Archive pour le Tag 'l’offre'

Suez: Engie dit oui à l’offre de Veolia

Suez: Engie dit oui à l’offre de Veolia

 

 

 

Engie a dit oui à la vente des actions qu’elle possède dans Suez et cela contre l’avis du gouvernement. Un résultat pour le moins surprenant par rapport à la composition du conseil d’administration.

 

Au 31 mars 2020
Capital social (et droits de vote) :
État français :
23,64 % (34,47 %)
Actionnariat salarié :
3,27 % (3,43 %)
BlackRock :
4,49 % (3,48 %)
CDC et CNP Assurances :
4,59 % (3,91 %)
Auto-détention :
0,76 % (0,59 %)
Public (y compris investisseurs institutionnels, actionnaires individuels et autres, y compris BlackRock) :
67,74 % (57,60 %)

 

Il y aurait une complicité du gouvernement que cela n’étonnerait pas car le gouvernement avait la possibilité de bloquer cette vente. En tout cas,  une nouvelle pagaille dans le monde capitalistique français. Engie en fait se débarrasse de ses actions Suez pour récupérer environ 2 milliards qui seront bien utiles compte tenu des résultats peu reluisants d’une entreprise beaucoup trop dispersée et écartelée entre le nucléaire, les nouvelles énergies et les services.

“Le Conseil a pris acte de l’ensemble des engagements pris par Veolia (…) et des échanges entamés entre les parties ces derniers jours sur le projet industriel”, dit Engie.

“Cette opération représente un produit de cession de 3,4 milliards d’euros et dégagera une plus-value avant impôts de 1,8 milliard d’euros enregistrée dans les comptes 2020”, ajoute le conseil.

En réalité ce n’est pas tellement le projet industriel avancé par Veolia qui intéresse Engie mais le produit de la vente de ses actions.

Son président Jean-Pierre Clamadieu a regretté que l’Etat ait voté contre le projet, tout en jugeant que les divergences pouvaient être surmontées.

Cela prouve à l’évidence le délitement du pouvoir de l’État dont on peut même se demander quelle est la signification de sa participation dans des entreprises qu’il renonce en fait à influencer. La vérité c’est que comme pour la plupart des entreprises capitalistes françaises, les conseils d’administration sont constitués de personnalités qui pèsent très peu sur les décisions et suivent les directions. En cause, le renvoi d’ascenseur d’administrateurs qu’on retrouve partout. « Je ne contrarie pas tes affaires mais tu ne mets pas le nez dans les miennes ». C’est ainsi que fonctionne la plupart des conseils d’administration d’entreprises françaises ou les administrateurs ne sont que des pions.

À peine Engie avait-il manifesté son intention de vendre ses parts que Veolia contrairement à ses déclarations précédentes annonçait une probable OPA rendue possible après l’acquisition des actions possédées jusque-là par Engie.

 

Rappelons que Suez s’oppose farouchement au projet qu’il juge toujours hostile, bien que le prix ait été revu à la hausse, et redoute un démantèlement de ses activités avec le risque de suppressions d’emplois massives.

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A la clôture de la Bourse, l’action de Suez a affiché un recul de 4,17% à 15,40 euros. Veolia propose 18 euros par action pour les 29,9% d’Engie, ce qui valorise la totalité du groupe à plus de 11 milliards d’euros. Un groupe de parlementaires de la majorité a adressé samedi une lettre à Bruno Le Maire s’inquiétant d’une “fusion forcée” et de son impact sur l’emploi, l’innovation et le prix de l’eau et de la collecte des déchets.

Reprise durable avec réinvention de l’offre ! (Olivier Passet, Xerfi )

Reprise durable avec  réinvention de l’offre ! (Olivier Passet, Xerfi  )

La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd’hui, une reprise durable de la consommation exige une réinvention de l’offre !

Quels seront les arbitrages de consommation des ménages dans les mois qui viennent ? C’est la grosse inconnue. Je ne parle pas du niveau de consommation, dont on sait déjà qu’elle sera altérée par la dégradation des revenus et de l’emploi. Mais la crise sanitaire est aussi une crise profonde des usages.

Crise du yield management et l’industrie servicielle

L’économie de la haute fréquence, de la rotation accélérée de l’offre, de la massification, de la saturation des espaces traverse une crise profonde qui risque de s’étirer bien au-delà de la pandémie et de faire tendance. Nous réalisons aujourd’hui à quel point l’agglutinement qui sous-tend bien des modèles de consommation est devenu un problème et menace la survie de pans entiers de l’économie. Et notamment celle du low cost. Car cette économie, ce n’est pas seulement celle de la quantité, des gains d’échelle au détriment de la qualité et de la durabilité des produits. C’est une optimisation de tous les flux, et notamment un abord de l’espace qui s’avère plus que problématique. Cette quête permanente du remplissage à 100%, et qui passe par ce que l’on appelle le yield management : une gestion tarifaire dans l’hôtellerie, le transport aérien et ferroviaire, qui a pour objectif l’optimisation du remplissage et du chiffre d’affaires. Et dans bien d’autres domaines des services, que ce soit la restauration, les services aux ménages, les centres de loisirs, etc., ou plus généralement le tourisme, cette obsession du remplissage et au cœur des business models et de leur survie.

Si l’on met bout à bout ces secteurs confrontés à une profonde reconfiguration de leurs process et des usages — restauration, hébergement, transport, services aux ménages, distribution —, on réalise que l’on a là un pan de l’économie qui est supérieur en poids à celui de l’industrie. Et que le monde développé est exposé à une crise industrielle majeure — la crise de l’industrie servicielle — la première de son histoire. Nous vivons, en grandeur réelle, ce que l’on sait déjà : les services sont devenus un élément moteur de la croissance. Les effets d’entraînement et de diffusion que nous avons coutume de décrire comme allant de l’industrie vers les services jouent cette fois-ci en sens opposé. On le voit clairement aujourd’hui à travers les dégâts collatéraux que la crise du transport aérien provoque sur l’industrie aéronautique.

Cette réinvention des services et leur repositionnement vont être un enjeu clé de sortie de crise. Les ménages se retrouvent aujourd’hui en situation paradoxale. Leur revenu s’est contracté, leur emploi est fragilisé, mais leurs disponibilités financières se sont accrues avec l’épargne forcée du confinement. Là aussi, il s’agit d’une situation inédite. Or en l’état, lorsque l’on scrute les postes de consommation en faveur desquels ils pourraient arbitrer, on se trouve confronté à une curieuse impasse.

Un petit survol à la serpe permet d’en rendre la mesure. La consommation hors dépenses socialisées de santé et d’éducation, c’est 1 263 Md€, dont 43% sont contraintes (loyers, télécom, services financiers, etc.) et 57 % de dépenses arbitrables, dont 523 Md€ de consommation de biens et 200 Md€ de consommation de services. Ouvrons rapidement ces deux grandes catégories de postes arbitrables :

  • Et l’on constate rapidement que côté biens, seuls 200 Md€ sont réellement arbitrables, si l’on tient compte du climat d’affaires très particulier qui règne sur l’automobile et de la stabilité des comportements alimentaires. Ce sont des dépenses ayant trait à l’équipement et à l’habillement.
  • Côté service, c’est bien plus frappant encore. Si l’on tient compte des freins qui entourent les dépenses de loisir, de culture et de tourisme, ce sont 20 Md€ qui sont arbitrables. En tout, face aux 80 Md€ thésaurisés durant le confinement et jusqu’en septembre, le champ d’arbitrage est extrêmement restreint, en termes de choix et de montant : de l’ordre de 220 Md€.

Cela met en évidence le fait que seuls quelques secteurs pourraient bénéficier a priori de la drôle de cagnotte du confinement. L’effet de manne liée à une éventuelle désépargne pourrait être ample, mais très circonscrit.

Cela met surtout en évidence que toute relance par la consommation risque d’avoir un contenu en importations considérable compte tenu de la part des biens importés dans le panier arbitrable (petit équipement, meubles, habillement) et du très faible poids des services.

Mais cela surligne surtout l’importance d’aborder comme il se doit l’enjeu de la crise industrielle des services et l’enjeu de leur restructuration. La montée en gamme, la transformation des business models, la démassification de l’offre sont des enjeux lourds au moins aussi redoutables que ceux qu’a dû aborder l’industrie traditionnelle dans les années 80-90.

On connaît le coût en emploi, la durée de ce type de transformation. Mais c’est un préalable indispensable pour que la consommation des ménages puisse impulser la croissance sur le territoire. Car il n’y aura pas reprise de la consommation sans réinvention de l’offre.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

Île-de-France: hausse du transport collectif grâce à l’offre

Île-de-France: hausse du transport collectif grâce à l’offre

 

 

Une hausse de 14 % sur un an de l’usage des transports collectifs en Île-de-France avec une baisse corrélative de l’utilisation de la voiture individuelle. Le résultat conjoint des difficultés de la circulation et de l’amélioration constante des transports collectifs. La preuve sans doute que la fiscalité punitive n’est pas le moyen le plus efficace pour opérer des transferts modaux. Il f aut dire que Paris dispose d’un réseau de transport collectif tout à fait exceptionnel par rapport à la plupart des villes de province et même de villes étrangères. Selon les premiers résultats de la nouvelle Enquête Globale Transport (EGT) portant sur 3.000 ménages, soit 7.000 Franciliens, interrogés entre janvier 2018 et juin 2019, la fréquentation des transports en commun augmente (+14%) par rapport à la précédente enquête de 2010, tout comme la marche à pied (+9%), premier moyen de déplacement des Franciliens, et l’usage du vélo (+30%). La plus forte baisse concerne l’usage des deux-roues motorisés (-25%).

Au total, le nombre de déplacements en Île-de-France a continué de progresser.

« Les 12,1 millions de Franciliens réalisent en jour ouvrable 43 millions de déplacements, soit une hausse de 5% depuis 2010″.

Avec 14,8 millions de déplacement en voiture particulière un jour de semaine,  »l’usage de la voiture a diminué de 5% entre 2010 et 2018 : cela n’était jamais arrivé depuis l’après-guerre », indique Île-de-France Mobilités. « Les personnes âgées se déplacent moins, la part des cadres au sein des actifs franciliens augmente et ces emplois sont en général bien desservis par les transports en commun », explique IDF Mobilités, qui justifie cette baisse de l’usage de la voiture par « le développement des offres de transport alternatives ».

13,2 millions des déplacements en voiture particulière ont lieu en dehors de Paris. Ils se font principalement en grande couronne. Dans Paris, ils ne représentent que 2,5% des déplacements. La marche est « le premier moyen de déplacement des Franciliens », avec 17,2 millions de déplacements sur une journée de semaine (+9%). C’est surtout à Paris que la croissance est la plus importante (+18%). 9,4 millions de déplacements sont réalisés quotidiennement en transports en commun (+14 %). Ils sont surtout importants dans Paris (un quart des déplacements). Une augmentation qui concerne tous les réseaux, en particulier le tram, le bus – surtout en grande couronne – et le train-RER, et est notamment liée aux actifs se rendant au travail et aux élèves.

Le vélo représente 840.000 déplacements quotidiens (+30%), le plus souvent utilisé par des hommes (plus de 60%), des actifs occupés (plus de 60%) et pour se rendre au travail (40%). Avec 420.000 déplacements par jour, l’usage des deux-roues motorisés baisse de 25%, surtout dans Paris et entre Paris et la Petite couronne. La nouvelle EGT, cofinancée par l’Etat, sera réalisée de 2018 à 2022.




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