Archive pour le Tag 'L’inflation'

Page 2 sur 5

L’inflation pour amortir la dette de l’État ou l’hypocrisie du gouvernement

L’inflation pour amortir la dette de l’État

 

 

Au gouvernement on affiche des larmes de crocodile concernant l’inflation galopante avec une perspective de prix d’au moins 5 % en 2022. Dans le même temps , les revenus, salaires, pensions, épargne ne seront pas relevées de plus de 2 %. Résultat une perte moyenne de 3 % au minimum.

 

Le problème c’est que cette inflation constitue pour l’État un moyen d’amortir le poids de l’énorme dette. En effet mécaniquement la fiscalité augmente du fait de l’inflation et la dette se dévaluent avec.

 

Pour faire semblant d’affronter le phénomène, le gouvernement a décidé de soutenir des entreprises, ce qui va dans le bon sens mais délaisse les consommateurs auxquels il accorde royalement 0,15 € sur le carburant quand ce dernier aura vraisemblablement augmenté en moyenne de 50 %.

 

Observerons aussi le caractère très électoral de la ristourne de 0,15 € qui s’appliquera à la veille des élections le 1er avril seulement. On peut dénoncer le caractère hypocrite de la stratégie fiscale du gouvernement car la seule TVA fait croître les produits de la fiscalité de façon mécanique avec l’augmentation des prix.

Economie- L’inflation « temporaire » qui va durer pour Christine Lagarde (BCE) !

Economie- L’inflation « temporaire » qui va durer pour  Christine Lagarde (BCE) !

 

 

Il aura fallu des mois et des mois pour que la Banque centrale européenne convienne que l’inflation dite temporaire allait en fait se prolonger longtemps. Les institutions officielles européennes et françaises ont pendant longtemps soutenu que l’inflation se tasserait en deuxième partie de 2022 et en 2023. C’est à peu près l’inverse qui va se produire et pas seulement pour les questions conjoncturelles évoquées.

La plupart des experts complaisants ont en effet expliqué que l’inflation nettement réapparue provenait d’un de choc de la croissance. En réalité, il n’y a pas eu vraiment de choc de croissance mais simplement un phénomène de rattrapage de sorte que la plupart des pays en ce début 2022 retrouve leur niveau d’activité de 2019. On a volontairement ou non oublier de prendre en compte des données structurelles caractérisées par une modification des processus de production et de distribution.

Certaines de ces modifications seront durables, elles sont même souhaitables mais à court et moyen terme vont générer des coûts supplémentaires alimentant l’inflation. Il y a surtout aussi l’énorme problème  la dette générée pendant la crise sanitaire.. Or on a déversé des montagnes de liquidités, sorte de fausse monnaie, qu’on va amortir comme souvent par l’inflation .

Alors que la hausse des prix dans la zone euro a pulvérisé son record en février, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a donc  prévenu que la hausse « pourrait durer un certain temps ». Surtout, le niveau des prix ne devrait pas revenir à ce qu’il était avant le début de l’offensive russe en Ukraine, ni avant la pandémie de Covid-19. Pour faire face, les banques centrales doivent désormais ajuster leur politique monétaire.Les taux d’intérêt vont grimper

 « Nous sommes de plus en plus convaincus que la dynamique de l’inflation à moyen terme ne reviendra pas au schéma que nous avons connu avant la pandémie », quand l’indicateur restait durablement sous l’objectif de 2% visé par la BCE, a déclaré Christine Lagarde.

L’institution monétaire vient de relever ses prévisions d’inflation pour 2022 à 5,1% en zone euro. La hausse des prix a atteint 5,8% sur un an en février, poussée par la flambée des prix d’énergie et les goulots d’étranglement dans les chaînes logistiques. Un niveau record depuis que l’office européen des statistiques la mesure en 1997.

La BCE doit « gérer un choc qui, à court terme, pousse l’inflation au-dessus de notre cible et réduit la croissance », a prévenu la présidente de la BCE. La prévision de croissance en zone euro a été revue à la baisse la semaine dernière, à 3,7% pour 2022, en raison des répercussions du conflit armé en Ukraine sur l’activité mondiale.

En France, l’inflation existante est « attisée » par la guerre en Ukraine d’après l’Insee. Elle a atteint 3,6% en février (soit une hausse de 0,8 point sur ce seul mois), un niveau plus vu depuis 2008. Cela vient confirmer les dernières estimations de la Banque de France qui annonçait dimanche 13 mars entre 3,7 et 4,4 % d’inflation pour 2022 en France. Plus de doute : alors que la guerre en Ukraine fait rage et que la Chine se reconfine, promettant de perturber encore notre économie mondiale, l’inflation est partie pour durer.

 

L’Insee prévoit par ailleurs qu’elle dépassera les 4% en mars, puis tournera autour de 4,5% durant le deuxième trimestre, tirée par les prix de l’énergie, des matières premières et alimentaires. Ces prévisions reposent toutefois sur l’hypothèse d’un prix du baril de pétrole à 125 dollars, soit son niveau atteint au tout début du mois de mars, mais qui a reculé depuis, précise l’Insee.

 

Economie: L’inflation temporaire va durer pour Christine Lagarde (BCE) !

Economie: L’inflation temporaire va durer pour  Christine Lagarde (BCE) !

 

 

Il aura fallu des mois et des mois pour que la Banque centrale européenne convienne que l’inflation dite temporaire allait en fait se prolonger longtemps. Les institutions officielles européennes et françaises ont pendant longtemps soutenu que l’inflation se tasserait en deuxième partie de 2022 et en 2023. C’est à peu près l’inverse qui va se produire et pas seulement pour les questions conjoncturelles évoquées.

La plupart des experts complaisants ont en effet expliqué que l’inflation nettement réapparue provenait d’un de choc de la croissance. En réalité, il n’y a pas eu vraiment de choc de croissance mais simplement un phénomène de rattrapage de sorte que la plupart des pays en ce début 2022 retrouve leur niveau d’activité de 2019. On a volontairement ou non oublier de prendre en compte des données structurelles caractérisées par une modification des processus de production et de distribution.

Certaines de ces modifications seront durables, elles sont même souhaitables mais à court et moyen terme vont générer des coûts supplémentaires alimentant l’inflation. Il y a surtout aussi l’énorme problème  la dette générée pendant la crise sanitaire.. Or on a déversé des montagnes de liquidités, sorte de fausse monnaie, qu’on va amortir comme souvent par l’inflation .

Alors que la hausse des prix dans la zone euro a pulvérisé son record en février, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a donc  prévenu que la hausse « pourrait durer un certain temps ». Surtout, le niveau des prix ne devrait pas revenir à ce qu’il était avant le début de l’offensive russe en Ukraine, ni avant la pandémie de Covid-19. Pour faire face, les banques centrales doivent désormais ajuster leur politique monétaire.Les taux d’intérêt vont grimper

 « Nous sommes de plus en plus convaincus que la dynamique de l’inflation à moyen terme ne reviendra pas au schéma que nous avons connu avant la pandémie », quand l’indicateur restait durablement sous l’objectif de 2% visé par la BCE, a déclaré Christine Lagarde.

L’institution monétaire vient de relever ses prévisions d’inflation pour 2022 à 5,1% en zone euro. La hausse des prix a atteint 5,8% sur un an en février, poussée par la flambée des prix d’énergie et les goulots d’étranglement dans les chaînes logistiques. Un niveau record depuis que l’office européen des statistiques la mesure en 1997.

La BCE doit « gérer un choc qui, à court terme, pousse l’inflation au-dessus de notre cible et réduit la croissance », a prévenu la présidente de la BCE. La prévision de croissance en zone euro a été revue à la baisse la semaine dernière, à 3,7% pour 2022, en raison des répercussions du conflit armé en Ukraine sur l’activité mondiale.

En France, l’inflation existante est « attisée » par la guerre en Ukraine d’après l’Insee. Elle a atteint 3,6% en février (soit une hausse de 0,8 point sur ce seul mois), un niveau plus vu depuis 2008. Cela vient confirmer les dernières estimations de la Banque de France qui annonçait dimanche 13 mars entre 3,7 et 4,4 % d’inflation pour 2022 en France. Plus de doute : alors que la guerre en Ukraine fait rage et que la Chine se reconfine, promettant de perturber encore notre économie mondiale, l’inflation est partie pour durer.

 

L’Insee prévoit par ailleurs qu’elle dépassera les 4% en mars, puis tournera autour de 4,5% durant le deuxième trimestre, tirée par les prix de l’énergie, des matières premières et alimentaires. Ces prévisions reposent toutefois sur l’hypothèse d’un prix du baril de pétrole à 125 dollars, soit son niveau atteint au tout début du mois de mars, mais qui a reculé depuis, précise l’Insee.

 

L’inflation temporaire va durer pour Christine Lagarde (BCE) !

L’inflation temporaire va durer pour  Christine Lagarde (BCE) !

 

 

Il aura fallu des mois et des mois pour que la Banque centrale européenne convienne que l’inflation dite temporaire allait en fait se prolonger longtemps. Les institutions officielles européennes et françaises ont pendant longtemps soutenu que l’inflation se tasserait en deuxième partie de 2022 et en 2023. C’est à peu près l’inverse qui va se produire et pas seulement pour les questions conjoncturelles évoquées.

La plupart des experts complaisants ont en effet expliqué que l’inflation nettement réapparue provenait d’un de choc de la croissance. En réalité, il n’y a pas eu vraiment de choc de croissance mais simplement un phénomène de rattrapage de sorte que la plupart des pays en ce début 2022 retrouve leur niveau d’activité de 2019. On a volontairement ou non oublier de prendre en compte des données structurelles caractérisées par une modification des processus de production et de distribution.

Certaines de ces modifications seront durables, elles sont même souhaitables mais à court et moyen terme vont générer des coûts supplémentaires alimentant l’inflation. Il y a surtout aussi l’énorme problème  la dette générée pendant la crise sanitaire.. Or on a déversé des montagnes de liquidités, sorte de fausse monnaie, qu’on va amortir comme souvent par l’inflation .

Alors que la hausse des prix dans la zone euro a pulvérisé son record en février, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a donc  prévenu que la hausse « pourrait durer un certain temps ». Surtout, le niveau des prix ne devrait pas revenir à ce qu’il était avant le début de l’offensive russe en Ukraine, ni avant la pandémie de Covid-19. Pour faire face, les banques centrales doivent désormais ajuster leur politique monétaire.Les taux d’intérêt vont grimper

 « Nous sommes de plus en plus convaincus que la dynamique de l’inflation à moyen terme ne reviendra pas au schéma que nous avons connu avant la pandémie », quand l’indicateur restait durablement sous l’objectif de 2% visé par la BCE, a déclaré Christine Lagarde.

L’institution monétaire vient de relever ses prévisions d’inflation pour 2022 à 5,1% en zone euro. La hausse des prix a atteint 5,8% sur un an en février, poussée par la flambée des prix d’énergie et les goulots d’étranglement dans les chaînes logistiques. Un niveau record depuis que l’office européen des statistiques la mesure en 1997.

La BCE doit « gérer un choc qui, à court terme, pousse l’inflation au-dessus de notre cible et réduit la croissance », a prévenu la présidente de la BCE. La prévision de croissance en zone euro a été revue à la baisse la semaine dernière, à 3,7% pour 2022, en raison des répercussions du conflit armé en Ukraine sur l’activité mondiale.

En France, l’inflation existante est « attisée » par la guerre en Ukraine d’après l’Insee. Elle a atteint 3,6% en février (soit une hausse de 0,8 point sur ce seul mois), un niveau plus vu depuis 2008. Cela vient confirmer les dernières estimations de la Banque de France qui annonçait dimanche 13 mars entre 3,7 et 4,4 % d’inflation pour 2022 en France. Plus de doute : alors que la guerre en Ukraine fait rage et que la Chine se reconfine, promettant de perturber encore notre économie mondiale, l’inflation est partie pour durer.

 

L’Insee prévoit par ailleurs qu’elle dépassera les 4% en mars, puis tournera autour de 4,5% durant le deuxième trimestre, tirée par les prix de l’énergie, des matières premières et alimentaires. Ces prévisions reposent toutefois sur l’hypothèse d’un prix du baril de pétrole à 125 dollars, soit son niveau atteint au tout début du mois de mars, mais qui a reculé depuis, précise l’Insee.

 

L’inflation va exploser

L’inflation va exploser

 

La guerre en Ukraine va sans doute justifier une hausse très sensible des prix dans à peu près tous les domaines. Le problème c’est que cette augmentation avait déjà commencé bien avant la guerre menée par la Russie. Elle se traduisait en particulier par une montée des prix de l’énergie et des matières premières. La guerre en Ukraine ne fait que prolonger le phénomène.

Le gouvernement et la Banque de France s’efforcent  de minimiser la question en espérant que cette inflation ne dépassera pas 5 % sur un an;

À fin février, l’inflation a déjà officiellement  bondi de 3,6 % en moyenne sur un an, un record depuis 2008, qui pèse déjà sur le pouvoir d’achat des ménages.

Ces augmentations touchent la plupart des biens de consommation comme les biens industriels. Et cela concerne en particulier les produits alimentaires dont les cours s’envolent et dont seront victimes les moins favorisées en France et ailleurs. Le blé par exemple a atteint autour  de 400 € la tonne. Soit un doublement alors que depuis 1984 la tendance était à une baisse de 8 % par an.

C’est surtout l’énergie qui va plomber le budget des ménages. En moyenne les Français dépensent 1500 € pour le carburant et 1500 € pour le chauffage. Alors la facture globale pourrait augmenter de 50 %.

 

Inflation aussi sur la grande consommation

Après l’énergie, l’inflation frappe les produits de grande consommation

 

Le record d’inflation annoncé par Eurostat en février, de 5,8% en un an, concerne aussi les produits de grande consommation vendus dans les grandes surfaces françaises.  C’est ce que concluent les dernières études du cabinet d’analyse NielsenIQ, qui se penche régulièrement sur l’évolution des prix de ces produits.

68% des catégories alimentaires sont notamment touchées par l’inflation, selon sa dernière analyse du 1er mars. Sur l’ensemble des produits alimentaires, cette inflation a atteint +0,52% en février 2022 par rapport au même mois de l’année précédente.

 

Aux Etats-Unis, l’inflation accélère encore

Aux Etats-Unis, l’inflation accélère encore

Un record depuis 40 ans avec une hausse de plus 7,5 % sur un an aux États-Unis en janvier.

Une inflation qui devrait normalement précipiter le programme de réajustement des taux initialement prévus avec des hausses à trois reprises d’un quart de point et qui pourraient être multipliées par deux ou trois. De toute façon les taux d’intérêt risquent de courir après l’inflation qui va contaminer économie et bousculer les politiques monétaires.
En France on a noté aussi une révision à la hausse des prévisions d’inflation prévue à 2,5 % et qui pourraient atteindre de 3 à 3,5 % % d’ici mi 2022. La différence avec les États-Unis c’est que la banque centrale européenne n’a pas pour l’instant décidé de perspectives de hausse des taux

 En s’affichant à + 7,5% en janvier par rapport à janvier 2021, l’indice des prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis a accéléré plus que prévu, la plus forte progression depuis février 1982. En décembre, il avait déjà augmenté de 7%.

 

Envolée de l’inflation: La note surtout pour les salariés ?

Envolée de l’inflation: La note surtout pour les salariés ?

 

Contrairement aux affirmations des pouvoirs publics et de certains experts l’inflation n’est nullement provisoire. Pour preuve en janvier sur un an elle a encore progressé de près de 3 %. Le retour de l’inflation fait donc renaître le débat sur le maintien du pouvoir d’achat des salaires, analyse l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur. Faute de revalorisation des salaires, comme en 1920, les salariés risquent de payer la note mais aussi les retraités et les épargnants (chronique dans le Monde)

 

Chronique. 

 

 

 La crainte de voir s’enclencher une boucle inflationniste prix-salaires est brandie actuellement par le patronat et par le gouvernement pour éviter une hausse générale des salaires. Plusieurs syndicats, inversement, alertent sur les risques de perte de pouvoir d’achat en cas de résurgence inflationniste et réclament un ajustement automatique tenant compte de l’inflation, une « indexation » des salaires sur les prix.

La question s’est posée il y a un siècle, lorsque, en 1919-1920, le pouvoir d’achat des salaires se trouve significativement réduit parce que les prix, bloqués pendant la guerre, ont été libérés, alors que les salaires restent souvent inchangés. Les entreprises, comme d’ailleurs l’Etat employeur, utilisent un mélange d’augmentations individuelles et de primes « de vie chère » pour limiter le mécontentement ou le départ des salariés. Un indice officiel du coût de la vie est créé en 1920, pour servir de référence aux négociations. Mais, même après avoir renoncé au retour au franc-or, les gouvernements rejettent l’idée d’indexation et la fixation des salaires reste décentralisée.

Le Front populaire impose en revanche une prise en compte du niveau des prix et du pouvoir d’achat dans les négociations collectives, devenues désormais obligatoires au niveau des branches professionnelles. Dans la pratique, les clauses d’indexation sont cependant presque toujours très prudentes et les recours à l’arbitrage intentés par les syndicats pour obtenir leur application conduisent, dans la plupart des cas, à des rejets au nom de « l’équilibre économique » du secteur (en fait, la préservation des profits et des investissements). L’inflation, comme au début des années 1920, profite principalement aux employeurs, privés et plus encore publics.

L’économie semi-dirigée qui suit la seconde guerre mondiale est, en revanche, propice à une politique nationale des salaires. Le mouvement ouvrier revendique alors « l’échelle mobile automatique et générale » et ainsi la possibilité pour « l’ouvrier » de pouvoir faire vivre sa famille dignement.

Après plusieurs années de débats, une loi adoptant l’échelle mobile des salaires est adoptée en 1952 par le gouvernement conservateur d’Antoine Pinay. Elle complète un dispositif où un salaire minimum national est défini par l’Etat (alors que, depuis 1936, il l’était par branche et par région). Mais la mise en œuvre est très loin des discours : les conventions collectives adaptent localement « l’échelle mobile » vers le haut ou vers le bas, en fonction des rapports de force et d’autres considérations tout aussi essentielles, comme les heures supplémentaires, le coût de la vie local, la part de l’emploi féminin (qui est à l’époque légalement moins rémunéré). Seule l’indexation du salaire minimum interprofessionnel garanti (le SMIG, lui-même sujet à nombre d’exceptions), adoptée cette même année, est réelle. Mais en période de croissance, l’indexation du salaire minimum n’empêchera pas une baisse relative du SMIG par rapport au salaire médian.

 

L’inflation et taux : un relèvement à 0,5 % en Angleterre

L’inflation et taux : un relèvement à 0,5 % en Angleterre

La BoE a décidé un relèvement des taux à 05 % pour lutter contre l’inflation qui avait dépassé c 5 % en décembre 2021 et qui devrait continuer de progresser. Une politique qui s’inscrit un peu dans les pas de la banque centrale américaine alors que la banque centrale européenne choisit pour l’instant l’immobilisme en laissant la porte ouverte un relèvement éventuel en 2022.

La flambée du prix de l’énergie est le premier facteur de cette hausse des prix, renchérissant la facture d’électricité des ménages et des entreprises. Le prix de l’essence a flambé de quelque 50% en un an. Et le phénomène va se poursuivre.

L’Ofgem, l’autorité nationale de régulation du marché de l’énergie, a annoncé ce jeudi que les tarifs administrés augmenteraient de 54% à partir d’avril, une hausse sans précédent due entre autres à l’envolée des cours mondiaux du gaz.

La Banque d’Angleterre a également confirmé l’arrêt de son programme de rachats d’actifs et la volonté de réduire son portefeuille obligataire, confirmant son engagement de décembre de ne pas renouveler les obligations arrivant à échéance si son taux était à 0,5%.

Après le communiqué de la BoE, sur les marchés, le rendement des « gilts », les obligations d’Etat britanniques, à dix ans était en nette hausse. Il a atteint son plus haut niveau depuis trois ans à 1,381%, contre un peu plus de 1,27% juste avant.

La livre sterling s’appréciait alors de 0,28% face au dollar et l’indice FTSE 100 de la Bourse de Londres perdait 0,22%.

Pourquoi la BCE est paralysée face à l’inflation ?

Pourquoi la BCE est paralysée face à l’inflation ?

La zone euro connaît 5 % d’inflation mais la BCE devrait choisir l’attentisme ce jeudi, contrairement à la Réserve fédérale américaine.

Par Eric Albert du Monde

 

Un article intéressant qui montre que la paralysie de la BCE est largement encouragée par la diversité économique et budgétaire des Etats. Une hausse  brutale des taux d’intérêt serait de nature à casser des croissances  déjà disparates et à accroître encore des déficits budgétaires déjà plus que limite dans plusieurs pays .

Analyse 

 Bild l’a affublée d’un surnom, en français dans le texte : « Madame Inflation. » Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), est dans la ligne de mire du tabloïd allemand. L’inflation en Allemagne a atteint 5,7 % en décembre (5 % dans la zone euro, 3,4 % en France), et l’institution est en proie aux critiques outre-Rhin, accusée de laisser les taux d’intérêt trop bas et de ne rien faire pour contrer la hausse des prix.

La BCE est la plus conciliante des grandes banques centrales. Partout ailleurs, les taux d’intérêt ont commencé à augmenter. En décembre, la Banque d’Angleterre a fait passer son taux directeur de 0,1 % à 0,25 %. Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale (Fed) n’a laissé aucun doute lors de sa réunion du mercredi 26 janvier : sa première hausse de taux va avoir lieu en mars.

Apportant la seule note discordante, Mme Lagarde a prévenu en décembre qu’une hausse de son taux directeur serait « très improbable » en 2022. L’institution de Francfort se contente de graduellement réduire son intervention sur les marchés (de 80 milliards d’euros par mois à 20 milliards d’euros d’ici à la fin de l’année). Son taux directeur demeure, en revanche, à un niveau historiquement bas, à – 0,5 %. En tenant compte de l’inflation, cela signifie que le taux réel est proche de – 6 %, à son plus bas depuis les années 1950. La prochaine réunion du conseil des gouverneurs, jeudi 3 février, ne devrait rien y changer : la BCE attend de voir.

Elle a cependant de s arguments pour agir différemment du reste de ses congénères : l’inflation en zone euro demeure plus limitée que dans le reste du monde occidental ; il reste de bonnes raisons de penser que le phénomène va en partie se résorber ; la BCE, surtout, n’est pas une banque centrale comme les autres, devant maintenir l’unité d’une monnaie unique encore très disparate.

Santé financière : comment soigner la maladie de l’inflation

Santé financière : comment soigner la maladie de l’inflation

 

 

Un papier de l’Opinion explique comment s’accommoder de l’inflation qui a changé de visage; comme pour la pandémie, un nouveau « variant » qui affecte le contexte socio-économique.

Le taux d’inflation dans la zone euro a atteint 5 % sur un an en décembre, son plus haut niveau historique, a confirmé jeudi Eurostat. L’énergie représente la moitié de la hausse. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a déclaré que la hausse des prix devrait se stabiliser puis baisser courant 2022. En France, la prime inflation de 100 euros sera versée à 3,04 millions d’allocataires de la CAF à partir de ce jeudi.

Comment se réhabituer à vivre avec l’inflation ? Nous l’avions oubliée ces trente dernières années. En décembre, elle a atteint 5 % en glissement annuel dans la zone euro, avec 6,5 % en Espagne, 5,7 % en Allemagne et 2,8 % en France. Aux Etats-Unis, elle caracole à 7 %. Dans l’Hexagone, la hausse des prix de l’énergie et des matières premières se propage désormais aux produits industriels et alimentaires. « On ressort certains outils de la naphtaline, comme les équations qui permettent de passer des prix de production aux prix à la consommation, ou même les équations d’évolution des salaires, auxquelles plus personne ne s’intéressait vraiment », sourit Jean-Luc Tavernier, directeur général de l’Insee.

« C’est sûr qu’on ne reviendra pas rapidement au problème de l’inflation trop basse, à 1%, que l’on avait depuis dix ans », dit Philippe Martin, président du Conseil d’analyse économique (CAE). « Nous sommes sans doute en train de changer d’époque », indique Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes. Tout le monde est concerné : salariés, fonctionnaires, retraités, bénéficiaires de prestations sociales, gouvernements, finances publiques, épargnants et banques centrales… Que va-t-on se (re)mettre à faire ?

1. Négocier les salaires

Avec une inflation entre 0 et 1 %, même si votre salaire stagne, vous ne perdez pas beaucoup de pouvoir d’achat. Lorsque les prix à la consommation augmentent de près de 3 %, c’est une autre histoire. Selon la Banque de France, d’ici à 2023 « les hausses de prix se transmettraient de façon partielle aux salaires, et réciproquement ». Mais gare à ce que les salaires n’augmentent pas plus vite que chez nos voisins européens, sinon nous perdrions en compétitivité. Nous ne pouvons plus dévaluer notre monnaie comme dans les années 1970-1980.

« Un pays comme la France, avec un déficit commercial dans une zone monétaire unique, doit faire attention à ne pas avoir une inflation supérieure à celle de la zone euro – elle aurait même intérêt à une inflation plus basse, souligne la chef-économiste du Trésor, Agnès Benassy-Quéré. A la veille de la pandémie de Covid, le coût du travail dans l’industrie en France était repassé sous celui de l’Allemagne. Il faut faire attention à ne pas perdre cet acquis avec des salaires qui dérapent ». Or, comme la France a un taux de chômage élevé, « on peut s’attendre à moins de tensions sur les salaires que dans d’autres pays avec des pénuries de main-d’œuvre plus importantes comme l’Allemagne et les Pays-Bas », ajoute l’experte.

Le sujet se posera aussi pour les fonctionnaires. Le point d’indice de la fonction publique est gelé depuis plusieurs années, le gouvernement préférant des augmentations ciblées sur les plus bas salaires, les soignants… Or ces gestes risquent d’être vite effacés par l’inflation. « L’Etat se fait fort de dire aux entreprises d’augmenter les salaires, mais pourquoi ne le fait-il pas comme employeur ? interroge un membre de la haute administration. Avec 1 % d’inflation ou moins chaque année, les syndicats ne mobilisent pas les foules en disant “protégez-nous de l’inflation”, mais avec 3 % d’inflation, le sujet devrait devenir explosif ».

« L’Etat devra certainement rehausser certains salaires de fonctionnaires, mais ce serait une erreur de tout réindexer sur l’inflation de manière automatique, car il ne faut pas qu’une boucle prix-salaires s’enclenche et nous fasse perdre le contrôle de l’inflation », estime Philipe Martin. L’augmentation de 1 % du point d’indice pour tous les fonctionnaires coûterait 2 milliards d’euros, estimait le gouvernement l’année dernière.

2. Revaloriser ou désindexer les prestations sociales

D’autres dépenses publiques augmenteront de pair avec l’inflation. « Il faut s’attendre à ce que les minima sociaux, les pensions de retraite et les salaires augmentent en moyenne au même rythme que les prix à la consommation », prévient Agnès Benassy-Quéré. En janvier ont été revalorisés automatiquement le smic, le minimum vieillesse, les retraites de base, les retraites complémentaires, l’allocation pour congé de proches aidants. En février, le taux de rémunération du livret A doublera à 1%. En avril augmenteront les prestations familiales, le RSA, l’allocation adulte handicapé (AAH), la prime d’activité, les pensions d’invalidité. En juillet seront discutées les allocations-chômage, en octobre grimperont les aides au logement, puis en novembre les retraites Agirc-Arrco. Le chiffrage qui circule à Bercy est qu’un point d’inflation ajoute 1,5 milliard d’euros de prestations sociales (retraites, prestations familiales, arrêts maladie, hors minima sociaux et APL).

La majorité de ces revalorisations est définie dans la loi, mais le gouvernement peut, dans chaque budget annuel, décider d’exceptions. En 2019, il avait ainsi désindexé de l’inflation plusieurs prestations sociales pour privilégier des revalorisations exceptionnelles de la prime d’activité, de l’AAH et du minimum vieillesse. Il pourrait y avoir la tentation de faire de même ces prochaines années. « C’est une méthode classique, bête et méchante pour réaliser des économies, au détriment du pouvoir d’achat », explique un haut fonctionnaire. Mais la consolidation budgétaire n’est pas à l’ordre du jour : les taux sont bas, les règles européennes sont mises entre parenthèses.

Pour les finances publiques, l’inflation peut sembler un avantage à court terme, car au début, les recettes (comme à la TVA) augmentent plus vite que les dépenses, et on rembourse ses emprunts plus rapidement. Mais ensuite, dépenses et taux remontent. « La tension sur les prix montre que les effets d’aubaine sur les taux d’intérêt ne peuvent absolument pas dispenser la sphère publique du retour à une trajectoire soutenable pour maîtriser la dépense et l’endettement », avertit Pierre Moscovici.

3. Comparer les prix

Le chiffre d’une inflation à 1 %, 2 % ou 3 % regroupe des millions de produits et des centaines de secteurs où les prix varient tout le temps. « Quand il y a davantage d’inflation, il y a plus de variabilité entre les produits, donc il y a un retour sur investissement pour les consommateurs qui passent du temps à comparer les prix, à chercher des produits moins chers », remarque Xavier Jaravel, professeur d’économie à la London School of Economics (LSE). Mais pour le moment, le comparateur de prix Idealo ne voit pas d’augmentation de trafic. C’est l’année 2020 jalonnée de confinements qui a explosé les records de fréquentation de son site. Les entreprises aussi vont porter plus d’attention aux prix de leurs concurrents, pour s’ajuster en permanence.

4. Epargner différemment

« Comment vivre avec l’inflation ? En arrêtant de mettre de l’argent sur son livret A, pour le placer sur des produits protégés contre l’inflation, comme la Bourse ou l’immobilier » résume Xavier Jaravel. Avec près de 3 % d’inflation en France, l’argent qui dort sur un compte courant ou un livret A permet chaque jour d’acheter moins de choses.

5. Eviter une crise financière

« Les banques centrales sont l’acteur le plus embarrassé par le retour de l’inflation, souligne Philippe Martin. Il y a beaucoup d’incertitudes sur la dynamique d’inflation des deux années prochaines. On ne peut pas exclure des mécanismes où chacun anticipe que les prix augmentent, donc tout le monde demande des salaires plus élevés, et les entreprises augmentent leurs prix car elles anticipent que leurs concurrents vont le faire. Or si les banques centrales craignent de perdre le contrôle de l’inflation, elles vont appuyer sur le frein – la Réserve fédérale américaine (Fed) commence à le faire. Mais le problème est de ne pas le faire trop brusquement, car alors beaucoup d’entreprises, de ménages et d’Etats verront leurs coûts d’emprunt augmenter très rapidement, et c’est la recette d’une crise financière. Viendra-t-elle des pays émergents, dont la dette s’apprécie en dollars ? Ou de l’Europe, avec le problème de soutenabilité de la dette italienne ? Ou du fait qu’on verra d’un seul coup des entreprises, des start-up trop endettées ? » Pour Ricardo Reis, professeur d’économie à LSE, « si l’inflation persiste, nous devrions nous inquiéter car elle pourrait ébranler le succès de l’euro ».

Paradoxalement, le fait que nous nous étions déshabitués de l’inflation pourrait jouer en notre faveur. « A cause de leur expérience prolongée d’une inflation faible et stable, les individus ont peu de chances d’augmenter brusquement et radicalement leurs anticipations d’inflation à long terme, s’ils n’ont pas réellement traversé une longue période de forte inflation », observe Stefan Nagel, professeur de finance à l’école de management de l’Université de Chicago, auteur d’une étude sur le sujet. L’inflation, pour la minimiser, mieux vaut ne pas trop y penser.

Santé économique : comment soigner la maladie de l’inflation

Santé économique : comment soigner la maladie de l’inflation

 

 

Un papier de l’Opinion explique comment s’accommoder de l’inflation qui a changé de visage; comme pour la pandémie, un nouveau « variant » qui affecte le contexte socio-économique.

Le taux d’inflation dans la zone euro a atteint 5 % sur un an en décembre, son plus haut niveau historique, a confirmé jeudi Eurostat. L’énergie représente la moitié de la hausse. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a déclaré que la hausse des prix devrait se stabiliser puis baisser courant 2022. En France, la prime inflation de 100 euros sera versée à 3,04 millions d’allocataires de la CAF à partir de ce jeudi.

Comment se réhabituer à vivre avec l’inflation ? Nous l’avions oubliée ces trente dernières années. En décembre, elle a atteint 5 % en glissement annuel dans la zone euro, avec 6,5 % en Espagne, 5,7 % en Allemagne et 2,8 % en France. Aux Etats-Unis, elle caracole à 7 %. Dans l’Hexagone, la hausse des prix de l’énergie et des matières premières se propage désormais aux produits industriels et alimentaires. « On ressort certains outils de la naphtaline, comme les équations qui permettent de passer des prix de production aux prix à la consommation, ou même les équations d’évolution des salaires, auxquelles plus personne ne s’intéressait vraiment », sourit Jean-Luc Tavernier, directeur général de l’Insee.

« C’est sûr qu’on ne reviendra pas rapidement au problème de l’inflation trop basse, à 1%, que l’on avait depuis dix ans », dit Philippe Martin, président du Conseil d’analyse économique (CAE). « Nous sommes sans doute en train de changer d’époque », indique Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes. Tout le monde est concerné : salariés, fonctionnaires, retraités, bénéficiaires de prestations sociales, gouvernements, finances publiques, épargnants et banques centrales… Que va-t-on se (re)mettre à faire ?

1. Négocier les salaires

Avec une inflation entre 0 et 1 %, même si votre salaire stagne, vous ne perdez pas beaucoup de pouvoir d’achat. Lorsque les prix à la consommation augmentent de près de 3 %, c’est une autre histoire. Selon la Banque de France, d’ici à 2023 « les hausses de prix se transmettraient de façon partielle aux salaires, et réciproquement ». Mais gare à ce que les salaires n’augmentent pas plus vite que chez nos voisins européens, sinon nous perdrions en compétitivité. Nous ne pouvons plus dévaluer notre monnaie comme dans les années 1970-1980.

« Un pays comme la France, avec un déficit commercial dans une zone monétaire unique, doit faire attention à ne pas avoir une inflation supérieure à celle de la zone euro – elle aurait même intérêt à une inflation plus basse, souligne la chef-économiste du Trésor, Agnès Benassy-Quéré. A la veille de la pandémie de Covid, le coût du travail dans l’industrie en France était repassé sous celui de l’Allemagne. Il faut faire attention à ne pas perdre cet acquis avec des salaires qui dérapent ». Or, comme la France a un taux de chômage élevé, « on peut s’attendre à moins de tensions sur les salaires que dans d’autres pays avec des pénuries de main-d’œuvre plus importantes comme l’Allemagne et les Pays-Bas », ajoute l’experte.

Le sujet se posera aussi pour les fonctionnaires. Le point d’indice de la fonction publique est gelé depuis plusieurs années, le gouvernement préférant des augmentations ciblées sur les plus bas salaires, les soignants… Or ces gestes risquent d’être vite effacés par l’inflation. « L’Etat se fait fort de dire aux entreprises d’augmenter les salaires, mais pourquoi ne le fait-il pas comme employeur ? interroge un membre de la haute administration. Avec 1 % d’inflation ou moins chaque année, les syndicats ne mobilisent pas les foules en disant “protégez-nous de l’inflation”, mais avec 3 % d’inflation, le sujet devrait devenir explosif ».

« L’Etat devra certainement rehausser certains salaires de fonctionnaires, mais ce serait une erreur de tout réindexer sur l’inflation de manière automatique, car il ne faut pas qu’une boucle prix-salaires s’enclenche et nous fasse perdre le contrôle de l’inflation », estime Philipe Martin. L’augmentation de 1 % du point d’indice pour tous les fonctionnaires coûterait 2 milliards d’euros, estimait le gouvernement l’année dernière.

2. Revaloriser ou désindexer les prestations sociales

D’autres dépenses publiques augmenteront de pair avec l’inflation. « Il faut s’attendre à ce que les minima sociaux, les pensions de retraite et les salaires augmentent en moyenne au même rythme que les prix à la consommation », prévient Agnès Benassy-Quéré. En janvier ont été revalorisés automatiquement le smic, le minimum vieillesse, les retraites de base, les retraites complémentaires, l’allocation pour congé de proches aidants. En février, le taux de rémunération du livret A doublera à 1%. En avril augmenteront les prestations familiales, le RSA, l’allocation adulte handicapé (AAH), la prime d’activité, les pensions d’invalidité. En juillet seront discutées les allocations-chômage, en octobre grimperont les aides au logement, puis en novembre les retraites Agirc-Arrco. Le chiffrage qui circule à Bercy est qu’un point d’inflation ajoute 1,5 milliard d’euros de prestations sociales (retraites, prestations familiales, arrêts maladie, hors minima sociaux et APL).

 

La majorité de ces revalorisations est définie dans la loi, mais le gouvernement peut, dans chaque budget annuel, décider d’exceptions. En 2019, il avait ainsi désindexé de l’inflation plusieurs prestations sociales pour privilégier des revalorisations exceptionnelles de la prime d’activité, de l’AAH et du minimum vieillesse. Il pourrait y avoir la tentation de faire de même ces prochaines années. « C’est une méthode classique, bête et méchante pour réaliser des économies, au détriment du pouvoir d’achat », explique un haut fonctionnaire. Mais la consolidation budgétaire n’est pas à l’ordre du jour : les taux sont bas, les règles européennes sont mises entre parenthèses.

Pour les finances publiques, l’inflation peut sembler un avantage à court terme, car au début, les recettes (comme à la TVA) augmentent plus vite que les dépenses, et on rembourse ses emprunts plus rapidement. Mais ensuite, dépenses et taux remontent. « La tension sur les prix montre que les effets d’aubaine sur les taux d’intérêt ne peuvent absolument pas dispenser la sphère publique du retour à une trajectoire soutenable pour maîtriser la dépense et l’endettement », avertit Pierre Moscovici.

3. Comparer les prix

Le chiffre d’une inflation à 1 %, 2 % ou 3 % regroupe des millions de produits et des centaines de secteurs où les prix varient tout le temps. « Quand il y a davantage d’inflation, il y a plus de variabilité entre les produits, donc il y a un retour sur investissement pour les consommateurs qui passent du temps à comparer les prix, à chercher des produits moins chers », remarque Xavier Jaravel, professeur d’économie à la London School of Economics (LSE). Mais pour le moment, le comparateur de prix Idealo ne voit pas d’augmentation de trafic. C’est l’année 2020 jalonnée de confinements qui a explosé les records de fréquentation de son site. Les entreprises aussi vont porter plus d’attention aux prix de leurs concurrents, pour s’ajuster en permanence.

4. Epargner différemment

« Comment vivre avec l’inflation ? En arrêtant de mettre de l’argent sur son livret A, pour le placer sur des produits protégés contre l’inflation, comme la Bourse ou l’immobilier » résume Xavier Jaravel. Avec près de 3 % d’inflation en France, l’argent qui dort sur un compte courant ou un livret A permet chaque jour d’acheter moins de choses.

5. Eviter une crise financière

« Les banques centrales sont l’acteur le plus embarrassé par le retour de l’inflation, souligne Philippe Martin. Il y a beaucoup d’incertitudes sur la dynamique d’inflation des deux années prochaines. On ne peut pas exclure des mécanismes où chacun anticipe que les prix augmentent, donc tout le monde demande des salaires plus élevés, et les entreprises augmentent leurs prix car elles anticipent que leurs concurrents vont le faire. Or si les banques centrales craignent de perdre le contrôle de l’inflation, elles vont appuyer sur le frein – la Réserve fédérale américaine (Fed) commence à le faire. Mais le problème est de ne pas le faire trop brusquement, car alors beaucoup d’entreprises, de ménages et d’Etats verront leurs coûts d’emprunt augmenter très rapidement, et c’est la recette d’une crise financière. Viendra-t-elle des pays émergents, dont la dette s’apprécie en dollars ? Ou de l’Europe, avec le problème de soutenabilité de la dette italienne ? Ou du fait qu’on verra d’un seul coup des entreprises, des start-up trop endettées ? » Pour Ricardo Reis, professeur d’économie à LSE, « si l’inflation persiste, nous devrions nous inquiéter car elle pourrait ébranler le succès de l’euro ».

Paradoxalement, le fait que nous nous étions déshabitués de l’inflation pourrait jouer en notre faveur. « A cause de leur expérience prolongée d’une inflation faible et stable, les individus ont peu de chances d’augmenter brusquement et radicalement leurs anticipations d’inflation à long terme, s’ils n’ont pas réellement traversé une longue période de forte inflation », observe Stefan Nagel, professeur de finance à l’école de management de l’Université de Chicago, auteur d’une étude sur le sujet. L’inflation, pour la minimiser, mieux vaut ne pas trop y penser.

Maladie de l’inflation : un nouveau variant !

Maladie de l’inflation : un nouveau variant !

 

Un papier de l’Opinion explique comment s’accommoder de l’inflation qui a changé de visage; comme pour la pandémie, un nouveau « variant » qui affecte le contexte socio-économique.

Le taux d’inflation dans la zone euro a atteint 5 % sur un an en décembre, son plus haut niveau historique, a confirmé jeudi Eurostat. L’énergie représente la moitié de la hausse. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a déclaré que la hausse des prix devrait se stabiliser puis baisser courant 2022. En France, la prime inflation de 100 euros sera versée à 3,04 millions d’allocataires de la CAF à partir de ce jeudi.

Comment se réhabituer à vivre avec l’inflation ? Nous l’avions oubliée ces trente dernières années. En décembre, elle a atteint 5 % en glissement annuel dans la zone euro, avec 6,5 % en Espagne, 5,7 % en Allemagne et 2,8 % en France. Aux Etats-Unis, elle caracole à 7 %. Dans l’Hexagone, la hausse des prix de l’énergie et des matières premières se propage désormais aux produits industriels et alimentaires. « On ressort certains outils de la naphtaline, comme les équations qui permettent de passer des prix de production aux prix à la consommation, ou même les équations d’évolution des salaires, auxquelles plus personne ne s’intéressait vraiment », sourit Jean-Luc Tavernier, directeur général de l’Insee.

« C’est sûr qu’on ne reviendra pas rapidement au problème de l’inflation trop basse, à 1%, que l’on avait depuis dix ans », dit Philippe Martin, président du Conseil d’analyse économique (CAE). « Nous sommes sans doute en train de changer d’époque », indique Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes. Tout le monde est concerné : salariés, fonctionnaires, retraités, bénéficiaires de prestations sociales, gouvernements, finances publiques, épargnants et banques centrales… Que va-t-on se (re)mettre à faire ?

1. Négocier les salaires

Avec une inflation entre 0 et 1 %, même si votre salaire stagne, vous ne perdez pas beaucoup de pouvoir d’achat. Lorsque les prix à la consommation augmentent de près de 3 %, c’est une autre histoire. Selon la Banque de France, d’ici à 2023 « les hausses de prix se transmettraient de façon partielle aux salaires, et réciproquement ». Mais gare à ce que les salaires n’augmentent pas plus vite que chez nos voisins européens, sinon nous perdrions en compétitivité. Nous ne pouvons plus dévaluer notre monnaie comme dans les années 1970-1980.

« Un pays comme la France, avec un déficit commercial dans une zone monétaire unique, doit faire attention à ne pas avoir une inflation supérieure à celle de la zone euro – elle aurait même intérêt à une inflation plus basse, souligne la chef-économiste du Trésor, Agnès Benassy-Quéré. A la veille de la pandémie de Covid, le coût du travail dans l’industrie en France était repassé sous celui de l’Allemagne. Il faut faire attention à ne pas perdre cet acquis avec des salaires qui dérapent ». Or, comme la France a un taux de chômage élevé, « on peut s’attendre à moins de tensions sur les salaires que dans d’autres pays avec des pénuries de main-d’œuvre plus importantes comme l’Allemagne et les Pays-Bas », ajoute l’experte.

Le sujet se posera aussi pour les fonctionnaires. Le point d’indice de la fonction publique est gelé depuis plusieurs années, le gouvernement préférant des augmentations ciblées sur les plus bas salaires, les soignants… Or ces gestes risquent d’être vite effacés par l’inflation. « L’Etat se fait fort de dire aux entreprises d’augmenter les salaires, mais pourquoi ne le fait-il pas comme employeur ? interroge un membre de la haute administration. Avec 1 % d’inflation ou moins chaque année, les syndicats ne mobilisent pas les foules en disant “protégez-nous de l’inflation”, mais avec 3 % d’inflation, le sujet devrait devenir explosif ».

« L’Etat devra certainement rehausser certains salaires de fonctionnaires, mais ce serait une erreur de tout réindexer sur l’inflation de manière automatique, car il ne faut pas qu’une boucle prix-salaires s’enclenche et nous fasse perdre le contrôle de l’inflation », estime Philipe Martin. L’augmentation de 1 % du point d’indice pour tous les fonctionnaires coûterait 2 milliards d’euros, estimait le gouvernement l’année dernière.

2. Revaloriser ou désindexer les prestations sociales

D’autres dépenses publiques augmenteront de pair avec l’inflation. « Il faut s’attendre à ce que les minima sociaux, les pensions de retraite et les salaires augmentent en moyenne au même rythme que les prix à la consommation », prévient Agnès Benassy-Quéré. En janvier ont été revalorisés automatiquement le smic, le minimum vieillesse, les retraites de base, les retraites complémentaires, l’allocation pour congé de proches aidants. En février, le taux de rémunération du livret A doublera à 1%. En avril augmenteront les prestations familiales, le RSA, l’allocation adulte handicapé (AAH), la prime d’activité, les pensions d’invalidité. En juillet seront discutées les allocations-chômage, en octobre grimperont les aides au logement, puis en novembre les retraites Agirc-Arrco. Le chiffrage qui circule à Bercy est qu’un point d’inflation ajoute 1,5 milliard d’euros de prestations sociales (retraites, prestations familiales, arrêts maladie, hors minima sociaux et APL).

La majorité de ces revalorisations est définie dans la loi, mais le gouvernement peut, dans chaque budget annuel, décider d’exceptions. En 2019, il avait ainsi désindexé de l’inflation plusieurs prestations sociales pour privilégier des revalorisations exceptionnelles de la prime d’activité, de l’AAH et du minimum vieillesse. Il pourrait y avoir la tentation de faire de même ces prochaines années. « C’est une méthode classique, bête et méchante pour réaliser des économies, au détriment du pouvoir d’achat », explique un haut fonctionnaire. Mais la consolidation budgétaire n’est pas à l’ordre du jour : les taux sont bas, les règles européennes sont mises entre parenthèses.

Pour les finances publiques, l’inflation peut sembler un avantage à court terme, car au début, les recettes (comme à la TVA) augmentent plus vite que les dépenses, et on rembourse ses emprunts plus rapidement. Mais ensuite, dépenses et taux remontent. « La tension sur les prix montre que les effets d’aubaine sur les taux d’intérêt ne peuvent absolument pas dispenser la sphère publique du retour à une trajectoire soutenable pour maîtriser la dépense et l’endettement », avertit Pierre Moscovici.

3. Comparer les prix

Le chiffre d’une inflation à 1 %, 2 % ou 3 % regroupe des millions de produits et des centaines de secteurs où les prix varient tout le temps. « Quand il y a davantage d’inflation, il y a plus de variabilité entre les produits, donc il y a un retour sur investissement pour les consommateurs qui passent du temps à comparer les prix, à chercher des produits moins chers », remarque Xavier Jaravel, professeur d’économie à la London School of Economics (LSE). Mais pour le moment, le comparateur de prix Idealo ne voit pas d’augmentation de trafic. C’est l’année 2020 jalonnée de confinements qui a explosé les records de fréquentation de son site. Les entreprises aussi vont porter plus d’attention aux prix de leurs concurrents, pour s’ajuster en permanence.

4. Epargner différemment

« Comment vivre avec l’inflation ? En arrêtant de mettre de l’argent sur son livret A, pour le placer sur des produits protégés contre l’inflation, comme la Bourse ou l’immobilier » résume Xavier Jaravel. Avec près de 3 % d’inflation en France, l’argent qui dort sur un compte courant ou un livret A permet chaque jour d’acheter moins de choses.

5. Eviter une crise financière

« Les banques centrales sont l’acteur le plus embarrassé par le retour de l’inflation, souligne Philippe Martin. Il y a beaucoup d’incertitudes sur la dynamique d’inflation des deux années prochaines. On ne peut pas exclure des mécanismes où chacun anticipe que les prix augmentent, donc tout le monde demande des salaires plus élevés, et les entreprises augmentent leurs prix car elles anticipent que leurs concurrents vont le faire. Or si les banques centrales craignent de perdre le contrôle de l’inflation, elles vont appuyer sur le frein – la Réserve fédérale américaine (Fed) commence à le faire. Mais le problème est de ne pas le faire trop brusquement, car alors beaucoup d’entreprises, de ménages et d’Etats verront leurs coûts d’emprunt augmenter très rapidement, et c’est la recette d’une crise financière. Viendra-t-elle des pays émergents, dont la dette s’apprécie en dollars ? Ou de l’Europe, avec le problème de soutenabilité de la dette italienne ? Ou du fait qu’on verra d’un seul coup des entreprises, des start-up trop endettées ? » Pour Ricardo Reis, professeur d’économie à LSE, « si l’inflation persiste, nous devrions nous inquiéter car elle pourrait ébranler le succès de l’euro ».

Paradoxalement, le fait que nous nous étions déshabitués de l’inflation pourrait jouer en notre faveur. « A cause de leur expérience prolongée d’une inflation faible et stable, les individus ont peu de chances d’augmenter brusquement et radicalement leurs anticipations d’inflation à long terme, s’ils n’ont pas réellement traversé une longue période de forte inflation », observe Stefan Nagel, professeur de finance à l’école de management de l’Université de Chicago, auteur d’une étude sur le sujet. L’inflation, pour la minimiser, mieux vaut ne pas trop y penser.

Contenir l’inflation autour de 2% : un vœu pieux

Contenir l’inflation autour de 2% : un vœu pieux

la BCE et la banque de France auraient pour objectif de contenir l’inflation autour de 2 %. Un vœu pieux dans la mesure où l’inflation a déjà marqué de façon considérable la conjoncture économique avec une hausse en moyenne des prix à la consommation de 5 %. Une hausse de 2021 qui va évidemment peser sur 2022. La prévision d’ailleurs très théorique est une inflation à 2,6 % supplémentaires pour 2022 .

La hausse des prix à la consommation a atteint 5% sur un an au mois de décembre dans la zone euro, son niveau le plus élevé depuis 25 ans, donc depuis le lancement de la monnaie unique. En France, cette hausse n’a atteint que 2,8% sur un an en décembre, comme en novembre, ce qui est le taux le plus élevé depuis 2008. Une sorte de miracle cependant que personne n’explique et qui est surtout due à un biais méthodologique de l’indice INSEE devenu obsolète avec la modification structurelle de la consommation en France et la sous-estimation de certaines dépenses ( logement, et dépenses contraintes notamment).

Cet objectif très théorique de contenir l’inflation autour de 2 % vise évidemment à influencer la réévaluation des revenus du travail et de l’épargne. Pour la BCE comme pour la banque de France, il s’agit de convaincre que l’inflation ne s’est envolée que de manière assez transitoire et qu’il n’est donc pas nécessaire de réajuster le pouvoir d’achat.

La peur de l’inflation monte à la BCE

La peur de l’inflation monte à la BCE

 

Une membre du directoire de la Banque centrale européenne s’interroge sur une éventuelle action de l’institution du fait de la persistance future de prix élevés de l’énergie due à la hausse des taxes carbone prévue dans le Green Deal européen, note Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».

 

Comme le disait justement l’humoriste Pierre Dac, les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir. Les économistes, comme les météorologues, à qui l’on demande des prédictions, sont donc condamnés à se tromper régulièrement, ce qui n’est jamais agréable pour un scientifique. L’économie est un art de la rhétorique et du changement de pied, une pensée toujours en mouvement.

Témoin les cogitations des banques centrales sur l’inflation. Face au dérapage actuel, doit-on refroidir l’économie en remontant les taux d’intérêt ? C’est l’option choisie par la Réserve fédérale américaine face à une inflation qui dépasse 6 % aux Etats-Unis. C’est également la question que se pose la Banque centrale européenne (BCE), elle aussi confrontée à une résurgence de la hausse des prix. Ceux-ci ont crû de 5 % en décembre 2021, portés par le choc énergétique des prix du gaz et de l’électricité.

Jusqu’à présent, l’institution de Francfort, qui a sauvé l’Europe de la récession durant la pandémie de Covid-19 en inondant les dix-neuf pays membres de la zone euro d’argent gratuit, n’entend pas changer de politique. Mais son inquiétude transpire de plus en plus.

Deux scénarios

L’économiste allemande Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, en a apporté la démonstration, samedi 8 janvier, dans une courte et brillante intervention à l’Association américaine d’économie. Selon elle, deux scénarios d’évolution des prix s’offrent à nous.

Le premier est une transmission classique de la hausse des prix de l’énergie aux autres secteurs de l’économie, conduisant à l’augmentation des salaires. Ce risque semble, à l’en croire, maîtrisé en Europe et l’on peut anticiper raisonnablement que les tensions sur le gaz et le pétrole devraient se relâcher.

Cependant, le deuxième scénario, qui prend de la vigueur, est celui d’un maintien de prix très élevés de l’énergie du fait des engagements européens en matière de lutte contre le changement climatique. La taxe carbone, dont l’extension est programmée dans le cadre du Green Deal de la Commission européenne, aurait un effet inflationniste certain, même si ces taxes ont un impact positif sur la croissance, « poussant la BCE à agir pour maintenir la stabilité des prix ». On ne peut pas être plus clair.

« L’inflation va baisser »: la méthode Coué de la BCE

« L’inflation va baisser »:  la méthode Coué de la BCE

Isabel Schnabel, une des six membres du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), continue à penser que l’inflation baissera progressivement vers la fin de 2022, tout en soulignant que « l’incertitude est exceptionnellement élevée ».( Le Monde)

Une réflexion discutable qui utilise la méthode Coué et qui oublie que précisément c’est après la dépression des premières vagues sanitaires que l’inflation s’est envolée du faîte des dysfonctionnements des chaînes logistiques.NDLR

Entre le rebond économique, très rapide, et la nouvelle vague pandémique, la situation est difficilement lisible. Comment la voyez-vous ?

L’incertitude est effectivement très élevée, comme elle l’est depuis le début de la pandémie de Covid-19. D’une manière générale, je pense que la reprise se poursuit. Mais, en raison de la nouvelle vague d’infections et du nouveau variant, nous observons des vents contraires à court terme. Nous prévoyons désormais une activité économique plus faible au quatrième trimestre et jusqu’au début de 2022. Mais nous envisageons un rebond plus fort par la suite. Il s’agit simplement d’un décalage dans le temps, phénomène souvent observé pendant la pandémie. Les ménages de la zone euro ont accumulé une épargne importante, qui soutient la reprise. Nous ne pensons pas que la reprise va dérailler, mais qu’elle sera retardée.

L’inflation atteint 4,9 % dans la zone euro, 6 % en Allemagne, plus de 9 % dans certains pays baltes. Etes-vous inquiète ?

Ces chiffres élevés sont liés à la situation spécifique due à la pandémie. Au moment de la réouverture de l’économie, il y a eu un fort rebond de la demande. L’offre n’a pas pu y répondre assez rapidement, en partie à cause des restrictions sanitaires. Cela a entraîné de nombreuses perturbations de la chaîne d’approvisionnement et une hausse des prix des produits de base, en particulier des prix de l’énergie. Ce phénomène a été amplifié par différents effets statistiques, parce que nous comparons les prix d’aujourd’hui à ceux d’il y a un an, au milieu de la pandémie, qui s’étaient effondrés. Cela fausse un peu le tableau.

Zone euro – hausse de l’inflation du statut de temporaire à définitif ( BCE)

Zone euro - hausse de l’inflation du statut de temporaire à définitif ( BCE)

Changement de doctrine notoire de la part de la banque centrale européenne qui pour justifier le non relèvement des taux d’intérêt a longtemps considéré que la hausse de l’inflation en Europe n’avait qu’un caractère très transitoire. Progressivement d’ailleurs, tous les experts y compris ceux de la banque fédérale américaine adhèrent à l’idée que le transitoire va devenir définitif. Bref, qu’il fera même prévoir encore une inflation significative en 2022. Ainsi la banque centrale européenne qui prévoit une une inflation de 5 % en 2021 estimes que la hausse des prix va encore être au-dessus de 3 % en 2022 et espère un ralentissement ensuite.

De toute manière la banque centrale américaine comme la banque d’Angleterre ont d’ores et déjà prévus non seulement de réduire sérieusement le programme de rachat d’actifs mais aussi de procéder à un réajustement progressif des taux d’intérêt (3 fois  1/4 de points aux États-Unis en 2022.

Des pronostics qui toutefois pourraient être remis en question en raison de l’influence de la crise sanitaire qui pourrait remettre en cause une partie de la croissance et modifier l’équilibre offre.

Ces projections de la banque centrale européenne restent donc sujette à caution, ne serait-ce qu’à cause de l’incertitude entourant la pandémie de coronavirus, a indiqué  Luis de Guindos, Vice-président de la BCE.

Pour AXA : « L’inflation est de retour, c’est un fait !

Pour AXA : « L’inflation est de retour, c’est un fait !

Un des patrons les plus importants de France, celui d’Axa contredi dans les Echos t l’analyse de nombre d’experts qui affirment que l’inflation n’est que temporaire. Pour le patron d’AXA, l’inflation actuelle revêt pour l’essentiel un caractère structurel, lié notamment aux tensions sur le marché du travail. Le patron franco-allemand se réjouit de la priorité donnée à l’Europe par le nouveau gouvernement allemand, mais prévient que les discussions ne seront pas simples avec la France pour autant.

Quel regard portez-vous sur les changements politiques qui viennent d’avoir lieu en Allemagne ? La nouvelle coalition au pouvoir dans votre pays d’origine va-t-elle rompre avec l’ère Merkel ?

Je ne le crois pas. Les Allemands ont voté en faveur d’une certaine continuité. Ils considèrent qu’Olaf Scholz, le nouveau chancelier, incarne la posture et les positions d’Angela Merkel. Mais le programme de la coalition est tourné aussi vers l’avenir. Il s’empare de beaucoup de sujets importants, dont celui des investissements dans les infrastructures, le développement du « digital » et de la formation, ainsi que la question clé de l’adaptation du pays aux changements climatiques, avec l’ambition de sortir du charbon idéalement en 2030. Reste maintenant à déterminer comment tout cela va être financé.

L’inflation durable…..avec bouclage salaire- prix

L’inflation durable…..avec  bouclage salaire- prix

  •  L’analyse de deux économistes,  Frédéric Pretet, co-directeur de la recherche macroéconomique chez BNP et na Boata, directrice de la recherche économique chez Euler Hermes qui repose essentiellement sur l’hypothèse qu’il il n’y aura pas de bouclage salaire prix. (L’opinion).

Un bouclage qui semble cependant se profiler d’après l’INSEE. Eneffet Du côté des rémunérations, le salaire moyen par tête (SMPT) Le SMPT est désormais supérieur de 3,1 % à son niveau de fin 2019. En comparaison, les prix à la consommation (hors tabac) de l’ensemble des ménages augmentent de 0,5 % ce trimestre et de 1,5 % par rapport à la fin 2019. . La masse salariale soumise à cotisations sociales poursuit elle aussi sa hausse au troisième trimestre 2021 : + 3,8 % après + 2,2 %. NDLR

«Mieux vaut garder son sang froid s ur ce sujet très sensible de l’inflation, temporisait le ministre de l’Economie Bruno Le Maire la semaine dernière au Sénat. Mieux vaut une analyse lucide que d’exagérer la gravité de la situation.» + 6,2 % en octobre aux Etats-Unis, + 4,5 % en Allemagne, + 4,1 % dans la zone euro, + 2,6 % en France… Annoncées comme temporaires, ces hausses de prix pourraient s’installer dans la durée. «Nous considérons que l’inflation mérite toute notre vigilance», assurait encore Bruno Le Maire le 16 novembre à l’Assemblée.

«On était dans une phase de très forte dépression ou en tout cas de contraction de l’activité l’an dernier puisqu’on a fait – 3 % de croissance au niveau mondial», rappelle Frédéric Pretet, co-directeur de la recherche macroéconomique chez BNP Paribas Exane. «Et puis on a vu une reprise qui est beaucoup plus forte qu’attendue parce qu’on a mis énormément de stimulations pour rebondir. La stimulation monétaire avec des taux d’intérêt qui ont fortement baissé, la stimulation budgétaire avec des plans de soutien à l’économie, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, qui ont été massifs et sans précédent. Donc on a rebondi beaucoup plus fort que ce qu’on anticipait avec des prévisions qui, celles du FMI dernièrement, montrent des croissances mondiales autour de 6 %. Ce sont quand même des chiffres qui sont assez impressionnants, qui se poursuivent, autour de 5 % encore l’année prochaine.»

«Donc dès qu’on a une reprise cyclique, on a déjà des tensions sur tout ce qui est prix des matières premières. Dans la hausse de l’inflation qu’on voit dans l’ensemble des économies, il y a quand même une grosse composante prix des matières premières, prix des matières énergétiques (prix du baril, etc.) qui pèsent pour beaucoup dans cette hausse de l’inflation.»

Ce retour de l’inflation qui reflète le dynamisme de l’économie est plutôt une bonne nouvelle. «Quelque part c’est naturel et c’est une bonne nouvelle d’avoir une accélération d’inflation après une longue période où on avait des craintes de déflation», complète Ana Boata, directrice de la recherche économique chez Euler Hermes.

Une bonne nouvelle, mais pas que… «La mauvaise c’est qu’on a un choc d’offre qu’on ne peut pas tout à fait régler tout de suite», ajoute ana Boata. «Il y a une partie aussi mauvaise nouvelle qui est celle d’une accélération assez rapide», ajoute Frédéric Pretet. «Et puis, il y a une partie de cette inflation qui vient de cette hausse des prix de l’énergie. Et nous, en tant que pays consommateur, ce n’est jamais une très bonne nouvelle de ce côté-ci puisque ça veut dire qu’on vient attaquer notre pouvoir d’achat de façon un peu subie. Et là-dessus, on peut dire que c’est la partie inflationniste qui est plutôt la mauvaise nouvelle qui rend la situation un peu plus périlleuse.»

«Notre évaluation est que l’inflation est temporaire», affirmait le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, en présentant au Sénat le projet de budget pour 2022 le 18 novembre. C’est également ce qu’anticipent ces deux spécialistes : «L’inflation, certes, va encore accélérer, le pire n’est pas derrière nous», selon Ana Boata. «Mais on voit qu’en fait on est dans une dynamique, en sortie de crise, avec cette conjonction de facteurs qui fait que l’accélération est certes plus élevée qu’attendue mais encore une fois, elle devrait ralentir fin 2022 pour se rapprocher de la cible de 2 %. On pourra rester encore légèrement au-dessus de 2 %. Mais en tout cas on n’aura pas un phénomène d’hyperinflation.»

Pour Frédéric Pretet, «on est plutôt dans une situation conjoncturelle. Mais c’est vrai qu’on a quand même le sentiment que l’inflation s’est installée sur un sentier de croissance qui est sans doute un petit peu plus élevé que ce qu’on avait eu l’habitude de connaître sur les dix dernières années». «Effectivement il peut y avoir un côté structurel si, par exemple, on voit une boucle prix-salaires qui s’installe. Ce qui n’est pas vraiment notre scénario», nuance Ana Boata.

A quelques mois de l’élection présidentielle, le gouvernement craint que l’inflation ampute le pouvoir d’achat. Bruno Le Maire assure prendre «la question de la hausse des prix, avec le Premier ministre, très au sérieux». Car en s’installant durablement, ces augmentations pourraient conduire à un cercle vicieux qui peut nourrir lui-même l’inflation.

«Si cette inflation devient trop rapide, trop forte, trop longtemps, ça peut créer un déplacement dans les anticipations d’inflation et donc du coup des revendications salariales qui s’amplifient de plus en plus, qui viennent perturber, je dirais, le bon fonctionnement des entreprises, leur visibilité sur leurs coûts et donc du coup sur leurs investissements», prévient Frédéric Pretet. «Et donc ça peut créer un choc qui perdure et qui vient attaquer de façon durable aussi la reprise à moyen, long terme. Par rapport à ça, ça voudrait dire qu’on a des banques centrales qui sont quand même, bien sûr, sensibles au risque inflationniste, qui pourraient remonter les taux. Et donc si on remonte les taux, on rajoute aussi au coût pour les entreprises, pour les ménages, pour consommer, pour investir, et c’est là où l’inflation deviendrait une mauvaise nouvelle si ça devait durer trop longtemps et ça entraînerait cette réaction en chaîne de la part des autres agents économiques.»

Si cette hypothèse n’est pas à l’ordre du jour, une éventuelle hausse des taux d’intérêt viendrait tuer dans l’oeuf la reprise économique. «Un resserrement excessif des conditions de financement n’est pas souhaitable et constituerait un obstacle injustifié à la reprise», a déclaré le 15 novembre la présidente de la BCE, Christine Lagarde.

«Venir attaquer, par une hausse des taux d’intérêt, à un moment donné où le cycle de reprise reste quand même sur des niveaux qui sont en-dessous ou pas encore au niveau de ce qu’on avait il y a deux ans, c’est peut-être venir briser, je dirais, le cycle de reprise beaucoup trop tôt», analyse l’économiste Frédéric Pretet.

Une éventuelle hausse des taux viendrait également fragiliser les Etats les plus endettés comme l’Italie, la Grèce ou la France. «Tant que les taux d’intérêt restent bas et que la croissance reste supérieure à ces taux d’intérêt, on est bons, parce que les marchés savent qu’on est dans un scénario de soutenabilité de la dette qui est assurée», temporise Ana Boata.

«Une hausse des taux d’intérêt, bien sûr, c’est un frein pour la politique budgétaire, pour les arbitrages, pour l’investissement», estime par ailleurs Frédéric Pretet. «Le coût de la dette augmente avec la hausse des taux d’intérêt. Si vous avez une hausse des taux d’intérêt aujourd’hui, ça ne se traduirait pas directement tout de suite par une hausse de la charge de la dette à porter puisque, par exemple, pour un pays comme la France, la maturité de la dette est autour de sept ans. Donc, en gros, avant d’avoir un impact significatif de la hausse des taux d’intérêt, il faut laisser presque sept ans s’écouler avant d’avoir cet impact-là sur les finances publiques. Mais il n’empêche, c’est quand même un signal qui est envoyé. Ça veut dire qu’il faut quand même se préparer à une situation qui sera sans doute beaucoup plus compliquée sur le moyen terme. Et donc du coup, pour les politiques budgétaires, même si ça ne vient pas forcément freiner tout de suite les gouvernements, ça leur met quand même une espèce de «warning» je dirais, un avertissement. Et donc du coup ça peut un petit peu les gêner pour mettre en place certaines politiques qu’ils jugent comme importantes.»

L’inflation sera durable…..en cas de bouclage salaire- prix

L’inflation sera  durable…..en cas de bouclage salaire- prix

  •  L’analyse de deux économistes,  Frédéric Pretet, co-directeur de la recherche macroéconomique chez BNP et na Boata, directrice de la recherche économique chez Euler Hermes qui repose essentiellement sur l’hypothèse qu’il il n’y aura pas de bouclage salaire prix. (L’opinion).

«Mieux vaut garder son sang froid s ur ce sujet très sensible de l’inflation, temporisait le ministre de l’Economie Bruno Le Maire la semaine dernière au Sénat. Mieux vaut une analyse lucide que d’exagérer la gravité de la situation.» + 6,2 % en octobre aux Etats-Unis, + 4,5 % en Allemagne, + 4,1 % dans la zone euro, + 2,6 % en France… Annoncées comme temporaires, ces hausses de prix pourraient s’installer dans la durée. «Nous considérons que l’inflation mérite toute notre vigilance», assurait encore Bruno Le Maire le 16 novembre à l’Assemblée.

«On était dans une phase de très forte dépression ou en tout cas de contraction de l’activité l’an dernier puisqu’on a fait – 3 % de croissance au niveau mondial», rappelle Frédéric Pretet, co-directeur de la recherche macroéconomique chez BNP Paribas Exane. «Et puis on a vu une reprise qui est beaucoup plus forte qu’attendue parce qu’on a mis énormément de stimulations pour rebondir. La stimulation monétaire avec des taux d’intérêt qui ont fortement baissé, la stimulation budgétaire avec des plans de soutien à l’économie, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, qui ont été massifs et sans précédent. Donc on a rebondi beaucoup plus fort que ce qu’on anticipait avec des prévisions qui, celles du FMI dernièrement, montrent des croissances mondiales autour de 6 %. Ce sont quand même des chiffres qui sont assez impressionnants, qui se poursuivent, autour de 5 % encore l’année prochaine.»

«Donc dès qu’on a une reprise cyclique, on a déjà des tensions sur tout ce qui est prix des matières premières. Dans la hausse de l’inflation qu’on voit dans l’ensemble des économies, il y a quand même une grosse composante prix des matières premières, prix des matières énergétiques (prix du baril, etc.) qui pèsent pour beaucoup dans cette hausse de l’inflation.»

Ce retour de l’inflation qui reflète le dynamisme de l’économie est plutôt une bonne nouvelle. «Quelque part c’est naturel et c’est une bonne nouvelle d’avoir une accélération d’inflation après une longue période où on avait des craintes de déflation», complète Ana Boata, directrice de la recherche économique chez Euler Hermes.

Une bonne nouvelle, mais pas que… «La mauvaise c’est qu’on a un choc d’offre qu’on ne peut pas tout à fait régler tout de suite», ajoute ana Boata. «Il y a une partie aussi mauvaise nouvelle qui est celle d’une accélération assez rapide», ajoute Frédéric Pretet. «Et puis, il y a une partie de cette inflation qui vient de cette hausse des prix de l’énergie. Et nous, en tant que pays consommateur, ce n’est jamais une très bonne nouvelle de ce côté-ci puisque ça veut dire qu’on vient attaquer notre pouvoir d’achat de façon un peu subie. Et là-dessus, on peut dire que c’est la partie inflationniste qui est plutôt la mauvaise nouvelle qui rend la situation un peu plus périlleuse.»

«Notre évaluation est que l’inflation est temporaire», affirmait le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, en présentant au Sénat le projet de budget pour 2022 le 18 novembre. C’est également ce qu’anticipent ces deux spécialistes : «L’inflation, certes, va encore accélérer, le pire n’est pas derrière nous», selon Ana Boata. «Mais on voit qu’en fait on est dans une dynamique, en sortie de crise, avec cette conjonction de facteurs qui fait que l’accélération est certes plus élevée qu’attendue mais encore une fois, elle devrait ralentir fin 2022 pour se rapprocher de la cible de 2 %. On pourra rester encore légèrement au-dessus de 2 %. Mais en tout cas on n’aura pas un phénomène d’hyperinflation.»

Pour Frédéric Pretet, «on est plutôt dans une situation conjoncturelle. Mais c’est vrai qu’on a quand même le sentiment que l’inflation s’est installée sur un sentier de croissance qui est sans doute un petit peu plus élevé que ce qu’on avait eu l’habitude de connaître sur les dix dernières années». «Effectivement il peut y avoir un côté structurel si, par exemple, on voit une boucle prix-salaires qui s’installe. Ce qui n’est pas vraiment notre scénario», nuance Ana Boata.

A quelques mois de l’élection présidentielle, le gouvernement craint que l’inflation ampute le pouvoir d’achat. Bruno Le Maire assure prendre «la question de la hausse des prix, avec le Premier ministre, très au sérieux». Car en s’installant durablement, ces augmentations pourraient conduire à un cercle vicieux qui peut nourrir lui-même l’inflation.

«Si cette inflation devient trop rapide, trop forte, trop longtemps, ça peut créer un déplacement dans les anticipations d’inflation et donc du coup des revendications salariales qui s’amplifient de plus en plus, qui viennent perturber, je dirais, le bon fonctionnement des entreprises, leur visibilité sur leurs coûts et donc du coup sur leurs investissements», prévient Frédéric Pretet. «Et donc ça peut créer un choc qui perdure et qui vient attaquer de façon durable aussi la reprise à moyen, long terme. Par rapport à ça, ça voudrait dire qu’on a des banques centrales qui sont quand même, bien sûr, sensibles au risque inflationniste, qui pourraient remonter les taux. Et donc si on remonte les taux, on rajoute aussi au coût pour les entreprises, pour les ménages, pour consommer, pour investir, et c’est là où l’inflation deviendrait une mauvaise nouvelle si ça devait durer trop longtemps et ça entraînerait cette réaction en chaîne de la part des autres agents économiques.»

Si cette hypothèse n’est pas à l’ordre du jour, une éventuelle hausse des taux d’intérêt viendrait tuer dans l’oeuf la reprise économique. «Un resserrement excessif des conditions de financement n’est pas souhaitable et constituerait un obstacle injustifié à la reprise», a déclaré le 15 novembre la présidente de la BCE, Christine Lagarde.

«Venir attaquer, par une hausse des taux d’intérêt, à un moment donné où le cycle de reprise reste quand même sur des niveaux qui sont en-dessous ou pas encore au niveau de ce qu’on avait il y a deux ans, c’est peut-être venir briser, je dirais, le cycle de reprise beaucoup trop tôt», analyse l’économiste Frédéric Pretet.

Une éventuelle hausse des taux viendrait également fragiliser les Etats les plus endettés comme l’Italie, la Grèce ou la France. «Tant que les taux d’intérêt restent bas et que la croissance reste supérieure à ces taux d’intérêt, on est bons, parce que les marchés savent qu’on est dans un scénario de soutenabilité de la dette qui est assurée», temporise Ana Boata.

«Une hausse des taux d’intérêt, bien sûr, c’est un frein pour la politique budgétaire, pour les arbitrages, pour l’investissement», estime par ailleurs Frédéric Pretet. «Le coût de la dette augmente avec la hausse des taux d’intérêt. Si vous avez une hausse des taux d’intérêt aujourd’hui, ça ne se traduirait pas directement tout de suite par une hausse de la charge de la dette à porter puisque, par exemple, pour un pays comme la France, la maturité de la dette est autour de sept ans. Donc, en gros, avant d’avoir un impact significatif de la hausse des taux d’intérêt, il faut laisser presque sept ans s’écouler avant d’avoir cet impact-là sur les finances publiques. Mais il n’empêche, c’est quand même un signal qui est envoyé. Ça veut dire qu’il faut quand même se préparer à une situation qui sera sans doute beaucoup plus compliquée sur le moyen terme. Et donc du coup, pour les politiques budgétaires, même si ça ne vient pas forcément freiner tout de suite les gouvernements, ça leur met quand même une espèce de «warning» je dirais, un avertissement. Et donc du coup ça peut un petit peu les gêner pour mettre en place certaines politiques qu’ils jugent comme importantes.»

12345



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol