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Chine : le danger majeur

Chine : le danger majeur

 

. Par Didier Julienne, spécialiste des marchés des matières premières (*). Évoque dans la Tribune les dangers que représente la Chine, des dangers économiques évidemment mais aussi politiques car le pouvoir se trouve en position de faiblesse et pourrait s’arc-bouter davantage sur un nationalisme aventureux. En effet, la croissance s’est écroulée et le nombre de chômeurs, lui ,s’est envolé. D’où la nécessité de trouver des boucs émissaires et de raidir les relations économiques et diplomatiques.

 

 

« Inutile d’épiloguer sur l’origine du coronavirus. Si son origine est le marché de Wuhan, la Chine est une puissance dangereuse incapable de maîtriser la relation délicate entre tradition (un marché d’échoppes traditionnelles) et modernité (la mondialisation); si la pandémie à pour origine la fuite accidentelle d’un laboratoire de Wuhan, la Chine est une puissance biotechnologique dangereuse ne maîtrisant pas les protocoles de base de la recherche scientifique ; d’où que vienne l’improbable créateur d’un imaginaire complot armé du coronavirus, Pékin dirige une puissance dangereuse s’il n’a pas décelé l’origine de cette conjuration qui ressemblerait à « la machination Voronov ».

Où que soit la vérité, le vecteur de la mauvaise nouvelle est surtout dangereux pour lui-même tant le retour de flamme contre le bouc émissaire qu’est Pékin sera pour longtemps présent dans la psychologie terrienne. C’est-à-dire que la Chine est perdante car responsable des morts et qu’ils sont plus nombreux à l’étranger ; perdante dans les médias ; perdante car ses ennemis naturels profitent de l’aubaine pour l’affaiblir ; perdante car la crise lui coûte beaucoup d’argent ; perdante parce que la crise révèle des faiblesses et de futures failles dans ses accès aux ressources naturelles dans les pays qu’elle a involontairement contaminés ; perdante car sa culture millénaire, par exemple celle de ses croyances médicinales, a perdu du respect, la Chine moderne a fait perdre la face de la tradition de ses propres ancêtres ; perdante car si elle veut  les mêmes jouets que les autres pays, elle va devoir regagner la confiance de la terre entière par une exigence intérieure supérieure sans provoquer d’implosion ; perdante parce que le monde veut désormais être plus souverain et moins dépendant de la Chine.

Ce dernier aspect résonne en France par la prise de conscience que ce sont la DGSE, la CIA et d’autres services de renseignement qui avaient raison de souligner la trahison de la bourgeoisie d’État, la trahison des clercs. Celle qui a entre autres provoqué la pénurie de masques. Celle-là même qui d’une manière plus large a traité les experts de l’intelligence économique qui témoignaient de la désindustrialisation de l’Hexagone de manipulateurs d’une bêtise coûteuse, et les tenants d’un capitalisme souverain d’agitateurs d’une illusoire guerre économique. A l’heure du bilan, la vérité est offensive : ils avaient tort, nous avions raison, mais aujourd’hui le pays tout entier paye cash la forfaiture.

De fait, si en France des voix s’élèvent pour un nouveau Conseil national de la résistance, ce n’est pas tant parce que ces gens ont des idées de réforme, mais en premier lieu parce qu’ils pensent que la libération de ce régime asphyxiant est proche.  Si le monde d’après réclame un changement c’est celui-là : réparer les erreurs, retrouver une indépendance d’esprit dans le choix d’objectifs simples, sans greenwashing et une préférence donnée à une autonomie industrielle européenne en vue d’assurer une autosuffisance à la chinoise, quoiqu’il en coûte.

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(*) Didier Julienne anime un blog sur les problématiques industrielles et géopolitiques liées aux marchés des métaux.

Un risque majeur de propagation de l’épidémie à l’hémisphère sud (Laurence Boone ,OCDE)

Un  risque majeur  de propagation de l’épidémie à l’hémisphère sud  (Laurence Boone ,OCDE)

La chef économiste de l’organisation internationale de l’OCDE s’inquiète du risque majeur dune propagation du virus à l’hémisphère sud. Elle prévoit une récession mondiale au premier trimestre provoquée par le coronavirus Covid-19, suivie d’une reprise progressive de la croissance ( une prévision sans doute optimiste car les conséquences néfastes pourraient bien se faire sentir jusqu’à l’été NDLR). (interview dans l’Opinion)

Quel était l’horizon macroéconomique avant l’émergence du coronavirus Covid-19 ?

Nous étions sur une fin de cycle, avec une croissance mondiale stabilisée autour de 3%. Un niveau plutôt bas en dépit des politiques économiques très accommodantes mises en place. Les problèmes politiques et commerciaux pesaient sur le secteur manufacturier mais les commandes repartaient à la hausse. La consommation ralentissait, le taux de croissance de l’emploi ralentissait.

Et depuis ?

Il faut rester extrêmement prudent car beaucoup d’incertitudes demeurent. Nous avons tout de même modélisé deux scénarios. Dans le meilleur des cas, si l’épidémie se stabilise à son niveau actuel, la contraction de l’économie chinoise pèsera sur la croissance mondiale mais repartira d’ici 2021. L’impact sur la croissance mondiale serait alors de -0,5% cette année. L’autre scénario est celui d’une propagation de l’épidémie en zone Asie-Pacifique et dans les pays avancés, dans les mêmes proportions que ce que l’on a connu en Chine. L’impact serait alors plus important, de l’ordre de 1,5%. La croissance mondiale tomberait alors à 1,5% en 2020.

C’est le pire des scénarios ?

Non. Au moins deux autres sont possibles, sans que nous les ayons modélisés parce qu’ils sont plus spéculatifs. On peut imaginer une reprise rapide de l’activité en Chine avec la fin des mesures de confinement mais que cette levée arrive trop tôt ; elle pourrait alors être suivie d’une nouvelle vague de contaminations en Chine et de mesures de confinement qui feraient replonger l’économie chinoise (scénario « en W »). Mais le pire des scénarios serait celui d’une propagation de l’épidémie à l’hémisphère sud en même temps que l’hémisphère nord, avec des conséquences difficiles à estimer.

«Ce qui se passe sur les marchés nous inquiète. Il ne faudrait pas qu’une crise financière s’ajoute à la crise sanitaire»

Y a-t-il un risque de récession à court terme ?

Dans le premier scénario, le plus optimiste, le creux de la crise serait atteint au premier trimestre avec une croissance mondiale négative, croissance qui repasserait doucement en territoire positif dans les trimestres suivant. Il faudrait attendre 2021 pour retrouver le niveau de PIB que l’on attendait dans nos perspectives de novembre. Dans le second scénario – scénario de risque – le creux de la crise serait atteint au troisième trimestre, avec un PIB mondial inférieur de 1,8 point à ce qu’il serait normalement. Tous les pays touchés par des mesures de confinement souffriraient de manière à peu près égale. L’Europe et le Japon entreraient en récession, les États-Unis seraient en croissance très faible.

Que penser de la correction des marchés ?

Ce qui est en train de se passer sur les marchés nous inquiète. Il y a aujourd’hui beaucoup de dettes de faible qualité. Plus de la moitié des dettes « investment grade » [les plus sûres] émises en 2019 ont été notées BBB [la note la plus faible au sein de cette catégorie]. Il ne faudrait pas qu’une crise financière s’ajoute à la crise sanitaire.

Une relance monétaire et/ou budgétaire est-elle nécessaire ?

Il faut laisser les stabilisateurs automatiques fonctionner normalement et cibler les secteurs en difficultés (tourisme, loisirs, automobile, électronique) par des mesures comme des reports de charges et d’impôts, et des soutiens pour préserver l’emploi. Envisager également des mesures de salaire pour les professionnels de la santé. Ce n’est pas le moment de limiter ces dépenses budgétaires. Il faut accélérer les plans d’investissements qui sont prêts à être dégainés. Si la situation continue, un signe de coordination des pays au niveau du G7 ou du G20 serait très positif, tant sur les mesures de santé que sur des soutiens budgétaires et financiers, avec les banques centrales prêtes à réagir. Ce serait un signal fort. Il faut se tenir prêt économiquement, sans surréagir.

«La crise du coronavirus, c’est d’abord un choc d’offre. Mais c’est aussi un choc de demande, de confiance, avec beaucoup moins de voyageurs, touristes ou professionnels»

Comment estimer l’impact de cette crise alors que les informations sur la résistance ou la dangerosité ce virus restent parcellaires ?

Au-delà des questions de santé qui restent la première des priorités, nous avons regardé les canaux de transmission économique. Quel est l’impact des confinements ? Des mesures de quarantaine ? Des fermetures de places publiques ? La crise du coronavirus, c’est d’abord un choc d’offre qui impacte notamment les chaînes de valeur. Mais c’est aussi un choc de demande, de confiance, avec beaucoup moins de voyageurs, touristes ou professionnels.

Mais n’est-on pas en train de donner des chiffres au doigt mouillé ? Le mot « incertitude » revient 17 fois en 17 pages dans la note de l’OCDE…

Nous restons en effet très prudents. On regarde les canaux de transmission mais il est vrai que nous ne connaissons pas tous les scénarios. On essaye simplement d’anticiper. Il est important de ne pas ajouter une crise économique et financière à une crise sanitaire. Nous sommes la première institution internationale à sortir une étude. La Banque centrale européenne devrait le faire la semaine prochaine, suivie par la Fed et la Banque du Japon. Nous cherchons tous l’équilibre.

Qu’est-ce qui a changé depuis la crise du Sras en 2003 ?

Principalement le fait que le poids de la Chine dans l’économie mondiale a été multiplié par trois. La crise financière de 2008 a aussi été importante pour trois raisons. Depuis, un arsenal d’outils a été mis en place pour faire face plus rapidement à des chocs économiques assez forts. Par ailleurs, les politiques monétaires sont beaucoup plus souples et soutiennent davantage l’économie. Enfin, les banques sont plus solides après la vague de consolidation de leurs fonds propres.

Le monde est-il trop dépendant de la Chine ? Faut-il, comme l’appel de ses vœux Bruno Le Maire, relocaliser les usines de production en France ou en Europe ?

Trop je ne sais pas, très dépendant de la Chine c’est une certitude. Un exemple : 27% de la valeur ajoutée dans les ordinateurs et les systèmes électroniques vient de Chine. Les États-Unis, qui représentent 20% du secteur, importent de Chine 24% des pièces qui forment les composants qu’ils fabriquent eux-mêmes. Je pourrai aussi citer les secteurs de l’automobile, de la pharmacie ou du tourisme. Les voyageurs et touristes chinois pèsent lourd dans le monde, par exemple un point de PIB en Australie.

La France doit rester un acteur majeur du spatial européen » (Frédérique Vidal)

La France doit  rester un acteur majeur du spatial européen » (Frédérique Vidal)

 

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal, descend la place de la France en matière de développement spatial (interview dans la tribune)

 

2019 est une année chargée pour les questions spatiales avec en point d’orgue la conférence ministérielle de l’Agence spatiale européenne (ESA), dont l’objectif est de définir les priorités stratégiques et les financements qui vont avec. Quelles vont être les priorités de la France au conseil des ministres de l’ESA ?

FRÉDÉRIQUE VIDAL - Ce qu’il faut déjà rappeler, c’est à quel point l’Agence spatiale européenne est importante pour l’Europe et la France, leur permettant d’être des leaders du secteur spatial, dans le domaine des lanceurs comme dans celui des satellites : les lanceurs Ariane, les constellations Galileo et Copernicus, la sonde Rosetta… Lors de cette conférence ministérielle, le sujet central porté par la France sera celui de l’innovation. Comment l’Europe sur ces sujets d’innovation doit-elle faire pour rester un leader mondial ? Nous devons aussi penser davantage à l’utilisation des données générées par les satellites conçus et lancés par l’Europe et stimuler le développement de projets fondés sur leur exploitation. Penser à tout ce qu’on appelle le secteur aval, et qui va connaître un développement massif dans les prochaines années.

Pouvez-vous donner des exemples précis ?
Pour soutenir l’innovation, nous avons créé ArianeWorks, qui est une plateforme d’innovation de rupture d’un genre nouveau. Mon objectif est d’aider tout l’écosystème de startups New Space à se développer, en lien avec l’industrie et le Cnes. Que ce soit sur des sujets d’agriculture, avec l’utilisation des données satellitaires pour mieux gérer les sols et mieux prévoir la façon d’organiser les cultures ; que ce soit sur les questions de climat, avec l’observatoire que le Cnes est en train de monter au niveau mondial avec de nombreuses autres agences ; que ce soit sur les véhicules autonomes, avec le soutien d’exploitation des données de Galileo. Sur tous ces sujets, il faut maintenant qu’on tire profit des investissements faits au niveau des États membres, de l’ESA et de la Commission européenne.

Comment jugez-vous l’écosystème spatial français dans le domaine de l’innovation, notamment dans les data ? Est-ce qu’il vous paraît complet et voyez-vous des améliorations à apporter ?

Il y a toujours des améliorations à apporter, mais cet écosystème est vraiment dynamique. On a la chance d’avoir de nombreuses start-up dans le milieu des données, des calculs, dans l’algorithmique. On bénéficie d’un fonds très important de connaissances et d’expertise dans ces domaines-là, et cela permet d’alimenter la création de start-up, y compris d’ailleurs par des étudiants, des jeunes docteurs ou des chercheurs qui s’impliquent dans la création de start-up à partir de données du spatial.

En dépit de notre proximité avec l’Allemagne, il existe une réelle compétition entre Paris et Berlin dans le spatial. La France doit-elle réaffirmer son leadership spatial sur l’Europe à l’occasion de la ministérielle ?

La France est l’un des pays pionniers sur les questions spatiales, avec le premier programme de lanceur engagé en 1965. Nous avons une agence spatiale en France, le CNES, qui est un support très important à la recherche et aux industriels tant sur les lanceurs que sur les satellites. C’est normal que la France souhaite avoir un rôle de leader. Maintenant, il y a plusieurs grandes nations spatiales en Europe, notamment la France, l’Allemagne et l’Italie qui, à elles trois, contribuent à 85 % du budget d’Ariane 6. Il est crucial pour la France de rester un acteur majeur du spatial européen, et c’est tout aussi important que nos partenaires, Commission européenne comme États membres, restent fortement impliqués dans le spatial. Cela ne fait aucun doute dans l’esprit de qui que ce soit. C’est ce qui fait les succès européens.

Ariane 6 est-il le bon lanceur au bon moment ?

Ariane 6, qui sera porté par l’expertise d’Ariane­Group et de l’industrie européenne, sera un lanceur fiable et adapté aux besoins du marché des lancements. Il est donc primordial de terminer son développement puisque celui-ci induira une diminution du prix des lancements. Il sera environ deux fois moins cher par rapport à Ariane 5.

Vega E n’est-il pas un futur concurrent d’Ariane 6 ?

Une concurrence entre acteurs européens dans ce domaine serait stérile. Les programmes Ariane 6 et Vega sont extrêmement liés, leur vocation est d’être complémentaires. Notre R&D et l’innovation sont mises en commun entre la France et l’Italie. La France a financé Vega C et l’Italie de son côté Ariane 6. Notre objectif est de disposer au niveau européen d’une gamme de lanceurs qui couvrira tous les marchés de lancement.

La réutilisation d’un lanceur, considérée comme une innovation de rupture, n’est pas donc pas à l’ordre du jour…

Nous ne devons pas nous interdire de penser à la suite. Nous proposerons d’accélérer le développement des nouvelles technologies pour préparer la suite d’Ariane 6, via le moteur réutilisable à bas coût Prometheus et les démonstrateurs d’étage récupérable Callisto et Themis. Ce sont des solutions de rupture. Notre objectif est d’être capable, à partir d’Ariane 6, d’améliorer en permanence l’offre de lancement d’Arianespace. L’Europe est en train d’achever le développement d’Ariane 6, qui sera prochainement opérationnelle, et en parallèle prépare l’avenir. Ariane 6 sera enfin un pilier très important de l’autonomie et de la souveraineté de l’Europe et de la France. L’Allemagne et la France sont d’accord sur cette stratégie. Nous nous parlons souvent avec mon homologue allemand.

Justement, la France joue le jeu de la préférence européenne. Ce qui n’est pas le cas des autres pays, dont l’Allemagne. Faut-il être plus contraignant ?

Nous devons jouer avec les mêmes règles que nos concurrents. Croyez-moi, ce sujet est une priorité et de grands progrès ont été accomplis depuis deux ans. La Commission européenne et l’ESA se sont engagées à utiliser les lanceurs européens pour leurs programmes spatiaux. Par ailleurs, des représentants de cinq États européens (France, Allemagne, Italie, Espagne et Suisse) se sont engagés lors du Conseil ministériel de l’ESA du 25 octobre 2018 à utiliser en priorité les lanceurs européens pour leurs satellites institutionnels.

La France va-t-elle également soutenir son industrie dans les satellites, qui estime être le parent pauvre de la politique spatiale française ?

Commençons par regarder qui est en tête des dernières compétitions les plus importantes dans les satellites. Ce sont des entreprises françaises. Cette industrie est essentielle et c’est pourquoi l’État l’a toujours accompagnée et a contribué à la porter au meilleur niveau mondial. Cela n’a pas de sens d’opposer les satellites aux lanceurs et vice-versa. Je le leur ai dit. Nous avons la chance d’avoir en France deux grands « satellitiers ». C’est une force. Mais de temps en temps, le fait d’en avoir deux pose des problèmes face à une compétition mondiale féroce. Ils sont conscients que, sur certains programmes, ils doivent mieux travailler et réfléchir ensemble. Ils se rendent compte eux-mêmes, au regard du marché international des satellites, que parfois le fait de rentrer dans une compétition à outrance l’un contre l’autre n’est pas le meilleur moyen pour être efficace.

Poussez-vous à un rapprochement ?

Je ne définis pas la politique industrielle et commerciale de ces entreprises à leur place. L’essentiel pour moi est que notre filière de satellites reste, dans la durée, un fleuron au meilleur niveau mondial, capable d’innover et d’exporter. Nous sommes prêts à envisager toutes les options.

Avez-vous déjà un schéma de rapprochement ?

Ce n’est pas à moi de leur dire ce qu’ils ont à faire, mais ils sont conscients, et moi aussi, qu’il y a des choses à améliorer. Toutes les options sont sur la table, à eux de faire des propositions.

Est-ce un projet à court terme ?

Il faut laisser du temps au temps. C’est à eux de réfléchir et de faire des propositions qui feront en sorte qu’en termes de compétitivité, d’innovations et d’emplois les bonnes décisions soient prises.

Et si rien n’avait avancé avant la fin de l’année ?

Je crois qu’ils sont parfaitement conscients du sujet et ils s’en parlent. Sur la question du spatial, on porte tous la même ligne.

Estimez-vous que la France doit adapter sa doctrine spatiale militaire ?

C’est une question qu’il faut poser à la ministre des Armées, Florence Parly. Mais l’espace tend à devenir un champ de confrontations. Quand on vous attaque, il ne me paraît pas illogique d’être en capacité de répliquer.

D’une façon générale, faut-il faire évoluer le principe de juste retour géographique ?

La France porte cette volonté de faire évoluer le juste retour géographique sur investissement. Principalement nous devons repenser l’industrialisation des lanceurs Ariane pour une raison simple : ce marché est désormais le cadre d’une véritable compétition internationale. Il est très important d’améliorer la compétitivité des futurs lanceurs face notamment à la concurrence américaine. Une réflexion est en cours avec l’ESA pour définir des modalités privilégiant l’optimisation du coût. La compétitivité des programmes spatiaux européens doit devenir la règle à travers une approche beaucoup plus économique.

La France a soutenu le renforcement de l’agence spatiale de l’Union européenne à Prague. Pourquoi l’ESA, soutenue par l’Allemagne, a-t-elle freiné des quatre fers ?

Peut-on vraiment penser que l’Union européenne n’est pas un acteur à part entière du spatial alors qu’elle va investir 16 milliards d’euros dans l’espace entre 2021 et 2027 ? L’UE va tirer bénéfice de la gestion et de l’exploitation des données spatiales issues des programmes européennes qu’elle a financé. Mais l’Agence spatiale européenne demeure unique par son expertise technique sur la gestion des programmes.

Jeunes: Le CDI « objectif majeur »

Jeunes: Le CDI « objectif majeur »

Selon un sondage OpinionWay publié le 24 janvier à l’occasion du Salon des entrepreneurs de Paris 2017, 73 % des jeunes interrogés estiment qu’obtenir un CDI reste un « objectif majeur » de carrière. Les 26 % restant sont de moins en moins attirés par ce type de contrats (20 %), voire pas du tout (6 %).   Cependant, si l’objectif est affiché pour la plupart, ils sont quelque 81 % à estimer qu’un emploi en CDI reste difficile à obtenir, contre 19 %. Et 62 % des 18-29 ans pensent qu’il est compliqué de se mettre à son compte. Les raisons invoquées quant à la préférence pour le salariat longue durée reste la sécurité de l’emploi, la régularité du revenu facilitant la location d’un logement, mais aussi l’obtention d’un crédit ou encore l’ouverture d’un compte bancaire, et ce pour 70 % d’entre eux. Pour 49 %, ces raisons sont davantage liées aux droits acquis en matière de congés ou de couverture sociale, notamment le droit à la retraite et au chômage. Le sondage permet également de dégager une volonté accrue de travail en indépendant, malgré les contraintes. Les jeunes de 18 à 29 ans sont 40 % à penser que travailler à son compte reste un avantage, car on est son propre patron, 35 % à estimer que cela permet d’avoir la liberté de choisir ses méthodes et temps de travail. Mais pour 52 % d’entre eux, l’inconvénient principal de cette carrière à son compte reste les risques financiers qui s’y associent souvent. Ils sont par ailleurs 46 % à se préoccuper du fait que ce genre de chemin ne permet pas d’avoir la certitude d’un revenu fixe tombant à la fin du mois. De l’ensemble de ces préoccupations, il ressort au final que 46% des jeunes interrogés voient leur avenir professionnel en tant que salarié uniquement, 25% en combinant salariat et travail à leur compte, 18% uniquement à leur compte et 11% en alternant salariat et travail indépendant.

(Agences)

Taubira : un désaccord politique majeur ?

Taubira : un désaccord politique majeur ?

Lors de sa conférence de presse Christiane Taubira a justifié sa démission par un désaccord majeur sur lequel cependant elle ne sait pas expliquer clairement. On peut penser qu’elle le fera prochainement et même rapidement puisqu’ il se pourrait qu’elle aussi publie un livre dans les semaines à venir. On a du mal à bien apprécier la pertinence de ce désaccord majeur. Certes sur les problèmes sociétaux notamment sur la question de la politique sécuritaire on aura compris que Christiane Taubira n’approuvait pas l’orientation de Manuel Valls. Un Manuel Valls dont les décisions sont considérées par Christiane Taubira (et les bobos de gauche) comme attentatoire aux libertés. Pour autant on a du mal à percevoir la clarté de la politique de Taubira pour lutter contre le terrorisme. Dans ce domaine elle s’est contentée d’affirmer « que la France avait les moyens » ! Concernant la contestation de la politique libérale menée par le gouvernement,  là aussi on constate bien l’opposition de Christiane Taubira mais s’il s’agit d’une op position globale de principe sans proposition alternative. D’ailleurs Christiane Taubira s’est rarement exprimée sur la problématique économique et sociale. Si ne n’est  qu’une fois elle avait estimé légitime que les salariés puissent ne travailler que 32 heures « pour aller à la plage, au cinéma au théâtre », la position typique des bobos qui pensent sans doute qu’on peut faire abstraction des conditions matérielles de vie liées au  travail. À moins évidemment d’avoir comme Taubira une fortune assez confortable. En fait Taubira a toujours été proche des bobos frondeurs car c’est une frondeuse professionnelle qui sait ce pourquoi elle est contre mais qui a bien du mal, voire est incapable, de définir une politique globale cohérente tant sur le plan sociétal qu’économique.




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