Archive pour le Tag 'l’universalisme'

Retour des œuvres d’art : une folie contre l’universalisme

 

Retour des œuvres d’art : une folie contre l’universalisme 

 

La culture woke, les décoloniaux et autres gauchistes rejoignant les nationalistes, les populistes et les démagogues militent en faveur du retour au pays de création des œuvres d’art.  »Si tout le monde récupère l’art qu’il a créé il n’y aura plus de musées qui auront des œuvres étrangères », explique samedi 27 novembre sur franceinfo Didier Rykner, journaliste, historien de l’art et fondateur de magazine de presse en ligne latribunedelart.com, qui a pour objet l’actualité de l’histoire de l’art et du patrimoine occidental, alors que la Grèce relance sa campagne pour une restitution des frises du Parthénon. C’est « une folie de vouloir que toutes les œuvres reviennent là où elles ont été faites » affirme-t-il.

Pourquoi est-ce qu’il y a une telle pression sur le British Museum où sont ces frises et pas sur d’autres musées ?

Didier Rykner : Je suppose que c’est parce qu’une grande partie des sculptures venant du Parthénon sont conservées au British Museum. Le Louvre en a très peu. Il faut rappeler aussi que près d’un tiers est conservé en Grèce. Cette demande est quelque chose qui revient régulièrement depuis très longtemps et qui pour le moment n’a pas abouti. Ces œuvres ont été emportées légalement à l’époque, donc il n’y a pas d’obligation légale. Si elles reviennent, elles reviendront dans un musée en Grèce, il n’est pas question de les remettre sur le Parthénon.

Comment expliquez ces nouveaux débats autour des œuvres d’art ?

On peut se demander ce que veulent toutes ces personnes qui souhaitent le retour des œuvres. Est-ce qu’on veut que toutes les œuvres françaises reviennent en France ? À ce moment- là on pourrait demander le cloître de Saint-Guilhem-le-Désert qui se trouve à New York. Est-ce qu’on veut que tout revienne en Grèce, en Afrique, etc ? En Afrique on dit que 90% des œuvres africaines sont en dehors du pays ce qui est faux. La Chine réclame beaucoup d’œuvres qui ont été pillées pendant le siège du Palais d’Eté et qui se retrouvent en France.  »Qu’est-ce que c’est que cette folie de vouloir que toutes les œuvres reviennent là où elles ont été faites ? Cela veut dire que finalement l’art n’est pas universel et qu’il doit forcément être dans le pays où il a été créé. C’est absurde. »

« On est rentré dans une spirale totalement folle. Si tout le monde récupère l’art qu’il a créé, il n’y aura plus de musées qui auront des œuvres étrangères. »

 

Certains pays n’ont pas les moyens d’avoir des œuvres comme en ont Le Louvre ou le British Museum. Est-ce que cela peut expliquer ces rappels ?

On parle de frises du Parthénon qui sont en dehors du marché puisqu’elles sont dans un musée. En Afrique, il y a des personnes très riches qui peuvent collectionner. Ce qu’on apprend au fur et à mesure c’est qu’il y a plus d’art africain qu’on ne le pense mais que certains ne veulent pas les mettre dans les musées parce qu’ils pensent que les musées ne sauront pas les conserver. Il y a un côté très nationaliste et cela me fait un peu peur. Ce sont des problématiques qui sont un peu partout et de plus en plus prégnantes depuis qu’Emmanuel Macron a voulu restituer des œuvres au Bénin. Il a ouvert la boîte de Pandore.

Afghanistan : l’universalisme occidental en question

Afghanistan : l’universalisme occidental en question

La philosophe Chantal Delsol explique dans le Figaro que la sensibilité collective des Occidentaux tend à abandonner l’universalisme pour le relativisme, mais nous demeurons tiraillés entre ces deux idées, situation de transition qui engendre incohérence et confusion, explique la philosophe.

 

De l’Institut. Professeur de philosophie politique, auteur de nombreux ouvrages, Chantal Delsol a codirigé avec Joanna Nowicki «La Vie de l’esprit en Europe centrale et orientale depuis 1945» (Éditions du Cerf, 2021). Tribune Extrait:

 


Outre les raisons stratégiques et militaires de diverses sortes, l’Afghanistan a été occupé par les puissances occidentales dans un but civilisationnel. Nous y avons répandu l’idée de l’éducation des filles et de l’émancipation des femmes, et avons aidé à ses débuts de réalisation. Nos convictions au sujet des droits de l’homme sont universelles: il ne s’agit pas de respecter la personne occidentale, homme ou femme, mais de tous les humains quelle que soit leur culture. Persuadés que nous susciterions partout le désir de nous ressembler.

La débâcle afghane, après tant d’années de guerre, de vies perdues de tous côtés, de milliards et d’énergie dépensés, interroge les raisons de nos combats, révoque en doute leur légitimité, et finalement jette la suspicion

L’universalisme en question ?

L’universalisme en question ? 

En France, toutes les libertés fondamentales sont « indivisibles » rappelle le sociologue et démographe qui estime que certains défenseurs de l’universalisme républicain occultent l’ampleur des discriminations ethno-raciales et religieuses. ( Le Monde)

 

 

Elu en 2017 professeur au Collège de France sur la chaire « Migrations et sociétés », François Héran dirige l’Institut Convergences Migrations après avoir présidé aux destinées de l’Institut national d’études démographiques pendant plus de dix ans. Dans un texte écrit après l’assassinat de Samuel Paty, Lettre aux professeurs sur la liberté d’expression (La Découverte, 252 pages, 14 euros), le sociologue et démographe plaide en faveur d’une République qui sache faire vivre la « règle d’or du respect mutuel ».

Dans une démocratie libérale, écrivez-vous, la liberté d’expression et la liberté de conscience forment un « couple inséparable ». Comment se conjuguent-elles, en France, depuis 1789 ?

La liberté d’expression tend aujourd’hui à étouffer ou absorber la liberté de croyance alors que, historiquement, ce sont des tours jumelles. Dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 ou la Convention européenne des droits de l’homme de 1950, elles sont toujours consacrées dans deux articles successifs : le premier pose le principe de la liberté, le deuxième rappelle qu’elle s’exerce dans les limites de la loi. A charge pour le législateur ou la justice de veiller à ce que ces limitations ne soient pas liberticides.

 

Mais rien n’est dit sur la façon d’articuler liberté d’expression et liberté de croyance, sans oublier le lien avec les libertés connexes : droit d’association, dignité des personnes, respect des droits d’autrui. La dure tâche de « mettre en balance » les libertés revient donc à la justice nationale et européenne. Or c’est un principe majeur parfois oublié en France : les libertés fondamentales sont « indivisibles », on ne peut pas jouir de l’une en écartant les autres. La Convention européenne n’est pas un Mikado dont on pourrait retirer une poutre à sa guise, c’est un édifice cohérent.

« Ce qu’est vraiment l’universalisme français»

 « Ce qu’est vraiment  l’universalisme français»

 

En réponse à James McAuley, correspondant du « Washington Post » à Paris, l’écrivain rappelle, dans une tribune au « Monde », que les juifs pendant la Révolution, comme les musulmans aujourd’hui, ont dû renoncer à « leur particularisme, réduit à quelques pratiques formelles et individuelles ».

Tribune. 

 

Depuis l’ouverture du procès des attentats de janvier 2015, le débat français sur « le séparatisme » et « la laïcité » provoque, aux Etats-Unis, une succession d’articles et de commentaires marqués par le manque d’informations, l’à-peu-près historique et l’invention pure et simple d’informations fausses. Ces réactions, émanant de journalistes installés au cœur de la presse la plus réputée (The New York Times, The Washington Post, The New Yorker), en disent moins sur la France que sur l’effondrement (provisoire ?) de pans entiers d’un journalisme américain qui fut longtemps l’étalon d’or de la presse mondiale. Ce délabrement, qui est l’autre versant du trumpisme, nourrit tout autant l’ambiance délétère de la vie publique américaine.

La tribune du correspondant du Washington Post à Paris, James McAuley, publiée dans Le Monde daté du 5 décembre, s’inscrit dans ce contexte, mais elle s’en distingue aussi par plusieurs points importants, qui obligent à lui répondre, à commencer par la bonne foi de son auteur, laquelle l’entraîne bien plus loin qu’il ne le croit. Croyant faire l’éloge de ce qu’il nomme « l’universalisme français », M. McAuley révèle bien plus que ses propres contradictions. Sans s’en rendre compte, il soulève, pour le coup, un problème français central, presque jamais abordé derrière la question de la laïcité.

M. McAuley entend répondre aux réflexions dans le New York Times d’Emmanuel Macron selon lequel il y aurait « une forme d’incompréhension de ce qu’est (…) le modèle français ». Il prend soin, dès le premier paragraphe, de se dissocier des pires aberrations qu’ont pu écrire le New Yorker, ou la rédactrice en chef des pages opinions de son propre journal.

Une question profonde

On ne peut que lui en savoir gré, même si cette critique initiale est en quelque sorte contredite par l’emploi du « nous » collectif dans la phrase qui suit et donne son titre à l’article : « Nous (journalistes américains) avons peur pour l’avenir de l’idéal universel français. » Après quelques paragraphes sur lesquels on peut passer rapidement (réitération des attaques contre Jean-Michel Blanquer et Gérald Darmanin déjà lues ailleurs), M. McAuley affirme cependant vouloir développer sur le sujet un point de vue qui serait le sien – celui, écrit-il, « d’un Américain de culture juive passionné par l’histoire de l’émancipation universelle des juifs au moment de la Révolution », et c’est là que l’article commence vraiment, là qu’il touche une question profonde, mais sans en saisir la portée.

 

 




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