars (*)   explique dans le journal la Tribune les enjeux de la présence française au Mali

 

- Situation militaire
La France a perdu à ce jour plus de 50 soldats au Mali depuis huit ans (13 janvier 2013, déclenchement de l’opération Serval). Les buts de guerre initiaux ont été atteints au bout de trois mois d’intervention : reconquête territoriale, neutralisation de l’adversaire, re-légitimation du pouvoir malien. Faute d’avoir défini de nouveaux buts de guerre à l’été 2013, il aurait fallu, sinon se retirer sur cette victoire, du moins réduire considérablement l’empreinte française au Sahel.

Au contraire, une nouvelle opération a été lancée en août 2014 (Barkhane) sur un théâtre élargi à 5 pays sahéliens tout en réduisant les moyens. Résultat : en six ans, l’adversaire (GAT, « groupes armés terroristes ») a considérablement renforcé son emprise en contrôlant de facto de vastes territoires de la région du Liptako-Gourma à cheval sur les « 3 frontières » du Mali, du Niger et du Burkina Faso ; les armées locales sont démoralisées et l’effondrement des institutions maliennes est tel qu’un coup d’état militaire a été considéré comme un moindre mal. Malgré tout, le renforcement de Barkhane en 2020 a permis d’obtenir des succès tactiques affaiblissant les groupes affiliés respectivement à l’EI et AQ.

- Situation politique
Alors que Bamako (capitale située au sud-est du pays) a perdu le contrôle de vastes territoires au centre du Mali, le nord du pays rejette toujours les autorités du sud. Au Burkina, le nord échappe de plus en plus au contrôle de Ouagadougou. Le Niger, où le pouvoir est plus légitime et cohérent, doit faire face à une double menace : à l’ouest avec l’EIGS, au sud avec Boko Haram, tout en limitant la menace des groupes mercenaires qui combattent en Libye. Le Tchad est une dictature militaire confrontée aux massacres intermittents de Boko Haram, en plus de la menace permanente des groupes rebelles réfugiés en Libye et au Soudan.

Seule la Mauritanie, où le pouvoir est aussi détenu par l’armée mais en respectant mieux qu’au Tchad les apparences démocratiques, échappe à la catégorie des États quasi-faillis en parvenant de manière autonome à contrôler son vaste territoire. Le cauchemar des observateurs serait que la Côte d’Ivoire, à la faveur de la crise politique actuelle, ne bascule encore dans la guerre civile, contexte propice à l’implantation des GAT au nord du pays.

- Situation diplomatique
Plus la communauté internationale s’intéresse au Mali, plus la situation devient inextricable. A l’exception de Barkhane, les forces étrangères présentes au Mali au sein de la MINUSMA (ONU), de la FCG5S (G5 Sahel) et d’EUTM (UE) sont totalement inefficaces et aggravent les problèmes au lieu d’y apporter une solution. Les Etats-Unis ont une attitude ambivalente, ne lésinant pas sur l’aide militaire à Barkhane, mais refusant les financements et les mandats permettant de donner aux autres forces étrangères les moyens d’une meilleure efficacité.

De leur côté, les puissances régionales d’autrefois (Algérie, Libye, Nigeria) traversent une crise politique qui les empêche d’agir. La Russie reste en embuscade, espérant récupérer le Mali (longtemps allié de l’URSS) au départ des Français. Au fond, personne n’a de plan pour l’avenir du Mali, alors que les accord d’Alger de 2015, signés par des partenaires de mauvaise foi, ne sont pas mis en œuvre.

2/ Les comparaisons avec la Bosnie ou l’Afghanistan ne sont pas pertinentes

En observant que la France s’est retirée d’ex-Yougoslavie et d’Afghanistan après avoir perdu respectivement 112 et 90 tués (et des centaines de blessés dont on ne parle pas), certains estiment qu’il faut quitter le Mali avant. Mais comparaison n’est pas raison.

- Une histoire et une géographie très différentes
Dans les deux cas, la France a suivi ses alliés dans des guerres qui n’étaient pas les siennes. La partition de la Yougoslavie est un processus voulu notamment par l’Allemagne réunifiée pour accroître son influence en Europe centrale, contre la position de la France (président François Mitterrand), qui intervient dès 1992 en Krajina pour protéger les minorités serbes de Croatie ; l’évolution de la guerre civile et des interventions étrangères contraint ensuite la France à se retourner contre les Serbes de Bosnie à partir de 1995. En 1999, l’OTAN bombarde la Serbie pour l’obliger à abandonner le Kosovo, que les derniers soldats français quittent en 2013, soit une présence de plus de vingt ans sur une zone dépourvue d’intérêt stratégique majeur pour la France.

En Afghanistan, l’alliance atlantique active l’article 5 pour la seule fois de son histoire à la suite des attentats du 11 septembre 2001. La France (président Jacques Chirac) intervient en envoyant des formateurs et des forces spéciales traquer Ben Laden. Le président Nicolas Sarkozy, élu en 2007, décide de réintégrer le commandement intégré de l’OTAN et envoie pour cela des troupes conventionnelles combattre les insurgés, sans leur donner de moyens suffisants, ce qui conduit à l’embuscade d’Uzbin en août 2008. A force d’attentats meurtriers, les troupes françaises sont progressivement contraintes à l’inaction. Le désengagement français fin 2012 (président François Hollande) après onze ans de présence n’a pas de conséquence opérationnelle.

 

- Des enjeux politico-stratégiques très différents
Au Mali, l’arrière-plan historico-stratégique est totalement différent. Il s’agit d’un pays francophone dont les élites sudistes doivent tout à l’ancien colonisateur, qui a favorisé leur émancipation au détriment des populations nomades du centre (peuls) et du nord (arabes et touaregs), qui les dominaient jusqu’à la conquête française (tardive, 1900). Ces élites, appuyées par le plus grand nombre, refusent que la France les « trahisse » en accédant aux revendications d’autonomie de ces populations nomades, minoritaires mais insoumises. Pourtant, le « centre de gravité » de la guerre au Sahel réside dans l’association au pouvoir, ou non, de ces minorités, qui continueront sinon à fournir toutes les ressources dont les GAT ont besoin pour maintenir leur emprise, voire l’élargir en fonction de la pression qu’ils subissent.

Considérant, non sans raison ni hypocrisie, que cette guerre postcoloniale ne les concerne pas, la plupart des alliés européens, à commencer par l’Allemagne, refusent à la France au Mali ce qu’ils ont accepté au profit de l’OTAN en Afghanistan. Paris peine à faire croire aux autres capitales européennes que leur sécurité dépend de celle de Bamako. Or la guerre de la France au Mali met en lumière les lacunes capacitaires accumulées depuis trente ans de « dividendes de la paix ». La réalité est que la France est incapable d’intervenir seule, sans l’aide de ses alliés, à commencer par les Américains (qui fournissent d’ailleurs un appui opérationnel à titre gratuit).

- Le cas exemplaire de la RCA et de la RCI
La France a décidé en 1997 de quitter la Centrafrique et de ne pas intervenir lors du coup d’état de 2002 en Côte d’Ivoire (président Jacques Chirac, « doctrine Jospin »). Résultat : elle y est toujours et contribue périodiquement à y ramener un semblant d’ordre. En RCA, les Russes proposent de remplacer les Français mais les Centrafricains ont compris que ce n’était pas gratuit.

3/ Les conditions d’un succès au Sahel

- Prendre conscience des enjeux stratégiques
Une fois admis que l’opération Barkhane est un échec, faut-il pour autant se retirer du Mali ? La réponse est non car, contrairement à l’ex-Yougoslavie et l’Afghanistan, le retrait français aurait des conséquences stratégiques majeures, à commencer par le délitement des Etats sahéliens et la création d’un nouveau califat territorial au Liptako-Gourma. Les élections générales de 2022 permettront de redéfinir la stratégie française au Sahel, qui coûte environ un milliard d’euros par an au contribuable, entre le coût des opérations militaires et l’aide au développement. En attendant, il faudra « tenir » sans céder à une opinion publique insuffisamment consciente des risques d’un désengagement trop brutal. Un retrait sous la pression serait assimilé à une défaite stratégique majeure minant à la fois la crédibilité de la politique étrangère de la France et le moral de ses armées.

- Redéfinir les buts de guerre (effet final recherché)
Le chef des armées élu en 2022 s’engagera fermement à maintenir l’engagement militaire français au Sahel « quoi qu’il en coûte » à condition d’obtenir de la communauté internationale (ONU, UE, UA, CEDEAO) qu’elle oblige les autorités locales à transformer leur gouvernance en associant toutes les minorités au pouvoir (mais non les djihadistes) et en instituant un audit permanent de nature à limiter la grande corruption. Cette « mise sous tutelle » s’accompagnerait, dans l’idéal, d’un début de panafricanisme avec la création d’une instance supranationale chargée de contrôler la gouvernance de chaque Etat. Les frontières cesseraient ainsi de faire prospérer les trafics qui alimentent les GAT. Il serait ainsi demandé à la communauté internationale de transformer son intervention militaire inutilement coûteuse en engagement politique audacieux.

- Options tactiques
Il n’y en a que deux : soit un Barkhane++ avec tous les moyens nécessaires à accroître la pression sur les GAT tout en limitant les pertes amies (plus de drones et d’hélicoptères, plus de troupes conventionnelles au sol mieux protégées contre les IED) ; soit un engagement totalement repensé, à base de forces spéciales appuyées par l’aviation pour les « actions cinétiques » (opération Sabre) et de conseillers militaires auprès de troupes locales (Takuba) suffisamment nombreuses, équipées, entraînées et commandées, appuyées également par de l’aviation, afin de reconquérir et tenir le terrain.

Dans la situation actuelle, seule la première option semble crédible à court et moyen terme. En définitive, compte tenu du fait que les GAT restent un adversaire de faible valeur tactique (aucune perte française dans des combat), le succès ne dépend que des moyens à y consentir et de l’effet final recherché (nouvelle gouvernance politique). La vraie question est celle des lacunes capacitaires qui empêchent la France d’avoir les moyens de ses ambitions et de ses responsabilités.

_________________________________

(*) Le groupe Mars, constitué d’une trentaine de personnalités françaises issues d’horizons différents, des secteurs public et privé et du monde universitaire, se mobilise pour produire des analyses relatives aux enjeux concernant les intérêts stratégiques relatifs à l’industrie de défense et de sécurité et les choix technologiques et industriels qui sont à la base de la souveraineté de la France.

 

Mali: le conflit de la pauvreté

Mali: le conflit de la pauvreté

« Combien faudra-t-il de sonneries aux morts, de cortèges funèbres, de drapeaux qui s’inclinent devant le sacrifice ultime de nos valeureux soldats de la paix, pour réaliser que l’enjeu et la solution ne sont pas militaires ? », interroge dans le Monde dans le monde, universitaire, au sujet de l’opération Barkhane.

 

… Combien de cérémonies, combien de beaux discours, combien de larmes faudra-t-il encore répandre aux sons du clairon entonnant sa sinistre mélopée, devant des familles figées par la douleur ? De semaine en semaine, de mois en mois, d’année en année, s’égrène la liste funèbre de nos héros, morts au combat, au nom d’un idéal de paix et de fraternité… Et les discours martiaux s’enchaînent, sur le parvis de la cour d’honneur des Invalides, belles paroles qui glissent sur les cercueils alignés de nos concitoyens, mais : « La France ne dialogue pas avec le terrorisme, Elle le combat… »

Que la France se soit engagée dans un combat à plus de 6 000 kilomètres de sa capitale était en soi probablement une absolue nécessité. Cela va faire maintenant huit ans qu’elle s’est engagée dans ce combat, huit ans de missions, de patrouilles, où chacun risque sa vie, pour un résultat final qui n’est, en rien, celui escompté.

[...] Les guerres de harcèlement, ont toujours été gagnées par les petites unités combattantes, au détriment des armées certes plus puissantes mais moins mobiles, dans la réalité technique des embuscades meurtrières qui jalonnent les terrains. Du Vietnam à l’Afghanistan, chaque guérilla organisée a mis les structures militaires trop lourdes en défaut.

Comment faire sur un territoire plus grand que la France, avec une force comprise entre 10 000 à 20 000 soldats, plus ou moins bien entraînés et équipés, pour contrôler le territoire et le sécuriser ? Comment compter sur une armée malienne sous-équipée, en proie à des factions internes rivales et à une corruption à tous les niveaux ?

[...] Au-delà de ces considérations logistiques et purement militaires se cachent des réalités plus complexes encore. Comment penser à stabiliser un territoire, alors que les problématiques des aspirations des populations ne sont pas prises en compte, ni par l’Etat malien, ni par son armée, ni par les forces armées d’assistance, venues à sa rescousse ?

A-t-on réellement pris le temps d’écouter, de comprendre, les envies d’autonomie, voire
d’indépendance, des Touaregs du nord du pays ? Ceux-ci voient dans les participants à l’opération Barkhane les collaborateurs zélés d’un pouvoir malien sourd à toutes leurs revendications et tentatives de dialogue, souvent réprimées avec la plus grande violence et le plus profond mépris, par les autorités maliennes au pouvoir depuis des années.

[...] Comment ne pas comprendre que ces éléments terroristes autochtones issus de ces mêmes villages sont très souvent soutenus, cachés, et surtout bien renseignés, par les villageois locaux ? Comment essayer de dénoncer l’idéologie du terrorisme, de convaincre du bien-fondé de nos valeurs et de réussir à neutraliser les poseurs de mines improvisées qui tuent nos jeunes engagés, quand ce sont les propres enfants des familles interrogées par nos soldats… qui les installent, la nuit venue.

Si on essaye de se mettre à la place de nos adversaires, comment concevoir et comprendre que des militaires d’une « autre couleur de peau, d’une autre religion, d’une autre langue, d’une autre culture », de surcroît anciens colonisateurs de ces régions, viennent vous faire la morale, alors que vos droits humains fondamentaux sur la répartition des ressources ont été bafoués par le pouvoir en place, depuis des années… et que ces soldats de l’étranger semblent soutenir ce pouvoir corrompu ?

Quel impact avons-nous vraiment sur ces populations ? Allons-nous mettre huit ans de plus pour comprendre que ces échanges sont truqués d’avance ? Combien faudra-t-il de sonneries aux morts, de cortèges funèbres, de drapeaux qui s’inclinent devant le sacrifice ultime de nos valeureux soldats de la paix, pour réaliser que l’enjeu et la solution ne sont pas militaires ?

Comment ces groupes terroristes prolifèrent-ils ? La misère est le terreau de choix pour prospérer. Si on ne peut pas s’exprimer autrement que par la violence, alors le terrorisme prend la parole ! Il légitime un espoir et suscite les vocations des martyrs. Face à ces tribus organisées selon des codes qui nous échappent, miliciens, islamistes, anciens mercenaires de Kadhafi forment les maillons hétéroclites de ces légions terroristes, parfois rejointes par les propres commandants de l’armée malienne, soi-disant chargés de les combattre.

Chacune se rassemble et s’organise, au gré des rencontres et des opportunités de terrain, l’ennemi à abattre restant le lien commun : le pouvoir malien avec son bras armé, la France.
C’est dire toute la complexité de cette nébuleuse mouvance qui combat et tue nos soldats, jetés en pâture dans un conflit perdu d’avance, en raison d’un aveuglement des responsables politiques de tout bord. La vraie question à poser n’est donc certainement pas militaire, mais purement politique, économique et sociale.

Tant que la misère continuera de sévir, tant que l’injustice, la violence, la corruption des plus nantis de ces pays s’exerceront sur ces régions, alors, malgré tous nos efforts, tous nos sacrifices, toutes nos larmes, nous verrons se dresser des hordes de fanatiques pour traquer nos faiblesses et tuer au hasard nos soldats, avec des engins de mort disséminés sur les pistes.

J’ose espérer que les réflexions de nos dirigeants et hommes d’Etat se porteront enfin sur les aspects essentiels pour éradiquer les racines de cette guérilla terroriste qui s’exporte déjà et se développera jusqu’au cœur de nos cités, cachée dans le flot des réfugiés climatiques qui viendront réclamer à juste titre un droit au partage de la richesse et de la sécurité pour leurs enfants.

Ce n’est qu’à ces conditions de réflexion globale sur les véritables enjeux et requis de l’unité
retrouvée que la Marseillaise accompagnera les célébrations de la paix… au lieu de résonner pour honorer la mémoire de nos soldats, vainement tombés en son nom, sur une terre étrangère.

Marc Carrey, Léognan (Gironde)

Mali : cent djihadistes tués

Mali : cent  djihadistes tués

 

 

Un peu ridiculisées depuis plusieurs semaines, les forces maliennes et la force Barkhane ont  réagi avec une grosse opération militaire qui a fait une centaine de morts chez les djihadistes . Une opération qui pourrait préfigurer la future stratégie. En effet la force Barkhane est parfois contestée au Mali comme en France. Du coup, la mission de sécurité courante pourrait être abandonnée au profit d’opérations militaires d’envergure moins coûteuse en hommes. Le président de la république a d’ailleurs annoncé une réduction des troupes françaises affectées à la force Barkhane.

“Une centaine de terroristes neutralisés, une vingtaine capturés et plusieurs motos et matériels de guerre saisis, c’est le bilan d’une grande opération dénommée “Eclipse”. Elle a été planifiée et exécutée du 02 au 20 janvier 2021 par les FAMa et la force Barkhane”, dit l’armée malienne dans un communiqué diffusé sur son site internet.

“Cette opération avait pour but de bouter l’ennemi hors de ses zones de refuge. Elle a concerné les localités de Serma, Boulkessi, Foulssaret et Doni”, ajoute l’armée malienne.

Manifestation anti française au Mali où la chienlit s’installe

Manifestation anti française au Mali où la chienlit s’installe

 

Le Mali descend doucement mais sûrement vers la chienlit entretenue par les différents groupes d’oppositions et les groupes terroristes. Parmi ceux-là,  les islamistes manipulés et soutenus de l’extérieur occupent le devant de la scène en instrumentalisant la présence des forces armées françaises. Il n’y a pas si longtemps la France était ovationnée pour avoir sauvé le régime, elle est maintenant conspuée par des forces d’opposition d’obédience islamiste.

 

La France va d’ailleurs être contrainte de retirer une partie de ses forces pour deux raisons. D’une part parce que l’opinion publique malienne est très travaillée par le courant islamiste antifrançais, d’autre part parce que les forces françaises sont notoirement insuffisantes pour assurer la sécurité sur un territoire (Mali et pays voisins) 10 fois grand comme la France avec seulement 5000 personnes.

 

En outre jusque-là l’Europe  s’est à peu près désintéressée de la question n’apportant que des aides anecdotiques. Le pouvoir malien est surtout caractérisé par une grande faiblesse et n’influence en fait que certaines grandes zones urbaines délaissant le reste au islamiste.

La France a déployé des troupes au Mali en 2013 pour aider à chasser les militants islamistes qui avaient occupé le nord du pays après avoir détourné une rébellion touareg.

Bien que les combattants aient été expulsés des principales villes, le Mali n’a pas réussi à se stabiliser tandis que les militants se sont regroupés et ont mené des attaques dans une insurrection prolongée.

La violence s’est propagée dans les États voisins, a attisé les tensions ethniques et intercommunautaires et a rendu de larges pans du nord semi-aride du pays ingouvernables.

Mardi, le président Emmanuel Macron a déclaré que la France pourrait ajuster ses opérations militaires dans la région du Sahel. Des sources diplomatiques et militaires s’attendent à ce qu’un retrait partiel de la France soit annoncé d’ici la mi-février.

Le président malien par intérim Bah N’daw a remercié mardi les armées étrangères, dont la France, pour leur soutien continu.

Mali : encore deux soldats français tués

Mali : encore  deux soldats français tués

 

 

La question des conditions de la présence de l’armée française au Mali va se poser avec une plus grande acuité compte tenu  des victimes militaires qui s’accumulent. Deux soldats français ont été tués et un troisième blessé samedi dans le nord-est du Mali dans une attaque à l’engin explosif improvisé, après la mort de trois militaires français dans des circonstances similaires lundi, a annoncé la présidence française.

Le problème est surtout quantitatif. La vérité c’est que la France est relativement isolée ou contrôler un territoire 10 fois grand comme la France avec seulement 5000 militaires . A l’échelle d’un département français cela équivaut à cinq militaires par département ! Comment assurer la sécurité dans ces conditions.

La France porte le poids majeur de la présence des forces de sécurité dans cet immense zone du Sahel qui couvre plusieurs pays où se développe le terrorisme. L’Europe n’apporte qu’une aide très marginale. Le problème,  c’est que si la France se retire ,d’autres pays risquent d’être contaminés par l’islamisme et la situation deviendra alors impossible à gérer.

Yvonne Huynh, qui avait 33 ans, est la première femme de l’armée française tuée au Sahel depuis l’intervention Serval en 2013. Loïc Risser avait 24 ans. Tous deux étaient engagés dans un régiment spécialisé dans le renseignement. Ces deux décès portent à 57 le nombre de soldats français tués au Sahel depuis 2013 dans les opérations antijihadistes Serval puis Barkhane.

«Leur véhicule a été l’objet d’une attaque à l’engin explosif improvisé lors d’une mission de renseignement», a précisé la présidence française. Les jours de leur camarade blessé ne sont pas en danger, a-t-elle ajouté. Emmanuel Macron a salué la mémoire des deux soldats, «morts pour la France dans l’accomplissement de leur devoir».

Mali : encore trois militaires français tués

Mali : encore trois militaires français tués

L’armée française a perdu encore trois militaires tués au Mali. En cause, surtout l’insuffisance des moyens face à djihadistes à peu près aussi nombreux et dispersés dans l’immense territoire du désert et du Sahel et qui connaissent parfaitement le terrain. Comme la plupart des rebelles, ils s’intègrent  à la population et sont difficiles à détecter.

La France est en réalité assez isolée car les renforts européens sont complètement anecdotiques. La France d’environ 5000 soldats là où il en faudrait 10 fois plus. Au commencement de l’opération Barkhane, les effectifs engagés étaient les suivants : 3 000 militaires, 200 véhicules logistiques, 200 blindés, 4 drones, 6 avions de combat, une dizaine d’avions de transport et une vingtaine d’hélicoptères. Le nombre des effectifs augmente par la suite : début 2018, 4 500 sont mobilisés dans l’opération Barkhane. En février 2020, les effectifs passent de 4 500 à 5 100 hommes.

Les estimations sur le nombre de djihadistes actifs au Sahel vont de 300 à 3 000 combattants7. Début août 2014, Mélanie Matarese, journaliste pour Le Figaro écrit que selon « un proche des mouvements islamistes », Ansar Dine compte encore 800 hommes au Mali et AQMI, 70038. En septembre 2014, Hannah Armstrong, chercheuse au New America’s International Security Program, estime que 3 000 djihadistes sont actifs au Sahel.

Mais les effectifs des rebelles ne cessent d’augmenter du fait de la faiblesse des régimes politiques des pays concernés où le pouvoir politique s’est surtout replié sur les capitales, abandonnant ainsi les zones éloignées. La présence de la France se pose mais le retrait de la France livrerait aux mains des rebelles de nombres de pays comme le Mali, le Niger, le Burkina Faso, la Libye et d’autres pays.

“Le Président de la République a appris avec une très grande émotion la mort au Mali ce matin de trois soldats français du 1er régiment de chasseurs de Thierville-sur-Meuse”, près de Verdun, dit un communiqué.

“Leur véhicule blindé a été atteint par un engin explosif improvisé alors qu’ils participaient à une opération dans la région de Hombori”, ajoute l’Elysée.

Selon le ministère des Armées, le brigadier-chef Tanerii Mauri, le chasseur de première classe Dorian Issakhanian et le chasseur de première classe Quentin Pauchet ont trouvé la mort “alors qu’ils étaient engagés dans une zone où des groupes terroristes attaquent les populations civiles et menacent la stabilité régionale, tout comme notre propre sécurité”.

Mali : encore une dizaine de djihadistes éliminés par la force Barkhane

Mali : encore une dizaine de djihadistes  éliminés par la force Barkhane

 

Très récemment la force Barkhane a détruit une cinquantaine de Jihadistes au moment même où le gouvernement militaire malien engageait des négociations avec les terroristes. Des négociations condamnées par la France. Cette fois, l’armée française a tué encore une dizaine de djihadistes et en a capturé deux autres vendredi soir au cours d’une opération aéroportée précédée d’une frappe de drone, a annoncé samedi l’état-major des armées.

L’opération, qui a impliqué un drone Reaper de l’armée de l’air française, cinq hélicoptères et une trentaine de commandos au sol, s’est déroulée dans le Gourma malien, dans la région dite des “trois frontières”, à environ 90 km au sud de Gao.

Elle a visé un regroupement de combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à Al Qaïda, précise l’état-major. Une vingtaine de motos et des armes ont été saisies.

Mali : 50 djihadistes tués par Barkhane

Mali : 50 djihadistes tués par Barkhane

 

Ce n’est sans doute pas par hasard si la force par Barkhane  a éliminé 50 djihadises précisément au moment où la junte militaire du Mali engage des négociations avec les islamistes contre la volonté de la France.

Ce n’est sans doute pas non plus par hasard si la ministre des armées a donné une certaine publicité à cette opération de maintien de l’ordre “Je voudrais révéler une opération de grande importance qui a été menée le 30 octobre au Mali par la force Barkhane et qui a permis de neutraliser plus de 50 djihadistes soit l’équivalent d’une katiba (brigade)”, a déclaré la ministre.

“Cette opération (…) porte un coup significatif à un groupe terroriste affilié à Al Qaïda, une katiba “Ansaro Islam” qui opère dans la région de Boulkessi près de la frontière avec le Burkina”, a-t-elle précisé.

La ministre de l’armée a cependant pris des précautions oratoires pour ne pas heurter la sensibilité des militaires maliens un peu pris à revers par la force Brakhane.

“Sur le terrain, les résultats opérationnels sont réels (…). Nous sommes déterminés à continuer à travailler avec nos amis maliens pour achever la lutte qui nous unit depuis des années contre les groupes terroristes”, a-t-elle poursuivi.

Mali: le gouvernement militaire négocie avec les terroristes contre l’avis de la France

Mali: le gouvernement militaire négocie avec les terroristes contre l’avis de la France

 

On peut réellement s’interroger sur ce que fait encore la France au Mali avec la force Barkhane. En effet, le  pouvoir militaire est en train d’entamer des discussions avec des terroristes dans les vastes zones proches de l’Algérie là où se trouve des territoires peuplés de terroristes et considérées comme ingérables. L’objectif serait de faire des concessions aux terroristes en leur accordant un droit de gestion sur ces territoires éloignés qui deviendraient alors une sorte de réservoirs de rebelles que par ailleurs la France devrait combattre avec la force par Barkhane.

Le pouvoir militaire serait même prêt à islamiser d avantage le Mali en reconnaissant l’islam comme religion majeure dans le pays. Autant de concessions que ne peut évidemment accepter la France et qui pourrait remettre en cause la présence même de Barkhane.

Le Premier ministre par intérim du Mali s’est dit lundi ouvert à des discussions avec des rebelles islamistes, dont l’insurrection a rendu de vastes zones du pays ingouvernables, tandis que la France, son ancienne puissance coloniale, a fermement rejeté cette idée.

Le président déchu du Mali, renversé le 18 août par un coup d’Etat militaire, Ibrahim Boubacar Keïta, avait déclaré plus tôt cette année que son gouvernement était prêt à négocier avec les rebelles liés à Al-Qaïda. Cette stratégie a été confirmée pendant les pourparlers nationaux qui ont suivi le coup d’État.

Les responsables maliens ont fourni peu de détails sur les compromis qui pourraient être faits, mais certains partisans des négociations ont déclaré qu’ils pourraient inclure une plus grande reconnaissance de l’Islam dans la vie publique.

“Les conclusions des pourparlers nationaux (…) ont très clairement indiqué la nécessité d’une offre de dialogue à ces groupes armés”, a déclaré le Premier ministre par intérim Moctar Ouane lors d’une conférence de presse avec le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, en visite pour deux jours à Bamako.

“Nous devons y voir une opportunité d’engager des discussions de grande envergure avec les communautés afin de redéfinir les contours d’une nouvelle gouvernance dans les zones concernées”, a-t-il ajouté.

Mali : Une centaine de djihadistes libérés contre Sophie Pétronin

Mali : Une centaine de djihadistes libérés contre  Sophie Pétronin

 

Plus d’une centaine de djihadistes condamnés ou présumés ont été libérés au Mali au cours du week-end dans le cadre de négociations pour la libération de Soumaïla Cissé et de la Française Sophie Pétronin.

 

 

. «Dans le cadre de négociations pour obtenir la libération de Soumaïla Cissé et de Sophie Pétronin, plus d’une centaine de prisonniers djihadistes ont été libérés ce week-end sur le territoire malien», a déclaré à l’AFP un responsable de la médiation avec les rebelles au Mali, Un responsable des services de sécurité maliens a confirmé ces informations. Les prisonniers ont été relâchés dans le secteur de Niono (centre) et dans la région de Tessalit (nord) vers où ils ont été acheminés par avion, a-t-il précisé.

Sophie Pétronin, 75 ans aujourd’hui, a été enlevée le 24 décembre 2016 par des hommes armés à Gao (nord du Mali), où elle vivait et dirigeait depuis des années une organisation d’aide à l’enfance. Elle est apparue dans des vidéos diffusées en 2017 et 2018 par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda. La dernière où on la voit, publiée mi-juin 2018, la montre très fatiguée, le visage émacié, en appelant au président français Emmanuel Macron.

Soumaïla Cissé, 70 ans, ancien chef de l’opposition parlementaire et deuxième à trois reprises de l’élection présidentielle, a été kidnappé quant à lui le 25 mars alors qu’il était en campagne législative dans la région de Tombouctou (nord-ouest). À défaut de preuve formelle, les soupçons pèsent sur le groupe djihadiste d’Amadou Koufa, actif dans le centre du Mali et affilié à Al-Qaïda.

 

Mali : une transition de 18 mois ?

Mali : une transition de 18 mois ?

 

 

L’organisation africaine CEDEAO a fortement incité les militaires du Mali à transmettre rapidement pouvoir, la. France de son côté a demandé que le délai de cette transmission ne dépasse pas 1 an. Finalement les militaires se sont résolus à déterminer une période de 18 mois avant le retour des civils au pouvoir.

 

Reste à savoir cette parole sera respectée d’une part parce que la situation Mali est très complexe politiquement, que l’environnement de guerre contre les terroristes se dégrade enfin parce qu’il faut dire la communauté internationale notamment européenne ne fait pas du Mali une priorité. De ce point de vue la France demeure bien seul dans cette espèce de bourbier.

 Le chef de la junte malienne, le colonel Assimi Goïta, s’est donc engagé samedi à instituer un gouvernement pour rétablir un pouvoir civil dans les 18 mois, après l’adoption d’une « charte» de transition.

Mali : la France donne quelques mois aux militaires pour rendre le pouvoir

Mali : la France donne quelques mois aux militaires pour rendre le pouvoir

Interrogée dimanche dans l’émission « Le Grand Rendez-vous » , le ministre des armées a clairement indiqué que les militaires devraient rendre le pouvoir à une autorité civile d’ici quelques mois. La communauté africaine (CDAO, elle, ) a donné un délai d’un an.Pas question pour le ministre d’attendre les trois ans évoqués par les généraux lors du coup de force.

 

 

Mali : l’ONU condamne le putsch

Mali : l’ONU condamne le putsch

. Le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné, mercredi 19 août, la mutinerie en cours au Mali en appelant les militaires qui y participent à libérer tous les responsables qu’ils détiennent et à regagner leurs casernes.

Les 15 membres du Conseil se sont réunis en urgence après le putsch à Bamako, au cours duquel le président Ibrahim Boubacar Keita et plusieurs membres du gouvernement ont été arrêtés.

Les militaires qui ont pris le pouvoir au Mali ont promis, mercredi, la formation d’un gouvernement civil de transition chargé d’organiser de nouvelles élections dans un délai « raisonnable », afin de rétablir la stabilité politique.

Le président Ibrahim Boubacar Keita, dit « IBK », a annoncé tard mardi soir sa démission et la dissolution du parlement, quelques heures après son arrestation par les putschistes, qui fragilise un peu plus un pays déjà confronté à une insurrection djihadiste et, ces derniers mois, à une vague de contestation.

Dans une intervention retransmise tôt mercredi matin à la télévision publique, un porte-parole des mutins, qui ont formé un « Comité national pour le salut du peuple », a invité la société civile et les partis politiques à rejoindre le mouvement pour réussir la transition politique censée ouvrir la voie à des élections.

Le colonel Ismaël Wagué a qualifié les armées des pays voisins et les forces de maintien de la paix de l’ONU comme celle de la France de « partenaires pour la stabilité et le rétablissement de la sécurité ».

Depuis juin dernier, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Bamako pour demander la démission d’Ibrahim Boubacar Keita, réélu en 2018, en lui reprochant ses échecs dans la lutte contre l’insécurité et la corruption. Au moins 14 personnes ont été tuées en juillet lors des manifestations.

La coalition M5-RFP, à l’origine de la contestation, a exprimé son soutien aux militaires. Selon son porte-parole Nouhoum Togo, il ne s’agit pas d’un coup d’État militaire « mais d’une insurrection populaire ».

Mali: les pays d’Afrique de l’Ouest veulent le rétablissement du président Keïta

Mali: les pays d’Afrique de l’Ouest veulent «le rétablissement» du président Keïta

Ils ont également décidé d’envoyer «immédiatement» une délégation à Bamako, à l’issue d’un sommet extraordinaire.

Les pays voisins du Malide (de  la Cedeao)  ont réclamé jeudi 20 août le «rétablissement» du président Ibrahim Boubacar Keïta renversé par coup d’Etat et ont décidé d’envoyer «immédiatement» une délégation à Bamako, à l’issue d’un sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la CDEAO sur «la situation au Mali».

«Nous demandons le rétablissement du président Ibrahim Boubacar Keita en tant que président de la République» a déclaré le chef de l’Etat nigérien Mahamadou Issoufou qui assure la présidence de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), à la fin d’un sommet virtuel. «Nous décidons de dépêcher immédiatement une délégation de haut niveau pour assurer le retour immédiat de l’ordre constitutionnel», a-t-il ajouté.

«Le Mali est dans une situation critique, avec des risques graves qu’un affaissement de l’Etat et des institutions n’entraîne des revers dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, avec toutes les conséquences pour l’ensemble de notre communauté. C’est dire que ce pays a plus que jamais besoin de notre solidarité», a poursuivi le président nigérien, rappelant aux putschistes «leur responsabilité sur la sûreté et la sécurité du président Ibrahim Boubacar Keita et des officiels arrêtés».

La Cédéao va mener des discussions et «faire comprendre aux responsables de la junte militaire que les temps de prise de pouvoir par la force sont révolus dans notre sous-région», a ajouté le président Issoufou, demandant «la mise en oeuvre immédiate d’un ensemble de sanctions contre tous les militaires putschistes et leur partenaires et collaborateurs». La Cédéao a d’ores et déjà condamné le coup d’Etat ayant renversé mardi le président Keïta et suspendu le Mali de ses organes de décision.

 

Mali : la France le cul entre deux chaises !

Mali : la France le cul entre deux chaises ! 

 

Il y a quelque chose d’un peu ubuesque dans la situation du Mali. LA FRANCE a empêché que les islamistes prennent le pouvoir et à installé en 2013 l’opération barkhane  de lutte permanente contre les terroristes, l’armée malienne étant dans l’incapacité de s’opposer aux islamistes. La France a sauvé la souveraineté malienne. Faute de pouvoir faire face à la menace islamiste, des militaires par contre mènent  la guerre contre leur propre gouvernement et ont pris le pouvoir. La France au nom de la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes ne peut évidemment s’opposer frontalement à ce putsch. La France est en quelque sorte coincée entre les terroristes et les putschistes.

Lors d’une conférence de presse au côté de la chancelière allemande Angela Merkel au Fort de Brégançon, le président français a rappelé que l’armée française et ses partenaires n’étaient engagés au Sahel qu’à la demande des pays de la région.

“Rien ne doit nous divertir de la lutte contre les djihadistes”, a insisté Macron pris en quelque sorte à revers par une armée malienne portée à bout de bras par la France.

Mali : La France pour la libération du président

Mali : La France pour la libération du président

 

 

Rien ne justifie l’arrestation du président malien et de membres du gouvernement d’autant qu’ils ont démissionné estime officiellement la France qui réclame leur libération immédiate

“La France a pris acte de l’annonce de la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta. Elle appelle à sa libération immédiate ainsi que des membres du gouvernement actuellement retenus”, dit le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, dans un communiqué.

“Elle réaffirme son attachement à la souveraineté, au respect des institutions, à la vie démocratique et à la stabilité du Mali. Elle encourage toutes les forces politiques et sociales au dialogue pour trouver une solution à la crise profonde que traverse le pays et appelle au rétablissement sans délai d’un pouvoir civil”, ajoute-t-il.

Mali: promesse d’élections mais dans quel délai ?

Mali: promesse d’élections mais dans quel délai ?

Les militaires qui ont prise pouvoir au Mali ont promis un gouvernement et l’organisation d’élections dans un délai raisonnable. Le problème est de savoir ce qu’ils entendent par délai raisonnable cependant,  il n’est pas sûr que toutes les forces militaires soient d’accord cette intervention. En effet les principales forces du Mali sont éloignées de Bamako et engagées  dans la lutte contre le terrorisme. Plusieurs tendances tiraillent l’armée. Une armée capable d’investir le champ politique en renversant le président mais bien incapable par contre à elle seule de lutter contre les islamistes. Bref un mélange des genres qui ne plaît pas à la communauté internationale et qui a trop souvent affecté la crédibilité politique et démocratique en Afrique.

Le président Ibrahim Boubacar Keita, dit “IBK”, a annoncé tard mardi soir sa démission et la dissolution du parlement, quelques heures après son arrestation par les putschistes, qui fragilise un peu plus un pays déjà confronté à une insurrection djihadiste et ces derniers mois à une vague de contestation.

Dans une intervention retransmise tôt mercredi matin à la télévision publique, un porte-parole des mutins, qui ont formé un “Comité national pour le salut du peuple”, a invité la société civile et les partis politiques à rejoindre le mouvement pour réussir la transition politique censée ouvrir la voie à des élections.

“Nous avons décidé de prendre nos responsabilités devant le peuple et devant l’histoire, d’assurer la continuité de l’Etat et des services publics. Cette lourde responsabilité ne s’accomplira pleinement qu’avec l’ensemble des forces vives de la nation”, a déclaré le colonel Ismaël Wagué.

“Nous ne tenons pas au pouvoir mais nous tenons à la stabilité du pays qui nous permettra de réaliser dans des délais raisonnables consentis des élections générales pour permettre au Mali de se doter d’institutions fortes capables de gérer au mieux notre quotidien et restaurer la confiance entre le gouvernement et les gouvernés”, a-t-il poursuivi.

L’officier a qualifié les armées des pays voisins et les forces de maintien de la paix de l’Onu comme celle de la France de “partenaires pour la stabilité et le rétablissement de la sécurité”.

La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a demandé mercredi soir la libération “immédiate” d’Ibrahim Boubacar Keita et des membres du gouvernement malien eux aussi détenus.

Réaffirmant privilégier “l’intérêt du peuple malien et la lutte contre le terrorisme”, la France “encourage toutes les forces politiques et sociales au dialogue pour trouver une solution à la crise profonde que traverse le pays et appelle au rétablissement sans délai d’un pouvoir civil”, a-t-il ajouté.

De source militaire à Paris, on explique que “les armées ont soumis à la demande de l’Elysée plusieurs propositions à la ministre des Armées (Florence Parly) et au président Macron en vue d’une possible adaptation” du dispositif de la force Barkhane.

Les Etats du G5 Sahel, qui regroupe Mauritanie, Burkina Faso, Niger, Tchad, et le Mali lui-même – ont eux aussi réclamé la libération d’Ibrahim Boubacar Keita, tout comme l’Union africaine (UA) et les Etats-Unis, entre autres.

L’UA a en outre suspendu le Mali de l’organisation “jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel”. Les Etats de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont par ailleurs décidé de fermer leurs frontières régionales avec le Mali.

Le Conseil de sécurité de l’Onu, réuni en urgence, a également condamné la mutinerie et réclamé la libération des responsables politiques arrêtés par les mutins en appelant ces derniers à regagner “sans délai” leurs casernes.

Depuis juin dernier, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Bamako pour demander la démission d’Ibrahim Boubacar Keita, réélu en 2018, en lui reprochant ses échecs dans la lutte contre l’insécurité et la corruption. Au moins 14 personnes ont été tuées en juillet lors de manifestations.

La coalition M5-RFP, à l’origine de la contestation, a exprimé son soutien aux militaires. Selon son porte-parole Nouhoum Togo, il ne s’agit pas d’un coup d’État militaire “mais d’une insurrection populaire”.

En fin de journée, un porte-parole de l’imam Mahmoud Dicko, un prédicateur salafiste considéré comme l’un des chefs de file de la contestation, a annoncé que ce dernier avait décidé de se retirer de la vie politique après une rencontre avec des représentants des putschistes.

Si aucune précision n’était disponible dans l’immédiat sur ce retrait, il suggère qu’au moins une partie de l’opposition se satisfait de la promesse des mutins de rétablir la stabilité politique.

En 2012, une mutinerie, partie comme celle de mardi de la base militaire de Kati, avait entraîné l’éviction du président Amadou Toumani Touré, ce qui avait permis aux djihadistes du Nord de s’emparer d’une partie du pays et entraîné l’intervention militaire de la France, dans le cadre de l’opération Serval.

Les djihadistes ont été repoussés, mais la mission française, renommée Barkhane, et les forces du G5 Sahel ne sont pas parvenues à mettre fin à la guérilla.

Mali: coup d’Etat dans un Etat qui n’existe pas

Mali: coup d’Etat dans un Etat qui n’existe pas

Le président malien a été contraint de démissionner du fait de son arrestation par des soldats mutins. Le président a aussi annoncé la dissolution du gouvernement et du Parlement.  Un nouvel épisode d’une démocratie très balbutiante en Afrique où les difficultés démocratiques s’ajoutent aux sous-développement économique et social le plus souvent sur fond de corruption généralisée.

Le pays est aussi secoué par la guerre que mène les terroristes religieux dans une grande partie du Sahel. Dans cette zone,  les Etats sont très fragilisés et peuvent basculer du jour au lendemain. C’est le cas du Mali mais aussi par exemple celui du Burkina Faso ou encore du Niger. Des Etats relativement fictifs qui n’existent en réalité qu’autour des capitales le reste étant abandonné aux bandes et aux terroristes.

Au Mali, la coalition d’opposition M5-RFP, à l’origine de manifestations de masse depuis juin pour la démission d’Ibrahim Boubacar Keita, a apporté son soutien aux soldats. Nouhoum Togo, porte-parole du M5-RFP, a déclaré à Reuters qu’il ne s’agissait pas d’un coup d’État militaire mais d’une insurrection populaire.

Des rumeurs selon lesquelles les soldats auraient arrêté le président avaient poussé plus tôt des centaines de personnes à se rendre sur la place de l’Indépendance, pour demander la démission du président, accusé de corruption et d’aggraver la situation sécuritaire dans le nord et le centre du pays où sévissent des rebelles islamistes.

En 2012, une mutinerie sur cette même base de Kati avait conduit à un coup d’État et renversé le président de l’époque, Amadou Toumani Touré, et contribué à la chute du nord du Mali aux mains des djihadistes qui continuent à opérer dans le nord et le centre du pays.

Un diplomate européen a déclaré qu’un nombre relativement faible de membres de la Garde nationale, apparemment en colère à cause d’un conflit salarial, s’était emparé d’un dépôt de munitions mardi mais aurait ensuite été encerclé par d’autres services d’ordres gouvernementaux.

“Oui, mutinerie. Les soldats ont pris les armes”, a déclaré de son côté une source au sein des services de sécurité.

Ailleurs dans la capitale, des ministères ont été évacués, a déclaré un fonctionnaire, et des coups de feu ont été entendus près du bureau du Premier ministre, selon une source des services de sécurité.

Un habitant de Bamako a déclaré que des hommes armés avaient fermé l’accès à deux ponts sur le fleuve Niger dans la ville. L’identité des individus armés n’a pas été immédiatement établie.

Les ambassades de France et de Norvège à Bamako ont exhorté mardi leurs citoyens à rester chez eux.

La France et d’autres puissances internationales ainsi que le secrétaire général de l’Onu ont condamné cette mutinerie.

Emmanuel Macron s’est entretenu avec son homologue malien, Ibrahim Boubacar Keita, ainsi qu’avec Alassane Ouattara, le président de la Côte d’Ivoire, le président sénégalais Macky Sall et le président nigérien Mahamadou Issoufoun, a précisé l’Elysée.

La président français a exprimé son soutien aux efforts de médiations en cours de la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui ont appelé au maintien de l’ordre constitutionnel et exhorté les militaires à regagner leurs casernes.

L ‘ambassadeur du Mali au service de la Russie pour dénoncer la France

 

 

On sait que le Mali est actuellement très travaillé par des groupes rebelles et des personnalités pour salir la France et obtenir son départ du Mali. Ces groupes, ces personnalités sont en fait au service de la Russie qui est à la manœuvre. La Russie qui n’hésite pas à employer les moyens type KGB pour répandre n’importe quelle nouvelle y compris de fausses dérives de soldats de l’opération barkhane dans la capitale malienne.

Le problème, c’est que ces soldats de l’opération Barkhane sont confinés dans leur base militaire et qu’ils  ne mettent pas les pieds à Bamako. Cette attitude de l’ambassadeur du Mali démontre à l’évidence que certains se sont déjà convertis à l’idéologie rebelle et russe. Faut-il rappeler que la France a sauvé il y a peu de temps le régime malien face aux rebelles. Cela démontre à l’évidence la déliquescence d’une partie de la classe politique du Mali incapable de gérer son pays et qui a même abandonné une grande partie de son territoire aux rebelles manœuvrés en particulier par la Russie ( et les fondamentalistes).

 

Entendu mercredi par la commission de la Défense et des forces armées du Sénat français, l’ambassadeur malien Toumani Djimé Diallo a pointé du doigt les “débordements” auxquels se seraient livrés, selon lui, des légionnaires français dans la capitale malienne.

“Par moments, dans les Pigalle de Bamako, vous les retrouvez, tatoués sur tout le corps, en train de rendre une image qui n’est pas celle que nous connaissons de l’armée. Ça fait peur, ça intrigue”, a-t-il déclaré pendant une audition des ambassadeurs des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) consacrée à l’opération Barkhane.

Soulignant qu’aucun légionnaire français n’a jamais été déployé à Bamako, Paris a accusé jeudi l’ambassadeur malien de propager des “fake news”, alors même que le président Emmanuel Macron avait appelé lors d’un sommet à Pau, en janvier, ses homologues des pays du G5 Sahel à lutter contre les discours “indignes” qui alimentent les sentiments antifrançais.

“Cette mise en cause est non seulement fausse mais inacceptable (…) et indécente quand la France s’est résolument engagée pour combattre les groupes terroristes qui menacent les populations du Sahel”, a protesté le cabinet de la ministre des Armées, Florence Parly.

“Plutôt que de véhiculer et de propager de fausses accusations, nous attendons de l’ambassadeur du Mali qu’il mobilise toute son action pour la mise en oeuvre des décisions du sommet de Pau et la réussite de tous”, a-t-il ajouté dans une déclaration envoyée à Reuters.

Contactée par Reuters, l’ambassade du Mali a déclaré qu’elle ne souhaitait pas réagir dans l’immédiat.

L’armée française s’est aussi étonnée de ces accusations, alors qu’elle n’a “quasiment plus” de soldats stationnés à Bamako depuis le transfert du commandement de l’opération Barkhane au Tchad en 2014, à l’exception de membres de la mission de l’Onu (Minusma) ou de la mission de formation de l’Union européenne (EUTM).

“Il n’y a jamais eu d’unité de la Légion étrangère déployée ou stationnée à Bamako et elles n’ont pas vocation à l’être”, a souligné le porte-parole de l’état-major, le colonel Frédéric Barbry.

Lorsqu’ils ont quartier libre, les soldats de la force Barkhane ne sont en outre pas autorisés à quitter leurs bases opérationnelles, toutes situées dans le nord-est du Mali, loin de Bamako, a-t-il ajouté.

Soldats morts de l’OPEX : pour quelle politique ?

 Soldats morts de l’OPEX : pour quelle politique ?

 

 

Encore 13 victimes au Mali qui vont s’ajouter aux 547 morts pour la France dans des opérations extérieures (OPEX°). Il est logique d’honorer les soldats français morts dans le cadre d’opérations extérieures y compris avec un monument. Cependant,  c’est un peu vite s’exonérer de responsabilité; En effet, il serait temps de remettre à plat la stratégie concernant ces opérations extérieures souvent inefficaces, dangereuses et un peu irresponsables. Témoin la place de la France en Syrie, une place tellement marginale que la France comme les autres pays de l’alliance ont laissé tombé les Kurdes. Le Drian s’est contenté de communiqués de soutien! Autre interrogation, celle de la force Barkhane complètement inadaptée ou sous-dimensionnée pour lutter contre le cancer terroriste qui ronge le sahel. Stratégiquement, le fait d’avoir tout centré sur les nouvelles technologies ( armes, informations , surveillance) mérite interrogation. Vis à vis du terrorisme local, on ne peut se passer de troupes au sol même si les armes et les technologies sont nécessaires. Macron qui n’a même pas effectué de service militaire ou Le Drian qui en a affecté un très  adouci ne sont pas forcément qualifiés pour diriger la stratégie militaire.

.

D’après Wikipédia:

 

Le Drian accomplit son service militaire au 512e régiment du train de Saint-Lô6, après avoir initialement été convoqué dans les para15. Ce changement d’affectation fait suite à l’intervention de son père auprès du député-maire de Carnac Christian Bonnet. Lors de son service, il apprend à conduire divers véhicules!

 

 

Les 547 hommes et ces deux femmes honorés auxquels il fauta ajouter maintenant les 13 tués au Mali appartiennent à la «quatrième génération du feu», celle qui se bat au nom de la France loin d’elle. L’écrasante majorité de ces soldats appartenaient à l’armée de terre. Ils étaient 71 à être officiers, 201 à être sous-officiers et 277 militaires du rang. C’est au Liban, dans les années 1980, que le tribut à payer a été le plus lourd avec 141 morts. Les opérations au Tchad, à partir des années 1979, ont coûté la vie à 129 militaires. En Afghanistan, l’armée a perdu 85 hommes et 78 en ex-Yougoslavie. Au Mali, l’opération Barkhane accuse 36 pertes. L’armée française a aussi perdu des hommes, en Côte d’Ivoire (22), au Congo (14), en Centrafrique (12), en Irak (12), au Gabon (9), en Égypte (9), dans le golfe persique (4), en Somalie (3), en Haïti (3), au Cambodge (3), au Burkina Faso (2) au Rwanda (1). Depuis la fin de la guerre d’Algérie en 1962, la liste trace la géographie des zones d’influence de la France dans le monde et des menaces qui pèsent sur elle. Certains engagements pouvaient se justifier, d’autres moins quand ils sont en effet de nature post coloniale.

Pour le général Lecointre, chef d’état-major des armées, l’inauguration du monument aux morts en Opex ne signifie pas seulement «honorer nos soldats». «Il s’agit aussi de dire qu’aujourd’hui, la France combat et que les meilleurs de ses enfants vont au combat», a-t-il expliqué en octobre lors d’un colloque organisé par l’Anopex, l’association des anciens combattants des Opex. «C’est un monument pour dire que nous sommes en guerre», a-t-il ajouté. Une guerre contre le terrorisme. Justement les modalités des engagements français, leur nature aussi méritent  discussion car dans nombre de cas l’armée française n’a plus les moyens de son ambition et expose inutilement la vie de militaires. Eu égard à la nature des combats visant essentiellement le terrorisme,  on peut aussi se demander si la rétablissement du service militaire ne serait pas de nature à suppléer utilement l’intervention de professionnels dont le nombre est forcément limité par nos moyens financiers. Un ciblage plus pertinent des champs intervention serait aussi urgent.

 

1234



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol