Archive pour le Tag 'l’Europe'

Page 2 sur 8

Ukraine : quelle baisse de croissance pour l’Europe

 Ukraine : quelle  baisse de croissance pour l’Europe ? 

L’OCDE estime que la guerre en Ukraine va affecter de façon significative la croissance de l’Europe. Initialement la perspective de croissance en 2022 avait été fixée à 4 %. Le conflit en Ukraine pourrait en faire perdre la moitié environ.

En cause notamment le gonflement de l’inflation initialement attendue à 5 % en moyenne et qui pourrait atteindre 7 % environ. De quoi affecter de façon très sérieuse le pouvoir d’achat des ménages, la consommation et l’activité générale. En effet les prix des matières premières et de l’énergie était déjà la hausse mais la guerre a encore nourri l’augmentation non seulement de l’industrie manufacturière mais aussi de l’industrie alimentaire

L’invasion russe de l’Ukraine pourrait coûter «un point à un point et demi» de croissance à l’Europe, en fonction de la durée du conflit, tandis que l’inflation pourrait encore augmenter «de deux points à deux points et demi», a estimé la cheffe économiste de l’OCDE, Laurence Boone, auprès du Journal du dimanche. Si la Française précise que «le degré d’incertitude est élevé» quant à ces estimations, elle considère qu’il faudra mener «une réflexion en profondeur concernant les sujets fondamentaux, dont la sécurité alimentaire, énergétique et numérique, ainsi que l’organisation des échanges commerciaux».

Interrogée sur la hausse des prix généralisés dans la foulée de la guerre en Ukraine, elle a estimé que le conflit «pousse à la hausse les anticipations de prix des céréales et des engrais dont la Russie et l’Ukraine sont exportatrices», et qu’il «peut affecter non seulement les récoltes de cette année, mais peut-être aussi celles de 2023».

Le choc n’est pour autant «pas comparable à celui subi dans les années soixante-dix, parce que les institutions sont différentes». «L’inflation restera élevée cette année, mais pourrait commencer à ralentir en 2023, en fonction de l’évolution de la guerre», a-t-elle souligné. En réponse, elle préconise d’«élaborer des politiques budgétaires ciblées pour aider les ménages et les entreprises à passer le cap».

«Les restrictions aux exportations doivent quant à elles être évitées – elles n’ont jamais donné de bons résultats par le passé, au contraire», a-t-elle encore plaidé. «Les dispositifs budgétaires ciblés aideront la politique monétaire en permettant d’ancrer les anticipations inflationnistes, tout en préservant le pouvoir d’achat des plus vulnérables, sans mettre en danger la transition énergétique».

Ukraine : l’Europe et Poutine englués ?

Ukraine : l’Europe et Poutine englués ?

L’Europe s’est mise elle-même en danger en ne diversifiant pas assez ses importations. Il lui faudra au moins trois ans et un recours massif à des solutions d’énergies propres pour parvenir à se libérer de la Russie en 2025, évoque un papier de la « Tribune « .(extrait)

De son côté, Vladimir Poutine a riposté aux sanctions par une mesure inattendue, en exigeant de l’Union européenne de régler ses achats de pétrole et de gaz en roubles..

Accusé de financer la guerre, l’Occident pèse le pour (faire pression sur Poutine et les oligarques) et le contre (plonger l’économie mondiale en récession avec un baril à plus de 200 dollars) d’un durcissement des embargos. Le fragile consensus de Bruxelles apparu lors de la journée des trois sommets -OTAN avec Biden, UE et G7 – montre que l’Occident n’est pas prêt non plus pour une troisième guerre mondiale. Bien sûr, des « lignes rouges » ont été brandies, comme celle de l’utilisation éventuelle d’armes chimiques ou biologiques ou a fortiori nucléaire tactique. Mais, au-delà de la communication, la guerre est évidemment impensable entre puissances nucléaires. en tout cas improbable…

« Paix impossible guerre improbable », c’était le titre du premier chapitre du célèbre livre de Raymond Aron « Le grand Schisme » dans lequel l’éternel opposant de Sartre a popularisé en France la naissance de la guerre froide en 1947, un équilibre de la terreur précaire mais durable. En 2022, la nouvelle guerre froide est bien pire puisque le nombre de puissances nucléaires s’est élargi et Kim Jung-Un joue avec nos nerfs à la roulette nord-coréenne

La venue du président américain Joe Biden en Europe et son passage par la Pologne à 100 km de la frontière polonaise a certes permis à l’Occident de resserrer les rangs, mais malgré le déploiement de troupes supplémentaires qui portera à plus de 100.000 hommes le nombre des soldats US pour défendre l’OTAN, c’est, une fois de plus, le parapluie nucléaire américain qui nous protège. 

.En réalité, le cynisme l’emporte dans cette morbide diplomatie de l’énergie, car les Etats-Unis espèrent bien que le gaz naturel liquéfié américain remplacera dans les ports européens le gaz russe. Le « Freedom Gas » succède au soldat Ryan…

Signe que le jeu d’échec sanglant qu’il a ouvert le 24 février est dans l’impasse, Poutine recule. Ce n’est pas encore la retraite de Russie, dans l’autre sens, mais un premier pas que fait le ministère russe de la Défense en annonçant vendredi que l’armée va désormais se concentrer sur la « libération complète » de la région du Donbass, russophone, à l’est de l’Ukraine. Cela signifie-t-il que la Russie admet un mois après le déclenchement de la guerre que la conquête de toute l’Ukraine sera impossible.

Il est encore trop tôt pour espérer le retour de la diplomatie. L’autre retraite de Russie concerne les entreprises occidentales inquiètes pour leur réputation alors que les opinions occidentales dénoncent les violences contre les populations civiles. Côté français, le groupe Mulliez et ses enseignes Auchan, Décathlon et Leroy Merlin, mais aussi Renault et Total ont été au cœur de la tempête.

Patrick Pouyanné a été pris pour cible par le candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot qui n’a pas hésité à accuser TotalEnergies de « complicité de crimes de guerre »… et lui a répondu sur le même ton en moquant sa place dans les sondages et en assurant que l’exposition du groupe en Russie est « très gérable ».

 

Seul Poutine peut arrêter cette Raspoutitsa, cette boue ukrainienne qui peut atteindre plus d’un mètre de profondeur lors de la fonte des neiges et lors de pluies de l’automne et dans laquelle s’embourbe et son armée et l’économie mondiale.

 

A moins de 20 jours du premier tour et un mois avant le tour décisif de la présidentielle, La Tribune a sondé avec l’IFOP le regard des Français sur la place de leur pays sur la scène internationale. Inquiets de la guerre en Ukraine, ils sont en train de tirer les leçons de la crise sanitaire et se préparent pour le choc économique de la crise énergétique qui vient. Les Français voient leur avenir dans une Europe indépendante des énergies carbonées, si besoin par un mode de vie plus sobre avec un recours accru au nucléaire. L’Europe et la proximité sont plébiscitées comme la réponse la plus appropriée pour affronter un avenir incertain.

Quel prix sommes-nous prêt à payer et pour combien de temps pour maintenir la pression sur la Russie. Voilà ce qui se joue en Occident et cette arme agitée par Poutine a un visage, l’inflation, cet impôt que ne dit pas son nom.

Les Français commencent à le ressentir. Cette semaine, le taux des emprunts d’Etat a franchi la barre des 1% et cela se répercute déjà sur celui des crédits pas encore des prix immobiliers. Pour limiter la casse, et face au risque de tensions sociales et du retour des « gilets jaunes » au carré, le gouvernement multiplie les chèques pour freiner la hausse des prix mais ces mesures qui dépassent les 22 milliards d’euros à date sont jugées coûteuses et trop peu ciblées par de nombreux économistes.

Tout va augmenter, donc, y compris les salaires. La métallurgie vient de décider de relever de 3,1% les minimas dans le secteur, soit en deçà des 5% demandés par les syndicats pour compenser la hausse des prix. La question va monter pendant ce qui reste de la campagne électorale. Pour ou contre un Smic à 1400 euros, la guerre en Ukraine et ses répercussions est en train d’y apporter la réponse.

Parmi les principaux effets collatéraux de la crise ukrainienne, Bruxelles est obligé de revoir de fonds en comble sa stratégie agricole. Pour sécuriser sa production et compenser la perte du blé d’Europe de l’Est dont vont souffrir les pays méditerranéens, la stratégie Farm to fork, de la ferme à la fourchette, de montée en gamme vers le bio est à terre.

L’équilibre diplomatique instable de l’Europe

L’équilibre diplomatique instable de l’Europe

Pour Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde » le président américain, comme ses prédécesseurs, voulait tourner sa diplomatie vers l’Asie. Las, il est sans cesse ramené à l’Europe, avec le choc imprévu de la guerre en Ukraine. Un conflit que la Chine surveille aussi de près

Chronique. 

 

Joe Biden avait deux objectifs en arrivant à la Maison Blanche il y a quatorze mois : à l’intérieur, la relance de l’économie de son pays, dévastée par la pandémie de Covid-19 ; et à l’extérieur, la maîtrise de la rivalité sino-américaine, grand enjeu géopolitique du XXIe siècle. Mais le voilà, ce mercredi 23 mars, de nouveau en train d’atterrir à Bruxelles. Obstinément rappelé à l’ordre par la vieille Europe, lui qui ne rêve que d’Orient et de Delaware.

Ni lui ni personne n’avait prévu le retour de la guerre en Europe. Le choc est si brutal qu’en l’espace d’un mois, le monde s’est retrouvé en équilibre instable – dangereusement instable. Le président américain vient donc, par cette tournée décidée à la hâte, consolider ce qui peut l’être face à la Russie, éviter les fissures dans le bloc transatlantique.

La remarquable unité du groupe depuis le début de cette crise est mise à l’épreuve par les divergences entre Européens sur la suite logique des vagues de sanctions déjà prises : cesser de financer la guerre de Vladimir Poutine par l’achat de pétrole et de gaz russes. Certains en ont moins besoin que d’autres, certains sont plus motivés que d’autres. La Pologne, si près du front ukrainien mais aussi en première ligne du front des réfugiés – elle en a déjà accueilli près de 2 millions –, aura droit à un traitement de faveur de la part du président américain : une visite de deux jours.

Il faut consolider car la guerre russe, lancée il y a un mois, prend un tournant incertain. Stupéfaits des difficultés rencontrées par cette armée réputée si puissante, les Occidentaux ignorent comment le conflit va évoluer, guerre d’usure ou escalade des bombardements urbains, mais ils savent que l’Europe s’en trouvera ébranlée plus encore, alors que déjà la sécurité alimentaire mondiale souffre de la crise. Cet équilibre instable est rendu plus périlleux par le véritable supplice chinois que leur inflige le président Xi Jinping : viendra-t-il, ou non, au secours de Vladimir Poutine, au nom de leur « amitié sans limites » décrétée dans la déclaration sino-russe du 4 février ?

La réponse à cette question peut tout changer. Les Etats-Unis, fidèles à la stratégie adoptée dans ce conflit de révéler leurs renseignements afin de couper l’herbe sous le pied de leurs adversaires, ont fait savoir que Moscou avait demandé de l’aide militaire à Pékin. Pékin comme Moscou ont évidemment démenti…

L’ Ukraine va contraindre à transformer l’Europe

L’ Ukraine va contraindre à transformer l’Europe

L’invasion russe a montré les faiblesses européennes en matière de sécurité et de dépendance énergétique. L’Union a su réagir, mais le vrai défi sera de faire avancer une force et une politique de défense européenne communes en renforçant l’OTAN, explique dans une tribune au « Monde » la chercheuse allemande Daniela Schwarzer.

 

Tribune.

Face à la guerre en Ukraine, l’Europe s’est réveillée en sursaut – un réveil qui aurait dû se produire dès 2014, avec l’annexion de la Crimée, mais que nous avons collectivement décidé de négliger pour revenir au ronronnement réconfortant d’une économie en pleine reprise. Cette guerre n’est pas une lutte entre deux ennemis historiques réglant un vieux conflit post-impérial ; il s’agit en réalité d’une bataille pour l’âme et pour les valeurs fondamentales de l’Europe, la démocratie et la liberté.

La guerre en Ukraine transformera l’Europe. La façon dont nous y répondrons sera structurante pour notre continent et le monde entier. Le sommet de Versailles du 10 mars a indiqué l’étendue du travail que l’Union européenne doit achever. Alors que celle-ci se préparait à sortir de la crise sanitaire et économique due au Covid-19 pour avancer les trois grandes transitions de notre décennie – écologique, digitale et sociale –, l’ordre de sécurité européenne a été mis sens dessus dessous par l’invasion illégale de la Russie.

Ce geste inattendu et brutal a montré d’une part nos faiblesses en matière de politique de sécurité, et d’autre part notre extrême dépendance énergétique. Face à cette agression, la réaction de l’Europe s’est rapidement montrée unanime et profonde, aussi bien en France, où le président Emmanuel Macron a déployé tous ses efforts pour poursuivre une solution diplomatique, qu’en Allemagne, un pays qui avait du mal à croire qu’une véritable guerre puisse revenir sur le sol européen, tant elle a fait de la paix en Europe sa mission existentielle pendant près de soixante-dix ans.

Ce choc explique la réaction allemande, qui, dans un geste rarement vu dans le pays, et encore moins pour un nouveau gouvernement a la tête d’une coalition hétéroclite, a poussé le chancelier Scholz à proposer un renversement complet de l’attitude historique du pays en s’engageant à une forte augmentation des dépenses de défense. D’autres pays membres de l’Union se sont engagés à investir plus en matière de défense, d’après la déclaration du sommet de Versailles.

Mais le vrai défi sera de faire avancer une force et une politique de défense européenne communes, en renforçant l’OTAN grâce à un meilleur « burden sharing » (partage des coûts) entre contributions européennes et américaines. L’ambition qu’a le président Macron de renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe a certainement fait un bond en avant avec le financement commun de l’armement pour l’Ukraine, de la même manière qu’elle a fait un bond en avant avec l’emprunt commun pour répondre à la crise due au Covid-19.

L’ Ukraine va contraindre à transformer l’Europe

L’ Ukraine va contraindre à transformer l’Europe

L’invasion russe a montré les faiblesses européennes en matière de sécurité et de dépendance énergétique. L’Union a su réagir, mais le vrai défi sera de faire avancer une force et une politique de défense européenne communes en renforçant l’OTAN, explique dans une tribune au « Monde » la chercheuse allemande Daniela Schwarzer.  

 

Tribune.

Face à la guerre en Ukraine, l’Europe s’est réveillée en sursaut – un réveil qui aurait dû se produire dès 2014, avec l’annexion de la Crimée, mais que nous avons collectivement décidé de négliger pour revenir au ronronnement réconfortant d’une économie en pleine reprise. Cette guerre n’est pas une lutte entre deux ennemis historiques réglant un vieux conflit post-impérial ; il s’agit en réalité d’une bataille pour l’âme et pour les valeurs fondamentales de l’Europe, la démocratie et la liberté. La guerre en Ukraine transformera l’Europe. La façon dont nous y répondrons sera structurante pour notre continent et le monde entier. Le sommet de Versailles du 10 mars a indiqué l’étendue du travail que l’Union européenne doit achever. Alors que celle-ci se préparait à sortir de la crise sanitaire et économique due au Covid-19 pour avancer les trois grandes transitions de notre décennie – écologique, digitale et sociale –, l’ordre de sécurité européenne a été mis sens dessus dessous par l’invasion illégale de la Russie. Ce geste inattendu et brutal a montré d’une part nos faiblesses en matière de politique de sécurité, et d’autre part notre extrême dépendance énergétique. Face à cette agression, la réaction de l’Europe s’est rapidement montrée unanime et profonde, aussi bien en France, où le président Emmanuel Macron a déployé tous ses efforts pour poursuivre une solution diplomatique, qu’en Allemagne, un pays qui avait du mal à croire qu’une véritable guerre puisse revenir sur le sol européen, tant elle a fait de la paix en Europe sa mission existentielle pendant près de soixante-dix ans. Ce choc explique la réaction allemande, qui, dans un geste rarement vu dans le pays, et encore moins pour un nouveau gouvernement a la tête d’une coalition hétéroclite, a poussé le chancelier Scholz à proposer un renversement complet de l’attitude historique du pays en s’engageant à une forte augmentation des dépenses de défense. D’autres pays membres de l’Union se sont engagés à investir plus en matière de défense, d’après la déclaration du sommet de Versailles. Mais le vrai défi sera de faire avancer une force et une politique de défense européenne communes, en renforçant l’OTAN grâce à un meilleur « burden sharing » (partage des coûts) entre contributions européennes et américaines. L’ambition qu’a le président Macron de renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe a certainement fait un bond en avant avec le financement commun de l’armement pour l’Ukraine, de la même manière qu’elle a fait un bond en avant avec l’emprunt commun pour répondre à la crise due au Covid-19.

Politique -La ligne Maginot de l’Europe : se priver du gaz russe en 2027 ! Ridicule

Politique -La ligne Maginot de l’Europe : se priver du gaz russe en 2027 ! Ridicule

 

 

 

 

Globalement nombre de pays européens sont victimes de la politique énergétique irresponsable de l’Allemagne et de quelques autres pays du nord de l’Europe. En effet en dépit de la cruauté de la guerre en Ukraine, d’une certaine manière l’union européenne détourne la tête. Elle compte sur sa ligne Maginot qui consisterait à se priver du gaz seulement en 2027.

 

Il n’est pas certain que cette menace soit très opérationnelle pour stopper la folie meurtrière de Poutine. Une folie qui n’a jamais été réellement prise en compte par les pays européens qui ont toujours continué d’entretenir des relations diplomatiques alors que Poutine ne cessait ses entreprises guerrières en Europe, au Moyen-Orient mais aussi en Afrique.

 

En cause, le fait en particulier que l’Allemagne et d’autres ne peuvent se passer du gaz russe après avoir fait une croix sur le nucléaire. Pire, jusqu’à ces derniers jours ces pays souhaitaient  que la France abandonne son nucléaire une des rares armes de souveraineté économique du pays pour d’hypothétiques éoliennes à l’énergie intermittente très coûteuse. Résultat, pour se priver du gaz russe on va réactiver les centrales au charbon. Une vraie politique de gribouille sur le plan économique et énergétique et une politique pacifiste hypocrite d’une union européenne qui a toujours privilégié le business par rapport à d’autres valeurs sociétales.

 La stratégie de l’Europe rappelle celle de la ligne Maginot qui devait arrêter l’ennemi. Qui sait où va s’arrêter Poutine ? Personne n’en sait rien et sans doute lui non plus qui paraît de plus en plus affecté par le syndrome de l’isolement du dictateur .

 S’il y a des sanctions massives à prendre, il faut les prendre évidemment maintenant et non attendre des signes de bonne volonté d’un cinglé du KGB qui n’a connu  dans sa vie que la force et le meurtre comme moyen de persuasion.

La ligne Maginot de l’Europe : se priver du gaz russe en 2027 ! Ridicule

La ligne Maginot de l’Europe : se priver du gaz russe en 2027 ! Ridicule

 

 

 

 

Globalement nombre de pays européens sont victimes de la politique énergétique irresponsable de l’Allemagne et de quelques autres pays du nord de l’Europe. En effet en dépit de la cruauté de la guerre en Ukraine, d’une certaine manière l’union européenne détourne la tête. Elle compte sur sa ligne Maginot qui consisterait à se priver du gaz seulement en 2027.

 

Il n’est pas certain que cette menace soit très opérationnelle pour stopper la folie meurtrière de Poutine. Une folie qui n’a jamais été réellement prise en compte par les pays européens qui ont toujours continué d’entretenir des relations diplomatiques alors que Poutine ne cessait ses entreprises guerrières en Europe, au Moyen-Orient mais aussi en Afrique.

 

En cause, le fait en particulier que l’Allemagne et d’autres ne peuvent se passer du gaz russe après avoir fait une croix sur le nucléaire. Pire, jusqu’à ces derniers jours ces pays souhaitaient  que la France abandonne son nucléaire une des rares armes de souveraineté économique du pays pour d’hypothétiques éoliennes à l’énergie intermittente très coûteuse. Résultat, pour se priver du gaz russe on va réactiver les centrales au charbon. Une vraie politique de gribouille sur le plan économique et énergétique et une politique pacifiste hypocrite d’une union européenne qui a toujours privilégié le business par rapport à d’autres valeurs sociétales.

 La stratégie de l’Europe rappelle celle de la ligne Maginot qui devait arrêter l’ennemi. Qui sait où va s’arrêter Poutine ? Personne n’en sait rien et sans doute lui non plus qui paraît de plus en plus affecté par le syndrome de l’isolement du dictateur .

 S’il y a des sanctions massives à prendre, il faut les prendre évidemment maintenant et non attendre des signes de bonne volonté d’un cinglé du KGB qui n’a connu  dans sa vie que la force et le meurtre comme moyen de persuasion.

Ukraine: La guerre qui va transformer l’Europe ?

 

Ukraine: La guerre qui va transformer l’Europe ?

 

L’invasion russe a montré les faiblesses européennes en matière de sécurité et de dépendance énergétique. L’Union a su réagir, mais le vrai défi sera de faire avancer une force et une politique de défense européenne communes en renforçant l’OTAN, explique dans une tribune au « Monde » la chercheuse allemande Daniela Schwarzer (directrice exécutive pour l’Europe et l’Eurasie de l’Open Society Foundations).

 

Tribune.Face à la guerre en Ukraine, l’Europe s’est réveillée en sursaut – un réveil qui aurait dû se produire dès 2014, avec l’annexion de la Crimée, mais que nous avons collectivement décidé de négliger pour revenir au ronronnement réconfortant d’une économie en pleine reprise. Cette guerre n’est pas une lutte entre deux ennemis historiques réglant un vieux conflit post-impérial ; il s’agit en réalité d’une bataille pour l’âme et pour les valeurs fondamentales de l’Europe, la démocratie et la liberté.

La guerre en Ukraine transformera l’Europe. La façon dont nous y répondrons sera structurante pour notre continent et le monde entier. Le sommet de Versailles du 10 mars a indiqué l’étendue du travail que l’Union européenne doit achever. Alors que celle-ci se préparait à sortir de la crise sanitaire et économique due au Covid-19 pour avancer les trois grandes transitions de notre décennie – écologique, digitale et sociale –, l’ordre de sécurité européenne a été mis sens dessus dessous par l’invasion illégale de la Russie.

Ce geste inattendu et brutal a montré d’une part nos faiblesses en matière de politique de sécurité, et d’autre part notre extrême dépendance énergétique. Face à cette agression, la réaction de l’Europe s’est rapidement montrée unanime et profonde, aussi bien en France, où le président Emmanuel Macron a déployé tous ses efforts pour poursuivre une solution diplomatique, qu’en Allemagne, un pays qui avait du mal à croire qu’une véritable guerre puisse revenir sur le sol européen, tant elle a fait de la paix en Europe sa mission existentielle pendant près de soixante-dix ans.

Ce choc explique la réaction allemande, qui, dans un geste rarement vu dans le pays, et encore moins pour un nouveau gouvernement a la tête d’une coalition hétéroclite, a poussé le chancelier Scholz à proposer un renversement complet de l’attitude historique du pays en s’engageant à une forte augmentation des dépenses de défense. D’autres pays membres de l’Union se sont engagés à investir plus en matière de défense, d’après la déclaration du sommet de Versailles.

Repenser le rapport de l’Europe au Monde

Repenser le rapport de l’Europe au Monde (Josep Borrell)

 

Le haut représentant de l’Union de  la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne estime qu’il faut repenser les rapports de l’Europe au monde. (les « Echos »)

 

Pensez-vous que la pression internationale et les sanctions contre la Russie peuvent faire plier Vladimir Poutine et le contraindre à arrêter la guerre ?

Je pense que l’économie russe va souffrir très durement des sanctions que nous avons décidées et notamment de la diminution progressive des achats de gaz et de pétrole. Mais la guerre ne va pas s’arrêter du jour au lendemain…

Êtes-vous favorable à un embargo sur les achats de gaz russe, comme l’ont décidé les Etats-Unis et le Royaume-Uni ?

Ce serait certainement la meilleure façon de faire si on pouvait se passer du gaz russe. Nous allons viser une réduction nette de notre dépendance et de nos achats le plus vite possible. La Commission a proposé en début de semaine un plan qui prévoit de diminuer de deux tiers l’utilisation de gaz russe d’ici à la fin de l’année et il faut que tout le monde coopère. A titre d’exemple, une baisse du chauffage de 1 °C par les ménages représenterait une diminution de 7 % de notre consommation de gaz.

 

Comment expliquer cette forte dépendance de l’Europe au gaz russe ?

Depuis que la Russie a envahi la Crimée en 2014, nous n’avons pas cessé d’alerter les Européens sur cette dépendance. Or, elle s’est encore accrue ! On consomme beaucoup plus de gaz russe qu’en 2014 et l’Allemagne a construit un deuxième gazoduc pour augmenter ses livraisons.

La guerre en Ukraine aura-t-elle aussi des conséquences pour les économies européennes ? Êtes-vous favorable à un nouveau fonds européen pour compenser ces dommages ?

Avec cette guerre, l’économie européenne va subir un troisième choc asymétrique, c’est-à-dire qui va coûter aux uns plus qu’aux autres, après la crise de l’euro et la pandémie. Certains pays comme la Hongrie sont dépendants du gaz russe à presque 100 %, d’autres comme l’Espagne, très peu.

Et puis ce qui va coûter, c’est l’aide aux réfugiés. Il y en a déjà 2 millions et bientôt ce sera beaucoup plus et les plus touchés sont les frontaliers. Il peut donc être très utile de mutualiser ces coûts. La situation demande à nouveau une réponse collective, comme cela a été le cas pour la pandémie. Il va falloir faire face à une poussée des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, notamment le blé et les engrais. Il se pourrait aussi qu’il y ait un choc social si l’inflation est trop élevée.

Pensez-vous que les dépenses d’armement doivent être incluses dans ce plan ?

Certaines dépenses d’armement pour l’Ukraine sont financées par les fonds européens. Quant aux dépenses d’armement nationales, elles seront financées par les Etats.

Plusieurs pays européens ont décidé d’accroître leur budget militaire, l’Allemagne notamment mais est-ce que cela suffit à parler d’Europe de la Défense ?

On ne va pas créer une armée européenne et faire disparaître les armées nationales comme on a fait avec l’euro ! Mais la France qui préside actuellement le Conseil de l’Union européenne défend l’idée que l’Europe ait une capacité défensive propre . Il ne s’agit pas de se substituer à l’Otan mais d’être complémentaire. Nous devons être interopérables, commander en commun, éviter les duplications, se doter des capacités qu’on n’a pas.

Il y a un énorme travail à faire pour optimiser les dépenses militaires en Europe car elles sont très éparpillées. Tous ensemble, nous consacrons à la défense environ trois fois plus que la Russie et autant que la Chine mais on ne peut pas dire qu’on est aussi efficaces.

L’Europe de la défense revient en fait à renforcer le pilier européen de l’Otan ?

L’Europe doit se doter d’une capacité de réagir, et pour cela il faut que les Etats membres européens de l’Otan fassent un apport plus important à l’Alliance atlantique qui reste le moyen fondamental de la défense territoriale de l’Europe. Mais il y a des occasions et des lieux où l’Otan n’interviendra pas et où les Européens doivent pouvoir le faire.

Quand au début des années 1990, il y a eu la guerre des Balkans où l’on a reproduit, à moindre échelle, les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, les Européens n’avaient pas les moyens d’intervenir et ce sont les Etats-Unis qui l’ont fait via l’Otan. En Afrique, dans le Sahel, ce sont les Européens tous ensemble qui devraient être présents car l’Otan n’ira pas au Sahel .

 

Parce que la perception des menaces n’est pas la même selon qu’on est un pays balte ou un pays méditerranéen. Pour un Balte, c’est la menace russe qui occupe toutes vos préoccupations mais si vous vivez au Portugal, vous serez plus préoccupés par le risque migratoire et l’instabilité de l’Afrique qui vous touche plus directement. Si l’on veut construire une Union politique, nous devons cultiver une culture stratégique commune et cela prend du temps.

 

La menace russe était déjà bien présente, nos rapports s’étaient déjà beaucoup dégradés. On est entré dans un nouvel âge de nos rapports avec la Russie et cette guerre va marquer la politique européenne pendant longtemps. Elle va aussi servir d’accélérateur au réveil géopolitique de l’Europe. Il faudra notamment éliminer la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie car elle est devenue une arme dans les mains de Moscou.

En cinquante ans, on a assisté à un véritable processus de désarmement de l’Europe. On a profité des dividendes de la paix pour développer notre Sécurité sociale.

En 1975, au moment des accords d’Helsinki sur la sécurité en Europe, les dépenses militaires des pays européens avoisinaient les 4 % de leur PIB. Aujourd’hui, ils sont autour de 1,5 % . En cinquante ans, on a assisté à un véritable processus de désarmement de l’Europe. On a profité des dividendes de la paix pour développer notre Sécurité sociale. Mais aujourd’hui l’Europe doit repenser ses rapports au monde. Elle s’est imaginé qu’en favorisant l’Etat de droit et en multipliant les accords commerciaux, le monde allait évoluer vers une sorte de paix universelle basée sur la démocratie et l’économie de marché, mais cela ne s’est pas produit. La guerre en Ukraine est un accélérateur de cette prise de conscience.

L’Europe n’est pas en guerre…. Mais pas en paix !

L’Europe n’est pas en guerre…. Mais pas en paix !

 

Tout en aidant l’Ukraine, les pays de l’OTAN sont déterminés à ne pas se laisser entraîner dans un conflit armé face à la Russie. Mais la limite entre paix et guerre est très ténue, explique Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».

La guerre en Ukraine a commencé le 24 février sans que le mot soit prononcé à Moscou. Il y est même, depuis, interdit. Le président russe, Vladimir Poutine, sait l’impact de ce terme sur ses compatriotes, abreuvés d’histoire de leurs guerres, grandes et moins grandes. Il n’était pas question de dire aux Russes que leur pays s’engageait dans une guerre contre leur voisin ukrainien, si proche, si familier. Il l’a donc baptisée « opération militaire spéciale ».

C’est pourtant bien par une guerre, totale, dévastatrice et meurtrière, que Vladimir Poutine entend soumettre l’Ukraine. Il est plus franc avec ses interlocuteurs étrangers. A son homologue français, Emmanuel Macron, il a dit plusieurs fois, et de la manière la plus crue, qu’il irait jusqu’au bout.

Depuis le 24 février, l’Europe vit au rythme de la guerre à ses portes. Elle vibre, même. Spontanément solidaires des Ukrainiens, dont 2 millions se sont déjà réfugiés chez eux, les Européens suivent cette guerre en direct, en permanence, et appréhendent naturellement qu’elle s’étende. Leurs dirigeants les rassurent : l’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN, donc l’OTAN n’entrera pas en guerre. « Nous ne sommes pas en guerre avec la Russie », a souligné le président Macron dans son allocution du 2 mars.

Est-ce si sûr ? Comment définit-on la guerre, en 2022 ? Le faux lapsus du ministre des finances, Bruno Le Maire, contraint au rétropédalage après avoir décrit les sanctions occidentales comme « une guerre économique et financière totale livrée à la Russie », est révélateur de cette ambiguïté. Oui, des sanctions de cette ampleur sont une arme de destruction massive, même si elles ne sont pas de nature militaire. Non, il ne faut pas le dire, puisque « nous ne sommes pas en guerre ». Vladimir Poutine, lui, ne s’y trompe pas ; il a averti le 5 mars que cette panoplie de sanctions s’apparentait à « une déclaration de guerre ». Déclaration dont lui-même ne s’est d’ailleurs pas embarrassé avant d’envahir l’Ukraine… puisqu’il ne s’agit que d’une « opération spéciale ».

A la guerre visible se mêlent d’autres guerres qui ne disent pas leur nom, décrites par l’historien Thomas Gomart dans son livre Guerres invisibles (Tallandier, 2021). La cyberguerre est certainement déjà en cours en Ukraine, avec le soutien de la technologie américaine. Vladimir Poutine et son vassal biélorusse Alexandre Loukachenko sont des experts ès guerre hybride, au service de laquelle même les migrants peuvent devenir une arme. Et dans le cadre du conflit armé, quel est le seuil, aujourd’hui, de l’entrée en guerre ?

Objectif de la Russie : finlandiser toute l’Europe ?

Objectif de la Russie : finlandiser toute l’Europe ?

L’écrivaine finlandaise Sofi Oksanen, devenue l’une des voix les plus influentes et engagées de la scène intellectuelle nordique, raconte, dans une tribune au « Monde », comment le concept de « finlandisation », cette soumission sans occupation à la volonté du puissant voisin russe, a « brouillé la boussole morale » de son pays.

Tribune. Dans les années 1970, quand la télévision de Suède diffusa Une journée d’Ivan Denissovitch, d’après le roman d’Alexandre Soljenitsyne (1962), la Finlande coupa les émetteurs de l’archipel d’Aland pour que les citoyens ne puissent pas regarder ce film, interdit chez nous. En effet, notre commission cinématographique avait refusé le visa d’exploitation à ce drame qui parlait des camps de l’URSS. Motif : « antisoviétisme ».

L’Archipel du goulag [paru en 1973] allait connaître le même sort. Le président et le premier ministre s’opposèrent à sa publication et la maison d’édition finlandaise du lauréat du prix Nobel se soumit docilement à la situation. Pour contourner la censure, la première partie du texte fut publiée en Suède. La diffusion ne fut pas facile en Finlande, où le livre était interdit de bibliothèque et de librairie.

Quelques années plus tard, ma mère, estonienne, arriva en Finlande par le mariage et je naquis dans un pays qui avait conservé son indépendance, mais où la « finlandisation » exerçait partout son influence. Ce concept inventé en Allemagne de l’Ouest désigne la soumission à la volonté du puissant voisin, la Finlande étant alors le seul pays occidental tenu aussi sévèrement dans le poing de fer de l’URSS.

L’emprise concernait non seulement la politique extérieure mais aussi la défense, l’économie, les médias, l’art et la science. Il n’était pas souhaitable que la recherche académique mette le nez dans une économie soviétique se trouvant dans un état catastrophique, et il valait mieux éviter les sujets considérés comme antisoviétiques si l’on souhaitait des perspectives de carrière. Quand la direction des douanes constata que le thon soviétique contenait trois fois plus de mercure que la limite autorisée, on décida que le rapporteur avait interprété la valeur de manière « trop théorique ». De même, la direction des affaires maritimes modifia sa réglementation lorsque la société Teboil, propriété de l’URSS, mit en vente des canots qui ne passaient pas les tests de sécurité.

Mes manuels scolaires nous faisaient croire que l’Estonie avait adhéré à la joyeuse famille soviétique de son plein gré, car l’enseignement se conformait à la ligne historiographique de l’URSS. Tout cela reposait sur l’accord d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle signé en 1948 entre l’Union soviétique et la Finlande, et notre direction de l’enseignement n’y dérogeait pas. Si les problèmes affectant les Etats-Unis avaient leur place dans les livres de géographie, aucun adjectif négatif n’était jamais associé à l’Union soviétique.

Poutine : De nouvelles menaces vis-à-vis de l’Europe

Poutine : De nouvelles menaces vis-à-vis de l’Europe

 

Vladimir Poutine menace l’Europe affirmant que les sanctions imposées à son pays s’apparentaient « à une déclaration de guerre ».

Sans doute contrarié par la lenteur de l’invasion russe en Ukraine, Poutine multiplie les menaces y compris contre l’Europe. Poutine a déclaré qu’il parviendrait à atteindre ses objectifs soit par la guerre ,soit par la négociation. En clair il conteste le statut d’État à l’Ukraine.

En même temps il menace les pays européens qui apporteraient un soutien trop significatif à Kiev.

Les états voisins de l’Ukraine sont particulièrement inquiet de l’évolution du conflit.

Après la Pologne, Blinken en Moldavie. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken est arrivé samedi en Moldavie pour montrer le soutien des États-Unis à ce pays submergé par une vague de réfugiés en provenance d’Ukraine et qui craint de tomber sous la menace Moscou.

Pékin a appelé de son côté à des négociations directes entre la Russie et l’Ukraine lors d’un entretien téléphonique samedi entre le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi et son homologue américain Antony Blinken, selon un communiqué officiel chinois.

Les forces russes se rapprochent de Kiev, rencontrant une tenace résistance et bombardant parfois des immeubles d’habitation, notamment à Tcherniguiv, à 150 km au nord de la capitale, où des dizaines de civils ont été tués ces derniers jours.

. L’armée russe continue de pilonner les alentours de Kiev, au nord-ouest et à l’est notamment.

 

Quelles conséquences économiques de la guerre en Ukraine pour l’Europe

Quelles conséquences  économiques de la guerre en Ukraine pour l’Europe 

L‘aspect le plus caractéristique de cette crise pourrait bien être une envolée de l’inflation du fait d’un choc d’offre.

La guerre menée par Vladimir Poutine contre l’Ukraine et la réponse apportée par l’Europe et l’Amérique sous forme de sanctions redistribuent les cartes sur le plan économique pour l’ensemble des pays européens. Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l’ESSEC.( dans la Tribune) 

L’invasion de l’Ukraine par la Russie est un acte de guerre d’une violence inouïe dont nul ne peut encore prédire la durée. Notre propos est de nous cantonner strictement à notre domaine de compétence et de ne traiter que les perspectives macroéconomiques de cette guerre pour l’économie européenne.

En premier lieu, cette guerre va profondément modifier les vieux arbitrages budgétaires en termes de dépenses militaires dans de nombreux pays européens. En effet, la relative faiblesse des forces armées des pays européens a été mise en lumière ainsi que le coût géopolitique de cette faiblesse. Le réarmement général est à l’ordre du jour, tout comme la réindustrialisation était une priorité en 2020. En particulier, l’Allemagne a d’ores et déjà annoncé un objectif budgétaire de dépenses militaires de l’ordre de 2% de son PIB, comparé à 1,2% par an dans la décennie 2010-2020 (Données SIPRI). Ce passage à une économie de préparation à la guerre renforce le poids de l’État dans l’économie via la redirection de ressources directement vers la base industrielle de défense. 

Sur plan strictement macroéconomique, les conséquences économiques d’une guerre s’apparentent aux conséquences économiques d’une pandémie mortelle. Comme la guerre contre le Covid-19, la guerre en Ukraine va générer à la fois un choc de demande et un choc d’offre.

Le choc de demande vient principalement de la réaction des consommateurs et des investisseurs à la forte montée de l’incertitude.  La consommation des ménages diminue au profit de l’épargne. L’investissement diminue également, les entreprises passant dans une posture prudente et attentiste, excepté dans les secteurs liés à la défense. L’évolution des bourses européennes depuis le début du conflit reflète bien ce climat. La demande nette de l’étranger risque également de se détériorer. Côté exportations, la détérioration est portée par la même logique que la baisse de la demande intérieure. Côté importations, l’augmentation des prix de l’énergie, des minerais et de certains produits agricoles va fortement augmenter la facture.

Le choc d’offre vient essentiellement de la hausse des coûts de l’énergie, le pétrole ayant déjà augmenté de 20% contre 80% pour le prix du gaz depuis une semaine. Le Brent est passé de 91 dollars à 111 dollars et le prix spot du gaz en Allemagne est passé de 95 euros/MWh à 175 euros/MWh. Il en va de même avec un certain nombre de métaux pour lesquels la Russie est un producteur majeur comme le palladium, le vanadium ou le titane, des métaux indispensables notamment pour les industries automobiles et aéronautiques. L’Ukraine est un gros exportateur de blé et 36% des échanges mondiaux de blé (et 80% de l’huile de tournesol) passent par la Mer Noire. Les chaînes d’approvisionnement vont subir de nouvelles désorganisations qui vont générer la hausse de coûts de production.

En effet, de nombreux sous-équipementiers de l’industrie d’Europe de l’Est sont installées en Ukraine et ne peuvent plus fournir leurs clients européens. Les filiales d’entreprises européennes installées en Russie (de même que les filières installées en Europe d’entreprises russes) vont fermer, la Russie se retrouvant confinée. Enfin, les coûts de transport devraient augmenter également, notamment le fret aérien avec l’Asie du fait des interdictions de survol de la Russie mais aussi le fret maritime.

Ces deux chocs – offre et demande – vont se renforcer mutuellement dans leur impact négatif sur l’activité économique. En revanche, l’effet net sur les prix va dépendre de leur taille relative l’un par rapport à l’autre. En effet, un choc de demande a un effet dépressif sur les prix alors qu’un choc d’offre à un impact inflationniste. Notre intuition serait que le choc d’offre va être plus important.

Les dirigeants européens se trouvent confrontés à une situation économique complexe, car un choc d’offre amène toujours avec lui le difficile arbitrage entre l’inflation et le chômage. Le problème est que les options sont maintenant réduites par les conséquences des arbitrages passés en faveur du chômage pendant la crise du Covid-19. C’est dans un contexte d’inflation déjà galopante à 5,8% dans la zone euro et un endettement public élevé (100% du PIB dans la zone euro) que ce nouveau choc d’offre se présente. En revanche, les pays européens sont revenus à leur niveau de production et de chômage relativement bas d’avant la crise du Covid-19.

La situation externe et interne ne permet pas d’envisager une baisse des dépenses publiques dans le court terme mais plutôt une hausse, et cela devrait conduire à une augmentation de l’endettement des États. Elle ne permet pas non plus d’envisager un changement de l’objectif de stabilité des prix de la Banque centrale européenne (BCE). Celle-ci doit s’attaquer à l’inflation sans plus attendre pour empêcher les anticipations d’inflation de se dégrader de manière permanente. Il serait aventureux pour la BCE de chercher à soutenir un peu plus l’activité et l’endettement en maintenant son taux directeur à zéro et son programme de rachat d’actifs. Laisser filer l’inflation pose un danger structurel trop grand et représente un poids trop élevé sur le pouvoir d’achat des classes moyennes et des classes populaires, phénomène qui empoisonne actuellement la présidence américaine. Cet arbitrage pourrait néanmoins changer si la situation de conflit avec la Russie devait s’étendre et tourner à la course aux armements. La priorité politique deviendrait alors le soutien à l’activité économique et à la défense, « quoi qu’il en coûte ».

Il ne nous parait pas judicieux de limiter par restrictions administratives la hausse des prix du gaz, pétrole et l’énergie dans la mesure où celle-ci ne serait pas une situation provisoire mais malheureusement une situation durable. Une telle mise en place de subventions pour l’énergie serait bien trop couteuse pour les finances publiques du fait même de son aspect non-transitoire. De même, cette limitation stimulerait la consommation de gaz et pétrole, au moment où stratégiquement il serait bon de la stabiliser voire la réduire.

Emmanuel Macron a pris les devants et a commencé à préparer l’opinion publique en évoquant le coût substantiel qu’aura la guerre en Ukraine sur notre société.

Si ce conflit avec la Russie est bien destiné à se prolonger, les gouvernements européens ne pourront pas faire l’économie d’une réflexion sur l’augmentation de la fiscalité. Qui dit guerre, dit effort de guerre et contributions de guerre. Une telle mesure qui va détourner des ressources de la consommation privée vers la consommation et l’investissement public aura par ailleurs un effet plutôt déflationniste.

Pour nous, il est préférable d’augmenter les impôts et de répartir équitablement la charge de la guerre sur l’ensemble des Français plutôt que faire peser la charge sur les catégories les plus pauvres par le biais de l’inflation ou des éventuelles pénuries liées aux prix administrés.

 

Marc Guyot et Radu Vranceanu 

Ukraine et survie de l’Europe

Ukraine et survie de l’Europe

Pour Patrick Martin-Genier, spécialiste de l’Europe, « nous avons face à l’agresseur, la Russie, une Union européenne qui est extraordinairement unie avec des mesures qui sont très fortes » et qui vont avoir « des conséquences majeures sur l’économie russe. »

« L’Europe est à un tournant historique de son histoire, elle a réalisé que sa survie était en jeu », estime, mardi 1er mars dans la soirée, sur franceinfo, Patrick Martin-Genier, enseignant à Sciences Po et à l’INALCO, spécialiste de l’Europe, auteur de L’Europe a-t-elle un avenir disponible aux éditions Studyrama. L’Union Européenne sanctionne durement l’économie russe depuis plusieurs jours, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire assume une « guerre économique et financière » qui va selon lui « provoquer l’effondrement de l’économie russe ».

 Cinq jours après le début de l’invasion russe de l’Ukraine, est-ce qu’on assiste à un réveil de l’Europe?

Patrick Martin-Genier : Oui, l’Europe est véritablement à un tournant historique de son histoire. Pour moi qui suis historien de la construction européenne, c’est la première fois dans son histoire qu’on voit l’Europe envoyer des armes à l’Ukraine et ça, c’est très important. L’Europe a réalisé que sa survie était en jeu, par conséquent, elle s’est réveillée en disant « nous allons exporter des armes, nous allons aider l’Ukraine ». Concernant les sanctions économiques et financières très lourdes qui ont été décidées, il a fallu convaincre certains États et gouvernements qui étaient réticents. Il y avait la Hongrie, Chypre et surtout l’Allemagne, qui vient de faire un revirement elle-même considérable. Aujourd’hui, nous avons face à l’agresseur, la Russie, une Union européenne qui est extraordinairement unie avec des mesures qui sont très fortes, plus que symboliques, puisqu’on s’aperçoit que cela va avoir des conséquences très importantes, majeures, sur l’économie russe.

Le destin de l’Union Européenne est-il en jeu avec cette guerre à ses frontières ?

Il est en jeu parce qu’on s’aperçoit que ce qui est attaqué aujourd’hui, c’est en plein cœur de l’Europe. Avec cette offensive militaire, criminelle, il faut le dire, de Vladimir Poutine sur l’Ukraine, on atteint un pays culturellement européen, ce qui veut dire qu’avec les menaces de Vladimir Poutine, on sait très bien que c’est un conflit qui pourrait dégénérer et éventuellement atteindre encore plus l’Europe, notamment les pays de l’Otan. On n’est pas à l’abri d’un conflit majeur qui dégénère en conflit généralisé. On s’aperçoit que l’Europe est en danger, et d’ailleurs, il y a des rappels historiques. Rappelez vous la guerre de Corée : il y avait là aussi un sentiment que l’Europe était extrêmement fragile, et ça avait permis de faire repartir le débat sur la défense européenne. Aujourd’hui, c’est exactement la même chose : on s’aperçoit que l’Europe est si fragile qu’elle doit aujourd’hui aller vers une meilleure autonomie stratégique. Il faut renforcer la capacité de défense et son autonomie stratégique, c’est essentiel. Grâce à M. Poutine, on est en train de se réveiller et de se dire « il faut aller plus loin, il faut renforcer l’autonomie et la force de l’Europe ».

Dans un passé récent, la Hongrie et la Pologne ont adopté des postures de défiance vis-à-vis de l’Union, est-ce que ce qui se passe en Ukraine va permettre de resserrer les rangs ?

On va mettre sous le boisseau des divergences que nous avions avec ces pays, notamment sur l’indépendance des juges, l’indépendance de la presse, le respect des minorités. Mais l’urgence aujourd’hui, c’est de se serrer les coudes et de se dire « nous sommes en danger d’un danger d’un conflit militaire, d’une agression militaire, on fait face à une guerre hybride ». La priorité c’est de faire l’unanimité, la solidarité avec l’Ukraine face à la Russie. Nous n’avons pas d’autre choix aujourd’hui que d’être unis pour faire face à cette agression.

Zelensky: « SI L’UKRAINE TOMBE, TOUTE L’EUROPE TOMBERA »

Zelensky: « SI L’UKRAINE TOMBE, TOUTE L’EUROPE TOMBERA »

Le pronostic du président ukrainien paraît particulièrement pessimiste. Peu d’experts européens adhèrent à cette vision très sombre. Reste que personne ne peut accéder à l’imaginaire fou d’un Poutine coupé depuis plusieurs années des réalités sociales et politiques dans son bunker de dictateur

Un appel lancé à ses voisins européens. Le président Volodymyr Zelensky s’est brièvement exprimé ce vendredi, neuf jours après le début de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Après avoir observé une minute de silence aux soldats morts puis aux civils touchés par le conflit, il s’est adressé aux pays européens et à leurs populations.

« Je vous demande de ne pas être silencieux, de sortir dans la rue, de soutenir l’Ukraine, nos efforts et nos combats. Si l’Ukraine ne tient pas, l’Europe ne tiendra pas », a-t-il déclaré. « Si nous tombons, toute l’Europe tombera ».

« Soutenez notre liberté, parce que cette victoire ce n’est pas seulement contre les militaires russes, c’est la victoire du bien contre le mal », a également estimé Volodymyr Zelensky.

Impacts économiques de la guerre en Ukraine pour l’Europe

Impacts économiques de la guerre en Ukraine pour l’Europe 

 

La guerre menée par Vladimir Poutine contre l’Ukraine et la réponse apportée par l’Europe et l’Amérique sous forme de sanctions redistribuent les cartes sur le plan économique pour l’ensemble des pays européens. Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l’ESSEC.( dans la Tribune) 

L’invasion de l’Ukraine par la Russie est un acte de guerre d’une violence inouïe dont nul ne peut encore prédire la durée. Notre propos est de nous cantonner strictement à notre domaine de compétence et de ne traiter que les perspectives macroéconomiques de cette guerre pour l’économie européenne.

En premier lieu, cette guerre va profondément modifier les vieux arbitrages budgétaires en termes de dépenses militaires dans de nombreux pays européens. En effet, la relative faiblesse des forces armées des pays européens a été mise en lumière ainsi que le coût géopolitique de cette faiblesse. Le réarmement général est à l’ordre du jour, tout comme la réindustrialisation était une priorité en 2020. En particulier, l’Allemagne a d’ores et déjà annoncé un objectif budgétaire de dépenses militaires de l’ordre de 2% de son PIB, comparé à 1,2% par an dans la décennie 2010-2020 (Données SIPRI). Ce passage à une économie de préparation à la guerre renforce le poids de l’État dans l’économie via la redirection de ressources directement vers la base industrielle de défense.

Sur plan strictement macroéconomique, les conséquences économiques d’une guerre s’apparentent aux conséquences économiques d’une pandémie mortelle. Comme la guerre contre le Covid-19, la guerre en Ukraine va générer à la fois un choc de demande et un choc d’offre.

Le choc de demande vient principalement de la réaction des consommateurs et des investisseurs à la forte montée de l’incertitude.  La consommation des ménages diminue au profit de l’épargne. L’investissement diminue également, les entreprises passant dans une posture prudente et attentiste, excepté dans les secteurs liés à la défense. L’évolution des bourses européennes depuis le début du conflit reflète bien ce climat. La demande nette de l’étranger risque également de se détériorer. Côté exportations, la détérioration est portée par la même logique que la baisse de la demande intérieure. Côté importations, l’augmentation des prix de l’énergie, des minerais et de certains produits agricoles va fortement augmenter la facture.

Le choc d’offre vient essentiellement de la hausse des coûts de l’énergie, le pétrole ayant déjà augmenté de 20% contre 80% pour le prix du gaz depuis une semaine. Le Brent est passé de 91 dollars à 111 dollars et le prix spot du gaz en Allemagne est passé de 95 euros/MWh à 175 euros/MWh. Il en va de même avec un certain nombre de métaux pour lesquels la Russie est un producteur majeur comme le palladium, le vanadium ou le titane, des métaux indispensables notamment pour les industries automobiles et aéronautiques. L’Ukraine est un gros exportateur de blé et 36% des échanges mondiaux de blé (et 80% de l’huile de tournesol) passent par la Mer Noire. Les chaînes d’approvisionnement vont subir de nouvelles désorganisations qui vont générer la hausse de coûts de production.

En effet, de nombreux sous-équipementiers de l’industrie d’Europe de l’Est sont installées en Ukraine et ne peuvent plus fournir leurs clients européens. Les filiales d’entreprises européennes installées en Russie (de même que les filières installées en Europe d’entreprises russes) vont fermer, la Russie se retrouvant confinée. Enfin, les coûts de transport devraient augmenter également, notamment le fret aérien avec l’Asie du fait des interdictions de survol de la Russie mais aussi le fret maritime.

Ces deux chocs – offre et demande – vont se renforcer mutuellement dans leur impact négatif sur l’activité économique. En revanche, l’effet net sur les prix va dépendre de leur taille relative l’un par rapport à l’autre. En effet, un choc de demande a un effet dépressif sur les prix alors qu’un choc d’offre à un impact inflationniste. Notre intuition serait que le choc d’offre va être plus important.

Les dirigeants européens se trouvent confrontés à une situation économique complexe, car un choc d’offre amène toujours avec lui le difficile arbitrage entre l’inflation et le chômage. Le problème est que les options sont maintenant réduites par les conséquences des arbitrages passés en faveur du chômage pendant la crise du Covid-19. C’est dans un contexte d’inflation déjà galopante à 5,8% dans la zone euro et un endettement public élevé (100% du PIB dans la zone euro) que ce nouveau choc d’offre se présente. En revanche, les pays européens sont revenus à leur niveau de production et de chômage relativement bas d’avant la crise du Covid-19.

La situation externe et interne ne permet pas d’envisager une baisse des dépenses publiques dans le court terme mais plutôt une hausse, et cela devrait conduire à une augmentation de l’endettement des États. Elle ne permet pas non plus d’envisager un changement de l’objectif de stabilité des prix de la Banque centrale européenne (BCE). Celle-ci doit s’attaquer à l’inflation sans plus attendre pour empêcher les anticipations d’inflation de se dégrader de manière permanente. Il serait aventureux pour la BCE de chercher à soutenir un peu plus l’activité et l’endettement en maintenant son taux directeur à zéro et son programme de rachat d’actifs. Laisser filer l’inflation pose un danger structurel trop grand et représente un poids trop élevé sur le pouvoir d’achat des classes moyennes et des classes populaires, phénomène qui empoisonne actuellement la présidence américaine. Cet arbitrage pourrait néanmoins changer si la situation de conflit avec la Russie devait s’étendre et tourner à la course aux armements. La priorité politique deviendrait alors le soutien à l’activité économique et à la défense, « quoi qu’il en coûte ».

Il ne nous parait pas judicieux de limiter par restrictions administratives la hausse des prix du gaz, pétrole et l’énergie dans la mesure où celle-ci ne serait pas une situation provisoire mais malheureusement une situation durable. Une telle mise en place de subventions pour l’énergie serait bien trop couteuse pour les finances publiques du fait même de son aspect non-transitoire. De même, cette limitation stimulerait la consommation de gaz et pétrole, au moment où stratégiquement il serait bon de la stabiliser voire la réduire.

Emmanuel Macron a pris les devants et a commencé à préparer l’opinion publique en évoquant le coût substantiel qu’aura la guerre en Ukraine sur notre société.

Si ce conflit avec la Russie est bien destiné à se prolonger, les gouvernements européens ne pourront pas faire l’économie d’une réflexion sur l’augmentation de la fiscalité. Qui dit guerre, dit effort de guerre et contributions de guerre. Une telle mesure qui va détourner des ressources de la consommation privée vers la consommation et l’investissement public aura par ailleurs un effet plutôt déflationniste.

Pour nous, il est préférable d’augmenter les impôts et de répartir équitablement la charge de la guerre sur l’ensemble des Français plutôt que faire peser la charge sur les catégories les plus pauvres par le biais de l’inflation ou des éventuelles pénuries liées aux prix administrés.

 

Marc Guyot et Radu Vranceanu 

Poutine profite de la mollesse de l’Europe et des États-Unis

Poutine profite de la mollesse de l’Europe et des États-Unis

 

Pour Bohdan Bilot, président de l’Union des Ukrainiens de France , « Vladimir Poutine s’arrêtera là où le monde occidental l’arrêtera« . Et pour le moment, il estime que la réponse des États-Unis et de l’Union européenne « n’a été que de la mollesse« , alors que l’invasion prend place à 2 000 kilomètres de Paris.

« Vers 1995, l’ambassadeur d’Ukraine en France m’avait dit que la Russie allait nous déclarer la guerre un jour ou l’autre, et qu’on ne pourrait pas l’éviter. À l’époque, je me suis dit qu’il exagérait, et petit à petit j’ai réalisé qu’il avait raison. » Bohdan Bilot est le président de l’Union des Ukrainiens de France (Uduf), une association « plus à but politique que caritatif« , visant à « faire connaître l’Ukraine et notre point de vue« . Ce jeudi 24 février 2022, il a appris « au saut du lit » l’attaque russe. Une guerre qui est, pour lui, « une profonde déception, mais pas vraiment une surprise« .

Mais aujourd’hui, « la situation a changé avec la concrétisation de l’attaque« . Submergé de nouvelles de l’Ukraine et de demandes d’interviews, Bohdan Bilot assure que « les gens fuient les villes, et pas seulement celles près de la Russie, mais de tous les centres urbains, vers les campagnes« .

Ainsi,  »beaucoup de gens partent déjà vers la Pologne« , dont le vice-ministre de l’Intérieur, Maciej Wasik, a affirmé préparer le pays à accueillir un millions de réfugiés ukrainiens. « Mais ça, c’est pour les gens prêts de la frontière à l’Ouest, ceux d’Ukraine orientale et centrale, où voulez-vous qu’ils aillent ? s’interroge Bohdan Bilot. Eh bien ils vont à la campagne. »

Car, si une bonne partie des observateurs s’attendaient à la guerre, peu ont anticipé une percée vers la capitale Kiev, ce qu’on accompli les forces russes depuis la Biélorussie proche au nord. « Je ne l’ai pas vu venir, et je n’ai pas à en rougir, peu de monde l’a vu venir, concède Bohdan Bilot. Je pensais que Poutine se contenterait [des régions séparatistes] et d’une bande le long de la mer d’Azov par Marioupol et vers la Crimée. »

Guerre Ukraine : La survie de l’Europe en jeu

Guerre Ukraine : La survie de l’Europe en jeu

Pour Patrick Martin-Genier, spécialiste de l’Europe, « nous avons face à l’agresseur, la Russie, une Union européenne qui est extraordinairement unie avec des mesures qui sont très fortes » et qui vont avoir « des conséquences majeures sur l’économie russe. »

« L’Europe est à un tournant historique de son histoire, elle a réalisé que sa survie était en jeu », estime, mardi 1er mars dans la soirée, sur franceinfo, Patrick Martin-Genier, enseignant à Sciences Po et à l’INALCO, spécialiste de l’Europe, auteur de L’Europe a-t-elle un avenir disponible aux éditions Studyrama. L’Union Européenne sanctionne durement l’économie russe depuis plusieurs jours, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire assume une « guerre économique et financière » qui va selon lui « provoquer l’effondrement de l’économie russe ».

 Cinq jours après le début de l’invasion russe de l’Ukraine, est-ce qu’on assiste à un réveil de l’Europe?

Patrick Martin-Genier : Oui, l’Europe est véritablement à un tournant historique de son histoire. Pour moi qui suis historien de la construction européenne, c’est la première fois dans son histoire qu’on voit l’Europe envoyer des armes à l’Ukraine et ça, c’est très important. L’Europe a réalisé que sa survie était en jeu, par conséquent, elle s’est réveillée en disant « nous allons exporter des armes, nous allons aider l’Ukraine ». Concernant les sanctions économiques et financières très lourdes qui ont été décidées, il a fallu convaincre certains États et gouvernements qui étaient réticents. Il y avait la Hongrie, Chypre et surtout l’Allemagne, qui vient de faire un revirement elle-même considérable. Aujourd’hui, nous avons face à l’agresseur, la Russie, une Union européenne qui est extraordinairement unie avec des mesures qui sont très fortes, plus que symboliques, puisqu’on s’aperçoit que cela va avoir des conséquences très importantes, majeures, sur l’économie russe.

Le destin de l’Union Européenne est-il en jeu avec cette guerre à ses frontières ?

Il est en jeu parce qu’on s’aperçoit que ce qui est attaqué aujourd’hui, c’est en plein cœur de l’Europe. Avec cette offensive militaire, criminelle, il faut le dire, de Vladimir Poutine sur l’Ukraine, on atteint un pays culturellement européen, ce qui veut dire qu’avec les menaces de Vladimir Poutine, on sait très bien que c’est un conflit qui pourrait dégénérer et éventuellement atteindre encore plus l’Europe, notamment les pays de l’Otan. On n’est pas à l’abri d’un conflit majeur qui dégénère en conflit généralisé. On s’aperçoit que l’Europe est en danger, et d’ailleurs, il y a des rappels historiques. Rappelez vous la guerre de Corée : il y avait là aussi un sentiment que l’Europe était extrêmement fragile, et ça avait permis de faire repartir le débat sur la défense européenne. Aujourd’hui, c’est exactement la même chose : on s’aperçoit que l’Europe est si fragile qu’elle doit aujourd’hui aller vers une meilleure autonomie stratégique. Il faut renforcer la capacité de défense et son autonomie stratégique, c’est essentiel. Grâce à M. Poutine, on est en train de se réveiller et de se dire « il faut aller plus loin, il faut renforcer l’autonomie et la force de l’Europe ».

Dans un passé récent, la Hongrie et la Pologne ont adopté des postures de défiance vis-à-vis de l’Union, est-ce que ce qui se passe en Ukraine va permettre de resserrer les rangs ?

On va mettre sous le boisseau des divergences que nous avions avec ces pays, notamment sur l’indépendance des juges, l’indépendance de la presse, le respect des minorités. Mais l’urgence aujourd’hui, c’est de se serrer les coudes et de se dire « nous sommes en danger d’un danger d’un conflit militaire, d’une agression militaire, on fait face à une guerre hybride ». La priorité c’est de faire l’unanimité, la solidarité avec l’Ukraine face à la Russie. Nous n’avons pas d’autre choix aujourd’hui que d’être unis pour faire face à cette agression.

Europe : une politique commune du fromage mais pas de politique de défense

Europe : une politique commune du fromage mais pas de politique de défense 

 

Le secteur du fromage constitue un champ de réglementation très important pour Bruxelles qui ne cesse d’intervenir sur ce produit évidemment stratégique !  Ainsi on a interdit de fromages au lait cru sans parler des nombreuses autres orientations et interdictions concernant ce produit.

 

Par contre dans le domaine de la défense ou même de la diplomatie ,c’est le vide absolu. On peut le mesurer aujourd’hui avec envahissement de l’Ukraine par la Russie de la même manière qu’on peut le voir également au Mali où la France s’est ridiculisée notamment du fait de l’absence de soutien de l’union européenne.

 

Apparemment Poutine n’a peur de rien surtout pas de cette Europe molle. Peut-être serait-il utile quand même de le menacer avec cette directive sur le fromage ci-après :

 

 Directive 2019/28/TF du Parlement européen et Conseil du 29 mars 2019, établissant des règles communes pour le marché intérieur du fromage abrogeant la loi n°83-3828 au chap. II, art. 3, alinéa 11 :

« […] Mise en accord des États membres des mesures pour stopper la production et le commerce de fromages au lait cru […] »

C’est dans la plus grande discrétion que s’est tenue, en avril 19, une séance exceptionnelle du Parlement européen à laquelle peu de professionnels de la filière ont été conviés. Après seulement 3 heures de débat, finalement assez peu défendu, la cause de l’artisanat français et la richesse de nos terroirs ont tout simplement été balayés au profit de l’ultra-sécurité sanitaire prônant le 0 lait cru.

Il semblerait que la récente visite du président chinois, Xi Jinping, n’ait pas eu pour seul but d’influer sur les ventes d’avions d’Airbus mais d’exiger une filière laitière sans bactéries afin de pouvoir convenir au marché chinois en plein expansion. Il y a fort à penser que des lobbys soient derrière cette décision pour le moins contestable !

Il est clair qu’on peut sans doute pas conduire une stratégie sur le fromage et une autre sur la défense !

Ukraine : l’Europe dépassée face à Poutine

Ukraine : l’Europe dépassée face à Poutine

 

 

L’Europe a décidé de sanctions économiques pour répondre à l’agression de la Russie contre l’Ukraine. Mais des sanctions d’abord dont on devra vérifier la réelle conséquence  ensuite qui n’auront d’effets  qu’à long terme. D’ici là il ,est probable que Poutine aura réussi son opération en mettant en place un régime fantoche en Ukraine comme il l’a fait en Biélorussie. Ce conflit démontre en tout cas la très grande fragilité des politiques de défense européenne. En dépit d’une tonalité verbale forte, les États-Unis ne comptent pas intervenir militairement. L’Europe, elle ,ne dispose d’aucune politique commune de défense.

En cause, le fait que l’union européenne est demeurée une simple zone d’échanges économiques sans politique diplomatique réellement commune et sans politique de défense. Les technocrates de Bruxelles  sont plus habiles toujours élaborés des directives sur les dimensions du fromage de chèvre que pour proposer des orientations stratégiques.

Aucun pays composant l’union européenne ne serait en capacité de résister face à une attaque massive du type de celle de l’Ukraine. Dès lors se pose l’urgence d’une stratégie de défense car il ne faudra pas compter sur les États-Unis encore moins évidemment sur les Chinois pour défendre le territoire européen

Il faut bien constater que les responsables politiques sont désarmés militairement mais aussi psychologiquement par la vigueur de l’attaque de Poutine qui parie clairement sur l’immobilisme de l’union européenne comme cela a déjà été le cas leur des conflits sur la Crimée ou encore la Géorgie.

À l’occasion de ce conflit de l’Ukraine, l’Europe dévoile ses grandes faiblesses stratégiques notamment dans le domaine de la défense comme cela avait déjà été le cas dans le domaine technologique avec sa dépendance aux composants numériques.

12345...8



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol