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Environnement : l’impasse de la décroissance

Environnement : l’impasse de la décroissance 

 

Bertrand Piccard, Expert et chef d’entreprise considèrent que la radicalité en matière écologique discrédite l’urgence environnementale dans l’Opinion .  L’explorateur environnementaliste tente d’imposer un message fédérateur;  contre des clivages en matière d’écologie, Il propose l’écoréalisme.

Votre livre s’intitule Réaliste. Est-ce une justification de votre vision de l’écologie ou une injonction pour réussir la transition écologique ?

Nous sommes dans une urgence environnementale et nous n’avons plus de temps à perdre en querelles de chapelles, en clivages idéologiques. Il est temps d’unir, de fédérer, de concilier les différentes approches. L’objectif : être efficient. Alors oui, pour réussir la transition écologique, il faut arrêter de rêver et être réaliste.

Votre histoire familiale a abouti à vous définir comme un « pionnier réaliste »…

C’est vrai, tout dans ma vie m’a poussé à rechercher des résultats concrets. Que ce soit dans ma vie d’explorateur, d’humanitaire ou de thérapeute. Lors d’une conférence, on peut exposer des idées. Mais pour obtenir des résultats, il faut des actions qui permettent d’aboutir. J’ai vu mon grand-père et mon père réussir quand ils étaient réalistes, échouer quand ils étaient idéalistes. J’ai aussi croisé beaucoup de gens bien intentionnés, mais qui n’arrivaient à rien.

Par exemple ?

On me dit souvent que la base de la lutte environnementale, c’est l’éducation. C’est fondamental. Mais d’ici à ce que ceux qu’on éduque arrivent au pouvoir, il faudra quarante ans. Désolé, la planète n’a pas quarante ans devant elle ! Nous avons plutôt dix ans pour agir. Il faut donc faire avec ceux qui prennent les décisions aujourd’hui dans ce monde. Et ceux-là ont le langage de la création d’emplois, de la rentabilité économique. Il faut donc leur donner une image attrayante de l’écologie !

Vous définissez-vous comme un radical malgré tout ?

Non, je veux être fédérateur. Je veux créer des intersections : protéger l’environnement, lutter contre les inégalités et favoriser l’économie en même temps.

Pourtant, vous saluez l’action de Greta Thunberg, « pourfendeuse de la complaisance et de la paralysie ». Une contradiction ?

J’ai apprécié à sa juste valeur son : comment osez-vous ?, très politiquement incorrect. Greta Thunberg est sur un autre registre : elle fait peur. C’est utile. Elle fait bouger les lignes. Elle donne envie d’agir. Elle pousse les gens à changer.

Etes-vous en contact avec elle ?

Oui, nous nous sommes parlé plusieurs fois. Il faudrait que Greta Thunberg ne se limite pas à la dénonciation, pour aussi aborder les solutions. Mais apporter des solutions ne suffit pas non plus ! Nous sommes complémentaires.

Et Nicolas Hulot, comment le classez-vous ?

Je l’apprécie parce qu’il est profondément bien intentionné. Et plus que d’autres, il inclut le facteur social et la lutte contre les inégalités. Mais lui aussi n’entre pas assez dans les solutions. Il ne croit pas en l’amélioration de la technologie.

L’urgence n’oblige-t-elle pas à une certaine radicalité ?

Non ! Car que se passe-t-il lorsqu’on est dans la radicalité, écologique ou industrielle d’ailleurs ? On exclut les autres, on leur fait peur, on crée des mouvements de rejets. Il faut arrêter la radicalité dans les deux sens, pour inciter écologistes et industriels au dialogue. Chacun doit trouver son avantage.

C’est mission impossible…

C’est la difficulté de cette approche, au risque d’être détesté des deux bords ! Certains me disent : mais vous défendez le capitalisme ! Mon but n’est pas de défendre le capitalisme, mais de voir où sont les bras de levier pour le rendre plus écologique et aller plus vite vers une protection de l’environnement tout en assurant le bien-être social de la population… Les citoyens bien intentionnés qui veulent rendre eux-mêmes la justice climatique me gênent car cela clive la communauté au lieu de la fédérer autour d’un but commun.

C’est cette démarche qui vous fait rejeter la décroissance ?

Philosophiquement, la décroissance se comprend : instiller de la sobriété dans un monde qui succombe à ses excès a du sens. Mais c’est d’un point de vue économique et psychologique faux parce que c’est une mesure radicale qui va détourner de l’écologie : l’humain est aussi un salarié en quête de travail, de loisir, de confort. Regardez les Gilets jaunes ! Pendant dix mois, ils ont battu le pavé parce que le diesel allait coûter 8 centimes de plus. C’est la preuve que la population n’est pas prête à faire des sacrifices, à assumer des mesures qui la forcent à décroître, c’est-à-dire dans ce cas à moins utiliser la voiture. Il faut donner aux gens des moyens de protéger l’environnement compatibles avec leurs besoins, avec leurs envies. Je ne crois pas que la décroissance volontaire soit une option viable pour nos sociétés.

D’où le concept de croissance qualitative quand jusqu’à présent le capitalisme s’est accommodé des externalités négatives et du gaspillage…

Oui. Aujourd’hui, nous vivons dans une société de gaspillage qui est inefficiente. Elle coûte cher, et d’abord aux plus démunis. Et à la planète ! L’économie doit davantage porter sur la qualité que sur la quantité de ce qui est consommé.

Vous utilisez beaucoup le concept d’efficience. Pourquoi ?

C’est le bon critère ! Il permet de moins consommer d’énergie tout en ayant de meilleurs résultats. Exemple : un moteur diesel ou à essence n’a, au mieux, que 27 % de rendement. Ce qui signifie qu’il égare en perte de frottement et de chaleur quelque 73 % de l’énergie contenue dans son réservoir. A titre de comparaison, les moteurs électriques de Solar Impulse avaient un rendement de 97 % ! Plutôt que de vouloir produire toujours davantage d’énergie, il faut prendre des mesures pour économiser celle que l’on produit.

«L’avantage du nucléaire est de répondre à l’urgence climatique en produisant de l’électricité moins carbonée que celle des centrales thermiques. Son inconvénient est de ne pas répondre aux critères de durabilité»

Et le nucléaire ?

C’est un débat passionnel ! Le rendement moyen d’une centrale est de 33 % (37 % pour les EPR dits « du futur »). La solution est de voir comment évolue son prix. Dans la moitié des pays d’Europe, les énergies éolienne et solaire sont déjà quatre fois moins chères. Ou le nucléaire parvient à abaisser son coût de revient, ou il va décliner de lui-même. Son avantage est de répondre à l’urgence climatique en produisant de l’électricité moins carbonée que celle des centrales thermiques. Son inconvénient est de ne pas répondre aux critères de durabilité.

Peut-on éviter une écologie punitive ?

Vous savez, il est déjà interdit de conduire en état d’ivresse, de tirer au fusil sur son voisin ou de frauder le fisc. Ces interdits rendent possible la vie en société. Pour avoir un monde plus propre, des choses devront donc être interdites : jeter des produits toxiques dans des rivières, dégazer en mer. Il faut limiter les interdictions aux actions toxiques. Et, pour le reste, faire évoluer le cadre légal. Beaucoup des solutions technologiques propres portées par la Fondation Solar Impulse sont en jachère parce que normes et standards environnementaux sont trop laxistes. Si les normes sur les voitures imposent un système anti-smog, l’émission de particules toxiques sera divisée par cinq. Pas de malentendu : je ne demande pas moins de liberté, ni une augmentation de la paperasserie administrative, mais une adaptation de la législation à la réalité du présent.

Avec la Fondation Solar Impulse, vous promouvez 1 300 solutions innovantes et rentables pour protéger l’environnement. La technologie est une des solutions, mais pas la solution. Vous n’êtes pas ce qu’on appelle un solutionniste. D’accord ?

On est d’accord. La technologie peut sauver ou détruire le monde. Et parfois une même technologie ! Ça ne suffit pas. Entendons-nous bien sur le terme. Sur les 1 300 solutions que l’on a identifiées, tout n’est pas de la high tech. Le plus souvent, il s’agit même de low tech, de bon sens. Refroidir des data centers avec des climatiseurs, c’est-à-dire fabriquer de l’énergie pour les refroidir, c’est aberrant ! Il faut les utiliser pour chauffer des quartiers de ville…

Vous le reconnaissez à la fin de votre ouvrage, vous êtes optimiste !

Non, je ne dis pas ça ! Je dis que je suis très optimiste quand je vois le nombre de solutions, pessimiste quand je vois le temps qu’il faut pour les mettre en œuvre, le retard législatif, la complaisance du système et l’inertie de la nature humaine. Optimisme ou pessimisme ne servent à rien. Je ne peux être que réaliste, pour la simple raison, une fois de plus, que je veux arriver à un résultat. Parce que c’est possible.

L’impasse de la transition écologique

L’impasse de la transition écologique

Jean-Baptiste Fressoz, historien, c onsidère que la transition écologique n’a pas réellement commencé en cause notamment l’incompréhension du fonctionnement de l’appareil de production et le décalage entre discours apocalyptiques et Mesures creuses. Aujourd’hui, « le climatoscepticisme est marginal en France et plutôt cantonné à des franges de l’extrême droite. Ce n’est plus une question de compréhension du réchauffement climatique », relève Jean-Baptiste Fressoz. « Le problème, c’est qu’on ne sait pas faire tourner l’économie sans énergie fossile pour l’instant. » A la complexité scientifique des mécaniques du climat, a succédé  »l’incompréhension des bases matérielles de l’économie », explique-t-il. C’est elle qui vient contraindre l’émergence de solutions pour stopper cette menace que l’on sait pourtant imminente.

« On reste persuadé que l’innovation va permettre d’effectuer la transition, mais c’est parce qu’on ne comprend pas très bien comment fonctionnent la sidérurgie, les cimenteries, la production d’engrais, l’agriculture… et surtout les mécanismes de diffusion des techniques, son rythme et sa lenteur. La transition n’a pas eu lieu, elle n’a pas même pas commencé », met-il en garde. « Historiquement, nous n’avons jamais connu de véritables transitions énergétiques. La tâche qui nous attend est complètement inouïe. C’est quelque chose qu’on n’a jamais fait. »

Jean-Baptiste Fressoz relève ainsi une inadéquation entre « à la fois un discours très apocalyptique et un discours très incantatoire et assez creux, que l’on retrouve dans les grandes messes climatiques, où les pays font des promesses dont on sait bien qu’elles ne seront pas tenues. » Le problème est actuel, connu, « mais on ne se donne pas les moyens ». 

Plan de relance européen: toujours l’impasse

Plan de relance européen: toujours l’impasse

 

Les discussions continuent depuis plusieurs jours, elles n’ont pas abouti jusque-là, elles reprendront lundi après-midi car les divergences sont encore très importantes. Les discussions butent notamment sur la répartition des fonds entre subventions (que les bénéficiaires n’auraient pas besoin de rembourser) et prêts.

Dans le projet initial, les dons devaient s’élever à 500 milliards d’euros. Mais il a été proposé de les réduire à 400 milliards, ce qui se situe à la limite de ce que Paris et Berlin sont prêts à accepter.

Les prêts du plan de relance seraient eux portés à 350 milliards d’euros, contre 250 milliards au départ, selon cette nouvelle répartition.

Ce geste en faveur des frugaux, qui préfèrent les prêts aux dons, a cependant été rejeté par les intéressés, pas disposés à aller au-delà de 350 milliards de subventions.

Face à ce blocage, M. Macron a tancé « leurs incohérences » lors du dîner dimanche soir, selon un membre de la délégation française

Il a affirmé, d’après une source européenne, que c’était la France et l’Allemagne qui allaient « payer ce plan », dans « l’intérêt de l’Europe, quand les frugaux sont égoïstes et ne font aucune concession ».

Il a fustigé le comportement du chancelier autrichien Sebastian Kurz, lorsque ce dernier a subitement quitté la table pour prendre un appel téléphonique.

Le Français a aussi comparé le positionnement du Néerlandais Mark Rutte a celui de l’ex-Premier ministre britannique David Cameron, qui a souvent adopté une ligne dure lors des sommets européens, mais a fini par perdre le référendum sur le Brexit.

Auparavant, le président du Conseil européen, Charles Michel, avait exhorté les 27 à ne pas présenter le « visage d’une Europe faible, minée par la défiance », réclamant un sursaut pour éviter un échec.

L’unanimité nécessaire des 27 Etats membres rend un accord particulièrement difficile. D’autant plus, qu’il existe d’autres points de blocage.

Parmi eux figure en bonne place le lien entre le versement des aides et le respect de l’Etat de droit, une idée particulièrement soutenue par La Haye, mais qui hérisse Budapest et Varsovie, actuellement dans le collimateur de l’UE.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban s’est vivement opposé à une telle mesure dimanche, accusant son homologue néerlandais de vouloir le « punir financièrement » et de le « détester » lui et la Hongrie.

Au cours du sommet, M. Michel a multiplié les gages en faveur des frugaux, par exemple en augmentant les « rabais » dont ils bénéficient en tant que pays qui versent davantage d’argent au budget de l’UE qu’ils n’en reçoivent.

Il a aussi tenter d’amadouer le Néerlandais Mark Rutte, qui réclame que les plans de relance nationaux présentés par chaque pays en contrepartie des aides du plan de relance soient validés à l’unanimité des 27.

Une telle configuration, qui équivaudrait de facto à un droit de veto pour chaque capitale, inquiète Rome et Madrid, qui craignent d’être soumis à un programme de réformes (marché du travail, retraites…) imposé.

Le Belge a présenté un mécanisme plus nuancé, permettant à un pays qui aurait des réserves sur le plan d’un autre Etat d’ouvrir un débat à 27.

 




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