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Environnement: l’innovation végétale comme réponse à la transition alimentaire ?

Environnement: l’innovation végétale comme réponse à la transition alimentaire  ?

Une curieuse contribution du lobby agricole pour favoriser l’innovation végétale et remettre en cause notamment les réglementations en particulier concernant les jeux OGM. Pour justifier cette demande,  les contributeurs font cependant  apparaître plusieurs contradictions comme objectifs: l’amélioration de la qualité des produits, le développement de la productivité et de la quantité, la réponse au réchauffement climatique , la dimension internationale des marchés. Autant d’objectifs qui ne sont pas totalement cohérents. En outre, le développement du localisme  s’oppose évidemment à cette ambition d’un pays qui voudrait contribuer à nourrir 2 milliards d’habitants supplémentaires dans le monde. Le caractère de lobbying de cette contribution est d’autant plus évident que les contributeurs n’ont même pas pris la précaution de s’entourer du moindre scientifique et du moindre expert  indépendant. Il y a sans doute matière à encourager l’innovation végétale mais pas sur cette problématique.

 

Tribune dans le monde

 

 

« Répondre aux nouvelles attentes des consommateurs-citoyens, tout en tenant compte des impacts d’une instabilité climatique croissante, suppose de faire évoluer les systèmes de production vers plus d’agroécologie. Cette transition, tous les acteurs de la chaîne alimentaire y prennent d’ores et déjà part activement grâce à l’innovation.

Sans innovation, comment développer des plantes qui résistent aux nouveaux prédateurs, aux nouvelles maladies et s’adaptent aux soubresauts climatiques ? Sans innovation, comment répondre aux attentes individuelles de consommateurs en quête de qualité, de diversité, de produits locaux, durables et savoureux ? Sans innovation, comment envisager que l’agriculture puisse nourrir les 2 milliards d’habitants supplémentaires d’ici 2050 avec des ressources naturelles et des espaces agricoles en diminution ?

Faire le pari de l’innovation en agriculture, c’est bien entendu investir sur le temps long dans les équipements modernes, les objets connectés, des méthodes de protection des végétaux qui utilisent des mécanismes naturels… C’est aussi s’appuyer sur le savoir-faire français en matière d’innovation végétale et de génétique des plantes.

La sélection végétale a permis aux agriculteurs, depuis les années 1970, de multiplier par deux les rendements du maïs, de la betterave sucrière et du blé, le tout en avec moins d’intrants, en réduisant le besoin en eau et en proposant des variétés ne sursollicitant pas les sols. Les semenciers développent également des variétés adaptées à la demande en qualité des acteurs agroalimentaires. C’est le cas avec les orges de brasserie, des blés spécifiques à la meunerie ou encore des variétés de tournesol à haute teneur en acide oléique et dont les qualités nutritionnelles sont reconnues. Enfin, attachés aux attentes nutritives et organoleptiques des consommateurs, les semenciers améliorent les qualités gustatives des fruits et légumes du quotidien.

L’innovation végétale est donc essentielle pour l’avenir de notre agriculture et de nos filières alimentaires. Elle manque pourtant cruellement d’un soutien politique à la fois constant et volontariste comme vient de le prouver l’actualité récente.

Nous avons besoin de courage politique et de dialogue sociétal. Dans une décision rendue le 7 février dernier, le Conseil d’État vient en effet d’entériner l’interprétation apportée par la Cour de justice de l’Union européenne en 2018 : toutes les techniques de sélection développées depuis 2001 produisent in fine des OGM. La juridiction a également estimé que certaines techniques antérieures à 2001, dont est issu un nombre important de plantes, peuvent aussi entrer dans le champ d’application de la directive européenne 2001/18 sur les organismes génétiquement modifiés.

«En fonction de ce que le gouvernement décidera, il pourra mettre un coup d’arrêt brutal à l’innovation»

L’impact profond que cette décision aura sur l’avenir de la sélection variétale et sa capacité à apporter des solutions concrètes face aux défis de la transition agro-écologique ne saurait être sous-estimé. En fonction de ce que le gouvernement décidera, il pourra mettre un coup d’arrêt brutal à l’innovation.

Au mieux, les semenciers hexagonaux vont se retrouver confrontés à de longues et coûteuses démarches d’homologation pour les variétés obtenues de cette manière, ce qui ne manquera pas d’affecter en profondeur la compétitivité de la France face aux régions du monde qui ont une approche plus pragmatique. Au pire, des variétés de plantes développées en toute légalité depuis bientôt vingt ans vont se retrouver menacées d’interdit, sans alternatives pour les agriculteurs, alors qu’aucune urgence sanitaire ou environnementale ne le justifie !

Héritée des siècles précédents, la sélection végétale se heurte ainsi à des obstacles juridiques inédits, exigeant une prise de position politique au plus haut niveau. À court terme, la question se pose en effet d’une nécessaire adaptation de la réglementation européenne en la matière. Vieille de près de vingt ans, la directive OGM a fait preuve de son obsolescence et doit être ajustée à l’état actuel de la science. En lançant deux études d’impact sur le sujet, la Commission européenne a d’ailleurs implicitement reconnu l’existence d’un débat et le besoin de faire bouger certaines lignes.

C’est pour cette raison que 29 organisations représentant toute la filière agricole et alimentaire française demandent à la France de rejoindre l’initiative de 12 États membres en faveur d’une adaptation de la directive OGM, ce débat dépassant de très loin le strict cénacle franco-français.

Afin de permettre à tous les acteurs de la chaîne alimentaire française de développer leurs activités dans un cadre légal prévisible et approprié, nous, signataires, souhaitons nous engager avec les pouvoirs publics pour accompagner cette évolution réglementaire. Pour cela, il faut du courage politique et la volonté de dialoguer. De ce courage, nous ne voulons pas douter. »

AFCA CIAL (compléments alimentaires animaux) : Michel Layus, président. AGPB (blé) : Éric Thirouin, président. AGPM (maïs) : Daniel Peyraube, Président. AIBS (Betterave et sucre) : Jean-Phillippe Garnot, président. ANAMSO (semences oléagineuses) : Laurent Bourdil, président. ARVALIS (recherche agronomique) : Anne-Claire Vial, présidente. Centre français du riz : Bernard Mazel, président. CGB (betterave) : Franck Sander, président. CSFL (fruits et légumes) : Stéphane Lacroix, président. CSIF (importations de fruits et légumes) : Philippe Pons, président. CTIFL (institut technique des fruits et légumes) : Jacques Rouchasse, président. FEDEPOM (négociants de pomme de terre) : Marc Morellato, président. FNA (négoce agricole) : Antoine Pissier, président. FNAMS (agriculteurs multiplicateurs de semences) : Thomas Bourgeois, président. FNPHP (producteurs horticoles) : François Felix, président. FNPSMS (semences de maïs) : Pierre Pages, président. FN3PT (producteurs de plants de pomme de terre) : Éric Fallou, président. FNSEA : Christiane Lambert, présidente. FOP (oléoprotéagineux) : Arnaud Rousseau, président. GNIS (interprofession semencière) : François Desprez, président. INTERCEREALES : Jean-François Loiseau, président. IPTA (première transformation agricole) : Marie-Laure Empinet, présidente. JA : Samuel Vandaele, président. LA COOPERATION AGRICOLE : Dominique Charge, président. SNIA (alimentation animale) : François Cholat, président. SYNDICAT DES RIZICULTEURS DE FRANCE ET FILIÈRE : Bernard Mazel, président. TERRES INOVIA (institut technique des huiles et protéines végétales) : Sébastien Windsor, président. TERRES UNIVIA (huiles et protéines végétales) : Antoine Henrion, président. UFS (semenciers) : Claude Tabel, président.

« L’illusion de la pensée magique de l’innovation « 

« L’illusion de  la pensée magique de l’innovation  »

un contre discours sur les illusions de l’innovation. Dans une tribune au « Monde », les chercheurs Samir Bedreddine et Arnaud Saint-Martin décryptent le discours mis en œuvre pour faire adhérer entreprises et opinion au mythe du changement permanent.(extraits)

Tribune.

 

Les discours se banalisent depuis des décennies sur l’innovation qui générerait des points de croissance et sauverait le monde des crises environnementales qui le menacent. Ils s’impriment de manuels de gestion en livres blancs de politique publique, jusque dans les tribunes de la presse généraliste.

Ces lexiques-amulettes sont la matière première d’un commerce de guides de bonnes pratiques, livrés par des coachs et des consultants à des fins de team building et de reconversion des salariés à l’esprit de « l’entreprise 3.0 ». L’innovation et son blabla s’imposent ainsi sans alternative dans les strates managériales des grandes entreprises publiques et privées, mais aussi dans les secteurs de la technologie de pointe, la recherche publique et l’université.

Les modèles d’innovation entrent en concurrence sur un marché des idées et de concepts encombré. Parmi les approches qui ont aujourd’hui la cote, celle de l’innovation « disruptive ». L’économiste américain Clayton Christensen (1952-2020), son concepteur, a converti cet ensemble d’idées en doctrine d’école de commerce, que d’innombrables entrepreneurs en herbe cherchent à appliquer.

« Tout un commerce des idées innovantes se structure depuis des années. La marge de créativité est réduite au minimum sur ces scènes de l’entre-soi du techno-prêche et du “start-upisme”»

Son mot d’ordre s’observe dans des cas bien connus de l’histoire industrielle (la photographie argentique, le disque compact, etc.) : l’introduction d’un procédé ou d’une technologie de rupture dans des secteurs ronronnants précipite la chute d’entreprises jusqu’alors dominantes ; incapables de prendre le pli d’un marché subverti, ces dernières sont condamnées à disparaître.

En plus du modèle, la « disruption » fait désormais partie de ces gimmicks qui circulent sans qu’on sache toujours de quoi il en retourne, et pas seulement dans les milieux de la high-tech. Ce qui est sans doute l’une des clés de son succès.

 

Les prestations des maîtres à dépenser et à investir dans l’innovation suscitent la curiosité, la passion et, parfois, la sidération. Les fans se pressent dans les conférences de type TED (Technology, Entertainment and Design) pour les voir et les écouter « en vrai ». Et c’est ainsi que le culte de l’innovation se transmet et se retweete. Cette culture enrôle d’autres convaincus, qui entretiennent l’enthousiasme des fidèles et adeptes. Tout un commerce des idées innovantes se structure ainsi depuis des années. Il a ses formats et ses allants de soi, ses lieux et ses sociabilités. La marge de créativité est réduite au minimum sur ces scènes de l’entre-soi du techno-prêche et du « start-upisme » (Le Startupisme. Le fantasme technologique et économique de la startup nation, Antoine Gouritin, FYP, 2019). Partages et retours d’expérience, pitchs de créateurs de start-up, conférences autour d’un essai « kité » pour l’innovation et invités de prestige animent un marché segmenté. » 

 

 

«L’innovation » ou le plaidoyer pour une agriculture industrielle ( ministre américain de l’Agriculture)

«L’innovation » ou le plaidoyer pour une agriculture industrielle  ( ministre américain de l’Agriculture)

Hier ce sont les lobbys agricoles français qui dans une tribune dans l’Opinion ont vanté la promotion de l’innovation-incluant les OGM – confirmant ainsi le caractère toujours plus industriel de l’agriculture. Aujourd’hui ,c’est le ministre américain de l’agriculture qui dans une autre tribune très habile récupère la problématique environnementale, sociale et sociétale pour justifier de cette agriculture intensive qui veut nourrir le monde entier ignorant au passage sans doute volontairement que le localisme peut permettre de suppléer au moins partiellement aux carences graves de notre modèle agricole;  ce qui permettrait aussi  de redonner de l’intérêt et de la compétitivité aux cultures locales y  compris dans les pays en voie de développement.

 

« Il est temps pour l’Amérique et l’Europe de travailler ensemble pour résoudre le prochain grand défi auquel nous sommes confrontés – produire suffisamment de nourriture, avec moins d’intrants, pour nourrir une population mondiale croissante – ce qui signifie mettre l’innovation et les nouvelles technologies au service d’une agriculture sûre et durable. Les Etats-Unis et leurs amis européens partagent une longue histoire de coopération, qui a été riche en partenariats bénéfiques pour tous. Lorsque nous travaillons ensemble pour résoudre les défis économiques et sécuritaires mondiaux, tout le monde en profite.

Ce fut le cas après la Seconde Guerre mondiale, où l’ouverture des échanges entre les États-Unis et l’Europe a déclenché un boom économique multigénérationnel sans précédent qui a sorti des milliards de personnes de la pauvreté dans le monde entier. Aujourd’hui, il s’agit de poursuivre dans la voie ouverte par notre histoire commune et de travailler ensemble pour réussir ce défi.

D’ici à 2050, la population mondiale devrait atteindre 9,8 milliards d’habitants. Fournir une alimentation saine à cette population croissante représente littéralement un enjeu de vie ou de mort. Face à cela, les États-Unis ont choisi l’innovation et la technologie. Nous voulons que l’Europe montre l’exemple en adoptant une approche innovante de l’agriculture afin de produire des aliments sûrs, de haute qualité et abordables. Ce n’est qu’en adoptant des technologies transformatrices que nous serons en mesure de produire suffisamment de nourriture, de fibres et de carburant pour l’avenir – et de le faire de manière sûre et durable.

« Faites ce qui est juste et nourrissez tout le monde. » C’est notre devise au département américain de l’Agriculture (USDA), et c’est un thème que j’ai souligné à plusieurs reprises lors de ma visite en Europe le mois dernier. Je suis rentré chez moi plus convaincu que jamais que les agriculteurs et les décideurs des deux côtés de l’Atlantique peuvent – et doivent – s’unir pour atteindre ce noble objectif.

L’agriculture moderne fait partie de la solution, pas du problème. Comme je l’ai dit à mes collègues ministres de l’Agriculture, nous représentons ensemble les agriculteurs les plus productifs de la planète et nous partageons la responsabilité commune de nourrir une population mondiale en croissance. Mais cela ne se produira que si nous augmentons durablement notre productivité et créons un modèle viable pour le reste du monde.

En tant que chefs de file de l’agriculture, nous avons l’obligation morale d’aider les agriculteurs et les producteurs alimentaires de nos pays en reconnaissant et en adoptant les trois dimensions de la durabilité agricole : environnementale, sociale et économique.

La préservation de l’environnement est essentielle si nous voulons maintenir la santé de nos sols, la qualité de notre eau et de notre air, tout en répondant à la demande de nourriture et de fibres. La seule façon de nourrir le monde tout en minimisant l’impact de l’agriculture sur l’environnement est de produire plus avec moins d’intrants totaux.

Les agriculteurs font partie de nos meilleurs écologistes. Plus que quiconque, ils veulent que la terre soit en bonne santé parce qu’ils en ont besoin. C’est pourquoi ils ont été des chefs de file dans le domaine de la technologie et de l’innovation – ils comprennent que l’utilisation de la technologie leur permettra de faire plus avec moins, de mieux protéger l’environnement et de réduire l’impact de l’agriculture.

Nous avons fait des progrès. Au cours des quatre-vingt-dix dernières années, la production de matières premières aux Etats-Unis a augmenté de 400 %, tandis que la superficie en production a baissé de 9 %. Dans le même ordre d’idées, l’amélioration des plantes et des pratiques de culture aux Etats-Unis a permis d’augmenter l’efficacité d’utilisation de l’eau et des nutriments, ce qui a contribué à limiter les coûts de production et l’impact environnemental de l’agriculture. Et dans le secteur de l’élevage, les gains d’efficacité ont considérablement réduit les émissions de gaz à effet de serre : le troupeau laitier américain produit presque deux fois plus de lait qu’il y a 90 ans alors que le nombre de vaches a été réduit de 60 %.

La durabilité sociale est également essentielle. Lorsque nous augmentons la productivité et l’efficacité, nous contribuons à la sécurité alimentaire en rendant les aliments plus abordables. Nous savons que les nations qui ont atteint la sécurité alimentaire connaissent moins de conflits et de migrations. Améliorer la durabilité environnementale et économique est une bonne chose, mais seulement si les consommateurs ont les moyens de se procurer des aliments sûrs et de qualité. La bonne nouvelle est que l’augmentation de la productivité a contribué à rendre les aliments plus abordables. Depuis 1960, les prix des principaux produits de base ont chuté de moitié, contribuant à rendre le pain, les œufs, la viande et le lait plus abordables pour les consommateurs américains et du monde entier, y compris ceux qui connaissent l’insécurité alimentaire.

Enfin, la durabilité environnementale et sociale ne sera pas atteinte s’il n’y a pas de durabilité économique pour les producteurs. L’agriculture doit être rentable. Si les agriculteurs ne peuvent pas gagner suffisamment pour investir, nous perdrons les fondements de notre économie alimentaire et régresserons vers l’agriculture de subsistance.

Nous devons également attirer la prochaine génération de jeunes agriculteurs dans ce qui n’est pas seulement une profession, mais un mode de vie. L’agriculture est un mode de vie merveilleux, mais elle doit aussi créer des moyens de subsistance. L’augmentation de la productivité est essentielle pour garantir des conditions d’existence décentes aux agriculteurs et aux travailleurs agricoles.

Nous ne pourrons jamais atteindre la durabilité environnementale ou sociale sans durabilité économique. Et nous ne pourrons pas atteindre la durabilité économique si nous privons les agriculteurs et les éleveurs des outils modernes dont ils ont besoin pour être rentables. En fait, l’innovation technologique est fondamentale pour progresser sur les trois piliers de la durabilité. Il était clair pour moi lors de mes réunions et conversations avec mes homologues européens que nous sommes tous unis dans notre désir d’améliorer la durabilité de l’agriculture et de la production alimentaire.

Et il est clair que l’innovation est la clé de tous les aspects de la durabilité agricole. Nous devons redoubler d’efforts pour dédier la meilleure expertise scientifique à cette tâche et pour fournir à nos producteurs les outils dont ils ont besoin pour réussir.

Sonny Perdue est le secrétaire américain à l’Agriculture.

«l’innovation végétale comme réponse à la transition alimentaire » ?

«l’innovation végétale comme réponse à la transition alimentaire » ?

Une curieuse contribution du lobby agricole pour favoriser l’innovation végétale et remettre en cause notamment les réglementations en particulier concernant les jeux OGM. Pour justifier cette demande,  les contributeurs font cependant  apparaître plusieurs contradictions comme objectifs: l’amélioration de la qualité des produits, le développement de la productivité et de la quantité, la réponse au réchauffement climatique , la dimension internationale des marchés. Autant d’objectifs qui ne sont pas totalement cohérents. En outre, le développement du localisme  s’oppose évidemment à cette ambition d’un pays qui voudrait contribuer à nourrir 2 milliards d’habitants supplémentaires dans le monde. Le caractère de lobbying de cette contribution est d’autant plus évident que les contributeurs n’ont même pas pris la précaution de s’entourer du moindre scientifique et du moindre expert  indépendant. Il y a sans doute matière à encourager l’innovation végétale mais pas sur cette problématique.

 

Tribune dans le monde

 

 

« Répondre aux nouvelles attentes des consommateurs-citoyens, tout en tenant compte des impacts d’une instabilité climatique croissante, suppose de faire évoluer les systèmes de production vers plus d’agroécologie. Cette transition, tous les acteurs de la chaîne alimentaire y prennent d’ores et déjà part activement grâce à l’innovation.

Sans innovation, comment développer des plantes qui résistent aux nouveaux prédateurs, aux nouvelles maladies et s’adaptent aux soubresauts climatiques ? Sans innovation, comment répondre aux attentes individuelles de consommateurs en quête de qualité, de diversité, de produits locaux, durables et savoureux ? Sans innovation, comment envisager que l’agriculture puisse nourrir les 2 milliards d’habitants supplémentaires d’ici 2050 avec des ressources naturelles et des espaces agricoles en diminution ?

Faire le pari de l’innovation en agriculture, c’est bien entendu investir sur le temps long dans les équipements modernes, les objets connectés, des méthodes de protection des végétaux qui utilisent des mécanismes naturels… C’est aussi s’appuyer sur le savoir-faire français en matière d’innovation végétale et de génétique des plantes.

La sélection végétale a permis aux agriculteurs, depuis les années 1970, de multiplier par deux les rendements du maïs, de la betterave sucrière et du blé, le tout en avec moins d’intrants, en réduisant le besoin en eau et en proposant des variétés ne sursollicitant pas les sols. Les semenciers développent également des variétés adaptées à la demande en qualité des acteurs agroalimentaires. C’est le cas avec les orges de brasserie, des blés spécifiques à la meunerie ou encore des variétés de tournesol à haute teneur en acide oléique et dont les qualités nutritionnelles sont reconnues. Enfin, attachés aux attentes nutritives et organoleptiques des consommateurs, les semenciers améliorent les qualités gustatives des fruits et légumes du quotidien.

L’innovation végétale est donc essentielle pour l’avenir de notre agriculture et de nos filières alimentaires. Elle manque pourtant cruellement d’un soutien politique à la fois constant et volontariste comme vient de le prouver l’actualité récente.

Nous avons besoin de courage politique et de dialogue sociétal. Dans une décision rendue le 7 février dernier, le Conseil d’État vient en effet d’entériner l’interprétation apportée par la Cour de justice de l’Union européenne en 2018 : toutes les techniques de sélection développées depuis 2001 produisent in fine des OGM. La juridiction a également estimé que certaines techniques antérieures à 2001, dont est issu un nombre important de plantes, peuvent aussi entrer dans le champ d’application de la directive européenne 2001/18 sur les organismes génétiquement modifiés.

«En fonction de ce que le gouvernement décidera, il pourra mettre un coup d’arrêt brutal à l’innovation»

L’impact profond que cette décision aura sur l’avenir de la sélection variétale et sa capacité à apporter des solutions concrètes face aux défis de la transition agro-écologique ne saurait être sous-estimé. En fonction de ce que le gouvernement décidera, il pourra mettre un coup d’arrêt brutal à l’innovation.

Au mieux, les semenciers hexagonaux vont se retrouver confrontés à de longues et coûteuses démarches d’homologation pour les variétés obtenues de cette manière, ce qui ne manquera pas d’affecter en profondeur la compétitivité de la France face aux régions du monde qui ont une approche plus pragmatique. Au pire, des variétés de plantes développées en toute légalité depuis bientôt vingt ans vont se retrouver menacées d’interdit, sans alternatives pour les agriculteurs, alors qu’aucune urgence sanitaire ou environnementale ne le justifie !

Héritée des siècles précédents, la sélection végétale se heurte ainsi à des obstacles juridiques inédits, exigeant une prise de position politique au plus haut niveau. À court terme, la question se pose en effet d’une nécessaire adaptation de la réglementation européenne en la matière. Vieille de près de vingt ans, la directive OGM a fait preuve de son obsolescence et doit être ajustée à l’état actuel de la science. En lançant deux études d’impact sur le sujet, la Commission européenne a d’ailleurs implicitement reconnu l’existence d’un débat et le besoin de faire bouger certaines lignes.

C’est pour cette raison que 29 organisations représentant toute la filière agricole et alimentaire française demandent à la France de rejoindre l’initiative de 12 États membres en faveur d’une adaptation de la directive OGM, ce débat dépassant de très loin le strict cénacle franco-français.

Afin de permettre à tous les acteurs de la chaîne alimentaire française de développer leurs activités dans un cadre légal prévisible et approprié, nous, signataires, souhaitons nous engager avec les pouvoirs publics pour accompagner cette évolution réglementaire. Pour cela, il faut du courage politique et la volonté de dialoguer. De ce courage, nous ne voulons pas douter. »

AFCA CIAL (compléments alimentaires animaux) : Michel Layus, président. AGPB (blé) : Éric Thirouin, président. AGPM (maïs) : Daniel Peyraube, Président. AIBS (Betterave et sucre) : Jean-Phillippe Garnot, président. ANAMSO (semences oléagineuses) : Laurent Bourdil, président. ARVALIS (recherche agronomique) : Anne-Claire Vial, présidente. Centre français du riz : Bernard Mazel, président. CGB (betterave) : Franck Sander, président. CSFL (fruits et légumes) : Stéphane Lacroix, président. CSIF (importations de fruits et légumes) : Philippe Pons, président. CTIFL (institut technique des fruits et légumes) : Jacques Rouchasse, président. FEDEPOM (négociants de pomme de terre) : Marc Morellato, président. FNA (négoce agricole) : Antoine Pissier, président. FNAMS (agriculteurs multiplicateurs de semences) : Thomas Bourgeois, président. FNPHP (producteurs horticoles) : François Felix, président. FNPSMS (semences de maïs) : Pierre Pages, président. FN3PT (producteurs de plants de pomme de terre) : Éric Fallou, président. FNSEA : Christiane Lambert, présidente. FOP (oléoprotéagineux) : Arnaud Rousseau, président. GNIS (interprofession semencière) : François Desprez, président. INTERCEREALES : Jean-François Loiseau, président. IPTA (première transformation agricole) : Marie-Laure Empinet, présidente. JA : Samuel Vandaele, président. LA COOPERATION AGRICOLE : Dominique Charge, président. SNIA (alimentation animale) : François Cholat, président. SYNDICAT DES RIZICULTEURS DE FRANCE ET FILIÈRE : Bernard Mazel, président. TERRES INOVIA (institut technique des huiles et protéines végétales) : Sébastien Windsor, président. TERRES UNIVIA (huiles et protéines végétales) : Antoine Henrion, président. UFS (semenciers) : Claude Tabel, président.

Hollande: « l’innovation, croissance de demain » ou…. l’avenir c’est demain !

Hollande: « l’innovation, croissance de demain » ou…. l’avenir c’est demain !

 

 

Florilèges de truismes  à  l’occasion du lancement de ce nouveau concours Lépine mode hollandaise. « L’innovation c’est la croissance de demain » a-t-il notamment déclaré, une belle formule pour ne rien  dire d’autre qu’une banalité. Comme Montebourg persuadé que ce concours Lépine new look va « changer la société ». Tout cela sent l’improvisation et ne vise sans doute qu’à masquer la dégradation de l’industrie française dont on apprend aujourd’hui qu’elle se redresse en Europe sauf en France.   L’exécutif veut donner donc un coup de fouet à l’innovation. Le président François Hollande a ainsi lancé, ce lundi 2 décembre, le concours « innovation 2030″ , dont le but est d’attirer en France les projets d’avenir. il a affirmé que ce concours traduit « une volonté de réindustrialiser la France ». « Une démarche longue » mais qui, selon lui, rejoint à la fois le pacte de compétitivité et de croissance du gouvernement et les 34 plans industriels d’Arnaud Montebourg. L’initiative du ministre du Redressement productif « doit forcer l’allure des décisions industrielles dans les entreprises françaises pour être les meilleurs dans un laps de temps court, sur un certain nombre d’objets ou de services » dixit François Hollande. Tandis « qu’aujourd’hui c’est le long terme » , a-t-il précisé. Ce dernier s’est désolé de voir la France reculer dans les classements concernant la compétitivité. Il a notamment affirmé qu’elle se plaçait 11ème sur 28 au sein de l’Union européenne, sans préciser de quel classement il s’agissait. « Ce n’est pas notre rang, ce ne doit pas être notre place ».  Estimant que « l’innovation, c’est la croissance de demain », il a énuméré les différents dispositifs fiscaux mis en place pour la favoriser: extension du crédit d’impôt recherche, abattements sur les plus-values mobilières, système d’amortissement favorable aux sociétés qui investissent dans des jeunes entreprises innovantes, ou encore création du statut de la jeune entreprise innovante. « Ils seront maintenus pour l’ensemble du quinquennat « , a-t-il déclaré, ajoutant que « le rôle de l’Etat est de faire émerger, accompagner les talents et de créer un environnement favorable à l’innovation ». Il a ensuite rappelé les sept priorités ciblées par le concours: le stockage de l’énergie, le recyclage des métaux, le développement des protéines végétales, ce qu’il appelle « la chimie verte », « utiliser les ressources de la mer, « la médecine individualisée », « l’économie de la longévité » et le « big data », c’est-à-dire le traitement d’énormes bases de données. François Hollande a bien insisté sur le fait que ce concours était ouvert à tous les innovateurs , qu’ils soient français ou étrangers, à la condition « d’implanter leurs activités sur notre territoire ». « La France doit attirer tous les talents et devenir un lieu où on vient innover et investir ».  Arnaud Montebourg a lui jugé que « l’innovation doit réconcilier les Français avec le risque ». « Dans ce monde qui n’aime pas le risque, la France a fait le choix du risque et de l’innovation et c’est avec les innovateurs du monde entier que la France va participer à la préparation d’un changement de société », a-t-il affirmé.

 




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