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Economie-Croissance 2023 : l’hypothèse d’une récession mondiale (FMI)

Economie-Croissance 2023 : l’hypothèse d’une récession mondiale (FMI)

 

L’hypothèse d’une récession mondiale est de moins en moins exclue par les institutions internationales pour 2023. Ces perspectives s’appuient sur la tendance nettement baissière de la croissance actuelle plombée par l’inflation. C’est évidemment la même problématique en France où  officiellement l’inflation mesurée serait de l’ordre de 6 % au moins en 2022 alors que les revenus et ménages n’augmenteraient que d’environ 3 %.

« Les perspectives depuis notre dernière mise à jour en avril se sont nettement assombries », a dit Kristalina Georgieva, la patronne du FMI,, citant la propagation de l’inflation à travers le monde, la hausse des taux d’intérêt, le ralentissement de la croissance économique de la Chine et les sanctions successives prises contre la Russie pour l’offensive en Ukraine.

« Nous sommes dans des eaux très agitées », a-t-elle ajouté. Interrogée sur l’hypothèse d’une récession mondiale, elle a répondu que « le risque s’est accru, donc nous ne pouvons pas l’écarter ».

Des données économiques récentes montrent que plusieurs économies importantes, dont celles de la Chine et de la Russie, se sont contractées au deuxième trimestre, a déclaré la cheffe du FMI, notant que les risques seraient encore plus élevés l’an prochain.

« Cela va être une année 2022 compliquée, mais peut-être encore plus compliquée en 2023″, selon Kristalina Georgieva. « Les risques de récession sont accrus en 2023″, a-t-elle dit, ajoutant qu’il était crucial de contrôler la flambée actuelle des prix.

Croissance 2023 : l’hypothèse d’une récession mondiale (FMI)

Croissance 2023 : l’hypothèse d’une récession mondiale (FMI)

 

L’hypothèse d’une récession mondiale est de moins en moins exclue par les institutions internationales pour 2023. Ces perspectives s’appuient sur la tendance nettement baissière de la croissance actuelle plombée par l’inflation. C’est évidemment la même problématique en France où  officiellement l’inflation mesurée serait de l’ordre de 6 % au moins en 2022 alors que les revenus et ménages n’augmenteraient que d’environ 3 %.

« Les perspectives depuis notre dernière mise à jour en avril se sont nettement assombries », a dit Kristalina Georgieva, la patronne du FMI,, citant la propagation de l’inflation à travers le monde, la hausse des taux d’intérêt, le ralentissement de la croissance économique de la Chine et les sanctions successives prises contre la Russie pour l’offensive en Ukraine.

« Nous sommes dans des eaux très agitées », a-t-elle ajouté. Interrogée sur l’hypothèse d’une récession mondiale, elle a répondu que « le risque s’est accru, donc nous ne pouvons pas l’écarter ».

Des données économiques récentes montrent que plusieurs économies importantes, dont celles de la Chine et de la Russie, se sont contractées au deuxième trimestre, a déclaré la cheffe du FMI, notant que les risques seraient encore plus élevés l’an prochain.

« Cela va être une année 2022 compliquée, mais peut-être encore plus compliquée en 2023″, selon Kristalina Georgieva. « Les risques de récession sont accrus en 2023″, a-t-elle dit, ajoutant qu’il était crucial de contrôler la flambée actuelle des prix.

L’hypothèse d’une crise financière

L’hypothèse d’une crise financière

 

La remontée des taux d’intérêt – et la fuite de capitaux qui en découle – associée à la sous-estimation par le système financier des risques climatique, « cyber » et géopolitique fait peser de graves menaces sur l’économie mondiale, alerte, dans une tribune au « Monde », l’économiste Hélène Rey.

Au moment où presque toutes les banques centrales retirent des liquidités de l’économie pour combattre l’inflation, la crainte de crises financières ressurgit avec force. Dans un environnement où les Etats et les secteurs privés sont très endettés et où les prix des actifs sont souvent surévalués, le retournement du cycle financier global est à craindre. Car, plus le resserrement des politiques monétaires est important, plus la création de crédit ralentit, et plus les flux de capitaux se tarissent et les primes de risque augmentent, parfois de façon excessive. La Réserve fédérale américaine joue un rôle particulièrement important pour le cycle financier mondial et donne le ton sur les marchés financiers internationaux : lorsqu’elle coupe les liquidités, l’aversion au risque augmente et la valeur des actifs risqués (bitcoin, actions, etc.) chute.

La situation actuelle rappelle dans une certaine mesure la période précédant la crise de la dette de l’Amérique latine des années 1980, soulignait Richard Portes, professeur à la London Business School et fondateur du Centre for Economic Policy Research (CEPR), lors du premier symposium du CEPR à Paris, le 2 juin, où ce réseau européen de 1 600 chercheurs vient d’installer son siège, auparavant situé à Londres. La montée des taux et l’augmentation des primes de risque pourraient déstabiliser les pays émergents en raison des fuites de capitaux et des crises de change. On peut ajouter que les restructurations de dette qui seront probablement nécessaires seront bien plus difficiles à gérer dans un monde où le multilatéralisme est moribond et où la Chine est un créditeur important mais n’est pas membre du Club de Paris, l’institution réunissant les créanciers publics où se négocient lesdites restructurations.

Au-delà des pays émergents, certaines économies avancées seront aussi sous pression : les risques de fragmentation de la zone euro apparaissent à nouveau avec le retrait de liquidités par la Banque centrale européenne (BCE). Il est important que des écarts de taux entre pays de la zone existent, car ils reflètent des risques de crédit hétérogènes, mais la BCE ne peut les laisser diverger car cela signalerait un risque d’éclatement de la zone euro.

A ces risques traditionnels de premier ordre se greffe une série de facteurs d’apparition de nouvelles crises. Quand les perceptions des acteurs financiers sur l’activité économique future deviennent plus pessimistes, les actifs préalablement étiquetés comme sûrs et utilisés comme garantie auprès des débiteurs deviennent soudainement douteux, rappelait dans ce même symposium du CEPR Stephen Cecchetti, ancien conseiller économique de la Banque des règlements internationaux (BRI). Leurs prix peuvent alors chuter et entraîner avec eux une partie du système financier.

Elections législatives :L’hypothèse de la cohabitation

Elections législatives :L’hypothèse de la cohabitation

 

Le sociologue Arthur Guichoux analyse, dans une tribune au « Monde », les effets possibles d’une improbable cohabitation au niveau institutionnel, qui pourrait conduire à une reparlementarisation des institutions dans un régime où la pratique présidentialiste a pris le pas.

 

Dès le lendemain de la réélection d’Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon s’est posé comme candidat au poste de premier ministre. Cette déclaration du 19 avril a de quoi surprendre puisque, si on se réfère à l’article 8 de la Constitution, le chef du gouvernement n’est pas élu mais nommé par le chef de l’Etat. Cependant, il est d’usage que celui-ci nomme le leader de l’opposition en cas de rupture du « fait majoritaire ».

Quand la majorité présidentielle n’est plus soudée à la majorité parlementaire, alors se met en place une cohabitation. Cette situation de majorité discordante ne serait pas inédite, puisqu’elle s’est déjà produite à trois reprises (1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002). C’est dans cette direction que pointe le slogan « Jean-Luc Mélenchon premier ministre ». Et si la cohabitation n’était pas une anomalie, mais un retour à la normale ?

Force est de préciser qu’avec la révision quinquennale de 2000 la cohabitation est devenue beaucoup plus improbable. La synchronisation électorale, couplée à un mode de scrutin majoritaire, fait que l’onction présidentielle tend à éclipser les 577 élections législatives. La fin du septennat s’inscrit dans la logique de parlementarisme rationalisé qui remonte aux origines de la VRépublique.

C’est peu dire que le premier quinquennat Macron a amplifié cette logique structurelle qui relève davantage de la domestication parlementaire que de la séparation des pouvoirs à la Montesquieu. Tandis que le gouvernement passe de plus en plus de temps à légiférer, le Parlement prend acte tout en investissant davantage sa fonction de contrôle par le biais des commissions d’enquête.

Mais il faut aussi prendre en compte la conjoncture d’une séquence riche en recompositions. Les « éléphants » du Parti socialiste (PS) ont vite houspillé la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), tandis que les membres de la majorité sortante se sont empressés de faire front avec la confédération Ensemble. La mi-temps électorale confirme la tripolarisation du paysage politique entre l’extrême centre (Renaissance, le MoDem et Horizons coalisés sous l’appellation Ensemble), un bloc de gauche (comprenant La France insoumise, Europe Ecologie-Les Verts, le Parti communiste et le PS) et l’extrême droite (qui n’a pas noué d’alliance).

Dans cette configuration inédite, il se pourrait que le match ne reflète pas le score présidentiel, ce qui pose la question épineuse de la cohabitation qui hante la VRépublique.

Il n’est pas inutile de clarifier ce que signifie une situation de cohabitation au sommet de l’Etat. Poser la rupture du fait majoritaire comme horizon politique n’est pas un geste anodin ; il convient donc d’en mesurer la portée. Il ne s’agit pas de jouer aux devins, mais d’interroger ce qui pourrait se passer dans les semaines et mois à venir.

L’hypothèse Le Pen : comme Trump ou Johnson

L’hypothèse Le Pen : comme Trump ou Johnson

 

« Patriotes contre mondialistes », « gens ordinaires contre donneurs de leçons », l’affiche de notre présidentielle 2022 était déjà celle de la joute qui a eu lieu au Royaume-Uni il y a six ans. Un papier de Philippe Bernard dans le « Monde »

Chronique

 

« Est-ce que l’impensable peut arriver ? », s’interrogeait un éditorialiste de la New York Review of Books sept semaines avant que Donald Trump, contre toute attente, remporte la présidentielle américaine du 8 novembre 2016. Moins de cinq mois plus tôt, à la veille du référendum sur le Brexit, on pouvait honnêtement douter que nos pragmatiques voisins britanniques choisiraient de sauter dans le vide en votant pour quitter l’Union européenne (UE). Le 23 juin, ils en décidèrent pourtant ainsi à 51,89 %.

Si de tels scénarios inattendus, voire « impensables » méritent d’être rappelés à la veille du second tour de la présidentielle française, c’est qu’ils procèdent d’un contexte politique présentant de troublantes similitudes avec celui du nouveau duel Macron-Le Pen. Et que, aux Etats-Unis comme au Royaume-Uni, l’« impensable » est survenu alors que le camp censé incarner la « raison » était quasi certain de l’emporter.

« Patriotes contre mondialistes », « gens ordinaires contre donneurs de leçons », l’affiche de notre présidentielle 2022 était déjà celle de la joute où se sont affrontés partisans et adversaires du Brexit au Royaume-Uni il y a six ans. D’un côté, des nationalistes exploitant la nostalgie d’un grandiose passé mythifié et la nécessité de « reprendre le contrôle des frontières » pour justifier la rupture avec l’UE. De l’autre, des élites économiques et intellectuelles attachées à la coopération internationale.

Déjà le ressort de l’immigration était central. De même que la fermeture des frontières et la mise au ban des étrangers commandent la quasi-totalité du programme de Marine Le Pen, qui promet de « rendre aux Français leur pays », Nigel Farage, le leader britannique d’extrême droite, répétait « We want our country back ! » (« Rendez-nous notre pays ! »)Exultant à l’annonce du succès du Brexit, Farage avait salué « la victoire des gens ordinaires, des gens honnêtes ». Des expressions, qui, retrouvées dans la bouche de la leader du RN, excluent les étrangers ou ceux qu’elle perçoit comme tels.

A l’instar de Mme Le Pen, qui se fait fort de faire baisser la contribution budgétaire française à l’UE pour soulager les finances publiques, Boris Johnson promettait de financer le système de santé public avec l’argent « économisé » par la sortie de l’Union. Il n’hésitait pas à brandir la menace de listes d’attente dans les hôpitaux en cas de maintien dans l’UE. Des mensonges mis au jour pendant la crise due au Covid-19.

Et si Mme Le Pen masque aujourd’hui sa hargne contre l’UE derrière le projet d’une « alliance des nations européennes », le temps n’est pas si loin, au lendemain de la victoire du Brexit, où elle « vibrait avec les Britanniques qui ont saisi cette opportunité extraordinaire de sortir de la servitude ». Un enthousiasme qu’elle a depuis remisé : l’économie britannique pâtit de la sortie de l’UE et la prétendue « Global Britain » souffre d’isolement.

L’hypothèse Le Pen

 

 L’hypothèse Le Pen 

Jacques Attali explique dans les Echos pourquoi l’élection d’Emmanuel Macron n’est pas gagnée d’avance, et ce qui risquerait de se passer si la candidate du Rassemblement national accédait à l’Elysée.

Une hypothèse argumentée mais qui comme souvent chez Attali ( et autres experts type Alain Minc)  mélange arguments scientifiques et arguments de bistrot sans parler des approximations et de cette capacité de dire un jour une chose et le contraire le lendemain NDLR 

Peu de gens veulent reconnaître que la réélection d’Emmanuel Macron est loin d’être acquise, et que celle de Marine Le Pen est parfaitement possible. Pour au moins quatre raisons :

1. Aucun président n’a été réélu sans cohabitation ou après un mandat de cinq ans ou s’il a été élu la première fois où il s’est présenté. Emmanuel Macron remplit ces trois conditions.

2. Au moins deux candidats considérés comme élus d’avance (Valéry Giscard d’Estaing et Lionel Jospin) ont été battus par surprise, c’est-à-dire par l’abstention de son camp.

3. Après le dégagisme soft, dont Emmanuel Macron a bénéficié en 2017, peut venir le dégagisme hard, contre lui ; comme la Convention est venue après la Constituante. L’alliance de tous contre le sortant peut, encore une fois, jouer à plein. Et réussir.iabolisé. Alors qu’il y a cinq ans, Marine Le Pen apparaissait comme une incompétente extrémiste, elle se pose aujourd’hui en experte modérée ; plus acceptable, plus légitime, plus raisonnable qu’un Eric Zemmour, qui lui sert de repoussoir et attire vers elles des voix modérées.

Sans revenir sur les frustrations, les déceptions, les colères qu’Emmanuel Macron et sa politique, ont pu provoquer, il est temps d’affronter la réalité : Marine Le Pen peut être élue dans moins de quatre semaines. Que se passerait-il alors ?

La mise en oeuvre de son programme plongerait le pays dans une crise sans précédent et largement irréversible, dont ses électeurs seraient les premières victimes.

Sur le pouvoir d’achat qu’elle dit défendre : elle annonce des dépenses sociales innombrables et très vagues, une baisse massive de la TVA qui ne profiterait qu’aux riches, une réforme invraisemblable de l’impôt sur le revenu et des retraites, non financée, sinon par un vague emprunt (alors qu’elle dénonce la dette publique) et par d’hypothétiques économies sur les prestations aux migrants. Tout cela provoquera en réalité une inflation dont les bas salaires et les petits épargnants seront les premières victimes.

Sur l’écologie : elle entend supprimer tous les projets d’éolien et démanteler les éoliennes en service, ce qui rendrait encore plus difficile la maîtrise des émissions de gaz a effet de serre visée pour 2040.

Sur les étrangers présents en France : elle entend leur retirer l’accès aux soins et aux allocations familiales et sociales, les empêcher de travailler, leur retirer la nationalité française. Non seulement cela violerait plusieurs principes constitutionnels fondamentaux, mais cela rendrait vite impossible le fonctionnement de notre économie, transformerait en SDF des millions de gens aujourd’hui parfaitement intégrés, et priverait le pays de centaines de milliers de Français, nés en France, dont l’apport est inestimable.

Par ailleurs, ne plus accueillir aucun autre étranger serait se priver de médecins, de chercheurs, de professeurs, d’ingénieurs, d’artistes, dont nous avons tant besoin. Enfin, faire traiter par nos ambassades les demandes d’asile reviendrait, par exemple, à n’admettre des Ukrainiens que s’ils ont déposé une demande d’asile en bonne et due forme à notre ambassade à Kiev…

Sur la justice et la sécurité : là encore, son élection entraînerait des réformes violant tous nos principes constitutionnels. Ainsi, accorder aux policiers une présomption de légitime défense, et contraindre les juges à prendre des sanctions pénales incompressibles serait renier la séparation des pouvoirs.

Sur la culture, qu’elle entend réduire à une vision étroite de la France, il faut en particulier s’inquiéter de son projet de privatiser de l’audiovisuel public, qui laisse augurer d’une mainmise par ses amis hongrois et russe.

Sur l’Europe : diminuer unilatéralement la contribution de la France au budget européen et affirmer la primauté du droit national sur le droit européen, comme elle entend le faire dès le mois de juin, reviendrait à remettre en cause l’appartenance de la France à l’Union européenne. Répétons le ici : élire Madame Le Pen, ce serait sortir de l’UE, sans l’avoir vraiment décidé. Ce serait un Frexit sans débat.

Enfin, ce serait mettre nos armées et la politique étrangère du pays entre les mains d’une personne dont les seuls alliés dans le monde sont Messieurs Orban et Poutine. Autrement dit, si Madame Le Pen est élue dans moins d’un mois, on assistera immédiatement à un renversement des alliances : notre pays s’allierait à la Russie contre l’Ukraine, contre le reste de l’UE et contre l’Otan.

Pensez-y, avant de jouer avec l’idée que, après tout, cinq ans de Macron, ça suffit. Reprochez surtout aux anciens grands partis de ne pas avoir été capables de faire émerger des programmes et des candidats dignes de notre grand pays et du grand débat qu’aurait dû être cette élection présidentielle. Et écartons la tentation du pire.

 Jacques Attali

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Politique- Election Présidentielle : L’hypothèse Marine Le Pen

Election Présidentielle : L’hypothèse Marine Le Pen 

Jacques Attali explique dans les Echos pourquoi l’élection d’Emmanuel Macron n’est pas gagnée d’avance, et ce qui risquerait de se passer si la candidate du Rassemblement national accédait à l’Elysée.

Une hypothèse argumentée mais qui comme souvent chez Attali ( et autres experts type Alain Minc)  mélange arguments scientifiques et arguments de bistrot sans parler des approximations et de cette capacité de dire un jour une chose et le contraire le lendemain NDLR 

Peu de gens veulent reconnaître que la réélection d’Emmanuel Macron est loin d’être acquise, et que celle de Marine Le Pen est parfaitement possible. Pour au moins quatre raisons :

1. Aucun président n’a été réélu sans cohabitation ou après un mandat de cinq ans ou s’il a été élu la première fois où il s’est présenté. Emmanuel Macron remplit ces trois conditions.

2. Au moins deux candidats considérés comme élus d’avance (Valéry Giscard d’Estaing et Lionel Jospin) ont été battus par surprise, c’est-à-dire par l’abstention de son camp.

3. Après le dégagisme soft, dont Emmanuel Macron a bénéficié en 2017, peut venir le dégagisme hard, contre lui ; comme la Convention est venue après la Constituante. L’alliance de tous contre le sortant peut, encore une fois, jouer à plein. Et réussir.iabolisé. Alors qu’il y a cinq ans, Marine Le Pen apparaissait comme une incompétente extrémiste, elle se pose aujourd’hui en experte modérée ; plus acceptable, plus légitime, plus raisonnable qu’un Eric Zemmour, qui lui sert de repoussoir et attire vers elles des voix modérées.

Sans revenir sur les frustrations, les déceptions, les colères qu’Emmanuel Macron et sa politique, ont pu provoquer, il est temps d’affronter la réalité : Marine Le Pen peut être élue dans moins de quatre semaines. Que se passerait-il alors ?

La mise en oeuvre de son programme plongerait le pays dans une crise sans précédent et largement irréversible, dont ses électeurs seraient les premières victimes.

Sur le pouvoir d’achat qu’elle dit défendre : elle annonce des dépenses sociales innombrables et très vagues, une baisse massive de la TVA qui ne profiterait qu’aux riches, une réforme invraisemblable de l’impôt sur le revenu et des retraites, non financée, sinon par un vague emprunt (alors qu’elle dénonce la dette publique) et par d’hypothétiques économies sur les prestations aux migrants. Tout cela provoquera en réalité une inflation dont les bas salaires et les petits épargnants seront les premières victimes.

Sur l’écologie : elle entend supprimer tous les projets d’éolien et démanteler les éoliennes en service, ce qui rendrait encore plus difficile la maîtrise des émissions de gaz a effet de serre visée pour 2040.

Sur les étrangers présents en France : elle entend leur retirer l’accès aux soins et aux allocations familiales et sociales, les empêcher de travailler, leur retirer la nationalité française. Non seulement cela violerait plusieurs principes constitutionnels fondamentaux, mais cela rendrait vite impossible le fonctionnement de notre économie, transformerait en SDF des millions de gens aujourd’hui parfaitement intégrés, et priverait le pays de centaines de milliers de Français, nés en France, dont l’apport est inestimable.

Par ailleurs, ne plus accueillir aucun autre étranger serait se priver de médecins, de chercheurs, de professeurs, d’ingénieurs, d’artistes, dont nous avons tant besoin. Enfin, faire traiter par nos ambassades les demandes d’asile reviendrait, par exemple, à n’admettre des Ukrainiens que s’ils ont déposé une demande d’asile en bonne et due forme à notre ambassade à Kiev…

Sur la justice et la sécurité : là encore, son élection entraînerait des réformes violant tous nos principes constitutionnels. Ainsi, accorder aux policiers une présomption de légitime défense, et contraindre les juges à prendre des sanctions pénales incompressibles serait renier la séparation des pouvoirs.

Sur la culture, qu’elle entend réduire à une vision étroite de la France, il faut en particulier s’inquiéter de son projet de privatiser de l’audiovisuel public, qui laisse augurer d’une mainmise par ses amis hongrois et russe.

Sur l’Europe : diminuer unilatéralement la contribution de la France au budget européen et affirmer la primauté du droit national sur le droit européen, comme elle entend le faire dès le mois de juin, reviendrait à remettre en cause l’appartenance de la France à l’Union européenne. Répétons le ici : élire Madame Le Pen, ce serait sortir de l’UE, sans l’avoir vraiment décidé. Ce serait un Frexit sans débat.

Enfin, ce serait mettre nos armées et la politique étrangère du pays entre les mains d’une personne dont les seuls alliés dans le monde sont Messieurs Orban et Poutine. Autrement dit, si Madame Le Pen est élue dans moins d’un mois, on assistera immédiatement à un renversement des alliances : notre pays s’allierait à la Russie contre l’Ukraine, contre le reste de l’UE et contre l’Otan.

Pensez-y, avant de jouer avec l’idée que, après tout, cinq ans de Macron, ça suffit. Reprochez surtout aux anciens grands partis de ne pas avoir été capables de faire émerger des programmes et des candidats dignes de notre grand pays et du grand débat qu’aurait dû être cette élection présidentielle. Et écartons la tentation du pire.

 Jacques Attali

Election Présidentielle : L’hypothèse Marine Le Pen

Election Présidentielle : L’hypothèse Marine Le Pen 

Jacques Attali explique dans les Echos pourquoi l’élection d’Emmanuel Macron n’est pas gagnée d’avance, et ce qui risquerait de se passer si la candidate du Rassemblement national accédait à l’Elysée.

Une hypothèse argumentée mais qui comme souvent chez Attali ( et autres experts type Alain Minc)  mélange arguments scientifiques et arguments de bistrot sans parler des approximations et de cette capacité de dire un jour une chose et le contraire le lendemain NDLR 

Peu de gens veulent reconnaître que la réélection d’Emmanuel Macron est loin d’être acquise, et que celle de Marine Le Pen est parfaitement possible. Pour au moins quatre raisons :

1. Aucun président n’a été réélu sans cohabitation ou après un mandat de cinq ans ou s’il a été élu la première fois où il s’est présenté. Emmanuel Macron remplit ces trois conditions.

2. Au moins deux candidats considérés comme élus d’avance (Valéry Giscard d’Estaing et Lionel Jospin) ont été battus par surprise, c’est-à-dire par l’abstention de son camp.

3. Après le dégagisme soft, dont Emmanuel Macron a bénéficié en 2017, peut venir le dégagisme hard, contre lui ; comme la Convention est venue après la Constituante. L’alliance de tous contre le sortant peut, encore une fois, jouer à plein. Et réussir.iabolisé. Alors qu’il y a cinq ans, Marine Le Pen apparaissait comme une incompétente extrémiste, elle se pose aujourd’hui en experte modérée ; plus acceptable, plus légitime, plus raisonnable qu’un Eric Zemmour, qui lui sert de repoussoir et attire vers elles des voix modérées.

Sans revenir sur les frustrations, les déceptions, les colères qu’Emmanuel Macron et sa politique, ont pu provoquer, il est temps d’affronter la réalité : Marine Le Pen peut être élue dans moins de quatre semaines. Que se passerait-il alors ?

La mise en oeuvre de son programme plongerait le pays dans une crise sans précédent et largement irréversible, dont ses électeurs seraient les premières victimes.

Sur le pouvoir d’achat qu’elle dit défendre : elle annonce des dépenses sociales innombrables et très vagues, une baisse massive de la TVA qui ne profiterait qu’aux riches, une réforme invraisemblable de l’impôt sur le revenu et des retraites, non financée, sinon par un vague emprunt (alors qu’elle dénonce la dette publique) et par d’hypothétiques économies sur les prestations aux migrants. Tout cela provoquera en réalité une inflation dont les bas salaires et les petits épargnants seront les premières victimes.

Sur l’écologie : elle entend supprimer tous les projets d’éolien et démanteler les éoliennes en service, ce qui rendrait encore plus difficile la maîtrise des émissions de gaz a effet de serre visée pour 2040.

Sur les étrangers présents en France : elle entend leur retirer l’accès aux soins et aux allocations familiales et sociales, les empêcher de travailler, leur retirer la nationalité française. Non seulement cela violerait plusieurs principes constitutionnels fondamentaux, mais cela rendrait vite impossible le fonctionnement de notre économie, transformerait en SDF des millions de gens aujourd’hui parfaitement intégrés, et priverait le pays de centaines de milliers de Français, nés en France, dont l’apport est inestimable.

Par ailleurs, ne plus accueillir aucun autre étranger serait se priver de médecins, de chercheurs, de professeurs, d’ingénieurs, d’artistes, dont nous avons tant besoin. Enfin, faire traiter par nos ambassades les demandes d’asile reviendrait, par exemple, à n’admettre des Ukrainiens que s’ils ont déposé une demande d’asile en bonne et due forme à notre ambassade à Kiev…

Sur la justice et la sécurité : là encore, son élection entraînerait des réformes violant tous nos principes constitutionnels. Ainsi, accorder aux policiers une présomption de légitime défense, et contraindre les juges à prendre des sanctions pénales incompressibles serait renier la séparation des pouvoirs.

Sur la culture, qu’elle entend réduire à une vision étroite de la France, il faut en particulier s’inquiéter de son projet de privatiser de l’audiovisuel public, qui laisse augurer d’une mainmise par ses amis hongrois et russe.

Sur l’Europe : diminuer unilatéralement la contribution de la France au budget européen et affirmer la primauté du droit national sur le droit européen, comme elle entend le faire dès le mois de juin, reviendrait à remettre en cause l’appartenance de la France à l’Union européenne. Répétons le ici : élire Madame Le Pen, ce serait sortir de l’UE, sans l’avoir vraiment décidé. Ce serait un Frexit sans débat.

Enfin, ce serait mettre nos armées et la politique étrangère du pays entre les mains d’une personne dont les seuls alliés dans le monde sont Messieurs Orban et Poutine. Autrement dit, si Madame Le Pen est élue dans moins d’un mois, on assistera immédiatement à un renversement des alliances : notre pays s’allierait à la Russie contre l’Ukraine, contre le reste de l’UE et contre l’Otan.

Pensez-y, avant de jouer avec l’idée que, après tout, cinq ans de Macron, ça suffit. Reprochez surtout aux anciens grands partis de ne pas avoir été capables de faire émerger des programmes et des candidats dignes de notre grand pays et du grand débat qu’aurait dû être cette élection présidentielle. Et écartons la tentation du pire.

 Jacques Attali

Politique-Présidentielle : L’hypothèse Marine Le Pen

Politique-Présidentielle : L’hypothèse Marine Le Pen 

Jacques Attali explique dans les Echos pourquoi l’élection d’Emmanuel Macron n’est pas gagnée d’avance, et ce qui risquerait de se passer si la candidate du Rassemblement national accédait à l’Elysée.

Une hypothèse argumentée mais qui comme souvent chez Attali ( et autres experts type Alain Minc)  mélange arguments scientifiques et arguments de bistrot sans parler des approximations et de cette capacité de dire un jour une chose et le contraire le lendemain NDLR 

Peu de gens veulent reconnaître que la réélection d’Emmanuel Macron est loin d’être acquise, et que celle de Marine Le Pen est parfaitement possible. Pour au moins quatre raisons :

1. Aucun président n’a été réélu sans cohabitation ou après un mandat de cinq ans ou s’il a été élu la première fois où il s’est présenté. Emmanuel Macron remplit ces trois conditions.

2. Au moins deux candidats considérés comme élus d’avance (Valéry Giscard d’Estaing et Lionel Jospin) ont été battus par surprise, c’est-à-dire par l’abstention de son camp.

3. Après le dégagisme soft, dont Emmanuel Macron a bénéficié en 2017, peut venir le dégagisme hard, contre lui ; comme la Convention est venue après la Constituante. L’alliance de tous contre le sortant peut, encore une fois, jouer à plein. Et réussir.iabolisé. Alors qu’il y a cinq ans, Marine Le Pen apparaissait comme une incompétente extrémiste, elle se pose aujourd’hui en experte modérée ; plus acceptable, plus légitime, plus raisonnable qu’un Eric Zemmour, qui lui sert de repoussoir et attire vers elles des voix modérées.

Sans revenir sur les frustrations, les déceptions, les colères qu’Emmanuel Macron et sa politique, ont pu provoquer, il est temps d’affronter la réalité : Marine Le Pen peut être élue dans moins de quatre semaines. Que se passerait-il alors ?

La mise en oeuvre de son programme plongerait le pays dans une crise sans précédent et largement irréversible, dont ses électeurs seraient les premières victimes.

Sur le pouvoir d’achat qu’elle dit défendre : elle annonce des dépenses sociales innombrables et très vagues, une baisse massive de la TVA qui ne profiterait qu’aux riches, une réforme invraisemblable de l’impôt sur le revenu et des retraites, non financée, sinon par un vague emprunt (alors qu’elle dénonce la dette publique) et par d’hypothétiques économies sur les prestations aux migrants. Tout cela provoquera en réalité une inflation dont les bas salaires et les petits épargnants seront les premières victimes.

Sur l’écologie : elle entend supprimer tous les projets d’éolien et démanteler les éoliennes en service, ce qui rendrait encore plus difficile la maîtrise des émissions de gaz a effet de serre visée pour 2040.

Sur les étrangers présents en France : elle entend leur retirer l’accès aux soins et aux allocations familiales et sociales, les empêcher de travailler, leur retirer la nationalité française. Non seulement cela violerait plusieurs principes constitutionnels fondamentaux, mais cela rendrait vite impossible le fonctionnement de notre économie, transformerait en SDF des millions de gens aujourd’hui parfaitement intégrés, et priverait le pays de centaines de milliers de Français, nés en France, dont l’apport est inestimable.

Par ailleurs, ne plus accueillir aucun autre étranger serait se priver de médecins, de chercheurs, de professeurs, d’ingénieurs, d’artistes, dont nous avons tant besoin. Enfin, faire traiter par nos ambassades les demandes d’asile reviendrait, par exemple, à n’admettre des Ukrainiens que s’ils ont déposé une demande d’asile en bonne et due forme à notre ambassade à Kiev…

Sur la justice et la sécurité : là encore, son élection entraînerait des réformes violant tous nos principes constitutionnels. Ainsi, accorder aux policiers une présomption de légitime défense, et contraindre les juges à prendre des sanctions pénales incompressibles serait renier la séparation des pouvoirs.

Sur la culture, qu’elle entend réduire à une vision étroite de la France, il faut en particulier s’inquiéter de son projet de privatiser de l’audiovisuel public, qui laisse augurer d’une mainmise par ses amis hongrois et russe.

Sur l’Europe : diminuer unilatéralement la contribution de la France au budget européen et affirmer la primauté du droit national sur le droit européen, comme elle entend le faire dès le mois de juin, reviendrait à remettre en cause l’appartenance de la France à l’Union européenne. Répétons le ici : élire Madame Le Pen, ce serait sortir de l’UE, sans l’avoir vraiment décidé. Ce serait un Frexit sans débat.

Enfin, ce serait mettre nos armées et la politique étrangère du pays entre les mains d’une personne dont les seuls alliés dans le monde sont Messieurs Orban et Poutine. Autrement dit, si Madame Le Pen est élue dans moins d’un mois, on assistera immédiatement à un renversement des alliances : notre pays s’allierait à la Russie contre l’Ukraine, contre le reste de l’UE et contre l’Otan.

Pensez-y, avant de jouer avec l’idée que, après tout, cinq ans de Macron, ça suffit. Reprochez surtout aux anciens grands partis de ne pas avoir été capables de faire émerger des programmes et des candidats dignes de notre grand pays et du grand débat qu’aurait dû être cette élection présidentielle. Et écartons la tentation du pire.

 Jacques Attali

Présidentielle : l’hypothèse Le Pen ?

 

Emmanuel Macron a peur de Marine le Pen et il a raison : cette fois, c’est différent, voici pourquoi ce n’est pas gagné.

par Philippe Mabille Rédacteur en chef de la Tribune

 

Et si Marine Le Pen devenait présidente de la République au bout de sa troisième tentative. On imagine le tweet de @SardineRuisseau : « Une femme à l’Elysée, le patriarcat, c’est fini ! » (compte parodique de Sandrine Rousseau, candidate à la primaire écolo). Le scénario, jusqu’ici improbable, commence à donner des sueurs froides dans la macronie, raconte Marc Endeweld dans sa chronique Politiscope de cette semaine. Au ministère de l’Intérieur, on s’affole en coulisses de la faiblesse des reports de voix en faveur du président sortant. Tout va se jouer sur l’abstention : si la jonction de la droite Trocadero (la partie Fillon-Ciotti de l’électorat de Pécresse) se fait avec l’extrême droite (Zemmour + Le Pen), Macron peut être battu, assure-t-on comme pour exorciser ce risque.

Les derniers jours de la campagne « officielle » qui a démarré lundi 28 mars vont donner du fil à retordre aux instituts de sondage, eux qui sont déjà en permanence accusés de « mentir » par les réseaux complotistes. La preuve : ils n’avaient pas prédit le 21 avril 2022, l’élimination de Lionel Jospin ! Que dira-t-on s’ils ne voient pas venir le croisement des courbes entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. C’est oublier un peu vite qu’avant l’irruption d’Eric Zemmour dans le paysage, la présidente du Rassemblement national était déjà en tête des sondages du premier tour. Et que la possibilité de sa victoire en 2022 était prise au sérieux, y compris par Emmanuel Macron qui reconnaît en elle sa plus redoutable adversaire : certains Machiavel ont même vu sa main derrière le lancement de cette concurrence à l’extrême de la droite.

Si c’est le cas, le coup a échoué car bien au contraire la radicalité de Zemmour a recentré Marine en la faisant passer pour une victime. La primaire à droite a fait le reste en banalisant le discours sur l’immigration zéro jusqu’ici apanage du RN. Dans un tour de passe-passe inattendu, Marine le Pen a su s’inspirer du « en même temps » pour séduire un électorat plus large avec un programme économique hybride, un peu à gauche, en enfourchant le thème du pouvoir d’achat, un peu à droite, en se montrant réaliste sur l’Europe ou la dette, comme pour faire oublier que le programme du RN reste essentiellement d’extrême-droite.

On peut donc s’attendre à un branle-bas de combat dans la dernière semaine de campagne avant le premier tour du 10 avril. Emmanuel Macron est obligé de sortir du bois et de reprendre son combat contre le populisme. Mais il est comme paralysé par l’affaire McKinsey sur laquelle lui-même et les intéressés ont communiqué comme des manches, laissant prospérer le soupçon. C’est bien la peine d’être un expert du conseil en stratégie… Emmanuel Macron, comme lors de l’affaire Benalla (« s’ils cherchent un responsable, qu’ils viennent me chercher ») s’est planté en lançant un arrogant « qu’ils aillent au pénal ». Cela renvoie Macron à son image de banquier d’affaires hautain et distant, à l’inverse de l’image de président à l’écoute qu’il avait tenté de forger pendant le Grand Débat. De débat, il n’y en a pas eu et il n’y en aura pas, là a été son erreur. Ni sur le bilan, ni sur le récit de l’après, Macron n’a répondu présent. Un tort et un risque.

Le scénario Le Pen à l’Elysée n’est-il qu’un énième coup de com’ pour jouer à se faire peur et remobiliser un électorat centriste qui pense que l’élection est jouée ? Sans doute. Mais il y a aussi un troisième homme qui pointe son nez vers le second tour, Jean-Luc Mélenchon, à plus de 15%, en tentant de rassembler ce qui reste de la gauche éclatée vers un vote utile seul à même de déjouer le scénario d’une répétition du match de 2017. Pour l’instant, les bookmakers ne croient pas beaucoup à un second tour Mélenchon-Macron mais qui sait ? En cette année de surprises – qui aurait cru le 1er janvier que Poutine brandirait la menace nucléaire ? -, il faut se préparer à tout, même à la montée de la sixième vague de Covid.

Sur le front de la guerre en Ukraine, on a cru un instant seulement à une retraite en Russie des troupes de Poutine. Pendant les négociations, les bombardements continuent et le joueur d’échec du Kremlin a fini la semaine sur un chantage aux coupures de gaz s’il n’est pas payé en roubles qui met l’Europe en ébullition. Applicable au 1er avril, ce n’est pas un Poisson, mais « Bons baisers du Kremlin ». Mais pour ce faire, le président russe a dû créer une usine à gaz pour éviter une rupture des contrats en cours.

Un pas en avant deux en arrière, ce Poutine fait du Lénine version 2022. Et en Europe, on doit se préparer pour un scénario à la Mad Max, ce film (australien) où l’humanité se bat pour quelques gouttes d’essence. De fait, c’est un sale temps pour l’industrie automobile avec en France des ventes au plus bas depuis quarante ans.

Le titre auquel vous avez échappé cette semaine : « Gaz russe, Poutine souffle l’effroi ». Et ce n’est pas fini : comme l’écrit Robert Jules, à l’Opep+ comme à Washington, les barils de pétrole se politisent. A moins d’un accord hypothétique avec l’Iran, une alternative pas si évidente.

En fait, cette crise Russie-Ukraine n’a rien plus rien de régionale. Elle instille un virus mondial sur les chaînes de valeurs de la mondialisation via les hausses de prix. Avec ce nouvel ordre mondial, préparons nous à des pénuries mondiales. Pour l’instant, la France s’en sort mieux que ses voisins en termes d’inflation, grâce au nucléaire.

Évidemment, la réponse déjà évoquée partout de la sobriété énergétique est bonne, mais encore faut-il la rendre acceptable par tous. Le coup de froid de ce début avril montre bien notre vulnérabilité. Et se passer du gaz russe ne sera pas bon à court terme pour le climat, prévient Juliette Raynal : la guerre en Ukraine devrait conduire à un recours plus massif au charbon pour produire de l’électricité. Mais cette pratique, très émettrice de CO2 et donc néfaste pour le climat, pourrait être compensée par la chasse au gaspi, imposée par la hausse du prix des énergies fossiles. Les solutions d’énergie propre sont, elles, vouées à devenir plus compétitives

La crise aura aussi des effets anti-écologiques, car tout va coûter plus cher, à l’image de la rénovation énergétique des bâtiments, souligne César Armand. Le secteur du BTP est plombé par les effets de la guerre. Quand le BTP ne va pas, en France, on connaît la suite. Le risque de stagflation a beau être contesté par Christine Lagarde, il reste au coin de la rue.

Autre enjeu majeur de la présidentielle vu le contexte international : l’armée française est-elle obsolète ? Combien de temps tiendraient nos forces face à un agresseur sur notre sol ? Pour quoi, au fond, sommes-nous prêts à nous battre ? Michel Cabirol, notre expert des industries de Défense, vous propose une série passionnante sur le vrai bilan de Florence Parly qui a passé presque un quinquennat au ministère des Armées. Tenue de la loi de programmation militaire, bon point. Coopérations industrielles avec l’Allemagne, qui se décide enfin à investir dans sa défense : bof-bof. Mais dans la suite de Jean-Yves Le Drian, Florence Parly a fait un carton à l’exportation, à coups de Rafale mais pas seulement.

Dans ce monde fou, on aurait pu espérer compter sur une plus grande solidarité européenne. Las, après avoir acheté des F-35 américains, nos « amis » allemands continuent de nous lâcher sur le spatial : l’Agence spatiale allemande (DLR) a validé sans état d’âme le lanceur américain Falcon 9 de SpaceX pour son satellite d’observation de la Terre. Une nouvelle trahison de l’Allemagne vis-à-vis de l’Europe, s’indigne Michel Cabirol.

Pendant la guerre, les affaires continuent : Vincent Bolloré a enfin fini, contre son gré, mais à bon prix, par céder ses activités logistiques en Afrique, qui lui ont valu beaucoup de fortune et pas mal d’ennuis : Léo Barnier nous raconte l’épilogue de la cession à l’italo-suisse MSC, bien connu d’Alexis Kohler, d’un des secteurs historiques du groupe Bolloré bicentenaire cette année. Mais s’il abandonne l’Afrique, reste à savoir ce que fera de ces 6 milliards d’euros d’argent frais celui que l’on n’a pas nommé pour rien « le petit prince du cash-flow »… Des cibles en vue dans la défense, paraît-il.

Pour finir en beauté, revivez le plus bel événement du mois de mars en France avec notre forum Think Tech et la cérémonie « 10.000 startups pour changer le monde » qui s’est tenue lundi 28 mars sur la scène du Grand Rex. Avec en invité exceptionnel Xavier Niel, qui nous a accordé un entretien-vérité dans le cadre du podcast « 40 Nuances de Next » et affirme que la France compte déjà plus de 30 licornes (plus de 1 milliard d’euros de valorisation). Une heure avec Xavier Niel, le fondateur de Free, de Station F et de l’Ecole 42 : à regarder sans modération samedi ou dimanche en préparant l’apéro. Découvrez aussi les 10 lauréats de la sélection des plus belles startups de nos régions, et les 51 finalistes de notre concours. Un exemple : Stirruup, le Airbnb solidaire de l’hébergement d’urgence. Utile en cette terrible guerre en Ukraine.

Enfin, si vous vous ennuyez par ce froid printanier, offrez-vous un peu de binge watching sous la couette avec cet article de Sylvain Rolland qui nous explique pourquoi les nouvelles séries américaines s’inspirent toutes de… la Silicon Valley. « Super Pumped » sur la chute du CEO d’Uber Travis Kalanick, « Wecrashed » sur le couple Neumann à l’origine du succès puis de la débâcle de WeWork, et « The dropout » sur l’extraordinaire arnaque Theranos menée par Elizabeth Holmes, la première femme milliardaire de la tech. Alors que deux nouvelles séries sont annoncées sur Facebook, les dirigeants charismatiques et controversés de la Silicon Valley n’en finissent pas de fasciner Hollywood en pleine guerre du streaming.

En attendant la première série sur la guerre en Ukraine.

Philippe Mabille, Directeur de la rédaction

COVID-19: L’HYPOTHÈSE D’UN ACCIDENT DE LABORATOIRE ?

COVID-19: L’HYPOTHÈSE D’UN ACCIDENT DE LABORATOIRE ?

L’équipe de spécialistes envoyée en Chine avait rencontré de nombreuses difficultés pour accéder aux données. Par ailleurs on sait que l’OMS a tendance à ménager la Chine. Pourtant des experts indépendants n’écartent pas l’hypothèse d’un accident de laboratoire une hypothèse possible après la parution d’une lettre dans la prestigieuse revue Science, dans laquelle 18 biologistes qui n’écartent pas cette possibilité.

L’hypothèse d’un virus échappé du laboratoire de Wuhan – source de théories complotistes – n’est donc pas à exclure selon ces chercheurs, qui considèrent que cette piste a été trop rapidement écartée par le rapport établi par l’équipe de l’OMS parti dans la ville chinoise entre janvier et février.

 

« Seules quatre pages sur les 313 du rapport et de ses annexes abordent la piste d’un accident de laboratoire », déplorent les signataires de la lettre, qui appellent à prendre « autant au sérieux l’hypothèse d’une origine naturelle que d’une origine en laboratoire, tant que nous ne disposons pas de données suffisantes ».

COVID-19: l’hypothèse d’un demi confinement

COVID-19: l’hypothèse d’un demi confinement

 

La sémantique aura un rôle essentiel pour habiller les mesures que doit prendre enfin macron pour tenter de maîtriser une pandémie qui évolue de manière exponentielle. Ainsi par exemple le ministre de la santé a évoqué un nouveau concept de primo injections pour habiller le scandale du manque de vaccins. De la même manière dans les jours qui viennent, le président de la république devra solliciter l’ingénierie sémantique pour trouver la bonne formule qui ne rappellera pas le fâcheux confinement qui tue liberté et économie mais ne sera pas bien entendu la levée des mesures restrictives déjà prises

 

. Il y aura du en même temps. Peut-être même pas le terme confinement ou alors un demi confinement. Un auto confinement, un confinement à la carte, un confinement partagé etc.

Les chiffres de l’épidémie dérapent sérieusement, il y a donc urgence à agir. Pourtant jusque-là Macron refuse de s’exprimer, il va pourtant le faire pas forcément de bon cœur. En effet, il craint les réactions suite à de nouvelles atteintes aux libertés et à la mobilité.

 

D’après BFM et selon un proche d’Emmanuel Macron, « les enseignements des deux premiers confinements ont été tirés. Il faut aller vers une formule hybride, sans changer notre doctrine ». Le problème c’est que la doctrine a surtout ressemblé à une sorte de Salom. Faut-il rappeler les discours sur l’inutilité du masque au départ, les critiques même sur l’intérêt des tests, maintenant la stratégie d’escargot de la vaccination.

Pour éviter une révolte, Emmanuel Macron souhaite un reconfinement moins dur pour les jeunes, car « le président est plus inquiet que jamais des impacts psychologiques d’un troisième confinement », confie un conseiller ce jeudi.

Covid : » l’hypothèse d’une troisième vague »

Covid : » l’hypothèse d’une troisième vague »

L’épidémiologiste montpelliérain Mircea Sofonea alerte sur le risque de rebond de l’épidémie en cas de relâchement.

Comme de nombreux français, Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l’université de Montpellier, est évidemment attentif aux mesures annoncées pour l’allégement du confinement. L’épidémiologiste craint toutefois un relâchement des mesures, alors que le chef de l’Etat cherche un équilibre périlleux entre assouplissement du confinement pour permettre la préparation des fêtes de fin d’année, et maîtrise de la crise sanitaire.

« Si on entend par là un vrai relâchement des mesures de restriction, oui, il est trop tôt. On est actuellement dans une période qui favorise la transmission du virus : le froid, la promiscuité à l’intérieur de milieux clos, ajouté à cela le contexte des fêtes avec des réunions familiales où les gestes barrières sont souvent oubliés . …

2022 : l’hypothèse du général de Villiers

2022 : l’hypothèse du général de Villiers

L’hypothèse du général de Villiers n’est pas totalement à exclure. « Plus ils se contentent de slogans militaires et de postures appelant à une politique d’ordre, plus ils s’imposent comme des figures de recours pour les Français », analyse l’historien Eric Deroo, (interview dans l’Opinion)

 

 

 

Alors que le général de Villiers publie un nouveau livre et s’exprime dans Valeurs Actuelles sur « la guerre» pour « terrasser le terrorisme », la chaîne Histoire va diffuser, ce mois-ci, le film documentaire réalisé par Eric Deroo La République et ses généraux, dans laquelle historiens et officiers, dont le chef d’état-major des armées, s’expriment. Première diffusion vendredi 6 novembre, à 20h50.

« Mon général, on marche sur la tête ! Y a-t-il un pilote dans l’avion ? Voilà ce que j’entends chaque jour, de plus en plus fort. » Avec ces mots, parus cette semaine dans l’hebdomadaire de droite Valeurs Actuellesle général Pierre de Villiers entend délivrer un message politique, à l’occasion de la parution de son troisième livre en trois ans, L’équilibre est un courage (Fayard). Pour comprendre le phénomène des généraux en politique, nous avons interrogé Eric Deroo, historien et documentariste, à l’occasion de la sortie, vendredi, sur la chaîne Histoire de son nouveau film, La République et ses généraux.

Pensez-vous que le général Pierre de Villiers pourrait avoir un avenir politique ?

En principe non, mais la situation est telle qu’on peut imaginer qu’une flambée du populisme en France le verrait être propulsé au pouvoir dans une élection. Ce n’est pas la personnalité de Pierre de Villiers qui compte, mais le fait qu’il soit général. Si ce n’était pas lui, ce pourrait être un autre. La parole des hommes politiques est aujourd’hui tellement démonétisée que celle des représentants de la Grande Muette apparaît, paradoxalement, plus sérieuse et plus fiable.

Quel discours portent ces généraux ?

Plus ils se contentent de slogans militaires du style « il faut être fidèle, courageux, etc. », de postures appelant à une politique d’ordre, plus ils s’imposent comme des figures de recours pour les Français. Quand les généraux restent dans les généralités, sans entrer dans le concret du débat politique, ils apparaissent loin de querelles partisanes. C’est le paradoxe que je montre dans mon film, avec l’historien Nicolas Roussellier qui rappelle le fait suivant : moins les généraux parlent, plus ils sont populaires.

Vous remontez à la Révolution française pour expliquer ce phénomène très français…

Oui, parce que jusqu’à la Révolution, le Roi concentrait les pouvoirs politiques, religieux et militaires. Ensuite, chaque homme politique s’est mis à chercher un sabre, parce que le pouvoir politique devait être assis sur la force. Cela a abouti, dix ans après 1789, à la prise du pouvoir par le général Bonaparte. Il était propulsé par Sieyes, mais le militaire s’est libéré du civil et l’a emporté sur lui. Bonaparte a été une sorte de César, qui apportait avec lui le résultat concret de ses victoires militaires. Après la Révolution et l’Empire, on a vu tous les souverains (Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe, Napoléon III) porter l’uniforme pour bénéficier de l’aura militaire. On le voit encore dans les monarchies contemporaines en Europe.

Si l’on déroule l’histoire de France, on est frappé par le nombre de généraux en politique, même si l’Armée en tant que telle n’a jamais pris le pouvoir.

En effet, après Bonaparte, on verra le général Cavaignac en 1848, puis le Maréchal de Mac Mahon devenir le premier président de la IIIe République, après Thiers, alors qu’il était monarchiste. La IIIe République (1870-1940) a été en permanence tétanisée par le césarisme. Les Républicains avaient vu à deux reprises, en 1799 puis en 1851, la République confisquée par le général Bonaparte puis par son neveu, qui s’étaient fait légitimer ensuite par des plébiscites. D’où la méfiance traditionnelle des Républicains pour le pouvoir personnel et les plébiscites – on parle aujourd’hui de référendum. Surtout, les Républicains ont tenu l’Armée, c’est-à-dire les généraux, à distance. Cela a permis à ces derniers de s’autonomiser par rapport au pouvoir civil et il a fallu atteindre la Première guerre mondiale pour que le gouvernement reprenne le contrôle, alors qu’en 1914, Joffre voulait les pleins pouvoirs.

Que pensez-vous du général Boulanger, qui fut tenté par le pouvoir dans les années 1880 ?

Politiquement, il ne faisait pas le poids, mais surtout la République a été suffisamment forte pour se donner les moyens de le marginaliser.

« C’est tout le paradoxe des Français de ce temps : ils sont pacifistes, mais admirent les généraux, qui sont vus comme de purs représentants de l’idéal patriotique »

Plus tard, on assiste au spectaculaire affrontement entre deux officiers, Philippe Pétain et Charles de Gaulle. Qu’en pensez-vous ?

Ce sont deux figures « en miroir ». Les deux hommes se connaissaient très bien et beaucoup de Français ont cru, à tort, à la légende du glaive De Gaulle et du bouclier Pétain. Sur ce dernier, il faut bien comprendre que les Maréchaux sortent déifiés de la Grande Guerre. Pétain, mais aussi Foch, mort en 1929, par exemple. On avait précédemment connu cela avec Lyautey ou Gallieni. Ils sont des personnages extrêmement populaires. C’est tout le paradoxe des Français de ce temps : ils sont pacifistes, mais admirent les généraux, qui sont vus comme de purs représentants de l’idéal patriotique. Et plus ceux-ci se taisent, plus on les aime. Pétain passe pour être républicain et c’est la République qui viendra le chercher dès avant juin 1940, d’abord comme ministre en 1934, puis comme ambassadeur auprès de Franco.

Et De Gaulle ?

Il faut rappeler que la République – dans sa quatrième version – a mis l’homme du 18 juin à la porte dès 1946. On lui rendait les honneurs… en lui demandant de rester chez lui. Sa tentative de retour, via le RPF, a été un échec politique. Toute la IVe République est d’ailleurs parcourue d’affaires politiques impliquant des généraux, en Indochine par exemple avec le général Revers. Leclerc, Juin, Koenig, De Lattre sont alors des grandes figures symboliques.

Le génie de De Gaulle, lorsqu’il revient au pouvoir en 1958, est qu’il parvient à incarner à la fois la Toge et le Glaive. Il fut plus un immense politique qu’un grand militaire, mais il réussit à être sa propre épée. On le voit durant la guerre d’Algérie à la manière dont il a réglé le putsch des généraux de 1961. Il a renvoyé les militaires dans leurs foyers en les ridiculisant. Souvenez-vous de ces mots contre le « quarteron de généraux en retraite » et leur « pronunciamiento ». Peu ou prou, il les fait ainsi passer pour des putschistes mexicains. C’est digne de dialogues de Michel Audiard.

Depuis De Gaulle, disparu il y a un demi-siècle, la figure du général en politique n’a-t-elle pas disparu ?

Oui, mais en partie seulement. On se souvient que Valéry Giscard d’Estaing était allé chercher le général Bigeard en 1975, pour en faire un secrétaire d’Etat à la défense, puis le président de la commission de la défense à l’Assemblée. Bigeard était une figure populaire, celle du petit gars parti de rien… Puis en 2019, Emmanuel Macron a confié le chantier de Notre-Dame au général Georgelin. Et l’on a bien sûr aujourd’hui le général de Villiers avec le succès de ses livres et qui a été acclamé par certains Gilets Jaunes.




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