Archive pour le Tag 'L’Ukraine'

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Défendre l’Ukraine, c’est défendre notre liberté

Défendre l’Ukraine, c’est défendre notre liberté

Le député européen Raphaël Glucksmann appelle, dans une tribune au « Monde », l’Europe à montrer qu’elle est prête « à payer le prix de la liberté » en mettant fin aux importations de gaz et de pétrole russes et en fournissant davantage d’armes aux forces ukrainiennes.

 

Tribune.

 

Depuis le 24 février 2022, les dirigeants européens répètent en boucle que l’histoire est redevenue tragique et que la guerre est de retour dans nos vies. Mais ont-ils vraiment compris ce que cela signifiait ? Et nous ? Avons-nous compris que l’avenir de l’Europe se décidait dans les ruines de Marioupol et de Kharkiv, dans les rues de Kyiv [le nom ukrainien de Kiev] et de Kherson, dans les corridors des chancelleries et les travées des Parlements aussi, en chacun de nous enfin ?

Le dire n’est pas suffisant, il faut se comporter et agir en conséquence, c’est-à-dire tout faire – tout sauf une intervention militaire directe contre la puissance nucléaire russe – pour arrêter Vladimir Poutine en Ukraine. Maintenant. Sans tergiversation ni faux-fuyant.

Mais nos élites biberonnées au mythe de la paix perpétuelle sauront-elles faire face à la tempête qu’elles ont si longtemps refusé de voir venir ? L’Europe trouvera-t-elle la force de naître de ce chaos que les anciens Grecs plaçaient aux origines du monde, ou bien s’y noiera-t-elle par impuissance et apathie ?

A ces questions, nos dirigeants n’ont pas encore apporté de réponse claire. Les Ukrainiens, si. Imprévue à Moscou comme à Washington, leur résistance est la surprise qui ouvre une brèche et place chacun face à ses responsabilités. Sans elle, nos gouvernants auraient une fois de plus consenti à la défaite du droit, de nos principes et de nos intérêts. Ils auraient condamné, puis seraient passés à autre chose. Comme en Géorgie. Comme en Syrie. Comme en Crimée. C’est cette résistance héroïque qui change la donne.

Nous n’enverrons pas d’armée combattre à ses côtés, mais nous pouvons l’aider beaucoup plus qu’actuellement. Face aux hésitations américaines sur les avions de chasse Mig polonais, les Européens doivent assumer de livrer les avions, les missiles sol-air, les batteries antimissiles que les Ukrainiens nous demandent afin d’essayer de fermer ce ciel meurtrier que nous laissons ouvert.

Les démagogues qui confondent les mots « paix » et « soumission » clament qu’agir ainsi nous conférerait le statut de « cobelligérant ». C’est faux. La charte de l’Organisation des Nations unies est claire : lorsqu’une nation souveraine est envahie en violation du droit international, lui fournir des armes ne rend aucunement « cobelligérant ». Affirmer l’inverse revient à accepter que Poutine fixe les termes du débat qu’il suscite et du conflit qu’il impose. C’est ce que nous avons fait depuis son accession au pouvoir en 1999 et c’est ce qui nous a menés là, au bord du gouffre.

Le lâche abandon de l’Ukraine par l’Union européenne

Le lâche abandon de l’Ukraine par l’Union européenne

 

 

 

Inutile de tourner autour du pot en dépit des promesses et des vagues évolutions des relations économiques, politiques, l’Union européenne a décidé de lâcher l’Ukraine. On a d’abord refusé la protection aérienne comme les États-Unis, ce qui était prévisible. Mais on a évidemment exclu une éventuelle adhésion à l’OTAN mais aussi à l’union européenne. On a seulement promis des sanctions massives si la guerre se fait plus dure mais il s’agit surtout de dialectique politique pour cacher la mollesse de l’Europe. Et c’est cette mollesse que Poutine poursuit sa politique de terreur et de démolition de l’Ukraine. Car l’Ukraine va subir l’horreur avec la destruction matérielle de villes,  sans doute des centaines de milliers de blessés et de morts. Et en plus des pseudos référendums qui vont destituer les élus ukrainien. En clair l’union européenne a affiché son impuissance tout autant que sa lâcheté. Et le propos de Macron ne peut faire illusion :

« Soyons clair, il y a une guerre sur le terrain. Et nous ne sommes pas en guerre. Mais la réalité politique, le choix souverain, qui est le nôtre, est aussi celui-là. Et donc vous avez parfaitement le droit de dire que nous n’avons pas une réponse sur un théâtre de guerre, qui a été déclenchée par la Russie parce que nous ne sommes pas en guerre contre la Russie », a expliqué Emmanuel Macron à l’issue du Sommet de deux jours des Vingt-Sept à Versailles en réponse à une journaliste qui lui demandait si les Vingt-Sept étaient impuissants face à Vladimir Poutine.

 

Les Etats-Unis ont affirmé jeudi que l’Ukraine n’avait pas vraiment besoin d’avions de combat MiG-29 polonais pour contrer les attaques russes, mais ont envisagé de lui fournir davantage de systèmes de défense sol-air. « Les avions, ce n’est pas ce dont nos partenaires ukrainiens ont principalement besoin en ce moment », a déclaré le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price devant la presse. Clairement, les Etats-Unis et les Vingt-Sept ne veulent pas donner à Vladimir Poutine des arguments de co-belligérance, ce qui entrainerait une nouvelle guerre mondiale (OTAN contre Russie). Cela vaut aussi pour la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’Ukraine réclamé par Volodymyr Zelensky. Cette option a été catégoriquement exclue par les Etats-Unis comme l’Otan.

Etats- unis : énorme soutien de 14 milliards à l’Ukraine

Etats- unis : énorme soutien de 14 milliards à l’Ukraine

 

Un énorme soutien de 14 milliards ( À comparer aux 450 millions décidés par l’union européenne) vient d’être décidé par le congrès américain (dont la plus grande partie sera consacrée au renforcement de la défense militaire). Une satisfaction évidemment pour l’Ukraine mais le risque que la guerre se prolonge encore longtemps et devienne de plus en plus cruelle.

Ces fonds sont entre autres censés permettre à l’Ukraine de protéger son réseau électrique, combattre les cyberattaques et s’équiper en armes défensives. Le paquet comprend également plus de 2,6 milliards de dollars d’aide humanitaire et plus d’un milliard de dollars pour soutenir les réfugiés fuyant le pays en guerre.

La candidature de l’Ukraine à l’Union européenne: Aux calendes grecques !

La candidature de l’Ukraine à union européenne: Aux calendes grecques !

Les chefs d’État réunis à Versailles doivent notamment examiner les demandes de candidature (Albanie, Macédoine du Nord, Monténégro, Serbie)  à l’Union européenne dont celle de l’Ukraine.

Il paraît peu vraisemblable que les Européens parviennent à se mettre d’accord non seulement sur une décision d’adhésion mais même sur un calendrier. Les Européens pourraient cacher leur division avec une vague promesse le moment venu, en clair au moins dans 10 ans, d’un élargissement Ukraine incluse.

La question n’est pas seulement économique ou technique, elle est aussi géopolitique et met en jeu la nature que chaque État entretient avec Moscou non seulement actuellement mais aussi pour le futur. Bref, pour un moment encore l’Europe sera à la traîne des États-Unis pour définir sa politique étrangère

Un groupe de huit pays - menés par la Pologne, la Slovaquie et la Bulgarie - soutient la démarche de Kiev et souhaite aller vite. D’autres freinent, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, mais aussi la France. «Aujourd’hui, il n’est pas question d’adhésion», souligne l’Élysée, pointant que la priorité sera d’aider ces pays après la guerre. Et pour les rapprocher de l’Union, circule l’idée de créer un nouveau statut de partenaire privilégié. Le processus d’adhésion est de toute façon très long.

Adhésion à l’UE: Procédure lancée pour l’Ukraine, la Géorgie et de la Moldavie

 

 

Nouvelle épine dans le pied de Poutine avec les demandes d’adhésion à l’union européenne de pays proches.

 

Les représentants des Etats membres à Bruxelles ont trouvé  »un accord pour inviter la Commission européenne à présenter un avis sur chacune des demandes d’adhésion à l’UE présentées par l’Ukraine, la Géorgie et la Moldavie », a précisé la présidence sur son compte Twitter.

Les trois pays ont déposé leur demande à la suite de l’invasion russe de l’Ukraine. La Commission européenne va devoir exprimer un avis officiel et les 27 devront ensuite décider s’ils accordent le statut de candidat aux demandeurs, avant des négociations longues et complexes.

La Commission européenne a ainsi mis deux années pour rendre son avis après la demande d’adhésion de la Roumanie.

Un procédure écrite a été lancée lundi pour « faire valider » par les Etats membres  »les projets de lettre destinés à solliciter l’avis de la Commission européenne », ajoute le message. Plusieurs Etats membres ont soutenu la démarche des trois pays, mais la procédure est longue et l’adhésion exige l’unanimité.

« Nous discuterons de la demande d’adhésion de l’Ukraine dans les prochains jours », a assuré lundi le président du Conseil européen Charles Michel dans un message sur twitter après un nouvel entretien avec le président Volodymyr Zelensky.

Adhésion à l'UE: Procédure lancée pour  l'Ukraine,  la Géorgie et de la Moldavie dans politique comments-icon-27cf862a

L’urgence d’alternatives au gaz russe

L’urgence d’alternatives au gaz russe 

 

L’économiste Sophie Méritet passe en revue les possibilités de limiter le recours aux importations de gaz russe, pour conclure à une envolée des prix dans tous les cas de figure.

 

Tribune.

L’Union européenne (UE) peut-elle se passer du gaz russe ? La question est en réalité de comparer les coûts des différentes options qui permettraient d’atteindre un tel objectif.

Depuis les premiers conflits commerciaux en 2006 sur le prix du gaz entre la Russie et son pays de transit l’Ukraine, puis l’annexion de la Crimée en 2014, l’UE avait déjà cherché à réduire ses importations de gaz russe. Mais l’approvisionnement pourrait se réduire encore plus, voire être suspendu, à l’initiative de la Russie ou non, en réponse aux sanctions économiques, ou en raison de l’arrêt ou de la destruction des gazoducs en Ukraine.

Face à ce nouveau risque de pénurie, quelles options s’offrent à l’UE ?

La hausse des importations des autres fournisseurs européens comme la Norvège est peu probable, car ils sont déjà à leur capacité de production maximale. Les transferts entre pays voisins via l’interconnexion des gazoducs pourraient être mis en place en urgence, mais le prix en serait élevé et les quantités limitées car elles dépendraient de l’accord des clients initiaux privés d’une partie de leur commande de gaz.

Lire aussi  Article réservé à nos abonnés Guerre en Ukraine : « Face au diktat russe, il nous faut plus que jamais une diplomatie énergétique commune »

L’accroissement des importations de gaz naturel liquéfié (GNL), qui représentent aujourd’hui un quart des importations européennes, n’est également pas envisageable, car les terminaux ont une capacité disponible limitée, qui ne pourrait pas absorber une offre supplémentaire. Et la plupart des volumes de GNL sont aussi liés à des contrats à long terme, dont les clauses ne peuvent être modifiées.

Quant aux stocks européens, ils sont aujourd’hui au plus bas, entamés par un hiver prolongé en 2020, une demande mondiale croissante et un réapprovisionnement insuffisant. L’Europe ne dispose que d’environ un mois de réserve, auquel s’ajoutent cependant les réserves détenues par les fournisseurs commerciaux. Les Etats-Unis cherchent en outre à constituer des réserves supplémentaires de GNL à destination de l’Europe.

Certes, l’ensemble de ces mesures peut soulager la pénurie à court terme – si celle-ci n’est pas aggravée par des températures basses –, mais ce sera au prix d’une forte augmentation des coûts d’approvisionnement.

La mise en œuvre rapide d’alternatives au gaz est de même un défi. Plusieurs pays européens ont la possibilité d’importer de l’électricité ou d’accroître la production d’électricité sans recourir au gaz, en privilégiant le énergies renouvelables (ENR) set le charbon. Mais ces options ont aussi leurs limites, comme l’intermittence des ENR et les émissions de carbone du charbon.

 

Zelensky: « SI L’UKRAINE TOMBE, TOUTE L’EUROPE TOMBERA »

Zelensky: « SI L’UKRAINE TOMBE, TOUTE L’EUROPE TOMBERA »

Le pronostic du président ukrainien paraît particulièrement pessimiste. Peu d’experts européens adhèrent à cette vision très sombre. Reste que personne ne peut accéder à l’imaginaire fou d’un Poutine coupé depuis plusieurs années des réalités sociales et politiques dans son bunker de dictateur

Un appel lancé à ses voisins européens. Le président Volodymyr Zelensky s’est brièvement exprimé ce vendredi, neuf jours après le début de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Après avoir observé une minute de silence aux soldats morts puis aux civils touchés par le conflit, il s’est adressé aux pays européens et à leurs populations.

« Je vous demande de ne pas être silencieux, de sortir dans la rue, de soutenir l’Ukraine, nos efforts et nos combats. Si l’Ukraine ne tient pas, l’Europe ne tiendra pas », a-t-il déclaré. « Si nous tombons, toute l’Europe tombera ».

« Soutenez notre liberté, parce que cette victoire ce n’est pas seulement contre les militaires russes, c’est la victoire du bien contre le mal », a également estimé Volodymyr Zelensky.

Manifs en France pour l’Ukraine

Manifs en France pour l’Ukraine

Des manifestations partout dans le monde y compris à Paris pour protester contre la guerre en Ukraine .

 

À Paris, 16.000 personnes se sont rassemblées ce samedi, selon la préfecture de police, entre la place de la République et celle de la Bastille pour protester contre l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

« On sera là chaque week-end, à Paris ou ailleurs, jusqu’à ce que M. Poutine parte, retire ses chars », a indiqué à l’AFP Aline Le Bail-Kremer, membre de Stand With Ukraine, une des organisations à l’initiative du rassemblement dans la capitale.

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Cette manifestation était soutenue par de nombreux partis politiques, comme Les Républicains, le Parti socialiste ou Europe-Écologie-Les Verts, et associations, dont Emmaüs Solidarité et SOS Racisme.

Entrée de l’Ukraine dans l’union économique : Von der Leyen favorable

Entrée de l’Ukraine dans l’union économique : Von der Leyen favorable

 

La réponse favorable de la présidente de la commission européenne à l’entrée de l’Ukraine dans l’union européenne répond à des objectifs économiques mais aussi politiques.

 

L’union économique européenne a en effet un devoir de solidarité entre les membres. On peut d’ailleurs le vérifier actuellement avec le plan de soutien militaire de l’union à l’Ukraine.

Par ailleurs,  cette adhésion pourrait juridiquement être nettement moins contestée par Poutine. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a donc déclaré qu’elle était favorable à une adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne (UE).

« À long terme, ils sont avec nous en fait. Ils sont des nôtres et nous les voulons avec nous », a déclaré von der Leyen dans une interview à Euronews dimanche, rapporte le service allemand de l’agence Reuters.

Von der Leyen s’est exprimé après que l’UE et ses 27 États membres ont décidé de fournir des armes à l’Ukraine – une première dans l’histoire de la communauté internationale.

Le rattachement immédiat va cependant se heurter à un certain nombre d’obstacles à commencer par l’organisation interne ukrainienne, ensuite par la situation de guerre enfin par la différence de niveau économique. Des étapes intermédiaires seront nécessaires avant l’adhésion. Du coup la clause de défense mutuelle de l’union économique ne pourra être déclenchée.

Et de fait, cette Clause de défense mutuelle, inscrite à l’article 42 paragraphe 7 du Traité de l’Union européenne (TUE), a été introduite en 2009 avec le traité de Lisbonne. Elle stipule que les pays de l’Union européenne sont obligés d’aider un État-membre si celui-ci est l’objet « d’une agression armée sur son territoire ». 

Il faudra sans doute plusieurs années pour que l’Ukraine puisse bénéficier de cette clause de défense et parvenir à adhérer à l’union européenne. En attendant, l’union européenne peut décider d’un soutien significatif notamment militaire, ce qu’elle fait actuellement . Des armes de toute nature sont en effet en cours d’acheminement vers l’Ukraine y compris des avions de combat.

Le pétrole au-delà des 100 $ avec l’Ukraine ?

Le pétrole au-delà des 100 $ avec l’Ukraine ?

 

Le pétrole pourrait très rapidement atteindre les 100 $ le baril compte tenu notamment de la crise en Ukraine. Le pétrole était déjà sur une tendance haussière depuis un moment du fait de la reprise économique et contingentement de l’OPEP plus.

Les prix du pétrole bondissaient e n ce début de semaine pour atteindre 95 $. Plusieurs experts pensent même que le pétrole pourrait même atteindre les 125 à 150 $ le baril.

En effet, la Russie est l’un des premiers producteurs et exportateurs mondiaux de  pétrole avec l’Arabie Saoudite, avec une part estimée à 12% selon les estimations de JP Morgan. Or la quasi moitié de ces exportations  sont à destination de l’Europe.  Avec ses 1,5 million de barils par jour, soit un volume supérieur à la production d’un pays comme le Nigéria, le pipeline de Droujba fournit le brut russe aux raffineries de Pologne, d’Allemagne, de République tchèque, de Hongrie, de Slovaquie, via le Belarus et l’Ukraine. Le risque est de flambée des prix est donc important en cas de suspension des livraisons de pétrole.

 

Le pétrole vers les 100 $ avec l’Ukraine

Le pétrole vers les 100 $ avec l’Ukraine

Le pétrole pourrait très rapidement atteindre les 100 $ le baril compte tenu notamment de la crise en Ukraine. Le pétrole était déjà sur une tendance haussière depuis un moment du fait de la reprise économique et contingentement de l’OPEP plus.

 Les prix du pétrole bondissaient mardi matin en Asie sur fond d’escalade de la crise russo-ukrainienne. Vers 00H25 GMT le cours du baril américain de West Texas Intermediate (WTI) grimpait de 2,61%, à 93,45 dollars, après être monté de plus de 3% plus tôt dans les échanges.

Plusieurs experts pensent même que le pétrole pourrait même atteindre les 125 $ le baril.

Poutine menace toute l’Ukraine

Poutine menace toute l’Ukraine

Vladimir Poutine a décidé de reconnaître, lundi 21 février, l’indépendance des séparatistes prorusses d’Ukraine, et ordonné à l’armée russe de « maintenir la paix » dans ces territoires. Deux décrets du président russe demandent au ministère de la défense que « les forces armées de la Russie [assument] les fonctions de maintien de la paix sur le territoire » des « républiques populaires » de Donetsk et Louhansk.

Isabelle Mandraud, spécialiste de la Russie et ancienne correspondante à Moscou, a répondu aux questions des lecteurs du Monde .

 

La reconnaissance des républiques séparatistes de l’Ukraine par la Russie peut-elle être comprise comme un acte de guerre ?

C’est un acte conscient, agressif, et prémédité. Une provocation de plus à l’égard de l’Ukraine, pour la pousser à réagir. Et un défi supplémentaire à l’Occident.

Ne faut-il pas plus que la parole de Vladimir Poutine pour acter cette reconnaissance ?

Le pouvoir en Russie est concentré dans les mains d’un seul homme. Alors, oui, la parole de Poutine suffit, même si, formellement, elle sera « habillée » par une décision du Conseil de la Fédération de Russie, comme le prévoit la Constitution russe.

 Concrètement, cette déclaration signifie-t-elle que le Donbass va être annexé par la Russie ? Sous la forme d’une invasion militaire ? Dans quel délai ? L’Ukraine va-t-elle réagir et s’opposer militairement et entrer dans un conflit ?

Pour l’instant, il s’agit de la « reconnaissance » de l’indépendance d’une partie du Donbass, et donc d’une amputation d’une partie du territoire ukrainien. Encore une fois, ce n’est sans doute qu’une étape car c’est toute l’Ukraine qui est dans le viseur du Kremlin.

La réaction de Kiev sera évidemment importante, mais il faut reconnaître que, jusqu’à présent, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s’est plutôt révélé dans cette crise, en faisant preuve de sang-froid.

 Est-il possible de faire un point sur ce que sont les accords de Minsk, et ce que pourrait signifier leur remise en question ?

Les accords ont pris leurs sources en 2014, puis ont été signés, en septembre 2015, dans la capitale biélorusse – d’où leur nom – avant d’être poursuivis. Ils étaient censés réunir la Russie et l’Ukraine sous le parrainage de la France et de l’Allemagne pour tenter de trouver une solution au conflit, et surtout un cessez-le-feu entre les parties, Kiev d’un côté, les séparatistes prorusses de l’autre, soutenus par Moscou.

Force est de constater, ce soir, que ces accords ont volé en éclats, puisqu’ils posaient comme principe le maintien des territoires autoproclamés autonomes de Louhansk et de Donetsk, dans le giron de l’Ukraine… Le discours de Vladimir Poutine constitue une rupture unilatérale de ces accords.

 Il semble que la Russie ait les moyens militaires d’une invasion et qu’elle souhaite peser sur l’équilibre des forces en Europe notamment vis-à-vis de l’OTAN. Mais que gagnerait-elle concrètement à envahir l’Ukraine (hors zones « séparatistes ») ?

La Russie a modernisé son armée, qui s’est, de surcroît, entraînée en Syrie, donc elle a certainement les moyens. Elle a, lors d’exercices militaires précédents, fait, en outre, la démonstration de capacité logistique (transport de troupes, notamment). Mais peut-elle s’emparer d’un pays de 44 millions d’habitants ? Le doute est permis. La Russie de Vladimir Poutine peut néanmoins créer les conditions d’un désordre durable.

 Après un tel discours, n’est-il pas clair que son seul objectif, in fine, est un changement de régime à Kiev et la vassalisation de l’Ukraine ? Le Donbass n’est qu’une première étape.

Vous avez raison, l’objectif, in fine, de Vladimir Poutine dépasse le cadre de la seule région du Donbass. A plusieurs reprises, le président russe a dit que l’Ukraine, pour lui, n’était « pas un pays ». Le Donbass n’est donc qu’une étape.

Lire aussi  Article réservé à nos abonnés En Ukraine, près du front : « Si vous saviez comme nous avons peur pendant les bombardements »

Dans son discours de ce soir, le chef du Kremlin a d’ailleurs dressé sa liste de griefs contre Kiev, depuis les « réparations » que l’Ukraine n’aurait pas honorées lors de la dissolution de l’URSS jusqu’aux incidents qui se sont produits à Odessa en 2014 et qu’il a promis de « punir ». Une Ukraine indépendante, libre de ses choix, n’est pour lui pas concevable.

Tenant compte de ses très nombreux rappels passés comme quoi son pays était une puissance nucléaire, faisant également ce soir mention de menace nucléaire des Etats-Unis et de l’OTAN en s’établissant en Ukraine, Poutine affiche clairement la couleur s’il en venait à perdre la main au cour du conflit, une guerre nucléaire pourrait-elle éclater à moyen ou même court terme en Europe ?

Espérons que ce ne sera pas le cas ! Même si Vladimir Poutine agite cette menace, notamment en installant des missiles en Biélorussie, comme cela est déjà le cas dans l’enclave russe de Kaliningrad, cela paraît difficilement concevable. Mais c’est évidemment un moyen de pression supplémentaire.

La question que l’on se pose naturellement : y a-t-il un risque que le conflit arrive chez nous, soit dans l’Union européenne (UE) et en Europe occidentale ?

La situation est certes grave, mais l’UE n’est pas en première ligne, du moins pas directement sur le plan militaire. En revanche, l’Ukraine est bien aujourd’hui menacée.

L’OTAN peut-elle aider l’Ukraine si celle-ci appelle à l’aide ?

L’Ukraine ne fait pas partie de l’OTAN. Une intervention directe n’est donc pas envisageable, mais plusieurs pays de l’Alliance ont déjà proposé des équipements et une aide indirecte.

 Si l’armée russe rentre officiellement dans le Donbass, les Occidentaux vont-ils contre-attaquer par les armes ou s’en tenir aux sanctions économiques et diplomatiques ?

Le président américain Joe Biden a été clair sur ce sujet : les Etats-Unis n’enverront pas de soldats sur le terrain. L’OTAN reste aussi dans ses frontières. Il est probable, donc, que les Occidentaux enverront des équipements à l’Ukraine, mais n’interviendront pas directement.

Accepter le plus vite possible la demande de l’Ukraine pour intégrer l’OTAN, est-ce la seule vraie riposte à la décision de Poutine ?

Il existait, jusqu’ici du moins, un consensus parmi les alliés de l’OTAN pour ne pas intégrer l’UKraine afin de pas froisser Moscou – en dépit des promesses qui avaient été faites à la Géorgie et à l’Ukraine en 2008.

Pour le Kremlin, ce n’était manifestement pas suffisant. Vladimir Poutine accélère, car il constate que l’armée ukrainienne s’est elle-même modernisée, sans attendre. Elle a notamment acquis récemment des drones de fabrication turque.

 Les Etats-Unis ont été soudainement très alarmistes, alors même que le président ukrainien disait que la situation n’avait pas changé depuis des mois, et beaucoup plus que d’autres dirigeants européens. A votre avis, quelle en est la raison ?

Les Etats-Unis ont, effectivement, été très alarmistes. Contrairement aux usages, Washington a décidé de rendre publics les renseignements dont le pays dispose, dans le but, sans doute, de priver Vladimir Poutine de l’effet de surprise.Ces renseignements ont été partagés avec ses alliés. Et, contrairement aux déclarations du Kremlin, non seulement les milliers de soldats aux frontières de l’Ukraine n’ont pas été retirés, mais, plus grave, la présence des troupes russes a été prolongée en Biélorussie. Les Etats-Unis ont pris au mot Vladimir Poutine sur la guerre de l’information en rendant publique chaque étape.

 Une fois l’Ukraine soumise est-ce qu’il sera encore politiquement acceptable de continuer à acheter du pétrole et du gaz russe ? Ne va-t-on pas vers un choc pétrolier ?

Un conflit, même indirect avec la Russie, aura effectivement des répercussions sur l’énergie. Plusieurs pays de l’UE sont très dépendants du gaz russe. La question se pose également pour l’Allemagne sur le sort du gazoduc Nord Stream 2, achevé, mais pas encore opérationnel. Sa poursuite devient pour Berlin une question politique, comme la livraison de porte-hélicoptères Mistral l’avait été, toutes proportions gardées, pour la France.

 Quid de la population russe ? Russes et Ukrainiens sont très proches. L’opinion populaire russe pourrait-elle braver Poutine pour éviter une attaque contre leurs « frères » ukrainiens ?

C’est une très bonne question. Le problème est que Vladimir Poutine a éradiqué dans son pays toutes les voix discordantes, non seulement politiques, avec, notamment, l’emprisonnement de l’opposant Alexeï Navalny, et les poursuites engagées contre ses partisans pour « extrémisme ». Mais il a également mis à terre les voix « civiles ». Je pense en particulier à l’ONG Memorial, cofondée par Andreï Sakharov, aujourd’hui en cours de liquidation, et qui constituait le dernier rempart, selon moi, capable d’un discours critique sur la situation.

Quelles seront les conséquences pour l’Ukraine ?

Elles sont importantes puisqu’elles équivalent à une amputation de son territoire – comme la Géorgie qui a perdu 20 % du sien en 2008. Après la Crimée, annexée en 2014, c’est une autre étape, majeure. Le Kremlin tente de pousser à bout Kiev pour pouvoir intervenir militairement.

Marchés financiers : la correction amplifiée par la situation de l’Ukraine

Marchés financiers : la correction amplifiée par la situation de l’Ukraine

D’une certaine manière,  la situation géo politique de l’Ukraine est instrumentalisée pour justifier l’amplification de la correction déjà largement en cours depuis le début de l’année sur les marchés financiers. Certes,  il existe des risques notamment concernant un nouveau renchérissement de l’énergie et des matières premières si en particulier des mesures économiques sont prises à l’égard de la Russie. Plus généralement les tensions avec la Russie pourraient bien alimenter l’inflation.
Pour autant le mouvement baissier qui a commencé au début de l’année correspond à un rééquilibrage entre les valeurs boursières et les résultats des entreprises. Des valeurs financières dont les cours se sont envolés de manière un peu irresponsable au grand bénéfice des spéculateurs

Lundi sur les marchés à  Paris, le CAC 40 a plongé de 2,27 % à 6 852,20 points. Il a ainsi aligné une troisième séance de baisse d’affilée, après avoir déjà cédé 1,27 % vendredi et 0,41 % jeudi. Les autres places boursières ont également chuté: Londres a perdu 1,70 %, Francfort 2,02 %, Madrid 2,67 % et Milan 2,04 %.

En Russie, l’indice RTS, après avoir plongé de plus de 5 % dans la matinée, a terminé en baisse de 3 %. Depuis le début de l’année, la Bourse de Moscou a déjà lâché plus de 10 %. Wall Street, qui avait fortement accusé le coup vendredi, limitait la casse. En séance, le Dow Jones reculait de 1,8 %, le S&P 500 de 0,15 % tandis que le Nasdaq progressait de 0,60 %.

La crainte d’une invasion imminente de l’Ukraine par la Russie a fait grimper la tension en flèche sur les marchés. La volatilité a fait un bond en avant: l’indice Vix, appelé l’indice de la peur, s’est envolé de près de 50 % en quelques jours.

Poutine veut renforcer son emprise sur l’Ukraine

« L’Union européenne sous-estime depuis trop longtemps les implications de la grave crise qui couve à l’Est »

 

Poutine veut renforcer son emprise sur l’Ukraine  

 

Poutine veut renforcer son emprise sur l’Ukraine avertit l’analyste politique Piotr Buras dans une tribune au « Monde ».

Tribune.

 

Le casse-tête géopolitique de l’Europe orientale est à nouveau sous les projecteurs. Depuis 2015, date à laquelle la guerre dans le Donbass a été placée dans le « congélateur politique » baptisé « format Normandie » [destiné à encadrer les discussions entre la Russie, l’Ukraine, la France et l’Allemagne], les tensions récurrentes entre Moscou et les membres orientaux de l’Union européenne (UE) ont rarement inquiété au-delà des limites de la région.

Les manifestations démocratiques de 2020 en Biélorussie ont suscité une large sympathie en Europe. Leur violente répression par Alexandre Loukachenko a été suivie de quatre séries de sanctions limitées contre le régime – après quoi les Européens se sont tournés vers des problèmes plus urgents.

Mais ce que beaucoup considéraient comme une impasse gérable n’était qu’un statu quo extrêmement fragile. Aujourd’hui, ses fondations se délitent et l’Union européenne (UE) doit y porter toute son attention. Les enjeux ne sauraient en effet être plus sérieux : il s’agit de la sécurité de l’UE, de ses valeurs et de sa capacité à agir.

Répression du mouvement démocratique

A la frontière orientale de la Pologne, plusieurs milliers de migrants désespérés, bernés et trahis par le dictateur biélorusse, tentent d’entrer dans l’UE. Loukachenko est en quête d’une reconnaissance que l’Occident lui refuse en raison de sa répression du mouvement démocratique et de l’emprisonnement de centaines de ses opposants politiques.

Dans le même temps, quelque 100 000 soldats russes lourdement armés se massent à la frontière avec l’Ukraine. Cela constitue un rappel déroutant : Vladimir Poutine n’a jamais renoncé à mener à terme son objectif qui consiste à mettre Kiev au pas.

La crise migratoire pourrait aider Poutine à détourner l’attention des Européens, en vue d’une éventuelle agression de l’Ukraine. Poutine et Loukachenko, comme chacun sait, ne sont pas les meilleurs amis du monde, mais ils jouent dans la même équipe. Tandis que Loukachenko menace de couper les exportations de gaz vers l’UE, Poutine joue d’une ambiguïté soigneusement calibrée. Des avions militaires russes survolent ostensiblement – sur demande biélorusse – la région frontalière jouxtant la Pologne. Et les médias russes comme biélorusses multiplient les campagnes de propagande émaillées de menaces contre l’intégrité territoriale de la Pologne et de l’Ukraine.

Dictateurs cruels, bluff, chantage, désinformation et pièges de la connectivité – tels sont les ingrédients d’un nouveau type de conflit qui met aujourd’hui à l’épreuve la résilience et la détermination de l’UE. Les frontières entre guerre classique et affrontement non militaire sont brouillées. Il est en outre difficile de discerner les intentions qui se dissimulent derrière les provocations. L’Europe orientale se trouve confrontée à sa crise peut-être la plus grave depuis des années, une crise qui menace de bousculer sa fragile stabilité.

Nord Stream 2 : Le grand marchandage, des garanties à l’Ukraine

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L’Allemagne a enfin réussi à mettre fin à l’opposition américaine vis-à-vis du gazoduc Russo allemand. En échange les États-Unis semblent avoir obtenu des assurances pour l’indépendance et le développement de l’Ukraine souvent menacée par la Russie.

L’objectif est   de renforcer les liens de l’UE avec l’Ukraine en en faisant un partenaire privilégié de la transition énergétique à l’abri de toute menace de Moscou. Selon l’agence Bloomberg, Washington et Berlin seraient ainsi prêts à mobiliser conjointement 1 milliard de dollars pour un « fonds vert » destiné à développer les énergies renouvelables en Ukraine afin d’en faire un fournisseur d’hydrogène. L’Allemagne nommerait également un envoyé spécial chargé de soutenir les projets énergétiques bilatéraux avec l’Ukraine.

Le vice-président de la commission européenne, Maros Sefcovic, a en outre annoncé la semaine dernière une alliance sur les matières premières et les batteries avec Kiev. Sur les 30 matières premières critiques pour sa souveraineté identifiées par l’UE, 21 se trouvent en Ukraine, notamment le lithium, le cobalt, le titane et les terres rares. Le « Wall Street Journal » rapporte, par ailleurs, que l’Allemagne soutiendra les discussions sur l’énergie dans le cadre de l’initiative des trois mers (Baltique, Adriatique et mer Noire) qui vise à renforcer la coopération en Europe centrale, notamment dans le domaine de la politique énergétique.

La question qui reste posée est cependant celle de l’attitude de la Russie à l’avenir vis-à-vis de l’Ukraine.

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