Archive pour le Tag 'Mali'

Le Mali provoque la Côte d’Ivoire

Le Mali provoque la Côte d’Ivoire

Complètement englué dans son régime de dictature et aux ordres de la Russie via les mercenaires de Wagner, le Mali cette fois s’attaque à la Côte d’Ivoire en arrêtant 50 de ses militaires qui devaient participer à la Minusma. Il s’agit évidemment d’une véritable provocation du Mali qui n’avait nul besoin d’arrêter les militaires et aurait pu tout simplement permettre leur retour en Côte d’Ivoire. Cette affaire isole encore un peu plus un Mali sans véritable Etat, gangrèné  par la corruption , les violences djihadistes autant que les violences des militaires maliens et des mercenaires russes de Wagner. Le Mali a tout à perdre dans ce conflit car la Côte d’Ivoire est notamment une terre d’accueil pour de nombreux Maliens victimes de la crise politique économique qui secoue le pays depuis de nombreuses années

 Le mandat ONU  de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA):

  • stabilisation de la situation dans les principales agglomérations et contribution au rétablissement de l’autorité de l’État dans tout le pays ;
  • contribution à l’application de la feuille de route pour la transition, y compris le dialogue national et le processus électoral ;
  • protection des civils et du personnel des Nations unies ;
  • promotion et défense des droits de l’homme ;
  • soutien de l’action humanitaire ;
  • appui à la sauvegarde du patrimoine culturel ;
  • action en faveur de la justice nationale et internationale.

.

Or des  soldats ivoiriens ont été arrêtés dimanche à l’aéroport international de la capitale malienne, une mesure que la junte a justifiée notamment par l’absence de permission pour leur venue et par l’absence du statut de soldat dans le passeport de certains d’entre eux.

Bamako dit considérer qu’il s’agit de mercenaires et a annoncé son intention de les juger comme tels, ajoutant qu’Abidjan n’était pas informé de l’arrivée des soldats.

Mais les autorités ivoiriennes ont assuré mardi que ces soldats ont été déployé s dans le cadre de contrats d’assistance sécuritaire et logistique signés en juillet 2019 avec la mission des Nations unies au Mali – la Minusma. Elles ont demandé la libération immédiate des soldats.

Le porte-parole de la Minusma, Olivier Salgado, a confirmé via Twitter cette information.

 

Mali: fin de l’aide militaire européenne

Mali:  fin de l’aide militaire européenne

 

Après l’arrêt des opérations Barkhane, fin aussi des missions de formation militaire au Mali par l’Europe.

 

« On arrête les missions de formation et les entraînements des forces armées et de la garde nationale », a déclaré lundi le haut représentant aux Affaires étrangères de l’Union européenne Josep Borrell. Les formations juridiques sur le droit des conflits se poursuivront. « Il n’y a pas assez de garanties de sécurité de la part des autorités maliennes sur la non-interférence avec le groupe Wagner », a-t-il ajouté en dénonçant une nouvelle fois la présence des mercenaires russes employés dans le centre du pays. Ceux-ci sont soupçonnés d’exactions et de la mort de civils dans la ville de Moura, fin mars.

Mali : juger aussi les criminels de guerre russes

Mali : juger aussi les criminels de guerre russes

 

 

L’armée malienne et des miliciens russes sont accusés d’avoir tués des centaines d’habitants de Moura, fin mars. Comme en Ukraine, des forces aux ordres de Vladimir Poutine sont impliquées. La Cour pénale internationale se doit d’enquêter et de traduire en justice les dirigeants incriminés.

 

Editorial du « Monde ».

 

Certaines concomitances renforcent le caractère tragique de l’actualité. Au moment même où, dimanche 3 avril, à Boutcha, en Ukraine, étaient découverts des centaines de cadavres de civils après le départ de l’armée russe, un autre massacre était révélé : celui dont ont été victimes, entre le 27 et le 31 mars, des centaines d’habitants de Moura, un village situé au centre du Mali. Dans cette zone contrôlée par des djihadistes affiliés à Al-Qaida, les forces armées maliennes et des paramilitaires blancs identifiés comme appartenant au groupe russe Wagner ont, lors d’une opération antiterroriste, tué des centaines d’habitants.

Des soldats maliens et des miliciens russes ont rassemblé des hommes et procédé à des exécutions sommaires. Des fosses communes auraient été creusées par les villageois eux-mêmes. Ce scénario de l’horreur, recoupé par plusieurs sources, s’est soldé par la mort de « 203 combattants », selon le communiqué triomphant de l’armée malienne, qui se félicite d’avoir « procédé aux nettoyages systématiques de toute la zone ». Un bilan que l’ONG Human Rights Watch porte à « environ 300 hommes civils, dont certains soupçonnés d’être des combattants islamistes ».

La résonance entre le massacre de Boutcha et celui de Moura ne se limite pas à leur simultanéité et à une logique comparable, qui évoque clairement des crimes de guerre. Elle tient à l’implication, dans les deux cas, de forces aux ordres de Vladimir Poutine, puisque sont avérés les liens de la milice Wagner avec le président russe. Seule différence notable : alors que les événements d’Ukraine sont amplement médiatisés, images et témoignages de journalistes à l’appui, ceux du Mali se sont déroulés sans aucun témoin extérieur. La présence du millier de mercenaires russes continue même d’être niée par les militaires putschistes au pouvoir à Bamako.

Tout se passe comme si le départ programmé des troupes françaises de l’opération « Barkhane » précipitait la fuite en avant autoritaire des militaires maliens et leur collaboration avec le régime russe. Le Mali, où des médias sont bâillonnés et les voix discordantes menacées, est en proie à un inquiétant déchaînement de violence. Recrudescence de la violence djihadiste d’un côté, massacres de civils perpétrés par l’armée malienne épaulée par Wagner de l’autre, avec un niveau de brutalité jamais atteint.

L’arrivée des mercenaires russes, connus pour leurs exactions en Libye et en Centrafrique, accélère une dérive marquée par une logique de « nettoyage ». Particulièrement alarmant apparaît le déferlement de ferveur patriotique que la junte malienne parvient à susciter à chaque « succès éclatant » des forces armées, dans un pays secoué depuis plus d’une décennie par le djihadisme et menacé d’éclatement.

En Afrique comme en Ukraine, les responsables de crimes de guerre doivent être jugés. La justice internationale doit être dotée de tous les moyens pour enquêter sur les massacres qui, en suscitant haine et désir de vengeance, ne font qu’alimenter une spirale de violence destructrice. Les exemples de l’ancien président du Liberia Charles Taylor, condamné à cinquante ans de prison en 2012 pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, ou celui de l’ancien président yougoslave Slobodan Milosevic, poursuivi pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, mort en 2006 en prison, montrent que des dirigeants impliqués dans de telles atteintes à la vie humaine peuvent être dûment traduits en justice.

Des exactions russes aussi au Mali ?

Des exactions russes aussi au Mali ?

 

 

D’après l’armée malienne, plus de 200 personnes considérées comme des terroristes auraient été tuése. En fait il pourrait aussi s’agir de civils victimes de soldats maliens mais surtout des mercenaires russes du groupe wagner. . Vendredi, l’état-major malien invitait «les populations à la retenue contre les spéculations diffamatoires à l’encontre» des forces armées maliennes. Mais les réactions internationales, de Washington à Paris en passant par l’Union européenne et les Nations unies, témoignent que cette version des faits est vivement contestée. La France s’est ainsi dite «préoccupée par les informations faisant état d’exactions massives dans le village de Moura par des éléments des forces armées maliennes accompagnées de mercenaires russes du groupe Wagner, et qui auraient causé la mort de centaines de civils», a indiqué un communiqué du Quai d’Orsay.

 

Dès samedi, la Minusma avait pour sa part indiqué être «informée des confrontations» entre l’armée malienne et des groupes extrémistes et reconnu être «très préoccupée par les allégations de violences» contre des civils. Idem du côté du département d’État américain, qui avait jugé dimanche «extrêmement dérangeantes» ces allégations, en citant elle aussi la société Wagner. «Ces informations contradictoires illustrent le besoin urgent pour les autorités de transition malienne de donner un accès libre, sûr et sans entrave aux enquêteurs dans la zone où ces événements tragiques se sont déroulés». Les violences djihadistes ont fait des dizaines de morts civils au cours des dernières semaines dans le centre-est du Mali et la région dite des trois frontières (entre Mali, Niger et Burkina Faso), selon la Minusma.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé l’armée malienne et ses «partenaires bilatéraux», dans un rapport remis récemment au Conseil de sécurité, à respecter lors des opérations antiterroristes leurs «obligations internationales».

 

Mali: la dérive de Poutine aussi

Mali: la dérive de Poutine aussi

 

Les autorités maliennes ont annoncé le 18 mars « suspendre » la diffusion des programmes de Radio France internationale (RFI) et de France 24. Au moment où des mercenaires russes défendent le pouvoir en place à Bamako, cette censure des médias français laisse le champ libre à Moscou pour investir l’espace médiatique et continuer de déstabiliser l’Afrique.(papier du « Monde »).

 

 

Vitrine de la démocratisation de l’Afrique de l’Ouest après la fin d’une longue dictature en 1991, le Mali a commencé à se décomposer dans les années 2010, affaibli par la corruption de son régime et ébranlé par une rébellion touareg alliée aux islamistes, renforcée par les combattants et les armes « libérés » par la chute du colonel Kadhafi en Libye. L’intervention militaire française, déclenchée en 2013 à la demande de Bamako, a sans doute empêché le pays de tomber, jusqu’à présent, entre les mains des djihadistes.

Mais son échec, sanctionné par la décision de retrait annoncée le 17 février par Emmanuel Macron, accélère le raidissement de la junte qui a pris le pouvoir en mai 2021, dans le sens d’une rupture brutale avec la France, d’un rapprochement avec la Russie et d’un écrasement des libertés.

La décision, annoncée le 18 mars par les autorités maliennes, de « suspendre » la diffusion des programmes de Radio France internationale (RFI) et de la chaîne France 24 est la dernière en date des manifestations de cette inquiétante dérive. Le motif invoqué par les militaires maliens est la retransmission de reportages où s’expriment des victimes d’exactions commises par l’armée malienne et, probablement, par des mercenaires du groupe privé russe Wagner. Or ces actes de torture et ces meurtres visant des civils sont documentés tant par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies, qui les a qualifiés de « graves violations du droit international », que par des enquêtes du Monde et de Jeune Afrique.

La coupure des émissions des chaînes françaises accusées par la junte de chercher à la « déstabiliser » s’inscrit dans un climat marqué par la multiplication des menaces visant à faire taire toutes les voix critiques et les opposants. Les militaires au pouvoir, qui ont privé d’accès aux soins l’ancien premier ministre Boubèye Maïga qu’ils avaient fait incarcérer, ont une part de responsabilité dans son décès, lundi 21 mars.

Alarmante, l’atteinte à la liberté d’information cible aussi les médias maliens, auxquels les militaires interdisent de relayer les enquêtes de RFI et de France 24. Le silence imposé à ces médias très populaires vise à priver les Maliens d’informations fiables, pour mieux imposer la propagande antifrançaise des militaires et leur alliance avec Moscou.

De fait, la censure des programmes français marque une nouvelle avancée de l’influence russe en Afrique de l’Ouest. La junte malienne joue sur la frange de l’opinion prompte à justifier sa décision par le « précédent » que constituerait l’interdiction par l’Union européenne des outils de propagande russes que sont RT et Sputnik, au titre de sanction contre l’agression de l’Ukraine. Alors que des mercenaires russes défendent le pouvoir en place à Bamako, la coupure de RFI et de France 24 laisse le champ libre à Moscou pour investir l’espace médiatique laissé vacant.

Le refus de certains pays africains de condamner la guerre en Ukraine à l’ONU encourage la Russie à pousser ses pions en Afrique en cherchant à attiser la colère contre l’ex-colonisateur. Dans les années 1950-1990, la guerre froide Est-Ouest a alimenté les conflits en Afrique. Le retour d’un climat comparable ne fait que compliquer l’équation de la politique de la France à l’égard de l’Afrique. S’ajoutant aux appétits chinois et à l’agressivité des djihadistes, les ambitions de Vladimir Poutine, accueillies avec bienveillance par certains Africains, pèsent désormais aussi sur le continent.

Mali: La dictature s’inspire de Poutine

Mali: La dictature s’inspire de Poutine

 

 

Les colonels, apprentis dictateur au Mali s’inspire évidemment de Poutine pour renforcer leur pouvoir. Comme Poutine, ils ne ce caractérisent pas par leurs compétences militaires mais par la corruption exercée sur la population. Des militaires surtout efficaces pour faire des coups d’Etat et prélever l’impôt officieux auprès des automobilistes et autres citoyens. Avec désormais l’appui des mercenaires Wagner de Poutine, les militaires renforcent encore leur pression sur une population déjà très appauvrie. Pire, les dictateurs ont interdit la présence de médias français qui rendaient compte des exactions supplémentaires de la junte.

Il est clair que cette atmosphère de dictature ne correspond pas à l’esprit général de Maliens en général très doux mais qui là sont bien contraints par la force de se taire.

De plus en plus isolées sur la scène internationale avec le départ des partenaires européens et les sanctions de la Cédéao, les autorités ont également alerté les médias maliens: est formellement prohibée toute «rediffusion, et/ou publication des émissions et articles de presse» Des chaînes françaises notamment RFI très écoutée au Mali et en Afrique de l’Ouest. «Les journalistes présents au Mali sont désormais prévenus», a réagi l’ONG Reporters sans frontières (RSF). «Les sujets qui fâchent les militaires au pouvoir conduiront à des menaces, des expulsions ou des suspensions».

 

 

Mali : chape de plomb avec l’exclusion de journalistes

Mali : chape de plomb avec l’exclusion de journalistes

 

 

 

La junte malienne sans doute inspirée par la Russie et la force de Wagner (Mercenaires de Poutine)  a décidé d’employer les mêmes méthodes en Russie en expulsant des journalistes  Français. Cela au motif de  la diffusion d’informations selon lesquelles l’armée malienne est impliquée dans des exactions contre des civils. Une pratique déjà habituelle en temps normal et qui forcément s’est renforcée avec la dictature.  Cette décision est «grave» et «le signe d’une course en avant vers le pire» pour le pays sahélien, a dénoncé le président français Emmanuel Macron.

 

France Médias Monde, la maison mère de RFI et France 24, a réagi : «Le groupe déplore cette décision et proteste vivement contre les accusations infondées mettant gravement en cause le professionnalisme de ses antennes. France Médias Monde étudiera toutes les voies de recours pour qu’une telle décision ne soit pas mise en œuvre et rappelle son attachement sans faille à la liberté d’informer comme au travail professionnel de ses journalistes».

Les deux médias français sont suivis quotidiennement par près d’un tiers des 20 millions de Maliens. Dans le pays, la radio RFI est diffusée en FM grâce à 6 relais, mais aussi grâce à plusieurs satellites et via des radios partenaires. Elle diffuse en plusieurs langues : le français, le mandenkan et le fulfulde. La chaîne d’info France 24 est diffusée en clair par satellite, dans le bouquet Canal+ et est disponible dans les offres des opérateurs maliens.

Le Mali est un pays stratégique pour France 24 et RFI. Les deux médias comptent au total 9 correspondants au Mali. Leur présence devient chaque jour plus compliquée à mesure que les rapports politiques entre le Mali et la France se dégradent.

Politique- Macron : après la retraite de Russie, la retraite du Mali

Politique-Macron : après la retraite de Russie, la retraite du Mali

 

 

 

On ne peut sans doute pas reprocher à Macron d’avoir tenté de rapprocher les points de vue en Ukraine mais force est de  constater qu’il a complètement échoué. Par compte il est fortement critiquable pour avoir instrumentalisé son interversion en déclarant qu’il avait obtenu une rencontre entre Biden et Poutine. Les faits tragiques ont démenti cette réalité. En la circonstance, Macron s’est servi de la conjoncture internationale pour valoriser sa candidature à la présidentielle.

 

Il est évident que Poutine considère Macron comme quantité négligeable. Son partenaire est essentiellement Biden. Pour lui , l’Europe ne compte pas diplomatiquement et encore moins militairement. Quant à la France, comme d’habitude elle parle dans tous les sens mais agit peut.

 

Le second échec militaire et diplomatique est encore davantage imputable à Macron au Mali. En effet la force Barkhane est contrainte de se replier sur l’insistance de la junte désormais manipulée par la Russie et la Chine.

 

La situation était pourtant prévisible depuis longtemps dans la mesure où les moyens donnés à l’opération Barkhane  étaient particulièrement sous-estimés. Comment en effet maintenir l’ordre avec 5000 militaires dans un espace aussi grand que celui de l’Europe. Au bas mot, il aurait fallu 50 000 militaires. Un chiffre impossible à atteindre depuis la professionnalisation de l’armée qui compte uniquement sur les technologies.

 

En outre la stratégie de Barkhane n’a pas suffisamment intégré la nécessité du codéveloppement pour rétablir un minimum de progrès économique et de fonctions étatiques.

 

Bref le bilan international de Macron est assez médiocre. Certes il parle, il parle mais la profusion de ses discours ne renforce pas sa crédibilité au plan international.

Macron : après la retraite de Russie, la retraite du Mali

Macron : après la retraite de Russie, la retraite du Mali

 

 

 

On ne peut sans doute pas reprocher à Macron d’avoir tenté de rapprocher les points de vue en Ukraine mais force est constatée qu’il a complètement échoué. Par compte il est fortement critiquable pour avoir instrumentalisé son interversion en déclarant qu’il avait obtenu une rencontre entre Biden et Poutine. Les faits tragiques ont démenti cette réalité. En la circonstance, Macron s’est servi de la conjoncture internationale pour valoriser sa candidature à la présidentielle.

 

Il est évident que Poutine considère Macron comme quantité négligeable. Son partenaire est essentiellement Biden. Pour lui , l’Europe ne compte pas diplomatiquement et encore moins militairement. Quant à la France, comme d’habitude elle parle dans tous les sens mais agit peut.

 

Le second échec militaire et diplomatique est encore davantage imputable à Macron au Mali. En effet la force Barkhane est contrainte de se replier sur l’insistance de la junte désormais manipulée par la Russie et la Chine.

 

La situation était pourtant prévisible depuis longtemps dans la mesure où les moyens donnés à l’opération Barkhane  étaient particulièrement sous-estimés. Comment en effet maintenir l’ordre avec 5000 militaires dans un espace aussi grand que celui de l’Europe. Au bas mot, il aurait fallu 50 000 militaires. Un chiffre impossible à atteindre depuis la professionnalisation de l’armée qui compte uniquement sur les technologies.

 

En outre la stratégie de Barkhane n’a pas suffisamment intégré la nécessité du codéveloppement pour rétablir un minimum de progrès économique et de fonctions étatiques.

 

Bref le bilan international de Macron est assez médiocre. Certes il parle, il parle mais la profusion de ses discours ne renforce pas sa crédibilité au plan international.

Mali: un échec cuisant

 Mali:  un échec cuisant 

 

Emmanuel Macron a annoncé, jeudi 17 février, le redéploiement des forces françaises engagées au Mali depuis l’intervention de 2013. Ce retrait signe l’échec des opérations militaires lourdes en Afrique et crée l’inquiétude pour l’avenir du pays esstime un papier du Monde.

Neuf ans après la décision de François Hollande d’intervenir militairement au Mali, le 11 janvier 2013, à la demande des autorités de ce pays menacées par une offensive djihadiste, Emmanuel Macron a sonné le repli, jeudi 17 février. Le soin mis à donner à cette annonce une dimension multilatérale – africaine et européenne – n’y change rien : la France se voit contrainte de quitter le Mali après avoir perdu cinquante-trois soldats, poussée par l’hostilité croissante de la junte au pouvoir à Bamako, prompte à exploiter les colères de la population confrontée à l’incurie des anciennes autorités élues et à une insécurité sans fin.

Ce départ forcé dans une ambiance électrique constitue un choc et un échec pour les deux pays, liés non seulement par l’histoire et par la langue, mais aussi par l’immigration et par l’action de multiples ONG en faveur du développement. Il porte un coup à l’ambition française d’associer les Européens à sa politique africaine.

Les tensions n’ont cessé de s’accumuler, attisées par les attaques djihadistes, par les louvoiements et la corruption du régime d’Ibrahim Boubacar Keïta, issu des élections de 2013, mais aussi par des maladresses françaises. La mise à l’écart de l’armée malienne de la reconquête de Kidal, ville du Nord toujours tenue par les anciens rebelles touareg, a accrédité l’idée d’une complicité de Paris avec les séparatistes. Et la « convocation » des chefs d’Etat de la région par Emmanuel Macron au sommet de Pau, en janvier 2020, a pu paraître humiliante.

Mais l’incapacité des autorités maliennes à maintenir la sécurité dans les zones libérées par « Barkhane » et à y apporter justice, éducation et santé, a signé l’échec d’une opération qui ne pouvait se réduire à sa dimension militaire. L’erreur de Paris a été à la fois de surestimer la capacité de l’Etat malien et de ne pas suffisamment conditionner le maintien de ses soldats à des engagements fermes. Quant au refus opposé à la volonté malienne de contacts avec les groupes djihadistes, il fermait toute issue politique.

Alors que l’objectif initial consistait à éviter que le Mali ne devienne un sanctuaire pour des terroristes visant l’Europe, s’impose aujourd’hui la réalité d’un djihadisme endogène se nourrissant des conflits sociaux jamais arbitrés et des colères liées aux exactions des armées locales.

Pour l’heure, ce départ annoncé suscite une double inquiétude : sur les conditions du repli, nécessairement long de plusieurs mois et qui va s’effectuer dans un climat hostile, et sur le sort du Mali, laissé aux mains d’une junte protégée par Moscou, aux tendances autoritaires affirmées et à l’agenda inconnu pour ce pays en détresse.

Politique-Mali: la guerre de trop pour la France

Mali: la guerre de trop pour la France

 

 

Dans le Figaro,le Colonel Michel Goya estime que l’intervention militaire de la France au Mali est une guerre de trop. .

Ancien officiel des troupes de marine, Michel Goya a connu l’expérience du feu en ex-Yougoslavie. Docteur en histoire, il est l’auteur de plusieurs ouvrages remarqués et publie «Le Temps des guépards. La guerre mondiale de la France. De 1961 à nos jours» (Taillandier, 2022, 368 p., 21,90 €).

« Depuis soixante ans, nous avons mené 19 guerres sur 3 continents et 13 grandes opérations militaires de police internationale dans le but premier de montrer que nous sommes toujours une nation qui compte. Cela a commencé par la protection des régimes africains contre des coups d’État. Et puis les choses se sont compliquées. En 1969, pour la première depuis les indépendances, un État, celui du Tchad, faisait appel à nous pour le sauver d’une grande rébellion. Nous avons alors découvert que le petit contingent de soldats que nous engagions pouvait gagner toutes les batailles, mais ne pouvait résoudre tous les problèmes qui faisaient qu’il y avait des batailles. »

Le colonel Michel Goya con sidère que la France aurait du quitté le Mali depuis longtemps.

Le Mali traduit l’impuissance française en Afrique

Le Mali traduit l’impuissance française en Afrique

La succession d’échecs militaires et diplomatiques dans la région devrait conduire à un retrait des troupes françaises du Mali. Ce pourrait être, selon le politiste Marc-Antoine Pérouse de Montclos, l’occasion de relancer une relation avec le continent sur des bases plus saines.(Le Monde)

 

Tribune.

Rien ne va plus au Sahel. Entre deux coups d’Etat et attaques djihadistes, les jeux semblent faits, et l’Elysée pourrait bientôt annoncer son désengagement militaire du Mali ( c’est fait depuis hier NDLR) d’où l’ambassadeur de France vient d’être expulsé sans ménagement. A sa manière, le Sahel s’est ainsi imposé dans la campagne présidentielle en mettant en évidence toute l’impuissance de l’ancienne puissance coloniale en Afrique.

Au départ, pourtant, le président François Hollande avait vu dans la crise malienne un moyen d’affirmer le rôle de la France à l’international en y intervenant en janvier 2013. A l’époque, les soldats de l’opération « Serval » étaient, en effet, partis « sauver le monde » de la barbarie djihadiste et rassurer les partenaires européens qui s’inquiétaient de la pression migratoire contre les rivages de la Méditerranée. Pour une fois, le déploiement de l’armée française avait aussi l’assentiment des Etats africains, car il semblait rompre avec la logique des précédentes interventions visant à soutenir des régimes alliés et autoritaires, telle l’opération « Epervier », au Tchad, de 1986 à 2014.

Après un bref moment d’hésitation, le président Emmanuel Macron s’est vite résolu à poursuivre l’œuvre de son prédécesseur. L’opération « Barkhane », qui avait pris le relais de « Serval » en 2014, devait à son tour lui servir à conforter son statut de chef d’Etat à l’international. De l’aveu même d’une note de son équipe de campagne datant de 2017, diffusée par Wikileaks et rapportée par le chercheur Florent Pouponneau [dans la revue Culture et Conflits n° 118, « Les Territoires du secret », L’Harmattan, 2021], l’idée était notamment d’utiliser l’engagement au Sahel pour développer les capacités de combat de l’armée française : « Une source de prestige par rapport à ses homologues occidentales. »

Mais la dure réalité du terrain est bientôt venue contrecarrer les ambitions de l’ancienne puissance coloniale. Les échecs se sont multipliés, tant au niveau militaire que diplomatique et politique. Dans la zone dite « des trois frontières » [entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger], d’abord, les soldats de l’opération « Barkhane » ne sont pas parvenus à endiguer l’extension des violences vers le sud, en direction de la Côte d’Ivoire, où les intérêts économiques de la France sont autrement plus importants.

L’ancienne puissance coloniale, qui plus est, a beaucoup perdu en influence. Après s’être vantée d’avoir restauré une démocratie parlementaire au Mali en 2013, elle n’a pas réussi à empêcher des coups d’Etat à répétition… tout en étant toujours accusée par les Sahéliens de faire et défaire les gouvernements de la région.

 

Mali: L’erreur politique de la France

Mali: L’erreur politique de la France 

 

Si l’opération « Barkhane  » est désormais en sursis, c’est notamment parce que la France a sans doute sous-estimé le degré de faillite et de corruption d’un Etat qui n’a jamais réellement exercé ses fonctions sociales ou régaliennes, explique, dans sa chronique, Philippe Bernard, éditorialiste au « Monde ».

 

Une humiliation diplomatique et militaire en Afrique. Emmanuel Macron n’avait pas besoin de cela à quelques semaines de l’élection présidentielle. Les officiers putschistes au pouvoir à Bamako qui expulsent l’ambassadeur de France et attisent les sentiments antifrançais savent parfaitement à quel point la période est sensible. Les responsables russes qui déploient les miliciens du Groupe Wagner au nez et à la barbe des soldats français ne l’ignorent pas non plus.

Que cherchent-ils exactement ? Pousser dehors les Français ? La junte malienne cultive l’ambiguïté, qui reproche à Paris de l’« abandonner en plein vol » en réduisant les effectifs de l’opération « Barkhane », tout en donnant des signes d’hostilité de plus en plus nets vis-à-vis de la France. Quant aux Russes, ils veulent à la fois prendre pied au Mali, protéger la junte en échange de contrats miniers, et piéger Emmanuel Macron. Avec, pour l’heure, deux premiers résultats irréfutables : le Mali s’est imposé dans les débats de la présidentielle française et Paris ne peut plus remettre les décisions difficiles à l’après-élection. Repli ? Redéploiement ? Une direction doit être indiquée, probablement lors du sommet Union africaine-Union européenne des 17 et 18 février, car le statu quo n’est pas une option.

Nul besoin de fouiller dans des archives anciennes pour mesurer l’ampleur des illusions et des malentendus qui ont abouti à ce grand gâchis. Vu de France, le Mali n’était-il pas perçu, dans les années 1990 et 2000, comme une vitrine des nouvelles démocraties pluralistes africaines ? Un pays où des militaires avaient remis le pouvoir à un président élu et où des milliers d’ONG franco-maliennes donnaient l’exemple d’une coopération pour un développement construit sur le terrain ? Après avoir fermé les yeux sur la corruption à grande échelle et les impasses d’un pouvoir ami, Paris n’a pas anticipé l’une des conséquences désastreuses de l’intervention militaire de 2011 en Libye, qui, en faisant éclater ce pays, a libéré une masse d’armes et de combattants, source de l’embrasement du Mali.

Avec le recul, les communiqués de victoire accompagnant l’intervention française de janvier 2013, la libération triomphale de Tombouctou, – « le plus beau jour de [s]a vie politique », selon François Hollande – reflètent le décalage entre la réalité des événements africains et leur perception par les politiques et les militaires français. Les faux-semblants, voire les mensonges de l’époque – « La guerre de libération du Mali est finie. Elle a été gagnée », déclare Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la défense, en mars 2014 ; « La démocratie a repris son cours » au Mali, se félicite François Hollande en janvier 2017 – traduisent de lourdes erreurs d’analyse qui se sont poursuivies sous Emmanuel Macron.

Armée française: quelques militaires transférés du Mali en Roumanie !

Armée française: quelques militaires transférés du Mali en Roumanie !

 

 

La Grande armée française s’apprêterait à faire mouvement du Mali vers la Roumanie. La vérité est plus cruelle, il s’agira simplement de transférer quelques centaines de soldats actuellement au Mali vers la Roumanie pour donner l’impression que la France vient encore une place importante au sein de l’OTAN. Une France qui n’a plus les moyens de ses ambitions et qui veut pourtant jouer les premiers rôles y compris en Ukraine;  le vrai débat se passe évidemment entre Poutine et Biden par-dessus la tête des Européens et de Macron en particulier actuellement en charge de la présidence européenne.

La France s’est ridiculisée déjà au Mali avec son opération Barkhane qui dans les faits  ne représente que environ 5000 soldats répartis sur un territoire 10 fois grand comme la France est gangrenée par l’islamisme, les bandes armées, les politicards locaux qui veulent leur part du gâteau et des militaires plus prompts à faire des coups d’Etat qu’à défendre leur pays.

Il faut évidemment espérer qu’on restera dans une situation de guerre froide en Europe a propos notamment de l’Ukraine car on voit mal quel pourrait être l’efficacité d’un millier d’hommes tout au plus mis à la disposition de l’OTAN par la « puissante » armée française.

Au Mali où sévit le terrorisme 5000 soldats même équipé technologiquement sont complètement incapables d’assurer leurs missions. Il en faudrait 150 000. Or depuis la suppression du service militaire obligatoire l’armée française ne dispose que de 200 000 soldats. Des soldats dont les forces sont disséminées dans des champs d’opérations extérieures, pour assurer la protection intérieure armée est aussi la sécurité. Pour assurer ces différentes mission,s il faudrait entre 1 million et 1 million et demi de soldats. Du coup, la France fait dans le symbolique, aussi dans le ridicule quand elle subit un tel affront au Sahel en particulier. En cause, la responsabilité de l’État qui par démagogie a supprimé le service militaire obligatoire. En caus,e le corporatisme de l’armée bien content de se partager entre professionnels le gâteau du budget. En cause, la mollesse des valeurs d’engagement  et de sacrifice qui malheureusement ne ne concerne pas seulement l’aspect militaire. Bref, une armée à l’image d’un pays en voie de régression dans de nombreux domaines.

Barkhane Mali: Partir rapidement ou finir comme en Afghanistan ?

Barkhane Mali: Partir rapidement ou finir comme en Afghanistan ?

À moins de trouver un nouveau modèle d’intervention avec l’appui de l’Europe, l’intervention française au Sahel pourrait bien finir comme en Afghanistan estime un papier de Sylvie Kaufman du Monde.

 
Il est sans doute urgent que la France se replie sur des territoires plus sûrs comme en Côte d’Ivoire avant que la gangrène djihadiste ne contamine toute l’Afrique de l’Ouest. Une contamination aidée en sous-main par des pays comme la Russie, la Chine et d’autres qui veulent pousser la France en dehors de l’Afrique. NDLR
Partir ou rester ? Sans demander ouvertement son départ mais en poussant les mauvaises manières jusqu’à l’humiliation, la junte au pouvoir à Bamako force la France à se poser la question de sa présence militaire au Mali, où elle est arrivée en janvier 2013, à la demande des autorités de l’époque, pour repousser une offensive djihadiste. 

Dans un contexte de plus en plus difficile, aggravé par un premier coup d’Etat en 2020 puis un second en 2021, trois événements récents précipitent la rupture : l’implantation, à l’invitation de Bamako, des mercenaires russes du groupe Wagner, aujourd’hui au nombre d’un millier d’hommes selon deux sources françaises ; l’expulsion du contingent danois, à peine arrivé, membre de la force européenne sous commandement français « Takuba » ; et celle, lundi 31 janvier, de l’ambassadeur de France. Pour un pays dont l’engagement aux côtés des forces armées maliennes a coûté la vie à 53 de ses soldats, ça fait beaucoup.

Partir ou rester ? « La question ne se pose pas dans ces termes », veut-on croire à l’Elysée. Partir ? Se faire mettre dehors par des colonels putschistes, abandonner le terrain aux groupes djihadistes et laisser la Russie s’installer, comme elle l’a fait en République centrafricaine ? Hors de question. La France pense avoir de bonnes raisons de rester engagée au Sahel : la menace sécuritaire ; les liens entre sa population et la diaspora ; l’enjeu stratégique avec l’activisme croissant de la Russie et de la Turquie.

 

Mais poser la question, même dans des termes plus nuancés, c’est déjà reconnaître l’échec d’une stratégie qui, si elle a pu produire des résultats les premières années avec l’opération « Serval », n’est plus adaptée à la situation au Sahel. La menace djihadiste s’étend maintenant au nord des pays côtiers du golfe de Guinée. Les Etats y sont de plus en plus fragiles, comme le montre le putsch qui vient de se produire au Burkina Faso. La désillusion des populations à l’égard de la démocratie est profonde. La France, du coup, reste associée à des dirigeants défaillants qui ne manquent pas, lorsque cela sert leur intérêt, de faire dériver la colère populaire vers l’ancienne puissance coloniale : les ressentiments du passé n’ont pas été effacés par un coup d’ardoise magique.

A Paris – ça peut se comprendre – on préfère parler de « fin d’un cycle » qu’il « faut gérer », plutôt que d’échec. Comme en Afghanistan, on plaide la fin d’un modèle d’intervention extérieure, trop lourd, trop visible. Mais contrairement à l’Afghanistan, assure l’Elysée, le bilan n’est pas totalement négatif : la Mauritanie, première nation sahélienne visée par le terrorisme djihadiste à la fin de la décennie 2000, et le Niger ont, jusqu’ici, mieux tenu que le Mali et le Burkina Faso.

 

Mali: la guerre de trop pour la France

Mali: la guerre de trop pour la France

 

 

Dans le Figaro,le Colonel Michel Goya estime que l’intervention militaire de la France au Mali est une guerre de trop. .

Ancien officiel des troupes de marine, Michel Goya a connu l’expérience du feu en ex-Yougoslavie. Docteur en histoire, il est l’auteur de plusieurs ouvrages remarqués et publie «Le Temps des guépards. La guerre mondiale de la France. De 1961 à nos jours» (Taillandier, 2022, 368 p., 21,90 €).


« Depuis soixante ans, nous avons mené 19 guerres sur 3 continents et 13 grandes opérations militaires de police internationale dans le but premier de montrer que nous sommes toujours une nation qui compte. Cela a commencé par la protection des régimes africains contre des coups d’État. Et puis les choses se sont compliquées. En 1969, pour la première depuis les indépendances, un État, celui du Tchad, faisait appel à nous pour le sauver d’une grande rébellion. Nous avons alors découvert que le petit contingent de soldats que nous engagions pouvait gagner toutes les batailles, mais ne pouvait résoudre tous les problèmes qui faisaient qu’il y avait des batailles. »

Le colonel Michel Goya con sidère que la France aurait du quitté le Mali depuis longtemps.

 

Pourquoi perdre des vies au Mali ?

Pourquoi perdre des vies au Mali ?

 

Pourquoi »Perdre la vie pour assurer la sécurité d’un pays qui ne veut pas de vous « , interroge, mardi 1er février sur franceinfo, Christian Cambon, président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat, et sénateur du Val-de-Marne. L’interview du sénateur sur France Info

 Comment évaluez-vous la situation de la France au Mali ?

Christian Cambon : C’est un sentiment d’amertume parce que dans ces jours difficiles pour la France au Mali je pense aux 53 soldats qui y ont laissé la vie et aux centaines de blessés qui seront marqués à vie. Le constat c’est que la junte, actuellement au pouvoir au Mali, ne souhaite pas la présence française et les humiliations qu’on nous fait endurer doivent nous conduire à un examen en profondeur pour évaluer les solutions que nous avons devant nous. Cette humiliation pose nos relations avec les pays d’Afrique. Le ministre dit qu’elle est excellente mais malgré tout c’est un signe de faiblesse que nous identifions et c’est aussi un questionnement en Europe. J’espère que les indications du gouvernement sont les bonnes. Il y a beaucoup de questions et un grand gâchis à constater.

La France doit-elle désengager ses militaires ?

Le désengagement avait commencé puisque le président de la République avait annoncé un redéploiement mais je pense que maintenant il faut être très clair. Quand je vois le Mali remettre en cause nos accords militaires, quand je vois qu’il interdit le survol d’une partie du territoire du Mali à notre propres avions, quand je vois la présence des milices Wagner alimentées par les Russes qui prennent de plus en plus de positions dans le pays, les campagnes anti-françaises, bien évidemment on en peut que tirer les conclusions de cette situation.

« Je pense qu’il faut avoir le courage de dire que ce n’est sans doute plus à partir du Mali qu’il va falloir poursuivre notre présence au Sahel. »

 

Est-ce que la lutte contre le terrorisme continue ?

Bien sûr, mais il faut savoir qu’il n’y a jamais de solution militaire à ce genre de conflit. La solution politique qui est dans la main des dirigeants maliens finira un jour par s’imposer, mais elle doit respecter un certain nombre de principes. Nos soldats se sont battus pour assurer la sécurité et la souveraineté du Mali. Quand on apprend qu’un certain nombre de ses dirigeants sont en train d’ouvrir des pourparlers avec des terroristes qui ont du sang français sur les mains, c’est inacceptable.

Qu’attendez-vous du gouvernement français ?

Nous demandons qu’il associe la représentation nationale. Nos concitoyens se posent beaucoup de questions sur cet engagement. Ils voient nos soldats revenir blessés ou pire encore et se demandent pourquoi on est là-bas. Perdre la vie pour assurer la sécurité d’un pays qui ne veut pas de vous pose beaucoup de questions.

Renvoi de l’ambassadeur français au Mali: L’échec complet de Barkhane au Sahel

Renvoi de l’ambassadeur français au Mali: L’échec  complet de Barkhane au Sahel

C’est le dernier affront subi par la France avec le renvoi de l’ambassadeur français au Mali par les dictateurs militaires. Un grave échec diplomatique et militaire pour Macron et la force Barkhane. À la décharge des militaires, Barkhane a toujours été sous dimensionnée par rapport à l’immensité du territoire  (5000 militaires quand il en faudrait 150 000 sur un territoire 10 fois plus grand que que la France). Les putschistes au Mali veulent pousser vers la France dehors et maintenant, c’est le Burkina Faso qui est à son tour victime d’un putsch militaire. Reste le Niger, un pays aussi particulièrement fragile et qui aussi pourrait basculer d’un jour à l’autre. Bref, il va falloir décider rapidement du rôle de la force Barkhane avec les Européens qui en réalité ne se sont vraiment jamais totalement investis dans le conflit du Sahel.

Il n’y a sans doute pas grand-chose à espérer des discussions avec les putschistes tant du Mali que du Burkina. Des militaires plus compétents pour faire des coups d’Etat que pour maintenir l’ordre dans leur pays et qui accessoirement se partagent les maigres ressources locales.

La France et ses alliés européens se sont donné deux semaines, vendredi 28 janvier, pour décider de l’évolution de leur engagement militaire contre les groupes djihadistes au Mali alors que la junte au pouvoir à Bamako manifeste une hostilité croissante à leur égard.

La situation au Mali devient « intenable », a estimé vendredi le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, sur RTL au lendemain de la décision du Danemark de retirer ses forces spéciales dont les autorités maliennes avaient jugé la présence indésirable. Samedi, la ministre des Armées Florence Parly a déclaré, sur France Inter : « Nous devons constater que les conditions de notre intervention, qu’elle soit militaire, économique et politique sont rendues de plus en plus difficiles, bref, on ne peut pas rester au Mali à n’importe quel prix. »Alors que tout indique que les militaires maliens cherchent à pousser vers la sortie leurs partenaires occidentaux au profit d’une alliance avec la Russie, qui ne s’offusquerait pas de leur maintien au pouvoir, la ministre de la Défense danoise, Trine Bramsen, a déclaré à Reuters que les Européens s’étaient laissé 14 jours pour décider « à quoi devrait ressembler la future mission contre-terroriste dans la région du Sahel ».

Les autorités maliennes, qui ont multiplié les accusations de néocolonialisme à l’égard de la France, ne donnent de leur côté aucun signe de volonté d’apaiser la situation. Le Premier ministre Abdoulaye Diop a ainsi estimé vendredi sur France 24 que les propos de Jean-Yves Le Drian étaient « plein de mépris » et que Paris devait respecter la souveraineté du Mali.

Après le Mali, le chaos militaire aussi au Burkina Faso

Après le Mali, le chaos militaire aussi au Burkina Faso

Le coup d’État au Mali fait école et le chaos va aussi s’installer maintenant au Burkina Faso. Un pays également travaillé par des pays étrangers tout autant que par des rebelles islamistes. Et des militaires qui profitent de l’occasion pour s’approprier le pouvoir et l’argent qui va avec. Avec sans doute comme d’habitude, une promesse d’élections un jour ou l’autre. Bref des militaires au Burkina Faso comme au Mali ou ailleurs plus efficaces pour faire un coup d’État que pour combattre le terrorisme et rétablir l’État de droit dans le pays.Notons que la position de la France et de la force barkhane va s’en trouver encore davantage déstabilisée, de quoi plaire à certains pays étrangers comme la Chine, la Russie voir d’autres.

 

Des militaires en uniforme ont annoncé, lundi 24 janvier, avoir pris le pouvoir au Burkina Faso. Le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) « qui regroupe toutes les composantes des forces de défense et de sécurité, a ainsi décidé de mettre fin au pouvoir de M. Marc Roch Christian Kaboré ce 24 janvier 2022″, a annoncé le capitaine Kader Ouedraogo, entouré d’une quinzaine de militaires à la télévision publique.

Conséquence de ce coup de force initié dimanche par des mutineries dans des casernes du pays, les frontières terrestres et aériennes seront fermées à partir de minuit, le gouvernement et l’Assemblée nationale dissous et la constitution « suspendue ». Un couvre-feu est instauré de 21 heures à 5 heures sur le tout le territoire, a poursuivi Kader Ouedraogo qui lisait un communiqué signé du leader du MPSR, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui apparaît comme le nouvel homme fort du pays. Les militaires ont ajouté que « les opérations se sont déroulées sans effusion de sang et sans aucune violence physique sur les personnes arrêtées qui sont détenues dans un lieu sur dans le respect de leur dignité », sans mentionner de noms. Le MPSR s’est également engagé « à proposer dans un délai raisonnable (…) un calendrier de retour à un ordre constitutionnel accepté de tous ».

Wagner au Mali: Le retour des mercenaires du Moyen Âge

Wagner au Mali:  Le retour des mercenaires du Moyen Âge

 

Alors que les Etats se comportent comme des bandes et les bandes comme des Etats, il faut croire que Bamako a perdu de son jugement pour penser que 1 000 mercenaires pourront rétablir la sécurité, là où 30 000 soldats piétinent, estime, dans une tribune au « Monde », le général Didier Castres.

 

Tribune.

 

L’irruption de la société militaire privée russe Wagner dans des pays en crise, comme au Mali, n’est qu’un des avatars d’un mouvement plus général. En réalité, nous assistons à l’apparition d’une espèce de Far West des relations internationales sous l’effet conjugué de deux facteurs. Le premier est l’affaiblissement du droit, sa contestation, ou l’incapacité des Etats qui sont chargés de sa mise en œuvre à le faire respecter. Le second est l’émergence de nouveaux espaces de conflictualité : aux dimensions classiques du champ de bataille « Terre-Air-Mer » viennent s’ajouter l’espace, le cyberespace et, bien sûr, le champ informationnel.

La conjonction de ces deux tendances crée une nouvelle « aire de jeu » stratégique : des zones grises dans lesquelles certains de nos compétiteurs mettent en œuvre une nouvelle grammaire de l’hégémonie à travers des stratégies hybrides. Ces stratégies sont fondées sur quelques principes simples et désormais observés : l’irrevendicabilité (« plausible deniability », « déni plausible ») ou le fait de nier la responsabilité d’une action, la réversibilité des actions, la désinhibition dans l’emploi de la force, la mise en œuvre de stratégies qui combinent tous les leviers de la puissance et un engagement qui reste sous le seuil estimé de réaction des concurrents potentiels. En fait, dans ce nouveau Far West, nous observons des Etats qui se comportent comme des bandes en faisant agir pour leur compte des intermédiaires, et des bandes qui se comportent comme des Etats ; le cas de Daech est bien sûr le plus significatif.

Dans ces zones grises et pour ce qui concerne les pays occidentaux, l’action affichée et revendiquée des Etats est parfois disproportionnée en matière de coûts, de réputation, d’impacts diplomatique et financier, tandis que les stratégies dites « indirectes » sont insuffisamment signifiantes. Du coup, ne disposant pas des capacités « intermédiaires » pour investir ces zones, nous sommes souvent dans une logique binaire du « tout ou rien », et, souvent, c’est le rien qui l’emporte et laisse le champ libre à nos compétiteurs. Il nous faut surmonter le paradoxe entre la performance sans éthique reprochée à Wagner et l’éthique sans performance dans laquelle nous nous drapons.

C’est dans ce contexte qu’il faut évoquer la question de Wagner. En fait, Wagner ressemble à s’y méprendre aux Grandes Compagnies de la fin du Moyen Age : des mercenaires aux ordres du plus offrant – là, visiblement, il s’agit de Moscou – et vivant par le pillage des populations ou des pays traversés. D’ailleurs, sans que l’on puisse en imputer la responsabilité formelle à Wagner, les horreurs et les exactions que l’on découvre dans le sillage de cette bande en Centrafrique n’ont rien à envier à celles pratiquées par les Ecorcheurs du temps passé : 20 civils assassinés dans l’enceinte de la mosquée de Bambari en février 2021, un corps démembré et brûlé à Kaga-Bandoro en mai et l’arrestation de 9 civils torturés et tués à coups de baïonnette en septembre. J’arrête là cette macabre litanie, mais ce ne sont pas moins de 200 exactions qui ont été recensées depuis décembre 2020. D’ailleurs les Nations unies ont manifesté leur inquiétude concernant les agissements de Wagner, tandis que l’ONG The Sentry l’a accusée de crimes de guerre.

 

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