Archive pour le Tag 'Mali'

Mali: comme le Pakistan ?

Mali: comme le Pakistan ?

La  France doit tirer les leçons du retrait américain pour se sortir du piège malien, analyse, dans une tribune au « Monde », le politiste Marc-Antoine Pérouse de Montclos. (extrait)

Tribune.

 

Saïgon 1975, Kaboul 2021, Bamako 2025 ? Faudra-t-il un jour envoyer un hélicoptère évacuer l’ambassadeur de France au Mali dans un pays occupé par des forces djihadistes ? La question n’est pas complètement incongrue quand on songe au départ précipité des Américains au Vietnam autrefois, ou en Afghanistan aujourd’hui.

D’un terrain de crise et d’une puissance à l’autre, on connaît bien les limites des interventions militaires occidentales. Seuls les décideurs politiques semblent ne pas vouloir apprendre de leurs échecs.

L’évolution des discours officiels sur la menace djihadiste au Sahel est assez significative à cet égard. Pour justifier l’engagement militaire de la France dans la zone, les opérations « Serval »  en 2013, puis « Barkhane » à partir de 2014, ont d’abord été présentées comme des interventions destinées à empêcher que le Mali devienne une plate-forme du terrorisme international, une sorte de « nouvel Afghanistan ». A l’époque, la comparaison paraissait s’imposer d’elle-même et il était de bon ton de parler de « Sahelistan » ou de « croissant de la terreur » dans la perspective d’un « arc de crise » qui aurait puisé ses racines au Moyen-Orient et en Asie centrale.

La dégradation de la situation à Kaboul a cependant fini par obliger l’Elysée à revoir ses éléments de langage. Désormais, la comparaison avec l’Afghanistan est mal venue : à l’approche des élections, Emmanuel Macron ne veut pas être le président qui devra gérer une retraite humiliante au Mali à cause des erreurs stratégiques de son prédécesseur.

A mesure que l’opération « Barkhane » s’ensablait, qui plus est, les décideurs politiques ont progressivement pris conscience de l’importance des dynamiques locales d’insurrections hâtivement qualifiées d’islamistes. Il aura fallu huit ans pour que l’Elysée reconnaisse publiquement que l’armée française ne pouvait pas se substituer à des Etats défaillants au Sahel, un constat déjà fait par certains chercheurs dès 2013.

Pour peu que l’on accepte de s’affranchir des poncifs habituels sur l’existence d’une Internationale islamiste, force est alors d’admettre que, en dépit de certaines similitudes iconographiques et rhétoriques, les groupes insurrectionnels du Mali sont très différents des talibans afghans qui ont pris le pouvoir à Kaboul en 1996 puis en 2021.

La preuve, c’est qu’ils ne se sont jamais emparés de la capitale et n’ont pas la capacité de gouverner le pays. Sur le terrain, ils ont seulement réussi à tenir des pans de territoire et se sont brièvement rompus à l’exercice du pouvoir après la prise de Tombouctou et de Gao en 2012. A l’époque, les diverses factions en compétition poursuivaient chacune leur propre agenda et la mouvance d’Iyad Ag-Ghali a très vraisemblablement désobéi aux instructions d’Al-Qaida lorsqu’elle a entrepris de descendre vers le Sud en provoquant une réaction massive de la communauté internationale. C’est l’intervention militaire de la France qui, à partir de 2013, a ressoudé ces groupes autour d’un ennemi commun.

Mise en garde vis-à-vis du soutien de la Russie au Mali

Mise en garde vis-à-vis du soutien de la Russie au Mali

 

La Russie qui s’immisce (comme la Chin)e dans la plupart des espaces géopolitiques dans lesquels les occidentaux éprouvent des difficultés comme au Mali a été vivement critiquée par la France l’Allemagne et plus globalement par l’union économique et l’ONU.  Une mise en garde était adressée aux putschistes du Mali qui envisagerait un recours à l’organisation mercenaire russe Wagner et au soutien implicite de la Russie.

Par ailleurs, l’Onu, qui dispose de quelque 15.000 Casques bleus au Mali, a souligné que tout partenariat d’un gouvernement avec des forces militaires étrangères devrait respecter les droits humains. Le colonel Sadio Camara, a affirmé que la réduction de la présence française au Mali «obligeait à tout envisager pour sécuriser le pays». Dans l’entourage du ministre malien de la Défense, on a confirmé toutefois à l’AFP «qu’aucun acte n’a été posé avec Wagner».

 

Le Mali pourrait demander l’aide militaire russe

Le Mali pourrait demander l’aide militaire russe

 

 

De façon très elliptique, les militaires putschistes indiquent qu’il faudra bien combler les vides laissés par la présence de la force Barkhane et recourir à des forces extérieures, comprendre y compris des mercenaires russes.  »

De sources diplomatiques, Paris craint notamment que l’arrivée de mercenaires russes au Mali déstabilise davantage la région et compromette la lutte antiterroriste au Sahel au moment où la France cherche à transformer l’opération Barkhane en coalition internationale impliquant davantage ses alliés européens.

Mali: encore 11 soldats tués et 10 blessés dans une attaque terroriste

Mali: encore 11 soldats tués et 10 blessés dans une attaque

 

La semaine dernière, plus de 50 personnes ont été tuées lors d’un raid de combattants islamistes visant trois villages du centre du Mali et

Onze soldats ont été tués et dix autres blessés dans une embuscade visant un convoi militaire dans le centre du Mali jeudi, a annoncé l’armée.

Alors que la France donne des leçons sur la manière de gérer le conflit en Afghanistan, elle en oublie que le même processus est en route dans la région du Sahel où la force Barkhane se montre incapable de contrôler la situation. Pire après la prise de pouvoir par les militaires maliens, la force Barkhane ne se replie sur des objectifs beaucoup moins ambitieux .

Pendant ce temps-là l’insécurité monte dans la région. Pour preuve encore 47 personnes dont trente civils, quatorze soldats et trois supplétifs de l’armée ont été tuées mercredi 18 août lors d’une attaque par des djihadistes présumés contre un convoi militaire, escortant des civils, dans le nord du Burkina Faso, a annoncé le gouvernement burkinabè.

La commune de Gorgadji est située dans la province du Séno, dans le nord du Burkina Faso, zone dite des trois frontières, à cheval sur le Mali et le Niger. La zone des trois frontières est la région la plus touchée par les violences. Les morts, civils comme militaires, s’y comptent par milliers.

Cette attaque est la troisième d’une série qui a fait à chaque fois plus d’une dizaine de morts en deux semaines contre des soldats engagés dans la lutte anti-djihadiste dans le nord et le nord-ouest du Burkina Faso.

Opérations extérieures: «Afghanistan, Mali: fin d’un paradigme ?»

Opérations extérieures: «Afghanistan, Mali: fin d’un paradigme ?»

Pour  Frédéric Charillon , ’heure est venue pour les puissances occidentales de repenser leur action extérieure  ( papier de l’OPINION, extrait)

 

 

La double annonce d’un retrait américain d’Afghanistan et d’une suspension par la France de sa coopération militaire avec le Mali, témoigne d’une page qui se tourne. Pendant la Guerre froide, l’intervention militaire était pratiquée par les superpuissances au sein de leurs sphères d’influence respectives. Les tentatives pour en sortir étaient difficiles (Afghanistan, Vietnam). La France avait ses interventions africaines dans son ancien « pré carré », avec la bénédiction américaine. La Grande-Bretagne restait active (à Aden, dans la région du Dhofar ou en Malaisie dans les années 1960).

Puis la disparition de l’Union soviétique laissa les Etats-Unis seuls en piste pour gérer les affaires du monde, et fut suivie d’une globalisation géographique des interventions occidentales  : Koweït, Balkans, Irak, Libye, Syrie… L’ambition d’une paix hégémonique assurée par Washington au nom de la stabilité internationale autorisait l’action militaire, supposait la reconstruction d’Etats, imposait le maintien d’une présence militaire sur place. C’est ce schéma qui arrive à son terme désormais.

Il impliquait de rebâtir des sociétés, mais les adversaires de cette reconstruction sont en passe de gagner la partie : en Afghanistan comme au Mali, ceux dont la réduction justifiait l’intervention militaire sont aux portes du pouvoir. Plus profondément, la logique expéditionnaire a montré ses limites dans un XXIe siècle où les paramètres sont trop nombreux, et les moyens, insuffisants. L’heure est venue pour les puissances occidentales de repenser leur action extérieure et de substituer de nouveaux instruments d’influence à la vieille logique de puissance.

La guerre du Koweït (1991) avait pour but de restaurer la souveraineté d’un Etat et le droit international. Mais les interventions balkaniques des années 1990 visaient un changement de régime à Belgrade, la mise en place de nouvelles cartes (avec en 1993 le plan Vance-Owen de répartition des populations en Bosnie en dix régions), la création de nouveaux Etats (au Kosovo en 1999). L’intervention afghane de 2001, lancée pour chasser les talibans du pouvoir, promit ensuite un Afghanistan démocratique, où les droits humains se rapprocheraient des normes occidentales. En 2011, la volonté de sauver les habitants de la ville de Benghazi se transforma en destitution et mort de Kadhafi : au plus fort des printemps arabes, le rêve de transformer d’anciennes dictatures en sociétés ouvertes n’avait pas quitté les esprits. Ce même esprit qui conduisit la France à souhaiter des frappes sur le régime syrien en 2013. L’échec néoconservateur, en 2003, à transformer l’Irak puis le Moyen-Orient en un nouvel eldorado libéral, prospère et pro-occidental, avait pourtant été patent.

On ne remodèle pas une société contre son gré, par la seule grâce de la force. De Gaulle en avait averti Washington à propos du Vietnam, depuis Phnom Penh en 1966 : « S’il est invraisemblable que l’appareil guerrier américain puisse jamais être anéanti sur place, d’autre part, il n’y a aucune chance pour que les peuples de l’Asie se soumettent à la loi d’un étranger venu de l’autre rive du Pacifique, quelles que puissent être ses intentions, et quelle que soit la puissance de ses armes. » Tout était dit.

« Les puissances opposées à ces déploiements occidentaux (Chine, Russie, Turquie) ont fait leur grand retour, galvanisées par l’échec libyen »

Cette hypothèse s’impose d’autant plus aujourd’hui que les moyens alignés s’amenuisent, et que le terrain est de plus en plus complexe. Les Etats-Unis ont déployé jusqu’à 536 000 hommes au Vietnam (en 1968), autant dans le Golfe en 1991 (dans une coalition de 940 000 soldats), un maximum de 100 000 en Afghanistan (il en restait 2 500 en 2021), et de 166 000 en Irak (en 2007), ramenés à 128 000 en 2009 et 2 500 en 2021. La France projettera rarement plus de 5 000 hommes dans les années 2000 (5 000 en Côte d’Ivoire en 2005 ; 4 500 dans l’opération Serval au Mali après 2013 ; 5 100 pour Barkhane aujourd’hui). Si l’on en croit (ce qui n’est pas obligatoire…) l’adage stratégique qui veut qu’une opération de contre-insurrection ou de contrôle du terrain exige un déploiement de soldats équivalent à 4 % de la population locale, nous sommes loin du compte. Le double danger, pour les troupes ainsi projetées, est résumé par les titres de deux ouvrages de François Cailleteau : celui de Guerres inutiles (2011), et celui de Décider et perdre la guerre (2021).

Les obstacles s’accumulent. Arrivée en sauveur, la puissance extérieure prend vite les traits d’un occupant dont on réclame le départ, exigence martelée et orchestrée sur les réseaux sociaux. Les puissances opposées à ces déploiements occidentaux (Chine, Russie, Turquie) ont fait leur grand retour, galvanisées par l’échec libyen, contrecarrant les initiatives lointaines, et interdisant qu’on en imagine d’autres dans leur sphère d’influence à nouveau revendiquée (Europe orientale, Asie…). Fin de la politique de la canonnière.

«Afghanistan, Mali: fin d’un paradigme ?»

«Afghanistan, Mali: fin d’un paradigme ?» 

Pour  Frédéric Charillon , ’heure est venue pour les puissances occidentales de repenser leur action extérieure  ( papier de l’OPINION, extrait)

 

 

La double annonce d’un retrait américain d’Afghanistan et d’une suspension par la France de sa coopération militaire avec le Mali, témoigne d’une page qui se tourne. Pendant la Guerre froide, l’intervention militaire était pratiquée par les superpuissances au sein de leurs sphères d’influence respectives. Les tentatives pour en sortir étaient difficiles (Afghanistan, Vietnam). La France avait ses interventions africaines dans son ancien « pré carré », avec la bénédiction américaine. La Grande-Bretagne restait active (à Aden, dans la région du Dhofar ou en Malaisie dans les années 1960).

Puis la disparition de l’Union soviétique laissa les Etats-Unis seuls en piste pour gérer les affaires du monde, et fut suivie d’une globalisation géographique des interventions occidentales  : Koweït, Balkans, Irak, Libye, Syrie… L’ambition d’une paix hégémonique assurée par Washington au nom de la stabilité internationale autorisait l’action militaire, supposait la reconstruction d’Etats, imposait le maintien d’une présence militaire sur place. C’est ce schéma qui arrive à son terme désormais.

Il impliquait de rebâtir des sociétés, mais les adversaires de cette reconstruction sont en passe de gagner la partie : en Afghanistan comme au Mali, ceux dont la réduction justifiait l’intervention militaire sont aux portes du pouvoir. Plus profondément, la logique expéditionnaire a montré ses limites dans un XXIe siècle où les paramètres sont trop nombreux, et les moyens, insuffisants. L’heure est venue pour les puissances occidentales de repenser leur action extérieure et de substituer de nouveaux instruments d’influence à la vieille logique de puissance.

La guerre du Koweït (1991) avait pour but de restaurer la souveraineté d’un Etat et le droit international. Mais les interventions balkaniques des années 1990 visaient un changement de régime à Belgrade, la mise en place de nouvelles cartes (avec en 1993 le plan Vance-Owen de répartition des populations en Bosnie en dix régions), la création de nouveaux Etats (au Kosovo en 1999). L’intervention afghane de 2001, lancée pour chasser les talibans du pouvoir, promit ensuite un Afghanistan démocratique, où les droits humains se rapprocheraient des normes occidentales. En 2011, la volonté de sauver les habitants de la ville de Benghazi se transforma en destitution et mort de Kadhafi : au plus fort des printemps arabes, le rêve de transformer d’anciennes dictatures en sociétés ouvertes n’avait pas quitté les esprits. Ce même esprit qui conduisit la France à souhaiter des frappes sur le régime syrien en 2013. L’échec néoconservateur, en 2003, à transformer l’Irak puis le Moyen-Orient en un nouvel eldorado libéral, prospère et pro-occidental, avait pourtant été patent.

On ne remodèle pas une société contre son gré, par la seule grâce de la force. De Gaulle en avait averti Washington à propos du Vietnam, depuis Phnom Penh en 1966 : « S’il est invraisemblable que l’appareil guerrier américain puisse jamais être anéanti sur place, d’autre part, il n’y a aucune chance pour que les peuples de l’Asie se soumettent à la loi d’un étranger venu de l’autre rive du Pacifique, quelles que puissent être ses intentions, et quelle que soit la puissance de ses armes. » Tout était dit.

« Les puissances opposées à ces déploiements occidentaux (Chine, Russie, Turquie) ont fait leur grand retour, galvanisées par l’échec libyen »

Cette hypothèse s’impose d’autant plus aujourd’hui que les moyens alignés s’amenuisent, et que le terrain est de plus en plus complexe. Les Etats-Unis ont déployé jusqu’à 536 000 hommes au Vietnam (en 1968), autant dans le Golfe en 1991 (dans une coalition de 940 000 soldats), un maximum de 100 000 en Afghanistan (il en restait 2 500 en 2021), et de 166 000 en Irak (en 2007), ramenés à 128 000 en 2009 et 2 500 en 2021. La France projettera rarement plus de 5 000 hommes dans les années 2000 (5 000 en Côte d’Ivoire en 2005 ; 4 500 dans l’opération Serval au Mali après 2013 ; 5 100 pour Barkhane aujourd’hui). Si l’on en croit (ce qui n’est pas obligatoire…) l’adage stratégique qui veut qu’une opération de contre-insurrection ou de contrôle du terrain exige un déploiement de soldats équivalent à 4 % de la population locale, nous sommes loin du compte. Le double danger, pour les troupes ainsi projetées, est résumé par les titres de deux ouvrages de François Cailleteau : celui de Guerres inutiles (2011), et celui de Décider et perdre la guerre (2021).

Les obstacles s’accumulent. Arrivée en sauveur, la puissance extérieure prend vite les traits d’un occupant dont on réclame le départ, exigence martelée et orchestrée sur les réseaux sociaux. Les puissances opposées à ces déploiements occidentaux (Chine, Russie, Turquie) ont fait leur grand retour, galvanisées par l’échec libyen, contrecarrant les initiatives lointaines, et interdisant qu’on en imagine d’autres dans leur sphère d’influence à nouveau revendiquée (Europe orientale, Asie…). Fin de la politique de la canonnière.

Mali- Barkhane: l’échec d’une stratégie

Mali- Barkhane: l’échec d’une stratégie

C’est fait, le gouvernement vient de décider de réduire environ par deux les effectifs de l’opération Barkhane. Un cruel échec pour la France qui n’a pas réussi davantage dans son opération militaire que dans son opération de coopération ( Coopération contestée par certains chefs militaires eux-mêmes !). Après l’annonce du retrait de la force militaire de lutte contre les groupes armés djihadistes, cinquante chercheurs, représentants d’ONG, de syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent, dans une tribune pour « Le Monde », à ouvrir le débat pour refonder, en concertation avec les populations, la politique française dans la région.

 

 

Tribune. Huit ans. Huit longues années d’opérations militaires au Sahel sans que la paix et la sécurité aient été au rendez-vous, et avec elles le décompte macabre par milliers des morts civils et militaires. En huit ans, l’opération « Barkhane », qui aura coûté la vie à 55 militaires français, aura fait l’objet de bien peu de débat public. Pas plus que l’ensemble de la politique étrangère française au Sahel, qui reste largement dominée par une approche sécuritaire au détriment notamment des efforts de développement, comme le souligne la Cour des comptes, dans un récent rapport.

Convaincus qu’une autre approche est possible et nécessaire, cinquante associations, ONG, chercheurs, représentants de diasporas sahéliennes, syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent à préparer l’après-« Barkhane » de manière plus inclusive et à ouvrir le débat aux vues d’une refondation de la politique sahélienne de la France.

 

Ce débat est urgent car la militarisation du Sahel – à l’initiative notamment de la France – n’a rien réglé sur le plan sécuritaire ; on assiste même à une dégradation continue de la situation. Les « neutralisations » de quelques chefs de groupes armés que revendiquait régulièrement l’état-major français ne cachaient plus l’effroyable réalité : les incidents violents liés à ces mêmes groupes ont doublé chaque année depuis 2015. L’impact sur les populations civiles est dramatique : près de 2 millions de personnes ont dû fuir les violences au Burkina Faso, au Mali et au Niger, et 13,2 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire.

Cette spirale de la violence interroge d’autant plus quand elle est le fait des forces de sécurité étatiques avec lesquelles l’armée française collabore. Au Mali, en 2020, davantage de civils ont été tués par des militaires (35 %) que par des groupes dits djihadistes (24 %). La Minusma [la force de maintien de la paix de l’ONU] a également conclu à la responsabilité de l’armée française dans la mort de 19 civils lors d’une opération au Mali le 3 janvier 2021.

Terrible signal

Mais, en rejetant ces conclusions et en s’opposant à l’ouverture d’une enquête indépendante, la France a envoyé un terrible signal qui contribue à normaliser l’impunité. Dans un contexte sahélien profondément marqué par la défiance des populations envers les autorités et alors qu’elle ferme déjà trop souvent les yeux sur les déviances autoritaires dans la région, la France doit se montrer intransigeante face aux abus et violations des droits humains. Sans cela, elle ne peut qu’alimenter le sentiment anti-français dans la région.

Mali : Les Russes pour remplacer la France !

Mali : Les Russes pour remplacer la France !

 

Sidi Traoré, membre Influent Au Mali, se tourne à nouveau vers l’Est. « Nous voulons que la Russie vienne traiter nos problèmes sécuritaires, explique-t-il. Nous avons vu la coopération militaire russe avec d’autres pays, comme la Syrie, ou plus récemment la Centrafrique. Nous sommes convaincus que des militaires russes feront davantage que la France. »

La vérité c’est qu’une partie de la classe politique malienne veut sa part du fromage et souhaite le départ des Français pour s’entendre avec les Russes. Les Russes ne sont d’ailleurs pas les seuls à manœuvrer dans la coulisse il y a aussi les Algériens, les Turcs et la Chine

Le président du Parti socialiste malien, proche de l’ex-président IBK, Amadou Koïta, considère Moscou comme un allié potentiel. « Le Mali a des amis, que ce soit la France ou la Russie. Mais le Mali n’est pas un pays ingrat. Nous ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Nous savons que 50 soldats français sont tombés ici [depuis 2013]. D’un autre côté, il est vrai que l’opération Barkhane pose problème aujourd’hui, parce que les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. Nous avons besoin de tous les partenariats pour lutter contre le terrorisme. »

Pour Michel Beuret, directeur éditorial de la fondation Hirondelle, une ONG suisse produisant des médias d’information sur des terrains de crise, notamment au Mali, les Russes sont déjà influents dans le pays. « Ils font de la désinformation, mais ce n’est pas aussi prégnant que ce que l’on peut voir en Centrafriquedécrit-il. Les Russes cherchent à s’installer sur le continent africain. Parce que les Chinois, les Américains, les Européens sont là. »

Cette tentation russe existe donc bien au Mali, et notamment à Bamako, où se trouve une grande partie de la classe politique malienne qui se répartissent les mannes pouvoir alors que plus des deux tiers du pays, livrés à la pauvreté, sont hors contrôle dominé soient par les extrémistes ou les bandes armées. Bref la chienlit s’installe encore un peu plus au Mali sous influence étrangère et sur fond de corruption encore aggravée

« Barkhane » au Mali :L’échec total

« Barkhane » au Mali :L’échec total

L’annonce très politique de Macon de la fin de l’opération Barkhane  officialise l’échec total de la France qui a réussi l’exploit de se mettre un peu tout le monde à dos même si les opposants à la France sont nettement travaillés par des puissances étrangères  et les arrivistes locaux ( militaires ou civils)

Un papier du « Monde »

 

L’annonce par le président, Emmanuel Macron, jeudi 10 juin, de la fin de l’opération extérieure « Barkhane » dans sa forme actuelle a le mérite de la clarté. Elle met fin à l’illusion de moins en moins partagée d’une victoire militaire possible contre un mouvement insurrectionnel protéiforme, désormais solidement ancré dans les populations locales.

Si le chef des armées promet une réduction du dispositif militaire français et un « changement de modèle » de cet engagement, selon un calendrier qui reste à préciser – mais qui devrait impliquer le départ d’ici à début 2023 de la moitié des 5 100 militaires actuellement déployés –, c’est que le bilan de huit ans d’intervention française au Sahel n’est pas brillant. Certes, le déploiement de « Serval » au début de 2013, sous la présidence de François Hollande, à la demande des autorités maliennes, avait stoppé net l’avancée des groupes djihadistes et même sans doute évité l’effondrement de l’Etat malien.


Mais, depuis, les groupes djihadistes ont repris leur progression. Non seulement le Sahel est devenu l’« épicentre du terrorisme international », selon les mots d’Emmanuel Macron, mais les pays du golfe de Guinée que l’on pensait à l’abri sont maintenant visés. Les Etats locaux n’ont pas été capables de prendre le relais pour sécuriser les zones libérées. Le bilan humain ne cesse de s’alourdir. Selon l’ONG Acled, plus de 8 000 personnes, essentiellement des civils, ont été tuées au Mali, au Niger et au Burkina Faso depuis 2013. Deux millions d’habitants ont été déplacés par les combats. Cinquante soldats français sont morts en service

Accusations de néocolonialisme

Par ailleurs, le soutien à l’opération « Barkhane » s’est sérieusement érodé dans l’opinion publique, en France et au Sahel. Les Français comprennent de moins en moins pourquoi des soldats meurent pour défendre une armée malienne qui s’est surtout distinguée par sa capacité à conduire deux coups d’Etat en l’espace de neuf mois. Les habitants du Sahel – parfois inspirés par une Russie aux aguets de tous les faux pas français en Afrique – accusent Paris de néocolonialisme. Ils constatent aussi que la présence française n’a pas mis un terme aux massacres de civils et qu’elle n’est pas exempte de bavures.

Le temps serait donc venu de siffler la fin de « Barkhane ». Cela ne signifie pas pour autant que la France va déserter la région. Des forces spéciales, a précisé M. Macron, resteront déployées pour mener des opérations strictement antiterroristes. C’est sans doute là que le bilan de l’intervention française est le plus probant, avec l’élimination de plusieurs chefs djihadistes. Mais ces victoires, de courte durée, n’ont jamais porté de coups fatals aux groupes armés liés à Al-Qaida ou à l’organisation Etat islamique.

 

Le deuxième pilier de la présence française concerne la formation des armées locales censées prendre le relais sécuritaire sur le terrain. Ce volet fera l’objet d’un effort supplémentaire porté par la France et ses partenaires européens. Mais, pour l’heure, l’efficacité de cette approche laisse plus d’un observateur dubitatif : des centaines de millions d’euros ont déjà été dépensées ces dernières années pour tenter d’améliorer l’organisation et les capacités de combat de l’armée malienne, sans guère de succès.

Quant à la force conjointe du G5 Sahel, regroupant des unités des armées de Mauritanie, du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad, Emmanuel Macron n’y a même pas fait référence. Paris a pourtant porté à bout de bras cette architecture sécuritaire régionale depuis sa création, en 2014. Une autre illusion perdue.

Barkhane: Quitter le Mali…. et vite

Barkhane: Quitter le Mali…. et vite

Il est clair qu’il y a longtemps que la France ne contrôle plus rien dans les zones où elle lutte contre les terroristes. En outre, l’opinion locale manœuvrée par des puissances étrangères ( Union soviétique, Algérie, Turquie, Chine notamment) ne comprend pas cette longue présence française qui sur le plan économique social et politique n’a rien changé. 

La France s’est contentée en effet de faire un service de police alors qu’évidemment parallèlement il fallait construire économiquement et politiquement. En cause notamment l’incompétence chronique de nos représentants diplomatiques sur place davantage à l’aise dans les salons des capitales que dans les villages éloignés. L’inverse des islamistes qui eux remplacent les Etats dans presque deux tiers des pays concernés en particulier le Mali, le Niger et le Burkina Faso..

Même en France on ne comprend pas cette présence de la France au Mali d’autant que désormais les liens sont rompus avec les militaires maliens. Visiblement Macron ne comprend rien à l’Afrique. Certes l’Afrique a besoin de sécurité et de stabilité mais l’urgence première est celle du besoin social, économique et d’un minimum d’État.

 

 

Mali : Un pays virtuel

Mali : Un pays virtuel

 

Selon la chercheuse Virginie Baudais, « l’Etat post-transition devra s’appuyer sur les pouvoirs locaux » pour contrer les groupes terroristes actifs dans le centre du pays.

 

Tribune.

 

Depuis trois ans, le programme Sahel-Afrique de l’Ouest du Stockholm International Peace Research Institute (Sipri) mène des enquêtes de perception auprès d’un échantillon représentatif de 1 800 ménages dans quinze cercles (120 villages) des deux régions du centre du Mali, Ségou et Mopti.

Des chercheurs maliens, qui connaissent les zones et parlent les langues locales, administrent des questionnaires auprès de populations cibles, animent des groupes de discussion et, par leur présence et leurs observations, nous « racontent » le terrain. Grâce à un financement européen, ces enquêtes visent à comprendre le fonctionnement réel de l’Etat et le quotidien des populations. Elles nous ont surtout permis de mesurer combien la situation se détériore.

 

Bien loin des soubresauts politiques de la capitale, les habitants du centre du Mali sont pris au piège entre la violence des groupes armés et un Etat qui, en dépit du fort soutien de la communauté internationale et de la présence d’opérations militaires internationales, est très affaibli par la corruption et la mauvaise gouvernance. L’implantation durable de groupes comme l’Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS) ou le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) représente aujourd’hui une menace vitale pour les autorités, exacerbant d’anciens conflits et affectant la cohésion sociale, avec des conséquences effroyables pour les populations civiles.

L’Etat malien est surtout un Etat urbain. Les villes concentrent la plupart des services et ressemblent à des bulles plus ou moins sécurisées au milieu de vastes zones rurales en proie à une insécurité grandissante. Plus on s’éloigne des centres urbains, plus le maillage territorial des services de base est inégal et de faible qualité.

En janvier 2021, la moitié des préfets et sous-préfets étaient absents de la région de Mopti, contre un sur trois dans la région de Ségou. Et plus l’insécurité dans la zone est importante, plus les populations manifestent leur insatisfaction envers les représentants de l’Etat : une personne interrogée sur deux a exprimé son insatisfaction envers ces acteurs dans la région de Mopti, contre un sur trois dans la région de Ségou.

Au contraire, 85,8 % des habitants interrogés disent faire confiance aux chefs de village et de quartier, 78,8 % aux chefs coutumiers et 88,1 % aux chefs religieux. Si, à cause de l’insécurité, certains maires résident dans les chefs-lieux et ne se déplacent dans leurs communes et villages que le jour de la foire, ils bénéficient tout de même de la confiance des ménages à 61,9 % (contre 10,4 % qui disent ne pas leur faire confiance). Par contre, les sondés ne sont que 16,4 % à prêter foi aux députés et aux partis politiques et 26,8 % aux juges et magistrats.

Mali : le colonel Goïta président autoproclamé de la transition

Mali : le colonel Goïta président autoproclamé de la transition

La cour constitutionnelle à la botte des militaires a adoubée colonel Goïta comme président de la transition  L’arrêt stipule que le vice-président de la transition, le colonel Goïta, «exerce les fonctions, attributs et prérogatives de président de la transition pour conduire le processus de transition à son terme», et qu’il portera «le titre de président de la transition, chef de l’Etat».

 

La Cour constitutionnelle déclare. «En raison de la vacance de la présidence de la transition, il y a lieu de dire que le vice-président de la transition assume les prérogatives, attributs et fonctions de président de la transition, chef de l’Etat», écrit-elle.

Le colonel Goïta, homme fort du Mali a fait arrêter le président en exercice et le premier ministre. Il semble bien que les militaires au Mali soient davantage préoccupés à faire des coups d’Etat qu’à combattre les terroristes laissant à la force barkhane le soin de s’en occuper !

Mali: coup d’Etat et chienlit

Mali: coup d’Etat et chienlit

 

Un véritable coup d’État au Mali avec l’arrestation du président et du Premier ministre par les militaires.  Les chefs de l’exécutif de transition, le président Bah Ndaw et le Premier ministre Moctar Ouane, on été conduits à Kati, haut lieu de l’appareil militaire malien.

C’est déjà là que le président élu Ibrahim Boubacar Keïta avait été conduit de force le 18 août 2020 par des colonels putschistes pour annoncer sa démission. En 2012 aussi, le Premier ministre Modibo Diarra, arrêté par des putschistes, avait été forcé à la démission.

Ces évènements sont survenus quelques heures seulement après l’annonce d’un nouveau gouvernement, que dominent toujours les militaires, mais dont ont été écartés des officiers proches de la junte qui avait pris le pouvoir après le coup d’Etat d’août 2020 et dont Assimi Goïta était le chef. Les colonels avaient installé au bout de quelques semaines des autorités de transition, dont un président, Ban Ndaw – militaire retraité -, et un gouvernement dirigé par Moctar Ouane, un civil. Ils s’étaient engagés, de mauvais gré et sous la pression de la communauté internationale, à rendre le pouvoir à des civils élus au bout de 18 mois, et non pas trois ans comme ils l’estimaient nécessaire.

La chienlit s’installe à nouveau dans un pays où l’État n’a guère de consistance en dehors de la capitale. Et les militaires maliens sont plus efficaces pour faire des coups d’Etat que pour combattre le terrorisme sur leur territoire. Bref encore davantage d’instabilité dans une région où le pouvoir politique est en composition comme au Mali mais aussi au Niger et au Burkina Faso.

Mali : pourquoi il ne faut pas partir

Mali : pourquoi il ne faut pas partir

Le groupe de réflexions Mars (*)   explique dans le journal la Tribune les enjeux de la présence française au Mali

 

- Situation militaire
La France a perdu à ce jour plus de 50 soldats au Mali depuis huit ans (13 janvier 2013, déclenchement de l’opération Serval). Les buts de guerre initiaux ont été atteints au bout de trois mois d’intervention : reconquête territoriale, neutralisation de l’adversaire, re-légitimation du pouvoir malien. Faute d’avoir défini de nouveaux buts de guerre à l’été 2013, il aurait fallu, sinon se retirer sur cette victoire, du moins réduire considérablement l’empreinte française au Sahel.

Au contraire, une nouvelle opération a été lancée en août 2014 (Barkhane) sur un théâtre élargi à 5 pays sahéliens tout en réduisant les moyens. Résultat : en six ans, l’adversaire (GAT, « groupes armés terroristes ») a considérablement renforcé son emprise en contrôlant de facto de vastes territoires de la région du Liptako-Gourma à cheval sur les « 3 frontières » du Mali, du Niger et du Burkina Faso ; les armées locales sont démoralisées et l’effondrement des institutions maliennes est tel qu’un coup d’état militaire a été considéré comme un moindre mal. Malgré tout, le renforcement de Barkhane en 2020 a permis d’obtenir des succès tactiques affaiblissant les groupes affiliés respectivement à l’EI et AQ.

- Situation politique
Alors que Bamako (capitale située au sud-est du pays) a perdu le contrôle de vastes territoires au centre du Mali, le nord du pays rejette toujours les autorités du sud. Au Burkina, le nord échappe de plus en plus au contrôle de Ouagadougou. Le Niger, où le pouvoir est plus légitime et cohérent, doit faire face à une double menace : à l’ouest avec l’EIGS, au sud avec Boko Haram, tout en limitant la menace des groupes mercenaires qui combattent en Libye. Le Tchad est une dictature militaire confrontée aux massacres intermittents de Boko Haram, en plus de la menace permanente des groupes rebelles réfugiés en Libye et au Soudan.

Seule la Mauritanie, où le pouvoir est aussi détenu par l’armée mais en respectant mieux qu’au Tchad les apparences démocratiques, échappe à la catégorie des États quasi-faillis en parvenant de manière autonome à contrôler son vaste territoire. Le cauchemar des observateurs serait que la Côte d’Ivoire, à la faveur de la crise politique actuelle, ne bascule encore dans la guerre civile, contexte propice à l’implantation des GAT au nord du pays.

- Situation diplomatique
Plus la communauté internationale s’intéresse au Mali, plus la situation devient inextricable. A l’exception de Barkhane, les forces étrangères présentes au Mali au sein de la MINUSMA (ONU), de la FCG5S (G5 Sahel) et d’EUTM (UE) sont totalement inefficaces et aggravent les problèmes au lieu d’y apporter une solution. Les Etats-Unis ont une attitude ambivalente, ne lésinant pas sur l’aide militaire à Barkhane, mais refusant les financements et les mandats permettant de donner aux autres forces étrangères les moyens d’une meilleure efficacité.

De leur côté, les puissances régionales d’autrefois (Algérie, Libye, Nigeria) traversent une crise politique qui les empêche d’agir. La Russie reste en embuscade, espérant récupérer le Mali (longtemps allié de l’URSS) au départ des Français. Au fond, personne n’a de plan pour l’avenir du Mali, alors que les accord d’Alger de 2015, signés par des partenaires de mauvaise foi, ne sont pas mis en œuvre.

2/ Les comparaisons avec la Bosnie ou l’Afghanistan ne sont pas pertinentes

En observant que la France s’est retirée d’ex-Yougoslavie et d’Afghanistan après avoir perdu respectivement 112 et 90 tués (et des centaines de blessés dont on ne parle pas), certains estiment qu’il faut quitter le Mali avant. Mais comparaison n’est pas raison.

- Une histoire et une géographie très différentes
Dans les deux cas, la France a suivi ses alliés dans des guerres qui n’étaient pas les siennes. La partition de la Yougoslavie est un processus voulu notamment par l’Allemagne réunifiée pour accroître son influence en Europe centrale, contre la position de la France (président François Mitterrand), qui intervient dès 1992 en Krajina pour protéger les minorités serbes de Croatie ; l’évolution de la guerre civile et des interventions étrangères contraint ensuite la France à se retourner contre les Serbes de Bosnie à partir de 1995. En 1999, l’OTAN bombarde la Serbie pour l’obliger à abandonner le Kosovo, que les derniers soldats français quittent en 2013, soit une présence de plus de vingt ans sur une zone dépourvue d’intérêt stratégique majeur pour la France.

En Afghanistan, l’alliance atlantique active l’article 5 pour la seule fois de son histoire à la suite des attentats du 11 septembre 2001. La France (président Jacques Chirac) intervient en envoyant des formateurs et des forces spéciales traquer Ben Laden. Le président Nicolas Sarkozy, élu en 2007, décide de réintégrer le commandement intégré de l’OTAN et envoie pour cela des troupes conventionnelles combattre les insurgés, sans leur donner de moyens suffisants, ce qui conduit à l’embuscade d’Uzbin en août 2008. A force d’attentats meurtriers, les troupes françaises sont progressivement contraintes à l’inaction. Le désengagement français fin 2012 (président François Hollande) après onze ans de présence n’a pas de conséquence opérationnelle.

 

- Des enjeux politico-stratégiques très différents
Au Mali, l’arrière-plan historico-stratégique est totalement différent. Il s’agit d’un pays francophone dont les élites sudistes doivent tout à l’ancien colonisateur, qui a favorisé leur émancipation au détriment des populations nomades du centre (peuls) et du nord (arabes et touaregs), qui les dominaient jusqu’à la conquête française (tardive, 1900). Ces élites, appuyées par le plus grand nombre, refusent que la France les « trahisse » en accédant aux revendications d’autonomie de ces populations nomades, minoritaires mais insoumises. Pourtant, le « centre de gravité » de la guerre au Sahel réside dans l’association au pouvoir, ou non, de ces minorités, qui continueront sinon à fournir toutes les ressources dont les GAT ont besoin pour maintenir leur emprise, voire l’élargir en fonction de la pression qu’ils subissent.

Considérant, non sans raison ni hypocrisie, que cette guerre postcoloniale ne les concerne pas, la plupart des alliés européens, à commencer par l’Allemagne, refusent à la France au Mali ce qu’ils ont accepté au profit de l’OTAN en Afghanistan. Paris peine à faire croire aux autres capitales européennes que leur sécurité dépend de celle de Bamako. Or la guerre de la France au Mali met en lumière les lacunes capacitaires accumulées depuis trente ans de « dividendes de la paix ». La réalité est que la France est incapable d’intervenir seule, sans l’aide de ses alliés, à commencer par les Américains (qui fournissent d’ailleurs un appui opérationnel à titre gratuit).

- Le cas exemplaire de la RCA et de la RCI
La France a décidé en 1997 de quitter la Centrafrique et de ne pas intervenir lors du coup d’état de 2002 en Côte d’Ivoire (président Jacques Chirac, « doctrine Jospin »). Résultat : elle y est toujours et contribue périodiquement à y ramener un semblant d’ordre. En RCA, les Russes proposent de remplacer les Français mais les Centrafricains ont compris que ce n’était pas gratuit.

3/ Les conditions d’un succès au Sahel

- Prendre conscience des enjeux stratégiques
Une fois admis que l’opération Barkhane est un échec, faut-il pour autant se retirer du Mali ? La réponse est non car, contrairement à l’ex-Yougoslavie et l’Afghanistan, le retrait français aurait des conséquences stratégiques majeures, à commencer par le délitement des Etats sahéliens et la création d’un nouveau califat territorial au Liptako-Gourma. Les élections générales de 2022 permettront de redéfinir la stratégie française au Sahel, qui coûte environ un milliard d’euros par an au contribuable, entre le coût des opérations militaires et l’aide au développement. En attendant, il faudra « tenir » sans céder à une opinion publique insuffisamment consciente des risques d’un désengagement trop brutal. Un retrait sous la pression serait assimilé à une défaite stratégique majeure minant à la fois la crédibilité de la politique étrangère de la France et le moral de ses armées.

- Redéfinir les buts de guerre (effet final recherché)
Le chef des armées élu en 2022 s’engagera fermement à maintenir l’engagement militaire français au Sahel « quoi qu’il en coûte » à condition d’obtenir de la communauté internationale (ONU, UE, UA, CEDEAO) qu’elle oblige les autorités locales à transformer leur gouvernance en associant toutes les minorités au pouvoir (mais non les djihadistes) et en instituant un audit permanent de nature à limiter la grande corruption. Cette « mise sous tutelle » s’accompagnerait, dans l’idéal, d’un début de panafricanisme avec la création d’une instance supranationale chargée de contrôler la gouvernance de chaque Etat. Les frontières cesseraient ainsi de faire prospérer les trafics qui alimentent les GAT. Il serait ainsi demandé à la communauté internationale de transformer son intervention militaire inutilement coûteuse en engagement politique audacieux.

- Options tactiques
Il n’y en a que deux : soit un Barkhane++ avec tous les moyens nécessaires à accroître la pression sur les GAT tout en limitant les pertes amies (plus de drones et d’hélicoptères, plus de troupes conventionnelles au sol mieux protégées contre les IED) ; soit un engagement totalement repensé, à base de forces spéciales appuyées par l’aviation pour les « actions cinétiques » (opération Sabre) et de conseillers militaires auprès de troupes locales (Takuba) suffisamment nombreuses, équipées, entraînées et commandées, appuyées également par de l’aviation, afin de reconquérir et tenir le terrain.

Dans la situation actuelle, seule la première option semble crédible à court et moyen terme. En définitive, compte tenu du fait que les GAT restent un adversaire de faible valeur tactique (aucune perte française dans des combat), le succès ne dépend que des moyens à y consentir et de l’effet final recherché (nouvelle gouvernance politique). La vraie question est celle des lacunes capacitaires qui empêchent la France d’avoir les moyens de ses ambitions et de ses responsabilités.

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(*) Le groupe Mars, constitué d’une trentaine de personnalités françaises issues d’horizons différents, des secteurs public et privé et du monde universitaire, se mobilise pour produire des analyses relatives aux enjeux concernant les intérêts stratégiques relatifs à l’industrie de défense et de sécurité et les choix technologiques et industriels qui sont à la base de la souveraineté de la France.

 

Mali: le conflit de la pauvreté

Mali: le conflit de la pauvreté

« Combien faudra-t-il de sonneries aux morts, de cortèges funèbres, de drapeaux qui s’inclinent devant le sacrifice ultime de nos valeureux soldats de la paix, pour réaliser que l’enjeu et la solution ne sont pas militaires ? », interroge dans le Monde dans le monde, universitaire, au sujet de l’opération Barkhane.

 

… Combien de cérémonies, combien de beaux discours, combien de larmes faudra-t-il encore répandre aux sons du clairon entonnant sa sinistre mélopée, devant des familles figées par la douleur ? De semaine en semaine, de mois en mois, d’année en année, s’égrène la liste funèbre de nos héros, morts au combat, au nom d’un idéal de paix et de fraternité… Et les discours martiaux s’enchaînent, sur le parvis de la cour d’honneur des Invalides, belles paroles qui glissent sur les cercueils alignés de nos concitoyens, mais : « La France ne dialogue pas avec le terrorisme, Elle le combat… »

Que la France se soit engagée dans un combat à plus de 6 000 kilomètres de sa capitale était en soi probablement une absolue nécessité. Cela va faire maintenant huit ans qu’elle s’est engagée dans ce combat, huit ans de missions, de patrouilles, où chacun risque sa vie, pour un résultat final qui n’est, en rien, celui escompté.

[...] Les guerres de harcèlement, ont toujours été gagnées par les petites unités combattantes, au détriment des armées certes plus puissantes mais moins mobiles, dans la réalité technique des embuscades meurtrières qui jalonnent les terrains. Du Vietnam à l’Afghanistan, chaque guérilla organisée a mis les structures militaires trop lourdes en défaut.

Comment faire sur un territoire plus grand que la France, avec une force comprise entre 10 000 à 20 000 soldats, plus ou moins bien entraînés et équipés, pour contrôler le territoire et le sécuriser ? Comment compter sur une armée malienne sous-équipée, en proie à des factions internes rivales et à une corruption à tous les niveaux ?

[...] Au-delà de ces considérations logistiques et purement militaires se cachent des réalités plus complexes encore. Comment penser à stabiliser un territoire, alors que les problématiques des aspirations des populations ne sont pas prises en compte, ni par l’Etat malien, ni par son armée, ni par les forces armées d’assistance, venues à sa rescousse ?

A-t-on réellement pris le temps d’écouter, de comprendre, les envies d’autonomie, voire
d’indépendance, des Touaregs du nord du pays ? Ceux-ci voient dans les participants à l’opération Barkhane les collaborateurs zélés d’un pouvoir malien sourd à toutes leurs revendications et tentatives de dialogue, souvent réprimées avec la plus grande violence et le plus profond mépris, par les autorités maliennes au pouvoir depuis des années.

[...] Comment ne pas comprendre que ces éléments terroristes autochtones issus de ces mêmes villages sont très souvent soutenus, cachés, et surtout bien renseignés, par les villageois locaux ? Comment essayer de dénoncer l’idéologie du terrorisme, de convaincre du bien-fondé de nos valeurs et de réussir à neutraliser les poseurs de mines improvisées qui tuent nos jeunes engagés, quand ce sont les propres enfants des familles interrogées par nos soldats… qui les installent, la nuit venue.

Si on essaye de se mettre à la place de nos adversaires, comment concevoir et comprendre que des militaires d’une « autre couleur de peau, d’une autre religion, d’une autre langue, d’une autre culture », de surcroît anciens colonisateurs de ces régions, viennent vous faire la morale, alors que vos droits humains fondamentaux sur la répartition des ressources ont été bafoués par le pouvoir en place, depuis des années… et que ces soldats de l’étranger semblent soutenir ce pouvoir corrompu ?

Quel impact avons-nous vraiment sur ces populations ? Allons-nous mettre huit ans de plus pour comprendre que ces échanges sont truqués d’avance ? Combien faudra-t-il de sonneries aux morts, de cortèges funèbres, de drapeaux qui s’inclinent devant le sacrifice ultime de nos valeureux soldats de la paix, pour réaliser que l’enjeu et la solution ne sont pas militaires ?

Comment ces groupes terroristes prolifèrent-ils ? La misère est le terreau de choix pour prospérer. Si on ne peut pas s’exprimer autrement que par la violence, alors le terrorisme prend la parole ! Il légitime un espoir et suscite les vocations des martyrs. Face à ces tribus organisées selon des codes qui nous échappent, miliciens, islamistes, anciens mercenaires de Kadhafi forment les maillons hétéroclites de ces légions terroristes, parfois rejointes par les propres commandants de l’armée malienne, soi-disant chargés de les combattre.

Chacune se rassemble et s’organise, au gré des rencontres et des opportunités de terrain, l’ennemi à abattre restant le lien commun : le pouvoir malien avec son bras armé, la France.
C’est dire toute la complexité de cette nébuleuse mouvance qui combat et tue nos soldats, jetés en pâture dans un conflit perdu d’avance, en raison d’un aveuglement des responsables politiques de tout bord. La vraie question à poser n’est donc certainement pas militaire, mais purement politique, économique et sociale.

Tant que la misère continuera de sévir, tant que l’injustice, la violence, la corruption des plus nantis de ces pays s’exerceront sur ces régions, alors, malgré tous nos efforts, tous nos sacrifices, toutes nos larmes, nous verrons se dresser des hordes de fanatiques pour traquer nos faiblesses et tuer au hasard nos soldats, avec des engins de mort disséminés sur les pistes.

J’ose espérer que les réflexions de nos dirigeants et hommes d’Etat se porteront enfin sur les aspects essentiels pour éradiquer les racines de cette guérilla terroriste qui s’exporte déjà et se développera jusqu’au cœur de nos cités, cachée dans le flot des réfugiés climatiques qui viendront réclamer à juste titre un droit au partage de la richesse et de la sécurité pour leurs enfants.

Ce n’est qu’à ces conditions de réflexion globale sur les véritables enjeux et requis de l’unité
retrouvée que la Marseillaise accompagnera les célébrations de la paix… au lieu de résonner pour honorer la mémoire de nos soldats, vainement tombés en son nom, sur une terre étrangère.

Marc Carrey, Léognan (Gironde)

Mali : cent djihadistes tués

Mali : cent  djihadistes tués

 

 

Un peu ridiculisées depuis plusieurs semaines, les forces maliennes et la force Barkhane ont  réagi avec une grosse opération militaire qui a fait une centaine de morts chez les djihadistes . Une opération qui pourrait préfigurer la future stratégie. En effet la force Barkhane est parfois contestée au Mali comme en France. Du coup, la mission de sécurité courante pourrait être abandonnée au profit d’opérations militaires d’envergure moins coûteuse en hommes. Le président de la république a d’ailleurs annoncé une réduction des troupes françaises affectées à la force Barkhane.

“Une centaine de terroristes neutralisés, une vingtaine capturés et plusieurs motos et matériels de guerre saisis, c’est le bilan d’une grande opération dénommée “Eclipse”. Elle a été planifiée et exécutée du 02 au 20 janvier 2021 par les FAMa et la force Barkhane”, dit l’armée malienne dans un communiqué diffusé sur son site internet.

“Cette opération avait pour but de bouter l’ennemi hors de ses zones de refuge. Elle a concerné les localités de Serma, Boulkessi, Foulssaret et Doni”, ajoute l’armée malienne.

Manifestation anti française au Mali où la chienlit s’installe

Manifestation anti française au Mali où la chienlit s’installe

 

Le Mali descend doucement mais sûrement vers la chienlit entretenue par les différents groupes d’oppositions et les groupes terroristes. Parmi ceux-là,  les islamistes manipulés et soutenus de l’extérieur occupent le devant de la scène en instrumentalisant la présence des forces armées françaises. Il n’y a pas si longtemps la France était ovationnée pour avoir sauvé le régime, elle est maintenant conspuée par des forces d’opposition d’obédience islamiste.

 

La France va d’ailleurs être contrainte de retirer une partie de ses forces pour deux raisons. D’une part parce que l’opinion publique malienne est très travaillée par le courant islamiste antifrançais, d’autre part parce que les forces françaises sont notoirement insuffisantes pour assurer la sécurité sur un territoire (Mali et pays voisins) 10 fois grand comme la France avec seulement 5000 personnes.

 

En outre jusque-là l’Europe  s’est à peu près désintéressée de la question n’apportant que des aides anecdotiques. Le pouvoir malien est surtout caractérisé par une grande faiblesse et n’influence en fait que certaines grandes zones urbaines délaissant le reste au islamiste.

La France a déployé des troupes au Mali en 2013 pour aider à chasser les militants islamistes qui avaient occupé le nord du pays après avoir détourné une rébellion touareg.

Bien que les combattants aient été expulsés des principales villes, le Mali n’a pas réussi à se stabiliser tandis que les militants se sont regroupés et ont mené des attaques dans une insurrection prolongée.

La violence s’est propagée dans les États voisins, a attisé les tensions ethniques et intercommunautaires et a rendu de larges pans du nord semi-aride du pays ingouvernables.

Mardi, le président Emmanuel Macron a déclaré que la France pourrait ajuster ses opérations militaires dans la région du Sahel. Des sources diplomatiques et militaires s’attendent à ce qu’un retrait partiel de la France soit annoncé d’ici la mi-février.

Le président malien par intérim Bah N’daw a remercié mardi les armées étrangères, dont la France, pour leur soutien continu.

Mali : encore deux soldats français tués

Mali : encore  deux soldats français tués

 

 

La question des conditions de la présence de l’armée française au Mali va se poser avec une plus grande acuité compte tenu  des victimes militaires qui s’accumulent. Deux soldats français ont été tués et un troisième blessé samedi dans le nord-est du Mali dans une attaque à l’engin explosif improvisé, après la mort de trois militaires français dans des circonstances similaires lundi, a annoncé la présidence française.

Le problème est surtout quantitatif. La vérité c’est que la France est relativement isolée ou contrôler un territoire 10 fois grand comme la France avec seulement 5000 militaires . A l’échelle d’un département français cela équivaut à cinq militaires par département ! Comment assurer la sécurité dans ces conditions.

La France porte le poids majeur de la présence des forces de sécurité dans cet immense zone du Sahel qui couvre plusieurs pays où se développe le terrorisme. L’Europe n’apporte qu’une aide très marginale. Le problème,  c’est que si la France se retire ,d’autres pays risquent d’être contaminés par l’islamisme et la situation deviendra alors impossible à gérer.

Yvonne Huynh, qui avait 33 ans, est la première femme de l’armée française tuée au Sahel depuis l’intervention Serval en 2013. Loïc Risser avait 24 ans. Tous deux étaient engagés dans un régiment spécialisé dans le renseignement. Ces deux décès portent à 57 le nombre de soldats français tués au Sahel depuis 2013 dans les opérations antijihadistes Serval puis Barkhane.

«Leur véhicule a été l’objet d’une attaque à l’engin explosif improvisé lors d’une mission de renseignement», a précisé la présidence française. Les jours de leur camarade blessé ne sont pas en danger, a-t-elle ajouté. Emmanuel Macron a salué la mémoire des deux soldats, «morts pour la France dans l’accomplissement de leur devoir».

Mali : encore trois militaires français tués

Mali : encore trois militaires français tués

L’armée française a perdu encore trois militaires tués au Mali. En cause, surtout l’insuffisance des moyens face à djihadistes à peu près aussi nombreux et dispersés dans l’immense territoire du désert et du Sahel et qui connaissent parfaitement le terrain. Comme la plupart des rebelles, ils s’intègrent  à la population et sont difficiles à détecter.

La France est en réalité assez isolée car les renforts européens sont complètement anecdotiques. La France d’environ 5000 soldats là où il en faudrait 10 fois plus. Au commencement de l’opération Barkhane, les effectifs engagés étaient les suivants : 3 000 militaires, 200 véhicules logistiques, 200 blindés, 4 drones, 6 avions de combat, une dizaine d’avions de transport et une vingtaine d’hélicoptères. Le nombre des effectifs augmente par la suite : début 2018, 4 500 sont mobilisés dans l’opération Barkhane. En février 2020, les effectifs passent de 4 500 à 5 100 hommes.

Les estimations sur le nombre de djihadistes actifs au Sahel vont de 300 à 3 000 combattants7. Début août 2014, Mélanie Matarese, journaliste pour Le Figaro écrit que selon « un proche des mouvements islamistes », Ansar Dine compte encore 800 hommes au Mali et AQMI, 70038. En septembre 2014, Hannah Armstrong, chercheuse au New America’s International Security Program, estime que 3 000 djihadistes sont actifs au Sahel.

Mais les effectifs des rebelles ne cessent d’augmenter du fait de la faiblesse des régimes politiques des pays concernés où le pouvoir politique s’est surtout replié sur les capitales, abandonnant ainsi les zones éloignées. La présence de la France se pose mais le retrait de la France livrerait aux mains des rebelles de nombres de pays comme le Mali, le Niger, le Burkina Faso, la Libye et d’autres pays.

“Le Président de la République a appris avec une très grande émotion la mort au Mali ce matin de trois soldats français du 1er régiment de chasseurs de Thierville-sur-Meuse”, près de Verdun, dit un communiqué.

“Leur véhicule blindé a été atteint par un engin explosif improvisé alors qu’ils participaient à une opération dans la région de Hombori”, ajoute l’Elysée.

Selon le ministère des Armées, le brigadier-chef Tanerii Mauri, le chasseur de première classe Dorian Issakhanian et le chasseur de première classe Quentin Pauchet ont trouvé la mort “alors qu’ils étaient engagés dans une zone où des groupes terroristes attaquent les populations civiles et menacent la stabilité régionale, tout comme notre propre sécurité”.

Mali : encore une dizaine de djihadistes éliminés par la force Barkhane

Mali : encore une dizaine de djihadistes  éliminés par la force Barkhane

 

Très récemment la force Barkhane a détruit une cinquantaine de Jihadistes au moment même où le gouvernement militaire malien engageait des négociations avec les terroristes. Des négociations condamnées par la France. Cette fois, l’armée française a tué encore une dizaine de djihadistes et en a capturé deux autres vendredi soir au cours d’une opération aéroportée précédée d’une frappe de drone, a annoncé samedi l’état-major des armées.

L’opération, qui a impliqué un drone Reaper de l’armée de l’air française, cinq hélicoptères et une trentaine de commandos au sol, s’est déroulée dans le Gourma malien, dans la région dite des “trois frontières”, à environ 90 km au sud de Gao.

Elle a visé un regroupement de combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à Al Qaïda, précise l’état-major. Une vingtaine de motos et des armes ont été saisies.

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