Archive pour le Tag 'L’inflation'

Les droits de douane sont responsables de l’inflation ?

Les droits de douane sont responsables de l’inflation ?

Un article deYuka Hayashi et Josh Zumbrun dans leWall Street Journal qui considère que les droits de douane pèsent de façon défavorable sur l’inflation. Certains économistes affirment au contraire que supprimer les taxes douanières sur le métal et le bois de charpente ne changera pas grand-chose aux prix pour les consommateurs

Economistes et législateurs débattent pour savoir si les dépenses de relance et les politiques monétaires accommodantes alimentent l’inflation. Mais pour de nombreuses entreprises, la liste des coupables ne s’arrête pas là : les droits de douane ont eux aussi leur part de responsabilité.

L’administration Trump a imposé des tarifs douaniers sur des produits comme le bois de charpente, l’acier et les semi-conducteurs afin de protéger les entreprises américaines d’un excès de produits importés de Chine ou d’ailleurs.

Ces droits de douane ont longtemps été vus d’un mauvais œil par les entreprises américaines qui importent ces produits et paient ces taxes. Celles-ci font de nouveau pression sur l’administration Biden pour qu’ils soient levés, en avançant qu’ils accentuent l’augmentation des prix et aggravent la pénurie de produits qui accompagnent la reprise post-pandémie.

« Mon principal fournisseur d’acier m’a infligé 15 augmentations de prix depuis septembre » déplore Scott Buehrer, président de B. Walter & Co., fabricant de produits métalliques de Wabash, dans l’Indiana. « Qu’est-ce qui justifie ces tarifs douaniers alors que les prix de l’acier sont au plus haut ? »

Certains économistes affirment que ces droits de douane n’ont eu que très peu d’effets sur les prix et que leur retrait ne va pas beaucoup contribuer à alléger la tension inflationniste.

L’entreprise de M. Buehrer fait partie des plus de 300 fabricants qui ont écrit à M. Biden le 6 mai pour lui demander la suppression immédiate des droits de douane de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium. L’administration Biden a répondu que la politique douanière était en cours d’étude mais qu’une levée immédiate des droits de douane n’était pas au programme.

Les industriels se plaignent que ces taxes rendent leurs entreprises moins compétitives à une époque où les acheteurs américains, confrontés à une demande intérieure bouillonnante, paient certains produits en acier 40 % plus cher que leurs homologues européens.

M. Buehrer explique qu’il a réduit ses effectifs de 10 % pour réduire ses coûts car les prix de l’acier laminé ont quasiment triplé depuis l’automne dernier. Pourtant, de leur côté les syndicats et le secteur de l’acier exhortent M. Biden à laisser les tarifs douaniers en place, indiquant dans une lettre adressée le 19 mai dernier que cette politique avait permis au secteur « de faire repartir des usines à l’arrêt, de réembaucher des ouvriers au chômage et d’investir dans l’avenir. »

« Les droits de douane sont en place depuis 2018 et il n’y a pas eu de pression inflationniste depuis » avance Roy Houseman, directeur législatif du syndicat United Steelworkers. « Les Etats-Unis ont injecté des billions de dollars dans l’économie pour la relancer. Ça, par contre, ça va forcément exercer une pression inflationniste. »

Les industriels se plaignent que ces taxes rendent leurs entreprises moins compétitives à une époque où les acheteurs américains, confrontés à une demande intérieure bouillonnante, paient certains produits en acier 40 % plus cher que leurs homologues européens

Autre secteur aux prises avec la flambée des prix : la construction de logements.

En mai, les contrats à terme sur les bois de charpente ont dépassé 1 600 $ par mille pieds-planche — ce qui est plus de quatre fois le prix normal pour cette période de l’année. Selon la National Association of Home Builders (NAHB), l’augmentation du prix du bois a ajouté 36 000 $ au coût d’une maison individuelle moyenne.

« Il n’y a aucune logique économique à taxer des biens alors que l’offre nationale n’est pas suffisante » s’agace Robert Dietz, économiste en chef de NAHB. « Les appareils pour la maison, les lave-linge, littéralement la matière première qui sert à construire une maison —les vis et les clous — sont soumis à certains droits de douane sur le métal. »

Les constructeurs immobiliers et les législateurs ont demandé à M. Biden d’éliminer les droits de douane imposés en 2017 sur le bois de sciage résineux du Canada, pomme de discorde entre les producteurs de bois de charpente américains et canadiens depuis plusieurs dizaines d’années.

Au lieu de supprimer les frais de douane, le 21 mai dernier le département du Commerce a annoncé une décision préliminaire de doubler cette taxe en la hissant à 18 %, en se basant sur la conclusion que le bois canadien était fortement subventionné. Les droits de douane resteront au niveau actuel de 9 % jusqu’à ce qu’une décision finale puisse être prise d’ici novembre sur la proposition d’augmentation, a affirmé un représentant du département du Commerce.

Afin d’alléger les tarifs douaniers de l’époque Trump sur un plus vaste éventail d’importations chinoises, en avril, un groupe bipartisan de 40 sénateurs américains a demandé à l’administration Biden de relancer une procédure visant à exempter les importateurs de taxes sur plus de 2 000 produits allant des oreillers aux équipements automobiles. Cette procédure d’exemption, introduite par l’administration Trump, a expiré en décembre et n’a pas été renouvelée.

Lorsque les droits de douane ont été mis en place par l’administration Trump, certains économistes ont averti qu’ils pourraient aiguillonner l’inflation. Il semble qu’ils soient d’accord pour dire que finalement, l’impact a été contenu.

« Comme les tarifs douaniers n’ont pas eu un gros impact sur les prix de vente au départ, je ne crois pas que leur retrait conduira à une pression conséquente à la baisse non plus » explique Andrew Hunter, économiste pour le cabinet de conseil en de recherches économiques Capital Economics.

L’impact modéré s’explique en partie parce que les droits de douane n’affectent que les importations, qui ne constituent généralement qu’une fraction relativement réduite du marché intérieur. Pour l’acier, les importations représentent à peu près un tiers de la demande totale aux Etats-Unis. Et la part des importations taxées est encore plus réduite étant donné que les plus gros exportateurs vers les Etats-Unis — le Canada, le Brésil et le Mexique — en sont exemptés.

Lorsque les droits de douane ont été mis en place par l’administration Trump, certains économistes ont averti qu’ils pourraient aiguillonner l’inflation. Il semble qu’ils soient d’accord pour dire que finalement, l’impact a été contenu

Les prix des biens importés soumis aux droits de douane ont en effet augmenté au départ. Mais de nombreux importateurs ont absorbé une grande partie de cette augmentation plutôt que de la répercuter totalement sur les consommateurs. Parallèlement, les prix de nombreux produits qui n’étaient pas soumis à ces taxes douanières ont baissé, ce qui a contribué à garder le taux d’inflation globale à un niveau plutôt bas.

Pour David Weinstein, économiste à Columbia University, les droits de douane peuvent en réalité faire baisser les prix à long terme.

M. Weinstein et ses collègues ont étudié les variations des attentes inflationnistes des marchés financiers en se basant sur les rendements des marchés obligataires au moment de l’annonce de 11 nouveaux tarifs douaniers par les Etats-Unis et la Chine entre 2018 et 2019.

A leur grande surprise, ils affirment avoir découvert que ces initiatives faisaient baisser les anticipations inflationnistes et que le marché s’attendait à ce que les prix soient environ 1 point de pourcentage inférieur à cinq ans, et 1,3 point plus bas à 10 ans. Les cours des actions ont également baissé.

« Ce que les marchés prédisent, et que nos données suggèrent, c’est que la guerre commerciale aura un impact négatif sur la productivité » dit-il, en faisant référence au coup porté par les tarifs douaniers au fonctionnement des entreprises. « Quand vous freinez la productivité, vous pouvez vous attendre à des impacts conséquents par la suite sur le succès de votre économie, et sur les prix aussi. »

Le Bureau du représentant au commerce des Etats-Unis, qui se livre actuellement à une étude des politiques américaines en matière de taxes douanières, est en train d’analyser l’éventuel impact d’un allègement des tarifs douaniers, entre autres facteurs, sur la pénurie de bois de charpente et d’autres produits, a expliqué Cecilia Rouse, présidente du Conseil économique de la Maison Blanche lors d’un briefing organisé le 18 mai.

Elle a cependant ajouté que la politique commerciale « dépassait largement » le cadre des fluctuations du marché sur le court terme et qu’elle devait s’inscrire dans le contexte plus vaste de la politique globale de Washington.

Traduit à partir de la version originale en anglais par Bérengère Viennot

En Europe, le retour de l’inflation

En Europe, le retour de l’inflation

Partout en Europe comme ailleurs, c’est  le retour de l’inflation. Une inflation qui atteint 2,5 % par exemple en Allemagne sur un an, 1,5 % en Royaume-Uni et pour l’instant la France enregistre seulement 1,7 % en 2021. Pour l’année passée l’inflation avait déjà atteint 2 % en Europe

D’après les experts proches du pouvoir économique, cette inflation ne devrait avoir qu’un caractère provisoire et ne pas influencer les taux d’intérêt très bas. Le seul problème c’est que l’inflation ne dépend pas uniquement des politiques monétaires. En effet les entreprises doivent notamment intégrer la très forte hausse des matières premières et les dysfonctionnements de la chaîne logistique qui renchérit le coût du transport. À noter l’envol des prix aux États-Unis.

L’inflation sur douze mois s’est fortement accélérée, à 4,2% par rapport à avril 2020, contre 2,6% en mars, selon  l’indice des prix à la consommation CPI publié par le département du Travail américain.

L’inflation est de retour

L’inflation est de retour

Bernard Attali note qu’aux Etats-Unis, les prix à la consommation ont augmenté de plus de 4 % en un an. Dans l’industrie, les prix à la production y ont grimpé de 4 % en un an et les tarifs des importations de 5,5 %. Bref, l’inflation est de retour.

Bernard Attali est conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, ancien élève de l’ENA.

 

Tribune

Les économistes en parlent encore peu. Alors parlons-en. L’inflation est de retour (1).

Pour l’heure le glissement des prix sur une base annuelle n’est que de 1,2 % dans l’Hexagone et de 1,6 % dans la zone euro. Mais peu à peu le vieux continent se rapproche des 2 % fixées comme limite pour la Banque centrale européenne dans son action régulatrice.

La tendance est générale. Aux Etats-Unis, les prix à la consommation ont augmenté de plus de 4 % en un an. Dans l’industrie, les prix à la production y ont grimpé de 4 % en un an et les tarifs des importations de 5,5 %. Un record.

Le prix du transport d’un conteneur est un bon révélateur international : il y a un an, entre la Chine et l’Europe, il en coûtait 1 800 dollars [environ 1 500 euros]. Aujourd’hui, le tarif tourne autour de 10 000 dollars.

L’hyperinflation du transport des marchandises se couple avec la forte hausse des matières premières. Le cours du cuivre a battu un nouveau record historique, début mai, en dépassant le seuil des 10 200 dollars la tonne. Le prix du baril de pétrole a doublé en un an, désormais autour de 65 dollars. Le fer a atteint son plus haut historique. Le bois, le gaz naturel, le blé, l’étain, le caoutchouc, l’aluminium, le soja… Tout flambe.

Bulles. On sait par ailleurs les bulles qui se forment sur l’immobilier et le marché du private equity… avec des multiples d’endettement qui rappellent des crises financières récentes. Les marchés ont la mémoire courte.

L’inflation c’est une inadéquation offre-demande. Alors qu’en est-il aujourd’hui ?

Du côté de l’offre, la pandémie a désorganisé la production dans le monde entier. Des mines, des usines et des bureaux ont fermé puis rouvert. Les ruptures de rythmes ont détraqué la mécanique, les chaînes de production en ont été souvent désorganisées.

La Chine elle-même semble en être affectée : pour preuve son ralentissement industriel et cette insuffisante production de semi-conducteur qui inquiète le monde entier.

Du côté de la demande, les consommateurs qui ont été empêchés pendant longtemps de faire leurs achats pour cause de pandémie se ruent dans les magasins. Dans une crise sans précédent, ils ont aussi dépensé autrement. Davantage d’ordinateurs, de voitures électriques, de connexions vidéo ; moins de vêtements, de restaurants, de voyages. Du coup, les goulots d’étranglement apparaissent un peu partout, permettant aux vendeurs de relever leurs prix. Après la première guerre, dans les années 1920, on dansait le charleston ; mais moins de dix ans après une immense crise a balayé l’orchestre et fermé le bal ! La guerre après les années folles.

Aux Etats-Unis s’ajoutent les effets du plan de relance historique, de 1900 milliards de dollars. Déjà 165 millions de personnes viennent de recevoir leur chèque de 1 400 dollars, accélérant soudain la demande. Le prix des voitures d’occasion a fait un bond de 10 % sur le seul mois d’avril.

Pagaille. Cela étant la pagaille, la pénurie et le sursaut de la demande ne suffisent pas à fabriquer de l’inflation. Car ce qui fait l’inflation, c’est généralement l’emballement des salaires.

Or les chiffres là aussi commencent à parler. Aux Etats-Unis, les salaires au premier trimestre 2021 étaient 7,7 % plus élevés qu’au premier trimestre 2020. De grandes entreprises comme Amazon, ou Mc Donalds, en général plus généreuses pour leurs actionnaires que pour leurs employés, ont annoncé des hausses de salaires. Un quart des PME feraient de même, selon une enquête publiée en mars.

Le risque de déséquilibre entre les qualifications proposées par les chômeurs et celles qui sont aujourd’hui recherchées par les recruteurs, a beaucoup grandi

Et en France, dans nombre de secteurs, on constate que les travailleurs… refusent de revenir à leur poste. Ils ont été biberonnés par les aides de l’État peut-être, mais beaucoup ont aussi découvert d’autres modes de vie. Les garder ou les rattraper supposera des hausses de salaires.

Certains esprits diront qu’une assistance excessive de l’Etat explique ce gap. Voire… le phénomène est généralisé. En Australie, pays très libéral, les vacances de postes dépassent 40 %. Et ici et là on voit des entreprises payer ceux qui acceptent de se présenter à un entretien d’embauche ! (2)

Enfin, les entreprises vont devoir s’adapter à une demande différente. Le risque de déséquilibre entre les qualifications proposées par les chômeurs et celles qui sont aujourd’hui recherchées par les recruteurs, a beaucoup grandi. Le phénomène est connu : naguère peu de cochers sont devenus chauffeurs de taxis… ; aujourd’hui peu de métallurgistes savent construire des algorithmes.

Un jour de savants experts nous expliqueront comment cette pénurie de main-d’œuvre peut coexister avec un chômage de masse. Pour le moment triste constat : les deux maux ne s’annulent pas mais s’additionnent. Passons.

Cette situation pose plusieurs questions majeures. Va-t-elle forcer les banques centrales à ralentir leur politique d’argent facile ? Si elles le font trop vite la secousse sera forte car la désintoxication fait toujours mal. Si elles le font trop lentement l’inflation s’installera avec ses effets pervers. Dilemme !

Remarquons en passant combien il est (tristement) ironique de voir que les politiques de tous bords ont abandonné leur responsabilité à des institutions – les banques centrales – qui pour être techniquement compétentes, n’en sont pas moins démocratiquement non responsables. La politique monétaire échappe aux élus de la Nation ? Ils n’ont que ce qu’ils méritent !

Et puis au détriment de qui ? Des classes âgées sans doute ! Les derniers chiffres en provenance de Chine indiquent que sa population ne progresse plus. Les recensements ont également révélé des tendances négatives aux États-Unis avec un des taux de croissance démographique les plus bas depuis 1790 ! Et en France la courbe est également à la baisse en dépit d’une politique familiale traditionnellement généreuse.

Or ces « cheveux gris » constituent le principal bataillon des épargnants, avec des économies constituées au fil de leurs années de travail, et placées en assurance-vie voire en produits de type obligataires dont le rendement s’établit désormais autour de 0,5 % par an. Face à une inflation de 2 voire 2,5 %, nos seniors vont acquitter, nolens volens, un impôt invisible de 1,5 à 2 % par an sur une partie plus ou moins importante de leur capital.

Certes cela devrait alléger le poids des dettes publiques. Cela va aussi rétablir une certaine solidarité entre des jeunes – maltraités pendant cette pandémie – qui vont pouvoir bénéficier de l’effet de levier en empruntant aux dépens des aînés. Mais avec à la clef, de grandes tensions entre générations.

L’inflation est de retour. Beaucoup de nos économistes ne la voient pas dans leur boule de cristal. Dommage car notre avenir en dépend.

Pour le meilleur ou pour le pire.

Bernard Attali est conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, ancien élève de l’ENA.

(1): Cet article doit beaucoup aux analyses des Echos (18 mai 2021), du Monde (14 mai 2021) et de l’Opinion.

Économie-Retour de l’inflation ?

Économie-Retour de l’inflation ?

 

Du fait de la forte demande de matières premières, des difficultés logistiques, la hausse des prix s’envolent à la production et commencent à se faire sentir sur la consommation aux Etats -unis ( mais aussi en Chine).  Ainsi les prix ont augmenté aux États-Unis de 0,8 % en avril sur un seul mois. Conséquence directe, le Dow Jones est tombé de 1,99% à 33.587,66 points, soit sa plus forte baisse sur une séance depuis janvier.

Le Nasdaq est tombé de 2,67% à 13.031,68 points, sa pire séance depuis le mois de mars. L’indice élargi S&P 500 a plongé de 2,14% à 4063,04 points, son repli le plus marqué depuis février. L’inflation, mesurée par l’indice des prix à la consommation CPI, a atteint 0,8% en avril, sur un mois, selon le département du Travail. Sur douze mois, la hausse des prix atteint 4,2%, au plus haut depuis 13 ans. Ce chiffre a surpris les analystes qui tablaient sur une hausse des prix plus modeste sur le mois, de seulement 0,2%.

La question qui se pose est de savoir si la réserve fédérale dispose des outils pour maîtriser cette inflation et même s’il a l’intention de la freiner.

On voit mal comment cette inflation pourrait ne pas contaminer à terme le monde et en particulier l’Europe à peu près pour les mêmes raisons.

Certes la banque centrale européenne peut maintenir une politique de taux bas mais l’inflation ne dépend pas uniquement de la politique monétaire.

Risque d’un retour de l’inflation

Risque  d’un retour de l’inflation

 

Du fait de la forte demande de matières premières, des difficultés logistiques, la hausse des prix s’envolent à la production et commencent à se faire sentir sur la consommation aux Etats -unis ( mais aussi en Chine).  Ainsi les prix ont augmenté aux États-Unis de 0,8 % en avril sur un seul mois. Conséquence directe, le Dow Jones est tombé de 1,99% à 33.587,66 points, soit sa plus forte baisse sur une séance depuis janvier.

Le Nasdaq est tombé de 2,67% à 13.031,68 points, sa pire séance depuis le mois de mars. L’indice élargi S&P 500 a plongé de 2,14% à 4063,04 points, son repli le plus marqué depuis février. L’inflation, mesurée par l’indice des prix à la consommation CPI, a atteint 0,8% en avril, sur un mois, selon le département du Travail. Sur douze mois, la hausse des prix atteint 4,2%, au plus haut depuis 13 ans. Ce chiffre a surpris les analystes qui tablaient sur une hausse des prix plus modeste sur le mois, de seulement 0,2%.

La question qui se pose est de savoir si la réserve fédérale dispose des outils pour maîtriser cette inflation et même s’il a l’intention de la freiner.

On voit mal comment cette inflation pourrait ne pas contaminer à terme le monde et en particulier l’Europe à peu près pour les mêmes raisons.

Certes la banque centrale européenne peut maintenir une politique de taux bas mais l’inflation ne dépend pas uniquement de la politique monétaire.

Wall Street : crainte d’un retour de l’inflation

Wall Street : crainte d’un retour de l’inflation

 

Du fait de la forte demande de matières premières, des difficultés logistiques la hausse des prix s’envolent à la production et commencent à se faire sentir sur la consommation. Ainsi les prix ont augmenté aux États-Unis de 0,8 % en avril sur un seul mois. Conséquence directe, le Dow Jones est tombé de 1,99% à 33.587,66 points, soit sa plus forte baisse sur une séance depuis janvier.

Le Nasdaq est tombé de 2,67% à 13.031,68 points, sa pire séance depuis le mois de mars. L’indice élargi S&P 500 a plongé de 2,14% à 4063,04 points, son repli le plus marqué depuis février. L’inflation, mesurée par l’indice des prix à la consommation CPI, a atteint 0,8% en avril, sur un mois, selon le département du Travail. Sur douze mois, la hausse des prix atteint 4,2%, au plus haut depuis 13 ans. Ce chiffre a surpris les analystes qui tablaient sur une hausse des prix plus modeste sur le mois, de seulement 0,2%.

La question qui se pose est de savoir si la réserve fédérale dispose des outils pour maîtriser cette inflation et même s’il a l’intention de la freiner.

Une crainte de l’inflation ?

Une crainte de l’inflation ?

 

 

Ces derniers jours les marchés financiers ont été un peu bousculé par le retour de la crainte de l’inflation. Une crainte nourrie par la hausse très importante des matières premières et de certains produits de base. Deux analyses ce dégagent. Celle de ceux qui pensent que l’inflation qui commence à gagner la production va contaminer aussi la consommation. Ceux qui pensent que les banques centrales sont suffisamment armées pour réagir en conséquence notamment par un maintien des taux bas.

 

Reste que l’inflation n’est pas seulement le produit de la politique monétaire et qu’elle découle aussi des fondamentaux économiques. De ce point de vue un jour ou l’autre, l’énorme masse de liquidités déversées dans le monde aboutira nécessairement un ajustement entre la masse monétaire et la richesse réelle. Dans l’immédiat le problème ne se pose pas de manière cruciale tant que les croissances mondiales ne seront pas plus dynamiques. Toutefois en Chine on constate déjà un réveil des prix.

 

«Certains signaux avant-coureurs, comme la chute récente en Bourse de jeunes pousses technologiques américaines, indiquent que les marchés sont essoufflés», estime Tangi Le Liboux, stratégiste chez Aurel BGC. Tout dépendra des taux d’intérêt des emprunts d’État américains à dix ans. «S’ils augmentent rapidement, ils provoqueront des dégâts», poursuit l’analyste.D’autres sont plus optimistes. «Les investisseurs ne croient pas que tout va s’arrêter d’un coup, mais ils utilisent ces craintes pour prendre leurs bénéfices», avance Alexandre Baradez, analyste à IG France. D’autant qu’ils sont nombreux à penser qu’en cas de baisse prononcée des Bourses les banques centrales prendront des mesures pour stopper l’hémorragie.

États-Unis : Yellen , la secrétaire au Trésor, essaye de rassurer sur l’inflation

États-Unis : Yellen , la secrétaire au Trésor, essaye de rassurer sur l’inflation

 

« .

Face aux conséquences possibles de l’immense plan de soutien à l’économie, la secrétaire au Trésor ,ancienne patronne de la banque centrale, tente de rassurer vis-à-vis de l’inflation. Elle relativise l’importance des aides à la reprise en indiquant qu’elle seront étalées sur une dizaine d’années et considère que la banque centrale a les moyens de faire face à une éventuelle réapparition de l’inflation.

De fait pour l’instant, l’inflation gagne surtout les matières premières dont la hausse est entretenue par les fortes commandes aussi bien de la Chine et des États-Unis où les croissances sont très dynamiques.

La secrétaire au Trésor a indiqué que la Réserve fédérale – qu’elle a dirigée entre 2014 et 2018 – surveillerait attentivement l’évolution des prix et disposait des instruments permettant de la contenir en cas de besoin.

« Je ne pense pas que l’inflation sera un problème mais si elle devient un problème, nous avons les outils pour la traiter. « . Or parmi ses moyens figure notamment la distribution de liquidités massives encore plus importantes pour éviter la hausse des taux. Mais à terme l’augmentation de ces liquidités ne pourra qu’alimenter un phénomène inflationniste.

Le danger du retour de l’inflation

  • Le danger  du retour de l’inflation

 

VINCENT CHAILLEY , directeur des investissements de H2O Asset Management évoque dans la tribune le risque d’un retour de l’inflation (interview)

 

Un an après le krach du Covid, les marchés retrouvent leurs niveaux d’avant-crise dans un climat presque euphorique. Quels enseignements tirez-vous de cette année écoulée sur les marchés ?

 

Interview

VINCENT CHAILLEY - La crise sanitaire a confirmé l’extrême volatilité des marchés. Le phénomène avait déjà été identifié, mais cette crise nous en a donné une version survitaminée. Cette volatilité croissante est tout d’abord la conséquence des évolutions réglementaires depuis la crise financière de 2008, qui ont privé le marché d’intervenants porteurs de risque capables d’absorber les chocs. Elle est ensuite le fruit des taux d’intérêt bas qui favorisent la spéculation sur les marchés. Mais personne ne pouvait s’attendre à un choc de cette violence, sur l’ensemble des actifs, en moins de trois semaines. C’est trois fois plus fort et trois fois plus rapide qu’en 2008. Même pour des gestions aussi actives que les nôtres, nous n’avions pas eu le temps de réagir et d’ajuster nos portefeuilles aussi vite que nous le souhaitions, d’autant que la liquidité s’était évaporée. Si les germes de la crise étaient déjà bien présents, c’est sa violence qui est l’élément nouveau. Malheureusement, les causes de la volatilité des marchés sont toujours présentes, sans doute plus qu’hier. Nous avons davantage de liquidités, des taux extrêmement bas et la réglementation reste sévère pour ceux qui souhaitent prendre des risques. Il faut donc s’attendre régulièrement à de nouveaux chocs et s’y préparer.

La BCE fait semblant d’ignorer l’inflation

La BCE fait semblant d’ignorer l’inflation

 

L’inflation sans la croissance ? Ce pourrait bien être le danger pour l’Europe. La plupart des experts ont affirmé que le risque d’inflation en Europe était inexistant en raison de la volonté de la banque centrale de maintenir une très généreuse distribution de liquidités à taux zéro voire négatif.

Le problème est que l’inflation ne dépend pas uniquement des banques centrales mais aussi de la remontée des coûts de production et à terme des biens de consommation. C’est déjà le cas en matière d’énergie et d’une façon plus générale des matières premières. C’est le cas aussi des produits agricoles. À noter aussi la hausse des taux d’intérêt jusqu’à 1,5 % pour les prêts à 10 ans aux États-Unis.

L’énorme  décalage entre la masse monétaire et la richesse mondiale appellera nécessairement des ajustements qui passeront par l’inflation. Cela d’autant plus que des masses de liquidités viennent nourrir des bulles financières potentielles qui pourraient bien éclater.

La BCE avait fait savoir qu’elle ne resterait pas les bras croisés et agirait pour empêcher une contagion « pas souhaitable » de ces tensions aux taux de la zone euro, selon sa présidente Christine Lagarde.

La banque centrale européenne va continuer sa politique de rachat d’actifs pour permettre aux Etats d’emprunter davantage. Politique monétaire accommodante ne doit pas être remise en question, a souligné Mme Lagarde, car « les perspectives économiques à court terme restent incertaines », compte-tenu de la dynamique de l’épidémie et du déploiement de la vaccination plus lent que prévu.

« Le PIB devrait à nouveau se contracter au cours du premier trimestre de l’année », a prédit Mme Lagarde mais l’institution de Francfort continue de tabler sur un net rebond de l’activité en zone euro sur le reste de l’année pour laisser ses prévisions de croissance quasi-inchangées : 4% en 2021, 4,1% en 2022 et 2,1% en 2023.

L’inflation en zone euro n’est pas encore inquiétante, elle  se limita 0,9 % en janvier et février. Mais le problème pour l’Europe c’est qu’on pourrait cumuler une augmentation des prix avec une croissance maladive contrairement par exemple aux États-Unis ou encore à la Chine

Dette : l’amortissement par l’inflation

Dette : l’amortissement par l’inflation

Il est clair que l’énorme dette des pays favorisée par la distribution de masse de liquidités des banques centrales ne pourra être amortie rapidement. Il faudra au moins 20 à  30 ans pour amortir et à condition d’y affecter des ressources précises sinon les trous ne feront que s’agrandir. Par ailleurs il est aussi improbable de rembourser cette dette avec des hausses d’ impôts qui tuerait  immédiatement l’économie pour des années. Ne reste alors que la solution historiquement utilisée à savoir l’amortissement progressif par l’inflation qui réduit la dette des emprunteurs mais évidemment en plus le pouvoir d’achat des épargnants et des salariés quand les salaires ne suivent pas.

 

C’est pourtant vraisemblablement l’hypothèse la plus probable car la masse de liquidités du à la machine à billets  qui s’emballe ne reflète plus la richesse réelle produite. Du coup, il faudra nécessairement des ajustements entre richesse réelle et sa représentation monétaire. Certains économistes s’alarment enfin du risque d’inflation, à cause des plans de relance massifs qui ont été déclenchés. C’est vrai. Ainsi, ce weekend a été adopté le gigantesque plan de relance américain, 1.700 milliards d’euros, avec un chèque de 1.200 euros pour la quasi-totalité des ménages. Le tout financé intégralement par de l’emprunt, largement auprès de la banque centrale, c’est à dire de la création d’argent. Et c’est le cas aussi en Europe, au Royaume-Uni, au Japon. Il est tout à fait possible que cela fasse repartir l’inflation dans les années qui viennent.

Alors évidemment, l’inflation peut être bonne pour l’économie. La difficulté, c’est de ne faire que « un peu » d’inflation. On ne contrôle pas précisément ces phénomènes, qui peuvent s’emballer. Mais c’est vrai que 5% par an, ça ne serait pas forcément un problème. Cela permettrait de réduire assez vite la valeur de la dette accumulée dans la zone euro. Exactement comme nous l’avons fait après la Seconde Guerre mondiale, où c’est l’inflation qui a permis de se débarrasser de la dette du conflit.

L’inflation, c’est plutôt favorable à ceux qui sont endettés, parce que cela réduit le poids des engagements du passé, par rapport aux revenus du présent, qui progressent grâce à la hausse des prix. Et c’est plutôt défavorable à l’épargnant, parce que cela réduit aussi, dans le même temps, la valeur de l’argent accumulé. Comme pour tout phénomène économique, il y a des gagnants et des perdants de l’inflation.

Un retour de l’inflation ?

Un retour de l’inflation ?

La plupart des experts écarte le risque d’un revers de main considérant que les banques centrales et y compris la banque centrale européennes seront toujours prêtes à déverser autant il le faut des liquidités à taux presque zéro pour combattre ce retour. Reste que les banques centrales ne sont pas les seuls décideurs en matière de hausse des prix. Cela dépendra aussi de l’évolution du cours de certaine matières premières et du dynamisme de la reprise. Sans parler des ajustements de parité monétaire surtout par rapport au dollar monnaie d’échange internationale dominante.

Cette inflation pourrait être alimentée par la croissance des demandes de pays asiatiques et des États-Unis. Dans ce dernier pays, un immense plan de près de 2000 milliards devrait contribuer à la relance. En même temps, les prix devraient être tirés vers le haut. Pour l’Europe, la vraie reprise n’est pas au rendez-vous avec une crise sanitaire toujours grave. Pourtant les prix sont aussi sur une tendance haussière (exemple carburant au plus haut). En janvier, l’inflation a bondi à 0,9% sur un an dans la zone euro, contre -0,3% en décembre, tirée par les prix des services ou des biens industriels dans le sillage de l’augmentation des cours des matières premières.

Après avoir fortement baissé en 2020, l’inflation devrait continuer de repartir cette année, dans la foulée de la reprise économique espérée avec la levée progressive des restrictions d’activité face à l’épidémie.

Et elle est de nouveau surveillée comme le lait sur le feu. Un mouvement qui vient des Etats-Unis, où elle atteignait 1,4% l’an dernier et où les investisseurs s’attendent à la voir grimper en conséquence du gigantesque plan de relance à 1.900 milliards de dollars annoncé par Joe Biden.

Cela s’est reflété par une augmentation des taux d’intérêts sur les bons du Trésor américain à 10 ans, et dans la foulée de ceux des emprunts d’Etats de la zone euro. Jeudi, le taux d’emprunt à 10 ans de la France est même redevenu positif, après des mois en territoire négatif.

Les prix des matières premières pourraient faire repartir l’inflation

Les prix des matières premières  pourraient faire repartir l’inflation

Le retour de l’inflation est pourrait être favorisé par la hausse des cours des matières premières, notamment celle des métaux estime Didier Julienne, Président de Commodities & Resources » (*). (Chronique dans la Tribune)

 

 

Les bruits d’inflation surgissent de partout. Espérée ici, crainte là, des spécialistes garantissent qu’elle arrive en grand, d’autres qu’elle sera à 2 % et les derniers qu’elle sera bien inférieure, négligeable, voire négative. Une chose est certaine l’un de ces avis pourrait être le bon, bien que les prévisions sur l’inflation de la part des économistes sont le plus souvent erronées depuis 50 ans.

Leurs modèles de pensées sont-ils encore marqués par les chocs des crises pétrolières passés, par les dévaluations liées à la fin de Bretton Woods, par le chômage, les relances fiscales et Keynes… ; ou bien comptabilisent-ils l’automatisation, la digitalisation, la disparition de petits commerces, le chômage de longue durée et le travail en plate-forme numérique pauvrement rémunéré, mais également l’inflation qui diminue la charge de la dette et la rémunération de l’épargne d’une population vieillissante, alors qu’elle sera appelé aux urnes en 2021 et 2022, lorsque la croissance sera en mode rattrapage de la Covid-19 à des niveaux espérés supérieurs à 5 % ?

Un fait ne demande cependant pas de prévision. Le blé, le maïs, le soja, le riz, le marché de la viande, le cuivre, l’aluminium, le zinc, le nickel, l’étain, le fer, l’acier, le molybdène, le lithium, le cobalt, les platinoïdes, l’argent métal, le pétrole, le gaz naturel… connaissent tous une inflation de leurs les prix. À l’exception des hydrocarbures, ils sont supérieurs aux niveaux d’avant crise de 2008, et parfois plus élevés que les récents pics de 2011. C’est l’œuvre du supercycle des matières premières qui dure depuis déjà 50 ans et correspond au rééquilibrage industriel en faveur de la Chine.

Celui-ci a connu plusieurs à-coups avec des accélérations et décélérations des prix des métaux, des énergies et des denrées agricoles. Ces mouvements sont plus apparents depuis le début du siècle, depuis que Pékin domine ces marchés. De 2000 à l’été 2008, les courbes de prix s’envolèrent jusqu’à s’effondrer au deuxième semestre 2008, avant de reprendre de plus belle leurs trajectoires initiales pour culminer début 2011. Puis, durant dix ans, les prix de chaque ressource naturelle évoluèrent en fonction de l’idiosyncrasie de leurs fondamentaux — offre, demande, stocks, coûts de production — et parfois aussi sous l’influence d’épiphénomènes, tels que les relations politico-économiques entre la Chine et les États-Unis. Mais, depuis mars 2020, date de la fin officielle de la crise sanitaire en Chine, le premier consommateur mondial de produits de base, ils connaissent une nouvelle hausse anticipant l’accélération de la digitalisation et de la décarbonation de l’économie chinoise. Ces variations amorties par les filières industrielles n’ont toutefois pas engendré une croissance notable des prix à la consommation.

Sur le temps long, les périodes d’hyperinflation sont le résultat de guerres. Elles détruisent de gigantesques moyens de production, mais la demande ne diminuant pas, les déséquilibres sont inflationnistes. La paix retrouvée connait parfois une inflation hors de contrôle si la reconstruction d’infrastructures, de villes et des vies s’opèrent avec les mêmes instabilités.

La crise de 2008 n’a pas eu les effets d’une guerre car depuis plus de dix ans l’inflation est restée cantonnée au capital, alors qu’une déflation frappait le travail. De même, en 2020, la crise de la Covid n’a pas non plus l’effet d’une guerre. Nul n’a noté de hausse de prix à la consommation démesurée. Au contraire, malgré le fort soutien fiscal, loin d’être en déséquilibre, l’offre et la demande se sont contractées simultanément et les prix sont restés stables. Il n’est envisagé qu’une hausse de de 2% au maximum, et pour quelques mois. À croire que la relation entre croissance de la monnaie et inflation, si chère à Milton Friedman, s’est évanouie.

Toutefois, puisque la gestion de la crise de la Covid-19 en Europe nous impose des confinements plus longs, elle accélère la digitalisation de nos vies connectées, la construction de villes intelligentes, l’ascendance de l’électrique dans nos voitures et nos transports. Mais elle ne provoque pas une « déglobalisation » massive de nos sociétés si l’on juge l’avance de l’Asie dans les batteries ou l’électronique, ni une réelle accélération de la transition énergétique qui est déjà bien lancée.

 

L’ensemble – le rattrapage chinois et la digitalisation occidentale – accélère cependant nos nouvelles dépendances électriques envers les métaux, ceux-là mêmes qui s’emparent de l’ancien rôle joué par les hydrocarbures. Quelle meilleure illustration de cette évolution que la pétrolière Total qui devient Total Énergies, avec un regret toutefois : ne pas avoir remplacé ses champs de pétrole et de gaz par des mines.

Les métaux sont en effet indispensables à la digitalisation et la décarbonation de l’économie et un métal est emblématique de cette nécessité. Sa consommation par habitant ne cesse d’augmenter, il est partout essentiel à la production, la transmission, le stockage et la consommation de l’électricité à partir des énergies renouvelables et de l’hydrogène jusqu’aux voitures électriques, les maisons connectées, l’électronique nomade… Plus que d’autres, l’augmentation de son offre annuelle est critique, car ric-rac par rapport à l’augmentation continue de sa demande. Plus que d’autres, l’équilibre entre sa production et sa consommation est à la merci du moindre incident.

Ce métal, l’un des meilleurs baromètres de la santé industrielle mondiale, est le cuivre. Avant même que le plan de relance étatsunien ne prenne la suite du supercycle chinois, son prix à déjà rejoint ses plus hauts historiques de 10 .000 dollar/tonne, c’est-à-dire presque deux fois plus que ses points bas de 2016.

Si l’on souhaite se faire peur, ce facteur 2 sur le prix du cuivre est à mettre en perspective avec la multiplication des cours du rhodium par 10 qui accélère la transition de la voiture thermique vers la voiture électrique. C’est pourquoi, si la dépendance vis-à-vis des métaux n’est pas mieux gérée avec des outils de souveraineté, il devient possible de craindre l’effet que pourraient provoquer les futurs prix de ces métaux sur les prix à la consommation.

_____

(*) Didier Julienne anime un blog sur les problématiques industrielles et géopolitiques liées aux marchés des métaux. Il est aussi auteur sur LaTribune.fr.

 

Economie-Le retour de l’inflation avec Biden ?

Economie-Le retour de l’inflation avec Biden ?

L’administration Biden se prépare à gaspiller ses ressources dans une guerre contre le Covid-19 et entend embarquer ses partenaires du G7 dans sa politique dépensière, analyse Arnaud Leparmentier, correspondant du « Monde » à New York, dans sa chronique. (Extraits)

Chronique. Les fautes les plus graves sont en général commises en début de mandat, lorsque l’état de grâce justifie le respect des promesses de campagne, au diable la raison. Le plan de relance de Joe Biden, d’un montant souhaité de 1 900 milliards de dollars (environ 1 565 milliards d’euros), soit près de 15 % du PIB américain, en fait partie. Il risque de faire resurgir un fantôme disparu, l’inflation, et de provoquer en réaction une hausse des taux d’intérêt, précipitant l’Amérique en récession.

L’alarme a été sonnée par les plus grands pontes de l’école keynésienne américaine, Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, et Olivier Blanchard, ex-économiste en chef du FMI, célèbre pour avoir critiqué l’austérité trop vite imposée dans la foulée de la crise financière de 2008. M. Summers a mis en garde contre des pressions inflationnistes « comme on n’en a pas connu depuis une génération »« Le plan de 1 900 milliards pourrait conduire à une telle surchauffe de l’économie qu’il en serait contre-productif », a renchéri M. Blanchard.

A force d’avoir entendu les Cassandre annoncer le retour de l’inflation, plus personne n’écoute. Pourtant, le danger existe. Si l’on en est arrivé là, c’est à cause des multiples approximations du discours électoral de Joe Biden. M. Biden assure ne pas vouloir répéter l’erreur de 2009, lorsque le stimulus budgétaire de Barack Obama fut insuffisant pour retrouver le plein-emploi.

Mais c’est loin d’avoir été le cas en 2020, et c’est là qu’intervient le deuxième point : les démocrates refusent de dire que quelque chose de bien fut accompli sous Trump, avec un plan de soutien massif à l’économie, qui a laissé les Américains plus riches en 2020 qu’en 2019. Ce constat entre en contradiction avec le discours de M. Biden, consistant à décrire une Amérique sans âme ni solidarité.

Troisième problème, M. Biden parle de la situation de 2021 comme si l’Amérique faisait face au début de la crise due au Covid-19. En réalité, il va devoir gérer l’an II, celui de la convalescence. Dix millions d’emplois manquent à l’appel, les minorités afro-américaines et hispaniques sont les plus durement touchées : personne ne remet en cause l’impérieuse nécessité de les aider, mais le très coûteux chèque individuel de 1 400 dollars que Joe Biden veut envoyer indifféremment aux Américains gagnant moins de 75 000 dollars promet d’être ruineux.

L’inflation: une hausse de 0,6 %

L’inflation: une hausse de 0,6 %

Contrairement à ce qu’affirme nombre d’experts,  l’inflation ne peut être renvoyée à un rôle de fantasme au prétexte que la banque centrale délivre pour l’instant des masses de liquidités à taux zéro. En effet aux États-Unis et maintenant en France, on constate un processus de hausse des prix. Ainsi en France, les prix à la consommation ont augmenté de 0,6% sur un an en janvier, après avoir stagné en décembre, tirés par le décalage des soldes d’hiver qui a fait progresser les prix des produits manufacturés, a indiqué l’Insee vendredi dans son estimation définitive.

Sur un mois, les prix à la consommation ont augmenté de 0,2%, comme en décembre, ajoute l’Institut national de la statistique.

Fait marquant, les prix des produits manufacturés rebondissent nettement (+0,8% après −0,9%) par rapport à la même période l’an passé, « en lien avec le décalage des soldes d’hiver », note l’Insee.

Si les prix des services de communications accélèrent, « en particulier ceux des services d’accès à internet » (+6,0%), les prix des loyers, eau et enlèvement des ordures ménagères progressent plus légèrement (+0,3 %), relève l’Insee.

 

L’inflation semble être revenue en Europe en janvier. En Allemagne, les prix à la consommation ont augmenté pour la première fois depuis juin et en Espagne pour la première fois depuis avril.

En France, l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) a progressé de 0,3 % sur un mois et de 0,8% sur un an. Sur l’ensemble de l’année 2020, l’inflation a atteint en moyenne 0,5%, après avoir stagné voire reculé plusieurs mois de suite.

Economie-États-Unis : la crainte du retour de l’inflation

Economie-États-Unis : la crainte du retour de l’inflation

 

 

Alors qu’en Europe et en France en particulier, nombre d’experts repousse à des années la perspective d’un retour de l’inflation pour justifier la dette voir son annulation, aux États-Unis les chiffres montrent que les coûts de production pourraient rapidement peser sur une hausse générale des prix.

 

Il est clair que ce risque va réapparaître sitôt que la demande fera pression sur l’offre. Et cela d’autant plus que des inquiétudes se manifestent sur la valeur à terme des grandes monnaies ( suralimentées par les masses de liquidités). Avec le redémarrage de la croissance, inévitablement l’inflation risque de partir. On constate d’ailleurs aux États-Unis une hausse très significative de 1,3 % sur les prix à la production sur un mois.

 

Les dépenses des consommateurs américains ont été en janvier supérieures de 5,3% à celles de décembre, de 7,4% à celles de janvier 2020, selon les données publiées mercredi par le département du Commerce. Cette hausse est la première après trois mois de baisse. «La seule explication logique (…) est que la deuxième série de mesures de relance a touché sa cible et a été dépensée presque immédiatement», souligne l’économiste Joel Naroff dans une note.

Certains experts craignent un emballement, et une forte hausse des prix, à l’instar de Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton et principal conseiller économique de Barack Obama, qui craint «des pressions inflationnistes inédites depuis une génération». La question est surtout de savoir si cette hausse des prix sera durable ou seulement temporaire – liée notamment à un effet de comparaison par rapport aux prix faibles du printemps 2020 et à l’emballement après une année de restrictions.

Le PMI manufacturier américain flash d’IHS Markit est tombé à 58,5 au premier semestre de ce mois, après une lecture finale de 59,2 en janvier. Les conditions météorologiques extrêmes dans de grandes parties des États-Unis ont également été mises en cause. Les données étaient conformes aux prévisions des économistes.

Une lecture supérieure à 50 indique une croissance dans le secteur manufacturier, qui représente 11,9% de l’économie américaine. Le secteur manufacturier a pris de l’avance alors que la pandémie a laissé les Américains ancrés chez eux, déplaçant la demande vers les produits ménagers provenant de services tels que les voyages en avion et l’hébergement à l’hôtel.

États-Unis : la crainte du retour de l’inflation

États-Unis : la crainte du retour de l’inflation

 

 

Alors qu’en Europe et en France en particulier, nombre d’experts repousse à des années la perspective d’un retour de l’inflation pour justifier la dette voir son annulation, aux États-Unis les chiffres montrent que les coûts de production pourraient rapidement peser sur une hausse générale des prix.

 

Il est clair que ce risque va réapparaître sitôt que la demande fera pression sur l’offre. Et cela d’autant plus que des inquiétudes se manifestent sur la valeur à terme des grandes monnaies ( suralimentées par les masses de liquidités). Avec le redémarrage de la croissance, inévitablement l’inflation risque de partir. On constate d’ailleurs aux États-Unis une hausse très significative de 1,3 % sur les prix à la production sur un mois.

 

Les dépenses des consommateurs américains ont été en janvier supérieures de 5,3% à celles de décembre, de 7,4% à celles de janvier 2020, selon les données publiées mercredi par le département du Commerce. Cette hausse est la première après trois mois de baisse. «La seule explication logique (…) est que la deuxième série de mesures de relance a touché sa cible et a été dépensée presque immédiatement», souligne l’économiste Joel Naroff dans une note.

Certains experts craignent un emballement, et une forte hausse des prix, à l’instar de Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton et principal conseiller économique de Barack Obama, qui craint «des pressions inflationnistes inédites depuis une génération». La question est surtout de savoir si cette hausse des prix sera durable ou seulement temporaire – liée notamment à un effet de comparaison par rapport aux prix faibles du printemps 2020 et à l’emballement après une année de restrictions.

Le PMI manufacturier américain flash d’IHS Markit est tombé à 58,5 au premier semestre de ce mois, après une lecture finale de 59,2 en janvier. Les conditions météorologiques extrêmes dans de grandes parties des États-Unis ont également été mises en cause. Les données étaient conformes aux prévisions des économistes.

Une lecture supérieure à 50 indique une croissance dans le secteur manufacturier, qui représente 11,9% de l’économie américaine. Le secteur manufacturier a pris de l’avance alors que la pandémie a laissé les Américains ancrés chez eux, déplaçant la demande vers les produits ménagers provenant de services tels que les voyages en avion et l’hébergement à l’hôtel.

Economie États-Unis : la crainte de l’inflation

Economie États-Unis : la crainte de l’inflation

Alors que nombre d’experts ont renvoyé à beaucoup plus tard le problèmede  l’inflation, les réalités économiques reprennent le dessus avec le risque de hausse des prix aux États-Unis parallèlement à une reprise de la consommation. Pour preuve aussi des risques inflationnistes:  la hausse en même temps du taux des bons du trésor.

 

Pourtant nombre d’experts n’ont cessé d’affirmer que la conjoncture était à l’abri de risques inflationnistes pour des années en raison des taux très bas offerts par les banques centrales sur des masses de liquidités.

 

Il est pourtant clair que ce risque va réapparaître sitôt que la demande fera pression sur l’offre. Et cela d’autant plus que des inquiétudes se manifestent sur la valeur à terme des grandes monnaies ( suralimentées par les masses de liquidités). Avec le redémarrage de la croissance, inévitablement l’inflation risque de partir. On constate d’ailleurs aux États-Unis une hausse très significative de 1,3 % sur les prix à la production sur un mois.

 

Les dépenses des consommateurs américains ont été en janvier supérieures de 5,3% à celles de décembre, de 7,4% à celles de janvier 2020, selon les données publiées mercredi par le département du Commerce. Cette hausse est la première après trois mois de baisse. «La seule explication logique (…) est que la deuxième série de mesures de relance a touché sa cible et a été dépensée presque immédiatement», souligne l’économiste Joel Naroff dans une note.

Les comptes en banque des ménages américains ont en effet été un peu renfloués par le plan de relance de 900 milliards de dollars adopté fin décembre au Congrès et ratifié par Donald Trump, après des mois de négociations. Les chèques de 600 dollars par personne et les allocations chômage prolongées leur ont permis d’acheter des appareils électroniques, meubles et objets pour la maison, livres, instruments de musiques, articles de sports et de loisirs. Même les bars et restaurants, qui souffrent particulièrement de la crise, ont vu leurs ventes grimper, pour la première fois depuis septembre.

Certains experts craignent un emballement, et une forte hausse des prix, à l’instar de Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton et principal conseiller économique de Barack Obama, qui craint «des pressions inflationnistes inédites depuis une génération». La question est surtout de savoir si cette hausse des prix sera durable ou seulement temporaire – liée notamment à un effet de comparaison par rapport aux prix faibles du printemps 2020 et à l’emballement après une année de restrictions.

« L’inflation n’est pas un problème » !!!

« L’inflation n’est pas un problème » !!!

Dans une chronique au monde, l’économiste Jézabel Coupe-Souverain

sassait  sur les perspectives d’un retour de l’inflation passe en revue toutes les causes d’un retour de l’inflation considérant qu’il ne s’agit pas d’un risque immédiat ni pour le long terme. Sauf que l’intéressé c’est l’impasse sur le maintien artificiel de zombie actuellement sous oxygène financier et qui bénéficie de liquidités comme les entreprises plus saines structurellement. Et les masses de liquidités sont loin de rester dans les sphères financières mais passe aussi dans l’économie en faussant les conditions de concurrence.

 

Chronique.

 

 Rêve des uns, cauchemar des autres, l’inflation revient dans le débat public. Ceux qui la souhaitent y voient de quoi faire fondre la dette Covid. Ceux qui la redoutent agitent son spectre pour s’opposer à toute relance monétaire. Mais les uns comme les autres surestiment largement la possibilité de son retour. C’est son contraire, la déflation, qu’il faut combattre aujourd’hui. Et à trop craindre le retour de l’inflation, c’est ce combat-là qui pourrait être perdu.

L’inflation n’est pas l’augmentation de quelques prix, fussent-ils ceux des biens que l’on consomme le plus (alimentation, énergie…), mais celle générale et durable du prix d’un large ensemble de biens et services, représentatif de ce que consomment les ménages. Lorsque le niveau général de ces prix augmente, une même quantité de monnaie ne permet plus d’acheter autant : l’inflation réduit le pouvoir d’achat de la monnaie, et donc aussi le poids réel des dettes. D’où l’idée que cela faciliterait le remboursement de la dette Covid.

Alors que l’inflation se situe actuellement à peu près partout au-dessous de zéro, les financiers du monde entier anticipent son retour. Mais par quelle porte, quelle fenêtre, l’inflation pourrait-elle bien revenir ? A vrai dire, presque aucune !

Par la fenêtre monétaire ? Cela revient à se demander si la monnaie que créent les banques centrales pour la prêter aux banques ou leur racheter des actifs va faire remonter l’inflation. Tant que cette monnaie centrale circulera en boucle dans la sphère financière, la réponse est non. Dans ce circuit fermé, son augmentation n’entraîne qu’une augmentation bien moindre de la monnaie en circulation dans l’économie, qui elle-même ne fait pas augmenter l’inflation. C’est que, dans des économies très financiarisées, la monnaie sert à acheter des titres financiers et des biens immobiliers, bien plus que des marchandises. Toute quantité additionnelle de monnaie se trouve ainsi en grande part aspirée dans la sphère financière, avec davantage d’impact sur le prix des titres que sur celui des biens et services.

L’inflation ne sera-t-elle alors plus jamais – l’économiste américain Milton Friedman (1921-2006) la voyait ainsi « partout et toujours » – un « phénomène monétaire » ? Charge aux macro économistes de repenser la circulation de la monnaie dans un espace d’échanges étendus aux transactions financières. Et aux banques centrales de se demander si elles ont la bonne mesure de l’inflation. Pour la Banque centrale européenne (BCE), ce ne serait toutefois pas si simple d’y intégrer le prix des titres et des biens immobiliers, car une moyenne de ces prix, qui ne suivent pas la même tendance d’un pays à l’autre de la zone euro, ne renseignerait sur la situation d’aucun.

Allemagne: le retour de l’inflation ?

Allemagne: le retour de l’inflation ?

 

Le retour de l’inflation en Allemagne peut paraître assez marginal avec une hausse de 1,6% en rythme annuel après une baisse de 0,7% en décembre. Le problème c’est que l’économie.- malgré sa bonne tenue comparée à d’autres–est en piteux état et que rien ne justifie une hausse alors que des masses de liquidités sont accessibles à des taux proches de zéro

On tente de justifier cette hausse mais ce n’est guère convaincant :

“En plus de la modification des taux de TVA, l’évolution des prix à la consommation pourrait avoir été influencée par d’autres facteurs comme le prix du CO2 et l’augmentation du salaire minimum légal à partir de janvier 2021”, précise Destatis dans un communiqué.

L’hypothèse la plus vraisemblable c’est que certains commencent à douter de la valeur réelle de la monnaie car la politique accommodante de la banque centrale européenne à inondé l’économie mais ne reflète plus sa valeur réelle. Du coup, tendanciellement et discrètement l’inflation pourrait renaître et réguler comme d’habitude cet extraordinaire décalage entre le volume monétaire et la valeur réelle de l’économie. En outre pour l’instant, l’euro ce porte plutôt bien par rapport à d’autres monnaies d’où les refuges massifs vers les obligations européennes et le doute sur des actifs plus incertains.

12



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol