Archive pour le Tag 'l’industrie'

Croissance: tassement dans l’industrie

Croissance: tassement dans l’industrie

Un premier signe inquiétant sur la croissance avec le versement de l’industrie affectée notamment par la baisse dans le secteur automobile, la hausse des matières premières et des problèmes logistiques. L’indice PMI des directeurs d’achats dévoilé  ce début de  semaine  continue de marquer le pas pour passer de 55 à 53,6 pour retrouver son plus faible niveau depuis janvier dernier.

Cet indicateur composite très observé par les milieux économiques et financiers illustre une croissance de l’activité lorsqu’il est au-dessus de 50 et un repli lorsqu’il est repassé sous ce seuil symbolique.

Alors que la croissance du produit intérieur brut (PIB) en France est attendue au-dessus de 6% par le gouvernement et la plupart des instituts de prévision, la conjoncture dans l’industrie manufacturière est loin d’être au vert. « Les problèmes engendrés par les pénuries de transport et de matières premières signalées depuis quelques mois par les données PMI s’étaient jusqu’à présent cantonnés aux questions d’approvisionnement. S’ils entraînaient de fortes hausses de prix, ils n’affectaient pas, en revanche, les niveaux de production et des carnets de commandes.

Conjoncture économique : tassement de la croissance dans l’industrie

Conjoncture économique : tassement de la croissance dans l’industrie

Upremier signe inquiétant sur la croissance avec le versement de l’industrie affectée notamment par la baisse dans le secteur automobile, la hausse des matières premières et des problèmes logistiques. L’indice PMI des directeurs d’achats dévoilé ce mardi continue de marquer le pas pour passer de 55 à 53,6 pour retrouver son plus faible niveau depuis janvier dernier.

Cet indicateur composite très observé par les milieux économiques et financiers illustre une croissance de l’activité lorsqu’il est au-dessus de 50 et un repli lorsqu’il est repassé sous ce seuil symbolique.

Alors que la croissance du produit intérieur brut (PIB) en France est attendue au-dessus de 6% par le gouvernement et la plupart des instituts de prévision, la conjoncture dans l’industrie manufacturière est loin d’être au vert. « Les problèmes engendrés par les pénuries de transport et de matières premières signalées depuis quelques mois par les données PMI s’étaient jusqu’à présent cantonnés aux questions d’approvisionnement. S’ils entraînaient de fortes hausses de prix, ils n’affectaient pas, en revanche, les niveaux de production et des carnets de commandes.

Croissance : L’industrie encore en retard

Croissance : L’industrie encore en retard

Selon les derniers chiffres de septembre, l’indice de la production manufacturière a accéléré en juillet dernier à 0,6% contre 1% en juin. Sur les trois derniers mois, la production manufacturière est même en très forte augmentation (+10%) par rapport à la même période l’année dernière. Cependant, l’industrie est loin d’avoir retrouvé son niveau d’avant crise. La pandémie a mis un coup d’arrêt violent à certaines branches industrielles. L’industrie tricolore marquée par les grands chocs pétroliers depuis les années 70 et les vagues de délocalisations risquent une nouvelle fois de payer un lourd tribut alors que sa part dans la valeur ajoutée hexagonale ne cesse de s’effondrer

« L’industrie française de l’armement n’est pas morte « 

« L’industrie française de l’armement n’est pas morte « 

 

 

Une réponse à La tribune du groupe Vauban intitulée « La mort confirmée de l’industrie de l’armement française par  le député de La République en Marche Fabien Gouttefarde, .( ‘ Lopinion)

 

 

Le 31 août, quelques heures à peine après la signature à Paris des accords étatiques officialisant la poursuite du programme SCAF (système de combat aérien du futur), dont l’avion de combat NGF (Next Generation Fighter) n’est que la pointe de diamant, le groupe Vauban offrait aux lecteurs de La Tribune une vision d’opinion, bien sûr légitime – aucun débat ne saurait ne pas l’être – mais alarmiste, prétendant constater « la mort confirmée de l’industrie d’armement française« . Il est question de « mettre bas le système de défense des nations européennes sans tirer un coup de feu », rien de moins !  Il me semble pourtant que, lorsqu’on scrute avec attention les actes du président de la République et de cette majorité en matière de Défense, il en va tout autrement.

Certes, la récente décision de la Cour de Justice de l’Union européenne relative au temps de travail est de nature à ouvrir une brèche, qui n’est pas souhaitable : nous, élus, alors que le premier d’entre nous donne aux armées l’ordre d’aller au combat, ne saurions faire aucune différence entre le soldat, qui combat et le soldat, qui soutient. Quand les armes parlent, tous sont égaux devant la mort. Et si elle vient à survenir, ils ne sont pas victimes, mais soldats, tombés pour leur pays. C’est la conviction de cette majorité, exprimée dès l’irruption de la décision de la Cour, par des voix aussi fortes que celle de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe.

S’agissant du projet de projet dit « CorporateSustainabilityReporting Directive », qui menacerait les industriels de la Défense d’étranglement financier, la majorité y est attentive. La transparence, notamment des flux financiers, est un objectif incontournable de nos société démocratiques : les industriels de la défense ne sauraient évidemment s’y soustraire. Toutefois, il appartient à la majorité de veiller à ce que ces mêmes industriels conservent les moyens de développer, de vendre, d’exporter. Cela passe par un dialogue accru avec les acteurs bancaires, échange qui pourra, si cela s’avère nécessaire, être suivi d’une traduction législative.

Berlin, partenaire naturel de Paris

L’Allemagne, enfin, demeure notre partenaire naturel de coopération en Europe. Le président de la République a fait ce choix dès 2017, en lançant quatre programmes majeurs avec la complicité de celle qui est encore pour quelques jours chancelière fédérale. L’avion, le char, le canon. Seul, l’avion de patrouille maritime a depuis connu un naufrage, ce qui est un comble pour un avion destiné aux marins, l’Allemagne ayant choisi finalement un avion américain.

Citoyen, je le déplore. Élu, je le regrette. Européen, je forme le vœu, que certains jugeront sans doute naïf, qu’il soit tiré les enseignements de cet échec, en premier lieu pour fournir à la Marine nationale et aux autres marines européennes qui voudraient s’y associer, un avion répondant à ce besoin dont la criticité n’est plus à prouver, en second lieu pour avancer sur les autres programmes. C’est ce qu’a concrétisé Florence Parly.

Alors, oui, ces trois équipements majeurs seront produits en coopération avec l’Allemagne. Rappelons d’abord que le Royaume-Uni, qui auparavant pouvait jouer ce rôle, a choisi une autre voie. Rappelons également que l’Allemagne n’a pas l’exclusivité de la coopération : d’autres programmes peuvent être menés avec nos amis grecs, récents acheteurs du Rafale, peut-être demain de frégates, belges, qui vont déployer les blindés Griffon et Jaguar dans le cadre de Camo, espagnols, qui déjà participent au Scaf, avec le futur avion bimoteur de transport, sans compter l’hypothétique hélicoptère très lourd dont j’appelais, en juillet, de mes vœux la survenance.

Rappelons enfin que, s’agissant du Scaf, en l’absence de coopération, l’alternative était, pour l’Allemagne, l’achat d’avions américains, pour la France, le développement d’un avion de combat certes très performant, Dassault sachant parfaitement faire, mais hors de portée des finances françaises, sauf à consentir à des choix douloureux. Fallait-il s’y résigner ? Paris n’est pas résigné. Que subsistent entre la France et l’Allemagne des doutes n’est pas étonnant. Que chacun défende son pré carré, est un réflexe presque normal à l’aube d’une coopération qui engage sur des décennies. Que des divergences existent, notamment sur la dissuasion, est sain. D’ailleurs, en matière de nucléaire, diverger n’est pas un drame.

Ce qui serait inacceptable, aux yeux des Français, serait que cette majorité, après avoir lancé ces coopérations et ces réflexions, ne les assume pas. Je les assume, pour ma part. Comme cette majorité assume une Loi de programmation militaire (LPM) de remontée en puissance comparée aux quinquennats précédents. Une LPM qui peut sans doute, nul n’est parfait, être abondée encore, à l’heure où les douloureuses images de Kaboul confirment que le regard américain se tourne vers d’autres horizons que celui de la vieille Europe et des marches de l’Asie pour ne plus voir que les flots du Pacifique.

A nous d’en tirer les conclusions et de poursuivre le projet de remontée en puissance de nos armées et d’accroissement de notre autonomie stratégique, française comme européenne, porté par le président de la République. Un surge budgétaire pour la LPM, la création ou re-création de filières d’excellence – je pense notamment aux munitions de petit calibre, aux drones, à l’avion spatial – y participeraient. La LPM, l’action vers nos partenaires européens, sont les piliers sur lesquels notre industrie peut se reposer. Cette majorité est résolue à l’accompagner encore plus loin.

L’industrie d’armement française condamnée ?

L’industrie d’armement française condamnée ?

 

Vauban, association qui regroupe une vingtaine de spécialistes, réitère ses critiques concernant l’industrie d’armement française qu’elle considère comme condamnée à terme. (dans la « Tribune »)

 

D’abord, l’Europe. Bureaucratique comme à son habitude, Bruxelles a mis un soin particulier à accumuler, en pleine crise sanitaire, des projets qui, mis bout à bout, défont, dans un bel élan schizophrénique, les systèmes de défense des pays membres : en premier lieu, cette pantalonnade – hélas ! sérieuse – du temps de travail des militaires. Par un arrêt de début juillet, la Cour de Justice européenne a purement et simplement mis à bas les forces armées européennes : en séparant les activités « ordinaires » des militaires pour lesquelles le droit européen du travail doit s’appliquer et les activités exceptionnelles (opérations), comme la Commission et l’Allemagne l’avaient déjà avalisé d’ailleurs, elle brise l’unicité du régime des militaires dont la noblesse du métier (et non la singularité, étrange mot qui rabaisse la vocation) est de servir en tout temps et en toutes circonstances leur pays.

La Cour, en rendant ainsi impossible le travail de la gendarmerie, des sapeurs-pompiers, du service de santé des armées, etc, réussit là où l’URSS n’avait pas réussi : mettre à bas tout le système de défense des nations européennes sans tirer un coup de feu.

Après le temps de travail, un autre mauvais coup venu de Bruxelles - le projet dit « Corporate Sustainability Reporting Directive » – menace quant à lui le bras armé des forces : l’industrie d’armement, sans laquelle un appareil de défense ne peut songer à l’indépendance et à l’efficacité. La transparence qui s’appliquait aux domaines financiers puis commerciaux (Loi Sapin-II) des sociétés, s’attaque désormais aux domaines de l’environnement, des enjeux de société et de gouvernance : c’est ainsi qu’après avoir soumis le commerce et la gouvernance des sociétés à leur tyrannie opaque et sans appel mais jamais désintéressée, les mêmes acteurs (ONG, avocats, fonds éthiques, agences de notation, etc) désirent désormais détruire le cœur même de son existence : le financement des activités industrielles et commerciales de la Défense.

Forcément coupable de corruption, forcément auxiliaire des dictateurs et autres génocidaires, forcément nuisible à toute société, l’industrie d’armement ne doit plus être financée, ni pour la R&D ni pour la production et a fortiori pour l’exportation. Banques, assurances, bourses : toutes ces institutions financières tremblent désormais devant l’ONG ; peu importe au fond que les financements de celle-ci soient opaques, que ses campagnes ne soient qu’orchestrées que dans les pays où elles sont tolérées et non dans les pays qui en auraient le plus besoin (Chine, Corée du Sud, Turquie, Russie, Biélorussie, Ukraine, Serbie et Israël) et que leurs analyses et informations soient fausses et infondées presque SYSTEMATIQUEMENT, seule l’image compte.

On préfère l’éolienne à l’avion de combat. Aucun banquier, aucun assureur, aucun responsable de fonds ne voudra se compromettre avec les marchands de canon dont tous veulent la peau. Ce mouvement, déjà en branle depuis des années, est désormais légitimé par la Commission avec ce projet de directive. Comme pour le temps de travail, l’Europe s’attaque ainsi à une institution dont la vocation n’est pas la guerre, mais la paix. Le militaire et l’industriel d’armement sont les instruments de cet adage romain, pilier des nations civilisées : si vis pacem, para bellum.

Une telle réalité, à la fois historique et sociale n’étant pas décemment niable, qu’ont donc réellement en tête les autorités européennes en torpillant ainsi coup sur coup les fondements humains et financiers d’un système de défense qu’en « même temps » elles prétendent bâtir (boussole stratégique, Fonds de défense, DG Défense, etc) ? « Comment peut-on être européen », se demanderait un Montesquieu moderne en se penchant sur le fort peu ragoûtant chaudron bruxellois ?

L’Allemagne ensuite qui sera, sans nul doute, le GRAND sujet des années à venir. Force est de constater que les analyses développées il y a un an se sont toutes vérifiées, comme celles de Bainville que nous citions ; le divorce stratégique de fond entre Paris et Berlin ? Il s’est accentué, notamment sur la dissuasion nucléaire et le rôle de l’OTAN, deux pierres d’achoppement fondamentales qui viendront toujours ruiner les espoirs naïfs des dirigeants français qui n’ont TOUJOURS pas compris qu’ils ne rallieront jamais l’Allemagne à ces deux positions.

Les coopérations d’armement ? Là aussi, une doctrine atlantiste et pacifiste ne peut que produire des déceptions dont la meilleure illustration demeure la gifle allemande que Paris a reçue sans broncher sur l’avion de patrouille de maritime. C’est moins ici le fond que la méthode allemande qui aurait dû choquer Paris, puisque pour la deuxième fois (et non la dernière), Berlin n’a pas pris de gants pour l’infliger à ses interlocuteurs français. Il y a avait eu avant, souvenons-nous, le débat sur l’autonomie stratégique européenne, où la ministre de la Défense, pourtant discréditée pour incompétence en Allemagne même, avait pris le parti de critiquer en public et par trois fois le Président français avec le soutien honteux mais réel de la Chancelière… Les difficultés inhérentes aux autres programmes – avion et char de combat – montrent assez que l’Allemagne ne conçoit pas la coopération, mais juste la domination humaines et technologique d’ensembles européens. Délaissée car méprisée, l’industrie d’armement terrestre française vit tous les jours à l’heure allemande.

 L’exportation d’armement ? Avec le poids fondamental car central que les Verts sont en train de se ménager dans la future coalition (qu’elle soit menée par la CDU ou par la SPD), exporter de l’armement en Allemagne, puis en franco-allemand deviendra le pire des parcours d’obstacles. Cette opposition des Verts, des socialistes et de l’extrême-gauche à toute exportation d’armement, n’a pas d’ailleurs seulement convaincu en Allemagne, mais a séduit Bruxelles, ce qui est tout aussi pire. Le rapport de Mme Neumann (septembre 2020) l’avait déjà annoncé : l’exportation d’armement ne sera plus autorisée qu’au sein de l’Union européenne ou de l’OTAN et encore, on lui préférera la coopération sous étroit contrôle de la Commission européenne. Autant dire que l’industrie d’armement française est condamnée à la plus grande joie des autres pays.

Et la France ? En dépit des déceptions européennes et allemandes, le gouvernement maintient le cap, c’est-à-dire qu’il accepte sans sourciller le cours des choses telles qu’elles sont planifiées à Bruxelles et à Berlin ; nulle critique n’est autorisée ; nulle consigne de résistance face la Cour de Justice ; nulle dérogation pour la défense dans le cadre de la directive ESG ; nulle remise en cause des modalités mêmes des coopérations avec l’Allemagne.

Tout se passe comme si la réalité n’avait plus aucune prise, et surtout comme si Mme Goulard, pourtant éphémère ministre de la défense, avait fait triompher sa doctrine définitivement lorsqu’elle annonçait prophétiquement le 8 juin 2017 : « Si nous voulons faire l’Europe de la défense, il va y avoir des restructurations à opérer, faire des choix de compatibilité et, à terme, des choix qui pourraient passer dans un premier temps pour aboutir à privilégier des consortiums dans lesquels les Français ne sont pas toujours leaders ».

Tout était donc dit il y a quatre ans : les partisans acharnés de l’Europe de la Défense telle qu’elle se construit sous nos yeux, ne peuvent qu’adhérer ou se taire. Mais, et c’est l’intérêt de la période actuelle, tout n’est pas consommé : un sursaut est possible, et c’est à celui-ci que nos prochaines tribunes s’attacheront.

Conjoncture-Les perspectives de l’industrie (Alexandre Saubot)

Conjoncture-Les perspectives de l’industrie (Alexandre Saubot)

 

 

Alexandre Saubot, directeur général de Haulotte et président de France Industrie, livre dans une interview à l’Opinion) sa vision des perspectives dans le secteur industriel . 

Consommation, emploi, production… Cette rentrée est marquée par des chiffres macroéconomiques plutôt bons. Mais qu’en est-il plus précisément dans le secteur de l’industrie ? « On n’efface jamais une crise comme ça car elle a laissé un trou sur les résultats, le cumul de cash et la capacité à faire, répond Alexandre Saubot. Mais au niveau de l’activité, on a retrouvé au printemps des niveaux équivalents, voire supérieurs, à ce qu’on connaissait avant la crise. Donc globalement, en termes d’activité, les patrons dans l’industrie ont le moral. Après, on a retrouvé un certain nombre de sujets qu’on connaissait avant, comme les difficultés de recrutement, puis on a un vrai sujet autour des tensions sur les prix des matières premières et le prix des approvisionnements. »

Quelles sont les perspectives d’embauche dans l’industrie ? « Dans la conjoncture telle qu’on la connaît, elles sont forcément bonnes, se réjouit le président de France Industrie. Le vrai sujet, c’est de savoir si on aura suffisamment de candidats. On a fait un gros travail sur l’alternance mais il faut aussi faire de la formation continue pour nos collaborateurs, il faut donner envie à des gens qui ne sont pas dans nos secteurs de venir chez nous pour répondre aux besoins de demain. »

L’alternance a bénéficié d’aides spécifiques de l’Etat pendant la crise. Faut-il les maintenir, maintenant que la fin du « quoi qu’il en coûte » a sonné ? Pour Alexandre Saubot, « il faut faire très attention, dans cette période où les incertitudes demeurent, à la façon dont on débranche un certain nombre de choses. Surtout dans un secteur où il y a un vrai bénéfice collectif. S’il faut faire des économies, je ne commencerai pas par là ».

Interrogés par l’Insee en avril, les chefs d’entreprise de l’industrie manufacturière prévoient, pour 2021, un fort rebond de leurs investissements, en hausse de 10 % en valeur, confirmant leur prévision de janvier. Ce qui ne surprend pas le directeur général de Haulotte : « L’activité est d’abord répartie un peu plus tôt qu’anticipé et on a eu, en plus, un plan de relance avec une vraie priorité industrielle et dans cette priorité, un vrai soutien à l’investissement. Donc à la fois, on a amorti le choc l’année dernière et préservé, avec le PGE et tous les outils de financement, la capacité d’investissement. »

Avenir de l’industrie automobile : suppression de 100 000 emplois

Avenir de l’industrie automobile : suppression de 100 000 emplois

 

Pour  fabriquer un moteur électrique, il faut 60% de main d’œuvre en moins que pour un diesel.  Conclusion interne ce sera la perte de la moitié des effectifs de l’industrie automobile soit autour de 100 000 d’après l’organisation professionnelle.Soit la moitié des effectifs

 

La France commence à prendre conscience que l’Europe est engagée dans la voie d’une démolition sans précédent de son industrie automobile avec des objectifs beaucoup trop précipités voir même hasardeux. Ainsi la commission européenne souhaiterait  que les véhicules thermiques soient interdits dès 2035. La France préférerait plus trad avec une transition plus douce incluant la prise en compte des véhicules hybrides. La France ne voit pas les choses du même œil et opte de son côté pour une transition plus lente. « Les hybrides rechargeables sont une bonne solution de transition, il faut qu’ils soient une option de transition dans la durée », a indiqué l’Elysée. « On n’a pas acté la fin du moteur thermique en 2035, ça fermerait la porte à l’hybride également ».

Pour 2030, le gouvernement français et la filière militent pour « un objectif réaliste »« autour de 55% de baisse des émissions maximum », soit moins que ce que devrait proposer la Commission européenne.

Le problème majeur c’est que ici 2035 l’industrie européenne notamment française n’aura pas eu le temps de s’assurer de la maîtrise d’un certain nombre de technologies du véhicule électrique notamment concernant les batteries. Du coup les normes européennes pourraient constituer une sorte de porte ouverte à la Chine en Europe pour ses technologies

Le gouvernement prépare d’ailleurs dans ce sens, pour la fin de l’été, un plan d’investissements pour soutenir la transition du marché automobile, selon l’Elysée, un an après la mise en œuvre d’un plan de relance de la filière en mai 2020, doté de huit milliards d’euros. Une « cartographie détaillée de l’impact de cette transition et des moyens de l’Etat qui peuvent être mis en place », filière par filière, doit également être présentée au Premier ministre.

La Plateforme automobile (PFA), qui représente la filière, estime à 17 milliards d’euros l’enveloppe nécessaire pour localiser en France « dans les cinq ans les technologies clés de l’automobile du 21ème siècle ». La plateforme estime à 30% le niveau d’aide publique requis. PFA, qui se fonde sur un rapport du cabinet McKinsey, indique par ailleurs que 6,6 milliards d’euros devront être débloqués pour être investis dans l’installation de bornes de recharges publiques, nécessaires pour les deux millions de véhicules électriques attendus en 2025.

Dans un marché globalement en recul à cause de la pandémie de Covid-19, les voitures électriques progressent mais bien insuffisamment pour compenser la baisse des immatriculation. En cause notamment la fiabilité de la technique électrique et surtout son cou. Nombres de ménage ne sont pas prêts à dépenser 40 à 50 000 € pour changer leur véhicule

Société-Viande cellulaire : l’industrie chimique finance les organisations Végan

Société-Viande cellulaire : l’industrie chimique finance les organisations Végan

La chimie industrielle au service de la suppression de la viande animale classique avec le financement d’organisations végan. Ou la viande artificielle pour remplacer la viande animale classique. Bon appétit !

 

 

D’après France Info, L214 a reçu un important don d’une fondation américaine : Open Philanthropy Project. Elle a notamment été créée par l’un des fondateurs de Facebook, Dustin Moskovitz, 146e fortune mondiale selon Forbes en 2019 avec plus de neuf milliards de dollars. La fondation investit dans la santé, les universités, la recherche, mais aussi dans le bien-être animal. Depuis trois ans, elle a versé plus de 125 millions de dollars à diverses associations de défense animale, et notamment L214, via un versement de 1,14 million d’euros en 2017 (495 000 euros imputés aux comptes 2018, 645 000 euros dans ceux de 2019). Dans les comptes 2019 de l’association, cela représente 8% de son budget.

D’après Brigitte Gothière, ce sont les Américains qui sont venus vers l’association. « On ne les connaissait pas, c’est eux qui ont remarqué notre travail, explique-t-elle. Ils sont venus vers nous en disant qu’ils finançaient des actions humanitaires, environnementales et de défense des animaux et qu’il ne fallait pas qu’on hésite à leur soumettre des projets. On les a sollicités sur une campagne publique et à destination des entreprises sur les poulets de chair. Et ils n’ont pas eu de mot à dire sur comment on voulait dépenser cet argent. »

Pour Gilles Luneau, un journaliste qui a enquêté sur cet organisme de philanthropie, ce don est sous tendu par des arrière-pensées. Cette fondation a, dit-il, un double objectif. « D’une part, elle soutient un certain nombre de start-up qui travaillent sur la nourriture végan. Et d’autre part, elle finance la recherche, le développement et la quasi-mise en industrie de viande à partir de cultures de cellules souches. À leurs yeux, la filière d’avenir, c’est de changer la manière dont se nourrit le monde. Ils veulent s’emparer du marché mondial de l’alimentation, tout simplement. »

 

Pour l’instant, on utilise des cellules de fœtus de veau mais l’objectif à moyen terme, c’est de remplacer ce sérum par un extrait de champignon. Pour l’instant, cette fausse viande cellulaire suppose donc un donneur de cellules, mais ensuite, un seul échantillon va permettre de produire jusqu’à 20 000 tonnes de viande. La start-up Mosa Meat nous dit même que 150 vaches à l’échelle mondiale seraient suffisantes pour satisfaire la demande actuelle de viande. »

 

Bref la chimie alimentaire au service de la suppression de la viande animale classique. Bon appétit !

L’urgence d’une régulation de l’industrie textile

L’urgence d’une régulation de l’industrie textile

 

Un collectif de cent cinquante responsables d’entreprises du textile français constate, dans une tribune au « Monde », que l’engagement environnemental volontaire les défavorise face à la concurrence, et demande par conséquent une loi obligeant toutes les marques à payer les coûts environnementaux. ( Extrait)

 

Tribune.

Nous sommes des chefs et cheffes de marques textiles françaises, et, comme tout le monde, nous voyons se matérialiser avec effroi les conséquences du dérèglement climatique : les étés deviennent caniculaires, les inondations se multiplient et les incendies font des ravages. Pourtant, notre industrie émet toujours plus de gaz à effet de serre. En cause, la quantité de vêtements produite qui continue à augmenter chaque année, et la fabrication majoritairement délocalisée en Asie dans des usines qui tournent au gaz ou au charbon.

Nous essayons de faire notre part dans la lutte contre le changement climatique, mais nous constatons que nos efforts sont sans effet si toutes les autres marques qui vendent des vêtements en France ne s’impliquent pas à la même hauteur. Pire encore, nos engagements nous désavantagent. Aujourd’hui, plus une entreprise pollue, moins sa production lui coûte cher et plus elle est compétitive.

 

Quand nous relocalisons, nos vêtements deviennent bien plus chers que ceux fabriqués à bas coût à l’autre bout du monde. Quand nous sortons du cycle infernal des soldes et des promotions, les « prix cassés » attirent les clients ailleurs. Quand nous ralentissons le rythme de nos collections afin de moins pousser à la consommation, d’autres marques renouvellent les leurs toujours plus rapidement, nous prenant ainsi des parts de marché. C’est indéniable : il y a aujourd’hui un avantage économique à produire de manière irresponsable. Une « prime au vice » que nous dénonçons.

On nous répondra que les consommateurs finiront bien par se tourner vers les marques les plus écoresponsables. Mais l’éthique pèse bien peu face à des prix cassés et des collections toujours plus vite renouvelées. Pour un Patagonia, combien de Primark, Boohoo, Forever 21, H&M ou Zara ? Dans un monde où la publicité est omniprésente, son contrôle difficile et le temps d’attention limité, le pouvoir de voter avec son portefeuille est largement insuffisant.

Pour que notre industrie fasse sa part dans la lutte contre le dérèglement climatique, il faut complètement renverser notre cadre réglementaire. C’est pourquoi nous demandons, nous les marques textiles, que la loi oblige les entreprises de l’habillement, les nôtres y compris, à payer réellement les coûts environnementaux qu’elles génèrent. C’est le seul moyen de supprimer enfin la prime au vice. Nous sommes pour une concurrence non faussée et vertueuse.

 

Nos premières revendications concernent les critères de calcul et d’attribution de l’écocontribution des vêtements, dont la révision aura lieu d’ici quelques mois. Voici les principales modifications que nous demandons :

Défense : 64 % favorables à l’industrie française

Défense : 64 % favorables à l’industrie française

 

 

 

Selon un sondage IFOP 64% des Français ont une bonne image de l’industrie de l’armement (contre 23% une mauvaise image). Soit les deux tiers des Français. Ils ont également une bonne image de l’industrie aéronautique (79%), ce qui est le plus haut niveau enregistré parmi l’ensemble des filières industrielles citées dans le sondage. Là aussi un pied de nez aux écologistes les plus radicaux qui veulent rayer de la carte industrielle l’aéronautique en France.

Cerise sur le gâteau, le budget de la Défense en France, qui représente 1,9% du PIB, est pour 47% des sondés insuffisant (contre 34% suffisant). Contrairement à ce que laissent entendre les ONG, les Français restent également favorables à l’exportation de matériel d’armements (67% favorables, contre 33%), à la condition de mettre en place plus de contrôle et plus de transparence.

L’enjeu de la souveraineté est important pour preuve, l’industrie française de défense est indispensable pour assurer l’indépendance et la souveraineté de la France, selon 75% des sondés. L’importance de la souveraineté de la France en matière d’industrie de défense est jugée essentielle ou importante pour 80% des Français (contre 7%). Tout comme l’importance de la capacité de la France à se fournir de façon autonome en matière d’équipements de défense (80% des sondés).

outre, les trois quarts des Français reconnaissent à l’industrie de défense française une fonction régalienne : 72% considèrent qu’elle fournit aux forces armées les moyens d’assurer leurs missions ; 70% lui reconnaissent également un rôle dans le rayonnement de la France à l’international. Les deux tiers des sondés s’accordent également sur son impact économique et technologique positif : elle concentre beaucoup de R&D (69%) et elle a un impact économique positif (63%). En revanche, l’industrie de l’armement devra assurer un dialogue plus important avec les Français. C’est également un axe de travail pour les prochains candidats à la présidentielle. Car 67% des sondés estiment que les questions de défense ne sont pas assez évoquées dans le débat public.

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(1) L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1.003 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Le nouveau management dans l’industrie automobile

Le nouveau management  dans l’industrie automobile

 

 Pionnière du programme électrique de Renault, puis Directrice des talents de Renault et PSA, Béatrice Foucher nous partage son expérience et ses vécus comme dirigeante et comme femme de l’automobile… pour faire de DS la marque de la transition énergétique ( dans l’Opinion)

 

 

Diriger une nouvelle marque « premium », sur un marché dominé par la concurrence internationale, dans un groupe en pleine transformation : le défi a immédiatement attiré Béatrice Foucher. La Directrice Générale de DS Automobiles compte bien imposer la marque française comme une référence mêlant audace et maîtrise technologique, pour l’asseoir durablement sur le segment de la voiture électrifiée haut de gamme. Elle est l’invitée du huitième épisode d’Open Mic, un podcast qui va à la rencontre de Forward Looking Leaders, ces dirigeants visionnaires qui questionnent le statu quo et font évoluer les règles du jeu pour le bien commun, présenté par l’Opinion et Beyond Associés.

Extraits :

« On entend dans les médias de ci de là que les Français se sont cassé les dents sur le premium, sur des voitures chères avec des ingrédients exceptionnels, que ce soit des ingrédients techniques ou des ingrédients de qualité de vie. Rien n’est inéluctable. Je ne vois pas pourquoi une marque française ne saurait pas avoir du succès à ce niveau-là, à ce niveau de prix et pour créer un niveau de satisfaction pour les clients. Donc non, on y va. »

« Ce qui est intéressant, c’est qu’on a une collaboration avec des des métiers d’art. D’ailleurs, on est en train de lancer un appel à création auprès d’un certain nombre d’artistes. On va bientôt pouvoir communiquer là dessus. Et puis, à un moment donné, on va élire le meilleur artiste qui aura collaboré avec nous et on va chercher un certain nombre d’ingrédients du savoir faire français. Que ce soit dans les montres, dans les cuirs, dans la confection d’autres matériaux et on les met dans la voiture. »

Cet élan a été un peu freiné par la crise de la Covid. Comment avez-vous géré cette crise ?

« On a d’abord appris que lorsqu’on a une marque à la notiriété naissante, on doit sans cesse communiquer de façon diversifiée, avec des choses un peu nouvelles. On a aussi appris qu’on étaient forts parce qu’on étaient soudés et qu’on avait une vision. »

« Néanmoins cette crise nous a secoué. On a appris à travailler en digital même si on fabrique toujours à la main. On a été entrechoqués par deux choses : une exognèse, la réglementation, notamment sur l’électrique et une semi endogène, qui est l’arrivée très accélérée de la connectivité dans l’automobile. »

« Il est clair que sur l’électriqur, le marché européen, et demain les marchés américain et chinois, sont drivés par la réglementation. Ce qu’on demande aujourd’hui à l’industrie automobile est incroyable, cela fait plus de 100 que l’on roule avec de l’énergie fossile. Aller vers l’électrique, c’est ne pas en revenir. »

Piloter en période d’accélération technologique impressionnante, qu’est-ce que ça change ?

« On passe d’un pilotage dynamique et exigeant à un management de rupture. On parle d’une temporalité quasiment à la journée au sein de l’industrie automobile, ce qui change tout à la façon de faire, avec des décisions brutales comme d’arrêter des moteurs thermiques quasiment du jour au lendemain. »

« Les gens se rendent compte et comprennent que l’on ne peut plus rester assis sur la même branche. Ils ont le sentiment qu’on leur demande de scier la branche sur laquelle ils sont assis, mais on leur dit qu’ils ne sont justement plus assis dessus. Ce qui est assez intéressant en termes de management. »

Pourquoi ce choix de passer du top management à une direction talents ?

« C’est la seule partie de ma carrière qui n’était pas réfléhcie. A un moment donné, j’ai bien aimé m’occuper de manager, d’accompagner. A un moment j’ai voulu travailler sur la valeur intrinsèque d’une boîte : les gens. J’ai suivi mon instinct et c’est vraiment une expérience merveilleuse. »

« J’en retire qu’il faut réellement accompagner le développement des gens. Il y a toujours une place, l’intérieur comme à l’extrérieur de l’entreprise, pour une personne. J’ai aussi adoré construire un programme de développement exclusivement réservé aux femmes. »

L’écologie aussi dans l’industrie du luxe

L’écologie aussi dans l’industrie du luxe

Par Olivier Durin, rédacteur en chef du site « Le Monde de l’énergie ».

 

Tribune dans l’opinion

Sollicitée par ses clients, l’industrie du luxe entend jouer un rôle majeur dans le grand défi de la transition écologique. La crise sanitaire et la question du « monde d’après » ne font qu’accélérer un mouvement désormais inéluctable, qui touche tous les secteurs d’activités, de la mode/maroquinerie, aux vins et spiritueux, en passant par les parfums ou les cosmétiques.

Ce changement de paradigme se fait principalement sous l’impulsion des « millenials », ces nouveaux et futurs consommateurs très attentifs aux valeurs du développement durable. Ils souhaitent profiter pleinement de l’Eros du luxe, tout en supprimant les impacts négatifs qui en découlent. Et c’est tant mieux. Face aux attentes environnementales, le luxe, à juste titre considéré comme d’autres secteurs comme un gros émetteur d’émissions de CO2, se réinvente et adopte des gestes éco-responsables.

À commencer par LVMH qui, à travers son plan Life 360, vient d’annoncer, qu’à l’horizon 2026, ses « Maisons » n’utiliseraient plus de plastique vierge dans ses emballages. Exit donc le plastique recyclé ou biosourcé. Cela passe par la case innovation pour le leader mondial aux 75 marques. Autre annonce qui va dans le sens de la réduction de l’empreinte carbone, à savoir dans le secteur des vêtements : LVMH souhaite à terme utiliser de la laine précieuse recyclée car « c’est 455% de carbone réduit par rapport à la laine vierge », affirme Hélène Valade, directrice Développement Environnement. Une bonne nouvelle quand on sait que ce secteur, selon WWF, est responsable de la production de 1,7 milliard de tonnes de CO2 par an.

Concernant la biodiversité, le groupe de Bernard Arnault s’engage à ce que dans 5 ans, 100% des matières premières stratégiques soient certifiées par des moyens préservant les écosystèmes et les ressources en eau (rappel, il faut entre 10.000 et 20.000 litres d’eau pour produire 1 kilo de coton). LVMH lance également des programmes d’agriculture régénératrice, tels que la reforestation des vignobles via le champagne Ruinart. Sur le climat, le groupe aux 75 marques s’engage à réduire de 50% d’ici 2026 ses émissions de carbone liées aux consommations énergétiques, par rapport à 2019, et à fournir ses boutiques et sites à 100% en énergie renouvelable.

Son grand rival Kering (Gucci, Yves Saint Laurent, Boucheron…) n’est pas en reste : le Français s’est engagé à compenser intégralement les émissions de gaz à effet de serre générées par l’ensemble de ses activités, y compris sa chaîne d’approvisionnement, via notamment des programmes de protection des forêts. Le groupe affirme qu’il compense désormais toutes les émissions annuelles résiduelles comptabilisées, celles liées à l’extraction de matériaux achetés par l’entreprise, ou au transport des salariés – qui constitue souvent la part la plus importante des émissions d’un groupe.

Cette mobilisation en faveur de l’environnement ne date pas d’aujourd’hui. C’est à partir de 1992, date du sommet de la Terre organisé à Rio, qu’ont commencé à partir en croisade les industriels du luxe. 1992 marque en effet un tournant dans la politique environnementale de LVMH qui crée une direction de l’Environnement et commence alors à innover. De là naissent les fameux parfums rechargeables de chez Dior, les cartons en matière végétale à base de peau de raisin pour Veuve Clicquot, un accord avec le Pérou pour la préservation des vigognes dont la laine sert à produire des tissus luxueux… Le groupe de Bernard Arnault a également pris le taureau par les cornes en réduisant l’utilisation de l’énergie dans ses 4.000 magasins qui représentent, au passage, 80% de sa consommation. Aujourd’hui, cette politique volontariste a permis de réduire de 12% les émissions de gaz à effet de serre du groupe et d’atteindre 19% d’énergie renouvelable dans la consommation énergétique.

Boosté par les Accords de Paris en 2015, Kering, de son côté, promet d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Et il a inventé l’EP & L : un outil qui mesure, tout au long de la chaîne d’approvisionnement, les émissions de CO2, la consommation d’eau, la pollution de l’air et de l’eau, l’utilisation des sols et la production de déchets. Hermès promet , en 2017, pour sa part, que 10 % de la rémunération de son dirigeant, Axel Dumas, sera soumise à des critères RSE (responsabilité sociale et environnementale). De ces mutations découlent aussi une responsabilité accrue sur la traçabilité des filières d’approvisionnement et la certification des matières. Kering applique ainsi des « standards maison » à ses fournisseurs et travaille avec éleveurs et ONG sur place. Effet de mode ou non, le bien-être animal a également amené LVMH à ériger une charte de bonne conduite concernant ses filières d’approvisionnements. Parallèlement, le groupe, en 2019, fait un don de 10 millions d’euros pour lutter contre les feux qui ravagent l’Amazonie.

Si 2019 aura été l’année de l’accélération du « green » des géants du luxe, ces derniers sont aujourd’hui encore parmi les principaux pollueurs au monde. Un problème que la filière tente de prendre à bras le corps à travers le « Fashion Pact », coalition mondiale (56 entreprises et 250 marques à ce jour), créée au Sommet du G7 de Biarritz à la demande d’Emmanuel Macron et pilotée par François-Henri Pinault. Objectifs : enrayer le réchauffement climatique, restaurer la biodiversité et protéger les océans. Chanel, membre de la coalition, a par exemple renoncé à utiliser la fourrure animale et les peaux exotiques. Kering s’est engagé à atteindre un « impact net positif » sur la biodiversité à horizon 2025 en régénérant et en protégeant une superficie six fois supérieure à l’empreinte écologique totale de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement du groupe.

Dernier exemple en date, en mars dernier, LVMH a dévoilé ses engagements «Biodiversité» et renforcé son partenariat avec l’Unesco en voulant atteindre la «neutralité biodiversité » d’ici à 2030.

« Le luxe est à l’intersection de la nature et de la créativité : nous avons besoin de la nature pour fabriquer nos produits de haute qualité, et la nature doit être restaurée et protégée. Nous avons entrepris de faire de la protection de la biodiversité une priorité absolue et d’être un acteur exemplaire, audacieux, créatif et exigeant du changement pour construire un avenir plus durable », a déclaré Antoine Arnault, Image et Environnement LVMH.

C’est la raison pour laquelle, l’Amazonie, poumon vert de la planète, reste un enjeu crucial pour le groupe qui s’engage à ne pas utiliser des matières premières en provenance de zones à fort risque de déforestation ou de désertification. Mieux : l’ambition est de régénérer d’ici 10 ans l’équivalent de cinq millions d’hectares d’habitat de la faune et de la flore. Audrey Azoulay, présidente de l’Unesco, s’explique :

« Notre coopération n’est pas du greenwashing. L’Unesco a été pionnière sur cet enjeu – notre premier programme biodiversité remonte à 1971 – et il est crucial que des grands groupes privés s’engagent sur ce sujet, car ils ont un rôle majeur et un effet d’entraînement. Nous jouons pleinement notre rôle de passerelle entre scientifiques et décideurs, politiques comme économiques »

Ordinateur quantique : des conséquences pour toute l’industrie

Ordinateur quantique : des conséquences pour toute l’industrie

 

 

 

Les capacités de calcul inédites que promet cette technologie encore en développement vont faire surgir des applications nouvelles, note Nozha Boujemaa, Spécialiste d’IA responsable, membre du réseau d’experts en IA de l’OCDE (ONE AI),  dans le « Monde », qui rappelle que la France dispose de scientifiques de grand talent dans ce domaine.

 

L’infiniment petit ne finit pas de nous surprendre et de nous émerveiller. Au tout début de ma carrière, je construisais à la main des lasers dits à « échos de photons » et c’était magique de voir jaillir une lumière cohérente puissante avec un minimum de maîtrise de physique quantique. L’analogie avec les « échos de spin » dans le domaine magnétique m’a amenée vers l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et ses passionnantes applications en imagerie médicale.

Ces propriétés quantiques de la matière reviennent sur le devant de la scène des sciences et technologies du numérique. Cette dualité « onde-matière », ô combien intrigante tout au long de l’histoire des sciences, stipule qu’une particule est soumise à un principe de dualité qui défie les logiques de l’échelle macroscopique et échappe à l’intuition du monde réel : un objet peut être dans plusieurs états tant qu’on ne l’a pas mesuré (la superposition quantique) ; deux objets peuvent s’influencer à distance sans aucune communication (principe de non-localité ou d’intrication quantique).

 

L’ordinateur d’aujourd’hui fonctionne avec des bits (binary digits) à deux états, 0 et 1. L’informatique quantique fonctionne avec des qubits constitués par des superpositions d’états entre 0 et 1, où N qubits sont équivalents à 2N états. 70 bits quantiques superposés contiennent 270 informations (1 zettabit), ce qui équivaut à toute l’information produite par l’humanité. Cet effet exponentiel a un impact fort sur la quantité de données qui sera gérée en même temps.

On ne maîtrise pas encore la réalisation technologique d’un ordinateur quantique. Le fait même d’observer un système quantique le perturbe et génère des erreurs nécessitant des conditions de stabilisation utilisant des températures de − 273 °C environ avec un matériel de refroidissement très encombrant. Nous ne sommes qu’à l’aube d’une nouvelle ère numérique qui a besoin de progrès technologiques gigantesques (comme pour les premiers transistors).

La réalisation effective de l’ordinateur quantique nous laisse cependant entrevoir une révolution de rupture qui touchera tous les domaines industriels. Ses capacités de traitement de l’information à large échelle pourront par exemple casser tous les codes secrets – on parle déjà de cryptologie post-quantique –, optimiser des parcours en logistique, simuler la mécanique des fluides ou l’écoulement de l’air sur l’aile d’un avion. Les transports bénéficieront évidemment de ces applications. L’informatique quantique s’attaquera à tout ce qui nécessite des calculs intensifs habituellement irréalisables dans des temps raisonnables par un ordinateur binaire limité dans l’exploration informationnelle.


Evidemment, l’intelligence artificielle, qui est l’art et la manière de traiter utilement une quantité importante de données, se verra boostée avec un saut vers des capacités dont on ignore aujourd’hui les limites et les implications dans la vie des humains. Cela a un côté extraordinaire, mais c’est aussi un saut vers l’inconnu, même si l’humanité n’en est pas à sa première aventure fantastique avec des technologies transformantes.

La course vers la suprématie quantique est active chez beaucoup d’acteurs publics et privés dans le monde entier comme Google, IBM, Atos, D-Wave et bien d’autres. Le président de la République a annoncé, début 2021, un plan d’investissement dans le quantique de 1,8 milliard d’euros sur cinq ans. La France dispose des meilleurs spécialistes en physique quantique, dont une bonne représentation sur le plateau de Saclay.

Le chemin vers la réalisation de l’ordinateur quantique sera long mais les technologies développées en cours de route seront elles aussi bénéfiques pour la compréhension de notre monde, avec un impact dans des domaines d’application inattendus.

Le rôle de l’industrie sur l’empreinte carbone». Par Alexandre Saubot

Le rôle de l’industrie sur l’empreinte carbone». Par Alexandre Saubot

 

Alexandre Saubot ,président de France Industrie évoque la responsabilité de l’industrie sur l’empreinte carbone dans le journal l’Opinion

La lutte contre le changement climatique est l’enjeu crucial du XXIe siècle. Après les discours et les alertes, le temps est maintenant plus que jamais à l’action collective, ambitieuse et pragmatique, sans concession, ni idéologie. Ce combat se joue autant dans les orientations politiques du pays, dans la vie des entreprises, que dans les choix quotidiens de consommation de millions de Français en matière d’alimentation, de déplacement, de logement, de chauffage, de communication…

Nous, industriels français, avons bien sûr une responsabilité particulière en la matière et nous sommes prêts à prendre toute notre part dans cette mobilisation ! Nous nous sommes ainsi engagés à concourir à l’objectif national de zéro émission nette de gaz à effet de serre, ou la « neutralité carbone » d’ici 2050, pour lequel nous avons déjà fourni d’importants efforts en réduisant de 50% les émissions de l’industrie entre 1990 et 2019.

De nombreux progrès ont été ou sont réalisés dans le recyclage, l’économie circulaire, la sobriété des véhicules ou des avions que nous produisons, l’isolation des bâtiments ou encore l’efficacité énergétique ou l’électrification de nos procédés. Le mix énergétique de la France, fondé sur l’atout nucléaire, y contribue de manière considérable. Notre pays représente désormais moins de 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et la France affiche le point de PIB le moins carboné des pays européens avancés, loin devant l’Allemagne.

Algorithmes frugaux. Face à l’urgence d’agir, nous sommes prêts à accélérer le développement des solutions industrielles qui répondent aux attentes environnementales, car l’industrie française est un atout décisif dans le combat climatique, une arme de réduction massive de notre empreinte carbone. La réussite de la transition écologique repose sur les progrès de la recherche scientifique et de l’innovation. C’est par exemple l’industrie française qui développe aujourd’hui la production, la distribution et l’utilisation de l’hydrogène. C’est également l’industrie française qui investit plusieurs milliards d’euros par an pour réduire encore les émissions de gaz à effet de serre de ses usines.

«L’industrie française, à travers sa filière électronucléaire, permet à la France d’être le premier grand Etat membre de l’Union européenne à émettre le moins de gaz à effet de serre par habitant»

C’est aussi l’industrie française qui, à travers sa filière électronucléaire, permet à la France d’être le premier grand Etat membre de l’Union européenne à émettre le moins de gaz à effet de serre par habitant. Et c’est enfin l’industrie française qui prépare l’ère du numérique responsable faisant appel à des algorithmes frugaux, loin de l’utilisation débridée des capacités de stockage et de calcul intensif à laquelle nous ont mal habitués certains acteurs nord-américains !

Si l’exécutif français a opté pour une stratégie de soutien à l’innovation industrielle à travers le plan de relance et le quatrième volet du plan d’investissements d’avenir, nous constatons à regret qu’il emprunte aujourd’hui en parallèle une autre voie qui semble paradoxalement désigner l’industrie, voire l’économie et sa croissance, comme un ennemi à mettre au pas, plutôt que comme un allié de confiance au service des Français.

Boucs émissaires. La transition écologique n’aura pas lieu en détruisant le progrès économique et social issu de la croissance. Il est regrettable de voir fleurir dans le débat public des propositions antiéconomiques, anti-entreprises et anti-libertés individuelles qui entretiennent le mythe que des solutions simplistes seraient la réponse à des enjeux complexes. Qu’il s’agisse des controverses à venir sur la pertinence du mot « écocide » dans la loi Climat, d’une révision constitutionnelle dont l’intérêt est chimérique au regard du droit actuel, ou de mesures tendant à freiner la production industrielle française quand nos concurrents européens font l’inverse, on est bien loin de traduire les contours d’une véritable stratégie de transition écologique. Surtout, comment construire une mobilisation collective autour de l’enjeu climatique si on désigne les apporteurs de solutions comme des boucs émissaires ?

Ce n’est pourtant qu’ensemble que nous gagnerons ce combat : responsables politiques, entreprises de toutes tailles, associations, organisations professionnelles et syndicales, et citoyens consommateurs. Car les transformations les plus ambitieuses ne sont effectives et durables que lorsqu’elles suscitent l’adhésion du plus grand nombre pour les mettre en pratique massivement.

Il y a donc urgence à engager collectivement notre société autour d’un projet environnemental tangible, doté d’une gouvernance claire, pour piloter ce qui sera un nouveau pacte climatique, économiquement soutenable, socialement acceptable et écologiquement ambitieux ; atteindre cet objectif suppose de départir la transition écologique de ses totems et marottes, pour la tourner résolument vers l’action.

Nous, industriels français, sommes au service de la transition écologique, pour apporter des solutions concrètes à nos concitoyens, aux générations actuelles et futures, à nos enfants, et co-construire, au plus près des réalités du terrain, ce nouveau contrat sociétal porteur de progrès visibles, mesurables et partagés par tous.

Alexandre Saubot est président de France Industrie.

Crise de l’industrie pharmaceutique en France : la faute à un manque d’investissements

Crise de l’industrie pharmaceutique en France : la faute à un manque d’investissements

L’économiste Frédéric Bizard propose, dans une tribune au « Monde », de rompre avec les stratégies publiques et privées actuelles.

Tribune. Parmi les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, la France, pays inventeur du vaccin, est le seul à ne pas avoir trouvé un vaccin contre le Covid-19. Signe d’un déclin irréversible de la recherche médicale française pour les uns, accident de parcours lié à tout processus de recherche pour les autres, cette situation révèle des dysfonctionnements qui peuvent être corrigés.

Alors que la France dispose déjà d’un budget global public de la recherche plus faible que nos voisins (2 % du PIB contre 3 % en Allemagne), le pays a fait le choix étonnant de diminuer la part de ce budget consacrée au secteur de la santé (– 28 % de 2011 à 2018). C’est une erreur stratégique dans une période de transition technologique entre la chimie, la biologie et la génomique. Un médicament innovant sur deux est aujourd’hui issu des biotechnologies. C’est la qualité de la recherche fondamentale qui conditionne les chances de succès du processus d’innovation.

La création de l’Agence nationale de recherche, en 2005, n’a pas créé l’élan attendu pour dynamiser l’innovation, non pas simplement par manque de moyens, mais à cause d’une articulation mal pensée avec les institutions existantes (Inserm, CNRS). La coopération insuffisante entre universités et entreprises est aussi une faiblesse française. La France figurait en 2017 au 35e rang mondial du classement de la Banque mondiale dans ce domaine.

Les compétences en biotechnologies étant insuffisantes dans les big pharma, la clé du succès se trouve aujourd’hui dans les sociétés de biotech. Or, 72 % des biotechs françaises recherchaient en 2019 des fonds en France, mais le marché du capital-risque y est trop peu développé. Le secteur se caractérise en effet par un besoin en capital initial très élevé, pour une durée longue de développement (plus de dix ans) et un risque d’échec élevé (supérieur à 95 %). Aux Etats-Unis, 82 % du capital des biotechs viennent des fonds nationaux, contre 11 % en France.

Ces failles sont un véritable gâchis tant la France a été pionnière en génomique. De Jacques Monod, découvreur de l’ARN messager, à Emmanuelle Charpentier en passant par Jean Dausset, la France dispose des trois Prix Nobel qui ont charpenté la recherche génomique mondiale. Le talent de nos chercheurs, la ressource la plus rare et la plus longue à construire pour innover, est un facteur essentiel d’espoir pour rebondir.

L’industrie, de son côté, fait face, depuis les années 2000, à une évolution radicale de son modèle d’affaires. Le premier modèle (dit du « blockbuster ») s’est développé depuis les années 1980 par la production massive et standardisée de médicaments innovants à base chimique protégés par des brevets mondiaux. Le second (dit du « custombuster ») se caractérise par l’usage de procédés biologiques et génétiques pour personnaliser le médicament de façon à cibler les patients les plus réactifs. Cette évolution s’est accompagnée d’une très forte hausse des coûts de recherche et développement (R & D), multipliés par trois depuis 2003 (de 800 millions à 2 558 millions de dollars par médicament). Or, la progression des investissements en R & D s’est ralentie en France : le ratio dépenses R & D sur chiffre d’affaires est passé de 12,5 % à 9,8 % entre 2008 et 2017.

L’industrie pharmaceutique française sous la domination de sociétés internationales

 

La chercheuse Sophie Chauveau souligne, dans une tribune au « Monde », l’absence de longue date d’une véritable politique industrielle du médicament en France.

 

 

Tribune.
 En France, la souveraineté nationale en matière de médicaments s’est effritée dès les années 1950. Ce recul s’explique par les caractéristiques de l’industrie pharmaceutique dans l’Hexagone, et par une politique publique réduite au contrôle des prix et à la surveillance sanitaire, sans réelle ambition industrielle. 

L’industrie pharmaceutique française est plutôt issue de l’officine. A la différence des firmes pharmaceutiques britanniques, allemandes et nord-américaines, les entreprises françaises étaient éloignées de la recherche académique, et surtout la relation avec les laboratoires universitaires dépendait plus de relations interpersonnelles que d’un modèle d’organisation. Dès 1945, l’Etat a bien tenté un rapprochement forcé entre Institut Pasteur, CNRS et entreprises pharmaceutiques pour organiser la production d’antibiotiques et se défaire de l’emprise américaine, mais sans succès. Dans les années 1950, les capacités de recherche et développement (R & D) des laboratoires français sont en situation d’infériorité.

Les politiques publiques ont facilité l’entrée des firmes étrangères sur le marché national et la prise de contrôle des laboratoires pharmaceutiques français. Des années 1950 jusqu’aux années 1980, les différents gouvernements privilégient le contrôle du prix des médicaments pour ne pas accroître davantage les charges de l’assurance-maladie : non seulement ces prix sont parmi les plus bas en Europe, mais il est en outre très difficile d’obtenir leur revalorisation. Faute de ressources, les entreprises françaises ne peuvent pas investir dans la R & D : elles préfèrent développer des copies et négocier des licences d’exploitation avec les laboratoires étrangers. Enfin, les procédures d’autorisation de mise sur le marché ne prennent guère en compte la dimension innovante des nouveaux produits.

En outre, jusqu’en 1972, prévaut une politique protectionniste que les firmes pharmaceutiques étrangères déjouent sans difficulté. Il est en effet impossible de commercialiser en France un médicament fabriqué à l’étranger. Pour entrer sur le marché français, les laboratoires britanniques et américains, notamment, rachètent des laboratoires français dont ils font des filiales, auxquelles ils vendent les principes actifs de médicaments dont la mise en forme et le conditionnement se font sur le territoire national.

Ces pratiques permettent non seulement de s’imposer sur le marché français, particulièrement dynamique en matière de consommation de médicaments, mais aussi de prendre le contrôle du secteur pharmaceutique. Au début des années 1970, plus de 40 % du chiffre d’affaires de l’industrie pharmaceutique en France est réalisé par des filiales de groupes étrangers, surtout américaines et allemandes. Cette emprise est particulièrement forte pour les antibiotiques (70 % de la production en France est sous contrôle étranger) et les traitements hormonaux (80 %).

L’industrie pharmaceutique française en cause

L’industrie pharmaceutique française en cause

L’historienne Muriel Le Roux détaille, dans une tribune au « Monde », la lente érosion de l’écosystème français du médicament.

Tribune. 

 

En juillet 2018, le Conseil stratégique des industries de santé annonçait de nouvelles mesures pour que les firmes du secteur choisissent davantage la France pour investir en recherche et développement (R&D). Après la loi Allègre de 1999 et ses adaptations régulières, qui offrent des dispositifs parmi les plus favorables à l’innovation, cette réitération peut sembler étonnante.

Favoriser les relations entre la recherche académique et l’industrie a été une préoccupation constante des pouvoirs publics sous la Ve République. Après 1945, les Etats les plus riches ont tous corrélé big science et big business, en particulier dans la chimie et la pharmacie, donnant naissance à un milieu aux contours flous et au jeu d’acteurs sans cesse renouvelé, dont la complexité s’est accrue sous l’effet de la mondialisation et de la financiarisation des entreprises. Ce qui apparaît au grand jour depuis un an n’est donc pas nouveau.

 

En France, dès les années 1950, nombre de chercheurs du CNRS avaient des contrats individuels avec l’industrie, notamment chimique. Jusqu’aux années 1980, la communauté scientifique jouissait d’une grande autonomie dans le choix et la conduite des recherches, ainsi que dans la décision de coopérer ou pas avec l’industrie. Avec l’accord-cadre Rhône-Poulenc-CNRS de 1975, il s’agissait pour l’Etat d’encadrer des pratiques existantes dans les laboratoires, de valoriser les résultats de la recherche publique, de limiter l’usage qu’en faisaient les industriels sans y avoir contribué, tout en orientant une partie de la recherche. Cette politique scientifique et des mesures fiscales incitatives explique en grande partie la performance industrielle des laboratoires chimiques et pharmaceutiques français, qui ont ainsi pu rattraper leur retard du début des années 1950.

Dans le cas du Taxotère, un anticancéreux bien connu dont la molécule avait été découverte à l’Institut de chimie des substances naturelles (ICSN-CNRS) après plus d’une décennie de recherches publiques partiellement financées par des contrats signés par les chercheurs eux-mêmes avec les industriels, Rhône-Poulenc Rorer prit directement les brevets, tandis que la recherche publique reçut les redevances qui lui revenaient selon le contrat.

 

Mais au cours des années 1980, le partenariat par « accord-cadre » entre institutions s’est généralisé, excluant progressivement les chercheurs des décisions en matière d’innovation et restreignant l’indépendance de la recherche académique. Sans doute s’agissait-il de faire face à l’augmentation du coût de la recherche et de s’adapter au système nord-américain de cofinancement entre les universités (publiques et privées), les entreprises, les fondations et l’Etat fédéral. Mais la conséquence a été le triomphe du modèle de la très grande firme se concentrant sur la production des « blockbusters » (molécules dont le chiffre d’affaires dépasse le milliard d’euros) et réalisant des économies d’échelle en R&D, à coups de rachats et de concentration. Le Taxotère a été l’un des blockbusters du groupe Sanofi, devenu l’un des leaders mondiaux du secteur. 

Viande cellulaire : l’industrie chimique finance les organisation Végan

Viande cellulaire : l’industrie chimique finance les organisation Végan

La chimie industrielle au service de la suppression de la viande animale classique avec le financement d’organisations végan. Ou la viande artificielle pour remplacer la viande animale classique. Bon appétit !

 

 

D’après France Info, L214 a reçu un important don d’une fondation américaine : Open Philanthropy Project. Elle a notamment été créée par l’un des fondateurs de Facebook, Dustin Moskovitz, 146e fortune mondiale selon Forbes en 2019 avec plus de neuf milliards de dollars. La fondation investit dans la santé, les universités, la recherche, mais aussi dans le bien-être animal. Depuis trois ans, elle a versé plus de 125 millions de dollars à diverses associations de défense animale, et notamment L214, via un versement de 1,14 million d’euros en 2017 (495 000 euros imputés aux comptes 2018, 645 000 euros dans ceux de 2019). Dans les comptes 2019 de l’association, cela représente 8% de son budget.

D’après Brigitte Gothière, ce sont les Américains qui sont venus vers l’association. « On ne les connaissait pas, c’est eux qui ont remarqué notre travail, explique-t-elle. Ils sont venus vers nous en disant qu’ils finançaient des actions humanitaires, environnementales et de défense des animaux et qu’il ne fallait pas qu’on hésite à leur soumettre des projets. On les a sollicités sur une campagne publique et à destination des entreprises sur les poulets de chair. Et ils n’ont pas eu de mot à dire sur comment on voulait dépenser cet argent. »

Pour Gilles Luneau, un journaliste qui a enquêté sur cet organisme de philanthropie, ce don est sous tendu par des arrière-pensées. Cette fondation a, dit-il, un double objectif. « D’une part, elle soutient un certain nombre de start-up qui travaillent sur la nourriture végan. Et d’autre part, elle finance la recherche, le développement et la quasi-mise en industrie de viande à partir de cultures de cellules souches. À leurs yeux, la filière d’avenir, c’est de changer la manière dont se nourrit le monde. Ils veulent s’emparer du marché mondial de l’alimentation, tout simplement. »

 

Pour l’instant, on utilise des cellules de fœtus de veau mais l’objectif à moyen terme, c’est de remplacer ce sérum par un extrait de champignon. Pour l’instant, cette fausse viande cellulaire suppose donc un donneur de cellules, mais ensuite, un seul échantillon va permettre de produire jusqu’à 20 000 tonnes de viande. La start-up Mosa Meat nous dit même que 150 vaches à l’échelle mondiale seraient suffisantes pour satisfaire la demande actuelle de viande. »

 

Bref la chimie alimentaire au service de la suppression de la viande animale classique. Bon appétit !

Croissance Chine: petite de hausse de l’industrie

Croissance Chine: petite de hausse de l’industrie

L’industrie manufacturière n’est plus dans le rouge, elle progresse mais peu du fait du ralentissement général ressenti dans la plupart des autres zones mondiales pour l’ensemble du dernier trimestre 2020. L’indice PMI manufacturier officiel est tombé à 51,4 en octobre contre 51,5 en septembre, selon les données publiées samedi par le Bureau national de la statistique (BNS).

Les analystes s’attendaient à un recul à 51,3 mais ont déclaré que la reprise semblait toujours en bonne voie.

Le PIB chinois a augmenté de 4,9% sur un an sur la période juillet-septembre. La croissance chinoise au T3 était attendue à 5,2%, selon la prévision médiane des économistes interrogés par Reuters.

Une enquête sur le secteur des services a montré que l’activité a augmenté pour le huitième mois consécutif, atteignant son plus haut niveau depuis octobre 2013.

ALLEMAGNE -l’industrie en hausse

ALLEMAGNE -l’industrie en hausse

 

Contrairement à la France, l’activité industrielle du secteur manufacturier se porte bien en Allemagne. Globalement même la croissance regroupant services et industries progressent assez nettement même si les services, eux, sont encore dans le rouge.

L’indice composite, qui combine l’activité des services et du secteur manufacturier, est pratiquement stable, à 54,5 contre 54,7 le mois précédent, montrent les résultats préliminaires de l’enquête mensuelle réalisée par IHS Markit auprès des directeurs d’achat (PMI).

Cet indice est supérieur aux prévisions des économistes interrogés par Reuters, qui l’attendaient à 53,2, et se maintient nettement au-dessus du seuil de 50, soit en territoire de croissance.

Mais si le secteur manufacturier s’avère robuste, avec un indice à 58,0, au plus haut depuis avril 2018, l’activité des services s’est contractée avec un indice à 48,9.

“Cela ressemble de plus en plus à une économie à deux vitesses”, commente Phil Smith, économiste d’IHS Markit. “Les usines ont continué à fonctionner en souffrant moins des nouvelles restrictions que les services et en bénéficiant d’une reprise du commerce mondial.”

 

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