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Société–l’hyper consommation toujours à la mode

Société–l’hyper consommation toujours à la mode

L’anthropologue Fanny Parise décrypte, dans son dernier ouvrage, comment, à l’heure de l’urgence écologique, l’hyperconsommation en toute bonne conscience gagne la société. ( dans le Monde )

 

Livre.

 

Fanny Parise est une anthropologue française, spécialiste des mondes contemporains et de l’évolution des modes de vie. Elle aime passer ses soirées au bar du Mama Shelter, dans le 20e arrondissement de Paris. Un établissement que la presse a allègrement qualifié d’« hôtel-resto bobo ». Un symbole du cosmopolitisme, mais aussi d’un entre-soi social où les signes du pouvoir et de la violence socioculturelle abondent.

L’anthropologue tend l’oreille. Voilà que la jeune femme de la table d’à côté affirme fièrement avoir plaqué son job de « planeur strat’ » dans une grande agence de conseil pour faire le tour du monde en voilier – « le voilier de papa », sans grande surprise. Faisant profiter tout le restaurant de ses dires, elle clame bien fort qu’elle souhaite ainsi sensibiliser son entourage à la pollution des océans.

Une autre fois, la chercheuse entend un homme faire part de son plan de vie : partir à la retraite à 35 ans grâce à ses placements financiers et immobiliers. Il sera ainsi libre de se consacrer à des projets qui font « vraiment sens ». Il souhaite vivre sobrement, et même devenir frugaliste, se contentant du minimum.

Finalement, le Mama Shelter est un parfait terrain d’observation pour l’anthropologue, ce qui ne va pas de soi. Après tout, l’anthropologie a longtemps étudié des populations lointaines. Le sauvage, c’était l’autre. Mais « nous sommes également des sauvages », affirme Fanny Parise. Forte de cette idée, elle fait paraître un livre, Les Enfants gâtés. Anthropologie du mythe du capitalisme responsable, en grande partie centré sur le genre de spécimens croisés dans son bar fétiche. Un mythe omniprésent de nos jours, réponse factice à l’urgence écologique.


Pour détricoter ce mythe, l’anthropologue propose un voyage en « créatocratie » (« créato » pour création, « cratie » pour pouvoir). Un système – notre système – dans lequel ceux qui dirigent, soit ceux qui ont le pouvoir économique et politique, sont également ceux qui créent et contrôlent la culture.

Or, le système vacille. L’âge d’or de la consommation insouciante des pays occidentaux a fait son temps. Les élites sont en quête de légitimité culturelle. Il faut que la population continue de croire en elles pour justifier et sauver leurs positions sociales et le système capitaliste.

Pour ce faire, la culture créatocratique s’est métamorphosée : elle est désormais celle de la socio-éco-responsabilité, alibi du capitalisme, où règnent les valeurs sociétales et écologiques… en apparence en tout cas. Certes, les pratiques valorisées changent. Mais sous couvert de bonnes intentions, on passe sournoisement d’un « consommer mieux et moins » à un « consommer mieux et plus »… Bref, une hyperconsommation en toute bonne conscience.

L’idole de l’hyper consommation toujours debout

L’idole de l’hyper consommation toujours debout

L’anthropologue Fanny Parise décrypte, dans son dernier ouvrage, comment, à l’heure de l’urgence écologique, l’hyperconsommation en toute bonne conscience gagne la société. ( dans le Monde )

 

Livre.

 

Fanny Parise est une anthropologue française, spécialiste des mondes contemporains et de l’évolution des modes de vie. Elle aime passer ses soirées au bar du Mama Shelter, dans le 20e arrondissement de Paris. Un établissement que la presse a allègrement qualifié d’« hôtel-resto bobo ». Un symbole du cosmopolitisme, mais aussi d’un entre-soi social où les signes du pouvoir et de la violence socioculturelle abondent.

L’anthropologue tend l’oreille. Voilà que la jeune femme de la table d’à côté affirme fièrement avoir plaqué son job de « planeur strat’ » dans une grande agence de conseil pour faire le tour du monde en voilier – « le voilier de papa », sans grande surprise. Faisant profiter tout le restaurant de ses dires, elle clame bien fort qu’elle souhaite ainsi sensibiliser son entourage à la pollution des océans.

Une autre fois, la chercheuse entend un homme faire part de son plan de vie : partir à la retraite à 35 ans grâce à ses placements financiers et immobiliers. Il sera ainsi libre de se consacrer à des projets qui font « vraiment sens ». Il souhaite vivre sobrement, et même devenir frugaliste, se contentant du minimum.

Finalement, le Mama Shelter est un parfait terrain d’observation pour l’anthropologue, ce qui ne va pas de soi. Après tout, l’anthropologie a longtemps étudié des populations lointaines. Le sauvage, c’était l’autre. Mais « nous sommes également des sauvages », affirme Fanny Parise. Forte de cette idée, elle fait paraître un livre, Les Enfants gâtés. Anthropologie du mythe du capitalisme responsable, en grande partie centré sur le genre de spécimens croisés dans son bar fétiche. Un mythe omniprésent de nos jours, réponse factice à l’urgence écologique.


Pour détricoter ce mythe, l’anthropologue propose un voyage en « créatocratie » (« créato » pour création, « cratie » pour pouvoir). Un système – notre système – dans lequel ceux qui dirigent, soit ceux qui ont le pouvoir économique et politique, sont également ceux qui créent et contrôlent la culture.

Or, le système vacille. L’âge d’or de la consommation insouciante des pays occidentaux a fait son temps. Les élites sont en quête de légitimité culturelle. Il faut que la population continue de croire en elles pour justifier et sauver leurs positions sociales et le système capitaliste.

Pour ce faire, la culture créatocratique s’est métamorphosée : elle est désormais celle de la socio-éco-responsabilité, alibi du capitalisme, où règnent les valeurs sociétales et écologiques… en apparence en tout cas. Certes, les pratiques valorisées changent. Mais sous couvert de bonnes intentions, on passe sournoisement d’un « consommer mieux et moins » à un « consommer mieux et plus »… Bref, une hyperconsommation en toute bonne conscience.




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