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La réhabilitation de l’héritage !

La réhabilitation de l’héritage !

Les économistes Alain Trannoy et Etienne Wasmer proposent de faire basculer 60 milliards d’euros d’impôts prélevés sur les salaires et les investissements vers les rentes immobilières et foncières.( analyse du « Monde »)

 

Livre.

 

Les contributions à l’élection présidentielle auraient pu servir de puissant tremplin médiatique. Quoi de plus judicieux en effet qu’un grand débat public sur la question du patrimoine et de l’héritage en France pour répondre aux inquiétudes d’une grande partie de la population sur le pouvoir d’achat et la fin du mois ? Pour l’opinion publique, la hausse des inégalités en France, depuis au moins trois décennies, est à la fois une évidence et un scandale. Or les deux mots méritent attention, comme le démontrent les deux économistes Alain Trannoy et Etienne Wasmer, dans leur essai revigorant.

D’un côté, la France est riche, voire très riche, notamment grâce à la valeur de son patrimoine foncier qui s’élève aujourd’hui dans l’Hexagone à 7 000 milliards d’euros, ce qui correspond à près de trois fois le PIB. Cela renforce l’aspect choquant. Mais, de l’autre côté, les inégalités sont restées dans une large mesure contenues en France, contrairement aux Etats-Unis, par le jeu des prélèvements obligatoires. Cela traduit la force de l’appareil redistributif français.

« Le prisme exclusif des inégalités déforme la réalité », constatent les deux auteurs. Par exemple, au niveau mondial, leur progression s’explique dans une large mesure par l’augmentation des inégalités dans les quatre pays les plus peuplés de la planète : Chine, Inde, Etats-Unis et Indonésie. Or, au niveau hexagonal, malgré une augmentation des inégalités relativement moins prégnante, leur perception se renforce et se traduit par une exacerbation des tensions sociales et la désignation du riche comme bouc émissaire.

Le chemin suivi par Alain Trannoy et Etienne Wasmer est tout autre. Partant du principe que l’on redistribue d’autant mieux que la richesse est abondante, leur urgence est de « trouver un moyen pour alléger la fiscalité sur les facteurs productifs et notamment les salaires et les investissements ». Dans ces conditions, mobiliser la part de la richesse immobilière et foncière et plus précisément les terrains à l’exclusion des bâtis et des infrastructures – ce qui représente encore trois années du revenu national – pourrait s’avérer le choix le plus efficace.

Pour les deux anciens membres du Conseil d’analyse économique rattaché au premier ministre, la rente foncière représente une base fiscale idéale pour opérer une réforme des finances de l’Etat. Alors que les 60 milliards d’euros d’augmentation d’impôts, décidés sous les quinquennats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, ont mis l’économie française « en mode stagnation », MM. Trannoy et Wasmer ont une « proposition-phare » : baisser les taxes sur le travail et le capital de 60 milliards d’euros, au moyen d’une bascule du même montant sur la base foncière. « Il ne s’agit pas d’augmenter les impôts, mais de changer de base fiscale pour le montant évoqué », précisent-ils. Cette proposition qui allierait justice sociale et efficacité économique recueille même les faveurs de Jean Tirole, le Prix Nobel français d’économie.

Supprimer l’héritage (ou augmenter les frais de succession) ?

Supprimer l’héritage (ou augmenter les frais de succession) ?

  • Un article intéressant du Monde qui pose la problématique de l’héritage et de son lien avec les inégalités

« Lorsqu’une personne meurt, ses enfants ou sa famille héritent de ses biens. C’est ainsi depuis des millénaires et c’est même encadré par la loi, notamment à travers les frais de succession. Mais c’est aussi, selon beaucoup d’économistes, l’un des moyens de reproduction des inégalités économiques et sociales les plus importants qui existent. En 2014, pour illustrer cette idée, deux chercheurs ont voulu mesurer l’influence de la famille dans la reproduction sociale. Ils ont donc étudié l’origine familiale des membres de l’élite anglaise contemporaine et celle de membres de l’élite anglaise au XIIe siècle. 800 ans et 28 générations plus tard, ils ont conclu que l’élite anglaise était encore issue des mêmes familles. Une autre étude publiée en 2016 et consacrée à la reproduction des élites dans la ville de Florence, en Italie, est arrivée aux mêmes conclusions. »

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Sources :

- L’étude sur la reproduction des élites anglaises entre 1 170 et 2012 : https://bit.ly/38HPhlq

- L’étude sur la reproduction des élites à Florence entre 1 427 et 2011 : https://bit.ly/311kqOc

- Le livre de Nicolas Frémeaux Les Nouveaux Héritiers : https://bit.ly/2O7rgMR

- Le livre de Thomas Piketty Le Capital au XXIe siècle : https://bit.ly/2U6oJXe

- L’estimation de la valeur totale des transmissions en France en 2015 par France stratégie, sur laquelle est fondé le calcul de la part qui reviendrait à chaque Français à ses 18 ans : https://bit.ly/2U4maEQ

- Une étude sur l’inégalité des salaires en France entre 1900 et 2014, dont est issu le graphique sur la part des 1 % des plus hauts salaires dans les 1 % les plus riches. https://bit.ly/2GBwwUJ

- Trois études qui traitent notamment des comportements des individus face à l’impôt sur les successions aux Etats-Unis et en Suisse : https://bit.ly/37zwucb https://bit.ly/2RzQNk8 ; https://bit.ly/37Bt7Bg

- Une étude qui aborde la question des motivations à l’épargne : https://bit.ly/37viVdD

- Résultats de l’enquête Credoc « Conditions de vie et aspirations des Français », été 2017 dont sont extraites les questions sur la connaissance de l’héritage : https://bit.ly/30ZYbbD

- Le livre de Bourdieu et Passeron Les Héritiers sur la reproduction sociale : https://bit.ly/2RCdRi3

 

L’héritage : un concept obsolète

L’héritage : un concept obsolète

 

On sait que les Français sont relativement attachés au principe de transmission des biens familiaux. Le problème c’est que ce concept n’a plus beaucoup de sens au plan social et économique. En effet il, y a une centaine d’années, l’âge  moyen des héritiers tournait autour de 30 ans, c’est-à-dire à un âge où les charges de famille sont les plus importantes et les besoins financiers les plus criants.  Maintenant les héritiers ont en moyenne  60 ans. C’est-à-dire évidemment un âge  où les charges  diminuent, ou le patrimoine a été constitué et les besoins financièrement bien moindres qu’à 30 ans. Pour tout dire, socialement et économiquement les héritages à cet âge sont inutiles ; pire ils sont sources d’inégalités. Certes dans la plupart des cas la transmission concerne essentiellement l’immobilier avec un peu de liquidités.

 

Près d’un ménage sur deux a déjà été bénéficiaire d’une succession ou d’une donation. Selon l’Insee, la proportion est exactement de 45%. Ce chiffre place donc les Français loin devant leurs voisins allemands (27%), italiens (32%) ou espagnols (33%). Si les transmissions sont fréquentes en France, leur montant est en revanche plus limité qu’ailleurs. Le transfert moyen est de 135.400 euros alors qu’il est de 186.300 euros en Allemagne et approche même des 300.000 euros en Allemagne.

Dans le détail, un héritage moyen s’élève à 120.800 euros dans l’Hexagone et une donation moyenne à 118.600 euros.

L’Insee ne donne pas la ventilation de ces transmissions. Néanmoins, un élément permet d’affirmer qu’il y a en la matière de fortes disparités. Alors que la transmission moyenne (héritage et/ou donation) est de 135.400 euros, la médiane n’est que de 41.100 euros. Concrètement, cela signifie que parmi les bénéficiaires, un ménage sur deux a reçu moins de 41.100 euros. La moyenne est quant à elle tirée vers le haut par les grosses transmissions.

 

Recevoir comme un Français sur deux de leurs deux 10 000 à 20 000 € n’a pas beaucoup de sens social à 60 ans. Il en a encore moins lorsqu’il s’agit de grosses fortunes qui sont alors thésaurisées pour préparer l’héritage des enfants lorsqu’ils auront eux-mêmes 60 ou 70 ans. L’héritage constitue une des principales inégalités totalement injustifiées.

On peut comprendre qu’économiquement des héritiers de 25 à 30 ans puissent utiliser à bon escient le patrimoine même si cela constitue un facteur d’inégalité sociale mais à 60 -70 ans, le principe de l’héritage est à la fois obsolète et ridicule.

 




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