Archive pour le Tag 'L’inflation'

Inflation : plus de 2 % sur un an

l’inflation : plus de 2 % sur un an

 L’indice des prix à la consommation a augmenté de 2,2% sur un an selon les derniers chiffres dévoilés par l’Insee ce vendredi matin, soit 0,1 point de plus que lors de la précédente estimation. Il s’agit d’un record depuis novembre 2018.

 

De son côté, la Banque de France fait comme beaucoup d’experts le pari d’une « hausse temporaire ». Cela pour refroidir les velléités revendicatives des salariés mais aussi des épargnants ( la Banque de France lutte contre le relèvement du taux des livrets d’épargne) « C’est un coup de vent plutôt qu’une rafale. L’inflation en France est prévue à 2,3% contre 3,4% en zone euro. Parmi les facteurs temporaires, il y a un effet de base important. L’inflation avait nettement baissé en 2020 au même moment. Le deuxième effet est la sortie de crise Covid et de la réouverture des économies », a rappelé l’économiste Olivier Garnier de la banque centrale lors d’un récent point presse.

Le problème c’est d’une part que cette différence d’inflation entre la France et la zone euro paraît pour le moins suspecte. Cela témoigne l’évidence du caractère obsolète de l’indice des prix à la consommation de l’INSEE. Un indice qui ne tient pas compte de la modification de la structure de consommation depuis la crise sanitaire. En France, une part de plus en plus importante des dépenses est consacrée aux charges contraintes. Le plus curieux dans cette différence d’inflation entre la France et la zone euro c’est que la France importe la majorité de ses produits de l’étranger du fait du déséquilibre chronique de la balance commerciale. Des hausses sur des produits étrangers qui se font sentir en zone euro mais pas en France, en tout cas pas totalement.

L’examen plus détaillé de l’indice des prix à la consommation montre sans surprise que la flambée des prix de l’énergie contribue grandement à la hausse générale de l’indicateur. « Sur un an, la hausse des prix de l’énergie accélère en septembre (+14,9% après +12,7%). La hausse des prix du gaz naturel et de ville se poursuit sur un an (+38,8% après +31,2%). Les prix des produits pétroliers gonflent (+19,6% après +16,9%) en lien avec ceux du gazole (+19,3% après +15,3%) », indiquent les statisticiens.

La réouverture de l’économie mondiale depuis le début de l’année a entraîné des frictions importantes entre l’offre et la demande partout sur la planète. « Les prix de l’énergie continuent d’augmenter et continuent de peser sur l’inflation. Cette hausse est visible partout en Europe. C’est une hausse qui va se poursuivre dans les prochains mois notamment en raison de l’hiver. L’impact de la hausse des prix sur les marchés de l’énergie va se poursuivre. On estime qu’il faudra attendre le troisième trimestre 2022 pour observer une contribution négative des prix de l’énergie sur l’inflation » ajoute Charlotte de Montpellier. Toute la question est de savoir si les prix énergétiques vont se maintenir à un niveau élevé à plus long terme. Sur ce point, le changement climatique et la raréfaction de certaines ressources pourraient pousser les prix à la hausse. A l’heure actuelle, la pandémie continue de brouiller les grilles de lecture de l’inflation chez beaucoup d’économistes. L’indice des prix à la consommation construit à partir d’un panier moyen ne s’est pas révélé toujours adapté à la mesure de variation des prix pendant les périodes de confinement.

Economie: « L’inflation temporaire rassurante » : un nouveau concept économique !

Economie: « L’inflation temporaire rassurante » : un nouveau concept économique !

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  • Les principaux responsables économiques se veulent rassurants et relativisent tous l’importance de l’inflation. Ils ont même inventé un nouveau concept : l’inflation temporaire ! Or dans l’histoire économique on a rarement vu un retour rapide des prix à la baisse après une inflation. L’inflation est en effet conjoncturelle du fait d’une demande alimentée par la reprise économique générale.
  • Mais elle est aussi structurelle en raison des préoccupations environnementales et des restructurations du système de production à l’échelle mondiale  ( voir par exemple l’affaire des composants électroniques, des prix de l’énergie et des métaux).
  •  Le patron de la BNP, dans un entretien au Figaro participe ainsi à ce mouvement d’endormissement de l’opinion concernant l’inflation. Une inflation qui ne cesse de grimper notamment pour les dépenses contraintes et que l’INSEE minimise grâce à la déformation d’un indice devenu obsolète  ( la nature et le montant des dépenses des ménages ont changé avec la crise sanitaire)

 

  • interview (extrait)
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  • Pour le patron de BNP Paribas, la hausse du prix de l’énergie et des matières premières n’est pas de nature à remettre en cause la reprise.
  • Jean-Laurent BONNAFÉ. - 
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  • Les entreprises se portent globalement bien, nous l’observons chez nos clients. Hormis quelques secteurs encore touchés par la crise qu’il faut continuer à accompagner, elles disposent d’une importante trésorerie et de bonnes capacités de financement qui leur permettent d’investir à nouveau. Les mesures mises en place en France et en Europe par les pouvoirs publics, avec le soutien des banques, ont clairement produit leurs effets. La tendance est également positive pour nos clients particuliers même s’il faudra attendre la fin d’année ou début 2022 pour que la consommation retrouve pleinement son niveau d’avant crise. La bonne santé de l’économie et le rebond de l’activité se reflètent dans les résultats solides de BNP Paribas.
  • On voit mal en quoi les résultats financiers de la BNP constitueraient un indicateur de bonne santé économique car la BNP comme les autres banques ont été inondées de liquidités à bon compte de la part de la banque centrale NDLR

« L’inflation temporaire rassurante » : un nouveau concept économique

  • « L’inflation temporaire rassurante » : un nouveau concept économique
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  • Les principaux responsables économiques se veulent rassurants et relativisent tous l’importance de l’inflation. Ils ont même inventé un nouveau concept : l’inflation temporaire ! Or dans l’histoire économique on a rarement vu un retour rapide des prix à la baisse après une inflation. L’inflation est en effet conjoncturelle du fait d’une demande alimentée par la reprise économique générale.
  • Mais elle est aussi structurelle en raison des préoccupations environnementales et des restructurations du système de production à l’échelle mondiale  ( voir par exemple l’affaire des composants électroniques, des prix de l’énergie et des métaux).
  •  Le patron de la BNP, dans un entretien au Figaro participe ainsi à ce mouvement d’endormissement de l’opinion concernant l’inflation. Une inflation qui ne cesse de grimper notamment pour les dépenses contraintes et que l’INSEE minimise grâce à la déformation d’un indice devenu obsolète  ( la nature et le montant des dépenses des ménages ont changé avec la crise sanitaire)

 

  • interview (extrait)
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  • Pour le patron de BNP Paribas, la hausse du prix de l’énergie et des matières premières n’est pas de nature à remettre en cause la reprise.
  • Jean-Laurent BONNAFÉ. - 
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  • Les entreprises se portent globalement bien, nous l’observons chez nos clients. Hormis quelques secteurs encore touchés par la crise qu’il faut continuer à accompagner, elles disposent d’une importante trésorerie et de bonnes capacités de financement qui leur permettent d’investir à nouveau. Les mesures mises en place en France et en Europe par les pouvoirs publics, avec le soutien des banques, ont clairement produit leurs effets. La tendance est également positive pour nos clients particuliers même s’il faudra attendre la fin d’année ou début 2022 pour que la consommation retrouve pleinement son niveau d’avant crise. La bonne santé de l’économie et le rebond de l’activité se reflètent dans les résultats solides de BNP Paribas.
  • On voit mal en quoi les résultats financiers de la BNP constitueraient un indicateur de bonne santé économique car la BNP comme les autres banques ont été inondées de liquidités à bon compte de la part de la banque centrale NDLR

Europe : le retour de l’inflation ?

Europe : le retour de l’inflation ?

L’Allemagne mène la danse avec 3,9 % d’inflation en août, au plus haut depuis la veille de la crise financière de 2008. La montée des prix

pourrait «entraîner une insatisfaction croissante chez les gens, qui ressentent vraiment la hausse», redoute Carsten Brzeski, économiste chez ING à Francfort. Ce dernier était parmi les rares à anticiper un scénario inflationniste au début de l’année. Tiré par l’Allemagne, ce scénario est en train de se matérialiser bien au-delà des prévisions.

Pour l’ensemble de la zone euro, l’inflation atteint 3 % en août. Jusque-là la plupart des experts avait considéré que cette tendance à la hausse des prix n’avait qu’un caractère provisoire. Du provisoire qui pourrait bien durer avec la reprise économique, la hausse des matières premières et des couts logistiques.

Croissance Etats-Unis : soutien inconditionnel de la Fed en dépit de l’inflation

Croissance Etats-Unis : soutien inconditionnel de la Fed en dépit de l’inflation

 

 

La bataille économique continue entre les États-Unis et ses principaux partenaires économiques notamment européens. Une bataille économique sur fond de lutte monétaire. En effet en dépit de l’inflation très forte aux États-Unis (5,4 % pour les prix à la consommation en juin, la banque centrale a décidé de continuer à faire tourner la planche à billets pour alimenter l’énorme déficit américain.

Un déficit aggravé par la crise et surtout par les énormes plans de soutien à l’économie. L’objectif final serait bien de permettre une dévaluation de fait du dollar pour obtenir des gains de compétitivité. Pour l’instant, l’Europe suit avec retard et avec moins d’ambition la stratégie de la Fed. Un changement par exemple sur les taux pourrait provoquer en Europe un sérieux freinage de l’économie à la croissance encore balbutiante. L’Europe qui rosit seulement une croissance de 2 %( 0,9% seulement pour la France) au second trimestre tandis que l’Amérique 8,5

La banque centrale entend poursuivre son énorme programme de d’achats d’actifs, à 120 milliards de dollars par mois, tout en maintenant ses taux directeurs (les « fed funds ») dans une fourchette de 0 à 0,25%. Ce qui constitue le premier levier déterminant du soutien à la croissance.

Pas de crainte du retour de l’inflation ?

« Le vrai danger, c’est la crainte d’un retour de l’inflation, et non l’inflation elle-même » (Raphaël Gallardo, Chef économiste, Carmignac)

Raphaël Gallardo, chef économiste au sein de la société de gestion d’actifs Carmignac, estime, dans un entretien accordé à La Tribune, que « nous sommes dans un scénario auto-invalidateur : ce sont les craintes inflationnistes qui empêcheront l’inflation de revenir de manière structurelle ».

 

 La question du retour de l’inflation est de nouveau sur le devant de la scène. Pourquoi cette inquiétude soudaine ?

RAPHAËL GALLARDO -  La réponse politique à la pandémie a créé, notamment aux États-Unis, une accumulation d’épargne sans précédent. Les déficits ont également été largement monétisés par l’intervention des banques centrales qui achètent de la dette publique. Résultat, nous avons aujourd’hui à la fois une forte reprise et une épargne abondante. Cette dernière pourrait étaler la demande différée sur une période bien plus longue que prévue. Et malgré cette reprise et la surchauffe aux États-Unis, il n’existe aucun signe de normalisation des politiques budgétaires. Par exemple, le plan de relance de Biden à dix ans ne prévoit, à aucun moment, un déficit public sous le seuil des 4 % du PIB.

La sortie de crise sanitaire et la reprise ne seront-elles pas de puissants leviers en faveur d’un retour « à la normalité » monétaire et budgétaire ?

La crise a non seulement créé toutes les conditions pour craindre un retour de l’inflation mais elle a également créé un changement de paradigme dans la politique économique. Un nouveau courant de pensée, la théorie monétaire moderne, a complètement bouleversé les cartes. Cette théorie repose sur l’idée qu’il n’existe aucune limite aux déficits budgétaires et qu’il faut laisser les banques centrales monétiser ces déficits tant que l’inflation reste à un niveau acceptable.

L’enjeu politique de l’inflation aux États-Unis

L’enjeu politique de l’inflation aux États-Unis

 

L’inflation constitue de plus en plus un enjeu politique entre républicains et démocrates. (Un article du Wall Street Journal, extrait)

 

 

Grâce au dynamisme de la croissance au premier trimestre 2021, le niveau de la production américaine n’est plus qu’à 1 % de son pic prépandémie, atteint fin 2019. Cependant, l’inflation progresse également, affichant son rythme le plus rapide en treize ans, et les responsables de la Réserve fédérale tentent de déterminer à quel moment il conviendra de retirer les mesures de soutien à l’économie. Si les économistes prévoient que l’inflation restera élevée durant plusieurs années, ils s’attendent à ce qu’elle décélère par rapport à ses niveaux actuels.

La Maison Blanche et de nombreux économistes attribuent la hausse des prix à différents facteurs, notamment à des goulots d’étranglement affectant l’offre à cause de la pandémie, à la pénurie de certains produits et à une augmentation de la demande après un an de mesures de confinement. Les responsables de l’administration Biden font valoir des statistiques montrant que le marché du travail est en train de se rétablir et que la confiance des ménages s’améliore, affirmant qu’un retour de l’inflation galopante observée durant les années 1970 n’était pas à l’ordre du jour et que l’actuelle hausse des prix était temporaire.

La secrétaire au Trésor Janet Yellen a récemment déclaré devant une commission de la Chambre des représentants : « J’ai vécu ma jeunesse et étudié l’économie durant les années 1970, et je me souviens de cette période terrible que personne ne veut voir se reproduire. »

La relance massive approuvée par le Congrès pour aider l’économie à se remettre de la pandémie, et qui comporte un plan de 1 900 milliards de dollars annoncé au tout début du mandat de M. Biden, contribue elle aussi à l’augmentation de la demande et des prix, expliquent de nombreux économistes. Les républicains s’emparent de cet argument pour affirmer que les prochaines propositions de loi du Président — qui prévoient des milliers de milliards de dollars de dépenses supplémentaires en faveur des infrastructures et de mesures contre la pauvreté — exacerberont l’inflation et conduiront à une surchauffe de l’économie.

« Cette question s’invitera dans les débats des élections de mi-mandat, elle ne va pas disparaître, estime Tom Emmer, représentant républicain du Minnesota et président du Comité national républicain au Congrès (NRCC), lequel soutient les candidats du Grand Old Party à la Chambre des représentants. Ils continuent d’inonder l’économie de liquidités. »

Les républicains espèrent miner les arguments des démocrates à propos d’une reprise économique par ailleurs vigoureuse, en perspective des élections de mi-mandat de 2022. Ce scrutin devrait remettre en jeu le contrôle du Congrès, alors que les démocrates disposent d’une faible majorité à la Chambre des représentants et que le Sénat est divisé à 50/50 entre les deux partis. Les élections de mi-mandat sont souvent favorables au parti qui se trouve dans l’opposition.

A l’approche du week-end du 4 juillet, jour de la fête nationale américaine, le NRCC a lancé une campagne publicitaire ciblant onze membres démocrates du Congrès qu’il jugeait vulnérables aux élections de mi-mandat. Cette campagne soutenait qu’avec « les politiques économiques des démocrates, les biens de consommation courante deviennent plus chers ».

Vicente Gonzalez, l’un des représentants démocrates du Texas à la Chambre visés par cette campagne, a souligné que l’économie se portait bien, le taux de chômage ayant reculé en mai par rapport au mois précédent. « Au bout du compte, les Américains verront qu’ils vivent mieux aujourd’hui qu’il y a deux ans, et c’est là-dessus qu’ils se prononceront lors des prochaines élections », assure-t-il.

De son côté, Sean Patrick Maloney, élu démocrate de New York à la Chambre des Représentants et président du Comité national démocrate au Congrès, a déclaré que les républicains avaient voté contre le plan d’aide face à la Covid-19 de M. Biden — des mesures qui, selon lui, ont concouru au rebond de l’économie — et qu’ils cherchaient « maintenant désespérément à changer de sujet ».

« Cette inflation galopante est due en partie aux dépenses incontrôlées du président Biden et de la présidente de la Chambre des Représentants Nancy Pelosi »

Certains démocrates ont tenu à faire savoir qu’ils surveillaient eux aussi la hausse des prix. Ainsi, le sénateur de Virginie-Occidentale Joe Manchin a indiqué mercredi, lors d’un débat sur un projet des sénateurs démocrates prévoyant de dépenser 3 500 milliards de dollars pour lutter contre la pauvreté, que « l’inflation devrait être un sujet de préoccupation pour tout le monde ».

Des responsables de l’administration Biden ont souligné que la hausse des prix de l’essence (imputable à l’augmentation des cours du pétrole brut et à la demande croissante de carburant de la part d’employés reprenant le travail en entreprise) était conforme à la tendance habituelle observée durant l’été. Avant le week-end du 4 juillet, la Maison Blanche s’était félicitée de la baisse des prix de certains produits traditionnellement consommés à l’occasion des repas en plein air, comme le porc, les haricots ou la glace à la vanille.

M. Biden a récemment affirmé à propos de l’inflation que « selon un consensus quasi unanime, elle [allait] augmenter un peu puis redescendre ».

Le département du Travail a fait état d’une hausse de l’indice des prix à la consommation de 5,4 % le mois dernier en glissement annuel, soit le taux d’inflation sur un an le plus élevé depuis août 2008. L’indice mesure les prix des biens et services achetés par les consommateurs — vêtements, produits alimentaires, repas au restaurant, loisirs et véhicules.

Mardi dernier, des figures de premier plan du Parti républicain ont réagi à ces chiffres. Le chef de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, l’élu de Californie Kevin McCarthy, a affirmé sur Twitter : « Cette inflation galopante est due en partie aux dépenses incontrôlées du président Biden et de la présidente de la Chambre des Représentants Nancy Pelosi. » Selon Ronna McDaniel, la présidente du Comité national républicain, « sous Joe Biden, l’impôt caché que constitue la hausse des prix n’arrête pas d’augmenter ». De son côté, le chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a affirmé que les familles américaines subissaient la hausse des prix « dans tous les domaines, des courses aux supermarchés jusqu’aux stations essence, en passant par le logement et les véhicules d’occasion ».

La Maison Blanche a souligné que l’accélération récente de l’inflation s’expliquait par la hausse des prix d’un petit nombre de biens, notamment les voitures, en raison de tensions mondiales telles que celle qu’exerce la pénurie de semi-conducteurs.

David Kamin, directeur adjoint du Conseil économique national de la Maison Blanche, a observé lors d’un entretien que l’embellie économique était la preuve que les efforts du président portaient leurs fruits. « Notre projet était de veiller à ce que les Américains ne voient pas leurs revenus diminuer, qu’ils bénéficient du soutien dont ils avaient besoin pour surmonter la pandémie », a-t-il déclaré en référence aux chèques de relance et autres mesures d’aide à destination des familles et des entreprises.

Selon un récent sondage de l’université Monmouth, 71 % des personnes interrogées craignent que les projets de dépenses de M. Biden puissent alimenter l’inflation, 28 % des sondés déclarant ne pas être particulièrement inquiets.

Cependant, ces dépenses ne semblent pas constituer un problème pour les personnes interrogées. Le sondage, réalisé auprès de 830 adultes, montre aussi qu’une majorité des personnes interrogées soutiennent les propositions de M. Biden concernant des milliers de milliards de dollars d’investissements en infrastructures, dans les ponts et les routes par exemple, et de mesures contre la pauvreté dans des domaines comme la garde d’enfant, l’éducation et les congés payés.

Les démocrates de la Commission du budget au Sénat se sont accordés sur un vaste plan d’environ 3 500 milliards de dollars destiné à la santé et à la lutte contre la pauvreté

En juin, la Maison Blanche est parvenue à un accord avec un groupe de sénateurs démocrates et républicains sur un plan d’infrastructures de 1 000 milliards de dollars. Cet accord doit maintenant être approuvé par le Congrès où aucun des deux partis ne dispose d’une franche majorité. Les démocrates de la Commission du budget au Sénat se sont accordés sur un vaste plan d’environ 3 500 milliards de dollars destiné à la santé et à la lutte contre la pauvreté, qu’ils espèrent faire passer grâce au soutien des démocrates à la ligne du parti, en recourant à une procédure spéciale permettant de contourner la probable opposition républicaine au Sénat. Les législateurs républicains ont critiqué cet accord, le sénateur du Montana Steve Daines y voyant « un projet terrible pour les contribuables », à la lumière des statistiques sur l’inflation parues la semaine dernière.

L’ancien secrétaire au Trésor Larry Summers compte parmi les économistes qui se sont alarmés qu’une explosion des dépenses fédérales cette année puisse produire une inflation inopportune. M. Summers s’est rendu à la Maison Blanche mardi dernier pour y rencontrer Brian Deese, le chef du conseil économique national de la Maison Blanche, ainsi que Cecilia Rouse, la présidente du Comité des conseillers économiques, a indiqué un responsable de la Maison Blanche, précisant que les discussions avaient porté sur le plan d’infrastructures et le programme économique du président, dans le cadre d’une réunion présentée comme prévue depuis longtemps.

Mercredi, M. Summers a déclaré que les statistiques disponibles suscitaient des inquiétudes en termes d’inflation. Il a cependant affirmé qu’il soutenait globalement les propositions de dépenses de M. Biden en matière d’infrastructures, lesquelles « visaient le long terme, comportaient des éléments positifs en termes d’offre et, telles que prévues par le Président, seraient financées par des hausses d’impôt ou des retours sur investissement ».

Des électeurs interrogés ont déclaré percevoir l’impact de la hausse des prix sur leur pouvoir d’achat. Certains ont indiqué qu’ils ne pensaient pas encore aux élections de mi-mandat de 2022, et leur opinion à l’égard de la gestion de l’économie par M. Biden était généralement conforme au choix qu’ils avaient fait lors des élections de 2020.

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La relance par l’inflation ?

Dans une tribune de l’Opinion ,Emmanuel Sales estime que la politique restrictive de la BCE en matière d’inflation est responsable de la faiblesse de la croissance en Europe.

 

 

L’Europe enregistre depuis la grande crise financière une croissance faible qui représente un peu plus du tiers de celle des Etats-Unis. Alors que le continent affichait entre 1998 et 2008 une progression du PIB de 2,3 % l’an, soit 80 % de la croissance américaine, l’activité n’a progressé que de 1,4 % l’an entre 2010 et 2019 au moment où les Etats-Unis retrouvaient leur tendance d’avant-crise.

Cet écart s’est accentué avec la pandémie de Covid-19. D’après les prévisions de croissance de Goldman Sachs, parmi les plus optimistes, nous devrions retrouver notre pente de croissance d’avant la crise sanitaire en 2023, sans rattraper le chemin laissé depuis dix ans. L’Europe risque ainsi de connaître une nouvelle décennie perdue caractérisée par des anticipations de croissance faible, une demande interne réprimée, un climat d’incertitude peu propices à la mise en œuvre de l’agenda de puissance auquel aspirent les autorités européennes.

Cette croissance faible, sans emplois et sans enfants, n’est pas une fatalité. Elle résulte d’un pilotage macroéconomique et monétaire sous-optimal qui a conduit à privilégier des politiques de contraction de la demande interne (consommation et investissement) pour bénéficier de la demande externe et à ancrer les anticipations d’inflation à un niveau durablement faible (de facto inférieur à 2 %) dans le sillage de la lutte contre l’inflation élevée des années 1980.

Nouveau cap. Dans ce contexte, l’exercice de revue de la stratégie de politique monétaire, dans lequel la BCE s’est engagée à la suite de la Fed, revêt une importance capitale. Au-delà des plans de relance budgétaire, difficiles à mettre en œuvre au plan européen, et des mesures cycliques de soutien à l’investissement qui ont un impact ponctuel, seul un retournement durable des anticipations de croissance assurera une relance de l’activité domestique en Europe. Dans cette logique, la BCE devrait fixer un nouveau cap en matière d’inflation permettant de corriger les excès de la période antérieure et de donner des perspectives visibles à moyen terme aux entrepreneurs.

Pour établir ce nouvel environnement, nul besoin de modifier les traités. Il convient de donner un nouveau contenu à l’objectif de stabilité des prix que s’est prescrit la BCE à son origine. Les politiques de ciblage de l’inflation doivent prendre en compte l’inflation de moyen terme, telle qu’elle résulte en dehors des effets de court terme liés à la variation des prix des matières premières importées, et surtout, se fonder sur l’inflation effectivement constatée dans le passé et non sur les seules anticipations d’inflation qui se sont révélées un guide peu sûr et contredit par les faits. L’acceptation par la BCE d’un niveau d’inflation interne plus élevé dans le futur jouerait ainsi un rôle clé dans le rebond des perspectives économiques et le retour à moyen terme à des taux d’intérêt plus en phase avec les conditions normales de rémunération de l’épargne.

Les bouleversements historiques sont précédés d’une évolution des mentalités. Après des années de politique de ciblage de l’inflation, les autorités américaines ont engagé depuis plusieurs mois un tournant majeur de leur politique monétaire, analogue au « choc Volcker » du nom du président de la Fed qui avait lancé les politiques justifiées de lutte contre l’inflation élevée des chocs pétroliers. L’Europe est en mesure d’opérer un virage comparable.

Emmanuel Sales est président de la Financière de la Cité.

Zone euro : l’inflation autour de 2 %, conjoncturelle ou structurelle ?

Zone euro : l’inflation autour de 2 %, conjoncturelle ou structurelle ?

 

Le taux d’inflation atteint 1,9% en juin, après avoir touché en mai un plus haut depuis octobre 2018 à 2%. Une inflation qui nourrit des inquiétudes quant à une éventuelle remontée des taux d’intérêt. La plupart des économistes ce val optimiste et considère que cette inflation est de nature conjoncturelle. La question bête et méchant est de savoir si cette inflation provisoire va durer longtemps. En effet on a rarement vu une inflation reculer de manière significative avec le retour de la croissance. Une croissance surtout–d’une part par les États-Unis et par la Chine qui absorbe l’essentiel des ressources rares et des matières premières.Il faut ajouter à cela les dérèglements climatiques qui pèsent sur les prix de certains aliments sans parler des dysfonctionnements logistiques d’approvisionnement qui renchérissent  les coûts de transport

En juin, l’inflation a de nouveau été tirée par l’énergie (+12,5%, contre 13,1% en mai). Les tarifs des biens industriels hors énergie ont augmenté de 1,2% sur un an, après +0,7% en mai. Enfin, la composante de l’inflation pour le secteur alimentation, alcool et tabac a atteint 0,6%, après 0,5% en mai.

Les experts se valent cependant optimistes : »Autant en Europe qu’aux États-Unis, ce phénomène est lié à des effets conjoncturels, notamment la reprise des économies après le choc du coronavirus, une montée des prix de l’énergie, ou encore les pénuries sur les chaînes d’approvisionnement, bouleversées par la crise sanitaire. ». Toutefois « La légère baisse de l’inflation globale en juin n’est pas si pertinente. Ce qui est plus important, c’est la poussée imminente de l’inflation des biens et services », estime toutefois Bert Colijn, économiste pour ING, selon qui les chiffres de juin offrent seulement un court répit aux banquiers centraux.

« Pour l’instant, la plupart des éléments indiquent qu’il s’agit d’un phénomène temporaire, mais les risques de hausse des perspectives d’inflation n’ont pas été aussi importants depuis des années et devraient tenir la BCE en haleine », a-t-il commenté.

 

Les droits de douane sont responsables de l’inflation ?

Les droits de douane sont responsables de l’inflation ?

Un article deYuka Hayashi et Josh Zumbrun dans leWall Street Journal qui considère que les droits de douane pèsent de façon défavorable sur l’inflation. Certains économistes affirment au contraire que supprimer les taxes douanières sur le métal et le bois de charpente ne changera pas grand-chose aux prix pour les consommateurs

Economistes et législateurs débattent pour savoir si les dépenses de relance et les politiques monétaires accommodantes alimentent l’inflation. Mais pour de nombreuses entreprises, la liste des coupables ne s’arrête pas là : les droits de douane ont eux aussi leur part de responsabilité.

L’administration Trump a imposé des tarifs douaniers sur des produits comme le bois de charpente, l’acier et les semi-conducteurs afin de protéger les entreprises américaines d’un excès de produits importés de Chine ou d’ailleurs.

Ces droits de douane ont longtemps été vus d’un mauvais œil par les entreprises américaines qui importent ces produits et paient ces taxes. Celles-ci font de nouveau pression sur l’administration Biden pour qu’ils soient levés, en avançant qu’ils accentuent l’augmentation des prix et aggravent la pénurie de produits qui accompagnent la reprise post-pandémie.

« Mon principal fournisseur d’acier m’a infligé 15 augmentations de prix depuis septembre » déplore Scott Buehrer, président de B. Walter & Co., fabricant de produits métalliques de Wabash, dans l’Indiana. « Qu’est-ce qui justifie ces tarifs douaniers alors que les prix de l’acier sont au plus haut ? »

Certains économistes affirment que ces droits de douane n’ont eu que très peu d’effets sur les prix et que leur retrait ne va pas beaucoup contribuer à alléger la tension inflationniste.

L’entreprise de M. Buehrer fait partie des plus de 300 fabricants qui ont écrit à M. Biden le 6 mai pour lui demander la suppression immédiate des droits de douane de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium. L’administration Biden a répondu que la politique douanière était en cours d’étude mais qu’une levée immédiate des droits de douane n’était pas au programme.

Les industriels se plaignent que ces taxes rendent leurs entreprises moins compétitives à une époque où les acheteurs américains, confrontés à une demande intérieure bouillonnante, paient certains produits en acier 40 % plus cher que leurs homologues européens.

M. Buehrer explique qu’il a réduit ses effectifs de 10 % pour réduire ses coûts car les prix de l’acier laminé ont quasiment triplé depuis l’automne dernier. Pourtant, de leur côté les syndicats et le secteur de l’acier exhortent M. Biden à laisser les tarifs douaniers en place, indiquant dans une lettre adressée le 19 mai dernier que cette politique avait permis au secteur « de faire repartir des usines à l’arrêt, de réembaucher des ouvriers au chômage et d’investir dans l’avenir. »

« Les droits de douane sont en place depuis 2018 et il n’y a pas eu de pression inflationniste depuis » avance Roy Houseman, directeur législatif du syndicat United Steelworkers. « Les Etats-Unis ont injecté des billions de dollars dans l’économie pour la relancer. Ça, par contre, ça va forcément exercer une pression inflationniste. »

Les industriels se plaignent que ces taxes rendent leurs entreprises moins compétitives à une époque où les acheteurs américains, confrontés à une demande intérieure bouillonnante, paient certains produits en acier 40 % plus cher que leurs homologues européens

Autre secteur aux prises avec la flambée des prix : la construction de logements.

En mai, les contrats à terme sur les bois de charpente ont dépassé 1 600 $ par mille pieds-planche — ce qui est plus de quatre fois le prix normal pour cette période de l’année. Selon la National Association of Home Builders (NAHB), l’augmentation du prix du bois a ajouté 36 000 $ au coût d’une maison individuelle moyenne.

« Il n’y a aucune logique économique à taxer des biens alors que l’offre nationale n’est pas suffisante » s’agace Robert Dietz, économiste en chef de NAHB. « Les appareils pour la maison, les lave-linge, littéralement la matière première qui sert à construire une maison —les vis et les clous — sont soumis à certains droits de douane sur le métal. »

Les constructeurs immobiliers et les législateurs ont demandé à M. Biden d’éliminer les droits de douane imposés en 2017 sur le bois de sciage résineux du Canada, pomme de discorde entre les producteurs de bois de charpente américains et canadiens depuis plusieurs dizaines d’années.

Au lieu de supprimer les frais de douane, le 21 mai dernier le département du Commerce a annoncé une décision préliminaire de doubler cette taxe en la hissant à 18 %, en se basant sur la conclusion que le bois canadien était fortement subventionné. Les droits de douane resteront au niveau actuel de 9 % jusqu’à ce qu’une décision finale puisse être prise d’ici novembre sur la proposition d’augmentation, a affirmé un représentant du département du Commerce.

Afin d’alléger les tarifs douaniers de l’époque Trump sur un plus vaste éventail d’importations chinoises, en avril, un groupe bipartisan de 40 sénateurs américains a demandé à l’administration Biden de relancer une procédure visant à exempter les importateurs de taxes sur plus de 2 000 produits allant des oreillers aux équipements automobiles. Cette procédure d’exemption, introduite par l’administration Trump, a expiré en décembre et n’a pas été renouvelée.

Lorsque les droits de douane ont été mis en place par l’administration Trump, certains économistes ont averti qu’ils pourraient aiguillonner l’inflation. Il semble qu’ils soient d’accord pour dire que finalement, l’impact a été contenu.

« Comme les tarifs douaniers n’ont pas eu un gros impact sur les prix de vente au départ, je ne crois pas que leur retrait conduira à une pression conséquente à la baisse non plus » explique Andrew Hunter, économiste pour le cabinet de conseil en de recherches économiques Capital Economics.

L’impact modéré s’explique en partie parce que les droits de douane n’affectent que les importations, qui ne constituent généralement qu’une fraction relativement réduite du marché intérieur. Pour l’acier, les importations représentent à peu près un tiers de la demande totale aux Etats-Unis. Et la part des importations taxées est encore plus réduite étant donné que les plus gros exportateurs vers les Etats-Unis — le Canada, le Brésil et le Mexique — en sont exemptés.

Lorsque les droits de douane ont été mis en place par l’administration Trump, certains économistes ont averti qu’ils pourraient aiguillonner l’inflation. Il semble qu’ils soient d’accord pour dire que finalement, l’impact a été contenu

Les prix des biens importés soumis aux droits de douane ont en effet augmenté au départ. Mais de nombreux importateurs ont absorbé une grande partie de cette augmentation plutôt que de la répercuter totalement sur les consommateurs. Parallèlement, les prix de nombreux produits qui n’étaient pas soumis à ces taxes douanières ont baissé, ce qui a contribué à garder le taux d’inflation globale à un niveau plutôt bas.

Pour David Weinstein, économiste à Columbia University, les droits de douane peuvent en réalité faire baisser les prix à long terme.

M. Weinstein et ses collègues ont étudié les variations des attentes inflationnistes des marchés financiers en se basant sur les rendements des marchés obligataires au moment de l’annonce de 11 nouveaux tarifs douaniers par les Etats-Unis et la Chine entre 2018 et 2019.

A leur grande surprise, ils affirment avoir découvert que ces initiatives faisaient baisser les anticipations inflationnistes et que le marché s’attendait à ce que les prix soient environ 1 point de pourcentage inférieur à cinq ans, et 1,3 point plus bas à 10 ans. Les cours des actions ont également baissé.

« Ce que les marchés prédisent, et que nos données suggèrent, c’est que la guerre commerciale aura un impact négatif sur la productivité » dit-il, en faisant référence au coup porté par les tarifs douaniers au fonctionnement des entreprises. « Quand vous freinez la productivité, vous pouvez vous attendre à des impacts conséquents par la suite sur le succès de votre économie, et sur les prix aussi. »

Le Bureau du représentant au commerce des Etats-Unis, qui se livre actuellement à une étude des politiques américaines en matière de taxes douanières, est en train d’analyser l’éventuel impact d’un allègement des tarifs douaniers, entre autres facteurs, sur la pénurie de bois de charpente et d’autres produits, a expliqué Cecilia Rouse, présidente du Conseil économique de la Maison Blanche lors d’un briefing organisé le 18 mai.

Elle a cependant ajouté que la politique commerciale « dépassait largement » le cadre des fluctuations du marché sur le court terme et qu’elle devait s’inscrire dans le contexte plus vaste de la politique globale de Washington.

Traduit à partir de la version originale en anglais par Bérengère Viennot

En Europe, le retour de l’inflation

En Europe, le retour de l’inflation

Partout en Europe comme ailleurs, c’est  le retour de l’inflation. Une inflation qui atteint 2,5 % par exemple en Allemagne sur un an, 1,5 % en Royaume-Uni et pour l’instant la France enregistre seulement 1,7 % en 2021. Pour l’année passée l’inflation avait déjà atteint 2 % en Europe

D’après les experts proches du pouvoir économique, cette inflation ne devrait avoir qu’un caractère provisoire et ne pas influencer les taux d’intérêt très bas. Le seul problème c’est que l’inflation ne dépend pas uniquement des politiques monétaires. En effet les entreprises doivent notamment intégrer la très forte hausse des matières premières et les dysfonctionnements de la chaîne logistique qui renchérit le coût du transport. À noter l’envol des prix aux États-Unis.

L’inflation sur douze mois s’est fortement accélérée, à 4,2% par rapport à avril 2020, contre 2,6% en mars, selon  l’indice des prix à la consommation CPI publié par le département du Travail américain.

L’inflation est de retour

L’inflation est de retour

Bernard Attali note qu’aux Etats-Unis, les prix à la consommation ont augmenté de plus de 4 % en un an. Dans l’industrie, les prix à la production y ont grimpé de 4 % en un an et les tarifs des importations de 5,5 %. Bref, l’inflation est de retour.

Bernard Attali est conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, ancien élève de l’ENA.

 

Tribune

Les économistes en parlent encore peu. Alors parlons-en. L’inflation est de retour (1).

Pour l’heure le glissement des prix sur une base annuelle n’est que de 1,2 % dans l’Hexagone et de 1,6 % dans la zone euro. Mais peu à peu le vieux continent se rapproche des 2 % fixées comme limite pour la Banque centrale européenne dans son action régulatrice.

La tendance est générale. Aux Etats-Unis, les prix à la consommation ont augmenté de plus de 4 % en un an. Dans l’industrie, les prix à la production y ont grimpé de 4 % en un an et les tarifs des importations de 5,5 %. Un record.

Le prix du transport d’un conteneur est un bon révélateur international : il y a un an, entre la Chine et l’Europe, il en coûtait 1 800 dollars [environ 1 500 euros]. Aujourd’hui, le tarif tourne autour de 10 000 dollars.

L’hyperinflation du transport des marchandises se couple avec la forte hausse des matières premières. Le cours du cuivre a battu un nouveau record historique, début mai, en dépassant le seuil des 10 200 dollars la tonne. Le prix du baril de pétrole a doublé en un an, désormais autour de 65 dollars. Le fer a atteint son plus haut historique. Le bois, le gaz naturel, le blé, l’étain, le caoutchouc, l’aluminium, le soja… Tout flambe.

Bulles. On sait par ailleurs les bulles qui se forment sur l’immobilier et le marché du private equity… avec des multiples d’endettement qui rappellent des crises financières récentes. Les marchés ont la mémoire courte.

L’inflation c’est une inadéquation offre-demande. Alors qu’en est-il aujourd’hui ?

Du côté de l’offre, la pandémie a désorganisé la production dans le monde entier. Des mines, des usines et des bureaux ont fermé puis rouvert. Les ruptures de rythmes ont détraqué la mécanique, les chaînes de production en ont été souvent désorganisées.

La Chine elle-même semble en être affectée : pour preuve son ralentissement industriel et cette insuffisante production de semi-conducteur qui inquiète le monde entier.

Du côté de la demande, les consommateurs qui ont été empêchés pendant longtemps de faire leurs achats pour cause de pandémie se ruent dans les magasins. Dans une crise sans précédent, ils ont aussi dépensé autrement. Davantage d’ordinateurs, de voitures électriques, de connexions vidéo ; moins de vêtements, de restaurants, de voyages. Du coup, les goulots d’étranglement apparaissent un peu partout, permettant aux vendeurs de relever leurs prix. Après la première guerre, dans les années 1920, on dansait le charleston ; mais moins de dix ans après une immense crise a balayé l’orchestre et fermé le bal ! La guerre après les années folles.

Aux Etats-Unis s’ajoutent les effets du plan de relance historique, de 1900 milliards de dollars. Déjà 165 millions de personnes viennent de recevoir leur chèque de 1 400 dollars, accélérant soudain la demande. Le prix des voitures d’occasion a fait un bond de 10 % sur le seul mois d’avril.

Pagaille. Cela étant la pagaille, la pénurie et le sursaut de la demande ne suffisent pas à fabriquer de l’inflation. Car ce qui fait l’inflation, c’est généralement l’emballement des salaires.

Or les chiffres là aussi commencent à parler. Aux Etats-Unis, les salaires au premier trimestre 2021 étaient 7,7 % plus élevés qu’au premier trimestre 2020. De grandes entreprises comme Amazon, ou Mc Donalds, en général plus généreuses pour leurs actionnaires que pour leurs employés, ont annoncé des hausses de salaires. Un quart des PME feraient de même, selon une enquête publiée en mars.

Le risque de déséquilibre entre les qualifications proposées par les chômeurs et celles qui sont aujourd’hui recherchées par les recruteurs, a beaucoup grandi

Et en France, dans nombre de secteurs, on constate que les travailleurs… refusent de revenir à leur poste. Ils ont été biberonnés par les aides de l’État peut-être, mais beaucoup ont aussi découvert d’autres modes de vie. Les garder ou les rattraper supposera des hausses de salaires.

Certains esprits diront qu’une assistance excessive de l’Etat explique ce gap. Voire… le phénomène est généralisé. En Australie, pays très libéral, les vacances de postes dépassent 40 %. Et ici et là on voit des entreprises payer ceux qui acceptent de se présenter à un entretien d’embauche ! (2)

Enfin, les entreprises vont devoir s’adapter à une demande différente. Le risque de déséquilibre entre les qualifications proposées par les chômeurs et celles qui sont aujourd’hui recherchées par les recruteurs, a beaucoup grandi. Le phénomène est connu : naguère peu de cochers sont devenus chauffeurs de taxis… ; aujourd’hui peu de métallurgistes savent construire des algorithmes.

Un jour de savants experts nous expliqueront comment cette pénurie de main-d’œuvre peut coexister avec un chômage de masse. Pour le moment triste constat : les deux maux ne s’annulent pas mais s’additionnent. Passons.

Cette situation pose plusieurs questions majeures. Va-t-elle forcer les banques centrales à ralentir leur politique d’argent facile ? Si elles le font trop vite la secousse sera forte car la désintoxication fait toujours mal. Si elles le font trop lentement l’inflation s’installera avec ses effets pervers. Dilemme !

Remarquons en passant combien il est (tristement) ironique de voir que les politiques de tous bords ont abandonné leur responsabilité à des institutions – les banques centrales – qui pour être techniquement compétentes, n’en sont pas moins démocratiquement non responsables. La politique monétaire échappe aux élus de la Nation ? Ils n’ont que ce qu’ils méritent !

Et puis au détriment de qui ? Des classes âgées sans doute ! Les derniers chiffres en provenance de Chine indiquent que sa population ne progresse plus. Les recensements ont également révélé des tendances négatives aux États-Unis avec un des taux de croissance démographique les plus bas depuis 1790 ! Et en France la courbe est également à la baisse en dépit d’une politique familiale traditionnellement généreuse.

Or ces « cheveux gris » constituent le principal bataillon des épargnants, avec des économies constituées au fil de leurs années de travail, et placées en assurance-vie voire en produits de type obligataires dont le rendement s’établit désormais autour de 0,5 % par an. Face à une inflation de 2 voire 2,5 %, nos seniors vont acquitter, nolens volens, un impôt invisible de 1,5 à 2 % par an sur une partie plus ou moins importante de leur capital.

Certes cela devrait alléger le poids des dettes publiques. Cela va aussi rétablir une certaine solidarité entre des jeunes – maltraités pendant cette pandémie – qui vont pouvoir bénéficier de l’effet de levier en empruntant aux dépens des aînés. Mais avec à la clef, de grandes tensions entre générations.

L’inflation est de retour. Beaucoup de nos économistes ne la voient pas dans leur boule de cristal. Dommage car notre avenir en dépend.

Pour le meilleur ou pour le pire.

Bernard Attali est conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, ancien élève de l’ENA.

(1): Cet article doit beaucoup aux analyses des Echos (18 mai 2021), du Monde (14 mai 2021) et de l’Opinion.

Économie-Retour de l’inflation ?

Économie-Retour de l’inflation ?

 

Du fait de la forte demande de matières premières, des difficultés logistiques, la hausse des prix s’envolent à la production et commencent à se faire sentir sur la consommation aux Etats -unis ( mais aussi en Chine).  Ainsi les prix ont augmenté aux États-Unis de 0,8 % en avril sur un seul mois. Conséquence directe, le Dow Jones est tombé de 1,99% à 33.587,66 points, soit sa plus forte baisse sur une séance depuis janvier.

Le Nasdaq est tombé de 2,67% à 13.031,68 points, sa pire séance depuis le mois de mars. L’indice élargi S&P 500 a plongé de 2,14% à 4063,04 points, son repli le plus marqué depuis février. L’inflation, mesurée par l’indice des prix à la consommation CPI, a atteint 0,8% en avril, sur un mois, selon le département du Travail. Sur douze mois, la hausse des prix atteint 4,2%, au plus haut depuis 13 ans. Ce chiffre a surpris les analystes qui tablaient sur une hausse des prix plus modeste sur le mois, de seulement 0,2%.

La question qui se pose est de savoir si la réserve fédérale dispose des outils pour maîtriser cette inflation et même s’il a l’intention de la freiner.

On voit mal comment cette inflation pourrait ne pas contaminer à terme le monde et en particulier l’Europe à peu près pour les mêmes raisons.

Certes la banque centrale européenne peut maintenir une politique de taux bas mais l’inflation ne dépend pas uniquement de la politique monétaire.

Risque d’un retour de l’inflation

Risque  d’un retour de l’inflation

 

Du fait de la forte demande de matières premières, des difficultés logistiques, la hausse des prix s’envolent à la production et commencent à se faire sentir sur la consommation aux Etats -unis ( mais aussi en Chine).  Ainsi les prix ont augmenté aux États-Unis de 0,8 % en avril sur un seul mois. Conséquence directe, le Dow Jones est tombé de 1,99% à 33.587,66 points, soit sa plus forte baisse sur une séance depuis janvier.

Le Nasdaq est tombé de 2,67% à 13.031,68 points, sa pire séance depuis le mois de mars. L’indice élargi S&P 500 a plongé de 2,14% à 4063,04 points, son repli le plus marqué depuis février. L’inflation, mesurée par l’indice des prix à la consommation CPI, a atteint 0,8% en avril, sur un mois, selon le département du Travail. Sur douze mois, la hausse des prix atteint 4,2%, au plus haut depuis 13 ans. Ce chiffre a surpris les analystes qui tablaient sur une hausse des prix plus modeste sur le mois, de seulement 0,2%.

La question qui se pose est de savoir si la réserve fédérale dispose des outils pour maîtriser cette inflation et même s’il a l’intention de la freiner.

On voit mal comment cette inflation pourrait ne pas contaminer à terme le monde et en particulier l’Europe à peu près pour les mêmes raisons.

Certes la banque centrale européenne peut maintenir une politique de taux bas mais l’inflation ne dépend pas uniquement de la politique monétaire.

Wall Street : crainte d’un retour de l’inflation

Wall Street : crainte d’un retour de l’inflation

 

Du fait de la forte demande de matières premières, des difficultés logistiques la hausse des prix s’envolent à la production et commencent à se faire sentir sur la consommation. Ainsi les prix ont augmenté aux États-Unis de 0,8 % en avril sur un seul mois. Conséquence directe, le Dow Jones est tombé de 1,99% à 33.587,66 points, soit sa plus forte baisse sur une séance depuis janvier.

Le Nasdaq est tombé de 2,67% à 13.031,68 points, sa pire séance depuis le mois de mars. L’indice élargi S&P 500 a plongé de 2,14% à 4063,04 points, son repli le plus marqué depuis février. L’inflation, mesurée par l’indice des prix à la consommation CPI, a atteint 0,8% en avril, sur un mois, selon le département du Travail. Sur douze mois, la hausse des prix atteint 4,2%, au plus haut depuis 13 ans. Ce chiffre a surpris les analystes qui tablaient sur une hausse des prix plus modeste sur le mois, de seulement 0,2%.

La question qui se pose est de savoir si la réserve fédérale dispose des outils pour maîtriser cette inflation et même s’il a l’intention de la freiner.

Une crainte de l’inflation ?

Une crainte de l’inflation ?

 

 

Ces derniers jours les marchés financiers ont été un peu bousculé par le retour de la crainte de l’inflation. Une crainte nourrie par la hausse très importante des matières premières et de certains produits de base. Deux analyses ce dégagent. Celle de ceux qui pensent que l’inflation qui commence à gagner la production va contaminer aussi la consommation. Ceux qui pensent que les banques centrales sont suffisamment armées pour réagir en conséquence notamment par un maintien des taux bas.

 

Reste que l’inflation n’est pas seulement le produit de la politique monétaire et qu’elle découle aussi des fondamentaux économiques. De ce point de vue un jour ou l’autre, l’énorme masse de liquidités déversées dans le monde aboutira nécessairement un ajustement entre la masse monétaire et la richesse réelle. Dans l’immédiat le problème ne se pose pas de manière cruciale tant que les croissances mondiales ne seront pas plus dynamiques. Toutefois en Chine on constate déjà un réveil des prix.

 

«Certains signaux avant-coureurs, comme la chute récente en Bourse de jeunes pousses technologiques américaines, indiquent que les marchés sont essoufflés», estime Tangi Le Liboux, stratégiste chez Aurel BGC. Tout dépendra des taux d’intérêt des emprunts d’État américains à dix ans. «S’ils augmentent rapidement, ils provoqueront des dégâts», poursuit l’analyste.D’autres sont plus optimistes. «Les investisseurs ne croient pas que tout va s’arrêter d’un coup, mais ils utilisent ces craintes pour prendre leurs bénéfices», avance Alexandre Baradez, analyste à IG France. D’autant qu’ils sont nombreux à penser qu’en cas de baisse prononcée des Bourses les banques centrales prendront des mesures pour stopper l’hémorragie.

États-Unis : Yellen , la secrétaire au Trésor, essaye de rassurer sur l’inflation

États-Unis : Yellen , la secrétaire au Trésor, essaye de rassurer sur l’inflation

 

« .

Face aux conséquences possibles de l’immense plan de soutien à l’économie, la secrétaire au Trésor ,ancienne patronne de la banque centrale, tente de rassurer vis-à-vis de l’inflation. Elle relativise l’importance des aides à la reprise en indiquant qu’elle seront étalées sur une dizaine d’années et considère que la banque centrale a les moyens de faire face à une éventuelle réapparition de l’inflation.

De fait pour l’instant, l’inflation gagne surtout les matières premières dont la hausse est entretenue par les fortes commandes aussi bien de la Chine et des États-Unis où les croissances sont très dynamiques.

La secrétaire au Trésor a indiqué que la Réserve fédérale – qu’elle a dirigée entre 2014 et 2018 – surveillerait attentivement l’évolution des prix et disposait des instruments permettant de la contenir en cas de besoin.

« Je ne pense pas que l’inflation sera un problème mais si elle devient un problème, nous avons les outils pour la traiter. « . Or parmi ses moyens figure notamment la distribution de liquidités massives encore plus importantes pour éviter la hausse des taux. Mais à terme l’augmentation de ces liquidités ne pourra qu’alimenter un phénomène inflationniste.

Le danger du retour de l’inflation

  • Le danger  du retour de l’inflation

 

VINCENT CHAILLEY , directeur des investissements de H2O Asset Management évoque dans la tribune le risque d’un retour de l’inflation (interview)

 

Un an après le krach du Covid, les marchés retrouvent leurs niveaux d’avant-crise dans un climat presque euphorique. Quels enseignements tirez-vous de cette année écoulée sur les marchés ?

 

Interview

VINCENT CHAILLEY - La crise sanitaire a confirmé l’extrême volatilité des marchés. Le phénomène avait déjà été identifié, mais cette crise nous en a donné une version survitaminée. Cette volatilité croissante est tout d’abord la conséquence des évolutions réglementaires depuis la crise financière de 2008, qui ont privé le marché d’intervenants porteurs de risque capables d’absorber les chocs. Elle est ensuite le fruit des taux d’intérêt bas qui favorisent la spéculation sur les marchés. Mais personne ne pouvait s’attendre à un choc de cette violence, sur l’ensemble des actifs, en moins de trois semaines. C’est trois fois plus fort et trois fois plus rapide qu’en 2008. Même pour des gestions aussi actives que les nôtres, nous n’avions pas eu le temps de réagir et d’ajuster nos portefeuilles aussi vite que nous le souhaitions, d’autant que la liquidité s’était évaporée. Si les germes de la crise étaient déjà bien présents, c’est sa violence qui est l’élément nouveau. Malheureusement, les causes de la volatilité des marchés sont toujours présentes, sans doute plus qu’hier. Nous avons davantage de liquidités, des taux extrêmement bas et la réglementation reste sévère pour ceux qui souhaitent prendre des risques. Il faut donc s’attendre régulièrement à de nouveaux chocs et s’y préparer.

La BCE fait semblant d’ignorer l’inflation

La BCE fait semblant d’ignorer l’inflation

 

L’inflation sans la croissance ? Ce pourrait bien être le danger pour l’Europe. La plupart des experts ont affirmé que le risque d’inflation en Europe était inexistant en raison de la volonté de la banque centrale de maintenir une très généreuse distribution de liquidités à taux zéro voire négatif.

Le problème est que l’inflation ne dépend pas uniquement des banques centrales mais aussi de la remontée des coûts de production et à terme des biens de consommation. C’est déjà le cas en matière d’énergie et d’une façon plus générale des matières premières. C’est le cas aussi des produits agricoles. À noter aussi la hausse des taux d’intérêt jusqu’à 1,5 % pour les prêts à 10 ans aux États-Unis.

L’énorme  décalage entre la masse monétaire et la richesse mondiale appellera nécessairement des ajustements qui passeront par l’inflation. Cela d’autant plus que des masses de liquidités viennent nourrir des bulles financières potentielles qui pourraient bien éclater.

La BCE avait fait savoir qu’elle ne resterait pas les bras croisés et agirait pour empêcher une contagion « pas souhaitable » de ces tensions aux taux de la zone euro, selon sa présidente Christine Lagarde.

La banque centrale européenne va continuer sa politique de rachat d’actifs pour permettre aux Etats d’emprunter davantage. Politique monétaire accommodante ne doit pas être remise en question, a souligné Mme Lagarde, car « les perspectives économiques à court terme restent incertaines », compte-tenu de la dynamique de l’épidémie et du déploiement de la vaccination plus lent que prévu.

« Le PIB devrait à nouveau se contracter au cours du premier trimestre de l’année », a prédit Mme Lagarde mais l’institution de Francfort continue de tabler sur un net rebond de l’activité en zone euro sur le reste de l’année pour laisser ses prévisions de croissance quasi-inchangées : 4% en 2021, 4,1% en 2022 et 2,1% en 2023.

L’inflation en zone euro n’est pas encore inquiétante, elle  se limita 0,9 % en janvier et février. Mais le problème pour l’Europe c’est qu’on pourrait cumuler une augmentation des prix avec une croissance maladive contrairement par exemple aux États-Unis ou encore à la Chine

Dette : l’amortissement par l’inflation

Dette : l’amortissement par l’inflation

Il est clair que l’énorme dette des pays favorisée par la distribution de masse de liquidités des banques centrales ne pourra être amortie rapidement. Il faudra au moins 20 à  30 ans pour amortir et à condition d’y affecter des ressources précises sinon les trous ne feront que s’agrandir. Par ailleurs il est aussi improbable de rembourser cette dette avec des hausses d’ impôts qui tuerait  immédiatement l’économie pour des années. Ne reste alors que la solution historiquement utilisée à savoir l’amortissement progressif par l’inflation qui réduit la dette des emprunteurs mais évidemment en plus le pouvoir d’achat des épargnants et des salariés quand les salaires ne suivent pas.

 

C’est pourtant vraisemblablement l’hypothèse la plus probable car la masse de liquidités du à la machine à billets  qui s’emballe ne reflète plus la richesse réelle produite. Du coup, il faudra nécessairement des ajustements entre richesse réelle et sa représentation monétaire. Certains économistes s’alarment enfin du risque d’inflation, à cause des plans de relance massifs qui ont été déclenchés. C’est vrai. Ainsi, ce weekend a été adopté le gigantesque plan de relance américain, 1.700 milliards d’euros, avec un chèque de 1.200 euros pour la quasi-totalité des ménages. Le tout financé intégralement par de l’emprunt, largement auprès de la banque centrale, c’est à dire de la création d’argent. Et c’est le cas aussi en Europe, au Royaume-Uni, au Japon. Il est tout à fait possible que cela fasse repartir l’inflation dans les années qui viennent.

Alors évidemment, l’inflation peut être bonne pour l’économie. La difficulté, c’est de ne faire que « un peu » d’inflation. On ne contrôle pas précisément ces phénomènes, qui peuvent s’emballer. Mais c’est vrai que 5% par an, ça ne serait pas forcément un problème. Cela permettrait de réduire assez vite la valeur de la dette accumulée dans la zone euro. Exactement comme nous l’avons fait après la Seconde Guerre mondiale, où c’est l’inflation qui a permis de se débarrasser de la dette du conflit.

L’inflation, c’est plutôt favorable à ceux qui sont endettés, parce que cela réduit le poids des engagements du passé, par rapport aux revenus du présent, qui progressent grâce à la hausse des prix. Et c’est plutôt défavorable à l’épargnant, parce que cela réduit aussi, dans le même temps, la valeur de l’argent accumulé. Comme pour tout phénomène économique, il y a des gagnants et des perdants de l’inflation.

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