Archive pour le Tag 'l’indexation'

Les syndicats veulent l’indexation sur les prix et conditionner les aides aux entreprises

Les syndicats veulent l’indexation sur les prix et conditionner les aides aux entreprises

Marylise Léon CFDT , souhaite qu’on «sanctionne» les entreprises «qui ne jouent pas le jeu» sur les hausses de salaires. Par exemple en leur supprimant «des exonérations de cotisations». Sophie Binet, CGT, remet en avant la proposition de la CGT de «conditionner les 200 milliards d’euros d’aides publiques dont bénéficient chaque année les entreprises». De même que celle «d’indexer les salaires sur les prix ».

Marylise Léon (CFDT) et Sophie Binet (CGT) affirment vouloir poursuivre leur stratégie d’unité syndicale.

Il y aura un avant et un après-réforme des retraites. C’est en tout cas le souhait de l’intersyndicale qui, après avoir montré un front uni durant toute la séquence de mobilisation entre janvier et juin, veut poursuivre dans cette voie. «Nous ne voulons pas revenir au train-train syndical d’avant», a confié la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon dans un entretien croisé avec son homologue de la CGT Sophie Binet, accordé ce dimanche pour le premier numéro de La Tribune Dimanche .

«La question des retraites n’est pas soldée, mais la mobilisation a changé la donne», estime la patronne du premier syndicat français. «Entre nous, les non-dits ont été levés. On assume davantage nos différences», ajoute la successeure de Laurent Berger, tout à sa volonté d’afficher un visage d’unité. Interrogée par La Tribune Dimanche aux côtés de son homologue, Sophie Binet se montre sur la même longueur d’onde, soulignant les avantages de cette stratégie. «Ça modifie les négociations avec le patronat et avec le gouvernement. Ils ne peuvent plus choisir leurs interlocuteurs comme ça les arrange, puisqu’on fait front commun. On monte ensemble sur des sujets, même si bien sûr il y a des désaccords et des différences dans la démarche», explique l’ancienne conseillère principale d’éducation (CPE).

Cette unité syndicale est en tout cas symbolisée par la journée de grèves et de manifestations du 13 octobre, organisée par l’intersyndicale sous le mot d’ordre «Contre l’austérité, pour les salaires et l’égalité femmes-hommes». Pour Sophie Binet, cette mobilisation, qui pourrait toucher les transports, la santé ou encore l’éducation, «permettra d’obtenir des avancées avant le 16 octobre et la conférence sociale» promise par Emmanuel Macron.

Henri Guaino pour l’indexation des salaires»

Henri Guaino pour l’indexation des salaires»

la suggestion ne vient pas d’un syndicat cette fois mais de l’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy qui estime que l’augmentation automatique des salaires en proportion de la hausse des prix est nécessaire pour répondre à la hantise du déclassement de la classe moyenne.
L’inflation très forte qui a frappé le continent européen depuis 2022 serait principalement alimentée par la hausse des profits et des marges des entreprises, selon une note rédigée par des économistes de la Banque Centrale Européenne (BCE). Un constat qui interroge la responsabilité des entreprises dans un partage juste et efficace de la valeur.

La BCE a ainsi mesuré les hausses respectives des coûts du travail et des profits, et leur contribution à la production de richesse et à l’inflation durant l’année écoulée. Et on peut en tirer plusieurs constats.

D’abord, sur un an, entre le premier et le dernier trimestre 2022, les profits ont augmenté deux fois plus vite que les coûts du travail, donc les salaires. On observe ainsi une hausse de près de 10% des profits, contre une hausse de moins de 5% du coût du travail. Dans certains secteurs comme l’agriculture, le commerce, le transport, les profits ont parfois augmenté 5 à 10 fois plus vite que les salaires. Et dans le secteur manufacturier, les profits augmentent de plus de 15% alors que les salaires, eux baissent.

Ensuite, on voit que cette hausse des profits a contribué à l’inflation deux fois plus que les années précédentes. Avant crise, environ un tiers de l’inflation était imputable à la hausse des profits, alors qu’en 2022, c’est près des deux tiers de l’inflation qui est liée à la hausse des marges. En gros, les grandes entreprises sont bel et bien des « profiteurs de crise ».

Alors, comment les grandes entreprises ont-elles réussi à profiter autant de la situation de crise qui frappait les économies européennes ? Eh bien d’abord, elles ont profité de la hausse des prix de l’énergie pour augmenter leurs propres prix de vente, bien plus que cela était nécessaire pour compenser leurs propres pertes. Elles n’ont donc pas seulement « répercuté » la hausse, mais surcompensé. Pour les consommateurs, impossible de faire la différence, et le flou engendré par la crise énergétique a rendu des hausses de prix indues acceptables.

Henri Guaino Ne fait donc que proposer un simple alignement des salaires quand le président de la république n’évoque que très discrètement cette question mais sans engager de grande négociation entre partenaires »

Pour Henri Guaino pourtant en période d’inflation, les salaires doivent suivre la hausse des prix. A fortiori quand les minima sociaux sont indexés. Cette évidence s’impose même au président de la République. Mais pourquoi alors ajouter que «la clé est du côté des employeurs et du dialogue social». La loi indexe le smic, les loyers, les retraites, elle peut indexer tous les salaires selon des modalités à discuter avec les partenaires sociaux. L’indexation des salaires, c’est une opération de vérité. Présenter comme un cadeau une augmentation du salaire inférieure à la hausse des prix est au minimum un abus de langage. Quand la hausse moyenne de l’indice du salaire mensuel de base dans le secteur privé est de seulement 3,9 % en 2O22 alors que l’indice des prix a augmenté de 6 %, il n’y a pas de cadeau… »

Face à l’inflation le retour de l’indexation ?

Face à l’inflation le retour de l’indexation

Pour affronter l’inflation, Aurélie Trouvé, économiste, députée de la 9e circonscription de Seine-Saint-Denis, propose le retour de l’indexation.

Une tribune intéressante mais un peu courte et marquée politiquement qui fait l’impasse sur les facteurs explicatifs de la crise énergétique et sur le poids de la fiscalité NDLR

L’inflation a atteint 7,1% en cette fin d’année [1]. Mais pour les prix alimentaires, c’est bien pire : leur hausse atteint plus de 12% en cette fin d’année. Une hausse qui va s’accentuer au début d’année puisque les prix sont en cours de négociation, à la hausse, entre distributeurs et fournisseurs. Face aux prix alimentaires qui s’envolent, le salaire moyen n’a été rehaussé que de 2,7%. La fin d’année actera donc un effondrement des salaires réels et du pouvoir d’achat moyen des français. Les ménages les plus modestes sont particulièrement frappés, eux dont l’alimentation constitue une part plus importante de leurs dépenses. Sans compter l’envolée des autres dépenses de base.

Le groupe de travail sur l’inflation que j’ai mené avec mon collègue député Xavier Albertini à l’Assemblée nationale aura dévoilé des conséquences d’ores et déjà désastreuses: une augmentation nette des personnes qui recourent à l’aide alimentaire (+9% en un an, selon les Banques alimentaires) ; des répercussions sur la qualité des aliments, avec moins de fruits et légumes frais consommés, moins de produits bios, locaux, labellisés.

La hausse des prix alimentaires a également des répercussions sur la restauration coUne tribune intéressante mais marqué politiquement fait l’impasse sur les facteurs explicatifs de la crise énergétique et passe sous silence une baisse de fiscalité sur les produits de base.llective (10 millions de repas par jour). Le coût moyen des repas augmenterait de 13%. Là aussi, pour faire des économies, les repas sont de moins en moins fournis, de moins en moins bios. Et la moitié des communes annonce avoir dû augmenter ses tarifs.

D’où vient cette augmentation des prix ? Il est devenu banal (et juste) de mentionner les tensions sur les chaînes d’approvisionnement, comme la hausse des prix de l’énergie, qui jouent sur les coûts de production alimentaires. Mais qu’en est-il des marges réalisées par les entreprises de l’industrie agroalimentaire et de la distribution ? L’Inspection générale des finances s’est empressée de démontrer que leurs profits avaient diminué. Mais un nouveau calcul avec des dates plus adéquates, mené par l’institut la Boétie, montre que ces entreprises ont bel et bien, en moyenne, augmenté leur taux de marge entre 2018 et 2022. Ce sont donc les consommateurs et les salariés dans leur ensemble qui supportent intégralement la montée des prix alimentaires.

Bien entendu, toutes les entreprises n’ont pas profité de la même façon de cette inflation. Celle-ci a tendance à pénaliser les petites entreprises – elles sont encore nombreuses dans le secteur agroalimentaire -, dont les trésoreries fragiles ont déjà été affectées par la crise du Covid-19. A l’inverse, elle favorise les entreprises en oligopole, qui profitent du manque de concurrence pour répercuter plus que de besoin la hausse des coûts de production sur les prix de leurs ventes. C’est ainsi que Michel-Edouard Leclerc pointe du doigt les géants de la fabrication d’aliments pour animaux, qui réclamaient une hausse de prix de 40% – la centrale d’achat Leclerc étant elle aussi en position d’oligopole, avec la poignée d’autres centrales assurant l’essentiel des ventes de la grande distribution -.

Quels enseignements en tirer ? Mon collègue Xavier Albertini et moi-même regrettons que n’ait toujours pas été décidé de verser des chèques alimentaires, destinés aux plus modestes et ciblés sur des produits de qualité. De tels chèques, nécessaires à court terme, ne seraient pas suffisants pour répondre aux causes de l’inflation. Notamment, un contrôle des prix alimentaires et des marges réalisées par chaque échelon de la filière s’avère nécessaire.

Dans le secteur agricole, les situations des entreprises sont là encore très inégales face à l’inflation : quand les céréaliers bénéficient de hausses de prix de 78% (en plus d’aides de la Politique agricole commune (PAC) substantielles), les maraîchers subissent une baisse de 9%. Se fait sentir le besoin de bien davantage réguler les prix payés aux producteurs, en fonction de leurs coûts de production.

Pour faire face à toutes ces difficultés, le gouvernement multiplie les chèques et compensations : ils pèsent sur les contribuables (40 milliards d’euros en 2022) et s’avèrent insuffisants et mal ciblés. Deux mesures, certes d’une toute autre ambition, permettraient d’y remédier : d’abord, un plafonnement sans attendre des prix d’achat du gaz et un même tarif réglementé de l’énergie pour toutes les entreprises, collectivités, ménages…

Indispensable complément, la ré-indexation des salaires sur l’inflation, au moins pour les bas salaires, empêcherait les salaires réels de s’effondrer et permettrait aux ménages modestes de subvenir à leurs besoins essentiels. Et cette demande populaire soutenue augmenterait le carnet de commandes des entreprises, évitant la récession que la Banque de France prévoit elle-même pour 2023.
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[1] Selon l’Indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH)




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