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Pourquoi confier le foot Ligue 1 à Amazon ?

Pourquoi confier le foot Ligue 1 à Amazon ?

 

 

Par Julien Pillot, INSEEC Grande École, s’étonne dans l’opinion que les droits télés de la ligue un du football aient  été confiés à Amazon qui par parenthèse n’a rien à voir avec le sport.

L’attribution à Amazon de l’essentiel des droits TV du Championnat de France de football, et les multiples réactions médiatiques, judiciaires et même politiques qui s’en sont suivies, nous rappelle à quel point la vie des droits TV du football français n’a jamais été un long fleuve tranquille.

Dernier événement en date, le tribunal de commerce de Nanterre autorisait Canal+ a suspendre son contrat de sous-licence, conclu avec BeIN Sports pour la diffusion de deux matchs par journée de Ligue 1, tant que la chaîne qatarie n’assigne pas la Ligue de football professionnel (LFP) en justice ainsi que lui demande l’autre chaîne cryptée. Canal+ demande en effet une renégociation du montant des droits après que Amazon a obtenu la diffusion des huit autres matchs pour une somme inférieure. Alors que les premiers versements doivent intervenir, la LFP pourrait aussi assigner BeIN en justice pour non-paiement.

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On se régalerait d’ailleurs volontiers de cette délicieuse série à rebondissements offerte par l’ensemble des protagonistes, si les conséquences éventuelles à moyen terme pour les finances de nos clubs n’étaient pas aussi funestes (et ce n’est pas Jean‑Marc Mickeler, le président de la Direction nationale du contrôle de gestion, gendarme financier du football professionnel, qui prétendra le contraire).

Le fiasco de Mediapro a, en effet, été le pilote d’une série qui, si elle ne brille pas toujours par la cohérence économique de ses protagonistes, a le mérite de réserver son lot hebdomadaire de péripéties et coups de théâtre.

Le scénario à suspense qui nous est servi aura au moins eu une vertu : braquer les projecteurs sur l’économie du football. Une économie dont on sait désormais qu’elle souffre des failles structurelles qui ont conduit à la formation d’une bulle qui menace aujourd’hui d’éclater.

Concernant le cas spécifique des droits TV, l’analyse de la crise actuelle nous aura appris trois choses importantes :

  • L’inflation des droits TV a été largement soutenue par des mécanismes d’enchères et des processus de mise en concurrence, parfois artificielle, entre diffuseurs ;
  • Par manque de diversification de leurs revenus, nos clubs sont devenus ultra-dépendants des droits TV ;
  • Les droits TV sont un investissement d’autant plus difficile à rentabiliser pour les diffuseurs que des mécanismes de contournement (streaming et IPTV) sont facilement accessibles, et que la facture liée au morcellement du championnat entre plusieurs diffuseurs s’avère salée pour le consommateur.

Essentiels à la compréhension, ces éléments ne sont pas pour autant suffisants. Ils occultent en effet deux dimensions cruciales, deux impensés du processus d’attribution des droits TV sans lesquels il est difficile de se prononcer sur la pertinence du choix opéré par la LFP de confier à Amazon le soin de diffuser l’essentiel du championnat.

Dans ce grand jeu de stratégie que constitue la préparation d’un appel d’offres et la mise en concurrence des diffuseurs, la LFP a fait le choix de remettre en jeu les seuls lots jadis obtenus par Mediapro, là où les autres diffuseurs espéraient une remise à plat intégrale.

Ces lots ont donc été remportés par Amazon pour quelque 250 millions d’euros annuels (quand l’accord initial avec Mediapro prévoyait le versement de 780 millions d’euros annuels). Amazon s’engage également à verser 9 millions annuels pour la diffusion de 8 matchs de Ligue 2 par journée de championnat.

Les procédures d’appel d’offres prévoient la constitution d’un dossier technique à travers lequel les attributaires potentiels décrivent les moyens qu’ils entendent déployer pour réaliser leur mission. En l’espèce, cette proposition qualitative doit préciser au moins deux points cruciaux pour saisir la pleine capacité des acteurs à promouvoir le produit que l’on s’apprête à leur confier : les moyens de production et de promotion du contenu.

Sur le premier de ces deux aspects, le choix d’Amazon ne semble pas particulièrement risqué dans la mesure où la compagnie de Jeff Bezos a déjà fait ses preuves en matière de diffusion d’événements sportifs. De plus, Amazon s’est engagé à verser 25 millions d’euros par saison pour couvrir les coûts de production.

Le second aspect est nettement plus préoccupant. Car, là où le tandem Canal+ – BeIN Sports présentait de solides garanties en matière de visibilité de la compétition du fait de leur base d’abonnés, Amazon part d’une feuille blanche. La LFP ne semble ainsi pas avoir tiré de leçon du fiasco de MediaPro qui avait péniblement conquis 600 000 abonnés. Difficile de valoriser la « ligue des talents » quand elle n’est vue que d’une poignée de téléspectateurs.

Facture alourdie pour le consommateur

 

Et difficile d’attirer des abonnés à l’ère de l’IPTV et du streaming sans une offre compétitive sur le plan tarifaire. Le précédent Mediapro, qui proposait un abonnement à 25 euros, l’a démontré : les consommateurs ne sont pas enclins à débourser plus de quelques euros mensuels pour contempler les exploits des footballeurs de l’élite française.

Las, force est de constater que la LFP ne semble pas avoir pris de garanties suffisantes à ce niveau, sinon comment expliquer le tarif fort peu accessible proposé par Amazon pour son offre « Prime Ligue 1 » (12,99 euros mensuels auxquels s’ajoutent les 5,99 euros par mois de l’abonnement Prime, soit un total de 18,98 euros) ?

 

De ce point de vue, l’offre couplée Canal+ – BeIN Sports à 41,90 euros par mois (hors réductions) présentait l’avantage d’un contenu nettement plus diversifié, mais surtout d’une offre concentrée en un seul point de contact et d’une facture globale allégée pour le consommateur qui voudrait voir l’intégralité de la compétition en toute légalité.

Délégation de service public

L’autre grand impensé de cet appel d’offres concerne sans aucun doute la poursuite de l’intérêt général. En tant qu’association loi 1901, LFP a pour objet la « gestion des activités du football professionnel » et la « défense des intérêts matériels et moraux du football professionnel ».

Elle a ainsi pour mission de « développer les ressources du football professionnel dans le but d’en assurer la promotion ». A priori, rien ne s’oppose donc à ce que la LFP privilégie une approche quantitative dans le processus d’attribution des droits TV : elle maximise la valeur du produit en conformité avec ses statuts.

Cependant, la LFP est une association créée par la Fédération Française de Football (FFF). Elle en dépend au titre d’une convention conclue entre les deux entités qui prévoit que la FFF a autorité sur la LFP. Autrement dit, les missions de la LFP sont confiées par la FFF et ne peuvent en aucune manière être contraires aux intérêts supérieurs de la FFF.

Or, en tant que fédération, la FFF assure une mission de service public qui consiste à développer et promouvoir le football, professionnel comme amateur, sur l’ensemble du territoire national. C’est donc bien au titre d’une délégation de service public (DSP) que la FFF donne pouvoir à la LFP de gérer les affaires du monde professionnel.

Le consommateur lésé, le contribuable aussi

Nous pourrions dès lors attendre de la LFP qu’elle agisse au nom de l’intérêt général, plutôt que dans le seul intérêt des clubs de football professionnel.

Nous avons déjà souligné que le consommateur ne semble pas avoir été particulièrement pris en considération lors de l’appel d’offres. Le contribuable non plus ! En effet, autant Canal Plus – entreprise française, soumise à l’impôt sur les sociétés et contribuant par le financement du cinéma français à la politique d’exception culturelle – participe à l’effort redistributif, autant la question reste pleinement ouverte concernant Amazon.

Le rapport impôt payé sur chiffre d’affaires pour Amazon en France atteignait l’an passé un ratio prélèvements directs/chiffre d’affaires de tout juste 3,3 %, ce qui place d’emblée le géant américain dans la catégorie des champions de l’optimisation fiscale.

La taxe mondiale prévoyant un plancher de 15 % sur les entreprises du numérique a, par ailleurs peu de chance d’infléchir le problème. En effet, celle-ci est conditionnée à un taux de profit de 10 %, qui restera longtemps hors d’atteinte pour Amazon dont la stratégie consiste à privilégier la croissance de parts de marché aux profits.

Au final, il semble que la LFP, en ayant porté son choix sur Amazon, a non seulement privilégié une multinationale qui, fort éloignée des considérations françaises, s’avèrera difficile à fiscaliser et à fidéliser dans la durée, mais a également pris le risque de se couper encore un peu plus de son public en occultant la question du coût d’accès pour le consommateur.

En 2009, dans le cadre d’un article qui figurait également en bonne place dans un rapport au Premier ministre d’alors (M. François Fillon), nous alertions sur un double risque « d’invisibilisation » et de dépréciation du produit phare de la LFP, découlant du morcellement des offres et de la démocratisation des moyens techniques de contournement. Les derniers rebondissements dans la saga des droits TV du foot français semblent désormais confirmer un peu plus ce scénario.

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(*) Par Julien Pillot, Enseignant-Chercheur en Economie (Inseec) / Pr. associé (U. Paris Saclay) / Chercheur associé (CNRS), INSEEC Grande École.

Foot Ligue 1 : le PSG de plus en plus lamentable

Ligue 1 : le PSG de plus en plus lamentable

Nouvelle déconvenue et nouveau spectacle lamentable de la part du PSG devant Montpellier.  Marquinos Un des  euls parisiens à surnager résumait bien la situation. « Si on continue à montrer le même visage, cela va être très difficile pour nous« , a analysé MarquinosOn va prendre des claques de toutes parts, des supporters, des médias. Et on va juste donner raison à tout le monde. On doit changer notre mentalité dès le prochain match.». À peu près tous les joueurs ont sombré y compris Neymar visiblement un peu court physiquement et peut-être psychologiquement ailleurs. Pour résumer, comme d’habitude une défense très perméable. Un milieu transparent avec des joueurs dont on se demande ce qu’ils font sur le terrain comme Draxler enfin une attaque manquant de réalisme. Bref l’image d’une équipe de deux deuxièmes parties de tableau. Il se confirme bien que rien ne va plus aux Paris Saint-Germain. Les joueurs son thors  de condition physique, du coup la  technique devient approximative ils perdent des ballons et donnent  l’occasion aux équipes adverses d’être dangereuses. Sur le banc, visiblement l’entraîneur ne semble pas non plus animé d’un grand enthousiasme. Lui aussi semble ailleurs. Comme l’indiquait Marquinos ,l’un des rares à mouiller le maillot, ce qui manque au PSG c’est un esprit de club, une mentalité de guerrier et une envie de vaincre. Malheureusement la direction du club est à l’image de son équipe : transparente, incompétente et sans âme.

Foot Ligue 1 : Canal+ perd aussi les droits TV

Foot Ligue 1 : Canal+ perd aussi les droits TV

Pour Canal + la chute continue avec la perte des droits du foot ligue 1 au profit du groupe espagnol Mediapro et beIN.  Or la moitié des abonnés canal étaient surtout motivés par le foot. Du coup,  la chaîne n’en finit pas de s’écrouler après la reprise en main de la ligne éditoriale par Bolloré. .Ce pourrait bien être aussi la fin de Canal + dont le nombre d’abonnés ne cesse aussi de diminuer du fait notamment de la nullité des programmes sportifs. Certes la dégringolade de l’audience ne date pas d’hier, elle avait commencé à la fin de  l’ère Denisot,  s’était amplifiée avec De Caunes  qui paraissait tellement s’ennuyer dans son rôle d’animateur. Avec leurs successeurs on est tombé dans le badinage, l’approximatif et surtout l’ennui. En cause surtout le manque de culture politique de ces nouveaux animateurs et même le manque de culture générale tout court… La réalité c’est que le nouveau patron de canal Bolloré a voulu à la fois réorienter la ligne éditoriale de sa chaîne aussi faire des économies. L’impertinence est encore là mais pas la pertinence. En gros l’esprit canal est mort. Canal + n’est (définitivement) plus le modèle télévisuel de la cool attitude.  Avant, Canal + était la girouette du cool, la chaîne qui disait qui était in ou qui était out.  Vincent Bolloré, président des conseils de surveillance de Vivendi et Canal +, a fait sombrer « le Grand Journal » et avec lui la vitrine en clair quotidienne de la chaîne cryptée. Au pire,  de mauvais choix stratégiques, au mieux un sabotage en bonne et due forme. Avec la fin du foot, ce pourrait être la fin de Canal. +.

 

Les résultats de la Société d’Edition de Canal Plus

Chiffre d’affaires (en millions d’euros)
2012: 1941 dont abonnements 1696 et publicité 159
2013: 1941 dont abonnements 1697 et publicité 146
2014: 1868 dont abonnements 1636 et publicité 143
2015: 1802 dont abonnements 1617 et publicité 118
2016: 1704 dont abonnements 1540 et publicité 73
2017: 1544 dont abonnements 1437 et publicité 16

Résultat d’exploitation (en millions d’euros, hors soulte*)
2014: +157
2015: +80
2016 : -85
2017: -128

Résultat net (en millions d’euros, hors soulte*)
2014: +101
2015: +73
2016: -86
2017: -134
Source: comptes sociaux de la Société d’Edition de Canal Plus

Audiences de la tranche en clair 18h30-21h (part d’audience en %, > 4 ans)
Saison 2011-2012: 6,1
Saison 2012-2013: 5,4
Saison 2013-2014: 5,5
Saison 2014-2015: 5
Saison 2015-2016: 3,2
Saison 2016-2017: 0,6
Saison 2017-2018 (à mi-avril): 0,8

Audiences de la tranche en clair 18h30-21h (audience moyenne, > 4 ans)
Saison 2011-2012: 1.324.000
Saison 2012-2013: 1.152.000
Saison 2013-2014: 1.130.000
Saison 2014-2015: 1.012.000
Saison 2015-2016: 650.000
Saison 2016-2017: 126.000
Saison 2017-2018 (à mi-avril): 155.000
Source: Médiamétrie

 

 

 

 

 

Foot ligue 1: départ insipide

Foot ligue 1: départ insipide

Le moins que l’on puisse dire c’est que cette première journée de championnat qui s’est déroulé samedi (seuls Paris et Lille avaient joué la veille) n’a pas brillé par sa qualité. Il y a d’abord la défaite surprise de Marseille face à une modeste équipe de Caen. Du coup l’entraîneur de Marseille en a profité pour annoncer une démission qui couvait depuis longtemps. Il y a aussi ce match insipide entre Monaco et Nice. Nice qui a dominé Monaco jusqu’à l’expulsion injustifiée d’un  de ses joueurs. C’est très péniblement que Monaco a réussi à l’emporter sur une équipe de très jeunes joueurs réduits à 10. Il faut aussi signaler la victoire surprise d’Angers, victoire très méritée, sur une équipe de Montpellier transparente. D’une manière générale il s’est confirmé que le niveau des matchs de la ligue 1 en France se situait  très en dessous de celui des autres championnats européens. Plusieurs raisons sans doute à cela. D’abord le départ chaque année des meilleurs footballeurs pour l’étranger. Ensuite globalement des entraîneurs qui ne sont pas non plus à la hauteur, Paris y compris. Enfin des structures de club qui souffrent de la  la comparaison avec nombre de clubs européens .Pour Marseille,  après  départ de plusieurs cadres (André-Pierre Gignac, André Ayew, Dimitri Payet), le club phocéen est passé à côté de son entame de championnat. Samedi soir, l’équipe dirigée par Marcelo Bielsa, inconstante et très maladroite, s’est inclinée au Vélodrome face à Caen (0-1). Andy Delort, d’un missile ayant fini sa course sous la transversale de Steve Mandanda, a inscrit l’unique but de la partie (27e). Le Stade Malherbe réalise un nouveau joli coup, lui qui s’était déjà imposé sur le terrain de l’OM en février dernier (2-3). De son côté, Monaco a assumé son statut mais a souffert pour dominer Nice (1-2). Les Aiglons ont frappé les premiers par l’intermédiaire de Valère Germain (7e). L’expulsion d’Olivier Boscagli avant la pause (45e) a eu pour effet d’inverser la situation et le club de la Principauté en a profité, trouvant l’ouverture grâce à Bernardo Silva (51e) et Layvin Kurzawa (62e), l’homme en forme du début de saison.

 




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